10 Nov

Nouvelle tendance : ces vignerons qui débarquent à Bordeaux et ouvrent leur bar à vin

C’est « un château en ville » qui a ouvert le bal il y a un an rue Saint-James. Aujourd’hui, Tutiac ouvre un tout nouveau Bar à Vin également central à Bordeaux : le Tutiac Direct Wine Bar. Comment ces vignerons décident de faire bouger les lignes et se diversifient. Côté châteaux vous dévoile leur démarche.

Le chef Frédéric Coiffé, Laurent Querion, Arnaud Courjaud vice-présidents de Tutiac, et Damien Malejacq responsable marketing © JPS

Attention, c’est une machine de guerre qui a décidé de frapper fort en ouvrant ce jour le Tutiac Direct Wine Bar, le premier bar à vin de coopérateurs en France. En circuit court, en direct !

L’ouverture était annoncée depuis plusieurs mois sur la vitrine cours Alsace-Lorraine © JPS

Tutiac, c’était jusqu’à récemment cette coopérative aux 450 adhérents, 4000 hectares de vignes, qui produit 220000 hectolitres, soit 30 millions de bouteilles à l’année.

Le lieu est vraiment proche de l’un des emblèmes de Bordeaux © JPS

Mais Tutiac s’est rapproché des caves d’ Unimédoc, de Lugon et de Sauternes, ce qui lui donne encore plus de puissance: « aujourd’hui, on produit 320000 hectolitres, l’équivalent de 40 millions de bouteilles… »

Au centre Eric Hénaux, le directeur de Tutiac, entouré de l’équipe du Wine Bar © JPS

Avant on produisait du vin de Blaye en vrac, puis du Blaye en bouteilles, et désormais on produit du vin dans 15 appellations de Bordeaux, on veut être une marque qui soit crédible sur la place de Bordeaux« , Eric Hénaux, directeur de Tutiac.

Bar à vin et caviste en même temps © JPS

« Tutiac compte désormais 650 viticulteurs sur 6000 hectares, on impacte la vie de 1500 familles ».

Cela faisait un moment que cette idée originale d’ouvrir un bar à vin central à Bordeaux leur trottait dans la tête.Tout s’est fait rapidement depuis février et en quelques mois, un superbe bar à vin traversant entre le Cours Alsace Lorraine et la place qui donne sur la Porte Cailhau, a vu le jour, un investissement de 500000 €.

« On a fait appel à l’agence Versions qui a réalisé les magasins pour Comtesse du Barry, on essaie à chaque fois de s’appuyer sur des gens dont c’est le métier ».

Après avoir réalisé son marathon de soirées inaugurales avec les salariés (mardi la 1ère à laquelle Côté Châteaux participait en primeur), les clients, les journalistes, les étudiants de Kedge, c’est aujourd’hui le grand jour, l’ouverture au grand public.

C’est le 1er bar à vin de coopérateurs en France. Un projet un peu fou. On veut toujours être en avance sur les tendances, avec un rapport qualité-prix juste. C’est du circuit court en plein coeur de Bordeaux. » Damien Malejacq responsable marketing.

Cela va être un bar à vin de producteurs, ce sont des vignerons qui sont derrière ce projet là. Tutiac affiche quelque 50 références, auxquelles s’ajoutent une quarantaine d’autres caves coopératives d’autres régions viticoles comme Vinovalie, Alliance Loire, Nicolas Feuillate, ou Wolfberger (2 à 3 référence par coopérative) : « ce sont les vins de coop…ains » me précise Eric Hénaux.

Le chef Frédéric Coiffé participe à cette nouvelle aventure de Tutiac © JPS

Derrière le zinc, il y a aussi un chef Frédéric Coiffé, avec pour objectif de « changer de la restauration traditionnelle, même si à midi il y aura un menu du marché à 16€, on ne va travailler qu’avec desd poroducteurs du Sud-Ouest comme les produits de Louis Ospital, d’autres aussi de la charcuterie Sylvain Andrieux, etc… mais c’est ici le vigneron la star. Il va y avoir des vignerons partout, avec des portaits accrochés au mur et avec un écran plat qui va projeter le travail de ces vignerons coopérateurs. » Des vignerons, qui tous affichent au minimum un label de développement durable HVE2 ou HVE3. « On veut montrer avec les vignerons de Tutiac que ce projet est possible et servir de modèle aux autres vignobles français », poursuit Damien Malejacq.

Cette démarche est assez innovante, même si depuis plus de 10 ans, ils ont compris qu’il fallait aller chercher le goût du consommateur, là ils vont chercher l’amateur de vin, qui ne fait pas toujours la démarche de se rendre dans les propriétés ou à la cave coopérative.

Le but, il est là, c’est de partager avec le consommateur, comment ça se passe à la vigne, comment on fait du vin, c’est vraiment de l’échange à 100%

Estelle Roumage, la première à avoir eu l’idée de rapprocher son château de Bordeaux © JPS

La pionnière a tout de même été Estelle Roumage, 5e génération de vignerons dans l’Entre-Deux-Mers. Avec son château Lestrille, elle a décidé de s’implanter juste à côté de la Grosse Cloche, rue Saint-James, en créant « un château en ville », un nom original où tout est dit.

Dans son chai à barriques, la vigneronne Estelle Roumage au château Lestrille à Saint-Germain-du-Puch © JPS

Estelle Roumage avait pourtant de quoi s’occuper avec ses 45 hectares de vignes à Saint-Germain-du-Puch où elle produit la moitié en blanc et rosé et l’autre moitié de vin en rouge (en cuve, en barriques et avec une cuvée supérieure le Secret de Lestrille, 100% merlot élevé en barriques de chêne, en bois neuf).

Une ambiance de chai avec ces tonneaux comme table, avec Joël Bureau, Diane et Jacqueline © JPS

Estelle Roumage a repris cette propriété familiale créée par son arrière-grand-père en 1901, au moment où celle-ci fêtait son centenaire en 2001. Depuis elle a su la faire avancer, améliorer encore la qualité de ses vins et se remettre totalement en question : « on a au château une boutique qui fonctionne bien, mais parfois les bordelais ne viennent pas jusqu’à nous alors on est venu à eux ».Et depuis le 1er décembre 2017, elle a su aménager un petit nid douillet réalisé par un brillant architecte de Libourne, Alain Arnaud, où elle propose, pour agrémenter ses vins, des planches de légumes et fruits frais, de charcuteries et fromages, mais aussi des assiettes d’huîtres,… servies par Mathieu Bureau et Jan Braun. Un château en ville qui a réussi à trouver ses marques et qui est ouvert du mercredi au dimanche midi, avec ses formules qui plaisent.

On a du mal à attirer les bordelais, et on s’est dit puisque eux ne se déplacent pas vers nous, à nous de nous déplacer vers eux…Ce n’est pas un bar à vin classique, c’est vraiment le château qui s’est déplacé en ville. C’est un plus que l’on apporte, le côté local et en direct. » Estelle Roumage, château Lestrille.

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Alain Arnaud, Guillaume Puyo et Marie-Pierre Cosquier

Mes grand-parents étaient viticulteurs, et je retrouve ici l’ambiance, cela a un côté magique », Alain Arnaud.

L’originalité, c’est non seulement de trouver tous les produits du château Lestrille, de pouvoir les déguster à moindre coût en mangeant (avec une licence 2), de voir accroché au mur toute l’histoire de la famille Roumage dans la vigne depuis Eugène l’ancêtre.

 

Estelle Roumage et sa team Mathieu Bureau et Jan Braun de « un château en ville » © JPS

Et puis comme dit Estelle, cela permet de mieux passer certains moments délicats dans le vigne, car avec toutes ces intempéries, en 5 ans elle a perdu quasiment une récolte et demi. Pareil, pour Tutiac qui a perdu 30% avec la grêle du 26 mai dernier, « on a perdu 60000 hectolitres », selon Eric Hénaux.

Une nouvelle tendance et de belles initiatives saluées par Côté Châteaux, le blog du vin, qui prends le pouls de l’actu viticole.

Et pour être complet, le tout premier à avoir lancé l’idée, c’était François des Ligneris, du château Soutard qui avait ouvert l’Envers du Décor à Saint-Emilion, repris depuis par la famille Perse et Ronan Kervarrec.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Xavier Granger, suivi de la chronique de Frédéric Lot :

24 Oct

16e « Best Of Wine Tourism » : encore une belle récolte de trophées !

Hier soir le Palais de la Bourse s’est enflammé pour remettre les trophées des Best Of d’Or dans 7 catégories plus un bonus « coup de coeur ». Les Best Of Wine Tourism récompensent chaque année les efforts effectués par les châteaux dans le domaine de l’oenotourisme. La barre est très haute désormais.

Bertrand et Emmanuelle Amart du château Vénus, avec Kévin Gaillard © Jean-Pierre Stahl

Il y a 16 ans, en matière d’oenotourisme, Bordeaux était à la traîne. 16 ans plus tard, on ne sait plus où donner de la tête. « Certains ont été les précurseurs, ils nous ont mis sur la voie… Il y a une vingtaine d’année, au retour d’un voyage en Australie où on avait été formidablement accueillis, je m’étais dit : il ne suffit pas de produire, il faut aussi savoir accueillir ! », expliquait hier soir Bernard Artigue, président de la Chambre d’Agriculture de Gironde. Depuis de l’eau a coulé (sous le Pont de Pierre),1351 dossiers ont été présentés à Bordeaux pour 348 ont reçu un Best Of dont 102 d’Or. 

Une belle découverte et une belle rencontre château Vénus © JPS

Cette année, ce sont 22 sites qui ont été sélectionnés « à visiter absolument en 2019…ou avant », ils viennent d’être récompensés pour la qualité de leurs prestation et l’accueil réservé aux amateurs d’oenotourisme.« Les Best Of Wine sont importants tout au long de l’année. La notoriété est apportée par le prix, elle est normale et cette année on a jouté Lausanne, cela a vraiment un rayonnement international »,  selon Jean-Marie Marco directeur de Gironde Tourisme.

Cette moisson des Best Of Wine Tourism a été hier soir d’une grande qualité, comme les autres années me diriez-vous, oui un peu comme ça (et comme les millésimes toujours réussis à Bordeaux !), mais avec la particularité qu’ils étaient de haut vol. Au sens premier comme au figuré ! On avait connu la dégustation en l’air dans un vieux cèdre au château Rayne-Vigneau, voici Venus Air, le château à Illats qui a inventé le tour au dessus des vignes avec décollage et attérissage depuis les vignes…

Nous avons 3 pilotes, 3 avions, nous sommes des passionnés de vin et d’aviation. » Bertrand Gaillard, château Vénus Best Of d’Or (découverte et innovation)

C’est qu’il ne manque pas d’idées, avec ses 3 ULM Bertrand en un rien de temps propose un survol des vignobles de Sauternes, des Graves et de Pessac-Léognan, sans besoin de passer tous ces contrôles et d’arriver en avance 1 à 2 heures avant décollage : vous décollez au milieu d’un champs ? « Non, au milieu de la vigne, on a élargi les allées de vignes pour cela… » Bertrand et Emmanuelle Amart ont créé leur exploitation en 2005 : « on a racheté à d’autres vignerons, on a cherché à faire un château original qui met en valeur les vins et on a créé château Vénus, dont le nom évoque la déesse de la beauté, mais aussi le symbole de la féminité et de l’élégance. »

Château Guiraud récompensé pour sa Chapelle de Guiraud, nouveau restaurant à Sauternes dans un 1er cru classé, prix remis par 3 chefs cuisiniers © JPS

Parmi les autres Best Of d’Or, de très grands châteaux, crus classés, déjà récompensés par le passé, comme Smith Haut Lafitte dans la catégorie Art et Culture, la Tour Carnet pour l’Hébergement à la Propriété, château Guiraud pour la Restauration à la Propriété, mais aussi Prieuré-Lichine pour les services oenotouristiques, les Carmes Haut-Brion pour son chai très original signé Philippe Starck dans Architecture et Paysages, enfin Climens pour la valorisation des pratiques environnementales :

Bérénice Lurton, la magie du botrytis et un savoir-faire en biodynamie à Barsac © JPS

Cela fait plaisir, il y a un vrai travail d’une équipe avec une vrai passion,  il y a un esprit, une envie de partager ce que l’on fait« , Bérénice Lurton, château Climens (Best Of d’Or valorisation des pratiques environnementales).

« Mon assistante l’a appris chez elle, elle en pleurait « (de joie). Cela fait juste 26 ans que Bérénice Lurton est à la tête de Climens, 1er cru classé de Barsac, aujourd’hui comme j’a pu l’écrire ou me plaît encore à le dire, Bérénice peut être sacré la reine du botrytis, tant elle excelle à Climens pour réaliser ces liquoreux très fins, sans cette sucrosité écrasante, le tout en biodynamie certifiée depuis 2014. « On a vraiment une spécificité à Climens, on n’est pas dans quelque chose d’extraordinaire, de tape à l’oeil, c’est l’élégance au naturel et la profondeur de l’expérience qui nous intéresse. Il n’y a rien de superficiel, ni d’artificiel, et c’est vraiment sympa de recevoir ce prix. »

L’ambassadrice des Greats Wine Capitals, Florence Forzy-Raffard s’est dite « très heureuse de retrouver tous ces châteaux et « au nom d’Alain Juppé de les féliciter pour leur contribution au monde du vin ».

Lausanne rentre dans le club des Great Wine Capitals et de ses Best Of Wine Tourism © JPS

Et d’ajouter : « au sein du réseau, dans 10 villes on a reçu 384 candidatures pour ce prix international. Ce soir ce sont les trophées locaux, mais le 8 novembre ce sera les trophées internationaux à Adélaïde ».

Autre domaine primé qui a reçu un Coup de Coeur : le Domaine du Grand Mayne, fondé en 1985 sur les hauteurs des Côtes de Duras en Lot-et-Garonne. Une propriété originale car le domaine appartient à une communauté de plus de 600 clients devenus actionnaires et ambassadeurs du domaine, des passionnés qui vendangent eux-mêmes et inventent leurs étiquettes, un peu comme château Réaut à Bordeaux. La critique que l’on pourrait faire à ces récompenses, c’est peut-être de ne pas trop mettre en avant les petits ou moyennes propriétés (hormis Vénus et Grand Mayne), mais il est vrai que les investissements importants par ailleurs et sont remarquables, ils participent au rayonnement de Bordeaux et des vignobles du Sud-Ouest.

Les 3 chefs associés à la soirée Frédéric Lafon de L’Oiseau Bleu, Frédéric Schueller de Truck de Chef et Nicolas Frion de Porte Quinze © JPS

Parmi les partenaires des Best Of présents hier soir, Vinexpo, autre émanation de la CCI, créé en 1981, qui s’apprête à ouvrir son prochain salon nouvelle formule du 13 au 16 mai prochains à Bordeaux : « tous les acteurs économiques ont travaillé ensemble pour faire le succès de ce Vinexpo 2019 avec notamment Congrès et Expositions de Bordeaux pour un accueil plus proche des visiteurs, avec une gratuité des transports et un nouveau hall 2 dans lequel il y aura le symposium sur le réchauffement climatique, » expliquait Anne Cusson directrice de la communication de Vinexpo.

La « dream team » organisatrice de la soirée : Nada Mansour, Loïc Rojouan, Muriel Giralt, Lydie Bordes et Catherine Leparmentier © JPS

Autre partenaire, Terre de Vins, avec Rodolphe Wartel son directeur qui a annoncé la création en mars prochain des « Trophées Français de l’Oenotourisme » avec « cette envie de permettre à toutes ces propriétés de se challenger, de voir ce qui se passe ailleurs qu’à Bordeaux, en Provence, en Bourgogne ou en Alsace. Ce n’est pas une concurrence avec les Best Of d’Or qui d’ailleurs participeront. Nous avons déjà 200 inscrits pour ces Trophées à Paris en mars prochain. »

Va y a voir du sport comme on dit, en attendant si vous ne savez pas quoi faire, profitez de ces quelques beaux jours ou week-ends d’automne pour découvrir ces propriétés primées et sélectionnées pour être les fiers ambassadeurs du « bien recevoir » à la française dans les vignobles du Bordelais et du Sud-Ouest.

Et voici la liste des châteaux par catégories :

ARCHITECTURE ET PAYSAGES 
Château Les Carmes Haut-Brion (OR) 
Château Roquefort 
Château Lafon-Rochet 

ART ET CULTURE 
Château Smith Haut Lafitte (OR) 
Château Larrivet Haut-Brion 
Maison des Vins de Cadillac 

DECOUVERTE ET INNOVATION 
Château Vénus (OR) 
Château Monconseil-Gazin 
Château du Payre 
Château Marquis de Terme 

HEBERGEMENT A LA PROPRIETE 
Château La Tour Carnet (OR) 
Domaine de Chelivette 
RESTAURATION A LA PROPRIETE 
Château Guiraud (OR) 
Château Carbonneau 
Château de Candale 

La photo de famille des Best Of Wine 2019 © Jean-Pierre Stahl

VALORISATION PRATIQUES ENVIRONNEMENTALES 
Château Climens (OR) 
Château Vilatte 
Château de Chantegrive 

SERVICES OENOTOURISTIQUES 
Château Prieuré-Lichine (OR) 
Château Pape Clément 
Blast Bordeaux 

COUP DE CŒUR : Domaine du Grand Mayne

07 Sep

Du baume au coeur en Côtes de Bourg : les vendanges en blanc ont commencé, de quoi oublier les orages de grêle

Les vendanges ont commencé en Côtes de Bourg pour les blancs. Une appellation du Nord Gironde qui a été durement touchée par deux gros orages de grêle des 26 mai et 15 juillet dernier. Ces premières vendanges réchauffent le coeur de ces vignerons comme ici au château Mercier.

Début des vendanges à 7h à Saint-Trojan © JPS

En Côtes de Bourg, depuis 7 heures ce matin, les vendanges en blanc commencent au château Mercier entre chien et loup… La machine à vendanger s’active à ramasser ces sauvignons gris sur une parcelle de 80 ares. Un instant d’émotion pour la famille Chéty, victime de la grêle le 26 mai dernier.

Christophe et Isabelle Chéty, du chateau Mercier © JPS

« C’e n’est pas oublié, cela reste dans nos coeurs, on ne va pas tout vendanger mais là nos blancs sont magnifiques, il faut penser à ce qui est beau et là c’est notre 1er jour et là pour les sauvignons gris qu’on rentre il y a une maturité superbe. » commente Isabelle Chéty du château Mercier.

Vignerons depuis 1698, les Chéty ont bien sûr connu de nombreux orages de grêle en plus de 3 siècles, mais surtout 3 phénomènes intenses en 40 ans.

« Effectivement, on a environ 30% de la propriété qui a grêlé et dont une grosse partie à 100% », continue Christophe Mercier, son frère; « mais heureusement, on constate aujourd’hui que cet été a été tès clément pour nous et ce qui n’est pas grêlé semble pouvoir être de très bonne qualité, on a des raisins qui sont sains ».

      De quoi remonter le moral alors qu’Isabelle Chéty nous montre ces 12 hectares de merlot qu’il a fallu tailler juste après la grêle et qui ne donneront rien cette année.

« Le couloir a vraiment commencé ici, sur la commune de Teuillac, et il n’y avait plus rien. »

Entre l’orage de grêle du 26 mai et l’autre du 15 juillet, ce sont près de 2500 hectares qui ont été touchés à des degrés divers (dont 1000 très impactés pour lesquels il n’y avait plus rien). Ces pertes de volumes risquent de se traduire par des pertes momentanées de marchés.

Le président des Côtes de Bourg Stéphane Donze © JPS

« Le problème, c ‘est surtout pour les viticulteurs qui n’avaient pas de stock. Même si le manque à gagner et la trésorerie se répeccute sur plusieurs années derrière (on met au moins 4 ans à se remettre…). Mais ceux qui n’avaient plus de dernier millésime et qui ne peuvent pas mettre en marché, vont perdre desmarchés aujourd’hui », commente Stéphane Donze le président des Côtes de Bourg.

Au château Mercier, la production pourrait avoisinner 1500 à 1700 hectolitres 2500 à 2800 habituellement.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Ludovic Cagnato, Sabine Hostein, Isabelle Rougeot : 

06 Août

Disparition de Joël Robuchon, le plus grand chef étoilé au monde

Au revoir à l’un des génies de la gastronomie française, le grand chef étoilé Joël Robuchon, qui totalisait le plus grand nombre d’étoiles Michelin, 32, à travers ses restaurants en France et dans le monde. Un grand merci à Monsieur « Bon Appétit, bien sûr » qui avait voulu démocratiser la bonne cuisine, à travers ses rendez-vous quotidiens sur le petit écran.

Ouverture de l’Atelier © Joel Robuchon Montreal en décembre 2016

Comment résumer en un petit article un si grand Monsieur ? C’est le même défi rencontré il y a quelques mois pour Monsieur Paul Bocuse. A ceci près que Paul Bocuse s’en est allé à 92 ans et Joël Robuchon à 73, des suites d’une longue maladie, un cancer, une injustice de plus.

AU ZENITH DE LA GRANDE CUISINE : 32 ETOILES

Comme Monsieur Paul, Joël Robuchon est ce Monument qui va laisser un sacré leg à la Gastronomie Française. Sa purée de pommes de terre était devenue son plat le plus célèbre, et même iconique dès les années 80. Un kilo de pommes de terre rattes pour 200 grammes de beurre, une texture pommadée qui l’avait fait passer à la postérité…

Sacré meilleur cuisinier du siècle par Gault & Millau en 1990, il avait commencé très simplement à 15 ans un apprentissage de cuisinier-pâtissier auprès du chef Robert Auton, au Relais de Poitiers, à Chasseneuil-du-Poitou. Cet amoureux du travail bien fait, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, qui avait pris comme sobriquet «Poitevin la Fidélité» en tant que Compagnon du tour de France des Devoirs unis, il devient chef d’une brigade de 90 cuisiniers au Concorde Lafayette (Paris XVIIe), en 1974, il n’a alors que 29 ans. Meilleur Ouvrier de France en 76, il prendra la place de chef cuisinier à l’Hôtel Nikko, où il décrochera ses deux premières étoiles Michelin puis 3 étoiles dans son propre restaurant Jamin (Paris XVIe), en 1984. En 1996, il avait souhaité faire un break face à la pression des étoiles, et s’était fait un point d’honneur de transmettre, il le fera avec brio à travers notamment de « Bon Appétit, Bien Sûr » de 2000 à 2009. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre dans la grande gastronomie et de décrocher plus d’une trentaine d’étoiles. Suractif, il a ouvert avec ses seconds de nombreux grands restaurants à travers le monde et une quinzaine d’Ateliers Joël Robuchon.

LES HOMMAGES DE SES PAIRS ETOILES

Aujourd’hui de nombreux chefs étoilés sont dans la peine, une peine incommensurable comme me l’explique Alexandre Baumard du Logis de la Cadène à Saint-Emilion : « la tristesse est là, perdre Mr Paul a été terrible, perdre un des plus grands chefs au Monde est terrible, c’est toute la profession qui pleure la perte d’un pape… C’est un des maîtres de la transmission, combien de chefs étoilés sont passés par les cuisines Mr Paul et Mr Robuchon? Le chiffre doit être juste incroyable. 2018 est dure pour notre profession, que ça cesse ! »

Mr Robuchon a marqué son empreinte et la gastronomie française à travers le Monde, c’est incroyable, être au States, en Asie, en France… Il est de partout… C’est le chef qui connais le mieux La gastronomie Mondiale. Le chef Français le plus étoilé au MONDE. J’ai eu la chance de goûter sa cuisine à Paris, à Tokyo, à Bordeaux que dire ??? Exceptionnel ! », Alexandre Baumard chef étoilé du Logis de la Cadène.

Pour Michel Trama, 2** au Guide Michelin à Puymirol dans le Lot-et-Garonne : « on s’est rencontré en 83 la 1ère fois, on n’était pas du même sérail : lui était meilleur ouvrier de France, compagnon, il a tout fait et moi je n’ai rien fait… En 1983, je rentre de Bangkok, on venaît d’apprendre la 2e étoile que j’ai eue, et j’ai dis tiens on va manger dans un 2 étoiles à Paris chez Joël Robuchon… La claque que j’ai prise, mon pauvre ! La première fois de ma vie que je me suis senti démoralisé, l’année suivante il a pris la 3e étoile ».

C’est la perte d’un ami, mais surtout la perte d’un humaniste fantastique, d’un cuisinier technicien hors pair, un métronome ! », Michel Trama chef 2**

Et Michel Trama de compléter : « on disait qu’il était très dur, mais c’était de la rigueur, la frontière est là, c’était un rigoureux, un perfectionniste, à tel point qu’il a arrêté la cuisine à 51 ans en tant qu’exécutant, il était déjà fatigué. Joël est parti, comme j’ai dit pour Paul Bocuse, je serai leur marmiton là-haut, je serai le marmiton de Monsieur Joël ».

Pour Jérôme Schilling, le chef cuisinier de l‘Hôtel-Restaurant Lalique au château Lafaurie-Peyraguey : « Joel Robuchon est tout d’abord un infatigable perfectionniste et à été pour moi un pilier dans ma vie de cuisinier. Tout d’abord il m’a suivi pendant mon enfance par son émission « Bon Appétit Bien Sûr » que je suivais naturellement, malgré que j’étais qu’un enfant, certainement par ses propos tes précis et bien sûr un œil vitreux de passion. Lorsque j’ai décidé de faire ce métier cela a été évident d’officier pour lui.

Ça a été une chance de presque 3 ans à Monaco au Métropole avec une discipline à toute épreuve, une transmission de la passion et du travail bien fait. Il connaissait le prénom de chaque personne et avait toujours une attention particulière pour tout le monde. Un respect au plus au point », Jérôme Schilling chef Restaurant Lalique Château Lafaurie-Peyraguey.

Bernard Magrez et Joël Robuchon dans les cuisines de la © Grande Maison à Bordeaux en 2016

LES DEUX ETOILES DECROCHEES A LA GRANDE MAISON

Joël Robuchon est ce grand chef qui aimait relever les défis, il avait proposé ses services à son ami Bernard Magrez ici à Bordeaux, qui venait d’acheter un hôtel particulier pour en faire un Hôtel. Cela deviendra l’Hôtel-Restaurant   « la Grande Maison Bernard Magrez-Joêl Robuchon », un restaurant pour lequel il avait décroché aussitôt 2 étoiles. Bernard Magrez me confie : « c’était un ami et je suis quand même très triste, c’est un homme que je connais depuis plus d’une vingtaine d’années, il était de la « race des gens » qui vivaient debout ».

Joël Robuchon allait vers l’excellence, pour l’excellence, c’était un type droit, rigoureux », Bernard Magrez propriétaire de la Grande Maison.

L’équipe de © la Grande Maison avec Tomonori Danzaki, Bernard Magrez et Joël Robuchon en 2015

Et Bernard Magrez de poursuivre : « son plus à ce garçon, je dis ce garçon car il a 11 ans de moins que moi, était d’impressionner l’autre, il cherchait à vous comprendre, toujours avec le sourire. Il avait l’obligation de bien connaître ses collaborateurs, les valeurs des autres, et il n’avait autour de lui que des gens qui partageaient ses valeurs. A Bordeaux, il avait visité l’immeuble que j’avais acheté en face de Labottière, je voulais en faire un hôtel de 9 ou 10 chambres, mais il m’a dit « on va faire un hôtel-restaurant, et ça va être la 1ère fois dans la vie du Guide Michelin qu’on aura ensemble 3 étoiles d’un seul coup. Finalement, ce n’est pas un hasard si nous n’avons pas eu 3* car l’économie c’est l’économie de la région qui l’explique et qui est là. » 

C’est un choc pour toute la Gastronomie, tous les cuisiniers, et sa famille,  je me souviens que c’est qui m’a remis ma médaille de Mof, meilleur ouvrier de France, et avec la disparition de Paul Bocuse, je perds deux chefs qui m’ont touché, orienté et poussé à être ce que je suis aujourd’hui », Philippe Etchebest chef étoilé du 4eMur.

Ronan Kervarrec, autre grand chef qui vise les 3 étoiles, en a déjà décroché 2** pour l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion et aussi 2 auparavant à la Chèvre d’Or à Eze : « lorsque j’ai commencé la cuisine, je suis monté à Paris pour travailler pour Joel Robuchon… Lorsqu’il est entré dans la cuisine, accompagné de ses adjoints, tous MOF, je devais dresser le coulis de tomate sur le caviar d’aubergine ! Je tremblais tellement j’étais impressionné que le coulis allait partout sauf sur le caviar 😂😂😂

Un homme d’une telle précision, il avait le savoir de capter les saveurs comme personne et d’équilibrer les goûts, un perfectionniste !« , Ronan Kervarrec Chef 2** de l’Hostellerie de Plaisance.

« Un honneur de l’avoir rencontré » confie Pascal Pressac sur sa page Facebook ajoutant « condoléances »

AVEC « BON APPETIT, BIEN SUR », L’ENVIE DE TRANSMETTRE

Autre chef étoilé à réagir Pascal Pressac de la Grange aux Oies à Nieuil en Charente : « J’ai eu la chance de participer à l’émission « Bon appétit Bien Sûr », plusieurs jours avec Mr Robuchon. Pour l’enregistrement des émissions,  je lui avais présenté une recette du Poitou Charentes, sa région , qu’il appréciait beaucoup : c’était un fromager, un dessert a base de fromage de vache frais « le Manslois «  je me souviens de sa surprise de retrouver ce dessert, il adorait le goûter et m’a demandé de lui en faire un autre le lendemain.

Un chef qui aimait les choses simples les recettes du terroir, les recettes qui ont une histoire, il avait ce talent de remettre des recettes du terroir au goût du jour comme sa fameuse purée de pommes de terre « , Pascal Pressac chef étoilé de la Grange aux Oies.
Et de compléter : « nous nous sommes souvent croisés en l’occurrence à Poitiers, pour les anniversaires du FuturoscopE et il avait toujours ce mot gentil  » tu m’as fait mon fromager ? ». Nul doute que mon ami Pascal Pressac n’aura de cesse de penser à lui les prochaines fois qu’il en préparera et pourquoi pas lui en envoyer un, car il est monté auprès des Saint de la Gastronomie Française, et puis un autre à Saint Pierre.

30 Mai

Solidarité avec les vignerons grêlés : revoir l’émission spéciale « Nouvelle-Aquitaine les ravages de la grêle »

France 3 Nouvelle-Aquitaine a pris la mesure du cataclysme subi par les vignerons de Bordeaux et de Cognac, et a réalisé une émission spéciale, d’une heure, mardi matin, notamment depuis les vignobles meurtris.

En direct de Samonac, en Côtes de Bourg, j’ai souhaité redonner la parole à Cyril Giresse, très touché par l’orage de grêle intense qui a ravagé sa propriété et notamment cette parcelle de 9 ha d’un seul tenant en bas du château Gravettes Samonac :

« En m’approchant samedi, j’ai vu des vignes de plus en plus détruites, j’ai ressenti un sentiment d’énorme tristesse tout d’abord puis d’abattement ensuite. C’était une sorte de tourbillon… »

Celui aussi de l’emballement médiatique où Cyril qui n’était pas préparé à cet événement climatique, n’était pas plus habitué à voir déferler l’ensemble de la presse locale, régionale et nationale sur sa propriété. Cela peut être parfois mal ressenti, une sorte de pression supplémentaire et puis quand on quitte les lieux un grand vide. Si nous sommes arrivés les premiers chez lui, nous avons aussi décidé de revenir et d’occuper le terrain.

Les dégâts samedi au château Gravettes Samonac, peu de temps après les chutes de grêle © Côtes de Bourg

« J’ai reçu beaucoup de soutiens, ça m’a vraiment fait chaud au coeur, c’est dans ces moments-là qu’on se dit qu’il faut qu’on reparte…Alors, on essaie de trouver des solutions, on se parle entre collègues et ici sur des vignes aussi détruites que, celles-là on a pris le parti de les tailler pour essayer de sauvegarder l’année prochaine, de concentrer les réserves de la plante et pour avoir de bons bois pour tailler. Sur d’autres vignes touchées en partie, on a appliqué des traitements cicatrisants pour essayer de sauvegarder ce qui peut l’être. »

Damien Labiche, président des Jeuanes Agriculteurs, JPS et Cyril Giresse du château Gravettes Samonac © Pascal Lécuyer

Ce sont 5500 hectares de vignes dans le nord Gironde entre le Bourgeais et le Blayais qui ont été touchées, dont 3000 à 80%, comment se remet-on de ces phénomènes climatiques ?

« on s’en remet difficilement car la viticulture, c’est des cycles longs : on réalise des cultures, puis on élève le vin et on le vend par la suite…Donc pour se remettre d’un épisode climatique, il faut un peu de temps, reconstituer les stocks, reconstituer une trésorerie, pour se remettre d’un épisode, d’une catastrophe, on dit souvent qu’il faut 3 ans. Plusieurs à suivre, évidemment, c’est compliqué. Je pense aussi à mes collègues, je sais qu’il y en a beaucoup en difficulté. On pourra s’en sortir malgré tout, mais c’est très difficile quand c’est consécutif. »

Damien Latouche le président des JA des Côtes de Bourg en appelle au Président Macron © PL

LA SOLIDARITE ENTRE VIGNERONS ET AVEC LES POUVOIRS PUBLICS ?

La solidarité s’est exprimée de suite « par des coups de téléphones à des copains pour prendre des nouvelles », commente Damien Labiche, président des Jeunes Agriculteurs des Côtes de Bourg. « On a commencé par faire un constat… savoir dans quel état était le vignoble. Hier soir on s’est retrouvé et pour se remonter le moral, on a bu un petit verre de vin tous ensemble, on discute de ce qui vient de nous arriver et on essaie de trouver des solutions… Comment on va pouvoir faire face à un tel incident voire à un tel drame ? Car pour nous, c’est dramatique, en 10 minutes, on a tout perdu. Bon moi j’ai eu la chance de ne pas geler l’année dernière, mais je pense à mes collègues qui eux ont tout perdu l’année dernière et qui viennent encore de tout perdre cette année, vraiment c’est dramatique ! »

« Nos attentes vont clairement vers nos pouvoirs publics et vers l’Etat, on espère que notre Président (Emmanuel Macron) ne va pas nous oublier car c’est certes les vignerons qui sont touchés mais aussi tous les acteurs qu’il y a autour (salariés, marchands de matériel, oenologues, c’est vraiment une filière complète qui est impactée aujourd’hui. Et franchement si on ne nous aide pas, j’ai peur que la moitié de nos confrères disparaissent ».

Ce n’est pas comme si le nombre de vignerons n’avait pas déjà été divisé par deux en 20 ans, Bordeaux ne compte plus que 5800 exploitants à ce jour. » Toujours moins.

Revoir l’émission spéciale « Nouvelle-Aquitaine : les ravages de la grêle », présentée par Serge Guynier, avec en direct Jean-Pierre Stahl depuis Samonac, Bruno Pillet depuis le vignoble de Cognac et Emmanuel Brault depuis Saint-Mathieu (87) et comme invités en plateau :

  • Lydia Héraud, conseillère régionale Nouvelle-Aquitaine, déléguée viticulture et spiritueux.
  • Eric Hénaux, le directeur-général de la Coopérative des Vignerosnde Tutiac
  • Frédéric Lot, expert en vins
  • L’assureur Pierre-Marie Gauthier, directeur-général adjoint de Filhet-Allard.

Réalisation Fabien Roy – Rédaction en Chef : X.Riboulet F.Bidault S.Leclère B.Tavitian

26 Avr

Timothée Bouffard : 30 ans de métier et le « spirit » de courtier en vins

Son rôle est souvent méconnu, mais c’est l’un des plus vieux métiers de la place de Bordeaux. La profession de courtier en vins est un métier d’intermédiaire entre le vigneron et le négoce, un rôle de conseil et de vente primordial pour les viticulteurs. Rencontre avec Timothée Bouffard et ses collaborateurs.

Thimothée Bouffard, du bureau Ripert, courtier en vins depuis 30 ans © JPS

Figure incontournable de Bordeaux, Timothée Bouffard est courtier en vins depuis déjà 30 ans.

C’est un métier plus que centenaire (édit de Saint-Louis en 1243), que l’on trouve dans bon nombre de régions viticoles, un métier que Timothée Bouffard exerce au sein du bureau Ripert à Bordeaux, un bureau de courtage familial depuis 3 générations.

Ce métier de courtier en vins est un métier d’intermédiaire entre le vigneron qui a du vin à vendre, comme ici au château Monbrison, propriété de Laurent Vonderheyden (15 hectares en AOC Margaux), et le négoce, qui cherche à acheter pour ses clients.

Un rôle primordial à chaque campagne de primeurs (spécificité bordelaise où les vins sont en vente avant d’être livrés), après avoir été dégustés lors de la fameuse semaine des primeurs début avril.

« On essaie d’être diplomate, autant que faire se peut, et puis on leur donne nos avis et c’est à eux à prendre la décision, parce que ce sont leurs vins, leurs productions, ils connaissent aussi leurs importateurs, leurs distributeurs », précise Timotée Bouffard.

« Avec l’ensemble des informations qu’ils peuvent avoir de par le monde maintenant, avec une information qui circule beaucoup plus vite, ils savent ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire, ou quelle est la fourchette de prix dans laquelle ils peuvent se trouver. »

Le courtier en vins a vraiment un rôle de conseiller tout au long de l’année, il est rémunéré à hauteur de 2% sur le montant des transactions. Le prix de chaque millésime dépend de la qualité, mais aussi des millésimes antérieurs.

Timothée Bouffard, le courtier en vins, avec le propriétaire de château Monbrison Laurent Vonderheyden

« On est obligé de trouver un espèce d’équilibre quelque part, non pas sur la quantité de vin que nous mettons en marché, mais sur le positionnement is-à-vis de notre consommateur, » commente Laurent Vonderheyden du château Monbrizon.

Stéphanie Robert est courtier de campagne, ici au château Tour des Graves © JPS

Stéphanie Robert, est également courtier en vins depuis 20 ans au bureau Ripert, qui compte 8 salariés et associés. Elle est plutôt courtier de campagne, elle s’occupe plus précisément des petites propriétés comme ici la Tour des Graves, en Côtes de Bourg.

Stéphanie Robert, courtier en vins, avec David Arnaud, du château Tour des Graves © JPS

« On propose des lots en vrac, du vin en vrac à la citerne, on a aussi des demandes sur de la bouteille et du vrac rendu mise, c’est à dire que le négociant mandate un metteur en bouteilles sur la propriété pour conditionner lui même le vin » selon Stéphanie Robert.

David Arnaud, le propriétaire de ce château, vend entre 20 et 30% de ses 1500 hectolitres produits annuellement au négoce bordelais.

« On travaille ensemble depuis près de 10 ans, on se connaît, on s’est comment on réagit, elle elle connaît mes vins, c’est cela aussi qui est important », commente David Arnaud. « Pour faire le sourcing, il faut savoir où aller chercher quel type de vin on a besoin, c’est primordial pour son métier et même pour moi d’avoir cette relation-là. »

Sur le millésime 2017 où bon nombre de propriétés ont gelé, il pourrait y avoir une certaine tension sur les prix. le rôle du courtier est aussi de faire prendre conscience que les prix ne doivent pas s’envoler et être sans doute un peu en dessous des millésimes 2015 et 2016.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Robin Nouvelle et Véronique Lamartinière : 

07 Mar

Success story de Millésima New-York sous l’impulsion de la charmante bordelaise Hortense Bernard

Une Bordelaise a réussi a se faire une jolie place sur le marché américain : Hortense Bernard manage Millésima USA. Elle est à la tête d’une superbe cave sur la 2e Avenue, dans l’Upper East Side. Une enseigne qui met en avant avant tout les Bordeaux et vins français mais aussi des vins d’autres régions viticoles du monde entier.

Hortense Bernard à la conquête du marché américain © JPS

Hortense Bernard à la conquête du marché américain © JPS

Hortense Bernard a réalisé son rêve américain. A 35 ans, cette Bordelaise diplômée de l’école de commerce EDHEC est partie à New-York il y a quelques années pour conquérir le marché US. Opération réussie, elle dirige Millésima USA et propose de nombreux vins français et de Bordeaux, dans sa cave dans le quartier de l’Upper East Side.

IMG_5336« Je suis arrivée il y a 7 ans déjà, mon premier choc culturel a été de voir des clients entrer dans la boutique et demander un « chardonnay », explique Hortense Bernard. « En France d’habitude on demande par exemple un Bourgogne blanc ou une région viticole, ici c’est vraiment le cépage (qui est demandé), cela implique aussi une région comme la Californie pour le chardonnay. Cela a été un peu difficile pour moi de m’habituer à cette grosse différence. »

Une superbe cave avec plus de 50% de visn français Bordeaux, Bourgogne, Etc mais aussi des vins italiens, californiens, d'Amérique du sud, d'A frique du Sud, d'Autriche, d'Allemagne, ...

Une superbe cave avec plus de 50% de vins français de Bordeaux, de Bourgogne, ou d’aiileurs, mais aussi des vins italiens, californiens, d’Amérique du Sud, d’Afrique du Sud, d’Autriche, d’Allemagne, …

Situé sur la 2e avenue, Millésima a obtenu sa licence après de nombreuses démarches et avec une concurrence qui a essayé de contrer son installation. Cela n’a pas découragé Hortense Bernard qui a réussi a ouvrir cette antenne américaine de Millésima. L’autre difficulté qu’elle a  pu rencontrer, comme n’importe quel revendeur, c’est le mode de fonctionnement avec ses règles américaines propres, c’est-à-dire que c’est un système tripartite avec des intermédiaires.

Un bureau à l'arrière de la boutique au milieu des caisses, original et bon pour l'inspiration © JPS

Un bureau à l’arrière de la boutique au milieu des caisses de vin, original et bon pour l’inspiration © JPS

« Techniquement il y a un tiers système, l’importateur, distributeur et le retailer, et on ne peut pas importer ou distribuer, donc on est obligé d’avoir des partenaires qui vont faire cette importation pour nous. Pour ce qui est de Bordeaux, on travaille avec un importateur en direct qui va faire venir les vins de nos chais. »

IMG_5337Aujourd’hui, Hortense Bernard est confiante vis-à-vis du marché américain, où l’on consomme seulement 14 litres par an et par habitant en moyenne contre 45 litres en France pour se donner une idée. La marge de progression, vu le nombre d’habitants est donc considérable.

« Les consommateurs américains ont vraiment envie de découvrir, envie de s’intéresser et ils ont tout à apprendre. Ce n’est pas comme nous, on apprend le vin dès qu’on est jeune à table, c’est important de marier le vin et les bons repas. Ici à travers le vin, ils découvrent aussi les arts de la table, apprennent à apprécier un bon repas avec le vin, quel vins choisir pour faire des accords mets et vins. »

Hortense Bernard, la manager de Millésima New-York © Jean-Pierre Stahl

Hortense Bernard, la manager de Millésima New-York © Jean-Pierre Stahl

Depuis 23 ans le marché du vin aux Etats-Unis n’a jamais cessé de croître, ce qui laisse présager pour Millésima et Hortense Bernard de belles perspectives : « c’est un marché en pleine croissance, il y a vraiment une part de marché à prendre tous les jours à chaque endroit des USA, c’est un marché extrêmement grand avec tellement de lois différentes. Mais c’est beaucoup plus difficile de livrer partout aux USA que de livrer en Europe où c’est très simple ou beaucoup moins compliqué. » Mais Hortense Bernard est persuadé que le marché américain va considérablement se développer et comme elle le dit tès bien, « il se peut qu’un jour Millésima USA devienne plus important que Millésima en Europe ».

Reportage de Jean-Pierre Stahl et Guillaume Decaix :

14 Fév

Le Danemark en deuil : le Prince Henrik, originaire de Gironde, est décédé

Le Prince Henrik, époux de la Reine Margrethe II, s’est éteint hier soir peu avant minuit. Il était né Henri de Laborde de Monpezat, né à Talence en Gironde, et possédait avec le Reine le château de Caïx à Cahors. Homme très cultivé et artiste, il adorait par ailleurs la gastronomie et les vins de Bordeaux. Yann Schÿler, consul du Danemark, revient sur son destin exceptionnel pour Côté Châteaux.

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Yann Schÿler, consul du Danemark à Bordeaux et propriétaire du © château Kirwan, avec le Prince Henrik du Danemark

Jean-Pierre Stahl: « Yann, j’imagine c’est avec une vive émotion que vous avez appris la nouvelle ? »

Yann Schÿler : « Bien évidemment,  je le connaissais bien. Au-delà du côté régalien, je le voyais régulièrement, il connaissait bien les vins de Bordeaux, la gastronomie. Il était né à Talence en Gironde, à la clinique protestante Bagatelle. Je l’ai vu de très nombreuses fois et notamment ces dernières années. »

JPS : « Quel était l’état de santé du Prince Henrik ? »

YS : « Depuis l’été dernier, on lui avait diagnostiqué la maladie d’Alzheimer, ses capacités cognitives s’étaient détériorées. Mais, il a eu une infection pulmonaire qui lui a été fatale. Il n’a pas résisté. Il avait 83 ans. Il est décédé hier soir, juste avant minuit. »

JPS : « C’était un propriétaire de château viticole à Cahors, il y venait souvent ? »

YS : « oui, il venait souvent à Cahors, le château de Caïx est la résidence d’été et familiale du couple Royal, qui l’avait acheté il y a une trentaine d’années. Lui, par sa famille,  était originaire de cette région, il l’adorait ; cette propriété permettait à la Reine de se détendre. Le Prince était vraiment chez lui dans son vignoble qu’il aimait tellement. Il venait de plus en plus fréquemment, même en hiver, en plus du mois d’août en famille et à l’automne pendant les vendanges. »

JPS : « Il avait participé à pas mal de courses de voiliers et notamment à Arcachon ? »

YS : « Il faisait beaucoup de régates de dragons, c’était un excellent navigateur. La dernière fois que tu l’as vu cela devait être une de ses dernières participations. « 

JPS : « Ce fut un destin assez remarquable que de devenir Prince ? »

YS : « Il était diplomate et travaillait à l’ambassade de de France à Londres, quand il a rencontré la Princesse Margrethe en 1965, ils se sont mariés en 1967 ; elle est devenue Reine quand son père Frederick IX est décédé en janvier 1972, à l’époque elle était déjà mariée depuis 5 ans et avait déjà deux enfants. Il me disait toujours « effectivement, j’ai épousé une Reine », même si elle n’était que Princesse quand il l’a épousée. Il s’est converti au protestantisme ; né catholique, il est devenu protestant, à l’inverse d’ Henri IV »

2016, intronisation du Prince lors du Dîner de la Jurade de Saint-Emilion à Bordeaux © Jean-Bernard Nadeau

2016, intronisation du Prince lors du Dîner de la Jurade de Saint-Emilion à Bordeaux © Jean-Bernard Nadeau

JPS : « Vivait-il mal le fait de ne pas être roi ? »

« C’est le même cas de figure aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Il était Prince Consort, son statut était inscrit dans la constitution. Certes, il s’en est un peu plaint. Mais ce n’est pas ce qu’il faut retenir de tout cela. C’est vrai que ça peut paraître dur pour un homme, mais c’était très protocolaire, « trois pas derrière »… Il n’était pas malheureux, loin de là. Le couple royal était très uni. Il a fait beaucoup pour le Danemark malgré quelques prises de positions ». 

« Il laisse une touche artistique fabuleuse, il a réalisé de nombreuses sculptures, des bronzes, il a écrit des livres de recettes de cuisine et des poèmes… Il avait l’amour des belles choses, le goût des traditions, il aimait le langage travaillé, il détestait les expressions qui manquaient de style ».

JPS : Quels souvenirs encore du Prince sur Bordeaux et par rapport aux vins de Bordeaux ? »

YS : « Il a fait un court passage dans une école bordelaise, à la Sauque à La Brède en 1948, quelques mois quand il avait 14 ans. On avait réfléchi ensemble, il était favorable à y repasser… Donc né à Talence, élève à La Brède.

« Nous avons participé ensemble à des dîners, je ne l’ai jamais vu apporter autre chose que du Bordeaux. Il était un grand amateur. Il avait été intronisé à la Fête de la Fleur en 2007 et à la Jurade de Saint-Emilion en 2016 ».

« Il appréciait beaucoup la Baronne Philippine de Rothschild. Il lui écrivait beaucoup, j’ai fait le messager plusieurs fois pour lui. Il a aussi plusieurs fois séjourné au château Haut-Brion, chez le Prince Robert du Luxembourg, en ce lieu mythique. Nous sommes allés ensemble à Pétrus, Cheval Blanc, il est venu 3 fois à Kirwan chez son consul. »

Côté Châteaux présente ses plus sincères condoléances à la famille royale du Danemark.

05 Jan

Bellefont Belcier : « Il y a un terroir assez grandiose, et la possibilité d’aller un jour vers un classement supérieur » selon Jean-Christophe Meyrou

Bellefont Belcier devient le seul cru classé acheté par un Chinois. Peter Kwok souhaite le faire monter en gamme et améliorer l’existant. Retour sur l’ambition affichée pour ce château par Peter Kwok avec Jean-Christophe Meyrou, directeur des Vignobles K. Focus des investissements réalisés dans les autres propriétés de ce Chinois qui aime la France et Saint-Emilion. Côté châteaux leur décerne le titre de vigneron du mois à tous 2.

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Jean-Christophe Meyrou, directeur général des Vignobles K, et donc de Bellefont Belcier © Jean-Pierre Stahl

Un terroir qui vaut de l’or, avec ses croupes calcaires et argilo-calcaires. Bellefont Belcier est situé juste après Pavie et a Lacis Ducasse et Tertre Roteboeuf comme autres célèbres voisins. Peter Kwok a ainsi senti le potentiel de ce cru classé de Saint-Emilion et de ses 13,5 hectares. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais la transaction n’a pas battu des records, pas question d’abonder dans la spéculation actuelle, elle se situerait plutôt en dessous d’au moins 20% des récentes ventes.

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Château Bellefont Belcier, grand cru classé de Saint-Emilion © JPS

Il y a un terroir assez grandiose, et la possibilité d’aller un jour vers un classement supérieur, on est en grand cru classé, pourquoi pas viser un jour 1er cru classé B »Jean-Christophe Meyrou directeur des Vignobles K.

Les vieux millésimes de Bellefont Belcier bien gardés © JPS

Les vieux millésimes de Bellefont Belcier bien gardés © JPS

« Il y a surtout une emprise de ce château dans la culture locale qu’il faut faire un peu revivre, et pour tout cela, on a une équipe technique qui sait faire le job et une équipe de distribution (avec 12 négociants de Bordeaux) avec qui l’on travaille ».

L'entrée du cuvier circulaire de Bellefont Belcier © JPS

L’entrée du cuvier circulaire de Bellefont Belcier © JPS

Ce banquier investisseur chinois est né au Vietnam et aime particulièrement la France. Au point de venir en 1995 pour y passer l’été en famille et permettre à ses enfants d’apprendre le français. Mais très rapidement, il s’est pris de passion pour Saint-Emilion et a fait sa première acquisition avec le château Haut-Brisson. C’était il y a 20 ans, depuis il est propriétaire de 7 châteaux autour de Saint-Emilion, Pomerol et Castillon.

« Il est né au Vietnam à Saïgon, à une époque où la culture française voulait dire quelque chose. Et donc il est né et a grandi avec cette image d’Epinal de la DS et du Général de Gaulle et il a toujours rêvé d’avoir quelque chose en France. Il a démarré en 1996. C’est pour cela qu’on dit que c’est le 1er investisseur chinois (dans le vignoble bordelais) Aujourd’hui, j’ai envie de vous dire qu’il fait partie des meubles, Peter a été accepté par la communauté. C’est quelqu’un de bien, de sympathique qui a lié pas mal d’amitiés locales. Et surtout il a fait du bon boulot. »

thumbnail_001C’est aujourd’hui le seul Chinois à être à la tête d’un cru classé, pour l’heure un peu dans son jus. Mais il compte bien lui redonner du lustre et essayer de l’amener à un niveau supérieur…

C’est un chai assez unique, arrondi, avec cette charpente d’inspiration Eiffel; c’est un outil de travail vraiment bien pensé et performant. Il permet de travailler en gravité, puisque les raisins arrivent par le haut » Jean-Christophe Meyrou.

IMG_3398Pour se faire une idée des investissements réalisés, voici 6 terrasses en pierres sèches, de plus d’un kilomètre de longueur, aménagées par des spécialistes espagnols au château Tour Saint-Christophe.

Un vignoble en terrasses magnifique à Tour Saint-Christophe © JPS

Un vignoble en terrasses magnifique à Tour Saint-Christophe © JPS

Un travail dantesque, dans les règles de l’art, permettant un parfait drainage, que l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos est venu saluer voilà 2 ans.

L'entrée du chai du château Tour Saint-Christophe © JPS

L’entrée du chai du château Tour Saint-Christophe © JPS

Cette autre propriété de Peter Kwok achetée en 2011 a été réhabilitée entièrement pour 4,5 millions d’euros (en plus du prix d’achat) entre 2014 et 2016.

 12 cuves en béton dans le cuvier flambant neuf, très fonctionnel © JPS

12 cuves en béton dans le cuvier flambant neuf, très fonctionnel © JPS

« Lui, c’est un investisseur passion, maintenant moi en tant que directeur général je ne vis pas à Disney World, on est dans une entreprise et Peter n’a pas vocation à renflouer l’entreprise tous les mois, donc c’est une entreprise qui vit, qui fonctionne et a un vrai succès, parce qu’on fait de bons vins, on travaille bien, on est sérieux et on respecte le système ici par la place de Bordeaux. Donc Peter s’est intégré parfaitement et de façon, somme toute, assez classique, en ayant bien compris surtout que l’agricole, c’est du long terme« , conclue Jean-Christophe Meyrou.

Concernant les ventes des Vignobles K, environ 20% se commercialise en France, 25% sur le continent Nord-Américain, 25% sur la grande Asie (Japon, Hong-Kong, Chine et autres pays) et 30% en Europe.

Une production de 80000 bouteilles sur le 2016 entre le 1er et le 2nd vin à Tour Saint-Christophe © JPS

Une production de 80000 bouteilles sur le 2016 entre le 1er et le 2nd vin à Tour Saint-Christophe © JPS

Un château dont le vin s’arrache, car en primeur tout le millésime 2016 s’est vendu au négoce bordelais en une demi-journée.

IMG_3367Bellefont Belcier va améliorer l’existant et prendre prochainement un virage plus important vers l’oenotourisme, avec de nombreuses pièces de réception et 15 chambres dans ce château du XIXe siècle.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet et Christophe Varone :

05 Déc

Mieux que 007, c’est cinq 0 pour château Ripeau

En 2017, l’itinéraire technique mis en place à Château Ripeau pour les traitements et la conduite sur 100% du vignoble, a été réalisé sans herbicide, sans insecticide, sans fongicide et sans cuivre métal pour lutter contre les maladies de la vigne. Pour ces initiatives, les frères Grégoire sont pour Côté Châteaux les vignerons du mois.

Cyrille et Nicolas Grégoire, propriétaires de © château Ripeau

Cyrille et Nicolas Grégoire, propriétaires de © château Ripeau

C’est comme au tennis mais ce n’est pas 6-0 mais cinq 0 en l’espèce chez Ripeau : 0 Herbicide, 0 Insecticide, 0 Fongicide et 0 Cuivre métal  et enfin 0 Résidu. A première vue, cela paraît sain et alléchant.

C’est en janvier 2015 que la famille Grégoire a acquis Château Ripeau, un Saint-Emilion Grand Cru Classé depuis 1955.

La révolution va être enclenchée avec Julien Salles, qui rejoint Cyrille et Nicolas Grégoire comme directeur d’exploitation de Château Ripeau. « Julien Salles travaillait depuis quelques années avec Guillaume Grocq, concepteur de produits de biocontrôle, de biostimulants et de physiofortifiants, à mettre en œuvre des programmes de protection de la vigne visant à réduire voir supprimer l’emploi de produits phytosanitaires pour les remplacer par des alternatives sans aucun impact sur l’environnement et la santé ».

Faire de Château Ripeau un grand vin, ce n’est finalement que rendre justice à ce terroir exceptionnel digne des plus grands. Nous avons hâte de bâtir un nouvel écrin à Ripeau, hâte de lui faire vivre sa métamorphose, hâte d’extraire de son sol sa magnifique promesse ». Cyrille & Nicolas Grégoire

Au Château Ripeau, on a opté pour de  bonnes pratiques. Celles-ci se sont traduites par une conduite rigoureuse du vignoble et un retour du cheval pour un travail du sol plus sain pour supprimer l’emploi du glyphosate et de tous autres herbicides.

Une question d’autant plus d’actualité que l’autorisation d’utiliser en Europe du glyphosate a été reconduite pour 5 ans le lundi 27 novembre, alors même que la France et Emmanuel Macron se sont montrés opposés : « J’ai demandé au gouvernement de prendre es dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans », a affirmé sur Twitter le Préident de la République.

Les autres bonnes pratiques mises en place ont été :

  • Des méthodes alternatives comme la confusion sexuelle pour supprimer l’emploi d’insecticides.
  • Travaux prophylactiques soignés tout au long de la croissance de la vigne et ce jusqu’aux vendanges pour obtenir des raisins sains et murs.
  • Apports maîtrisés d’amendement strictement organique d’origine végétale et/ou animale pour la nature et la structure du sol.
  • Installation d’une station météo sur la propriété pour aider à définir avec précision les dates d’application des produits pour lutter contre les maladies et ravageurs de la vigne, optimisation du matériel de pulvérisation…

24068278_739410606264875_4976866896726643874_nMalgré cette mutation des pratiques, le Château Ripeau a pu démontrer qu’il est possible de :

  • maintenir une production de quantité et de qualité.
  • veiller à la santé et à la sécurité des populations (hommes vivant ou travaillant sur l’exploitation, riverains, écoles, enfants et personnes sensibles…)
  •  respecter et de protéger au maximum les milieux (air, sols, eaux) mais aussi la faune et la flore.
  • être en adéquation avec les attentes des consommateurs, sans résidus de pesticides et sur le respect de l’homme et de son environnement.