28 Oct

Covid-19 : les restaurateurs bordelais redoutent un nouveau confinement…

Ce soir à 20h, le Président Macron va annoncer des mesures plus restrictives, pour éviter que l’épidémie ne continue sa progression fulgurante. Un possible reconfinement de 4 semaines a été évoqué ces dernières heures, ou un confinement partiel. Les restaurateurs bordelais interrogés aujourd’hui redoutent de devoir à nouveau fermer leur établissement. Tour d’horizon.

Attablés en terrasses de bars ou de  brasseries bordelaises, les clients profitent en ce mercredi des derniers instants avant l’annonce d’un possible reconfinement (4 semaines) ou d’un confinement partiel (week-end avec couvre-feu les soirs en semaine). La fatalité et la résignation sont bien là comme en témoigne cette cliente :

Il va falloir s’adapter à nouveau, on n’a pas le choix, c’est difficile oui, c’est difficile, c’est vraiment une privation de nos libertés, évidemment », une cliente bordelaise.

Pour le café du Port, un établissement réputé de Bordeaux qui existe depuis 30 ans au pied du Pont de Pierre, c’est un nouveau coup de massue

Jean-Marie Geilh, propriétaire du Café du Port © JPS

On va repartir comme au mois de mars avec une fermeture précipitée et de la marchandise et des stocks qu’on va être obligé de jeter ou de distribuer à tout le monde, avec de la perte financière qui va nous tomber dessus pour la deuxième fois dans l’année, et qui va mettre à mal nos sociétés », Jean-Marie Geilh propriétaire du Café du Port

Au Bistro du Sommelier, on espère encore que les mesures annoncées permettent un service le midi au moins : « on ne sait pas encore trop ce qu’il va se passer, si on va être confiné ou à moitié confiné…donc c’est très compliqué pour nos entreprises à stocker; on travaille à flux tendu depuis plusieurs jours…

Hervé Valverde, patron du Bistro du Sommelier © JPS

Si c’est une fermeture partielle, on s’est préparé, on fera (pour le soir) des plats à emporter depuis ici, les gens pourront commander depuis notre site internet ou sur Facebook, et si c’est une fermeture totale, on fermera on va s’adapter, on ne va pas être hors la lori on va accepter » Hervé Valverde du Bistro du Sommelier.

Là aujourd’hui je suis mieux préparé qu’il y a 6 mois, j’ai un peu moins de stocks, je vais au marché tous les matins, je peux y aller aussi l’après-midi, et j’attends, je suis comme tout le monde… », complète-t-il.

Bastien Demary et Christophe Lagarde en cuisine du Bistro du Sommelier © JPS

En cuisine, ça chauffe, l’ambiance est toujours celle de fourneaux qui bruissent de jolis petits plats et de viandes qui mijotent ou qui grillent, le chef Christophe Lagarde dépeint l’ambiance « un petit peu anxiogène, comme depuis le début du déconfinement »

On ne sait pas ce que l’on va devenir, c’est un peu pénible. S’il ne nous annonce pas un confinement on va essayer de proposer de la vente à emporter, et prolonger le service du midi pour essayer de glaner quelques couverts à droite et à gauche », Christophe Lagarde chef du Bistro du Sommelier

Porte-parole des restaurateurs, Marc Vanhove qui a lancé son concept de Bistro Régent (3 restaurants historiques à Bordeaux ilm y a 10 ans) et des restos franchisés(146 en France aujourd’hui) s’en fait pour ses 1800 salariés avec ces mesures très restrictives et brutales:

Marc Vanhove, créateur des Bistro Régent © JPS

La casse avait été annoncée, on avait dit entre 30 et 40%, là je pense on va approcher les 40-50% et surtout si cela se renouvelle après le mois de décembre » Marc Vanhove.

Et de poursuivre : « car en décembre on va relâcher tout le monde, mais au mois de janvier ou février, comme cela va remonter, on pourra pas stopper, ils seront obligés de reconfiner un mois pour recalmer l’épidémie…Et là cela va être un coup de bâton sur la tête des plus faibles qui seront affaiblis et malheureusement il y aura de plus en plus de fermetures et de  chômeurs sur le tapis… »

Viticulture: une vendange mondiale stable en 2020, mais « sous la moyenne » (OIV)

La production mondiale de vin devrait être globalement stable en 2020, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) qui s’inquiète de l’impact du changement climatique sur la vigne, les vendanges 2020 s’inscrivant « sous la moyenne » des cinq dernières années. Pour l’année 2020, l’OIV, basée à Paris, estime la production mondiale de vin à 258 millions d’hectolitres, après 256 Mhl en 2019.

Image d’illustration © JPS

« Pour la deuxième année consécutive, le volume de production peut être défini comme « sous la moyenne », ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour le secteur viticole étant donné le contexte actuel où les tensions géopolitiques, l’épidémie de Covid-19 et le changement climatique ont généré un très haut niveau de volatilité et d’incertitude sur le marché mondial du vin » a déclaré l’Espagnol Pau Roca, directeur général de l’OIV, lors d’une présentation des chiffres annuels.

L’OIV anticipe en effet une baisse des ventes de vin de quelque 10% sur la planète cette année, marquée par les circonstances exceptionnelles de la pandémie et du confinement qui ont fermé tous les restaurants du monde quasiment en même temps, et des taxes américaines sur plusieurs vins européens.

Dans l’Union européenne, la récolte est estimée à 159 Mhl, soit 5% de plus qu’en 2019, avec un recul de 1% du premier producteur mondial, l’Italie, à 47,2 Mhl, une très légère progression de 4% en France (43,9 Mhl), le deuxième mondial, et un bond de 11% en Espagne (37,5 Mhl), le troisième.

La production de chacun de ces pays -qui représentent à eux trois 49% de la production mondiale de vin- est en dessous de leur moyenne quinquennale respective 2015-2020, souligne l’OIV.
Ceci résulte aussi bien de conditions météorologiques favorables au printemps et en été pour la vigne, que de mesures de régulation du marché en amont, certains vignobles ayant volontairement réduit leurs volumes pour ne pas trop affecter les prix déjà tirés vers le bas par la crise du Covid-19.

OURAGANS, SECHERESSE ET FEUX DE FORETS 

L’OIV souligne aussi l’impact des ouragans, sécheresses et feux de forêts dans plusieurs régions du monde, qui ont affecté beaucoup de domaines viticoles. Principale victime des aléas climatiques cette année, l’Argentine qui a vu sa production baisser de 17% par rapport à 2019 et de 13% par rapport à la moyenne quinquennale, à 10,8 M hl, en raison du phénomène El Nino.

En Amérique du Sud, le Chili qui accuse un recul de 13% de sa production 2020,à 10,3 Mhl, a lui aussi souffert de la sécheresse. Quant à l’Australie, elle a subi un fort déclin de sa production viticole, à 10,6 M hl (-11% par rapport à 2019 et -16% par rapport à sa moyenne quinquennale): « Les sécheresses ont réduit les rendements, et durant les incendies qui ont eu lieu à la saison des vendanges, les fumées ont souillé les grappes » explique l’OIV.

Idem aux Etats-Unis: Si les premières estimations de l’OIV, basées sur celles du ministère américain de l’agriculture (USDA) tablent sur une production américaine de vin de 24,7 Mhl en 2020, soit une hausse de 1% par rapport à celle de 2019, l’OIV prévient que ce chiffre pourrait être « revu significativement dans les mois à venir » lorsque « les effets réels des feux dans les vallées viticoles de Napa et Sonoma seront évalués ».

En revanche, l’Afrique du Sud, qui avait beaucoup souffert de la sécheresse et du manque d’eau les deux années passées, a vu sa production « revenir à la normale »,
à 10,4 Mhl, une hausse de 7% par rapport à 2019. M. Roca ne « pense pas » qu’à long terme le changement climatique « affectera » les volumes mondiaux de production de vin, car « une région en compensera une autre », a-t-il dit lors de son intervention.

La hausse de 2% de la production de vin en Russie, a été soulignée par l’OIV, le Russe devenant une de ses langues officielles. « C’est bien qu’ils deviennent producteurs, ils entrent au club des producteurs et consommateurs ! » a lancé M. Roca.

AFP

27 Oct

Michel Pastoureau, lauréat 2020 du Prix Montaigne de Bordeaux

C’était hier soir la cérémonie de remise du prix littéraire Montaigne de Bordeaux par le maire Pierre Hurmic et Jean-Pierre Rousseau Grand Chancelier de l’Académie du Vin. Michel Pastoureau a été consacré lauréat 2020 pour son ouvrage « jaune histoire d’une couleur ».

Jean-Pierre Rousseau, Michel Pastoureau et Pierre Hurmic © Frédérique de Lamothe

Cette année le prix littéraire Montaigne de Bordeaux récompense Michel Pastoureau, professeur à la Sorbonne et à l’école pratique des Hautes Etudes où il est titulaire de la chaire d’Histoire de la symbolique occidentale. Mondialement connu pour ses travaux sur l’histoire des couleurs en Occident et ses ouvrages et travaux sur les significations de l’héraldique, sur les blasons et les armoiries, Michel Pastoureau remporte ce prix littéraire pour « Jaune, histoire d’une couleur. » Un prix qui consacre les valeurs d’humanisme, de tolérance et de liberté, chères au célèbre écrivain bordelais et autre Michel, Michel de Montaigne, maire de Bordeaux de 1581 à 1585. Pierre Hurmic s’en souvient…en tant que juriste bien sûr.

Michel Pastoureau montre dans son ouvrage comment cette couleur « Jaune » était considérée comme quasi sacrée sous l’Antiquité grecque et romaine, étant synonyme de lumière et de prospérité. Dès le Moyen-Age, elle devient une couleur plus ambivalente et commence à s’apparenter à la maladie, à la félonie lorsqu’elle tire vers le vert tandis qu’elle reste un signe de pouvoir lorsqu’elle se rapproche de l’or ou du miel. Le déclin se poursuit à partir du XVI° siècle mais le jaune conserve cette ambivalence jusqu’à aujourd’hui encore. Richement documenté et illustré, le livre de Michel Pastoureau qui complète l’histoire qu’il a consacré au bleu, au noir, au vert et au rouge plonge le lecteur dans l’histoire culturelle de l’Occident.

Cette cérémonie s’est parfaitement déroulée dans le contexte de crise sanitaire avec une jauge maximale de 40 personnes présentes et sous une pluie abondante extérieure qui aurait plu au Président Hollande…Le lauréat s’est vu remettre par l’Académie du vin une vingtaine de caisses de Grands Crus de Bordeaux, tous membres de l’Académie du Vin de Bordeaux, histoire de refaire sa cave non pas de « jaune » maius plutôt de « rouge ». Félicitations.

Les vignerons français ne trinquent pas à la santé de Donald Trump

Un an après les taxes Trump sur les vins français, les viticulteurs n’ont toujours pas encaissé ces pertes liées aux droits de douane. Un coup de massue qui s’est traduit par une perte de 500 millions d’euros. La donne va-t-elle être changée avec les élections américaines qui approchent…

 

Donald Trump et Emmanuel Macron avaient déjeuné ensemble à Biarritz avant le début du G7 à l’été 2019 © F3 Aquitaine

Au domaine Serge Laloue, une propriété viticole de la vallée de la Loire, trois palettes de cartons de vin sont prêtes à partir aux Etats-Unis. Une adresse dans la banlieue de Boston, « Haverhill, MA », barre en grosses lettres une étiquette verte. « Le vin de Sancerre se vend très bien aux Etats-Unis », confie à l’AFP la propriétaire, Christine Laloue. Pourtant, comme la plupart des viticulteurs français, elle n’a pas digéré le coup de massue reçu mi-octobre 2019 lorsque l’administration Trump a appliqué « brutalement » un droit de douane de 25% sur les vins français en bouteille, non effervescents, de moins de 14 degrés, risquant de faire grimper les prix pour les consommateurs. L’épisode a choqué Mme Laloue. Fin septembre, un chargement de son vin avait quitté la France en bateau pour les Etats-Unis à un tarif négocié. A l’arrivée au port, le 18 octobre, premier jour d’application de la nouvelle taxe douanière américaine, son prix avait pris 25% de plus.  Un souvenir « aberrant » pour la viticultrice: « Les relations commerciales, ça ne peut pas être ça », s’insurge-t-elle, « personne ne peut travailler dans ces conditions-là ».

La taxe, combinée à la pandémie de Covid-19, a torpillé les ventes: les importations américaines de vins français ont chuté de 50% sur les dix premiers mois de 2020, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français (FEVS). Sur l’année, la Fédération estime le manque à gagner à plus de 500 millions de dollars. Un coup dur: les Etats-Unis sont le premier pays de consommation des vins français, hors France.

– « Hérésie » –

Les vignerons hexagonaux estiment être les « victimes collatérales » d’un conflit qui ne les regarde pas, souligne Aurore Dezat, également viticultrice dans le Cher, au Domaine des Chasseignes. La taxe, appliquée en rétorsion à un conflit commercial portant sur le niveau des aides publiques, concernait en effet Airbus et Boeing. En Europe, les vins allemands, espagnols et anglais ont aussi été ciblés par Washington, qui a ainsi « puni » la viticulture des quatre pays fondateurs d’Airbus. De même que les producteurs d’huile d’olive espagnols, de fromage italiens, et de whisky britanniques. Une taxe de 15% frappe aussi avions et pièces aéronautiques européennes. « La taxe crée de l’incertitude, car elle est renégociée tous les six mois, et à chaque fois, on ne sait pas du tout à quelle sauce on va être mangé. Cela crée de l’incertitude sur les embauches, les investissements, la vie du domaine en général. C’est assez compliqué et on tremble chaque fois que la date arrive », ajoute Mme Dezat, qui vend 60% de son vin aux Etats-Unis.

Pour faire face, certains se sont mis à exporter leur vin en vrac, par bateau, car ainsi, il n’est pas soumis aux taxes.  « Laisser partir du vin en vrac pour être mis en bouteille
aux Etats-Unis, franchement c’est une hérésie », s’énerve Christine Laloue. « La mise en bouteille, notamment du Sancerre, est une opération fondamentale pour la qualité du vin ».

– « Perdant-perdant » –

En parvenant à « diviser les pays européens entre eux » Trump, réputé ne pas boire d’alcool lui-même, « a gagné » la partie, se désole un expert viticole français. Néanmoins, après un an de pénitence, le dégel est peut-être amorcé. L’OMC, qui avait autorisé Washington à taxer des produits européens à hauteur de 7 milliards de dollars par an, vient en effet d’autoriser à son tour l’Union européenne à prendre aussi des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis pour ses aides publiques à Boeing, à hauteur de 4 milliards de dollars par an.

Dans cette perspective, l’Europe a déjà dressé une liste de produits qui pourraient être taxés: avions de ligne produits aux Etats-Unis, tracteurs, patate douce, arachides, jus d’orange congelé, tabac, ketchup ou encore saumon du Pacifique, selon une liste actualisée obtenue lundi par l’AFP.

Même s’ils ne trinquent pas à la santé de Trump, les viticulteurs français ne souhaitent pas pour autant que l’Europe fasse monter les enchères, et taxe à son tour les vins américains. « Pour nous les taxes, qu’elles soient d’un côté ou l’autre de l’Atlantique, c’est perdant-perdant », explique un responsable des exportateurs viticoles qui requiert l’anonymat. « Nous appelons à ce que UE et USA négocient, et dans l’intervalle,nous demandons une suspension des droits de douane américains en vigueur ».
 
Avec AFP

25 Oct

Covid, taxes et Brexit, le cocktail gueule de bois du vin français

Crise sanitaire, taxes américaines, Brexit: face à une conjoncture historiquement négative, le vin français a la gueule de bois avec un recul historique des ventes depuis les vendanges 2019, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’exportation.

Particulièrement touché, le vin rouge a vu ses ventes reculer de 5% en volume et en valeur en grande distribution en France sur la « campagne » viticole qui s’étend du 1er août 2019 au 31 juillet 2020, soit d’une vendange à l’autre, selon France AgriMer, l’organisme semi-public qui régit les marchés agricoles. Seuls les blancs et rosés ont résisté au choc, avec des hausses respectives de 0,9% en valeur sur les blancs et de 1,2% pour les rosés en grande surface sur la même période.

De début mars à fin mai, lorsque toute la population était à la maison, les ventes en grande distribution ont légèrement progressé en volume (+1,1%), hors effervescents. Mais les Français confinés ont acheté des vins moins chers qu’au restaurant et le chiffre d’affaire du secteur a reculé de 3,1%. Idem à l’étranger: les exportations ont chuté de 18% en valeur de janvier à août 2020 par rapport aux huit mois comparables de 2019, selon FranceAgriMer.

En ces périodes peu festives, les bulles (champagne et crémant) sont les plus touchées avec des exportations en recul de 22% en volume et de 28% en valeur sur la période. Celles de vins tranquilles se sont affaissées de seulement 6% en volume et 13% en valeur.
Sur la « campagne » viticole août-juillet, la chute des exportations s’élève à 10% au total, tous vins confondus.

C’est la première fois depuis 2008-2009 qu’une baisse « aussi marquée » intervient sur le marché de l’exportation des vins, traditionnellement deuxième contributeur à la balance commerciale française derrière l’aéronautique, selon FranceAgrimer. Un coup dur pour une filière qui, si elle n’utilise que 3% des surfaces cultivées du pays, pèse pour 15% de sa production agricole et génère près de 500.000 emplois, directs et indirects.

En cause: la fermeture des restaurants quasiment simultanément dans de nombreux pays du monde, où les bouteilles françaises représentent une bonne partie de la carte des vins; l’imposition de taxes de 20% aux Etats-Unis depuis octobre 2019 sur les vins tranquilles de moins de 14 degrés; et des incertitudes liées au Brexit, la Grande-Bretagne étant l’un des premiers clients de la France viticole.

– Allègement de charges, aides à la dégustation –

Pour éviter l’effondrement du marché, une série de mesures de soutien a été décidée, à commencer par 246 millions d’euros d’aides à la distillation de crise financées sur fonds européens et français. Le vin en excédent transformé en alcool a notamment servi à fabriquer du gel hydroalcoolique. FranceAgriMer a également confirmé vendredi la mise en place d’une aide au stockage, pour 40 millions d’euros.

Les viticulteurs ont aussi demandé, jusqu’ici sans réponse, la création d’un fonds de compensation pour combler les quelque 500 millions d’euros de préjudice qu’ils estiment avoir subis depuis l’imposition de la « taxe Trump » aux Etats-Unis en rétorsion à un conflit aéronautique.

En revanche, les députés ont adopté mercredi soir, contre l’avis du gouvernement, un amendement prévoyant un allègement de leur charges sociales patronales, lors de l’examen en première lecture du projet de budget de la sécurité sociale.

Le texte prévoit notamment un allègement de 100% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires a baissé en 2020 d’au moins 60% par rapport à 2019. Le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt a déjà justifié l’opposition du gouvernement en indiquant notamment qu’il y aurait une « occasion d’aller plus loin » avec le prochain projet de loi de finance rectificative pour 2020.

Lot de consolation, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a annoncé jeudi une prime de 1.500 euros pour l’organisation de dégustations sur les marchés
export. Et le conseil des ministres de l’Agriculture européen a accepté cette semaine de sauvegarder jusqu’en 2040 (au lieu de 2030) le système des « autorisations de plantation de vigne », dernier système de « quota » de production agricole existant en Europe depuis l’abolition des quotas laitiers et sucriers.
AFP

24 Oct

Covid-19 : les députés votent une réduction de charges pour les viticulteurs

Les députés ont voté mercredi dernier un amendement prévoyant un allégement des charges sociales patronales des viticulteurs pour aider ce secteur fortement impacté par la crise économique provoquée par l’épidémie de coronavirus. Un amendement adopté contre l’avis du gouvernement.

Image d’illustration de vendanges cet été en Gironde © JPS

L’amendement issu du groupe majoritaire LREM a été adopté contre l’avis du gouvernement lors de l’examen en première lecture du projet de budget de la sécurité sociale (PLFSS). “Il convient d’attribuer aux entreprises de ce secteur, en fonction des pertes subies au cours de l’année 2020, un réel allègement de leurs charges”, avec des exonérations de la part patronale des cotisations sociales des salariés pour 2021, indique l’exposé des motifs.

Outre la crise liée au Civid-19, cet amendement veut aussi répondre aux difficultés rencontrées par la filière viticole à l’export, en raison des taxes américaines. Le texte prévoit notamment un allègement de 100% pour les entreprises qui ont enregistré une baisse de chiffre d’affaires en 2020 d’au moins 60% par rapport à 2019, de 50% pour celle ayant connu une baisse de 40% sur cette période, et de 25% pour celle ayant connu une baisse de 20% de leur chiffre d’affaires.

Une “remise” est demandée pour celles qui ne pourraient pas bénéficier de ce dispositif d’exonération, et qui auraient enregistré une baisse entre 20 et 40% en 2020. Le niveau de la remise “ne peut excéder le sixième des sommes dues au titre de l’année 2020”.

Le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt a justifié l’opposition du gouvernement en indiquant notamment que “si la situation (du secteur) devait être mauvaise l’an prochain nous aurions l’occasion d’y revenir”. Il a également indiqué qu’il y aurait une “occasion d’aller plus loin” avec le prochain projet de loi de finance rectificative pour 2020.

Avec AFP

23 Oct

Thomas Noël : « en fait caviste, c’est un métier…tu crées ta sélection, c’est le plus beau métier du monde »

Quand le ciel s’assombrit par moment, c’est que les éclaircies reviennent juste derrière. C’est un peu la formidable histoire de ce caviste passionné qui a fermé boutique à Paris, victime de la baisse de fréquentation liée au confinement puis à la désaffection de touristes dans la capitale, heureusement il avait ouvert il y a plus d’un an le Wine Shop à Fronsac en parallèle, qui est en passe de devenir l’une des plus belles caves de France…Côté Châteaux lui tire le portrait et lui décerne la rubrique « vigneron du mois »

Thomas Noël, caviste du Wine Shop à Fronsac © JPS

« Vous voulez bien un petit verre, ou pas ? » Au bout de 5 minutes, Thomas Noël a les yeux du caviste qui pétillent, « déjà que le sourire (derrière le masque), on ne peut pas le voir… », il faut bien que la convivialité et la sympathie transpirent dans ce monde assombri par tant de morosité ambiante. Et cela passe par le verre de dégustation…

On est bien là Tintin, dans l’antre du caviste qui a la passion chevillée au corps, qui a constitué tout seul sa caverne d’Ali Baba, sans les 40 voleurs, bien sûr… « L’histoire, elle est cool », me confie-t-il; « au début tu as juste des murs, et puis tu montes ta cave de A à Z, tu remplis avec ce que tu as déjà vendu. Tu pars de zéro et tu te crée une sélection, c’est le plus beau métier du monde. »

Aujourd’hui, « mine de rien on a quelques références, 798 » pour être exact, « ça m’a pris du temps de les compter…On attend 2000 bouteilles pour dans 15 jours, et c’est pour cela qu’on a surélevé des meubles ».

Thomas Noël avait ouvert une cave boulevard Saint-Germain à Paris, la Maison des Millésimes, il y a quelques années, le 28 août 2008, mais du fait de la crise liée au coronavirus, et au confinement, « Paris aujourd’hui, c’est en vente, je suis resté à – 72% du chiffre d’affaire (depuis le 13 mars)  et même -97% en avril; » Thomas avait deux employés et un loyer à sortir de 2700 € par mois…Il n’a pas pu résister malheureusement à la dure loi comptable, face aux pertes enregistrées et n’a pas pu bénéficier d’aides, mais a du se résoudre à la vente de sa boutique. « Du coup ici à Fronsac cela devient vraiment sérieux, je vais être à temps complet… »

Thomas Noël a ouvert The Wine Shop, cette cave forcément repérable sur le Port de Fronsac par ses volets rouges, le 4 juillet 2019, jour d’indépendance pour nos amis Américains. « Là je commence à réaliser ce qui s’est passé pour Paris, j’ai acheté à 500 mètres et je viens travailler à pied, l’été je suis en short, je ne sais pas si je n’y ai pas gagné en fait… »

Sa cave regorge de pépites : « Pierre-Yves Colin Morey à Chassagne Montrachet, j’ai Dujac et Gangloff qui vont rentrer, Paul Pillot, je suis tombé de ma chaise quand il m’a envoyé un texto, c’est ce qu’il y a de top de Chassagne aujourd’hui. Ici 60% de mes ventes c’est avec la Bourgogne, bien sûr on vend du Fronsac avec les touristes notamment, cela a marché dès le début. Il y a des vins de Fronsac et de Bordeaux superbes; au début on avait des frémissements, mais l’eau continue à bouillir, le tout avec humilité. »

A tel point que les gens qui viennent de loin et sont dans la région font désormais un détour par sa cave tant la notoriété et la sympathie qu’il inspire ont été largement partagés sur les réseaux sociaux. Jaoued Boussahaba, grand amateur de vin corrézien, me confie : « en tant que connaisseur, c’est une cave personnelle où le caviste connaît avec certitude les vignerons qu’il présente. Une cave d’épicuriens avec quelques vins de niche intéressants. Il y a une grande variété et l’accueil est top. J’ai entendu parler de cette cave sur un magazine spécialisé et bien m’en a pris de m’arrêter ici. »

« Je ne pensais pas que cela marcherait aussi vite », continue Thomas Noël tout en me faisant déguster un petit Chassagne Montrachet 1er cru 2017 La Romanée, « une tuerie… » ; « Thibaut Morey du Domaine Morey Coffinet, le mec est d’une grande humilité », il a vu son histoire et ses déboires à Paris sur Facebook et lui a demandé s’il pouvait l’aider en lui achetant du vin, ce qu’il a fait, mais Thomas lui a répondu surtout en lui permettant d’avoir une allocation…Et voilà comment s’est opérée une rencontre de plus dans ce beau monde du vin.

La grosse nouveauté qui arrive pour le 1er décembre : « je fais un site internet; toutes mes grandes allocations vont rester ici, mais il va quand même y avoir de belles allocations aussi sur internet, le confinement nous a montré qu’il fallait avoir un plan B pour travailler. »

Et s’il fallait résumer son leitmotiv, Thomas Noël explique:  « on a du partage de passion qui se transforme certes en achat mais ce n’est pas vraiment de la vente, c’est plus de la transmission de passion. C’est un vrai métier ». Bravo au Maestro du Flacon

Portes ouvertes dans les châteaux de l’appellation Fronsac ce week-end

Samedi et dimanche, une trentaine de châteaux de Fronsac et Canon Fronsac vous accueillent pour leurs traditionnelles portes ouvertes avec des règles sanitaires bien précises. 

Samedi 24 octobre et dimanche 25 les vignerons de l’appellation Fronsac, Canon Fronsac, à deux pas de Libourne et de Saint-Emilion sont heureux de vous accueillir de 10 h à 18 heures et vous invitent à découvrir leurs derniers millésimes.

Vous pouvez aussi  vous rendre à la Maison des Vins de Fronsacau coeur du village pour obtenir toutes les informations utiles sur les vignobles et les châteaux.

Pour voir quels châteaux sont ouverts et vous accueillent, c’est ici : la liste des châteaux ouverts

22 Oct

Margo, la cuvée du coeur…

Le château Petit Val, propriété de la famille Alloin à Saint-Emilion, vient de remettre un chèque de 6100 € l’association Hagopig grâce à la vente de sa cuvée du coeur. En 2018, les Alloin ont décidé d’aider cette association qui vient en aide à Margo une jeune fille en rémission, d’où le nom de cette cuvée. Bravo.

© Château Petit Val

C’est un élan du coeur. Ils sont comme cela, Olivia et Jean-Louis Alloin, que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer à deux reprises. En 2018, ils ont décidé d’élaborer une cuvée du coeur, baptisée Margo. L’intégralité des ventes a été reversée le 15 octobre à l’association Hagopig, pour soutenir Margo, une jeune fille en rémission. Cette somme a contribué à financer pour partie le projet de restauration des espaces d’accueil des parents et espace de fratrie dans le hall de l’Institut IHOPe dédié aux traitements et à la recherche sur les cancers de l’enfant et de l’adolescent.

Cette cuvée est 100% cabernet franc élaborée par David Liorit, directeur du château Petit Val, l’élevage est uniquement fait en amphore sans ajonction de soufre. Cette cuvée est surtout une belle démarche qui symbolise le combat contre la maladie, l’espérance et la vie.

Un chèque de 6100 € remis à l’association Hagopig © château Petit Val

Le chèque de 6100 € a été remis le 15 octobre dernier à l’association Hagopig et à sa présidente Sandrine Noiret, en présence de Margo, de ses proches au restaurant le Faisan Doré à Villefranche-sur-Saône. La famille Alloin va continuer à réaliser cette cuvée dont le fruit ira à chaque millésime à une nouvelle oeuvre caritative. Un grand bravo.

 

15 Oct

Exclu : C’est confirmé, le Tour de France 2021 passera par Libourne et Saint-Emilion : « c’est une superbe nouvelle, ça c’est sûr »

La nouvelle commence à se savoir dans la Cité Millénaire, elle est toute fraîche, une confirmation a été faite au maire de Saint-Emilion que le Tour de France 2021 lui fera l’honneur d’une arrivée sur Libourne le 16 juillet  et d’un contre-la-montre Libourne-Saint-Emilion le 17 juillet 2021, juste avant l’arrivée sur les Champs-Elysées le 18 juillet.

Bernard Lauret, le maire de Saint-Emilion : « bien sûr j’ai sauté de joie ! »

« C’est une superbe nouvelle, ça c’est sûr ! », commente en exclusivité Bernard Lauret le Maire de Saint-Emilion à Côté Châteaux. « On pensait l’avoir en 2019 pour les 20 ans de la Juridiction classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité, mais on ne l’a pas eu. Là c’est fait. Bien sûr, j’ai sauté de joie pour le tourisme, surtout dans cette période actuelle avec le contexte de covid… »

« Pour nous, ce n’est que du positif car nous avons eu peu de touristes cette année, j’espère que cela va faire venir du monde. C’est vrai qu’en juillet et en août, on a eu de la fréquentation, mais cela ne va pas compenser 10 mois où on a eu personne…et notamment en septembre, peu de monde. Cela risque d’être compliqué pour la suite. A titre d’exemple, depuis le début de l’année on a reçu 100 bus, l’an dernier à la fin décembre 2400…80 000€ de taxe de séjour pour l’heure en 2020 contre 250 000€ en 2019… »

Saint-Emilion va resplendir partout dans le monde avec la retransmission du Tour du France © JPS

« J’ai reçu la lettre hier de Christian Prud’homme qui soulignait le succès médiatique de la 107e édition, ils ont eu énormément de demandes, mais il est heureux de m’annoncer que Saint-Emilion sera ville étape du Tour de France 2021 avec un contre-la-montre Libourne-Saint-Emilion le 17 juillet. La dernière fois qu’on a eu le Tour c’était en 1996, avec un contre-la-montre de 60-70 kilomètres, cette fois-ci ce serait environ 30 kilomètres sur la partie nord de Saint-Emilion, » avec bien sûr le passage devant et le survol en hélicoptère au-dessusde grands châteaux. »

Philippe Buisson, le maire de Libourne, commente de son côté : « j’attends le 29 avec un peu plus de sérénité qu’il y a quelques jours. Si tout cela se confirme, ce sera une grande fête à Libourne entre le 14 et le 19 juillet ! ». Et donc on attend cette fête avec impatience…

Du côté de la ville de Bordeaux qui s’était aussi portée candidate, Pierre Hurmic, le maire me confirme ce soir avoir eu Christian Prud’homme qui m’a dit que « c’était mort » pour 2021 mais ouvert pour l’année suivante 2022″. La candidature de Bordeaux avait alors été présentée « par mon prédécesseur », Nicolas Florian. Bordeaux restait toujours en attente, le choix semble s’être porté sur Libourne pour l’arrivée de l’étape du vendredi 16 juillet.

Jean-François Galhaud, Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion se réjouit ce soir : « on est ravi de recevoir cette course avec une arrivée à Libourne et un contre-la-montre à Libourne-Saint-Emilion, cela va être super, une belle mise en lumière de notre région, de notre vignoble de Saint-Emilion inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité. On espérait d’ailleurs l’avoir en 2019 pour les 20 de l’inscription à l’Unesco. Cela va être une mise en avant de nos vignobles, de nos belles propriétés et 900 vignerons de St Emilion, Lussac et Puisseguin, auxquels on va aussi associer ceux de Montagne et Saint-Georges. On va montrer nos vignes bien tenues et appuyer sur les valeurs d’agroécologie qu’on défend dans le libournais. On veut montrer qu’on est des gens simples, qu’on aime bien rigoler, qu’on aime les choses simples, le Tour de France est très populaire et cela nous va bien à nous aussi… »

Vive le Tour et le Tour en Gironde, cela fait rêver. Vivement l’été prochain.