28 Jan

« Rencontre des Francs »: et ainsi germa l’idée d’un label vigne franc-de-pied et pourquoi pas une inscription à l’Unesco…

Ils auraient pu prendre racine, mais le colloque n’a duré que deux jours. Il n’empêche les échanges de ces 20 vignerons européens réunis à Podensac chez Liber Pater ont été fructueux et vont se traduire par un label franc-de-pied qu’ils verraient bien consacrer prochainement à l’Unesco. Retour sur cette « rencontre des francs » avec Loïc Pasquet.

Rencontre des Francs les 20 et 21 janvier dernier © Loïc Pasquet

JPS: « Loïc Pasquet, bonjour, rappelez-nous qu’est-ce que c’était que cette « rencontre des francs » ? Une peuplade de vignerons atypiques, germaniques ? »

« Loic Pasquet » (rires) : « Entre autre, il y avait Prüm, Dr Loosen, et un des plus connus c’est Egon Müller. Il y avait du Germain et du Franc. Ça s’est très bien passé… »

JPS : « Une rencontre des francs, franchement pour quoi faire ? »

LP : « Ce sont tous des vignerons européens qui se réunissent pour discuter sur les vignes « franc-de-pied », pour qualifier les différences entre les vignes franc-de-pied et les vignes greffées. Ce qu’il en ressort, c’est que c’est plus fin, plus pur, qu’il y a une expression du lieu plus affirmée. On voudrait le montrer aussi de manière scientifique et pour cela on va mettre en place un conseil scientifique.

JPS : « Qu’entendez-vous par vigne franc-de-pied ? »

LP: « La vigne franc-de-pied, c’est une vigne autochtone, plantée sur ses propres racines. Rappelez-vous avec le phylloxéra, la vigne européenne était malade, il a fallu greffer de la vigne américaine sur la vigne européenne. On a créé un filtre entre le terroir et la vigne. Or on ne peut pas exprimer le Vitis vinifiera s’il n’a pas ses racines dans son propre terroir. L’idée c’est de remettre ce Vitis   vinifiera en contact direct, qu’il retrouve ses propres racines et qu’il exprime un lieu… »

JPS : « Et donc vous comptez ensemble déposer un label « franc-de-pied » ?

LP : « On a créé une association monégasque, à Monaco car on est en territoire neutre et car l’association est européenne. L’idée est de créer un label franc-de-pied, le graal de la viticulture, avec comme principe le cépage autochtone (dans chaque région) remis sur son terroir d’organe, sur se propres racines… »

JPS : « Et concrètement ? »

LP : « On va avoir une association qui va créer un label et va consacrer ces vins issus de parcelles « franc-de-pied », des vins qui pourront oser ce label « franc-de-pied » sur les bouteilles. On revient aux origines de le viticulture. C’est-à-dire si tu fais du pinot noir à Bordeaux, tu ne peux pas avoir le label.

C’est vraiment une adéquation cépage, terroir et climat, c’est retourner aux origines.

Cela fait 8000 ans qu’on fait du vin en Europe. On a des cépages différents et une façon de faire du vin différemment dans chaque région, cet héritage-là on veut le protéger à l’Unesco. L’idée c’est que chaque cépage avait sa parcelle, sa région d’origine, ça on veut le retrouver et le protéger. On a protégé le repas gastronomique français à l’Unesco, bientôt la baguette, c’est normal de protéger la vigne. La vigne « franc-de-pied », on en fait un produit culturel et on le remet à sa place. »

JPS : « Qu’en est-il de ces démarches vis-à-vis de l’Unesco ? »

LP : « On a un cabinet de mobbing qui va s’occuper de cela, on va en parler partout, mettre en place des protocoles « scientifiques », avant la fin de l’année on espère monter un dossier.Chaque pays doit monter un dossier et à la fin les rassembler pour protéger tout cela à l’Unesco, on va transcender les frontières. Une bouture, c’est un geste, et fonction des régions ce ne sont pas les mêmes façons de bouturer, la taille c’est pareil elle est différente selon les endroits, on veut se réapproprier les savoir-faire et lutter contre la norme.Le vin doit être l’expression de ces lieux. »

« On n’est pas là pour parler des classements ou des appellations, on est là pour exprimer un lieu, on veut protéger la vigne pour l’humanité. »

 

25 Jan

Face au réchauffement climatique, les vignerons envisagent une taille de la vigne plus tardive…

Avec des bourgeons de plus en plus précoces, les vignerons tendent à retarder de plus en plus la taille de la vigne, car le gel de printemps d’avant les Saints de glace est de plus en plus menaçant pour la récolte. Reportage aux châteaux Grand Corbin Despagne à Saint-Emilion et la Fleur Terrien à Lussac en Gironde.

A Saint-Emilion, on tend à retarder la taille de la vigne © JPS

L’image est féérique… La vigne gelée, avec un petit -4°C ce matin à Saint-Emilion… En cette fin janvier, c’est traditionnellement la période propice pour tailler le végétal endormi.

Au château Grand Corbin Despagne, François Despagne, (20e génération de vigneron et propriétaire) et son équipe sont à pied d’oeuvre pour s’occuper des 28 hectares du château.

D’habitude ils commencent en décembre, là ils retardent de plus en plus ces gestes ancestraux. « Là on réalise une taille en guyot simple, sur un bois fructifère, toujours au niveau du fil…C’est une période qui a été un petit peu retardée à cause des événements climatiques », commente Christophe Combalié, chef de culture.

Avec le réchauffement climatique, la vigne à tendance à débourrer plus tôt. Mais les bourgeons très sensibles risquent de geler comme lors de cet épisode dans la nuit du 6-7 avril 2021 où il a fallu lutter pour sauver la récolte. François Despagne essaie de combattre ce phénomène par anticipation avec justement une taille plus tardive.

François Despagne, 20e génération de vigneron, propriétaire de Grand Corbin Despagne © JPS

J’ai 168 000 pieds de vigne et j’ai des parcelles plus ou moins sensibles, avec des sondes qui ont été mises pendant les épisodes de gel précédent, on connaît les endroits très sensibles de la propriété donc ces parties là vont être taillées beaucoup plus tard, c’est-à-dire au mois de mars voire limite mois d’avril… », François Despagne.

« Le végétal étant déjà avancé, si on a des températures à -1, -2 ou -3°C l’eau qui est dans ce végétal va donc geler et va griller le végétal qui va tomber… »

Olivier Chaignaud, propriétaire la Fleur Terrien et co-responsable de la commission technique et environnement au conseil des vins de Saint-Emilion © JPS

Au château la Fleur Terrien à Lussac, Olivier Chaignaud taille 17 de ses 25 hectares de façon classique. Mais dans les endroits les plus gélifs, il ne va tailler qu’en mars, ou réaliser une taille et un nettoyage de bois en deux temps.

« Ce sont toujours les bourgeons du haut qui poussent en premier, donc on va laisser pousser lka baguette et courant avril on va la nettoyer comme là par exemple on va laisser 7, 8 boutons et la tailler à cette longueur-là, » commente Olivier Chaignaud.

Ce vigneron privilégie également des couverts végétaux au milieu des rangs de vigne pour se protéger contre le gel…

Olivier Chaignaud au château la Fleur Terrien à Lussac © JPS

En hiver, l’idée c’est de semer les couverts assez tôt dans la saison pour qu’au mois d’avril, ils soient le plus haut possible et que par leur hauteur, ils protègent le vignoble en fait… », Olivier Chaignaud château la Fleur Terrien.

La mise en place d’une haie bien positionnée sur une parcelle peut aider la parcelle à être moins froide aussi, en bloquant un courant d’air… »

Tous ont encore en tête le cauchemar de 2017 où 40% de la récolte avait été perdue à Bordeaux.

20 Jan

Disparition d’Anthony Barton, « le plus Irlandais des Médocains » ou « le plus Médocain des Irlandais »

C’est une figure du monde du vin qui est décédée mardi à l’âge de 91 ans : Anthony Barton, considéré comme « le gentleman du Médoc ». Anthony était la 6e génération à la tête de Léoville-Barton (2e grand cru classé 1855) et Langoa-Barton (3e gcc). Cet Irlandais très amoureux du Médoc était connu pour sa « gentillesse et sa sympathie ».

Anthony Barton © château Léoville-Barton

C’est l’un des derniers des Mohicans du Médoc qui s’est éteint cette semaine… Anthony Barton le plus irish des Médocains ou peut-être l’inverse le plus Médocain des Irishs puis qu’il a choisi de reposer à Saint-Julien, sa deuxième terre de coeur.

C’était l’une des plus grandes figures de la viticulture bordelaise, qui a tout connu depuis l’après-guerre et jusqu’à nous jours, avec toute la révolution culturelle des vignobles bordelais », commente pour Côté Châteaux Emmanuel Cruse, Grand Maître de la Commanderie du Bontemps.

Anthony Barton était la 6e génération des Barton, à la tête des fameux châteaux Léoville-Barton, 2e grand cru classé 1855, et Langoa-Barton, 3e cru classé. Anthony Barton qui toujours resta irlandais de coeur et de passeport avait fait des études à  Eton et à Cambridge… Arrivé à Bordeaux en janvier 1951 à l’âge de 21 ans, il commença à   travailler dans la maison de négoce familiale et s’occupa surtout des marchés anglo-saxons. Il fut d’ailleurs l’un des précurseurs des voyages à travers le monde pour promouvoir les vins de ses propriétés et de Bordeaux en général.

De son union avec Eva Sarauw, danoise, naquirent deux enfants, Thomas, décédé malheureusement en 1990 dans un tragique accident de voiture, Lilian, aujourd’hui à la tête des propriétés.

De son parcours, on retiendra qu’en 1954 Seagram acheta 50% du capital de Barton & Guestier, avant de devenir un peu plus tard propriétaire à 100 % de la maison de négoce fondée par la famille en 1802. Toutefois,  Anthony Barton fonda sa propre affaire de négoce « Les Vins Fins Anthony Barton » en 1968, une affaire familiale qui perdure aujourd’hui, avec à sa tête sa fille Lilian et le mari de celle-ci, Michel Sartorius.

C’était un homme formidable, un ami, qui connaissait les marchés et le vin, qui aimait son métier. Un homme extraordinaire, c’est une grande perte pour Bordeaux, un vrai gentleman », Philippe Casteja président du Conseil des Grands Crus Classés en 1855.

Anthony Barton devint propriétaire de Léoville-Barton et Langoa-Barton en 1983, lorsque son oncle Ronald lui fit donation (3 ans avant son décès) et quand Anthony a tenu à le remercier, l’oncle Ronald lui rétorqua « Ce n’est pas moi qu’il faut remercier mais ton ancêtre Hugh, c’est lui qui l’a achetée. »

Emmanuel Cruse tient à rappeler qu’Anthony Barton a toujours fait preuve d’énormément de « gentillesse et de sympathie, notamment avec les jeunes, j’ai le souvenir d’un vol Bordeaux-Londres, où j’avais voyagé à ses côtés, il a fait preuve d’empathie, de gentillesse, de bonté, des gens comme cela on n’en refera plus… »

Anthony Barton n’a jamais cessé de rénover et d’améliorer la propriété, il adorait ses vignes, le jardin et le château, il a progressivement passé le flambeau à sa fille Lilian surtout depuis 2010 et était heureux de voir ses petit-enfants Mélanie et Damien prendre aussi la même voie. « Il était souvent dans la mesure aussi, jamais un éclat de voix, il n’a jamais été dans le show, toujours dans la dignité. Il fait partie des grandes figures de l’histoire de Bordeaux qui disparaissent, des gens comme il n’y en aura plus, «  poursuit Emmanuel Cruse.

Anthony avait été couronné  par Decanter « Man of the Year » : il a marqué tous ceux qui l’ont croisé. Aujourd’hui Léoville-Barton (50 hectares) produit en moyenne 200 000 bouteilles à l’année et Langoa-Barton (20 hectares) 80000 bouteilles.

Emmanuel Cruse regrette que cette disparition survienne en cette période de covid car « on aurait été nombreux à l’accompagner si on avait pu ». Ses obsèques seront célébrées demain dans le Médoc, dans l’intimité familiale. Condoléances à sa famille.

 

 

18 Jan

Le retour de Blaye au Comptoir, dans les restos et chez les cavistes de Bordeaux les 3 et 4 février

Après l’absence remarquée de l’an dernier du fait de la fermeture des restaurants, l’opération Blaye au Comptoir fait son grand retour les jeudis 3 et vendredi 4 février prochains à Bordeaux. L’occasion de retrouver les bonnes adresses avec leur binômes vignerons…

Blaye au comptoir à Bordeaux en février 2019 © JPS

A croire qu’on leur avait caché les petits cailloux qui mènent aux sympathiques enseignes bordelaises,  mais non pas de syndrome petit poucet, les vignerons de Blaye vont bien retrouver le chemin des brasseries, cavistes et autres restaurants qui participent depuis 15 ans à l’opération Blaye au Comptoir. Une formule lancée un peu plus tôt à Paris.

Jeudi 3 et vendredi 4 février, ce sont une vingtaine de châteaux de Blaye qui vont se retrousser leurs manches et venir à la « capitale » faire déguster leurs vins à tous ces amateurs.

« Certains vignerons se sont liés d’amitié avec leurs clients restaurateurs; quand ils arrivent dans l’établissement qui les accueille pour Blaye au Comptoir, ils se sentent un peu comme chez eux. Ils invitent d’ailleurs leur clientèle particulière à venir passer un moment autour d’un bon plat et d’un verre de vin. C’est toujours très convivial. » Emilie Paulhiac, Responsable Communication de l’appellation.

Des bistrots « tradi » comme l’Annexe (avec le château Tour Saint-Germain) ou encore le Bistromatic (avec le Taillou) aux restos étoilés comme le Prince Noir de Vivien Durand à Lormont (avec le Domaine du Cassard), il y en aura pour tous les goûts. Chez les cavistes comme Le Sobre aux Chartrons on pourra déguster les vins du château la Gamaye ou à l’Epicerie Brutes le vin en amphore d’Isabelle Chety… Alors à vos tablettes…

Classement 2022 de Saint-Emilion: les mises au point de Croix de Labrie et Tour Saint-Christophe

Récemment, nous vous parlions du retrait de château Angélus du futur classement de Saint-Emilion. Celui-ci était survenu après une action récente de deux châteaux devant le tribunal administratif de Bordeaux. Ces deux châteaux tiennent à faire une précision par rapport à leur action.

Axelle et Pierre Courdurié en février 2021 © JPS

LA POSITION DE CROIX DE LABRIE (Axelle et Pierre Courdurié):

« Ces derniers jours, la presse s’est fait l’écho d’une actualité autour du Classement de Saint-Emilion 2022 dans laquelle Château Croix de Labrie est plusieurs fois cité.

Nous souhaitons apporter des précisions à ces articles et déclarations, afin d’éviter toute inexactitude ou ambiguïté sur nos intentions vis à vis de ce classement.

Château Croix de Labrie n’a jamais attaqué le classement en cours ni eu l’intention de le faire mais a simplement souhaité obtenir des réponses à des questions et des incompréhensions résultant d’un courrier adressé par l’INAO dans lequel il lui était indiqué qu’il ne pouvait candidater au classement pur non-respect d’un critère d’ordre technique. Comme l’INAO et le règlement le permettent, le tribunal administratif de Bordeaux a été donc saisi de cette question dans le cadre d’une procédure au cours de laquelle l’INAO et Château Croix de Labrie ont pu exposer leurs arguments de manière constructive et apaisée.

Le juge des référés a tranché en notre faveur dans une ordonnance en date du 24 décembre dernier demandant à l’INAO de nous permettre de candidater au classement.

Cette démarche n’était donc bien évidemment pas une attaque contre le classement ni contre l’INAO, qui a fait son travail et avec qui la communication n’a jamais été rompue, mais bien l’unique solution pour Château Croix de Labrie de préserver ses droits et de démontrer, s’il en était besoin, l’importance qu’il porte au classement de Saint Emilion et son souhait de participer à cette formidable aventure collective.
C’est pour cette raison que Château Croix de Labrie tient à réaffirmer son soutien et son engagement total dans ce formidable outil d’émulation collective qu’est le classement des vins de Saint-Emilion. »

Jean-Christophe Meyrou au château Bellefont-Bercier © JPS

LE COMMUNIQUE DU CHATEAU TOUR SAINT-CHRISTOPHE (Jean-Christophe Meyrou directeur général des Vignobles K) :

« La presse s’est fait l’écho depuis quelques jours d’une prétendue attaque contre le classement 2022 de Saint‐Emilion par le Château Tour Saint Christophe. Ce malentendu rendait nécessaire que nous y apportions un rectificatif dépourvu de toute ambiguïté.

Qu’il soit bien clair que le Château Tour Saint Christophe n’a jamais eu l’intention d’attaquer le classement en cours.

Sans qu’il soit besoin de rentrer dans les détails de notre dossier, un courrier de l’INAO nous informait en septembre dernier que le château Tour Saint Christophe ne pouvait candidater au classement pour non‐respect d’un point technique précis : la production de premier vin sur dix années était jugée inférieure à 50% de notre production totale (article 4 du règlement). Or les chiffres du domaine basés sur les déclarations annuelles montraient bien une production en
moyenne largement supérieure à 50% sur cette période de dix ans.

Nous n’avons fait que suivre la procédure administrative indiquée par l’INAO, à savoir la contestation de la décision devant le tribunal administratif de Bordeaux.

Le château Tour Saint-Christophe à Saint-Christophe-des-Bardes © JPS

Compte tenu de l’urgence, une audience s’est donc tenue devant le tribunal administratif de Bordeaux au cours de laquelle l’INAO et Château Tour Saint Christophe ont pu exposer leurs arguments devant le juge. Il est remarquable de constater que ces échanges, loin d’être une guerre de tranchée, furent constructifs et apaisés.

Le juge des référés a tranché en notre faveur dans une ordonnance en date du 24 décembre dernier demandant à l’INAO de nous permettre de candidater. Contrairement à ce qui a pu être laissé entendre, cette démarche n’était pas non plus une attaque contre l’INAO, qui a fait son travail et qui a toujours été disponible pour répondre à nos questions, mais bien l’unique solution pour Château Tour Saint Christophe de faire valoir son bon droit.

Enfin nous tenons à apporter une dernière précision. En tant que propriétaire du Château Bellefont‐ Belcier, nous sommes totalement engagés dans ce formidable outil d’émulation collective qu’est le classement. Il eut été complètement incongru de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ».
 

 

13 Jan

Côté Châteaux à l’honneur dans Terre de Vins

L’émission Côté Châteaux n°28 a été citée ce jour par Terre de Vins en ligne, le magazine du vin du Groupe Sud-Ouest, à propos de la dernière émission spéciale Bordeaux Tasting diffusée le 12 janvier sur France 3 NoA et disponible sur You Tube. Une émission réalisée par votre serviteur et Alex Berne.

A l’occasion des 10 ans de Bordeaux Tasting les 11 et 12 décembre dernier, l’émission Côté Châteaux diffusée sur France 3 NoA consacre son n°28 à l’évènement des amateurs de vins.

Un numéro Côté Châteaux réalisé par Jean-Pierre Stahl et Alexandre Berne qui donnent « la parole au public tout d’abord sans qui Bordeaux Tasting ne serait pas un tel succès, avec encore 6000 personnes qui sont venues ce week-end-end là.« , puis à certains des quelques 200 stands et châteaux présents, à l’école du Vin de Bordeaux qui proposait 19 ateliers, et un focus sur les 5 master classes, et les invités du café de la Bourse.

Côté Châteaux consacre son n°28 à un magazine spécial Bordeaux Tasting

 

11 Jan

Côté Châteaux consacre son n°28 à un magazine spécial Bordeaux Tasting

Noël est passé, mais c’est encore Noël ! Alex Berne et moi-même vous offrons un numéro spécial Bordeaux Tasting sur France 3 NoA, à l’occasion des 10 ans de cet événement phare de la dégustation, qui se passe tous les ans (excepté l’an dernier) place de la Bourse à Bordeaux. Bravo à Terre de Vins qui a créé la surprise voilà 10 ans et en a fait une référence de qualité parmi les grands rendez-vous des amateurs de vin. Un numéro Côté Châteaux réalisé par Jean-Pierre Stahl et Alexandre Berne.

Mélanie Cisnéros faisant déguster le Dada de Rouillac à ces amateurs de vin et de Bordeaux Tatsting © JPS

Dans ce numéro vous aurez de jolies surprises, avec toujours un ton enlevé, et j’espère que vous passerez un bon moment. Côté châteaux a décidé de donner la parole au public tout d’abord sans qui Bordeaux Tasting ne serait pas un tel succès, avec encore 6000 personnes qui sont venues ce week-end-end là, avant la fulgurance du variant omicron, avec des gens qui sont venus masqués et ont respecté les gestes barrières entre deux dégusations… « Bordeaux Tasting c’est de la découverte et des bons millésimes », commentait une jeune femme et une autre de se dire « amatrice, amant bien déguster le vin. » Pour Stephan Delaux, rencontré à l’entrée également, qui attendait un ami, l’ancien président de l’Office de Tourisme de Bordeaux « c’est une belle initiative et une belle volonté de la part des créateurs, le groupe Sud-Ouest et Rodolphe Wartel qui est la cheville ouvrière et l’âme de ce projet-là depuis le début… »

Une pépite de Bordeaux Tasting, le château des Annereaux de Benjamin Hessel, l’Elysée en a commandé 500 bouteilles sur le millésime 2018 © JPS

Parmi les quelques 200 stands et châteaux présents sur les deux jours, Benjamin Hessel du châteaux les Annereaux en Lalande-de-Pomerol : « cela fait 5 ans déjà qu’on est présent…

« Ce qui en fait le succès, ce sont toutes les plus belles propriétes de Bordeaux qui sont accessibles pour tous les Bordelais et autres dans un cadre qui est superbe et magique », Benjamin Hessel château des Annereaux. »

Benjamin Hessel, nous confie que la cave de l’Elysée lui a commandé 500 bouteilles sur son millésime 2018; une belle reconnaissance pour ce château en Lalande-de-Pomerol… Sur son stand, une fidèle connaisseuse : « ce qui me plaît c’est l’accessibilité des vins que je n’ai pas l’habitude de boire, de redéguster des vins que j’ai découvert il y a quelques années, de voir le travail qui est toujours aussi bien fait et qui évolue, voilà c’est moment  qui est convivial et en ce moment on en a bien besoin, c’est un pur bonheur… »

Autre propriété fidèle depuis le commencement de Bordeaux Tasting, le Château de Rouillac à Canéjan en Pessac-Léognan avec Laurent et Mélanie Cisnéros, père et fille : « je suis la depuis le début avec ma fille, c’est une belle histoire familiale, c’est un salon magnifiquement organisé, même dans un contexte particulier, c’est fluide tout est respecté; les gens sont intéressés et intéressants, les gens sont friands d’histoires, de vin, on partage nos émotions et on présente les grands vins de la propriété, ici le millésime 2016 en rouge et une cuvée spéciale le Dada de Rouillac, car on est passionné de chevaux et ma fille aînée Mélanie est une très bonne cavalière et papa il suit, d’ailleurs on est toujours au Jumping de Bordeaux ensemble…

Bernard Magrez, le pilier de Bordeaux Tasting © JPS

Parmi les piliers de Bordeaux Tasting, les monuments de Bordeaux, il y a Bernard Magrez, l’homme aux 4 grands crus classés de Bordeaux et propriétaire 42 châteaux dans le monde: « cela fait 10 ans que je viens, de 10h le matin à 18h le soir, c’est toujours intéressant pour moi de connaître nos consommateurs et amateurs de vin en général;

C’est mon devoir de mieux connaître les consommateurs, c’est comme cela qu’on arrive à faire le vin qui se rapproche du goût en général, pour moi le roi c’est le consommateur de vin et rien d’autre », Bernard Magrez

« Toutes les appellations sont représentées, globalement c’est que des bons vins, c’est très agréable de voir des amateurs qui viennent déguster nos vins », précise Jean-François Quenin du château de Pressac, grand cru classé. « Et Saint-Emilion, c’est le mariage d’un site extraordinaire, d’un village médiéval, des paysages classés au patrimoine mondial Unesco et de grands terroirs pour le vin donc c’est cela qui fait la magie de Saint-Emilion…. »

Petite virgule et focus en cette période de fête sur ces cavistes de Bordeaux qui ont été sur le pont durant tout ce mois de décembre pour ravir les papilles de ces amateurs, avec Dock du Vin à Artigues-près-Bordeaux et le Wine Shop Fronsac.

A l’Ecole du Vin de Bordeaux, 19 ateliers étaient proposés © JPS

Bordeaux Tasting, c’est aussi beaucoup de pédagogie, avec l’école du Vin de Bordeaux (qui proposait 19 ateliers) et tous ces jeunes (et moins jeunes) qui viennent « prendre des cours » de manière décomplexée et ludique: « on va faire des petites associations pour les accords de fête », « oui on est épicurienne avant tout »…

« Cette année on a décidé de mettre en place 6 ateliers nouveaux« , confie Cynthia Anthounet de l’Ecole du Vin: « Wine’s Up, d’abord un atelier pour mieux connaître Bordeaux par le jeu, des buzzeurs, ateliers olfactifs, des ateliers gourmands et notamment l’atelier accords de fête qui est en cours, avec toujours la dégustation de deux vins durant ces ateliers de 30 minutes, et puis le fameux choco-Bordeaux qui revient chaque année, et le fameux accord vins et fromages qui marche très bien aussi… » « A l’Ecole du Vin, tous nos ateliers sont accessibles, tant pour les connaisseurs que pour les débutants… »

5 master classes de haut vol avec pour ouvrir le bal château Montrose © JPS

Au 2e étage, c’est un moment privilégié avec pour ceux qui recherchent des ateliers plus « cosy » ceux des master classes, 5 étaient prévues ce week-end-là avec pour débuter Hervé Berland le directeur du château Montrose : « c’est l’occasion qu’on donne aux consommateurs de découvrir un vin, une propriété, avec la personne qui la dirige et d’essayer de leur apprendre des choses qu’ils ne savent pas pour caractériser une grande propriété comme Montrose ».

Hervé Berland, directeur de château Montrose, avant la master class goûtant les bouteilles tout juste ouvertes © Jps

Et là, c’est une verticale en millésimes en 9 qui était proposée : « elles sont célèbres les années en 9, avec une climatologie chaude et sèche, propices à bien murir les cabernets sauvignons et les merlots, et donc à Bordeaux on a le sourire face à ces années en 9, particulièrement réussies,… comme le 2009 un vin très abordable très accessible dans son fruit dans sa puissance qui révèle une palette aromatique et une richesse extraordinaire sur notre terroir de Saint-Estèphe béni des Dieux… »

Le maire Pierre Hurmic, l’un des grands invités de Bordeaux Tasting, dégustant Grand Corbin Despagne en bio © JPS

Bordeaux Tasting, c’était aussi de grands entretiens avec un baptême du feu pour le maire Pierre Hurmic, dégustant un château en bio Grand Corbin Despagne à Saint-Emilion, un maire vert qui passe pour l’occasion au rouge (rires et première question) : « ah vous le prenez comme ça, oui mais qui reste au vert (ou au verre)… » Et de mieux connaître ses goûts en matière de vin : « j’aime les vins fruités, je ne suis pas amateurs des vins très boisés », des vins de prédilections ? « Je ne m’engagerai pas sur ce terrain là, trop mouvant ou très dangereux, les vins je les choisis surtout en fonction de ce que je consomme, des mets que je déguste, mais j’ai toujours une préférence pour les vins de Bordeaux très affirmée… »

Quant à savoir si Bordeaux est toujours capitale mondiale du vin avec le siège de l’OIV qui a été choisi pour Dijon ?  « Il est parti à Dijon pour des raisons d’ordre politique, … quand on parle de vin, le premier nom qui vient à l’esprit au niveau mondial c’est Bordeaux, donc entre Bordeaux et le vin il y a une assimilation très importante appelée à perdurer… » Et de se rattraper avec une super Fête du Vin, la Bordeaux Wine Week du 16 au 26  juin prochain : « oui, Bordeaux est très attaché à la Fête du Vin, il y a une vraie osmose entre Bordeaux et le vin, Bordeaux a beaucoup a gagner à assurer la promotion de la filière et la filière a tout intérêt à bénéficier de la notoriété de la ville de Bordeaux, surtout au moment où la filière est en train de s’engager dans une démarche de conversion, vers les vins bio, vers un meilleur respect de l’empreinte carbone, vers un meilleur respect de l’environnement, je peux vous dire que tout cela correspond à ce que sont les objectifs affirmés de la nouvelle municipalité bordelaise… »

A Bordeaux Tasting, on y vient souvent entre copains © JPS

Pour Rodolphe Wartel, l’initiateur de Bordeaux Tasting avec Terre de Vins : « c’est un Bordeaux Tasting de retrouvailles, on est absolument ravi après une année d’interruption en raison du covid l’année passée de commettre un peu un acte de résistance, mais être tous ensemble réunis autour du vin », une belle édition organisée avec de multiples précautions en ce mois de décembre pour les 10 ans de Bordeaux Tasting….

A l’espace Saint-Rémi, 23 maisons de champagne se font déguster © JPS

Et pour bien terminer l’année ce Côté Châteaux vous offre un petit détour par les crémants de Bordeaux avec les crémants Célène à Haux et Lateyron à Montagne, ou encore une dernière séquence dégustation à l’espace Saint-Rémi où étaient réunis une vingtaine de maisons de champagne….

Dernier tournage de Côté Châteaux spécial Bordeaux Tasting avec Nicolas Lebedeff de champagne et châteaux, JPS et Alexandre Berne pour France 3 Noa

Une petite dégustation pour ce final en beauté sur le stand Thiénot:  « nous vous servons la cuvée 2008 100% chardonnay, un blanc de blanc, un champagne de repas, de gastronomie qui s’accorde avec les crustacés, les poissons, avec un chardonnay qui apporte pas mal de fraîcheur… », commente Nicolas Lebedeff directeur de châteaux et champagnes et représentant de la Maison Thiénot.

Voilà un avant goût de ce qui vous attend, permettez-moi de vous souhaitez encore une fois une bonne année 2022.

Regardez Côté Châteaux réalisé par Jean-Pierre Stahl et Alexandre Berne, ce mercredi 12 janvier sur France 3 NoA à 20h05 et sur YouTube : 

08 Jan

Quand des vignerons de Blaye font le choix du bio, cela donne désormais 28 % des surfaces cultivées en bio ou en conversion

Ils sont 414 vignerons en Blaye Côtes de Bordeaux qui ont répondu à une enquête interne au sein du syndicat viticole. Il en ressort une tendance assez remarquable : 28 % des surfaces, des 6000 hectares, en Blaye Côtes de Bordeaux sont en bio ou en conversion bio.

Benoît et Freddy Latouche sur leur propriété Camille Gaucheraud © JPS

« La bio déjà, c’est qu’on n’a pas droit aux produits de synthèse… », commente Benoît Latouche vigneron à Laruscade en Gironde.  « Tous ces désherbants, que j’ai utilisés, qu’on m’a appris a utiliser dans les années 90 quand j’étais à l’école…On nous disait vous mettez tel produit ça brule l’herbe, vous êtes tranquille 6 mois, vous mettez tel produit anti-mildiou ou anti-oïdium, vous êtes tranquille 15 jours, on était très assisté et c’était très facile, maintenant que je suis est en bio, cela demande beaucoup de travail, mais tous ces produits je n’en veux plus… C’est une conscience personnelle, on a décidé d’arrêter tout cela…de revenir comme faisaient nos parents ou grand-parents autrefois… »

Avec l’abandon de ces désherbants et produits phyto-pharamaceutiques destinés à traiter les maladies de la vigne qui prolifèrent sous le climat océanique de Bordeaux (mildiou, oïdium), ils retravaillent leurs sols avec des tracteurs et décavaillonneuses: « cela demande beaucoup de travail, parce que c’est de l’herbe comme chacun chez soi et quand il pleut cela pousse beaucoup, …il faut la couper, l’entretenir, on laisse un tapis, pas besoin que cela soit propre sous le rang de vigne…On laisse toute l’herbe, enherbé dans tous les rangs…avec des semis d’engrais verts pour amener des engrais pour la plante pour l’année… » Ils plantent ainsi des féveroles et utilisent un compost maison pour apporter les apports nécessaires à la vigne, et utilisent que du soufre ou du cuivre, depuis il voient revenir de nombreux vers de terre dans leurs sols…

« On retravaille nos sols, cela demande beaucoup de travail, parce que c’est de l’herbe comme chacun chez soi et quand il pleut cela pousse beaucoup, …il faut la couper, l’entretenir, on laisse un tapis, pas besoin que cela soit propre sous le rang de vigne…On laisse toute l’herbe, enherbé dans tous les rangs…avec des semis d’engrais verts pour amener des engrais pour la plante pour l’année, on fabrique le compost, on a la chance d’avoir deux élevages sur la propriété, don on rentre beaucoup de fumier et on fait le compost nous-mêmes… »

Le château Lacaussade Saint-Martin © JPS

A Saint-Martin-Lacaussade, poussé par la demande du consommateur et la grande distribution, Jacques Chardat, propriétaire du château Lacaussade-Saint-Martin a démarré sa conversion en 2017, son vin blanc sec est certifié bio depuis 2020. Un pari quand on cultive 85 hectares et produit 500 000 bouteilles à l’année.

Jacques Chardat, propriétaire du château Lacaussade Saint-Martin © JPS

« Cela a été une grande remise en question, il a fallu fédérer les équipes, faire des formations et motiver tout le monde…« , commente Jacques Chardat. « La flore a changé, la faune est revenue, c’est absolument extraordinaire, et on est content de voir les écureuils revenir, des papillons revenir… C’est absolument incroyable ce qui se passe. » Les traitements de la vigne en bio se font surtout à base de cuivre, avec une diminution ces dernières années avec 4 kilos par an et par hectare, lissés sur 7 ans.

Thibaut Layrisse directeur du syndicat de Blaye © JPS

Selon une enquête du syndicat viticole Blaye-Côtes de Bordeaux auprès de 414 vignerons de l’appellation (en partenariat avec les Vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine),   28 % des surfaces sont aujourd’hui certifiées ou en conversion bio. « Cela nous classe parmi les appellations les plus performantes  sur ce sujet », commente Thibaut Layrisse directeur du syndicat de Blaye. « Pourquoi ? C’est une tendance actuelle, très liée à l’environnement. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles au sujet  de l’agriculture biologique, et on sait qu’on a eu beaucoup de débats sur le sujet et malheureusement de mauvaise presse concernant la région de Bordeaux sur les pesticides…Donc il y a une vraie évolution qui apparemment est en marche auprès des vignerons. »

Les frères Latouche veulent aller encore plus loin prochainement avec le label Demeter en biodynamie… « Ca fait chaud au coeur et de se dire yes on a réussi et ca c’est important » D’avoir des vins beaucoup plus profond, du terroir, sans engrais qu’on achète à droite à gauche, c’est beaucoup plus parlant. »

Un premier millésime 2021 certifé bio, davantage sur le fruit qu’ils vont sortir au printemps.

 

 

05 Jan

Saint-Emilion : Angélus retire sa candidature du prochain classement de Saint-Emilion

Voici une candidature de plus en tête du classement qui se retire, celle d’Angélus, après Ausone et Cheval-Blanc…qui étaient classés A dans le classement de 2012.  Côté Châteaux vous fait partager le communiqué reçu en cette fin de matinée, par lequel le château de la famille de Bouard retire sa candidature. Parmi les 4 en tête du classement, classés A en 2012, seul Pavie continue à candidater pour 2022, avec d’autres qui pourraient le rejoindre en tête (Canon, Clos Fourtet, Figeac ?). Un classement 2022 dont la procédure est en cours. Affaire à suivre.

Vendanges 2016 au © château Angélus, avec Stéphanie de Boüard-Rivoal au centre, Thierry Grenié et Hubert de Boüard et l’équipe du château

COMMUNIQUE DE PRESSE D’ANGELUS :

« Le classement de Saint-Emilion a longtemps été un formidable outil d’émulation collective qui a permis de promouvoir efficacement l’appellation.

Les enjeux qu’il porte en son sein ont valu à ce classement de nombreuses critiques, et en ont fait la cible d’un système de dénigrement ayant culminé avec de nombreux recours en justice. En 2006 bien sûr, mais aussi en 2012 (des procédures sont toujours en cours presque 10 ans plus tard), et nous venons d’apprendre que le classement de 2022, en cours d’élaboration, est attaqué en référé devant les tribunaux par deux propriétés.

De source de progrès, le classement de Saint-Emilion est devenu vecteur d’antagonisme et d’instabilité.

Tout en déplorant ce contexte délétère, Angelus en prend acte et quitte ce système en se retirant du classement de 2022.

Naturellement, la décision récente qui, après plus de dix années de procédure, a sanctionné Hubert de Boüard au paiement d’une amende en lui reprochant sa participation aux instances professionnelles, nous conforte dans ce choix de nous extraire d’une procédure dont la viabilité ne parait plus assurée, et dont les avantages n’équilibrent plus les risques de mises en cause injustes.

Avec humilité, Angelus continuera d’inscrire sa trajectoire dans la même quête d’excellence et se consacrera plus que jamais à sa vocation première, que perpétue la famille de Boüard de Laforest depuis huit générations : produire de grands vins propres à traverser les époques, qui soient le reflet de leur appellation, de leur terroir et de chaque millésime.

« Si les valeurs qui nous sont chères et la dynamique dans laquelle Angelus est aujourd’hui engagé nous conduisent à considérer le système actuel comme inadapté aux enjeux de notre domaine et de son appellation, l’attachement de notre famille à la région et à la réputation de ses vins demeure intact. Angelus continuera à faire rayonner Saint-Emilion et les grands crus du bordelais sur tous les continents, et sous toutes les latitudes » déclare Stéphanie de Boüard-Rivoal, Présidente d’Angelus. »

LA REACTION DE JEAN-FRANCOIS GALHAUD, PRESIDENT DU CONSEIL DES VINS DE SAINT-EMILION

Joint par téléphone, le président du Conseil des Vins de Saint-Emilion a commenté pour Côté Châteaux: « j’ai appris cela par voie de presse ce matin, nous ne pouvons que prendre acte de cette décision, une décision motivée par des raisons personnelles, notamment suite à la condamnation d’Hubert de Boüard, avec le procès qui lui a été fait et qu’il vit très mal, alors qu’il était président de l’ODG de Saint-Emilion… Il est fatigué de toutes ces attaques personnelles ».

« D’un point de vue collectif on ne peut que regretter cette décision, même si cela ne changera rien car ce classement 2022 est un formidable outil, une fabuleuse émulation et un véritable challenge. Il est révisable. Et c’est en cela un formidable outil de modernité qui nous fait nous tourner vers l’avenir. »

« Concernant le procès fait en référé devant le tribunal administratif, les 2 châteaux avaient été considérés comme irrecevables par l’INAO en raison de l’assiette foncière, bon , c’est assez technique (le tribunal a finalement validé leur candidature lundi), mais cela montre que les châteaux veulent faire partie du classement, il y a pour eux un intérêt à faire partie de ce classement. »

 

Macron désigné « personnalité de l’année 2022 » par la Revue du vin de France

Le président Emmanuel Macron a été désigné « personnalité de l’année 2022 » par la Revue du vin de France, pour « son engagement constant en faveur du vin et de sa culture », a appris mardi l’AFP auprès du magazine spécialisé.

Emmanuel Macron au salon de l’agriculture en 2919

Le chef de l’Etat a prévu de se rendre jeudi à la cérémonie de remise de ce prix, selon son agenda. « Nous souhaitons saluer l’action du président de la République à un moment où s’achève son mandat », a expliqué Denis Saverot, directeur de la rédaction de la RVF, soulignant que, « pour la première fois depuis des décennies, un président de la République a déclaré haut et fort qu’il aimait le vin ».

En février 2018, peu avant le Salon de l’Agriculture, M. Macron avait déclaré à des journalistes: « Moi, je bois du vin le midi et le soir ». « Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n’est pas avec le vin », avait assuré M. Macron. « Tant que je serai président, il n’y aura pas d’amendement pour durcir la loi Evin », avait-il promis. Cette loi de 1991 encadre la publicité pour les boissons alcoolisées notamment.

La RVF « ne fait pas de politique », a souligné Denis Saverot. « Nous ne récompensons pas un candidat possible à l’élection présidentielle mais le chef de l’Etat pour ses actions concrètes pour le vin et sa culture », a-t-il dit.

La cérémonie se déroulera dans les règles sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19 et il n’y aura donc pas de cocktail, a précisé la RVF.

AFP