14 Nov

Pour les fêtes de fin d’année, Lafaurie-Peyraguey lance une série limitée de bouteilles parées d’or

Après l’or de Sauternes, voici l’or de Lafaurie-Peyraguey. En prime de ce sublime vin liquoreux en 2016 (1er cru classé 1855), les amateurs de belles bouteilles vont être heureux de découvrir ces bouteilles « Femme et Raisin » de René Lalique parées d’or, réalisées par la célèbre manufacture alsacienne.

© Château Lafaurie-Peyraguey

« Il est l’or, il est l’or Monseignor, l’or de se réveiller… », souvenez-vous de cette réplique d’Yves Montand à Louis de Funes, mais non vous ne rêver pas, le Château Lafaurie-Peyraguey vient d’éditer une série limitée de bouteilles parées d’or. « Une folie des grandeurs », pas forcément mais le goût prononcé pour réaliser une oeuvre d’art.

Une nouvelle initiative du Château Lafaurie-Peyraguey que Côté Châteaux vous avait présentée en exclusivité, en février dernier, avec la présentation de la barrique en cristal.

Depuis le millésime 2013, la gravure « Femme et Raisin » réalisée par René Lalique en 1928, qui orna les célèbres wagons-lits du train « Côte d’Azur Pullman-Express », est reproduite sur les bouteilles de Sauternes du Château Lafaurie-Peyraguey.  Pour les fêtes de fin d’année, David Bolzan (directeur général) et Silvio Denz (propriétaire du château)ont souhaité marquer le coup en lançant une série limitée pour laquelle la gravure de René Lalique va être parée d’or.

De l’or sur la gravure, c’est ajouter à la qualité de ce grand millésime 2016, l’élégance avec « Femme et Raisin » et le raffinement ultime avec l’or », me confie David Bolzan, directeur général des Vignobles Silvio Denz.

Les bouteilles vides ont été envoyées à la célèbre manufacture Lalique en Alsace à Wingen-sur-Moder afin d’être dorées avant de revenir au château pour la mise en bouteille du Sauternes. La pose d’or s’effectue à froid par tamponnage d’or liquide, sur la gravure, puis la bouteille passe au four une nuit à 510°C pour réaliser un émaillage de l’or dans le verre. Chaque flacon est ensuite signé à la main par un ouvrier de la manufacture.

La barrique en cristal signée Lalique pour le château Lafaurie-Peyraguey © Jean-Pierre Stahl

99 bouteilles du millésime 2016 en 75 cl sont mises en vente en cette fin d’année 2019 au château à Bommes et à la boutique Lalique de Bordeaux, et 70 en demi. Le prix ? Allez, on vous dit tout: 180€ la bouteille ou 120 la demi-bouteille… « Il est l’or, il est l’or, Monseignor… », l’histoire ne dit pas si on peut payer avec un Napoléon, la pièce de 20 francs or…

Le Château Lafaurie-Peyraguey s’était déjà illustré avec la réalisation d’une barrique en cristal, contenant l’or de Sauternes, l’or du Château Lafaurie-Peyraguey.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer réalisé en février 2019 :

03 Nov

Découvrez les belles « Gueules de Bordeaux », des portraits de vignerons par Guillaume Bonnaud et Xavier Sota

En voilà une idée de beau livre pour Noël… »Gueules de Bordeaux », ce sont des instantanés de vignerons pris en plein travail dans leur vigne ou dans leur chai. Des gueules qui témoignent du dur labeur que représente la vigne pour parvenir au breuvage ou nectar souhaité. Photos Guillaume Bonnaud, textes Xavier Sota, aux Editions Sud-Ouest à paraître le 8 novembre.

Ce livre, c’est un peu l’aboutissement du travail initié par Guillaume Bonnaud, ce photographe du quotidien Sud-Ouest, passionné de vin et par les vignerons qui le font.

Tirer le portrait de vignerons en plein taf, c’est l’idée originale qu’il a décidé de mettre à exécution, loin des clichés sur les grands crus prestigieux. Là, l’objectif était de se demander « comment on pourrait shooter les vignerons, notamment les petits (des Bordeaux et Bordeaux Supérieur), d’une manière différente : on les a toujours dans le chai, avec un verre, mais jamais en dégueulasse, en train de bosser… » , me confiait Guillaume Bonnaud il y a un an alors qu’il allait présenter en avant première ses photos pour une exposition à La Cité du Vin de Bordeaux.

C’était une super aventure. Un an de boulot, à rencontrer les vignerons au moment des vendanges, au moment des assemblages…On les a appelé les belles « gueules de Bordeaux ».

Guillaume Bonnaud, le photographe passionné par le monde du vin © JPS

C’est ainsi que sur son temps libre, il a photographié ces « belles gueules »pour en tirer une bonne cinquantaine de portraits, 33 qui furent exposées dans le hall d’accueil de la Cité du Vin et 18 au belvédère. Un travail qui s’est donc prolongé par ce beau livre avec en couverture une jeune femme vigneronne Anne Cécile Rozier et un titre sans doute plus direct « Gueules de Bordeaux », portraits de vignerons.

Cet ouvrage il le co-signe avec Xavier Sota à la rédaction, également journaliste spécialisé en vin à Sud-Ouest. Tous deux ont pris le parti d’appeler chaque vigneron par son prénom et de raconter son histoire, sans fioriture : « il y a des jours où il est plus dur que d’autres d’aller dans les vignes. Mais on le sait quand on s’engage dans ce métier. Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il s’agit d’un métier d’homme », confie Anne-Cécile qui tient la propriété avec sa soeur Caroline et dont Côté Châteaux avait aussi tiré le portrait des soeurs Rozier…

© Guillaume Bonnaud – Gueules de Bordeaux

Ces deux là sont allés titiller la fibre, ce qui fait vibrer ces vignerons : « respecte le pied de vigne, il te le rendra. Une ligne de conduite » selon Laurent et Christelle, 5e génération de vigneron, certifié bio depuis 2013 à Morizès.

Les Gueules de Bordeaux révèlent la réalité du terrain « les mains dans la terre, les yeux rivés au ciel », un suivi de ces vignerons qui ont la passion ancrée en eux et qu’ils ont rencontré dans leurs parcelles, à réaliser les travaux de la vigne, avec de plus en plus une prise de conscience des impératifs écologiques, à être confrontés aux intempéries avec leur lot d’angoisses et d’incertitudes, mais aussi avec des joies et un sentiment du travail accompli.

© Guillaume Bonnaud – Gueules de Bordeaux

Gueules de Bordeaux, portraits de vignerons, par Xavier Sota et photographies de Guillaume Bonnaud, 24,90€ aux Editions Sud Ouest.

31 Oct

Des vendanges très féminines en Blaye Côtes de Bordeaux

Elles sont vigneronnes et ne manquent pas de charme. Elles ont posé et ont été immortalisées en pleine vendanges des rouges et en plein travail. Preuve que les femmes sont non seulement très pros et en plus ne manquent pas d’originalité.

Corinne Chevrier Loriaud du château Bel Air La Royère © Corinne Couette

L’appellation Blaye Côtes de Bordeaux est toujours à la pointe de l’originalité : ainsi elle a publié durant ces vendanges des photos de vigneronnes à peine mises en scène dans leur vigne ou dans leur chai, sur un ton décalé.

Marion Reculet du château Le Camplat © Corinne Couette

Le résultat est très sympa, une façon de valoriser le travail des femmes qui font le vin…

Sandrine Haure du château l’Haur du Chai © Corinne Couette

Et Dieu sait qu’il y en a de plus en plus dans le Blayais, le Bordelais et dans le monde viticole.

Valérie Eymas du château La Rose Bellevue © Corinne Couette

Le tout en révélant leur féminité avec humour et autodérision sur les comptes Facebook et Instagram   

Alexia Eymas du château Maison Neuve © Corinne Couette

Ces photos sont d’autant plus « vraies » que c’est une vigneronne qui en est à l’initiative ! Bravo les filles ! Go on !

30 Oct

Saint-Emilion: Foster signe un nouveau chai « le Dôme »

C’est sans nul doute un chai qui va faire parler de lui, comme précédemment celui de Cheval Blanc signé par de Portzamparc ou de la Dominique par Jean Nouvel… A Saint-Emilion, l’architecte britannique Norman Foster signe un nouveau chai original « le Dôme », le même archi qui a signé le chai livré en 2015 du mythique château Margaux.

Une forme originale qui peut laisser penser à une soucoupe volante © Norman Foster – château Teyssier

A Saint-Emilion, les chais marquants continuent de faire leur apparition. Tout le monde a encore en tête la double vague réalisée par Christian de Portzamparc pour abriter les quelques 50 cuves en béton et le chai à barriques du mythique Cheval Blanc (propriété de Bernard Arnault), 1er cru classé A, puis le chai aux reflets rouges de Jean Nouvel pour le château la Dominique propriété de la famille Fayat, avant qu’il ne réalise une oeuvre circulaire au château la Grâce Dieu des Prieurs….Tout ceci pour dire que, malgré l’inscription au Patrimoine Mondial de l’Humanité, cela bouge tout en respectant l’aspect global des paysages.

Cette fois, c’est le britannique Norman Foster qui va s’illustrer avec « le Dôme ». Ce nouveau chai appartient à son compatriote Jonathan Maltus (château Teyssier à Saint-Emilion et en Californie World’s End), qui lui permettra ainsi de présenter un de ses vins, « Le Dôme », au nouveau classement de Saint-Emilion en 2022.

Les vues et le paysage ont toujours été les premiers protagonistes du design. Le process de vinification est amené au coeur du bâtiment et l’étage supérieur apporte un espace flexible pour que les visiteurs puissent se réunir et déguster le fabuleux vin de ce terroir » Norman Foster

Une vue panoramique depuis le futur chai de © Norman Foster – château Teyssier, avec un plafond en bois d’un diamètre de 40 mètres.

Les visiteurs arriveront par une allée traditionnelle plantée d’arbres pour découvrir ce chai circulaire étonnant semi-enterré. Avec une vue à 360 degrés sur les vignobles d’Angélus ou Canon, ce chai circulaire devrai se fondre dans le paysage inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco.

Et Norman Foster d’ajouter « la connexion visuelle directe entre l’intérieur et l’extérieur, la dégustation et la production du vin, crée un espace unique et unifié pour Le Dôme ». Un Dôme et chai toujours très « hype »qui sera inauguré au printemps 2021.

Lire ou relire :

« Bordeaux, la métamorphose » : le magazine sur les nouveaux chais

Voir le magazine « Bordeaux,  la métamorphose » sur ses nouveaux chais réalisé en avril 2017 par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Christophe Varone et Emmanuel Cremese :

06 Juil

Confluent d’Arts : un monde fou au château de la Rivière pour Thomas Dutronc et ses Esprits Manouches

Plus de 2000 personnes ont rempli la vaste pelouse, en contrebas du château de la Rivière, pour ce deuxième soir du festival Confluents d’Arts, où Thomas Dutronc a donné tout son art. Avec de belles sonorités jazz manouche, mais pas que, des balades, et chansons d’amour…Remember « j’aime les filles… »

Dominique Beyly, le maire de la Rivière, Naya, Thomas Dutronc et Xavier Buffo, directeur du château de la Rivière © Jean-Pierre Stahl

Y a pas à dire dans Dutronc, y  que du bon. Le père Jacques a bercé ma jeunesse et a fait se rencontrer de nombreux couples, le fils a, comme qui dirait, de qui tenir. La voix, cette espèce de timidité sympathique, un brin d’humour et bien sûr un amour pour la guitare. Et il y a cette ressemblance tellement frappante avec Jacques, qu’elle serait presque bluffante.

Naya, une première partie réussie © JPS

C’est donc à 22 heures que Thomas Dutronc est monté sur ce qui est en passe de devenir une grande scène des festivals d’été en Gironde, après avoir reçu l’an dernier Goran Bregovic et en 2017 pour la 1ère de Confluent d’Arts, Yuri Buenaventura. Il a succédé à la jeune Naya, originaire de Libourne, qui a réussi à conquérir le public, avec son album pop électro rock Ruby.

Un Thomas Dutronc entouré de fabuleux musiciens, ses esprits manouches, comme il les appelle, des doigts de fée de la gratte, et aussi du violon. Il a reçu, comme Naya, des mains des organisateurs Xavier Buffo directeur général du château de la Rivière, et du maire de la Rivière, Dominique Beyly, une douelle en souvenir avec son nom, le nom de l’artiste engagée sur la scène Confluent d’Arts 2019.

Thomas Dutronc, un admirateur de Django © JPS

L’occasion pour Thomas Dutronc de me confier son goût pour les vins fins,  « j’aime les Bordeaux, en particulier Pessac-Léognan et bien sûr les vins d’ici » (la Rivière entre autre), et d’ajouter :

J’aime que les vins soient rond, sur le fruit, pas trop tanniques, » Thomas Dutronc.

« C’était une rencontre magnifique », me confie Xavier Buffo. « En arrivant ici, il a été extrêmement surpris, lui et ses musiciens, alors qu’il parcourt la France entière et même au delà… »

Il est tombé sous le charme, il m’a dit j’ai fait de nombreuses scènes, des palaces, mais un lieu comme celui-là, je n’ai jamais vu ça », Xavier Buffo.

« En prime, il adore le vin, on a passé une bonne partie de l’après-midi ensemble, c’est une belle rencontre, des échanges vrais, moi je suis comblé, c’était une super soirée, avec une belle première partie de Naya », continue Xavier Buffo, d’autant que les concerts de Confluent d’Arts sont passé à travers les gouttes et les orages qui ont éclaté un peu plus tard où des trombes d’eau sont tombées en Gironde, avec quelques dégâts très localisés, à cause de la grêle. « Nous on a eu un alignement de planètes, et avec Dominique, le maire, et tous les bénévoles, on est assez rodé…On a reçu ce matin énormément de félicitations. »

Un festival qui a en tout cas emballé ces 4 nouveaux festivaliers, Thomas (Libourne), Cécile (Eysines), Karine et David (le Bouscat), pour qui c’était leur première participation : « Le concept est super, c’est ce que l’on recherche, des food trucks, des buvettes et le concert », Thomas.

Côté châteaux, Jean-Luc Zell et Olivier Pascaud.

En ami et voisin de Libourne, Jean-Luc Zell, directeur du château d’Agassac, à Ludon: « je suis ravi de voir des événements comme cela, ça draine du monde, le tourisme c’est une affaire de territoire et tout ce qui sert le tourisme profite à tous sur le territoire de la Gironde. » Voila donc une 3e édition en passe d’être totalement réussie et qui se poursuit encore aujourd’hui et ce soir. Bravo aux organisateurs et au château de la Rivière.

Et bravo à Thomas Dutronc, car pas besoin de demander « esprit es-tu là », oui les Esprits Manouches étaient bien là.

04 Juil

Coté Châteaux n°8: une émission spéciale 20 ans de la Juridiction de Saint-Emilion à l’Unesco

« On n’a pas tous les jours 20 ans, ça n’arrive qu’une fois seulement… » Pour Saint-Emilion, cela a été une grande fête du vin, du jazz et du patrimoine, qu’a suivie l’équipe de Côté Châteaux Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot. Un numéro spécial de 20 minutes, car 20 ans, à voir sur NOA à partir du lundi 8 juillet à 20h15.

Sébastien Delalot, Jean-Pierre Stahl et Alain Naulet Jurat place de l’Eglise © JPS

Qui dit Juridiction, dit Jurade. C’est au beau milieu des Jurats de Saint-Emilion que commence ce numéro 8 de Côté Châteaux, car chaque soir des 28, 29 et 30 juin avait lieu un défilé des Jurats dans les rues en pente de la Cité médiévale. En coeur, les Jurats prêtaient ce serment, avant le défilé :

Demeurez-vous les gardiens d’une grande tradition ? Oui, nous le voulons… Autorisez-vous ces barriques à traverser la Cité pour que leur soit apposée la marque à feu ? Oui, nous le voulons… »

Et c’est tout naturellement qu’Alain Naulet, Jurat,figure comme le premier invité de l’émission, pour nous décrire cette tradition séculière : « cette fête est très, très importante, cette Jurade a été créée en 1199 par le roi d’Angleterre Jean Sans Terre. Elle a manifesté depuis ce temps-là un intérêt tout particulier aux vins de Saint-Emilion, à la Cité. Depuis on a eu le classement, aujourd’hui reconnu par des organismes officiels, mais déjà c’était à l’époque les prémices d’avoir du bon vin à Saint-Emilion ».

Le cortège de Jurats de Saint-Emilion, passant devant la salle des Dominicains et la mairie © JPS

Les Jurats défilent traditionnellement deux fois dans l’année, le 3e dimanche de juin et le 3e dimanche de septembre. « Ce sont des chapitres importants, on a toujours une quinzaine de pays représentés, et une cinquantaine d’intronisations. C’est très solennel et les gens sont ravis » d’être intronisés.

Chaque soir de cette fête des 20 ans était reconstituée la cérémonie de la marque à feu du vinettier. « A l’époque, les Jurats se réunissaient, ils avaient une marque à placer sur les barriques ».

Les vins étaient dégustés et s’ils étaient reconnus bons, marchands, on apposait sur la barrique la marque à feu, le sceau de la Jurade, cette marque disait que les vins pouvaient être consommés, commercialisés », Alain Naulet Jurat

Et tout ce qui n’était pas accepté à ce moment-là devait être mis au feu, détruit.

Pour bien comprendre ce qui est rentré dans cette inscription au patrimoine mondial de l’humanité, un reportage réalisé avec Jean-Michel Litvine, vous immerge dans le St Emilion, cité millénaire.

Nous retrouvons ensuite Franck Binard, directeur du Conseil des Vins et co-organisateur des festivités qui revient sur ce qui a motivé cette inscription, actée le 5 décembre 1999 : « 2000 ans d’histoire, ce sont les paysages culturels qui ont été reconnus comme devant être protégés et une partie majeure de l’homme et de l’Humanité ». 

Saint-Emilion à l’Unesco : « ce sont les vallées, les terrasses, les coteaux, la plateau, mais aussi les arbres, le patrimoine bâti, aussi les petites maisons de bordier, un patrimoine  séculier ainsi que 200 kilomètres de carrières qui sont protégés« , Franck Binard.

Franck Binard revient également sur les 3 projets qui ont été mis en oeuvre tout au long de cette année pour célébrer les 20 ans : « la transmission aux générations, c’est un pilier pour sensibiliser les enfants avec l’environnement visuel magique qui est le leur au quotidien, à l’environnement et à la biodiversité. Il y a aussi « la plantation de 20000 arbres car c’est un paysage culturel fort de centaines d’espèces arborées »…

20 ans, ce sont 20 sites où des tables de lecture ont été disposées partout dans la Cité et autres villages pour « donner des éléments de comparaison au visiteur sur ce qu’il est en train d’observer avec des photos historiques et du texte. C’est un parcours initiatique pour rentrer dans cette histoire. »

Ce magazine vous offre aussi de rencontrer un personnage de Saint-Emilion le Comte Stephan von Neipperg, qui a réussi à élever au rang de 1er cru classé B de Saint-Emilion, deux de ses châteaux… « Jean-Pierre, ravi de vous recevoir au château Canon la Gaffelière » « Cela fait 35 ans que j’ai repris Canon la Gaffelière en 1984, et c’est là où a commencé le fondement de nos vignobles Comtes von Neipperg.

Je viens d’une famille de vignerons, de l’autre côté du Rhin, depuis 8 siècles, je suis la 37e générations de viticulteurs mais la 1ère émigrée ici », Comte Stephan von Neipperg.

En faisant le tour de son chai à barriques, on se rend compte que ce 2018 qualifié de « génial » a été sauvé des eaux…« avec ce temps affreux, jusqu’en juillet, les Bordelais ses souviennent, on était au bord de la crise de nerfs, car il n’a pas arrêté de pleuvoir, et aussi avec ce mildiou. » Et de déguster à la barrique:

Ce que l’on recherche dans les grands vins, une vivacité, une buvabilité, ça doit être soyeux, et qu’il y ait de la structure, de la puissance, c’est un vin qui doit avoir une capacité à aller dans le temps,  » Comte Stephan von Neipperg.

Et de sillonner avec Mr le Comte les terroirs de Saint-Emilion : il en a recensé 4 au minimum, dont ce fameux terroir calcaire, sur le plateau à la Mondotte, l’autre château classé en 2012 (1er cru classé B): « ici on a des vignes de 80 à 90 ans, aujourd’hui on travaille avec nos sélections », La Mondotte comme Canon la Gaffelière est en bio:  « je veux revenir à quelque chose d’humain, d’artisanal et de vivant. » 

Un reportage tout en saveur avec une dégustation sous une tonnelle du château Canon Lagaffelière d’un millésime 2009 (tiens un autre anniversaire, 10 ans), en compagnie de la relève Ludovic qui a ce regard sur la réussite de son père « ce n’est pas du jour au lendemain qu’on transforme un vignoble en agriculture biologique; tout cela prend du temps, et la nature n’aime pas les grands chocs… » A l’époque, quand il s’est converti au bio, il était qualifié par certains de révolutionnaire, aujourd’hui il est ce que d’aucun qualifierait un visionnaire…

Comme Côté Châteaux est généreux, il va pousser pour vous les portes d’un 1er cru classé A et rencontrer Pierre Lurton, pdg de Cheval Blanc : « c’est un cru classé A depuis 1954, qui partageait la tête du classement avec Ausone, et puis nous avons vu arriver Angélus et Pavie en 2012. »

La caractéristique de Cheval Blanc, c’est le cabernet franc (60% dans l’assemblage et 40% de merlot). C’est la magie du terroir de a vallée de l’Isle que l’on partage avec nos illustres voisins Pétrus, l’Evangile, la Conseillante, Vieux Château Certand, Figeac et la Dominique » Pierre Lurton.

Et de commenter ce millésime 2012 : « on a cette juste maturité du cabernet franc qui donne ce côté mentholé avec des notes un peu de cassis, un peu de cabernet sauvignon, c’est le poivre dans la sauce, mais c’est surtout le cabernet franc qui fait Cheval Blanc. »

Côté châteaux avec Pierre Lurton © Sébastien Delalot

La suite de la visite se poursuit avec un badge, dans le fabuleux chai dessiné par Christian de Porzamparc : « ces cuves sont absolument incroyables, avec des formes sensuelles, mais techniquement répondant aux critères que l’on voulait : autant de cuves que de parcelles. Ce sont des cuves italiennes, d’une grande pureté de lignes, dans ce chai, les équipes s’y sentent très bien et il y a beaucoup de précision dans le travail », poursuit Pierre Lurton.

La visite se termine sur le toit végétalisé de ce chai en forme de double vague, avec cette terrasse qui donne une superbe vue sur Pomerol et les autres châteaux de Saint-Emilion. Et de commenter  l’autorisation qui a été donnée de construire ce nouveau chai,livré en 2011, alors que l’inscription Unesco était intervenue 10 ans plus tôt: « les gens ont vu tout de suite une vision élégante de ce chai et il y a eu une grande ouverture d’esprit ». Ces nouvelles constructions ont continué à « donner à Saint-Emilion son rang de paysage unique et merveilleux. »

Ces 20 ans ont aussi été dignement fêtés avec la tenue concomitante du 8e Saint-Emilion Jazz Festival. En dernier invité d l’émission, Dominique Renard, son fondateur, revient sur les grandes heures du SEJF avec « Earth Wind & Fire, Chick Corea, Neil Rogers, Cécile Mc Lorin, cela va du jazz jusqu’à la soul là ce soir on a des concerts de funk, avec Oakland et Rix. On va aussi avoir Kid Créole and the Coconuts, il vont mettre le feu sur scène. »

Franck Binard, directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion et Dominique Renard, fondateur du Saint-Emilion Jazz Festival, on en est au 8e ! © JPS

Dominique Renard qui a passé une belle carrière dans le monde du vin confie que tout ce qui l’a guidé ces dernières années :  »

C’est la passion de la musique et pour le village de Saint-Emilion que j’aime par dessus tout et qui a conservé son aspect médiéval. Le vin et la musique, cet assemblage me plaît beaucoup », Dominique Renard.

Et Côté Châteaux termine également sur le banquet inaugural des 20 ans en bord de Dordogne à Vignonet, un banquet champêtre avec musique d’autrefois, avant de faire un dernier saut dans la douve du Palais Cardinal pour faire partager au plus grand nombre ces moments exquis de célébration des 20 ans de l’inscription de la Juridiction de Saint-Emilion au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

A VOS TABLETTES :

Côté Châteaux n°8 à voir sur NOA la chaîne 100% Nouvelle-Aquitaine de France 3 (chaîne 339 sur Orange, 455 sur SFR, 337 sur Bouygues ou encore 326 sur Free, en en direct sur internet en tapant NOA):

  • lundi 8 juillet à 20h15 et 22h30
  • mercredi 10 juillet à 11h15, 17h30 et 0h
  • jeudi 11 juillet à 4h15
  • vendredi 12 juillet à 11H, 20h15 et 23h15
  • dimanche 14 juillet à 7h15

02 Juil

Thomas Dutronc en tête d’affiche du 3e Confluent d’Arts au château de la Rivière

C’est un festival désormais incontournable chaque premier week-end de juillet : Confluent d’Arts au château de la Rivière. Vendredi soir, c’est Thomas Dutronc et les Esprits Manouches qui vont faire vibrer la scène désormais mythique de la Rivière. 3 jours de folie dès ce jeudi, les 4-5 et 6 juillet. 

Le © château La Rivière est déjà aux couleurs du festival Confluent d’Arts

Tout le monde a encore en tête le concert de l’an dernier avec Goran Bregovic qui a enflammé les 2000 festivaliers présents.Terrible ! Pour la première édition, c’était Youri Buenaventura qui avait mis une sacré ambiance. La 3ème édition de Confluent d’Arts du Château de La Rivière promet d’être très swing avec notamment une projection de LA LA LAND. Il y aura aussi des airs de jazz manouche avec Thomas Dutronc, à ne pas louper.

Un autre grand moment sera cet accord met et vins de la Rivière avec en guest star Ronan Kervarrec, le chef 2** au Guide Michelin  chef de l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion. 

Bref de quoi bien démarrer l’été

PAR ICI LE PROGRAMME

JEUDI 4 JUILLET :  CONCERTS ET CINEMA

  • Ouverture des portes à 18 h : « A la croisée d’univers musicaux ! », dans le parc des arts. GRATUIT
  • A partir de 19 h : Concerts sur la grande scène avec : JAZZ CHAMBER ORCHESTRA chansons, swing, humour, jazz, ce quintet à tout pour vous plaire !

LA Cie MOHEIN leur musique est nomade et ce collectif vous entrainera dans un voyage tout autour du bassin méditerranéen.

CINEMA en PLEIN AIR

  • 22h15 : projection sur écran géant du film LA LA LAND réalisé par Damien Chazelle avec Ryan Gosling et Emma Stone, sortie en 2016. (128mn en version française)

Ce film couronné par de nombreux prix nous raconte l’histoire d’une actrice en devenir qui rencontre un pianiste de Jazz, leurs passions sont respectives et alors commence le feuilleton de leur parcours artistique aux multiples rebondissements.

VENDREDI 5 JUILLET : MUSIQUE LIVE

  • Ouverture des portes à 18 h 
  • A partir de 19 h : dans le parc des arts sur la grande scène. Entrée payante

NAYA, est une jeune auteure, compositrice, interprète, cette chanteuse libournaise va vous présenter sur scène son nouvel album « Ruby » aux compositions électro/pop envoutantes.

THOMAS DUTRONC et Les Esprits Manouches.
Le dernier album live de Thomas Dutronc vient de paraître chez Blue Note le fameux et 
mythique label de Jazz d’Universal, l’ultime gage de reconnaissance pour les qualités de musiciens de Thomas Dutronc.  Pré-vente :27 euros et 32 euros à l’entrée.

SAMEDI 6 JUILLET : ARTS DE LA RUE 

  • Ouverture des portes à 15 h
  • De 16 h à 0h 30 Dans le parc des arts de la rue: Entrée Gratuite

Une après-midi et une soirée dédiées aux arts de la rue avec des spectacles de cirque, d’équilibre, de prouesses, d’humour, de chant, de feu, et un final de musiques et d’artifices, avec :

Les Güms, Cie Yifan, Cie Daromaï, Jacqueline Cambouis, Cie La Salamandre.

DEGUSTATIONS

19 h Dans le chai du Château :

« Le COOK-SHOW du Château » Démonstration culinaire avec le chef doublement étoilé Ronan Kervarrec de l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion: élaboration en direct d’une recette culinaire qui sera filmée et projetée sur grand écran et commentée par le Chef cuisinier. La dégustation du plat sera accompagnée d’une sélection de vins du Château de La Rivière. (Entrée payante : 15 euros en pré-vente sur réservation uniquement) (complet).

Musique Live : à 21 h et 23 h avec : The Very Big Small Orchestra composé en grande partie de membres illustres issus de la scène rock française, un alliage qui est très décapant, attractif et incisif.

Avec Château de la Rivière

Renseignements : Mairie de La Rivière : 05 57 24 98 28 Château de La Rivière : 05 57 55 56 56 Baz’art: 05 57 74 70 69 Le Rocher de Palmer: 05 56 74 80 00

25 Juin

20 ans de classement de Saint-Emilion au patrimoine mondial de l’Unesco

Ce week-end on célèbre à Saint-Emilion les 20 ans du classement de la Juridiction au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Une grande fête du vin et du jazz en écho à cette reconnaissance internationale qui fait venir des touristes du monde entier.

Une beauté unique au monde quand une Cité millénaire tutoie un vignoble tout aussi vieux © JPS

Saint-Emilion, ses Paysages, son Histoire… le 5 décembre 1999, c’est tout cela qui a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette inscription recouvre 8 copmmunes de la Juridiction de Saint-Emilion  (Saint-Emilion, Saint-Laurent des Combes, Saint-Christophe des Bardes, Saint Pey-d’Armens, Saint-Etienne de Lisse, Saint Sulpice de Faleyrens, Saint-Hippolyte et Vignonet) et 5000 hectares de vignes que nous fait découvrir ce vigneron Joël Dumas. Vigneron depuis 3 générations à Lussac, il aime faire découvrir avec ses voitures anciennes le vignoble, avec notamment sa vieille Citroën B12 de 1925, modifiée à l’époque pour transporter des barriques.

Joël Dumas, du château Bois Dumas, à bord de sa Citroën B12 de 1925 © JPS

Elle fait partie du patrimoine car elle portait les barriques vers les gabarres qui partaient entre les 2 guerres à Bordeaux et puis elle revenait avec les premiers produits de traitement, car on ne faisait pas de voyage à vide. C’est un modèle unique qui est très regardé… et qui a joué dans pas mal de films. Elle est vraiment dans son jus. Joël Dumas

Ces paysages, faits de vigne, de bois, de coteaux, de plaine et de plateau, ont été  façonnés depuis l’époque romaine jusqu’aux XVIII et XIXe siècles avec la construction de châteaux, avec également une activité viticole intense dès le Moyen-Age. Il faut dire que Saint-Emilion était sur la route de Saint-Jacques de Compostelle d’où ses nombreuses églises…monastères et hospices construits à partir du XIe siècle. Eh bien, ces paysages sont parvenus intacts jusqu’à nos jours. Jean-François Galhaud, le Président du Conseil des Vins souligne le rôle primordial de l’homme dans cette inscription.

C’est ce savoir-faire, cette transmission, l’histoire de la Jurade, c’est mille d’histoire, voire 2000 ans d’histoire qui remonte aux Romains », Jean-François Galhaud Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion.

Chaque jour, des centaines de visiteurs, plus d’un million à l’année, viennent admirer le patrimoine de cette Cité Médiévale. Ils sont subjugués par l’histoire du moine Emilion, conté par les guides de l’Office de Tourisme, et une légende de fertilité qui perdure au fond de la grotte. « C’est absolument magnifique, c’est pittoresque, c’est mignon, même s’il pleut… » commente Calsy Jonhson du Minnesota aux Usa « C’est merveilleux, je suis très contente d’être ici, je ne m’imaginais pas que c’étais aussi beau », renchérit Marisa Verdes de Malaga en Espagne.

Entre la collégiale, son cloître, et l’église monolithe, Saint-Emilion regorge de monuments chrétiens séculires car la Cité était sur la route de pélerinage pour Saint-Jacques de Compostelle.

« Nos catacombes datent du 8e siècle, c’était un espace funéraire destiné à enterrer l’élite de la population de Saint-Emilion, les moines, les nobles et les nouveaux-nés considérés purs » explique Alexis de l’Office de Tourisme.

L’histoire de Saint-Emilion et de son vignoble a été particulièrement marqué par la Jurade de Saint-Emilion comme l’explique son Premier Jurat Hubert de Boüard :

La Jurade a commencé en 1199 en pleine occupation anglaise et le roi Jean Sans Terre a signé avec les Jurats une charte à Falaise leur octroyant un certain nombre de droits…Ce sont ces Jurats qui vont administrer Saint-Emilion et qui vont aider à façonner ces paysages, ce bâti, cette organisation merveilleuse  jusqu’à la révolution française… » Hubert de Boüard Premier Jurat.

Une famille de touristes indiens en haut de la Tour du Roy © JPS

Et en haut de la Tour du Roy, quoi de plus étonnant que de croiser des Indiens de Bombay : « On a aimé déguster le vin et ces macarons, et le site est absolument fun, et je vais dire tout le monde de venir ici » et Dieu sait que si toute l’Inde vient visiter cela risque de doubler le nombre de touristes à Saint-Emilion !

DEMANDEZ LE PROGRAMME : DES 28, 29 ET 30 JUIN

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine, Boris Chague et Véronique Lamartinière:

16 Juin

La Belle Epoque renoue avec la tradition des belles brasseries bordelaises d’antan

C’est une nouvelle page d’histoire qui s’écrit pour la Belle Epoque, l’une des plus vieilles brasseries de Bordeaux, qui remonte à 1865. Un trio gagnant du monde du vin a décidé de lui redonner tout son cachet et de mettre en avant des pépites et vins de Bordeaux. Sophie Wolff, Laurie Mouyen et Marcello Roudil vont faire revivre ce bel endroit situé sur les quais et décoré de faïences Vieillard.

Sophie Wolff, Marcello Roudil et Laurie Mouyen, à la tête de la Belle Epoque © JPS

1855…1865 ! La Belle Epoque a ouvert 10 ans après le fameux classement des vins de Bordeaux, réclamé par Napoléon III. Lorsqu’elle ouvre, l’Empereur est encore au pouvoir, mais dans la seconde partie de son règne, un peu plus éclairé, moins absolutiste. Avant d’être ce restaurant que tout le monde connaît, il s’agissait d’un hôtel, l’Hôtel de Nantes, qui aujourd’hui a disparu, mais dont demeure cette salle de restaurant et le fumoir. C’est en 1870, que la décoration actuelle a été exécutée, le propriétaire souhaitant un décor inspiré de ce qui se faisait de mieux à Bordeaux à l’époque, les faïences de la faïencerie Vieillard : Amédée Caranza s’inspira ainsi des motifs abstraits et végétaux que l’on retrouve dans la céramique orientale et qui ornent les murs et plafonds.

Partout sur les murs, des faïences Vieillard, un décor imaginé par Amédée Caranza © JPS

« J’ai toujours adoré cet endroit, j’y venais déjà avec mon grand-père », me confie Sophie Wolff, « fille et ex-femme de négociant » (comme elle aime se définir), qui dirige la Belle Epoque avec ses deux associés. Restauratrice, elle a commencé il y a 25 ans, a travaillé « chez Jean-Marie (Amat) au Saint-James », au Café des Quinconces, au Bistrot Bordelais et avait repris avec un associé le Café de Lugon à la gare… « Je me disais qu’il y avait quelque chose à faire ici, en petit dépoussiérage, en gardant bien sûr ces faïences qui sont classées. C’est très gai cet endroit. » 

« L’idée était déjà de remettre la Belle Epoque dans le jus, on a repeint les murs en blanc, pour réhausser les faïences; avant c’était une couleur plutôt jaune et sombre sur les murs », commente à son tour Marcello Roudil. Marcello est le directeur du Bachelor Commercialisation des Vins et Spiritueux et du MBA 1 Wine & Spirit à l’INSEEC, l’école de commerce de Bordeaux dont il a accompagné son développement (« en 2006, on avait 50 étudiants, aujourd’hui 450… »). « Moi, je passe devant la Belle Epoque tous les jours, j’ai des bureaux près du conservatoire et habite près de l’Intendant. Je venais y déjeuner, passais aussi en tramway et voyais la terrasse souvent vide, je cherchais une activité connexe dans l’esprit de ce que je faisais déjà, et je me suis intéressé à l’affaire. Une amie, Nathalie, m’a présenté Sophie, qui est devenue mon associée. »

Cette nouvelle casquette pour Marcello Roudil est venue aussi tout naturellement: « je suis au resto tous les jours, je n’ai qu’une petite cuisine chez moi, et je passe mon temps dans les restaurants…En plus, j’ai le sens du détail et du service, je fais le service ici une fois par semaine, j’aime, cela permet de comprendre ce qui se passe, de parler avec les gens et d’être au service au sens propre… » Marcello Roudil a les yeux qui brillent, il aime le contact, les gens, parler et les recevoir, il se souvient d’ailleurs de ses débuts dans le commerce, lorsqu’il menait de front ses études de droit, il voulait à tout prix rentrer chez Weston, cela était pour lui un rêve, il l’a réalisé. Un peu comme la Belle Epoque aujourd’hui. De plus, il est aussi associé à Laurie Mouyen, ancienne avocate et camarade de fac de droit, également directrice du Bachelor Real Estate à l’Inseec. « Moi, je suis passionnée d’art depuis toujours, je vais beaucoup au resto et j’ai envie que les gens viennent ici et s’approprient le lieu ».

Laurie Mouyen ne manque pas d’idées, comme avoir réalisé une carte des petits princes et princesses à colorier, avec à la base une photographie détourée par Arnaud Brukhnoff de la place des Quinconces…à garder en souvenir. Une idée qui a même plu à des touristes étrangers adultes venus se restaurer, et qui ont gardé leur propre oeuvre. Laurie a travaillé aussi avec Christine Valette (cf ancienne propriétaire de Troplong Mondot à Saint-Emilion, malheureusement disparue) pour l’ouverture des Belles Perdrix, et depuis « j’ai toujours eu envie d’avoir un restaurant… » De plus elle a eu cette idée originale : « on souhaiterait renouer avec un menu Belle Epoque, avec des plats traditionnels de 1900-1920, pour avoir cette continuité historique car le lieu est très très beau… » 

Marcello Roudil, Laurie Mouyen, Sophie Wolff, Vincent Vigneau, le chef SteeveJudith et les reste de l’équipe © JPS

Quant à la carte des vins,  » on souhaite avoir 25 à 30 références, je bosse avec Alexandre Morin, sommelier consultant, sur certaines et Nicolas Touchez, qui lui est un dénicheur de vins à Paris », explique Marcello Roudil. « Je travaille un tiers avec l’un, 1 autre tiers avec l’autre et pour le dernier tiers ce sont les vins des amis…comme le blanc, le Thieuley  des soeurs Courselle, le rouge de Haut-Marbuzet, on travaille aussi avec Nicolas Despagne (Maison Blanche) et François Despagne (Grand Corbin Despagne), Olivier Fleury du château Pavillon à Sainte-Croix-du-Mont. Je fais goûter le vin à tout le monde et je vois à qui ça plaît et pourquoi ça ne plaît pas. En tout cas, on ne fait pas de gros coefficient sur le vin, moins que l’ancien propriétaire, proposé au verre ou à la bouteille…L’idée est de faire aussi une autre carte en parallèle, avec des crus classés ou assimilés, comme des crus bourgeois ». Alors que bon nombre de commentateurs critiquent les restaurants qui n’ont pas ou peu de Bordeaux à leur carte, ici ce n’est pas le cas bien au contraire :  » Les gens prennent beaucoup de Bordeaux parce qu’on a pas mal de clientèle étrangère qui passe ici, on a beaucoup de gens qui apprécient les vins blancs. J’ai aussi l’idée de trouver un formule où le vin sera au prix des négociants, pour redonner au vin la place qu’il mérite… » Et en face des quais d’où partaient les barriques en bateau autrefois, cela a du sens bien évidemment…

Enfin, « la mixologie, c’est une chose qui se développe à Bordeaux, j’ai fait venir Vincent Vigneau qui m’a été recommandé par le chef sommelier du Mama Shelter, on va explorer et développer  l’offre cocktail », poursuit Marcello Roudil. Avec ce fabuleux bar remis en l’état, cela va avoir de la gueule dans cet endroit central de Bordeaux juste en face des Quinconces et des fameuses colonnes Rostral…

10 Juin

Château Pavie : une « signature Perse »

Un nouvel ouvrage vient de sortir aux éditions Glénat. « Château Pavie, Signature Perse » par Jean-François Chaigneau, grand reporter, écrivain et créateur de la rubrique vin à Paris Match et Anne-Emmanuelle Thion, photographe. Un joli livre à lire cet été.

Château Pavie, c’est l’un des 4 premiers crus classés A de Saint-Emilion. Un château mythique qui tutoie l’excellence, voulue par Chantal et Gérard Perse. D’un beau vignoble acheté en 1998, ils en ont fait une pépite, repensant totalement le château entièrement reconstruit et décoré sous la direction d’Alberto Pinto, mais ils ont aussi fait de cette colline qui surplombe cette plaine de Saint-Emilion un vignoble remarquable avec ces terrasses en pierre, un suivi du vignoble réalisé avec l’aide de Michel Rolland.

Un travail qui a été encensé par le célèbre critique en vin Robert Parker (qui a officiellement pris sa retraite) il y a quelques années: « Pavie est aujourd’hui l’un des meilleurs vins au monde », avait-il déclaré en décernant la note maximale de 100 au millésime 2000.

Gérard et Chantal Perse dans le livre Château Pavie © Anne-Emmanuelle Thion

Cet ouvrage réalisé par Jean-François Chaigneau, ancien rédacteur en chef adjoint de Paris Match (jusqu’en 2008), responsable des pages cultures et art de vivre et de la rubrique vin, et par la photographe Anne-Emmanuelle Thion, retrace le parcours incroyable de Chantal et Gérard Perse.

Henrique Da Costa, Chantal et Gérard Perse, leur fille Angélique Da Costa et Ronan Kervarrec © JPS

« Ces entrepreneurs qui se sont faits eux-mêmes » ,anciens propriétaires de supermarchés en région parisienne, sont tombés amoureux du terroir de Saint-Emilion, ils se sont offerts dans un premier temps Monbousquet puis Pavie, en donnant à ce dernier l’aura internationale que l’on connaît.

Dans l’ouvrage, on découvre la passion aussi du chef de l’Hostellerie de Plaisance Ronan Kervarrec © Anne-Emmanuelle Thion

Ils ont aussi su porté haut les couleurs de l’Hostellerie de Plaisance, dirigée par Chantal et Angélique Perse, en confiant les cuisines au très doué chef Ronan Kervarrec, qui y a déjà décroché deux étoiles au Guide Michelin. Une histoire qui se poursuit avec la relève Angélique Perse et son époux Henrique Da Costa, qui est également pleinement investi dans cette formidable saga dans le monde du vin.

Gérard Perse dans le chapitre les Millésimes © Anne-Emmanuelle Thion

Château Pavie, Signature Perse, par Jean-François Chaigneau et Anne-Emmanuelle Thion, collection Le Verre et l’Assiette, 288 pages, aux éditions Glénat

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