22 Oct

122 100 € collectés au profit de l’association Rose : José Garcia a enflammé la soirée caritative de la Jurade à Saint-Emilion

La Magie Rose (nom de la soirée) a bien été au rendez-vous. De généreux donateurs ont enchéri pour la bonne cause sur quelques magnifiques bouteilles de grands crus bordelais et d’autres terroirs de France. Le comédien José Garcia a animé avec brio ces enchères menées par la Maison Artcurial.

José Garcia, comédien, Hubert de Boüard, 1er Jurat et Ludovic Martin, caviste-négociant © Jean-Pierre Stahl

José Garcia, comédien, Hubert de Boüard, 1er Jurat et Ludovic Martin, caviste-négociant, lors de la soirée « Magie Rose » © Jean-Pierre Stahl

Le défi n’était pas facile à relever surtout pour un premier week-end de vacances de Toussaint. Mais le coeur a parlé quand José Garcia et le chef Alain Passard ont été contactés : « ce sont des gens qui aiment Saint-Emilion et ont dit oui tout de suite« , commente Hubert de Boüard, 1er Jurat. Cette soirée est aussi dédiée à deux femmes courageuses Céline Lis-Raoux et Céline Dupré : « ça a été la rencontre avec ces deux femmes touchées par la maladie, avec cette formidable volonté de vivre et de continuer normalement. J’étais à Paris à une soirée qu’elles avaient organisée, et je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose à Saint-Emilion », précise Hubert de Boüard.

IMG_1255Ainsi est née la « Magie Rose », cette soirée caritative à laquelle 167 convives ont participé, salle des Dominicains. Une soirée organisée par la célèbre Jurade de Saint-Emilion (créée en 1199), avec la complicité du chef étoilé et plus « grand rotisseur » français Alain Passard, l’expertise de la Maison de Ventes aux Enchères Artcurial et de son commissaire-priseur Stéphane Aubert, sans oublier la bonne humeur légendaire et la générosité de José Garcia, alias Serge Benamou dans « la Vérité, Si Je Mens »…

José Garcia, tout le monde le connaît à travers le petit écran et ses duos de folie avec Antoine de Caunes sur le plateau de Nulle Part Ailleurs. D’ancien chauffeur de salle de plateau télé, le voici devenu pour cette soirée chauffeur de salle aux enchères et le rôle lui allait plutôt pas mal. « On est toujours là pour aider », me confie-t-il, « quand ils m’ont appelé, je n’ai même pas discuté. Il y a quelque chose de très humain et de paysan, quand on tape dans la main… Je suis venu une quarantaine de fois à Bordeaux et il y a toujours eu les jurats pour moi, comme pour mon ami Patrick Timsit » (qui comme lui a été intronisé dans la Jurade).

José Garcia, Audrey Crespo-Mara, Céline Lis-Raoux, Hubert de Bouard et Céline Dupré © JPS

José Garcia, Audrey Crespo-Mara, Céline Lis-Raoux, Hubert de Bouard et Céline Dupré © JPS

Un beau geste pour soutenir l’Association Rose créée en 2011 par 2 bordelaises Céline Lis-Raoux (épouse de Philippe Raoux du château d’Arsac) et Céline Dupré, confrontées au cancer, l’une comme malade, l’autre comme accompagnante. Céline Lis-Raoux journaliste témoigne : « on se sent très seule quand on a un cancer ; j’étais à L’Express et j’avais peur à l’époque de me faire virer… » Et Céline a voulu créer un journal « pour dire que je ne suis pas toute seule », c’est ainsi qu‘elle a créé l’association Rose avec Céline Dupré, spécialiste en communication et ont lancé le Rose Magazine pour donner aux femmes atteintes de cancer du sein ou autre type de cancer une information fiable et accessible, un accompagnement et un message clair à toutes ces femmes : « ce ne sont pas des « malades » mais avant tout « des femmes. »

Un dîner concocté par le chef Alain Passard © JPS

Un dîner concocté par le chef Alain Passard © JPS

Depuis 2011, les « 2 Célines » ont fait un sacré bout de chemin ensemble : « on a lancé ce journal, j’espère qu’on est bienveillante, en tout cas ce journal reçoit 0 € de subvention publique », témoigne Céline Lis-Raoux à la tribune. Et Céline Dupré de compléter : « depuis un an et demi, la Maison Rose a ouvert à Bordeaux. On voulait créer une maison de femmes où elles pouvaient se ressourcer. Elle accueille 600 femmes aujourd’hui », et de souligner que « 1000 personnes, chaque jour en France, apprennent qu’elles ont un cancer… »

La Maison Rose, c’est la maison du bonheur où les femmes peuvent se retrouver, avec des soins de beauté, et des séances de coaching pour retrouver une vie normale après la maladie« , Céline Dupré

Jaquelin De Pracomptal, de la tonnellerie Taransaud à Cognace et Adrien Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Jacquelin De Pracomtal, de la tonnellerie Taransaud à Cognace et Adrien Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Des messages qui ont touché l’assistance, près de 200 personnes dont bon nombre du monde du vin. Ces propriétaires, négociants, cavistes, directeurs de domaines, tonneliers ou responsables de syndicats viticoles se sont montrés très généreux à travers l’achat d’enveloppes de tombola et les enchères en deux vagues sur 26 lots prestigieux et un bonus à la fin.

IMG_1222Parmi les lots remarquables : un magnum de Petrus 2007 adjugé 7000 €, un magnum de Lafite Rothschild adjugé 6000 €, de Cheval Blanc 2009 à 5000 € ou encore 2 magnum d’Angelus 2009 et 2010 pour 6500 €…

Jean-François Quenin (château de Pressac), Karl Todeschini (Mangot) et Thomas Duclos (Oenoteam) © JPS

Jean-François Quenin (château de Pressac), Karl Todeschini (Mangot) et Thomas Duclos (Oenoteam) © JPS

Il y avait aussi d’autres lots d’autres régions viticoles d’Alsace, du Rhône ou de Bourgogne comme un magnum de Corton Charlemagne Louis Jadot 2014-un jéroboam Chambolle Mussigny 2011 Joseph Drouhin-un jeroboam Gevrey Chambertin 1er Cru 2012 les Cazetiers le tout pour 3500 € ou 12 bouteilles de Côte-Rotie 2013 et d’Ermitage 2013 pour 6000 €.

José Garcia avec Stéphane Aubert, commissaire priseur d'Artcurial © JPS

José Garcia avec Stéphane Aubert, commissaire priseur d’Artcurial © JPS

Au total 122 100 € ont été collectés durant cette soirée, une belle somme pour venir en aide à l’association Rose, qui commence également à s’occuper aussi des cancers chez les hommes.

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Quant à José Garcia, le comédien a été à la hauteur de sa mission, animant avec précision et humour cette soirée caritative, ponctuée de formidables prestations de 3 jeunes femmes gymnastes, accrochées aux rideaux, dans d’étonnantes démonstrations d’équilibristes (une troupe créée pour l’événement par l’agence The Kub).

IMG_1495José Garcia c’est aussi cette générosité et cette simplicité d’un grand bonhomme qui reste ouvert aux autres. « Mes parents étaient gens de maison. J’ai passé ma vie dans les cuisines; je dormais dans un cellier. Ca a commencé avec des bouteilles de Calavados, j’ai toujours été entouré de bouteilles en permanence, vécu le cérémonial avec les gants blancs, la livrée, le vin, les parfums, les cigares, je connais tout cela par coeur » C’est dire si le comédien, intronisé par la Jurade, est un connaisseur et même une expert en vins : j’ai toujours bu super bien et de bonne qualité. J’ai même muré les bouteilles pour ne pas les ouvrir, et je me suis ouvert la main 50 fois, à 2 heures du matin, pour les ouvrir. Patrick Timsit, un jour m’a dit je vais te faire un beau cadeau, te faire introniser à la Jurade. Bordeaux, c’est sans doute la ville où je suis venu le plus, avec aussi la complicité de Pierre Bénard de l’UGC Ciné-Cité. »

José a réussi ce tour de force de faire acheter plus cher les lots pour la bonne cause et avec le sourire © JPS

José a réussi ce tour de force de faire acheter plus cher les lots pour la bonne cause et avec le sourire © JPS

On est tous aujourd’hui impatient de retrouver ce comédien hors pair au cinéma ; José Garcia joue actuellement, à Angoulême, dans le prochain film de Jean-Paul Rouve « Lola et ses frères », un rôle à la mesure de son talent.

20 Oct

Un vibrant hommage à Denis Dubourdieu à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin

En ce vendredi soir, le professeur d’oenologie était doublement à l’honneur avec le lancement de la « chaire Denis Dubourdieu – qualité et identité des vins » et le baptême de la salle de dégustation de l’ISVV à son nom. Denis Dubourdieu laisse un leg immense à Bordeaux et était à l’origine de la création de l’ISVV avec Alain Rousset.

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« IL A FALLU TOUT LE TALENT DE DENIS DUBOURDIEU… »

« C’est une vraie émotion, les souvenirs qui m’attachent à ce lieu et à Denis Dubourdieu ne s’effaceront pas. » On sent Alain Rousset ému, comme d’autres, mais peut-être davantage car la naissance de l’ISVV, on la doit à eux deux et ce n’a pas été facile : « je me souviens j’étais en campagne électorale en 1998 quand nous avons parlé la première fois de ce projet. A l’époque, il fallait faire travailler 3 universités et un organisme de recherche ensemble, ce n’était pas si simple que cela ».

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« Il a fallu le talent de Denis Dubourdieu pour dépasser les divergences… » et celui des deux hommes pour boucler le budget alors même que l’Etat diminuait son financement. L’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin a finalement vu le jour et a ouvert en 2009 ; et le Président de la Nouvelle-Aquitaine d’ajouter : « en quelques années, ce lieu s’est rempli (500 étudiants aujourd’hui) et nous devons préparer un projet d’extension de l’ISVV. »

IMG_1169LA SALLE DE DEGUSTATION DENIS DUBOURDIEU

Le moment le plus fort de cette soirée était très certainement le voile levé sur le nom du grand professeur. La salle de dégustation est ainsi baptisée « salle de dégustation Denis Dubourdieu » (disparu en juillet 2016). Un nom dévoilé en présence de ses deux fils Fabrice et Jean-Jacques, mais aussi de son épouse Florence et de son père Pierre. Ses deux fils avaient d’ailleurs suivi les cours d’oenologie et de dégustation avec leur père et étaient fiers de montrer l’endroit à leur grand-père.

Fabrice, Pierre et Jean-Jacques, enfants et le père de Denis Dubourdieu © Jean-Pierre Stahl

Fabrice, Pierre et Jean-Jacques, enfants et le père de Denis Dubourdieu © Jean-Pierre Stahl

« A TOUS LES ETUDIANTS QU’IL A PU FORMER DANS CES MURS »

Du directeur Alain Blanchard « l’ISVV nous le devons à l’obstination de Denis Dubourdieu et à son ami le Président Rousset » à Alex Marchal, maître de conférence et ancien étudiant de DD, qui retraçait son parcours et sa singularité de vinifier les vins blancs avec une macération pré-fermentaire (avec son admiration pour les grands chardonnays et bourgognes blancs) : « c’est l’oenologue dont les travaux sont les plus souvent cités par ses pairs. Il était inspiré par les goûts et les gestes qu’il observait. »

Au centre son épouse Florence, derrière son fils Fabrice et son épouse

Au centre son épouse Florence, derrière son fils Fabrice et son épouse Di Dibourdieu Sun © JPS

Sans oublier Valérie Lavigne, docteur aussi en oenologie comme Alex, qui était associée à Denis Dubourdieu dans son autre activité de conseil : « les 40 millésimes qu’il a vinifiés dans sa propriété ont sans doute guidé ses recherches. » C’est ainsi qu’il a été un véritable guide pour de nombreuses propriétés comme Fieuzal, Latour-Martillac, La Louvière ou Carbonnieux, pour les amener à faire de grands vins blancs.

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Jean-Jacques son fils est très touché par tous ces mots : « c’est un grand honneur d’être ici ce soir, nous pensons à Denis et à son projet d’écriture de Traité d’Oenologie auquel il a consacré de nombreuses années, je le vois encore écrire, réécrire, simplifier. Et dans ses projets, il avait l’ISVV, ce bâtiment qui a vu le jour avec l’aide de la Région. Il a toujours su convaincre, s’entourer, avec l’envie que cela fonctionne. Je pense aussi à tous les étudiants qu’il a pu former dans ces murs, à ces générations qui se souviendront de ce regard, de cette clarté et de ce raisonnement. » Et son frère aîné Fabrice d’ajouter : « 

France, Aquitaine,Gironde (33),Saint-Emilion.Portrait de Denis Dubourdieu au Château Reynon-Cadillac-Premières Côtes de Bordeaux.

Denis Dubourdieu au Château Reynon © Jean-Bernard Nadeau

Il a été précurseur dans bon nombre de domaines et ce bâtiment est un temple », Fabrice Dubourdieu

Et d’ajouter :  « Avec sa générosité, il nous a permis de voir un peu plus clair ce qui nous entoure. »

Si Denis Dubourdieu avait définit la stratégie de recherches de l’ISVV, de poursuivre avec des approches pluri-disciplinaires avec les synergies de l’Université de Bordeaux, de l’INRA, de Bordeaux Sciences Agro et de Kedge Business School, aujourd’hui l’ISVV va continuer sa route afin de maintenir la compétitivité de la filière tout en réduisant l’impact sur l’environnement.

"il avait le don de transmettre et une pédagogie exemplaire" © photo Jean-Bernard Nadeau

« il avait le don de transmettre et une pédagogie exemplaire » © photo Jean-Bernard Nadeau

LA CHAIRE DENIS DUBOURDIEU – QUALITE ET IDENTITE DES VINS

« Longue vie à cette chaire ! » commente d’emblée Manuel Tunon de Lara, le Président de l’Université de Bordeaux. « Le monde de la vigne et du vin donne l’exemple, j’espère que ça en inspirera d’autres. »

Cette chaire doit soutenir les travaux de l’unité de recherche oenologie au sein de l’ISVV afin d’apporter demain des réponses concrètes aux acteurs de la filière vin.

« L’ISVV se réjouit du lancement de cette chaire », commente son directeur Alain Blanchard car « la qualité et la typicité des vins est toujours un thème d’actualité. Et de citer Denis Dubourdieu lorsqu’il parlait du travail des oenologues :

Il faut révéler le goût inimitable et délicieux du lieu où le vin a été produit » Denis Dubourdieu

Lancement de la chaire avec

Lancement de la chaire avec Alain Blanchard (dir. ISVV), Frédéric Cauchois (dir. Fondation Bordeaux Université), Manuel Tunon de Lara (Pdt Université de Bordeaux), Lydie Héraud (conseil régional), et Philippe Dariet (de l’ISVV).

Frédéric Cauchois, en fin d’après-midi lors de la présentation de la Chaire Denis Dubourdieu résumait finalement  »

On a un personnage exceptionnel, dans un lieu exceptionnel, qui en fait une chaire unique » Frédéric Cauchois

Ce sont au total 4 crus bordelais et 6 entreprises de la filière viti-vinicole qui sont les mécènes de cette chaire. Des entreprises qui ont conscience que la qualité des vins de Bordeaux est une préoccupation quotidienne et la recherche en oenologie une donnée essentielle.

Les 10 mécènes de la Chaire Denis Dubourdieu sont : Biollaffort, Bucher Vaslin, Haut-Bailly,Palmer, Pichon-baron, Pichon-Longueville, Chêne&Cie, Michaël Paetzol, Oeneo, Seguin Moreau.

Relire également : Denis Dubourdieu, un grand Monsieur du Vin s’en est allé : « pour le monde du vin, c’est une grande perte »

12 Oct

Le CIVB et la filière vin de Bordeaux adoptent des mesures environnementales et le principe d’évitement des pesticides classés CMR

L’engagement s’intensifie ! Les avancées se font jour. 7 ODG, organismes de défense et de gestion ont inséré des mesures environnementales dans leur cahier des charges. Par ailleurs, le CIVB vient d’adopter le principe d’évitement des pesticides classés CMR.

Allan Sichel, tenait cet après-midi un point presse au CIVB © jps

Allan Sichel, tenait cet après-midi un point presse au CIVB © jps

UNE PREMIERE EN FRANCE

7 ODG, organismes de défense et de gestion, couvrant 80 % du vignoble ont adopté une modification de leur cahier des charges pour y insérer des mesures agroenvironnementales :

  • INTERDICTION DE L’USAGE DES HERBICIDES SUR LA TOTALITE DE LA SURFACE AU SOL, autrement dit la diminution devra se voir ou les herbicides être abandonnés
  • OBLIGATION DE CONNAITRE ET DE MESURER L’INDICE DE FREQUENCE DE TRAITEMENT pour les viticulteurs. Une nette avancée pour allr vers la diminution.
  • POSSIBILITE D’INTRODUIRE DES CEPAGES RESISTANTS (au max 5% de la surface) pour avoir moins recours aux traitements, comme chez les ignobles Ducourt
  • OBLIGATION DE S’ENGAGER DANS UNE DEMARCHE DE CERTIFICATION ENVIRONNEMENTALE

LE PRINCIPE D’EVITEMENT DES PESTICIDES CLASSES CMR

C’est dit et c’est officilel. Tous les viticulteurs sont invités à éviter l’utilisation dans le vigne 70 produits répertoriés dans une liste contenants des agents cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Une liste de produits alternatifs est mise en ligne sur le site professionnel du CIVB; toutefois cela ne veut pas dire que le CIVB interdit leur usage dans la mesure où chaque viticulteur est libre de faire le choix et de conduire son vignoble, mais le CIVB les invite désormais fortement, un dossier suivi notamment par Bernard Farges mais aussi le président Allan Sichel.

Le CIVB a mis par ailleurs un atlas des zones sensibles envoyé à plus de 900 viticulteurs concernés par l’arrêté préfectoral du 22 avril 2016, visant les lieux accueillant des personnes vulnérables aux risques phytopharmaceutiques, notamment les écoles : l’objectif désormais est de ne pas traiter durant la semaine (ce qui va plus loin que l’arrêté).

PULVERISATEURS DU FUTUR

26 candidatures ont été reçues dans le cadre de l’Appel à Manifesttaion d’Intérêt Innovation, et 13 projets soutenus par la Région. Il s’agit d’améliorer les pulvérisation ou les produits de bio-contrôle.

DEVELOPPEMENT DU SME

Aujourd’hui 83 crus classés, dont une douzaine viennent de démarrer, sont engagés dans le Système de Management Environnemental, soit 45% des 185 crus classés : tout rentre en ligne de compte : eau, énergie, phytos, salariés et riverains. 700 entreprises sont engagées dans cette démarche SME à ce jour.

VIGNOBLE ENGAGE

Par ailleurs le CIVB a mis en place un site d’infos à destination du grand public : www.bordeauxvignobleengage.com

Ecoutez l’interview d’Allan Sichel réalisée par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer :

Après les vendanges, Bordeaux estime sa perte de récolte entre 40 et 50%. L’un des épisodes de gel les plus douloureux de l’après-guerre

C’était redouté dès ce fameux gel intense du 27 avril et annoncé par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux et Côté Châteaux. Cet épisode de gel est très certainement l’un des plus marquants depuis 70 ans, après ceux de 1991 et de 1956 à Bordeaux. Le point aux châteaux de France et au château Larrivet-Haut-Brion, tous deux ont perdu 70% de la récole, en Pessac-Léognan. Les pertes pour la filière pourraient aller jusqu’à 2 milliards d’euros.

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

27, 28 et 29 avril, 3 nuits de gel intense, et c’est sans parler du premier épisode du 21 avril…

Au château de France, à Léognan, on a eu beau lutter sérieusement avec de nombreuses chauffrettes et un système d’éolienne, rien n’y a fait, le gel était trop important et très tôt dans la nuit, dès minuit…Arnaud Thomassin, le propriétaire, se souvient de cet épisode douloureux : « je pense qu’on est descendu à -6 ou -7 dans les points les plus bas de la propriété. Les appareils sont efficaces mais plus il fait froid, plus le périmètre d’action est faible et cette année, c’était particulièrement intense;

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  1. En terme de volume, je pense que c’est certainement la récolte la plus faible qu’on a faite, moi ça fait plus de 20 ans que je suis là et  je n’ai jamais ramassé aussi peu de vin, Arnaud Thomassin propriétaire du château
Au château de France ce matin ©JPS

Au château de France ce matin ©JPS

Depuis le 29 septembre, l’ensemble de la récolte (précoce à cause de juin très chaud et d’un mois de septembre en partie pluvieux) est aujourd’hui rentrée ici. La perte est estimée à 70% : « on peut estimer qu’on va récupérer, entre les rouges et les blancs, de l’ordre de 500 hectolitres. L’an dernier on avait fait le double. » 1200 hectos, alors même que c’était déjà une petite récolte, déjà à cause du gel, car le château de France avait perdu 30% de sa récole en 2016. Le sort s’acharne et Arnaud Thomassin espère que 2018 sera bien plus clément. Pour lui une année normale, c’est en 2014 où la production était de l’ordre de 1700 à 1800 hectolitres.

IMG_0577Au château Larrivet-Haut Brion, même constat, 70 % de pertes au global, un peu plus sur les blancs que sur les rouges:

Sur les blancs, on est à 6 hectos à l’hectare, des rendements extrêmement faibles, avec de la qualité, j’ai 54 hectolitres de vins blancs pour 9 hectares, même en 91 on avait fait un peu plus ! « Bruno Lemoine directeur général de Larrivet Haut-Brion

Ce sont surtout les parcelles les moins qualitatives qui ont été impactées, des parcelles de seconds vins, ou tout ce qui se trouvait en contre-bas de propriétés, dans des combes ou en plaine.

Il y a des grands vins, il y a des vins un petit peu plus légers, il y a des propriétés qui ont fait de belles récoltes et d’autres qui ont tout perdu, et cela depuis 6 mois » Frédéric Massy Derenoncourt Consultants.

IMG_0583La production sera plus faible qu’en 2013 mais plus importante qu’en 1991 l’autre grande année du gel à Bordeaux, comme devrait nous le confirmer cet après-midi le CIVB au cours d’un point presse à 15h. La récolte est estimée avec 40 à 50% de perte pour ce millésime 2017 dont les effets vont se faire ressentir pendant quelques années.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Robin Nouvelle :

07 Oct

La vigne, une affaire de famille : portrait croisé des soeurs Courselle et des frères Todeschini

C’est quasi-génétique. Elles ont, ils ont la vigne tatouée au coeur. Les soeurs Courselle et les frères Todeschini sont aujourd’hui les nouvelles générations douées du bordelais. Des vigneronnes et vignerons avant tout passionné(e)s  qui produisent de très grands vins.

Sylvie et Marie Courselle, co-gérantes du château Thieuley © Jean-Pierre Stahl

Sylvie et Marie Courselle, co-gérantes du château Thieuley © Jean-Pierre Stahl

D’un côté les soeurs Courselle, Marie et Sylvie, 41 et 39 ans, de l’autre les frères Todeschini, Karl et Yann, 35 et 33 ans.

Yann et Karl Todeschini, depuis tout petit dans la vigne, aujourd'hui de grands producteurs © Jean-Pierre Stahl

Yann et Karl Todeschini, depuis tout petit dans la vigne, aujourd’hui de grands producteurs © Jean-Pierre Stahl

Les premières sont à la tête du château Thieuley dans l’Entre-Deux-Mers, les seconds de Mangot en Saint-Emilion Grand Cru. Pour elles, pour eux, la vigne, c’est dans leurs gènes, c’est avant tout une affaire de famille.

Sylvie et Marie Courselle au petit matin pour démarrer les vendanges au château Thieuley © Jean-Pierre Stahl

Sylvie et Marie Courselle au petit matin du 15 septembre, pour démarrer les vendanges au château Thieuley © Jean-Pierre Stahl

Ces filles et ces garçons sont effet la 3e génération de vignerons. Tous ont poursuivi des études spécifiques poussées en BTS viticulture oenologie, Bts agricole ou encore à l’Ecole Supérieure d’Agriculture de Purpan-Toulouse, bref sont devenus oenologues et/ou ingénieurs en agriculture.

Rentrée de vendange de merlots au château Thieuley © JPS

Rentrée de vendange de merlots au château Thieuley © JPS

Vendredi 15 septembre, au petit matin à La Sauve, en Gironde… « Pas trop fatiguée ? T’as réussi à dormir un peu ? », interroge Sylvie la cadette, qui sait que sa soeur a quitté le chai très tard la veille.  « Oui, oui ça va…il fait beau, et c’est super joli ce que l’on rentre, je suis contente » « Je viens de regarder la météo, jusqu’à 11 heures cela tient. », confirme Sylvie.

Marie, la technicienne, au cuvier © JPS

Marie, la technicienne, au cuvier © JPS

Et Marie Courselle de regarder la vendange encore dans la benne rentrée la veille : « Il y avait urgence, avec le week-end qui s’annonce très très pluvieux, on voit que le botrytis commence à arriver et avec ce temps annoncé, ce n’est pas possible d’attendre. » Au chai, l’analyse des sucres la conforte : « potentiel 12,9 c’est pas mal quand même, cela fait une semaine qu’il pleut, donc on a dilué, on était plus élevé il y a une semaine. Il fallait qu’on ait une certaine maturité des pellicules et des pépins. Il n’y a pas que le sucre et l’acidité », explique Marie Courselle.

BB

Jean-Marie, le chef de culture, avec la machine à vendanger © JPS

Dans cette parcelle derrière le château Tieuley, Jean-Marie, le chef de culture, est entré en action avec l’une des deux machines à vendanger du domaine, sous les yeux écarquillés de Paul, 3 ans, le seul garçon de la famille et fils de de Marie.

Paul, le fils de Marie Courselle, les yeux écarquillés en regardant la machine à vendanger, ou comment naît la passion...© JPS

Paul, le fils de Marie Courselle, les yeux écarquillés en regardant la machine à vendanger, ou comment naît la passion…© JPS

« Outre l’intérêt économique de la machine à vendanger…

On peut vendanger la nuit ce qui est très intéressant pour avoir une vendange fraîche, donc pour nous qui produisons beaucoup de blancs, de rosés et clairets, (la machine à vendanger) c’est aussi un atout technique… » , Sylvie Courselle du château Thieuley.

Le château Mangot en Saint-Emilion Grand Cru à Saint-Etienne de Lisse © JPS

Le château Mangot en Saint-Emilion Grand Cru à Saint-Etienne de Lisse © JPS

Et dans la famille Todeschini, je voudrais le fils Karl… C’est lui l’aîné, mais il y a aussi le petit frère, Yann, des mordus de la vigne et aussi des techniciens très pointus. Il faut dire que tous deux sont tombés dedans déjà enfants: 

Les frères Todeschini et leur cousines au © château Mangot

Les frères Todeschini et leur cousines au © château Mangot

Tout petit, on était dans nos parcelles avec nos grand-parents et nos parents, on sortait de l’école, vite on retrouvait la machine à vendanger ou les vendangeurs dans les vignes, l’esprit du chai… », Karl Todeschini château Mangot.

« On a toujours été impliqué 7 jous sur 7 avec mes parents et on a toujours habité sur place et vécu le quotidien, donc ça se transmet… » ajoute Yann.

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Karl et Yann goûtent le raisin en train d’être vendangé sur un plateau épargné par le gel à 90 m en hauteur : « On a les deux visages ici à Saint-Etienne de Lisse à Mangot aucun problème (sur le plateau, car 40% de pertes) en revanche, au château la Brande on a tout perdu », explique Karl. « En Castillon, on a perdu 90% sur 30 hectares de vignes, il va falloir faire attention aux investissements dans les prochaines années. »

Jean Petit, le grand-père( aujourd'hui décédé), avec Yann, Jean-Guy (le père) et Karl Todeschini

Jean Petit, le grand-père( aujourd’hui décédé), avec Yann, Jean-Guy (le père) et Karl Todeschini

L’histoire a démarré en 1952 avec le grand-père maternel : « mes grand-parents sont vraiment partis de rien, ils ont constitué les 7 hectares ici  à Saint-Etienne-de-Lisse, en viager, petit à petit ils apportaient à la coopérative, et ont  commencé à faire du vin dans les années 75 au château. Ce sont vraiment mes parents qui ont apporté la qualité en restructurant le vignoble entre les années 90 et 2000″, explique Yann Todeschini. 

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Aujourd’hui, la famille Todeschini possède 34 hectares de vignes à Mangot en Saint-Emilion Grand Cru et 22 en Castillon au château la Brande. « On a des vignes, les plus jeunes ont 8 ans les plus vieilles 78 ans, tous les ans c’est de plus en plus qualitatif. Les parcelles qui sont sur les terrasses et que l’on est en train de vendanger remontent à 1997, ce sont des vignes qui ont 20 ans et qui rentrent maintenant depuis 4-5 ans dans le 1er vin. Elles sont aujourd’hui sélectionnées et bichonnées pour en faire vraiment le meilleur ».

Yann, Karl et Jean-Guy devant la machine de tri densimétrique © JPS

Yann, Karl et Jean-Guy devant la machine de tri densimétrique © JPS

Et au fil des générations, de père en fils, de nouvelles innovations se font jour comme cette machine de tri densimétrique testée pour la 1ère fois par les fils Todeschini : « tout ce qui ne nous intéresse pas, ce qui représente environ 3 à 4%, on le retire grâce à cette machine qui est un bain par flottation, tout ce qui est plus dense coule et est porté par ce tapis jusque sur la table de tri, et tout ce qui flotte est récupéré et éjecté de la machine », m’explique Karl.

Des baies heureuses qui virvoltent et vont être absorbées par la machine par tri densimétrique...au château Mangot © JPS

Des baies heureuses qui virvoltent et vont être absorbées par la machine par tri densimétrique…au château Mangot © JPS

Tout avance, donc il faut s’adapter en permanence, les tris changent complètement », commente son père Jean-Guy Todeschini « donc tous les ans, il faut continuer, continuer et avancer ».

Francis Courselle avec l'une de ses deux filles Sylvie ©JPS

Francis Courselle avec l’une de ses deux filles Sylvie, devant le château Thieuley © JPS

« C’est ta combientième de cuvée, papa ? » interroge à son tour, Sylvie en compagnie de son père Francis Courselle. « Quasiment 50 j’ai commencé en 1968… » Francis Courselle a repris en 1972 à la suite de son père qui acheta le domaine en 1950 et y créa un domaine viticole.

La famille de Francis Courselle au © château Thieuley à La Sauve

La famille de Francis Courselle au © château Thieuley à La Sauve

En 30 ans, il le fit allègrement prospérer puisque de 4 hectares, les vignobles Courselle sont passés à 80 hectares :

Les familles qui se renouvellent de père en fils ou de père en filles, depuis près d’un siècle, il n’y en a plus beaucoup à Bordeaux et il y en aura de moins en moins », Francis Courselle

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Francis Courselle fait partie de ces pionniers qui ont développé et amélioré la qualité des vins blancs secs dans l’Entre-Deux-Mers, comme André Lurton, selon la méthode de Denis Dubourdieu. Aujourd’hui les filles sont dans la lignée de ces vinifications mais elles se permettent aussi des fantaisies avec des cépages essayés à Bordeaux comme le chardonnay ou la syrah.  Pour Olivier Ricaud, « ce sont des passionnées, gourmandes, elles essaient de vinifier ce qu’elles aiment trouver sur les tables. Et ce sont des vins à leur image. »

Sylvie Courselle faisait découvrir les cuvées des deux soeurs en blanc et leur chardonnay en plusieurs millésimes…© JPS

Sylvie Courselle faisait découvrir les cuvées des deux soeurs en blanc et leur chardonnay en plusieurs millésimes…© JPS

« Il y a deux cépages avec Marie qui nous avaient quand même bluffés et amusés, la syrah et le chardonnay…et dès 2006, on en a planté un peu sur de jolis terroirs. On les revendique en vins de France, ils s’appellent « le bien élevé », explique Sylvie Courselle. Bien sûr, l’idée c’est de faire découvrir nos terroirs sur d’autres variétés ». 

Yann, Simone la grand-mère, Anne-Marie la maman, Jean-Guy, la secrétaire depuis 35 ans et Karl Todeschini © JPS

Yann, Simone la grand-mère, Anne-Marie la maman, Jean-Guy, la secrétaire depuis 35 ans et Karl Todeschini © JPS

Et ce mois de septembre, mois des vendanges, est pour la maman de Karl et Yann Todeschini, un mois tout-à-fait particulier et même une date prédestinée : « 

Je suis née ici, en 1959, pendant les vendanges, et pendant cette période de vendanges, comme toujours, le personnel est convié à notre table », Anne-Marie Todeschini du château Mangot.

IMG_0225A table également Simone, la grand-mère de Karl et Yann, mais aussi Louis 18 mois, le fils de Karl, déjà prêt à prendre la relève. En attendant cette nouvelle transmission, les frères Todeschini et les soeurs Courselle continuent de vinifier et d’exprimer leur talent… car pour eux, la vigne est avant tout une affaire de famille.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Rémi Grillot et Christian Arliguié : 

20 Sep

« Les raisins de la passion » : l’émission en immersion dans le vignoble gelé de Saint-Emilion, depuis le château Trapaud

Béatrice Larribière accueillait ce midi l’émission spéciale vendanges de France 3 Aquitaine. 52 minutes pour décrypter le gel et ses conséquences, mais aussi les vendanges précoces et les changements climatiques, ainsi que les questions de main d’oeuvre, l’avenir du vignoble de Bordeaux et le poids des acheteurs étrangers. Béatrice Larribière est l’invité de Parole d’Expert sur Côté Châteaux.

Hervé Grandeau, Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Béatrice Larribière, château Trapaud et Michel Rolland, oenologue-consultant © Jean-Pierre Stahl

Hervé Grandeau, Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Béatrice Larribière, château Trapaud et Michel Rolland, oenologue-consultant © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl : « Béatrice, vous voilà installée depuis 1997, vous avez repris un domaine familial (4e génération, depuis 1927), comment avez-vous commencé cette aventure ? »

Béatrice Larribière : « L’installation remonte à 1997, cela a été une bonne année d’expression avec beaucoup de volume, un bon millésime pour se faire la main, mais pas trop qualitatif. »

Béatrice incarne une nouvelle génération de vignerons, une femme à la tête d'un domaine passé en bio en 2009 © JPS

Béatrice incarne une nouvelle génération de vignerons, une femme à la tête d’un domaine passé en bio en 2009 © JPS

JPS : « 1997-2017, ces années en 7… »

Béatrice Larribière : « Ce sont les années en 7, je n’avais pas le recul, mais on m’a dit que ce n’était pas cela. En 2013, on avait grêlé et cette année, on a bien gelé, au minimum à 80%; il y a juste deux parcelles qui ont été protégées, notamment ici devant la salle de dégustation-caveau de vente. »

IMG_9426JPS : « Comment passe-t-on un cap comme celui-là, grâce aux stocks ? »

Béatrice Larribière : « Heureusement c’était la politique de mon père d’avoir du stock, et depuis j’en ai toujours eu. D’ailleurs je conserve les vins jeunes qui ne sont pas tout-à-fait prêts à boire, aussi pour les pros j’essaie d’avoir des millésimes qu’on puisse déboucher, prêts à la dégustation ».

Vincent Dubroca avec ses 3 premiers invités

Vincent Dubroca avec ses 3 premiers invités © JPS

« J’ai en stock des 2012, 14,15 et 16; j’ai un peu freiné les ventes, cela va me permettre de lisser cet épisode de gel, notamment pour le négoce dans deux ans.

Une maigre vendange mais la passion demeure

Une maigre vendange mais la passion demeure

Les clients ne s’en rendent encore pas compte, car on vend actuellement les 2012; on avait fait la même chose en 2013. »

Hervé Grandeau, Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Béatrice Larribière, château Trapaud et Michel Rolland, oenologue-consultant © Jean-Pierre Stahl

Quelques cagettes récoltées ce jour pour remplir cette amphore © JPS

JPS : « Quant à la vendange de ce qu’il vous reste sur le 2017 ? »

Béatrice Larribière : « Aujourd’hui, ce matin on vendange quelques cagettes pour l’amphore. Pour ce qui n’a pas gelé, si on peut attendre la fin de la semaine, ou plus si on peut attendre au maximum. On va essayer de pousser en fin de semaine prochaine si ça ne décroche pas. »

Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole, Aurélia Souchal viticultrice et Hervé Grandeau intervenants dans l'émission © JPS

Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole, Aurélia Souchal viticultrice et Hervé Grandeau intervenants dans l’émission © JPS

JPS : « Maintenant évoquons une chose plus réjouissante que le gel, le bio, pourquoi avoir fait ce choix ? »

Béatrice Larribière : « Je suis passée en bio en 2009, car en fait on est les premiers concernés, on vit sur place et on travaille dans les vignes, c’est le b.a.-ba pour moi ».

Aurélia Souchal a vécu une année terrible : le gel d'avril puis la grêle du 28 août © JPS

Aurélia Souchal, installée depuis 2015 au château Huradin à Cérons, a vécu une année terrible : le gel d’avril puis la grêle du 28 août © JPS

On fait un peu de biodynamie, avec des tisanes, du purin, mais on le fait pour nous, c’es plus ludique, on y va de notre sensibilité. Mon chef de culture s’en sort plutôt bien.

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On est certifié en bio depuis 2012, il n’y en a pas beaucoup en Saint-Emilion Grand Cru, mais comme il y a de la demande… Auparavant les négociants boudaient le bio, maintenant ils se sont assouplis. C’est dommage d’être catalogué, alors que cela se faisait ainsi avant. On est aussi dans la démarche SME avec les Vins de Bordeaux.

IMG_0022JPS : « Et comment cela se passe-t-il avec les particuliers ? »

Béatrice Larribière : « Avec les particuliers, il y a un engouement. Il y a aussi des vagues. Je fais les salons des Vignerons Indépendants de Lille, Paris et Strasbourg, ainsi que le Luxembourg. Mais pas encore celui de Bordeaux, je suis sur liste d’attente.

Cela fonctionne bien avec l’accueil à la propriété, sur internet mais aussi pas mal avec le « bouche à oreille ». On fait des visites et dégustations, je travaille aussi depuis peu avec Christine Glémain de Vino Passeport. Notre meilleure publicité reste surtout le bouche à oreille et sur internet.

Jacques-Olivier Pesme de Kedge Business School et Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole © JPS

Jacques-Olivier Pesme de Kedge Business School et Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole © JPS

Notre production habituelle, quand tout va bien, 45 hectos à l’hectare pour un bio c’est bien, cela représente environ 80000 bouteilles vendus sous château Trapaud, mais aussi avec Reflets de France-Carrefour avec la Cuvée La Chapelle. »

Béatrice Larribière fière de son millésime 2016, dans son chai à barriques © JPS

Béatrice Larribière fière de son millésime 2016, dans son chai à barriques © JPS

Un grand merci à Béatrice Larribière d’avoir reçu tout notre barnum pour cette émission spéciale « les Raisins de la Passion », proposée par Xavier Riboulet rédacteur en chef, préparée par Franck Omer et Jean-Pierre Stahl, présentée avec brio par Vincent Dubroca. Réalisation Fabien Roy.

Côté châteaux et Béatrice Larribière devant le château Trapaud

Côté châteaux et Béatrice Larribière devant le château Trapaud

A voir sur le site Facebook de France 3 Aquitaine, et demain à 8h50 sur l’ensemble de nos 3 antennes de France 3 Nouvelle Aquitaine et sur Côté Châteaux :

Revoir l’émission Les Raisins de la Passion, proposée par Xavier Riboulet rédacteur en chef, présentée par Vincent Dubroca et préparée par Franck Omer et Jean-Pierre Stahl :

29 Août

Etonnant : Sauternes fait aussi de grands blancs secs, mais en Bordeaux blanc

Certains pourraient trouver la nouvelle insolite et pourtant il y a une vrai logique. Le terroir de Sauternes est un grand terroir pour les cépages blancs qui permettent de faire de grands vins liquoreux. Avant la formation de botrytis, on peut aussi récolter pour faire de grands blancs secs. Une production assez importante aujourd’hui qui représente 11 000 hectolitres en appellation Bordeaux.

Hugo Bernard et la sc Domaine de Chevalier ont lancé en 2011 Clos des Lunes © JPS

Hugo Bernard et la sc Domaine de Chevalier ont lancé en 2011 Clos des Lunes © JPS

C’est aujourd’hui le lancement des vendanges pour Clos des Lunes à Sauternes. Une marque (propriété de la société civile Domaine de Chevalier – Famille Bernard) qui connait aujourd’hui un véritable succès de commercialisation.

Récolte ce matin des sauvignon gris pour réaliser avec du sémillon, le blanc sec de Clos des Lunes © JPS

Récolte ce matin des sauvignon gris pour réaliser avec du sémillon, le blanc sec de Clos des Lunes © JPS

Le pari était pourtant osé lorsqu’en août 2011 la famille Bernard fit l’acquisition du château Haut Cap Lane, 11 hectares et demi à Sauternes. Dès la vendange 2011, le but avoué était de faire surtout du blanc sec, cette année-là 17000 bouteilles de Lune d’Argent ont été produites, autant que de liquoreux. Mais l’année qui a suivi a marqué le fort développement de la marque Clos des Lunes avec les 3 sélections : Lune Blanche, Lune d’Argent et Lune d’Or.

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On est venu ici parce que le terroir de blancs de Sauternes est l’un des plus grands terroirs de blancs au monde », Hugo Bernard du Clos des Lunes

Et de compléter : « ici, pour vendanger un grand blanc sec, il suffit de vendanger trois jours avant que le botryris ne s’installe, et là il est doré à souhait. »

C’est ainsi qu’est née cette nouvelle succès-story au doux pays du Sauternes : une production qui parle avec aujourd’hui 400000 bouteilles » lunaires » produites et commercialisées partout dans le monde; un blanc sec vendu pour 40% en France et 60% à l’export avec comme marchés porteurs l’Europe, les USA et la Chine.

Thomas Meilhan, maître de chai, et Jonathan Fléchard, chef de culture, à Clos des Lunes © JPS

Thomas Meilhan, maître de chai, et Jonathan Fléchard, chef de culture, à Clos des Lunes © JPS

Sauternes est connu mondialement pour ses vins blancs liquoreux, c’est un terroir totalement dédié à ces vins blancs de par son terroir de graves, de sols calcaires et d’argile » Thomas Meilhan Maître de Chai du Clos des Lunes.

Et d’ajouter : « le sémillon, quand il est à une belle maturité sur ces terroirs de Sauternes, on peut retrouver des notes de pêche, de fruits exotiques, après des notes de fleurs blanches… »

Château Guiraud, 1er grand cru classé de Sauternes, fait aussi du blanc sec depuis de nombreuses années © JPS

Château Guiraud, 1er grand cru classé de Sauternes, fait aussi du blanc sec depuis de nombreuses années © JPS

De nombreux 1ers grands crus classés comme château Guiraud, Yquem (avec « Y »), Lafaurie-Peyraguey, Rieussec, Doisy-Daene, Sigalas-Rabaud ou encore Rayne-Vigneau produisent aussi une partie de blancs secs à Sauternes. Aujourd’hui, Luc Planty explique commercialiser 200 000 bouteilles du G de château Guiraud partout dans le monde.

En fait château Guiraud, il y a 100 hectares de vignes et sur ces 100 hectares, il y a 10 hectares qui sont en appellation Bordeaux où on ne peut pas faire de Sauternes, donc on fait du Bordeaux blanc sec », Luc Planty

Luc Planty commercialise 200000 bouteilles du G de Guiraud © JPS

Luc Planty commercialise 200000 bouteilles du G de Guiraud © JPS

Xavier Planty, président de l’ODG Barsac-Sauternes confirme à Côté Châtaux qu’une dizaine de producteurs sur 173 produisent du blanc sec. En 2016, 11000 hectolitres de blancs secs ont été produits en appellation Bordeaux et 40000 hectolitres de liquoreux en Sauternes.

IMG_8357Cela n’entame en rien l’engouement des connaisseurs et de nouveaux consommateurs qui apprécient ou découvrent les Sauternes. Il n’y a qu’à voir le nombre de projets de développement qui se font jour sur l’appellation.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Eric Delawarde, Françoise Dupuis et Christian Arliguié :

28 Août

Quand le sort s’acharne pour une quinzaine de châteaux des Graves : après le gel, la grêle…

Hier après-midi, un orage de grêle d’une très forte intensité et d’une durée de 20 minutes a éclaté de nombreuses baies de raisins dans les Graves. Ces viticulteurs avaient déjà souffert de l’épisode de gel de fin avril, là « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Tout n’est pas perdu, mais il faut récolter dans les 48 heures.

Les dégâts sur une grappe de sémillons à Podensac © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts sur une grappe de sémillons à Podensac © Jean-Pierre Stahl

Des grêlons de 1 à 2 centimètres et même de 3 à 4 par endroit. Ceux-ci très coupants ont haché non seulement le feuillage mais ont aussi fait éclater les baies gorgées de jus.

C’est un couloir intense qui a duré près de 20 minutes et qui a touché particulièrement Podensac, Illats, Cérons et Virelade.

Marie-Hélène Lévêque, propriétaire du château Chantegrive, ce matin dans ses vignes © JPS

Marie-Hélène Lévêque, propriétaire du château Chantegrive, ce matin dans ses vignes © JPS

Marie-Hélène Lévêque, propriétaire du château Chantegrive (dont la cuvée Caroline est toujours exceptionnelle) a d’habitude le sourire et le moral, mais là le sort s’acharne. Après avoir été touchée à 70% par le gel fin avril, elle vient constater les dégâts dans ses rangs de vigne. L’ensemble de ses parcelles a été impacté, ce qui pour elle est une première.

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« Regardez, une, deux, trois…huit, neuf, elles sont toutes touchées », Marie-Hélène Lévêque nous montre ainsi un pied très fourni de grappes, préservées du gel, mais bien impactées par la grêle.

Quand il grêle pendant 20 minutes, c’est long et cela fait beaucoup de dégâts »Marie-Hélène Lévêque, château Chantegrive.

Et d’ajouter : « En général, on assiste à des 2, 3 ou 4 minutes, déjà on trouve que c’est long, mais là 20 minutes c’est énorme. » 

Xavier Perromat sortant de son château de Cérons pour constater les dégâts © JPS

Xavier Perromat sortant de son château de Cérons pour constater les dégâts © JPS

A Cérons, Xavier Perromat avait lui aussi été très touché par le gel, il estime avoir déjà perdu 50% de sa récolte. Dans son malheur, la grêle s’est abattue sur la parcelle la plus impactée par le gel.

Xavier Perromat dans sa vigne la plus touchée par le gel et la grêle © JPS

Xavier Perromat dans sa vigne la plus touchée par le gel et la grêle © JPS

La chance, si je puis dire, c’est d’avoir été grêlé sur des parcelles qui avaient déjà été sinistrées. J’avais eu l’intention de vendanger en fin de semaine, mais je vais avancer mon intervention à demain », Xavier Perromat du château de Cérons.

« On a, on pense une quinzaine à une vingtaine de viticulteurs qui sont plus durement touchés que les autres », m’explique Mayeul l’Huillier directeur des Vins de Graves.

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Mayeul l’Huillier dir. du Syndicat Viticole des Graves et Xavier Perromat du château de Cérons © JPS

« Malheureusement, on est sur une zone, Podensac, Cérons qui a déjà été très gelée au mois d’avril-mai et c’est la deuxième catastrophe naturelle qui s’est abattue su ces viticulteurs-là », Mayeul l’Huillier directeur des Vins de Graves.

Pour l’heure, la situation n’est pas critique mais il s’agit d’agir très rapidement à cause du botrytis, la pourriture qui risque de s’installer rapidement sur les baies éclatées.

50 vendangeurs entrés en action au château Chantegrive pour ramasser rapidement les blancs © JPS

50 vendangeurs entrés en action au château Chantegrive pour ramasser rapidement les blancs © JPS

Au château Chantegrive, 50 vendangeurs sont entrés en action ce matin, Marie-Hélène Lévêque confie qu’il en faudrait 100 pour bien faire ; elle va avoir recours à une machine à vendanger pour compenser le manque de main d’oeuvre. « C’est tellement précoce cette année que les gens ne se sont pas inscrits, on est un peu en manque de vendangeurs… »

La vendange est rentrée et aussi sauvée. Fort heureusement, ils avaient commencé aussi la semaine dernière © JPS

A Chantegrive, fort heureusement, la vendange est rentrée et aussi sauvée. Fort heureusement, ils avaient commencé aussi la semaine dernière © JPS

« On essaie de s’organiser car il faut vraiment que dans les 48 heures, on ait rentré tous les blancs », Marie-Hélène Lévêque, château Chantegrive.

Des blancs fort heureusement qui sont arrivés à maturité ; pour les rouges, cela risque d’être plus délicat, notamment pour les cabernet-sauvignons plus tardifs que les merlots.

Alors « annus horribilis » en 2017 ? Certes, néanmoins la physionnomie des blancs déjà rentrés la semaine dernière et depuis ce lundi (avec un tri sur pied et sur la table de tri) permet de dire que la qualité est bien là. Avec juste une précocité et aussi, depuis la grêle, une rapidité d’action dans les rangs de vigne…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet et Alain Guinchard :

27 Août

Retour en images avec la première semaine de vendanges dans le Bordelais

Côté châteaux vous l’avait annoncé : les vendanges 2017 sont précoces et faibles en quantité. Sans doute la plus faible récolte depuis 1945. Dans le Bordelais, les pertes sont estimées à 40%. Mais la qualité est là pour le vignoble non touché par le gel. Retour en 20 photos sur cette 1ère semaine de vendanges; le gros coup d’envoi est pour la semaine à venir.

Les premiers sauts de merlots à Branne, lundi 21 août © JPS

Les premiers sauts de merlots à Branne, lundi 21 août © JPS

Dès 8h30, premiers coups de sécateurs. Cette parcelle de merlots épargnée par le gel dera du crémant, en blanc de noirs © JPS

Dès 8h30 lundi, premiers coups de sécateurs. Cette parcelle de merlots épargnée par le gel, sur les côteaux de Branne, fera du crémant, en blanc de noirs © JPS

Coup d'envoi des vendanges ce matin à Branne en Gironde © Jean-Pierre Stahl

Coup d’envoi des vendanges ce lundi matin à Branne en Gironde © JPS

Retour de vendange à la cave de Saint-Pey Génissac © JPS

Retour de vendange à la cave de Saint-Pey Génissac © JPS

Les premiers bacs remplis de merlots à la Cave des Vignerons de Saint-Pey Génissac © JPS

Les premiers bacs remplis de merlots à la Cave des Vignerons de Saint-Pey Génissac © JPS

Dernières anlyses de maturité à Rauzan avant de démarrer © JPS

Dernières anlyses de maturité à Rauzan avant de démarrer © JPS

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Denis Baro, le président de la Cave de Rauzan-Grangeneuve va donner mardi le coup d’envoi de la vendange des crémants © JPS

Mardi 22 août, 9h00 : récolte des baies qui serviront à élaborer Y 2017 (le blanc sec © d'Yquem)

Mardi 22 août, 9h00 : récolte des baies qui serviront à élaborer Y 2017 (le blanc sec © d’Yquem)

Des conditions optimales pour vendanger au château Smith Haut Lafitte, avec des matinées relativement fraîches © Jean-Pierre Stahl

Des conditions optimales pour vendanger au château Smith Haut Lafitte, avec une matinée fraîche 17-18°, en ce jeudi 24 août  © Jean-Pierre Stahl

Une équipe de 35 vendangeurs s'apprêtant à débuter jeudi 24 août les premiers sauvignons blancs © JPS

Une équipe de 35 vendangeurs s’apprêtant à débuter, en ce jeudi matin,  les premiers sauvignons blancs, la récolte ne se passe que le matin © JPS

Chloé, un démarrage en en douceur © JPS

Chloé, un démarrage en en douceur © JPS

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Le directeur commercial de Smith Haut Lafitte, Ludovic Fradin immortalisant l’instant pour les réseaux sociaux © JPS

Benjamin garde le sourire malgré le poids des cagettes © JPS

Benjamin garde le sourire malgré le poids des cagettes © JPS

Daniel Cathiard, Fabien Teitgen et Ludovic fradin, respectivement propriétaire, directeur technique et directeur commercial de Smith Haut Lafitte © JPS

Daniel Cathiard, Fabien Teitgen et Ludovic fradin, respectivement propriétaire, directeur technique et directeur commercial de Smith Haut Lafitte © JPS

Au cœur des vignes de Château Haut-Brion et de Château La Mission Haut-Brion, le soleil est radieux avec ses 25 degrés. Les vendangeurs sélectionnent les plus belles grappes de sauvignon gris !

Au cœur des vignes de Château Haut-Brion et de © Château La Mission Haut-Brion, le soleil est radieux avec ses 25 degrés. Les vendangeurs sélectionnent les plus belles grappes de sauvignon gris !

Des le pressoir de Rochemorin, à Martillac, © JPS

Dans le pressoir de Rochemorin, à Martillac, jeudi 24 août© JPS

Vincent Cruège oenologue et directeur des relations extérieures des Vignobles André Lurton © JPS

Vincent Cruège oenologue et directeur des relations extérieures des Vignobles André Lurton © JPS

Dans les rangs de vigne de Rochemorin, que l'on aperçoit au loin © JPS

Dans les rangs de vigne de Rochemorin, que l’on aperçoit au loin © JPS

Un tandem de hottes bien orchestré à Rochemorin © JPS

Un tandem de hottes bien orchestré à Rochemorin © JPS

Côté châteaux , l'info à la source, ici à Rochemorin © VC

Côté châteaux , l’info à la source, ici à Rochemorin © VC

24 Août

Premiers coups de sécateurs pour les blancs en Pessac-Léognan

Smith Haut Lafitte et Rochemorin ont lancé ce matin leur première troupe de vendangeurs dans leurs parcelles les plus précoces. Des parcelles épargnées par le gel fin avril. Une belle récolte qui augure d’un bon millésime, les conditions cet été ont finalement été clémentes pour la vigne. Toutefois, le gel reste dans toutes les têtes.

Des conditions optimales pour vendanger au château Smith Haut Lafitte, avec des matinées relativement fraîches © Jean-Pierre Stahl

Des conditions optimales pour vendanger au château Smith Haut Lafitte, avec des matinées relativement fraîches © Jean-Pierre Stahl

8h, à Martillac, le soleil est depuis peu levé sur le château Smith Haut Lafitte, cru classé de Graves. Mais déjà une troupe bleue arpente les chemins menant à la parcelle à récolter. Ils sont ainsi 35 vendangeurs, tous vêtus du T-shirt « Proud to pick for SHL » à se diriger vers les rangs de vignes, emmenés par Ingrid Pigassou, la chef de troupe.

Ingrid, chef de troupe, distribuant les sécateurs © JPS

Ingrid, chef de troupe, distribuant les sécateurs © JPS

Fabien Teitgen, le directeur technique de Smith Haut Lafitte, leur fait un petit briefing avant de commencer : « Les grappes qui sont jolies, on les trie, on les nettoie, on prend le temps, on ne fait pas la course ce matin, on ramasse bien tranquillement »

Chloé, un démarrage en en douceur © JPS

Chloé, un démarrage en en douceur © JPS

C’est une parcelle de sauvignons blancs, de vignes âgées de 8 ans, qui est ramassée en premier. Les vieilles vignes vont attendre un peu plus, lundi prochain, voire dans une semaine pour d’autres. Au total 11 hectares de blancs vont ainsi être ramassés, ici à Smith Haut Lafitte, progressivement sur 3 semaines. Les vignes qui servent à la production du 1er vin ont été épargnées par le gel.

Fabien Teitgen, directeur technique de SHL © JPS

Fabien Teitgen, directeur technique de SHL © JPS

« En fait cet été la chaleur est arrivée au mois de juin, » explique Fabien Teitgen, directeur technique de Smith Haut Lafitte.;

La canicule du mois de juin a accéléré le cycle de la vigne, ce qui fait qu’on est très précoce, mais comme l’été n’a pas été très chaud, on a une belle acidité. Donc, on a et la précocité et l’équilibre qui est très bordelais », Fabien Teigen directeur technique de Smith Haut Lafitte.

Benjamin garde le sourire malgré le poids des cagettes © JPS

Benjamin garde le sourire malgré le poids des cagettes © JPS

« La saison a été plutôt une très belle saison, avec du sec et du soleil, et à la fin des beaux raisins, et on espère faire du bon vin avec ce que l’on a », commente Daniel Cathiard le propriétaire du château Smith Haut Lafitte.

Daniel Cathiard, Fabien Teitgen et Ludovic fradin, respectivement propriétaire, directeur technique et directeur commercial de Smith Haut Lafitte © JPS

Daniel Cathiard, Fabien Teitgen et Ludovic Fradin, respectivement propriétaire, directeur technique et directeur commercial de Smith Haut Lafitte © JPS

Il y a eu déjà dans l’histoire le millésime 1947 où il y a eu un gel au début et puis on a fait peut-être le meilleur vin qu’on ait jamais fait à Bordeaux », Daniel Cathiard propriétaire de Smith Haut Lafitte.

Dans les rangs de vigne de Rochemorin, que l'on aperçoit au loin © JPS

Dans les rangs de vigne de Rochemorin, que l’on aperçoit au loin © JPS

A vol d’oiseau, à quelques centaines de mètres, une autre troupe s’active depuis ce matin également. C’est celle du château de Rochemorin, propriété d’André Lurton. Ici aussi ce sont 11 hectares de sauvignons blancs qui vont être ramassés durant 10 jours.

11 hectares de sauvignon blanc à ramasser © JPS

11 hectares de sauvignon blanc à ramasser © JPS

Sur les parcelles non gelées, on peut avoir le sourire, cette maturation nous a permis d’avoir suffisamment de sucre, d’acidité, et d’arômes », Vincent Cruège directeur relations extérieures Vignobles André Lurton..

Et d’ajouter : « pour tout ce qui est du reste, c’est quand même compliqué, voire dramatique, pour beaucoup de viticulteurs, nous y compris, parce qu’il y aura beaucoup de perte de récolte » 

Vincent Cruège oenologue et directeur des relations extérieures des Vignobles André Lurton © JPS

Vincent Cruège oenologue et directeur des relations extérieures des Vignobles André Lurton © JPS

Lundi prochain ou la semaine prochaine, ce sera le gros des vendanges en blanc, avec une grande partie des propriétés de Pessac-Léognan, de Graves, Blaye, et en Entre-Deux-Mers. Un millésime qui s’annonce de qualité mais faible en quantité. On estime en effet entre 40 et 50% de pertes de récolte en Pessac-Léognan et environ 40% pour l’ensemble du Bordelais. A confirmer après les vendanges bien sûr.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Guillaume Decaix, Corinne Berge et Christian Arliguié :