05 Jan

Taxera, taxera pas ? Les produits français dans l’expectative aux Etats-Unis…

La menace de l’administration Trump de taxer les produits français provoque une levée de bouclier aux Etats-Unis, chez les particuliers comme chez les professionnels du secteur. L’administration Trump a récemment menacé de surtaxer « jusqu’à 100% » l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français.

« Ne me prenez pas l’un des derniers plaisirs que je peux encore m’offrir », supplie Gerald Ansel. Cet amateur américain de vin veut convaincre l’administration Trump de renoncer à imposer des tarifs douaniers sur des produits emblématiques pour punir la France de sa taxe GAFA.

L’administration Trump a récemment menacé de surtaxer « jusqu’à 100% » l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français. Champagne, roquefort, sacs à main en cuir, cosmétiques, porcelaine de Limoges, cocottes en fonte Le Creuset et Staub, pourraient ainsi faire les frais du mécontentement des Etats-Unis après l’instauration en France d’une taxe sur les géants du numérique qui frappe en premier lieu les « Gafa » américains (Google, Apple, Facebook et Amazon).

Le représentant américain au commerce (USTR) reçoit jusqu’à lundi soir les commentaires écrits de particuliers et professionnels du secteur, et tiendra mardi une réunion publique, pour examiner les demandes d’exemptions.

« Des petites et moyennes entreprises seront pénalisées tout au long de la chaîne d’approvisionnement en représailles à des taxes sur les géants des services numériques », déplore ainsi, dans son commentaire à l’USTR, la Specialty Food Association (SFA), organisation professionnelle alimentaire qui compte plus de 3.900 membres aux Etats-Unis.

L’organisation estime qu’environ 14.000 détaillants de produits alimentaires spécialisés seront pénalisés par ces droits de douane, ainsi que plus de 20.000 autres détaillants alimentaires.

Dix associations d’importateurs de vins français, qui ont envoyé un courrier commun à l’USTR, ont chiffré de 11.200 à 78.600 les pertes d’emplois aux Etats-Unis si ces menaces sont mises à exécution.

HAUSSE ASTRONOMIQUE DES PRIX

La mesure n’entrera pas en vigueur avant mi-janvier, à l’issue de la période de consultations. Ces droits de douanes supplémentaires, « premièrement, feront perdre leur emploi à des gens, et les consommateurs n’auront plus accès à des produits qu’ils aiment ou devront supporter une hausse astronomique des prix », selon Kermit Lynch Wine Merchant, un importateur de vins français et italiens, dans un courrier transmis à l’USTR. « Malgré l’importance du marché américain pour le vin européen, les producteurs européens ne seront pas autant pénalisés que les consommateurs américains. (…) A la fin, les perdants seront les consommateurs et les entreprises américains », ajoute l’importateur.

De leur côté, les géants du numérique se gardent de condamner ces taxes supplémentaires. La Computer & Communications Industry Association, qui regroupe entre autres Facebook, Amazon et la maison mère de Google, Alphabet, estime ainsi que « l’action de la France mérite une réponse conséquente et proportionnée de la part des Etats-Unis ». « Si des changements sont nécessaires dans la taxation internationale de l’économie numérique, cela doit être mené dans le cadre d’un processus multilatéral à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) », plaide cette organisation.

Pour mettre fin à des pratiques fiscales controversées des multinationales du numérique accusées de minorer leurs revenus en France, le gouvernement français a voté fin 2018 une taxe dite « Gafa » qui impose ces entreprises à hauteur de 3% du chiffre d’affaires réalisé en France.

Le Canada compte également taxer les géants du numérique mais attendra, avant d’agir, la décision de l’OCDE, qui doit rendre à l’été un rapport sur le sujet. « Les menaces de sanctions américaines sont inacceptables. Notre priorité est de trouver une solution internationale à l’OCDE sur la taxation du numérique. Si nécessaire, nous sommes prêts à riposter au niveau européen », avait rétorqué mi-décembre le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

Si les Etats-Unis concrétisent leurs menaces, il s’agirait d’un deuxième train de sanctions douanières touchant la France: dans la longue bataille juridique autour des subventions accordées à Airbus, l’administration Trump a commencé mi-octobre à appliquer des taxes punitives s’élevant à 10% sur les avions européens, et à 25% sur divers produits alimentaires de l’Union européenne dont une partie des vins français.

AFP

VOICI DES EXTRAITS DE COMMENTAIRES ADRESSES AU REPRESENTANT US AU COMMERCE (UTSR):

  • John LeRoy, travaille pour M.S. Walker, entreprise familiale qui importe des
    vins et spiritueux: « Les droits de douane envisagés pourront avoir des effets dévastateurs sur l’industrie qui me fait vivre avec ma famille. Mon gagne-pain dépend de la croissance continue et du succès de l’entreprise pour laquelle je travaille, et il est évident que ces droits de douane pénaliseront fortement notre capacité à conduire nos activités et servir nos clients. »
  • Elizabeth DiPaolo, acheteuse de vins pour un groupe de magasins d’alcool dans le Massachusetts: « Nous ne devrions pas avoir à payer le prix d’un conflit entièrement hors de notre contrôle. (…) Si les vins importés deviennent trop onéreux pour les consommateurs américains, alors les droits de douane ne servent pas les intérêts qu’ils devraient. A la place, résultera une grande dépression dans l’industrie de l’alcool, au détriment de nombreuses personnes qui travaillent dur. »
  • Kenneth Cusson, restaurateur: « La production américaine de produits de substitution aux produits américains n’est simplement pas suffisante. (…) Ces taxes vont punir les entreprises et consommateurs américains, pas les gouvernements et industries impliqués dans ce conflit. »
  • William Woodruff, de Chloe Wines, importateur à Seattle (Etat de Washington): « Marie Copinet Champagne représente 20% de notre activité, et nous serions contraints de retirer cette offre de notre catalogue, et licencierions immédiatement un de nos deux employés. »
    Whitney Schubert, responsable de l’offre France de Polaner Selections, importateur de vins dans le New Jersey: « Cela va détruire l’activité vinicole américaine. (…) De petites, moyennes, et même grosses entreprises ne seront pas capables de résister à des frais si élevés, ce qui provoquera des fermetures et des pertes d’emploi. »
  • Gerald Ansel, particulier, Anaheim (Californie): « S’il vous plaît n’imposez pas plus les vins européens. Ils sont l’un des derniers luxes que je peux m’offrir. La qualité des vins américains n’a rien à voir avec ceux de France ou d’Italie. NE ME RETIREZ L’UN DES QUELQUES PLAISIRS SIMPLES QUE JE PEUX ENCORE M’OFFRIR. »
  • Shawn Mead, responsable de deux commerces de vin à Seattle (Etat de Washington): « Des droits de douane de 100% sur les vins européens dévasteraient probablement mes deux activités. (…) Je demande urgemment à l’USTR de ne pas appliquer de nouveaux droits de douane, mais plutôt de trouver d’autres solutions (…) de préférence avec les parties concernées, plutôt que de punir une industrie qui n’a rien à voir, et les milliers d’Américains qui gagnent leur vie grâce à cela. »

04 Jan

Bordeaux solidaire de l’Australie en proie aux flammes : « du jamais vu de mémoire d’homme »

L’Australie vit actuellement de sombres heures, encerclée par de nombreux feux qu’elle n’arrive pas à maîtriser. Catherine Leparmetier de la CCI de Bordeaux Gironde est en contact avec ses amis australiens du réseau Great Wine Capitals. Une solidarité s’organise avec d’autres vignobles du réseau touchés par des incendies comme en Californie et au Portugal. Tandis que Jacques Lurton croise les doigts pour que son vignoble sur Kangaroo Island soit épargné…

LE RESEAU GREAT WINE CAPITALS SOLIDAIRE

Jointe ce matin par Côté Châteaux, Catherine Leparmentier-Dayot de la CCI de Bordeaux ne cachait pas son inquiétude vis-à-vis des ses amis australiens d’Adélaïde qui font partie des 10 villes et grandes régions viticoles. Jo Collins vice-présidente, que nous avions rencontré à Bordeaux en novembre dernier à l’occasion des 20 ans du réseau, a contacté par mail Catherine Lepamentier : « elle a demandé à ce que je fasse passer un message et un retour d’expérience avec les autres vignobles de Californie de Napa Valley et Sonoma qui avaient été touchés par les incendies, ainsi qu’au Portugal… »

Jo Collins from Adelaide in Australia au château Marquis de Terme en novembre dernier © JPS

« Déjà avant Noël, on a eu un appel au secours de mes amis d’Adélaïde, même si les feux impactent davantage la Nouvelle-Galles du Sud…Il y a des régions très touchées, avec des propriétés dévastées par le feu. Ils sont désespérés, ils ne savent pas par quel bout le prendre, c’est une catastrophe.En tous les cas, on est très attentif à tout cela et on va voir de quelle manière on va pouvoir les aider… »

Jacques Lurton devant la propriété familiale la Louvière à Léognan © JPS

JACQUES LURTON : « POUR L’AUSTRALIE, C’EST UNE ANNEE ATROCE…SUR KANGAROO ISLAND 1/3 DE L’ILE A BRULE » 

Quand on pense à l’Australie, on pense bien évidemment à toutes ces personnes cernées par les flammes. 23 personnes sont décédées, d’autres disparues, certaines ont été contraintes de trouver refuge sur la plage pour se sortir vivantes de ce terrible brasier et être embarquées sur des bateaux de sauvetage, 100 000 personnes sont évacuées actuellement, et puis on pense aussi à tous ces animaux, on parle sans doute de près de 500 millions de bêtes décimées…

Aerial photos of the fire at Ravine on Kangaroo Iasland. Picture CFS from Daily Examiner

Quand on pense Australie, on pense aussi au Bordelais globe-trotter Jacques Lurton qui a une propriété là-bas: « the Islander Estate Vineyards à Kangaroo Island ». Il me confie ce matin au téléphone: « cela brûle sérieux là-bas ! Pour  l’instant, j’ai de la chance, c’est passé juste à côté mais cela ne nous a pas touché. Fort heureusement le vent souffle dans un autre sens…Néanmoins la sécheresse et la chaleur touche cette zone, les plus grosses infra-structures hôtelières ont brûlé sur Kangaroo Island, c’est la 3e destination touristique en Australie, c’est comme si un 1/3 de la Corse avait brûlé.

Pour l’Australie, c’est une année atroce, du jamais vu de mémoire d’homme », Jacques Lurton propriétaire de Islander Estate Vineyards

 

Et de poursuivre : « Il y a deux semaines, cela a flambé dans les colline d’Adélaïde, il y a plus d’1/3 du vignoble qui a brûlé, avec des noms de domaines très importants comme Henschke, il y a eu de gros feux sur Sydney et depuis une semaine à l’est de Melbourne, des feux qui ont d’ailleurs poussé les gens sur les plages… »

Louis Bouteloup et Juliette, lors d’une soirée dégustation à Bordeaux © JPS

LE REGARD DE LOUIS BOUTELOUP, GIRONDIN ANCIEN HABITANT EN AUSTRALIE

Ami de Côté Châteaux, titulaire d’un BTS commerce vin et spiritueux à la MFR de Vayres, Louis Bouteloup Bèglais a passé avec sa compagne près de 2 ans en Australie, d’octobre 2014 à mars 2016…Il connaît bien le pays qu’il a sillonné « on a fait 35000 kilomètres »; « on a fait les vendanges là-bas, à Mac Laren Vale à côté d’Adélaïde, des vendanges en février-mars où il faisait très chaud très tôt le matin, où l’on apercevait de petits kangourous… »

« On n’est qu’à moitié surpris malheureusement, ce sont des feux courants en Australie, mais avec le réchauffement climatique cela s’aggrave et ce n’est pas un pays écologique car c’est le 1er pays exportateur de charbon au monde. Ils ont creusé un passage au niveau de la grande barrière de corail pour que les cargos puissent passer, et ils sont émis un véto pour que cette grande barrière ne puisse pas être classée Unesco...

« Chaque année, cela crame là-bas, mais surtout au milieu de l’Australie, là où il y a une communauté aborigène, mais cela fait beaucoup moins parler…là c’est beaucoup plus important. Ils auraient pu réagir plus tôt, mais ils sont tellement habitués à des « bushfire », mais là cela a pris beaucoup plus d’importance. C’est terrible pour la faune et notamment les koalas, une espèce déjà en voie de disparition, c’est en train de l’anéantir… »

« On est de tout coeur avec nos « mate » amis australiens… » conclue Louis Bouteloup.

Observation de l’Australie avec le satellite geostationnaire Himawari 8 le 3 janvier 2020.

A cette heure, la situation risque de prendre encore plusieurs semaines, une question de solidarité internationale se pose pour de nombreux Etats qui devraient envoyer des canadairs et autre dash pour essayer de contenir ce désastre planétaire, car ce drame est visible depuis l’espace : sur le site Ciel et Espace, on prend conscience de l’importance de cette catastrophe, des rejets de fumées et retombées : « c’est peut-être à 36 000 km d’altitude, par le biais d’Himawari 8, que le constat est le plus impressionnant » commente Ciel et Espace. « Les images du satellite de l’Agence météorologique du Japon révèle un vaste panache ocre, fait de cendres et de poussières, qui s’échappe vers l’est… jusqu’en Nouvelle-Zélande. Sur place, le 1er janvier 2020, les habitants de l’île du Sud ont constaté que le Soleil adoptait une couleur rouge-orangée. En cause, la diffusion de la lumière par une atmosphère chargée de ces particules rejetées par les incendies australiens. Plus en altitude, la neige de certains glaciers néo-zélandais a même tourné au brun, comme le rapportait hier The Guardian ».

Côté Châteaux a une pensée émue pour toutes les victimes, personnes évacuées, blessées et tous ces animaux, sans parler du vignoble. Bon courage aux Australiens et espérons pour eux une aide internationale.

12 Déc

Manifestation devant la chambre d’agriculture de la Gironde

Ce matin, des associations de riverains et anti-pesticides se sont rassemblées devant la Chambre d’Agriculture de la Gironde, en signe de protestation. Elles n’ont pas été conviées à une réunion de concertation sur la délimitation des zones de non-traitement.

La manifestation devant la chambre d’agriculture © France 3 Aquitaine

Un rassemblement de contestation a eu lieu ce matin à 10h devant le siège de la chambre d’agriculture de la Gironde. A l’ordre du jour, « la charte des riverains » pour laquelle les acteurs sont appelés à réfléchir et trouver des solutions, à la demande de Mme la Préfète.

Les associations dénoncent le fait de ne pas avoir été conviées, alors qu’elles s’estiment être des forces e propositions sur la question et l’exposition des riverains face aux pesticides de synthèse en agriculture et viticulture, précisant que « l’eau, la terre et l’air sont des biens communs ».

Dans un communiqué envoyé il y a plus d’une semaine, une dizaine d’associations comme Générations Futures, Alerte aux Toxiques, mais aussi la FCPE Gironde, le Collectif de Parents d’Elèves de Parempuyre,  soulignaient « depuis le projet de ZNT du Ministère de l’Agriculture, l’exposition des riverains aux pesticides synthèse n’a jamais été aussi présente dans l’actualité les esprits. Les arrêtés municipaux anti-pesticides reflètent l’inquiétude grandissante d’une société civile et d’une réelle volonté politique de certains édiles de protéger la santé de leurs concitoyens, dont les plus vulnérables, les enfants. »

« Je ne vois pas pourquoi il y aurait d’un côté une réunion avec les « environnementalistes » ou les personnes qui sont militantes anti-pesticides et de l’autres les institutionnels de la viticulture, tout le monde doit être autour de la table », confiait Valérie Murat d’Alerte aux Toxiques au micro de Jean-Claude Lacoste et Maruki Dury de France 3 Aquitaine .

Ces associations souhaitent avant tout une représentativité pour participer au débat et non rester dans des « situations qui accentueront immanquablement le clivage entre les populations de professionnels et les riverains. »

« Nous souhaitons d’abord discuter avec des associations représentatives à un niveau départemental, ces associations-là ne sont pas départementales mais locales, Info Médoc c’est le Médoc, Alerte aux Toxiques c’est l’Entre-Deux-Mers, donc nous allons travailler avec Générations Futures, avec la Sepanso et Phyto Victimes », confie Patrick Vasseur vice-président de la Chambre d’Agriculture de la Gironde.

Mais l’association Photo Victimes semble être charentaise, de quoi agacer encore davantage les militants des associations tenus à l’écart.  De nouvelles pistes de réflexion seront abordées lundi, cette fois avec une invitation pour les associations.

18 Oct

Le président des vignerons de Chinon regrette les sanctions américaines

Le président du syndicat des vins de Chinon, Francis Jourdan, a regretté vendredi la mise en application des sanctions américaines qui concernent certains vins français, dont ceux du Val de Loire.

« Nous sommes séquestrés, c’est une punition, un effet collatéral », a-t-il déclaré. Selon lui, les Etats-unis étaient jusqu’à présent un « marché de prédilection » pour les vins du Val de Loire, lesquels sont « très bien accueillis » et « montaient en gamme ».

En 2018, les vignerons de Chinon, première appellation des vins du Val de Loire, ont exporté environ 500.000 bouteilles aux Etats-unis, en progression annuelle de 20% depuis plusieurs années, selon le syndicat. Le total de leurs exportations s’élève à 700.000 bouteilles, soit 8% de leur production.

Les vins italiens, qui ne sont pas concernés par ces sanctions, pourraient profiter de ces taxes sur leurs concurrents français et espagnols. « Toute la semaine dernière, on a eu des discussions avec les importateurs(…) On va devoir faire des concessions si on ne veut pas que le consommateur américain nous abandonne », a-t-il dit, précisant qu’une bouteille de Chinon se vendait chez les cavistes américains entre 25 et 35 USD, ce qui en fait « un vin très accessible ».

Les Etats-Unis ont, comme prévu, commencé à appliquer vendredi des taxes douanières punitives sur 7,5 milliards de dollars de produits européens.

Une nouvelle taxe de 25% vise les vins « tranquilles » (non effervescents) français, espagnols, allemands et britanniques, ayant un degré d’alcool inférieur ou égal à 14%, et en contenants de moins de deux litres.

En 2018, les vins français concernés ont réalisé sur le marché américain un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, et les Etats-Unis représentent près de 20% de l’ensemble des exportations de vin de l’Hexagone, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).

Avec AFP

16 Oct

Taxes US, Brexit: le monde du vin français demande à l’Etat et à Bruxelles de réagir vite

A deux jours de l’application des nouvelles taxes américaines sur les vins français, et avec un Brexit sans accord qui reste possible le 31 octobre, les viticulteurs hexagonaux s’estiment « piégés » par des enjeux géopolitiques qui les dépassent, et demandent à l’Etat et à Bruxelles de réagir vite et « à la hauteur des enjeux ».

Bernard Farges, le Président du CIVB © Jean-Pierre Stahl

« La filière viticole exprime un très fort mécontentement face à la léthargie du gouvernement français sur le sujet de la taxe américaine de 25% sur les vins français qui va s’appliquer à partir du 18 octobre », a indiqué mercredi Bernard Farges, président de la Confédération CNAOC qui regroupe les 17 principales régions viticoles françaises à appellation, soit 70% des viticulteurs du pays.

Comme les olives espagnoles et le fromage italien, le vin français, qui est le deuxième secteur d’exportation du pays, est « sacrifié sur l’autel des négociations aéronautiques et du conflit commercial entre Airbus et Boeing », a dénoncé M. Farges au cours d’une conférence de presse devant le siège de FranceAgriMer, l’organisme public qui encadre les marchés agricoles.

Depuis l’annonce des taxes par l’administration Trump, « on voit déjà des annulations de commandes de vins français par des Américains », a dit M. Farges en évoquant notamment le beaujolais, entouré de l’ensemble des organisations professionnelles de la filière viticole (viticulteurs, négociants, exportateurs) ainsi que des syndicats agricoles FNSEA et Jeunes agriculteurs.

« Il y a cinq ans, nous avions déjà été touchés par des perturbations sur le marché viticole dues au conflit entre la Chine et l’Union européenne sur les panneaux photovoltaïques », a-t-il rappelé. « La Commission européenne peut encore négocier avec Washington avant le 18 octobre, encore faudrait-il que l’Etat français la pousse, des négociations auraient déjà dû commencer », a-t-il ajouté.

Les viticulteurs ont par ailleurs dénoncé la sous-utilisation –pour la première fois– des fonds européens destinés notamment à financer des opérations de promotion hors de l’UE pour exporter les vins français. « Sur une enveloppe annuelle de quelque 280 millions d’euros, destinée à financer la promotion hors UE, l’investissement dans les chais, et la restructuration des vignobles, la France va renvoyer environ 15 millions d’euros non utilisés uniquement pour des raisons de complexité administrative kafkaïenne », a dénoncé M. Farges. « Et encore, ce chiffre a-t-il été réduit drastiquement ces derniers jours par l’accélération de certains dossiers. »

Le 10 octobre, la FNSEA avait sonné l’alerte sur le sujet en estimant que la France s’apprêtait à renoncer à 30 à 40 millions d’euros d’aides européennes destinées à ses producteurs de vins.

Les Etats-Unis sont le premier marché à l’exportation du vin français, avec des achats de 1,6 milliard d’euros l’an dernier. Le Royaume Uni est le deuxième client avec des ventes de 1,1 milliard d’euros. Le total du chiffre d’affaires export des vins français (hors spiritueux) s’élève à quelque 9 milliards.

AFP

03 Oct

Hausse des droits de douanes de 25% sur les vins français : pour Bordeaux, un « coup de massue » de l’Oncle Sam

La nouvelle a été vécue comme un quasi-cataclysme par toute la filière bordelaise et les autres régions viticoles françaises. Ces 25% de taxes supplémentaires font froid dans le dos. Réactions de vignerons et du négoce bordelais par Côté Châteaux.

Eric et Andrea Perrin dans le chai de vins blancs du château Carbonnieux, une bonne partie du millésime 2019 devait partir aux USA © JPS

Au château Carbonnieux à Léognan, on redoutait depuis plus d’un an les menaces de Donald Trump de taxer les vins français… Il avait même annoncé 100% avant le G7, finalement ce sont 25% de droits de douane supplémentaires, c’est tout de même un coup dur pour la viticulture bordelaise.

Forcément, pour c’est un coup de massue que l’on reçoit sur la tête. En 1er vins rouges et blancs confondus, on produit quasiment 400000 bouteilles et on a 20% de notre production qui est routée vers les Etats-Unis », Eric Perrin propriétaire du château Carbonnieux.

Regardez la réaction d’Eric Perrin du château Carbonnieux réalisée en direct pour le 12/13 de France 3 Aquitaine par Jean-Pierre Stahl et Cristel Arfel : 

La distribution en elle-même est déjà un frein, avec un système bordelais de courtiers et de négociants, auquel s’ajoute le système américain de distribution nationale ou par Etat, avec des retailers, avant d’arriver sur la table de restaurants ou chez les cavistes… « Des vins qui, grosso modo, sur le marché bordelais sont vendus aux alentours de 20 €, vous allez les retrouver à plus du double du prix dans des fourchettes entre 40 et 50 $  aux USA. Et après, il va falloir ajouter les 25% » commente Eric Perrin dans son chai en train de déguster ses blancs dont une bonne partie devait partir sur le marché américain.

Chez Twins, cette maison de négoce bordelaise, on est plutôt inquiet car 35% des exportations sont réalisées vers les USA, 13 salariés dépendent de ce marché, le tout dans un contexte international déjà défavorable….

C’est une situation très préoccupante qui s’ajoute à un contexte international fragile, une récession économique en Chine, d’énormes problèmes politiques à Hong-Kong, le Brexit dont on entend parler tous les jours , vous avez tous les grands marchés exports pour les vins de Bordeaux qui sont en situation de crise », Anthony Moses co-directeur de Twins..

De son côté, Thierry Decré, PDG de LD Vins, n’ose pas croire à une telle mesure « qu’est-ce qu’on a fait pour mériter cela ? Une sanction aussi forte, ce n’est vraiment pas amical, avec un pays que l’on a toujours soutenu; Bordeaux vend des vins américains dans le monde entier et on prend un projet de 25% de taxes supplémentaires, j’ose espérer qu’on en est encore au stade où l’on va négocier quelque chose… »

A l’origine de ce projet de taxes américaines, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui a autorisé le gouvernement US, dans le conflit sur les aides à Airbus, à prendre des sanctions tarifaires record sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services de l’UE (Union européenne); ces taxes viseraient les produits fabriqués par la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume Uni, les 4 du consortium européen Airbus.ce sont donc des vins français, mais aussi des fromages, olives ou encore du whisky écossais qui devraient être taxés de 10 à 25% de plus.

 A Paris, cet après-midi la Fédération des Exportateurs de Vins et de Spiritueux a tenu une conférence de presse à la Maison de l’Amérique Latine. La FEVS a déploré cette décision et a appelé à une solution négociée »…

La où cela peut être très difficile, c’est là où on a des concurrents à 10 à 30 $, et où la France ne pèse que 5% », Louis-Fabrice Latour vice-président de la FEVS

Aujourd’hui, les USA sont le 2e marché à l’export pour les vins de Bordeaux avec 26 millions de bouteilles pour un total de 279 millions d’euros.

Il faut espérer que nos amis américains retrouvent la voix de la raison. L’inspiration devrait leur venir de cette histoire commune qu’aime à rappeler la famille Perrin au château Carbonnieux.

Il fut un temps où un grand président Thomas Jefferson y planta un pacanier, un noyer d’Amérique, par amour des vins de Bordeaux. C’était il y a plus de deux siècles…. Il suffirait que, comme au siècle des lumières, une lueur de bon sens éclaire l’actuel Président. Allez « give me five ! »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Christèle Arfel et Françoise Dupuis :

14 Août

Californie: dans des vignobles, la ruée vers le cannabis laisse un parfum d’amertume

Un sujet plutôt hallucinant ! Agriculteurs traditionnels et producteurs de cannabis sont à couteaux tirés dans l’un des vignobles réputés du sud de la Californie, où la ruée vers l’herbe déclenchée par la légalisation de cette drogue laisse un parfum d’amertume, notamment chez les viticulteurs.

Image d’illustration de vendanges © JPS

Depuis novembre 2016 et la loi autorisant l’usage récréatif de marijuana dans toute la Californie, les vignerons et de nombreux habitants du comté de Santa Barbara se plaignent d’être envahis par des voisins indésirables, dont le cannabis empuantirait non seulement l’atmosphère mais bouleverserait aussi leur mode de vie.

C’est la plus importante menace pour le secteur viticole que j’ai vue depuis que je suis arrivé ici voici 25 ans » Stephen Janes, gérant des vignobles Pence Vineyards (200 km nord-ouest de Los Angeles).

En cause: le développement fulgurant des exploitations cultivant du cannabis, qui ont déjà colonisé plusieurs centaines d’hectares à la faveur d’une réglementation particulièrement souple dans ce comté. Des millions de plants de marijuana, dont chaque hectare peut valoir plusieurs millions de dollars, ont ainsi littéralement fleuri sur les coteaux des vallées de Santa Ynez et Santa Maria, aux côtés des pieds de vigne.

Plus au sud, dans la petite ville côtière de Carpinteria, les serres jusqu’alors consacrées à l’horticulture abritent désormais du cannabis, au grand dam de certains riverains. « Maintenant, je dois porter un masque quand je sors dans mon jardin et mes petits-enfants ne me rendent plus visite à cause de l’odeur », soupire Joan Esposito, arrivée voici 36 ans dans la ville.

LE CANNABIS DOMINE LE MARCHE

Dans les collines de Santa Rita, réputées pour leur pinot noir, une enfilade d’arceaux recouverts de bâches blanches s’étend à perte de vue parmi les vignobles. Il s’agit là encore du précieux cannabis. « Ca ne ressemble à rien de ce qu’on a connu et c’est arrivé très vite. Personne n’avait anticipé l’impact visuel », souligne Kathy Joseph, propriétaire des caves Fiddlehead et des vignobles Fiddlestix. « Maintenant, c’est le cannabis qui domine le marché, de plus d’une façon », estime-t-elle.

Viticulteurs, producteurs d’avocats et autres agriculteurs traditionnels se plaignent d’être obligés d’adapter leurs pratiques aux exigences du cannabis, notamment incompatible avec l’utilisation de pesticides chimiques. « C’est un vrai cauchemar », déplore Mme Joseph, contre laquelle un voisin a porté plainte, l’accusant de mettre en danger son herbe par les traitements qu’elle pulvérise sur ses vignes. « Ca fait 40 ans que je me consacre à faire du vin, et en tant que viticulteurs, nous sommes soumis à des contrôles stricts », insiste-t-elle. « Mais cette année, je vais probablement perdre ma récolte de chardonnay, d’une valeur de 50.000 dollars, car j’ai dû employer un pesticide qui n’est pas aussi efficace contre le mildiou ».

Sollicitée par l’AFP, l’organisation représentant les quelque 900 cultivateurs de cannabis du comté n’a pas réagi. Des responsables du comté de Santa Barbara, qui fixe la réglementation régissant la culture de la drogue douce, ont pour leur part reconnu que les autorités locales auraient dû mieux encadrer le développement de ce marché. « Je suis très soucieuse de l’impact des exploitations de cannabis à l’air libre dans la vallée de Santa Ynez », a déclaré à l’AFP l’une d’entre elles, Joan Hartmann, qui assure travailler à des mesures correctives.

CONTROLE DES ODEURS ?

Graham Farrar, président de l’Association des producteurs de cannabis responsables, jure que ses collègues font tout ce qu’ils peuvent pour entretenir des relations de bon voisinage. Ils installent des systèmes de contrôle des odeurs et contribuent à l’économie locale, affirme-t-il à l’AFP.

« La communauté soutient le cannabis » et l’odeur n’est pas un problème, balaye-t-i d’un revers de main. « Beaucoup de ceux qui parlent de l’odeur n’aiment pas ça (…) parce qu’ils pensent que le cannabis est immoral », fait valoir M. Farrar. L’argument a du mal à passer chez Stephen Janes, qui dément toute opposition de principe au cannabis. Comme ses collègues, il veut juste pouvoir poursuivre son activité sans qu’un parfum de chanvre ne vienne polluer les salles de dégustation.

« L’industrie (viticole) est ici depuis 40 ou 45 ans et contribue pour 1,8 milliard de dollars à l’économie locale (…) Je ne pense pas que ce soit juste qu’une autre industrie débarque et nous oblige à changer nos façons de faire », plaide-t-il.

D’autres préfèrent partir sans attendre de voir si la situation va s’améliorer. C’est le cas de Maureen Foley Claffey, qui a grandi à Carpinteria et dont la maison est désormais cernée par du cannabis. « Tout ça a dressé les voisins les uns contre les autres. J’ai déjà perdu des amis, et maintenant je perds ma maison ».

AFP

27 Juil

Le duel Macron-Trump : taxes sur les Gafa contre taxes sur les vins français…

Après la volonté clairement affiché d’Emmanuel Macron de taxer les Gafa sur le sol français, et l’adoption de la loi par le Parlement Français, Donald Trump a réitéré ses menaces de taxes en retour les vins français.

Une superbe cave avec plus de 50% de vins français de Bordeaux, Bourgogne, et d’ailleurs, chez Millésima à New-York © JPS

Ce n’est pas que, mais ça sent les taxes… Dans un sens et dans l’autre. Ainsi le veut le jeu de la politique.

Emmanuel Macron a promis de taxer les Gafa, autrement dit les géants américains des hautes technologies, lors du grand débat national, un serpent de mer reporté maintes et maintes fois. Evidemment ces entreprises Apple, Google, Facebook ou Amazon, réalisent d’énormes profits chez eux mais aussi en dehors de leur sol d’origine, en France notamment, aussi paraît-il quelque peu normal de se poser la question de les taxer, dans un sens d’équité car comme le veut la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, l’égalité devant l’impôt existe en France… en théorie. Le Parlement a donc adopté le 11 juillet le principe d’une taxe de 3% sur leur chiffre d’affaires.

Du coup, il n’en fallait pas plus pour fâcher le Président Donald Trump. Celui-ci a qualifié hier de « stupidité » la réaction du Président Macron. La lune de miel entre Washington et Paris semble bien loin, et ce 14 juillet où Donald Trump et Emmanuel Macron se faisaient des accolades aussi. Le Président Américain, roi du tweet, n’a pas résisté et annoncé une nouvelle fois en retour des taxes sur les vins français :

La France vient d’imposer une taxe numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu’un devait les taxer, cela devrait être leur pays d’origine, les Etats-Unis », a tweeté le Donald Trump. « Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J’ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français ! ».

Les deux hommes se sont parlés au téléphone hier soir… Selon l’Elysée, Emmanuel Macron a insisté, au cours de cet entretien, sur le fait que la taxation des Gafa était « un sujet d’intérêt commun » et pas seulement français, « sur lequel il faut continuer d’agir en vue d’obtenir un large accord international ».

Un peu plus tôt, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait affirmé que « la France mettra[it] en oeuvre ses décisions nationales ».

Nul doute que le Donald Trump ne va pas en rester là et va définitivement passer à l’action sur les vins français comme il l’a annoncer à plusieurs reprises. Le G7 de Biarritz s’annonce sous une forte houle…

La suite au prochain épisode…

Lire ou relire : Taxes américaines sur le vin: « rien de dramatique » pour le négoce bordelais

et Les réactions des vignerons bordelais face à la menace de Donald Trump de taxer davantage les vins français

06 Juil

Encore un épisode de grêle sur quelques secteurs en Gironde…

Cette nuit, des orages ont éclaté en Gironde, beaucoup de pluie et par endroits de la grêle… Une fois de plus, ce qui fait dire aux vignerons touchés: « il y en a marre. »

Les dégâts de cette nuit dans l’Entre deux Mers © Patrick Clarens

Une fois de plus, le ciel a grondé, tonné, des éclairs, de la pluie, beaucoup de pluie, et de la grêle localisée mais à plusieurs endroits.

Les sentinelles et amis de Côté Châteaux et notamment Sophie Aribaud, conseillère technique, m’ont signalé de la grêle cette nuit sur « Sainte Terre, Vignonet, Lugaignac, Daignac, Grézillac, Naujan, Postiac, Faleyrens et Génissac. Une liste qui semble s’allonger avec fil de la journée, avec Saint-Pey-d’Armens ».

Des baies blessées par endroits, en espérant que les dégâts ne soient pas trop importants, et que la canicule évite l’installation de botrytis.

Un viticulteur, client de Delacroix Aribaud Conseil a pu observer des « impacts sur l’ensemble des parcelles à Naujan, Saint Aubin de Branne, Lugaignac, Daignac et Moulon… »

© Photo vignobles Gadras

Joint par téléphone, Hugues Laborde, directeur technique des vignobles Invidia, 7 propriétés, m’expliquait « nous avons le château Haut Meyreau (à Dardenac) qui a été fortement impacté, mais fort heureusement Saint-Emilion pas touché, Fronsac non plus. En revanche, cela a été grêlé à Daignac, Grézillac, Espiet, Faleyras..En fait cela a touché ce qui fait face à Saint-Emilion, on avait déjà gelé au début du printemps à cet endroit mais personne n’en a parlé, on a eu des plateaux entièrement gelé, puis de la coulure, et là on s’est pris la grêle samedi à 5h du matin. Ce sont des pertes qui vont de 30 à 60%. Si on cumule au gel, à la coulure, le millésime 2019 risque d’être léger pour nous. C’est un vrai coup dur pour l’Entre-deux-Mers. Tous ces incidents climatiques qui se multiplient, cela devient très dur, je ne sais pas si tout le monde va tenir le choc. Car si on ne fait pas de vin, on perd les marchés… »

Les pensées de Côté Châteaux vont à tous ces viticultrices et viticulteurs à nouveau impacté par ces intempéries.

En ce lundi matin, Sophie Aribaud confiait sur sa page Facebook : « la cicatrisation est effective grâce au conditions chaudes et ensoleillées ! Les dégâts sont malheureusement importants sur les communes concernées ! »

30 Juin

Canicule : incroyable, des vignes brûlées par le soleil dans l’Hérault et le Gard

L’épisode exceptionnel de canicule a fait de nombreux dégâts dans les vignes de l’Hérault et le Gard. Ces vignes ont été particulièrement touchées. Un phénomène plutôt rare mais qui est dû à l’intensité de la chaleur et du soleil.

Des vignes brûlée, du jamais vu près de Montpellier après la canicule / © Sébastien Banus de France Languedoc Roussillon

Dans les vignobles autour de Montpellier, les vignes semblent avoir brûlé au soleil. Emilien Fournel, viticulteur à Sussargues, n’en revient toujours pas. 50% de sa production de vigne a été détruite.

C’est du jamais-vu. En principe au mois de juin les températures sont moins fortes. À cette période-là, les feuilles sont moins dures, et avec cette chaleur, elles n’ont pas réussi à résister »,  Emilien Fournel  viticulteur à Sussargues.

À Saint-Génies-des-Mourgues, même constat dans cette vigne de Carignan, un cépage ancestral. Les raisins ont grillé ; une situation inédite pour Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et viticulteur depuis 30 ans. 

Je me suis douté que la vigne allait être touchée par la canicule, sachant que l’on était en vigilance rouge, mais de là à êtrepar endroit comme brûlée au chalumeau… Normalement, le Carignan résiste. Ça fait mal aux tripes, parce qu’on est désarmé face à cette situation et ces évolutions climatiques qui doivent nous interpeller », Jérôme Despey.

Le préfet a été saisi par les organisations syndicales. Une réunion de crise aura lieu lundi 1er juillet pour évaluer les dégâts qui s’annoncent très importants pour le vignoble local. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui sera en visite dans le Gard vendredi 5 juillet, notamment pour l’inauguration du Mas des agriculteurs, pourrait être interpellé sur cette question.

Avec Emma Derome et Sébastien Banus de France 3 Occitanie.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Languedoc Roussillon