14 Avr

Bordeaux en 2050 : découvrez la cuvée du futur

A quoi ressemblera un vin de Bordeaux en 2050 si le sud-ouest de la France finit par connaître un climat espagnol?  Pascal Chatonnet s’est attelé à concocter une « cuvée du futur », « buvable » mais éloignée des crus bordelais d’aujourd’hui.

Les merlots resteront-ils produits à Bordeaux, tellement ils pourraient souffrir du réchauffement climatique © JPS

« J’ai assemblé des vins rouges issus des deux cépages typiques » de la région, merlot et cabernet sauvignon, mais produits bien plus au sud, en Tunisie et dans le Minervois, en Languedoc-Roussillon », explique à l’AFP Pascal Chatonnet, oenologue et responsable du Château Haut-Chaigneau, à Néac (Gironde).

Il dit avoir pris « la fourchette haute » des prévisions de réchauffement climatiquese basant sur l’hypothèse selon laquelle « il y aura le climat de Tolède à Bordeaux en 2050″.

« Ces vins sont représentatifs de l’expression du cépage sous ce climat », ajoute cet oenologue mandaté par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) et par une entreprise mécène, pour cette expérience selon lui inédite. « C’est un point de vue, il n’y a rien de mathématique là-dedans », ajoute-t-il.

Son breuvage, présenté cette semaine à Paris, se limite à 13,5% d’alcool. Plus, ce serait « caricatural », sachant qu’on n’ira guère au-delà « parce que le marché n’en veut pas ».

Verdict du palais de l’experte Monique Josse, du Musée du vin à Paris, et Bordelaise: « Ce n’est pas ce que je connais depuis ma tendre enfance! » « A l’aveugle, j’aurais dit un Languedoc, mais basique (…) On n’a pas le terroir, le sol et le sous-sol, qui font une grosse partie du vin. C’est buvable, mais ily a un manque de finesse, d’authenticité ».

Elle s’étonne tout de même que le degré d’alcool ne soit que de 13,5%. « Sur ces 30 dernières années on a déjà gagné 3% ! En France, on ne trouve même plus de vins de soif, ce qui est dommage. »

 Alors quel sera plutôt, selon elle, le goût du Bordeaux  millésime 2050? « Et bien… je ne sais pas. C’est trop difficile de se projeter », il y a trop d’inconnues.

CHANGEMENTS RADICAUX

Une température mondiale accrue de 2°C et plus serait la promesse d’un goût trop mûr, appauvri; les sécheresses celle d’un goût plus sec et amer, analysent les experts.

Conclusion de Pascal Chatonnet: « Si on voulait maintenir des vins de bonne facture avec le climat de 2050, on ne pourrait plus cultiver les mêmes variétés » de vigne.

Depuis plusieurs années déjà, à Bordeaux comme partout en France, la profession fourbit ses armes, avec l’aide de la science, pour que les jus puissent à l’avenir garder leur typicité.

Par exemple avec la « parcelle 52 », où depuis 2009, au coeur de l’AOC Graves, les chercheurs testent 52 cépages du monde pour voir lesquels correspondraient le mieux au caractère des cépages bordelais.

Au centre des préoccupations, la vulnérabilité du merlot, cépage le plus répandu dans le bordelais, à la maturation précoce, qui risque d’être abandonné.

En attendant, les initiateurs du cru 2050 veulent d’abord sensibiliser l’opinion.« Ce pari vise à faire comprendre que rien ne sera plus pareil, que tout va très vite », souligne Yves Leers, journaliste et auteur spécialiste de l’environnement.

La première chose à faire est de « se convaincre de la réalité du changement climatique », ajoute-t-il, insistant sur l’enjeu économique: le secteur viti-vinicole représente en France le deuxième poste à l’exportation après l’aéronautique.

L’occasion aussi de parler de pratiques culturales à adopter dès aujourd’hui. Par exemple, moins effeuiller la vigne.

D’autant que de nouvelles régions, de la Bretagne à la Suède ou la Pologne, se(re)découvrent des destins viticoles, ou pourraient bien monter en puissance, comme l’Allemagne ou l’Angleterre.

Pour le climatologue Hervé Le Treut, lui aussi Aquitain, l’expérience du vin du futur est « un exercice intéressant ». En 8.000 ans de viticulture, « nous n’avons pas connu de changements climatiques radicaux tels que ceux que nous nous apprêtons à vivre à l’échelle globale », prévient-il.

AFP

06 Avr

Quand Larrivet Haut-Brion fait déguster ses 3 cuvées dont la fameuse immergée dans le Bassin d’Arcachon

C’était un moment privilégié la semaine passée à Paris. La famille Gervoson avait convié de grands connaisseurs dont Stéphane Derenoncourt ou Guy Charneau pour déguster des échantillons de ce millésime 2009 élevé de 3 manières différentes. La cuvée « Neptune » a encore retenu toute l’attention de ces professionnels.

Les 3 flacons vin témoin, Tellus et Neptune élevés différemment par le château Larrivet Haut-Brion sur le millésime 2009 © Guy Charneau

Guy Charneau, photographe spécialisé dans le vin, est fier de me confier « j’ai participé depuis l’origine au système », l‘expérience qui a été menée d’élever une petite barrique de 56 litres dans les Parcs de l’Impératrice chez Joël Dupuch, « ça je trouve ça top. Pour moi, il y a un intérêt à la dégustation. »

Emilie Gervoson, co-propriétaire du château Larrivet-Haut-Brion m’explique : « cette expérience, on l’a faite sur le millésime 2009, avec un élevage classique durant 14 mois (avec des barriques 1/3 neuves, 1/3 ayant déjà connu un vin et 1/3 deux vins) (sur un assemblage 35% merlot et 65% cabernet sauvignon), on a mis aussi un barricot de 56L dans le chai et un autre barricot de 56L chez Joël Dupuch. Cette expérience a été menée pour vérifier ce que l’on disait quand les vins revenaient des Indes, ils revenaient meilleurs. » 

Le barricot de 56 litres immergé © Guy Charneau

La première dégustation a eu lieu après mise en magnum en 2012, puis en 2014 et enfin là en 2018; « le vin a pas mal évolué, en 2014 celui qui sortait du lot, c’était déjà celui du Bassin avec des tanins plus soyeux » poursuit Emilie Gervoson, « alors que pour l’élevage classique ou en barricot, ils avaient encore besoin de prendre de la bouteille ».

Pour Stéphane Derenoncourt, « le millésime 2009 est un excellent millésime solaire, le plus solaire de la décénnie, il donne des vins atypiques au style exotique et aux notes de fruits mûrs. Le millésime 2009 de Larrivet-Haut-Brion est construit sur la sucrosité, sur des notes chaudes et généreuses. »

La vérité est dans le verre © Guy Charneau

Guy Charneau confirme ses impressions suite à la dégustation des 3 vins du Chateau Larrivet Haut Brion 2009 : « sur l’élevage classique: un 2009, gourmand et solaire, correspondant au millésime ».  Puis vient la dégustation de Tellus qui tient son nom de la terre : « élevage dans le chai, plus 6 mois dans une petite barrique de 56,14 litres, l’apport des 6 mois de bois supplémentaires a « redressé » de manière significative le vin, lui apportant une touche boisée supplémentaire » commente Guy. Pour Stéphane Derenoncourt : « une impression de rigueur et de longueur supplémentaire, le côté fruit confit est un peu gommé par le renforcement des tanins. Par son élevage de 6 mois supplémentaires et un apport de bois neuf, le vin a ét redressé. »

Encore un moment d’anthologie de la planète vin © Aurore

Enfin, voilà la dégustation de l’enfant chéri, naît dans le Bassin d’Arcachon, prénommé Neptune : « élevage de 6 mois dans les parcs de L’Imperatrice, certainement le vin le plus équilibré, rond et suave à la fois, ayant subi le phénomène des marées et la pression de l’eau » pour Guy Charneau.

« C’est comme si le vin avait subi un vieillissement accéléré : l’agressivité des tanins est amoindrie et la couleur brunie », commente Bruno Lemoine directeur général et vinificateur du château Larrivet-Haut-Brion.

Pour Stéphane Derenoncourt : « les notes de fruits mûrs sont contrebalancées par l’iode qui apporte énormément de fraîcheur au vin et gomme son amertume. Le polissage du vin est spéctaculaire et ce n’est pas sans paradoxalement, évoquer un terroir calcaire. »

« Chacun a pris son envol et on a vraiment 3 vins différents, chacun a sa propre identité. Au final, celui qui était le meilleur était celui qui était dans le Bassin d’Arcachon », conclue Emilie Gervoson. « Ce qui serait intéressant serait de refaire l’expérience sur un millésime plus classique ». Bravo et merci à tous pour vos impressions, et comme Côté Châteaux ne manque pas d’idées : à quand un élevage dans l’espace ?

29 Mar

Au château Troplong Mondot, le cheval de trait dans la vigne permet au terroir de mieux s’exprimer

Depuis 2009, le château Troplong Mondot, à Saint-Emilion, a réintroduit les chevaux de trait dans ses rangs de vigne. Il travaille aujourd’hui 80% de ses sols avec la traction animale, au détriment des tracteurs et enjambeurs. Le labour au cheval est non seulement tendance dans les grands châteaux, mais participe d’un retour aux pratiques ancestrales et a son intérêt.

Rémy Monribot directeur technique de Troplong Mondot, Sébastien et Odile Mizier d’Equitraction, et Aymeric de Gironde, directeur général de Trolong Mondot © Jean-Pierre Stahl

Au château Troplong Mondot à Saint-Emilion, on a réintroduit depuis 2009 le cheval de trait dans la vigne. D’une simple expérimentation, au départ, Sébastien et Odile Mizier (de Villefranche de Lonchat) ont convaincu le domaine de l’intérêt de la traction animale, ce sont désormais 2 comtois et 4 bretons qui sont aujourd’hui à demeure sur la propriété de mars à octobre.

On a augmenté progressivement la surface et progressivement le nombre de contrats, on ne s’est jamais retrouvé avec un grand flot de surface à travailler et du coup on a augmenté aussi notre équipe progressivement, donc on a formé des gens, formé des chevaux…et on se retrouve à plusieurs à travailler ensemble » Sébastien Mizier d’Equitraction

Ce ne sont pas les plus imposants chevaux de traits de race percheron (de plus d’1 tonne) qui sont généralement utilisés par Sébastien et Odile Mizier mais plutôt des chevaux de taille plus petite entre 600 et 800 kilos.

 « on a une meilleure visibilité devant, ils marchent moins vite et s’usent moins vite au niveau articulaire et tendineux, on préfère nous nettement des chevaux de taille moyenne. » Sébastien Mizier d’Equitraction.

Ce 1er cru classé de Saint-Emilion a recours aujourd’hui au cheval pour le labour de 80% de ses sols, plantés à l’automne d’engrais verts – navette, avoine et vesce.

J’ai connu l’époque des gros enjambeurs très lourds et d’autres plus légers, l’époque du travail interlignes, l’étape ultime était de réintroduire la traction animale par rapport à la compaction des sols, même si le cheval est lourd, il ne passe jamais au même endroit », Rémy Monribot directeur technique du château Troplong Mondot..

Par rapport au respect du terroir, on travaille sur 10 à 15 cm en profondeur, puisqu’on ne compacte plus les sols avec des tracteurs lourds, on n’a plus besoin de les travailler de manière très profonde », continue Rémy Monribot.

Le cheval de trait présente de nombreux avantages, un plus grand respect des sols moins compactés et plus vivants, ainsi que des pieds de vigne car si cela vient à bloquer le cheval de trait s’arrête alors que le tracteur risque d’arracher le cep.

Quant à savoir si le résultat se fait sentir dans la bouteille, Aymeric de Gironde, directeur général du château Troplong Mondot en est convaincu.

Le fait de travailler nos sols avec les chevaux permet à la vigne de s’enraciner un peu plus profondément et un peu plus rapidement et donc d’exprimer avec plus de précision et de puissance l’originalité de son terroir et l’individualité de la parcelle d’où elle vient », Aymeric de Gironde directeur Général de Troplong Mondot.

Si le coût est 30% plus cher (il faut aussi mettre dans la balance qu’il y a moins de pieds abîmés à remplacer), la démarche s’analyser en tout cas de manière globale et sur le long terme.

Un retour aux méthodes ancestrales qui fait de plus en plus d’émules.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Pierre Magnaudet, Xavier Granger, et Emmanuel Cremese, suivi de l’éclairage de Frédéric Lot :

03 Mar

« Le vin vieillirait-il mieux en mer ? », mythe ou réalité ? Réponse à Paris avec Larrivet Haut-Brion et Stéphane Derenoncourt

Le vin vieillirait-il mieux en mer ? Un retour sur l’expérience menée par le château Larrivet Haut-Brion aura lieu à Paris le 27 mars prochain avec Emilie Gervoson, Bruno Lemoine et Stéphane Derenoncourt.

© le château Larrivet Hat-Brion, la famille Gervoson avec Joël Dupuch avec qui l'expérience a été menée en 2009

© le château Larrivet Haut-Brion, avec Emilie Gervoson et Joël Dupuch avec qui l’expérience a été menée en 2009

C’est une épineuse question. Scientifiques, œnologues et amateurs tentent d’y répondre depuis des décennies.

Emilie Gervoson, fille des propriétaires du Château Larrivet Haut-Brion et Bruno Lemoine, Directeur Général et vinificateur du Château se sont attachés à mener une véritable expérience scientifique.

Le 27 mars prochain, ce sera le retour sur expérience à Paris au cours d’une dégustation et d’un débat animé par Bruno Lemoine et Stéphane Derenoncourt autour de ce vin au destin hors du commun.

Cette expérience inédite vise à comparer les différences de vieillissement d’un même vin, le millésime 2009; exceptionnel et riche en tanins. Pendant qu’une partie du breuvage était élevée en bouteille de manière traditionnelle, une autre était réservée en barrique, tandis que la troisième était plongée dans le bassin d’Arcachon pour y poursuivre son vieillissement dans les fonds marins pendant 6 mois supplémentaires.

En 2012 et 2014, des dégustations comparatives et analyses menées sur les trois vins ainsi obtenus, ont révélé de surprenants résultats. Tanins plus arrondis, amertume gommée et robe plus ambrée, le vin élevé en mer présentait déjà des caractéristiques prometteuses. Le vin élevé en chais, se distinguait, lui, par sa structure et la fraîcheur de ses notes mentholées. Depuis, les vins ont été mis en bouteille et magnums pour y poursuivre leur maturation…A déguster alors pour restituer de formidables impressions.

22 Fév

Vin…solite : Pol Roger exhume 19 bouteilles centenaires

Cela aurait fait plaisir au regretté Premier Ministre britannique Winston Churchill grand amateur de Pol Roger. La Maison de Champagne a ainsi  exhumé 19 bouteilles centenaires… de quoi en épater plus d’un.

Des bouteilles de Pol oger de plus d'un siècle © Xavier Claeys

Des bouteilles de Pol Roger de plus d’un siècle © Xavier Claeys – France 3 Champagne Ardenne

Des bouteilles datant du XIXème siècle ont été découvertes par la maison de champagne mi-janvier, au cours de travaux d’agrandissement de son outil de production, a annoncé Pol Roger depuis Epernay.

Six puis 19 bouteilles sont extraites. Ces dernières semblent être dans un excellent état de conservation: le vin est brillant, les niveaux corrects
et les bouchons de liège profondément enfoncés » Maison de Champagne Pol Roger.

La Maison Pol Roger a toutefois précisé qu’il était « difficile de deviner le millésime exact » de ces vins, « 1889 pour les plus anciens à 1898 pour les plus récents », soit il y a près de 129 ans.

On va y trouver beaucoup de rondeurs, de la fraîcheur, car il n’y a pas eu d’altération de l’acidité. Et également des notes de maturité sur des grillés », Dominique Petit, le chef de cave.

Ces bouteilles avaient été enfouies dans la craie lors d’un effondrement de ses caves en 1900. « Il s’agit de bouteilles encore sur lies qui demanderont à êtres
remuées puis dégorgées avant dégustation », a précisé la maison champenoise dans un communiqué.

Avec AFP

Regardez le reportages de mes confrères de France 3 Reims Odile Longueval et Xavier Claeys

16 Fév

Les Trois Pinardiers inaugurent leur nouveau bar-cave à vins en plein coeur de Bordeaux

En marinières et moustaches, les 3 Pinardiers avaient sorti le grand jeu mardi soir pour fêter l’inauguration de leur nouvelle cave rue Georges Bonnac à Bordeaux, juste à Côté de la place Gambetta. Des jeunes qui en veulent et vous proposent une centaine de références, mais aussi un service de livraison à domicile et bien sûr un sympathique bar à vins.

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Quentin Clément, Louis Vignolles et Simon Blanvilain, les 3 Pinardiers à la barre ou derrière le bar plutôt ! © Jean-Pierre Stahl

Comment se dédoubler, passer de la soirée Guiraud à celle des 3 Pinardiers, Côté Châteaux l’a fait, car ils méritent d’être connus…

Les 3 Pinardiers, en question, s’appellent Quentin Clément 27 ans, Louis Vignolles 26 et Simon Blanvilain 26 ans. Ils ont ouvert cette nouvelle cave-bar à vins voilà 2 mois au 2 rue Georges Bonnac, juste à côté de la célèbre place Gambetta.

IMG_4776C’est la deuxième cave qu’ils ouvrent, avec le concours de Benoît Manuel Trocard, vigneron à Fronsac et intervenant à l’Ecole du Vin, plus qu’un grand frère, un guide, un gourou, c’est « notre ami, un investisseur et notre maître à penser… »

IMG_4781Les 3 Pinardiers proposent ainsi une centaine de références de vin, 25 à 30% de Bordeaux, sinon de Loire, du Languedoc, de Bourgogne , des Côtes du Rhône pour les autres régions viticoles de France, ou encore d’Israël, de Bulgarie, du Portugal, d’Espagne, d’Argentine ou de Hongrie pour les vins étrangers : « on marche sur des coups de coeur, on déguste une cinquantaine de nouveaux vins par mois, et on délivre 3 coups de coeur chaque mois pour qu’il n’y ait pas de lassitude sur les vins », m’explique Quentin Clément. « Vous pouvez ici déguster toutes les bouteilles en vin au verre, on fonctionne avec le système Coravin, on n’aime pas trop Oenomatic ».

Si le bar à vins est ouvert du mercredi au dimanche, de 11h à minuit, la cave elle est ouverte du mardi au dimanche matin.

Leur signe de reconnaissance, c’est cette marinière façon moussaillon et cette petite moustache qui rappelle les années folles, mais ils ont aussi d’autres atouts dans leur manche comme un vieux tube Citoën – bar à vins pour des animations et un service de livraison…

On livre en 30 mn depuis 2ans et demi dans tout Bordeaux via notre site internet ou par téléphone »

Une ambiance chaleureuse avec pas mal de bois, du métal et des tubes en cuivre comme étagères © JPS

Une ambiance chaleureuse avec pas mal de bois, du métal et des tubes en cuivre comme étagères © JPS

Un service qui marche relativement bien pour se faire livrer vin, bière, cidre, ou encore des spiritueux avec un supplément de 3€ mais aussi « on apporte parfois un conseil. On fait aussi des abonnements de vins avec des clients qui ne sont pas forcément bordelais, ils reçoivent 2 ou 3 bouteilles tous les mois… »

Ca tangue, chef...Normal moussaillon, il y a de la houle... © LV

Ca tangue, chef…Normal moussaillon, il y a de la houle… © LV

Ces 3 Pinardiers ont décidément eu le nez creux, avec ce petit bar à vins dont la déco en bois et métal est plutôt bien sentie. Un bar à vins qui risque d’être fortement couru, car bien fourni et en plein coeur de Bordeaux.

Les 3 Pinardiers : 2, rue Georges Bonnac à Bordeaux Téléphone :05 54 52 21 52

02 Fév

Caisse prestigieuse des 5 premiers crus classés de Sauternes : « en 1 heure, tout a été vendu, carton plein ! »

Côté châteaux vous l’avait présentée en décembre dernier. La caisse prestigieuse réalisée par 5 grands châteaux, 1ers crus classés de Sauternes, a été vendue à 500 exemplaires hier matin en un temps record ! Sauternes fait le show et ça s’arrache…

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Laure de Lambert-Compeyrot (Sigalas-Rabaud), Vincent Labergère, directeur de Rayne Vigneau, David Bolzan (Lafaurie-Peyraguey), Miguel Aguirre (La Tour Blanche), et Thomas Dejean (Rabaud-Promis) © Jean-Pierre Stahl

Ils étaient 20 négociants intéressés, 20 sur les rangs, et comment dire… « en une heure, il n’y avait plus rien, on aurait pu en vendre 10 fois plus », résume David Bolzan, le directeur de Lafaurie-Peyraguey, l’un des 5 dirigeants des 5 châteaux, à l’origine avec ses amis de cette caisse unique. C’est presque comme une mise sur le marché de billets pour U2 !

Cette caisse en bois noire qui s’est arrachée contenait de 5 premiers crus classés 1855 de Sauternes, du fameux millésime 2009 : avec  les châteaux Sigalas Rabaud, Rayne Vigneau, Lafaurie-Peyraguey, La Tour Blanche et Rabaud-Promis.

IMG_2732Non sans rire, « on a l’impression d’être à Pauillac », commente encore amusé David Bolzan, preuve s’il en est que Sauternes est de retour et porteur sur les marchés français et étrangers. Cette caisse dont le prix de vente au consommateur avait été gardé secrêt a ou sera vendue entre 250 et 300 euros pour une caisse de grands vins de Sauternes, numérotée et d’un grand millésime.

« C’est un succès et cela augure de bonnes choses, on va continuer à travailler ensemble, on a plein de projets », conclue-t-il.

Bravo, belle initiative Madame et Messieurs de Sauternes.

19 Jan

Qui a gagné le concours de la carte de voeux…la plus intelligente ?

Côté châteaux s’amuse chaque année à décerner ses étoiles aux cartes de voeux qui lui sont envoyées. Les critères retenus sont l’originalité, la présentation, l’aspect ludique, et l’intérêt culturel. Tous ne jouant pas dans la même cour Côté Châteaux a décidé de récompenser les postulants dans deux catégories : les très grands et les moyens ou plus petits châteaux, syndicats viticoles ou interprofessions.

Les cartes en papier sont ce que les tubes sont aux vinyles, une chanson qui va durer ! © JPS

Les cartes en papier sont ce que les tubes sont aux vinyles, une chanson qui va durer ! © JPS

Chaque année, il y a de plus en plus de participants, c’est très sportif, un peu comme le marathon du Médoc ou celui de Bordeaux…

Cette fois-ci et pour la dernière année, Côté Châteaux, plutôt vieille France dans l’âme, n’a retenu que les cartes en papier. Eh oui il en reste, même si chez nous à France Télé… on les a dématérialisé…Mais promis, l’année prochaine, le concours sera aussi ouvert aux cartes éléctroniques ou voeux par mail, du moment où il y a une originalité…

Bon sans plus attendre, dans la catégorie des grands châteaux, voici le palmarès qui s’est relativement imposé facilement pour l’originalité, l’histoire et la culture :

Une pièce romaine retrouvée sur les terres d'Haut-Brion, et du coup c'est une grande carte entière dédiée à cette histoire © JPS

Une pièce romaine retrouvée sur les terres d’Haut-Brion, et du coup c’est une grande carte entière dédiée à cette histoire © JPS

N°1 Haut-Brion : ce n’est certainement pas pour ses vins fins qu’ils réalisent chaque année, mais pour une magnifique carte de 8 pages qui retrace l’histoire insolite d’une de leur collègue Hélène Limnaïos, qui par une matinée brumeuse de 2017 observait la vigne et fit une découverte dans ce sol humide de graves… un objet vert et brillant qui luisait doucement par l’ondée du matin. Elle venait de découvrir une magnifique pièce de monnaie romaine à l’effigie de l’Empereur Claude sur laquelle était inscrit « l’Empereur Tibère Claude, César, Auguste grand pontife revêtu de la puissance tribunicienne. » Côté face apparaîssait Libertas,  la divinité romaine tenant un bonnet phrygien dans la mains droite. La personne qui a perdu cette pièce l’a sans doute égaré en montant le sommet de la croupe de Haut-Brion, il se peut qu’elle travaillait déjà la vigne à cette époque car cette découverte s’est faite en dehors de tout chemin même ancien. Cette pièce a dès lors trouvé sa place dans l’une des 10 vitrines dédiée à l’Art des Anciennes Civilisations. Bravo à S.A.S. le Prince Robert du Luxembourg qui a ainsi rendu grâce à Hélène de cette belle découverte et qui nous l’a faite partager :

Notre histoire et notre terroir regorgent de trésors archéologiques. Ceci transcende même parfois le potentiel d’excellence que l’homme et la vigne sont capables d’atteindre à travers l’alchimie magique de la vinification, » Robert du Luxembourg.

En 2017, Malartic Lagravière jouait sur ses 20 ans, cette fois la carte retrace le plus gros événement organisé de main de maître par les Bonnie avec la Commanderie du Bontemps © JPS

En 2017, Malartic Lagravière jouait sur ses 20 ans, cette fois la carte retrace le plus gros événement organisé de main de maître par les Bonnie avec la Commanderie du Bontemps © JPS

N°2 : Malartic-Lagravière, pour qui l’année 2017 a connu un double événement avec les 20 ans de l’arrivée de la famille Bonnie à la tête de ce cru classé de Pessac-Léognan et l’organisation de la magistrale Fête de la Fleur avec Yannick Alléno comme chef d’orchestre. Cette carte de voeux « songe d’une nuit d’été » retrace les temps forts de cette Fête de la Fleur co-organisée par le château et la Commanderie du Bontemps.

C'est original, comme un livre qui invite au voyage... Angélus à Paris, c'est presque comme Tintin en Amérique ? © JPS

C’est original, comme un livre qui invite au voyage… Angélus à Paris, c’est presque comme Tintin en Amérique ? © JPS

N°3 : Angélus qui a sorti une carte de voeux sous forme d’un carnet de voyage « Angélus in Paris »  avec une carte blanche donnée à Floc’h pour une vingtaine de dessins pour retracer un périple à travers le monde (dont certains sont reproduits dans cette carte). L’intelligence de Stéphanie de Boüard et de Thierry Genié est aussi de recencer les adresses d’Angélus à Paris avec les Hôtels comme le Meurice, le Crillon, Shangri-La Hôtel ou encore les restaurants l’Arpège, Guy Savoy,le Plazza Athénée ou le Pavillon Ledoyen, avec encore Yannick Alléno. Il faut dire qu’en 2017, c’était le grand chef 3* mis en avant avec son restaurant 1947. Il y a aussi 11 caves à vins citées ainsi que de nombreux musées, avec un plan de Paris à l’appui. Un véritable petit guide.

Bergerac et Duras, chez les plus petits et Saint-Emilion et son bar Ephémère lors du Saint-Emilion Jazz Festival autant de rendez-vous et de vins à découvrir en 2018 © JPS

Bergerac et Duras, chez les plus petits et Saint-Emilion et son bar Ephémère lors du Saint-Emilion Jazz Festival autant de rendez-vous et de vins à découvrir en 2018 © JPS

Chez les plus humbles mais néanmoins originaux, N°1 les Vins de Bergerac et de Duras qui mettent en avant leur authenticité, la qualité et la diversité de leurs vins et la convivialité de leurs vignerons. « Douceur et générosité » nous promettent-ils avec un avant-goût de Saint-Valentin des petits bouchons entrelacés avec un coeur.

IMG_4025N°2 le Saint-Emilion Jazz Festival, l’un des festivals de grande qualité installé depuis 6 éditions à Saint-Emilion. Il nous fixe rendez-vous les 20, 21 et 22 juillet prochains pour une programmation de folie.

N°3 Château Siran, une carte plus classique mais avec à l’intéreur du château une originalité qui avait arrêté Côté Châteaux en 2017, sa fabuleuse collection de contenants du vin, jacquots et autres tastevins. Cette année, ils ont aussi une belle actualité en recevant les primeurs pour l’appellation Margaux.

De la terre de Saint-Emilion, des sarments et une carte d'un vigneron, bravo Mangot prix spécial su jury ! © JPS

De la terre de Saint-Emilion, des sarments et une carte d’un vigneron, bravo Mangot prix spécial su jury ! © JPS

Enfin prix spécial du jury, hors catégorie ou dans la catégorie vin…solite, la petite boîte envoyée par Mangot. Une boîte magique qui quand vous la secouez vous vous demandez bien qu’est-ce qu’ils m’ont envoyé les frères Todeschini (dont on avait tiré leur portrait lors de vendanges avec les soeurs Courselle). A l’ouverture, le choc… ils ont envoyé leur terroir ! En fait un WIT empli de leur terre. Mais aussi des morceaux de sarments de quoi faire griller une entrecôte…enfin une mini-entrecôte et une carte de voeux. Le tout fait main. Ils ont bien du s’amuser à faire leur petites boîtes qui ont fait un petit buzz sur Facebook. C’est un peu comme le festival de Cannes (mais sans sucre ajouté), Prix Spécial « Mangot sapin » ou « Terroir, mon beau terroir, dis-moi qui fait le meilleur vin ».

Les cartes en papier sont ce que les tubes sont aux vinyles, une chanson qui va durer ! © JPS

Les cartes en papier sont ce que les tubes sont aux vinyles, une chanson qui va durer ! © JPS

Allez, bonne année à toutes et tous, merci encore pour vos cartes de voeux, et trouvez de bonnes idées pour l’année prochaine.

18 Jan

Vin…solite : un vigneron des Graves enfouit son vin à 2400 m d’altitude, sous la neige

Ce n’est pas une livraison ordinaire, mais une image des plus vin…solites : une cargaison de vins de Bordeaux transportée par hélicoptère à 2400 m d’altitude. Le vin va vieillir dans des conditions optimales dans l’obscurité et sous la neige. Il sera dégusté au printemps.

Des images

Des images aériennes des 1200 bouteilles de Franck Labeyrie enfouies à Cauterets © Matthieu Pinaud

C’est Franck Labeyrie, viticulteur dans les Graves, qui a eu cette idée géniale d’enfouir 1200 bouteilles de vins blancs et de vins rouges sous la neige.

Pour lui, ces bouteilles vont pleinement se bonifier, dans le noir total, à une température quasi constante proche de 0°

Cette initiative, il l’a menée avec la station de ski de Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées. Une initiative qui en rappelle une autre, celle du Blanc des Cabanes qu’il fait reposer au fond des eaux du Bassin d’Arcachon, une véritable réussite que s’arrache quelques bonnes tables en France et qu’il a présenté en juin dernier lors de Vinexpo.

Il n’est pas le seul à chercher des lieux insolites d’élevage, ainsi en mars dernier les Vins de Turson ont enfoui dans le sable à Message des tonneaux pour rechercher aussi un élevage doux à une température constante de 15°C; il y a aussi eu cette immersion en pleine mer du côté de Ciboure dans les Pyrénées-Atlantiques…

Ces bouteilles ne vont pas rester des lustres, Franck Labeyrie compte bien les récupérer en mai à la fonte des neiges.

Il organisera dans son chai en suivant une dégustation des différentes cuvées de ce vin élevé sous la neige, mas aussi deans ses chais et aussi sous l’eau…

Une innovation qui fait et va encore faire couler beaucoup d’encre, mais sur le blanc, ça va forcément ressortir !

Chapeau Franck !

Regardez la video réalisée par Matthieu Pinaud. Commentaire JP Stahl

17 Jan

Bordeaux : les vins d’assemblages sont rois, mais les vins de cépages commencent à se faire une jolie place

Bordeaux est connu pour ses vins d’assemblages, très appréciés en France et dans le monde, mais dont la lisibilité et la compréhension sont parfois difficile par le consommateur étranger… Bien que les vins d’assemblages soient la règle à Bordeaux, certains vignerons ont commencé à s’amuser à produire des vins de cépages, et ça marche !

Hubert de Boüard a lancé ses vins de cépages dès le millésime 2016 avec un Chardonnay et un Sauvignon © JPS

Hubert de Boüard a lancé ses vins de cépages dès le millésime 2016 avec un Chardonnay et un Sauvignon © JPS

Aux Artigues-de-Lussac, un nouveau chai est sorti de terre récemment. Ici, on ne fait que des vins de cépages.

Image-2En 2016, Hubert de Boüard (co-propriétaire du fameux Angélus 1er Cru Classé A de Saint-Emilion, et oenologue consultant) a lancé ses 100% Chardonnay, 100% Sauvignon, et il a  poursuivi en 2017 avec ses Sémillons, et 3 monocépages en rouge (cabernet sauvignon, cabernet franc, merlot, (et bientôt syrah)). Des vins faciles à comprendre sur les marchés étrangers et notamment en Amérique.

Image-3« Historiquement, on sait que le Chardonnay, ça fonctionne bien à Bordeaux, mais ce n’est pas dans le cahier des charges d’ailleurs on ne fait pas un Bordeaux Chardonnay, on fait un Chardonnay qui est fait à Bordeaux mais c’est un vin de pays de l’Atlantique, pourquoi parce qu’il y a une belle expression, l’idée c’est de faire des vins qu’on a envie de boire facilement. Quand on ouvre un très bel Entre-deux-Mers, souvent c’est un nom de château, on ne sait pas le cépage, on a voulu faciliter et pas laisser à d’autres régions du monde l’opportunité ou l’exclusivité de pouvoir utiliser des cépages qui sont des cépages français. »

Au château Landereau, on réalise sur des vins d'assemblage comme dans bon nombre de châteaux à Bordeaux © JPS

Au château Landereau, on réalise sur des vins d’assemblage comme dans bon nombre de châteaux à Bordeaux © JPS

Dans l’Entre-Deux-Mers, Bruno Baylet, propriétaire du château Landereau réalise un blanc sec d’assemblage avec 20% de sémillon, 70% de sauvignon et 10% de msucadelle. Une production de 200000 bouteilles (sur une production globale de 500000 pour l’ensemble du domaine).

Bruno Baylet du château Landereau en plein assemblage © JPS

Bruno Baylet du château Landereau en plein assemblage © JPS

« L’assemblage nous amène vraiment une complexité aromatique, avec le côté minéral et agrumes du sauvignon, le côté citronné, poire et fruits blancs du sémillon, avec ce gras et cette onctuosité ; et on va avoir également les petites notes florales de la muscadelle, » selon Bruno Baylet du château Landereau.

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Avec ses 80 hectares, Bruno Baylet a de quoi s’exprimer, il a toutefois réservé 1 hectare de son terroir d’argile rouge et de graves pour réaliser un 100% Syrah qu’il a nommé « le syrah d’ici ».

"Le Syrah d'ici" de Landereau © JPS

« Le Syrah d’ici » de Landereau © JPS

« On a vraiment un côté très épicé, poivré, et derrière on a des arômes de mûre, de cassis, c’est un vin très complet, qui a en même temps une belle structure, un vin gourmand. On a vraiment tenu à faire un monocépage avec cette syrah pour ne pas essayer de l’assembler avec des merlots ou des cabernet-sauvignons parce que je voulais vraiment avoir cette pureté de la syrah. »

Bruno Baylet et son épouse Odile au château Landereau © JPS

Bruno Baylet et son épouse Odile au château Landereau © JPS

A Bordeaux, on s’amuse de plus en plus, on a vu les soeurs Courselle lancer également du Chardonnay ou de la Syrah, de même pour Stéphane Derenoncourt avec un Chardonnay ; à la différence que ces vins de cépages ne sont pas forcément commercialisés en Bordeaux (sauf pour les cépages originaires de Bordeaux), mais en vins de table ou vins de pays. Ils portent alors le nom du cépage, le nom du vigneron ou oenologue célèbre…comme Hubert de Boüard.

Image-1« Là, c’est un pur sauvignon, j’ai voulu faire un sauvignon qui est un peu différent qui ressemble un peu aux sauvignons de Loire, qui avait cette tension, cette fraîcheur…. » explique Hubert de Boüard. « Je m’amuse aussi beaucoup, tout en voulant faire de cette entreprise un vrai succès. »

ImageAvec seulement 13000 bouteilles produites en 2016, Hubert de Boüard compte sortir d’ici 4 ans 150000 à 180000 bouteilles de vins de cépages avec 8 variétés différentes. Il y aura même un sparkling.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Nicolas Pressigout et Boris Chague :