10 Août

La Champagne touchée par des orages de grêle

Le vignoble du Sézannais a été particulièrement touché par les orages de grêle de ce vendredi 9 août. Des rafales à plus de 100 kilomètres à l’heure soufflaient hier dans la Marne, mêlées à de fortes pluies qui parfois faisaient place à de la grêle. 

Les dégâts causés par les orages de grêle dans le vignoble sézannais © Loïc Blache – France 3 Champagne-Ardenne

En deux heures, il est tombé l’équivalent de 10 à 20 jours de pluie… De la pluie remplacée par endroits par de la grêle, avec des vents soufflants à 101 km/h en pointe.

Après le gel d’avril dernier, c’est la grêle qui est venue hier compromettre la récolte par endroits en Champagne, de manière surtout localisée surtout.Ainsi dans le Sézannais, à Saudoy, au sud de la fameuse Côte des Blancs, les dégâts sont particulièrement importants, comme sur ces photos.  

Le village de Saudoy est un secteur qui est d’habitude épargné par la grêle. Cette année, on a été particulièrement touché. Tout le village et tout le vignoble ont été touchés. C’est tout le travail d’une année qui est réduit à néant »,Vincent Léglantier président de la section locale du SGV

La peur est que la pourriture s’installe et que tout soit fichu. Sur la commune de Saudoy plus de la moitié de la récolte a été impactée.

Les orages ont mis à mal la récolte pour 2019 dans le Sézannais © Loïc Blache – France 3 Champagne-Ardenne

La Marne a connu un record d’éclairs hier : 1200 recensés alors que 10000 ont été enregistrés en France. 15 à 30 mm de pluie cumulée sont tombés en deux heures, soit l’équivalent de 10 à 20 jours de pluie en temps normal.

« On va trier, nous allons demander à nos vendangeurs de ne sélectionner que les bonnes grappes, que les beaux raisins pour que le champagne soit toujours à la hauteur de sa renommée », confiait ce week-end Vincent Léglantier.

A tous les vignerons qui ont été sérieusement touchés, une pensée particulière et de soutien de Côté Châteaux

Avec France 3 Champagne-Ardenne

12 Juil

Liber Pater devient le vin le plus cher au monde

Il l’avait dit, un jour il serait plus cher que Pétrus ou le Domaine de la Romanée Conti. C’est fait, Loïc Pasquet vend son Liber Pater 2015 produit sur ses terres de Landiras dans le Bordelais à un prix exorbitant 30000 €.

Loïc Pasquet dans son chai avec ses amphores contenant son futur millésime 2018 © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Bonjour Loïc Pasquet, selon Wine Searcher, Liber Pater 2015 est le vin le plus cher au monde en sorti de chai, qu’en est-il exactement ? »

Loïc Pasquet : « Oui, certainement, c’est probable, mais ce n’est pas ce qui me motive. Avec une bouteille de 2015, vous allez goûter le vin fin, le vin originel de Bordeaux, ce que Bordeaux faisait de plus abouti avant le phylloxéra. »

JPS : « Pour en revenir sur le prix de vente, il serait de 30000 €, c’est bien ça ? C’est déraisonnable, non ? »

Loïc Pasquet : « Oui, le prix grand public est de 30000€. Déraisonnable ? Tout cela est une question de repères, c’est comme une oeuvre d’art éphémère…Là, vous allez avoir accès à l’inaccessible. Ce sont 250 bouteilles de 2015 qui vont être vendues, je n’en ai produites que 550 au total. Mais on a déjà presque tout vendu. Cela fait un an déjà que l’on vend ce millésime, qu’on donne des allocations. On peut se demander combien coûte l’inaccessible pour retrouver le vin fin, sur mon lieu, sur l’anticlinal à Landiras. Un lieu où l’on a toujours fait de la vigne. Quel prix sont prêts à mettre les grands collectionneurs pour retrouver le goût d’autrefois, ils vivent une expérience unique. Que cela choque ou pas, en fait il n’y a pas beaucoup de personnes qui peuvent se permettre d’acheter un Matisse ou encore ce tableau de Banksy qui s’est autodétruit… »

JPS : « Vous produisez ce que vous appelez le vin d’autrefois, c’est quoi ?

Loïc Pasquet : « Ce sont des vignes franches de pied. Pourquoi, j’ai replanté ma vigne franche de pied ? C’est pour retrouver ce goût oublié; c’est typiquement sur l’anticlinal de Landiras, ce sont des cépages autochtones, adaptés au lieu: le cabernet sur de la grave sèche et acide, le petit Verdot sur les palus, sur les lieux humides, le tarnay sur de la grave, le castet sur de la grave argileuse, le Saint-Macaire sur de l’argile…Les anciens avaient compris qu’il fallait planter les cépages pour chaque lieu, il y avait un cadastre de cépages. Une fois que vous avez ça, à vous de faire l’ assemblage et le vin fin. »

JPS : « Sauf que tous les viticulteurs à Bordeaux ou ailleurs disent qu’ils cherchent à faire le vin fin ! »

Loïc Pasquet : « Le dire et le faire c’est deux choses. Aujourd’hui, il y a deux façons de faire le vin, il y a ce que j’appelle la construction d’un goût sur les qualités intrinsèques des variétés, à partir de vignes greffées, avec du merlot, c’est gras, vous ajoutez 20% de cabernet, un peu de petit Verdot , un élevage en barriques, ça c’est le sel et le poivre avec des tannins exogènes. Moi ce que j’ai choisi, c’est ces vignes franches de pied, et d’adapter le cépage au terroir. Quand on fait de la vigne franche de pied, on perd le goût de la variété et on récupère le goût du lieu. Le cépage est comme un fusible, il perd son côté variétal et il exprime le lieu. En fait, c’est le lieu qui impose l’encépagement, on est dans le respect du haut-lieu.  

Il y en a de plus en plus qui ont planté des francs de pied, il faut les encourager, il y a quand même de très très grands terroirs à Bordeaux, et de très très grands vignerons, mais il faut leur donner les moyens de travailler, les cahiers des charges sont faits de telle façon qu’ils ne permettent pas au vigneron de faire exprimer son lieu. On fait de la typicité, mais c’est renier le terroir. »

JPS : « Pour en revenir à ce 2015, qu’est-ce qu’on a dans ce Liber Pater 2015 ? »

Loïc Pasquet : « Je voudrais vous parler du gourmet. Le gourmet à l’époque , c’est celui qui dégustait les vins, il avait une grande connaissance du parcellaire et du goût. A l’époque vous aviez une palette aromatique sur la fleur.

Quand Jean-Jacques Rousseau visite le Médoc, il dit on boit des violettes, c’est caractéristique du franc de pied. C’est très pur, très fin, sur des arômes de fleur. Les francs de pied font des vins extrêmement fins, avec des tanins précis, très serrés, une belle longueur en bouche, très sapide, alors que pour la vigne greffée, c’est plus rustique. Avant la 2e guerre mondiale, il y avait encore à Bordeaux une bonne partie non greffée, on a greffé car on a multiplié les volumes, un bon vigneron était celui capable de produire beaucoup… » (après la 2e guerre mondiale).

JPS : « Mais enfin, votre prix a été multiplié par 7 ! » (par rapport aux bouteilles vendues par exemple chez Millésima à 4300 €)

Loïc Pasquet : « Oui mais la quantité a été divisée par 4 ou 5.Avant on vendait 1000 à 1200 bouteilles, là on en vend 250. On en retient 250, pour l’oenothèque, car dans 20 ou 30 ans, je voudrais être capable d’offrir du 2015; du coup cela fait gonfler mécaniquement les prix. Tout ce qui est rare est cher. C’est un goût inaccessible, que tout le monde voudrait retrouver. On va sortir le 2018, il ne sortira pas à 50€. Combien on va en faire, entre 600 à 1200, je n’en n’ai aucune idée pour l’instant. »

JPS :  » Cela fait un peu opaque tout cela… »

Loïc Pasquet :« Je ne sais jamais avant ce que je vais produire à la fin. Je recherche avant tout la qualité, ce qui explique que je ne fais que 500 bouteilles, et que je n’ai pas sorti de 2008, 2012, 2013, 2014 et de 2017, car soit j’ai gelé, soit je n’avais pas la qualité et si ce n’est pas bon, je ne fais pas de vin ».

JPS: « Vous êtes ce qu’on appelle un OVNI dans le monde du vin, ou un hurluberlu, non ? »

Loïc Pasquet : « Hurluberlu ? (rire), oui tout-à-fait. Par rapport à la place de Bordeaux. Peut-être que dans 20 ans, les francs de pied vont revenir, car le modèle de Bordeaux ne fonctionne pas très bien. Donc être révolutionnaire, hurluberlu, c’est joli. Etre dans un monde qui ne fonctionne pas, cela ne me gêne pas, mais Bordeaux va changer. Je ne nuis à personne, je gêne les institutions. »

Loic Pasquet met en avant « le goût du lieu » avec ses cépages oubliés, dans sa vigne en 2018 © JPS

JPS : « L’ascension de Loïc Pasquet a été fulgurante… »

Loïc Pasquet : « Cela fait 15 ans que j’ai acheté le vignoble, 15 ans c’est pas rien. En 2009, le millésime 2007 de Liber Pater se vendait déjà 1200€. Mon premier millésime a été le 2006. J’ai 43 ans aujourd’hui, je ne suis pas si jeune que cela. J’ai été le premier à remettre des vignes franc de pied à Bordeaux. Entre temps, j’ai eu des procédures en justice contre l’administration fiscale que j’ai perdue, contre l’INAO que j’ai gagnée. 15 ans ça compte.

Mais en France quand tu fais et réussis quelque chose, tu as tout le monde contre toi, aux USA c’est l’inverse. Si tu passes cela, tu ressorts très fort et tu peux survivre à tout. On est envieux, on n’aime pas cette réussite. Est-ce que c’est du à la culture judéo-chrétienne? Je ne m’explique pas cela.

Pourquoi cela devrait être mal, ce à quoi j’ai toujours rêvé, pensé, je n’empêche personne de le faire. J’ai la chance d’être sur un lieu formidable. Comme disait Winston Churchill, « il vaut mieux voir le cheval qui tire la charrette plutôt que le loup qu’il faut abattre. »

JPS : « Aujourd’hui, vous ne vendez pas Liber Pater en Bordeaux mais en vin de France »

Loïc Pasquet :  « Non, le 2015 est le dernier vin commercialisé  en Graves alors que le 2018 sera en vin de France, parce qu’on a replanté les anciens cépages bordelais interdits. Mais pour our moi, les AOC cela ne va plus rien représenter, on commence à dire qu’on va mettre des hybrides, cela n’a pas de sens. Les grands vignerons ne sont plus en AOC. On devrait plutôt remettre le tarnay qui était le cépage historique à Bordeaux, ou le Saint-Macaire. Interdits en 1936 lors de la création de l’INAO, on nous ressort des hybrides pour résister au mildiou, mais la problématique est déjà dépassée avec le réchauffement climatique;  le vrai combat est de retrouver et de faire du vin fin, réintégrer les cépages d’autrefois aujourd’hui interdits, et de voir quels cépages sont capables de résister à la sécheresse, surtout quand dans 20 ans il fera 50° C. »

JPS : « Mais qui peut acheter du Liber Pater 2015, aujourd’hui ? »

Loïc Pasquet : « les mêmes qui achetaient 2007, 2009, … Tous les plus grands collectionneurs au monde qui connaissent les grandes bouteilles, comme le Domaine de la Romanée Conti, et qui n’ont pas à s’excuser d’être des collectionneurs et d’aimer les grands vins. Ils sont partout car je fonctionne par allocations, à Hong-Kong, à Moscou, en Chine, en Belgique et à Londres. Il n’ya pas de pays plus fort que les autres. J’ai des ambassadeurs, des agents dans le monde qui vont voir des restaurants, des passionnés de vin. » 

JPS : « Quant enfin aux regards des autres et aux jalousies que vous allez encore susciter ? »

Loïc Pasquet : « Cela n’a aucun intérêt, c’est dans la nature humaine. Il y a des gens qui voudraient faire la même chose et qui n’y arrivent pas, il y en a qui sont dans l’ignorance de ce que je fais. Je ne veux pas faire de politique, cela ne m’intéresse pas, tout comme savoir ce que les autres pensent…Moi je m’éclate à faire du vin, à aller dans mes vignes tous les matins ».

Les autres en parlent aussi sur la toile :

The Man Behind Bordeaux’s Most Expensive Wine (Wine Seacher du 11/07/19)

Liber Pater plus cher que la Romanée Conti… et que tous les autres vins au monde (Vite Sphère du 05/07/19)

Liber Pater to release the most expensive wine in the world (The Drink Business du 4/7/19)

Lire ou relire l’article du blog : « Le Goût Retrouvé du Vin de Bordeaux » : le livre qui pourrait faire bouger les lignes ?, suite à la parution en septembre dernier du livre : « Le Goût Retrouvé du Vin de Bordeaux » aux éditions Actes Sud par Jacky Rigaux et Jean Rosen.

06 Juil

Encore un épisode de grêle sur quelques secteurs en Gironde…

Cette nuit, des orages ont éclaté en Gironde, beaucoup de pluie et par endroits de la grêle… Une fois de plus, ce qui fait dire aux vignerons touchés: « il y en a marre. »

Les dégâts de cette nuit dans l’Entre deux Mers © Patrick Clarens

Une fois de plus, le ciel a grondé, tonné, des éclairs, de la pluie, beaucoup de pluie, et de la grêle localisée mais à plusieurs endroits.

Les sentinelles et amis de Côté Châteaux et notamment Sophie Aribaud, conseillère technique, m’ont signalé de la grêle cette nuit sur « Sainte Terre, Vignonet, Lugaignac, Daignac, Grézillac, Naujan, Postiac, Faleyrens et Génissac. Une liste qui semble s’allonger avec fil de la journée, avec Saint-Pey-d’Armens ».

Des baies blessées par endroits, en espérant que les dégâts ne soient pas trop importants, et que la canicule évite l’installation de botrytis.

Un viticulteur, client de Delacroix Aribaud Conseil a pu observer des « impacts sur l’ensemble des parcelles à Naujan, Saint Aubin de Branne, Lugaignac, Daignac et Moulon… »

© Photo vignobles Gadras

Joint par téléphone, Hugues Laborde, directeur technique des vignobles Invidia, 7 propriétés, m’expliquait « nous avons le château Haut Meyreau (à Dardenac) qui a été fortement impacté, mais fort heureusement Saint-Emilion pas touché, Fronsac non plus. En revanche, cela a été grêlé à Daignac, Grézillac, Espiet, Faleyras..En fait cela a touché ce qui fait face à Saint-Emilion, on avait déjà gelé au début du printemps à cet endroit mais personne n’en a parlé, on a eu des plateaux entièrement gelé, puis de la coulure, et là on s’est pris la grêle samedi à 5h du matin. Ce sont des pertes qui vont de 30 à 60%. Si on cumule au gel, à la coulure, le millésime 2019 risque d’être léger pour nous. C’est un vrai coup dur pour l’Entre-deux-Mers. Tous ces incidents climatiques qui se multiplient, cela devient très dur, je ne sais pas si tout le monde va tenir le choc. Car si on ne fait pas de vin, on perd les marchés… »

Les pensées de Côté Châteaux vont à tous ces viticultrices et viticulteurs à nouveau impacté par ces intempéries.

En ce lundi matin, Sophie Aribaud confiait sur sa page Facebook : « la cicatrisation est effective grâce au conditions chaudes et ensoleillées ! Les dégâts sont malheureusement importants sur les communes concernées ! »

Confluent d’Arts : un monde fou au château de la Rivière pour Thomas Dutronc et ses Esprits Manouches

Plus de 2000 personnes ont rempli la vaste pelouse, en contrebas du château de la Rivière, pour ce deuxième soir du festival Confluents d’Arts, où Thomas Dutronc a donné tout son art. Avec de belles sonorités jazz manouche, mais pas que, des balades, et chansons d’amour…Remember « j’aime les filles… »

Dominique Beyly, le maire de la Rivière, Naya, Thomas Dutronc et Xavier Buffo, directeur du château de la Rivière © Jean-Pierre Stahl

Y a pas à dire dans Dutronc, y  que du bon. Le père Jacques a bercé ma jeunesse et a fait se rencontrer de nombreux couples, le fils a, comme qui dirait, de qui tenir. La voix, cette espèce de timidité sympathique, un brin d’humour et bien sûr un amour pour la guitare. Et il y a cette ressemblance tellement frappante avec Jacques, qu’elle serait presque bluffante.

Naya, une première partie réussie © JPS

C’est donc à 22 heures que Thomas Dutronc est monté sur ce qui est en passe de devenir une grande scène des festivals d’été en Gironde, après avoir reçu l’an dernier Goran Bregovic et en 2017 pour la 1ère de Confluent d’Arts, Yuri Buenaventura. Il a succédé à la jeune Naya, originaire de Libourne, qui a réussi à conquérir le public, avec son album pop électro rock Ruby.

Un Thomas Dutronc entouré de fabuleux musiciens, ses esprits manouches, comme il les appelle, des doigts de fée de la gratte, et aussi du violon. Il a reçu, comme Naya, des mains des organisateurs Xavier Buffo directeur général du château de la Rivière, et du maire de la Rivière, Dominique Beyly, une douelle en souvenir avec son nom, le nom de l’artiste engagée sur la scène Confluent d’Arts 2019.

Thomas Dutronc, un admirateur de Django © JPS

L’occasion pour Thomas Dutronc de me confier son goût pour les vins fins,  « j’aime les Bordeaux, en particulier Pessac-Léognan et bien sûr les vins d’ici » (la Rivière entre autre), et d’ajouter :

J’aime que les vins soient rond, sur le fruit, pas trop tanniques, » Thomas Dutronc.

« C’était une rencontre magnifique », me confie Xavier Buffo. « En arrivant ici, il a été extrêmement surpris, lui et ses musiciens, alors qu’il parcourt la France entière et même au delà… »

Il est tombé sous le charme, il m’a dit j’ai fait de nombreuses scènes, des palaces, mais un lieu comme celui-là, je n’ai jamais vu ça », Xavier Buffo.

« En prime, il adore le vin, on a passé une bonne partie de l’après-midi ensemble, c’est une belle rencontre, des échanges vrais, moi je suis comblé, c’était une super soirée, avec une belle première partie de Naya », continue Xavier Buffo, d’autant que les concerts de Confluent d’Arts sont passé à travers les gouttes et les orages qui ont éclaté un peu plus tard où des trombes d’eau sont tombées en Gironde, avec quelques dégâts très localisés, à cause de la grêle. « Nous on a eu un alignement de planètes, et avec Dominique, le maire, et tous les bénévoles, on est assez rodé…On a reçu ce matin énormément de félicitations. »

Un festival qui a en tout cas emballé ces 4 nouveaux festivaliers, Thomas (Libourne), Cécile (Eysines), Karine et David (le Bouscat), pour qui c’était leur première participation : « Le concept est super, c’est ce que l’on recherche, des food trucks, des buvettes et le concert », Thomas.

Côté châteaux, Jean-Luc Zell et Olivier Pascaud.

En ami et voisin de Libourne, Jean-Luc Zell, directeur du château d’Agassac, à Ludon: « je suis ravi de voir des événements comme cela, ça draine du monde, le tourisme c’est une affaire de territoire et tout ce qui sert le tourisme profite à tous sur le territoire de la Gironde. » Voila donc une 3e édition en passe d’être totalement réussie et qui se poursuit encore aujourd’hui et ce soir. Bravo aux organisateurs et au château de la Rivière.

Et bravo à Thomas Dutronc, car pas besoin de demander « esprit es-tu là », oui les Esprits Manouches étaient bien là.

04 Juil

Coté Châteaux n°8: une émission spéciale 20 ans de la Juridiction de Saint-Emilion à l’Unesco

« On n’a pas tous les jours 20 ans, ça n’arrive qu’une fois seulement… » Pour Saint-Emilion, cela a été une grande fête du vin, du jazz et du patrimoine, qu’a suivie l’équipe de Côté Châteaux Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot. Un numéro spécial de 20 minutes, car 20 ans, à voir sur NOA à partir du lundi 8 juillet à 20h15.

Sébastien Delalot, Jean-Pierre Stahl et Alain Naulet Jurat place de l’Eglise © JPS

Qui dit Juridiction, dit Jurade. C’est au beau milieu des Jurats de Saint-Emilion que commence ce numéro 8 de Côté Châteaux, car chaque soir des 28, 29 et 30 juin avait lieu un défilé des Jurats dans les rues en pente de la Cité médiévale. En coeur, les Jurats prêtaient ce serment, avant le défilé :

Demeurez-vous les gardiens d’une grande tradition ? Oui, nous le voulons… Autorisez-vous ces barriques à traverser la Cité pour que leur soit apposée la marque à feu ? Oui, nous le voulons… »

Et c’est tout naturellement qu’Alain Naulet, Jurat,figure comme le premier invité de l’émission, pour nous décrire cette tradition séculière : « cette fête est très, très importante, cette Jurade a été créée en 1199 par le roi d’Angleterre Jean Sans Terre. Elle a manifesté depuis ce temps-là un intérêt tout particulier aux vins de Saint-Emilion, à la Cité. Depuis on a eu le classement, aujourd’hui reconnu par des organismes officiels, mais déjà c’était à l’époque les prémices d’avoir du bon vin à Saint-Emilion ».

Le cortège de Jurats de Saint-Emilion, passant devant la salle des Dominicains et la mairie © JPS

Les Jurats défilent traditionnellement deux fois dans l’année, le 3e dimanche de juin et le 3e dimanche de septembre. « Ce sont des chapitres importants, on a toujours une quinzaine de pays représentés, et une cinquantaine d’intronisations. C’est très solennel et les gens sont ravis » d’être intronisés.

Chaque soir de cette fête des 20 ans était reconstituée la cérémonie de la marque à feu du vinettier. « A l’époque, les Jurats se réunissaient, ils avaient une marque à placer sur les barriques ».

Les vins étaient dégustés et s’ils étaient reconnus bons, marchands, on apposait sur la barrique la marque à feu, le sceau de la Jurade, cette marque disait que les vins pouvaient être consommés, commercialisés », Alain Naulet Jurat

Et tout ce qui n’était pas accepté à ce moment-là devait être mis au feu, détruit.

Pour bien comprendre ce qui est rentré dans cette inscription au patrimoine mondial de l’humanité, un reportage réalisé avec Jean-Michel Litvine, vous immerge dans le St Emilion, cité millénaire.

Nous retrouvons ensuite Franck Binard, directeur du Conseil des Vins et co-organisateur des festivités qui revient sur ce qui a motivé cette inscription, actée le 5 décembre 1999 : « 2000 ans d’histoire, ce sont les paysages culturels qui ont été reconnus comme devant être protégés et une partie majeure de l’homme et de l’Humanité ». 

Saint-Emilion à l’Unesco : « ce sont les vallées, les terrasses, les coteaux, la plateau, mais aussi les arbres, le patrimoine bâti, aussi les petites maisons de bordier, un patrimoine  séculier ainsi que 200 kilomètres de carrières qui sont protégés« , Franck Binard.

Franck Binard revient également sur les 3 projets qui ont été mis en oeuvre tout au long de cette année pour célébrer les 20 ans : « la transmission aux générations, c’est un pilier pour sensibiliser les enfants avec l’environnement visuel magique qui est le leur au quotidien, à l’environnement et à la biodiversité. Il y a aussi « la plantation de 20000 arbres car c’est un paysage culturel fort de centaines d’espèces arborées »…

20 ans, ce sont 20 sites où des tables de lecture ont été disposées partout dans la Cité et autres villages pour « donner des éléments de comparaison au visiteur sur ce qu’il est en train d’observer avec des photos historiques et du texte. C’est un parcours initiatique pour rentrer dans cette histoire. »

Ce magazine vous offre aussi de rencontrer un personnage de Saint-Emilion le Comte Stephan von Neipperg, qui a réussi à élever au rang de 1er cru classé B de Saint-Emilion, deux de ses châteaux… « Jean-Pierre, ravi de vous recevoir au château Canon la Gaffelière » « Cela fait 35 ans que j’ai repris Canon la Gaffelière en 1984, et c’est là où a commencé le fondement de nos vignobles Comtes von Neipperg.

Je viens d’une famille de vignerons, de l’autre côté du Rhin, depuis 8 siècles, je suis la 37e générations de viticulteurs mais la 1ère émigrée ici », Comte Stephan von Neipperg.

En faisant le tour de son chai à barriques, on se rend compte que ce 2018 qualifié de « génial » a été sauvé des eaux…« avec ce temps affreux, jusqu’en juillet, les Bordelais ses souviennent, on était au bord de la crise de nerfs, car il n’a pas arrêté de pleuvoir, et aussi avec ce mildiou. » Et de déguster à la barrique:

Ce que l’on recherche dans les grands vins, une vivacité, une buvabilité, ça doit être soyeux, et qu’il y ait de la structure, de la puissance, c’est un vin qui doit avoir une capacité à aller dans le temps,  » Comte Stephan von Neipperg.

Et de sillonner avec Mr le Comte les terroirs de Saint-Emilion : il en a recensé 4 au minimum, dont ce fameux terroir calcaire, sur le plateau à la Mondotte, l’autre château classé en 2012 (1er cru classé B): « ici on a des vignes de 80 à 90 ans, aujourd’hui on travaille avec nos sélections », La Mondotte comme Canon la Gaffelière est en bio:  « je veux revenir à quelque chose d’humain, d’artisanal et de vivant. » 

Un reportage tout en saveur avec une dégustation sous une tonnelle du château Canon Lagaffelière d’un millésime 2009 (tiens un autre anniversaire, 10 ans), en compagnie de la relève Ludovic qui a ce regard sur la réussite de son père « ce n’est pas du jour au lendemain qu’on transforme un vignoble en agriculture biologique; tout cela prend du temps, et la nature n’aime pas les grands chocs… » A l’époque, quand il s’est converti au bio, il était qualifié par certains de révolutionnaire, aujourd’hui il est ce que d’aucun qualifierait un visionnaire…

Comme Côté Châteaux est généreux, il va pousser pour vous les portes d’un 1er cru classé A et rencontrer Pierre Lurton, pdg de Cheval Blanc : « c’est un cru classé A depuis 1954, qui partageait la tête du classement avec Ausone, et puis nous avons vu arriver Angélus et Pavie en 2012. »

La caractéristique de Cheval Blanc, c’est le cabernet franc (60% dans l’assemblage et 40% de merlot). C’est la magie du terroir de a vallée de l’Isle que l’on partage avec nos illustres voisins Pétrus, l’Evangile, la Conseillante, Vieux Château Certand, Figeac et la Dominique » Pierre Lurton.

Et de commenter ce millésime 2012 : « on a cette juste maturité du cabernet franc qui donne ce côté mentholé avec des notes un peu de cassis, un peu de cabernet sauvignon, c’est le poivre dans la sauce, mais c’est surtout le cabernet franc qui fait Cheval Blanc. »

Côté châteaux avec Pierre Lurton © Sébastien Delalot

La suite de la visite se poursuit avec un badge, dans le fabuleux chai dessiné par Christian de Porzamparc : « ces cuves sont absolument incroyables, avec des formes sensuelles, mais techniquement répondant aux critères que l’on voulait : autant de cuves que de parcelles. Ce sont des cuves italiennes, d’une grande pureté de lignes, dans ce chai, les équipes s’y sentent très bien et il y a beaucoup de précision dans le travail », poursuit Pierre Lurton.

La visite se termine sur le toit végétalisé de ce chai en forme de double vague, avec cette terrasse qui donne une superbe vue sur Pomerol et les autres châteaux de Saint-Emilion. Et de commenter  l’autorisation qui a été donnée de construire ce nouveau chai,livré en 2011, alors que l’inscription Unesco était intervenue 10 ans plus tôt: « les gens ont vu tout de suite une vision élégante de ce chai et il y a eu une grande ouverture d’esprit ». Ces nouvelles constructions ont continué à « donner à Saint-Emilion son rang de paysage unique et merveilleux. »

Ces 20 ans ont aussi été dignement fêtés avec la tenue concomitante du 8e Saint-Emilion Jazz Festival. En dernier invité d l’émission, Dominique Renard, son fondateur, revient sur les grandes heures du SEJF avec « Earth Wind & Fire, Chick Corea, Neil Rogers, Cécile Mc Lorin, cela va du jazz jusqu’à la soul là ce soir on a des concerts de funk, avec Oakland et Rix. On va aussi avoir Kid Créole and the Coconuts, il vont mettre le feu sur scène. »

Franck Binard, directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion et Dominique Renard, fondateur du Saint-Emilion Jazz Festival, on en est au 8e ! © JPS

Dominique Renard qui a passé une belle carrière dans le monde du vin confie que tout ce qui l’a guidé ces dernières années :  »

C’est la passion de la musique et pour le village de Saint-Emilion que j’aime par dessus tout et qui a conservé son aspect médiéval. Le vin et la musique, cet assemblage me plaît beaucoup », Dominique Renard.

Et Côté Châteaux termine également sur le banquet inaugural des 20 ans en bord de Dordogne à Vignonet, un banquet champêtre avec musique d’autrefois, avant de faire un dernier saut dans la douve du Palais Cardinal pour faire partager au plus grand nombre ces moments exquis de célébration des 20 ans de l’inscription de la Juridiction de Saint-Emilion au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

A VOS TABLETTES :

Côté Châteaux n°8 à voir sur NOA la chaîne 100% Nouvelle-Aquitaine de France 3 (chaîne 339 sur Orange, 455 sur SFR, 337 sur Bouygues ou encore 326 sur Free, en en direct sur internet en tapant NOA):

  • lundi 8 juillet à 20h15 et 22h30
  • mercredi 10 juillet à 11h15, 17h30 et 0h
  • jeudi 11 juillet à 4h15
  • vendredi 12 juillet à 11H, 20h15 et 23h15
  • dimanche 14 juillet à 7h15

30 Juin

Canicule : incroyable, des vignes brûlées par le soleil dans l’Hérault et le Gard

L’épisode exceptionnel de canicule a fait de nombreux dégâts dans les vignes de l’Hérault et le Gard. Ces vignes ont été particulièrement touchées. Un phénomène plutôt rare mais qui est dû à l’intensité de la chaleur et du soleil.

Des vignes brûlée, du jamais vu près de Montpellier après la canicule / © Sébastien Banus de France Languedoc Roussillon

Dans les vignobles autour de Montpellier, les vignes semblent avoir brûlé au soleil. Emilien Fournel, viticulteur à Sussargues, n’en revient toujours pas. 50% de sa production de vigne a été détruite.

C’est du jamais-vu. En principe au mois de juin les températures sont moins fortes. À cette période-là, les feuilles sont moins dures, et avec cette chaleur, elles n’ont pas réussi à résister »,  Emilien Fournel  viticulteur à Sussargues.

À Saint-Génies-des-Mourgues, même constat dans cette vigne de Carignan, un cépage ancestral. Les raisins ont grillé ; une situation inédite pour Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et viticulteur depuis 30 ans. 

Je me suis douté que la vigne allait être touchée par la canicule, sachant que l’on était en vigilance rouge, mais de là à êtrepar endroit comme brûlée au chalumeau… Normalement, le Carignan résiste. Ça fait mal aux tripes, parce qu’on est désarmé face à cette situation et ces évolutions climatiques qui doivent nous interpeller », Jérôme Despey.

Le préfet a été saisi par les organisations syndicales. Une réunion de crise aura lieu lundi 1er juillet pour évaluer les dégâts qui s’annoncent très importants pour le vignoble local. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui sera en visite dans le Gard vendredi 5 juillet, notamment pour l’inauguration du Mas des agriculteurs, pourrait être interpellé sur cette question.

Avec Emma Derome et Sébastien Banus de France 3 Occitanie.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Languedoc Roussillon

24 Juin

Côté Châteaux invité d’Ensemble, c’est Mieux…

Côté Châteaux a été convié par Christophe Zirnhelt à participer à son émission du matin « Ensemble, c’est mieux » sur France 3 Nouvelle-Aquitaine. L’occasion de parler du blog, de l’émission Côté Châteaux, sur NoA et de faire le point avec lui sur le vignoble de Nouvelle-Aquitaine et les grands défis qui s’annoncent pour les prochaines années: notamment le réchauffement climatique ou encore l’oenotourisme. Un joli tour d’horizon ensemble, c’est mieux !

Christophe Zirnhelt et Jean-Pierre Stahl, sur le plateau d’Ensemble c’est mieux !

Les voyages forment la jeunesse et comme Côté Châteaux tient à rester jeune… Rien de telle qu’une petite balade à Limoges pour l’émission « Ensemble c’est mieux ! », cette fameuse émission du matin sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, présentée avec brio par le sémillant Christophe Zirnhelt. Cette émission d’accompagnement offre toute une série d’infos « service » qui sont utiles dans le quotidien des gens, comme ce matin avec Jacques Robert, président de l’UFC-Que Choisir Limousin qui vous aide à y voir plus clair sur le choix de votre fournisseur d’énergies, et Dieu sait qu’il y en a aujourd’hui.

Par ailleurs, Christophe avait décidé de parler de vin et c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers Côté Châteaux pour faire un joli tour d’horizon sur le monde du vin en Nouvelle-Aquitaine. C’est en effet la 2e région productrice de France avec 216000 hectares de vignes, juste derrière l’Occitanie. C’était aussi pour lui l’occasion de faire connaître au plus grand nombre le blog Côté Châteaux, de votre serviteur, qui totalise à ce jour 2 millions 400 000 pages lues, mais aussi l’émission éponyme, Côté Châteaux sur NoA, dont la prochaine va être tournée ce week-end avec Sébastien Delalot à l’occasion des 20 ans de la Juridiction de Saint-Emilion classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE EN QUESTION

Et puisque les températures actuelles sont caniculaires, c’était l’occasion de parler de réchauffement climatique… Le premier constat : on fait du vin là où on n’en faisait pas avant, notamment en Grande-Bretagne : on y compte 500 domaines, qui produisent surtout des vins blancs vifs et marqués par l’acidité, un peu de rosés, mais surtout des vins effervescents des Sparkling Wines car les Anglais sont de gros amateurs de champagne, à l’instar de leur ancien Premier Ministre Winston Churchill qui buvait du Pol Roger qui a amené finalement les alliés à la victoire !

L’autre conséquence, c’est l’augmentation du degré d’alcool dans le vin. Autrefois, vous aviez des raisins qui avaient du mal à produire de l’alcool, on était autour de 10° , et les vignerons avait recours à ce qu’on appelait la chaptalisation pour arriver  à des 12 à 12,5°. Aujourd’hui, finie la chaptalisation. Cela tient à deux choses, d’une part on cherche à faire de meilleurs vins, il n’y a plus de bans des vendanges où le coup d’envoi était donné et tout le monde vendangeait en même temps, là, on goûte le raisin, on fait du parcellaire, et on recherche la bonne maturité, parfois trop, pour lancer la récolte.

D’autre part, le réchauffement, cela se traduit par des dates de vendanges toujours plus avancées : l’an dernier on a commencé à vendanger fin juillet dans le Languedoc Roussillon, à Bordeaux vers le 20 août pour les 1er  blancs, et mi-septembre pour les rouges.

Qui dit réchauffement dit également une multiplication d’événement climatiques : le gel, avec un débourrement qui a eu lieu avec 15 jours d’avance cette année avec un mois de février très chaud, s’en sont suivies deux périodes de gel vers la mi-avril et le premier week-end  de mai qui ont impacté à hauteur de 10 à 15% le vignoble de Bordeaux. L’autre événement dramatique, c’est bien sur la grêle, celle qui s’est abattue la semaine dernière à Bordeaux et sur d’autres vignobles en Rhône-Alpes, Crozes-Ermittage et Apremont notamment. Des événements qui ont été intenses, en 2017 pour le gel aec 40% de récolte en moins à Bordeaux ou en 2018 pour la grêle, impactant Cognac et Bordeaux.

Une émission au cours de laquelle les pistes d’évolution des cépages ont été évoquées avec notamment le merlot qui risque d’être impacté par ce réchauffement, surtout quand Bordeaux continue à rechercher à faire des vins fins, élégants. Inutile de vous dire que certains pensent que les cépages du sud pourraient être la solution, mais avec la problématique de perdre en identité… Pour l’heure, ils ne sont pas autorisés dans les cahiers des charges des appellations…

UN ZOOM SUR L’OENOTOURISME EN PLEIN BOOM

Une émission aussi qui évoquait, avec ces belles journées d’été qui s’annoncent, une invitation à visiter les propriétés… Une tendance forte avec le boom de l’oenotourisme ces 15 dernières années.

Les premières routes des vins dans le Bordelais ont été ouvertes il y a 10 ans,  et cela a été un succès fulgurant, alors même qu’en Alsace la route des vins remonte à 1953… 

Un chiffre en 15 ans, les touristes ont été multiplié par 3 à Bordeaux. Avec les classements à l’Unesco de Bordeaux, Saint-Emilion, la Citadelle de Blaye, cela a boosté l’afflux de près de 20% dès le classement.  Aujourd’hui près de 50% des touristes reconnaissent qu’ils viennent non seulement pour la ville, le lieu de villégiature comme le Bassin d’Arcachon, l’Ile de Ré mais aussi pour le vignoble et la découverte de châteaux, domaines et maison de Cognac.

Le potentiel est énorme en France, 10 millions d’oenotouristes sur 82 millions de touristes étrangers et le potentiel de touristes français que l’on connaît. C’est pour cela que vous avez de plus en plus de salons qui se montent notamment à Bordeaux des speed datings ou workshop oenotourisme avec des tour-opérateurs français et internationaux pour inciter à venir dans les vignobles ou encore à la Cité du Vin, ouverte depuis 3 ans et qui compte 1 million 300000 visiteurs. Un succès que l’on doit notamment à l’imagination des architectes d’XTU Anouk Legendre et Nicolas Desmazières qui ont dessiné sur le papier le mouvement du vin dans un verre et le résultat en bord de Garonne est bluffant !

COUP DE CHAPEAU A CHRISTOPHE ZIRNHELT

En tout cas merci Christophe Zirnhelt pour cette invitation. Je sais que tu enregistrais là ton avant-dernière émission car comme tu l’as annoncé hier sur Facebook « Le livre écrit avec vous pendant 22 ans va se refermer. J’ai décidé en accord avec ma direction d’arrêter le métier de présentateur et de producteur artistique d’émissions tv. ».

Je tiens à te dire combien les téléspectateurs et moi-même nous avons apprécié ton professionnalisme à l’antenne durant toutes ces années et notamment pour tes dernières émissions « 9h50 le matin »et « Ensemble c’est mieux ! » Ta présentation étais une bouffée d’air frais dans ce monde de la télé, avec une générosité et une grandeur d’âme, le tout très informatif, une info décontractée, décalée, du matin quoi. Chapeau l’artiste.

 

19 Juin

Nouvel épisode de grêle dans le Bordelais : quelques dégâts, notamment au château l’Escart

Bordeaux est passé pas loin d’un nouveau désastre à cause des orages d’hier soir. Rien de méchant dans l’ensemble, mais certains épi-phénomènes de grêle ont bien impacté des propriétés qui avaient déjà gelé au printemps comme le château l’Escart à Saint-Loubes en Gironde.

Gérard Laurent a constaté ce matin les dégats dans son vignoble, de nombreuses grains de raisin à tere ou fendus © JPS

Vigneron en biodynamie, Gérard Laurent vient constater les terribles dégâts de l’orage de grêle qui s’est abattu juste avant minuit au château l’Escart, 36 hectares à Saint-Loubes. « Une grappe comme ça, cela porte entre 130 et 170 graines, et là il doit en rester une trentaine quoi… »me précise Gérard Laurent.

Là, c’est encore un méchant coup du sort… Le feuillage est complètement haché et surtout il y a énormément d’impacts de grêle sur les grappes en formation, à première vue on a perdu 50% des graines en développement et sur les 50% qui restent, il y en a un grand nombre qui sont impactés, qui ne vont pas se développer et sécher en l’état, » Gérard Laurent vigneron au château l’Escart.

On peut remarquer le changement de couleur des baies touchées 10 h après l’impact, elles finissent par brunir © JPS

De nombreuses feuilles sont hachées, des grains ou baies de raisin en formation à terre, quand ils ne sont pas éclatés (et déjà brunis) par des grêlons de 1 à 2 centimètres de diamètre…

C’est une nouvelle épreuve pour Gérard Laurent, qui en 25 ans n’a jamais connu autant d’événements climatiques : la grêle cette nuit et trois jours de gel les 13 avril et 5 et 6 mai derniers. D’habitude, il produit 150 000 à 180 000 bouteilles en en Bordeaux Sup et Cadillac Côtes de Bordeaux, mais là sa récolte semble pas mal compromise cette année.

On a vécu déjà deux période de gel, avec plus ou moins d’intensité mais quand même assez fortes, on estimait avoir perdu 50% du potentiel de récolte, là c’est le coup de massue sur ce qui était reparti et même bien reparti, là je suis un peu abasourdi, effondré, à minuit vu l’intensité de l’orage et de la grêle qui tombait, je craignais le pire et le pire est bien là. »

Gérard Laurent va essayer de cicatriser sa vigne cet après-midi, avec son savoir faire de biodynamiste, avec de la teinture d’arnica et une décoction de plantes, mais cela ne ramènera pas un feuillage haché, tombé, très important pour la photosynthèse et les grains disparus.

Gérard Laurent était assuré, malgré tout l’assurance est calculée sur la production des 5 dernières années, avec dedans 2 énormes événements climatiques. Son château avait en effet subi l’énorme épisode de gel en 2017.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Sylvie Tuscq-Mounet au château l’Escart :

LES REACTIONS DES RESPONSABLES DE SYNDICATS VITICOLES, DE L’INTERPROFESSION ET D’AUTRES VITICULTEURS

Le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Hervé Grandeau témoigne ce matin pour Côté Châteaux : « il n’y a pas l’air d’y avoir de gros dégâts… J’ai eu peur à 11h30, à titre perso, j’ai pris à Yvrac, le feuillage et quelques grappes touchées, mais c’est un épi-phénomène. J’ai eu une dizaine de professionnels avant 8h, il y a eu de petits couloirs de grêle mais pas de désastre pour Bordeaux.

Christophe Chateau du CIVB : « on a fait le tour, visiblement pas de dégâts, de l’eau et un peu de grêle mélangé à l’eau, heureusement on est passé à côté. En fait c’est arrivé par l’ouest par Arcachon, puis c’est remonté vers le nord de la Gironde. »

Impacts de la grêle sur les grains à Néac en Gironde © Carine Delacroix

En Pessac-Léognan où le syndicat avait une réunion technique ce matin, Philibert Perrin son président commente : « non, non, pas de dégâts en Pessac-Léognan, ça a tonné, quelques goûtes, peut-être plus dans le Médoc… »

Dans le Blayais, « pas de retour d’impacts de grêle » ce matin commente Franck Jullion, le président du syndicat Blaye Côtes de Bordeaux, pas de retours inquiétant du côté de Bourg selon Didier Gontier.

Nicolas Lesaint, responsable technique du château de Reignac à Saint-Loubes reconnaît avoir aussi été « touché sur 1,5 hectares à 50%, on a eu 20 millimètres de pluie, mais c’est passé à ras… » De même pour le château Vincent : « nous aussi impactés sur Saint-Loubès »

L’ODG Médoc Haut-Médoc et Listrac, en la personne d’Hélène Larrieu sa directrice : « il y a eu de la pluie et grêle mêlée mais on a eu très peu de retours des propriétés, il n’y a pas eu de dégâts significatifs sur notre secteur de Blanquefort à Virsac. »

16 Juin

La Belle Epoque renoue avec la tradition des belles brasseries bordelaises d’antan

C’est une nouvelle page d’histoire qui s’écrit pour la Belle Epoque, l’une des plus vieilles brasseries de Bordeaux, qui remonte à 1865. Un trio gagnant du monde du vin a décidé de lui redonner tout son cachet et de mettre en avant des pépites et vins de Bordeaux. Sophie Wolff, Laurie Mouyen et Marcello Roudil vont faire revivre ce bel endroit situé sur les quais et décoré de faïences Vieillard.

Sophie Wolff, Marcello Roudil et Laurie Mouyen, à la tête de la Belle Epoque © JPS

1855…1865 ! La Belle Epoque a ouvert 10 ans après le fameux classement des vins de Bordeaux, réclamé par Napoléon III. Lorsqu’elle ouvre, l’Empereur est encore au pouvoir, mais dans la seconde partie de son règne, un peu plus éclairé, moins absolutiste. Avant d’être ce restaurant que tout le monde connaît, il s’agissait d’un hôtel, l’Hôtel de Nantes, qui aujourd’hui a disparu, mais dont demeure cette salle de restaurant et le fumoir. C’est en 1870, que la décoration actuelle a été exécutée, le propriétaire souhaitant un décor inspiré de ce qui se faisait de mieux à Bordeaux à l’époque, les faïences de la faïencerie Vieillard : Amédée Caranza s’inspira ainsi des motifs abstraits et végétaux que l’on retrouve dans la céramique orientale et qui ornent les murs et plafonds.

Partout sur les murs, des faïences Vieillard, un décor imaginé par Amédée Caranza © JPS

« J’ai toujours adoré cet endroit, j’y venais déjà avec mon grand-père », me confie Sophie Wolff, « fille et ex-femme de négociant » (comme elle aime se définir), qui dirige la Belle Epoque avec ses deux associés. Restauratrice, elle a commencé il y a 25 ans, a travaillé « chez Jean-Marie (Amat) au Saint-James », au Café des Quinconces, au Bistrot Bordelais et avait repris avec un associé le Café de Lugon à la gare… « Je me disais qu’il y avait quelque chose à faire ici, en petit dépoussiérage, en gardant bien sûr ces faïences qui sont classées. C’est très gai cet endroit. » 

« L’idée était déjà de remettre la Belle Epoque dans le jus, on a repeint les murs en blanc, pour réhausser les faïences; avant c’était une couleur plutôt jaune et sombre sur les murs », commente à son tour Marcello Roudil. Marcello est le directeur du Bachelor Commercialisation des Vins et Spiritueux et du MBA 1 Wine & Spirit à l’INSEEC, l’école de commerce de Bordeaux dont il a accompagné son développement (« en 2006, on avait 50 étudiants, aujourd’hui 450… »). « Moi, je passe devant la Belle Epoque tous les jours, j’ai des bureaux près du conservatoire et habite près de l’Intendant. Je venais y déjeuner, passais aussi en tramway et voyais la terrasse souvent vide, je cherchais une activité connexe dans l’esprit de ce que je faisais déjà, et je me suis intéressé à l’affaire. Une amie, Nathalie, m’a présenté Sophie, qui est devenue mon associée. »

Cette nouvelle casquette pour Marcello Roudil est venue aussi tout naturellement: « je suis au resto tous les jours, je n’ai qu’une petite cuisine chez moi, et je passe mon temps dans les restaurants…En plus, j’ai le sens du détail et du service, je fais le service ici une fois par semaine, j’aime, cela permet de comprendre ce qui se passe, de parler avec les gens et d’être au service au sens propre… » Marcello Roudil a les yeux qui brillent, il aime le contact, les gens, parler et les recevoir, il se souvient d’ailleurs de ses débuts dans le commerce, lorsqu’il menait de front ses études de droit, il voulait à tout prix rentrer chez Weston, cela était pour lui un rêve, il l’a réalisé. Un peu comme la Belle Epoque aujourd’hui. De plus, il est aussi associé à Laurie Mouyen, ancienne avocate et camarade de fac de droit, également directrice du Bachelor Real Estate à l’Inseec. « Moi, je suis passionnée d’art depuis toujours, je vais beaucoup au resto et j’ai envie que les gens viennent ici et s’approprient le lieu ».

Laurie Mouyen ne manque pas d’idées, comme avoir réalisé une carte des petits princes et princesses à colorier, avec à la base une photographie détourée par Arnaud Brukhnoff de la place des Quinconces…à garder en souvenir. Une idée qui a même plu à des touristes étrangers adultes venus se restaurer, et qui ont gardé leur propre oeuvre. Laurie a travaillé aussi avec Christine Valette (cf ancienne propriétaire de Troplong Mondot à Saint-Emilion, malheureusement disparue) pour l’ouverture des Belles Perdrix, et depuis « j’ai toujours eu envie d’avoir un restaurant… » De plus elle a eu cette idée originale : « on souhaiterait renouer avec un menu Belle Epoque, avec des plats traditionnels de 1900-1920, pour avoir cette continuité historique car le lieu est très très beau… » 

Marcello Roudil, Laurie Mouyen, Sophie Wolff, Vincent Vigneau, le chef SteeveJudith et les reste de l’équipe © JPS

Quant à la carte des vins,  » on souhaite avoir 25 à 30 références, je bosse avec Alexandre Morin, sommelier consultant, sur certaines et Nicolas Touchez, qui lui est un dénicheur de vins à Paris », explique Marcello Roudil. « Je travaille un tiers avec l’un, 1 autre tiers avec l’autre et pour le dernier tiers ce sont les vins des amis…comme le blanc, le Thieuley  des soeurs Courselle, le rouge de Haut-Marbuzet, on travaille aussi avec Nicolas Despagne (Maison Blanche) et François Despagne (Grand Corbin Despagne), Olivier Fleury du château Pavillon à Sainte-Croix-du-Mont. Je fais goûter le vin à tout le monde et je vois à qui ça plaît et pourquoi ça ne plaît pas. En tout cas, on ne fait pas de gros coefficient sur le vin, moins que l’ancien propriétaire, proposé au verre ou à la bouteille…L’idée est de faire aussi une autre carte en parallèle, avec des crus classés ou assimilés, comme des crus bourgeois ». Alors que bon nombre de commentateurs critiquent les restaurants qui n’ont pas ou peu de Bordeaux à leur carte, ici ce n’est pas le cas bien au contraire :  » Les gens prennent beaucoup de Bordeaux parce qu’on a pas mal de clientèle étrangère qui passe ici, on a beaucoup de gens qui apprécient les vins blancs. J’ai aussi l’idée de trouver un formule où le vin sera au prix des négociants, pour redonner au vin la place qu’il mérite… » Et en face des quais d’où partaient les barriques en bateau autrefois, cela a du sens bien évidemment…

Enfin, « la mixologie, c’est une chose qui se développe à Bordeaux, j’ai fait venir Vincent Vigneau qui m’a été recommandé par le chef sommelier du Mama Shelter, on va explorer et développer  l’offre cocktail », poursuit Marcello Roudil. Avec ce fabuleux bar remis en l’état, cela va avoir de la gueule dans cet endroit central de Bordeaux juste en face des Quinconces et des fameuses colonnes Rostral…

10 Juin

Château Pavie : une « signature Perse »

Un nouvel ouvrage vient de sortir aux éditions Glénat. « Château Pavie, Signature Perse » par Jean-François Chaigneau, grand reporter, écrivain et créateur de la rubrique vin à Paris Match et Anne-Emmanuelle Thion, photographe. Un joli livre à lire cet été.

Château Pavie, c’est l’un des 4 premiers crus classés A de Saint-Emilion. Un château mythique qui tutoie l’excellence, voulue par Chantal et Gérard Perse. D’un beau vignoble acheté en 1998, ils en ont fait une pépite, repensant totalement le château entièrement reconstruit et décoré sous la direction d’Alberto Pinto, mais ils ont aussi fait de cette colline qui surplombe cette plaine de Saint-Emilion un vignoble remarquable avec ces terrasses en pierre, un suivi du vignoble réalisé avec l’aide de Michel Rolland.

Un travail qui a été encensé par le célèbre critique en vin Robert Parker (qui a officiellement pris sa retraite) il y a quelques années: « Pavie est aujourd’hui l’un des meilleurs vins au monde », avait-il déclaré en décernant la note maximale de 100 au millésime 2000.

Gérard et Chantal Perse dans le livre Château Pavie © Anne-Emmanuelle Thion

Cet ouvrage réalisé par Jean-François Chaigneau, ancien rédacteur en chef adjoint de Paris Match (jusqu’en 2008), responsable des pages cultures et art de vivre et de la rubrique vin, et par la photographe Anne-Emmanuelle Thion, retrace le parcours incroyable de Chantal et Gérard Perse.

Henrique Da Costa, Chantal et Gérard Perse, leur fille Angélique Da Costa et Ronan Kervarrec © JPS

« Ces entrepreneurs qui se sont faits eux-mêmes » ,anciens propriétaires de supermarchés en région parisienne, sont tombés amoureux du terroir de Saint-Emilion, ils se sont offerts dans un premier temps Monbousquet puis Pavie, en donnant à ce dernier l’aura internationale que l’on connaît.

Dans l’ouvrage, on découvre la passion aussi du chef de l’Hostellerie de Plaisance Ronan Kervarrec © Anne-Emmanuelle Thion

Ils ont aussi su porté haut les couleurs de l’Hostellerie de Plaisance, dirigée par Chantal et Angélique Perse, en confiant les cuisines au très doué chef Ronan Kervarrec, qui y a déjà décroché deux étoiles au Guide Michelin. Une histoire qui se poursuit avec la relève Angélique Perse et son époux Henrique Da Costa, qui est également pleinement investi dans cette formidable saga dans le monde du vin.

Gérard Perse dans le chapitre les Millésimes © Anne-Emmanuelle Thion

Château Pavie, Signature Perse, par Jean-François Chaigneau et Anne-Emmanuelle Thion, collection Le Verre et l’Assiette, 288 pages, aux éditions Glénat

A lire ou relire :

La famille Perse célèbre ses 20 ans à château Pavie