13 Nov

La Monnaie : un exemple du réseau des écoles primaires à travers la ville

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(c) J.M. Bourdelas (circa 1973)

Lorsque sont promulguées les lois de la IIIème République sur l’obligation scolaire, la quasi-totalité des enfants de Limoges sont scolarisés dans les écoles municipales. En 1995, Pierre Delage et moi-même avons publié une histoire de l’Ecole de La Monnaie à laquelle je renvoie pour les détails et les précisions. Celle-ci trouvait son origine dans une école mutuelle ouverte en 1818, qui s’installa en 1848 dans le local de la Monnaie, rue Sainte Valérie, en bordure du quartier mal famé du Viraclaud. Le directeur demanda que les vitres soient dépolies « pour enlever à la vue des élèves le spectacle des scandales qui se renouvellent trop fréquemment dans la rue et les maisons voisines. » Cette école, dès sa création, était communale et laïque (même si on y enseignait le catéchisme). Originalité de la pédagogie (y compris par rapport à la notre): le fait que l’enseignement était individualisé à des groupes (les « cercles ») d’une dizaine d’élèves, sous la direction d’un élève « plus avancé », âgé de douze à dix-sept ans : le moniteur. Les cercles se formaient et se déformaient selon la progression de chaque individu dans chacune des disciplines principales : lecture, écriture, calcul. Le maître veillait à l’organisation générale. 162 élèves de 6 à 8 ans acquéraient les bases avant d’entrer dans le monde du travail en apprentissage. Certains – les plus doués et les moins impécunieux – poursuivaient leurs études pour devenir moniteurs ou instituteurs. L’Ecole Normale d’Instituteurs avait été crée en 1833.

La loi du 19 mai 1875 permet aux enfants de rester à l’école jusqu’à douze ans mais s’ils travaillent dans un atelier, ils doivent suivre les cours du soir – mais après une journée de travail de 10 à 12 heures, l’absentéisme est général… Progressivement, les salaires des maîtres s’améliorent. En 1880, l’Ecole devient entièrement gratuite, ce qui nécessite un gros effort de la part des communes. Les programmes se diversifient et des activités périscolaires se développent, comme les promenades à la campagne, au-delà de la Vienne, qui permettent aux petits citadins de découvrir d’autres horizons. C’est le temps du manuel d’histoire de France d’Ernest Lavisse, instrument d’éducation civique et morale au service du « Roman national ». On y lisait par exemple : « Il vaut mieux être venu au monde en ce temps-ci, qu’autant des Gaulois. » Il faut néanmoins attendre les années 1910 pour que l’ensemble des Limougeauds soient alphabétisés.

En 1911, l’école de La Monnaie est transférée route d’Ambazac (Aristide Briand), dans une école de filles – ces dernières migrant au Grand Treuil. Bordant les voies de la ligne Paris-Limoges, elle devient l’école des cheminots pour plusieurs décennies, tandis qu’en 1907 est construite l’église Saint-Paul Saint-Louis (sans toutefois assez d’argent pour financer le clocher) à destination de cette même population. L’écrivain limougeaud Georges-Emmanuel Clancier a raconté dans ses Mémoires ses souvenirs du quartier.

Des fiacres libidineux à Limoges?

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« A Limoges, par exemple, une femme qui se respecte n’oserait monter en fiacre, ces véhicules étant, paraît-il, dans la Haute-Vienne, essentiellement libidineux. Voilà un menu fait qui pousse à la rêverie! Combien mornes ces existences mal aérées, prenant, à la longue, l’odeur moisie des appartements trop clos. La laideur, talion nécessaire, ne tarde point ainsi que l’hébétude juste fruit des ignobles pensers et des vils comportements! »

Terre latine / Laurent Tailhade ; préface de M. E. Ledrain , Paris, 1898.

Une ville en mutation

Hôtel de ville 005-4 -  (circa 1940-1945) - Photothèque Paul Colmar

Hôtel de Ville de Limoges (c) Paul Colmar et Limoges années 1950, 60, 70 (Geste Editions)

Les historiens ont noté que – faute de véritable réflexion à propos de l’urbanisme – Limoges se développe de manière désordonnée : il s’agit de loger une population qui s’accroît rapidement, passant de 30 000 habitants environ en 1841 à 75 000 à la fin du siècle, puis 98 000 en 1926). L’incendie du quartier des Arènes en 1864 permet une rénovation urbaine plutôt modeste. « Inventeur du Limoges moderne », Ernest Ruben (1818-1900), entrepreneur et mécène, passionné par l’émail, trace néanmoins les plans d’une dizaine de quartiers : Beaupeyrat, avenue du Midi, secteur de la gare, de la place Carnot, de la place de la Céramique, du square des Emailleurs, des Halles Centrales (le petit marché Dupuytren est transféré place Carnot). Ces dernières – magnifique exemple d’une architecture de fonte conçue par deux ingénieurs, élèves des techniques d’Eiffel, Levesque, qui travailla longtemps avec le directeur des études d’Eiffel, et Pesce – sont décorées par une frise de 328 carreaux en porcelaine de la manufacture Guérin, représentant des animaux et des végétaux vendus in situ. Lors de l’inauguration du 15 décembre 1889 par le maire Emile Labussière, une salve d’artillerie est tirée, une distribution de bouillon, pain et café est organisée pour les pauvres, la musique municipale joue son répertoire et le soir, un banquet est donné à l’Hôtel Vialle pour les propriétaires, constructeurs et collaborateurs. L’Hôtel de Corps d’Armée est construit en granit place Jourdan, entre 1865 et 1867. En 1879, l’architecte parisien Charles-Alfred Leclerc, grand prix de Rome, construit le nouvel Hôtel de Ville, symbole du pouvoir municipal républicain, grâce au legs d’Alfred Fournier – avec un soubassement en granit des Monts d’Ambazac et une partie supérieure en pierre de Lussac-les-Châteaux. Sa façade s’orne de figures allégoriques de l’orfèvrerie et de la porcelaine, et de médaillons en céramique représentant quatre Limougeauds célèbres : Limosin, D’Aguesseau, Vergniaud et Jourdan. L’inscription « Lemovices », au-dessus de l’horloge, rappelle le passé gaulois. Y figure aussi le blason de la ville. Au milieu du square situé devant l’entrée du bâtiment se trouve une belle fontaine de porcelaine, bronze et granit construite entre 1892 et 1893. Initialement prévue pour la place de la République et voulue par Auguste Louvrier-de-Lajolais, directeur de l’École nationale d’art décoratif de Limoges, elle est l’œuvre de Charles Genuys, architecte en chef du dôme des Invalides. Mêlant le granit doré, le bronze et la porcelaine, elle met en scène quatre garçonnets incarnant les différentes phases de l’industrie porcelainière : dessinateur, mouleur, sculpteur et peintre de décor.

A la fin du siècle, on détruit aussi le quartier insalubre du Viraclaud, où l’on recensait près de 300 prostituées, légales ou non. Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est au tour de celui du Verdurier. Plus tard sont édifiés les bâtiments abritant la préfecture et le Conseil général de la Haute-Vienne, constituant un ensemble représentatif de l’architecture classique. Construits entre 1900 et 1908 selon les plans de l’architecte Jules-Alexandre Godefroy (ancien élève de Gay-Lussac), ils résultent d’un concours lancé en 1897, à la suite de l’affaissement d’une partie de l’ancienne Intendance du Limousin où la préfecture avait été installée en 1800. L’ensemble des bâtiments est réalisé en granit : pierre de Faneix (Saint-Sylvestre en Haute-Vienne) pour les façades et pierre du Compeix (Royère en Creuse) pour les seuils et escaliers extérieurs. Les colonnes sont réalisées en syénite dite « granit des Vosges ». La cage d’escalier est éclairée par une verrière du parisien Albert Gsell intitulée « Les divinités antiques inspiratrices des anciens émailleurs se plaisent à jouer encore aux environs de Limoges » – ce qui est effectivement beau comme l’Antique. En haut de l’escalier, au plafond du vestibule, les lettres H et V forment le monogramme de la Haute-Vienne (elles sont peut-être aussi la signature discrète de l’auteur de la décoration sculptée de l’édifice, Henri Varenne). Le grand salon d’honneur, ou salle des fêtes, est une galerie de 27 mètres de long. De larges corniches en staff crémeux rehaussé d’or forment l’encadrement d’un plafond peint par Raphaël Collin, peintre de renommée nationale. Ce plafond divisé en trois compartiments est une peinture allégorique de la République, de la ville de Limoges, des arts du feu et de la prospérité. Douze portraits d’hommes célèbres en Limousin ornent également la salle. C’est encore Godefroy qui construit le bâtiment de la Poste centrale. La rue de la Préfecture marque le départ d’une rue centrale tant souhaitée, qui fut continuée dans les années 1920 par la rue Jean Jaurès (qui n’est pas exactement dans le même axe). L’architecte est aussi celui de l’école pratique de commerce et d’industrie (aujourd’hui lycée Turgot) et du pavillon de l’Exposition internationale des arts et de l’industrie, du commerce et de l’agriculture, des sciences économiques et de l’enseignement qui s’est tenue à Limoges en 1903 sur l’esplanade du Champ-de-Juillet et fut organisée par la municipalité.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, les plus pauvres – en particulier les ouvriers –, vivent dans des logements (souvent des taudis) sans eau potable, parfois sans toilettes, entassés dans une ou deux pièces. Immeubles et ruelles étroites (souvent sans trottoirs ni caniveaux) sont par endroits totalement saturés, en particulier le long des faubourgs du nord de la ville ou dans les vieux quartiers du centre. Sur les bords de la Vienne, pavoisés par les draps mis à sécher par les lavandières, du pont Saint-Martial au pont Saint-Etienne, les « ponticauds » constituent comme une population à part, où les sociabilités sont fortes. Même si le régime alimentaire évite plus ou moins la sous-alimentation à la fin du siècle, l’espérance de vie des ouvriers de la porcelaine ne dépasse guère les quarante ans.

21 Oct

Poème champêtre limousin, 1901

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Croquis limousin

Pour Pierre Verlhac.

 

Lentement, l’angelus tinte au clocher lointain,

Égrenant dans le soir sa plainte harmonieuse,

C’est l’heure où la forêt livre, mystérieuse,

Ses arômes subtils de lavande et de thym.

 

Là-bas, dans la vallée, un murmure argentin

De clochettes, s’allie à la chanson joyeuse

Des moissonneurs; déjà, sur la plaine brumeuse,

La nuit laisse traîner des franges de satin.

 

Sous les châtaigniers verts, aux noueuses ramures,

Dans les gazons fleuris, jonchés de fraises mûres,

Les sources ont repris leur doux chuchotement;

 

Et la lune, accoudée au faîte des collines,

Baigne de son mystique et pur rayonnement

Les toits de chaume roux des maisons Limousines !

 

Fernand Vialle

Lemouzi : organe mensuel de l’E̛cole limousine félibréenne, Brive, 1901/12, p. 50

20 Oct

L’incendie de 1864 – un moment d’unité limougeaude face au malheur

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Les 15 et 16 août 1864, le quartier insalubre des Arènes, le pourtour des places d’Aine et de la Motte, aux rues étroites et aux maisons à l’ossature en bois et aux façades de torchis et de pisé, est la proie des flammes. Si de 1793 à 1864 on a déjà recensé 815 incendies et 5631 feux de cheminées, celui-ci est particulièrement violent, avec l’embrasement de 109 maisons et met à la rue plus de 2 000 personnes. Les quatre-vingt pompiers mobilisés, renforcés par ceux de Périgueux, Argenton, Saint-Marcel et Châteauroux, arrivés par trains spéciaux, ne sont pas assez nombreux et leur matériel n’est pas assez performant – on peine à trouver les clefs d’un réservoir d’eau, les camionneurs sont réquisitionnés pour aller puiser de l’eau dans la Vienne. Heureusement, s’il y a quelques blessés, personne ne périt.

Laforest en a fait le récit (118 pages émaillées de considérations religieuses et de citations grecques, sans oublier l’évocation de la ruine incendiée sous Néron, avec mentions des faits de bravoure), édité par Chapoulaud frères, à Limoges, dès 1864. Il raconte qu’une grande partie des Limougeauds se sont rendus le soir du 15 au Champ de Juillet pour assister à un feu d’artifice donné pour l’Assomption et la fête de l’Empereur et que lorsque la population arrive sur place, comme « une armée frappée dans les ténèbres », l’incendie bat son plein, attisé par le vent. La sécheresse a tari les fontaines. Le narrateur indique que c’est Madame Cance, habitant au bas de la rue des Arènes, qui a mal éteint un flambeau, pressée d’aller assister à la fête en compagnie de son époux. Le feu prend dans une corbeille de chapeaux de paille de leur boutique ; s’en suit une explosion de gaz. Lorsque l’incendie prend de l’ampleur, il faut aller chercher les pompiers, dont beaucoup sont au Champ de Juillet. C’est le capitaine Regnault qui prend la direction des secours, à l’arrivée des pompes à eau. Mais les tonneaux sont rapidement vides, il faut les remplir, alors que le feu se propage, se transformant en « un large fleuve » qui se nourrit de tous les produits inflammables des boutiques. Le 11ème Régiment de dragons, la gendarmerie, des agents de la sûreté, des hommes d’équipe de la gare, rejoints par le clergé, sont accourus. Ils enlèvent à dos d’homme 400 kg de poudre qui menace d’exploser chez l’armurier Geanty. De même évacue-t-on, sur ordre du maire Othon Péconnet, présent sur place, les tonneaux d’alcool d’un autre commerce ou les produits pharmaceutiques des officines Larue-Dubarry. Hommes, femmes et enfants qui voient progresser le sinistre tentent de sauver ce qu’ils peuvent chez eux. « Une lumière immense noyait la ville dans ses sinistres clartés […] l’incendie, par l’effet de la réverbération, formait au-dessus de la ville comme une coupole de feu. » Dans l’église Saint-Michel-des-Lions – comble – où l’on a sorti la châsse du chef de saint Martial, s’élève le Miserere, puis, vers sept heures du matin, une procession débute à travers la ville, conduite par l’évêque Félix : Limoges renoue avec sa tradition. Dans la matinée, les hommes du 3ème Régiment d’artillerie de Bourges arrivent pour déblayer les ruines fumantes – mais l’incendie couva encore près de trois semaines.

La France et la famille impériale s’émeuvent du drame ; des secours financiers sont envoyés. Le comte Reille, envoyé par Napoléon III, distribue ainsi, de la main à la main, 20 000 francs. Le roi d’Espagne envoie 5 000 francs, le prince Jérôme-Napoléon et la princesse Clotilde, 2 000 francs (tout comme le comte de Chambord). L’archevêque de Paris 30 000 francs recueillis lors de quêtes diocésaines. Le nonce fait parvenir 5 000 francs de la part du pape. Encouragés par les souscriptions ouvertes dans les journaux nationaux et régionaux, des particuliers ont adressé directement des secours au maire de Limoges.

Le sinistre est suivi d’une reconstruction avec trois rues parallèles percées entre la place d’Aine et de la Motte, bordées d’immeubles de trois étages en pierre. Vingt-cinq ans plus tard, une nouvelle rue relie la place de la Motte à celle des Bancs.

Lors des travaux de réaménagement de la place de la Motte, en 1995, une importante collection de porcelaines et de faïences fondues et déformées par le feu fut retrouvée à l’emplacement des caves incendiées.

10 Oct

Porcelaine et chaussure

 

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(c) http://www.roberthaviland-cparlon.fr

C’est sous le Second Empire que Limoges devient véritablement la cité de la porcelaine : les fournées ne cessent d’augmenter, de même que celui des ouvriers (10 000 en 1891). A cela diverses explications complémentaires : prospérité de l’économie française, arrivée du train, innovations techniques et conquête du marché américain, notamment par l’entreprise Haviland. Comme l’a écrit Lucie Fléjou dans sa thèse consacrée à Théodore Haviland : négociants new-yorkais, protestants, les Haviland développent le commerce de la porcelaine française aux États-Unis, avant de s’installer à Limoges au milieu du XIXème siècle, afin de produire des porcelaines spécifiquement adaptées aux goûts nord-américains. A leur suite, de nombreuses fabriques de porcelaine développent le commerce américain, ce qui entraîne une période de très grande prospérité de l’industrie porcelainière limousine. « La ville se spécialise dans les services de table haut de gamme, parvenant ainsi à ne pas être pénalisée sur les marchés extérieurs par le coût élevé de ses produits, mais restreignant ainsi ses débouchés. Au XIXème siècle, l’industrie de la porcelaine tend à devenir une mono-industrie, l’une des seules d’une région rurale en voie de dépeuplement. L’identité de Limoges se confond peu à peu avec la porcelaine, dont elle est la capitale française ». Pour renforcer leur image et développer leur clientèle, les porcelainiers présentent leurs productions aussi bien à l’occasion des expositions universelles qu’à Limoges-même, comme au Palais de l’Industrie de l’exposition industrielle, agricole et artistique du Centre de la France construit en 1858, au Champ de Juillet – c’est notamment le cas de l’entreprise Théodore Haviland, installée avenue de Poitiers (Emile Labussière). Celle-ci ne cesse de prospérer de 1895 à 1907 environ. C’est elle (et celles de Charles Haviland, avenue Garibaldi et au Mas-Loubier) qui commence à produire et à décorer en grande série (en utilisant la décalcomanie). Une évolution qui s’accompagne de conditions de travail plus difficiles pour les ouvriers et ouvrières au travail dans de grands bâtiments où sont installées les machines. Progressivement, certains métiers se déqualifient, en raison de la mécanisation et de la standardisation. Les femmes sont majoritaires dans les ateliers de décoration (21 % de la main-d’œuvre en 1905, avec des salaires inférieurs à ceux des hommes de 20 à 50%). Les employés sont menacés par les accidents du travail, la phtisie ou la silicose. A côté des grandes usines, il existe encore des petits ateliers, qui réalisent souvent des pièces uniques à la demande de certaines familles limougeaudes.

L’industrie de la chaussure s’est également progressivement développée, alimentée par l’élevage des bovins en Limousin. Ses ouvriers sont de plus en plus nombreux dans une vingtaine d’entreprises, mais de moins en moins qualifiés au fur et à mesure que les machines augmentent – après 1900, la compagnie United Shoe loue ses machines contre une redevance calculée sur la production. L’usine Monteux, installée rue de Châteauroux par un industriel parisien, emploie 800 salariés en 1905. La société anonyme Gaston Monteux et Compagnie est au lendemain de la 1ère Guerre mondiale la plus importante usine de chaussures de Limoges, et le resta jusqu’à sa fermeture en 1933 – ses locaux forment alors la plus vaste usine de chaussures de la ville. Comme la plupart des autres usines de Limoges, celle-ci possède une horloge (du constructeur parisien Château Frères), à double cadran, l’un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur : la ville est bien à l’heure industrielle, et les ouvriers soumis à sa cadence. En 1920, après avoir bénéficié en 1914-18 des commandes de l’Armée, Limoges compte 46 fabriques de chaussures – dont celle fondée en 1913 par Alfred Heyraud (quatre sites de production dont un à Paris).

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