15 Avr

Gel de la vigne : la chambre d’agriculture de la Gironde dresse la carte des dégâts hétérogènes sur le département

La Chambre d’Agriculture a répertorié les dégâts provisoires avec ses conseillers et établi une cartographie des zones les plus touchées avec forcément les températures les plus basses relevées. Les secteurs des Graves, de Sauternes et du Sud-Gironde ont été fortement abimés, ainsi qu’une partie vallée de la Dordogne et du Nord-Gironde. Toutefois la chambre attend le 15 mai pour dresser un bilan plus complet avec les contre-bourgeons qui vont sortir.

« Avec nos conseillers sur le terrain, depuis la fin de semaine dernière et ce début de semaine, on approche les 1000 relevés; il y a une similitude très forte entre les dégâts constatés et la carte des températures minimales du mois d’avril », commente Philippe Abadie, directeur du Pôle Entreprises à la Chambre d’Agriculture de la Gironde.

Dégâts des vignes, épisodes gélifs 2021 © Chambre d’Agriculture de la Gironde

Ce jeudi en fin d’après-midi, la Chambre d’Agriculture a ainsi dévoilé la carte des dégâts provisoires dus au gel, arrêtée au 15 avril, où l’on distingue bien des zones très meurtries, comme indiquées dès la semaine dernière dans les précédents articles du blog, à savoir les Graves, Sauternes et Barsac et le Sud-Gironde, mais aussi une partie du Nord-Gironde dans le Blayais et les Côtes de Bourg où souvent le gel a touché 80% des vignes…Des zones où les températures sont descendues en dessous de -4° lorsque l’on regarde aussi la carte des températures minimales relevées.

C’est un gel précoce de début avril, différent des gels généralisés et plus tardifs de 2017 et 1991 à une période où toute la végétation de la vigne était sortie », Philippe Abadie, Chambre d’Agriculture de la Gironde.

« Là toute la végétation n’était pas sortie sur tout le vignoble, et même si une plante a été gelée, un contre-bourgeon peut repartir et compenser partiellement la production perdue ».

Nous sommes très prudents pour avancer une estimation précise, mais nous le ferons dans la 2e quinzaine de mai, quand toute la végétation aura démarré…

Petit rappel, en 2017, après la vendange la perte de récolte a été de près de 40%, en 1991 de 50%, c’est un phénomène différent intervenu fin avril mais celui-ci de début avril qui a été très violent par endroits peut laisser espérer une repousse partielle d’où la prudence de la Chambre d’Agriculture. « Cette fois-ci on peu les plus fortes baisses de températures et des dégâts importants sur les Graves, Sauternes, le Sud-Gironde, la vallée de la Dordogne des bords de Saint-Emilion à Sainte-Foy-la-Grande et au Nord-Gironde ».

13 Avr

Figeac : la renaissance de ce 1er grand cru classé de Saint-Emilion avec son somptueux chai

Figeac, un nom mythique à Saint-Emilion. Le nom d’un 1er grand cru classé, 54 hectares dont 41 de vigne qui vient de terminer des travaux titanesques qui ont duré 30 mois et coûté quelques 15 millions d’euros. Tour d’horizon avec la famille Manoncourt qui me sert de guide et Frédéric Faye, le directeur général du château. Ce chai et cette histoire seront dans le prochain Côté Châteaux spécial nouveaux chais du bordelais en mai prochain sur France 3 Noa.

Une partie de la famille Manoncourt devant la bâtisse historique de Château Figeac © JPS

« Bonjour Jean-Pierre, je suis heureuse de vous recevoir, bienvenue, bienvenue à château Figeac ! Je vous présente Blandine, une de mes filles, Hortense, une autre de mes filles… La famille est ici depuis 1892,ce n’était pas un millésime terrible mais 1893 était très très bon », commente la maman  Marie-France Manoncourt. « Figeac vit depuis très longtemps avec ce nom de figeacus qui date d’un Romain qui était dans les lieux…au 2e siècle… »

Et Blandine de Brier-Manoncourt de me montrer cette cloche qui fait partie intégrante de la famille et des traditions dans ce magnifique château : « c’est la cloche qui permet d’appeler les enfants et les membres de la famille à passer à table… Quand c’est prêt, en général on nous appelle comme cela, ce qui est amusant car cela date d’avant le téléphone portable, mais on utilise toujours la cloche parce qu’on l’aime bien, on y est attaché… »

Blandine de Brier-Manoncourt, Marie-France Manoncourt et Hortense Idoine Manoncourt © JPS

« Depuis bientôt 2 millénaires, il y a toujours eu des constructions à Figeac », commente Hortense Idoine Manoncourt. « Cela a toujours évolué et à un moment donné, il faut savoir se mettre à la page… » Et Marie-France de me montrer le magnifique portail qui ouvre sur le tout nouveau chai de Figeac : « vous voyez cette frise, elle a été dessinée par mes petites filles, pendant le confinement, elles se sont rendues utiles durant le 1er confinement avec ce côté artistique, avec aussi l’ajout de la chèvre et du lion, emblèmes de la famille aussi. Et suivant la lumière cette frise rayonne de façon différente…

Le portail du nouveau chai avec ses lettres découpées au laser et la frise réalisée par les enfants Manoncourt © JPS

Durant 30 mois, château Figeac a engagé des travaux dantesques, avec pas moins de 50 entreprises, des travaux sous l’égide du cabinet d’architectes bordelais A3A, pour un montant de 15 millions d’euros. « Le plafond est une vague qui fait son petit effet et nous sommes très contents d’avoir utilisé le bois, la pierre, l’acier, des beaux matériaux…Nous n’avons utilisé que des entreprises régionales, ça cela nous faisait plaisir…« commente Marie-France Manoncout.

L’extérieur du nouveau chai en partie enterré © JPS

« Nous entrons maintenant dans le cuvier de château Figeac », explique à son tout le directeur général Frédéric Faye. « Nous avons profité du relief collinaire de la propriété pour l’intégrer dans le sol, puisque 63% du projet se trouve sous le niveau du sol. Il était important pour nous d’équipe avec la dernière technologie l’ensemble de cet outil, mais toutefois cette technologie est cachée car ce n’est pas cela qui fait un grand vin, c’est la qualité du terroir de château Figeac ».

Le chai de Figeac, doté de 32 cuves inox et 8 cuves bois © JPS

Toutes ces cuves ont été faites sur mesure, 32 cuves inox et 8 cuves bois, en relation avec nos parcelles voire nos intra-parcelles… » « Nous avons demandé au tonnelier Seguin-Moreau de nous mettre 2 douelles transparentes qui permettent d’observer ce qui se passe dans la cuve. Personnellement, j’aime beaucoup au moment de la fermentation, coller mon oreille contre la cuve car on entend tous les glouglous de ce qui se passe lors de la transformation des sucres en alcool. »

A l’étage, « nous sommes ici au dessus du cuvier bois, et une part d’innovation pour nous est liée à l’ergonomie et à la qualité de travail pour le personnel. Pour preuve ici un couvercle qui est manipulable par une seule personne… L’entreprise qui a créé cette cuve a fait appel à une entreprise qui travaille pour le théâtre et qui utilise des contre-poids. » « Cela a démarré par quelque chose qui est très tourné vers mle process, le confort de travail et le confort aussoi de la vie sur Figeac…Figeac, ce n’est pas seulement un vignoble, c’est un ensemble, avec une famille qui vit dans le château, une équipe qui travaille juste à côté dans les chais »

« Là, nous allons présenter, l’âme, la mémoire de Figeac, dans ce caveau qui est dédié à l’ensemble des millésimes, le plus ancien remonte à 1893, premier millésime de la famille Manoncourt… »

Et de passer à la partie dégustation commentée par Frédéric Faye, dans la magnifique salle qui surplombe le grand chai flambant neuf: « château Figeac 2015, très grande réussite, superbe réussite, solaire dans le bordelais, où Figeac révèle toute la fraîcheur toute la subtilité de ses graves, avec des fruits rouges, des fruits noirs, des épices… »

« On construit un chai pour durer, on fait des vins pour durer, Figeac s’inscrit dans un temps long »,  Blandine de Brier-Manoncourt.

Un toast avec le millésime 2015 en l’honneur de Figeac © JPS

Et de porter un toast, « au nouveau chai, longue vie à Figeac », « bravo à l’équipe », remercie Marie-France Manoncourt.

09 Avr

Primeurs à Bordeaux : pas de grand messe mais une campagne adaptée au contexte et qui perdure

Ronan Laborde, président de l’Union des Grands Crus, se démène avec ses équipes de l’UGCB pour que se tiennent des sessions de dégustations professionnelles adaptées au contexte sanitaire actuel à Bordeaux, à Paris, dans quelques métropoles européennes et à Shangaï ou Hong-Kong. Pour les USA et le Royaume-Uni des échantillons seront envoyés. Le millésime 2020 prometteur sera ainsi dégusté par 2000 personnes dans le monde selon Ronan Laborde.

La dégustation de l’UGCB l’an dernier en juin à Bordeaux, déjà en mode de protection sanitaire renforcée © JPS

Traditionnellement Bordeaux rayonnait partout dans le monde au moment de sa campagne des primeurs avec notamment « la semaine des primeurs » qui débutait un week-end de fin mars ou le premier week-end d’avril pour se terminer le premier jeudi d’avril suivant. Une Grand Messe, comme on le disait, où venaient 5500 à 6000 professionnels de toute la planète vin, représentant plus de 50 nationalités différentes. Les dégustations organisées par l’Union des Grands Crus de Bordeaux se faisaient en général dans 7 endroits notamment au Hangar 14 mais aussi dans des châteaux de Pessac-Léognan, du Médoc, etc. Et c’est sans compter bien sûr, toutes les dégustations annexes qui ont vu le jour au fil des ans, on en comptait une bonne cinquantaine, si ce n’est plus. Tout était bien huilé, bien organisé, les journalistes et critiques pouvaient venir déguster, analyser, décrypter ces vins, les commenter et les noter, avec certaines notes très attendues ou redoutées qui permettaient de vendre parfois plus cher…Mais ça c’était avant, avant cette fichue crise sanitaire avec laquelle l’Union et ces professionnels du monde du vin ont du s’adapter.

Ronan Laborde, le président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux © JPS

Cette année, il va y avoir « comme l’an dernier une présentation à Bordeaux la semaine prochaine, sur deux jours, pour 384 négociants et courtiers; les places sont chères, on doit faire avec la contrainte actuelle du confinement et les règles sanitaires et de sécurité accrues, c’est le cas pour la France et en Europe, » Ronan Laborde président de l’UGCB

« A Bordeaux, on a prévu ainsi 65 sessions de 6 personnes maximum par salle, là où l’an dernier il y en avait 8. On comprend qu’il y ait un peu de frustration, mais il y aura d’autres sessions du 26 au 29 avril, les gens de la place pourront y accéder… »

Par ailleurs, l’Union va organiser (avec un niveau ultra élevé de mesures sanitaires avec des sommeliers qui serviront avec masques et visières, un nombre limité de personnes portant le masque, le retirant juste pour la dégustation, des personnes ne se croisant pas dans les couloirs,… pour ne pas créer de cluster) le même format de dégustations à Paris, Bruxelles, Frankfort et Zurich. A Hong-Kong ce seront des dégustations à quelques dizaines de personnes, à Shangaï un mode presque normal. En revanche pas de dégustation comme en France aux USA et au Royaume-Unis, ni à Singapour ou au Japon, où là on va envoyer des sets de dégustation pour les plus gros importateurs. « Il faut voir le verre à moitié plein, on fait le maximum et on va toucher à travers ces opérations plus de 2000 personnes », commente Ronan Laborde.

Casques, masques d’un côté, verres et gobelets individuels de l’autre pour la dégustation l’an dernier © JPS

L’an dernier, l’UGCB a pu organiser 75% à 80% de sa programmation, alors qu’ il n’y a plus actuellement aucun grand salon de dégustation dans le monde du vin. En appui, une campagne digitale est aussi organisée avec le vigneron qui parle du millésime 2020 et possibilité de rentrer en contact avec par la suite…

Parmi les viticulteurs, Eric Perrin, du château Carbonnieux, grand cru classé de Pessac-Léognan, regrette la Grand Messe, tout en comprenant les mesures prises vu le contexte: « c’était vrai événement à Bordeaux, un vrai contact avec nos clients, là malgré tout on fait des présentations en vidéo mais cela n’a rien à voir  car on ne sait pas qui on a en face et on envoie des échantillons, c’est sûr qu’on a une frustration là-dessus…En fait c’est pas mon truc, car je suis ancienne école et j’espère que ce n’est que temporaire… »

Ronan Laborde confirme que la campagne va revenir, dès que cela ira mieux, à l’ancienne formule: « mieux vaut venir à Bordeaux pour apprécier les vins et les déguster, même si l’envoi d’échantillons se fait normalement, car les vins sont jeunes, fragiles, pas aussi stabilisés que quand on fait la mise en bouteille. » Et puis il faut reconnaître que pour l’Union c’est davantage d’investissement : « l’an dernier, on a augmenté de 10% notre budget, cette années de 25%, c’est plus couteux en temps et en frais… »

Yves Beck, critique suisse, en pleine dégustation du millésime 2020 © Michael Jetter

Il n’empêche, sur le terrain, il y a les malins et vieux grognards, des critiques comme le Suisse Yves Beck qui voit sa notoriété augmenter au fil des ans. L’an dernier, il avait été le seul à s’auto-confiner en France au château la Voute, pour faire la dégustation de 1000 vins en primeurs. « Cette année je devrais arriver à 1200 vins », plaisante-t-il. « Cette année, c’est un peu moins compliqué, quoique il y a pas mal de règles auxquelles il faut se tenir. On ne s’embrasse pas, ne se serre pas la main, il ne faut pas prendre cela à la légère. Ce qui est dur c’est de ne pas pouvoir aussi aller au restaurant. J’ai la chance de déguster seul, cette année je suis venu avec un collègue, on s’est fait tester tous les deux avant de partir. On est arrivé le 3 avril et on devrait rester jusqu’à fin mai. En ce moment, avec le Conseil des Grands Crus Classés 1855 j’ai beaucoup de visites de propriétés, chaque jour je déguste, les vins des appellations Saint-Julien, Pauillac, Margaux, j’ai déjà dégusté 245 vins, ce qui me permet de voir le style du 2020…

On est sur de la fraîcheur, des tanins puissants, des baies beaucoup plus petites.. Là c’est frais, fruité et puissant. La clé sera le bel équilibre. On est sur une très belle trilogie, avec 18, 19 et 20, ce n’est pas courant. 2 grands millésimes de suite c’est régulier, mais 3 là c’est waouh ! «  Yves Beck critique en vins.

Au château Smith Haut Lafitte, ce matin Fabien Teitgen à peine remis de 2 soirées à combattre le gel, était heureux  de « présenter ce matin le millésime 2020 à nos négociants. Pas de grande salle et de foule comme d’habitude en mode convivial mais peu de monde en mode masqué, avec des rendez-vous étalés et les distances de sécurité. Mais on arrive à faire notre métier ». Et de donner son avis sur le nouveau millésime : « le 2020, moi j’adore ! Les raisins étaient super bons très goûteux, c’est un millésime qui me plaît depuis le début. Il est marqué par de la fraîcheur et de l’onctuosité. On est content, il a été apprécié… »

L’an dernier, « cette campagne des primeurs (en mode crise sanitaire) s’est finalement montrée satisfaisante sur la tenue », commente encore Ronan Laborde président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux;  « le fait qu’il y ait une campagne a soulagé tout le monde, beaucoup de négociants cela a été leur rayon de soleil, avec des prix attractifs. Les grands crus ont été plutôt bien exposés durant cette campagne ». On leur souhaite de faire aussi bien, voire mieux pour cette 2e année un peu spéciale.

08 Avr

Château Beauséjour HDL : la Safer a retenu le dossier de Beauséjour Courtin avec Joséphine Duffau-Lagarrosse

Le Conseil d’Administration de la Safer a finalement retenu le nom de Joséphine Duffau-Lagarrosse dans le dossier présenté par la société Beauséjour Courtin qui remporte la cession du domaine. Selon la Safer c’est le « maintien d’un lien historique entre cette exploitation viticole et un membre de la famille Duffau-Lagarrosse », et cela répond aussi au souci de la Safer de « permettre l’installation du jeune agricultrice ». Joséphine Duffau-Lagarrosse a accueilli la nouvelle ainsi: « c’est une grande joie, cette propriété j’y suis tellement attachée. » Côté Châteaux lui décerne la rubrique « vigneronne du mois ».

Joséphine Duffau-Lagarrosse en 2016 lors des vendanges au château du Taillan © JPS

C’est par communiqué hier en toute fin d’après-midi que les rédactions ont appris la nouvelle :  « le conseil d’administration de la Safer, qui s’est tenu le 7 avril 2021, a décidé d’attribuer la propriété à la société BEAUSEJOUR COURTIN sous la condition de garantir et de sécuriser l’installation de Joséphine Duffau-Lagarrosse, jeune agricultrice ».

« Pour gérer la vente de cette propriété de 6,24 ha plantés classée Premier Grand Cru Classé de Saint-Emilion s’élevant à 75 millions d’euros, les associés du Château Beauséjour HDL ont choisi de faire appel à la Safer. Dans ce cadre, la Safer a suivi la procédure réglementaire. Elle a lancé un appel de candidatures et a recueilli quatre candidatures à l’attribution du foncier », précise dans un premier temps la Safer qui a été sollicité dans le cadre d’une une intervention à l’amiable.

Le Château Beauséjour Héritiers Duffau Lagarrosse © Coline François

Joséphine Duffau-Lagarrosse qui voyait la propriété sans doute partir, a souhaité se rapprocher de la famille Courtin (groupe Clarins) pour monter avec un dossier dans lequel « je serai à temps plein sur la propriété et j’aurai aussi la direction de la propriété » me confie-t-elle cet après-midi. Certes elle ne sera pas actionnaire majoritaire, mais aura la gestion du domaine en relation avec les autres actionnaires et la famille Courtin.

Je lui ai demandé quelle a été hier sa première réaction quand elle a appris la nouvelle : « pour le coup, je suis restée sans voix. La journée a été très longue, et  arriver jusque là cela a été très long et pas facile. On est allé jusqu’au bout et voilà. Même là, je n’en reviens toujours pas, mais bien évidemment cela a été une grande joie car cette propriété j’y suis tellement attachée. Même si je n’ai pas eu l’occasion d’y travailler, j’ai toujours gardé un oeil dessus. Là, j’espère pouvoir aller loin et la porter le plus haut possible. »

La Safer rappelle que suite à l’avis du comité technique de la Safer le 18 mars dernier qui dans un premier temps n’avait pas privilégié ce dossier, la décision définitive a finalement été renvoyée au 7 avril, prise par le CA  de la Safer, avec représentants de la profession agricole, des collectivités, des acteurs de l’environnement et de l’Etat. Une décision, prise selon le communiqué en « transparence » avec « examen des différents projets de reprise » et « traitement identique », qui est  « conforme aux missions d’intérêt général de la Safer ». 

Château Beauséjour HDL © Coline François

Dans ses motivations de décision, la Safer précise : « dans le cadre du projet de cession du Château Beauséjour HDL, le conseil d’administration de la Safer Nouvelle-Aquitaine…a décidé » :

  • De maintenir la propriété et l’outil de travail dans son intégralité en ne divisant pas le parcellaire, afin de ne pas faire obstacle au maintien du classement Saint-Emilion 1er grand cru classé.
  • D’attribuer la propriété à la société BEAUSEJOUR COURTIN, détenue par la famille COURTIN, sous condition de permettre et sécuriser l’installation de Joséphine Duffau-Lagarrosse, jeune agricultrice.
  • De soutenir un projet d’agriculture durable respectueux de la biodiversité.
  • De maintenir le lien historique entre cette exploitation viticole et l’un des membres de la famille Duffau-Lagarrosse.

Quant à l’échéancier et le projet : « tout va se mettre en place petit à petit », complète Joséphine Duffau-Lagarrosse à qui nous souhaitons bonne chance et bon courage dans ses futures responsabilités à la tête de ce 1er cru classe B de Saint-Emilion.

Gel à Bordeaux : « on est dans le dur, la tristesse et la désolation »

Par ces mots, Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Saint-Emilion résume le sentiment de bon nombre de vignerons du Bordelais et d’autres vignobles de France qui « ont pris cher » avec ces 2 soirées de gel consécutives, avec encore des températures de -2 à -6°C ce matin. Certains vignobles ont été très touchés et ont perdu plus de 80% de leurs bourgeons, notamment dans le sud-Gironde. Le phénomène de gel a été ressenti sur tout le département.

Encore une soirée de lutte et des températures très froides au petit matin © Sophie Aribaud

« On verra plus clair dans les prochains jours, mais cela a regelé ce matin, on a eu des -2 -3° », témoigne ce matin Jean-François Galhaud Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion. « A Vignonet, ce qui n’avait été touché qu’à 20% hier a été touché à 70 à 80% aujourd’hui. ! »

L’ensemble de Saint-Emilion a été sérieusement touché, hormis le plateau. J’ai eu des vignerons sincèrement qui pleuraient et étaient dans un état moral terrible , Jean-François Galhaud Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion.

Pierre Courdurié du château Croix de Labrie en Saint-Emilion Grand Cru confirme: « Il a fait froid cette nuit, plus froid qu’hier. » Il a en effet relevé -3,1° à Saint-Sulpice de Faleyrens encore à 7 heures, contre -1,2 sur le plateau de Saint-Christophe-des-Barbes.
En revanche, dans les bas-fonds du Saint-Emilionnais, les températures étaient de -4 à -5°. « Bordeaux n’avait pas besoin de cela… En 2017, on avait perdu 60% de la récolte, là c’est plus violent »,mais heureusement plus tôt par rapport au 27 avril 2017. C’est donc une lutte acharnée qui, la nuit dernière encore, a été livrée sur Saint-Emilion et partout en Gironde. « Dès 22 heures hier on a allumé nos 3 agrofrosts pour réchauffer le sol, puis les bougies, je pense que cela va aller mais pour pour tout ce qui était à côté, cela n’aura pas suffi. »

Laurent Clauzel, à la tête de La Grave Figeac, petit château sympathique en face de Cheval-Blanc témoigne de ce combat cette nuit comme la nuit dernière de tous les instants  « notre vignoble est équipé à 75% de bougies, ces 75% sont à peu près sauvés hormis quelques endroits, mais les 25% où on n’avait pas disposé de bougies, on a là perdu 80%… »

La lutte contre le gel au château d’Arche © Daniel Detrieux

Dans les Graves, comme nous en parlions déjà hier, Dominique Guignard président commentait « Il a beaucoup gelé, c’est catastrophique, je ne me souviens pas avoir déjà vu cela ». Le constat dressé par Xavier Planty joint ce matin est aussi dramatique : « à Guiraud (1er cru classé de Sauternes), je pense qu’on est à 80%, 90% de pertes, d‘après ce que m’a dit Luc, et ce malgré l’hélico…A -5°, même avec un hélico ou du chauffage au sol, tu ne peux rien faire ! Tout le bas de Bommes, à Barsac aussi, pas mal de secteurs ravagés. Tout est noir, je ne sais pas si c’est comme 91 car c’était un peu plus tard en 91 le 22 ou 23 avril, la vigne était plus poussée, ce sont les apex qui avaient cramé. Là ça va repartir, avec les contre-bourgeons, il y aura une petite récolte. En tout cas on voit aussi les merlots sont condamnés, les cabernets francs et sauvignons vont revenir en force, plus tardifs, plus rustiques… »

De l’aspersion à la Tour Carnet pour protéger la vigne © ODG Médoc Haut Medoc Listrac

Joint ce midi, le président du syndicat viticole de l »Entre-Deux-Mers considère qu’il est encore prématuré pour se prononcer sur l’étendue exact des dégâts, en attendant les remontées du terrain, mais pour en avoir discuter avec un assureur :

On est sur une gelée de même ampleur que 2017, la 2e nuit a été plus compliquée que la première. On est descendu à -3, -4°. Il y a même des dégâts sur certains plateaux. Rien de réjouissant », Bruno Baylet président de l’Entre-Deux-Mers.

© Sophie Aribaud

Dans le Blayais, à Fours ce matin, Sandrine Haur du château l’Haur du Chay a lutté aussi contre le gel pour sauver ses 13 hectares de vigne en utilisant des ballots de paille brûlés: « pour nous, cela nous paraît être une des méthodes les moins onéreuses pour protéger notre vignoble au mieux, donc on esssaie de faire de la fumée pour essayer de réchauffer l’atmosphère de 1 ou 2 degrés. »

Au château le Moulin de la Marzelle, Elie Corpandy dresse le constat pour les Côtes de Bourg : « Prignac-et-Marcamps et Bourg sont très peu touchés, par contre tout le plateau de Tauriac a gelé, ainsi qu’une grosse partie de la commune de Pugnac, soit 300 hectares de vignes. »

Que ce soit à l’est, au sud, au nord Gironde, tous les secteurs semblent impactés. A Fronsac, on limite la casse, « quelques-uns ont pris sur les bas de Saint-Michel » selon Damien Landouar ou en bas du château de la Rivière la parcelle de merlots est cramée mais les chaufferettes ont fait leur effet sur la parcelle de blancs selon Xavier Buffo qui s’estime chanceux et solidaire de ses confrères. « En bas sur mes blancs, je suis descendu à -2°. En 2017, j’avais gelé et je me suis équipé de chaufferettes pour les sauver. En revanche, les merlots du bas ont gelé. Mais passé le portail, on repassait au dessus de 0° sur les coteaux tout a été épargné, donc ça va pas trop mal.C’est vrai que c’est la Dordogne et le bois qui nous ont protégés… »

Dégâts sur les jeunes pousses de la vigne © Sophie Aribaud

En Médoc et Haut-Médoc, Hélène Larrieu directrice de l’ODG: « ce matin, j’ai fait un point sur les secteurs très frais, c’est très hétérogène, sur un même pied, il peut y avoir des feuilles gelées d’autres qui se portent très bien. On a eu du -3 ce matin, -4 hier et c’est tombé jusqu’à -6 sur le secteur de Listrac où il y a des vignes rasées à 100%. Mais nos terroirs sont un peu plus tardifs, avec des zones proches de l’estuaire épargnées par le gel, pour cela on va pas mal s’en sortir…Ce n’est pas catastrophique mais il y en a un peu partout, localement. »

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux a publié cet après-midi ce communiqué : « La France viticole a été, ces dernières nuits, violemment frappée par le gel. .A Bordeaux, le gel a durement frappé de vastes zones du vignoble, les températures sont parfois descendues en dessous de – 5°C touchant l’ensemble des appellations (65 appellations / 111 000 hectares) ».

Le vignoble bordelais très sévèrement touché par le gel L’ensemble de la filière souhaite exprimer sa solidarité à toutes ces femmes et ces hommes qui se sont retrouvés impuissants face à ce gel exceptionnel. » Bernard Farges, président du CIVB

« Les dégâts sont en cours d’évaluation.  A ce stade, il est cependant déjà certain que ce gel du printemps impactera sévèrement le volume de la récolte 2021.   Cet épisode de gel vient d’anéantir une partie significative du travail des vignerons et de la récolte dans une période déjà très éprouvante à la fois moralement et économiquement. Face à l’ampleur du sinistre, qui va toucher tous les opérateurs, la profession se mobilise. La meilleure réponse à donner pour soutenir la viticulture, c’est d’acheter du vin… »

Et Jean-François Galhaud du Conseil des Vins de Saint-Emilion de rappeler que « ces épreuves ont toujours existé »A cause du réchauffement, elles reviennent chaque année. Comme l’écrivait Louis Orizet à la manière de Kipling dans son poème qui trône fièrement dans quelques chais de Saint-Emilion et dans d’autres caveaux de vignerons en France: « si tu peux résister à la griffe du froid, si tu peux, sans un pleur, constater le matin que le gelée perfide a dépouillé ta vigne …Tu seras Vigneron, Mon Fils ! »

 

07 Avr

Dégâts sur le Bordelais: un gel pour certains comparable à 2017

Les Graves ont été pas mal touchées par le gel, de même Sauternes, et également dans le Blayais, et une partie des Côtes de Bourg. Plusieurs appellations du Bordelais commencent à répertorier les dégâts dus au gel de cette nuit. Un gel qui n’a pas été le même pour tous. Ils redoutent aussi la nuit prochaine…

Les dégâts dus au gel de cette nuit © Nicolas Lesaint

Progressivement les remontées d’information se font, frileusement pour ne pas dire au compte goutte. Et comme la pluie où il faut savoir passer entre les gouttes, là il faut savoir lire entre les lignes. Bref difficile d’y retrouver son latin, mais cela n’empêche pas Côté Châteaux de continuer à décrypter toutes ces remontées du terrain.

Pour Thibaut Layrisse, le tout nouveau directeur du syndicat de Blaye, c’est ce qu’on pourrait qualifier de baptême du feu ou de bougies…« Sur Blaye, on est quand même assez touché, on a des zones à 30% et d’autres à 50%. On va envoyer un questionnaire à tous nos adhérents pour faire un petit bilan, mais cela semble proche de 2017 et donc conséquent ! Malheureusement, ce n’est pas fini, cela risque d’être une année assez compliquée, avec peu de volume. »

A Saint-Emilion, Franck Binard directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion explique que « pour le moment, c’est prématuré de se prononcer  globalement, mais oui il y a un vrai impact »; on ne sait pas encore dans quelle proportion, on a eu jusqu’à -4 -5° et sur ces zones là, ça va être compliqué. On attend encore un peu pour voir l’étendu des dégâts. Mais 3 fois en 4 ans, cela commence à faire beaucoup. »

Dans les Graves, Dominique Guignard le président me confie : « il a beaucoup gelé, c’est catastrophique, je ne me souviens pas avoir déjà vu cela, j’essaie de me remémorer 1991, cela y ressemble vraiment. Sur les Graves, Portets, Saint-Pierre-du-Mons, Illats, Langon, La Brède, je n’ai pas vu de gens épargné…Quand on passe dans certaines vignes, il n’y a plus rien de vert, les feuilles sont mortes, c’est d’une violence terrible. »

Sauternes a aussi été touché comme le confiait Jean-Jacques Dubourdieu à Dominique Guignard, pas facile pour tous ces vignerons…Pour Dominique Guignard, « c’est pire que 2017 à vu d’oeil sur notre secteur ».

Dans les Côtes de Bourg, Didier Gontier le directeur me confie : « j’ai un secteur très touché: Tauriac et Pugnac. On était en dégustation ce matin et les gens sont arrivés, ils m’ont montré des photos cela m’a calmé. Ils ont pris du -5°, malgré leurs efforts pour réchauffer, le résultat il est là, c’est cramé. »

Du côté de Saint-Loubès, Nicolas Lesaint du château de Reignac: «  pour nous c’est comme 2017, on est pas mal touché, à 50%. Ce n’est toutefois pas un gel aussi homogène que 2017. Il ya des secteurs où on va repartir de zéro et d’autres où on va suivre. Tous ces vins là on va les travailler à fond, j’ai encore de l’espoir et on va essayer de faire plus et mieux qu’en 2017. »

Regardez le témoignage de Fabrice Reynaud, vigneron dans les Graves en direct sur France 3 ce midi avec Jean-Michel Litvine 

Bordeaux de -2 à -6°: les vignerons engagés sur le front du gel avec bougies, éoliennes et hélicoptères

« Cela a tapé plus fort que prévu », « à -6 par grand chose peut résister, c’est un peu la cata ! », par ces premières réactions le CIVB et le syndicat des Graves font l’amer constat qu’il va y avoir quelques gros dégâts du au gel de cette nuit de mardi à mercredi. Côté Châteaux, JPS et Pascal Lécuyer pour France 3 Aquitaine ont suivi les vignerons qui ont lutté toute cette nuit pour sauver leur récolte à Saint-Emilion. Témoignages et ambiances aux châteaux Grand Corbin Despagne, Figeac et Badette.

Marine Bossuet, allumant à 6 heures de nouvelles bougies avec des températures qui baissaient au petit matin © JPS

Au château Grand Corbin Despagne, toute la nuit François Despagne était mobilisé avec son fils Louis et son père Gérard, 3 générations de vignerons (ici ils sont tout de même vigneron depuis le XIIIe siècle, et propriétaire du château depuis 1812, ce qui ne les rajeunit pas…) dans le même combat contre le gel. Bien sûr, avec leur équipe de 10 personnes, ils ont tenté de réchauffer l’atmosphère, gagnant 1 ou 2 degrés, alors que les températures sont descendues à -2° voire un peu moins dans des endroits plus gélifs.

« On est à -1,1° on est limite, donc on se donne encore un bon petit quart d’heure, on resonde là-haut et s’il le faut on rallume un tiers des bougies supplémentaires… », selon les consignes données par François Despagne à son équipe, avec sa torche frontale sur la tête.

Louis, François et Gérard Despagne 3 générations de vignerons sur le front du gel © JPS

C’est une soirée angoissante, on est sur le pont depuis 10 heures, là il est 5h30 du matin, cela fait déjà 7 heures qu’on tourne, qu’on sonde dans les vignes à droite, à gauche, qu’on allume des feux, des foins, qu’on allume des bougies, avec aussi l’éolienne qui fonctionne déjà depuis 5 heures » François Despagne château Grand Corbin Despagne.

« L’éolienne, ajoute François, permet de protéger jusqu’à 3 hectares à -1 ou -2° mais plus la température baisse, plus le diamètre va se resserrer. A -5 ou -6°, elle ne protège plus qu’un hectare…

Ils ont ainsi disposé quelques 400 bougies par hectares pour protéger la moitié des 28 hectares de la propriété. « On ne veut pas perdre notre récolte à venir, donc du coup on fait tout notre possible pour essayer de garder la récolte », commente Marine Bossuet, ouvrière viticole engagée sur le domaine de François Despagne.

9000 bougies au château Figeac © JPS

Au château Figeac, 1er cru classé de Saint-Emilion, ce sont 9000 bougies qui brulent depuis 1 heure du matin, pour lutter contre cette gelée noire. 

Frédéric Faye, a mobilisé 35 personnes cette nuit à Figeac © JPS

On considère qu’il faut une heure à -2° pour griller les bourgeons qui commencent à éclore. C’est vraiment une masse d’air qui arrive du pôle et qui se déplace sur une grande partie de la France et beaucoup de nos confrères vignerons ont aussi été touchés, » Frédéric Faye directeur château Figeac.

Dans les Graves, Loïc Pasquet le vigneron emblématique de Liber Pater, qui produit les vins les plus chers à Bordeaux, en France également, avec ses vieux cépages bordelais francs de pieds, confie avoir eu jusqu’à -6°C, au petit matin il faisait -4 encore, ça a cramé… Quand on sait qu’il faisait déjà 0° à 21h hier soir, on savait que ça allait être long ! Pourtant j’ai des systèmes agrofrost mais cela n’a pas été suffisant. Je pense que le seul système qui marche, c’est l’aspersion… J’avais planté 3500 francs de pieds, je pense avoir perdu aussi la moitié, ça fait c..ier »

Mayeul L’Huillier, directeur du syndicat des Graves confirme: « c’est descendu entre -2, -2,5° à -4, -6°C sur certains endroits…

Tu as beau lutter, à -6° pas grand chose peut résister, je suis pessimiste, cela me fait penser à des années terribles. Ce n’est pas fini, il y a encore demain matin, mercredi et jeudi. Le mois va être long. C’est un peu la cata… » Mayeul L’Huillier directeur du syndicat des Graves.

En Pessac-Léognan, Arnaud Thomassin propriétaire du château de France: « au plus bas, on a eu jusqu’à -4°, on va voir cet après-midi, voir les dégâts. On avait disposé des bougies, on avait des tours à vent et des appareils qui soufflent de l’air chaud. Une fois de plus cela commence à faire, la dernière fois c’était en 2019 et puis en 2017. Les gelées sont plus fréqiuentes et plus puissantes qu’avant. »

Pour Christophe Chateau, directeur communication du CIVB : « cela a tapé plus fort que prévu; on avait -1 à -2° annoncés et on a eu -3 à -6° par endroits. C’est un froid sec, bizarre car il n’y avait pas d’humidité. Les zones touchées sont les zones gélives habituelles dans l’Entre-deux-Mers, les Graves, le nord Gironde… »

https://www.facebook.com/chateaudelhospital/posts/3967740513310007

Tous les viticulteurs ont encore en tête la tragédie d’il y a 4 ans, le gel du 27 avril 2017 avec la perte de quasiment 40% de la récolte à Bordeaux qui n’avait finalement pu produire que 3,8 millions d’hectolitres contre une moyenne de plus de 5 millions.

Au château Badette à 8 heures, ce matin, un hélicoptère a pu réchauffer l’atmosphère © JPS

Certains ont aussi eu recours aux hélicoptères, avec une difficulté car les pilotes ne pouvaient décoller qu’au lever du jour, sous peine de perdre leur licence. Le château Badette a fait le choix d’en louer un avec son pilote pour un coup selon le directeur technique de 600 euros par hectares, moins cher qu’avec des bougies… »Cela fait une heure qu’on vole et qu’on arrive à stabiliser la température au sol à 0 ou +0, 5° réussissant ainsi à brasser l’air plus chaud en l’air estimé à 3° pour le mêlé avec l’ai froid au sol.

La nuit prochaine, tous seront à nouveau mobilisés pour un nouvel épisode de gel annoncé. Tous croisent les doigts pour qu’il soit moins fort… Pas dit. Et ils espèrent avoir suffisament de bougies pour faire face à cette nuit très froide.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Christophe Varone et Thierry Culnaert : 

02 Avr

Portraits croisés de 2 vignerons de Bordeaux qui ont la passion du terroir

L’un est jeune et vient de reprendre le château le Tros en appellation Bordeaux, l’autre est expérimenté produit énomément de blancs secs et est président de l’appellation Entre-Deux-Mers. Tous deux sont amoureux de leur terroir et de fervents défenseurs des vins de Bordeaux, ils ont la passion chevillée au corps.

Mathieu Jabouin, sur sa nouvelle parcelle avec son fabuleux terroir de graves argileuses et ses merlots ©JPS

Mathieu Jabouin, 32 ans, est un vigneron amoureux des grands terroirs de Bordeaux. A la tête depuis l’an dernier du château le Tros à Tizac-de-Curton, il est fier de nous dévoiler ce plateau de 6 hectares de graves argileuses qu’il a acquis en 2020 pour compléter sa cinquantaine d’hectares en appellation Bordeaux.

On a ce terroir qui est magnifique, avec des graves très profondes…et on le ressent directement dans notre gamme de vins, que ce soit des vins fruités ou corsés, avec des sols comme cela on arrive à faire des merveilles », Mathieu Jabouin, château le Tros.

Chaque année à Tizac-de-Curton, il produit 300 000 bouteilles qu’il commercialise en vente directe au particulier…

« C’est vraiment une trame, un ADN, cet équilibre, ce fruité, ce charnu, quand on croque dans le vin, c’est juteux, c’est bon tout simplement…J’avais un professeur à l’école qui me disait 50% du terroir c’est aussi le vigneron », poursuit Mathieu Jabouin, tout en nous faisant déguster ses Pépites Noires.

A Sadirac dans l’Entre-deux-Mers, Bruno Baylet, 56 ans, rencontré en pleins soutirages de ses barriques, continue d’avoir le moral et de produire malgré la crise actuelle, avec un léger mieux sur les USA: « depuis 15 jours, nous avons 4 importateurs aux Etats-Unis qui ont déclenché des commandes, donc c’est plutôt positif. Mais ce qui est à l’arrêt, c’est le secteur restauration, traiteurs, c’est une grosse partie de notre clientèle donc il a fallu se diversifier notamment sur l’export où l’on s’ouvre de plus en plus et aussi avec des particuliers qui continent à nous suivre… », confie Bruno Baylet du château Landereau.

Depuis qu’il a repris château Landereau en 1988, il a relancé la production de blancs secs et y consace 25 hectares, sur les 80 hectares du domaine…

« Aujoud’hui on fait 3 vins blancs différents sur une douzaine de produits au total qui nous permettent de répondre aux besoins de consommation différents… »

On a cette chance dans l’Entre-Deux-Mers d’avoir un terroir à sauvignon, et d’avoir des terroirs où le sauvignon s’adapte très bien et va donner de très très belles choses…Ici à Landereau on est à la recherche de maturités abouties avec du fruit, quelque chose de très mûr, avec des vins sans acidité mais avec une belle fraîcheur…  » Bruno Baylet de château Landereau

Bruno Baylet, du Château Landereau, dégustant sa gamme de vins blancs © JPS

Sur ses 3 blancs qu’il produit, 2 ont été primés au Top Vin de l’Entre-Deux-Mers cette année sur le millésime 2020 et le boisé du château de l’Hoste au Concours Mondial du Sauvignon.

01 Avr

Vin argentin: ventes en hausse mais comptabilité dans le rouge

C’est le temps des vendanges en Argentine. Malgré une hausse des ventes durant la pandémie, la filière viticole grimace avec la baisse des revenus liés à l’oenotourisme et des comptabilités dans le rouge en raison de la dépréciation du peso.

Dans la province de Mendoza (centre-ouest) où est cultivé 70% du vin argentin avec la majestueuse Cordillère des Andes en toile de fond, Eduardo Pulenta,
propriétaire des 135 hectares de la bodega Pulenta Estate, préfère voir le verre à moitié plein.
« Nous sommes contents car la pandémie a augmenté la consommation et le tourisme local. L’effet se ressent même à l’international, on le voit dans nos exportations » dit-il, alors que les vendangeurs s’affairent dans l’automne austral à récolter les grappes charnues issues de ce sol aride.

Pourtant, l’horizon est sombre pour le secteur viticole argentin. Si la consommation a effectivement augmenté à l’échelle planétaire et que le vin argentin a profité de son prix compétitif pour gagner des parts de marché, la crise économique prolongée dans le pays, l’inflation élevée et les dévaluations successives
du peso (38% en 2019, 28% en 2020) menacent la rentabilité du secteur qui vient d’essuyer six années consécutives de baisse de son chiffre d’affaires. Et de nombreux établissements vinicoles craignent ne pas pouvoir tenir plus longtemps.
PROBLEMES DE TRESORERIE

« Nous vivons avec une monnaie, le peso, qui se dévalue. Si cela a redonné une grande compétitivité au vin en vrac, les matières sèches
importées dont nous avons besoin (bouchons, bouteilles) à l’inverse nous coûtent beaucoup de pesos. Les marges ont tendance à se réduire », explique Hervé Birnie-Scott, directeur des caves et vignobles de Chandon Argentine.

« C’est pourquoi presque tous les établissements vinicoles argentins ont des problèmes de trésorerie », ajoute-t-il.

Selon un rapport de l’Institut national de la viticulture, l’année 2020 s’est clôturée avec « un rebond de la consommation de vin sur le marché intérieur de +6,5% par rapport à 2019 ».

A l’export, le vin en vrac a profité de la dévaluation du peso pour augmenter les ventes en volume, notamment vers l’immense marché chinois, indique une étude du Centre d’études économiques des caves d’Argentine.

Cependant, « il n’en a pas été de même pour le chiffre d’affaires en dollars qui a diminué surtout pour les vins en bouteille, un plus bas depuis 2013 », indique-t-on de même source.

Avec une inflation qui atteindra 36% en 2020, la plus élevée d’Amérique latine après le Venezuela, « nous devons jongler pour faire comprendre » aux négociants en vins « que nous ne pouvons pas maintenir le même prix chaque année », explique M. Pulenta.

« IDENTITE PROPRE »

Pour tirer leur épingle du jeu, de nombreuses bodegas font le pari de tendre vers plus de qualité, au-delà du réputé Malbec (rouge).

Les vignerons s’accordent sur le succès des dernières récoltes. Avec un printemps et un été extrêmement secs, « 2020 a été plus chaud, ce qui nous a permis d’avoir plus de concentration, plus de couleur, plus de polyphénols, plus de tanins », décrit Javier Lo Forte, oenologue de Pulenta Estate.

Les espoirs sont également soutenus par le maintien de la tendance à la hausse de la consommation : « ça continue d’augmenter en ces premiers mois de 2021 », se félicite Mariano Di Paola, directeur de la vinification de Rutini Wines, un domaine de 400 hectares situé entre 1.050 et 1.200 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Hervé Birnie-Scott, un Français qui vit en Argentine depuis 30 ans, estime que la qualité des vins du « Nouveau Monde » est désormais reconnue, mais que les exploitations viticoles doivent encore relever le défi de trouver leur « identité propre » en tirant parti de la diversité des sols.

« Il faut tendre vers encore plus de qualité, vers des vins qui reflètent la particularitédes cépages et du sol où il a été cultivé. Et, petit à petit, le consommateur va rechercher cette typicité, la singularité de la variété cultivée dans un terroir particulier ».

AFP

31 Mar

Vin Jaune : pas de traditionnelle Percée mais des Portes Ouvertes et de belles Enchères

La traditionnelle fête viticole de la Percée du vin jaune, le plus prestigieux des vins du Jura, a été remplacée en 2021 par des portes ouvertes, mais les organisateurs ont maintenu la vente aux enchères de vieux millésimes qui s’est déroulée le samedi 13 mars à la Saline d’Arc-et-Senans (Doubs) dans des conditions inédites…

La cérémonie de la Percée du Vin Jaune en 2019 avec Vincent Ferniot comme parrain cette année là © Pascale Pfister

Une trentaine de personnes seulement étaient présentes dans la salle, mais amateurs et collectionneurs de vin du monde entier ont eu la possibilité de participer à l’événement en ligne.

Sur les 176 lots proposés à la vente, 76% ont ainsi trouvé preneurs. Des « acheteurs français, suédois, italiens, anglais, belges entre autres ont répondu présent », ont indiqué les Ambassadeurs du vin jaune, organisateurs de l’événement, dans un communiqué.

Un lot de 17 bouteilles de vin jaune a été adjugé 1.800 euros au profit de l’association caritative Sapaudia Franche-Comté, dont le but est de promouvoir le don de moelle
osseuse.

Élaboré à partir d’un unique cépage typique du Jura, le savagnin, le vin jaune mature pendant six années en fût de chêne. Ce vin de voile est ensuite mis en bouteille dans un flacon original de 62 cl, appelé clavelin. La Percée du vin jaune signe le début de la commercialisation du millésime entonné six années auparavant.

Avec AFP