25 Déc

En Chine, les viticulteurs du Ningxia ont soif d’experts étrangers

La Chine, 1er marché à l’export pour les vins de Bordeaux, s’éveille. Elle produit de plus en plus de vin: 1,1 milliard de litres, ce dans de nombreuses régions comme celle du Ningxia au nord de la Chine, 3e région viticole du pays après le Shandong et le Hebei. De nombreux experts étrangers conseillent les domaines qui dans les années à venir vont tendre vers plus de qualité.

China_Ningxia.svgDans une Chine tristement célèbre pour ses contrefaçons, le viticulteur chilien Jose Hernandez peste contre ces hectolitres de faux Bordeaux qui viennent jeter le discrédit sur une industrie vinicole chinoise en plein essor.

La Chine dispose du deuxième plus vaste vignoble au monde derrière l’Espagne et ses viticulteurs rêvent de se hisser au meilleur niveau mondial en termes de qualité.

Pour ce faire, ils devront innover plutôt qu’imiter les vins d’Europe et du « Nouveau monde », avertissent des experts. La première fois qu’il est entré dans une exploitation viticole du Ningxia (nord de la Chine), M. Hernandez y a découvert un mélange fort peu gouleyant: du matériel chinois flambant neuf mais des idées françaises éculées sur la vinification, dit-il.

Ce Chilien faisait partie d’un groupe d’une cinquantaine de viticulteurs internationaux venus participer à une compétition parrainée par les autorités. Chaque professionnel étranger y était associé à une exploitation viticole locale, avec l’espoir pour les autorités chinoises d’y faire grimper la qualité et d’attirer l’attention.

« Les vins ont du potentiel, quelque chose de spécial, mais pour l’instant la plupart des exploitations copient le style des Bordeaux. Les pays d’Amérique du Sud ont fait la même erreur il y a 20 ou 30 ans », constate M. Hernandez, qui a vinifié en Argentine, en Espagne et dans son Chili natal.

Les producteurs devraient plutôt mettre en valeur leur propre terroir, plaide-t-il, et « offrir quelque chose d’unique ».

Vignoble de Ningxia © mybettanedesseauve.fr

Vignoble de Ningxia © mybettanedesseauve.fr : le nouvel eldoardo du vin

Le Ningxia s’est lancé dans le vin récemment. Sur place, la plupart des ouvriers viticoles n’ont jamais dégusté leur propre production: car dans la région vit une forte communauté Hui, des Chinois musulmans dont la loi islamique prohibe toute consommation d’alcool. C’est l’ethnie majoritaire Han qui tient les impressionnants domaines viticoles du Ningxia, dotés de technologies dernier cri, avec fûts de chêne importés et espaces de dégustation classieux.

M. Hernandez combat l’idée répandue qu’argent et investissement peuvent à eux seuls produire de grands vins: « Les exploitations viticoles du Ningxia pensent que faire du vin, c’est plus ou moins comme faire des voitures: on rentre du raisin et du vin en sort ».

Alors que les vins régionaux sont produits majoritairement à base de cabernet, un cépage avec lequel les viticulteurs créent des breuvages riches en alcool et très boisés, les viticulteurs étrangers en visite ont plutôt eu l’impression que le marselan – un croisement entre le cabernet sauvignon et le grenache, qui produit un vin plus épicé et fruité – serait plus adapté au terroir local.

Développer son « propre style sera important car la région est très différente de Bordeaux ou de toute autre région dans le monde », pointe Carsten Migliarina, un Sud-Africain qui a travaillé en France et produit désormais à Stellenbosch, dans son pays d’origine. « Sélectionner le bon cépage prendra du temps », prévient-il.

La première exploitation viticole commerciale de Chine a ouvert en 1892, il y a plus d’un siècle, mais la production de vin chinoise a surtout décollé ces 15 dernières années. Le pays dispose désormais de 799.000 hectares de vigne, principalement destinés à l’alimentation, selon l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin (OIV).

 

Les vins du Ningxia progressent en qualité. Ils ont même fait bonne figure lors de dégustations à l’aveugle: un « match Bordeaux-Ningxia » organisé à Pékin en 2011 avait ainsi vu les bouteilles chinoises l’emporter sur les françaises… — la compétition était toutefois biaisée puisque les bouteilles testées devaient avoir un prix de vente en Chine compris entre 200 et 400 yuans (30-50 euros), ce qui, mécaniquement, désavantageait les Bordeaux dont le prix incluait une lourde taxe d’importation.

La Chine bénéficie d’un contexte qui pourrait profiter au vin chinois: l’intense campagne anticorruption initiée par le président chinois Xi Jinping a entraîné une chute de la demande en produits de luxe, grands crus étrangers compris, et cette tendance pourrait avoir comme effet de stimuler la vente de marques locales… C’est en tout cas ce qu’espèrent les autorités du Ningxia. « Les bouteilles qui coûtent des dizaines de milliers de yuans ont été très touchées par la réglementation anticorruption », explique Cao Kailiang, directeur adjoint du Bureau des forêts, qui gère les vignobles. Or « les vins du Ningxia ne coûtent que quelques centaines de yuans, il ne s’agit pas de produits de luxe, ces vins sont à la portée des gens ordinaires », souligne-t-il.

Les grands groupes s’intéressent au potentiel viticole de la Chine et les géants français des spiritueux que sont Pernod-Ricard et Moët Hennessy, par exemple, possèdent tous deux des exploitations de vin dans la région.

La Chine a toutefois encore du chemin à faire: au 8e rang mondial des producteurs, elle a produit 1,1 milliard de litres de vin en 2014, soit quatre fois moins que la France, et le public local doit encore être convaincu. En effet, la plupart des Chinois ne boivent pas de vinlui préférant la bière ou le « baijiu », un alcool blanc fort qui peut titrer jusqu’à 72°C. Quant à ceux qui en boivent, ils privilégient presque systématiquement une bouteille importée, note Mariano Larrain Hurtado, propriétaire d’une boutique de vins à Pékin. « Le problème avec les vins chinois n’est pas le goût, mais le prix », ils sont trop chers car « pour le moment les prix ne correspondent pas à la qualité », souligne-t-il. De fait, produire coûte parfois très cher: dans le Nangxia, par exemple, il faut enterrer les vignes l’hiver pour les protéger du froid, une démarche gourmande en main-d’oeuvre et qui fait s’envoler les coûts… « Pour de grands vins chinois, il faudra encore attendre cinq à dix ans », prédit M. Larrain Hurtado.

Avec AFP

24 Déc

Et pourquoi pas un petit crémant pour Noël, il est si charmant…

Dans ces caves, il y a le savoir faire des élaborateurs et producteurs de Crémant de Bordeaux. Lionel Lateyron en est le digne défenseur à Montagne. Une tradition familiale depuis 1897…

© Lionel Lateyron dans ses caves à Montagne

© Lionel Lateyron dans ses caves à Montagne

Jean Lateyron, Abel de son nom d’usage, fut à l’origine de ce qui constitue la singularité de la famille : «  La prise de mousse » des vins du Libournais. C’est pour égayer les dégustations de vins que dans une petite cave de Saint Georges au lieu dit « Troquart », Abel fit mousser et vieillir ses vins à l’abri de la lumière. Il crée sa société de commerce en 1897. Son fils Paul Lateyron maîtrisant mieux la technique dite Champenoise s’installe à Montagne et fait creuser par Siméon Lacour en 1927 une galerie menant aux Caves actuelles.

Maire de sa Commune et Président du Syndicat viticole pendant 30 ans, il contribua au développement tant de son action en faveur de la collectivité ( création Lycée de Montagne-Libourne ) que de celle au profit de son vignoble. Son fils ainé, Michel travailla quelques années avec lui puis c’est Claude qui pris en main les affaires familiales dans un contexte difficile. Aidé de son épouse Nadine, il remit l’Entreprise et le vignoble sur la voie du développement.

Corinne Lateyron, oenologue, assure aujourd’hui la partie technique tandis que Lionel Lateyron, se consacre à la commercialisation.

Video « la balançoire » de Planète Bordeaux

Côté Châteaux : 2 ans et 2 fois plus de visiteurs en 2015

Côté Châteaux fête ses 2 ans. A l’heure du bilan, le blog du vin tient à remercier ses fidèles lecteurs et les petits nouveaux qui se sont joints au groupe. A toutes et tous, Côté Châteaux vous souhaite un très joyeux Noël.

 Côté Châteaux, le blog qui déniche les nouvelles tendances, ici au Point Rouge

Côté Châteaux, le blog qui déniche les nouvelles tendances, ici au Point Rouge

L’actu de la vigne et du vin, c’est au quotidien sur Côté Châteaux. Depuis son lancement fin décembre 2013, le monde du vin n’a pas cessé de faire parler de lui, en bien et en mal. Votre serviteur s’est fait un malin plaisir à tout vous rapporter souvent avec son analyse, son oeil bienveillant mais surtout son indépendance et son esprit critique.

Parmi les sujets qui ont fait le buzz :

Merci pour vos encouragements et pour avoir liké certains articles plusieurs milliers de fois. Vous avez, à l’occasion, participé à certaines prises de consciences et contribué en partie à sauver le château de Sarcignan, cet ancien château viticole qui était voué à la destruction.

Vous avez pu suivre le feuilleton de la construction de La Cité du Vin, les séries Saga du Vin, les événements marquants de 2015 Vinexpo et Bordeaux Tasting. Côté Châteaux s’est enrichi de 6 nouvelles rubriques sur la vingtaine du blog: « art…dit vin », « mets et vins », « oenotourisme », « saga du vin », « vin…solite » et « coté châteaux le blog. »

Carpe diem et bon réveillon de Noël à tous.

Jean-Pierre Stahl.

A suivre sur Facebook: Côté Châteaux ou Twitter : @cotechateaux

23 Déc

Vendanges de l’Hivernal : la tradition de la cave de Crouzeilles le 1er jour de l’hiver

C’était ce mardi le rendez-vous des amoureux du Pacherenc et des vendanges tardives. Tous sont venus pour les traditionnelles vendanges de l’Hivernal. Un moment d’émotion et d’amitié, le 1er jourd e l’hiver, autour de la première presse au coeur du Béarn.

© Château de Crouzeilles

© Château de Crouzeilles

Après un café pris à la Cave de Crouzeilles, les 200 participants, vignerons d’un jour, vignerons toujours,  étaient invités à venir vendanger sur  la parcelle d’Eric Labat, les dernières baies de Pacherenc de l’année 2015.

Un rendez-vous fort sympathique où l’on devient vigneron le temps de la dernière vendange de Pacherenc du Vic-Bilh. Pour l’occasion, cette journée était placée sous le parrainage de Caroline Ladagnous, membre de l’équipe de France de rugby, et Thomas Dufau, matador.

La cuvée « Hivernal » est un véritable nectar, cachée dans des baies de raisins passerillées, cajolée par le soleil clément de l’automne et surtout protégée des oiseaux qui raffolent  aussi de ce concentré de fruits.

Pour l’occasion, un casse-croûte vigneron était organisé au pied des vignes avant la vendange, et la journée s’est poursuivie au château de Crouseilles pour un ultime rendez-vous gourmand.

Regardez le reportage de Marc Raturat et Marc Lasbarrère

22 Déc

La Cité du Vin à apprécier de jour comme de nuit

A toute heure, elle se laisse désormais admirer toute seule, sans cette grue qui a permis de terminer dans les temps son enveloppe extérieure. Elancée dans toute sa splendeur et toute en rondeurs, elle fait parler d’elle et de plus en plus de curieux s’approchent pour la contempler.

Coucher de soleil sur la Cité du Vin © Florence Maffard

Coucher de soleil sur la Cité du Vin © Florence Maffrand

L’enveloppe extérieure de La Cité du Vin est définitive, Côté Châteaux a été le premier à vous l’annoncer. Les derniers panneaux de verre ont été posés le lundi 17 décembre. Les alpinistes ont terminé leur ballet aérien au tour de la tour, avant que la grue ne soit retirée définitivement depuis hier.

Entre le soleil et la lune, les astres adorent se refléter dans la Cité du Vin © JPS

Entre le soleil et la lune, les astres adorent se refléter dans la Cité du Vin © JPS

Ce sont au total 918 panneaux de verres sérigraphiés qui ont été posés durant plusieurs mois soit  972m² de vêture en verre. Sur la tour et le tore (partie basse), 5 770m2 de panneaux en aluminium perforés complètent la façade de La Cité du Vin et lui donnent sa couleur si particulière, qui tend entre des couleurs argentées et dorées.

Dès janvier, le chantier va continuer et s’accélérer concernant l’aménagement intérieur et notamment le parcours permanent. Les espaces paysagers en extérieur, ainsi que le ponton vont voir le jour.

La Cité endormie © JPS

La Cité endormie © JPS

En attendant l’ouverture de La Cité du Vin au grand public en juin 2016, il y aura entre les mois d’avril et de mai des phases de tests et de rodage nécessaires pour proposer des expériences inédites aux visiteurs privilégiés qui pourront la découvrir en avant-première.

La diversité de ces expériences fera de La Cité du Vin un lieu résolument unique dès son ouverture : un parcours permanent immersif et sensoriel, une programmation culturelle riche et variée présentant de grandes expositions temporaires, des événements et spectacles dans l’auditorium, des ateliers de dégustation et pédagogiques.

In Vivo : les bénéfices s’envolent grâce à la diversification, attention ça va bousculer dans la branche vin

InVivo: les bénéfices s’envolent grâce à la diversification, malgré la chute des matières premières. Ce géant table aussi sur sa nouvelle division vin InVivo Wine…In Vivo a rachété la maison de Négoce bordelaise Cordier-Mestrezat au printemps dernier.

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Malgré la chute des matières premières, le géant coopératif français InVivo a multiplié par près de cinq ses bénéfices sur le dernier exercice, recueillant les fruits de sa stratégie de diversification et d’internationalisation visant à réduire sa dépendance aux céréales françaises.

Le premier groupe coopératif de l’Hexagone a annoncé un résultat net de 81 millions d’euros au cours de son exercice décalé 2014/2015 (clos au 30 juin), soit près de cinq fois celui enregistré l’année précédente !

L’Ebitda, indicateur considéré comme le plus significatif par InVivo, bondit de 67% à près de 107 millions d’euros. 97 millions d’euros de « ristournes » ont été reversées aux coopératives adhérentes, contre 91 en 2014.

Une « performance économique de très bon niveau » qui « crédibilise notre projet de croissance », s’est réjoui le directeur général du groupe Thierry Blandinières, lors de la présentation annuelle des résultats de ce groupe non coté. Patron d’InVivo depuis 2013, M. Blandinières a pour objectif d’en doubler la taille en dix ans.

Comme en 2014, le chiffre d’affaires, réalisé à 45% à l’international, a souffert du fort recul des prix des céréales, plombés par des récoltes mondiales pléthoriques. Les ventes sont restées quasi stables à 5,7 milliards d’euros, en ligne avec l’objectif affiché l’an dernier de les stabiliser autour des 6 milliards, quel que soit le niveau des matières premières.

La branche historique Grains voit son chiffre d’affaires reculer légèrement à 2,1 milliards d’euros, mais les volumes traités sont en hausse, avec 9 millions de tonnes de céréales commercialisées (80% de blé), soit 600.000 de plus que l’année précédente.

Une partie du blé fourni aux clients venait d’Allemagne et de Pologne, pour compenser le manque de qualité des blés français en 2014, a expliqué M. Blandinières. InVivo profite aussi du redressement de son activité Trading, désormais « à l’équilibre » après avoir perdu 15 millions par an, a souligné le dirigeant.

La stratégie a notamment consisté à étendre l’activité sur la planète, avec l’ouverture en janvier d’un bureau à Singapour. Des traders australiens y vendent du blé aux pays asiatiques. Des partenariats ont aussi été conclus avec des coopératives japonaise et argentine, et avec d’autres acteurs du négoce en Europe.

L’objectif est « d’être moins dépendant du blé français » et des exportations vers les grands clients traditionnels de l’Hexagone comme l’Algérie, selon M. Blandinières.

De « nouveaux talents », venus entre autres du géant Louis Dreyfus Commodities, ont été recrutés pour renforcer l’équipe parisienne de 80 personnes.

Des changements de management ont eu lieu dans d’autres sociétés en perte sur les exercices précédents, comme Biotop, spécialisée dans le biocontrôle (alternatives aux pesticides) ou Neodis (aliments pour chiens et chats).

Surtout, d’autres activités sont venues compenser la morosité du secteur des céréales. Les ventes du pôle Nutrition et santé animale (NSA) ont progressé de 13% à 1,4 milliard d’euros. Cette branche a diversifié ses revenus « en investissant dans le petfood et l’aquaculture, deux marchés en forte croissance en Amérique latine et en Asie », explique InVivo. InVivo NSA profite notamment du rachat en 2014 de Total Alimentos, troisième fabricant de nourriture pour animaux domestiques du Brésil. Le groupe s’intéresse de très près au Brésil. « C’est le moment d’investir, car leur monnaie baisse, ce qui peut permettre de racheter moins cher des entreprises. (…) Beaucoup de PME familiales brésiliennes sont très endettées », souligne M. Blandinières.

Le pôle Grand public (jardineries Gamm Vert principalement) a lui aussi progressé, de 2,5%. InVivo prévoit d’ouvrir de nouveaux supermarchés pilote Frais d’Ici, dédiés aux produits frais et locaux, à Bordeaux, Paris, dans l’Ouest et le Nord de la France, après ceux inaugurés cette année à Toulouse et Dijon.

Le groupe table aussi sur sa nouvelle division vin InVivo Wine, pilotée par Vinadeis, la 1ère coopérative viticole française. Créé en juin, le pôle sera intégré aux résultats à partir de 2016. InVivo en espère 600 millions de chiffre d’affaires d’ici six ans. 3e sur le marché du vin en France après Castel et les Grands Chais de France, In Vivo a acquis au printemps dernier Cordier-Mestrezat et va dévoiler pour 2016 ses futurs projets.

Avec AFP

21 Déc

« Le Point Rouge » : le dernier « endroit branchouille » de Bordeaux

« Le Point Rouge », un endroit unique qui revisite 200 ans d’ histoire du cocktail. Un endroit atypique entre bar à cocktails, bar à vins et restaurant « in » avec un millier de références en spiritueux, et tout autant en vins. Qui dit mieux ?

L'équipe du Point Rouge presque au grand complet avetignolles avec Claude Martignolles au centre © Jean-Pierre Stahl

L’équipe du Point Rouge presque au grand complet avec Claude Martignolles au centre © Jean-Pierre Stahl

A l’origine de ce projet un peu fou, 4 associés : Gaël Geffroy, Stéphane Eclache, Louis Harua et Claudes Martignolles. Des passionnés de vins, cocktails, spiritueux et animateurs d’enseignes prestigieuses à Bordeaux. « Le Point Rouge, « c’est 3 soirées en une » explique Alexandre Morin chef sommelier qui a rejoint l’établissement en tant que sommelier consultant les jeudi, vendredi et samedi. Trois soirées ? Oui, car l’endroit fait le pari d’accompagner sa clientèle depuis l’apéritif jusqu’au repas et même jusqu’au digestif…En fait, c’est Le nouvel endroit branché de Bordeaux…

D’abord, il y a la figure emblématique de Bordeaux, Claude Martignolles, l’ancien propriétaire du café le Régent, place de la Comédie, en face du Grand Théâtre, durant 20 ans (il l’a revendu l’an passé). Parti avec lui dans cette nouvelle aventure : deux de ses piliers du Régent : Gaël Geffroy et Stéphane Eclache.

Stéphane Eclache et e du Alexandre Morin devant la Cave du Jour avec près de 1000 bouteilles... © JPS

Stéphane Eclache et  Alexandre Morin, devant la Cave du Jour avec près de 1000 bouteilles… © JPS

Claude, c’est lui le grand collectionneur de vins et surtout de spiritueux, qui cherchait depuis longtemps un écrin pour dévoiler ses magnifiques flacons : « j’ ai commencé cette collection dans les années 1973-74, j’étais à Arcachon, le départ c’est avec 2 bouteilles. » Aujourd’hui, il possède une floppée de bouteilles assez rares et prestigieuses dont une Rémi Martin.

Le restaurant avec une réplique d'un tableau de Velasquez © JPS

Le restaurant avec une réplique d’un tableau de Velasquez © JPS

Ensuite, il y a la beauté et l’agencement du lieu : le Point Rouge, c’est une adresse qui ne paie pas de mine à l’extérieur, quai de Paludate : une enseigne qui a pris place dans la partie droite de l’ancien château Descas, à l’ancien emplacement du chai Descas et d’une salle de poker (déclarée). Ces 550 m2 ont nécessité 2 ans et demi de travaux et de restauration dans les règles de l’art (murs en pierre, plafonds incurvés en briques, un travail de ferronnerie exceptionnel, avec des luminaires du designer allemand Ingo Maurer), le tout sous la houlette de l’architecte Marc Benayoun, qui n’a pas oublié de réaliser des vitrines d’exposition pour ces bouteilles de collection. Bref, une alliance ancien/moderne parfaitement réussie.

Alexandre Morin, chef sommelier © Jean-Pierre Stahl

Alexandre Morin, chef sommelier © Jean-Pierre Stahl

Le Point Rouge, c’est aussi un restaurant mené par le chef basque Sébastien Segurola, qui propose des mets à la carte et toute une série de tapas froids et chauds. C’est également un lieu où le vin a une place toute particulière avec une sélection au verre (avec le procédé Enomatic où les machines permettent de conserver un vin ouvert jusqu’à 3 semaines sans altération organoleptique) ou encore le système encore plus révolutionnaire Coravin (un californien a mis au point  « Coravin » qui permet de goûter le vin d’une bouteille sans avoir à la déboucher).

Le Point Rouge 024A la tête de ces petits joujoux, il y a Alexandre Morin, chef sommelier, qui a exercé près de 5 ans au chapon fin et est resté ambassadeur de cette adresse prestigieuse. Grâce à ces 50 vins au verre, vous pouvez goûter de grands vins et vieux millésimes, et vous faire plaisir à partir de 4cl, ou 8 et jusqu’à 12 cl, avec par exemple un Domaine de Chevalier 2009 ou un Canon La Gaffelière 1996…

La Cave du Jour avec près de 1000 bouteilles © JPS

La Cave du Jour avec près de 1000 bouteilles © JPS

Pour ceux qui ont décidé de s’offrir un flacon, Alexandre Morin, ou Stéphane Eclache, va vous chercher une de ces bouteilles dans la Cave du Jour, une cave exceptionnelle avec un mur de près de 1000 bouteilles…On y trouve des bouteilles de bonne facture Mouton Rothschild 2010 ou du Domaine Leroy Romanee-Saint-Vivant Grand Cru en Cote de Nuits.

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« Toutes les régions viticoles de France et quelques étrangères sont représentées, on a des allocations de grands producteurs bourguignons et rhodaniens sur des millésimes matures. Claude a commencé à s’intéresser aux vins bourguignons il y a très longtemps avec le Régent, il achetait plus par passion, c’est comme cela qu’il a pu toucher des bouteilles de la Romanée Conti. C’est un grand collectionneur de spiritueux et de vins. C’est un peu une légende urbaine dans le monde du vin », précisent Stéphane Eclache et Alexandre Morin. Mais il y a aussi une sélection de petits vignerons avec Alexandre Morin qui va apporter son expertise de dénicheur de pépites.

Le Point Rouge 057Enfin Le Point Rouge revisite l’histoire du cocktail depuis 200 ans avec une approche pédagogique. Vous allez voyager au temps de la prohibition américaine, des années folles, de Cuba à la Nouvelle-Orléans, des tropical drinks aux retro drinks, ce sont près de 100 cocktails qui sont préparés par de jeunes barman et barmaids charmants : Cloé, Anne-Flore et François Xavier.

Le Point Rouge fabrique lui même ses blocs de glace...© JPS

Le Point Rouge fabrique lui même ses blocs de glace…© JPS

L’endroit, même s’il ressemble au paradis des vins et spiritueux, ne pousse pas non plus à la consommation à outrance, comme le précise Alexandre Morin : « La tendance c’est de boire un peu moins, mais de boire meilleur. Les gens vont pouvoir déguster de grands vins en prenant leur temps », le conseil des accords mets et vins est ici aussi mis en avant.

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Et pour terminer la soirée, il y a possibilité de trouver un peu de quiétude aussi à l’étage avec cette fabuleuse verrière bleu qui donne sur le quai de Paludate. Un service atypique sera prochainement proposé avec un vieux téléphone et un petit monte-charge à cocktails.

François-Xavier, Cloé et Anne-Flore les barman et barmaids du Point Rouge © Jean-Pierre Stahl

François-Xavier, Cloé et Anne-Flore les barman et barmaids du Point Rouge © Jean-Pierre Stahl

Tom Cruise n’a qu’à bien se tenir, son concept « Cocktails & Rêves » est aujourd’hui dépassé par Le Point Rouge. Un point, c’est tout.

Le Point Rouge, 3 quai de Paludate à Bordeaux

(L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération)

19 Déc

Le tribunal administratif de Bordeaux valide le classement de Saint-Emilion, il y aura appel…

Le jugement est tombé, à la surprise des requérants. En 9 jours, le TA de Bordeaux a rendu sa décision qui va dans le sens de l’INAO et du Conseil des Vins de Saint-Emilion. Les réactions dans Côté Châteaux de Jean-François Galhaud, le président du Conseil des Vins et de Croque-Michotte qui affirme déjà continuer le combat et va faire appel, tout comme Corbin-Michotte.

Le jour de l'audience devant le tribunal administratif © JPS

Le jour de l’audience devant le tribunal administratif © JPS

« Après une inertie complète pendant 3 ans », les réquérants avec au premier rang Croque-Michotte se disent « surpris de la rapidité de la décision »

« Le Tribunal administratif de Bordeaux, par son délibéré lu en audience publique le 17 décembre 2015, a rejeté notre requête en annulation de l’arrêté du 29 octobre 2012 portant homologation du classement des crus de l’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion grand cru » »

Pour Lucile Carle, responsable communication du château Croque-Michotte et fille de Pierre Carle, associé-gérant :« on ne s’attendait pas du tout à avoir une réponse aujourd’hui. On est tombé des nus. Nous sommes surpris de la rapidité avec laquelle ce jugement a été rendu sous 9 jours. Les délibérés durent habituellement un à deux mois ». En tant que chroniqueur judiciaire également, je confirme que les délais pour rendre les jugements sont habituellement plus longs. Le président l’avait mis en délibéré sans date.

Jean-François Galhaud, le président du Conseil des Vins de Saint-Emilion © ScodexWines

Autre réaction, à l’opposé cette fois, c’est bien sûr celle du Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion, Jean-François Galhaud:

C’est sûr, ça nous satisfait, ce sont tous les viticulteurs de Saint-Emilion qui ont souhaité le maintien de ce classement » Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Saint-Emilion

Et d’ajouter: « Le classement de 1955 est une image de Saint-Emilion et on aime qu’elle perdure, mais c’est aussi le progrès en marche, une remise en question pour une quête de l’excellence (le classement de St Emilion est en effet révisé tous les 10 ans).Une excellence vers laquelle les candidats doivent tendre. » « Ce qui a plus quand on lit ce jugement, c’est l’esprit du classement même si rien n’est parfait, l’esprit de logique et d’équité. »

« Vis-à-vis des requérants, je suis désolé, ce sont des grandes familles de Saint-Emilion que j’apprécie et j’espère qu’un jour elles pourront remonter dans le classement. Moi, je veux une famille unie autour de moi. »

Saint-Emilion, la Cité millénaire va-t-elle retrouver un jour sa sérénité ? © JPS

Saint-Emilion (cet été), la Cité millénaire va-t-elle retrouver un jour sa sérénité ? © JPS

Et même si « le classement a été validé, cette décision n’est pas un point final, comme le laisse sous-entendre l’INAO. La procédure court toujours.On n’a pas dit notre dernier mot. », ajoute Lucile Carle.

Dans un communiqué, l’INAO commente : « près de trois ans après la fin des travaux de classement des vins de Saint-Émilion « Grand cru » (…) un jugement du tribunal administratif de Bordeaux vient de valider les propositions formulées en 2012. Par cette décision, le tribunal administratif confirme la validité de la démarche suivie, la fiabilité des procédures mises en place, la rigueur avec laquelle elles ont été appliquées« .

Le jugement souligne « la légalité de la procédure d’élaboration du règlement de classement et la qualité des travaux de la commission de classement« .

Pierre et Lucile Carle du château Croque-Michotte, 40 ans classé et puis plus rien © Jean-Pierre Stahl

Pierre et Lucile Carle du château Croque-Michotte, 40 ans classé et puis plus rien © Jean-Pierre Stahl

Et Lucile Carle du château Croque-Michotte d’ajouter: « on s’en doutait, vu comment cela s’est passé (notamment avec le rapporteur public qui s’était prononcé pourque le tribunal déboute les 3 demandeurs). Mais on est toujours sûr de notre bon droit et on va se battre.On va faire appel, surtout lorsqu’on voit la décision, il y a de quoi faire. »

« De plus cette décision est intervenue sans avoir attendu notre note en délibéré que le Président du tribunal administratif nous avait accordé lors de l’audience du 8 décembre 2015, afin que nous puissions répondre aux nouveaux arguments du rapporteur public et des avocats de l’INAO et du Conseil des vins Saint-Emilion. A l’évidence notre parole et nos écrits ne sont pas souhaités ! » ajoute le communiqué de Croque Michotte.

Pour Jean-Noël Boidron, propriétaire de Corbin-Michotte : « c’est tellement honteux, qu’on ira en appel! C’est une injustice flagrante « Nos arguments ont été balayés d’un revers de main. La justice sait être expéditive quand elle veut ! « , a-t-il déclaré à l’AFP.

Que donnera l’appel ? Affaire à suivre…

Flower, ce fauteuil en douelles de barriques s’inspire de la floraison de la vigne

La dernière création du designer bordelais Rémi Denjean, c’est une fleur…Un nouveau siège original à destination des amoureux du vin et des tonneaux.

La fleur conçue par Rémi Denjean

Rémi développe depuis près de deux ans une gamme de mobilier et d’objets déco en douelles de barriques recyclées et répond à des projets sur mesure, aussi d’agencement et de décoration. Un style, une touche originale qui commence à faire le buzz parmi les châteaux du Bordelais avec sa touche de finesse et modernisme. 

flower

Pour en savoir plus sur Rémi Denjean et ses créations à base de douelles de barriques : cliquez ici

18 Déc

Le Bordelais, le dernier bar à vin à la mode…à Shangaï

C’est le 3e bar à vins estampillé Bordeaux à Shangaï, ouvert en partenariat avec le CIVB et sur une idée de Franck Boudot. 110 m2 à deux pas du Bund.

GetAttachmentOuvert en partenariat avec le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux et à l’initiative de Franck Boudot ( investisseur privé, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Paris. Plus de 20 ans d’expérience dans la restauration), ce 3 ème Bar à vins 100 % Bordeaux proposera des châteaux et marques reflétant la gamme des vins de Bordeaux et représentant les différentes appellations bordelaises. Les professionnels bordelais qui se rendront à Shanghai, pourront s’ils le souhaitent y faire déguster leurs vins et y tenir des rendez-vous. Des animations seront également prévues.

D’une superficie de 110 mètres carrés, il se situe à deux pas du Bund, haut lieu touristique incontournable de cette mégalopole du sud-est de la Chine.

Les bars à vins 100% Bordeaux à l’international

Juin 2012 – 1 er Bordelais à Shanghai – district de JingAng, 550 Wuding road, tenu par Franck Boudot Octobre 2013

2 ème Bordelais à Shanghai – 301 Jiashan Lu, Xuhui district, tenu par Franck Boudot Janvier 2014 – Le Bar Bordeaux à New York, 92 Madison Avenue tenu par Laurent Manrique restaurateur gersois Décembre 2015

3 ème Bordelais à Shanghai, tenu par Franck Boudot

Le prochain en Asie est prévu en avril 2016 – Le Bordeaux Wine Bar Plus à Fukuoka, qui sera tenu par Louis Robuchon Abe et des experts en vins ou sommeliers

La Chine est le premier client à l’exportation du vignoble bordelais En 2014, 366 000 hl ont été exportés (49 millions de bouteilles) pour une valeur de 221 millions d’€.

Avec CIVB