19 Juil

Grêle du 15 juillet : l’heure du bilan, par la chambre d’agriculture de la Gironde

Aujourd’hui,  la Chambre d’Agriculture de la Gironde publie  une carte des pertes viticoles par commune suite à l’orage de grêle survenu dimanche dernier.

La grêle a sévéremment impacté les baies déjà bien formées ici dans les © Côtes de Bourg

Confirmation des dégâts dévoilés en exclusivité par Côté Châteaux lundi dernier dès 11h30 et repris par France 3 Aquitaine dès 12h : 2000 hectares de vignes ont été touchés confirme cet après-midi la Chambre d’Agriculture de la Gironde, sans parler des dizaines d’hectares de maraîchage détruits et des centaines en grande culture.

Voici en substance la Carte des Pertes Viticoles établie par la Chambre d’Agriculture.

2 000 hectares de vignes ont donc été touchées dont 1 000 dans le Langonnais et le Sauternais, le reste dans le Sud Médoc (du Taillan-Médoc à Ludon-Médoc) et dans les Côtes de Bourg. Dans ces deux secteurs, certaines parcelles de vignes avaient été préalablement touchées par la grêle du 26 mai dernier. Les secteurs de Galgon, Périssac et Vérac ont également été impactés.

UNE MISSION D’ENQUETE

Menée par la Chambre d’Agriculture de la gironde, la mission d’enquête de reconnaissance de calamité agricole avec la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) se tiendra demain,vendredi 20 juillet, pour la partie viticole. 

LES MESURES MOBILISABLES

Dans ce contexte, différents dispositifs sont bien sûr mobilisables, à savoir :
– L’assurance calamités agricole
– Les mesures fiscales : fiscalité des indemnités d’assurance, dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti, mobilisation de la Déduction Pour Aléas (DPA),
– Les cotisations sociales : prise en charge partielle des cotisations et échelonnement
– Les Fonds d’Aménagement des Charges (FAC) : prise en charge d’intérêts des prêts,
– L’achat de vendanges (sans nécessité du statut de négociant)
 Conventions de Mise à Dispositions (CMD) de parcelles de vigne à disposition de la SAFER,
 Main d’œuvre : heures perdues, chômage partiel
 Mobilisation du Volume Complémentaire Individuel (VCI) pour compenser une partie de la perte de récolte,
 Autres mesures : la possibilité de remise sur le montant du fermage pour situation exceptionnelle, le recours au Revenu de Solidarité Active (RSA), l’accompagnement de la MSA, les demandes d’aide pour les Jeunes Agriculteurs.
Avec Chambre d’Agriculture de la Gironde.

17 Juil

Les Côtes de Bourg une nouvelle fois touchées par la grêle

Durement touchées le 26 mai dernier, les Côtes de Bourg ont une nouvelle fois été impactées dimanche, mais de manière moins importante. 5 villages des Côtes de Bourg sont concernés cette fois-ci dont Mombrier « très touché » selon Didier Gontier.

ImpactS de grêle sur les vignes du Bourgeais juillet 2018 © Côtes de Bourg

« On a un secteur très touché, c’est Mombrier : l’épicentre du phénomène » commente Didier Gontier directeur des Côtes de Bourg. « En faisant un tour plus précis, on se rend compte que le phénomène s’est intensifié, on le voit sur les impacts. Quasiment toutes les parcelles ont été touchées sur Mombrier et certaines grappes touchées à 100%, un impact sur chaque baie…Plus on s’éloigne, plus les dégâts diminuent. Mais cela concerne Bourg, Lansac, Teuillac, Pugnac et Mombrier ».

« Ceux qui étaient en bordure d’épisode du 26 mai et avaient échappé à la grêle, sont dedans cette fois. On en a marre, là 2018 c’est bon ! C’est un truc de folie entre le suivi phytosanitaire et la grêle. »

L’appellation voisine de Blaye-Côtes de Bordeaux n’a pas été épargnée non plus mais « moins violent qu’en Côtes de Bourg, on s’en tire pas mal », me confie Michaël Rouyer directeur.

« On a Pugnac, limitrophe avec Bourg, Marcillac et Saint-Vivien un peu touchés. Ce sont une dizaine de viticulteurs contre 130 la dernière fois. Cela représente une centaine d’hectares grêlés ».

impact de grêle vignes Bourgeais juillet 2018

Enfin, pour revenir sur les Graves, « on a été bien touché sur le secteur du Langonnais : à Langon, Roaillan, Saint-Pierre de Mons, Mazères, à vue de nez cela représente 500 hectares », témoigne Dominique Guignard. Il y a eu des zones touchées partiellement mais au centre du couloir, c’est du 100% de pertes. On a des vignerons qui avaient fait une mauvaise récolte en 2016, gelé en 2017 et grêlé cette année, pour qui c’est très très compliqué. »

A tous ces vignerons sinistrés, difficile de leur souhaiter du courage, mais je le fais quand même. Envers et contre tout, on a une pensée pour eux.

Je laisserai enfin ce mot de bon sens d’un vigneron victime de cette grêle : « je fais partie de ces victimes, j’accepte les lois de la nature, mais jamais l’inconscience humaine et la lâcheté dans l existence du dérèglement climatique ».

16 Juil

Viticulture : la grêle a fait de nouveaux dégâts sur plusieurs secteurs du Bordelais

C’est un nouvel épisode d’orage et de grêle assez violents qui a été vécu hier après-midi et cette nuit. Après le drame survenu le 26 mai dernier où plus de 7000 hectares ont été impactés en Gironde et 10000 à Cognac, les dégâts sont très sérieux : 2000 hectares de vignes touchées dans le Bordelais dont 1000 sur Langon-Sauternes. Le sud Médoc est bien touché aussi, les Graves mais aussi les Côtes de Bourg.

La taille des grêlons tombés au Taillan en Gironde hier après-midi © Michel Versepuy sur Twitter

« C’est un couloir assez large entre Léogeats, Sauternes et Fargues qui a été très touché, c’est la totalité de la récolte qui est à terre ou bien impactée sur ce secteur », me confie Marion Enard conseillère viticole de la Chambre d’Agriculture de la Gironde.

Les grêlons étaient par endroit de la taille d’une balle de golf, cela s’est passé pendant le match des bleus, durant une vingtaine de minutes », Marion Enard Chambre d’Agriculture de la Gironde.

Les dégâts à Sauternes au château Lamothe-Guignard © Daniel Detrieux

Ce matin, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux et les différents syndicats viticoles tentent d’évaluer les dégâts. Les secteurs les plus touchés seraient du côté de Langon, Sauternes et le Médoc. Confirmation est donnée à 11h30 par Christophe Chateau directeur communication du CIVB : « 2000 hectares touchés dont 1000 sur Langon-Sauternes, le reste sur le sud Médoc.

Photo des vignes de La Lagune, postée sur Facebook par Caroline Frey

Les propriétés les plus impactées Guiraud et La Lagune. » Caroline Frey, la propriétaire de La Lagune, publie d’ailleurs en cette fin d’après-midi sur son compte Facebook une photo avec ce commentaire : « hier soir à La Lagune , le coup de grâce … »

La Chambre d’Agriculture de la Gironde est aussi ce matin sur le terrain, au chevet des viticulteurs et des maraîchers très touchés également. De leur côté, la première estimation donnée à 11h30 et qui reste provisoire : « 2000 hectares de vignes touchés en Gironde dont 1000 sur Langon-Sauternes, le reste dans le sud Médoc du Taillan à Ludon ». 

Un numéro vert a été activé par la Chambre d’Agriculture de la Gironde pour répondre aux questions des sinistrés : 0800 002 220 (coût d’un appel local).

Les nouvelles arrivent au compte-goutte, une fois de plus, la nature s’est rappelée à ces paysans de la terre, qui n’avaient pas besoin de cela et auraient aimer fêter comme tout le monde le fait d’être champions du monde, mais là cela relativise tout.

SAUTERNES BIEN TOUCHE

Xavier Planty, le président de l’ODG de Barsac et Sauternes est ce matin bien morose : « c’est désespérant, Guiraud est touché à 100%, la production de grand vin est très compromise ». Et d’ajouter : « cela a touché Guiraud mais pas Yquem, tout Fargues, mais pas le coeur de Rieussec, ça part depuis Pujols-sur-Ciron, Guiraud, Filhot, Lamothe et ça remonte sur le Langonnais ».

On a pris 45 millimètres de pluie et de grêle, lors de la 1ère mi-temps, avec des grêlons gros comme une phalange », Xavier Planty château Guiraud.

« Il n’y a pas une année où on se prend un coup de ce genre… » On comprend le désarroi de tous ces grands châteaux et des plus petits qui mouillent le maillot tout au long de l’année sur le terrain de la viticulture pour essayer de faire de grands vins et qui sont rattrapés par ces satanées intempéries qui sonnent comme une injustice.

Dans ce genre de désastre, le phénomène est souvent circonscrit à des endroits bien restreints. On parle de couloirs de grêle, c’est ainsi que les voisins prestigieux et autres 1ers crus classés de Sauternes, situés à 1km à Bommes n’ont pas eu de dégât, comme le château Rayne-Vigneau : « on n’a rien sur le secteur de Bommes, nous n’avons pas été touchés mais restons solidaires de nos voisins !  » me confie Vincent Labergère son directeur. C’est aussi cela qui est rageant, c’est que ça se passe sur de petites zones, de manière intense et violente, de quoi mettre à terre les efforts d’une année de labeur.

REBELOTTE A BOURG !

« Cela a duré 10 minutes, mais pas de la violence du 26 mai dernier, cela a touché les communes de Bourg, Lansac, Mombrier, Teuillac et Pugnac », me confie Didier Gontier, directeur des Côtes de Bourg.

On est champion du monde…de la grêle, Didier Gontier des Côtes de Bourg.

« On a fait un flash pour demander 1 retour sur les dégâts : des parcelles qui n’étaient pas touchées le 26 mai, on été touchées là. On va avoir un gros souci de protection des baies impactées, il va falloir traiter les vignes contre le botrytis. C’est de l’acharnement, ce millésime 2018 ! »

Assemblée générale du © CIVB où Allan Sichel a commenté ce nouvel aléa climatique

LA REACTION D’ALLAN SICHEL LORS DE L’AG DU CIVB

Cet après-midi, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux a commenté lors de l’assemblée générale du CIVB : « les conséquences de ces épisodes sont dramatiques pour les propriétés touchées, certaines d’entre elles ayant déjà subi de très importantes pertes lors du gel de 2017. Au niveau de la globalité de la filière bordelaise cependant l’impact restera léger ; la récolte globale 2018 s’annonce belle, même si nous devons rester prudents face à la très forte pression des maladies favorisée par les conditions météorologiques printanières particulièrement humides ».

La multiplication des aléas climatiques majeurs nous engage à mettre en place des outils pour garantir la pérennité des exploitations et de nos activités commerciales, je parle ici de l’assurance récolte mais aussi du VCI », Allan Sichel président du CIVB.

« Nous sommes heureux et très satisfaits des évolutions récentes validée par l’INAO et l’état pour augmenter la possibilité de constitution de VCI lors de chaque vendange et en autorisant un volume de VCI cumulé pouvant atteindre une ½ récolte ». Et d’analyser que l’impact du gel 2017 commence à se faire sentir : « la faible récolte 2017 vient directement impacter les volumes enregistrés en contrat d’achat qui sont en baisse de 18 % à fin juin », bien qu’à l’export « +3% en volume (2,123 millions d’Hl) et + 8% en valeur (2,061 milliards d’euros) » ont été enregistrés sur 12 mois glissants (fin mars).

Sacré millésime, après un premier épisode de grêle fin mai, une attaque fulgurante de mildiou en juin et juillet, revoilà la grêle… Courage à nos amis vignerons.

Regardez le reportage à Sauternes de Hélène Chauwin et Jean-Pierre Magnaudet :

07 Juin

Grêle dans le vignoble :retour sur les mesures d’accompagnement de la préfecture de région de Nouvelle-Aquitaine

Après s’être rendu s’est rendu le 29 mai sur le terrain à la rencontre des viticulteurs girondins touchés puis le 1er juin à Cognac, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement a mobilisé l’ensemble des services de l’État pour faire face à cette situation d’une gravité exceptionnelle et présidé une réunion hier d’accompagnement des viticulteurs concernés

Les dégâts de la grêle sur le vignoble le 26 mai dernier © JPS

Hier, le préfet de région Didier Lallement avait réuni une cellule départementale d’urgence pour essayer de répondre à la catastrophe de grêle survenue le samedi 26 mai. Cette cellule, composée des services de l’État, des représentants des professionnels agricoles, des collectivités territoriales et des représentants du secteur bancaire, a permis de dresser un état des lieux, mais aussi de s’assurer de la mise en œuvre des mesures d’accompagnement des professionnels touchés et d’identifier les évolutions qui seraient nécessaires, pour prévenir les conséquences d’aléas climatiques de plus en plus fréquents.

L’impact sur le vignoble et sur les autres filières agricoles

L’épisode de grêle le plus important est intervenu le samedi 26 mai à la mi-journée, en provenance du Sud. Il a touché les vignobles de Pessac-Léognan, du Haut-Médoc, puis celui des Côtes de Bourg et de Blaye Côtes de Bordeaux avant de poursuivre sa trajectoire vers le vignoble de Cognac. Une autre cellule orageuse a causé des dégâts dans l’Entre-deux-mers, le même jour.

En intégrant les dommages causés par l’épisode de grêle intervenu le 21 mai en Médoc, ce sont plus de 7 000 ha de vignes qui ont été touchés en Gironde, dont la moitié à plus de 80 %.

D’autres dégâts ont également été recensés sur d’autres cultures (maraîchage, arboriculture, asperges, grands cultures, prairies).

Les mesures d’accompagnement pour les professionnels

Le recours à l’activité partielle est d’ores et déjà possible pour les opérateurs touchés. Des mesures fiscales et sociales seront mises en œuvre, ainsi que la possibilité d’achats de vendanges, pour les viticulteurs les plus impactés. Par ailleurs, le secteur bancaire sera amené à mettre en œuvre des procédures d’accompagnement individuel des exploitants. La cellule départementale de suivi pourra être mobilisée dans ce cadre.

Devant la fréquence des aléas climatiques, les représentants professionnels ont exprimé les demandes suivantes :

– une évolution de la fiscalité agricole pour permettre la constitution d’une réserve de précaution ;

– un relèvement des plafonds applicables au volume complémentaire individuel (VCI), permettant de constituer une réserve inter-annuelle dans des conditions compatibles avec la production sous AOC ;

– une adaptation des critères du contrat socle de l’assurance multi-risques (subventionnée par la PAC à 65 %), qui constitue le meilleur filet de sécurité en cas de sinistre climatique majeur.

Ces demandes seront transmises aux ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de l’Économie et des Finances. Le préfet a assuré l’ensemble de la profession de l’accompagnement des services de l’État dans la durée. Un bilan des mesures mises en œuvre sera présenté lors d’une prochaine réunion de la cellule départementale. D’autres réunions ont eu lieu ce jour également en Charente et en Charentes-Maritimes.

avec Préfecture de Nouvelle-Aquitaine.

 

03 Juin

Attention, nouvelle alerte orange aux orages violents

Météo France a placé 48 départements en alerte orange pour cet-après midi. A partir de la mi-journée de fortes pluie, voire de la grêle, pourraient tomber. On espère sans incidence sur les départements déjà bien touchés ces derniers jours mais aussi tous les vignobles qui ont été impactés.

Mieux vaut prévenir…que guérir. On ne sait jamais mais soyez sur vos gardes. « Un épisode orageux actif dans l’après-midi et la soirée pouvant engendrer des pluies intenses sur de courtes durées et de la grêle » est annoncé par Météo France dans son bulletin de 10 heures….

 

30 Mai

Solidarité avec les vignerons grêlés : revoir l’émission spéciale « Nouvelle-Aquitaine les ravages de la grêle »

France 3 Nouvelle-Aquitaine a pris la mesure du cataclysme subi par les vignerons de Bordeaux et de Cognac, et a réalisé une émission spéciale, d’une heure, mardi matin, notamment depuis les vignobles meurtris.

En direct de Samonac, en Côtes de Bourg, j’ai souhaité redonner la parole à Cyril Giresse, très touché par l’orage de grêle intense qui a ravagé sa propriété et notamment cette parcelle de 9 ha d’un seul tenant en bas du château Gravettes Samonac :

« En m’approchant samedi, j’ai vu des vignes de plus en plus détruites, j’ai ressenti un sentiment d’énorme tristesse tout d’abord puis d’abattement ensuite. C’était une sorte de tourbillon… »

Celui aussi de l’emballement médiatique où Cyril qui n’était pas préparé à cet événement climatique, n’était pas plus habitué à voir déferler l’ensemble de la presse locale, régionale et nationale sur sa propriété. Cela peut être parfois mal ressenti, une sorte de pression supplémentaire et puis quand on quitte les lieux un grand vide. Si nous sommes arrivés les premiers chez lui, nous avons aussi décidé de revenir et d’occuper le terrain.

Les dégâts samedi au château Gravettes Samonac, peu de temps après les chutes de grêle © Côtes de Bourg

« J’ai reçu beaucoup de soutiens, ça m’a vraiment fait chaud au coeur, c’est dans ces moments-là qu’on se dit qu’il faut qu’on reparte…Alors, on essaie de trouver des solutions, on se parle entre collègues et ici sur des vignes aussi détruites que, celles-là on a pris le parti de les tailler pour essayer de sauvegarder l’année prochaine, de concentrer les réserves de la plante et pour avoir de bons bois pour tailler. Sur d’autres vignes touchées en partie, on a appliqué des traitements cicatrisants pour essayer de sauvegarder ce qui peut l’être. »

Damien Labiche, président des Jeuanes Agriculteurs, JPS et Cyril Giresse du château Gravettes Samonac © Pascal Lécuyer

Ce sont 5500 hectares de vignes dans le nord Gironde entre le Bourgeais et le Blayais qui ont été touchées, dont 3000 à 80%, comment se remet-on de ces phénomènes climatiques ?

« on s’en remet difficilement car la viticulture, c’est des cycles longs : on réalise des cultures, puis on élève le vin et on le vend par la suite…Donc pour se remettre d’un épisode climatique, il faut un peu de temps, reconstituer les stocks, reconstituer une trésorerie, pour se remettre d’un épisode, d’une catastrophe, on dit souvent qu’il faut 3 ans. Plusieurs à suivre, évidemment, c’est compliqué. Je pense aussi à mes collègues, je sais qu’il y en a beaucoup en difficulté. On pourra s’en sortir malgré tout, mais c’est très difficile quand c’est consécutif. »

Damien Latouche le président des JA des Côtes de Bourg en appelle au Président Macron © PL

LA SOLIDARITE ENTRE VIGNERONS ET AVEC LES POUVOIRS PUBLICS ?

La solidarité s’est exprimée de suite « par des coups de téléphones à des copains pour prendre des nouvelles », commente Damien Labiche, président des Jeunes Agriculteurs des Côtes de Bourg. « On a commencé par faire un constat… savoir dans quel état était le vignoble. Hier soir on s’est retrouvé et pour se remonter le moral, on a bu un petit verre de vin tous ensemble, on discute de ce qui vient de nous arriver et on essaie de trouver des solutions… Comment on va pouvoir faire face à un tel incident voire à un tel drame ? Car pour nous, c’est dramatique, en 10 minutes, on a tout perdu. Bon moi j’ai eu la chance de ne pas geler l’année dernière, mais je pense à mes collègues qui eux ont tout perdu l’année dernière et qui viennent encore de tout perdre cette année, vraiment c’est dramatique ! »

« Nos attentes vont clairement vers nos pouvoirs publics et vers l’Etat, on espère que notre Président (Emmanuel Macron) ne va pas nous oublier car c’est certes les vignerons qui sont touchés mais aussi tous les acteurs qu’il y a autour (salariés, marchands de matériel, oenologues, c’est vraiment une filière complète qui est impactée aujourd’hui. Et franchement si on ne nous aide pas, j’ai peur que la moitié de nos confrères disparaissent ».

Ce n’est pas comme si le nombre de vignerons n’avait pas déjà été divisé par deux en 20 ans, Bordeaux ne compte plus que 5800 exploitants à ce jour. » Toujours moins.

Revoir l’émission spéciale « Nouvelle-Aquitaine : les ravages de la grêle », présentée par Serge Guynier, avec en direct Jean-Pierre Stahl depuis Samonac, Bruno Pillet depuis le vignoble de Cognac et Emmanuel Brault depuis Saint-Mathieu (87) et comme invités en plateau :

  • Lydia Héraud, conseillère régionale Nouvelle-Aquitaine, déléguée viticulture et spiritueux.
  • Eric Hénaux, le directeur-général de la Coopérative des Vignerosnde Tutiac
  • Frédéric Lot, expert en vins
  • L’assureur Pierre-Marie Gauthier, directeur-général adjoint de Filhet-Allard.

Réalisation Fabien Roy – Rédaction en Chef : X.Riboulet F.Bidault S.Leclère B.Tavitian

Alerte orange aux orages violents : cela ne va pas recommencer !

39 départements à nouveau placés en vigilance orange par Météo France. Des orages violents annoncés à partir de cet après-midi, et risque de grêle par endroits.

Le bulletin annonce « orage violents attendus cet après-midi et en soirée de ce mercredi, du Sud-Ouest au Nord-Est du pays, avec de fortes intensités pluvieuses et localement un risque de grêle. »

N’en jetez plus, depuis samedi en Gironde et dans le Cognaçais (10000 ha en Charentes !), on est servi, d’autres vignobles en début de semaine ont aussi « mangé » en France comme en Champagne près d’Epernay le village de Damery a été touché sur moitié de ses vignes (200 ha sur 400), le Lubéron a aussi été touché le 19 mai dernier…

Dame Nature peut-être généreuse, mais aussi tout reprendre, à l’heure où Bordeaux a perdu 4 à 5% de son vignoble suite à la grêle de samedi, il ne faudrait pas que cela continue. Merci au bon Dieu de lire ce message.

 

29 Mai

Grêle à Bordeaux : l’appellation Pessac-Léognan n’a pas été épargnée

Petit à petit, les propriétés commencent à estimer les dégâts occasionnés par la grêle. Des estimations qui devront être confirmées encore d’ici quelques jours. Philibert Perrin, le président du syndicat, réagit à ce nouvel épisode de grêle qui touche son appellation, après le gel d’avril 2017 qui avait touché Pessac-Léognan à 45%.

Pour évaluer la taille des grêlons tombés durant 5 minutes sur Bordeaux samedi après-midi – image d’illustration © JPS

Quand on a en tête ces images encore fraîches de l’orage de grêle de samedi sur Bordeaux, quand on sait que cet épisode a été intense avec des grêlons tranchants de 2 à 3 centimètres,  on se dit que l’orage a pu endommager des vignobles intra-muros ou sur l’appellation la plus proche de Bordeaux.

Joint par téléphone hier, Jean-Christophe Mau, directeur de Brown m’a confirmé que  « tout le vignoble, 35 ha d’un seul tenant, a été touché. Maintenant il faut attendre un mois pour voir. On a du prendre de 50 à 70% ; maintenant, il faut attendre. 

Autres propriétés impactées, les vignobles Clarence Dillon, la Mission serait bien plus touchée que le célèbre Haut-Brion, c’est surtout le côté Talence qui a pris, plus que Pessac. Un impact qui serait estimée de l’ordre de 30%

Smith Haut Lafitte en saura plus en fin de semaine comme me l’ a confié Fabien Teitgen : « nos 80 ha ont été touchés à des degrés divers. Smith n’avait jamais été touché, en 25 ans c’est la première fois que je vois la grêle ici. « 

Le nuage de grêle a démarré sur le haut du plateau de Rochemorin (vignobles André Lurton) avec des blancs bien impactés sur les 2/3, a poursuivi ses dégâts sur Carbonnieux (grêlé à 25%), puis vers Villenave d’Ornon avec Couhins-Lurton, Brown, le bas de Olivier, Pontac Monplaisir, Grandmaison un peu impacté, pareil pour Larrivet-Haut-Brion (en face de Smith), Baret,… et même les Carmes Haut-Brion sur une petite parcelle.  Des noms bien connus des Bordelais premiers consommateurs de ces châteaux prestigieux, mais aussi connus de par le monde.

Il est encore trop tôt pour envisager exactement l’impact sur les volumes, mais cela vient s’ajouter au gel de 2017, à ceci près que certaines propriétés comme château de France que j’ai pu contacter et Pique Caillou n’ont pas été touché cette fois, ce qui fait dire au président Philibert Perrin : « heureusement le couloir de grêle ne passe pas sur les vignobles touchés par le gel. »

C’est malheureux, la viticulture est à nouveau touchée par une catastrophe naturelle », Philibert Perrin, Président Syndicat des Vins de Pessac-Léognan.

Comme dans l’ensemble des propriétés, Philibert Perrin me confie qu’il est « difficile d’estimer les dégâts, comme pour nous à Carbonnieux, on doit encore attendre quelques jours. Le feuillage va repartie en buisson, et cela va demander plus de travail. On ne sait pas encore si les grappes vont être touchées entières ou en partie. On n’a pas une grande expérience de la grêle en Pessac-Léognan. »

En tout cas « les assureurs nous le disent, ces phénomènes climatiques sont de plus en plus violents et plus dévastateurs. » Entre le gel, la sécheresse et la grêle, répétés ces derniers temps, il y a de quoi s’interroger… Le réchauffement climatique y serait-il pour quelque chose ? A suivre…

Grêle : le lourd tribut payé par Cognac

Avec 10000 hectares touchés par la grêle du week-end dernier, Cognac et la Charente ont sévèrement été impactés par ce phénomène climatique. En proportion, 1/7e du vignoble de Cognac a été touché, plus qu’à Bordeaux.

Les dégâts qui laissent sans voix © Vignobles Plaize

Dans le bassin Charente-Cognac, ce sont plus de 10.000 hectares qui ont subi les dégâts dus à la grêle du samedi 26 mai, dont 3.500 hectares  « très fortement touchés (plus de 80% de destruction) » selon l’estimation du Bureau national interprofessionnel du Cognac (BNIC). Le vignoble charentais correspond à 78.000 hectares, dont 72.000 destinés à l’eau-de-vie de Cognac. 

La zone la plus touchée en Charente se situe dans la zone des Borderies au nord-ouest de la ville de Cognac, des parcelles très difficiles à reconnaître tellement elles ont « pris cher ».

Sur leur page Facebook, les vignobles Plaize commentaient :

« Sans mots face à un tel désastre !!!!
Le destin s’acharne après le gel de 2017 maintenant la grêle…..
Il va falloir du courage pour faire face mais bon il faut toujours regarder devant et penser à l’avenir.
70% de l’exploitation touchée de plein fouet et malheureusement la récolte 2019 sûrement affectée aussi…. »

Philippe Martineau, lui aussi, a perdu 75% de sa prochaine récolte, c’est d’autant plus dramatique qu’il ne possède plus de réserve climatique ce procédé qui permet de pallier les aléas météorologiques; cette année il va faire appel à son assurance. « Heureusement qu’on a cela, car l’année dernière, avec le gel, j’ai perdu mes stocks de réserves climatiques et cette année, si je n’avais pas été assuré j’aurais pu mettre mon entreprise en grande difficulté. »

Au niveau du BNIC, des mesures d’accompagnement vont être mises en oeuvre comme l’étalement des cotisations MSA ou des mesures d’exonération de taxes foncières sur tout ce qui est non bâti par exemple », commente Claire Caillaud, directrice de la communication BNIC.

Une réunion de crise doit se tenir en fin de semaine pour une éventuelle inscription de ce phénomène en catastrophe naturelle.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Poitou-Charentes de B. Pillet, C. Guinot et C. Pougeas (intervenants : Simon Bourdet, technicien d’expérimentation au BNIC ; Philippe Martineau, viticulteur ; Claire Caillaud, directrice de la communication BNIC)

28 Mai

« Des orages de grêle aux conséquences désastreuses »: 7100 hectares confirmés dont 3400 touchés à 80%

Les ODG, le CIVB et la Fédération des Grands Vins de Bordeaux ont tenu leur réunion de crise de 15h30 à 17h15 à Beychac-et-Caillau. L’état des lieux que Côté Châteaux vous a donné en primeur est confirmé : 7100 hEctares touchés par 2 épisodes de grêle les 21 et 26 mai.

Les surfaces grêlées atteignent 7100 hectares dont 3400 hectares à 80%, compromettant la récolte 2018 et aussi celle de 2019, lorsque les bois sont atteints.

  • Les secteurs les plus touchés sont Blayais/Bourgeais : 5500 ha, dont 3000 à plus de 80%;
  • Secteur Médoc : 1200 ha dont 400 à plus de 80%.
  • Secteur Entre-Deux-Mers : 400 ha
  • mais aussi Pessac-Léognan à estimer…

C’est le 3e épisode climatique important en 6 ans qui fragilise de plus en plus de petits vignerons, aussi des mesures sont envisagées par l’interprofession et les associations viticoles.

« Les mesures envisagées sont des mesures « classiques », je dirais, comme des reports d’échéances MSA, allègement voire dégrèvement des taxes foncières sur le non-bâti, » commentait Bernard Farges.

On demande des mesures fortes de la part de l’Etat, qui n’ont pas pu être mises en oeuvre en 2017, notamment la mobilisation de cautions par l’intermédiaire de la Banque Publique d’Investissements. » Bernard Farges vice-président du CIVB.

Cet après-midi, Jean-Luc Gleyze le président du Conseil Départemental s’est rendu à Bourg et à reignac dans le Blayais, il compte bien se montrer solidaire des viticulteurs par quelques mesures comme par le passé. Le Préfet de Région se rendra à Macau dans le Médoc mais aussi dans le Blayais et le Bourgeais.

Une réunion publique réunira aussi les vignerons victimes à 14h30 à Saint-Christoly de Blaye.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Dominique Mazères et Ines Cardenas