03 Jan

Les réactions du monde du vin de Bordeaux, suite à l’enquête de Que Choisir

Le monde du vin commente l’analyse faite par Que Choisir à propos des traces, molécules et résidus de pesticides dans les vins de Bordeaux, où il est fait état d’une diminution par trois en 4 ans. Une enquête plutôt bien accueillie mais à nuancer aussi.

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Léopold Valentin, le directeur technique du château Durfort-Vivens (2e cru classé de Margaux) © JPS

Margaux fait figure de bon élève, car 12 châteaux figurent dans cette l’appellation sur les 40 analysés par le magazine « Que Choisir » et obtiennent plutôt de bons résultats. Il faut dire que certains sont passé en bio ou biodynamie à 100% comme Pontet Canet ou Durfort Vivens. Tous deux figurent en tête du classement d’ailleurs, comme nous l’explique Léopold Valentin, le directeur technique du château Durfort-Vivens (2e cru classé de Margaux) :

C’est plutôt une bonne nouvelle, c’est l’aboutissement d’un travail commencé en 2010, suite à notre conversion en bio et en biodynamie », Léopold Valentin directeur technique de Durfort Vivens

« Aujourd’hui nous n’utilisons plus de molécules chimiques, uniquement du cuivre et du soufre ».

IMG_3297Dans ce millésime 2014 analysé, zéro trace de pesticides, zéro molécule et zéro résidu, comme d’ailleurs Pontet-Canet, autre château du Médoc à Pauillac, en biodynamie. Plusieurs châteaux sur ces 40 affichent des résultats corrects, d’autres un peu plus contrastés. Durfort Vivens s’est par ailleurs engagé dans une démarche de diminution des sulfites (autre débat). « L’idée est de faire des vins de plus en plus propres et qu’ils soient le plus naturels et le plus expressifs possibles, » ajoute Léopold Valentin.

Christophe Chateau, relisant l'article de Que Choisir © JPS

Christophe Chateau, relisant l’article de Que Choisir © JPS

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux se réjouit des efforts réalisés par les propriétés tant conventionnelles qu’en agriculture biologique, avec des traitements raisonnés ou des pulvérisations plus ciblées, ou par le biais du sulfate de cuivre en bio. Certaines propriétés se sont engagées dans le Système de Management Environnemental; 170 revendiquent aujourd’hui un SME de niveau 3.

Les vignerons travaillent dans le bon sens mais il ne faut toutefois pas crier victoire car c’est une démarche sur le long terme », Christophe Chateau directeur de la communication du CIVB.

« Cette démarche là est entamée avec la nouvelle génération qui est prête à prendre le risque, et à utiliser des produits plus coûteux et à mettre en oeuvre des pratiques plus respectueuses de l’environnement parce que c’est la demande du consommateur aujourd’hui, c’est une demande sociétale, on va vers cette issue, c’est aujourd’hui une certitude », termine Christophe Chateau »

Marie-Lys Bibeyran invité du JT du 27 décembre dernier

Marie-Lys Bibeyran invité du JT du 27 décembre dernier

« L’analyse de cette enquête est toute relative, pour ma part j’y vois beaucoup de désinformation », commentait dès la sortie de Que Choisir Marie-Lys Bibeyran invitée du 19/20 sur France 3 Aquitaine. La porte parole du Collectif Info Médoc Pesticides. « Il est fait référence à des limites maximales de résidus qui en matière de vin n’existent pas, tout simplement. les seules limites maximales qui existent dans la viticulture ce sont celles de raisins de cuve. Quand dans l’enquête, il est dit que les taux détectés sont inférieurs, heureusement, parce que alors là ce serait encore plus inquiétant. Mais l’enquête se focalise sur des grands crus de Bordeaux avec un prix moyen de 40€ par bouteille, j’estime qu’à ce prix là on est en droit d’attendre une exemplarité et qu’on ne retrouve pas dans la totalité des vins analysés. »

Il faut aussi souligner que l’analyse des 40 châteaux sur plus de 9000 marques à Bordeaux est axée presque exclusivement sur le Médoc, elle ne cible pas tout le vignoble de Bordeaux qui compte 65 appellations. Néanmoins, elle a le mérite d’avoir été réalisée et de relancer le débat, ce d’autant qu’il n’existe aucune règle ou limite imposée jusqu’ici. Pour Stéphane Toutoundji du Laboratoire Oenoteam à Libourne : « ces traces de pesticides ou de résidus supposés dangereux pour la santé, n’ont aucune norme, aucune valeur minimale. C’est vrai qu’il y a des questions. Le chemin est intéressant parce que on voit que les gens font des efforts : les traitements phytosanitaires dans les vignes, il y en a moins, les gens raisonnent mieux, il y a vraiment une prise de conscience au niveau des viticulteurs et des propriétés. » Thomas Duclos regrette que la marge d’erreur n’ait pas été indiquée, car elle pourrait être de 15 à 20 %. 

Stéphane Toutoundji, Thomas Duclos et Julien Belle d'Oenoteam © JPS

Stéphane Toutoundji, Thomas Duclos et Julien Belle d’Oenoteam © JPS

Pour ces mesures de traces,molécules et autres résidus, le laboratoire avait connu de fortes demandes de la part des propriétés en bio ou non, mais depuis quelque temps il y en a beaucoup moins : « on s’aperçoit qu’il n’y a plus de demande car les gens ont voulu se caler sur un millésime pour voir où ils en étaient, les gens ont prix conscience de leur niveau et des taux qu’ils avaient et puis voilà, la raison c’est que c’est très cher c’est une analyse qui vaut à peu près 400 euros et plus on recherche de molécules, plus c’est cher et donc on peut en chercher des dizaines, voir une centaine; aujourd’hui on se retrouve avec des gens qui ont depuis une situation , un état de fait, décidé de travailler en amont dans leur vignoble (pour diminuer les pesticides), mais c’est tout il n’y a plus d’analyse systématique sur tous les millésimes.

Quant à connaître de la dangerosité de ces traces, molécules et résidus (en microgramme/l), « finalement, ce qu’il y a de plus dangereux dans le vin, c’est l’alcool, vues les doses dans cette étude et dans ce que l’on trouve nous, il faudrait boire des centaines de litres par jour pour être contaminé, donc vous serez mort d’une cirrhose ou d’un problème lié à un cancer de l’oesophage, ou de l’estomac lié à l’alcool plutôt qu’à ces résidus de pesticides, donc il faut vraiment tempérer les propos », conclue Stéphane Toutoundji. « Le plus dangereux dans le vin c’est l’alcool, mais en même temps l’alcool et la fermentation alcoolique permet d’avoir un effet bénéfique avec tout ce qui est polyphénols pour les maladies cardiovasculaires. Donc comme tout le monde dit le vin c’est bon pour la santé, mais à des doses modérées. »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Françoise Dupuis et Thierry Culnaert :

13 Déc

5 Premiers Crus Classés s’unissent pour booster Sauternes et lancent leur 1ère caisse prestige

La moitié des 11 Premiers Crus Classés de Sauternes a décidé de frapper fort et de promouvoir le travail extraordinaire de production de ces plus grands liquoreux au monde. Un coup de maître à l’heure qui traduit une redynamisation de Sauternes.

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Laure de Lambert-Compeyrot (Sigalas-Rabaud), Vincent Labergère, directeur de Rayne Vigneau, David Bolzan (Lafaurie-Peyraguey), Miguel Aguirre (La Tour Blanche), et Thomas Dejean (Rabaud-Promis) © Jean-Pierre Stahl

Il y a des jours où l’actualité viticole se bouscule. Et pour Côté Châteaux, c’est presque tous les jours. Alors qu’à la Cité du Vin un débat était organisé, ce mardi soir, sur « Boirons-nous encore des liquoreux à Noël », au restaurant le Nama, 5 Grands Crus Classés de Sauternes démontraient allègrement qu’on peut en déguster avant Noël et que cette « provocation », pour eux, dans la même veine que le Bordeaux Bashing, ne méritait pas plus qu’on s’y attarde.

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Ces 5 là auraient très bien pu reprendre « Born to be alive », le chanter et le danser, ah que  ça aurait aussi très bien cadré avec « l’envie, d’avoir envie » de faire bouger les lignes et de dynamiser une appellation qui ne demande que cela. Elle va booster sans aucun doute dans les années qui viennent.

IMG_2751L’initiative de ce rapprochement revient à David Bolzan, le directeur du château Lafaurie-Peyraguey. Avec sa culture du négoce, il s’est rendu compte que quand les prix sortaient lors de la campagne des primeurs, c’était en ordre dispersé. Aussi a-t-il opéré un rapprochement avec ses voisins de Bommes et Sauternes.

Sauternes, c’est l’école du plus : plus compliqué à faire, plus cher à faire, plus à la disposition des gens et du coup ça crée plus de créativité et de dynamisme », David Bolzan directeur deLafaurie-Peyraguey.

Aussi les châteaux Sigalas Rabaud, Rayne Vigneau, Lafaurie-Peyraguey, La Tour Blanche te Rabaud-Promis se sont réunis autour d’une table et se sont dit que de sortir les prix en même temps, cela aurait davantage d’impact et de visibilité vis-à-vis du négoce bordelais. « C’est vrai que ce 2 mai, il y a quelque chose qui est né, »explique Miguel Aguirre, directeur du château La Tour Blanche.

IMG_2782De cette union (pour ne pas dire lune de miel, pour le Sauternes ça le fait) un nouveau né allait voir le jour : c’est ainsi qu’ils ont sorti un coffret unique, une caisse en bois avec ces 5 vins exceptionnels, la caisse « 5 étoiles » en édition limitée à 500 exemplaires sur le millésime d’exception le 2009.

IMG_2798Pour Laure de Lambert-Compeyrot de Sigalas-Rabaud : « c’est génial, déjà une propriété se sent souvent seule, mais là on remet du lien et on se voit régulièrement, avec plaisir, et on échange sur plein de choses. C’est agréable de travailler à plusieurs, car à plusieurs on est plus intelligent. »

Tous les 5 ont leur propre background et une forte personnalité, la quarantaine et des idées à revendre… Idées qui pour l’heure se traduit par cette caisse inédite, unique, faite sur mesure (pour 5 flacons). Elle est le symbole d’un grand savoir faire à Sauternes, avec des vins quelque peu différents, mais issus quasiment de la même veine de terroir. Tous sont en effet voisins.

IMG_2786« On est content de s’être trouvé car on a beaucoup de sensibilité commune » me confie également Thomas Dejean, à la tête de Rabaud-Promis depuis 2000, un domaine acheté en 1950 par son arrière-grand-père Raymond-Louis Lanneluc (dont la famille était propriétaire d’un petit domaine juxtaposé depuis 1720).

IMG_2736Vincent Labergère, directeur de Rayne Vigneau, se réjouit également de ce rapprochement : « on est vraiment voisin, j’en avais ras-le-bol qu’on se se parle pas à Sauternes, et là, on se parle. On s’est dit rapidement qu’on devrait réaliser une belle caisse et organiser une soirée pour présenter ce que l’on veut faire. Quant au prix, on ne l’a pas encore fixé, mais cela restera attractif ». Une caisse comme celle-là peut intéresser des connaisseurs en France  mais aussi la Chine ou les USA, 2 marchés où cette initiative peut vite prendre.

09 Déc

Au détour de Bordeaux Tasting, on apprend l’acquisition de château le Sartre par Bernard Magrez

Par ici les nouvelles fraîches… Bernard Magrez l’homme aux 40 châteaux et 4 crus classés vient de s’offrir château le Sartre en Pessac-Léognan. Un château qu’il ne fallait pas louper selon lui. Et il va aussi avoir très prochainement un domaine en Géorgie. Ah Bernard, toujours en avance sur les autres…

Bernard Magrez, nous a confirmé la nouvelle ce midi sur son stand de Fombrauge - Pape Clément © JPS

Bernard Magrez, nous a confirmé la nouvelle ce midi sur son stand de Fombrauge – Pape Clément © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Bernard Magrez, vous venez de faire une nouvelle acquisition, quelle est-elle ?

Bernard Magrez : « C’est le château le Sartre, qui fait 33 hectares, dans l’appellation Pessac-Léognan. C’est un vin de grande qualité et donc c’était à vendre et on n’a pas voulu laisser passer la chose. »

JPS : « Ca représente un gros domaine qui s’ajoute à celui que vous avez déjà Pape-Clément… »

BM : « C’est un complément…Dans le monde entier, l’appellation Pessac-Léognan Graves est une appellation qui a de la résonance, et il y a très peu de choses à vendre, donc quand il y a quelque chose à vendre, il faut sauter dessus. »

Jefferson Desport : « Quels sont vos projets pour le Sartre, aller plus loin, relancer une marque déjà établie ? »

BM :« Oui, elle est établie, à mon avis il y a mieux à faire encore un peu dans la qualité, en diminuant les rendements, peut-être en reprenant un peu aussi la vigne. »

JPS : « C’est un monde qui évolue tout le temps, et un peu grâce à vous ? »

BM : « C’est un monde qui évolue parce qu’il y a des gens qui veulent vendre, des acheteurs aussi, français et étrangers. Mais enfin, le milieu concurrentiel, ce n’est pas Bordeaux, il est dans 7 ou 8 pays. Ils font de très bons vins et de très haute qualité au niveau du Bordeaux. Par conséquent le milieu concurrentiel de Bordeaux n’a plus rien à voir avec celui d’il y a 10 ou 15 ans. Et celui qui ferme les yeux là-dessus, il aura du mal dans les prochaines années. Je peux me tromper mais enfin c’est mon avis »

Regardez l’interview réalisée par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer, avec Jefferson Desport de Terre de Vins :

30 Nov

Les Vins des Rois ou quand les monarques ont rendu célèbres vignobles et châteaux…

A l’époque, il n’y avait pas la télé ni les réseaux sociaux. Mais du jour où le monarque s’était entiché d’un vin, toute la Cour en parlait, et de ce fait c’était le gros coup de publicité pour le domaine en question. C’est ainsi que château Lafite a peaufiné sa renommée, grâce à Louis XV et qu’il a par la suite été classé 1er cru dans le classement des 1855. 

Le château Lafite, à Pauillac, s'est fait un nom à la Cour du Roi Louis XV © Jean-Pierre Stahl

Le château Lafite, à Pauillac, s’est fait un nom à la Cour du Roi Louis XV © Jean-Pierre Stahl

Quand les monarques faisaient la renommée des propriétés du Bordelais…

Une des très vieilles bouteilles de Lafite-Rothschild en 1811, situé dans la salle de dégustation © jps

Une des très vieilles bouteilles de Lafite-Rothschild en 1811, situé dans la salle de dégustation © jps

LAFITE CHARMA TOUTE LA COUR DE LOUIS XV

A Pauillac, château Lafite a une histoire intimement liée à celle du roi Louis XV, dit « le Bien-Aimé ». Le roi avait envoyé en Guyenne comme gouverneur Louis Armand Vignerot du Plessis ; le Maréchal de Richelieu allait impressionner le monarque à son retour à la cour par une bien bonne mine.

Eric Kohler, directeur technique de château Lafite rappelle ce fameux dialogue entre le Maréchal de Richelieu et Louis XV : « Maréchal, je suis tenté de croire que vous avez 25 ans de moins qu’à votre départ en Guyenne », ce à quoi le Maréchal lui répondit :

Votre Majesté ignore-t-elle que j’ai trouvé la fameuse fontaine de jouvence, j’ai découvert que le château Lafite est un breuvage cordial, généreux et délicieux, et comparable à l’Ambroisie des Dieux de l’Olympe », Eric Kohler, citant le Maréchal de Richelieu

Le directeur technique de château Lafite, racontant l'histoire marquante du Maréchal de Richelieu auprès du roi Louis XV © JPS

Le directeur technique de château Lafite, racontant l’histoire marquante du Maréchal de Richelieu auprès du roi Louis XV © JPS

La cour, plutôt habituée au champagne, découvrit alors ce vin fin et tannique du Médoc. Son propriétaire, le Marquis Nicolas Alexandre de Ségur, gagna alors le surnom de Prince des Vignes. « Lorsque la cour a goûté les vins de Lafite, elle a perçu cette concentration plus importante, qui a ensuite été expliquée dans les années 1990 à travers le fameux paradoxe de Bordeaux puisque la richesse et les tanins des vins de Bordeaux avaient des vertus médicinales prouvées »n poursuit Eric Kohler.

IMG_1902Mais la notoriété de Lafite était déjà bien établie en Angleterre car Haut-Brion avait été précurseur et avait réussi à se faire connaître des Anglais, ayant même ouvert une taverne fort renommée au XVIIe siècle…

Dans le célèbre chai d"élevage de château Lafite © JPS

Dans le célèbre chai d »élevage de château Lafite © JPS

La consécration par la cour de France allait perdurer tout au long du XIXe siècle jusqu’au classement de 1855. « Lafite avait donc été classé 1er des 1ers avec Latour, Margaux et Haut-Brion, depuis cette époque la notoriété a grandi pour atteindre ce qu’elle est aujourd’hui dans le monde entier. »

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QUAND JOSEPHINE COMBLA LA FAMILLE SOUM

Bien plus anecdotique, cette histoire de Napoléon et de son épouse au retour des guerres d’Espagne. En 1809, son épouse Joséphine marqua à tout jamais un petit domaine au nord de Bordeaux…

« L’Impératrice Joséphine, accompagnant Napoléon aux guerres d’Espagne, s’est arrêtée pour faire pipi dans la vigne, et depuis cette parcelle a été cadastrée sous le nom de « congaillard », explique Martine Soum propiétaire des Vignobles Soum.

IMG_2001Et c’est ainsi qu’est née à Marsas « la Pissotière de l’Impératrice », une marque déposée par la famille Soum.

Madame Soum fière de cette anecdote de l'histoire, que son père fit prospérer © JPS

Madame Soum fière de cette anecdote de l’histoire, que son père fit prospérer © JPS

Elle lui valu de nombreux articles de presse et une reconnaissance par les amoureux de Napoléon mais pas seulement.

Une idée de génie qu'a eu Mr Soum en déposant cette marque © JPS

Une idée de génie qu’a eu Mr Soum en déposant cette marque © JPS

« C’est une anecdote qui nous fait travailler, les gens viennent, cela les amuse beaucoup, » Martine Soum.

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QUAND LOUIS XV ET NAPOLEON III TRONAIENT EN BONNE PLACE A BORDEAUX

L’histoire de Bordeaux, de ses vins et des monarques, si elle est peu importante, est pour le moins marquante. Bordeaux avait érigé une statue équestre, en bronze, en hommage au Roi Louis XV, sur la place Royale aujourd’hui devenue place de la Bourse (dont on peut encore admirer des tableaux au sein des salons de la CCI).

Louis XV le Bien Aimé trône en bonne place dans l'un des salons XVIIIe du Palais de la Bourse © JPS

Louis XV le Bien Aimé trône en bonne place dans l’un des salons XVIIIe du Palais de la Bourse © JPS

Descendue puis fondue à la révolution, elle fut remplacée par une statue de Napoléon III qui commanda le classement de 1855, avant d’être lui-même remplacé par les 3 Grâces. Ces dernières auraient pu à leur tour être remplacées dans les années 2000 lors des travaux des quais de Bordeaux, par une nouvelle statue de Louis XV car il existe toujours le moule à Paris. Histoire de rendre grâce à ce monarque éclairé qui, le premier en France, fit le succès des vins de Bordeaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Christèle Afel, montage Christophe Varone, mixage Véronique Lamartinière, avec l’éclairage en suivant de Frédéric Lot :

28 Nov

Les 100 Meilleurs Vins au Monde selon le Wine Spectator

Voici le Top 100 de 2017 révélé lundi dernier par le Wine Spectator. Un classement attendu par la planète vin car le Wine Spectator est l’un des plus influents magazines spécialisé au monde. N°1 le Merlot 2014 de Duckhorn de la Napa Valley. Château Coutet à Barsac est N°3 et Canon-La Gaffelière à Saint-Emilion N°5.

Extrait du © Wine Spectator

Extrait du © Wine Spectator

Depuis 1988, le Wine Spectator sort son Top 100. Une liste de vins dégustés au cours des 12 derniers mois, basée sur les critères  de qualité, de valeur et de disponibilité.

De nombreux vignobles mondiaux sont récompensés et le 1er d’entre eux est un merlot de 2014 Duckhorn de la Napa Valley. Dans les 10 premiers vins de ce Top 100, on compte 5 vins américains, 4 français et un italien.

A noter la très belle place de château Coutet avec une note de 96 mais surtout la 3e place pour ce liquoreux,1er cru classé de Barsac, sur son 2014. Suit à la 4e place un Gigondas 2015 château de St-Cosme, puis à la 5e Domaine Huët Vouvray Demi-Sec Le Mont, et 6e château Canon-La Gaffelière 1er grand cru classé de St.-Emilion.

Dans la série suivante pour aller jusqu’à 20, on trouve à la 14e place le Clos des Papes 2015 en Châteauneuf-du-Pape avec une note de 98 puis à la 15e Domaine des Baumard de Savennières en Vins de Loire.

Si vous aussi vous souhaitez vous faire votre idée et consulter le dossier complet des 100 meilleurs vins de 2017 qui figureront dans le numéro 31 décembre 2017 de Wine Spectator (dans les kiosques à journaux le 28 novembre) : c’est ici, le TOP 100 du Wine Spectator

27 Nov

Jean-Luc Petitrenaud réalise cette semaine 3 escapades gourmandes en Gironde

C’est qu’il a bon goût Jean-Luc ! Notre Petitrenaud national a programmé le tournage en Gironde de 3 « Escapades ​de ​Petitrenaud” avec Carine Teyssandier. Histoire de mettre en valeur les richesses ​gastronomiques ​girondines avec les chefs Stéphane Carrade sur le Bassin d’Arcachon, Vivien Durand à côté de Bordeaux et Ronan Kervarrec à Saint-Emilion.

1b1e8cb8-phpfcf42oChaque semaine, c’est un rendez-vous attendu des gastronomes. Les « Escapades de Petitrenaud » vont à la découverte des régions et de leurs spécialités ​culinaires.

Du 27 novembre au 1er décembre 2017, c’est en Gironde que la production pose ses valises pour 3 enregistrements qui seront diffusés sur France 5 au début de l’année 2018. Des Escapades qui ne seront pas présentées par lui mais par Carinne Teyssandier, car il a annoncé en juin être quelque peu fatigué et souhaitant passer le flambeau.

Au ​programme, ​3 ​itinéraires ​gourmands ​pour ​mettre ​en ​lumière ​les ​chefs, ​spécialités ​culinaires, ​producteurs ​et ​artisans des ​métiers ​de ​bouche ​girondins ​:

● 1 Escapade sur le bassin d’Arcachon, avec le Chef Stéphane Carrade du restaurant le Skiff au Ha(a)itza du côté du Pyla-sur-mer. Au menu les ostréiculteurs du bassin, la chasse à la tonne avec casse-croûte partagé avec les chasseurs, ​la ​cuisine ​du ​canard…

● 1 Escapade dans l’agglomération bordelaise, à Lormont avec le chef Vivien Durand du Prince Noir: le pigeon de Mios sera à l’honneur, ainsi que le fromage de brebis, les légumes en culture aquaponie, le miel de ​Bazas…

Ronan Kervarrec : "j'ai mon propre style, ma propre cuisine" © Jean-Pierre Stahl

Ronan Kervarrec arrivé à la tête des fourneaux de Plaisance en juin 2016 © Jean-Pierre Stahl

● 1 escapade dans les vignobles de Saint-Emilion, avec le chef Ronan Kervarrec de l’Hostellerie de Plaisance : ​mise ​en ​avant ​du ​vignoble, ​des ​caves ​d’affinage ​de ​fromages, ​de ​l’agneau…

Ces 3 Escapades seront diffusées début 2018, à 12h sur France 5 le dimanche et  re-diffusées le samedi les semaines suivantes à 12h30, puis multi-diffusée ​sur ​TV5 ​Monde.

20 Nov

Disparition de Patrick Maroteaux : le monde du vin rend hommage à l’ancien Président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux

Le monde du vin a appris avec douleur et regret le décès de Patrick Maroteaux, à l’âge de 67 ans, il était propriétaire du fameux château Branaire-Ducru. Olivier Bernard, le président de l’UGCB, Hervé Grandeau le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Allan Sichel, président du CIVB, et Jacques Dupont lui rendent hommage.

Patrick Maroteaux, le Président de l'Union des Grands Crus (à qui Sylvie Cazes puis Olivier Bernard ont succédé) a lancé l'événement avec l'UGC en 2005 © Photo Jean-Pierre Stahl en mai 2014.

Patrick Maroteaux, le Président de l’Union des Grands Crus (de 2000 à 2008) a lancé le week-end des Grands Crus de Bordeaux avec l’UGCB en 2005 © Photo Jean-Pierre Stahl en mai 2014.

Patrick Maroteaux est arrivé à Bordeaux, comme le souligne Olivier Bernard, « après une première vie professionnelle et industrielle dans le sucre. Sa famille a racheté le château Branaire-Ducru, 4e cru classé, en 1993 et à l’époque il ne connaissait à l’époque pas grand chose au monde du vin ».

Pour autant, on va lui confier la présidence de l’Union des Grands Crus de Bordeaux de 2000 à 2008. Dès le départ, il s’est beaucoup engagé :

C’était un homme avec beaucoup de qualités humaines, des principes, des valeurs et un engagement reconnu très tôt », Olivier Bernard président de l’UGCB.

Retrouvez Patrick Maroteaux dans ce reportage de Jean-Pierre Stahl sur le week-end des Grands Crus de Bordeaux qu’il avait créé en 2005 :

« Depuis plus de 20 ans, Patrick Maroteaux a donné sa vie à Branaire Ducru. Il est devenu passionné par ce métier. On lui a ensuite confié la présidence de l’appellation Saint-Julien, il aimait donner de son temps, de son énergie, c’était un fédérateur, il aimait bien rassembler autour d’idées fortes », me confie Olivier Bernard depuis le Japon, où il est en tournée en Asie avec 96 grands crus de Bordeaux durant 10 jours.

Hervé Grandeau s’incline également devant ce grand homme : « la Fédération des Grands Vins de Bordeaux est en deuil, on a une pensée très émue pour lui et sa famille. On a beaucoup appris de Patrick Maroteaux, c’était un membre du conseil d’administration. Il était très engagé au sein de la Fédération et il y représentait les Communales du Médoc pour lesquelles il prenait la défense et il portait une attention toute particulière. »

Patrick Maroteaux était un érudit, quelqu’un de brillant, il nous éclairait sur de nombreux sujets avec un certain recul, » Hervé Grandeau, président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux.

George Sape (à droite) au château Branaire-Ducru avec Patrick Maroteaux (2e à gauge© Sébastien Delalot

George Sape (à droite), à la tête des mécènes américains de la Cité du Vin, en visite au château Branaire-Ducru avec Patrick Maroteaux (2e à gauche © Sébastien Delalot – France 3 Aquitaine en juin 2016

Pour Allan Sichel, le Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux : « C’est très triste, tout le monde a appris cela avec beaucoup d’émotion. C’est quelqu’un qui laissera des traces, il était apprécié de tous les opérateurs qui l’ont côtoyé. Il nous avait présenté François-Xavier, son fils, qui va lui succéder. »

« Patrick était très apprécié de la filière, lui-même venait d’une autre filière, celle du sucre. Il a appris très vite et s’intéressait de tout ce qui se passait. Il a toujours eu un esprit collectif. »

Il a toujours été très impliqué, n’hésitait pas à bousculer un peu, quand il parlait c’était toujours pertinent, il avait cette fraîcheur de pensée et ce dynamisme », Allan Sichel président du CIVB.

Mon confrère et ami Jacques Dupont, journaliste et critique du Point, se rappelle surtout de ses débuts : « je l’ai connu quand il s’est installé. Il avait tout le confort et venait de l’industrie du sucre où il avait aussi été président de la filière. Il a décidé de changer de vie, dans le Médoc des années 80, pas aussi fun qu’aujourd’hui. Et reprendre Ducru n’était pas très facile. On pensait que c’était un type qui investissait et n’allait pas s’en occuper. Mais il posait des questions et savait ce qu’il voulait faire comme type de vin. On était content de se voir et de discuter ensemble.

Il sortait de l’argile de la Brie et s’est fondu dans les Graves, il est devenu un Médocain pur jus », Jacques Dupont du Point.

« C’était un organisateur, un vrai chef d’entreprise, il n’a pas fait flambé son vin, il l’a géré comme un placement intelligent.C’est quelqu’un que j’aimais beaucoup et qui a doublement réussi. Et de savoir que son fils François-Xavier allait être là et reprendre, ça lui a fait du bien. C’est une sacrée réussite, c’est la projection vers l’avenir qui me semble formidable. »

Et Olivier Bernard de me rappeler : « c’est lui aussi qui a eu l’idée que l’Union des Grands Vins de Bordeaux rejoigne comme mécène bâtisseur la Cité du Vin. C’était quelqu’un de tourné vers les autres. » Patrick Maroteaux était originaire de Picardie et « il aura marqué le paysage de Bordeaux par son ouverture d’esprit. A Bordeaux, on a aussi besoin des gens qui arrivent de l’extérieur, des gens solides, avec des valeurs et notamment familiales. »

« Jeudi, on va monter à Séoul en Corée du Sud une petite cérémonie de recueillement, le jour de son enterrement, en mémoire de Patrick », conclue ainsi Olivier Bernard le président de l’UGCB.

Côté Châteaux présente ses plus sincères condoléances à sa famille.

La cérémonie religieuse aura lieu le jeudi 23 novembre à 10h30, en l’église de Saint-Julien-de-Beychevelle (33).

22 Oct

122 100 € collectés au profit de l’association Rose : José Garcia a enflammé la soirée caritative de la Jurade à Saint-Emilion

La Magie Rose (nom de la soirée) a bien été au rendez-vous. De généreux donateurs ont enchéri pour la bonne cause sur quelques magnifiques bouteilles de grands crus bordelais et d’autres terroirs de France. Le comédien José Garcia a animé avec brio ces enchères menées par la Maison Artcurial.

José Garcia, comédien, Hubert de Boüard, 1er Jurat et Ludovic Martin, caviste-négociant © Jean-Pierre Stahl

José Garcia, comédien, Hubert de Boüard, 1er Jurat et Ludovic Martin, caviste-négociant, lors de la soirée « Magie Rose » © Jean-Pierre Stahl

Le défi n’était pas facile à relever surtout pour un premier week-end de vacances de Toussaint. Mais le coeur a parlé quand José Garcia et le chef Alain Passard ont été contactés : « ce sont des gens qui aiment Saint-Emilion et ont dit oui tout de suite« , commente Hubert de Boüard, 1er Jurat. Cette soirée est aussi dédiée à deux femmes courageuses Céline Lis-Raoux et Céline Dupré : « ça a été la rencontre avec ces deux femmes touchées par la maladie, avec cette formidable volonté de vivre et de continuer normalement. J’étais à Paris à une soirée qu’elles avaient organisée, et je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose à Saint-Emilion », précise Hubert de Boüard.

IMG_1255Ainsi est née la « Magie Rose », cette soirée caritative à laquelle 167 convives ont participé, salle des Dominicains. Une soirée organisée par la célèbre Jurade de Saint-Emilion (créée en 1199), avec la complicité du chef étoilé et plus « grand rotisseur » français Alain Passard, l’expertise de la Maison de Ventes aux Enchères Artcurial et de son commissaire-priseur Stéphane Aubert, sans oublier la bonne humeur légendaire et la générosité de José Garcia, alias Serge Benamou dans « la Vérité, Si Je Mens »…

José Garcia, tout le monde le connaît à travers le petit écran et ses duos de folie avec Antoine de Caunes sur le plateau de Nulle Part Ailleurs. D’ancien chauffeur de salle de plateau télé, le voici devenu pour cette soirée chauffeur de salle aux enchères et le rôle lui allait plutôt pas mal. « On est toujours là pour aider », me confie-t-il, « quand ils m’ont appelé, je n’ai même pas discuté. Il y a quelque chose de très humain et de paysan, quand on tape dans la main… Je suis venu une quarantaine de fois à Bordeaux et il y a toujours eu les jurats pour moi, comme pour mon ami Patrick Timsit » (qui comme lui a été intronisé dans la Jurade).

José Garcia, Audrey Crespo-Mara, Céline Lis-Raoux, Hubert de Bouard et Céline Dupré © JPS

José Garcia, Audrey Crespo-Mara, Céline Lis-Raoux, Hubert de Bouard et Céline Dupré © JPS

Un beau geste pour soutenir l’Association Rose créée en 2011 par 2 bordelaises Céline Lis-Raoux (épouse de Philippe Raoux du château d’Arsac) et Céline Dupré, confrontées au cancer, l’une comme malade, l’autre comme accompagnante. Céline Lis-Raoux journaliste témoigne : « on se sent très seule quand on a un cancer ; j’étais à L’Express et j’avais peur à l’époque de me faire virer… » Et Céline a voulu créer un journal « pour dire que je ne suis pas toute seule », c’est ainsi qu‘elle a créé l’association Rose avec Céline Dupré, spécialiste en communication et ont lancé le Rose Magazine pour donner aux femmes atteintes de cancer du sein ou autre type de cancer une information fiable et accessible, un accompagnement et un message clair à toutes ces femmes : « ce ne sont pas des « malades » mais avant tout « des femmes. »

Un dîner concocté par le chef Alain Passard © JPS

Un dîner concocté par le chef Alain Passard © JPS

Depuis 2011, les « 2 Célines » ont fait un sacré bout de chemin ensemble : « on a lancé ce journal, j’espère qu’on est bienveillante, en tout cas ce journal reçoit 0 € de subvention publique », témoigne Céline Lis-Raoux à la tribune. Et Céline Dupré de compléter : « depuis un an et demi, la Maison Rose a ouvert à Bordeaux. On voulait créer une maison de femmes où elles pouvaient se ressourcer. Elle accueille 600 femmes aujourd’hui », et de souligner que « 1000 personnes, chaque jour en France, apprennent qu’elles ont un cancer… »

La Maison Rose, c’est la maison du bonheur où les femmes peuvent se retrouver, avec des soins de beauté, et des séances de coaching pour retrouver une vie normale après la maladie« , Céline Dupré

Jaquelin De Pracomptal, de la tonnellerie Taransaud à Cognace et Adrien Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Jacquelin De Pracomtal, de la tonnellerie Taransaud à Cognace et Adrien Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Des messages qui ont touché l’assistance, près de 200 personnes dont bon nombre du monde du vin. Ces propriétaires, négociants, cavistes, directeurs de domaines, tonneliers ou responsables de syndicats viticoles se sont montrés très généreux à travers l’achat d’enveloppes de tombola et les enchères en deux vagues sur 26 lots prestigieux et un bonus à la fin.

IMG_1222Parmi les lots remarquables : un magnum de Petrus 2007 adjugé 7000 €, un magnum de Lafite Rothschild adjugé 6000 €, de Cheval Blanc 2009 à 5000 € ou encore 2 magnum d’Angelus 2009 et 2010 pour 6500 €…

Jean-François Quenin (château de Pressac), Karl Todeschini (Mangot) et Thomas Duclos (Oenoteam) © JPS

Jean-François Quenin (château de Pressac), Karl Todeschini (Mangot) et Thomas Duclos (Oenoteam) © JPS

Il y avait aussi d’autres lots d’autres régions viticoles d’Alsace, du Rhône ou de Bourgogne comme un magnum de Corton Charlemagne Louis Jadot 2014-un jéroboam Chambolle Mussigny 2011 Joseph Drouhin-un jeroboam Gevrey Chambertin 1er Cru 2012 les Cazetiers le tout pour 3500 € ou 12 bouteilles de Côte-Rotie 2013 et d’Ermitage 2013 pour 6000 €.

José Garcia avec Stéphane Aubert, commissaire priseur d'Artcurial © JPS

José Garcia avec Stéphane Aubert, commissaire priseur d’Artcurial © JPS

Au total 122 100 € ont été collectés durant cette soirée, une belle somme pour venir en aide à l’association Rose, qui commence également à s’occuper aussi des cancers chez les hommes.

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Quant à José Garcia, le comédien a été à la hauteur de sa mission, animant avec précision et humour cette soirée caritative, ponctuée de formidables prestations de 3 jeunes femmes gymnastes, accrochées aux rideaux, dans d’étonnantes démonstrations d’équilibristes (une troupe créée pour l’événement par l’agence The Kub).

IMG_1495José Garcia c’est aussi cette générosité et cette simplicité d’un grand bonhomme qui reste ouvert aux autres. « Mes parents étaient gens de maison. J’ai passé ma vie dans les cuisines; je dormais dans un cellier. Ca a commencé avec des bouteilles de Calavados, j’ai toujours été entouré de bouteilles en permanence, vécu le cérémonial avec les gants blancs, la livrée, le vin, les parfums, les cigares, je connais tout cela par coeur » C’est dire si le comédien, intronisé par la Jurade, est un connaisseur et même une expert en vins : j’ai toujours bu super bien et de bonne qualité. J’ai même muré les bouteilles pour ne pas les ouvrir, et je me suis ouvert la main 50 fois, à 2 heures du matin, pour les ouvrir. Patrick Timsit, un jour m’a dit je vais te faire un beau cadeau, te faire introniser à la Jurade. Bordeaux, c’est sans doute la ville où je suis venu le plus, avec aussi la complicité de Pierre Bénard de l’UGC Ciné-Cité. »

José a réussi ce tour de force de faire acheter plus cher les lots pour la bonne cause et avec le sourire © JPS

José a réussi ce tour de force de faire acheter plus cher les lots pour la bonne cause et avec le sourire © JPS

On est tous aujourd’hui impatient de retrouver ce comédien hors pair au cinéma ; José Garcia joue actuellement, à Angoulême, dans le prochain film de Jean-Paul Rouve « Lola et ses frères », un rôle à la mesure de son talent.

20 Oct

Un vibrant hommage à Denis Dubourdieu à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin

En ce vendredi soir, le professeur d’oenologie était doublement à l’honneur avec le lancement de la « chaire Denis Dubourdieu – qualité et identité des vins » et le baptême de la salle de dégustation de l’ISVV à son nom. Denis Dubourdieu laisse un leg immense à Bordeaux et était à l’origine de la création de l’ISVV avec Alain Rousset.

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« IL A FALLU TOUT LE TALENT DE DENIS DUBOURDIEU… »

« C’est une vraie émotion, les souvenirs qui m’attachent à ce lieu et à Denis Dubourdieu ne s’effaceront pas. » On sent Alain Rousset ému, comme d’autres, mais peut-être davantage car la naissance de l’ISVV, on la doit à eux deux et ce n’a pas été facile : « je me souviens j’étais en campagne électorale en 1998 quand nous avons parlé la première fois de ce projet. A l’époque, il fallait faire travailler 3 universités et un organisme de recherche ensemble, ce n’était pas si simple que cela ».

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« Il a fallu le talent de Denis Dubourdieu pour dépasser les divergences… » et celui des deux hommes pour boucler le budget alors même que l’Etat diminuait son financement. L’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin a finalement vu le jour et a ouvert en 2009 ; et le Président de la Nouvelle-Aquitaine d’ajouter : « en quelques années, ce lieu s’est rempli (500 étudiants aujourd’hui) et nous devons préparer un projet d’extension de l’ISVV. »

IMG_1169LA SALLE DE DEGUSTATION DENIS DUBOURDIEU

Le moment le plus fort de cette soirée était très certainement le voile levé sur le nom du grand professeur. La salle de dégustation est ainsi baptisée « salle de dégustation Denis Dubourdieu » (disparu en juillet 2016). Un nom dévoilé en présence de ses deux fils Fabrice et Jean-Jacques, mais aussi de son épouse Florence et de son père Pierre. Ses deux fils avaient d’ailleurs suivi les cours d’oenologie et de dégustation avec leur père et étaient fiers de montrer l’endroit à leur grand-père.

Fabrice, Pierre et Jean-Jacques, enfants et le père de Denis Dubourdieu © Jean-Pierre Stahl

Fabrice, Pierre et Jean-Jacques, enfants et le père de Denis Dubourdieu © Jean-Pierre Stahl

« A TOUS LES ETUDIANTS QU’IL A PU FORMER DANS CES MURS »

Du directeur Alain Blanchard « l’ISVV nous le devons à l’obstination de Denis Dubourdieu et à son ami le Président Rousset » à Alex Marchal, maître de conférence et ancien étudiant de DD, qui retraçait son parcours et sa singularité de vinifier les vins blancs avec une macération pré-fermentaire (avec son admiration pour les grands chardonnays et bourgognes blancs) : « c’est l’oenologue dont les travaux sont les plus souvent cités par ses pairs. Il était inspiré par les goûts et les gestes qu’il observait. »

Au centre son épouse Florence, derrière son fils Fabrice et son épouse

Au centre son épouse Florence, derrière son fils Fabrice et son épouse Di Dibourdieu Sun © JPS

Sans oublier Valérie Lavigne, docteur aussi en oenologie comme Alex, qui était associée à Denis Dubourdieu dans son autre activité de conseil : « les 40 millésimes qu’il a vinifiés dans sa propriété ont sans doute guidé ses recherches. » C’est ainsi qu’il a été un véritable guide pour de nombreuses propriétés comme Fieuzal, Latour-Martillac, La Louvière ou Carbonnieux, pour les amener à faire de grands vins blancs.

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Jean-Jacques son fils est très touché par tous ces mots : « c’est un grand honneur d’être ici ce soir, nous pensons à Denis et à son projet d’écriture de Traité d’Oenologie auquel il a consacré de nombreuses années, je le vois encore écrire, réécrire, simplifier. Et dans ses projets, il avait l’ISVV, ce bâtiment qui a vu le jour avec l’aide de la Région. Il a toujours su convaincre, s’entourer, avec l’envie que cela fonctionne. Je pense aussi à tous les étudiants qu’il a pu former dans ces murs, à ces générations qui se souviendront de ce regard, de cette clarté et de ce raisonnement. » Et son frère aîné Fabrice d’ajouter : « 

France, Aquitaine,Gironde (33),Saint-Emilion.Portrait de Denis Dubourdieu au Château Reynon-Cadillac-Premières Côtes de Bordeaux.

Denis Dubourdieu au Château Reynon © Jean-Bernard Nadeau

Il a été précurseur dans bon nombre de domaines et ce bâtiment est un temple », Fabrice Dubourdieu

Et d’ajouter :  « Avec sa générosité, il nous a permis de voir un peu plus clair ce qui nous entoure. »

Si Denis Dubourdieu avait définit la stratégie de recherches de l’ISVV, de poursuivre avec des approches pluri-disciplinaires avec les synergies de l’Université de Bordeaux, de l’INRA, de Bordeaux Sciences Agro et de Kedge Business School, aujourd’hui l’ISVV va continuer sa route afin de maintenir la compétitivité de la filière tout en réduisant l’impact sur l’environnement.

"il avait le don de transmettre et une pédagogie exemplaire" © photo Jean-Bernard Nadeau

« il avait le don de transmettre et une pédagogie exemplaire » © photo Jean-Bernard Nadeau

LA CHAIRE DENIS DUBOURDIEU – QUALITE ET IDENTITE DES VINS

« Longue vie à cette chaire ! » commente d’emblée Manuel Tunon de Lara, le Président de l’Université de Bordeaux. « Le monde de la vigne et du vin donne l’exemple, j’espère que ça en inspirera d’autres. »

Cette chaire doit soutenir les travaux de l’unité de recherche oenologie au sein de l’ISVV afin d’apporter demain des réponses concrètes aux acteurs de la filière vin.

« L’ISVV se réjouit du lancement de cette chaire », commente son directeur Alain Blanchard car « la qualité et la typicité des vins est toujours un thème d’actualité. Et de citer Denis Dubourdieu lorsqu’il parlait du travail des oenologues :

Il faut révéler le goût inimitable et délicieux du lieu où le vin a été produit » Denis Dubourdieu

Lancement de la chaire avec

Lancement de la chaire avec Alain Blanchard (dir. ISVV), Frédéric Cauchois (dir. Fondation Bordeaux Université), Manuel Tunon de Lara (Pdt Université de Bordeaux), Lydie Héraud (conseil régional), et Philippe Dariet (de l’ISVV).

Frédéric Cauchois, en fin d’après-midi lors de la présentation de la Chaire Denis Dubourdieu résumait finalement  »

On a un personnage exceptionnel, dans un lieu exceptionnel, qui en fait une chaire unique » Frédéric Cauchois

Ce sont au total 4 crus bordelais et 6 entreprises de la filière viti-vinicole qui sont les mécènes de cette chaire. Des entreprises qui ont conscience que la qualité des vins de Bordeaux est une préoccupation quotidienne et la recherche en oenologie une donnée essentielle.

Les 10 mécènes de la Chaire Denis Dubourdieu sont : Biollaffort, Bucher Vaslin, Haut-Bailly,Palmer, Pichon-baron, Pichon-Longueville, Chêne&Cie, Michaël Paetzol, Oeneo, Seguin Moreau.

Relire également : Denis Dubourdieu, un grand Monsieur du Vin s’en est allé : « pour le monde du vin, c’est une grande perte »

Fabrice, Pierre et Jean-Jacques, enfants et le père de Denis Dubourdieu © Jean-Pierre Stahl

Fabrice, Pierre et Jean-Jacques, enfants et le père de Denis Dubourdieu © Jean-Pierre Stahl

12 Oct

Le CIVB et la filière vin de Bordeaux adoptent des mesures environnementales et le principe d’évitement des pesticides classés CMR

L’engagement s’intensifie ! Les avancées se font jour. 7 ODG, organismes de défense et de gestion ont inséré des mesures environnementales dans leur cahier des charges. Par ailleurs, le CIVB vient d’adopter le principe d’évitement des pesticides classés CMR.

Allan Sichel, tenait cet après-midi un point presse au CIVB © jps

Allan Sichel, tenait cet après-midi un point presse au CIVB © jps

UNE PREMIERE EN FRANCE

7 ODG, organismes de défense et de gestion, couvrant 80 % du vignoble ont adopté une modification de leur cahier des charges pour y insérer des mesures agroenvironnementales :

  • INTERDICTION DE L’USAGE DES HERBICIDES SUR LA TOTALITE DE LA SURFACE AU SOL, autrement dit la diminution devra se voir ou les herbicides être abandonnés
  • OBLIGATION DE CONNAITRE ET DE MESURER L’INDICE DE FREQUENCE DE TRAITEMENT pour les viticulteurs. Une nette avancée pour allr vers la diminution.
  • POSSIBILITE D’INTRODUIRE DES CEPAGES RESISTANTS (au max 5% de la surface) pour avoir moins recours aux traitements, comme chez les ignobles Ducourt
  • OBLIGATION DE S’ENGAGER DANS UNE DEMARCHE DE CERTIFICATION ENVIRONNEMENTALE

LE PRINCIPE D’EVITEMENT DES PESTICIDES CLASSES CMR

C’est dit et c’est officilel. Tous les viticulteurs sont invités à éviter l’utilisation dans le vigne 70 produits répertoriés dans une liste contenants des agents cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Une liste de produits alternatifs est mise en ligne sur le site professionnel du CIVB; toutefois cela ne veut pas dire que le CIVB interdit leur usage dans la mesure où chaque viticulteur est libre de faire le choix et de conduire son vignoble, mais le CIVB les invite désormais fortement, un dossier suivi notamment par Bernard Farges mais aussi le président Allan Sichel.

Le CIVB a mis par ailleurs un atlas des zones sensibles envoyé à plus de 900 viticulteurs concernés par l’arrêté préfectoral du 22 avril 2016, visant les lieux accueillant des personnes vulnérables aux risques phytopharmaceutiques, notamment les écoles : l’objectif désormais est de ne pas traiter durant la semaine (ce qui va plus loin que l’arrêté).

PULVERISATEURS DU FUTUR

26 candidatures ont été reçues dans le cadre de l’Appel à Manifesttaion d’Intérêt Innovation, et 13 projets soutenus par la Région. Il s’agit d’améliorer les pulvérisation ou les produits de bio-contrôle.

DEVELOPPEMENT DU SME

Aujourd’hui 83 crus classés, dont une douzaine viennent de démarrer, sont engagés dans le Système de Management Environnemental, soit 45% des 185 crus classés : tout rentre en ligne de compte : eau, énergie, phytos, salariés et riverains. 700 entreprises sont engagées dans cette démarche SME à ce jour.

VIGNOBLE ENGAGE

Par ailleurs le CIVB a mis en place un site d’infos à destination du grand public : www.bordeauxvignobleengage.com

Ecoutez l’interview d’Allan Sichel réalisée par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer :