30 Juil

Le vin qui a la couleur du ciel ou de la mer : mais non, tu n’as pas la berlue, c’est bien le vin bleu !

« Vindigo », c’est son nom. Un vin bleu espagnol commercialisé par une société de Sète. Sa couleur inédite est obtenue à base d’un procédé naturel de macération dans les extraits de peaux de raisin.

Photo et reportage de  © France Bleu Hérault – Sébastien Garnier – Capture d’écran du site internet

Qui sait c’est peut-être une révolution, en tout cas cela va en choquer plus d’un, à commencer par les puristes. L’initiative sur le sol français revient au Sètois René Le Bail, ancien jouteur, créateur de pavois. Il a décidé de commercialiser avec ses associés ce vin naturel, 100% Chardonnay, fabriqué par des oenologues dans le sud de l’Espagne.  

« Cela nous a interpellé parce qu’on pensait qu’il y avait du curaçao mais non, dans le Vindigo, il n’y a aucun produit, aucun sucre ajouté, c’est du 100% naturel, c’est du chardonnay », explique René Le Bail à mes confrères de France Bleu.  » Ils le passent dans la pulpe de raisins rouges et quand on regarde la pulpe de raisins rouges au fond il y a un bleu dedans, cela s’appelle l’anthocyane, ils le filtrent dans cette peau et il en sort ce vin bleu… »

« C’est un vin très fruité au goût de cerise, de mûre et de fruit de la passion, nous on veut en faire un vin d’apéro et de cocktail. Un vin pas trop puissant (11 degrés), qui devrait plaire aux femmes et à tous ceux qui trouvent cette démarche originale. La petite entreprise a commandé 35.000 bouteilles vendues à partir de 12 euros.

Du coup, il va peut-être falloir revoir nos standards de la chanson française : « plus bleu que le bleu des tes yeux », pourra peut-être se transformer en « plus bleu que le bleu de ton vin… » ou bien « Ah !  Le petit vin blanc… » en « ah ! Le petit vin bleu…qu’on boit sous les tonnelles » !

11 Juin

Bordeaux, à l’heure des croisières oenotouristiques

Enquêtes de Région sur France 3 Nouvelle-Aquitaine proposera en septembre un numéro spécial business des croisières sur la façade atlantique. Un magazine qui expliquera notamment le rayonnement touristique de Bordeaux avec, ces dernières années, un fort développement des croisières maritimes et fluviales. En toile de fond le vignoble qui attire énormément. 

Passage du Seven Seas Explorer à 5h45 sous le pont Chaban Delmas, une demi-heure plus tôt, c’était le Star Brise qui passait © JPS

Bordeaux est souvent citée en tête des villes et voyages proposés par les agences et compagnies de croisière. Une destination consacrée ces dernières années par Lonely Planet ou par le titre de Best European Destination. Le classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco voilà plus de 10 ans, la restauration de la ville et l’aura de capitale mondial du vin ont contribué à l’explosion du nombre de touristes qui a été multiplié par 3 en 15 ans, avec environ 7 millions aujourd’hui.

Arrivée le 26 mai du Seven Seas Explorer et de ses 742 passagers © JPS

Début septembre, je vous propose de vous retrouver en immersion dans le monde de la croisière maritime et de la croisière fluviale, nous avons profité du premier gros week-end où 3 paquebots de croisière étaient en escale à Bordeaux les 26 et 27 mai, pour mieux faire connaissance avec ces croisiéristes américains et d’autres pays du globe, sur leurs attentes et ce rêve enfin concrétisé de visiter Bordeaux et le plus grand vignoble du monde entier, tout autour: Saint-Emilion, le Médoc, Pessac-Léognan, Cognac…

Jean Sugier, Thierry Planès, Georges Pouzot, Philippe Dejean,et Franck Jouanny, des lève-tôts à bord du Marco Polo © JPS

Le magazine de 15 minutes, qui débutera à bord d’un autre bateau « le Marco Polo », un bateau de croisière côtière de 1934, avec lequel nous sommes partis à la découverte au petit matin du Star Brise et du Seven Seas Explorer.

Le contraste est saisissant entre le vieux rafiot oh combien sympathique Marco Polo et le mastodonte de plus de 200 mètres © JPS

Merci à Franck Jouanny, qui propose habituellement des croisères oenotouristiques à bord (des formules dégustation de vins, charcuteries et fromages fort sympathiques), qui nous a permis de vivre cet instant privilégié sur la Garonne avec des passionnés de bateaux (une bande d’amis qui va partir avec le Belem pour Saint-Jacques de Compostelle). Un magazine qui se refermera sur une immersion dans les chais de Saint-Emilion et ces moments mémorables à jamais gravé dans la mémoire de ces croisièristes.

Les passagers sont à peine réveillés que le bateau vient juste de s’amarrer à 6h30 quai des Chartrons © JPS

Chaque année, près de 50 croisières maritimes font ainsi escale, d’avril à octobre, à Bordeaux et au Verdon, vous découvrirez les retombées économiques de ces séjours, ainsi que les énormes investissements réalisés ces dernières années pour aménager près de 16 pontons de Bègles à Lormont et ailleurs sur la Garonne et la Dordogne. Un instant unique de plaisir également à Bourg où les vignerons des Côtes de Bourg leur ont offert une Fête du Vin (avant celle de Bordeaux Fête le Vin).

Ne vous y fiez pas, Thierry Planès est en train de photographier l’autre bateau, j’en profite pour immortaliser ce passionné de photos avec le Seven Seas Explorer © JPS

Les croisières fluviales,  si elles sont plus récentes et d’inspiration de ce qui se fait sur le Rhin, apportent également près de 30000 personnes à l’année et 24 millions d’euros de retombées. Un phénomène qui devrait continuer avec sans doute 6 bateaux de mieux à l’avenir.

L’équipe de tournage au petit matin du 26 mai : Isabelle Rougeot, Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer © Thierry Planès

Un magazine réalisé par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Isabelle Rougeot et Boris Chague. Il sera diffusé dans Enquêtes de Région présenté par Vincent Dubroca. Rédaction en chef de l’émission François Privat.

PS: le Marco Polo accompagnera la parade de départ des grands voiliers le lundi 18 juin, si cela vous tente…renseignements via facebook

 

05 Juin

Estelle Roumage a imaginé son « château en ville »

Propriétaire d’un château viticole, le château Lestrille, Estelle Roumage s’est dit que le prolongement logique était d’ouvrir en plein coeur de Bordeaux un restaurant- cave à vins. Un lieu de convivialité au pied de la grosse cloche, lieu emblématique de Bordeaux.

Estelle Roumage du château Latrille en novembre dernier lors de son annonce à © Côté Châteaux

Côté châteaux vous l’avait annoncé en avant-première et présenté le visage de la propriétaire lors de la Bubble Party à l’automne dernier. Sa boutique restaurant bar-cave à vins est lancée depuis plusieurs mois et fonctionne rue Saint-James : son nom « un château en ville ».

© Un château en Ville, le château Lestrille, rue St James à Bordeaux

Et voici quelques idées mise en avant qui font le secret de son succès :

  • DEGUSTATIONS avec les 7 vins de la propriété, la petite histoire des vins de Bordeaux et la dégustation commentée dans les trois couleurs de Lestrille est à 5€ par personne.
  • RESTAURATION :  des planches à partager : 20€ pour 2 personnes 
    La Planche d’EUGENE ( Magret de Canard séché, Rillettes au foie gras, canelés, chorizo, Brie de Meaux, Morbier, Fruits, Secs et Frais ) 
    La Planche de LOUIS ( Saucisson de Canard, Bruschetta, Tomates, Olives Lucque, Canelés, Chorizo, Fourme d’Ambert, Tomme de Savoie, Fruits et Frais ) 
    La Planche d’ESTELLE ( Palourdes, tomates séchées, canelés saumon wasabi, rocamadour, Comté Fruits Secs et fruits)
  • UNE EPICERIE ET CAVE A VINS
    A emporter ou offrir les vins du Château Lestrille (rouges, rosés et blancs)d’un bon rapport qualité/ prix, mais aussi des produits d’épicerie fine et d’artisans, en accord avec les vins du châteaux. 

Et dire qu’il y en a qui s’imaginent des châteaux en Espagne, pour Estelle c’est tout simplement… « un château en ville » !

25, rue Saint James
33000 Bordeaux
09 53 04 48 93 

28 Mai

Enchères : 103700 € pour une bouteille de Vin Jaune du Jura de 1774, record battu !

Une bouteille de Vin Jaune du Jura, datée de 1774, a été adjugée 103.700 euros, et deux autres flacons du même millésime ont atteint 76.250 euros et 73.200 euros lors d’une vente aux enchères samedi à Lons-le-Saunier (Jura).

« Je ne pensais pas que les bouteilles se vendraient aussi cher, le dernier record, en 2011, était de 57.000 euros », a annoncé, très satisfaite, la commissaire-priseur de la maison Jura Enchères, Brigitte Fénaux. Aujourd’hui, « la conjoncture économique est différente », a-t-elle ajouté.
Les trois bouteilles datées de 1774, qui pourraient être les plus vieilles bouteilles de vin en circulation, recèlent du Vin Jaune produit par le vigneron arboisien Anatoile Vercel (1725-1786).
Les acquéreurs sont « des Canadiens et quelqu’un qui achetait pour des Américains qui ont des attaches en France », a précisé Mme Fénaux qui a tenu le marteau.
« Il y avait des vignerons dans la salle, qui ont applaudi, qui étaient heureux, c’était émouvant », a-t-elle relaté.
Les flacons, de type « bourgogne », c’est-à-dire avec un corps ample et un col fin, et d’une contenance de 87 cl,  ont été conservés plus de 200 ans par les descendants d’Anatoile Vercel dans une cave enterrée et voûtée d’Arbois, la capitale des vins du Jura. Les trois bouteilles en ont été retirées mardi en vue des enchères.
Une dégustation de ce même Vin Jaune avait été organisée en 1994 au Château Pécauld, à Arbois, par 24 professionnels du vin.
De couleur ambrée, avec un goût « de noix, d’épices, de curry, de cannelle, de vanille et de fruits secs », le liquide avait été noté 9,4 sur 10 par les testeurs,
qui avaient conclu avec cette formule: « A renouveler dans 100 ans ».
Deux bouteilles de la même cuvée avaient déjà été vendues, en 2011 à Arbois pour 57.000 euros et en 2012 à Genève pour 46.000 francs suisses (soit 38.300 euros).
Une cinquantaine d’enchérisseurs a participé à cette vente qui a démarré calmement, selon la commissaire-priseur, « et finalement, il y a eu beaucoup d’enchères », a-t-elle souligné. La vente de l’ensemble des 115 bouteilles proposées s’établit à 310.526 euros (frais compris), selon Mme Fénaux.
AFP

24 Mai

On the road again avec le Saint-Emilion Wine Trip

Le désormais célèbre tub Citroën des Vins de Saint-Emilion et autres appellations associées reprend la route en France et en Belgique. Entre 7 et 10 étapes prévues. Un concept toujours aussi convivial et original.

Le Saint-Emilion Wine Trip avec un vieux tub Citroën de 1976 © Jean-Pierre Stahl

Le Saint-Emilion Wine Trip a repris du service ! Avec déjà le festival ODP à Talence, au profit des pupilles orphelins des sapeurs pompiers de France, le week-end dernier du 18 au 20 mai. Mais la camionnette vintage des vignerons de Saint-Emilion ne va pas s’arrêter là et va faire entre 7 et 10 stops cette année dans les villes de France et de Belgique. Une nouvelle occasion de (re-) découvrir les quatre appellations des vins de Saint-Emilion et de rencontrer les vignerons.

Les vins de Saint-Emilion, des vins accessibles

Les vins de Saint-Emilion sont des vins accessibles qui viennent jusqu’à vous. Sur le concept du food truck, les vignerons ont décidé de se mettre en mode « nomade ». À l’occasion de grands festivals culturels ou de grands marchés gourmands, ces passionnés poseront leurs valises en compagnie d’un sommelier, pour vous présenter 16 vins différents à chaque fois, issus des 4 appellations : Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion.

Saint-Emilion Wine Trip, mode d’emploi

Le Saint-Emilion Wine Trip, comment ça marche ? C’est très simple. Sur l’une des haltes, rendez-vous à la camionnette vintage peinte aux couleurs de Saint-Emilion. Sur place, vous pourrez vous initier à la dégustation et prendre part à des formations. Les cavistes locaux sont étroitement associés à ce Saint-Emilion Wine Trip. Vous pourrez retrouver toute l’année dans leurs boutiques des vins de Saint-Emilion. Les maîtres-mots de ce voyage sont : partage, convivialité et proximité !

PROCHAINE ETAPE

  • BORDEAUX : Festival Ahoy à l’Iboat

Une immersion culturelle et festive de trois jours et deux nuits aux Bassins à flot à Bordeaux. Encore une fois cette année, le Wine Truck de Saint-Emilion s’arrêtera à proximité de l’Iboat pour vous proposer des dégustations.  Du 1er au 3 Juin 2018

  • LIBOURNE – Fête de la Confluence 

La ville de Libourne inaugure ses nouveaux quais et ponton de plaisance. 3 jours de convivialité avec au programme : festival de food trucks, plusieurs concerts, des jeux pour petits et grands et des animations en lien avec l’eau.  Du 22 au 24 Juin 2018

  • SAINT-ÉMILION – Marché des Producteurs

Profitez d’une escapade à Saint-Emilion pour découvrir et déguster les produits du terroir au marché des producteurs de pays. Des animations musicales vous y attendent, et vous pourrez partager des repas festifs ! Le Wine Truck s’y trouvera sur les 4 dates de cet été.  Le 7 – 14 – 21 et 28 Aout 2018

  • MONTMARTRE – Fête des vendanges

L’évènement parisien immanquable. Depuis 1934, Paris célèbre le vin du Clos Montmartre durant 5 jours où le goût et la gastronomie sont à l’honneur !  À l’occasion de cette 84ème Fête des Vendanges de Montmartre, retrouvez le Wine Truck des vins de Saint-Emilion. Du 12 au 14 octobre 2018

Avec Vins de Saint-Emilion

Revoir le reportage de Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien lors du lancement en 2016 du Saint-Emilion Wine Trip

16 Mai

Instant magique ! Les plus vieux flacons de vin jaune au monde, de 1774, en vente aux enchères le 26 mai

Jura Enchères proposera à la vente le 26 mai prochain des pièces rares, les 102 derniers flacons de la célèbre cave d’Arbois du Commandant Grand (1886-1974), conservés jusqu’à aujourd’hui dans un endroit protégé appelé le « Tabernacle ». Parmi eux, 3 vins jaunes d’Arbois de 1774.

1774, cela vous parle ? Oui, les historiens vous diront aussitôt que c’est l’année où Louis XVI est devenu roi, ou que son auguste grand-père Louis XV est décédé de la petite vérole… mais c’est aussi le millésime retrouvé dans la célèbre cave d’Arbois du Commandant Grand (1886-1974), conservés jusqu’à aujourd’hui dans un endroit protégé appelé le « Tabernacle ».

Ce sont 3 vins jaune d’Arbois, millésime 1774, parmi les plus vieux vins conservés au monde. Un vin unique, le roi des vins, qui transcende les années : cette longévité exceptionnelle du vin jaune d’Arbois provient de son mode de fabrication particulier, car dès l’origine il est élevé, vieilli, 6 ans et 3 mois en barrique:  sur 1 litre à la base, il n’en reste à terme qu’un peu plus de 60 centilitres (d’où ces bouteilles particulières, ramassées appelées clavelins), le reste s’étant évaporé, c’est la magie de ce breuvage, la « part des anges ».

Ce vin a été transmis et veillé avec amour par 8 générations d’héritiers de Pierre Vercel (1694-1754), une famille  de vignerons d’Arbois connue depuis le XIVème siècle. Le Commandant Grand fut le gardien attentif de la tradition familiale et arboisienne.

Le vin jaune, dont la durée légale de conservation est de 6 ans et 3 mois minimum pour qu’il puisse bénéficier de cette appellation, est un vin « indestructible ». Celui que nous présentons a une origine incontestable puisqu’il provient du Commandant Grand qui était le gardien du temple», Philippe Etiévant de Jura Enchères.

Il est resté discret sur la localisation et le nombre des bouteilles
qu’il conservait précieusement :  ce sont 102 flacons, les derniers de sa précieuse collection qui sont proposés aux enchères par la maison de ventes Jura Enchères le 26 mai prochain.

Déjà les grands amateurs ou collectionneurs chevronnés comme Michel Jack Chasseuil sont ou seront à coup sûr sur les rangs pour participer aux enchères. L’estimation de ces clavelins désormais très rares de 1774 est de 15.000 à 20.000 € pièce. Nul besoin d’être devin ou un Henri Maire pour se dire que cela pourrait être une affaire, le vin jaune est un vin qui ne bouge pas, le rare vin au monde qui peut passer autant de décennies et de siècle, et être encore dégusté… Le roi des vins !

La vente pourra être suivie sur Interencheres-live.com.

26 Avr

Le Prince Albert II de Monaco intronisé par la Commanderie du Bontemps à château Lafite-Rothschild

C’était ce vendredi 20 avril une cérémonie intime à Pauillac. Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco a été intronisé dans le chai à barriques de Lafite-Rothschild, en présence du Baron Eric de Rothschild. La Commanderie était sur son 31 pour accueillir en son sein SAS le Prince Albert II, qui lui était finalement très à l’aise.

Bordeaux va bientôt se transformer en  Rocher Monégasque, tellement le Prince Albert II y est présent. On se souvient de sa venue pour la Fête des Petits Pois l’an dernier à Créon, puis d’une visite de Bordeaux et de la Cité du Vin, et c’est sans compter l’intronisation par la Jurade de Saint-Emilion qui avait eu lieu en juin 2009.

Grand amateur de grand vins de Bordeaux, le Prince Albert aurait pu être intronisé bien plus tôt car il se fait depuis longtemps l’ambassadeur des vins de Bordeaux. Il était également venu inaugurer Vinexpo Bordeaux avec Charlène Wittstock sa future épouse en juin 2009.

La cérémonie s’est donc déroulée en comité restreint ce vendredi soir au château Lafite-Rothschild. Le Prince a prêté serment en présence du Grand Maître de la Commanderie Emmanuel Cruse, de Véronique Sanders du château Haut-Bailly, de Philippe Castéja Président des Crus Classés 1855 et bien sûr du Baron Eric de Rothschild, propriétaire du fameux château Lafite-Rothschild qui a proposé à son Altesse ce nouveau titre de noblesse parmi les vins de Bordeaux.

Photos Commanderie du Bontemps.

14 Avr

Bordeaux en 2050 : découvrez la cuvée du futur

A quoi ressemblera un vin de Bordeaux en 2050 si le sud-ouest de la France finit par connaître un climat espagnol?  Pascal Chatonnet s’est attelé à concocter une « cuvée du futur », « buvable » mais éloignée des crus bordelais d’aujourd’hui.

Les merlots resteront-ils produits à Bordeaux, tellement ils pourraient souffrir du réchauffement climatique © JPS

« J’ai assemblé des vins rouges issus des deux cépages typiques » de la région, merlot et cabernet sauvignon, mais produits bien plus au sud, en Tunisie et dans le Minervois, en Languedoc-Roussillon », explique à l’AFP Pascal Chatonnet, oenologue et responsable du Château Haut-Chaigneau, à Néac (Gironde).

Il dit avoir pris « la fourchette haute » des prévisions de réchauffement climatiquese basant sur l’hypothèse selon laquelle « il y aura le climat de Tolède à Bordeaux en 2050″.

« Ces vins sont représentatifs de l’expression du cépage sous ce climat », ajoute cet oenologue mandaté par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) et par une entreprise mécène, pour cette expérience selon lui inédite. « C’est un point de vue, il n’y a rien de mathématique là-dedans », ajoute-t-il.

Son breuvage, présenté cette semaine à Paris, se limite à 13,5% d’alcool. Plus, ce serait « caricatural », sachant qu’on n’ira guère au-delà « parce que le marché n’en veut pas ».

Verdict du palais de l’experte Monique Josse, du Musée du vin à Paris, et Bordelaise: « Ce n’est pas ce que je connais depuis ma tendre enfance! » « A l’aveugle, j’aurais dit un Languedoc, mais basique (…) On n’a pas le terroir, le sol et le sous-sol, qui font une grosse partie du vin. C’est buvable, mais ily a un manque de finesse, d’authenticité ».

Elle s’étonne tout de même que le degré d’alcool ne soit que de 13,5%. « Sur ces 30 dernières années on a déjà gagné 3% ! En France, on ne trouve même plus de vins de soif, ce qui est dommage. »

 Alors quel sera plutôt, selon elle, le goût du Bordeaux  millésime 2050? « Et bien… je ne sais pas. C’est trop difficile de se projeter », il y a trop d’inconnues.

CHANGEMENTS RADICAUX

Une température mondiale accrue de 2°C et plus serait la promesse d’un goût trop mûr, appauvri; les sécheresses celle d’un goût plus sec et amer, analysent les experts.

Conclusion de Pascal Chatonnet: « Si on voulait maintenir des vins de bonne facture avec le climat de 2050, on ne pourrait plus cultiver les mêmes variétés » de vigne.

Depuis plusieurs années déjà, à Bordeaux comme partout en France, la profession fourbit ses armes, avec l’aide de la science, pour que les jus puissent à l’avenir garder leur typicité.

Par exemple avec la « parcelle 52 », où depuis 2009, au coeur de l’AOC Graves, les chercheurs testent 52 cépages du monde pour voir lesquels correspondraient le mieux au caractère des cépages bordelais.

Au centre des préoccupations, la vulnérabilité du merlot, cépage le plus répandu dans le bordelais, à la maturation précoce, qui risque d’être abandonné.

En attendant, les initiateurs du cru 2050 veulent d’abord sensibiliser l’opinion.« Ce pari vise à faire comprendre que rien ne sera plus pareil, que tout va très vite », souligne Yves Leers, journaliste et auteur spécialiste de l’environnement.

La première chose à faire est de « se convaincre de la réalité du changement climatique », ajoute-t-il, insistant sur l’enjeu économique: le secteur viti-vinicole représente en France le deuxième poste à l’exportation après l’aéronautique.

L’occasion aussi de parler de pratiques culturales à adopter dès aujourd’hui. Par exemple, moins effeuiller la vigne.

D’autant que de nouvelles régions, de la Bretagne à la Suède ou la Pologne, se(re)découvrent des destins viticoles, ou pourraient bien monter en puissance, comme l’Allemagne ou l’Angleterre.

Pour le climatologue Hervé Le Treut, lui aussi Aquitain, l’expérience du vin du futur est « un exercice intéressant ». En 8.000 ans de viticulture, « nous n’avons pas connu de changements climatiques radicaux tels que ceux que nous nous apprêtons à vivre à l’échelle globale », prévient-il.

AFP

06 Avr

Quand Larrivet Haut-Brion fait déguster ses 3 cuvées dont la fameuse immergée dans le Bassin d’Arcachon

C’était un moment privilégié la semaine passée à Paris. La famille Gervoson avait convié de grands connaisseurs dont Stéphane Derenoncourt ou Guy Charneau pour déguster des échantillons de ce millésime 2009 élevé de 3 manières différentes. La cuvée « Neptune » a encore retenu toute l’attention de ces professionnels.

Les 3 flacons vin témoin, Tellus et Neptune élevés différemment par le château Larrivet Haut-Brion sur le millésime 2009 © Guy Charneau

Guy Charneau, photographe spécialisé dans le vin, est fier de me confier « j’ai participé depuis l’origine au système », l‘expérience qui a été menée d’élever une petite barrique de 56 litres dans les Parcs de l’Impératrice chez Joël Dupuch, « ça je trouve ça top. Pour moi, il y a un intérêt à la dégustation. »

Emilie Gervoson, co-propriétaire du château Larrivet-Haut-Brion m’explique : « cette expérience, on l’a faite sur le millésime 2009, avec un élevage classique durant 14 mois (avec des barriques 1/3 neuves, 1/3 ayant déjà connu un vin et 1/3 deux vins) (sur un assemblage 35% merlot et 65% cabernet sauvignon), on a mis aussi un barricot de 56L dans le chai et un autre barricot de 56L chez Joël Dupuch. Cette expérience a été menée pour vérifier ce que l’on disait quand les vins revenaient des Indes, ils revenaient meilleurs. » 

Le barricot de 56 litres immergé © Guy Charneau

La première dégustation a eu lieu après mise en magnum en 2012, puis en 2014 et enfin là en 2018; « le vin a pas mal évolué, en 2014 celui qui sortait du lot, c’était déjà celui du Bassin avec des tanins plus soyeux » poursuit Emilie Gervoson, « alors que pour l’élevage classique ou en barricot, ils avaient encore besoin de prendre de la bouteille ».

Pour Stéphane Derenoncourt, « le millésime 2009 est un excellent millésime solaire, le plus solaire de la décénnie, il donne des vins atypiques au style exotique et aux notes de fruits mûrs. Le millésime 2009 de Larrivet-Haut-Brion est construit sur la sucrosité, sur des notes chaudes et généreuses. »

La vérité est dans le verre © Guy Charneau

Guy Charneau confirme ses impressions suite à la dégustation des 3 vins du Chateau Larrivet Haut Brion 2009 : « sur l’élevage classique: un 2009, gourmand et solaire, correspondant au millésime ».  Puis vient la dégustation de Tellus qui tient son nom de la terre : « élevage dans le chai, plus 6 mois dans une petite barrique de 56,14 litres, l’apport des 6 mois de bois supplémentaires a « redressé » de manière significative le vin, lui apportant une touche boisée supplémentaire » commente Guy. Pour Stéphane Derenoncourt : « une impression de rigueur et de longueur supplémentaire, le côté fruit confit est un peu gommé par le renforcement des tanins. Par son élevage de 6 mois supplémentaires et un apport de bois neuf, le vin a ét redressé. »

Encore un moment d’anthologie de la planète vin © Aurore

Enfin, voilà la dégustation de l’enfant chéri, naît dans le Bassin d’Arcachon, prénommé Neptune : « élevage de 6 mois dans les parcs de L’Imperatrice, certainement le vin le plus équilibré, rond et suave à la fois, ayant subi le phénomène des marées et la pression de l’eau » pour Guy Charneau.

« C’est comme si le vin avait subi un vieillissement accéléré : l’agressivité des tanins est amoindrie et la couleur brunie », commente Bruno Lemoine directeur général et vinificateur du château Larrivet-Haut-Brion.

Pour Stéphane Derenoncourt : « les notes de fruits mûrs sont contrebalancées par l’iode qui apporte énormément de fraîcheur au vin et gomme son amertume. Le polissage du vin est spéctaculaire et ce n’est pas sans paradoxalement, évoquer un terroir calcaire. »

« Chacun a pris son envol et on a vraiment 3 vins différents, chacun a sa propre identité. Au final, celui qui était le meilleur était celui qui était dans le Bassin d’Arcachon », conclue Emilie Gervoson. « Ce qui serait intéressant serait de refaire l’expérience sur un millésime plus classique ». Bravo et merci à tous pour vos impressions, et comme Côté Châteaux ne manque pas d’idées : à quand un élevage dans l’espace ?

29 Mar

Au château Troplong Mondot, le cheval de trait dans la vigne permet au terroir de mieux s’exprimer

Depuis 2009, le château Troplong Mondot, à Saint-Emilion, a réintroduit les chevaux de trait dans ses rangs de vigne. Il travaille aujourd’hui 80% de ses sols avec la traction animale, au détriment des tracteurs et enjambeurs. Le labour au cheval est non seulement tendance dans les grands châteaux, mais participe d’un retour aux pratiques ancestrales et a son intérêt.

Rémy Monribot directeur technique de Troplong Mondot, Sébastien et Odile Mizier d’Equitraction, et Aymeric de Gironde, directeur général de Trolong Mondot © Jean-Pierre Stahl

Au château Troplong Mondot à Saint-Emilion, on a réintroduit depuis 2009 le cheval de trait dans la vigne. D’une simple expérimentation, au départ, Sébastien et Odile Mizier (de Villefranche de Lonchat) ont convaincu le domaine de l’intérêt de la traction animale, ce sont désormais 2 comtois et 4 bretons qui sont aujourd’hui à demeure sur la propriété de mars à octobre.

On a augmenté progressivement la surface et progressivement le nombre de contrats, on ne s’est jamais retrouvé avec un grand flot de surface à travailler et du coup on a augmenté aussi notre équipe progressivement, donc on a formé des gens, formé des chevaux…et on se retrouve à plusieurs à travailler ensemble » Sébastien Mizier d’Equitraction

Ce ne sont pas les plus imposants chevaux de traits de race percheron (de plus d’1 tonne) qui sont généralement utilisés par Sébastien et Odile Mizier mais plutôt des chevaux de taille plus petite entre 600 et 800 kilos.

 « on a une meilleure visibilité devant, ils marchent moins vite et s’usent moins vite au niveau articulaire et tendineux, on préfère nous nettement des chevaux de taille moyenne. » Sébastien Mizier d’Equitraction.

Ce 1er cru classé de Saint-Emilion a recours aujourd’hui au cheval pour le labour de 80% de ses sols, plantés à l’automne d’engrais verts – navette, avoine et vesce.

J’ai connu l’époque des gros enjambeurs très lourds et d’autres plus légers, l’époque du travail interlignes, l’étape ultime était de réintroduire la traction animale par rapport à la compaction des sols, même si le cheval est lourd, il ne passe jamais au même endroit », Rémy Monribot directeur technique du château Troplong Mondot..

Par rapport au respect du terroir, on travaille sur 10 à 15 cm en profondeur, puisqu’on ne compacte plus les sols avec des tracteurs lourds, on n’a plus besoin de les travailler de manière très profonde », continue Rémy Monribot.

Le cheval de trait présente de nombreux avantages, un plus grand respect des sols moins compactés et plus vivants, ainsi que des pieds de vigne car si cela vient à bloquer le cheval de trait s’arrête alors que le tracteur risque d’arracher le cep.

Quant à savoir si le résultat se fait sentir dans la bouteille, Aymeric de Gironde, directeur général du château Troplong Mondot en est convaincu.

Le fait de travailler nos sols avec les chevaux permet à la vigne de s’enraciner un peu plus profondément et un peu plus rapidement et donc d’exprimer avec plus de précision et de puissance l’originalité de son terroir et l’individualité de la parcelle d’où elle vient », Aymeric de Gironde directeur Général de Troplong Mondot.

Si le coût est 30% plus cher (il faut aussi mettre dans la balance qu’il y a moins de pieds abîmés à remplacer), la démarche s’analyser en tout cas de manière globale et sur le long terme.

Un retour aux méthodes ancestrales qui fait de plus en plus d’émules.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Pierre Magnaudet, Xavier Granger, et Emmanuel Cremese, suivi de l’éclairage de Frédéric Lot :