24 Juil

Dans l’estuaire de la Gironde, Cordouan, le « roi des phares », sacré par l’Unesco

Surnommé le « roi des phares » pour son histoire et sa prestance, Cordouan, sentinelle maritime battue par le vent et la houle depuis 400 ans, entre océan Atlantique et estuaire de la Gironde, est entré samedi au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Voici donc un nouvel emblème qui outre le vignoble de Bordeaux va attirer encore davantage de touristes du monde entier…

Le roi des phares : Cordouan © France 3 Aquitaine

Dernier phare de mer habité en France et deuxième phare inscrit par l’Unesco après celui de La Corogne, en Espagne, l’imposante tour tronconique de pierre claire balise l’entrée du plus grand estuaire d’Europe, aux courants capricieux et rochers piégeux, à sept kilomètres du Verdon-sur-Mer (Gironde) et dix de Royan (Charente-Maritime).

Les ministres de la Culture Roselyne Bachelot et de la Mer Annick Girardin se sont félicitées de cette décision. C’est « une victoire pour le patrimoine maritime français mais qui implique une grande responsabilité, celle de continuer à préserver ce site exceptionnel pour les générations futures », a salué Mme Girardin dans un communiqué.

Bâti sur un plateau qui se dévoile à marée basse dans des reflets verts et bleus, tranchant avec le jaune des bancs de sable, et ceint d’un épais mur de pierres qui le protège des assauts de l’eau à marée haute, tel un bouclier, Cordouan ne se dévoile au public qu’à la belle saison et seulement si la mer le veut bien.

« Superbe », « classieux », « bluffant »... C’est peu de dire que le phare, entré à l’inventaire des Monuments historiques dès 1862, comme Notre-Dame de Paris, fait impression. Des visiteurs s’étonnent que l’Unesco n’ait pas reconnu plus tôt sa « valeur universelle exceptionnelle ».

« Son aspect, son architecture, son état de conservation, son histoire, l’accès compliqué… C’est un château ! », remarque Jacques, retraité de 69 ans et « fan de phare » venu de Nantes. « En plus, c’est un phare riant, avec sa couleur moins austère que celle du granit de Bretagne ».

« Cordouan, c’était la première chose à faire sur ma liste de jeune retraitée. Cette richesse, ces sculptures… Je ne le voyais pas aussi grand à l’intérieur », glisse Martine, une Girondine de 61 ans.

Débarqués du bateau à marée basse, les visiteurs (environ 24.000 par an hors crise sanitaire) sont instruits de la riche histoire et la valeur patrimoniale du lieu par des gardiens qui vivent dans ce bâtiment propriété de l’Etat mais géré par le Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest).

Voulu par Henri III pour remplacer une vieille tour à feu anglaise, construit sous Henri IV et rehaussé sous Louis XVI, le phare est inauguré en 1611 comme un bâtiment « à la mesure du pouvoir royal » dans un pays sortant à peine des guerres de religion, expliquent-ils.

Une fois franchi le portique à colonnes qui marque l’entrée de cette tour de 67 mètres, avec ses pierres ouvragées et ses mascarons, figures humaines de style grotesque, il y a 301 marches à gravir pour passer de la mer au ciel.

Il faut traverser l' »appartement du Roi » – où jamais roi n’a mis les pieds -, puis une chapelle à vitraux et au sol de marbre – où quelques visiteurs allument des cierges -, et emprunter un escalier hélicoïdal de pierres, comme suspendu, pour rejoindre la coursive extérieure, juste sous la lanterne.

De là-haut, un panorama à 360 degrés, de Soulac-sur-Mer à La Palmyre, s’offre au visiteur dont l’oeil aiguisé peut distinguer la forme de proue de navire de l’église en béton brut de Royan.

C’est à Cordouan, expliquent les gardiens, que le scientifique Augustin Fresnel a expérimenté sa fameuse lentille en 1823. Depuis, ce dispositif de plaques de verre, qui permet « d’aplatir le faisceau lumineux pour l’intensifier », équipe tous les phares du monde. Ici, une simple ampoule de 250 watts porte le signal lumineux à 39 km.

Venu à la force des bras, en kayak de mer, Christophe Bonnin – visiteur régulier de l’édifice – se félicite des toutes dernières campagnes de travaux effectuées pour la candidature Unesco: « Le phare est vraiment tout beau, tout propre ». Renforcement du chemin d’accès, reprise de pierres rongées par le sel, restauration de la chapelle… Maçons, cordistes, sculpteurs et tailleurs de pierres se sont succédé l’hiver, depuis 2019, pour un coût de 2 millions d’euros supporté par l’Etat et les collectivités territoriales.

En quittant Cordouan, visiblement à regret, un homme lance aux gardiens: « Vous avez une très belle résidence secondaire! ». Une habitude pour eux: « Il y en a toujours un qui demande à rester à notre place ».

AFP

 Regardez le reportage de Marie-Eve Constans et Iban Carpentier : 

18 Juil

Fleur Cardinale : l’éclosion d’un superbe chai pour ce cru classé de Saint-Emilion

 Le château Fleur Cardinale à Saint-Etienne-de-Lisse en Gironde vient de terminer ses travaux au terme de 3 ans et demi de chantier. Une nouvelle page s’écrit pour la famille Decoster, avec Caroline et Ludovic, la jeune génération en charge du domaine. Fleur Cardinale ouvre ses portes au public cette semaine, et en avant première à l’occasion du Tour de France.

Ludovic et Caroline Decoster devant l’oeuvre réalisée par Marik Korus © Jean-Pierre Stahl

A l’entrée du nouvel accueil, Caroline Decoster m’accueille pour me présenter le nouvel écrin de Fleur Cardinale qui s’apprête à ouvrir pour ses portes ouvertes dès le 14 juillet pour 4 jours et à partir de la semaine du 19 juillet : « Bienvenue à Fleur Cardinale, on sort de 3 années et demi de travaux commencés en 2018. Mes beaux-parents sont arrivés en 2001, à l’époque le château était en Saint-Emilion Grand Cru, et avait 18 hectares de vigne. Il est passé en Cru Classé en 2006, aujourd’hui il compte 23,5 hectares et c’est d’ailleurs ce qui a motivé les travaux car en 2018 on était à la capacité maximale de production « .

« En 2017, le gel a précipité les travaux, car on s’est retrouvé avec un chai vide, on avait gelé à 97%. On a alors profité de cette catastrophe pour casser les murs. En 2018, on a donc décidé d’agrandir le chai à barriques et d’adapter la cuverie. Le parcellaire a fait tout bouger, puis on en a profité pour faire du réceptif pour les professionnels et aussi de faire de l’oenotourisme. »

C’est un des rares projets architecturaux sur Bordeaux où il a été fait appel au même architecte qui avait déjà oeuvré il y a 20 ans : Bruno Legrand : « on a reconstruit 1200 m2 de bâtiment avec un étage, nouvelle cuverie et 2 nouveaux chais à barriques, et à l’étage le réceptif. »

D’emblée, le visiteur est bercé par l’histoire de la famille Florence et Dominique Decoster, qui avait réalisé une première carrière dans la porcelaine que l’on retrouve en décor et dans les vitrines d’exposition. Un château très incarné par eux mais aussi la jeune génération Caroline et Ludovic avec leur idées bien senties d’aménagement et de conduite du vignoble.

Durant le 1er confinement, Caroline Decoster est entrée en contact avec le poète franco-sénégalais Souleymane Diamanka, qui a réfléchi sur le métier de vigneron et écrit des poèmes ou phrases spécialement pour le château : « je lui ai dis c’est tellement beau ce que tu nous écris que j’aimerais mettre ce que tu as déclamé sur les murs… ». Ainsi le premier message délivré à l’entrée de Souleymane Diamanka : 

Etre vigneron, c’est adopter une attitude humble, prendre l’habitude de s’adapter. Avant que la structure d’un vin ne soit noble, il y a tant de subtilités à capter, » Souleymane Diamanka

Avant de commencer la visite, l’oenotouriste est interpelé par une video de déambulation groovy aux accents hip-hop réalisée par le groupe Sandy Smoke, sur une chorégraphie de Global Mouvement Bordeaux (voir ci-dessous). Mais aussi une autre vidéo réalisée par Pierre Le Hong « pour que les gens comprennent où on est localisé, où on est situé par rapport à Saint-Emilion et par rapport à nos voisins comme les châteaux de Valandraud ou de Pressac. Avec cette video, on voit qu’on est vraiment sur cette ligne de coteaux nord avec une omniprésence de la forêt… » Et Caroline Decoster de dévoiler les 3 domaines qu’ils gèrent entre Fleur Cardinale, Croix Cardinale et Fleur Cardinale Blanc , au total 37 hectares. « Fleur Cardinale a été le 1er château du secteur à être classé en 2006, c’est le secteur le plus frais de l’appellation, pour arriver à maturité certaines années étaient compliquées, mais aujourd’hui avec le réchauffement climatique les cabernet franc et sauvignon arrivent à maturité… »

Et puis il y a ce couloir sensoriel qui mène à la vigne et permet au visiteur de s’imprégner de l’ambiance à la vigne, en fonction des saisons, avec un jeu de lumières, de chants d’oiseaux et de bruits de travaux à la vigne. « Je voulais un moment hors du temps avec un sentiment d’apaisement avec ces chants d’oiseaux et ce plafond où l’on découvrent de plus en plus de fleurs, qui symbolisent la récolte… »

Au bout du couloir, une jolie vision du vignoble de Fleur Cardinale planté à 75% de merlot, 18% de cabernet franc et 7% de cabernet sauvignon. « Là on a une emprise directe avec la vigne, on va au contact avec la vigne et on voit ce qui s’y passe ». Fleur Cardinale est depuis 2021 en conversion bio. Cette année, comme bon nombre de châteaux, le domaine est aussi confronté au mildiou mais cela devrait impacter moins de 15% de la récolte… 

Caroline Decoster dans le cuvier aux couleurs de l’étiquette © JPS

Le cuvier est aux couleurs de Fleur Cardinale, on est dans l’idée d’avoir un petit écrin, un petit cocon… » Caroline Decoster

Le cuvier comporte 17 cuves inox de 68 à 109 hectolitres, « pour mieux s’adapter au parcellaire, des cuves tronconiques, double peau pour gagner en précision et en terme d’extraction ».

Toutes seront remplies au moment des vendanges par un petit cuvon de 5 hectolitres. Et de préciser « on a gagné également en rapidité et en réactivité, à partir du moment où l’on goûte un raisin mûr à la vigne, la parcelle est ramassée assez rapidement. »

Le chai à barriques en 2 partie est très sobre, de couleur argile, « il y a suffisamment d’espace pour que tout le monde travaille dans le meilleur confort ». Juste à côté un chai expérimental: c’est la « pouponnière, le bébé de mon mari » ou l’antre de Ludovic Decoster qui y réalise là des micro-vinifications, « l’idée est de gagner en finesse dans la trame du vin, de gagner en complexité, avec seulement 8 à 10% qui va rentrer dans l’assemblage final. »

En haut de l’escalier demi-lune, qui surplombe une vinothèque vitrée, la boutique avec exclusivement des objets fabriqués en France et des livres qui n’ont pas été choisis par hasard, sans parler bien sûr des crus de la propriété. « On ne voulait pas que notre boutique ressemble au duty free de Roissy-Charles de Gaulle », précise Ludovic Decoster.

Les Decoster ont souhaité privilégier des visites privées, en famille, entre amis, par groupe maximum de 12 personnes: « on veut que ce soit paisible, que les gens prennent le temps ».Juste à côté une immense bibliothèque qui rassemble des livres et objets personnels des Decoster, avec une platine vinyl avec laquelle les gens pourront passer les disques qu’ils voudront tout en continuant leur visite sur la terrasse ou en train de déguster et de feuilleter un livre sur un canapé…

Le tout devant une oeuvre d’art de Marik Korus, qui réalisait traditionnellement des coraux en porcelaine et là un cercle de 858 fleurs de porcelaine blanche sur fond rouge qui rappellent le nom du château: « l’artiste a passé 4 jours à les visser une à une… »

Ce vaste espace mène à une première salle de dégustation mais aussi à une très grande salle-à-manger (dotée également d’une autre salle de dégustation attenante) qui donne l’impression de se sentir à la maison pour accueillir les visiteurs privés, professionnels et séminaires, avec une gigantesque table réalisée par Art Concept (qui a oeuvré précédemment à la Cité du Vin). L’ensemble a été réalisé avec l’agence de design intérieur Au Long Cours.

Les salles de dégustations de Fleur Cardinale donnent sur la terrasse-jardin © JPS

Tous ces espaces du 1er étage donnent sur une terrasse de 250 m2, avec au centre un jardin de 110 m2 agrémenté d’espèces locales de plantes vivaces (pennisetum, gaura, aster). Un jardin, réalisé avec le paysagiste Atelier Renan Rousselot,  agrémenté de lignes rouges pour symboliser les écosystèmes qui ne sont pas fixés dans le temps. Fleur Cardinale est une visite surprenante qui vous laissera aussi une impression hors du temps.

Hip-Hop à © château Fleur Cardinale par Sandy Smoke et Global Mouvement Bordeaux :

17 Juil

L’image du jour : une gigantesque fresque en l’honneur du Tour de France et des vignerons de Saint-Emilion

Vous allez la voir cet après-midi sur France 2. C’est une fresque remarquable qui a été commandée par le Conseil des Vins de Saint-Emilion et réalisée par Pierre Duc, un artiste de LandArt. A admirer vue du ciel !

La fresque de Pierre Duc commandée par le Conseil des Vins de Saint-Emilion © Guillaume Bonnaud

« C’est le Conseil des Vins de Saint-Emilion qui m’a sollicité, pour intervenir sur une parcelle de la Tour Figeac », m’explique Pierre Duc, venu spécialement de Besançon.

L’artiste a réfléchi et fait plusieurs proposition de dessins à réaliser sur cette parcelle (qui je le précise n’a pas été arrachée pour l’occasion): la première idée a été de faire déjà un Bacchus ou puis il s’est orienté vers une fresque alliant le vélo et le métier de vigneron: « on a retenu un tandem avec devant le maillot jaune qui pédale comme un pur sang et un vigneron qui pédale avec sa hotte dans le dos qui pédale moins vite, avec ses outils,… »précise Pierre Duc.

L’objectif était de mettre en valeur les viticulteurs et les cyclistes qui tous font des efforts considérables dans leur quotidien et en course.

Cette fresque a été réalisée avec des matériaux bio, de la paille, des écorces broyées, etc, 10 jours de travail pour une superbe restitution qui sera visible de l’hélicoptère du Tour de France cet après-midi et déjà saisie par Guillaume Bonnaud.

07 Juil

Académie du Vin de Bordeaux : le Prix Montaigne 2021 est décerné à Michel Azouvi

« Français, on ne vous a rien caché », tel est l’ouvrage de Michel Azouvi chez Gallimard, récompensé hier soir par Pierre Hurmic et Jean-Pierre Rousseau de l’Académie du Vin.

Jean-Pierre Rousseau, Pierre Hurmic, Michel Azouzi et Xavier Darcos © Académie du Vin

C’était hier soir au Palais Rohan. Michel Azouvi s’est dit « très honoré de recevoir ce prix littéraire de Montaigne » par le jury présidé cette année par Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut. Ce prix littéraire décerné par l’Académie du Vin et la Ville de Bordeaux récompense depuis 2003  la qualité d’un essai portant des valeurs d’humanisme, de liberté et de tolérance, valeurs qui comptaient énormément pour l’écrivain maire de Bordeaux de 1581 à 1585.

François Azouvi, directeur d’études à l’EHESS, historien et philosophe, a réalisé un ouvrage sur la mémoire de la seconde guerre mondiale et sa mythologie nationale, il questionne la trace de la résistance encore vivace dans notre société, Il bat en brèche la croyance en le mensonge, consolateur d’une dissimulation de la réalité aux Français après la guerre, embellissant leur comportement et glorifiant la mémoire d’une résistance en vérité moins reluisante que sa légende dorée.

Ce prix constitué de 120 bouteilles de grands crus de Bordeaux, offerts par les châteaux memebres de l’Académie du Vin de Bordeaux, a donc été remis hier soir devant une cinquantaine de personnes présentes, suivi d’un dîner à la mairie avec l’Académie. Paul Veyne a reçu un prix spécial du jury pour l’ensemble de son oeuvre, il a été l’auteur de nombreux ouvrages  sur l’antiquité.

15 Juin

Bordeaux Fête le Vin : « chat alors ! » Les Bordelais miaulent déjà sur les quais en adoptant les chats de Philippe Geluck…

C’est l’un des temps forts qui marque le démarrage de Bordeaux Fête le Vin. L’exposition « le Chat Déambule » est déjà visible sur les quais de Bordeaux. Côté Châteaux vous la dévoile en avant première avec son auteur, le belge Philippe Geluck. A voir tout l’été, jusqu’aux journées du patrimoine.

« Merci de les avoir fait venir à Bordeaux ! » C’est un cri du coeur qu’adresse en ce matin une Bordelaise à Philippe Geluck. A peine les 20 chats en bronze sont-ils installés, que déjà tous les Bordelais, présents pour leur jogging, en balade à pied ou à bicyclette, s’arrêtent pour adopter ce sympathique gros matou.

 Ils sont très beaux, conformes à la bande dessinée, surtout pleins d’humour ! »

« Ah j’adore, on avait déjà toutes les photos par les enfants qui nous les avaient envoyées de Paris sur les Champs et là on les revoit là, c’est superbe… »

Cela fait un an qu’ils attendaient ces 20 chats en bronze de 2m70 à Bordeaux. Cette exposition « le Chat déambule » était prévue pour Bordeaux Fête le Vin 2020, elle a été décalée pour cause de crise sanitaire et présentée d’abord à Paris.

« On a démarré par les Champs-Elysées, pendant 2 mois et demi avec 2,5 à 3 millions de visiteurs, » précise Philippe Geluck l’auteur du Chat qui a créé ce personnage en 1983 pour le journal belge Le Soir, « mais là on se dit qu’elle va être encore plus belle parce que cette vue sur la Garonne met en valeur les sculptures… »

Après la plus belle avenue du monde, on a les plus beaux quais du monde, donc on est vernis », Philippe Geluck.

Des chats poétiques au chats surréalistes, on en trouve pour tous les goûts et dans tout ses états. Le chat gag ou le chat philosophe. Il y a aussi 3 sculptures qui portent un message comme le chat martyre: « c’est un hommage à mes confrères assassinés, je l’ai représenté en martyre de San Sébastien, qui lui était transpercé de flèches par les Romains, lui ici est transpercé de crayons qui symbolisent notre métier et les petits oiseaux que j’ai posés sur les crayons sont un signe d’espoir… »

Après Paris, Bordeaux, Caen, Genève, le Chat se plaît à rêver de New-York pour y être exposéCes chats seront vendus par la suite aux enchères pour financer le Musée du Chat en Belgique. Faudrait tout de même pas que le Chat prenne la grosse tête, un chien est venu le lui rappeler…

  « Regardez il y a un chien qui est venu lever la patte sur le chat ! Je voudrais m’adresser à tous les chiens de Bordeaux et leur dire de respecter un confrère malgré tout. »

Chatperlipopette, chatpristi, tout fout le camp ma bonne dame, ah si je retrouve cette chatloperie de chien qui a osé…

(Photos Jean-Pierre Stahl et JM Litvine)

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine et Christophe Varone : 

12 Mai

Côté châteaux n°23, le magazine spécial nouveaux chais du bordelais

Vous allez être subjugués par ces superbes chais, à la fois une ode au design et une prouesse technique et architecturale. Côté châteaux vous emmène visiter le nouveau chai du château Valandraud avec Jean-Luc Thunevin et Muriel Andraud. A Saint-Emilion, vous découvrirez également le nouveau chai de Figeac avec une visite guidée par la famille Manoncourt. Autre visite guidée étonnante avec Véronique Sanders et le chai-jardin de Haut-Bailly en Pessac-Léognan mais aussi celui de Latour-Martillac en compagnie de la famille Kressmann. Enfin, Lynch-Bages vous étonnera par son chai tout en transparence avec Jean-Charles Cazes. A voir sur France 3 Noa lundi 17 mai à 20H05.

Edouard Touton, architecte, Muriel Andraud et Jean-Luc Thunevin devant leur nouveau chai de Valandraud © JPS

C’est un très joli numéro de Côté Châteaux qui va vous faire rêver. A sillonner le bordelais et depuis ce premier magazine « Bordeaux, la métamorphose » diffusé sur France 3 Aquitaine sur une première salve de nouveaux chais livrés en 2017, je me suis dit qu’il fallait réactualiser le propos avec ces derniers chais sortis de terre….Et oh là là, je vois déjà poindre les critiques, mais oui ce magazine n’est pas exhaustif, et bien sûr je vais faire quelques déçus qui ont aussi rendu une belle copie, j’en suis navré, qu’ils veuillent bien m’excuser.

Ce n°23 de côté châteaux vous emmène déjà du côté de Saint-Etienne-de-Lisse à la rencontre de Jean-Luc Thunevin et Muriel Andraud, les propriétaires du château de Valandraud, « partis de rien en 1984 avec 100 000 francs » et qui aujourd’hui sont à la tête de 40 hectares à Saint-Emilion, 4 hectares à Pomerol, des hectares à Lalande-de-Pomerol et dans le bordelais….

Avec leur architecte Edouard Touton, vous allez découvrir le nouveau chai de Valandraud, véritablement encastré dans la colline : « la volonté initiale était de faire un batiment qui s’inscrive au mieux dans le territoire saint-emilionnais, enterré à 5,5 mètres au niveau des fondations, on ne pouvait pas aller trop profondément parce qu’il fallait intégrer tout le système de cuves, et le plus important était la technicité et l’usage des travailleurs du vin, donc on ne pouvait pas se permettre d’avoir des cuves trop hautes pour le travail… »

« L’idée de départ était de le rendre le plus discret possible, avec la géothermie adaptée, c’est presque un grand puis canadien par exemple », explique Jean-Luc Thunevin. « Il y a eu un vrai travail en amont avec l’architecte des bâtiments de France, les vraies références sont les hangars agricoles de nos régions qui sont d’une pureté et d’une beauté impeccable et qui se fondent dans le paysage, avec ces grands piliers de pierre et ces charpentes… », commente Edouard Touton. « Le projet était de créer une mini-centrale photovoltaïque, qui permette de pouvoir intégrer toute la consommation faite par le chai au moment des vendanges ».

Et de découvrir ces cuves d’une mixité incroyable : « il y a du bois, de l’inox, du bois tronconique normal et  de l’inox tronconique inversé…La c’est la tradition d’un côté avec le pigeage un peu dur car le marc se compresse en venant en haut alors que dans l’autre le marc est beaucoup plus mince et donc beaucoup plus facile à piger, donc l’extraction sera plus douce, on est dans une formule 1″…ajoute Jean-Luc Thunevin.

Le chai de Figeac © JPS

Durant 30 mois, château Figeac à Saint-Emilion a engagé des travaux dantesques, avec pas moins de 50 entreprises, des travaux sous l’égide du cabinet d’architectes bordelais A3A, pour un montant de 15 millions d’euros. « Le plafond est une vague qui fait son petit effet et nous sommes très contents d’avoir utilisé le bois, la pierre, l’acier, des beaux matériaux…Nous n’avons utilisé que des entreprises régionales, ça cela nous faisait plaisir…« commente Marie-France Manoncourt la propriétaire. 

Un toast avec le millésime 2015 en l’honneur de Figeac © JPS

« Nous entrons maintenant dans le cuvier de château Figeac », explique à son tout le directeur général Frédéric Faye. « Nous avons profité du relief collinaire de la propriété pour l’intégrer dans le sol, puisque 63% du projet se trouve sous le niveau du sol. Il était important pour nous d’équipe avec la dernière technologie l’ensemble de cet outil, mais toutefois cette technologie est cachée car ce n’est pas cela qui fait un grand vin, c’est la qualité du terroir de château Figeac ».

(Retrouvez ici le reportage sur « Figeac : la renaissance de ce 1er grand cru classé de Saint-Emilion avec son somptueux chai »)

Véronique Sanders devant le nouveau chai jardin de Haut-Bailly © JPS

A Léognan, il y a de quoi être aussi subjugué, le château Haut-Bailly, cru classé de Graves vient de voir livré son chai-jardin. C’est Véronique Sanders qui nous y reçoit : « la grande force de ce batiment, c’est d’avoir été complétement intégré dans l’environnement, le jardin se prolonge et c’est comme une croupe de vigne qui vient s’élever un peu plus loin…On ne voit rien de l’extérieur, et néanmoins, on a un volume et un espace de travail à l’intérieur qui est sensationnel. »

« C’est Bob Wilmers, le propriétaire de Haut-Bailly, qui en juillet 2017 lorsqu’il a vu le projet a eu un coup de coeur comme nous tous…Il a donné son feu vert en disant de le faire rapidement, malheureusement il nous a quitté en décembre 2017 et le projet a été porté par la suite par sa famille. »

Ce jardin suspendu et ce chai d’élevage ont été réalisés par l’architecte Daniel Romeo : « c’est un chai qui a été conçu pour qu’on puisse circuler autour, c’est extrêmement fonctionnel, la particularité de ce chai, c’est qu’il n’y a aucun poteau, il y a une voûte d’un diamètre de 38 mètres et 1500 m 2  sans  un seul poteau et cette voûte contient des puis de jour, pour laisser passer la lumière naturelle, et imaginez aussi qu’il y aun jardin, donc vous voyez la performance technique et architecturale qui réside dans ce chai. »

En dessous, on découvre les 54 cuves disséminées sur tout le pourtour de ce chai pour faire du parcellaire: « au centre de ce cuvier nous avons une dizaine de cuves de 50 hectolitres, et puis nous avons des cuves de 70, 80, 85 et 90, ces cuves ont été réalisées par une entreprise qui a le brevet pour installer la thermorégulation dans la paroi de la cuve, ce qui nous évite d’avoir un serpentin au centre de la cuve. En dessous du cuvier, le chai à barriques également circulaire qui peut contenir jusqu’à 900 barriques, là sur un niveau car il contient la récolte 2020 qui était une récolte relativement petite, mais on pourrait très bien envisager que ces barriques soient sur 2 niveaux….Nous sommes ici enterrés à 10 mètres de profondeur, et comme vous pouvez le voir, il y a une température naturelle de 14° qui fait que nous n’avons quasiment pas besoin d’utiliser l’air conditionné. »

Sur la façade de ce chai circulaire est inscrit « Haut-Bailly Cru exceptionnel » : « c’est une référence à la grande et longue histoire de Haut-Bailly puisque c’est une mention qui a figuré sur nos étiquettes pendant pratiquement un siècle et qui faisait référence à ce terroir extraordinaire de graves et d’argile. C’est un petit clin d’oeil au passé », précise Véronique Sanders.

Lynch-Bages, un bâtiment élégant, réalisé en transparence © JPS

Le célèbre château Lynch-Bages, propriété de la famille Cazes, s’est doté aussi d’un joyau, un nouveau chai tout en verre, ultra-sophistiqué, dessiné par Chien Chung (Didi) Pei et réalisé avec l’architecte bordelais Arnaud Boulain. Un chai qui contient désormais 80 cuves inox pour faire du parcellaire, avec aussi en sous-sol 2000 barriques. C’est Jean-Charles Cazes, aux commandes de Lynch-Bages, qui me fait la visite guidée:

Jean-Charles Cazes dans le nouveau Cuvier de Lynch Bages © JPS

« Nous avons aujourd’hui 80 cuves, dans notre cuvier, nous en avions 40 auparavant, donc cela nous a permis de diminuer la taille moyenne de chaque cuve… et d’avoir des cuves plus adaptées à notre travail de sélection intra-parcellaire, cela fait partie des recherches que nous avons faites depuis une vingtaine d’années à Lynch-Bages pour plus de précision ».

Quand le passé et le futur se rencontrent à Pauillac, Lynch-Bages brille de mille feux © Jean-Pierre Stahl

Et de m’emmener visiter le gigantesque chai à barrique 2 niveaux en dessous: « nous voici dans le chai d’élevage, qui accueille aujourd’hui la récolte 2020 qui est le 1er millésime que nous avons vinifié dans ces nouvelles installations…et vous voyez que l’espace est assez vaste…puisque le chai a été conçu pour accueillir 2 récoltes avec 2000 barriques… Si on a deux récoltes successives de fort rendement, cela nous permet de ne pas à avoir à remonter les barriques en cuves pour faire la place à la récolte qui suit. On travaille  avec des chênes français de chauffe moyenne, et on a 70% de barriques renouvelées chaque année sur notre grand vin ».

(Retrouvez ici le reportage sur : Lynch-Bages: « un nouveau chai tout en verre doté des dernières technologies pour sublimer le vin »

Edouard et Tristan Kressmann, dans leur nouveau chai livré en 2020© JPS

Au château Latour-Martillac, ce sont Tristan et Edouard Kressmann qui nous recoivent et nous montrent ce chai très harmonieux qui s’intègre totalement dans l’existant. « Effectivement c’était un désir de la famille que ces bâtiments s’intègrent, on n’avait pas beaucoup de place, donc on ne voulait pas choquer avec l’ancien, la seule touche un peu moderne, cela va être cette boutique et ses verrières », commente Edouard Kressmann.

C’est un nouveau chai mais aussi pas mal axé sur l’oenotourisme : « il faut se mettre à la page et c’est vrai qu’on a profité de cette occasion pour aménager un espace pour accueillir nos visiteurs, tous les ans plus nombreux », selon Tristan Kressmann. C’était l’occasion de concevoir quelque chose de moderne qui raconte l’histoire de Latour-Martillac avec mon grand-père qui a acheté le château en 1930, les grands consultants qui nous ont rejoint Michel Rolland et avant Denis Dubourdieu.Bref toute la famille se retrouve représentée dans ces fresques réalisées par un peintre bordelais Max Ducos et c’est absolument formidable. »

Et les Kressmann de nous faire découvrir leur cuvier tout en inox : 22 nouvelles cuves, 16 de 125 hectolitres et 6 de 70 hectos. « Nous fonctionnons avec de l’inox depuis plus de 30 ans ici et on s’est rendu compte de l’efficacité et Denis Dubourdieu nous a dit surtout ne vous embêtez pas vous maîtrisez parfaitement ce mode de cuvaison. Gardez l’inox, vous serez plus tranquilles, » commente Tristan Kressmann.

Et de nous inviter à déguster dans leur chai à barriques le millésime 2020 qui a eu la chance d’inaugurer dès septembre ce nouveau chai: « c’était un millésime très compliqué à la vigne avec les fortes pluies à la vigne qui ont amené du mildiou et la sécheresse de juillet, mais heureusement on a eu des raisins très concentrés, et au final on a un super vin, typiquement Bordeaux…avec de la fraîcheur, du fruit, des jolis tannins, une très jolie structure en bouche, vraiment un régal », selon Edouard Kressmann. Et pour Tristan Kressmann : « c’est une série absolument magique, 2018, 2019, 2020 une série incroyable… »

Un numéro savoureux de Côté Châteaux réalisé par Jean-Pierre Stahl avec Alexandre Berne, à voir le lundi 17 mai à 20H05 sur France 3 NOA et aussi sur You Tube : 

26 Avr

Lynch-Bages: « un nouveau chai tout en verre doté des dernières technologies pour sublimer le vin »

Le célèbre château Lynch-Bages, propriété de la famille Cazes, s’est doté d’un joyau, un nouveau chai tout en verre, ultra-sophistiqué, dessiné par Chien Chung (Didi) Pei et réalisé avec l’architecte bordelais Arnaud Boulain. Un chai qui contient désormais 80 cuves inox pour faire du parcellaire, avec aussi en sous-sol 2000 barriques. Visite guidée avec Jean-Charles Cazes, aux commandes de Lynch-Bages. Un portrait à retrouver dans le n°23 de Côté Châteaux spécial nouveaux chais du bordelais.

Quand le passé et le futur se rencontrent à Pauillac, Lynch-Bages brille de mille feux © Jean-Pierre Stahl

« Bonjour Jean-Pierre, bienvenue à Lynch-Bages… », ainsi m’accueille Jean-Charles Cazes, co-propriétaire et directeur général, à l’entrée du bâtiment tout en verre qui se reflète de manière originale dans une fenêtre de l’ancien bâtiment en pierre conservé juste à côté. Une nouvelle page d’histoire s’écrit depuis ce fameux cru de Lynch à Lynch-Bages aujourd’hui.

« Une entrée en fanfare, » commente le papa Jean-Michel, très célèbre figure du Bordelais qui a été aux commandes de Lynch-Bages jusqu’en 2006 (de retour sur la propriété en 1973) mais aussi Grand Maître de la Commanderie du Bontemps et qui a aussi créé le village…« Ca vous plait ? Magnifique… La où c’est le plus beau c’est quand le soleil est couché et que le ciel reste clair. »

Jean-Charles Cazes, dans le nouveau cuvier de Lynch-Bages © JPS

Ce nouveau chai de 11 000 M2 s’inscrit à la perfection entre le château de Lynch-Bages et le village de Bages. Un projet démarré en 2017, dessiné par Chien Chung (Didi) Pei, que Jean-Michel Cazes avait rencontré avec son père Ieoh Ming Pei il y a 30 ans lors de la construction de la pyramide du Louvre, un chai construit en collaboration avec l’architecte bordelais Arnaud Boulain, : « nous voici dans les nouveaux bureaux de Lynch-Bages après 4 ans de travaux, là vous êtes dans l’accueil déjà avec les peintures d’un peintre local qui s’appelle Julien Calvet et dont la famille était propriétaire au XIXe de Croizet Bages », commente Jean-Charles Cazes.

UN BATIMENT MODERNE ET FONCTIONNEL AU SERVICE DU VIN

« Ici nous nous trouvons à l’étage supérieur du cuvier, où on découvre notre système de vinification gravitaire, on a la réception de vendange en contre bas et vous avez ici les ovides dans lesquels sont élevées les baies une fois éraflées, et on se trouve à l’étage supérieur au niveau des cuves où nous encuvons par gravité les raisins. »

Une originalité et prouesse technique avec ces cuves ascenseurs © JPS

« Nous nous trouvons à côté des cuves ascenseurs, ces cuves ascenseurs sont utiles durant les périodes de vinification, car elles nous permettent de faire des opération de macération assez importantes, car car on fait ce qu’on appelle des délestages, nous les remplissons par gravité et une fois remplies, la cuve remonte à l’étage supérieur pour redéverser le jus de raisin en fermentation sur le chapeau de marc et permette ainsi une meilleure macération ».

Un batiment élégant, réalisé en transparence © JPS

« Nous avons aujourd’hui 80 cuves, dans notre cuvier, nous en avions 40 auparavant, donc cela nous a permis de diminuer la taille moyenne de chaque cuve… et d’avoir des cuves plus adaptées à notre travail de sélection intra-parcellaire, cela fait partie des recherches que nous avons faites depuis une vingtaine d’années à Lynch-Bages pour plus de précision ».

« Là je vous emmène au chai Skawinski, qui est le chai du XIXe, il a été l’inspiration de cette réalisation puisqu’on a repris ces procédés de vinification gravitaire qui avaient été inventés par Skavinski au XIXe…Ce chai a été construit en 1860 et a été utilisé jusqu’en 1975 qui a été le dernier millésime vinifié dans ce cuves, il s’avère aujourd’hui que c’est le dernier exemple de chai du XIXe de vieux chai bordelais qui soit conservé intact dans son jus »

Et de m’emmener visiter le gigantesque chai à barrique 2 niveaux en dessous: « nous voici dans le chai d’élevage, qui accueille aujourd’hui la récolte 2020 qui est le 1er millésime que nous avons vinifié dans ces nouvelles installations…et vous voyez que l’espace est assez vaste…puisque le chai a été conçu pour accueillir 2 récoltes avec 2000 barriques… Si on a deux récoltes successives de fort rendement, cela nous permet de ne pas à avoir à remonter les barriques en cuves pour faire la place à la récolte qui suit. On travaille  avec des chênes français de chauffe moyenne, et on a 70% de barriques renouvelées chaque année sur notre grand vin ».

Et de continuer cette fabuleuse visite avec un escalier monumental, véritable oeuvre d’art qui mène du chai à barrique au cuvier et aux bureaux à l’étage: « ces escaliers-là sont une prouesse technique, ce sont des escaliers auto-portés, qui n’ont pas de points d’ancrage sur les côtés, ils sont uniquement reliés au sol et à l’arrivée…  « De retour dans le cuvier où la luminosité naturelle du cuvier… La façade ici au sud est abrité par la maille inox qui agit comme brise-soleil, et permet d’éviter le rayonnement direct… ».

UNE FUTURE SALLE DE DEGUSTATION AVEC VUE SUR LE VILLAGE 

Tout est fait en transparence et en subtilité, poussez encore 2 grands battants et vous atterrissez dans la future salle de dégustation : « elle permettra d’accueillir les visiteurs dès que nous pourrons rouvrir au public, on est intégré dans le village avec le voisinage des bâtiments anciens…du café Lavinal qui va j’espère réouvrir bientôt… »

Tout en faisant le tour du nouveau bâtiment, on imagine la rentrée de récolte avec une immense porte:  « ici c’est la réception de vendange, c’est une grande porte avec une inspiration japonisante, puisque cela ressemble à ces parois de riz japonaise, qui nous permet d’ouvrir sur un espace de 400 m2, où on accueille 3 lignes de réception de vendange, l’important du projet c’est d’être capable d’avancer très vite, si la météo nous presse, et on doit pouvoir ramasser avec notre équipe de 150 vendangeurs, de pouvoir ramasser 12 hectares ».

La visite se termine par une séquence dégustation sur le millésime 2018 : « Le terroir de Lynch Bages, il est assez regroupé ici sur ce plateau, c’est assez simple de définir ce qu’est un grand terroir à Bordeaux, il suffit d’être sur une butte, sur une petite élévation, de regarder à ses pieds et de voir si on a de la grave et puis d’avoir une vue sur la Gironde, cela détermine un peu le micro-climat de la parcelle… On est sur des terroirs qui sont relativement précoces, peu gélifs, des terroirs de grands cabernet-sauvignons… » ajoute Jean-Charles Cazes.

« Nous voilà équipés pour les décennies qui viennent avec cet outil flambant neuf, c’est le début d’une aventure, 2020 a été le 1er millésime, et voilà on est très content et on va pouvoir chaque année s’améliorer un petit peu…et faire de plus grands vins encore. »

13 Avr

Figeac : la renaissance de ce 1er grand cru classé de Saint-Emilion avec son somptueux chai

Figeac, un nom mythique à Saint-Emilion. Le nom d’un 1er grand cru classé, 54 hectares dont 41 de vigne qui vient de terminer des travaux titanesques qui ont duré 30 mois et coûté quelques 15 millions d’euros. Tour d’horizon avec la famille Manoncourt qui me sert de guide et Frédéric Faye, le directeur général du château. Ce chai et cette histoire seront dans le prochain Côté Châteaux spécial nouveaux chais du bordelais en mai prochain sur France 3 Noa.

Une partie de la famille Manoncourt devant la bâtisse historique de Château Figeac © JPS

« Bonjour Jean-Pierre, je suis heureuse de vous recevoir, bienvenue, bienvenue à château Figeac ! Je vous présente Blandine, une de mes filles, Hortense, une autre de mes filles… La famille est ici depuis 1892,ce n’était pas un millésime terrible mais 1893 était très très bon », commente la maman  Marie-France Manoncourt. « Figeac vit depuis très longtemps avec ce nom de figeacus qui date d’un Romain qui était dans les lieux…au 2e siècle… »

Et Blandine de Brier-Manoncourt de me montrer cette cloche qui fait partie intégrante de la famille et des traditions dans ce magnifique château : « c’est la cloche qui permet d’appeler les enfants et les membres de la famille à passer à table… Quand c’est prêt, en général on nous appelle comme cela, ce qui est amusant car cela date d’avant le téléphone portable, mais on utilise toujours la cloche parce qu’on l’aime bien, on y est attaché… »

Blandine de Brier-Manoncourt, Marie-France Manoncourt et Hortense Idoine Manoncourt © JPS

« Depuis bientôt 2 millénaires, il y a toujours eu des constructions à Figeac », commente Hortense Idoine Manoncourt. « Cela a toujours évolué et à un moment donné, il faut savoir se mettre à la page… » Et Marie-France de me montrer le magnifique portail qui ouvre sur le tout nouveau chai de Figeac : « vous voyez cette frise, elle a été dessinée par mes petites filles, pendant le confinement, elles se sont rendues utiles durant le 1er confinement avec ce côté artistique, avec aussi l’ajout de la chèvre et du lion, emblèmes de la famille aussi. Et suivant la lumière cette frise rayonne de façon différente…

Le portail du nouveau chai avec ses lettres découpées au laser et la frise réalisée par les enfants Manoncourt © JPS

Durant 30 mois, château Figeac a engagé des travaux dantesques, avec pas moins de 50 entreprises, des travaux sous l’égide du cabinet d’architectes bordelais A3A, pour un montant de 15 millions d’euros. « Le plafond est une vague qui fait son petit effet et nous sommes très contents d’avoir utilisé le bois, la pierre, l’acier, des beaux matériaux…Nous n’avons utilisé que des entreprises régionales, ça cela nous faisait plaisir…« commente Marie-France Manoncout.

L’extérieur du nouveau chai en partie enterré © JPS

« Nous entrons maintenant dans le cuvier de château Figeac », explique à son tout le directeur général Frédéric Faye. « Nous avons profité du relief collinaire de la propriété pour l’intégrer dans le sol, puisque 63% du projet se trouve sous le niveau du sol. Il était important pour nous d’équipe avec la dernière technologie l’ensemble de cet outil, mais toutefois cette technologie est cachée car ce n’est pas cela qui fait un grand vin, c’est la qualité du terroir de château Figeac ».

Le chai de Figeac, doté de 32 cuves inox et 8 cuves bois © JPS

Toutes ces cuves ont été faites sur mesure, 32 cuves inox et 8 cuves bois, en relation avec nos parcelles voire nos intra-parcelles… » « Nous avons demandé au tonnelier Seguin-Moreau de nous mettre 2 douelles transparentes qui permettent d’observer ce qui se passe dans la cuve. Personnellement, j’aime beaucoup au moment de la fermentation, coller mon oreille contre la cuve car on entend tous les glouglous de ce qui se passe lors de la transformation des sucres en alcool. »

A l’étage, « nous sommes ici au dessus du cuvier bois, et une part d’innovation pour nous est liée à l’ergonomie et à la qualité de travail pour le personnel. Pour preuve ici un couvercle qui est manipulable par une seule personne… L’entreprise qui a créé cette cuve a fait appel à une entreprise qui travaille pour le théâtre et qui utilise des contre-poids. » « Cela a démarré par quelque chose qui est très tourné vers mle process, le confort de travail et le confort aussoi de la vie sur Figeac…Figeac, ce n’est pas seulement un vignoble, c’est un ensemble, avec une famille qui vit dans le château, une équipe qui travaille juste à côté dans les chais »

« Là, nous allons présenter, l’âme, la mémoire de Figeac, dans ce caveau qui est dédié à l’ensemble des millésimes, le plus ancien remonte à 1893, premier millésime de la famille Manoncourt… »

Et de passer à la partie dégustation commentée par Frédéric Faye, dans la magnifique salle qui surplombe le grand chai flambant neuf: « château Figeac 2015, très grande réussite, superbe réussite, solaire dans le bordelais, où Figeac révèle toute la fraîcheur toute la subtilité de ses graves, avec des fruits rouges, des fruits noirs, des épices… »

« On construit un chai pour durer, on fait des vins pour durer, Figeac s’inscrit dans un temps long »,  Blandine de Brier-Manoncourt.

Un toast avec le millésime 2015 en l’honneur de Figeac © JPS

Et de porter un toast, « au nouveau chai, longue vie à Figeac », « bravo à l’équipe », remercie Marie-France Manoncourt.

23 Mar

« Si Arsac m’était chanté » : une immersion en émotion dans l’histoire du château et de ses oeuvres contemporaines

En exclusivité, Côté Châteaux vous dévoile un avant-goût du spectacle de parlé-chanté du château d’Arsac dans le Médoc. Vous y découvrirez l’histoire du château de manière originale et de ses oeuvres contemporaines, histoire projetée sur le sol, les murs et les barriques des deux grands chais. Un immersion toute en émotion où le sens artistique est mis en avant et qui se conclue par une dégustation. A découvrir au château dès le 1er avril.

Philippe Raoux est un esthète et un ami des artistes. Une fois de plus il le prouve en mettant en scène l’histoire du château, avec Eric Bernard metteur en scène et directeur artistique. Un domaine qu’il a acheté en 1986 et pour lequel il a dépensé presque sans compter pour refaire ces vieilles bâtisses et ces vieux chais, mais aussi tout ce vignoble sur plus de 100 hectares.

On a une première projection qui raconte l’histoire de la reprise du château d’Arsac par Philippe Raoux dans toute la remise en état du château et une deuxième projection plus « fantasia », dans laquelle les différents ingrédients et éléments du vin vont venir se composer pour fabriquer le vin d’excellence, » Pierre Fossey scénographe.

Un spectacle de 45 minutes où en déambulation les visiteurs vont pouvoir admirer les 40 oeuvres contemporaines achetées chaque année par cet amateur d’art et de vin. Une visite oeno-musicale sur des textes écrits par  des auteurs bordelais François Gaulon et Muriel Ducros, avec Garlo comme compositeur, et avec Catherine Piffaretti et Jean-Louis Cassarino comme chanteurs.

« Ce qui est propre au château d’Arsac, c’est tout cet univers fantasmagorique et onirique important créé par toutes ces sculptures dans tout le parc… Le jour où Philippe Raoux a installé le pot de Raynaud dans les vignes, quel acte ! Donc, on a voulu transfigurer tout cela et remettre toutes ces oeuvres d’art au bénéfice du projet et de l’installation », explique Eric Bernard.

Eric Bernard et Philippe Raoux © JPS

Les installations d’art contemporain ressemblent à Philippe Raoux comme son vin lui ressemble, donc on a voulu réalisé au milieu de ces barriques réaliser une sorte d’éphéméride de tout ce qui est arrivé en terme artistique, de toutes ces installations, de les retrouver ici…de les transformer et de les faire s’animer et que tout cela soit un carnaval onirique important comme le vin peut l’être… » Eric Bernard metteur en scène.

Les visiteurs seront subjugués par la projection de ces images crées par Pierre Fossey, scénographe, et qui s’inspirent très concrètement des oeuvres  que l’on retrouve dans le parc et la vigne du château d’Arsac, comme celles des oiseaux de Folon, de la Grande Dame par Simon Beer…et bien d’autres.

C’est un projet en parlé chanté qui s’inspire des films de Jacques Demi que j’aime beaucoup, qui à la fois raconte l’histoire du château mais aussi glorifie certains moments de sa vie » Philippe Raoux, propriétairev du château d’Arsac.

Cette visite oeno-musicale ou ce son et lumière original se termine forcément par une dégustation des vins du château d’Arsac pour poursuivre l’expérience sensorielle.

A découvrir à partir du 1er avril au château d’Arsac : « Si Arsac m’était chanté » et ici diffusé dans le JT de France 3 Aquitaine, réalisé par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Stéphanie Plessis:

12 Fév

« Si Arsac m’était chanté » ou quand Philippe Raoux lance des visites au château d’Arsac en parlé-chanté

Philippe Raoux, c’est ce viticulteur en AOC Margaux, amoureux de l’art et des mots. Toujours à la pointe des idées novatrices et de l’insolite, il va proposer à partir du 1er avril des visites de son château d’Arsac en parlé-chanté avec des professionnels. Esthète un jour, esthète toujours.

C’est un nouveau pari sur l’avenir et une démarche très originale qu’aime souligner Côté Châteaux.

A partir du 1er avril prochain, « non ce n’est pas un poisson d’avril » me confie Philippe Raoux, le château d’Arsac, classé Cru Bourgeois Exceptionnel, va proposer à ses visiteurs une nouvelle expérience, insolite, artistique et sensorielle, en plein coeur du Médoc.

Philippe Raoux explique à Côté Châteaux cette nouvelle démarche autour de ce qui s’annonce être comme le « 1er spectacle oeno-musical » de ce genre : « c’est un projet qui est né en mars dernier. On est parti d’un constat, l’an dernier même si la propriété est en Margaux et classée Cru Bourgeois Exceptionnel, on a vendu notre vin, mais on a baissé aussi notre prix lors des primeurs de 25% pour vendre, alors que j’avais mis une éternité pour arriver à ce niveau…A côté de cela, l’oenotourisme prend de plus en plus de place et donc « :

On a eu l’idée de faire une visite en parlé-chanté, tous les films de Jacques Demy étaient en parlé-chanté comme les Demoiselles de Rochefort, les parapluies de Cherbourg ou Peau d’Ane…Et on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire… » Philippe Raoux propriétaire du château d’Arsac.

« On a constitué une équipe de 4 personnes, des professionnels, pour réaliser un petit spectacle musical de 45 minutes avec une dizaine de chansons dédiées qui parlent du vignoble de Bordeaux et du château d’Arsac », poursuit Philippe Raoux. « Il y a François Gaulon qui a créé les chansons et la la musique accompagné de son épouse Muriel, Eric Bernard -fondateur des grandes traversées et créateur de spectacles chorégraphiques modernes-, Pierre Fossey scénographe qui s’occupe de toutes les vidéos et Garlo le propriétaire du studio qui s’occupe des arrangements, avec aussi avec 2 chanteurs. »

« Ce sera une visite timée de 45 minutes, tout se passera dans les chais où visite et chansons vont aller ensemble, avec aussi une scénographie vidéo ». Pour résumer, ce sera en fait « le viticulteur qui s’exprime les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles, c’est très poétique », explique Philippe Raoux.

A cause des mesures sanitaires, les premières visites se feront à 6 personnes, mais le dispositif sera de 20 à 30 visiteurs dès que cela ira mieux. « On va mettre le feu, comme disait Johnny » me dit avec un sourire dans la voix Philippe Raoux. On l’espère bien.

« Si Arsac m’était conté »: spectacle Reno-musical dès le 1er avril les mercredi, vendredi et samedi à 14H30, durée 45mn et avec une dégustation 1h à 1h15; réservation obligatoire au 05 56 58 83 90 ou par mail à contact@chateau-arsac.com Tarif 20€ par adulte, 10€ par enfant de plus de 8 ans.