07 Mar

A l’aube de son inauguration, voici le nouveau chai gravitaire du château Latour Martillac

C’est beau, sobre et fonctionnel. En avant-première pour Côté Châteaux, les Kressmann dévoilent à Martillac leur nouveau chai terminé et entièrement gravitaire aux couleurs de l’étiquette Latour Martillac, au terme de 18 mois de travaux. Son inauguration a lieu ce lundi 9 mars.

Edouard, Tristan et Loïc Kressmann dans leur nouveau chai inauguré ce lundi © JPS

Le pari était osé, il est aujourd’hui réussi. Les Kressmann se sont projetés dans le XXIe siècle avec ce nouveau chai, détruisant l’ancien chai dédié aux rouges pour en refaire un nouveau plus fonctionnel et pour faire davantage de parcellaire.

La première impression que j’ai eue était l’ergonomie que l’on a réussie à améliorer. Pouvoir travailler à la lumière naturelle est sympathique. Le soir, je passe 5 à 10 minutes seul dans le bâtiment pour me l’approprier encore plus… » Loïc Kressmann.

La part de modernité qui s’insert bien dans les bâtiments plus anciens © JPS

Un bâtiment dont on parierait qu’il a toujours été là, s’inscrivant dans l’ensemble des différents corps de façon harmonieuse, un bâtiment avec des parties en pierre et une modernité qui lui va très bien depuis la cour du château avec sa verrière en aluminium noir qui préfigure l’accueil à la propriété… « C’est ici que nous aurons l’accueil et le caveau de vente, derrière cette verrière en aluminium », commente Edouard Kressmann, le fils de Loïc, chargé notamment du marketing.

L’un des 8 tableaux réalisés par Max Ducos avec la vieille Tour du château © JPS

Dans cet espace de 100 m2, il y aura non seulement l’accueil du public et des visites à la propriété, mais aussi la boutique avec ses casiers de bouteilles en bois, pour lesquels Tristan met la dernière couche de vernis. Un espace où le visiteur sera captivé par 8 tableaux réalisés par Max Ducos, le fils de l‘architecte Philippe Ducos qui signe la construction du nouveau chai dans un style d’inspiration art déco, correspondant à la date d’acquisition de la propriété par Alfred Kressmann en 1930.

« Ce sont 8 tableaux, en 2 fresques qui dépeignent Martillac à l’époque où la famille a acheté le château: on y voit l’or du sol qui se concentre dans les grappes et part dans les barriques, jusqu’au port de Bordeaux. Ces tableaux ont été composés par mon oncle Joël à partir de photos d’époque, on y distingue toujours un enfant ou encore là la 404 de mon grand-père », commente Edouard Kressmann.

Et de dévoiler ce fabuleux cuvier dont la partie supérieure offre une superbe vue sur les 45 hectares du vignoble de Latour Martillac : « comme le soulignait l’architecte, ce qui est très sympa ici avec cette vue et cette lumière, c’est qu’on a l’impression que les raisins remplissent directement les cuves. C’est beaucoup plus agréable de travailler avec la lumière du jour, les vitres ont été réalisées avec un verre spécial traité pour la chaleur, ainsi cet été il y avait une différence de 15° entre l’extérieur et le chai. »

22 cuves inox dont 16 de 125 hectolitres © JPS

Ce cuvier comprend 22 cuves inox tronconiques, fabriquées en France dans par l’entreprise Serap en Mayenne: 6 de 70 hectolitres et 16 de 125 hectolitres, « ce sont les grandes orgues » plaisante Tristan Kresmann, co-propriétaire et frère de Loïc. « Pour le 2019, on a fait avec le retard dans les travaux, une cuve de merlot, sinon tous les cabernets dedans, cela nous a permis de séparer les différents lots, d’être encore plus précis au niveau des parcelles ».

Ces cuves tronconiques en inox ont une double peau, un isolant thermique permet d’avoir un contrôle de température exceptionnel, c’est du pilotage tout en douceur comme une cuisinière et cela marche de manière impeccable. »

« C’est un outil auquel on pensait depuis très longtemps, cela fait 10 ans que l’on était à l’étroit, comme nous le faisait remarquer Valérie Vialard notre oenologue et maître de chai. On attendait le bon moment pour le faire et quand les taux sont tombés, on s’est dit c’est le moment ». Un chai dont la réalisation a coûté 5,5 millions d’euros.

C’est l’outil que l’on va donner à nos enfants et à nos petits-enfants par la suite, ils n’auront pas besoin de le faire, ils vont se régaler avec cela », Tristan Kressmann.

Ce grand cuvier de 730 m2 au sol  est désormais au goût du jour, aux couleurs noire et ocre qui rappellent celles de l’étiquette. Celui-ci est optimum pour produire 2000 hectolitres de vin rouge, ce sont quelques 240 à 250 000 bouteilles de 1er vin qui vont sortir de ce nouveau chai. Le château Latour Martillac est aussi réputé pour ses vins blancs 30 à 40 0000 bouteilles produites chaque année dans le chai plus ancien. La moitié des vins du château est commercialisée en France, l’autre moitié à l’export (notamment vers les USA et la Chine).

En dessous, c’est bien sûr le chai à barriques, en deux parties, pour quelques 640 barriques de rouge. L’ambiance y est aussi bien sentie: « on a essayé de faire en sorte que ce soit chaleureux et que les barriques ressortent de l’obscurité » précise Loïc Kressmann.

Et Edouard et Loïc Kressmann de saisir une pipette et deux verres et de goûter une barrique de cabernet de ce nouveau millésime 2019 : « c’est un  grand millésime de cabernet…On a défini l’assemblage qui sera présenté lundi avec 70% de cabernet sauvignon et 30% de merlot, issu de barriques neuves et de 1, 2 et 3 ans, comme nous le suggérait Denis Dubourdieu », dont le suivi est aujourd’hui assuré par Christophe Olivier et Axel Marchal.

Edouard et Loic Kressmann dans le nouveau chai à barriques © JPS

« Moi, c’est mon premier millésime que je suis entièrement depuis mon retour de Chine, de la taille jusqu’aux vendanges », commente Edouard Kressmann diplômé de Purpan; « une vigne qui en 2019 a démarré précocement, et puis il y a eu deux coups de froid les 13 avril et 5-6 mai qui fort heureusement ne nous ont pas touché, il y a eu aussi la sécheresse fin juin et en juillet, puis 30 millimètres de pluie le 27 juillet, un peu de pluie en août, les blancs n’ont pas trop souffert du manque d’eau, sur les rouges, cela a été plus long à venir, la fraîcheur qui nous manquait sur les merlots on l’a récupérée sur les cabernets sauvignons. 2019 est définitivement un grand millésime de cabernets ».

Un chai aux 640 barriques de vin rouge © JPS

Et Loïc Kressmann de conclure, « on est content de faire ce millésime dans des installations comme celles-là, cela va nous permettre d’être beaucoup plus précis sur la qualité des vins, on va pouvoir séparer davantage les parcelles dans les chais, c’est un atout important, honnêtement je n’y croyais pas autant que cela et pourtant… Maintenant c’est comme une Formule 1, il y a un bon potentiel, mais il y a encore plein de réglages à faire. »

Un millésime 2019 réussi au château Latour Martillac grâce aux cabernets © JPS

Alors bonne course à la scuderia Kressmann sur le circuit de Pessac-Léognan, en terre de graves. Les derniers réglages les amèneront jusqu’aux primeurs où ils auront la joie de présenter leurs vins fin mars, début avril au château avec les autres propriétés de Pessac-Léognan ainsi qu’avec l’Union des Grands Crus.

29 Fév

Bientôt la Cité des Vins et des Climats de Bourgogne: la vrille de la vigne comme inspiration…

A chacun sa Cité. Bordeaux a ouvert le bal avec sa Cité du Vin inaugurée fin mai 2016, Beaune ne sera pas en reste avec sa Cité des Vins et des Climats de Bourgogne. Pose de la première pierre cet été et ouverture en 2021.

La Cité des Vins et des Climats de Bourgogne et son parvis de nuit © Agence Siz’ix

La Cité du Vin de Bordeaux réflète le mouvement du vin dans un verre selon les architectes Anouk Legendre et Nicola Desmazières qui l’ont imaginée, dessinée et réalisée et l’effet est bluffant. A Beaune, l’architecte Emmanuelle Andreani a pensé à la vrille de la vigne, qui s’enroule autour du fil de plissage. Un projet mené avec la ville de Beaune, en étroite collaboration avec le BIVB (Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne) et l’Association des Climats du vignoble de Bourgogne. Un projet qui sera réalisé par le groupe Rougeot.

© Agence Siz’ix

Ce projet culturel et oenotouristique est dédié à la Bourgogne, à ses célèbres vins et à ses climats. La Cité est ce bâtiment qui va culminer à 21 mètres de haut et comptera 3500 m2:  1250 m2 d’expositions, 600 m2 dédiés à l’accueil, café-bar et boutique, un espace séminaire  de 100 m2, formation de 350 m2, mais surtout un bar panoramique de 300 m2 et au sommet un observatoire de 230m2. Ce projet sera décliné non seulement sur Beaune mais aussi à Chablis et Mâcon avec une autre forme. La pose de la première pierre est prévue cet été, pour une livraison fin 2021.

La Cité des Vins et des Climats de jour © Agence Siz’ix

Voici le lien sur le site officiel de la Cité des Vins et des Climats de Bourgogne

Regardez le projet de Cité des Vins et des Climats de Bourgogne par l’Agence Six’ix et le BIVB  : 

03 Fév

La Cité du Vin : 4e musée le plus visité en province

En 2019, la Cité du Vin à Bordeaux a accueilli 416 000 visiteurs. Une assez bonne fréquentation qui la place en 4e position des musées les plus visités, en faisant abstraction de ceux de Paris et de sa couronne (l’Ile de France). Elle se place ainsi juste derrière le Musée des Confluences de Lyon, le Louvre Lens et le Mucem de Marseille.

Côté Châteaux vous en parlait il y a quelques temps déjà, la Cité du Vin a eu une fréquentation de 416 000 visiteurs en 2019, des visiteurs représentant quasiment l’intégralité des pays du monde car issus de 178 nations. Ce qui a permis également à la Cité d’arriver au nombre symbolique d’ 1million et demi de visiteurs depuis sa création. Un visitorat encore en dessous du nombre de 450 000 avancé avant son lancement en 2016 et qui était de 445 000 en 2017 et 421 000 en 2018.

« C’est une grande satisfaction pour toute l’équipe de la Cité du Vin qui, chaque jour, accueille les visiteurs et a à cœur de leur proposer une expérience inoubliable. Se positionner parmi les musées les plus visités après seulement 3 ans d’ouverture est une belle récompense, » commente Solène Jaboulet, directrice marketing et communication. 

La part de visiteurs étrangers a augmenté de 20% et représente aujourd’hui 46% du visitorat. Parmi les plus nombreux, les Britanniques, Américains et Espagnols, devançant Italiens et Allemands.

07 Jan

La Cité du Vin : plus d’1 million et demi de visiteurs accueillis depuis son ouverture

La Cité du Vin a publié ce jour les chiffres de sa fréquentation en 2019 : 416 000 visiteurs, preuve que malgré les manifestations de gilets jaunes et les grèves de fin d’année, la fréquentation est restée à un niveau correct. Au total, plus de 1,5 million depuis le 1er juin 2016.

La Cité du Vin a été dessinée par les architectes d’X-TU

178 NATIONALITES

C’est pas mal. 416 000 visiteurs, c’est légèrement moins que la première année, mais c’est un beau résultat surtout vu le nombre de nationalités différentes: 178 nationalités. 46% de visiteurs sont étrangers. Un visitorat international en hausse de 20% par rapport à 2018, avec beaucoup de Britanniques, d’Espagnols et d’Américains. Une augmentation de 50% du nombre d’Italiens et de 27% d’Allemands. Les visiteurs s’estiment satisfaits de leur visite: indice de 8/10.

L’attractivité de Bordeaux pour le tourisme de loisirs et le tourisme d’affaires permet à la Cité du Vin de rayonner auprès de visiteurs venant du monde entier, » Philippe Massol directeur de la Fondation pour la Culture et les Civilisations du Vin.

12% SONT DES BORDELAIS

Les Bordelais sont toujours présents, surtout pour les ateliers (20%) et autres afterworks plus nombreux. Ils ont plébiscité les tarifs  préférentiels mis en place, et des evenmments gratuits proposés tout au long de l’année, s’adressant surtout au public de proximité.

SUCCES DES DEUX EXPOSITIONS TEMPORAIRES

Les deux expositions temporaires Renversant! et Argentina terre de contrastes ont attiré respectivement 30 000 et 43 000 visiteurs. La prochaine exposition temporaire Boire avec les Dieux, se tiendra du 10 avril au 30 août 2020.

QUELQUES NOUVEAUTES

Une nouvelle signalétique a été adoptée pour le 3e anniversaire de la Dame, des tables d’orientation aménagées au Belvedere et des modifications sur certains modules du Parcours Permanent.

UNE VENTE AUX ENCHERES CHEZ SOTHEBY’S

Innovant et réfléchissant toujours à son financement, la Cité du Vin a lancé une vente aux enchères organisée avec Sotheby’s Wine pour contribuer au développement de son programme culturel 2020:  un succès 350 000 € ont été récoltés.

Gérard Descrambre le fournisseur de vin de Charlie Hebdo : il revient sur 40 ans de souvenirs partagés avec les auteurs d’Hara Kiri et de Charlie

C’est aujourd’hui un bien triste anniversaire. Celui de l’attentat de Charlie Hebdo il y a 5 ans. Côté Châteaux est allé à la rencontre de Gérard Descrambre, un vigneron du Bordelais, qui a bien connu l’équipe, depuis les grandes heures de Hara Kiri puis Charlie. Il est devevu leur fournisseur de vin, des liens d’amitié se sont noués, en retour les auteurs lui réalisaient des dessins pour ses étiquettes et des affiches pour ses salons. Instant d’émotion, de liberté de ton, avec Gérard Descrambre.

« Je suis Charlie », Gérard Descrambe l’est depuis la première heure… Ce vigneron bio en St Emilion est devenu il y a 45 ans le fournisseur officiel du Professeur Choron et de Cavana à la grande époque d’Hara Kiri puis de Charlie Hebdo.

Gérard Descrambe, dans son vignoble, avec une bouteille de son chateau avec un dessin dessiné par Reiser © JPS

Au printemps 1974, « j’avais écrit une longue lettre au professeur Choron, je lui avais dit voilà on est de jeunes cons, on va reprendre un vignoble en bio, et je conclue ma lettre si tu me fais une commande de pinard, je la mets dans mes chiottes… » Elle y « trône » toujours !

 60 bouteilles, du plus cher et du meilleur ! Amicalement. Professeur Choron ».

Et pendant des années « Choron m’a toujours payé mon vin et l’a toujours bu avec enthousiasme… » (rires) Gérard Descambre part chercher sa pochette à dessins  précieusement remisée et nous dévoile les originaux de ces dessins et « crobarts » réalisés par les dessinateurs, les fines plumes, ses amis

 « ça, c’est du Tignous, je vois des éléphants roses » avec deux alsaciennes à forte poitrine en face de Gérard au gros pif, avec juste après un dessin de Carali « je veux le même », et là « ça c’est Charb avec un message marketing un peu spécial entre l’Alsacienne (Descambre en Alsacienne à moustache), ma bouteille de St Emilion et Y a bon ».

Une affiche signée Cavanna …papa, maman et petit Descrambe © JPS

Ce qui est marrant, c’est qu’ils l’égratignaient lui comme d’autres, même si il faisait du bio ils annotaient « c’est du dégueuli écolo… », des affiches pas facile à placer sur des salons, mais Gérard Descrambre n’hésitait pas il affichait tout…

Le 1er qui m’aurait dit que Tignous serait décédé avant moi, je lui aurais dit que c’était un gros con, des gens comme Wolinski,… je les connaissais depuis 1974, c’était assez dur, »Gérard Descrambre, vigneron.

Chaque fois, qu’il montait à la capitale pour livrer son vin à Hara Kiri puis Charlie, c’était des retrouvailles arrosées avec la bande, dans leur cantine un resto rue de Bièvre à Paris...une restaurant où ils s’étaient liés d’amitié avec des chauffeurs du président Mitterrand ou encore des gens des RG qui les surveillaient quelque peu…« Un resto ou on est capable d’arriver avec 24 bouteilles, les ressortir au fur et à mesure c’est quasiment impossible et là ça a toujours été possible ».

C’était une sacrée époque pour Gérard Descrambe, où ses amis comme ses étiquettes étaient portés sur la bouteille, et où l’inspiration venait parfois avec, jusqu’à ce qu’il y ait un changement de direction…Il se souvient alors de ce que lui a raconté Willem: « il a dit, moi depuis la période Val je ne vais plus aux conférences de rédaction, donc c’est mon alcoolisme qui m’a sauvé la vie ».

Un dessin de Vuillemin © JPS

Son histoire commune avec ses amis d’Hara Kiri et de Charlie, il l’a raconte dans un livre « Grand Cru Déclassé » co-écrit avec Dominique Hutin, de Radio France, ce dernier l’avait invité à raconter ses souvenirs à la radio peu de temps après l’attentat.

Une pensée émue pour toutes les victimes à Charlie et victimes des jours qui ont suivi. Le monde a changé depuis 5 ans.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer : 

26 Déc

L’image du jour: « bourgeon » par Jessica Clavier

Si vous passez par Saint-Emilion, vous pourrez vous arrêter à l’office de tourisme pour y admirer une expo photos d’amateurs, on la doit à Jessica Clavier native du libournais, grande amatrice de photographie.

Bourgeon par © Jessica Clavier

C’est une expo en 7 clichés, réalisés par Jessica Clavier. Elle est native du libournais et réside à Saint-Emilion; elle expose sa passion dans l’espace d’accueil de l’office de Tourisme du Grand Saint-Emilionnais, ce jusqu’au 15 février.

« La photographie est comme une alliée qui me permet de m’exprimer, de faire voir ce que je ne sais pas raconter. J’en profite pour faire partager ce qui est devenu ma passion, tout en vous faisant voyager dans ce village que j’affectionne tant pour retranscrire l’émotion avec un regard différent sur ce paysage viticole et culturel ».  

On a fêté cette année les 20 ans du classement de la Juridiction au Patrimoine Mondial de l’Humanité, classement UNesco de Saint-Emilion, de ses paysages, de son vignoble à retrouver ici My Saint-Émilion 2019.

12 Déc

Starck signe la nouvelle affiche de Bordeaux et de ses Grands Crus Classés en 1855

Elle va être officiellement dévoilée ce soir au Ministère des Affaires étrangères. C’est le designer Philippe Starck qui cette fois a accepté de donner un coup de jeune à l’affiche des 1855, après le tableau des façades de châteaux par le peintre Carl Laubin et la photographie des bouteilles et des mains des 1855 par Yann Arthus-Bertrand.

Sylvain Boisvert dévoilant l’affiche signée Starck © JPS

En avant première, Sylvain Boisvert dévoile pour Côté Châteaux cette très belle affiche signée cette fois-ci par le designer Philippe Starck. Une magnifique affiche rouge et or, aux couleurs des grands crus classés du Médoc (et Pessac (Haut-Brion)) et de Sauternes, avec la liste des 87 GCC par ordre établi en 1855. Joint par téléphone, le président des Grands Crus Classés 1855 Philippe Castéja donne son avis sur cette réalisation:

C’est superbe, c’est quelque chose de moderne, cela reflète le mouvement du vin, » Philippe Casteja président du Conseil des Grands Crus Classés de Bordeaux en 1855.

« Ce qui est formidable, c’est que pour la 1ère affiche on a eu « le tableau des façades des GCC » par le peintre Carl Laubin, on y voyait les châteaux, les crus classés, réalisés pour une exposition au centre Georges Pompidou, et puis il y a eu cette vision l »es GCC 1855″ des bouteilles et des mains par Yann Arthus-Bertrand, qui sera présent ce soir, et voici cette nouvelle affiche par Philippe Starck: elle est d’une grande modernité, où l’on voit le vin qui bouge dans l’affiche, » commente Philippe Castéjà.

Et Sylvain Boisvert de compléter : « en 1989, le peintre anglais nous avait proposé de réunir tous les châteaux des Grands Crus Classés 1855 en une seule toile, une peinture assez grande, avec au sommet les 1ers et en bas les 5e crus classés. Le Conseil avait organisé un jeu concours pendant les années 90, avec un numéro pour remporter un caisse de vin. Quant à la toile, elle avait été vendue chez Sotheby’s New-York pour 100000$ ».

« Quelques années plus tard, les propriétaires voulaient quelque chose avec des bouteilles, et donc on a fait appel au photographe le plus connu du moment en 2006 Yann Arthus-Bertrand, qui a voulu humaniser les bouteilles avec des mains qui les tenaient. On a vendu 11000 affiches dans 57 pays et à l’Office de Tourisme de Bordeaux, c’est l’affiche qui se vendait le plus devant la Place de la Bourse. »

Après un peintre, un photographe, on s’est dit qu’un designer, l’un des plus grands créateurs français, c’était forcément Philippe Starck », Sylvain Boisvert directeur Conseil des Grands Crus Classés en 1855.

Cette affiche fait à la fois dans la sobriété, le message et la complexité. Sobriété car « elle reprend la liste des crus classés 1855 dans l’ordre du classement, d’un côté les vins rouges les Médoc avec en prime Haut-Brion à Pessac, et de l’autre les vins de Sauternes et Barsac ». 87 au total.

On a eu les façades, les bouteilles et maintenant les noms. Tout cela a de la cohérence, on a laissé bien sûr libre court à l’artiste, au designer de s’exprimer » Sylvain Boisvert.

Le message est ainsi simple, mais très efficace, avec une beauté dans le choix des couleurs et des reflets rouge et or, une affiche lenticulaire, avec une durée de vin bien plus grande que les précédentes.

C’est ce soir au Ministère des Affaires Etrangères que cette affiche va être dévoilée: « c’est un symbole, à Paris, dans un lieu magnifique construit en 1855, c’est le siège aussi du Commerce Extérieur, partenaire de Goût de France, créé par Laurent Fabius, qui organise des dîners à la française dans le monde entier le même jour, on sponsorise chaque ambassade avec nos vins. » Il y aura ce soir d’ailleurs une vingtaine d’ambassadeurs, les Grands Crus Classés en 1855 et bien sûr Philippe Starck.

ET VOICI L’INTERVIEW PAR COTE CHATEAUX DE PHILIPPE STARCK:

1) Qu’est-ce qui vous a incité, Philippe Starck, à participer à ce nouveau projet d’affiche ?

« Le vin fait partie de mon ADN familial ; ma mère avait une cave extraordinaire, mon père s’aventurait sur des vinaigres rares, nous avions des cousins Champenois.
J’ai été habitué très jeune à boire du vin – c’était une autre époque – et j’ai des souvenirs de mariages extraordinaires où il y avait tellement de bouchons de champagne par terre que l’on ne voyait plus la pelouse. »

2) Comment vous est venue l’inspiration de cette nouvelle affiche, qu’avez-vous voulu exprimer ?

« Lorsque je réalise un projet, je cherche toujours à trouver le cœur, l’âme, le centre du sujet. Ici, je ne me suis pas intéressé à la bouteille ou aux étiquettes mais au vin, seulement le vin.

Philippe Starck, Sylvain Boisvert et Yann Arthus-Bertrand jeudi soir au ministère des affaires étrangères

J’ai pénétré à l’intérieur du liquide, dans sa chair, et j’ai recréé les mouvements de ce fluide incroyable à l’aide de techniques lenticulaires : le moment où l’on verse le vin de la bouteille au verre, les mouvements d’ombres et de lumières, ces plis comme du tissu, Je crois que c’est la première fois que l’on fait un portrait de ce fluide appelé vin« , Philippe Starck, designer.

3) Que représente(nt) pour vous les crus classés ou le classement de 1855 ? Sobriété, finesse et complexité, n’est-ce pas les caractéristiques communes de cette affiche et des crus classés 1855 ?

« Les Grands Crus sont un autre monde, une rencontre entre le radical et le classique, toujours empli de mystères. J’aime les grands Bordeaux car ce sont de beaux produits de l’intelligence humaine. Ce ne sont pas des produits théorisés ou préfabriqués, c’est avant tout de l’histoire, l’histoire de notre humanité. »

11 Déc

Corbeyran et Horne racontent en BD Liber Pater

C’est un projet qui tenait à coeur à Corbeyran, ce scénariste de BD qui a déjà écrit de nombreux ouvrages liés au monde du vin, comme la série « Châteaux Bordeaux » ou encore « Vinifera, la grande histoire de la vigne et du vin ». Avec Horne, ils racontent là l’histoire de Loïc Pasquet depuis ses origines poitevines jusqu’à son aventure en terre de Landiras où il a réintroduit des vignes « franches de pied » d’avant phylloxéra pour accéder au « goût du vin retrouvé ».

Liber Pater, en « monochrome lie de vin, de circonstance », selon Corbeyran, écrit avec Horne aux éditions Glénat

C’est une BD écrite avec le sens de l’écoute et cet amour de raconter et faire partager une histoire. Corbeyran s’est ainsi plongé dans l’histoire de Loïc Pasquet, ce vigneron atypique de Landiras, moitié « fou », moitié génie, qui aujourd’hui vend son vin le plus cher au monde.

Tout démarre dans la région de Poitiers d’où est originaire Loïc Pasquet, l’auteur vous retrace quasiment l’histoire de l’humanité pour arriver à cet homme de Néanderthal, ce fils d’Aliénor d’Aquitaine, ce descendant…non sans rire, ce fils de parents tout à fait normaux, qui a vécu une jeunesse heureuse, avec comme grand-parents des paysans, des terriens (« je traîne avec des vaches, des chèvres et des cochons »), qui lui ont donné le goût de cultiver l’authentique. Mais cette introduction est menée de manière assez drôle et répond aux détracteurs de Pasquet qui en font parfois un être malin, fils de Satan et de Lucifer, il n’y a guère que la rime qui marche car il produit du Liber Pater.

J’ai écouté ce qu’avait à raconter Loïc : son enfance, son parcours, ses passions et ses ambitions et j’en ai fait une BD » Corbeyran

Interrogé par Côté Châteaux, l’auteur explique comment lui est venu cette idée: « on s’est rencontré avec Loïc sur le salon du livre en vigne au Clos Vougeot, je venais dédicacer Châteaux Bordeaux et lui son livre, Jacques Glénat le connaissais aussi, l‘idée nous est apparue évidente de faire un roman graphique, plus qu’une BD, un one shot comme on fait un documentaire. J’ai fait un vrai travail journalistique, à écouter la personne sans avoir à la juger, et essayer de raconter une histoire objective. On s’est rencontré plusieurs fois chez lui dans ses vignes et dans son chai, sur 2 ans, j’ai eu la chance de déguster plusieurs fois du Liber Pater. »

Son enfance, ses origines expliquent, comme pour tout le monde, ses traits de caractère qui se reflètent aujourd’hui dans son travail quotidien. Il a suivi de hautes études pour finalement finir vigneron. On y apprend qu’à 18 ans, passionné de vin et de pépites qu’il recherchait constamment, il était à la tête d’une collection d’un millier de vins…et l’idée qui germe en lui qu’un grand vin est un vin qui dure dans le temps.

La genèse de Liber Pater a été aussi un projet que Loïc Pasquet avait depuis longtemps en tête: déjà, jeter son dévolu sur un lieu « cet endroit est un anticlinal » (un lieu formé en même temps que les Pyrénées), au terroir atypique et complexe avec du sable, de la grave et des coquillages, un endroit où de la vigne était plantée avant le phylloxéra et sur lequel Loïc Pasquet va avoir cette démarche de rechercher à planter du franc de pied, de la vigne non greffée, en allant rechercher les cépages anciens auprès de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, notamment du cabernet sauvignon, du tarney coulant, du saint-macaire et du castes.

« Je trouve que sa démarche va dans le bon sens, son idée de planter des vignes franches de pied, c’est une bonne idée », poursuit Corbeyran.

J’aime sa démarche de retrouver le goût de l’endroit où l’on est, c’est une méthode louable, sa démarche est absolument remarquable », Corbeyran.

 

Et Loïc Pasquet d’expliquer qu’au final le cépage doit s’effacer quelque peu car c’est vraiment le goût du lieu qui est primordial. Après avoir planté quelque 20000 pieds à l’hectare, écouté les conseils de François un voisin et ami vigneron, lui aussi en dehors des sentiers battus, il a imposé son style de production depuis son premier millésime en 2007, laissant par exemple les mauvaises herbes pousser entre ses rangs de vigne, juste mangées par ses chèvres, mais sans jamais utiliser de désherbants… Dans la BD, ses déboires avec l’INAO et la justice sont aussi évoqués, notamment on lui reprochait le fait de ne pas avoir désherbé comme le faisaient la plupart de ses voisins, lui était à l’époque en avance peut-être sur son temps, il considérait aussi que la concurrence de l’herbe à sa vigne portait plus de complexité à son vin, dans la recherche du vin fin…On y évoque aussi les jalousies et les saloperies qui lui ont été faites comme couper ses pieds de vignes…

Aussi me suis-je permis de demander à Corbeyran si cet ouvrage était plus une recherche de réhabilitation ou une recherche sur sa démarche : « moi, je ne veux réhabiliter personne, je trouve la question intéressante, j’y vais sans a priori, j’écris une histoire, chacun se fera une idée du personnage en ayant lu le bouquin, depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui, c’est pour cela c’est un roman graphique. Une fois qu’on l’a lu, on le place sur la table et on en discute, on commence à en débattre. Vous ne saviez pas tout sur Loîc Pasquet, là il vous dit ce qu’il a au fond des tripes, maintenant on peut en discuter, c’est un objet de débat et un ouvrage d’ouverture.« 

Des débats, il va y en avoir prochainement car Loïc Pasquet va accueillir les 16 et 17 janvier prochains la « Rencontre des Francs » à Landiras avec comme il aime à le dire ceux qui font du franc de pied comme lui mais aussi ces francs ancêtres des Français. « C’est la première fois depuis 140 ans qu’on va pouvoir comparer les greffés et les francs de pied. On a 25 vignerons de l’Europe entière, de la France, Bourgogne et de la région avec Palmer », me confiait ce matin Loïc Pasquet.

Quant à la BD Liber Pater, « c’est un vrai succès, on a vendu 6000 exemplaires en 6 semaines, on est content, c’est top », continue Loïc Pasquet. Tiens une idée de cadeau à Noël, pourquoi pas ?

08 Déc

Le Tour du Monde en 80 Verres…Là, vous allez voyager !

Dans la série des beaux livres pour Noël, en voici un original. « Le Tour du Monde en 80 Verres ». Il est l’oeuvre de Jules Gaubert-Turpin et Adrien Grant Smith Bianchi. Des compères qui depuis leurs études foisonnent d’imagination et qui travaillent ensemble depuis 5 ans. 

Ce sont deux « passionnés de graphisme et de gastronomie…liquide », comme ils aiment à se définir. Ils ont créé il y a quelques années « La Carte des Vins s’il-vous-plaît » dont Côté Châteaux s’était fait l’écho dès la création. Ils réalisent depuis des cartes viticoles au style moderne, épuré mais aussi avec ce brin de nostalgie des grandes cartes que l’on trouvaient accrochées dans nos anciennes salles de classes.

Aussi, après nous avoir fait rêver avec leur atlas des vignobles, Jules Gaubert-Turpin et Adrien Grant Smith Bianchi nous font un tour de la planète dans ce livre à la découverte des alcools du monde. On y découvre la fameuse bière belge, le vin argentin, le rhum des caraïbes, mais aussi le vin du Piémont italien, le whisky japonais,

Vous allez y trouver résumés l’histoire, le terroir, la dégustation, les caractéristiques et potentiel de garde, mais aussi des infos pratiques sur la production, le taux d’alcool et le prix moyen d’une bouteille, le tout agrémenté de commentaires sur les variétés, les cépages et arômes qui s’y affairent. Avec bien sur en prime une superbe carte.

Ce livre raconte ainsi l’histoire de chaque verre, l’inventivité de l’homme, partout sur la planète vin et spiritueux, qui du Piémont italien au saké japonais, en passant par le baiju chinois, mais aussi le shiraz d’Australie ou le Malbec de Mendoza a su conquérir les papilles et les marchés mondiaux.

Vraiment un bien bel ouvrage, vin…solite et 1structif qui risque de de ravir les amateurs et connaisseurs en vins et spiritueux. Et pour qui souhaiterait comme moi faire un peu d’humour, avec ce prix-là pour un tel ouvrage on peut voir le verre à moitié plein, mais il ne parle que de 80 verres, alors là à moitié vide…Non, c’est pas que la coupe (de blagues) est pleine, celle de champ ou de crémant bientôt, mais c’est un bouquin plein…d’esprit, de richesse et d’envergure qui mérite un coup de chapeau de Côté Châteaux.

Le Tour du Monde en 80 Verres par Jules Gaubert-Turpin et Adrien Grant Smith Bianchi, 25€ aux éditions Marabout.

(PS: l’abus d’alcool est dangereux pour la santé…à consommer avec modération)

26 Nov

20 ans des Sources de Caudalie : un modèle de réussite dans l’oenotourisme

C’est une réussite en laquelle peu de monde croyait il y a 20 ans. Aujourd’hui, le monde entier en parle. Un modèle qui mêle hôtellerie de luxe, gastronomie et spa-relaxation avec des soins à base de vinothérapie. Un modèle qui va être dupliqué avec les Sources de Cheverny, ouverture en juin 2020. Immersion aux Sources de Caudalie avec Alice Tourbier, la propriétaire à qui Côté Châteaux consacre sa rubrique « vigneron du mois ».

Alice Tourbier fête les 20 ans des Sources de Caudalie © Jean-Pierre Stahl

Les Sources de Caudalie sont une réussite familiale, une idée d’Alice Tourbier (la fille cadette de Florence et Daniel Cathiard) et de son mari Jérôme Tourbier, « L’idée au départ était de mettre en valeur les vins du château Smith Haut Lafitte, d’accueillir les visiteurs au moment des repas et d’offrir aussi  la possibilité pour les touristes de dormir… »

« On s’est rendu compte que c’était un vrai métier qui nous plaisait, et les gens ne venaient pas que pour Smitth, ils avaient envie de séjourner dans les vignes et de passer un bon moment ».

Les Sources un concept créé juste en face du château Smith Haut Lafitte © JPS

Voilà en quelques mots la genèse de ce projet qui a vu le jour en 1999, juste avant le salon mondial du vin Vinexpo à Bordeaux. De fil en aiguille, ce sont ainsi 2 restaurants qui ont ouvert -la Grand’Vigne et la Table du Lavoir- et 29 chambres, puis au final 61 chambres et un troisième établissement un bar à vin (Rouge) pour vivre un moment épicurien gourmand. Les Sources emploient 180 personnes en haute saison…

Alice Tourbier, avec John A. Skelton d’Andavo Travel au bar des Sources des Caudalie © JPS

« Il y a 20 ans quand on a ouvert, les gens nous prenaient un peu pour des fous car faire séjourner dans le vignoble des clients ce n’était pas évident, mais nous on pensait au contraire qu’il y avait des atouts formidables aux sources de Caudalie car on est proche de la gare de Bordeaux et de l’aéroport, et les gens venaient pour le vin mais avant tout pour une expérience hôtelière, et depuis ces 20 dernières années on fait tout pour qu’elle soit plus peaufinée, aboutie, pour que nos clients repartent avec le sourire » Alice Tourbier des Sources de Caudalie.

Et de préciser que cette expérience hôtelière est plutôt importante avec un taux de remplissage des chambres de 70% à l’année, ce qui est pas mal : « on a un séjour moyen qui est assez long, qui est de 4 jours, car les gens vont profiter du SPA, de la Forêt des 5 sens, faire des câlins aux arbres, on propose aussi des dégustations de vin et des cours de cuisine… »

En ce début de semaine, nous rencontrons d’ailleurs un Californien, venu explorer et expérimenter cette adresse, John Skelton, d’Andavo Travel, qui représente plusieurs agences chargées de dénicher de belles adresses pour leur clientèle : « j’ai beaucoup entendu parlé des Sources de Caudalie à travers les réseaux sociaux, c’est un site parfait à la fois proche de Bordeaux et très intime, qui s’adresse par exemple à la clientèle des croisières touristiques sur le fleuve, mais aussi à des gens qui cherchent à se relaxer, qui recherchent une ambiance zen… Je suis arrivé de Nice hier et aussitôt j’ai ressenti ici paix et sérénité. Le dîner et l’hôtel sont parfaits, vous êtes vite relaxés, vous vous sentez ici comme à la maison. »

Dégustation des vins de Smith Haut Lafitte blanc 2016 et rouge 2012 avec Florence Cathiard et Alice Tourbier © JPS

Et John de continuer sa visite oenotouristique au château Smith Haut Lafitte, découvrant la tonnellerie du château, profitant d’une vue magnifique sur le vignoble avant d’avoir le privilège de rencontrer Florence Cathiard la propriétaire et winemaker qui confie que les Sources de Caudalie sont vraiment une offre complémentaire au château.

Dans la cave aux vieux millésimes, dont la plus vieille bouteille remonte à 1878 © JPS

« Cela nous aide beaucoup, on a été pionnier certes, mais on pense que l’excellence en bouteille ne suffit plus, il faut aussi ce qui va avec, les gens veulent aussi une expérience interactive,  je crois qu’on est le mieux à même de leur offrir »,commente Florence Cathiard qui a acheté avec son mari Daniel il y a 29 ans le château Smith Haut Lafitte, cru classé de Graves, en l’embellissant et en en faisant une référence, aujourd’hui un cru en bio. « On ne ménage pas notre peine, ce sont des passions partagées mais complémentaires. ».

Cette expérience qui se décline selon le budget de chacun : pour ceux qui souhaite juste y passer un petit moment, il y a par exemple le brunch-piscine ou pour d’autres des soins et formules plus élaborées avec notamment les bienfaits des peaux et pépins de raisins.

Voici par exemple le gommage « crush-cabernet: » « c’est un mélange de sucre brun, de pépins de raisin, de miel, d’huile de pépin de raisin, et de concentré minceur drainant. Cela permet d’exfolier le corps pour avoir une peu toute douce, éliminer les peaux mortes et booster la circulation sanguine, pour un meilleur échange cellulaire et une hydratation ».

Un gommage crush-cabernet ou quand la magie du raisin opère © JPS

Chaque instant se laisse savourer et notamment au moment du déjeuner ou du dîner à la Table du Lavoir avec cette vieille grange démontée et remontée ici avec ces fabuleuses charpentes dont le charme du passé vous transporte dans un autre temps. En cuisine, c’est l’équipe du chef Nicolas Masse qui officie, un chef en poste depuis 2009, qui a réussi à décrocher une première étoile l’année suivante en 2010 au Michelin, puis une deuxième étoile en 2015 pour le restaurant gastronomique la Grand’Vigne.

Aurélien Fannouil, le chef sommelier avec Alice Tourbier à la Table du Lavoir © JPS

Le chef sommelier des Sources de Caudalie, Aurélien Farrouil, présent depuis 15 ans, traduit l’attrait des Sources de Caudalie et l’expérience recherchée : « c’est surtout l’art de la table, le bien être, le côté oenotouristique que viennent rechercher nos clients ». Et de détailler le type de clientèle qui fréquente cet havre de paix en pays de Martillac : « on est très fier d’avoir nos clients locaux qui sont habitués et qui nous sont fidèles, on a également nos chers parisiens, on va retrouver nos amis suisses, belges, beaucoup de clientèle européenne, et après l’Asie est bien représentée, des Russes,  Brésiliens, Londoniens qui viennent régulièrement les week-end et une belle clientèle américaine, bien présente, de retour depuis 2 ans. »

Cette belle histoire va aussi s’écrire prochainement dans une autre région de châteaux, ceux des Rois de France qui aimaient la douceur de la Sologne, de la Loire et du Cher. C’est à Cheverny que va se poursuivre prochainement l’aventure pour Alice Tourbier et son époux puisqu’ils ont choisi de reproduire ce concept avec les Sources de Cheverny, des Sources qui devraient ouvrir en juin 2020.

« Nous on parle d’art de vivre au coeur des vignes, d’art de vigne, et dans la Loire on a retrouver toutes ces caractéristiques pour dupliquer le modèle des Sources de Caudalie. Il y a un côté culturel avec les châteaux historiques, donc vraiment du tourisme d’histoire, et puis il y a de très belles vignes, des vins de Loire formidables, beaucoup de vignes ne sont pas traitées, sont en bio, et ce côté écologique était important pour nous, » m’explique Alice Tourbier.

Et si tout fonctionne bien, il se peut que chaque grande région viticole en France voit l’ouverture des Sources, preuve que le succès tient sa source non seulement dans l’oenotourisme mais aussi dans un goût prononcé pour un dépaysement en pleine nature.

Les Sources de Caudalie une expérience à découvrir à Martillac en Gironde.