22 Mar

Une vente de charité à Bordeaux en faveur de la Fondation John Bost

Cet après-midi va se tenir à l’Hôtel Mercure de la Cité Mondiale à Bordeaux une vente de charité en faveur de la Fondation John Bost. 1200 belles bouteilles à saisir pour une cause charitable.

La Fondation John Bost a été créée en 1848 par le pasteur Jean-Antoine Bost, surnommé John, elle a été reconnue d’utilité publique en 1877; son but est d’accueillir et de soigner des personnes souffrant de troubles psychiques ou de handicaps physiques ou mentaux et dont l’état nécessite une vie sociale adaptée. Pour les aider, des familles, professionnels et bénévoles s’investissent et réalisent des actions pour améliorer leur quotidien.

Cette vente de charité en faveur de la Fondation John Bost a donc lieu cet après-midi à 17 heures, au Mercure de la Cité Mondiale. La Fondation John Bost est une fondation protestante. Les protestants de Bordeaux sont très actifs dans le monde du vin à Bordeaux et ont depuis des décennies organisé une vente de vins, comptant sur la générosité des propriétaires viticulteurs et négociants, qui donnent chaque année des caisses de vin. 

Parmi les acteurs du monde du vin bien connu à Bordeaux qui s’occupent de cette opération : Annabelle Cruse Bardinet (château Corbin), Vanessa Duboscq Armelle Cruse (Château  La Dame Blanche) Daniel et Christine Lawton, Marie Louise et Yann Schyler (château Kirwan).

La vente a lieu ce vendredi 22 mars, à 17h au Mercure de la Cite Mondiale. 1200 bouteilles seront vendues, 100% du montant de la vente ira à la Fondation (40.000 euros en 2018).

20 Mar

Affaire d’épandages à Villeneuve : la défense parle de « chasse aux sorcières »

Aujourd’hui s’est tenu le procès de l’affaire d’épandages phytosanitaires , qui s’est déroulé le 5 mai 2014 à Villeneuve en Gironde. Deux châteaux viticoles étaient poursuivis suite aux plaintes de la Sepanso et de Générations Futures. 23 enfants avaient été intoxiqués, ainsi qu’une institutrice. La défense parle d’une médiatisation et d’une chasse aux sorcières, alors que les châteaux disent avoir respecté les règles.

Me Ruffié, avocat de la Sepanso Gironde © JPS

L’avocat de la Sepanso de Gironde a regretté aujourd’hui que les parents des enfants ne se soient pas portés partie civile, comme lui ou comme Générations Futures. Il l’explique par l’omerta qui règnerait dans cet environnement viticole autour de l’école, la maire de la commune elle-même est poursuivie en tant que personne morale avec son château Castel La Rose (elle était ce matin absente au procès), représentée juste par Me Gadrat. Me Ruffié explique par ailleurs que le sous-préfet de Libourne avait tenu une réunion avec les parents et la communauté éducative, ce qui a contribué à dégonfler l’affaire. Pourtant, 23 enfants ont bel et bien été pris de malaise en ce 5 mai 2014 à Villeneuve, en Côtes de Bourg.

La salle d’audience avant le procès à Libourne © JPS

La présidente du tribunal correctionnel a rappelé que les traitements réalisés par les 2 châteaux avaient démarré à 8h20 et s’étaient poursuivis toute la matinée et en début d’après-midi. Dès 11h20, certains élèves se sont plaints de maux de tête et de picotements dans la gorge. Le directeur Mr Sens avait appelé à ce moment-là appelé la mairie et laissé un message. A 13h20, alors qu’un autre tracteur traitait une parcelle, l’institutrice a alerté le directeur des malaises des enfants et d’elle-même. Un médecin scolaire était venu sur les lieux ainsi que des pompiers. Depuis cette affaire, la professeure des écoles a demandé sa mutation.  

La santé des enfants vaut bien un procès et il est heureux qu’aujourdhui on ait eu un vrai débat devant une juridiction, nous verrons bien ce qu’il en sera. On a des conclusions de l’administration, les premières des techniciens de la DRAAF (Direction régionale Agriculture et de la Fôret) qui disent qu’il ya imputabilité, le médecin scolaire dit qu’il y a une imputabilité, les enseignants il y en a une qui est partie à l’hôpital, elle est est bien placée pour vous dire qu’il y a eu une imputabilité ! » François Ruffié avocat de la Sepanso.

Me Ruffié a rappelé que 9 stations de Météo France  en Gironde ont relevé ce jour-là une force du vent supérieure à 3 Beaufort (19km/h). Une force du vent qui oscillait en rafale de 20 à 32 kilomètre à l’heure… Or sur ce fait il y a eu un non lieu partiel selon la Chambre de l’Instruction, car comme le souligne l’avocat de la défense Michel Gadrat, il n’y avait aucun relevé sur site, la première station se trouvait à 20 kilomètres à Pauillac ou à Saint-Gervais. Par ailleurs, François Clauzel directeur du château Barbe (ex-Escalette) a eu cette explication concernant les traitements qu’il décide : « l’appareil enjambe le rang et il ne peut pas y avoir de dérive car les jets sont dirigés vers la vigne ».

Un, on doit prouver que la vitesse du vent était supérieure à 3 Beaufort (19km/h), or le dossier est vide, deux on doit prouver que les produits phytosanitaires sont sortis de la parcelle, rien » Michel Gadrat avocat du château Castel La Rose

Quand bien même cet élément de vent donnerait-il une indication, pour François Ruffié « l’important, c’est la question de moyens appropriés à mettre en ouvre pour le traitement par des viticulteurs » (comme l’a rappelé la chambre de l’instruction pour renvoyer l’affaire en correctionnelle), « en l’espèce ce n’est pas le cas ». En effet, aucun ne s’était doté d’anémomètre, depuis cette affaire tout le monde semble s’être équipé, même si aucun texte n’oblige à s’équiper comme l’a souligné Me Gadrat. « Aucune preuve n’a été apportée que des produits aient gagné la cour d’école et ne soient sortis de la parcelle.« 

L’avocat de Castel la Rose a aussi eu cette envolée :

Vous pensez que quand met 800, 1000 à 2000 € dans le pulvé, c’est pour l’envoyer chez le voisin ? », Me Gadrat.

De son côté l’avocate Sophie Clavel a parlé d’une affaire surmédiatisée et de chasse aux sorcières.

Sophie Clavel avocate du château de Barbe © JPS

Oui, c’est une chasse aux sorcières, parce que les associations qui sont parties civiles la Sepanso et Génération Furtures ont un but qui est tout-à-fait notable, mais on est vraiment centré dans ce débat pour ou contre les pesticides, on ressent bien qu’ils veulent faire évoluer les pratiques mais pour autant cela ne veut pas dire qu’il faut sacrifier des viticulteurs qui jouent les règles du jeu  » Sophie Clavel avocate du château de Barbe

Alors que la Sepanso et Générations Futures ont réclamé la condamnation des 2 châteaux à 4000 € et 10000€ de dommages et intérêts, ainsi qu’une condamnation à prendre en charge les frais de justice : « je vous demande d’entrer en voie de condamnation, non pas pour en faire des bouc-émissaires, mais pour que la loi soit appliquée. » Le parquet a abondé dans son argumentaire dans le sens d’une non condamnation, s’en « remettant toutefois à la sagesse du tribunal », de même pour les deux avocats de la défense, ceux-ci ont demandé la relaxe des 2 personnes morales. Le délibéré a été fixé au 30 avril prochain. A noter enfin que cette affaire avait provoqué des réactions au plus haut niveau de l’Etat, au Parlement, et que le préfet de Gironde avait pris un arrêté en juin pour interdire l’épandage autour des écoles proches des vignes, lorsqu’il y a classe…

19 Mar

Dans l’Aude, des vignerons inventent le « bio » de demain

Dans l’Aude, l’un des terroirs pionniers du vin bio en France, des vignerons passent à la vitesse supérieure et expérimentent des voies encore plus exigeantes, à l’aune des changements climatiques et des défis environnementaux.

Vignoble de l’Aude – photo d’illustration © France 3 Languedoc Roussillon

coeur du Languedoc, dans l’un des plus vastes vignobles de France, des territoires pionniers comme les Corbières, le Minervois, s’étaient convertis au bio dès les années 70/80. Cette région viticole avait alors « basculé de la production de vin de table vers des marchés à l’export » dont celui du bio, explique Matthieu Dubernet, directeur d’un important laboratoire oenologique du Narbonnais. Aujourd’hui, les démarches sont davantage « personnelles », explique cet observateur privilégié de la filière.

ESPRIT COLLECTIF

« Dans le cru Boutenac, on est passé en « confusion sexuelle » (perturber le système hormonal de reproduction de papillons parasites) et tous nos voisins ont adhéré à cette manière efficace de lutter contre les parasites », indique Louis Fabre, issu d’une famille de vignerons des Corbières « depuis 1605 » qui exploite aujourd’hui cinq propriétés dans les Corbières, le Minervois et le Biterrois. Une expérience qui « a permis de créer un esprit collectif » entre 25 producteurs (indépendants et caves coopératives) qui se sont associés à ce dispositif de pièges biologiques, explique ce vigneron passé au bio dès 1991.

Au domaine de La Baronne, dans les Corbières, Jean Lignères, est vigneron et médecin. C’est tout naturellement la santé « des gens qui vivent et travaillent sur le domaine » qui a décidé de sa conversion en bio. « Dans les années 90, on commencé à voir des articles dans la presse médicale sur les maladies environnementales », justifie le médecin.

Mais c’est un voyage en Autriche, il y a une dizaine d’année sur le domaine Meinklang au sud de Vienne, un « modèle en biodynamie », qui le convainc d’évoluer vers ce courant. « Depuis on plante des arbres au milieu des vignes, on a fait des zones humides, on a installé des nichoirs à oiseaux, des ruches, et surtout on travaille avec les astres », l’un des grands principes de la biodynamie, explique Jean Lignères qui a obtenu cette nouvelle certification en 2012.

« LE BIO N’EST PAS PARFAIT »

« Si depuis 40 ans les évolutions qualitatives de la viticulture se sont faites par les appellations, les IGP, le label Bio, certains signaux montrent que l’on est en train de passer à autre chose », signale Matthieu Dubernet. Frantz Vènes, propriétaire de Château Massamier La Mignarde, au pied de la Montagne noire, explique qu’il n’apposera désormais plus que « Languedoc » sur son étiquette.

Le vigneron, dont une cuvée a été élue en 2005 meilleur vin du monde à l’International Wine Challenge de Londres, vient de décider de se passer de l’AOP Minervois-La Livinière. Et alors qu’il était engagé depuis deux ans dans la certification bio, il renonce également à ce label. « Le label bio n’est pas parfait. Par exemple, pouvoir multiplier les traitements à base de cuivre, ce qui est permis, ce n’est pas une démarche écologique », argumente Frantz Vènes.
Il a décidé de se tourner vers l’agriculture « synthropique ». Il plante des amandiers et des chênes truffiers, cultive du blé et des pois chiches, et fait pâturer des moutons qui amendent le sol. L’objectif est de renforcer les écosystèmes par l’action humaine et « de supprimer les procédés anthropiques, comme les brulis, l’usage d’engin trop lourd ou trop puissants ». Comme « les changements climatiques sont là », Frantz procède à des essais de cépages locaux anciens. « Aubun noir, Trépat, Grand Noir de la Calmette, Rivairenc, Picpoul Noir, Alicante » pourraient assurer l’avenir de cette région, pense-t-il. « Il faut enrichir le bio pour qu’il réponde à nos enjeux d’aujourd’hui et de demain, résume Matthieu Dubernet, ajoutant: « les problèmes environnementaux sont globaux mais les solutions ne peuvent être que locales ». 

AFP

18 Mar

Les Citadelles du Vin : un concours feutré avec ses dégustateurs aguerris…et au final une reconnaissance mondiale.

C’était à Bourg 3 jours intenses pour des dégustateurs venus du monde entier. Ils se sont retrouvés pour cette 19e édition des Citadelles du Vin au Chai des Portiers

Cette 19e édition des Citadelles du Vin à Bourg est une édition bien rodée. Elle a ses dégustateurs aguerris, qui vont apprécier le nez, la vue et le goût du vin, déceler les défauts de certains, pour ne garder que les meilleurs, qui se verront décerner des médailles d’or, d’argent voire de bronze.

Ils sont ainsi une quarantaine d’oenologues, de sommeliers, de distributeurs et critiques internationaux sur le pont depuis samedi.  Yann Chaigne, responsable de l’IPC Vins (Institut de Promotion Commerciale, rattaché à la CCI de Bordeaux) en est à sa 3e participation aussi les quelques 40 échantillons dégustés sur la journée d’hier et encore 22 de blancs secs ce matin, ne l’ont pas effrayé:  » Il y a une grille de notation avec les critères sur la vue , l’odorat et le goût ; on note aussi ce tout ce qui est franchise, intensité positive, tout ce qui est intensité olfactive et gustative, après on note également l’harmonie entre vue, odorat et goût. »

Dans l’arrière boutique, durant ces 3 jours, ce sont 867 échantillons de 34 pays du monde qui sont préparés et dont on conserve un anonymat absolu, en apposant notamment un film opaque sur chaque bouteille.

Toute la dégustation se passe à l’aveugle… Ils ne connaissent en aucun cas l’origine, même pas le millésime, il ne connaissent rien, à la limite que le type de vin qu’ils vont déguster » Jean-Philippe Pricart, Président des Citadelles du Vin

Parmi les dégustateurs, 40% d’Européens, 32% de Français, 18%  d’Américains, 3% d’Africains et 7% d’Asiatiques dont Nelson Chow Président de l’Association des Sommeliers Chinois, pour qui ces médailles sont importantes pour les consommateurs chinois.

« Ce sont de très bons indicateurs pour les consommateurs chinois, parce qu’ils ont été éduqués au vin en un temps record et ils n’ont pas du tout une grande expérience sur les différents types de vins, » commente Nelson Chow Président de l’Association des Sommeliers de Hong-Kong.

« Montrer au monde les bons vins, c’est très bien parce que c’est une reconnaissance pour les producteurs de vins », Régina Vanderlinde, présidente de l’Organisation Internationale du Vin.

4 prix spéciaux ont été attribués dont le meilleur merlot de Bordeaux pour un Blaye 2015 (le Clos de Bonnange) – Des Citadelles qui font parler d’elles partout dans le monde.

Les Prix Spéciaux 2019 :

  • Meilleur Malbec : Coletto 2015 (Argentine-Valle de Uco) par Grupo Penaflor 
  • Pininsula de Setubal : Vinha da fonte Reserva 2016 (Portugal) par Cas Ermelinda
  • Meilleur Cabernet Sauvignon: Château Malaire Cuvée Grande 2015 (France) par Domaine CGR
  • Meilleur Merlot de Bordeaux : le Clos de Bonnange 2015 (France-Blaye) par Vignobles Bonnange

16 Mar

Brexit: le prosecco espère garder ses débouchés au Royaume-Uni

Quelque 120 millions de bouteilles de prosecco prennent chaque année la direction du Royaume-Uni, un chiffre colossal. Mais à l’approche du Brexit, les producteurs italiens se refusent à envisager le pire.

Stand de prosecco italien lors de Vinexpo Bordeaux 2015 © JPS

« Cette situation d’incertitude nous inquiète », mais « nous sommes confiants dans le fait que les citoyens anglais ne renonceront pas à ce plaisir », confie Innocente Nardi, président du consortium du prosecco supérieur Conegliano Valdobbiadene (DOCG), la zone historique de production.
Pour le DOCG, au prix globalement plus élevé, le Royaume-Uni représente 18% des exportations. Mais pour la dénomination la plus importante, le prosecco DOC, l’Union Jack pèse pour… 35% de l’export. Alors bien sûr, il y a une certaine « inquiétude » parmi les producteurs, note Stefano Zanette, président du consortium du prosecco DOC.

Un Brexit sans accord avec l’Union européenne représenterait « un saut dans le vide » aux conséquences difficilement inimaginables, depuis les kilomètres d’embouteillages en raison des contrôles à la frontière jusqu’à la hausse des prix du fait des taxes douanières. Avec à la clé un risque de ralentissement sérieux des exportations.

Pourtant, si les consortium agissent en coulisses pour voir « comment protéger au mieux la dénomination prosecco », note Mattia Mattiuzzo, vice-président de l’organisation d’agriculteurs Coldiretti dans la région de Trévise, aucune trace d’agitation en vue.

La raison? Les producteurs ne croient pas au scénario du pire. « Nous ne prenons pas en considération cette éventualité parce que nous sommes convaincus du lien fort qui nous unit aux consommateurs britanniques », souligne M. Nardi.

Même discours chez le producteur Angelo Facchin: « Je suis très optimiste, je pense que peu de choses changeront, car désormais le monde est globalisé ». Le prosecco « fait maintenant un peu partie de la culture anglaise », se rassure-t-il. Ce qui séduit les Britanniques? Le prosecco n’est « pas très alcoolisé, pas très coûteux, peut se boire à n’importe quelle occasion et remplacer la bière », assure M. Facchin, installé à San Polo di Piave. M. Mattiuzzo souligne pour sa part que le prosecco s’est imposé en Angleterre grâce aux nombreuses actions de promotion menées par le consortium, dont le sponsoring du championnat Superbike.

Le Royaume-Uni représente désormais 40% du chiffre d’affaires de la maison Facchin, après une croissance de 15 à 20% par an ces 4-5 dernières années. L’une des bouteilles est le prosecco officiel de l’université de Cambrige, le St John’s College. Malgré l’importance du Royaume-Uni, M. Facchin n’a « rien préparé », attendant de voir ce qui sera décidé. Sur place en revanche, « beaucoup d’importateurs font un peu de stocks ».
 
Pour pouvoir continuer à exporter même en l’absence d’accord, « les producteurs les plus importants dialoguent avec les sociétés importatrices anglaises pour créer des lieux d’importation en Irlande par exemple, ou des sociétés de droit anglais ayant les critères exigés pour pouvoir importer du vin »,
explique de son côté M. Nardi. Les producteurs estiment également que si les clients britanniques venaient à faire partiellement défaut –car aucun ne croit à une « secousse » importante– le prosecco pourrait trouver d’autres marchés. M. Nardi souligne ainsi la croissance actuelle du prosecco DOCG aux Etats-Unis, au Canada et en Russie.

Selon M. Facchin, le plus grand désavantage sera en fait subi par les Britanniques eux-mêmes, qui ont toutes les raisons « d’être les plus inquiets ».
Même conviction chez M. Zanette, qui soutient « l’idée de refaire un référendum au Royaume-Uni pour revenir en arrière, parce que la majeure partie des gens ne se rendaient pas compte des conséquences d’un tel choix ». « Nous avons besoin d’une Europe encore plus forte », plaide-t-il. L’Europe a permis
de protéger les dénominations comme le prosecco DOC et « si n’avions pas une Europe forte, nous ne serions pas aussi forts dans le monde ».

AFP

15 Mar

L’Allemand Marc Almert est le meilleur sommelier du monde 2019

Albert…ach, le meilleur ! On ne va pas refaire le match ni la guerre entre notre Français David Biraud qui espérait cette année encore et l’Allemand qui s’est finalement imposé, car il a été meilleur.  Il s’est imposé dans la dernière épreuve devant Nina Hjgaard Jensen, deuxième et Raimond Tomsons, troisième.

Marc Almert le vainqueur du © concours de Meilleur Sommelier du Monde 2019

La nouvelle est tombée à 17H35. And the winner is…Marc Almert. L’Allemand, Sommelier au restaurant Baur au Lac, à Zurich, remporte le titre de Meilleur Sommelier du Monde 2019 à seulement 27 ans. Il s’est imposé dans la dernière ligne droite en gagnant aux points devant Nina Hjgaard Jensen du Danemark, deuxième et Raimond Tomsons, troisième, meilleur Sommelier d’Europe.

Sur la dernière épreuve, Marc Almert, Raimond Tomsons et Nina Hjgaard Jensen devaient servir 16 verres avec un magnum de vin effervescent italien (Villafranca rosé, Franciacorta). Jon Arvid Rosengren, le dernier meilleur sommelier du monde leur précisait : « chaque verre doit recevoir la même quantité, vous ne pouvez pas revenir en arrière une fois qu’un verre est rempli et vous devez vider la bouteille. Vous avez cinq minutes… »

Cette année encore les espoirs français reposaient pour sa 4e tentative sur David Biraud, il avait derrière lui notre ami Philippe Faure-Brac, Meilleur Sommelier du Monde 1992, qui comme de nombreux français espéraient une nouvelle victoire de la France, comme pour rendre grâce à Gérard Basset, le dernier en date qui avait gagné en 2010, disparu cette année. Il commentait sur Facebook : « Et le gagnant est : « Marc Almert d’Allemagne. Bravo à tous les participants et une Grande pensée pour David Biraud. » 

Affaire d’épandage de Villeneuve : le procès va se tenir mercredi en correctionnelle à Libourne

C’est une affaire à rebondissements qui a bien failli ne jamais être audiencée. C’est grâce à la tenacité de la Sépanso de Gironde que ce procès va se tenir, car comme le résume son avocat François Ruffié : « la santé de nos enfants vaut bien un procès. » 

L’école de Villeneuve en Gironde, bordée de vignes  © France 3 Aquitaine

Ce procès va se tenir mercredi 20 mars à partir de 9 heures, devant le tribunal correctionnel du TGI de Libourne. Deux châteaux des Côtes de Bourg, Escalette et Castel la Rose, l’un en bio, l’autre en conventionnel, sont poursuivis pour « utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques », l’affaire est survenue le 5 mai 2014. 23 enfants et une institutrice de l’école primaire de Villeneuve ont été pris de maux de tête, d’irritations des yeux et de la gorge et d’envie de vomir, en début d’après-midi. De nombreux secours étaient intervenus et l’institutrice avait été hospitalisée à l’Hôpital de Blaye. L’affaire avait suscité un grand émoi sur le plan national et avait été débattue à l’Assemblée Nationale, Ségolène Royale, alors ministre, promettait toute la lumière sur cette histoire. La Préfecture de Gironde avait d’ailleurs pris en suivant un arrêté et avait préconisé de nouvelles mesures à respecter pour l’épandage…aux abords des écoles, puis après l’émission Cash Investigation et une pétition d’autres mesures en 2016.

Mais l’affaire a bien failli être enterrée, le parquet l’avait classée et avait aussi pris des réquisitions de non lieu, ce qui fait dire à l’avocat François Ruffié : « c’est comme dans le dossier de l’ours Cannelle, le dossier ne vit que par la volonté des parties civiles… » « Ce qui a motivé la Sepanso de Gironde , »c’est qu’on touche aux enfants ! La santé de nos enfants vaut bien un procès, » selon l’avocat François Ruffié. « La Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Bordeaux a donc réformé le non-lieu et a ordonné le renvoi. »

Le débat va porter sur deux points essentiels, à savoir démontrer que les traitements ont été effectués au delà de Force 3 Beaufort, une force du vent à partir de laquelle il est interdit d’effectuer des traitements. « Quand bien même, il n’y a pas à Villeneuve une station météo, il y a 9 sites météo concordants sur toute la Gironde qui attestent ce jour-là de rafales supérieures », selon Me Ruffié.

L’autre point souligné par la Chambre de l’Instruction, « c’est que le viticulteur n’ait pas pris toute disposition pour empêcher un épandage en dehors de sa parcelle », en ayant recours à des anémomètres, ou en faisant en sorte de pulvériser de manière plus précise, etc…

Cette affaire sera intéressante pour la suite et pourrait sans doute faire jurisprudence

Les Citadelles du Vin : le 19e challenge international se tient du 16 au 18 mars à Bourg en Gironde

C’est l’un des plus prestigieux concours internationaux en matière de vin et il se tient ce week-end, ainsi que lundi, près de Bordeaux. 40 dégustateurs d’une vingtaine de nationalités pour déguster des centaines de vins de 30 pays différents. Une visibilité très recherchée sur les marchés.

Bourg, en Gironde, retient son souffle. Plus de 40 dégustateurs sont attendus pour élire les meilleurs vins issus de 34 pays différents. Qu’ils soient oenologues, sommeliers, acheteurs, professeurs, critiques et journalistes spécialisés, ils seront dans les starting-blocks dès demain pour déguster, à l’aveugle et en toute indépendance,durant trois jours 867 échantillons. 40% des dégustateurs sont Européens, 32% Français, 18% d’Amérique du Nord et du Sud, 7% d’Asie et 3% viennent d’Afrique.

A l’arrivée, seulement 30% des vins et eaux-de-vie présentés seront repartiront couronnés d’ une médaille d’Or, d’Argent ou d’un Prix Spécial. Une reconnaissance, un gage de qualité et une visibilité très attendue non seulement des vignerons producteurs, mais aussi du grand public.Le prix moyen des bouteilles dégustées est de 10,40 euros hors taxe.

Il s’agit également du 1er concours international français à avoir intégré VinoFed (Fédération mondiale des grands concours internationaux de vins) reconnue comme l’élite des concours, et sous l’égide de l’O.I.V (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin), dont la présidente brésilienne, Regina Vanderlinde, sera présente.

Les lauréats seront présents au salon Vinexpo de Bordeaux du 13 au 16 mai, mais aussi à Vinexpo Hong-Kong, une résonnance internationale. Cette année, c’est la région viticole de Setúbal (Portugal) qui sera à l’honneur pour cette 19 ème édition.

Pour aller plus loin : les Citadelles du Vin.

Vignes arrachées en Gironde : pour le propriétaire, c’est un « passage en force »

Alain Dejean a vu ses vignes arrachées sur l’une de ses parcelles de 30 ares. Un réveil brutal pour ce viticulteur en biodynamie pour qui l’affaire devait d’abord se régler devant la Cour d’Appel à Bordeaux. Mais la Préfecture de la Gironde a fait procéder à l’arrachage de ces vignes « contaminées à plus de 20% par la flavescence dorée », lui conteste et ne parle que de 15%.

Alain Dejean, viticulteur en biodynamie au château Rousset-Peyraguey © France 3 Aquitaine

Pour Alain Dejean, du château Rousset-Peyraguey, le réveil ce jeudi matin a été brutal : « quand vous êtes réveillés par 6 gendarmes, par la force sans s’occuper de la justice, c’est comme si vous étiez Daech ou un terroriste…On vient et on arrache tout entouré par la gendarmerie… » Alain Dejean est encore sous le coup de l’émotion quand il a vu débarquer sur ordre du Préfet  Didier LALLEMENT, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde, les engins venus arrachés ses pieds de vignes. 

Dans un communiqué envoyé hier aux rédactions la Préfecture précise que « en application du code rural et de la pêche maritime et conformément à l’ordre de Didier LALLEMENT, la fédération régionale des groupements de défense contre les organisations nuisibles d’Aquitaine (FREDON) a procédé ce matin, aux frais du détenteur, à l’arrachage d’une parcelle de vignes contaminées à plus de 20 % par la maladie de la flavescence dorée sur l’exploitation viticole d’Alain DEJEAN à Fargues en Gironde ».

« Cette décision fait suite au refus du propriétaire de la parcelle d’effectuer les travaux nécessaires à la destruction des vignes contaminées par la maladie de la flavescence dorée suite à plusieurs mises en demeure infructueuses. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le 21 novembre dernier, la demande de requête en annulation du propriétaire de la parcelle contaminée, » selon le communiqué.

Or le viticulteur conteste la méthode : « on est toujours en appel en justice, la moindre des choses aurait été d’attendre l’appel. Il y a des appels judiciaires et on passe au dessus de la justice, c’est un passage en force ! » 

Mais pour la Préfecture : « la lutte contre la flavescence dorée de la vigne et son vecteur, la cicadelle de la flavescence dorée (FD), est obligatoire sur l’ensemble du territoire national. Elle est encadrée par le code rural et de la pêche maritime art. L251-3 à L251-10, en particulier l’article L251-10, qui donne le pouvoir au préfet pour exécuter ou faire exécuter, par l’intermédiaire d’un organisme à vocation sanitaire, la mesure d’arrachage. L’arrêté ministériel du 19 décembre 2013 organise la lutte contre la flavescence dorée et les arrêtés régionaux annuels précisent notamment les périmètres de lutte, l’organisation de la surveillance et les procédures de traitement et d’arrachage. Conformément à la réglementation, lorsque le taux de ceps contaminés dépasse 20 % sur une parcelle viticole, celle-ci doit être arrachée en totalité ».

Une fois de plus Alain Dejean conteste le taux de contamination, selon lui ce taux sur sa parcelle n’était que de 15 à 16% sur sa parcelle qui fait 30 à 35 ares à Fargues-de-Langon : « quand vous faîtes un chiffre faux, vous arrivez à plus de 20%, quand on a fait le comptage par huissier, on n’arrivait pas au même chiffre, on était à 15-16%. On m’a refusé une contre-expertise…Car il y a aussi des maladies du bois ou des sols en Gironde plus sensibles à la sécheresse qui donnent des feuilles jaunes. »

« Il y a une décision, je peux comprendre, la décision est prise par le Préfet, qui ne se déplace pas sur le terrain pour voir, sur un rapport que lui a remis la Draaf », poursuit le viticulteur. « Ce qui est curieux, c’est qu’en Bourgogne, on garde les vieux pieds, en Italie, ou ailleurs on ne passe pas par la force sans s’occuper de la justice. »

Le communiqué de la préfecture termine : « La procédure administrative mise en œuvre dans le cas des vignes contaminées à plus de 20 % prévoit un certain nombre d’étapes d’échange avec le détenteur (lettre simple, constat contradictoire, ultime mise en demeure). Dans le cas ultime où l’arrachage ou la remise en état n’est toujours pas effectué un arrachage d’office peut être ordonné par le préfet de département en application de l’article L 251-10 du CRPM ».

Et le viticulteur de dénoncer « on parle à Bordeaux d’oenotourisme, mais venez du 15 mai à fin juillet, venez respirer les particules qui ont un effet destructeur sur la santé, des particules extrêmement dangereuses pendant 8 mois sur les insectes et sur les êtres humains. A Preignac, il y a 17 familles dont les enfants ont développé des leucémies, un taux 4 fois plus élevé qu’en France. Moi, je m’en fous de la parcelle arrachée, mais c’est pour cela que je me bats. Veut-on continuer à expérimenter d’autres phases ou pas ? C’est comme les cépages résistants, cela existe dans le Languedoc et chez nous c’est difficile. On devrait polluer le moins possible, car l’air c’est 80% de notre nourriture… » Alain Dejean refuse d’utiliser ces insectides qu’il considère comme les plus nocifs, comme d’autres cas en France et notamment en Bourgogne avec l’affaire d’Emmanuel Giboulot, qui condamné en 1er instance, avait été relaxé en appel à Dijon.

« J’ai 58 parcelles, 14 hectares, où je n’ai pas de flavescence dorée, il n’y avait juste que ces 30 ares, qui ont été arrachées et brûlées, c’est la désolation, il n’y a plus que deux petits tas de cendres ». Alain Dejean est un vigneron en biodynamie, fière de sa production: « je suis un petit producteur, on travaille sans sulfite, on vend à des restaurants étoilés et on vend à l’export ». Dans cette affaire, la Cour d’Appel devra se prononcer, à ceci près qu’il n’y a plus de vigne.

13 Mar

Cépages résistants à Bordeaux : l’expérimentation est déjà menée chez les Vignobles Ducourt

On vous en parlait lundi. Xavier Planty, le Président de l’ODG Sauternes tire la sonnette d’alarme sur les cépages résistants qui pourraient voir le jour dans les appellations françaises, en argumentant qu’il faut sauvegarder les AOC. Nous avons voulu aller au delà et donner aussi la parole aux Vignobles Ducourt qui expérimentent ces cépages hybrides, résistants depuis 2014. 

Xavier Planty mène son action dans le but de préserver les AOC © jps

C’est un signal d’alarme que lance Xavier Planty, le président de l’ODG Sauternes et co-propriétaire de château Guitaud (1er cru classé). Aller vers des cépages hybrides, résistants, c’est pour lui une perte d’identité des vins français, en général, et des Bordeaux. Cela va à l’encontre des AOC, créées par les vignerons et les instances il y a plus de 80 ans à partir de 1936. Il a invité lundi les responsables des AOC à une réunion d’information et d’échanges (parfois un peu vifs).

Quand les gens ouvrent une bouteille d’un vin de Bordeaux, ils ont derrière toute l’histoire. Nos AOC, c’est la sélection des cépages à travers les âges, par les vignerons, de cépages autochtones. Et l’introduction de génétique américaine ou d’ailleurs, cela ne peut entraîner qu’un affaiblissement de cette filiation, et donc un affaiblissement de la promesse de la marque » Xavier Planty.

Le château Guiraud, 1er cru classé de Sauternes © JPS

Quant à la perte du goût Bordeaux ? « Le goût, vous savez a énormément varié, on ne peut pas dire que les vins de Bordeaux en rouge soient les mêmes qu’il y a 30 ans ou 40 ans, mais il reste quand même une identité Bordeaux qui risque d’être perdue. Mais quand nos clients goûtent les vins de Bordeaux, ce n’est aps que le goût…Le goût est excessivement important, la typicité est très importante, mais quand ils ouvrent un vin de Bordeaux, ils ont derrière toute l’histoire…Ils ont la ville, ils ont le port, ils ont la filiation du vigneron, ils ont tout le « story telling » des marques ! », complète Xavier Planty.

A Baigneaux, les cépages résistants plantés en rouge par la famille Ducourt © JPS

Dans l’Entre-Deux-Mers, les Vignobles Ducourt expérimentent 10 hectares de cépages résistants, depuis 2014, sur les 450 hectares de vignes qu’ils ont en production. Jéremie et Jonathan Ducourt ont souhaité planter 3 hectares de cépages résistants dans un premier temps, après avoir visité un confrère vigneron en Provence, pour qui les traitements phyto-sanitaires avaient largement diminué. Depuis ils en ont planté 6 de mieux et « l’idée c’est d’ avoir 12 à 15 hectares. » Que ce soit avec le Cabernet Jura comme cépage hybride en rouge ou le Cal 604 (pas encore baptisé) en blanc, « on n’a fait cette année que 3 passages de traitements, avec 1,2 kilo de cuivre. » Alors que les autres viticulteurs ont effectué entre 14 et 20 traitements.

On est sur la 5e année et on constate entre 80 et 90% de passages, de traitements en moins sur une saison. Et aujourd’hui on n’utilise uniquement que des produits cuivre et soufre pour les traitements. » Jonathan Ducourt.

Lorsque l’on goûte son blanc 2018 baptisé « Métissage », le résultat est assez bluffant, et « à l’aveugle, on l’a fait goûté à d’autres vignerons ils y trouvent un Bordeaux ». Bien sûr, il ne porte pas le nom de Bordeaux car ces cépages ne sont pas reconnus dans le cahier des charges des AOC, c’est une production en vin de France : « vin issu de vigne planté à titre expérimental. » « C’est un cépage assez précoce (le cal 604) qui est un croisement de sauvignon blanc, riesling et de vignes sauvages, on retrouve bien un style assez variétal, c’est assez vif, citronné, on est assez proche de ce que l’on recherche sur les sauvignons blancs, sur les blancs secs, sur la fraîcheur, donc on est très content du résultat. »

Jonathan Ducourt, dégustant son blanc Métissage © JPS

A ce jour, les Vignobles Ducourt produisent 12000 bouteilles de ce Métissage blanc et près de 25000 en rouge. Un vin qui est apprécié des Japonais, très friands de ce style d’initiative, mais aussi sur les tables de restaurants à New-York, on le trouve aussi à la cave de la Cité du Vin à Bordeaux. « Globalement, on a de bons retours de cavistes, des HCR, le but est de voir si c’est rentable avec ces variétés-là. » Une chose est sûre le débat est relancé, si ces cépages résistants voient le jour dans d’autres propriétés, ils devraient rester au choix final de chaque AOC ou ODG et ne représenter pas plus de 5% du vignoble et 10% dans l’assemblage final sans perdre l’appellation.  Affaire à suire…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot :