12 Déc

Viticulture : une réflexion autour des bonnes pratiques en Médoc, à l’initiative du député Benoît Simian

Vendredi la filière viticole du Médoc était réunie à Vinipole Blanquefort. Le député Benoit Simian souhaitait échanger sur de bonnes pratiques et des démarches vertueuses qui se mettent en œuvre sur le territoire.

La réunion vendredi à Blanquefort des institutionnels de la filière autour du député du Médoc © Benoït Simian

La réunion vendredi à Blanquefort des institutionnels de la filière autour du président du CIVB Allan Sichel et du député du Médoc © Benoït Simian

e nombreux élus et responsables de la filière viticole avaient répondu présent ce vendredi après-midi : parmi eux, Allan Sichel, le président du CIVB mais aussi Alain Vasseur le vice-président de la Chambre d’Agriculture, Gérard Bougez, le président de l’ADAR du Médoc, Marion Dupont directrice, Alain MEYRE, président de l’ODG Médoc Haut Médoc Listrac ou encore Franck Bijon, directeur des Crus Bourgeois du Médoc et Maxime Saint-Martin, président des Crus artisans du Médoc et Laurent Bernos directeur technique service vignes et vin de Vinopole

Visiblement, l’ensemble de la filière est sur la même longueur d’onde : unie pour la sortie au plus vite des produits phytopharmaceutiques.

Pour Allan SICHEL : « il faut laisser aux professionnels le choix de l’itinéraire à suivre car chacun a ses spécificités et sa stratégie pour y parvenir. Les méthodes ne sont pas applicables de la même manière pour tous. La volonté est là ! »

Sur le terrain, les choses semblent bouger, même si cela ne va toujours pas assez vite pour les associations anti-pesticides en Gironde. Cela passe par de l’information au préalable, de tous, maires, riverains et salariés.

« C’est par l’information que passera la compréhension des enjeux et des efforts considérables fournis par la profession », selon Alain MEYRE, Président de l’ODG qui compte près de 850 adhérents. Pour Franck BIJON :’un pas énorme a déjà été franchi dans la consommation des produits phyto (baisse de 50 % depuis 30 ans).

Pour Alain VASSEUR, « il y a une accélération de cette baisse depuis 2014. Les derniers pas à franchir sont les plus difficiles, mais tout le monde sait où il faut aller, il s’agit simplement d’accorder le calendrier et les moyens, et de pousser sur l’innovation. La viticulture aujourd’hui ne va pas travailler seule, elle va travailler avec tout le monde pour parvenir aux objectifs ambitieux qui lui sont fixés ».

L’ADAR de Pauillac ajoute : d’énormes progrès en terme de mécanisation ont été accomplis, notamment dans les outils de pulvérisation. Le besoin de main d’œuvre s’en trouve accru, et l’initiative de l’école de la vigne lancée dans le Médoc pour la 3ème année, trouve tout son écho dans cette recherche de personnel à former.

Laurent BERNOS: le Médoc a toujours été engagé dans une agriculture durable et que préserver son terroir fait partie de son ADN. Il est également indiqué que sur le désherbage, on peut déjà constater les effets dans le changement du paysage médocain.

Le député Benoit SIMIAN a tenu à souligner l’investissement et la solidarité de l’ensemble de la filière, et le professionnalisme des viticulteurs souvent mis à mal par les médias (bon, il y a peut-être de l’exagération, mais ces choix de conduite de la vigne existent bien et les dangers aussi, sinon le gouvernement et le Président Macron ne mettraient pas autant d’énergie à vouloir arrêter le glyphosate et compagnie…). Pour lui, le Médoc connu mondialement pour ses vins, est une locomotive dans la course au zéro phyto, et sera reconnu comme une terre d’innovation en la matière, portée par le label de Parc Naturel Régional.

Il reste malgré tout pas mal de travail à faire et d’autres avancées probables, que le député va pouvoir relayer à l’Assemblée Nationale et auprès du Ministère de l’Agriculture et du Ministère de la Transition énergétique.

09 Déc

Au détour de Bordeaux Tasting, on apprend l’acquisition de château le Sartre par Bernard Magrez

Par ici les nouvelles fraîches… Bernard Magrez l’homme aux 40 châteaux et 4 crus classés vient de s’offrir château le Sartre en Pessac-Léognan. Un château qu’il ne fallait pas louper selon lui. Et il va aussi avoir très prochainement un domaine en Géorgie. Ah Bernard, toujours en avance sur les autres…

Bernard Magrez, nous a confirmé la nouvelle ce midi sur son stand de Fombrauge - Pape Clément © JPS

Bernard Magrez, nous a confirmé la nouvelle ce midi sur son stand de Fombrauge – Pape Clément © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Bernard Magrez, vous venez de faire une nouvelle acquisition, quelle est-elle ?

Bernard Magrez : « C’est le château le Sartre, qui fait 33 hectares, dans l’appellation Pessac-Léognan. C’est un vin de grande qualité et donc c’était à vendre et on n’a pas voulu laisser passer la chose. »

JPS : « Ca représente un gros domaine qui s’ajoute à celui que vous avez déjà Pape-Clément… »

BM : « C’est un complément…Dans le monde entier, l’appellation Pessac-Léognan Graves est une appellation qui a de la résonance, et il y a très peu de choses à vendre, donc quand il y a quelque chose à vendre, il faut sauter dessus. »

Jefferson Desport : « Quels sont vos projets pour le Sartre, aller plus loin, relancer une marque déjà établie ? »

BM :« Oui, elle est établie, à mon avis il y a mieux à faire encore un peu dans la qualité, en diminuant les rendements, peut-être en reprenant un peu aussi la vigne. »

JPS : « C’est un monde qui évolue tout le temps, et un peu grâce à vous ? »

BM : « C’est un monde qui évolue parce qu’il y a des gens qui veulent vendre, des acheteurs aussi, français et étrangers. Mais enfin, le milieu concurrentiel, ce n’est pas Bordeaux, il est dans 7 ou 8 pays. Ils font de très bons vins et de très haute qualité au niveau du Bordeaux. Par conséquent le milieu concurrentiel de Bordeaux n’a plus rien à voir avec celui d’il y a 10 ou 15 ans. Et celui qui ferme les yeux là-dessus, il aura du mal dans les prochaines années. Je peux me tromper mais enfin c’est mon avis »

Regardez l’interview réalisée par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer, avec Jefferson Desport de Terre de Vins :

A Bordeaux Tasting, Alain Juppé rend hommage à Johnny « une bête de scène extraordinaire » mais aussi un ancien soutien de Jacques Chirac

En marge de Bordeaux Tasting et au même moment à la nation rendait hommage à Paris au rockeur, Alain Juppé y est allé d’un petit couplet en guise d’hommage à Johnny Halliday qu’il a lui aussi bien connu. Alain Juppé se confie à France 3 et Côté Châteaux.

Alain Juppé a rendu hommage à Johnny en marge de Bordeaux Tasting © Jean-Bernard Nadeau - Terre de Vins

Alain Juppé a rendu hommage à Johnny en marge de Bordeaux Tasting © Jean-Pierre Stahl

Alain Juppé :« Il a fait partie de notre vie, il l’a déclaré dans l’une de ses interviews, nous avons tous vécu au rythme de ses grands succès. J’ai cité une chanson que j’aime par dessus tout c’est « que je t’aime, que je t’aime », mais il y en a beaucoup d’autres…Et c’est assez émouvant de voir cet espèce d’unité nationale qui se manifeste autour de lui. »

JPS : « Il y avait un lien étroit avec Jacques Chirac notamment… »

Alain Juppé avec Rodolphe Wartel sur le stand de Carbonnieux © Jean-Bernard Nadeau-Terre de Vins

Alain Juppé avec Rodolphe Wartel sur le stand de Carbonnieux © Jean-Bernard Nadeau-Terre de Vins

AJ : « Oui, ils se connaissaient très étroitement, et j’ai même assisté à certaines de leurs rencontres. Il est même venu, autant que je me souvienne, dans des réunions électorales pour soutenir Jacques Chirac. Et puis j’ai approché Johnny à plusieurs reprises, je me souviens quand il est venu ici au stade Chaban pour l’un de ses concerts il y a quelques années j’avais été le voir dans sa loge…Avant qu’il n’entre en scène il était un peu abatu et quand je l’ai vu arriver en scène, tout à coup c’était un autre homme.

IMG_2301C’était vraiment une bête de scène extraordinaire. Et puis je l’ai revu ici au mois de juillet avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc pour les Vieilles Canailles, il était déjà malade naturellement mais il avait quand même un dynamisme fantastique. Ce qui était impressionnant dans le public, c’est de voir le mélange des générations, des anciens qui ont connu ses premiers succès mais aussi beauoup de jeunes, c’était formidable. »

Ecoutez Alain Juppé au micro de JP Stahl et de Pascal Lécuyer :

6e Bordeaux Tasting : des instants de partage et de convivialité en plein coeur de Bordeaux

300 vins, champagnes et cognacs d’exception sont présentés durant tout ce week-end autour de la Place de la Bourse à Bordeaux. De grands vins à déguster, avec modération, et des rencontres extraordinaires à faire dans des endroits somptueux ou magiques.

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Ce nouveau Bordeaux Tasting est une fois de plus une invitation au voyage. Avec déjà une bulle qui interpelle, celle des Extraterriens ou plutôt des 18 petites pépites de Bordeaux et Bordeaux Supérieurs.

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Morgane Soubrane de Tarnos dans les Landes est impressionné : « c’est la toute première fois qu’on vient à Bordeaux Tasting, la bulle c’est original. Pour l’instant c’est très réussi. »

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Morgane Soubrane de Tarnos enthousiate pour son 1er Tatsting à Bordeaux © JPS

« C’est vraiment extraordinaire de se retrouver au beau milieu de la place de la Bourse, avec un beau  temps comme cela, et avec ce monde passionné par le vin3.

Là on se r »Lend compte qu’il y a des gens qui aiment découvrir de nouveaux vins, et tous ces jeunes qui dégustent cela nous fait vraiment plaisir » commente Alain Bessette du château La Verrière en Bordeaux Supérieur.

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Dans le hall du Palais de la Bourse, 110 crus classés et pépites de toutes les appellations de Bordeaux qui intéressent un public d’amateurs d’horizons très divers, venant de toute la région aquitaine et même de l’étranger avec de nombreux étudiants comme ceux Business School Lausanne.

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Théophane Ramé de Bordeaux, avec ses amis de la Business School de Lausanne :  le Hollandais Adriaan Trampe, le Luxembourgeois Alexandre Dupont et l’Allemand René Schoemaker © JPS.

« On s’est rencontré à Lausanne, en études là-bas, et le vin c’est un point commun et on a fait aussi quelques dégustations en Suisse », m’explique Théophane Ramé de Bordeaux, accompagné de ses amis le Hollandais Adriaan Trampe, le Luxembourgeois Alexandre Dupont et l’Allemand René Schoemaker.

Véro d'Hossegor et son groupe © JPS

Véro d’Hossegor et son groupe © JPS

« Très sympa un moment agréable avant les fêtes de Noël », poursuit Véro de Hossegor qui en est à son 3e Bordeaux Tasting, avec un groupe de 6 amis.

Des amis de toujours l'avocat Pierre Blazy et Bernard Magrez, l'homme aux 40 châteaux © JPS

Des amis de toujours l’avocat Pierre Blazy et Bernard Magrez, l’homme aux 40 châteaux © JPS

Un rendez-vous prisé par ces rencontres privilégiées avec de grands propriétaires comme Bernard Magrez (Pape-Clément), Eric Perrin (Carbonnieux), rythmé à chaque édition par un mercato des châteaux : le Sartre en Pessac-Léognan, acheté par Bernard Magrez (à lire en suivant).

Jean-Michel Deiss, en mission

Jean-Michel Deiss, en « terre de mission » © JPS

Un rendez-vous où l’on rencontre aussi des personnages authentiques comme l’Alsacien Jean-Michel Deiss (Domaine Marcel Deiss à Bergheim) : « je suis en terre de mission, je fais avancer une cause extraordinaire qui est celle des terroirs, celle d’une salivation profonde, qui donne l’âme du vin »

Rodolphe Wartel, le directeur de Terre de Vins © JPS

Rodolphe Wartel, le directeur de Terre de Vins © JPS

Le coeur du réacteur ce sont les grands Bordeaux, mais nous avons aussi une quizaine d’ambassadeurs de grands terroirs français, une quinzaine de pays étrangers, les Pomerols aussi, il y a 24 maisons de champagne et vignerons d’excellence qui font rêver au bout du monde et qui constituent la magie de Bordeaux Tasting »,  Rodolphe Wartel directeur de Terre de Vins.

Manon de l'Ecole Hôtelière de Talence, Hugo Gallimard Matthieu Buyssière, Cyrill Blecker et Patrick Letellier pour l'équipe Mumm à l'espace Saint-Rémi © JPS

Manon de l’Ecole Hôtelière de Talence, Hugo Gallimard Matthieu Buyssière, Cyril Bleeker et Patrick Letellier pour l’équipe Mumm à l’espace Saint-Rémi © JPS

Des champagnes de grande qualité, comme cette cuvée rosée RSRV de chez Mumm, en blanc de blancs et blanc de noirs millésimés, à déguster à l’Espace Saint Rémi. Un samedi qui a été marqué par une plus grande fluidité avec des caisses ouvertes 40 mn plus tôt, moins de file d’attente que l’an dernier. 7500 visiteurs sont attendus jusqu’à demain soir. Alors si vous n’y êtes jamais allé ou si vous hésitiez encore… c’est définitivement d’un grand niveau.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Catherine Collin

08 Déc

On s’arrache les vignerons de Castillon avec l’opération « j’irai déguster chez vous » !

Après Paris et Bordeaux l’an dernier , revoici « J’irai déguster chez vous », 2e opération du genre à Bordeaux ce vendredi 8 et samedi 9 décembre. Une initiative qui cartonne car déjà plus de 3500 personnes ont pu déguster ces vins de Castillon et rencontrer à domicile les vignerons de cette petite appellation du bordelais.

Céline Loste Lydoire, à la tête du château Bellevus à Belvès de Castillon est l'une des vigneronnes très prisée de "J'irai déguster chez vous" © Jean-Pierre Stajhl

Céline Loste Lydoire, à la tête du château Bellevus à Belvès de Castillon est l’une des vigneronnes très prisée de « J’irai déguster chez vous » © Jean-Pierre Stahl

Vigneronne depuis 2001 à Belvès-de-Castillon, Céline Loste-Lydoire, 36 ans, est à la tête du château Bellevue avec ses parents, qui ont acheté le château en 1998. Un petit domaine de 12 hectares, une production de 40000 bouteilles, qu’elle souhaite aujourd’hui mieux faire connaître.

Au départ de son château Bellevue, Céline Loste Lydoire s'apprêt à rejoindre Bordeaux pour "J'irai déguster chez vous" © JPS

Au départ de son château Bellevue, Céline Loste Lydoire s’apprêt à rejoindre Bordeaux pour « J’irai déguster chez vous » © JPS

Depuis l’an dernier, elle participe avec une 30aine de vignerons de l’appellation Castillon à « J’irai déguster chez vous. »

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Le principe, on ne peut plus simple, encore fallait-il y penser : un duo de vignerons vient à domicile, gratuitement, faire déguster leur vin, auprès de 6 à 12 convives, plutôt bluffés :

« C’est la 1ère fois que je vois ça, des vignerons qui viennent carrément à la maison pour qu’on puisse tous déguster leur vin entre amis », commente Pierre Alexis Maneuf

Anissa et , les deux co-locataires qui accueillent les vignerons chez elles. Elles ont d'ailleurs remporté un coffret 2 bouteilles en souvenir. © JPS

Anissa et Florine (avec Alexis) , les deux co-locataires qui accueillent les vignerons chez elles. Elles ont d’ailleurs remporté un coffret 2 bouteilles en souvenir. © JPS

Je trouve ça vraiment sympa en fait, ça permet de découvrir de nouveaux vins, ça permet de partager avec des vignerons, d’en savoir plus sur eux, plutôt que d’aller dans un bar à vins classique, » Florine Rappasse.

Dring, dring... qui est-ce ? Les vignerons de Castillon ! Ouf, ou vous attendait © JPS

Dring, dring… qui est-ce ? Les vignerons de Castillon ! Ouf, ou vous attendait © JPS

« Généralement c’est décontracté, quand on pousse la porte on ne sait pas sur qui on va tomber, mais on a toujours été très bien reçu », témoigne Céline Loste-Lydoire du château Bellevue ; « on nous a fait à manger, c’est un peu tendu les 1ères minutes, tout le monde ne sait pas trop comment ça va se passer, et puis à la fin on repart, on  fait la bise à tout le monde ! »Les deux vignerons sont choisis par les invités eux-mêmes, ils répondent sans détour à toutes les questions qu’on leur pose, cela va de la conduite du vignoble en bio, comme chez Yann Todeschini, ou en conventionnel, comme chez Céline Loste Lydoire, jusqu’au goût et à la typicité de leur vin.

Pendant que céline sert, Yann Todeschini commente, et vice-versa. Une "ambiance décontractée" © JPS

Pendant que céline sert, Yann Todeschini commente, et vice-versa. Une « ambiance décontractée » © JPS

Galant, Yann Todeschini a d’abord servi le vin de sa collègue Céline, avant de commenter le sien : « château La Brande 2014, là on rajeunit de 2 ans, comme pour le château Bellevue, l’objectif sur ces visn c’est d’avoir un début d’élevage en barriques mais de garder aussi du fruit et de la fraîcheur. »

La demande est telle que les 6 rendez-vous de décembre à Bordeaux sont déjà complets…

Il y a même un concours de photos à poster sur Instagram pour gagner un wee-end dans un château en Castillon © JPS

Il y a même un concours de photos à poster sur Instagram pour gagner un wee-end dans un château en Castillon © JPS

Pour l’instant, ça cartonne. Après on n’est une petite appellation donc on n’est pas 12000 vignerons (plutôt 300 sur 2300 ha), aujourd’hui on a plus un problème de manquer de vignerons avec une demande qui est croissante » m’explique Yann Todeschini du château La Brande.

IMG_24123500 personnes ont déjà participé à cette opération à Paris et à Bordeaux (à domicile ou dans des bars à vins à Paris aussi). Prochaines étapes en 2018 : Lille (2-3 février), Paris (22-24 mars) et même Bruxelles, dont les dates restent à préciser.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Eric Delwarde, Rémi Grillot et Emmanuel Crémèse :

La Confédération Paysanne remontée suite à une affaire de fraude à Bordeaux, la Fédération des Grands Vins lui répond

La Coupe Davis étant terminée, le match continue entre la Confédération Paysanne d’un côté et le CIVB et la Fédération des Grands Vins de l’autre. La Confédération sommait avant-hier ces institutions de lui répondre sur l’affaire de fraude aux vins de Bordeaux dévoilée par Vitisphère où 4200 hl de vins languedociens auraient été transformés en Bordeaux, Bordeaux supérieur, Pomerol, Margaux, Pauillac et St Julien. La Fédération des Grands Vins ne se défilera pas et se portera partie civile dès que l’action en justice sera engagée a-t-elle commentée auprès de Côté Châteaux. Le CIVB répondra aux questions de la presse lundi 18 décembre lors de son AG.

Dominique Techer de la Confédération Paysane © Jean-Pierre Stahl

Dominique Techer de la Confédération Paysane © Jean-Pierre Stahl

L’histoire concerne 4200 hectolitres de vins languedociens qui auraient été transformés en vins bordelais entre 2012 et 2014, une affaire révélée par Vitisphère, suite à une opération des douanes et remise avant-hier soir sur le tapis par la Confédération Paysanne, 3e syndicat de Gironde.

Pour Dominque Techer de la Confédération Paysanne  : « Nous avons cru, un court moment, que les instances viticoles bordelaises allaient enfin retrouver leur honneur perdu. Nous avons cru que, dans un même mouvement, « notre » interprofession, le CIVB, la Fédération des grands vins de Bordeaux, les appellations Bordeaux, Bordeaux supérieur, Pomerol, Margaux, Pauillac et St Julien allaient demander haut et fort à la justice, de laver l’affront fait à ces appellations prestigieuses et de sanctionner lourdement les fraudeurs. Au lieu de cela, on assiste à un drôle de manège, une course où chacun rivalise d’ingéniosité pour faire traîner l’affaire et surtout les poursuites. On pourrait presque croire que ce qui est recherché, c’est la prescription des faits. Les Douanes, parfois si diligentes pour sanctionner le petit viticulteur sans relations, ne semblent pas se presser pour saisir le procureur de la République. Tout le milieu viticole est au courant mais personne ne semble vouloir s’exprimer. Bizarre… »

Hervé Grandeau, le Président de la Fédération des Grands vins de Bordeaux © JPS

Hervé Grandeau, le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux © JPS

Aujourd’hui Hervé Grandeau rétorque : « la Fédération des Grands Vins de Bordeaux a toujours répondu présent et s’est toujours porté partie civile dans ces affaires de fraude, mais encore faut-il qu’il y ait une action en justice et pour le moment il n’y en a pas. Aujourd’hui il y a une instruction du dossier par le service des douanes. Un journaliste a parlé de cela, de manière tout-à-fait légitime. On ne pourra pas être pris à défaut car on le fait régulièrement ».

La Confédération Paysanne invoque une nouvelle fois le fait de se défendre contre le « Bordeaux bashing », en défendant les appellations de Bordeaux au nom de la viticulture honnête.  « Au nom de la viticulture honnête, nous demandons donc solennellement au CIVB, à la FGVB et aux appellations victimes de cette fraude de déposer plainte devant le procureur de la République de Bordeaux. Le contraire pourrait passer pour de la forfaiture pure et simple » selon la Confédération Paysane.

Et Hervé Grandeau de commenter : « Un syndicat minoritaire essaie de nous faire passer pour ce que l’on n’est pas. On va s’exprimer très clairement lundi prochain lors de l’Assemblée Générale de la Fédération des Grands Vins. » Le CIVB est sur la même ligne que la FGVB et attend l’action en justice pour se porter partie civile.

Balle au centre en foot ou alors tie-break en tennis. La suite au prochain numéro.

Bordeaux Tasting, c’est ce week-end le grand rendez-vous des amateurs de vins

Samedi, on s’attend à une affluence comme l’an dernier assez importante, dimanche cela devrait être plus fluide. 300 vins et champagnes seront proposés à la dégustation, des vins de haute volée et d’autres plus abordables qui pourront venir pourquoi pas garnir vos tables de fin d’année, grâce à la présence d’une boutique éphémère.

Jérémie, Stéphanie et Sylvie Milhard-Bessard du château Vieux Mougnac © JPS

Jérémie, Stéphanie et Sylvie Milhard-Bessard du château Vieux Mougnac, l’an dernier parmi les Bordeaux Extra-Terriens© JPS

« Bordeaux Tasting » est l’occasion de déguster et de choisir les vins qui accompagneront les menus de Noël et du réveillon du nouvel an. La notion de « vin de fête » ayant beaucoup évolué, le festival offre un large choix de références, classiques ou plus novatrices, pour répondre aux envies et budget de chaque visiteur. La notion de « vin de fête » est aujourd’hui assez floue.

« Communément, il s’agit d’un vin qui honore la table » mais comme l’explique Rodolphe Wartel, directeur de Terre de Vins, « on peut faire honneur aux plats servis en cette fin d’année en les accompagnant naturellement d’étiquettes à très forte notoriété, nombreuses à « Bordeaux Tasting », mais également de grands vins dont les prix restent encore abordables, eux aussi très présents sur le festival.

Que l’on parle d’un Château Beychevelle Grand Cru Classé 1855 ou d’un Clos Floridène qui n’est pas classé et coûte moins de 20€, dans les deux cas, ces crus feront honneur aux mets servis. Ce sont là deux exemples de vins magnifiques qui certes correspondent à des prix et à des sociologies différentes, mais illustrent pleinement la notion de « vin de fête » ; celle-ci doit rester assez ouverte et permettre à tous de faire son choix.

Il ne faut pas forcément investir 200€ dans une bouteille de vin pour accompagner dignement un dîner de réveillon. On en trouve à tous les prix. Il en va de même pour les Champagnes, incontournables en cette fin d’année. Proposer des grands vins avec une gamme de prix assez large, de 15 à 200€, c’est aussi ça Bordeaux Tasting »

Avec Bordeaux Tasting

Pour mieux fluidifier l’entrée des visiteurs, les réservations devront être effectuées préalablement sur www.terredevins.com : Pass 1 jour ou 2 jours de 23 à 45 € – TARIF SUR PLACE : Pass 1 jour samedi 32 €, Pass 1 jour dimanche 28 € (avec abonnement d’un an au magazine « Terre de vins »).

07 Déc

Avant le père Noël, les vignerons de Castillon arrivent pour déguster chez vous…

Vous allez découvrir demain dans le blog l’idée originale des Castillon-Côtes de Bordeaux : « j’irai déguster chez vous ». Une nouvelle opération de séduction des nouveaux consommateurs reconduite à Bordeaux vendredi et samedi…Et ça cartonne !

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Coming soon : demain sur Côté Châteaux et dimanche sur France 3 Aquitaine dans le 19/20 le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Eric Delwarde et Rémi Grillot.

Débat mardi prochain à la Cité du Vin : « Boirons-nous encore des liquoreux à Noël ? »

La question est saugrenue, car s’il y a bien un instant de recueillement dans l’année pour tous devant ces formidables vins, c’est au minimum au moment des réveillons. Toutefois Kedge et la Cité du Vin ouvrent le débat, comme tous les 2 mois, dans le cadre de « C’dans le Vin ». Un instant de plaisir, de douceur avec la présence du Marquis de Lur Saluces, ancien propriétaire de château d’Yquem et actuel du château de Fargues.

laciteduvin_site_soustitre_prog_boironsnousdesliquoreuxanoel« Noël approche… Nos grands-mères et autres maîtresses de maison se préparent à servir à la fin du repas, à toute une famille dont les papilles sont déjà tapissées de sucre et autres nourritures gouteuses, le fameux vin liquoreux « qui va avec le dessert ». L’autre version étant « le vin qui va avec le foie gras ».

Conséquence : la vente et l’export de nos vins liquoreux chutent. Mais chutent-t-ils pour tout le monde ? Toutes les régions productrices sont-elles logées à la même enseigne ?

Alors, le vin liquoreux est-il le nectar sucré qui n’est de sortie que pour les fêtes de fin d’année ? Le Vin des Mamies ?  Victime d’un désamour général ? Des vins en passe de disparition ? Des vins blacklistés dans une ère où il ne faut pas manger du sucre (et encore moins en boire) ?

Peut-on « sauver le Soldat Moelleux » ? Si, oui, comment ? Quel repositionnement pour ce vin qui fut appelé le Vin des Rois ? Comment assurer sa rentabilité aux producteurs ? » annoncent la Cité du Vin et Kedge.

Une approche un peu restrictive et poussiéreuse, car certes la production a largement chuté depuis quelques temps déjà, avec une consommation en France qui diminue régulièrement, mais les initiatives avec les Sweet Bordeaux qui vont chercher des marchés à l’export (+18% en 2015), les nouveaux entrepreneurs dans le Sauternais ne manquent pas ces dernières années. Certains lançant même de nouveaux concepts comme le Sweet’Z. Sans parler des nouvelles brasseries (au château Guiraud bientôt, la Grand’ Vigne) ou l’hôtel restaurantqui ouvrira à Lafaurie-Peyraguey au printemps. Et d’un probable classement Unesco. Tout laisse à penser que les liquoreux vont se relancer.

La question n’est pas tant d’enterrer le Sauternes mais plutôt une question d’éducation des nouvelles générations sur ces vins qui peuvent se déguster en n’importe quelle occasion, selon les goûts et les instants de douceur à partager : en apéritif pour certains, sur un foie gras, des plats asiatiques ou épicés, des fromages persillés, et même en fin de repas. Il y a tant à découvrir…chez les Sauternes et autres vins liquoreux de Bordeaux et d’ailleurs.

Débat C’Dans le Vin mardi 12 décembre à la Cité du Vin avec Jacques-Olivier PESME, directeur de KEDGE Wine & Spirits Academy,

Avec :

  • Patrick BAUDOUIN, vigneron de chenins en Anjou, Domaine Patrick Baudouin
  • Caroline FURSTOSS, chef sommelière au sein du restaurant Le Grand Restaurant de Jean-François PIEGE
  • Jean-Marc GRUSSAUTE, vigneron, Camin Larreydia, Jurançon
  • Jacques GLENAT, président directeur général des Editions Glénat
  • Alexandre de LUR SALUCES, propriétaire du Château de Fargues et ancien gestionnaire du Château d’Yquem
  • Et avec Jérôme BAUDOUIN, journaliste à La Revue du vin de France.

05 Déc

Mieux que 007, c’est cinq 0 pour château Ripeau

En 2017, l’itinéraire technique mis en place à Château Ripeau pour les traitements et la conduite sur 100% du vignoble, a été réalisé sans herbicide, sans insecticide, sans fongicide et sans cuivre métal pour lutter contre les maladies de la vigne. Pour ces initiatives, les frères Grégoire sont pour Côté Châteaux les vignerons du mois.

Cyrille et Nicolas Grégoire, propriétaires de © château Ripeau

Cyrille et Nicolas Grégoire, propriétaires de © château Ripeau

C’est comme au tennis mais ce n’est pas 6-0 mais cinq 0 en l’espèce chez Ripeau : 0 Herbicide, 0 Insecticide, 0 Fongicide et 0 Cuivre métal  et enfin 0 Résidu. A première vue, cela paraît sain et alléchant.

C’est en janvier 2015 que la famille Grégoire a acquis Château Ripeau, un Saint-Emilion Grand Cru Classé depuis 1955.

La révolution va être enclenchée avec Julien Salles, qui rejoint Cyrille et Nicolas Grégoire comme directeur d’exploitation de Château Ripeau. « Julien Salles travaillait depuis quelques années avec Guillaume Grocq, concepteur de produits de biocontrôle, de biostimulants et de physiofortifiants, à mettre en œuvre des programmes de protection de la vigne visant à réduire voir supprimer l’emploi de produits phytosanitaires pour les remplacer par des alternatives sans aucun impact sur l’environnement et la santé ».

Faire de Château Ripeau un grand vin, ce n’est finalement que rendre justice à ce terroir exceptionnel digne des plus grands. Nous avons hâte de bâtir un nouvel écrin à Ripeau, hâte de lui faire vivre sa métamorphose, hâte d’extraire de son sol sa magnifique promesse ». Cyrille & Nicolas Grégoire

Au Château Ripeau, on a opté pour de  bonnes pratiques. Celles-ci se sont traduites par une conduite rigoureuse du vignoble et un retour du cheval pour un travail du sol plus sain pour supprimer l’emploi du glyphosate et de tous autres herbicides.

Une question d’autant plus d’actualité que l’autorisation d’utiliser en Europe du glyphosate a été reconduite pour 5 ans le lundi 27 novembre, alors même que la France et Emmanuel Macron se sont montrés opposés : « J’ai demandé au gouvernement de prendre es dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans », a affirmé sur Twitter le Préident de la République.

Les autres bonnes pratiques mises en place ont été :

  • Des méthodes alternatives comme la confusion sexuelle pour supprimer l’emploi d’insecticides.
  • Travaux prophylactiques soignés tout au long de la croissance de la vigne et ce jusqu’aux vendanges pour obtenir des raisins sains et murs.
  • Apports maîtrisés d’amendement strictement organique d’origine végétale et/ou animale pour la nature et la structure du sol.
  • Installation d’une station météo sur la propriété pour aider à définir avec précision les dates d’application des produits pour lutter contre les maladies et ravageurs de la vigne, optimisation du matériel de pulvérisation…

24068278_739410606264875_4976866896726643874_nMalgré cette mutation des pratiques, le Château Ripeau a pu démontrer qu’il est possible de :

  • maintenir une production de quantité et de qualité.
  • veiller à la santé et à la sécurité des populations (hommes vivant ou travaillant sur l’exploitation, riverains, écoles, enfants et personnes sensibles…)
  •  respecter et de protéger au maximum les milieux (air, sols, eaux) mais aussi la faune et la flore.
  • être en adéquation avec les attentes des consommateurs, sans résidus de pesticides et sur le respect de l’homme et de son environnement.