08 Nov

Vendanges historiquement faibles: la FNSEA veut des « mesures adaptées » pour la viticulture

Le secrétaire général de la FNSEA Jérôme Despey a déclaré lundi attendre du ministre de l’Agriculture « une écoute attentive » et « des réponses adaptées », au moment où la viticulture est touchée par une récolte historiquement faible due aux aléas climatiques.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel d’avril © Jean-Pierre Stahl

« Ce que nous attendons, ce sont des exonérations fiscales et de cotisations sociales au vu de l’ampleur des sinistres climatiques de cette année », a souligné M. Despey, lors d’une conférence de presse organisée à Lattes (Hérault). Il a aussi appelé l’État à payer « ses dettes à l’égard des producteurs », évoquant des retards de versements de subventions remontant à 2015.

M. Despey a dit souhaiter « faire le point » sur des mesures de soutien avec le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, attendu à Montpellier lors du SITEVI, salon mondial pour les filières vigne-vin, olive, fruits et légumes, qui se tiendra du 28 au 30 novembre.

En région Occitanie, « c’est la plus petite récolte depuis l’après-guerre », a souligné M. Despey, viticulteur dans l’Hérault. Et si la qualité du millésime 2017 est au rendez-vous, « la perte du potentiel de production ne sera jamais compensée par le prix », a-t-il estimé.

« Ça va créer des situations de trésorerie très difficiles en 2018 », a-t-il ajouté. Selon M. Despey et Guilhem Vigroux, président de la commission viticulture de la FRSEA Occitanie, le bassin Languedoc-Roussillon va perdre au minimum 240 millions d’euros sur la récolte 2017.

Le secrétaire général de la FNSEA a également souhaité que le dispositif de « contractualisation » évoqué dans le cadre des États généraux de l’alimentation soit développé pour toutes les filières de production afin de gérer la volatilité des cours. Il a aussi plaidé pour la mise en place d' »une stratégie concernant le partage de l’eau », plus particulièrement en Languedoc-Roussillon, évoquant la création de nouvelles retenues afin de stocker l’eau en cas de fortes pluies.

Les deux responsables ont enfin appelé les agriculteurs à s’assurer contre les aléas climatiques, alors qu’actuellement seulement 20% des vignes sont assurées au niveau national. Avec la sécheresse récurrente, « les mentalités sont en train d’évoluer » sur ce point, a assuré M. Vigroux.

En Languedoc-Roussillon, les vendanges se sont terminées précocement. Les sévères gelées au printemps dans l’Aude et l’Hérault, ainsi que les phénomènes de coulure (chute des fleurs ou des jeunes fruits) observées dans le Gard ont fortement impacté la récolte, tout comme la sécheresse qui règne depuis six mois sur la région.

La production 2017 en Languedoc-Roussillon est estimée à 10,35 millions d’hectolitres, contre 12,4 millions en 2016 (-16%).

AFP

17 Oct

Pour surmonter le cap du gel 2017, la chambre d’agriculture déploie un dispositif avec la MSA et le Crédit Agricole

Le gel d’avril a été très certainement l’un des épisodes les plus dramatiques de ces 70 dernières années pour la viticulture et les autres productions agricoles. Avec 40 à 50 % de récolte en moins, les ventes vont durement se faire ressentir et les marchés risquent d’être déstabilisés  Pour surmonter ce cap, la Chambre d’Agriculture déploie un dispositif spécifique, aux côtés de la MSA et du Crédit Agricole.

A Laruscade, 90% touchés ici en mai dernier © JPS

A Laruscade, 90% touchés ici en mai dernier © JPS

Il y a certes le gel mais d’autres événements peuvent fragiliser une exploitation agricole : un problème de santé, une mésentente familiale, la perte d’un marché, un outil de production vieillissant, un endettement trop lourd, la chute des cours… Chaque fois qu’une exploitation est en péril, il faut prendre les bonnes décisions. Et vite. Mais comment les identifier ? La Chambre d’Agriculture de la Gironde propose un accompagnement spécifique aux agriculteurs. Pour anticiper. Pour agir quand il est encore temps, avant que la situation ne s’aggrave.

> Passer l’année 2018

Première étape : un conseiller d’entreprise fait le point avec l’agriculteur, pour bien identifier l’origine des difficultés. Ensemble, ils définissent les objectifs et les priorités. Pour bâtir un plan d’actions réaliste. Avec un calendrier et des coûts clairement définis. Les leviers sont multiples : report d’annuités, avance de trésorerie, prêt de fond de roulement, opération de déstockage… Ils étudient les décisions à confirmer ou au contraire à repousser : est-ce que je maintiens l’agrandissement de mon chai ? Est-ce que je conserve mes projets d’arrachage ? Est-ce que je décale ma plantation ?

Bien entendu, tout ceci se fait dans la plus grande confidentialité, avec des conseillers de la Chambre d’Agriculture spécialement formés à l’écoute et experts en stratégie d’entreprise. Chaque situation est unique : c’est donc un accompagnement sur mesure qui est offert. Avec la possibilité pour l’agriculteur de solliciter les conseillers viticoles, œnologues, conseillers techniques… de la Chambre d’Agriculture pour mettre en œuvre son plan d’actions.

> Résister à un nouvel accident

Parfois l’analyse fait apparaître que l’exploitation est mal assurée et qu’elle ne pourra pas résister, à un nouvel accident climatique par exemple. A moins de s’assurer correctement. Comment faire ? Comment être sûr de choisir le bon contrat ?

Olivier Bohn, consultant en gestion des risques, animera à la demande de la Chambre d’Agriculture de la Gironde une formation gratuite spécialement dédiée à ces questions en novembre.

Inscriptions auprès du service Formation de la Chambre d’Agriculture de la Gironde, au 05 56 79 64 11.

Avec chambre d’agriculture de la Gironde.

12 Oct

Après les vendanges, Bordeaux estime sa perte de récolte entre 40 et 50%. L’un des épisodes de gel les plus douloureux de l’après-guerre

C’était redouté dès ce fameux gel intense du 27 avril et annoncé par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux et Côté Châteaux. Cet épisode de gel est très certainement l’un des plus marquants depuis 70 ans, après ceux de 1991 et de 1956 à Bordeaux. Le point aux châteaux de France et au château Larrivet-Haut-Brion, tous deux ont perdu 70% de la récole, en Pessac-Léognan. Les pertes pour la filière pourraient aller jusqu’à 2 milliards d’euros.

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

27, 28 et 29 avril, 3 nuits de gel intense, et c’est sans parler du premier épisode du 21 avril…

Au château de France, à Léognan, on a eu beau lutter sérieusement avec de nombreuses chauffrettes et un système d’éolienne, rien n’y a fait, le gel était trop important et très tôt dans la nuit, dès minuit…Arnaud Thomassin, le propriétaire, se souvient de cet épisode douloureux : « je pense qu’on est descendu à -6 ou -7 dans les points les plus bas de la propriété. Les appareils sont efficaces mais plus il fait froid, plus le périmètre d’action est faible et cette année, c’était particulièrement intense;

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  1. En terme de volume, je pense que c’est certainement la récolte la plus faible qu’on a faite, moi ça fait plus de 20 ans que je suis là et  je n’ai jamais ramassé aussi peu de vin, Arnaud Thomassin propriétaire du château
Au château de France ce matin ©JPS

Au château de France ce matin ©JPS

Depuis le 29 septembre, l’ensemble de la récolte (précoce à cause de juin très chaud et d’un mois de septembre en partie pluvieux) est aujourd’hui rentrée ici. La perte est estimée à 70% : « on peut estimer qu’on va récupérer, entre les rouges et les blancs, de l’ordre de 500 hectolitres. L’an dernier on avait fait le double. » 1200 hectos, alors même que c’était déjà une petite récolte, déjà à cause du gel, car le château de France avait perdu 30% de sa récole en 2016. Le sort s’acharne et Arnaud Thomassin espère que 2018 sera bien plus clément. Pour lui une année normale, c’est en 2014 où la production était de l’ordre de 1700 à 1800 hectolitres.

IMG_0577Au château Larrivet-Haut Brion, même constat, 70 % de pertes au global, un peu plus sur les blancs que sur les rouges:

Sur les blancs, on est à 6 hectos à l’hectare, des rendements extrêmement faibles, avec de la qualité, j’ai 54 hectolitres de vins blancs pour 9 hectares, même en 91 on avait fait un peu plus ! « Bruno Lemoine directeur général de Larrivet Haut-Brion

Ce sont surtout les parcelles les moins qualitatives qui ont été impactées, des parcelles de seconds vins, ou tout ce qui se trouvait en contre-bas de propriétés, dans des combes ou en plaine.

Il y a des grands vins, il y a des vins un petit peu plus légers, il y a des propriétés qui ont fait de belles récoltes et d’autres qui ont tout perdu, et cela depuis 6 mois » Frédéric Massy Derenoncourt Consultants.

IMG_0583La production sera plus faible qu’en 2013 mais plus importante qu’en 1991 l’autre grande année du gel à Bordeaux, comme devrait nous le confirmer cet après-midi le CIVB au cours d’un point presse à 15h. La récolte est estimée avec 40 à 50% de perte pour ce millésime 2017 dont les effets vont se faire ressentir pendant quelques années.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Robin Nouvelle :

20 Sep

« Les raisins de la passion » : l’émission en immersion dans le vignoble gelé de Saint-Emilion, depuis le château Trapaud

Béatrice Larribière accueillait ce midi l’émission spéciale vendanges de France 3 Aquitaine. 52 minutes pour décrypter le gel et ses conséquences, mais aussi les vendanges précoces et les changements climatiques, ainsi que les questions de main d’oeuvre, l’avenir du vignoble de Bordeaux et le poids des acheteurs étrangers. Béatrice Larribière est l’invité de Parole d’Expert sur Côté Châteaux.

Hervé Grandeau, Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Béatrice Larribière, château Trapaud et Michel Rolland, oenologue-consultant © Jean-Pierre Stahl

Hervé Grandeau, Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Béatrice Larribière, château Trapaud et Michel Rolland, oenologue-consultant © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl : « Béatrice, vous voilà installée depuis 1997, vous avez repris un domaine familial (4e génération, depuis 1927), comment avez-vous commencé cette aventure ? »

Béatrice Larribière : « L’installation remonte à 1997, cela a été une bonne année d’expression avec beaucoup de volume, un bon millésime pour se faire la main, mais pas trop qualitatif. »

Béatrice incarne une nouvelle génération de vignerons, une femme à la tête d'un domaine passé en bio en 2009 © JPS

Béatrice incarne une nouvelle génération de vignerons, une femme à la tête d’un domaine passé en bio en 2009 © JPS

JPS : « 1997-2017, ces années en 7… »

Béatrice Larribière : « Ce sont les années en 7, je n’avais pas le recul, mais on m’a dit que ce n’était pas cela. En 2013, on avait grêlé et cette année, on a bien gelé, au minimum à 80%; il y a juste deux parcelles qui ont été protégées, notamment ici devant la salle de dégustation-caveau de vente. »

IMG_9426JPS : « Comment passe-t-on un cap comme celui-là, grâce aux stocks ? »

Béatrice Larribière : « Heureusement c’était la politique de mon père d’avoir du stock, et depuis j’en ai toujours eu. D’ailleurs je conserve les vins jeunes qui ne sont pas tout-à-fait prêts à boire, aussi pour les pros j’essaie d’avoir des millésimes qu’on puisse déboucher, prêts à la dégustation ».

Vincent Dubroca avec ses 3 premiers invités

Vincent Dubroca avec ses 3 premiers invités © JPS

« J’ai en stock des 2012, 14,15 et 16; j’ai un peu freiné les ventes, cela va me permettre de lisser cet épisode de gel, notamment pour le négoce dans deux ans.

Une maigre vendange mais la passion demeure

Une maigre vendange mais la passion demeure

Les clients ne s’en rendent encore pas compte, car on vend actuellement les 2012; on avait fait la même chose en 2013. »

Hervé Grandeau, Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Béatrice Larribière, château Trapaud et Michel Rolland, oenologue-consultant © Jean-Pierre Stahl

Quelques cagettes récoltées ce jour pour remplir cette amphore © JPS

JPS : « Quant à la vendange de ce qu’il vous reste sur le 2017 ? »

Béatrice Larribière : « Aujourd’hui, ce matin on vendange quelques cagettes pour l’amphore. Pour ce qui n’a pas gelé, si on peut attendre la fin de la semaine, ou plus si on peut attendre au maximum. On va essayer de pousser en fin de semaine prochaine si ça ne décroche pas. »

Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole, Aurélia Souchal viticultrice et Hervé Grandeau intervenants dans l'émission © JPS

Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole, Aurélia Souchal viticultrice et Hervé Grandeau intervenants dans l’émission © JPS

JPS : « Maintenant évoquons une chose plus réjouissante que le gel, le bio, pourquoi avoir fait ce choix ? »

Béatrice Larribière : « Je suis passée en bio en 2009, car en fait on est les premiers concernés, on vit sur place et on travaille dans les vignes, c’est le b.a.-ba pour moi ».

Aurélia Souchal a vécu une année terrible : le gel d'avril puis la grêle du 28 août © JPS

Aurélia Souchal, installée depuis 2015 au château Huradin à Cérons, a vécu une année terrible : le gel d’avril puis la grêle du 28 août © JPS

On fait un peu de biodynamie, avec des tisanes, du purin, mais on le fait pour nous, c’es plus ludique, on y va de notre sensibilité. Mon chef de culture s’en sort plutôt bien.

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On est certifié en bio depuis 2012, il n’y en a pas beaucoup en Saint-Emilion Grand Cru, mais comme il y a de la demande… Auparavant les négociants boudaient le bio, maintenant ils se sont assouplis. C’est dommage d’être catalogué, alors que cela se faisait ainsi avant. On est aussi dans la démarche SME avec les Vins de Bordeaux.

IMG_0022JPS : « Et comment cela se passe-t-il avec les particuliers ? »

Béatrice Larribière : « Avec les particuliers, il y a un engouement. Il y a aussi des vagues. Je fais les salons des Vignerons Indépendants de Lille, Paris et Strasbourg, ainsi que le Luxembourg. Mais pas encore celui de Bordeaux, je suis sur liste d’attente.

Cela fonctionne bien avec l’accueil à la propriété, sur internet mais aussi pas mal avec le « bouche à oreille ». On fait des visites et dégustations, je travaille aussi depuis peu avec Christine Glémain de Vino Passeport. Notre meilleure publicité reste surtout le bouche à oreille et sur internet.

Jacques-Olivier Pesme de Kedge Business School et Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole © JPS

Jacques-Olivier Pesme de Kedge Business School et Sophie Gaillard-Méral de Bordeaux Tourisme Métropole © JPS

Notre production habituelle, quand tout va bien, 45 hectos à l’hectare pour un bio c’est bien, cela représente environ 80000 bouteilles vendus sous château Trapaud, mais aussi avec Reflets de France-Carrefour avec la Cuvée La Chapelle. »

Béatrice Larribière fière de son millésime 2016, dans son chai à barriques © JPS

Béatrice Larribière fière de son millésime 2016, dans son chai à barriques © JPS

Un grand merci à Béatrice Larribière d’avoir reçu tout notre barnum pour cette émission spéciale « les Raisins de la Passion », proposée par Xavier Riboulet rédacteur en chef, préparée par Franck Omer et Jean-Pierre Stahl, présentée avec brio par Vincent Dubroca. Réalisation Fabien Roy.

Côté châteaux et Béatrice Larribière devant le château Trapaud

Côté châteaux et Béatrice Larribière devant le château Trapaud

A voir sur le site Facebook de France 3 Aquitaine, et demain à 8h50 sur l’ensemble de nos 3 antennes de France 3 Nouvelle Aquitaine et sur Côté Châteaux :

Revoir l’émission Les Raisins de la Passion, proposée par Xavier Riboulet rédacteur en chef, présentée par Vincent Dubroca et préparée par Franck Omer et Jean-Pierre Stahl :

28 Août

Quand le sort s’acharne pour une quinzaine de châteaux des Graves : après le gel, la grêle…

Hier après-midi, un orage de grêle d’une très forte intensité et d’une durée de 20 minutes a éclaté de nombreuses baies de raisins dans les Graves. Ces viticulteurs avaient déjà souffert de l’épisode de gel de fin avril, là « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Tout n’est pas perdu, mais il faut récolter dans les 48 heures.

Les dégâts sur une grappe de sémillons à Podensac © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts sur une grappe de sémillons à Podensac © Jean-Pierre Stahl

Des grêlons de 1 à 2 centimètres et même de 3 à 4 par endroit. Ceux-ci très coupants ont haché non seulement le feuillage mais ont aussi fait éclater les baies gorgées de jus.

C’est un couloir intense qui a duré près de 20 minutes et qui a touché particulièrement Podensac, Illats, Cérons et Virelade.

Marie-Hélène Lévêque, propriétaire du château Chantegrive, ce matin dans ses vignes © JPS

Marie-Hélène Lévêque, propriétaire du château Chantegrive, ce matin dans ses vignes © JPS

Marie-Hélène Lévêque, propriétaire du château Chantegrive (dont la cuvée Caroline est toujours exceptionnelle) a d’habitude le sourire et le moral, mais là le sort s’acharne. Après avoir été touchée à 70% par le gel fin avril, elle vient constater les dégâts dans ses rangs de vigne. L’ensemble de ses parcelles a été impacté, ce qui pour elle est une première.

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« Regardez, une, deux, trois…huit, neuf, elles sont toutes touchées », Marie-Hélène Lévêque nous montre ainsi un pied très fourni de grappes, préservées du gel, mais bien impactées par la grêle.

Quand il grêle pendant 20 minutes, c’est long et cela fait beaucoup de dégâts »Marie-Hélène Lévêque, château Chantegrive.

Et d’ajouter : « En général, on assiste à des 2, 3 ou 4 minutes, déjà on trouve que c’est long, mais là 20 minutes c’est énorme. » 

Xavier Perromat sortant de son château de Cérons pour constater les dégâts © JPS

Xavier Perromat sortant de son château de Cérons pour constater les dégâts © JPS

A Cérons, Xavier Perromat avait lui aussi été très touché par le gel, il estime avoir déjà perdu 50% de sa récolte. Dans son malheur, la grêle s’est abattue sur la parcelle la plus impactée par le gel.

Xavier Perromat dans sa vigne la plus touchée par le gel et la grêle © JPS

Xavier Perromat dans sa vigne la plus touchée par le gel et la grêle © JPS

La chance, si je puis dire, c’est d’avoir été grêlé sur des parcelles qui avaient déjà été sinistrées. J’avais eu l’intention de vendanger en fin de semaine, mais je vais avancer mon intervention à demain », Xavier Perromat du château de Cérons.

« On a, on pense une quinzaine à une vingtaine de viticulteurs qui sont plus durement touchés que les autres », m’explique Mayeul l’Huillier directeur des Vins de Graves.

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Mayeul l’Huillier dir. du Syndicat Viticole des Graves et Xavier Perromat du château de Cérons © JPS

« Malheureusement, on est sur une zone, Podensac, Cérons qui a déjà été très gelée au mois d’avril-mai et c’est la deuxième catastrophe naturelle qui s’est abattue su ces viticulteurs-là », Mayeul l’Huillier directeur des Vins de Graves.

Pour l’heure, la situation n’est pas critique mais il s’agit d’agir très rapidement à cause du botrytis, la pourriture qui risque de s’installer rapidement sur les baies éclatées.

50 vendangeurs entrés en action au château Chantegrive pour ramasser rapidement les blancs © JPS

50 vendangeurs entrés en action au château Chantegrive pour ramasser rapidement les blancs © JPS

Au château Chantegrive, 50 vendangeurs sont entrés en action ce matin, Marie-Hélène Lévêque confie qu’il en faudrait 100 pour bien faire ; elle va avoir recours à une machine à vendanger pour compenser le manque de main d’oeuvre. « C’est tellement précoce cette année que les gens ne se sont pas inscrits, on est un peu en manque de vendangeurs… »

La vendange est rentrée et aussi sauvée. Fort heureusement, ils avaient commencé aussi la semaine dernière © JPS

A Chantegrive, fort heureusement, la vendange est rentrée et aussi sauvée. Fort heureusement, ils avaient commencé aussi la semaine dernière © JPS

« On essaie de s’organiser car il faut vraiment que dans les 48 heures, on ait rentré tous les blancs », Marie-Hélène Lévêque, château Chantegrive.

Des blancs fort heureusement qui sont arrivés à maturité ; pour les rouges, cela risque d’être plus délicat, notamment pour les cabernet-sauvignons plus tardifs que les merlots.

Alors « annus horribilis » en 2017 ? Certes, néanmoins la physionnomie des blancs déjà rentrés la semaine dernière et depuis ce lundi (avec un tri sur pied et sur la table de tri) permet de dire que la qualité est bien là. Avec juste une précocité et aussi, depuis la grêle, une rapidité d’action dans les rangs de vigne…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet et Alain Guinchard :

27 Août

Après le douloureux épisode de gel, la grêle est tombée cet après-midi en Gironde

2017 annus horribilis. Fin avril le gel des 21, 27 et 28 avril a été un sérieux coup dur pour nombre de vignerons. Cet après-midi, dans les Graves notamment, du côté de Podensac, une grosse averse de grêle a touché à nouveau le vignoble.

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Des grêlons de quelques centimètres de diamètre, 3 ou 4 cm par endroit. Voilà le résultat du terrible orage de grêle qui s’est abattu en Gironde. Les endroits les plus marqués sont du côté de Podensac dans les Graves. Dominique Guignard, président des Vins de Graves, m’a confirmé que l’épicentre se trouvait là-bas, avec des vignes très touchées, notamment devant la maison des vins.

Les arbres ont été "vrillés" par endroit

Les arbres ont été « vrillés » par endroit © DB

A Illats, d’autres parcelles ont été impactées. Le diamètre des grêlons et la force du vent qui a « vrillé certains arbres » montre l’ampleur du phénomène.

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Des grêlons plus ou moins gros, mais suffisamment importants pour faire de gros dégâts ou hacher la vigne © DB

Certains amis de Côté Châteaux ont alerté de vignes « hachées » par endroit. Encore un cataclysme qui s’abat sur nos amis vignerons dont on va estimer les dégâts demain, avec tristesse.

11 Juil

A cause du gel à Bordeaux, le CIVB prévoit 20% d’économies budgétaires

Il fallait s’y attendre, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux l’a confirmé hier. Le gel qui a touché 80 % du vignoble bordelais à des degrés divers va se traduire par une récolte réduite de 35 à 50%. Dès lors, les effets se feront ressentir sur 2018 et 2019. Allan Sichel a annoncé hier des tailles bugétaires : des économies de l’ordre de 20%.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Hier, lors de l’assemblée générale du CIVB, Allan Sichel est revenu sur l’épisode de gel qui a frappé lourdement fin avril tout le vignoble bordelais et dont les stigmates sont encore bien visibles comme Côté Châteaux vous le montrait 2 mois après à Saint-Emilion. « Sur les parcelles gelées, les sorties de contre bourgeons sont très variables d’une parcelle à l’autre. Les vignes épargnées par le gel, quant à elles, ont un fonctionnement normal et nous bénéficions actuellement de bonnes conditions climatiques. A ce jour, nous n’avons pas d’inquiétude sur la qualité du millésime 2017″, commentait Allan Sichel en préliminaire.

Toutefois, il faut se rendre à l’évidence : « nous pensons que la perte de récolte sera significative, mais il convient d’attendre la fin de l’année pour la déterminer avec exactitude. Il est encore difficile de faire une estimation précise des volumes que nous produirons en 2017″. 

Allan Sichel

Allan Sichel, le président du CIVB © JPS

Les effets économiques se feront toutefois lourdement ressentir sur toute la filière en 2018 et 2019. Au CIVB, nous devons dès à présent faire d’importantes économies budgétaires. Nous sommes conduits à réduire nos actions pour réaliser des économies de l’ordre de 20 %, » Allan Sichel président du CIVB.

Cette mesure drastique est quasi historique, cela fait bien longtemps que de telles difficultés ne s’étaient faites ressentir, hormis sur le millésime 2013, très faible en quantité qui, aussi avait impacté durablement les marchés.

Vivant de cotisations versées par les négociants et les viticulteurs, le CIVB dont le but essentiel est de promouvoir les Vins de Bordeaux et de les actions de la filière viti-vinicole en France et à l’étranger, va toutefois continuer à se retrousser les manches : « Nous avons décidé de préserver les actions de long terme, en privilégiant notamment l’image des vins de Bordeaux sur les actions marketing et la recherche sur les actions techniques. Nous irons chercher des financements au-delà de nos ressources propres, mais les conséquences sur nos dépenses marketing seront inévitables » concluait Allan Sichel sur cette partie consacrée au gel à Bordeaux.

08 Juin

Alerte aux orages, averses, vents violents et chute de grêle sur la Gironde

Amis viticulteurs, attention car Météo France vient de placer le département de la Gironde en alerte de niveau orange pour des phénomènes d’orages. Cette alerte est valable ce jour entre 19h et 23h. En espérant que ce ne soit qu’une alerte sans conséquences comme la dernière fois, mais on ne sait jamais…

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« Ces orages pourraient s’accompagner de fortes averses, de chutes de grêle et de rafales de vents pouvant atteindre de manière localisée et ponctuelle 100 à 120 km/h et jusqu’à 130km/h sur le littoral.

Ils sont susceptibles de provoquer localement des dégâts importants, notamment sur l’habitat léger et les installations provisoires. Des inondations de caves et points bas peuvent également se produire ainsi que des départs de feu en forêt suite à des impacts de foudre.

Le préfet appelle chacun à la plus grande vigilance, en particulier en adaptant le comportement sur les trajets routiers ».

Avec Météo France et Préfecture de la Gironde.

23 Mai

Alain Rousset annonce une aide de 3 millions d’euros aux vignerons et arboriculteurs victimes du gel

En visite ce lundi au salon de l’agriculture de Bordeaux, le Président de Région de la Nouvelle-Aquitaine a annoncé venir en aide notamment aux viticulteurs victimes du gel, il y a quasiment un mois.

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

C’est une aide substantielle qui vient à point nommer pour aider les structures les plus fragilisées à passer ce mauvais cap, même si l’enveloppe n’est pas énorme au regard de plus de la moitié du vignoble touché sérieusement.

« Certains n’ont pas été touchés, beaucoup l’ont été. Certains viticulteurs vont avoir des difficultés pour passer l’année 2017 et l’année 2018. Donc on aura à inventer, peut-être sous forme de garantie pour les viticulteurs qui sont le plus en crise, des relais de trésorerie, on est en train de travailler là-dessus, » commente Alain Rousset interviewé par mes confrères Catherine Bouvet et Nicolas Pressigout de France 3 Aquitaine.

Le Département à son tour devrait débloquer une aide, comme l’avait annoncé Jean-Luc Gleyze, au sur-lendemain de la terrible gelée du 27 avril dans le Blayais. Reste à savoir quelle va être l’aide de l’Etat, le président Macron s’était dit touché durant la campagne…Les viticulteurs, pour certains non assurés et les autres qui malgré tout ne vont pas forcément bien s’y retrouver, apprécieraient un geste du Président Macron.

05 Mai

#Gel à Bordeaux : des pertes considérables pour le vignoble estimées entre 1 et 1,5 milliards d’euros

C’est aujourd’hui que doit se tenir une réunion de crise, pour faire un point sur la situation du vignoble touché par le gel à Bordeaux. Ce gel pourrait avoir « un impact de 40 à 60 % sur la récolte » selon Bernard Farges, vice-président du CIVB. En valeur, ce sera plus d’1 milliard de pertes, voire 1 milliard et demi.

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

Ce qui s’est passé, on ne peut le minimiser, c’est « très grave », « plus de 60 à 70% du vignoble atteint à des degrés divers, dont pas mal à 90 et 100% » commente Bernard Farges, vice-président du CIVB. C’est donc une épreuve qui s’annonce pour toute une filière à Bordeaux, et même si on se dit souvent, ça va aller, ça va aussi être super dur pour certains.

Pour Olivier Bernard, de l’Union des Grands Crus de Bordeaux, de grands châteaux en Pessac-Léognan ont sérieusement été impactés comme Fieuzal, de France, Léognan, de Sartre, parfois à 80-100% ; sur les 110 hectares qu’il gère en Pessac-Léognan 45 ha ont été bien touchés. « Bon c’est la vie d’agriculteur, philosophe-t-il, « mais le passé a montré sur des épisodes de gel, que les surprises vont toujours dans le mauvais sens ».

« Les appellations des Graves et de Pessac-Léognan ont été très touchées, dans le Médoc c’est très localisé à Moulis et Listrac, plutôt proche de la forêt que de la Garonne, Saint-Emilion et Pomerol bien touché aussi (le plateau est plusou moins épargné mais dans les sables on a gelé à 80%), Saint-Emilion est très marqué en bas des coteaux ».

C’est sans aucun doute la gelée la plus meurtrière depuis 1991″, Olivier Bernard président de l’Unions des Grands Crus de Bordeaux.

« Heureusement 2017 est arrivée après deux belles années en 2015 et 2016, et puis qualitativement rien n’est perdu sur 2017; pour la suite, on a déjà donné, pas la peine de remettre un nouveau coup de pression ! »

Quant à chiffrer les pertes, c’est difficile, toutefois Bernard Farges se réfère aux 3,8 milliards que dégage la filière, il y aura sans doute plus d’un milliard, voire 1 milliard et demi. Derrière ces chiffres globaux, il y a surtout des viticulteurs amputés de 80%; selon que l’on a ou pas du stock, que l’on est nouvellement installé ou pas, selon les investissements, les choses seront plus rapides pour certains que pour d’autres. »

En espérant que la plupart de nos amis vignerons réussissent à passer cette douloureuse épreuve.