10 Sep

Les Vignobles Ducourt remportent le Grand Prix d’Or « Innovation et Avenir » des Vignobles Engagés

C’est une heureuse nouvelle pour les vignobles Ducourt et notamment les frères Jérémy et Jonathan qui mènent depuis 6 ans des expérimentations sur des cépages hybrides, résistants aux maladies. Ils ont réussi à prouver qu’ils arrivaient à diminuer par 10 les traitements de leurs vignes. Ils ont été récompensés lundi soir à la Cité du Vin par un Grand Prix d’Or « Innovation et Avenir » des Vignobles Engagés. Ce sont les vignerons du mois…

Jonathan Ducourt, dégustant son blanc Métissage, en mars 2019 © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Salut Jonathan, alors heureux ? Vous avez remporté  le Grand Prix d’Or des Vignobles Engagés décerné par Terre des Vins ? »

Jonathan Ducourt : « Cela fait effectivement plaisir d’être reconnu par tout ce qui est interprofession, région et journalistes, sur le travail que l’on fait sur les variétés résistantes depuis 6 ans. »

JPS : « Des variétés dont vous avez démontré qu’il était possible de les cultiver à Bordeaux… »

Jonathan Ducourt : « Ce sont des cépages résistants, des hybrides constitués à partir de merlots, de cabernets, de sauvignons blancs avec des vignes sauvages, d’autres variétés vitis, qui amènent de la résistance aux champignons…En faisant ainsi ces croisements, on arrive à trouver un descendant à la 5e ou 6e génération qui fait un bon raisin qui est désormais résistant. C’est assez répandu, dans de nombreux pays mais pas en France car on continue à travailler sur les appellations et les cépages emblématiques. Dans d’autres pays, comme l’Allemagne, la Suisse, le Canada, ils se posent moins de questions car ils sont moins sur les appellations que nous. Ils sont plantés en variétés internationales et en hybrides. »

JPS : Il y a une diminution flagrante des traitements phytosanitaires ? »

Jonathan Ducourt : « On fait effectivement 1 ou 2 traitements par an, par saison et on le fait en bio, avec du cuivre. Au lieu de faire 8 à 10 passages, on en fait presque 10 fois moins. Cela réduit beaucoup. A la fin tu as des raisins sains, un rendement correct et pas de maladies. On est content au niveau qualitatif, cela fonctionne. Au niveau vignoble, le challenge c’est de les faire connaître, surtout tu pars avec des cépages inconnus…

JPS : « Et donc le vin ainsi produit, vous l’avez baptisé Métissage, pourquoi ? »

Jonathan Ducourt :  « Métissage, c‘est un mélange en fait, comme c’est un mélange de variétés, on trouvait cela sympa de le retrouver dans le nom de la marque, et en plus en anglais cela sonne bien. »

Regardez le premier reportage effectué par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer en 2016 avec Jeremy Ducourt :

JPS : « Combien d’hectares avez-vous passés en cépages résistants ? »

Jonathan Ducourt : « Aujourd’hui, à Bordeaux, on a 13,5 hectares de cépages résistants, hybrides. On a de jeunes vignes comme d’autres plus anciennes en production, on fait du vin avec les vignes qu’on a planté il y a 6 ans. On avait eu des débuts assez compliqués, avec notamment le gel de 2017. On produit 15 000 bouteilles de blancs (cépage sauvignac) et 25 000 de rouges (cabernet jura). Les nouvelles variétés sont le muscaris et le sauvignier gris.

JPS : « Cette expérimentation risque d’être dupliquée ? »

Jonathan Ducourt :  « Ce qui est intéressant, c’est que les gens se mettent à tester de nouvelles variétés, ils réfléchissent comment adapter leur terroir au climat à Bordeaux. On a fait des émules, qui ont planté par ci par là. petit à petit, on a un petit groupe de gens qui testent ainsi d’autres variétés. »

Lire ou relire également l’article de mars 2019 : Cépages résistants à Bordeaux : l’expérimentation est déjà menée chez les Vignobles Ducourt

Voir ici la présentation du trophée Bordeaux Vignoble Engagé chez les Ducourt

Regardez le reportage réalisé en mars 2019  par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot

09 Août

L’Auberge du Vieux Puits, meilleur restaurant du monde selon TripAdvisor

Dans cette chaleur torride de l’été, l’Auberge du Vieux Puits vient de décrocher la fabuleuse meilleure note de l’ensemble de ses clients 5/5 sur TripAdvisor. Un exploit qui classe ce restaurant gastronomique tenu par la famille Goujon 1er et meilleur resto au monde pour TripAdvisor.

© Gilles Goujon, le chef de l’Auberge du Vieux Puis, (photo de profil de sa page Facebook)

C’est dans un petit village des Corbières, Fonjoncouse un village de l’Aude aux 140 âmes, où se trouve cette pépite de la restauration: l’Auberge du Vieux Puits, une affaire familiale tenue depuis 1992 par Gilles Goujon, son épouse Marie-Chrsitine et leurs deux fils Enzo et Axel. Un restaurant gastronomique qui est fière d’arborer 3 étoiles au Guide Michelin.

Ce restaurant vient de décrocher une note de 5/5 devant la Ville Blanche à Rospez dans les Cotes d’Armor et devant le Chila une belle adresse à Buenos Aires en Argentine, qui tous deux obtiennent 4,5. L’Auberge du Vieux Puits a obtenu 703 fois 5 étoiles (excellent) et 70 fois 4 étoiles (Très bon), sur 932 notes attribuées par la clientèle.

« Je croyais à un canular », confie Gilles Goujon au Parisien. « C’est beaucoup d’émotion parce que cela vient directement de nos clients. Ce titre récompense l’équipe entière » commente encore avec humilité Gilles Goujon qui emploie 45 personnes et qui peut compter sur de fabuleux producteurs locaux.

​​​​​​ »Vous ne vous rendez pas compte, c’est incroyable ! Notre restaurant est au fin fond de la pampa et on figure dans un classement mondial ! Avec mon équipe, on a chanté « On est les champions » dès qu’on a appris la nouvelle, on est super heureux ! » confie Gilles Goujon à France 3 Occitanie. « Je sais que les commentaires ne sont pas toujours très bienveillants sur ce site. Du coup, ça me flatte beaucoup d’être consacré par les clients eux-mêmes. C’est une énorme récompense pour mon équipe ».

Sur sa page FaceBook, le chef commente : « c’est une grande joie, une fierté et une récompense pour mes équipes. Nous venons d’être élus « Meilleur restaurant gastronomique au Monde » au « Travellers’Choice Awards Restaurants 2020 »

« Ce classement est établi par les consommateurs du site Tripadvisoret basé sur un algorithme analysant des millions de commentaires et d’opinions recueillis au cours de l’année dernière par des voyageurs du monde entier ».
« Nous cuisinons tous les jours avec amour pour vous, pour exalter vos papilles, pour mettre en lumière les richesses de nos producteurs locaux. C’est avec vous tous que nous partageons ce prix, preuve s’il en est, que notre cuisine sait satisfaire le plus grand nombre, MERCI infiniment. »
Vivre une cuisine haute couture, quelque part en Corbières ! »

Un grand Bravo de Côté Châteaux à la famille Goujon, à l’ensemble de l’équipe de l’Auberge du Vieux Puits.

A lire également : Dans l’Aude, l’auberge étoilée de Gilles Goujon sacrée « meilleur restaurant du monde » dans un classement TripAdvisor

Auberge du Vieux Puits, 5 avenue Saint-Victor, 11360 Fontjoncouse, tel 04 68 44 07 37

27 Jan

Christopher Coutanceau, Glenn Viel et Kei Kobayashi, les 3 nouveaux chefs 3 étoiles

Le Guide Michelin a dévoilé en cette fin d’après-midi les noms des 3 nouveaux chefs qui décrochent 3 étoiles : Kei Kobayashi premier Japonais à recevoir trois étoiles en France, mais aussi Glenn Viel en Provence et Christopher Coutanceau, le cuisinier pêcheur de La Rochelle.

Stéphane Carrade, le chef du skiff Club décroche une deuxième étoile au Pyla et Christopher Coutanceau une 3e à La Rochelle, lors de Bordeaux So Good en 2017 © Jean-Pierre Stahl.

Le chef Kei Kobayashi, installé à Paris, est devenu lundi le premier Japonais à se voir décerner trois étoiles en France par le guide Michelin qui a distingué au total trois nouveaux chefs avec la récompense suprême dont Glenn Viel qui a retrouvé cette 3 étoile pour l’Oustau de Baumanière en Provence (étoile perdue en 1990) et Christopher Coutanceau à La Rochelle (Ouest).

Christopher Coutanceau, le cuisinier pêcheur comme il se définit, rejoint dans la région Nouvelle-Aquitaine le célèbre Michel Guérard qui conserve ses 3*** pour ses Prés d’Eugénie.

« Trois étoiles viennent récompenser l’étincelant parcours de Kei Kobayashi, premier chef japonais à obtenir la récompense suprême en France, de toute l’histoire du Guide Michelin », a affirmé le guide rouge sur son site internet.

 

D’HEUREUX PROMUS, QUELQUES OUBLIES

L’équipe de l’Oiseau Bleu, qui obtient une étoile au © Guide Michelin, avec François Sauvêtre et Frédéric Lafon

Parmi les petits nouveaux et promus, bravo à ceux qui décroche une étoile comme l’Oiseau Bleu (Frédéric Lafon) à Bordeaux Bastide, le Solena à Bordeaux Mériadeck, Tentazioni gastro italien à Bordeaux, Claude Darroze à Langon. Bravo au talentueux Stéphane Carrade qui gratte une deuxième étoile cette année pour le Skiff Club , restaurant gastronomique  de l’Haïtza au Pyla. Dommage pour Jérôme Schilling qui méritait vraiment une deuxième étoile au restaurant Lalique au château Lafaurie-Peyraguey (propriété de Silvio Denz), comme le talentueux Ronan Kervarrec qui espérait aussi décrocher une 3e étoile à l’Hostellerie de Plaisance, propriété de la famille Perse (château Pavie), ces deux derniers conservent respectivement une et deux étoiles. Une pensée pour le sympathique chef Michel Trama qui passe de deux à une étoile à l‘Aubergade Michel Trama à Puymirol.

Cette année, le Guide Michelin a ainsi consacré 628 tables étoilées, 4 de moins que l’an dernier, mais 18 nouveaux restaurants étoilés à Paris.

Retrouvez ici la liste des nouveaux étoilés 2020 du Guide Michelin

28 Déc

Record du monde du plus grand cours d’oenologie avec Fabrizio Buccella

Ce sont 529 étudiants en oenologie qui se sont retrouvés dans un amphi de l’Université Libre de Bruxelles pour un cours magistral avec Fabrizzio Buccella et pour un record du monde inscrit au Guinness Book.

© Fabrizio Bucella entouré de ses 529 étudiants pour un record et un cours magistral

Pour ces fêtes de fin d’année, rien de tel qu’un cours sur les crémants et champagnes. Et puisqu’on fait péter, on a ici fait péter le record du monde du plus grand cours d’oenologie avec 529 participants contre 309 l’année précédente. A l’issu de l’exposé du sommelier professeur Fabrizio Buccella, les étudiants ont pu déguster 3 vins effervescents : un cava espagnol, un crémant de Bourgogne et un vin wallon, soit au total 252 bouteilles débouchées…

Ce rendez-vous a été orchestré par l’Ecole d’Oenologie Inter Wine & Dine (IWD) et le Cercle Oenologique de l’ULB, avec le sémillant ou plutôt pétillant Fabrizio Buccella qui postait sur son compte Facebook :

« Quelle aventure les amis. Nous avons réalisé ce 3 décembre un cours d’oenologie devant 529 personnes, énumérées et validées, avant même d’avoir bu. Tout cela sans tenir compte de la vingtaine d’étudiants-organisateurs.

Cette aventure c’est à vous tous que je le dois et je ne vous en remercierai jamais assez. En vérité, mais vous le savez, j’adore enseigner, j’adore préparer mes cours, les revoir encore, vérifier une référence, corriger un transparent et puis les donner.

Il ne faut que peu de choses pour rendre un prof heureux : un sourire, un message, un salutation… C’est ce qui nous tient debout et nous pousse à donner chaque jour d’avantage.

Un tout grand merci à vous tous qui permettez cette aventure quotidienne. Chaque matin je me dis que j’ai trop de chance et que j’ai la vie dont je rêvais. Comme le dit mon papa : « Elle n’est pas belle la vie ? ». Cela fait du bien de le dire.

Je vous embrasse tous ».

Coup de chapeau à Fabrizzio, à son envie de partager son savoir et d’échanger, à sa sagesse d’esprit et à l’ensemble des étudiants voués à une belle carrière.

16 Déc

Cocorico ! La France a le plaisir d’organiser le concours mondial de sommellerie en 2022

C’est fait ! Notre cher pays a de quoi chanter le chant du coq, puisque nous organiserons en 2022 le concours de meilleur sommelier du monde. De quoi réjouir nos célèbres amis sommeliers au premier rang desquels on trouve Philippe Faure-Brac, le président de l’UDSF et meilleur sommelier du monde 1992 et Serge Dubs autre meilleur sommelier du monde français en 1989.

© UDSF

Mieux qu’aux municipales, la France a été élue ! Elle a été choisie par un vote à bulletins secrets des présidents des associations membres de l’ASI, l’Association de la Sommellerie Internationale. Elle accueillera donc sur son sol béni des dieux, Bacchus en tête, le Concours de Meilleur Sommelier du Monde, du 8 au 13 mai 2022. Dans un peu plus de 2 ans

C‘est un moment de fierté pour notre association  » Philippe Faure-Brac, président de l’UDSF.

« Nous apprécions le vote de confiance de nos pairs en faveur à la fois de nos sommeliers et de la capacité de notre pays à accueillir un concours aussi prestigieux. Bien que notre programme se déroule à Paris, tous les sommeliers de France se joignent à moi pour s’engager à organiser et accueillir cet incroyable événement ».

Voila une nouvelle réjouissante, en espérant qu’un de nos compatriotes puisse à nouveau s’illustrer. Il ne manque pas de talents, mais le dernier en date remonte déjà à quelques années. Nul doute que cette nouvelle aurait fait plaisir aussi à notre ami, le regretté Gérard Basset, meilleur sommelier du monde sous les couleurs de l’Angleterre en 2010.

24 Sep

Le N°5 Wine Bar sacré pour la 3e fois meilleur bar à vins au Monde

Cocorico, le N°5 Wine Bar de Toulouse vient  de gagner le plus titre de meilleur bar à vin du monde… pour la 3e fois. Après ses titres de 2018 et 2017, il a reçu ce nouveau prix à Londres le 11 septembre dernier.

© Le N°5 Wine Bar à Toulouse: deux étoiles bientôt rejointes par la 3e

Les propriétaires du N°5 Wine Bar ont de quoi être fiers, Anne et Thomas Cabrol ont remporté de nouveau ce titre en 2019, qui traduit de nombreux efforts.

Cette adresse hors du commun avait déjà été élu Meilleur Bar à vins du Monde en 2017 et 2018, et d’Europe, en 2016,2017et 2018.

© Thomas Cabrol qui a décroché sa 3e étoile le 11 septembre

Ce sont pas moins de 4000 références de vins qui y sont proposées, avec 500 vins au verre, ce qui lui a d’ailleurs valu aussi la récompense de « meilleur établissement pour le vin au verre. » Cette adresse est bien connue pour ses fabuleux accords mets et vins.

Le Wine Bar est ouvert du mardi au samedi de de 18h à minuit.

Regardez le reportage de mes confrères d’Occitanie : 

25 Août

François Mitjavile et son château du Tertre Rotebeuf : 3 étoiles qui brillent au sommet de Saint-Laurent-des-Combes

François Mitjavile, c’est « le bon élève » en haut du Tertre, en haut de sa colline. C’est un personnage, un vigneron truculent, atypique, « gentleman farmer » qui a appris de ses pairs et d’Emile Pénaud, et qui restitue le meilleur du cru, de son terroir du Tertre Roteboeuf. Un couronnement aujourd’hui par la Revue du Vin de France qui lui a décerné 3 étoiles dans son guide de 2020, après 40 ans de travail et une reconnaissance déjà acquise des grands amateurs de vin.

François Mitjavile devant son château Tertre Roteboeuf © Jean-Pierre Stahl

« C’est très agréable, c’est très bon pour l’égo, mais c’est vous qui me l’avez appris… », c’est par ces mots que François Mitjavile (qui avait 20 ans en 1968) commente les 3 étoiles que lui décerne la 25e édition du Guide Vert de la RVF.

Quand il a acquis ce domaine à la fin des années 70, le château Tertre Roteboeuf était dans son jus, de ces 3 hectares 70, il a transformé son vignoble refait des terrasses pour sublimer ses merlots et ses cabernets francs. Aujourd’hui il est à la tête d’un des plus grands domaines de Saint-Emilion: une pépite de 6 hectares en Saint-Emilion Grand Cru qui se vend le prix d’un 1er grand cru classé B de Saint-Emilion.

Ce qui est fondamental, c’est que tant que faire se peut que le vin soit délicieux, et que tant que faire se peut qu’il soit vendu de manière raffinée pour tous les amateurs qui sont sensibles. Et là on a un solide cru qui peut traverser les tempêtes. »

François Mitjavile dégustant ses merlots, 80% du domaine est planté en merlots © JPS

Ce fils de transporteur de vin est un autodidacte, il a appris en observant à la vigne, aussi avec le savoir de l’oenologue Emile Pénaud. Il a su mettre en valeur ses coteaux et ses cultures en terrasses pour produire les meilleurs raisins sur un terroir argilo-calcaire.

« Ils sont un peu plus grillés là haut, c’est délicieux mais avec quelques petits défauts; ils sont un peu plus frais ici, c’est généreux mais peut-être un peu plus grossier »,

Je ne sais pas exactement ce que veut dire « les plus beaux raisins », mais c’est la variété des saveurs qui fait le truc, qui fait la musique (rires) », François Mitjavile

« D’ailleurs, au coeur de l’appellation d’origine, il y a l’idée presque laïque que la variété contradictoire des saveurs protège l’immanence et contre la transcendance de « Where is the best », continue de plaisanter François Mitjavile.

Dégustation du millésime 2018, 18 à 20 mois d’élevage en barriques © JPS

Le Tertre Roteboeuf n’est pas un cru classé, François Mitjavile n’a pas vraiment cherché à l’être… Dans sa cave de trésors, de vieux millésimes, il me dévoile sa philosophie  avec laquelle il a surtout voulu s’adresser directement à l’amateur de vin:

Dans sa cave aux vieux millésime © JPS

« Quand j’étais jeune il n’étais pas question de classer un nouveau cru en dehors des limites de la commune de Saint-Emilion, mais tout cela a bien changé, actuellement l’appellation est infiniment plus ouverte. Mais je ne pouvais que faire sur ce morceau de rocher un grand vin car il était apte à faire des fruits petits et savoureux, mais si j’avais voulu faire un vin de compétition, les prix de revient auraient été trop élevés. Donc j’étais coincé, il fallait que je valorise le prix de vente par les possibilité du cru et je ne pouvais pas être classé, donc j’ai dit je m’en fous on va faire une grande bouteille. »

Cela a marché, j’ai trouvé une clientèle d’amateurs qui n’étaient pas conventionnels, parce que ce qu’on fait ici n’est pas conventionnel, on fait du pur millésime, jamais de second vin !

Et de déguster dans le chai à barrique son millésime 2018, élevé dans des barriques de chêne Radoux Blend Edition à grain fin et avec une forte chauffe, un millésime de soleil, de chaleur:

C’est ce peps au coeur d’une maturité extrême, cette légèreté, cette grâce aromatique qu’il atteint », à propos du 2018

Un savoureux millésime 1989, un millésime difficile à réaliser à l’époque © JPS

François Mitjavile incarne le bon sens vigneron plus que la créativité artistique comme il aime le dire, et quelque part, c’est aussi tout un art.

26 Juin

Le Mirazur de Mauro Calogreco élu meilleur restaurant au monde

Coup de chapeau au chef argentin Mauro Calogreco qui vient d’être à nouveau encensé par le magazine britannique spécialisé Restaurant. Ce dernier a élu son restaurant français le Mirazur à Menton meilleur restaurant au monde 2019 lors d’une cérémonie à Singapour. Sa réaction ce matin sur France Bleu.

Mauro Calogreco le chef du © Mirazur à Menton

Cocorico a-t-on envie de crier ! Car ce chef c’est quelqu’un. Certes il est Argentin, mais comme il le dit lui-même « la France est ce pays qui m’a permis de m’exprimer. Il y a plusieurs chefs au monde qui viennent s’installer comme moi. Il y a une ouverture de la France, et la France s’ouvre à de nouvelles cuisines », explique Mauro Calogreco sur France Bleu.

Mauro Calogreco est le chef du Mirazur, un fameux restaurant de la Côte d’Azur. Il a réussi à décrocher en janvier dernier 3 étoiles au Guide Michelin pour son restaurant : « je suis venu en France pour sa cuisine et sa gastronomie, je suis tellement touché d’être arrivé au summum », et hier il a été élu meilleur restaurant au monde, rien que cela…. C’est la première fois depuis la création de ce prix qu’un restaurant français gagne. « « Je voudrais vous remercier tous. Nous célébrons la France et ses valeurs, que nous partageons tous : ‘liberté, égalité, fraternité’« , a déclaré Maura Colagreco, après avoir décroché cette première place sur les 50 primé au monde.

2019 est une année extraordinaire pour nous, avec la 3e étoile et cette distinction. Loiseau, Passard, Ducasse sont mes mentors, ils m’ont beaucoup transmis et donné les bases qui se retrouvent quelque part dans ma cuisine, qui est méditerranéenne, avec des produits de la région, » Mauro Calogreco, chef du Mirazur

 

Interviewé ce matin sur l’antenne de France Bleu, le chef qui a été formé au lycée hôtelier de La Rochelle a confié également « ce titre surtout ouvre des portes, on peut véhiculer un message, on est demandé dans le monde entier… »

Retrouvez ici les 50 meilleurs restaurants au monde : The Worlds 50 Best Restaurants

Regardez le reportage réalisé lors de la remise de ses 3 étoiles au Guide Michelin à Paris en janvier dernier réalisé par France 3 Alpes Côte d’Azur:

24 Juin

Côté Châteaux invité d’Ensemble, c’est Mieux…

Côté Châteaux a été convié par Christophe Zirnhelt à participer à son émission du matin « Ensemble, c’est mieux » sur France 3 Nouvelle-Aquitaine. L’occasion de parler du blog, de l’émission Côté Châteaux, sur NoA et de faire le point avec lui sur le vignoble de Nouvelle-Aquitaine et les grands défis qui s’annoncent pour les prochaines années: notamment le réchauffement climatique ou encore l’oenotourisme. Un joli tour d’horizon ensemble, c’est mieux !

Christophe Zirnhelt et Jean-Pierre Stahl, sur le plateau d’Ensemble c’est mieux !

Les voyages forment la jeunesse et comme Côté Châteaux tient à rester jeune… Rien de telle qu’une petite balade à Limoges pour l’émission « Ensemble c’est mieux ! », cette fameuse émission du matin sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, présentée avec brio par le sémillant Christophe Zirnhelt. Cette émission d’accompagnement offre toute une série d’infos « service » qui sont utiles dans le quotidien des gens, comme ce matin avec Jacques Robert, président de l’UFC-Que Choisir Limousin qui vous aide à y voir plus clair sur le choix de votre fournisseur d’énergies, et Dieu sait qu’il y en a aujourd’hui.

Par ailleurs, Christophe avait décidé de parler de vin et c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers Côté Châteaux pour faire un joli tour d’horizon sur le monde du vin en Nouvelle-Aquitaine. C’est en effet la 2e région productrice de France avec 216000 hectares de vignes, juste derrière l’Occitanie. C’était aussi pour lui l’occasion de faire connaître au plus grand nombre le blog Côté Châteaux, de votre serviteur, qui totalise à ce jour 2 millions 400 000 pages lues, mais aussi l’émission éponyme, Côté Châteaux sur NoA, dont la prochaine va être tournée ce week-end avec Sébastien Delalot à l’occasion des 20 ans de la Juridiction de Saint-Emilion classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE EN QUESTION

Et puisque les températures actuelles sont caniculaires, c’était l’occasion de parler de réchauffement climatique… Le premier constat : on fait du vin là où on n’en faisait pas avant, notamment en Grande-Bretagne : on y compte 500 domaines, qui produisent surtout des vins blancs vifs et marqués par l’acidité, un peu de rosés, mais surtout des vins effervescents des Sparkling Wines car les Anglais sont de gros amateurs de champagne, à l’instar de leur ancien Premier Ministre Winston Churchill qui buvait du Pol Roger qui a amené finalement les alliés à la victoire !

L’autre conséquence, c’est l’augmentation du degré d’alcool dans le vin. Autrefois, vous aviez des raisins qui avaient du mal à produire de l’alcool, on était autour de 10° , et les vignerons avait recours à ce qu’on appelait la chaptalisation pour arriver  à des 12 à 12,5°. Aujourd’hui, finie la chaptalisation. Cela tient à deux choses, d’une part on cherche à faire de meilleurs vins, il n’y a plus de bans des vendanges où le coup d’envoi était donné et tout le monde vendangeait en même temps, là, on goûte le raisin, on fait du parcellaire, et on recherche la bonne maturité, parfois trop, pour lancer la récolte.

D’autre part, le réchauffement, cela se traduit par des dates de vendanges toujours plus avancées : l’an dernier on a commencé à vendanger fin juillet dans le Languedoc Roussillon, à Bordeaux vers le 20 août pour les 1er  blancs, et mi-septembre pour les rouges.

Qui dit réchauffement dit également une multiplication d’événement climatiques : le gel, avec un débourrement qui a eu lieu avec 15 jours d’avance cette année avec un mois de février très chaud, s’en sont suivies deux périodes de gel vers la mi-avril et le premier week-end  de mai qui ont impacté à hauteur de 10 à 15% le vignoble de Bordeaux. L’autre événement dramatique, c’est bien sur la grêle, celle qui s’est abattue la semaine dernière à Bordeaux et sur d’autres vignobles en Rhône-Alpes, Crozes-Ermittage et Apremont notamment. Des événements qui ont été intenses, en 2017 pour le gel aec 40% de récolte en moins à Bordeaux ou en 2018 pour la grêle, impactant Cognac et Bordeaux.

Une émission au cours de laquelle les pistes d’évolution des cépages ont été évoquées avec notamment le merlot qui risque d’être impacté par ce réchauffement, surtout quand Bordeaux continue à rechercher à faire des vins fins, élégants. Inutile de vous dire que certains pensent que les cépages du sud pourraient être la solution, mais avec la problématique de perdre en identité… Pour l’heure, ils ne sont pas autorisés dans les cahiers des charges des appellations…

UN ZOOM SUR L’OENOTOURISME EN PLEIN BOOM

Une émission aussi qui évoquait, avec ces belles journées d’été qui s’annoncent, une invitation à visiter les propriétés… Une tendance forte avec le boom de l’oenotourisme ces 15 dernières années.

Les premières routes des vins dans le Bordelais ont été ouvertes il y a 10 ans,  et cela a été un succès fulgurant, alors même qu’en Alsace la route des vins remonte à 1953… 

Un chiffre en 15 ans, les touristes ont été multiplié par 3 à Bordeaux. Avec les classements à l’Unesco de Bordeaux, Saint-Emilion, la Citadelle de Blaye, cela a boosté l’afflux de près de 20% dès le classement.  Aujourd’hui près de 50% des touristes reconnaissent qu’ils viennent non seulement pour la ville, le lieu de villégiature comme le Bassin d’Arcachon, l’Ile de Ré mais aussi pour le vignoble et la découverte de châteaux, domaines et maison de Cognac.

Le potentiel est énorme en France, 10 millions d’oenotouristes sur 82 millions de touristes étrangers et le potentiel de touristes français que l’on connaît. C’est pour cela que vous avez de plus en plus de salons qui se montent notamment à Bordeaux des speed datings ou workshop oenotourisme avec des tour-opérateurs français et internationaux pour inciter à venir dans les vignobles ou encore à la Cité du Vin, ouverte depuis 3 ans et qui compte 1 million 300000 visiteurs. Un succès que l’on doit notamment à l’imagination des architectes d’XTU Anouk Legendre et Nicolas Desmazières qui ont dessiné sur le papier le mouvement du vin dans un verre et le résultat en bord de Garonne est bluffant !

COUP DE CHAPEAU A CHRISTOPHE ZIRNHELT

En tout cas merci Christophe Zirnhelt pour cette invitation. Je sais que tu enregistrais là ton avant-dernière émission car comme tu l’as annoncé hier sur Facebook « Le livre écrit avec vous pendant 22 ans va se refermer. J’ai décidé en accord avec ma direction d’arrêter le métier de présentateur et de producteur artistique d’émissions tv. ».

Je tiens à te dire combien les téléspectateurs et moi-même nous avons apprécié ton professionnalisme à l’antenne durant toutes ces années et notamment pour tes dernières émissions « 9h50 le matin »et « Ensemble c’est mieux ! » Ta présentation étais une bouffée d’air frais dans ce monde de la télé, avec une générosité et une grandeur d’âme, le tout très informatif, une info décontractée, décalée, du matin quoi. Chapeau l’artiste.

 

18 Mar

Les Citadelles du Vin : un concours feutré avec ses dégustateurs aguerris…et au final une reconnaissance mondiale.

C’était à Bourg 3 jours intenses pour des dégustateurs venus du monde entier. Ils se sont retrouvés pour cette 19e édition des Citadelles du Vin au Chai des Portiers

Cette 19e édition des Citadelles du Vin à Bourg est une édition bien rodée. Elle a ses dégustateurs aguerris, qui vont apprécier le nez, la vue et le goût du vin, déceler les défauts de certains, pour ne garder que les meilleurs, qui se verront décerner des médailles d’or, d’argent voire de bronze.

Ils sont ainsi une quarantaine d’oenologues, de sommeliers, de distributeurs et critiques internationaux sur le pont depuis samedi.  Yann Chaigne, responsable de l’IPC Vins (Institut de Promotion Commerciale, rattaché à la CCI de Bordeaux) en est à sa 3e participation aussi les quelques 40 échantillons dégustés sur la journée d’hier et encore 22 de blancs secs ce matin, ne l’ont pas effrayé:  » Il y a une grille de notation avec les critères sur la vue , l’odorat et le goût ; on note aussi ce tout ce qui est franchise, intensité positive, tout ce qui est intensité olfactive et gustative, après on note également l’harmonie entre vue, odorat et goût. »

Dans l’arrière boutique, durant ces 3 jours, ce sont 867 échantillons de 34 pays du monde qui sont préparés et dont on conserve un anonymat absolu, en apposant notamment un film opaque sur chaque bouteille.

Toute la dégustation se passe à l’aveugle… Ils ne connaissent en aucun cas l’origine, même pas le millésime, il ne connaissent rien, à la limite que le type de vin qu’ils vont déguster » Jean-Philippe Pricart, Président des Citadelles du Vin

Parmi les dégustateurs, 40% d’Européens, 32% de Français, 18%  d’Américains, 3% d’Africains et 7% d’Asiatiques dont Nelson Chow Président de l’Association des Sommeliers Chinois, pour qui ces médailles sont importantes pour les consommateurs chinois.

« Ce sont de très bons indicateurs pour les consommateurs chinois, parce qu’ils ont été éduqués au vin en un temps record et ils n’ont pas du tout une grande expérience sur les différents types de vins, » commente Nelson Chow Président de l’Association des Sommeliers de Hong-Kong.

« Montrer au monde les bons vins, c’est très bien parce que c’est une reconnaissance pour les producteurs de vins », Régina Vanderlinde, présidente de l’Organisation Internationale du Vin.

4 prix spéciaux ont été attribués dont le meilleur merlot de Bordeaux pour un Blaye 2015 (le Clos de Bonnange) – Des Citadelles qui font parler d’elles partout dans le monde.

Les Prix Spéciaux 2019 :

  • Meilleur Malbec : Coletto 2015 (Argentine-Valle de Uco) par Grupo Penaflor 
  • Pininsula de Setubal : Vinha da fonte Reserva 2016 (Portugal) par Cas Ermelinda
  • Meilleur Cabernet Sauvignon: Château Malaire Cuvée Grande 2015 (France) par Domaine CGR
  • Meilleur Merlot de Bordeaux : le Clos de Bonnange 2015 (France-Blaye) par Vignobles Bonnange