10 Nov

Nouvelle tendance : ces vignerons qui débarquent à Bordeaux et ouvrent leur bar à vin

C’est « un château en ville » qui a ouvert le bal il y a un an rue Saint-James. Aujourd’hui, Tutiac ouvre un tout nouveau Bar à Vin également central à Bordeaux : le Tutiac Direct Wine Bar. Comment ces vignerons décident de faire bouger les lignes et se diversifient. Côté châteaux vous dévoile leur démarche.

Le chef Frédéric Coiffé, Laurent Querion, Arnaud Courjaud vice-présidents de Tutiac, et Damien Malejacq responsable marketing © JPS

Attention, c’est une machine de guerre qui a décidé de frapper fort en ouvrant ce jour le Tutiac Direct Wine Bar, le premier bar à vin de coopérateurs en France. En circuit court, en direct !

L’ouverture était annoncée depuis plusieurs mois sur la vitrine cours Alsace-Lorraine © JPS

Tutiac, c’était jusqu’à récemment cette coopérative aux 450 adhérents, 4000 hectares de vignes, qui produit 220000 hectolitres, soit 30 millions de bouteilles à l’année.

Le lieu est vraiment proche de l’un des emblèmes de Bordeaux © JPS

Mais Tutiac s’est rapproché des caves d’ Unimédoc, de Lugon et de Sauternes, ce qui lui donne encore plus de puissance: « aujourd’hui, on produit 320000 hectolitres, l’équivalent de 40 millions de bouteilles… »

Au centre Eric Hénaux, le directeur de Tutiac, entouré de l’équipe du Wine Bar © JPS

Avant on produisait du vin de Blaye en vrac, puis du Blaye en bouteilles, et désormais on produit du vin dans 15 appellations de Bordeaux, on veut être une marque qui soit crédible sur la place de Bordeaux« , Eric Hénaux, directeur de Tutiac.

Bar à vin et caviste en même temps © JPS

« Tutiac compte désormais 650 viticulteurs sur 6000 hectares, on impacte la vie de 1500 familles ».

Cela faisait un moment que cette idée originale d’ouvrir un bar à vin central à Bordeaux leur trottait dans la tête.Tout s’est fait rapidement depuis février et en quelques mois, un superbe bar à vin traversant entre le Cours Alsace Lorraine et la place qui donne sur la Porte Cailhau, a vu le jour, un investissement de 500000 €.

« On a fait appel à l’agence Versions qui a réalisé les magasins pour Comtesse du Barry, on essaie à chaque fois de s’appuyer sur des gens dont c’est le métier ».

Après avoir réalisé son marathon de soirées inaugurales avec les salariés (mardi la 1ère à laquelle Côté Châteaux participait en primeur), les clients, les journalistes, les étudiants de Kedge, c’est aujourd’hui le grand jour, l’ouverture au grand public.

C’est le 1er bar à vin de coopérateurs en France. Un projet un peu fou. On veut toujours être en avance sur les tendances, avec un rapport qualité-prix juste. C’est du circuit court en plein coeur de Bordeaux. » Damien Malejacq responsable marketing.

Cela va être un bar à vin de producteurs, ce sont des vignerons qui sont derrière ce projet là. Tutiac affiche quelque 50 références, auxquelles s’ajoutent une quarantaine d’autres caves coopératives d’autres régions viticoles comme Vinovalie, Alliance Loire, Nicolas Feuillate, ou Wolfberger (2 à 3 référence par coopérative) : « ce sont les vins de coop…ains » me précise Eric Hénaux.

Le chef Frédéric Coiffé participe à cette nouvelle aventure de Tutiac © JPS

Derrière le zinc, il y a aussi un chef Frédéric Coiffé, avec pour objectif de « changer de la restauration traditionnelle, même si à midi il y aura un menu du marché à 16€, on ne va travailler qu’avec desd poroducteurs du Sud-Ouest comme les produits de Louis Ospital, d’autres aussi de la charcuterie Sylvain Andrieux, etc… mais c’est ici le vigneron la star. Il va y avoir des vignerons partout, avec des portaits accrochés au mur et avec un écran plat qui va projeter le travail de ces vignerons coopérateurs. » Des vignerons, qui tous affichent au minimum un label de développement durable HVE2 ou HVE3. « On veut montrer avec les vignerons de Tutiac que ce projet est possible et servir de modèle aux autres vignobles français », poursuit Damien Malejacq.

Cette démarche est assez innovante, même si depuis plus de 10 ans, ils ont compris qu’il fallait aller chercher le goût du consommateur, là ils vont chercher l’amateur de vin, qui ne fait pas toujours la démarche de se rendre dans les propriétés ou à la cave coopérative.

Le but, il est là, c’est de partager avec le consommateur, comment ça se passe à la vigne, comment on fait du vin, c’est vraiment de l’échange à 100%

Estelle Roumage, la première à avoir eu l’idée de rapprocher son château de Bordeaux © JPS

La pionnière a tout de même été Estelle Roumage, 5e génération de vignerons dans l’Entre-Deux-Mers. Avec son château Lestrille, elle a décidé de s’implanter juste à côté de la Grosse Cloche, rue Saint-James, en créant « un château en ville », un nom original où tout est dit.

Dans son chai à barriques, la vigneronne Estelle Roumage au château Lestrille à Saint-Germain-du-Puch © JPS

Estelle Roumage avait pourtant de quoi s’occuper avec ses 45 hectares de vignes à Saint-Germain-du-Puch où elle produit la moitié en blanc et rosé et l’autre moitié de vin en rouge (en cuve, en barriques et avec une cuvée supérieure le Secret de Lestrille, 100% merlot élevé en barriques de chêne, en bois neuf).

Une ambiance de chai avec ces tonneaux comme table, avec Joël Bureau, Diane et Jacqueline © JPS

Estelle Roumage a repris cette propriété familiale créée par son arrière-grand-père en 1901, au moment où celle-ci fêtait son centenaire en 2001. Depuis elle a su la faire avancer, améliorer encore la qualité de ses vins et se remettre totalement en question : « on a au château une boutique qui fonctionne bien, mais parfois les bordelais ne viennent pas jusqu’à nous alors on est venu à eux ».Et depuis le 1er décembre 2017, elle a su aménager un petit nid douillet réalisé par un brillant architecte de Libourne, Alain Arnaud, où elle propose, pour agrémenter ses vins, des planches de légumes et fruits frais, de charcuteries et fromages, mais aussi des assiettes d’huîtres,… servies par Mathieu Bureau et Jan Braun. Un château en ville qui a réussi à trouver ses marques et qui est ouvert du mercredi au dimanche midi, avec ses formules qui plaisent.

On a du mal à attirer les bordelais, et on s’est dit puisque eux ne se déplacent pas vers nous, à nous de nous déplacer vers eux…Ce n’est pas un bar à vin classique, c’est vraiment le château qui s’est déplacé en ville. C’est un plus que l’on apporte, le côté local et en direct. » Estelle Roumage, château Lestrille.

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Alain Arnaud, Guillaume Puyo et Marie-Pierre Cosquier

Mes grand-parents étaient viticulteurs, et je retrouve ici l’ambiance, cela a un côté magique », Alain Arnaud.

L’originalité, c’est non seulement de trouver tous les produits du château Lestrille, de pouvoir les déguster à moindre coût en mangeant (avec une licence 2), de voir accroché au mur toute l’histoire de la famille Roumage dans la vigne depuis Eugène l’ancêtre.

 

Estelle Roumage et sa team Mathieu Bureau et Jan Braun de « un château en ville » © JPS

Et puis comme dit Estelle, cela permet de mieux passer certains moments délicats dans le vigne, car avec toutes ces intempéries, en 5 ans elle a perdu quasiment une récolte et demi. Pareil, pour Tutiac qui a perdu 30% avec la grêle du 26 mai dernier, « on a perdu 60000 hectolitres », selon Eric Hénaux.

Une nouvelle tendance et de belles initiatives saluées par Côté Châteaux, le blog du vin, qui prends le pouls de l’actu viticole.

Et pour être complet, le tout premier à avoir lancé l’idée, c’était François des Ligneris, du château Soutard qui avait ouvert l’Envers du Décor à Saint-Emilion, repris depuis par la famille Perse et Ronan Kervarrec.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Xavier Granger, suivi de la chronique de Frédéric Lot :

27 Oct

Château Latour nous dit tout sur sa certification bio

Château Latour revient sur sa certification bio annoncée en début de semaine et répond aux questions de Côté Châteaux. Merci à Hélène Genin, directrice technique de château Latour, pour ses réponses publiées dans le blog du vin et la rubrique Parole d’Expert.

La fameuse tour du château éponyme et les chais en fond © Jean-Pierre Stahl

JPS :  » Depuis quand le Château Latour a-t-il engagé ses premières expérimentations en bio et s’est-il décidé à entamer les démarches de certification ? »

Château Latour : « Les premiers essais en bio ont démarré en 2009 sur des îlots à forte sensibilité maladie et notamment botrytis. Les surfaces ont ensuite été progressivement augmentées pour atteindre la totalité de l’Enclos (47ha) en bio en 2015 (soit la totalité des surfaces pouvant produire du Grand Vin). Le passage sur l’intégralité du Domaine (93 ha) s’est fait en 2016 avec le début de la démarche de certification. »

JPS : « pourquoi avoir souhaité devenir un vignoble bio, est-ce l’avenir, pour répondre à une demande du consommateur, pour préserver la santé de tous (consommateurs, ouvriers viticoles, riverains) ? »

Château Latour : « sur ce sujet, nous sommes dans un processus de transformation continu.

Dès 2007, nous avons expérimenté le passage en bio dans notre vignoble de Bourgogne, le Domaine d’Eugénie et gagné en expérience de ce que ce type de conduite impliquait.

A Château Latour, nous avions déjà réduit l’utilisation des produits phyto sanitaires au strict minimum depuis plus de 20 ans. L’amélioration des connaissances, d’une part, associée à une forte prise de conscience des enjeux environnementaux et sociétaux, d’autre part, et une volonté très forte de la famille Pinault de transmettre ce vignoble aux générations futures dans les meilleures conditions possibles nous a fait accélérer cette démarche.

En parallèle la santé de nos salariés est évidemment une priorité et cette évolution peut y contribuer directement. »

JPS : « ce passage en bio est-il vraiment plus contraignant, risqué (par rapport à l’attaque notamment de mildiou cette année) et a-t-il un vrai surcoût ? »

Château Latour : « Le passage en bio implique effectivement une réorganisation complète du travail à la vigne et une forte mobilisation de nos vignerons sur la période à risque.

Les périodes de très fortes pressions , comme celle que nous avons vécue cette année, nécessitent d’être très bien équipé et d’avoir une équipe vigne fortement impliquée, en veille permanente sur l’ensemble du vignoble et très réactive pendant les phases délicates (y compris les week-ends !).

Il implique aussi que nous sortions d’une certaine « zone de confort » et que nous nous remettions en question pour mener efficacement ces campagnes de lutte ».

JPS : « aujourd’hui certifié bio, allez-vous tendre vers la biodynamie ? »

Château Latour : « Nous pensons que le bio est un passage obligé mais n’est en aucun cas un aboutissement. Nous croyons vraiment en l’intérêt de la biodynamie pour nous permettre notamment d’améliorer la résistance aux pathogènes de nos ceps à travers l’amélioration de l’équilibre de la plante. Avec la réduction probable des doses de molécules autorisées en bio à l’avenir, il nous paraît important de continuer en parallèle à travailler sur des solutions alternatives. »

JPS : « au final, est-ce l’avenir de la viticulture aujourd’hui ? »

Château Latour : « Comme nous le précisons plus haut, nous sommes dans un processus de transformation continue qui ne s’arrête certainement pas aujourd’hui avec notre certification.

Nous allons continuer à évoluer en améliorant nos connaissances sur le végétal, sa conduite et son environnement, en accompagnant la recherche sur les nouveaux produits, leur dosage et leur application, et en utilisant au mieux les nouveaux outils qui seront probablement développés pour l’efficience de ces traitements (détection, analyse, application mécanisée,…).

L’objectif étant de produire des très grands vins par des pratiques naturelles, dans un contexte de développement durable et à faible impact environnemental. »

25 Oct

Pascal Pressac, « le cuisinier paysan » : de la Grange aux Oies à son Jardin de Porcelaines…

Le chef charentais Pascal Pressac excelle depuis 2003 à la Tête de la Grange aux Oies. Un talent qu’il avait déjà démontré dans les cuisines du château de Nieuil. Avec Patrice Devaine chef sommelier et président des sommeliers de Poitou-Charentes, il en a fait un petit coin de paradis en Nouvelle-Aquitaine. D’autant qu’il y a créé son propre jardin où il vient puiser chaque matin ses plantes aromatiques, fruits et légumes. Découvrez la passion de ce vrai « cuisinier paysan », comme il se définit.

Pascal Pressac le chef cuisinier charentais en pleine action © JPS

Pascal Pressac, un chef qui ne manque ni de précision, ni d’originalité. A ses débuts, il avait son restaurant au sein même du château de Nieuil (à l’époque , le restaurant appartenait, comme le château, à Mr et Mme Bodinaud, il était tenu à 4 mains par Pascal Pressac et Luce Bodinaud), mais ils se trouvaient un peu à l’étroit avec des cuisines pas forcément des plus modernes, ils avaient décroché une étoile au Guide Michelin.

Le magnifique château de Nieuil non loin de La Rochefoucaut © JPS

Il faut dire que Pascal Pressac avait travaillé chez Troisgros à Roanne (3*** au Michelin), mais aussi chez Jean Pierre Billoux à Dijon ( 2 Macarons Michelin) et chez Richard Coutanceau à La Rochelle (2 macarons Michelin).

Il y a 15 ans, en accord avec la propriétaire du château-hôtel de Nieuil, il décide de s’associer avec Patrice Devaine, chef sommelier, pour transformer les anciennes écuries du château en restaurant qu’ils baptisent « la Grange aux Oies » car « la grand-mère de la propriétaire avait un élevage d’oies. » Ce chef qui ne dort pas, est ainsi fier d’avoir transformé le lieu en un endroit assez couru des amateurs de bonne chère et de présenter, aussi avant le service, ses assiettes de porcelaine « 80 modèles tous différents que j’ai dessinés »

Faisant sienne cette maxime de François de la Rochefoucauld : « manger est un besoin, savoir manger est un art », le chef  Pascal Pressac a depuis toutes ces années imaginé l’art qu’il restitue dans ses assiettes de porcelaine.

 J’aime bien travailler les produits que je connais, la source de l’inspiration est là »

Bien sûr, il met en avant le boeuf du Limousin, il travaille aussi pas mal les poissons, avec cette « envie d’aller au bout des choses, de faire des assiettes qu’on ne trouve nul part ailleurs, avec une identité dans le produit, pour donner une personnalité à nos établissements ».

Depuis 4 ans, il est allé au bout de sa philosophie en créant son « jardin de porcelaines », un jardin situé derrière le château de Nieuil.

C’est un endroit que j’affectionne beaucoup, tous les légumes y sont identifiés avec des porcelaines cassées… »

On travaille le sol juste avec une petite griffe, un peu de matière organique et un compost paille. On a des vers de terre, des champignons, un sol qui revit. Et c’est ainsi que ses sucrines du Berry, ses courges bleues de Hongrie, ses courgettes trompettes, ses blettes en couleurs, ses patates douces et 45 variétés de tomates forment un orchestre harmonieux dont le chef en extrait la « substantifique moëlle » dans un concert du goût à nul autre pareil.

C’est un plaisir énorme et une autre philosophie de travail, on sait ce que c’est que de venir chercher ses légumes ou ses groseilles, c’est une vraie philosophie… »

Même s’il est aidé par Dominique Hay, son jardinier, il sait que c’est un « travail énorme mais c’est plus une passion que de la rentabilité. Je veux faire différent être un cuisinier paysan et inciter les gens à venir découvrir le jardin, profiter du lieu. «  Un endroit si magique que lorsque Jean-Luc Petitrenaud est venu enregistrer l’une de ses « Escapades », il s’est arrêté direct au jardin de porcelaines avec sa cabane et a dit à Pascal c’est là qu’on va enregistrer. Pas dans les cuisines, mais dans la cabane.

Patrice Devaine, associé de Pascal Pressac, président des sommeliers de Poitou-Charentes © JPS

En salle, Patrice Devaine, le directeur et chef sommelier affiche quelques 300 références de vin à sa carte, « toutes les régions de France sont représentées, je mets en avant Bordeaux, j’ai un faible pour les vins de Pessac-Léognan, et pas mal de Bourgogne, de la Vallée du Rhône, de la Provence et du  Languedoc-Roussillon ».

Il y a aussi ces petites propriétés dénichées en blanc et en rouge, comme ce petit domaine d’Henri Jammet à Saint Sornin, non loin de là qui fait des vins exceptionnels en petites quantités : 10 à 12000 bouteilles rapidement vendues à la propriété et dans les restaurants gastronomiques sur des sols d’argile rouge à silex, avec des vendanges à bonne maturité, une macération pelliculaire, un pressurage et un écoulage du jus par gravité. La Grange aux Oies a planté avec lui 600 pieds de vigne en Chardonnay et depuis 6 ans ils élaborent ensemble un excellent cru « Fenêtre sur Grange ».

 

Au centre le chef de la Grange aux Oies Pascal Pressac avec à droite Patrice Devaine © JPS

Dans cette antre des bons produits de ce terroir charentais comme ces Cognacs (dont un petit faible pour Paul Guiraud), résonne encore cette phrase relayée par le Chef « le bonheur est à la portée de celui qui sait le goûter… ». Bravo à ce tandem Pascal Pressac et Patrice Devaine, qui s’apprêtent à fermer quelque temps la Grange aux Oies pour lui donner un coup de neuf et un nouvel envol.

La Grange aux Oies au château de Nieuil (16270) : 05 45 71 81 24

11 Oct

Bordeaux : « assurément, 2018 fera partie des grands millésimes bordelais, » selon Xavier Buffo du château de la Rivière

Alors que les vendanges en rouge se terminent dans le bordelais, Côté Châteaux a donné la parole à l’un des grands techniciens du bordelais, ingénieur agronome sorti de Montpellier. Xavier Buffo, directeur général du château La Rivière en appellation Fronsac est l’invité de Parole d’expert.

Xavier Buffo, avec de très vieux pieds de merlots de 90 ans au château de la Rivière © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Xavier, dites-nous tout sur ce millésime 2018, entre les merlots, les cabernets et les malbecs que vous venez de rentrer, qu’est-ce qu’il en ressort aujourd’hui ? »

Mardi encore un jour de vendange à la Rivière où le brouillard a mis la matinée à se lever © JPS

Xavier Buffo : « Aujourd’hui, nous sommes encore en pleine vendange, nous n’avons pas fini, nous en avons encore pour une petite semaine... Le millésime est très très prometteur, avec des raisins très mûrs, beaucoup de maturité un état sanitaire absolument parfait. 

On a eu un été magnifique avec surtout une très belle arrière saison depuis le mois de septembre, et donc on rentre des raisins riches en sucre, ça c’est une réalité, mais surtout très aromatiques et avec une qualité de tanins très élégants. Déjà on sait qu’on tient quelque chose de très beau. »

Jocelyn en 1ère année de BTS Technico-Commercial Vin et Spiritueux à Montagne © JPS

JPS : « Pour ce 2018, est-ce qu’on peut déjà faire un parallèle avec les 2015, 2016 ou 2010 ? »

Xavier Buffo : « On peut déjà le dire assez facilement : on a connu de très beaux millésimes depuis une dizaine d’années, et assurément 2018 fera partie des grands millésimes bordelais. »

JPS : « Finalement, c’est un millésime qui a été sauvé des eaux… »

Xavier Buffo : « effectivement, le printemps a été très compliqué, globalement jusqu’à mi-juin on était très inquiet car on a eu beaucoup d’eau. Cette eau a occasionné beaucoup de problèmes de maladies, de risques de maladies.

Manon Deville la directrice technique en plein pigeage des malbecs © JPS

Ici à la Rivière on a réussi à mettre les moyens humains et techniques pour endiguer notamment le mildiou et faire en sorte qu’aujourd’hui on puisse récolter une vendange en quantité convenable. Mais c’est vrai que mi-juin on était très inquiet.

Le maître de chai de la Rivière Stéphane Krochmaluk, ancien de Fonplégade et de l’Enclos © JPS

JPS : « Ce 2018, on va s’en souvenir ! »

Xavier Buffo : « Chaque année est très différente, le scénario du 2018 est inédit, et donc cela fera partie des millésimes dont on se souviendra longtemps. »‘

 

21 Sep

La star chinoise Zhao Wei fait la promotion de son grand cru bordelais

Zhao Wei, star du cinéma chinois aux multiples récompenses, a fait la promotion, mardi dans son vignoble de Saint Emilion de Château Monlot, produit sur un domaine de huit hectares, en AOC Saint-Emilion Grand Cru, dont elle a fait l’acquisition en 2011.

Zhao Wei dans les vignes de son © château Monlot

L’actrice de 42 ans, à la silhouette frêle et gracile, s’est prêtée au jeu de la pose devant des photographes de la presse vinicole et « people », dans les sillons de vigne du domaine sis au lieu-dit Au Conte, à Saint-Hyppolite (Gironde).

Une opération de communication millimitrée, organisée pour le premier jour des vendanges à Château Monlot, une élégante bâtisse de pierre blonde du XVIIè siècle,
érigée sur une terre ayant appartenu à Louis XIII.
Les traits tirés par la fatigue d’un long vol depuis Pékin, mais souriante, la star « connue de 100% des Chinois » selon son entourage, a cueilli, en training et baskets, quelques grappes de raisin rouge, sous les crépitements des objectifs.
Je me suis mise au vin rouge après l’alcool de riz et le whisky, parce que c’est bon pour le coeur, et je ne bois presque plus que ça », Zhao Wei,
qui veut « faire de Château Monlot un grand vin, emblématique du vignoble bordelais ».

Jean-Claude Berrouet ancien pape de Pétrus a mis ses services au profit de © château Monlot et de Zhao Wei

Et pour servir cette ambition, l’actrice-réalisatrice s’est alloué les services de l’un des papes de l’oenologie, Jean-Claude Berrouet, ancien oenologue de Pétrus.

Le domaine produit chaque année 35.000 bouteilles de deux grands vins, Château Monlot et Héritage de Monlot, commercialisés en France, mais aussi exportés à Singapour au Japon, en Chine et au Canada.
Peu connue en Europe mais célébrissime dans son pays, la chanteuse et actrice, égérie de marques de luxe, contribue à faire connaître le vin de Bordeaux en Chine, l’un de ses principaux marchés d’expansion.
Avec AFP.

20 Sep

Après l’hôtel-restaurant au château Lafaurie-Peyraguey, Silvio Denz lance Lalique en plein coeur de Bordeaux

C’était mardi la grande soirée de lancement de la nouvelle enseigne Lalique, une boutique de cristal mariée au vins de Lafaurie-Peyraguey, cours de l’Intendant à Bordeaux. Une mise en avant du savoir-faire de la célèbre cristallerie française associée désormais au monde du vin à travers les châteaux de Silvio Denz à Saint-Emilion et Sauternes. Toute la place de Bordeaux était présente pour saluer la beauté du lieu.

Silvio Denz, le PDG de Lalique et  co-propriétaire de Lafaurie-Peyraguey, Cerise Guisey directrice communication de Lalique, et David Bolzan, directeur général des Vignobles Silvio Denz © Jean-Pierre Stahl

A Bordeaux rien n’est trop beau. Cela pourrait être la devise de ce nouvel endroit magique situé dans le triangle d’or.Pour Silvio Denz, cette nouvelle implantation au 19 cours de l’Intendant et passage Sarget n’est que le prolongement de sa politique de promotion du savoir-faire à la française et de son hospitalité :

C’est vraiment le message : la fusion entre le cristal le vin et le savoir-faire Lalique » Silvio Denz PDG de Lalique.

Pour cette inauguration, plus de 200 personnes étaient présentes du monde du vin, des acteurs économiques et politiques de Bordeaux.

A commencer par le 1er magistrat de la ville Alain Juppé : « c’est une grande chance de vous accueillir dans ce site, il n’y a ici que beauté et des objets fabuleux. Merci d’avoir choisi Bordeaux », et de souligner « l’attractivité du Port de la Lune avec tous ces bateaux et leur clientèle haut de gamme, c’est une aubaine pour vous ». Alain Juppé qui a reçu un joli trophée en cristal et a plaisanté en soulignant qu’il trouverait sa place dans son bureau, et non chez lui.

Dans cette boutique de nombreuses pièces époustouflantes : des vases et autres lampes d’inspirations « hirondelles » aux vases « bacchantes« , en passant par les panthères et la victoire de Samothrace, sans oublier les bouteilles de parfum (cf Silvio Denz avait initialement fait fortune dans la parfumerie).

« On dessine deux collections par an avec 20 à 40 pièces, ce sont aussi des bijoux, des bouteilles de parfum, de l’architecture intérieure et commandes spéciales », commente Marc Larminaux directeur artistique, qui travaille avec une équipe de 6 designers artistiques chez Lalique et environ 200 personnes à l’usine de Wingen-sur-Moder en Alsace (où se trouve le Musée Lalique).

Au fond une vinothèque avec notamment les flacons de Sauternes du château Lafaurie-Peyraguey, 1er cru classé © JPS

« On travaille aussi beaucoup avec des marques de whisky comme le whisky Macallan » (la bouteille whisky la plus chère s’est vendue d’ailleurs 500000 €)

Catia et Pietro Mingarelli, designer de la boutique Lalique © JPS

A l’emplacement de Madura, Lalique a donc aménagé un très grand espace sur 130 M2 pour mettre en scène quelques 500 pièces, avec au fond de la boutique la vinothèque avec les vins de Silvio Denz et surtout de Lafaurie-Peyraguey.

Le travail a été confié aux designers Pietro Mingarelli et Tina Green, c’est leur 12e enseigne après Paris, Londres (2), Zurich, Hong-Kong, Shangaï, New-York, Chicago, Miami, Los Angeles, Las Vegas…

On peut dire la fierté que nous ressentons à faire partie du triangle d’or bordelais et du passage Sarget, c’est un lieu de partage et de convivialité, qui devra vivre grâce à vous, grâce au monde du vin » David Bolzan, directeur général des Vignobles Silvio Denz.

Ce bel endroit vient rehausser encore l’offre de pièces d’ornement en cristal et des arts de la table en plein coeur de Bordeaux…Un peu plus bas cours de l’Intendant, il y avait déjà Baccarat, autre grande marque de cristal lorraine (rachetée récemment par des Chinois) mais aussi Bernardaud (qui commercialisait outre ses pièces de porcelaine, des oeuvres et objets Lalique), voici désormais Lalique et Lafaurie-Peyraguey qui entrent dans la danse.

Lire ou relire :

Lafaurie-Peyraguey ouvre un somptueux Hôtel Restaurant Lalique dans le Sauternais

 Voir ou revoir le magazine sur Silvio Denz par Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Eric Ddelwarde, Christophe Varone, Sarah Paulin et Isabelle Rougeot : 

18 Sep

« Vinexpo, c’est Bordeaux ! Bordeaux, c’est Vinexpo ! » : mobilisation générale pour un salon qui se relance

Cette petite phrase a été lancée ce matin par Alain Juppé (qui veut bien céder ses droits d’auteur…). Vinexpo tenait en fait une conférence de presse au Palais de la Bourse pour redorer l’image du salon mondial du vin et des spiritueux qui connait un léger effritement de fréquentation ces dernières années, face à la concurrence de ProWein en Allemagne. Vinexpo a été avancé en mai, ce salon qui fêtera sa 20e édition se tiendra du 13 au 16 mai 2019 avec des nouveautés.

« Tous ensemble, tous ensemble… » pour Vinexpo Bordeaux © JPS

L’heure est à la Mobilisation de tous : ville de Bordeaux, métropole, CCI, Région et Centre des Congrès et Expositions, mais aussi l’Office de Tourisme. Et pour relancer Vinexpo Bordeaux, une belle photo de l’ensemble des acteurs trinquant au vin de Bordeaux, ça parle au monde entier. Il faut dire que ces derniers temps, une rumeur persistante, ou une fake-news, laissait planer le doute sur la tenue de ce salon mondial du vin et des spiritueux en 2019 (Côté Châteaux vous avait rassuré en exclusivité cet été). Vinexpo Bordeaux se tiendra bien du 13 au 16 mai prochain avec des nouveautés.

Patrick Seguin, président CCI Bordeaux Gironde, pdt du directoire de Vinexpo et Christophe Navarre Pdt du Conseil de Surveillance de Vinexpo © JPS

On espère que le bashing, c’est terminé parce que on a un peu souffert de cette mauvaise image de dire Vinexpo Bordeaux risque de ne pas exister. C’est totalement faux. Vinexpo Bordeaux est bien parti ! Vinexpo Bordeaux 2019 sera une belle manifestation avec des nouveautés et un symposium mondial » Patrick Séguin Président de la CCI de Bordeaux

Outre le salon au parc des expositions où l’on espère le retour des grandes maisons de champagne et de cognac, une grande dégustation ouvert au public se tiendra place de Bourse le 12 mai, il y aura aussi les dîners du palais les 13 et 14 mai pour les exposants et leurs clients, une plus grande place sera aussi accordée aux petits viticulteurs à qui la région viendra en aide pour pouvoir être présents. Pour donner un coup de jeune, le Hall 2 entièrement reconstruit, sur 14000 m2, sera opérationnel pour la 1ère fois pour Vinexpo.

 Un nouveau hall flambant neuf sera prêt en 2019, c’est un gros investissement, avec la rénovation du hall 2 (et plus tard du hall 1), ce sont 60 millions d’investissements », Alain Juppé Maire de Bordeaux.

Alain Rousset, le Président de la Région Nouvelle-Aquitaine, souhaite lancer un message fort, à l’occasion de ce Vinexpo, sur la sortie des pesticides.

Alain Rousset veut donner un message fort: sortir des pesticides © JPS

Sortir des pesticides, cela doit être l’ADN de la région, on est la première région agricole d’Europe, donc il faut qu’on mette tous les moyens là-dessus », Alain Rousset Président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Et de compléter : « ce soir, je rencontre le Président de la République et je vais lui proposer de nouveau d’être la région phare su cette transition environnementale… »

Autre grand moment, le Symposium Vinexpo sera un échanges avec des intervenants d’un calibre mondial sur l’impact du changement climatique sur la filière vins et spiritueux.

La team Vinexpo compte 25 salariés présents sur plusieurs continents © JPS

Plus de 40000 visiteurs de 150 pays sont attendus du 13 au 16 mai pour ce nouveau Vinexpo Bordeaux avec plus de 2000 exposants, selon le président Christophe Navarre les inscriptions vont bon train. Quant au directeur général tant attendu, il faudra encore attendre, on ne remplace pas un DG que l’on peut aussi considérer CEO pour faire beau, comme cela. Guillaume Deglise devrait être remplacé prochainement, en tout cas le message est clair « la Maison Vinexpo est tenue ». Pour l’heure, Laurent Maupilé, ancien directeur de Bordeaux Grands Evénements (qui organise Bordeaux Fête le Vin) a rejoint les organisateurs pour mettre un peu d’huile dans les rouages pour servir d’intermédiaire entre tous les partenaires, dans le but de réussir le prochain Vinexpo Bordeaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Marc Lasbarrères :

01 Sep

La preuve…pardon, la pieuvre : Bordeaux est bien tentaculaire !

Non, ils n’ont pas fumé la moquette, oui ils abusent du Bordeaux ! Dans les locaux du CIVB, on savait que certains avaient le bras long, mais de là à ce que ça se voit…à travers les fenêtres, eh bien c’est fait ! A l’occasion du prochain Climax, du 6 au 9 septembre, le CIVB et Darwin ont ainsi voulu souligner l’urgence de préserver la biodiversité. Des tentacules vertes jaillissent ainsi des fenêtres…et pourquoi pas ?

7 tentacules vertes sortent des étages supérieurs du CIVB © Jérémy Stahl

Ils ne manquent pas d’humour en tout cas et bon nombre de Bordelais ont apprécié ces 7 gigantesques tentacules qui se déploient dans les étages supérieurs de l’immeuble Gobineau, à l’angle des allées de Tourny et du cours du XXX Juillet. Là où il y a les têtes pensantes, sortent généralement de grandes idées, ces tentacules sont-ils ceux d’Allan Sichel, de Bernard Farges, d’Hervé Grandeau, de Fabien Bova ou de Christophe Chateau, difficile de les reconnaître…

Fanny et José : »je trouve ça vraiment original » © Jean-Pierre Stahl

Depuis vendredi, c’est la nouvelle attraction de Bordeaux, plus célèbre que la Cité du Vin, la Porte Cailhau ou la Grosse Cloche sur Instagram ou Facebook, les Bordelais et les touristes ne cessent de déclencher leurs appareils photos et de prendre des clichés ou des selfies avec leur téléphone portable. Ils ont perdu la tête, d’ailleurs la tête de la pieuvre, on la cherche toujours !

Je trouve ça vraiment original parce que l’architecture de Bordeaux en soi , c’est quelque chose de très historique, et de voir des choses comme ça cela casse ce côté-là » Fanny et José

En tout cas ces tentacules ont eu l’effet escompté, on ne parle que d’elles sur Insta et les réseaux sociaux © JPS

  Le but c’est d’interpeller et de faire passer des messages sur ce qui est fait et ce qui reste à faire en matière de biodiversité » Christophe Château du CIVB

 Vue l’urgence de protéger la biodiversité pour lutter contre l’extinction de certaines espèces, certains ont réfléchi, de la fumée blanche est sortie pour une idée verte !  C’est Simon Rossard, curateur à Darwin, qui a eu cette idée géniale au printemps dans l’optique du prochain Climax. Il l’a soumise à Philippe Barre et au CIVB.

Christophe Château du CIVB, et Philippe Barre, Simon Rossard de Darwin © JPS

« Les artistes contemporains britanniques Pete Hamilton et Luke Egan nous ont proposé cette installation. Il nous est apparu évident de la proposer au Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux ». selon Philippe Barre, fondateur de Darwin.

L’idée est de montrer ici que si on ne réagit pas le plus vite possible pour sauvegarder et restaurer même notre biodiversité locale comme planétaire, eh bien la nature reprendra ses droits de manière brutale, violente », Philippe Barre de Darwin.

Après avoir eu une position attentiste il y a 20 ans, le CIVB s’est engagé ces dernières années sur une démarche volontariste de diminuer voire abandonner à terme les pesticides, comme l’avait annoncé Bernard Farges, ancien président du CIVB. Cela passe actuellement par une agriculture raisonnée ou une transformation des propriétés en agriculture biologique ou en biodynamie. 

Christophe Chateau du CIVB explique : « aujourd’hui on travaille avec d’autres outils pour limiter l’usage des pesticides, on a des exemples concrets, on a un partenariat avec la LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux) sur la mise en place de chauve-souris qui vont venir jouer le rôle de pesticides mais sans avoir d’impact sur l’environnement. On a plus de 10000 hectares en Gironde où on fait de la confusion sexuelle pour éviter que les insectes se reproduisent sans dégrader la biodiversité aux alentours. » 

Mardi prochain à 10h30, le CIVB a prévu d’organiser une table ronde sur ce thème « viticulture et biodiversité », une bonne entrée en matière deux jours avant Climax.

En tout cas, on connaissait l’oncle Sam d’Amérique, maintenant voici la tentacule de Bordeaux, on n’arrête pas le progrès…de Lyon. A quand des petits hommes verts…de grappe en façade du CIVB ?

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Marc Lasbarrères, montage Corinne Berge :

29 Août

Une belle histoire d’amour franco-chinoise en terre bordelaise

Tous deux travaillent dans le monde du vin, elle vend des châteaux, lui est vigneron. Lijuan Li et Jonathan Ducourt se sont dits « oui » ce samedi. Une romance sino-française à Bordeaux.

La sortie des jeunes mariés de l’église Sainte-Croix à Bordeaux © Laurent Moujon

Lijuan Li est quasiment une icône en Chine, elle incarne le conte de fée que bon nombre de femmes souhaiterait réaliser. Elle vient d’épouser un vigneron de Bordeaux, son prince charmant s’appelle Jonathan Ducourt.

Venue en 2008  faire des études de français à l’Université de Bordeaux, puis continuant d’autres études de management et marketing à l’INSEEC Bordeaux, elle est devenue conseillère auprès d’un château détenu par un Chinois, avant de rejoindre Christie’s pour qui elle vend des propriétés viticoles à de riches chinois, mais pas seulement.

Lily n’a pu résisté et a chanté lors de la réception au château Larrivet Haut-Brion © Laurent Moujon

Lily est aussi une chanteuse reconnue, qui depuis quelques années se produit lors de manifestations viticoles en reprenant quelques standards de la chanson française comme « la vie en rose » d’Edith Piaf ou « je ne veux pas travailler ! », qui ravissent à chacune de ses apparitions le public. Elle a sorti un premier album « l’amour perdu » en 2012. Elle chante également en anglais ou en chinois bien sûr. Elle s’est aussi produite plusieurs fois en Chine.

Jonathan Ducourt du château Beauregard-Ducourt dans l’Entre-Deux-Mers en février 2015 au bar à vin du CIVB © JPS

Lui, c’est Jonathan Ducourt, diplômé de l’Inseec et de la faculté d’oenologie de Bordeaux, il est avec son frère Jérémy la relève et la nouvelle génération des vignobles Ducourt. Les Ducourt étant vignerons et propriétaires depuis 1858 à Ladaux, petit village champêtre de l’Entre-Deux-Mers, au sud-est de Bordeaux. Ce vignoble familial dynamisé par Marie Christine, Philippe et Bernard Ducourt, est l’une des plus grandes unités viticoles du bordelais (450 hectares, 14 châteaux sur 6 AOC différentes).

Li Lijuan en concert en septembre 2014 au château de la Rivière © Jean-Pierre Stahl

C’est en 2013 que Lily a rencontré son prince charmant, invitée par une amie à un barbecue chez les Ducourt. Ce fut le coup de foudre et depuis s’est écrite cette romance franco-chinoise. Son histoire, Lily a tenu à la faire partager puisqu’elle a écrit un livre qui s’arrache en Chine: « ce nouveau livre raconte ma vie ces dernières années en Chine, en France, en famille, mes études, mon travil et bien sûr mon amour pour Jonathan. Il y a deux semaines j’ai fait la promotion en Chine, notamment à Shangai, je suis revenu 3 jours avant en France pour me marier à l’église Sainte-Croix, la semaine prochaine, je pars à Paris pour une nouvelle promotion et le mois prochain, je vais faire une tournée dans 50 villes en Chine… »

Lijuan Li et Jonathan Ducourt se sont dits « oui » en l’Eglise Sainte-Croix à Bordeaux samedi après-midi, avant de rejoindre le château Larrivet Haut-Brion pour une grande fête qui réunissait près de cinq cents personnes.

Aux jeunes mariés, Côté Châteaux leur présente ses meilleurs voeux de bonheur. Bravo à Lily et Jonathan.

03 Août

Château Cos d’Estournel : la fameuse porte de Zanzibar incendiée…

C’est un « acte odieux » et criminel. La porte principale du légendaire château Cos d’Estournel à Saint-Estèphe a été dégradée par un incendie. Un acte que condamne, avec la plus grande vigueur, le château qui va essayer de récupérer cette porte en ayant recours à des spécialistes.

La porte endommagée n’est plus visible à l’entrée du château de Cos d’Estournel © RD

La porte de Zanzibar du Château Cos d’Estournel était magistrale et cadrait totalement avec ce château du « Maharajah de Saint-Estèphe ». Ce gentleman haut en couleur avait fait édifier ce château à l’architecture particulière en référence au « retour des Indes », car l’histoire veut que les Anglais en Inde buvaient beaucoup de vins de Bordeaux et ce Monsieur eu l’idée de vendre des vins « retour des Indes », c’est à dire étant allé en barrique jusqu’à Bombay ou Calcutta avant de revenir en Europe. Il a terminé sa vie vie malheureusement sans connaître la gloire et le classement de 1855 qui a consacré Cos d’Estournel en 2nd cru classé, reconnu comme l’un des plus fameux de Saint-Estèphe.

Détail du travail sur la fameuse porte © Cos d’Estournel

Cette porte vieille de plusieurs siècles trônait remarquablement à l’entrée du château. Elle aurait appartenu au Sultan du Zanzibar. Qui a pu faire un acte inqualifiable dans la nuit de mardi à mercredi ? Cet oeuvre d’art a été incendiée en partie, « un acte de vandalisme, un acte odieux que l’on condamne » me confiait un responsable du château joint par téléphone cet après-midi. Bien sûr, une enquête de gendarmerie et judiciaire est en cours. « La porte va repartir entre les mains d’artisans de haute volée pour essayer de la reconstituer à l’identique ».

La fameuse porte de Zanzibar de nuit, éclairée © Cos d’Estournel

Que cet acte impardonnable n’empêche pas les amateurs et oenotouristes de se rendre à Cos d’Estournel, l’un des joyaux du Médoc avec son chai et son cuvier incroyables, réalisés en 2008 par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. A voir de toute urgence pour ceux qui ne le connaissent pas; étonnement garanti avec cette passerelle transparente au dessus des barriques et la bibliothèque de vieux millésimes gardée par des éléphants…