28 Déc

« La Conseillante, une passion familiale depuis 150 ans » en Pomerol

C’est un joli ouvrage qui est sorti en cette fin d’année, un livre consacré à l’histoire de cette fameuse propriété de Pomerol, dans la famille Nicolas depuis 150 ans. A lire sans modération.

« La Conseillante, une passion familiale depuis 150 ans » par © la famille Nicolas

Ce livre sorti chez First Press Editions est une façon pour la famille Nicolas de célébrer et de souligner ce 150e anniversaire de la propriété au sein de la même famille : depuis 1871 avec les héritiers de Louis Nicolas. Cet ouvrage collectif offre une immersion dans l’histoire et la vie de ce château, sur la base de photos, de documents d’archives et bien sur de témoignages.

Au fil de l’histoire, le lecteur va pourvoir toucher de près l’histoire de cette famille, avec les doutes et les choix sur la manière de conduire le vignoble depuis 150 ans : « raconter la Conseillante, c’est partager les secrets de notre famille, son histoire, sa passion, ses doutes et ses réussites », selon le Conseil de famille.

Bertrand Nicolas co-propriétaire de la Conseillante, lors des venbdanges en 2018 © jps

Pour leur oenologue Michel Rolland: « avec la Conseillante, le plaisir va bien au-delà de la simple reconnaissance d’une terre élue. Il y a aussi la leçon des anciens, la vieille culture gardée et protégée et l’attachement viscéral de tout un clan. »

« La Conseillante, une passion familiale depuis 150 ans », 143 pages, par la famille Nicolas chez First Press Editions, disponible chez Mollat ou à la Fnac

Lire ou relire cet article sur les vendanges à la Conseillante en 2018 : Début des vendanges en rouge à Pomerol : « un millésime sauvé des eaux »

01 Déc

Et voici la nouvelle étiquette de Mouton-Rothschild de 2019 signée Olafur Eliasson

Comme le veut la tradition depuis 1945, un artiste illustre chaque année l’étiquette du nouveau cru après élevage du château Mouton-Rothschild. Cette année, c’est l’artiste islandais-danois Olafur Eliasson qui signe l’œuvre. Celle-ci complète ainsi la collection des célèbres étiquettes de Château Mouton Rothschild.

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« Solar Iris of Mouton », c’est l’oeuvre conçue par Olafur Eliasson, artiste danois et islandais, pour l’étiquette de Mouton-Rothschild 2019 où il célèbre l’alliance du soleil et du vin.

 « La partie supérieure qui représente le jour avec ses teintes dorées, l’autre la nuit avec ses notes bleu foncé. Elles entourent l’oculus qui représente Château Mouton Rothschild. Autour, une série d’ellipses forment un anneau qui retrace le parcours du Soleil par rapport à la Terre, à l’endroit même où se situe le Château à   Pauillac. L’arc de cercle le plus bas représente le jour le plus court de l’année et, le plus haut, le jour le plus long.

Dans la partie haute, les figures en forme de 8, appelées analemmes, représentent les positions du soleil relevées chaque jour de l’année à la même heure depuis Château Mouton Rothschild. Ce sont les mouvements de la Terre autour du Soleil et le long de son propre axe qui sont à l’origine des variations de position du soleil. Ainsi, la forme d’un analemme révèle le mouvement de la Terre et le passage du temps. Cette figure en forme de « 8 » évoque le symbole de l’infini : promesse d’éternité
pour Mouton Rothschild 2019… »
« Solar Iris of Mouton est la cartographie de tous les levers et couchers de soleil au cours d’une année entière à Château Mouton Rothschild. Chaque heure du jour et de la nuit qui participe au cycle de la vigne y étant représentée, elle est en quelque sorte la signature solaire du vignoble, elle nous parle de ses conditions de croissance et de la relation intime entre le vin et son lieu d’origine », commente l’artiste Olafur Eliasson..

Déguster un vin, c’est entrer en contact avec un lieu, un sol, un climat, des saisons, une lumière. Le vin qui se laisse apercevoir à travers l’oculus au centre de l’étiquette porte en lui l’astre doré, la terre et le ciel : il est à la fois l’expression d’un terroir bien localisé et porte l’empreinte du cosmos. » Olafur Eliasson

Julien de Beaumarchais de Rothschild, co-propriétairedu château explique : « fasciné par l’oeuvre d’Olafur Eliasson depuis de nombreuses années, cette passionnante exposition à Versailles en 2016 a été décisive et je me suis dit : « un jour, s’il le veut bien, Olafur Eliasson sera un des artistes de Château Mouton Rothschild ». Son art va à l’essentiel. Pour Mouton Rothschild, il a aussi su capter l’essentiel : le temps, le retour des saisons et le soleil au centre de toutes choses, mais traités cette fois en forme de diagramme. »

29 Nov

Edouard Philippe et Alain Rousset inaugurent la winery château Fleur de Lisse

C’était vendredi soir, une inauguration en grandes pompes du château-winery Fleur de Lisse à Saint-Emilion et de son nouveau chai, une propriété de la famille Teycheney. Une inauguration assurée par l’ancien Premier Ministre Edouard Philippe et le président du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset.

L’inauguration vendredi soir de la winery © château Fleur de Lisse par Edouard Philippe et Alain Rousset avec Caroline Teycheney

Plus qu’un château, une « winery », à l’instar des wineries américaines ou espagnoles, c’est ainsi que caractérise Caroline Teycheney ce nouveau concept en terre saint-emilionnaise à Saint-Hypolite : « c’est un lieu dans lequel le visiteur découvre un univers de savoir-faire et de passion. La winery de château Fleur de Lisse a été conçue pour partager une variété d’expériences. Nous tenons à la présence des Bordelais, ils apporteront l’atmosphère locale que recherchent nos visiteurs. « 

La famille Teycheney a rassemblé sous le nom des vignobles Jade 32 hectares de vigne à Saint-Emilion, en biodynamie, 3 domaines à savoir les châteaux Fleurs de Lisse, l’Etampe et Fontfleurie. La réfection de Fleur de Lisse a été confiée au cabinet Goldfinger Architectes, de Thomas Chlebowski ainsi qu’à l’architecte d’intérieur Sybille Holmberg, avec comme cahier des charges d’intégrer le bâtiment de 115 mètres au paysage de Saint-Emilion, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.  » Les constructions s’inscrivent dans la continuité de l’existant, tout en apportant un souffle nouveau, une vision contemporaine de l’architecture viticole. Le dessin  des façades et les jeux d’ombres et de lumières permettent au Château Fleur de Lisse de s’imposer comme un repère visuel dans son environnement, de jour comme de nuit. »

Cuvier du © château Fleur de Lisse des Vignobles Jade – François Blazquez

Le Cuvier incarne à lui seul la démarche de Caroline et Patrick Teycheney avec des matériaux ce pointe entre esthétisme, hygiène, ergonomie et technicité, des matériaux écoresponsables, une création confiée au concepteur italien Defranceschi, supervisée également par l’oenologue du domaine Jean-Claude Berrouet et le directeur d’exploitation de ces 32 hectares des vignobles Jade, Nicolas Géré.

Parmi les réalisations à souligner, outre des cuves compartimentées habillées d’inox irisé, la création d’une passerelle inédite reliant les différentes cuves entre elles;  le sol du cuvier et de la passerelle sont revêtus du même granit qui permet aux équipes du chai de pouvoir se déplacer en toute sécurité; de l’autre côté les cuves béton historiques ont été harmonisées à la cuverie contemporaine, grâce à des garde-corps en inox qui s’intègrent parfaitement à la passerelle. La découverte de cet ensemble, sous une charpente en bois de chataigner naturel en forme de coque de bateau inversée, immerge le visiteur dans le monde du vin.

Ce chai, qui regroupe la réception de vendange, le cuvier, le chai d’élevage, le stockage des bouteilles et leur conditionnement, a également été pensé pour que le public puisse vivre une expérience immersive afin de découvrir le métier de vigneron biodynamic et de pouvoir déguster avec un nouveau bar à vin.

25 Nov

Yann Arthus-Bertrand en Gironde : « une histoire d’amour » avec les vignerons du Blayais

L’auteur de « la Terre vue du Ciel », vendu à plus de 4 millions d’exemplaires et qui est réédité, est durant 3 jours en Gironde pour un shooting photos de vignerons de Blaye. Une rencontre formidable entre ce militant de la Terre, préservateur de ses écosystèmes et de l’homme, et ces vignerons qui incarne le monde paysan de la vigne.

Yann Arthus-Bertrand ou la sensibilité incarnée… Le célèbre photographe écologiste et humaniste était aujourd’hui à Saint-Ciers-sur-Gironde pour un shooting photo, sollicité par les vignerons de Blaye en Côtes de Bordeaux pour leur prochaine campagne.

Durant 3 jours, il va tirer des portraits de vignerons et de leur famille avec les accessoires qui vont bien, barriques, salopettes, ou encore leur chien, dans un mega studio photo au beau milieu du chai à barriques du Domaine du Cassard. Une belle entrée en matière pour lui également qui s’apprête à réaliser un film « France, une histoire d’amour ».

« C’est un travail que je fais depuis très très longtemps ça, depuis le début des années 90, au salon de l’agriculture, où je faisais des vaches, des cochons, des Français et des chevaux, et là on fait un film sur la France et on fait un test du film qu’on va tourner au printemps… », commente Yann Arthus-Bertrand. « Ce seront des centaines de personnes qui vont venir se faire photographier en famille, et j’adore faire cela. »

« Le syndicat de Blaye a souhaité que ce soit Yann Arthus-Bertrand qui fasse un reportage photos pour développer l’appellation Blaye Côtes de Bordeaux, donc je trouve cela vraiment magnifique, et en plus qu’ils aient choisi mon chai pour le faire, monter un studio photo dans le chai du Domaine du Cassard, je trouve cela super », explique Eric Billières vigneron du Domaine du Cassard.

De nombreuses familles de vignerons ont ainsi été mis en scène, dont la famille Baudet, 3 générations du château Monconseil Gazin à Plassac, avec Michel 94 ans, Jean-Michel 57 ans et Corentin 26 ans. « C’est un grand enthousiasme, une joie. On a une photo de mon arrière-arrière-grand-père qui a été prise en 1912, et bien je serai très heureux de garder une photo de Yann Arthus-Bertrand en 2021, de la lignée et surtout de mon père… », commente Jean-Michel Baudet du château Monconseil-Gazin.

« C’est impressionnant, parce que c’est un grand décor, c’est une personnalité quand même », poursuit Laetitia Mauriac du château La Levrette. Des instants d’émotion et des gueules de Bordeaux immortalisées par le plus humanistes des photographes.

« Allez la c’est la bonne photo, de l’amour ! Bien droit, un grand sourire ! Attention, on s’aime… »

20 Nov

L’ouvrage les Petites Mains de l’Ombre de Marie-Lys Bibeyran sélectionné au Gourmand Awards 2022

C’est une jolie histoire qui se poursuit pour Marie-Lys Bibeyran avec son livre publié il y a un an « les Petites Mains de l’Ombre, gestes & savoir-faire des vins du Médoc ». Elle a appris que son ouvrage allait concourir au printemps 2022 aux Gourmand Awards », un prix international qui récompense les plus beaux livres sur la gastronomie et le vin.

« J’ai l’immense honneur et la fierté de vous annoncer que pour les Gourmand Awards 2022, concours mondial équivalent des oscars au cinéma récompensant les plus beaux livres sur la gastronomie et le vin, la France sera dans la catégorie Livres professionnels sur le vin représentée par mon livre Les petites Mains de l’Ombre, Gestes & Savoir-faire des vins du Médoc, » commente Marie-Lys Bibeyran, son auteure.

Il y a 1558 sélections de 227 pays ou régions. C’est le maximum que nous ayons jamais eu. L ‘année dernière avait déjà vu une augmentation de 20%… Avec la pandémie, les gens reviennent à la cuisine et à la lecture… », selon Edouard Cointreau Fondateur et Président. « Au total, nous estimons qu’il y a maintenant plus de 100 000 livres sur la culture des aliments et des boissons chaque année, en version imprimée ou numérique,… il y en avait 25 000 lorsque nous avons commencé il y a 26 ans. »

Ce bel ouvrage qui pourrait être couronné par ces Gourmand Awards a été réalisé par Marie-Lys Bibeyran avec des photos en noir et blanc et des textes qui soulignent et rendent hommage  aux travilleurs des vignes du Médoc et de la viticulture en général. Un travail souvent méconnu et pas assez mis en valeur, qui permet à chaque château de donner naissance aux plus grands mimllésimes , grâce à ce travail qui s’échelonne sur les 4 saisons.

Un grand bravo à Marie-Lys Bibeyran, pour les Petites Mains de l’Ombre qui met à l’honneur et fait sortir ces travailleurs au grand jour.

02 Nov

Vinifera: plongeon dans l’histoire avec « les vignes de Charlemagne »

C’est une nouvelle BD qui vient de sortir, signée Corbeyran et Goepfert : « les vignes de Charlemagne » dans la collection Vinifera – la grande histoire de la vigne et du vin chez Glénat avec la Revue du Vin de France. Une idée de cadeau pour Noël.

Corbeyran, le scénariste bordelais, nous délecte à chaque parution de son style et de son imagination, dans de nombreux registres thriller, polar, science-fiction et bien sûr dans le monde du vin qui est aussi sa passion. Je ne vous dévoilerai rien en vous disant que ses Châteaux Bordeaux, longue saga familiale, ont été un sacré succès, il a aussi souhaité prolonger à partir de 2018 en scénarisant les BD de la collection Vinifera, des  BD qui retracent l’histoire du vin à travers les âges. Son complice pour le dessin est Brice Goepfert qui avait déjà co-signé avec Corbeyran « la première dégustation » dans la collection Vinifera. Et voici le résumé du scénario des Vignes de Charlemagne:

« quelque part sur les berges du Rhin, autour de l’an 800, un serf nommé Gervin et son fils Lambert travaillent durement aux labours sous la bienveillante protection du seigneur Waldemar. Gervin et Lambert détestent le vigneron Baldrick, leur voisin, fils et petit-fils d’escalves saxons, ayant été émancipé par le seigneur Waldemar.

Une fois la dime et l’impôt versés, il est autorisé à vendre une partie de sa récolte tandis que, en tant que serf, Gervin n’a pas le droit de vendre le fruit de son travail. A cause de ces privilèges, jugés iniques et parce qu’il refuse que sa fille épouse son fils, Gervin et Lambert haïssent Baldrick. Et de la haine naîtra le drame… »

Revoir le reportage sur Corbeyran et son succès de Châteaux Bordeaux en septembre 2018, par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Boris Chague et Christian Arliguié suivi de son interview en plateau par Cendrine Albo :

09 Sep

Plusieurs châteaux du Bordelais consacrés dans le Guide Vert de la Revue du Vin de FRance

Le Guide Vert sort aujourd’hui le 9 septembre. Cette année, le Guide Vert de la Revue du Vin de France fait la part belle à la viticulture bio et biodynamique. 4 nouveaux promus  à 1 étoile sur la rive droite et le château Haut-Bailly qui décroche 3 étoiles. 

Véronique Sanders devant le nouveau chai jardin de Haut-Bailly © JPS

Cette année, la viticulture bio et biodynamique est mise en avant avec l’entrée dans le Guide Vert de Clos Louie en Castillon Côtes de Bordeaux, La Clotte-Cazalis en Sauternes, Fleur de Lisse en Saint-Emilion, le Clos de Jaugueyron à Margaux et Haut-Bergey en Pessac-Léognan.

Côté rive droite, 4 domaines raflent cette année une étoile : les châteaux Dalem (Fronsac), Marsau (Francs Côtes de Bordeaux), Saint-Pierre (Pomerol) et Jean Faux (Bordeaux).

Enfin, le château Haut-Bailly qui s’est vu livrer un magnifique chai enterré se voit décerner 3 étoiles et rejoint ainsi les châteaux La Mission Haut-Brion et Haut-Brion dans le club des trois étoiles.

L’édition 2022 du Guide des Meilleurs Vins de France, recense 7 000 vins, issus de 1 200 domaines français, parmi lesquels :

  • 6 nouveaux domaines distingués de la prestigieuse 3e étoile
  • 22 domaines passent à 2 étoiles
  • 42 domaines intègrent le club fermé des propriétés étoilées avec leur première distinction.
  • 50 domaines intègrent le Guide de la Revue du Vin de France pour la première fois
  • Une part belle faite aux vins bios et en biodynamie avec plus de 3 000 vins distingués;

Voir ou revoir Côté Châteaux spécial nouveaux chais du bordelais avec le château Haut-Bailly tournage JP Stahl avec Alexandre Berne :

24 Juil

Dans l’estuaire de la Gironde, Cordouan, le « roi des phares », sacré par l’Unesco

Surnommé le « roi des phares » pour son histoire et sa prestance, Cordouan, sentinelle maritime battue par le vent et la houle depuis 400 ans, entre océan Atlantique et estuaire de la Gironde, est entré samedi au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Voici donc un nouvel emblème qui outre le vignoble de Bordeaux va attirer encore davantage de touristes du monde entier…

Le roi des phares : Cordouan © France 3 Aquitaine

Dernier phare de mer habité en France et deuxième phare inscrit par l’Unesco après celui de La Corogne, en Espagne, l’imposante tour tronconique de pierre claire balise l’entrée du plus grand estuaire d’Europe, aux courants capricieux et rochers piégeux, à sept kilomètres du Verdon-sur-Mer (Gironde) et dix de Royan (Charente-Maritime).

Les ministres de la Culture Roselyne Bachelot et de la Mer Annick Girardin se sont félicitées de cette décision. C’est « une victoire pour le patrimoine maritime français mais qui implique une grande responsabilité, celle de continuer à préserver ce site exceptionnel pour les générations futures », a salué Mme Girardin dans un communiqué.

Bâti sur un plateau qui se dévoile à marée basse dans des reflets verts et bleus, tranchant avec le jaune des bancs de sable, et ceint d’un épais mur de pierres qui le protège des assauts de l’eau à marée haute, tel un bouclier, Cordouan ne se dévoile au public qu’à la belle saison et seulement si la mer le veut bien.

« Superbe », « classieux », « bluffant »... C’est peu de dire que le phare, entré à l’inventaire des Monuments historiques dès 1862, comme Notre-Dame de Paris, fait impression. Des visiteurs s’étonnent que l’Unesco n’ait pas reconnu plus tôt sa « valeur universelle exceptionnelle ».

« Son aspect, son architecture, son état de conservation, son histoire, l’accès compliqué… C’est un château ! », remarque Jacques, retraité de 69 ans et « fan de phare » venu de Nantes. « En plus, c’est un phare riant, avec sa couleur moins austère que celle du granit de Bretagne ».

« Cordouan, c’était la première chose à faire sur ma liste de jeune retraitée. Cette richesse, ces sculptures… Je ne le voyais pas aussi grand à l’intérieur », glisse Martine, une Girondine de 61 ans.

Débarqués du bateau à marée basse, les visiteurs (environ 24.000 par an hors crise sanitaire) sont instruits de la riche histoire et la valeur patrimoniale du lieu par des gardiens qui vivent dans ce bâtiment propriété de l’Etat mais géré par le Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest).

Voulu par Henri III pour remplacer une vieille tour à feu anglaise, construit sous Henri IV et rehaussé sous Louis XVI, le phare est inauguré en 1611 comme un bâtiment « à la mesure du pouvoir royal » dans un pays sortant à peine des guerres de religion, expliquent-ils.

Une fois franchi le portique à colonnes qui marque l’entrée de cette tour de 67 mètres, avec ses pierres ouvragées et ses mascarons, figures humaines de style grotesque, il y a 301 marches à gravir pour passer de la mer au ciel.

Il faut traverser l' »appartement du Roi » – où jamais roi n’a mis les pieds -, puis une chapelle à vitraux et au sol de marbre – où quelques visiteurs allument des cierges -, et emprunter un escalier hélicoïdal de pierres, comme suspendu, pour rejoindre la coursive extérieure, juste sous la lanterne.

De là-haut, un panorama à 360 degrés, de Soulac-sur-Mer à La Palmyre, s’offre au visiteur dont l’oeil aiguisé peut distinguer la forme de proue de navire de l’église en béton brut de Royan.

C’est à Cordouan, expliquent les gardiens, que le scientifique Augustin Fresnel a expérimenté sa fameuse lentille en 1823. Depuis, ce dispositif de plaques de verre, qui permet « d’aplatir le faisceau lumineux pour l’intensifier », équipe tous les phares du monde. Ici, une simple ampoule de 250 watts porte le signal lumineux à 39 km.

Venu à la force des bras, en kayak de mer, Christophe Bonnin – visiteur régulier de l’édifice – se félicite des toutes dernières campagnes de travaux effectuées pour la candidature Unesco: « Le phare est vraiment tout beau, tout propre ». Renforcement du chemin d’accès, reprise de pierres rongées par le sel, restauration de la chapelle… Maçons, cordistes, sculpteurs et tailleurs de pierres se sont succédé l’hiver, depuis 2019, pour un coût de 2 millions d’euros supporté par l’Etat et les collectivités territoriales.

En quittant Cordouan, visiblement à regret, un homme lance aux gardiens: « Vous avez une très belle résidence secondaire! ». Une habitude pour eux: « Il y en a toujours un qui demande à rester à notre place ».

AFP

 Regardez le reportage de Marie-Eve Constans et Iban Carpentier : 

18 Juil

Fleur Cardinale : l’éclosion d’un superbe chai pour ce cru classé de Saint-Emilion

 Le château Fleur Cardinale à Saint-Etienne-de-Lisse en Gironde vient de terminer ses travaux au terme de 3 ans et demi de chantier. Une nouvelle page s’écrit pour la famille Decoster, avec Caroline et Ludovic, la jeune génération en charge du domaine. Fleur Cardinale ouvre ses portes au public cette semaine, et en avant première à l’occasion du Tour de France.

Ludovic et Caroline Decoster devant l’oeuvre réalisée par Marik Korus © Jean-Pierre Stahl

A l’entrée du nouvel accueil, Caroline Decoster m’accueille pour me présenter le nouvel écrin de Fleur Cardinale qui s’apprête à ouvrir pour ses portes ouvertes dès le 14 juillet pour 4 jours et à partir de la semaine du 19 juillet : « Bienvenue à Fleur Cardinale, on sort de 3 années et demi de travaux commencés en 2018. Mes beaux-parents sont arrivés en 2001, à l’époque le château était en Saint-Emilion Grand Cru, et avait 18 hectares de vigne. Il est passé en Cru Classé en 2006, aujourd’hui il compte 23,5 hectares et c’est d’ailleurs ce qui a motivé les travaux car en 2018 on était à la capacité maximale de production « .

« En 2017, le gel a précipité les travaux, car on s’est retrouvé avec un chai vide, on avait gelé à 97%. On a alors profité de cette catastrophe pour casser les murs. En 2018, on a donc décidé d’agrandir le chai à barriques et d’adapter la cuverie. Le parcellaire a fait tout bouger, puis on en a profité pour faire du réceptif pour les professionnels et aussi de faire de l’oenotourisme. »

C’est un des rares projets architecturaux sur Bordeaux où il a été fait appel au même architecte qui avait déjà oeuvré il y a 20 ans : Bruno Legrand : « on a reconstruit 1200 m2 de bâtiment avec un étage, nouvelle cuverie et 2 nouveaux chais à barriques, et à l’étage le réceptif. »

D’emblée, le visiteur est bercé par l’histoire de la famille Florence et Dominique Decoster, qui avait réalisé une première carrière dans la porcelaine que l’on retrouve en décor et dans les vitrines d’exposition. Un château très incarné par eux mais aussi la jeune génération Caroline et Ludovic avec leur idées bien senties d’aménagement et de conduite du vignoble.

Durant le 1er confinement, Caroline Decoster est entrée en contact avec le poète franco-sénégalais Souleymane Diamanka, qui a réfléchi sur le métier de vigneron et écrit des poèmes ou phrases spécialement pour le château : « je lui ai dis c’est tellement beau ce que tu nous écris que j’aimerais mettre ce que tu as déclamé sur les murs… ». Ainsi le premier message délivré à l’entrée de Souleymane Diamanka : 

Etre vigneron, c’est adopter une attitude humble, prendre l’habitude de s’adapter. Avant que la structure d’un vin ne soit noble, il y a tant de subtilités à capter, » Souleymane Diamanka

Avant de commencer la visite, l’oenotouriste est interpelé par une video de déambulation groovy aux accents hip-hop réalisée par le groupe Sandy Smoke, sur une chorégraphie de Global Mouvement Bordeaux (voir ci-dessous). Mais aussi une autre vidéo réalisée par Pierre Le Hong « pour que les gens comprennent où on est localisé, où on est situé par rapport à Saint-Emilion et par rapport à nos voisins comme les châteaux de Valandraud ou de Pressac. Avec cette video, on voit qu’on est vraiment sur cette ligne de coteaux nord avec une omniprésence de la forêt… » Et Caroline Decoster de dévoiler les 3 domaines qu’ils gèrent entre Fleur Cardinale, Croix Cardinale et Fleur Cardinale Blanc , au total 37 hectares. « Fleur Cardinale a été le 1er château du secteur à être classé en 2006, c’est le secteur le plus frais de l’appellation, pour arriver à maturité certaines années étaient compliquées, mais aujourd’hui avec le réchauffement climatique les cabernet franc et sauvignon arrivent à maturité… »

Et puis il y a ce couloir sensoriel qui mène à la vigne et permet au visiteur de s’imprégner de l’ambiance à la vigne, en fonction des saisons, avec un jeu de lumières, de chants d’oiseaux et de bruits de travaux à la vigne. « Je voulais un moment hors du temps avec un sentiment d’apaisement avec ces chants d’oiseaux et ce plafond où l’on découvrent de plus en plus de fleurs, qui symbolisent la récolte… »

Au bout du couloir, une jolie vision du vignoble de Fleur Cardinale planté à 75% de merlot, 18% de cabernet franc et 7% de cabernet sauvignon. « Là on a une emprise directe avec la vigne, on va au contact avec la vigne et on voit ce qui s’y passe ». Fleur Cardinale est depuis 2021 en conversion bio. Cette année, comme bon nombre de châteaux, le domaine est aussi confronté au mildiou mais cela devrait impacter moins de 15% de la récolte… 

Caroline Decoster dans le cuvier aux couleurs de l’étiquette © JPS

Le cuvier est aux couleurs de Fleur Cardinale, on est dans l’idée d’avoir un petit écrin, un petit cocon… » Caroline Decoster

Le cuvier comporte 17 cuves inox de 68 à 109 hectolitres, « pour mieux s’adapter au parcellaire, des cuves tronconiques, double peau pour gagner en précision et en terme d’extraction ».

Toutes seront remplies au moment des vendanges par un petit cuvon de 5 hectolitres. Et de préciser « on a gagné également en rapidité et en réactivité, à partir du moment où l’on goûte un raisin mûr à la vigne, la parcelle est ramassée assez rapidement. »

Le chai à barriques en 2 partie est très sobre, de couleur argile, « il y a suffisamment d’espace pour que tout le monde travaille dans le meilleur confort ». Juste à côté un chai expérimental: c’est la « pouponnière, le bébé de mon mari » ou l’antre de Ludovic Decoster qui y réalise là des micro-vinifications, « l’idée est de gagner en finesse dans la trame du vin, de gagner en complexité, avec seulement 8 à 10% qui va rentrer dans l’assemblage final. »

En haut de l’escalier demi-lune, qui surplombe une vinothèque vitrée, la boutique avec exclusivement des objets fabriqués en France et des livres qui n’ont pas été choisis par hasard, sans parler bien sûr des crus de la propriété. « On ne voulait pas que notre boutique ressemble au duty free de Roissy-Charles de Gaulle », précise Ludovic Decoster.

Les Decoster ont souhaité privilégier des visites privées, en famille, entre amis, par groupe maximum de 12 personnes: « on veut que ce soit paisible, que les gens prennent le temps ».Juste à côté une immense bibliothèque qui rassemble des livres et objets personnels des Decoster, avec une platine vinyl avec laquelle les gens pourront passer les disques qu’ils voudront tout en continuant leur visite sur la terrasse ou en train de déguster et de feuilleter un livre sur un canapé…

Le tout devant une oeuvre d’art de Marik Korus, qui réalisait traditionnellement des coraux en porcelaine et là un cercle de 858 fleurs de porcelaine blanche sur fond rouge qui rappellent le nom du château: « l’artiste a passé 4 jours à les visser une à une… »

Ce vaste espace mène à une première salle de dégustation mais aussi à une très grande salle-à-manger (dotée également d’une autre salle de dégustation attenante) qui donne l’impression de se sentir à la maison pour accueillir les visiteurs privés, professionnels et séminaires, avec une gigantesque table réalisée par Art Concept (qui a oeuvré précédemment à la Cité du Vin). L’ensemble a été réalisé avec l’agence de design intérieur Au Long Cours.

Les salles de dégustations de Fleur Cardinale donnent sur la terrasse-jardin © JPS

Tous ces espaces du 1er étage donnent sur une terrasse de 250 m2, avec au centre un jardin de 110 m2 agrémenté d’espèces locales de plantes vivaces (pennisetum, gaura, aster). Un jardin, réalisé avec le paysagiste Atelier Renan Rousselot,  agrémenté de lignes rouges pour symboliser les écosystèmes qui ne sont pas fixés dans le temps. Fleur Cardinale est une visite surprenante qui vous laissera aussi une impression hors du temps.

Hip-Hop à © château Fleur Cardinale par Sandy Smoke et Global Mouvement Bordeaux :

17 Juil

L’image du jour : une gigantesque fresque en l’honneur du Tour de France et des vignerons de Saint-Emilion

Vous allez la voir cet après-midi sur France 2. C’est une fresque remarquable qui a été commandée par le Conseil des Vins de Saint-Emilion et réalisée par Pierre Duc, un artiste de LandArt. A admirer vue du ciel !

La fresque de Pierre Duc commandée par le Conseil des Vins de Saint-Emilion © Guillaume Bonnaud

« C’est le Conseil des Vins de Saint-Emilion qui m’a sollicité, pour intervenir sur une parcelle de la Tour Figeac », m’explique Pierre Duc, venu spécialement de Besançon.

L’artiste a réfléchi et fait plusieurs proposition de dessins à réaliser sur cette parcelle (qui je le précise n’a pas été arrachée pour l’occasion): la première idée a été de faire déjà un Bacchus ou puis il s’est orienté vers une fresque alliant le vélo et le métier de vigneron: « on a retenu un tandem avec devant le maillot jaune qui pédale comme un pur sang et un vigneron qui pédale avec sa hotte dans le dos qui pédale moins vite, avec ses outils,… »précise Pierre Duc.

L’objectif était de mettre en valeur les viticulteurs et les cyclistes qui tous font des efforts considérables dans leur quotidien et en course.

Cette fresque a été réalisée avec des matériaux bio, de la paille, des écorces broyées, etc, 10 jours de travail pour une superbe restitution qui sera visible de l’hélicoptère du Tour de France cet après-midi et déjà saisie par Guillaume Bonnaud.