24 Mar

Ce soir sur France 2, « Ensemble Avec Nos Soignants »

Ce soir, mardi 24 mars, à partir de 21 heures, France Télévisions propose une soirée spéciale en direct sur France 2 intitulée « Ensemble avec nos soignants »; une soirée en hommage à tous nos soignants en France sur le front de ce coronavirus et d’autres maladies qui continuent dans les services hospitaliers… Une soirée de soutien envers les hôpitaux et leurs personnels soignants, mobilisés 24 heures sur 24, qui font preuve d’un grand professionnalisme, d’abnégation et d’humanité malgré tout dans cette période difficile . Chapeau.

Dans le contexte actuel de crise sanitaire sans précédent, France Télévisions se mobilise au quotidien pour accompagner les Français et donner priorité à cette actualité majeure.

Cette grande émission de solidarité et de soutien, animée par Faustine Bollaert, Daphné Bürki et Samuel Etienne, produite par les équipes de DMLS TV et Réservoir Prod, s’articulera autour de prises de parole, de témoignages de soignants et de personnes touchées par le COVID 19.
De nombreux artistes, personnalités et anonymes, désireux d’apporter leur soutien aux professionnels de santé, seront présents tout au long de la soirée : Parmi les invités qui seront en vidéo depuis leur domicile, Patrick Bruel, Gautier Capuçon, Ari Abittan, Gad Elmaleh, Joyce Jonathan, Clara Luciani,  L’Artiste, Lara Fabian, Zazie, Julien Clerc, Claudio Capéo…

Tout au long de ce grand prime de solidarité, les besoins prioritaires des hôpitaux et des personnels de santé seront exprimés et relayés sur les antennes du groupe.

France Télévisions, avec le soutien de Radio France et de TV5 Monde, s’associe à la Fondation de France pour accompagner et mettre en oeuvre la collecte des dons du public.

A noter que TV5 Monde diffusera l’émission dans le monde entier

#EnsembleAvecNosSoignants

11 Mar

L’Union des Grands Crus de Bordeaux confirme aujourd’hui la tenue des primeurs à Bordeaux, avec des mesures de précaution

L’Union des Grands Crus de Bordeaux tenait cet après-midi son assemblée générale au château Pape-Clément à Pessac en Gironde. L’occasion d’aborder avec ses membres le rendez-vous des Primeurs. Ceux-ci vont bien se tenir, mais avec quelques bouleversements. L’accent va être mis sur les dégustations, des signalétiques, gels hydro-alcooliques et certaines distances seront respectés, les soirées seront annulées, pour se recentrer sur les fondamentaux à savoir ces dégustations dans les propriétés et avec l’UGCB. 

Ronan Laborde, le président de l’UGCB au sortir de l’AG ce soir  © Jean-Pierre Stahl

Le château Latour-Martillac s’apprête à recevoir dès le lundi 30 mars et jusqu’au jeudi 2 avril quelques 500 professionnels, ou peut-être un peu moins, chaque jour pour déguster ici 50 propriétés de Pessac-Léognan, puis 17 grands crus du mardi au jeudi.

Le château Latour-Martilac va accueillir la dégustations des vins de Pessac Léognan le 30 mars et de l’UGCB les 3 autres jours © JPS

La famille Kressmann prévoit avec les organisateurs (syndicat viticole de Pessac-Léognan et Union des Grands Crus de Bordeaux) les mesures appropriées pour recevoir les importateurs et journalistes dans de bonnes conditions.

« On va les recevoir dans cet espace d’accueil, dans cette boutique avant de les conduire dans l’espace de dégustation… »

En ce qui concerne le virus, on va proposer des solutions hydro-alcooliques, faire en sorte de garder un peu plus d’espace entre les gens… De toute façon les verres sont lavés régulièrement, c’est un verre par personne, il y a un service qui est prévu depuis très longtemps même avant ce virus de nettoyage des verres en permanence… » Edouard Kressmann.

Les membres de l’Union prêts pour l’AG à 14h à l’Orangeraie du château Pape-Clément © JPS

Cet après-midi, l’Union des Grands Crus de Bordeaux tenait son assemblée générale au château Pape-Clément. L’occasion de rassurer et confirmer la tenue des primeurs du 30 mars au 2 avril et de détailler les dispositions sur les différents lieux de dégustation.

« Il y aura des annulations, c’est évident compte tenu du contexte, on suit la situation heure par heure avec les autorités sanitairesOn est extrêmement vigilent », commente Ronan Laborde, président de l’Union au sortir à 18h10 de sa réunion. « Demain nous avons une réunion avec la préfecture pour établir un plan de sécurisation maximum.On est déjà en contact avec une société dont c’est la spécialité et on a parlé à nos membres des mesures les plus contraignantes qui seraient prises dans ce cadre… » me précise Ronan Laborde le président de l’UGCB.

 

Et de poursuivre : « aujourd’hui, il y a encore des événements qui se tiennent malgré ce contexte difficile et préoccupant. On est obligé d’en tenir compte et de mettre le plus haut niveau de sécurité pour les gens qui vont venir nous voir dans quelques semaines…Déjà il y aura une signalétique, telle que vous l’a voyez dans la rue ou à la télévision, invitant à ne pas s’embrasser ou se serrer la main, à se laver les mains,

On régule l’affluence de manière draconienne, on recentre et on revient sur les fondamentaux, tous les événements festifs seront éradiqués, pour nous concentrer sur le coeur de notre métier faire déguster les vins en primeur aux professionnels, » Ronan Laborde président de l’UGCB.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet et Olivier Pallas: (intervenants : Edouard Kressmann, Ronan Laborde et Wilfrid Groizard)

Durant la campagne des primeurs, ce sont ici au château Latour Martillac 80% des vins qui sont commercialisés. Un moment à ne pas rater.

« Nos vins sont prêts, nos assemblages sont prêts, donc on recevra les professionnels qui voudront venir déguster à Martillac, ensuite il faudra qu’on trouve des solutions pour ceux qui ne voudront pas venir, peut-être envoyer directement des échantillons ou alors nous nous rendre directement auprès de nos principaux clients, avec nos partenaire négociants pour pouvoir leur faire déguster nos échantillons sur leurs marchés, » selon Wilfrid Groizard directeur commercial et marketing au château Latour-Martillac.

Cette année, les primeurs vont avoir une saveur particulière, on ne connaît pas encore le nombre de participants, les années passées c’était 5000 à 6000 participants. Là, impossible de dire exactement, cela va se gérer jusqu’à la semaine des primeurs au jour le jour. Mais certains ont déjà fait part de leur annulation ayant notamment peur de se voir placer en quarantaine à leur retour de France par leur pays d’origine. On verra bien, néanmoins les membres de l’Union restaient sereins et positifs aujourd’hui, et ils vont faire le job comme chaque année.

Regardez l’interview de Ronan Laborde le président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux par Jean-Pierre Stahl et Sylvie Tuscq-Mounet:

Les Printemps de Châteauneuf-du-Pape reporté aux 12, 13 et 14 juin

Le coronavirus n’en finit pas d’obliger les organisateurs des salons des vins à devoir reporter leurs événements. Le dernier en date est celui des « Printemps de Châteauneuf-du-Pape » qui devait se tenir les 3, 4 & 5 avril. Il est reporté au mois de juin.

Ce n’est pas non plus une surprise, tous les salons sont en général annulés ou reportés à des dates plus favorables, en théorie, ainsi les organisateurs du 11e salon  » Les Printemps de Châteauneuf-du-Pape » qui devait se tenir avec une centaine de producteurS de cette AOC les 3, 4 & 5 avril prochain ont décidé de le reporter aux 12, 13 & 14 juin 2020 à la salle Dufays de Châteauneuf-du-Pape.

Les modalités restent inchangés pour ce report, les personnes ayant effectué une réservation en ligne seront contactées prochainement, les formats papiers seront valables sur les dates du report.

Tout le monde croise les doigts, sans se serrer la main bien sûr, pour que ce virus laisse les salons et autres manifestations se tenir normalement en juin, bien sûr personne ne sait où l’on en sera à cette date.

06 Mar

ProWein est finalement reporté…à l’année prochaine en mars 2021

Le Salon ProWein 2020 a dû être reporté le week-end dernier, par principe de précaution du au coronavirus ou Covid-19; ce salon devait se tenir du 15 au 17 mars, en fait il est annulé et les nouvelles dates sont les dates habituelles du salon du dimanche 21 mars au mardi 23 mars 2021.

Ce n’est plus un report, mais plutôt une annulation pour parler clairement. ProWein fait l’impasse sur le salon de 2020 pour se consacrer pleinement sur 2021. Les exposants ont été alerté hier, le message est aussi partagé sur la page Facebook de ProWein: «Nous avons pris cette décision après des discussions approfondies avec nos partenaires et les acteurs clés de la filière. Le défi ici était qu’il n’y avait qu’une «fenêtre de tir » commerciale très étroite pour l’industrie du vin – une fenêtre qui est en outre réduite par la situation d’insécurité créée par le Coronavirus », a expliqué Erhard Wienkamp, ​​directeur général de Messe Düsseldorf« Dans ce contexte, c’était la seule décision, la seul conclusion correcte à tirer – le tout dans l’intérêt de l’industrie des vins et spiritueux. »

Pascal Cuisset, vigneron du Bergeracois, qui devait y participer, fidèle de ce salon commente « le bon sens l’a emporter pour Prowein, mais, cela n arrange personne ce virus, cela met une psychose dont on a du mal à imaginer les limites, c est comme ca ! »

« Messe Düsseldorf a réagi de manière réfléchie, prudente et juste dans notre esprit », a commenté Monika Reule, directrice générale de DWI.

Quant aux contrats existants entre Messe Düsseldorf et les exposants, ils  resteront valables pour prochaines dates. Il en va de même pour les billets visiteurs déjà achetés.

Les autres salons organisés par ProWein sont soit reportés comme ProWine Singapour du 13 au 16 juillet 2020, ou maintenus Sao Paulo 20 au 22 octobre, Shanghai 10-12 novembre 2020 et Hong-Kong 18-21 mai 2021.

En cas de questions, les visiteurs peuvent contacter:   ticket@messe-duesseldorf.de.  

01 Mar

L’épidémie de coronavirus oblige les organisateurs allemands à reporter ProWein à Düsseldorf

Messe Düsseldorf l’a annoncé samedi sur Facebook et a envoyé des messages aux exposants, le salon ProWein est annulé du 15 au 17 mars et est reporté à une date ultérieure. Un nouveau coup dur pour le commerce du vin.

Les organisateurs Messe Dûsseldorf ont suivi les recommandations du gouvernement allemand. Des recommandations qui ont aussi valu en France avec l’arrêt du salon de l’Agriculture décidé samedi par le gouvernement français.

Devant l’augmentation du nombre de personnes infectées par le coronavirus ou Covid-19, ProWein a donc été reporté à une date ultérieure… Une incertitude planant tant sur les visiteurs que sur les exposants, avec les vols internationaux perturbés, et avec également des risques liés avec un tel rassemblement confiné. Sur sa page Facebook, « Messe Düsseldorf reporte ProWein… En liens étroits avec tous les partenaires, l’entreprise va rapidement décider d’autres dates pour le salon afin de permettre à tous de garantir de bons rendez-vous. »

Il est vrai que ProWein est devenu  en quelques années le salon leader, l’ogre allemand qui a mangé petit à petit des parts de marchés à d’autres salons, Vinexpo notamment, au point de capter quelques 60 000 visiteurs professionnels. En 2019, ce sont 6900 exposants qui y étaient présents, de 64 pays. De très nombreux Bordelais et autres vignerons du Sud-Ouest s’y rendaient habituellement, un salon qui en terme de retombées est devenu incontournable pour vendre, car de très nombreux importateurs internationaux y sont présents.

Le salon © ProWein devait se tenir dans mois de semaines du 13 au 15 mars, il est reporté…

Le PDG Werner M.Dornscheidt s’est exprimé dans ce communiqué : « Nos clients, partenaires et employés nous font confiance. Pas seulement quand ce salon professionnel couronné de succès devient l’un des événements majeurs professionnels. Ils peuvent aussi compter sur nous et nous faire confiance quand nous prenons des décisions concernant des crises et situations critiques qui concerne leur sécurité. » 

« Cette décision nous concernant n’était pas facile à prendre », selon Thomas Geisel, maire de Düsseldorf et responsable du Conseil de Surveillance de Messe Düsseldorf : « mais le report pour le moment est nécessaire pour Messe Düsseldorf et ses clients, compte tenu de son essor. »

Nul doute que cette décision sage va trouver une issue pour sans doute une date où l’accalmie sera revenue, on l’espère.

27 Fév

La 22e Médocaine VTT affiche déjà complet pour le 30 mai !

La Médocaine VTT c’est le 30 mai prochain, mais en quelques jours, cette traditionnelle oeno-rando VTT a fait le plein sur son site www.medocainevtt.com. 6500 dossards étaient disponibles et ont été raflés pour cette 22e édition : 7 parcours allant de 22 à 77 kilomètres, traversant les châteaux les plus prestigieux du Médoc.

Tous sur la grille de départ de la 22e © Medocaine VTT

DES INSCRIPTIONS RONDEMENT MENEES

A peine, le temps de dire ouf, les inscriptions ouvertes le 7 février ont été rapidement prises d’assaut et terminées le 13, chevauchant leur fidèle destrier, les coureurs ne se sont pas fait attendre, car les places sont limitées à 6500. Il faut dire que l’attrait est important, un peu à l’instar du Marathon du Médoc, là il s’agit du plus grand rassemblement VTT d’Europe au coeur des châteaux du Médoc

7 CIRCUITS A TRAVERS LES CHATEAUX DU MEDOC

Margaux, Moulis, Listrac, Haut-Médoc, et même en Bordeaux Supérieur, ce sont les appellations que vont traverser les participants. Ceux-ci ont le choix entre 7 circuits de 22 km à 77 km, traversant au total 50 châteaux, avec des dégustations au passage. Il n’y a pas vraiment d’exploit à accomplir ou de temps à réaliser, le but est de pédaler et admirer le paysage.

C’EST CARNAVAL !

C’est une tradition et même une obligation: se déguiser pour participer à la Médecaine VTT. On a déjà eu droit à tout ou presque des super héros, des grappes de raisin, des abeilles, etc… les vagues de départ se font par 300 à 350 coureurs pour fluidifier le trafic…Sur leurs parcours, 17 stands de ravitaillement les attendent avec des dégustations au coeur des châteaux, le tout rythmé par de nombreux orchestres.

750 BENEVOLES SUR LE PONT

Ils sont 750 bénévoles à contribuer au succès de cette Médecine VTT, sans eux, il n’y aura pas de Médocaine… Ce sont tous ces habitants de la communauté de communes Medoc Estauaire sont présents tout au long des parcours dans les villages d’Arcins, Margaux-Cantenac, Cussac-Fort-Médoc, Labarde, Lamarque, Listrac, Ludon-Médoc, Macau, Moulis, Le Pian-Médoc, Soussans, et bien sûr Arsac d’où sera donnée départ et où sera également l’arrivée.

Pour en savoir plus : rendez-vous sur le site de la Médocaine VTT

Regardez la 20e Médocaine VTT : 

18 Fév

Dossier vigne et vin : quels travaux à la vigne et au chai l’hiver ?

Il n’y a pas qu’en été qu’on travaille dur dans les rangs de vigne pour les vendanges, l’hiver n’est pas de tout repos. Entre la taille de la vigne, les bois à tirer, le broyage de ceux-ci, mais aussi le carassonage, il y a de quoi s’occuper. Au chai, il y a aussi du boulot entre les soutirages et les assemblages en vue de la présentation du millésime 2019 pour les primeurs en mars-avril… C’est le dossier vigne et vin de ce mois-ci tourné entre le château Tour Birol et le château Labadie en Côtes de Bourg.

Damien Labiche dans ses vignes du château Tour Birol, 43 hectares en Côtes de Bourg © JPS

A Samonac en Côtes de Bourg, Damien Labiche vient de tailler sa vigne et tire les vieux bois pour permette la prochaine repousse. « La taille, c’est un moment très important pour nous… C’est le moment de l’année où se décide la charge que l’on veut garder sur les vignes, savoir l’étalement de raisin que l’on veut avoir », explique Damien Labiche vigneron au château Tour Birol.

Mais cette année, il a décidé de retarder de deux mois le début de la taille entre février et mars: « souvent, on dit qu’on commence à tailler à la chute des feuilles, à partir du 25 novembre ou début décembre…mais cette année par choix, on a préféré attendre pour tailler parce que vu qu’il fait chaud, la vigne risque de repartir plus vite, donc en attendant un maximum on essaie d’avoir un pseudo repos végétatif pour pallier les gelées du printemps… »

A vol d’oiseau à quelques kilomètres, le château Labadie procède déjà au broyage de des bois déjà taillés et disposés au beau milieu des rangs de vigne « On retire tous les bois de taille du rang et on vient les mettre au milieu de manière à ce qu’ils soient broyés par le broyeur qu’on voit derrière le tracteur… » explique Damien Dupuy du château Labadie. « Tout simplement cela va les broyer en petits morceaux et les relaisser au milieu de la parcelle de manière à ce que toute la matière organique qui est contenue dans les sarments reste sur le sol et soit réintégrée plus tard dans la nutrition pour les prochaines années. »

Sur une autre parcelle, Damien Dupuy a une autre équipe de 4 personnes qui s’occupe à réaliser le carassonage, un nom qui vient de carasson qui désigne le piquet  à changer dans la parcelle pour que la vigne puisse pousser correctement et que le poids de celle-ci soit supporté :

« On va tester et remplacer tous les piquets qui ont été cassés, endommagés ou qui ont pourri dans la terre, et on va retendre les fils de fer, puisque c’est tout cela qui va permettre ensuite de maintenir la végétation verticalement dans le rang et donc en saison morte il faut qu’on entretienne ce palissage, de manière à ce qu’entre le printemps et l’été tout tienne correctement. »

Damien dupuy, du château Labadie © JPS

Autre opération délicate et tout aussi importante, menée par Sandrine et Sandrine, c’est le pliage des astes, ces baguettes fructifères qui a terme donneront des rameaux et des grappes de raisin : « le tailleur laisse 2 astes verticales sur le pied de vigne, le but du jeu va être de venir les plier sur le fil de fer de manière à les avoir bien horizontal, et que chacun des bourgeons laissés vont pouvoir pousser et ensuite donner des rameaux qui vont donner des raisins qui vont être étalés sur la longueur du rang. »

Des travaux à effectuer en fonction du temps aussi : le carassonnage peut se faire par tout temps, « même sous la pluie ce n’est pas un souci », « le pliage il vaut mieux qu’il fasse doux et humide car les lattes plient plus facilement », « pour le broyage des sarments il faut que le tracteur puisse passer dans la parcelle donc qu’il n’y ait pas trop d’eau. »

Impossible de s’ennuyer, car il y a aussi le travail au chai: Damien Labiche effectue ses soutirages chaque mois pour enlever les impuretés du vin : « jusqu’au mois de mai-juin, on fait tous les mois un soutirage, là on est en préparation des primeurs, c’est pour cela qu’on essaie d’avoir les vins les plus propres possibles et le plus aéré possible pour qu’ils soient présentables à la dégustation dans quelques mois ».

Damien Labiche, un vigneron passionné par son terroir © JPS

Un millésime 2019 qui depuis sa récolte continue de réserver de bonnes surprise au vigneron: « vraiment, je suis très enchanté par ce 2019, des fruits noirs, des fruits rouges, une belle concentration, des tanins très soyeux, pas une énorme structure mais une finesse des tanins, qui est idéale », commente encore Damien Labiche.

Un assemblage 60% merlot 40% malbec qui promet pour les dégustations professionnelles fin mars début avril à l’occasion des primeurs… En attendant, bon courage à tous ces vignerons et aux petites mains de la vigne.

17 Fév

A l’occasion de Blaye au Comptoir, Côté Châteaux vous propose une émission spéciale vignerons de Blaye sur France 3 NOA

Rendez-vous le 24 février à 20h15 sur France 3 NOA pour un petit plongeon au XVIIe siècle en plein coeur de la Citadelle Vauban, au clos de l’Echauguette, avec Nicolas Carreau le président du syndicat viticole de Blaye. Vous allez tout savoir sur ces 450 vignerons de cette appellation très familiale. Parmi les familles emblématiques, vous rencontrerez la famille Lardière très touchante au château La Martellerie mais aussi Eric Bantegnies qui mène un vignoble en lyre au château Haut-Bertinerie. Ce Côté Châteaux se terminera avec une dégustation menée de main de maître par Jacques-Henri Bravard du château Haut-Meneau chez Mondovino à Bordeaux pour l’opération Blaye au Comptoir.

Nicolas Carreau et Mickaël Rouyer, le président et le directeur du syndicat de Blaye au Clos de l’Echauguette à la Citadelle de Blaye © JPS

Bienvenue à Blaye, un nom bien connu pour sa Citadelle Vauban construite il y a 330 ans, mais aussi pour son terroir connu des amateurs de vin. C’est au Clos de l’Echauguette (du nom de cette petite guérite en pierre où un guetteur pouvait voir arriver toute menace) que débute cette première séquence avec Nicolas Carreau, le tout nouveau président du syndicat viticole de Blaye. Cette parcelle de 15 ares a été donnée par la ville de Blaye, charge aux vignerons de la cultiver, d’y planter du merlot, le tout mené désormais en bio (1er millésime certifié bio en 2017), avec un cheval de labour pour le travail à la vigne…

Un petit coup de jeune qui symbolise bien les vins de Blaye, avec un pied dans la tradition et un pied dans la modernité », Nicolas Carreau président du syndicat de Blaye

« On a revu entièrement notre site internet mais aussi notre communication avec un nouveau slogan « paroles de vignerons » qui symbolise bien les vins de Blaye, car derrière chaque grille de château, derrière chaque maison, il y a une famille, un vigneron, avec une vraie identité et une vraie personnalité ». Quant aux efforts effectués sur l’appellation, « on constate des gens qui s’engagent dans différentes voies, il y a le bio, également l’agriculture raisonnée, différents labels comme Terra Vitis, ou Haute Valeur Environnementale, il y a une vraie prise de conscience depuis quelques années, mais maintenant, on le fait davantage savoir et on le met aujourd’hui en avant… »

Blaye, ce sont 450 vignerons, 6000 hectares répartis sur 41 communes, des domaines essentiellement familiaux… « C’est une vraie identité blayaise, on a 450 propriétés, c’est 450 vignerons, 450 familles, et donc une vraie identité, des gens avec de la personnalité pour porter nos traditions mais aussi du dynamisme. »

Maël Joubert et sa mère Véronique Lardière au château la Martellerie © JPS

Et parmi ces familles plutôt touchantes, je vous propose de regarder le portrait de la famille Lardière. A Saint-Palais, ils sont vignerons du grand-père Didier à la fille Véronique et en passant par le petit-fils Maël au château la Martellerie. « Didier Lardière, vigneron depuis 1975 », « Véronique Lardière, je suis la fille je me suis installée en 1998 », « Joubert Maël, je suis le petit fils de Didier Lardière et le fils de Véronique Lardière ». Véronique Lardière a cette métaphore qui sonne juste pour décrire le quotidien du vigneron bordelais : « La vigne elle est comme le vigneron, au mois de mars quand on taille la vigne, la vigne elle pleure, c’est comme si elle était en souffrance, mais à la fin, elle finit par donner du fruit, avec persévérance, avec confiance… » confie Véronique Lardière. « C’est quand même difficile, vus les cours actuellement de Bordeaux et de l’Aoc Blaye Côtes de Bordeaux, c’est vraiment en chute libre », ajoute Maël.

Les vignerons, nous sommes comme notre vigne, on souffre, on pleure, mais avec l’espérance on arrivera à remonter la pente pour produire un très très bon nectar » Véronique Lardière château La Martellerie.

Un château qui a su faire preuve d’initiatives, en lançant par exemple 4 chambres d’hôtes, et en se diversifiant, avec aussi un élevage de moutons« cela fait 15-20 ans qu’on a des moutons, ce n’est pas qu’un château c’est aussi une ferme et les gens qui viennent nous voir aiment bien, ceux qui aiment les bêtes aiment les hommes… » 

Didier Lardière, le grand-père, Véronique la fille et Maël, générations de vignerons à La Martellerie © JPS

Et de me dévoiler leur « petit chai à barriques », « il y a aussi l’odeur, ici on est bien » confie Véronique. « Les vins de Blaye, ce sont des vins de partage, légers, fruités et facile à boire, mais il y a aussi la vinification qui fait aussi le reste, et nous fait des vins qu’on peut garder 20 ans… car on fait des macérations longues qui permettent d’extraire un maximum de tanins et de puissance et moi je veux un vin authentique, un vin de terroir. C’est vraiment une passion, un amour mais aussi une histoire de famille, » conclue Véronique Lardière.

Par ici le Côté Châteaux Spécial Blaye par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot : 

La suite de ce Côté Châteaux nous amène à la Maison du Vin de blaye à la rencontre de Mickaël Rouyer, le directeur du syndicat; une maison qui a une belle visibilité car juste en face de la Citadelle qui accueille à l’année plus de 400 000 visiteurs depuis le classement de celle-ci à l’UNESCO. « On trouve ici essentiellement du vin des vignerons de Blaye Côtes de Bordeaux, on a 300 références, mais aussi une 40aine de vins blancs, un peu de rosés et un peu de crémants…Le gros avantage, c’est qu’ici tous les vins sont à « prix propriété », avec des super rapports qualité-prix entre 4 et 8€ en blancs et de 7 à 8€ en moyenne sur les rouges. »

Néanmoins, la commercialisation des vins de Bordeaux et de Blaye actuellement pose problème, c’est toute une filière qui est en crise, même si « à Blaye on s’en sort un peu moins mal que les autres car on commercialise 85% en France et c’est vrai que c’est un avantage à l’heure où on parle beaucoup de la taxe de 25% aux USA, on parle beaucoup de la Chine avec cette histoire de virus et les accords commerciaux entre la Chine et l’Australie, et le Brexit pour l’Europe, donc on a des marchés à l’export un peu tendus en ce moment ». 

Notre force Blayais, c’est d’être présent sur le marché national, chez les cavistes, chez les restaurateurs, on fait Blaye au Comptoir tous les ans à Bordeaux au mois de février, on le fait aussi à Paris, donc on essaie d’inciter nos vignerons à s’occuper du marché français un marché qui a longtemps été délaissé…et qui pourtant est encore et toujours un marché d’avenir.«  Mickaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye.

Eric Bantegnies et son vignoble en lyre au château Haut-Bertinerie © JPS

Cette commercialisation est énorme environ 30 à 35 millions de bouteilles chaque année, « on est la 5e appellation de vins rouges vendus en France… »« on est aussi très présent en grande distribution, où là aussi c’est un peu compliqué en ce moment, avec des foires aux vins qui ont été difficiles, donc tout ce qu’on fait en Blaye Côtes de Bordeaux c’est de nous rapprocher du consommateur final…On veut que le consommateur fasse partie de la famille tout simplement. »

Et parmi ces belles histoires de famille, il y a celle d’Eric Bantegnies, vigneron depuis plus de 30 ans à Cubnezais qui exploite avec son frère Frantz un vignoble en lyre (75% en rouge à dominante cabernet sauvignon et 25% de blanc avec exclusivement du sauvignon)…

« Ce pied de vigne est dédoublé, divisé en deux bras, de façon à avoir un double palissage et à décupler la surface foliaire active, et en même temps on va aussi décupler le volume de cep de vigne par hectare, c’est une des alternatives aux très fortes densités de plantation, et donc on va augmenter sensiblement la qualité des raisins. »

Avec Mickaël Rouyer, Eric Bantegnies va nous dévoiler son chai aux 450 barriques de rouge : « ce sont les 2019 qui ont été mis en barriques au mois de décembre, puisqu’on a remonté les 2018 après 12 mois d’élevage, le grand vin est élevé en barriques neuves, des barriques de chêne français, durant une durée de 12 mois à peu près, le 2e vin est élevé en barriques d’un an et la cuvée plus classique traditionnelle en barriques de 2 ans d’âge. Chaque parcelle est élevée séparément dans des lots de barriques différents. On a 25 parcelles à peu près et à la fin on va se retrouver avec 75 lots de taille différente et de volume différents. »

Et de déguster à la barrique : « ici ce sont des merlots qui ont une quarantaine d’années, et qui sont produits sur une parcelle d’argilo-calcaire exposée plein sud, qui est une des très bones parcelles de la maison… » Eric et Frantz Bantegnies produisent à l’année 400 000 bouteilles à l’année dont 35 à 40% de 1er vin. 80% est commercialisé à l’export (Europe du Nord, Asie, Amérique du Nord) et 20% en France. Un peu plus loin, tous deux dégustent une barrique de malbec « ah là ça sent le cassis, on dirait de la crème de cassis de Bourgogne. »Le malbec est un cépage accessoire dans l’appellation Blaye, qui rentre chez nous à hauteur de 5 à 10%,

A Bordeaux et Blaye, on a assemblé depuis la nuit des temps plusieurs cépages, ce n’est pas par hasard, c’est parce qu’il y a une complémentarité entre eux, donc le malbec va apporter une petite touche qui va nous permettre, non pas d’atteindre la perfection mais presque, en tout cas d’atteindre l’équilibre idéale comme à chaque fois que l’on travaille sur nos assemblages » Eric Bantegnies châetau Haut-Bertinerie.

Cette Opération Blaye au Comptoir cadre totalement avec la philosophie maison, comme nous l’explique Jacques-Henri Bravard du château Haut-Meneau. Sa propriété existe depuis plus de 200 ans et s’est fait connaître au Japon dans le célèbre manga « les Gouttes de Dieu ». 

Il participe depuis 10 ans comme 50 vignerons à cette dégustation dans les bars à vins, chez les cavistes et restaurants de  Bordeaux les 6 et 7 février. « C’est ça Blaye au comptoir, le vigneron offre le 1er verre et va expliquer après son savoir-faire, sa production, c’est un échange, en toute convivialité et en toute décontraction et cela dura durant 2 jours en février à Bordeaux et cela existe depuis 25 ans à Paris », commente Mickaël Rouyer.

Cela nous permet de sortir un peu de nos vignes et surtout d’avoir un contact direct avec le consommateur pendant la dégustation, de voir aussi les attentes des consommateurs, de pouvoir adapter nos vinifications et assemblages en fonction des goûts et des attentes des consommateurs. »

L’équipe de Côté Châteaux Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot au centre entourés deJacques Henri Bravard du château Haut-Meneau et Mickaël Rouyer

Voici donc un avant-goût de ce numéro savoureux qui vous parlera aussi aussi de quelques accords avec la cuisine de la Kitchen à Mondowine où était présent Jacques-Henri Bravard du château Haut-Meneau lors de cette opération Blaye au Comptoir.

A vos tablettes : Côté Châteaux n° 14 Spécial Blaye en Côtes de Bordeaux dès le lundi 24 février à 20h15 sur France 3 NOA. Un numéro réalisé par Jean-Pierre Stahl avec Sébastien Delalot et à voir ici sur You Tube: 

10 Fév

Ouverture ce matin de Vinexpo et Wine Paris

Ambiance à l’ouverture de ce grand salon du vin et des spiritueux de la Porte de Versailles sans vraiment la présence de Chinois. Un marché chinois pourtant et toujours très important pour les vins de Bordeaux et français qui restent optimistes.

Marie et Sylvie Courselle à l’entrée de ce grand salon « une aubaine » pour leur château Thieuley

A l’ouverture du salon Vinexpo Paris et Wine Paris, c’est l’effervescence à la porte de Versailles. Pas ou peu de Chinois sur les 30000 visiteurs attendus, mais des exposants confiants à l’image des sœurs Courselle, Marie et Sylvie, avec leur baguette très « Paris » sous le bras…

« Fort heureusement, il n’y a pas que les Chinois qui achètent nos vins, je pense que justement cette union entre Vinexpo et Wine Paris cela va faire un vrai salon, un salon fort en France, c’est plutôt une bonne aubaine », me confie Sylvie Courselle du château Thieuley. On a pas mal de rendez-vous pour le marché français, on sait que ProWein est plus axé sur les acheteurs internationaux. On attend beaucoup de monde donc on est plutôt optimiste. »

Parmi les premiers visiteurs, un importateur japonais qui a mis son masque, et paraît bien seul d’ailleurs, il vient rechercher de nouveaux champagnes à proposer à ses marchés : « est-ce que vous êtes effrayé par le coronavirus ? »Au Japon et en Asie, oui bien sûr, mais en France personne ne peut dire s’il y a un problème et donc je me protège un peu avec un masque… »

Rodolphe Lameyse, le directeur de Vinexpo ce midi devant Be Spirits -JPS

On a 300 grands acheteurs chinois qui étaient inscrits sur nos plateformes, à date on en a 50-60 confirmés, le reste on verra, cela sera fonction de leur capacité à venir depuis la Chine », Rodolphe Lameyse directeur général de Vinexpo.

Entre Vinexpo Paris et Wine Paris, les verres sont donnés à titre inndividuel, tout est fait pour rassurer, comme sur chaque salon d’ailleurs.

Sur l’espace Wow des World Organic Wines, on rencontre Bordeaux Vineam, l’un des plus gros producteurs de vins bio à Bordeaux sur 275 hectares avec une production d’1,5 million de bouteilles. Bordeaux Vineam est détenu par un propriétaire hong-kongais qui a enregistré certes une baisse à l’importation des vins de Bordeaux mais bien antérieure à cause de la guerre commerciale avec les USA et des droits de douanes supprimés pour les vins australiens et chiliens. La en fin d’année, le marché chinois qui reste le 1er marché à l’export pour les vins de Bordeaux avec 373 000 hectolitres semblait reprendre…

On est  confiant, car il y a un pouvoir de résilience chez les Chinois. Bien qu’ils aient été mis en quarantaine, ils ont continué à envoyer des ordres et retiré leur conteners, donc pour eux c’est un mauvais passage à passer »,  Olivier Guaus, responsable de l’export à Bordeaux Vineam.

Un peu plus loin, Alexandra de Vazeilles, productrice en Beaujolais : « j’ai une pensée pour eux, dernièrement mes vins ont pu partir, mais on espère que cela ne durera pas plus de 6 mois. »

Wine Paris et Vinexpo ont de nombreux atouts sur leurs 2800 stands à proposer durant ces 3 jours à leurs visiteurs qui seront plutôt français et européens.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet et Eric Delwarde et Sarah Colpaert: 

22 Jan

Côté Châteaux N°13 Spécial Corrèze : la renaissance d’un vignoble au fort caractère

A voir absolument ! Ce Côté Châteaux de janvier est consacré au vignoble de Corrèze, un vignoble méconnu mais qui mérite que l’on s’y attarde, car il a une sacrée histoire. Au XIXe siècle, il était quasiment aussi important que celui d’Alsace, aujourd’hui avec seulement 75 hectares, c’est l’un des plus petits de Nouvelle-Aquitaine. Et pourtant son AOC Corrèze vient d’être consacrée par un arrêt du Conseil d’Etat, qui reconnaît aussi le vin de Paille de Corrèze. Sans compter tous ces Corréziens qui ont bien réussi dans le Bordelais, à l’instar de la famille Janoueix. 

Jean-Pierre Stahl, René Maury et Sébastien Delalot pour ce tournage Côté Châteaux n°13 spécial Corrèze

Attention, vous allez prendre un bon bol d’air pur… « Comment puis-je oublier, ce coin de paradis, ce petit bout de terre où vit encore mon père… » chante le groupe Trois Cafés Gourmands, un groupe 100% corrézien. Côté Châteaux vous propose pour son émission 100% terroirs de Nouvelle-Aquitaine un numéro 13 spécial Corrèze, déjà parce que cela rime, et puis parce que c’est sans doute le plus petit de Nouvelle-Aquitaine : 75 hectares, l’équivalent d’une grosse propriété dans le Médoc, pour une quarantaine de vignerons !

PLUS DE 16 700 HECTARES AU XIXe, 75 HECTARES AUJOURD’HUI

On démarre ce numéro avec René Maury, le président des Coteaux de la Vézère, rencontré sur les hauteurs d’Allassac et de sa cave située au lieu-dit Le Saillant. Il nous raconte l’histoire de ce vignoble, dont « les vieux écrits, les plus anciens, que nous avons sont tout de même du VIe siècle, il y a 15 siècle, ce vignoble a existé et de façon brillante… » « Ce vignoble avait disparu, aux environs de 1850 il représentait pourtant plus de 16 000 hectares, comme partout en France il y a eu le phylloxéra, cette petite bête qui a ravagé le vignoble français… » 

La renaissance, on la doit à une poignée de Corrèziens, persévérants, qui de manière obstinée ont replanté ce vignoble qui avait disparu…Nous avons décidé il y a 20 ans de refaire un vignoble de professionnels, de vignerons, un vignoble de terroir« , René Maury président des Coteaux de la Vézère.

« C’est Albert Parveaux, le chef du château de Castel Novel, deux étoiles Michelin à Varetz, dans les années 90, qui le premier a tapé du poing. Comment ? Etre obligé de servir à sa table des vins de partout et d’ailleurs, sauf de Corrèze ? » explique également le site des Coteaux de la Vézère.

« Sur ce terroir de schiste, d’ardoise, nous avons principalement replanté du chenin comme en Anjou et du cabernet franc car à l’évidence, ce sont les 2 cépages qui ont le plus de typicité, de caractère sur le schiste ardoisier… », complète René Maury.

Un vignoble qui a eu une reconnaissance à double titre, il y a 2 ans à travers l’AOC Corrèze et en justice très récemment : « cette AOC Corrèze a été traduite en justice par des vignerons qui contestaient cette appellation et en octobre dernier, le Conseil d’Etat a définitivement tranché et reconnu la validité de cette AOC Corrèze. »

Jean-Louis Roche devant sa récolte en train de sécher avant pressurage © JPS

FOCUS SUR LE VIN DE PAILLE – AOC CORREZE

Ces déboires m’ont amené forcément sur le vin de Paille de Corrèze. Je suis parti à la rencontre de Jean-Louis Roche, producteur à Queyssac-les-Vignes, en pleine taille de sa vigne : « j’ai 3 hectares de vignes avec moitié en blanc chardonnay et moitié en rouge avec du cabernet franc. » Il n’y a qu’une dizaine de producteurs de vin de paille corrézien, 20 hectares, sur les cantons de Beaulieu et Meyssac.

Et de nous montrer sa récolte dans son hangar : « là, ce sont les raisins cueillis fin septembre, ils sont en train de sécher, cela fait quasiment 4 mois qu’ils sont dans des clayettes…Cette année, on a eu des conditions assez difficiles avec un automne assez pluvieux, cela a eu du mal à sécher…Pour faire un litre de vin, il faut environ 1,3 kilo de raisin, nous pour le vin de paille il nous faut entre 5 et 6 kilos de raisins, chargés en arômes, en sucre, c’est aussi toute la subtilité de ce produit. »

Jean-Louis Roche, fier de son vin de Paille de Corrèze © JPS

A l’origine, ces Corréziens faisaient du vin Paillé, mais attaqués par les viticulteurs du Jura, ils ont perdu ce nom devant le Conseil d’Etat en 2014, avant de retrouver le nom vin de Paille – AOC Corrèze récemment… « pour respecter aujourd’hui le cahier des charges, on est obligé depuis qu’on est passé de vin paillé à vin de paille de faire un élevage de 18 mois dans des contenants en bois. Là, pour le moment, il n’a que 6 mois de vieillissement, et je trouve qu’il dégage des arômes surprenants. En fait, c’est un mal pour un bien, on va faire des vins très typés, goûteux, mais on ne va pas faire de concurrence au Jura, les volumes de production ne sont pas les même (50000 bouteilles en Corrèze contre 200 000 de vin de paille du Jura), mais on va gagner en notoriété. »

LA CAVE DE BRANCEILLES, LA CAVE DES 1001 PIERRES

Direction la cave coopérative de Branceilles, une cave pas mal visitée par les touristes de passage : « on a pas mal d’oenotourisme, c’est une région propice à cela, entre Collonges-la-rouge, Beaulieu et Rocamadour… » m’explique d’emblée Philippe Leymat, président de la Cave de Branceilles. « On a 3 circuits entre visite du vignoble et visite patrimoniale. »

Philippe Leymat, président de la cave coopérative de Branceilles © JPS

Là aussi, on sent la volonté farouche de ces vignerons de faire renaître ce vignoble avec leur cave coopérative : « on est 8 vigneron, cela fait 30 ans qu’on a relancé cette cave en 1988, on avait une histoire avec 500 hectares avant le phylloxéra… L’entre-deux-guerre a amené une grosse dynamique autour de la truffe d’où notre communication autour des terrains truffiers ».

C’est ici la cave aux 1001 pierres, en rapport avec notre sol très calcaire, on est obligé pour planter les vignes de sortir de gros rochers calcaires que l’on broie et cela donne de petits cailloux, un terroir de calcaire qui va rayonner la nuit l’été, » Philippe Leymat, président de la Cave de Branceilles.

« Cette cave produit des rosés et des rouges assez typés avec ce calcaire, ils ont beaucoup de matière et de puissance », poursuit  Philippe Leymat.

Jean-François Janoueix propriétaire du château Haut-Sarpe © JPS

JEAN-FRANCOIS JANOUEIX, LA CORREZE AU COEUR

Qui dit Corrèze, dit forcément Corrèzien en terre de Bordeaux ! On compte de nombreuses familles qui sont venues s’installer dans le Bordelais, le Libournais, … Parmi elles, les Janoueix avec Jean-François Janoueix, 84 ans, un personnage truculent, haut en couleurs, des couleurs oui mais celles de sa Corrèze…

Il me montre sa robe de confrérie « ça cela explique très bien les Corrèziens venus à Saint-Emilion et à Pomerol. C’est là où les Corrèziens ont les plus grands vignobles, on bat les Rothschild, on vend du vin plus cher que celui que vendent les Rothschild dans le Médoc… » On sent la fierté de celui qui avec sa famille a réussi, à la force du poignet comme on dit. Son grand-père a commencé à vendre du vin et démarcher à vélo et en train…Son père a continué à vendre dans le Nord, la Berlgique, en Normandie, en Bretagne, …avec une camionnette, et lui en avion comme il dit.

Les fameuses camionnettes avec lesquelles la famille livrait…JPS

« Ah des souvenirs, j’en ai ! Je garde, vu mon âge l’histoire des Janoueix pour dans 50 ans... » Et de me montrer tous ses albums avec son grand-père Jean Janoueix, le premier arrivé, puis son père Joseph, et lui, on en est même à la 5e génération de Janoueix ! Une famille qui se réunit tous les ans le 15 août en Corrèze, et de poursuivre en montrant ses albums sur les vendanges…« J’ai 4 livres comme celui-là… Regarde, 1962…une vendangeuse qui restera en Gironde et deviendra en 1963 mon épouse… »

Une véritable « Corrèze connection » issue de Meymac: « on a eu jusqu’à 5 banques à Meymac, même des fabricants de bouchons, cela a enrichi le pays, c’était colossal… » Et de s’arrêter aussi et bien sûr sur celui qui disait « c’est loin mais c’est beau » quand il sillonnait sa Corrèze et sa France, Jacques Chirac, aussi en photo : « il est venu ici comme Bernadette »…e

Et de montrer ses voitures de collection, de vieilles camionnettes « une Citroën de 1924 et une Delahaye de 1928 » avec lesquelles son père Joseph Janoueix faisait les livraisons, « tu vois tout cela je garde tout, et elles marchent, chaque fois qu’on fait des mariages ou qu’on reçoit des clients… »

Quand on conserve le passé, on conserve l’amour de nos grand-parents, de nos parents et par ce passé ils vivent encore » Jean-François Janoueix

On ne l’arrête pas Jean-François « là ce sont mes moutons corréziens, et là le coq Sarpinus, un brama de 4?6 kilos, je l’ai échangé au concours agricole de Paris contre 12 bouteilles de Saint-Emilion…Tout ce qui est là vient de la Corrèze, de mes tantes, de mes cousins, ils me disaient, jean-François comme cela tu penseras à nous… »

Enfin, arrive la dégustation des vins de 2 de ses nombreuses propriétés Haut-Sarpe 2015 et Castelot 2010: « le Haut-Sarpe, c’est un vin de rôtis un vin de chasse…ça passe tout seul…

Moi ce que j’aime dans le vin, c’est la rémanence, c’est le souvenir » Jean-François Janoueix du château Haut-Sarpe

« Quand on a reçu Maurice Druon, on voulait ouvrir une belle bouteille, et mon fils avait acheté chez Sotheby’s un Haut-Sarpe de 1904… J’ai goûté les plus grands vins du monde, j’ai eu cette chance-là… » Et de porter un toast: « à la Corrèze et merci de ce que vous faites pour la Corrèze et les grands vins de Bordeaux… »

Gilles Vialle, René Maury et Stéphanie Hebert des Coteaux de la Vézère © JPS

Un numéro spécial Corrèze qui bien sûr se termine à la cave des Coteaux de la Vézère où nous retrouvons avec Sébastien Delalot un autre viticulteur depuis 17 ans Gilles Vialle qui nous confie: « c’est une belle aventure, oui on fait du vin en Corrèze, d’ailleurs vous allez le goûter, on produit 60 000 à 80 000 bouteilles, on va continuer à planter pour atteindre les 100 000 et continuer à travailler la qualité. »

Stéphanie Hebert, responsable de la cave confie « c’est du chenin, avec des notes minérales de pêche de fleurs blanches et de miel aussi ». Et René Maury, le président des Coteaux de la Vézère: « ce sont des vins de caractère, qui ont une typicité et qui sont dans l’air du temps, faciles à boire, avec des arômes de pêche, d’agrumes, qui s’accommodent très bien avec des produits du terroir que nous avons ici comme ces pâtés corréziens de canard et foie gras, ou ces fromages de chèvre produits par un couple d’agriculteur tout près d’ici.. »

Regardez Côté Châteaux N°13 Spécial Corrèze réalisé par Jean-Pierre Stahl avec Sébastein Delalot :