18 Oct

Le président des vignerons de Chinon regrette les sanctions américaines

Le président du syndicat des vins de Chinon, Francis Jourdan, a regretté vendredi la mise en application des sanctions américaines qui concernent certains vins français, dont ceux du Val de Loire.

« Nous sommes séquestrés, c’est une punition, un effet collatéral », a-t-il déclaré. Selon lui, les Etats-unis étaient jusqu’à présent un « marché de prédilection » pour les vins du Val de Loire, lesquels sont « très bien accueillis » et « montaient en gamme ».

En 2018, les vignerons de Chinon, première appellation des vins du Val de Loire, ont exporté environ 500.000 bouteilles aux Etats-unis, en progression annuelle de 20% depuis plusieurs années, selon le syndicat. Le total de leurs exportations s’élève à 700.000 bouteilles, soit 8% de leur production.

Les vins italiens, qui ne sont pas concernés par ces sanctions, pourraient profiter de ces taxes sur leurs concurrents français et espagnols. « Toute la semaine dernière, on a eu des discussions avec les importateurs(…) On va devoir faire des concessions si on ne veut pas que le consommateur américain nous abandonne », a-t-il dit, précisant qu’une bouteille de Chinon se vendait chez les cavistes américains entre 25 et 35 USD, ce qui en fait « un vin très accessible ».

Les Etats-Unis ont, comme prévu, commencé à appliquer vendredi des taxes douanières punitives sur 7,5 milliards de dollars de produits européens.

Une nouvelle taxe de 25% vise les vins « tranquilles » (non effervescents) français, espagnols, allemands et britanniques, ayant un degré d’alcool inférieur ou égal à 14%, et en contenants de moins de deux litres.

En 2018, les vins français concernés ont réalisé sur le marché américain un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, et les Etats-Unis représentent près de 20% de l’ensemble des exportations de vin de l’Hexagone, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).

Avec AFP

16 Oct

Taxes US, Brexit: le monde du vin français demande à l’Etat et à Bruxelles de réagir vite

A deux jours de l’application des nouvelles taxes américaines sur les vins français, et avec un Brexit sans accord qui reste possible le 31 octobre, les viticulteurs hexagonaux s’estiment « piégés » par des enjeux géopolitiques qui les dépassent, et demandent à l’Etat et à Bruxelles de réagir vite et « à la hauteur des enjeux ».

Bernard Farges, le Président du CIVB © Jean-Pierre Stahl

« La filière viticole exprime un très fort mécontentement face à la léthargie du gouvernement français sur le sujet de la taxe américaine de 25% sur les vins français qui va s’appliquer à partir du 18 octobre », a indiqué mercredi Bernard Farges, président de la Confédération CNAOC qui regroupe les 17 principales régions viticoles françaises à appellation, soit 70% des viticulteurs du pays.

Comme les olives espagnoles et le fromage italien, le vin français, qui est le deuxième secteur d’exportation du pays, est « sacrifié sur l’autel des négociations aéronautiques et du conflit commercial entre Airbus et Boeing », a dénoncé M. Farges au cours d’une conférence de presse devant le siège de FranceAgriMer, l’organisme public qui encadre les marchés agricoles.

Depuis l’annonce des taxes par l’administration Trump, « on voit déjà des annulations de commandes de vins français par des Américains », a dit M. Farges en évoquant notamment le beaujolais, entouré de l’ensemble des organisations professionnelles de la filière viticole (viticulteurs, négociants, exportateurs) ainsi que des syndicats agricoles FNSEA et Jeunes agriculteurs.

« Il y a cinq ans, nous avions déjà été touchés par des perturbations sur le marché viticole dues au conflit entre la Chine et l’Union européenne sur les panneaux photovoltaïques », a-t-il rappelé. « La Commission européenne peut encore négocier avec Washington avant le 18 octobre, encore faudrait-il que l’Etat français la pousse, des négociations auraient déjà dû commencer », a-t-il ajouté.

Les viticulteurs ont par ailleurs dénoncé la sous-utilisation –pour la première fois– des fonds européens destinés notamment à financer des opérations de promotion hors de l’UE pour exporter les vins français. « Sur une enveloppe annuelle de quelque 280 millions d’euros, destinée à financer la promotion hors UE, l’investissement dans les chais, et la restructuration des vignobles, la France va renvoyer environ 15 millions d’euros non utilisés uniquement pour des raisons de complexité administrative kafkaïenne », a dénoncé M. Farges. « Et encore, ce chiffre a-t-il été réduit drastiquement ces derniers jours par l’accélération de certains dossiers. »

Le 10 octobre, la FNSEA avait sonné l’alerte sur le sujet en estimant que la France s’apprêtait à renoncer à 30 à 40 millions d’euros d’aides européennes destinées à ses producteurs de vins.

Les Etats-Unis sont le premier marché à l’exportation du vin français, avec des achats de 1,6 milliard d’euros l’an dernier. Le Royaume Uni est le deuxième client avec des ventes de 1,1 milliard d’euros. Le total du chiffre d’affaires export des vins français (hors spiritueux) s’élève à quelque 9 milliards.

AFP

03 Oct

Hausse des droits de douanes de 25% sur les vins français : pour Bordeaux, un « coup de massue » de l’Oncle Sam

La nouvelle a été vécue comme un quasi-cataclysme par toute la filière bordelaise et les autres régions viticoles françaises. Ces 25% de taxes supplémentaires font froid dans le dos. Réactions de vignerons et du négoce bordelais par Côté Châteaux.

Eric et Andrea Perrin dans le chai de vins blancs du château Carbonnieux, une bonne partie du millésime 2019 devait partir aux USA © JPS

Au château Carbonnieux à Léognan, on redoutait depuis plus d’un an les menaces de Donald Trump de taxer les vins français… Il avait même annoncé 100% avant le G7, finalement ce sont 25% de droits de douane supplémentaires, c’est tout de même un coup dur pour la viticulture bordelaise.

Forcément, pour c’est un coup de massue que l’on reçoit sur la tête. En 1er vins rouges et blancs confondus, on produit quasiment 400000 bouteilles et on a 20% de notre production qui est routée vers les Etats-Unis », Eric Perrin propriétaire du château Carbonnieux.

Regardez la réaction d’Eric Perrin du château Carbonnieux réalisée en direct pour le 12/13 de France 3 Aquitaine par Jean-Pierre Stahl et Cristel Arfel : 

La distribution en elle-même est déjà un frein, avec un système bordelais de courtiers et de négociants, auquel s’ajoute le système américain de distribution nationale ou par Etat, avec des retailers, avant d’arriver sur la table de restaurants ou chez les cavistes… « Des vins qui, grosso modo, sur le marché bordelais sont vendus aux alentours de 20 €, vous allez les retrouver à plus du double du prix dans des fourchettes entre 40 et 50 $  aux USA. Et après, il va falloir ajouter les 25% » commente Eric Perrin dans son chai en train de déguster ses blancs dont une bonne partie devait partir sur le marché américain.

Chez Twins, cette maison de négoce bordelaise, on est plutôt inquiet car 35% des exportations sont réalisées vers les USA, 13 salariés dépendent de ce marché, le tout dans un contexte international déjà défavorable….

C’est une situation très préoccupante qui s’ajoute à un contexte international fragile, une récession économique en Chine, d’énormes problèmes politiques à Hong-Kong, le Brexit dont on entend parler tous les jours , vous avez tous les grands marchés exports pour les vins de Bordeaux qui sont en situation de crise », Anthony Moses co-directeur de Twins..

De son côté, Thierry Decré, PDG de LD Vins, n’ose pas croire à une telle mesure « qu’est-ce qu’on a fait pour mériter cela ? Une sanction aussi forte, ce n’est vraiment pas amical, avec un pays que l’on a toujours soutenu; Bordeaux vend des vins américains dans le monde entier et on prend un projet de 25% de taxes supplémentaires, j’ose espérer qu’on en est encore au stade où l’on va négocier quelque chose… »

A l’origine de ce projet de taxes américaines, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui a autorisé le gouvernement US, dans le conflit sur les aides à Airbus, à prendre des sanctions tarifaires record sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services de l’UE (Union européenne); ces taxes viseraient les produits fabriqués par la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume Uni, les 4 du consortium européen Airbus.ce sont donc des vins français, mais aussi des fromages, olives ou encore du whisky écossais qui devraient être taxés de 10 à 25% de plus.

 A Paris, cet après-midi la Fédération des Exportateurs de Vins et de Spiritueux a tenu une conférence de presse à la Maison de l’Amérique Latine. La FEVS a déploré cette décision et a appelé à une solution négociée »…

La où cela peut être très difficile, c’est là où on a des concurrents à 10 à 30 $, et où la France ne pèse que 5% », Louis-Fabrice Latour vice-président de la FEVS

Aujourd’hui, les USA sont le 2e marché à l’export pour les vins de Bordeaux avec 26 millions de bouteilles pour un total de 279 millions d’euros.

Il faut espérer que nos amis américains retrouvent la voix de la raison. L’inspiration devrait leur venir de cette histoire commune qu’aime à rappeler la famille Perrin au château Carbonnieux.

Il fut un temps où un grand président Thomas Jefferson y planta un pacanier, un noyer d’Amérique, par amour des vins de Bordeaux. C’était il y a plus de deux siècles…. Il suffirait que, comme au siècle des lumières, une lueur de bon sens éclaire l’actuel Président. Allez « give me five ! »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Christèle Arfel et Françoise Dupuis :

14 Août

Californie: dans des vignobles, la ruée vers le cannabis laisse un parfum d’amertume

Un sujet plutôt hallucinant ! Agriculteurs traditionnels et producteurs de cannabis sont à couteaux tirés dans l’un des vignobles réputés du sud de la Californie, où la ruée vers l’herbe déclenchée par la légalisation de cette drogue laisse un parfum d’amertume, notamment chez les viticulteurs.

Image d’illustration de vendanges © JPS

Depuis novembre 2016 et la loi autorisant l’usage récréatif de marijuana dans toute la Californie, les vignerons et de nombreux habitants du comté de Santa Barbara se plaignent d’être envahis par des voisins indésirables, dont le cannabis empuantirait non seulement l’atmosphère mais bouleverserait aussi leur mode de vie.

C’est la plus importante menace pour le secteur viticole que j’ai vue depuis que je suis arrivé ici voici 25 ans » Stephen Janes, gérant des vignobles Pence Vineyards (200 km nord-ouest de Los Angeles).

En cause: le développement fulgurant des exploitations cultivant du cannabis, qui ont déjà colonisé plusieurs centaines d’hectares à la faveur d’une réglementation particulièrement souple dans ce comté. Des millions de plants de marijuana, dont chaque hectare peut valoir plusieurs millions de dollars, ont ainsi littéralement fleuri sur les coteaux des vallées de Santa Ynez et Santa Maria, aux côtés des pieds de vigne.

Plus au sud, dans la petite ville côtière de Carpinteria, les serres jusqu’alors consacrées à l’horticulture abritent désormais du cannabis, au grand dam de certains riverains. « Maintenant, je dois porter un masque quand je sors dans mon jardin et mes petits-enfants ne me rendent plus visite à cause de l’odeur », soupire Joan Esposito, arrivée voici 36 ans dans la ville.

LE CANNABIS DOMINE LE MARCHE

Dans les collines de Santa Rita, réputées pour leur pinot noir, une enfilade d’arceaux recouverts de bâches blanches s’étend à perte de vue parmi les vignobles. Il s’agit là encore du précieux cannabis. « Ca ne ressemble à rien de ce qu’on a connu et c’est arrivé très vite. Personne n’avait anticipé l’impact visuel », souligne Kathy Joseph, propriétaire des caves Fiddlehead et des vignobles Fiddlestix. « Maintenant, c’est le cannabis qui domine le marché, de plus d’une façon », estime-t-elle.

Viticulteurs, producteurs d’avocats et autres agriculteurs traditionnels se plaignent d’être obligés d’adapter leurs pratiques aux exigences du cannabis, notamment incompatible avec l’utilisation de pesticides chimiques. « C’est un vrai cauchemar », déplore Mme Joseph, contre laquelle un voisin a porté plainte, l’accusant de mettre en danger son herbe par les traitements qu’elle pulvérise sur ses vignes. « Ca fait 40 ans que je me consacre à faire du vin, et en tant que viticulteurs, nous sommes soumis à des contrôles stricts », insiste-t-elle. « Mais cette année, je vais probablement perdre ma récolte de chardonnay, d’une valeur de 50.000 dollars, car j’ai dû employer un pesticide qui n’est pas aussi efficace contre le mildiou ».

Sollicitée par l’AFP, l’organisation représentant les quelque 900 cultivateurs de cannabis du comté n’a pas réagi. Des responsables du comté de Santa Barbara, qui fixe la réglementation régissant la culture de la drogue douce, ont pour leur part reconnu que les autorités locales auraient dû mieux encadrer le développement de ce marché. « Je suis très soucieuse de l’impact des exploitations de cannabis à l’air libre dans la vallée de Santa Ynez », a déclaré à l’AFP l’une d’entre elles, Joan Hartmann, qui assure travailler à des mesures correctives.

CONTROLE DES ODEURS ?

Graham Farrar, président de l’Association des producteurs de cannabis responsables, jure que ses collègues font tout ce qu’ils peuvent pour entretenir des relations de bon voisinage. Ils installent des systèmes de contrôle des odeurs et contribuent à l’économie locale, affirme-t-il à l’AFP.

« La communauté soutient le cannabis » et l’odeur n’est pas un problème, balaye-t-i d’un revers de main. « Beaucoup de ceux qui parlent de l’odeur n’aiment pas ça (…) parce qu’ils pensent que le cannabis est immoral », fait valoir M. Farrar. L’argument a du mal à passer chez Stephen Janes, qui dément toute opposition de principe au cannabis. Comme ses collègues, il veut juste pouvoir poursuivre son activité sans qu’un parfum de chanvre ne vienne polluer les salles de dégustation.

« L’industrie (viticole) est ici depuis 40 ou 45 ans et contribue pour 1,8 milliard de dollars à l’économie locale (…) Je ne pense pas que ce soit juste qu’une autre industrie débarque et nous oblige à changer nos façons de faire », plaide-t-il.

D’autres préfèrent partir sans attendre de voir si la situation va s’améliorer. C’est le cas de Maureen Foley Claffey, qui a grandi à Carpinteria et dont la maison est désormais cernée par du cannabis. « Tout ça a dressé les voisins les uns contre les autres. J’ai déjà perdu des amis, et maintenant je perds ma maison ».

AFP

27 Juil

Le duel Macron-Trump : taxes sur les Gafa contre taxes sur les vins français…

Après la volonté clairement affiché d’Emmanuel Macron de taxer les Gafa sur le sol français, et l’adoption de la loi par le Parlement Français, Donald Trump a réitéré ses menaces de taxes en retour les vins français.

Une superbe cave avec plus de 50% de vins français de Bordeaux, Bourgogne, et d’ailleurs, chez Millésima à New-York © JPS

Ce n’est pas que, mais ça sent les taxes… Dans un sens et dans l’autre. Ainsi le veut le jeu de la politique.

Emmanuel Macron a promis de taxer les Gafa, autrement dit les géants américains des hautes technologies, lors du grand débat national, un serpent de mer reporté maintes et maintes fois. Evidemment ces entreprises Apple, Google, Facebook ou Amazon, réalisent d’énormes profits chez eux mais aussi en dehors de leur sol d’origine, en France notamment, aussi paraît-il quelque peu normal de se poser la question de les taxer, dans un sens d’équité car comme le veut la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, l’égalité devant l’impôt existe en France… en théorie. Le Parlement a donc adopté le 11 juillet le principe d’une taxe de 3% sur leur chiffre d’affaires.

Du coup, il n’en fallait pas plus pour fâcher le Président Donald Trump. Celui-ci a qualifié hier de « stupidité » la réaction du Président Macron. La lune de miel entre Washington et Paris semble bien loin, et ce 14 juillet où Donald Trump et Emmanuel Macron se faisaient des accolades aussi. Le Président Américain, roi du tweet, n’a pas résisté et annoncé une nouvelle fois en retour des taxes sur les vins français :

La France vient d’imposer une taxe numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu’un devait les taxer, cela devrait être leur pays d’origine, les Etats-Unis », a tweeté le Donald Trump. « Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J’ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français ! ».

Les deux hommes se sont parlés au téléphone hier soir… Selon l’Elysée, Emmanuel Macron a insisté, au cours de cet entretien, sur le fait que la taxation des Gafa était « un sujet d’intérêt commun » et pas seulement français, « sur lequel il faut continuer d’agir en vue d’obtenir un large accord international ».

Un peu plus tôt, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait affirmé que « la France mettra[it] en oeuvre ses décisions nationales ».

Nul doute que le Donald Trump ne va pas en rester là et va définitivement passer à l’action sur les vins français comme il l’a annoncer à plusieurs reprises. Le G7 de Biarritz s’annonce sous une forte houle…

La suite au prochain épisode…

Lire ou relire : Taxes américaines sur le vin: « rien de dramatique » pour le négoce bordelais

et Les réactions des vignerons bordelais face à la menace de Donald Trump de taxer davantage les vins français

06 Juil

Encore un épisode de grêle sur quelques secteurs en Gironde…

Cette nuit, des orages ont éclaté en Gironde, beaucoup de pluie et par endroits de la grêle… Une fois de plus, ce qui fait dire aux vignerons touchés: « il y en a marre. »

Les dégâts de cette nuit dans l’Entre deux Mers © Patrick Clarens

Une fois de plus, le ciel a grondé, tonné, des éclairs, de la pluie, beaucoup de pluie, et de la grêle localisée mais à plusieurs endroits.

Les sentinelles et amis de Côté Châteaux et notamment Sophie Aribaud, conseillère technique, m’ont signalé de la grêle cette nuit sur « Sainte Terre, Vignonet, Lugaignac, Daignac, Grézillac, Naujan, Postiac, Faleyrens et Génissac. Une liste qui semble s’allonger avec fil de la journée, avec Saint-Pey-d’Armens ».

Des baies blessées par endroits, en espérant que les dégâts ne soient pas trop importants, et que la canicule évite l’installation de botrytis.

Un viticulteur, client de Delacroix Aribaud Conseil a pu observer des « impacts sur l’ensemble des parcelles à Naujan, Saint Aubin de Branne, Lugaignac, Daignac et Moulon… »

© Photo vignobles Gadras

Joint par téléphone, Hugues Laborde, directeur technique des vignobles Invidia, 7 propriétés, m’expliquait « nous avons le château Haut Meyreau (à Dardenac) qui a été fortement impacté, mais fort heureusement Saint-Emilion pas touché, Fronsac non plus. En revanche, cela a été grêlé à Daignac, Grézillac, Espiet, Faleyras..En fait cela a touché ce qui fait face à Saint-Emilion, on avait déjà gelé au début du printemps à cet endroit mais personne n’en a parlé, on a eu des plateaux entièrement gelé, puis de la coulure, et là on s’est pris la grêle samedi à 5h du matin. Ce sont des pertes qui vont de 30 à 60%. Si on cumule au gel, à la coulure, le millésime 2019 risque d’être léger pour nous. C’est un vrai coup dur pour l’Entre-deux-Mers. Tous ces incidents climatiques qui se multiplient, cela devient très dur, je ne sais pas si tout le monde va tenir le choc. Car si on ne fait pas de vin, on perd les marchés… »

Les pensées de Côté Châteaux vont à tous ces viticultrices et viticulteurs à nouveau impacté par ces intempéries.

En ce lundi matin, Sophie Aribaud confiait sur sa page Facebook : « la cicatrisation est effective grâce au conditions chaudes et ensoleillées ! Les dégâts sont malheureusement importants sur les communes concernées ! »

30 Juin

Canicule : incroyable, des vignes brûlées par le soleil dans l’Hérault et le Gard

L’épisode exceptionnel de canicule a fait de nombreux dégâts dans les vignes de l’Hérault et le Gard. Ces vignes ont été particulièrement touchées. Un phénomène plutôt rare mais qui est dû à l’intensité de la chaleur et du soleil.

Des vignes brûlée, du jamais vu près de Montpellier après la canicule / © Sébastien Banus de France Languedoc Roussillon

Dans les vignobles autour de Montpellier, les vignes semblent avoir brûlé au soleil. Emilien Fournel, viticulteur à Sussargues, n’en revient toujours pas. 50% de sa production de vigne a été détruite.

C’est du jamais-vu. En principe au mois de juin les températures sont moins fortes. À cette période-là, les feuilles sont moins dures, et avec cette chaleur, elles n’ont pas réussi à résister »,  Emilien Fournel  viticulteur à Sussargues.

À Saint-Génies-des-Mourgues, même constat dans cette vigne de Carignan, un cépage ancestral. Les raisins ont grillé ; une situation inédite pour Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et viticulteur depuis 30 ans. 

Je me suis douté que la vigne allait être touchée par la canicule, sachant que l’on était en vigilance rouge, mais de là à êtrepar endroit comme brûlée au chalumeau… Normalement, le Carignan résiste. Ça fait mal aux tripes, parce qu’on est désarmé face à cette situation et ces évolutions climatiques qui doivent nous interpeller », Jérôme Despey.

Le préfet a été saisi par les organisations syndicales. Une réunion de crise aura lieu lundi 1er juillet pour évaluer les dégâts qui s’annoncent très importants pour le vignoble local. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui sera en visite dans le Gard vendredi 5 juillet, notamment pour l’inauguration du Mas des agriculteurs, pourrait être interpellé sur cette question.

Avec Emma Derome et Sébastien Banus de France 3 Occitanie.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Languedoc Roussillon

19 Juin

Nouvel épisode de grêle dans le Bordelais : quelques dégâts, notamment au château l’Escart

Bordeaux est passé pas loin d’un nouveau désastre à cause des orages d’hier soir. Rien de méchant dans l’ensemble, mais certains épi-phénomènes de grêle ont bien impacté des propriétés qui avaient déjà gelé au printemps comme le château l’Escart à Saint-Loubes en Gironde.

Gérard Laurent a constaté ce matin les dégats dans son vignoble, de nombreuses grains de raisin à tere ou fendus © JPS

Vigneron en biodynamie, Gérard Laurent vient constater les terribles dégâts de l’orage de grêle qui s’est abattu juste avant minuit au château l’Escart, 36 hectares à Saint-Loubes. « Une grappe comme ça, cela porte entre 130 et 170 graines, et là il doit en rester une trentaine quoi… »me précise Gérard Laurent.

Là, c’est encore un méchant coup du sort… Le feuillage est complètement haché et surtout il y a énormément d’impacts de grêle sur les grappes en formation, à première vue on a perdu 50% des graines en développement et sur les 50% qui restent, il y en a un grand nombre qui sont impactés, qui ne vont pas se développer et sécher en l’état, » Gérard Laurent vigneron au château l’Escart.

On peut remarquer le changement de couleur des baies touchées 10 h après l’impact, elles finissent par brunir © JPS

De nombreuses feuilles sont hachées, des grains ou baies de raisin en formation à terre, quand ils ne sont pas éclatés (et déjà brunis) par des grêlons de 1 à 2 centimètres de diamètre…

C’est une nouvelle épreuve pour Gérard Laurent, qui en 25 ans n’a jamais connu autant d’événements climatiques : la grêle cette nuit et trois jours de gel les 13 avril et 5 et 6 mai derniers. D’habitude, il produit 150 000 à 180 000 bouteilles en en Bordeaux Sup et Cadillac Côtes de Bordeaux, mais là sa récolte semble pas mal compromise cette année.

On a vécu déjà deux période de gel, avec plus ou moins d’intensité mais quand même assez fortes, on estimait avoir perdu 50% du potentiel de récolte, là c’est le coup de massue sur ce qui était reparti et même bien reparti, là je suis un peu abasourdi, effondré, à minuit vu l’intensité de l’orage et de la grêle qui tombait, je craignais le pire et le pire est bien là. »

Gérard Laurent va essayer de cicatriser sa vigne cet après-midi, avec son savoir faire de biodynamiste, avec de la teinture d’arnica et une décoction de plantes, mais cela ne ramènera pas un feuillage haché, tombé, très important pour la photosynthèse et les grains disparus.

Gérard Laurent était assuré, malgré tout l’assurance est calculée sur la production des 5 dernières années, avec dedans 2 énormes événements climatiques. Son château avait en effet subi l’énorme épisode de gel en 2017.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Sylvie Tuscq-Mounet au château l’Escart :

LES REACTIONS DES RESPONSABLES DE SYNDICATS VITICOLES, DE L’INTERPROFESSION ET D’AUTRES VITICULTEURS

Le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Hervé Grandeau témoigne ce matin pour Côté Châteaux : « il n’y a pas l’air d’y avoir de gros dégâts… J’ai eu peur à 11h30, à titre perso, j’ai pris à Yvrac, le feuillage et quelques grappes touchées, mais c’est un épi-phénomène. J’ai eu une dizaine de professionnels avant 8h, il y a eu de petits couloirs de grêle mais pas de désastre pour Bordeaux.

Christophe Chateau du CIVB : « on a fait le tour, visiblement pas de dégâts, de l’eau et un peu de grêle mélangé à l’eau, heureusement on est passé à côté. En fait c’est arrivé par l’ouest par Arcachon, puis c’est remonté vers le nord de la Gironde. »

Impacts de la grêle sur les grains à Néac en Gironde © Carine Delacroix

En Pessac-Léognan où le syndicat avait une réunion technique ce matin, Philibert Perrin son président commente : « non, non, pas de dégâts en Pessac-Léognan, ça a tonné, quelques goûtes, peut-être plus dans le Médoc… »

Dans le Blayais, « pas de retour d’impacts de grêle » ce matin commente Franck Jullion, le président du syndicat Blaye Côtes de Bordeaux, pas de retours inquiétant du côté de Bourg selon Didier Gontier.

Nicolas Lesaint, responsable technique du château de Reignac à Saint-Loubes reconnaît avoir aussi été « touché sur 1,5 hectares à 50%, on a eu 20 millimètres de pluie, mais c’est passé à ras… » De même pour le château Vincent : « nous aussi impactés sur Saint-Loubès »

L’ODG Médoc Haut-Médoc et Listrac, en la personne d’Hélène Larrieu sa directrice : « il y a eu de la pluie et grêle mêlée mais on a eu très peu de retours des propriétés, il n’y a pas eu de dégâts significatifs sur notre secteur de Blanquefort à Virsac. »

18 Mai

Une erreur d’un sommelier et le client se retrouve à déguster une bouteille Le Pin à plus de 5000€

L’histoire est assez insolite pour être soulignée par Côté Châteaux. Elle s’est passée en Angleterre. Au lieu de servir une bonne bouteille de Pichon Comtesse affichée à à moins de 300€, des clients du restaurant Hawksmoor Steakhouse à Manchester ont eu la surprise de boire une bouteille plus rare de Pomerol, un Le Pin. Le millésime était le même, un 2001, c’est déjà ça !

Le restaurant © Hawksmoor Manchester, bon joueur, a mis côte à côte les deux bouteilles…vous pouvez remarquer celle de gauche est vide, l’autre n’a pas été ouverte…

On ne peut pas dire que celui qui a commis l’erreur a faux sur toute la ligne : c’était un Bordeaux, déjà c’est juste, la forme de la bouteille ne l’a pas non plus trompé, l’étiquette était blanche et le millésime non plus un fameux 2001. En revanche, celui commandé était un Pichon Longueville Comtesse de Lalande, un très bon vin 2nd cru classé de Pauillac sur la rive gauche, et celui servi n’était autre qu’un Pomerol issu du fameux plateau, de Pomerol (rive droite). Un vin qui a eu sa réputation faite grâce à Robert Parker à partir du millésime 1982 et à de nombreux amateurs de vin de la planète : Le Pin. Entre les deux une sacrée différence de prix puisque le premier vin était affiché à 260 € à la carte et le second à 4500 Livres soit 5100€…En revanche, les deux châteaux ou domaines revendiquent de faire un très bon vin, selon les échanges de Tweets.

Le restaurant Hawksmoor qui a commis l’erreur n’a pas manqué d’humour et a balancé ce tweet : « au client à qui nous avons servi accidentellement une bouteille de château Le Pin Pomerol 2001 : nous espérons que vous avez apprécié votre soirée ! Et au membre de l’équipe qui l’a accidentellement donnée, ne t’inquiète pas ! Des erreurs « unique » arrivent et nous t’aimons quand même. » avec smiley…

Pour sûr, errare humanum est perseverare diabolicum…

Et pour mieux connaître la famille Thienpont qui réalise ce nectar Le Pin, regardez ce reportage réalisé par Jean-Pierre Stahl et Jean-Pierre Magnaudet sur le Thienpont Tour :

A lire également l’histoire rocambolesque sur The Guardian

10 Mai

Exclu: il y aura bien un appel à Bordeaux dans l’affaire des épandages de Villeneuve

C’est une nouvelle ! L’avocat François Ruffié confie à Côté Châteaux en avant première que le Parquet Général fait appel du jugement qui avait vu la relaxe des 2 châteaux des Côtes de Bourg qui avaient procédé à des épandages le 5 mai 2014, incommodant  des élèves et une institutrice.

L’avocat de la Sépanso François Ruffié le jour du jugement © JPS

« Le Parquet Général de Bordeaux a fait appel, nous aurons un vrai procès, en entier » commente à chaud et ravi François Ruffié, l‘avocat de la Sepanso. Le jugement du 30 avril dernier avait prononcé la relaxe des deux châteaux, l’un en conventionnel, l’autre en bio, qui avaient procédé à des épandages le 5 mai 2014 sur leurs parcelles respectives, mais la force du vent avait quelque peu dispersé les produits phytosanitaires, en dehors.

« Je suis super content, la santé de nos enfants vaut bien un procès », selon le refrain désormais célèbre de l’avocat Ruffié qui ne lâche rien. Il avait déjà fait appel devant la chambre de l’instruction du classement sans suite de l’affaire et avait été déjà suivi par le Parquet Général. Et celui-ci d’ajouter, cette relaxe était un très mauvais signal donné à la profession.

On s’en félicite, cette décision montre que le parquet général est en cohérence avec sa décision de relancer l’affaire l’année dernière, elle a du mal à aboutir car la viticulture pèse d’un poids très lourd, mais nous nous pensons que la vie de nos enfants vaut bien un procès », Daniel Delestre président de la Sepanso.

Le président de la Sepanso Gironde continue de commenter : « les avocats de la défense ont dit qu’on n’était pas capable de déterminer le lien de causalité, mais la question n’est pas là, la question est de savoir est-ce qu’il y a eu un écart par rapport aux normes de procédure d’épandage et nous pensons que oui. En fait ce jour là, l’épandage s’est fait dans conditions contraires, des conditions de vent et le parquet général en juge autant. »

Les deux châteaux étaient poursuivis pour « utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques ». L’affaire était  survenue le 5 mai 2014 et avait ému la France entière. 23 enfants et une institutrice de l’école primaire de Villeneuve ont été pris de maux de tête, d’irritations des yeux et de la gorge et d’envies de vomir. Il était reproché par la Sepanso aux châteaux d’avoir traiter alors que la force du vent était supérieure à 3 Beaufort, force à partir de laquelle il est interdit de traiter. 9 stations météo en Gironde donnaient des mesures de 20 à 32 kilomètres à l’heure, mais à Villeneuve il n’y avait pas d’anémomètre, donc pas de preuve irréfragable…ce derrière quoi s’étaient retranchés notamment les avocats de la défense.

Affaire donc à suivre…devant la Cour d’Appel de Bordeaux.

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Affaire d’épandage de produits phytosanitaires de Villeneuve : les deux châteaux sont relaxés

Ecoutez Daniel Delestre interviewé par Jean-Pierre Stahl et Dominique Mazères :