20 Juin

Un incendie s’est déclaré au château Suduiraut, 1er cru classé de Sauternes

Un incendie s’est déclaré ce matin dans l’un des joyaux de l’appellation Sauternes. L’incendie, qui a touché une aile du château et pour lequel 80 sapeurs pompiers ont été engagés, a finalement été maîtrisé en fin de matinée.

Les sapeurs pompiers en pleine action ce matin pour circonscrire l’incendie à Suduiraut © Daniel Detrieux

C’est aux environs de 8 heures que l’incendie s’est déclaré au château Suduiraut, 1er Cru Classé de Sauternes, à Preignac. 80 sapeurs pompiers et 20 véhicules du Codis de Gironde ont été engagés rapidement sur les lieux pour éviter que l’incendie ne se propage à l’ensemble du château.

Le feu aurait détruit plus de 200 mètres carrés du château dans la partie réceptive, ainsi que des chambres, la partie vinicole n’ayant pas était atteinte et selon les premières informations des amis de Côté Châteaux les vins n’ont pas été touchés non plus.

A 11 heures, l’incendie était éteint © Daniel Detrieux

L’origine de l’incendie reste pour l’heure indéterminée, 50 personnes ont été évacuées avant l’arrivée des secours.

Si à 11 heures le feu était maîtrisé, les sapeurs pompiers restaient sur place pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de reprise de feu. Les dégâts vont être estimés dans les heures qui viennent.

Ironie de l’histoire, le château avait été incendié lors de la Fronde, puis reconstruit au XVIIe siècle ; au XVIIIe il prenait le surnom de Cru du Roy, suite à sa reprise par un neveu de la famille Suduiraut, Jean Joseph Duroy, Baron de Noaillan. A noter de magnifiques jardins à la française, dessinés par Le Nôtre, célèbre jardinier du roi Louis XIV, et le classement de 1855 qui lui a conféré le rang de 1er Cru Classé, un des plus fameux vin de Sauternes. Depuis 1992, ce château est la propriété d’AXA Millésimes.

16 Juin

Bordeaux Fête le Vin : un homme d’une soixantaine d’année se noie dans la Garonne

Un drame vient endeuiller pour la première fois en 20 ans Bordeaux Fête le Vin. Un homme d’environ 60 ans est tombé d’une passerelle en bois, installée entre le bateau Morgenster (sur lequel se tenait une soirée privée) et le ponton Albert Londres. Il a été emporté par le fort courant de la Garonne. Il est toujours porté disparu.

Le drame est survenu peu avant 1 h du matin sur le Morgenster © JPS

L’équipage néerlandais du Morgenster est sous le choc. Le drame est survenu très tard hier soir, bien après la fin du feu d’artifice. L’homme d’une soixantaine serait tombé à l’eau depuis le ponton, après être descendu du bateau.

Les visites du navire ont été fermées toute la journée © JPS

En quelques secondes des témoins ont vu la scène sans pouvoir porter secours à la victime, très vite entraînée vers la proue du navire, par le fort courant de la Garonne.

Ce matin, sur le stand des Médoc, les vignerons découvrent la terrible nouvelle, comme en témoigne Cédric Coubris du château La Mouline et Président des Vignerons Indépendants de Gironde:  

« ça refroidit un peu forcément, j’espère que cela ne va pas nuire à l’image de Bordeaux Fête le Vin, en tout cas depuis 20 ans, on n’a jamais eu de problème par rapport à des abus, non c’est épouvantable. »

Conférence de presse à 14 heures depuis le PC Sécurité avec Stéphan Delaux, président de Bordeaux Grands Evénements, organisateur de Bordeaux Fête le Vin © JPS

A 14h, les organisateurs tenaient une conférence de presse au PC Sécurité de Bordeaux Fête le Vin. Stéphane Delaux,  président de Bordeaux Grands Evénements et adjoint au maire de Bordeaux, a déclaré :

« Nous sommes bien sur sous le choc de ce qui est arrivé cette nuit, nous sommes extrêmement tristes que cet accident soit venu troubler un moment de fête important et nous voudrions adresser nos condoléances et notre peine à la famille de la victime au nom de la ville de Bordeaux et de son maire » .

 « C’était une soirée privée sur un bateau privé, nous sommes bien sûr tristes nous l’avons appris dans le courant de la nuit autour de 00h53 que le Codis a été activé pour la disparition de cette personne et le fait que jusqu’à présent les recherches ait été vaines. »

« A l’heure qu’il est nous ne connaissons pas les circonstances, et la manière dont s’est produit cet accident, bien sûr il y a eu des témoins, ils seront interrogés sur la manière les choses se sont passées. »

« A ce moment-là le site était fermé, évacué et gardé. Le signal d’évacuation avait été donné vers 0h05…Le ponton a fait l’objet d’une inspection et agrée par un expert maritime, » complète Stéphan Delaux.

Une enquête est en cours, confiée aux services de police de Bordeaux. Par ailleurs Bordeaux Fête le Vin se poursuit.

03 Juin

Générations Futures et Pierre Hurmic dénoncent le vote sur le glyphosate, qui ne sera finalement pas interdit

L’interdiction du glyphosate ne sera finalement pas inscrite dans la loi. Cela fait réagir Générations Futures et des personnalités de favorables à l’écologie, comme Pierre Hurmic élu de Bordeaux.

Générations Futures a commenté que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient! », ça on s’en doutait, l’expression venait même d’un certain Pasqua en son temps.  « Nous on préfère les faits et force est de constater que factuellement l’interdiction des produits contenant du glyphosate ne sera pas inscrite dans la loi ! », continue l’association Générations Futures.

« C’était un engagement d’Emmanuel Macron. Il faudra donc se contenter de sa parole sur ce dossier du glyphosate. Alors même que plus de 189 000 citoyens en seulement quelques jours avaient demandé  que le principe de précaution soit respecté et que la France sorte effectivement du glyphosate dès que possible, avec un plan d’accompagnement adapté pour les agriculteurs et une inscription dans la loi.

Les députés, malgré des amendements portés par certains élus de la majorité (vote contre: 69 vote pour: 9 ), en auront décidé autrement et rejeté les amendements demandant d’inscrire dans la loi l’interdiction des produits contenant du glyphosate..

Stéphane Travert propose « en échange » une commission de suivi à la fin du glyphosate…belle ambition ! »

Sur son compte Facebook, Pierre Hurmic, président des élus écologistes à la mairie de Bordeaux regrette également cette position : « Le Président de la République s’était pourtant engagé, en novembre dernier, à interdire le glyphosate en France, « au plus tard dans trois ans ». 

Le ministre de l’Agriculture, très sensible aux injonctions de la FNSEA et à la pression du lobby agro-chimique, a beaucoup œuvré pour entraver toute décision qui permettrait cette interdiction.
Cette situation confirme, si besoin était, la faible influence du ministre de la transition écologique qui s’est déclaré « déçu » du vote.
Tout un chacun peut aussi se déclarer « déçu » par le faible intérêt manifesté par nos parlementaires pour ce sujet : seuls 84 députés ont voté, 491 étant considérés comme « absents ».
Pour la Gironde, 3 députés (sur 11) ont participé au vote : 2 ont voté contre l’interdiction : Sophie Mette et Véronique Hammerer, 1 a voté pour : Loïc Prudhomme.
N’est-on pas en droit de déplorer l’indifférence de beaucoup de nos représentants face à de tels enjeux de santé publique ? 
Il fut un temps où, vis à vis des enjeux écologiques, Nicolas Hulot fustigeait l’indifférence des uns et l’impuissance des autres.
Il ne pensait sûrement pas alors illustrer, un jour, la combinaison des deux. »

A méditer, en ce dimanche d’orages.

29 Mai

Grêle à Bordeaux : l’appellation Pessac-Léognan n’a pas été épargnée

Petit à petit, les propriétés commencent à estimer les dégâts occasionnés par la grêle. Des estimations qui devront être confirmées encore d’ici quelques jours. Philibert Perrin, le président du syndicat, réagit à ce nouvel épisode de grêle qui touche son appellation, après le gel d’avril 2017 qui avait touché Pessac-Léognan à 45%.

Pour évaluer la taille des grêlons tombés durant 5 minutes sur Bordeaux samedi après-midi – image d’illustration © JPS

Quand on a en tête ces images encore fraîches de l’orage de grêle de samedi sur Bordeaux, quand on sait que cet épisode a été intense avec des grêlons tranchants de 2 à 3 centimètres,  on se dit que l’orage a pu endommager des vignobles intra-muros ou sur l’appellation la plus proche de Bordeaux.

Joint par téléphone hier, Jean-Christophe Mau, directeur de Brown m’a confirmé que  « tout le vignoble, 35 ha d’un seul tenant, a été touché. Maintenant il faut attendre un mois pour voir. On a du prendre de 50 à 70% ; maintenant, il faut attendre. 

Autres propriétés impactées, les vignobles Clarence Dillon, la Mission serait bien plus touchée que le célèbre Haut-Brion, c’est surtout le côté Talence qui a pris, plus que Pessac. Un impact qui serait estimée de l’ordre de 30%

Smith Haut Lafitte en saura plus en fin de semaine comme me l’ a confié Fabien Teitgen : « nos 80 ha ont été touchés à des degrés divers. Smith n’avait jamais été touché, en 25 ans c’est la première fois que je vois la grêle ici. « 

Le nuage de grêle a démarré sur le haut du plateau de Rochemorin (vignobles André Lurton) avec des blancs bien impactés sur les 2/3, a poursuivi ses dégâts sur Carbonnieux (grêlé à 25%), puis vers Villenave d’Ornon avec Couhins-Lurton, Brown, le bas de Olivier, Pontac Monplaisir, Grandmaison un peu impacté, pareil pour Larrivet-Haut-Brion (en face de Smith), Baret,… et même les Carmes Haut-Brion sur une petite parcelle.  Des noms bien connus des Bordelais premiers consommateurs de ces châteaux prestigieux, mais aussi connus de par le monde.

Il est encore trop tôt pour envisager exactement l’impact sur les volumes, mais cela vient s’ajouter au gel de 2017, à ceci près que certaines propriétés comme château de France que j’ai pu contacter et Pique Caillou n’ont pas été touché cette fois, ce qui fait dire au président Philibert Perrin : « heureusement le couloir de grêle ne passe pas sur les vignobles touchés par le gel. »

C’est malheureux, la viticulture est à nouveau touchée par une catastrophe naturelle », Philibert Perrin, Président Syndicat des Vins de Pessac-Léognan.

Comme dans l’ensemble des propriétés, Philibert Perrin me confie qu’il est « difficile d’estimer les dégâts, comme pour nous à Carbonnieux, on doit encore attendre quelques jours. Le feuillage va repartie en buisson, et cela va demander plus de travail. On ne sait pas encore si les grappes vont être touchées entières ou en partie. On n’a pas une grande expérience de la grêle en Pessac-Léognan. »

En tout cas « les assureurs nous le disent, ces phénomènes climatiques sont de plus en plus violents et plus dévastateurs. » Entre le gel, la sécheresse et la grêle, répétés ces derniers temps, il y a de quoi s’interroger… Le réchauffement climatique y serait-il pour quelque chose ? A suivre…

Grêle : le lourd tribut payé par Cognac

Avec 10000 hectares touchés par la grêle du week-end dernier, Cognac et la Charente ont sévèrement été impactés par ce phénomène climatique. En proportion, 1/7e du vignoble de Cognac a été touché, plus qu’à Bordeaux.

Les dégâts qui laissent sans voix © Vignobles Plaize

Dans le bassin Charente-Cognac, ce sont plus de 10.000 hectares qui ont subi les dégâts dus à la grêle du samedi 26 mai, dont 3.500 hectares  « très fortement touchés (plus de 80% de destruction) » selon l’estimation du Bureau national interprofessionnel du Cognac (BNIC). Le vignoble charentais correspond à 78.000 hectares, dont 72.000 destinés à l’eau-de-vie de Cognac. 

La zone la plus touchée en Charente se situe dans la zone des Borderies au nord-ouest de la ville de Cognac, des parcelles très difficiles à reconnaître tellement elles ont « pris cher ».

Sur leur page Facebook, les vignobles Plaize commentaient :

« Sans mots face à un tel désastre !!!!
Le destin s’acharne après le gel de 2017 maintenant la grêle…..
Il va falloir du courage pour faire face mais bon il faut toujours regarder devant et penser à l’avenir.
70% de l’exploitation touchée de plein fouet et malheureusement la récolte 2019 sûrement affectée aussi…. »

Philippe Martineau, lui aussi, a perdu 75% de sa prochaine récolte, c’est d’autant plus dramatique qu’il ne possède plus de réserve climatique ce procédé qui permet de pallier les aléas météorologiques; cette année il va faire appel à son assurance. « Heureusement qu’on a cela, car l’année dernière, avec le gel, j’ai perdu mes stocks de réserves climatiques et cette année, si je n’avais pas été assuré j’aurais pu mettre mon entreprise en grande difficulté. »

Au niveau du BNIC, des mesures d’accompagnement vont être mises en oeuvre comme l’étalement des cotisations MSA ou des mesures d’exonération de taxes foncières sur tout ce qui est non bâti par exemple », commente Claire Caillaud, directrice de la communication BNIC.

Une réunion de crise doit se tenir en fin de semaine pour une éventuelle inscription de ce phénomène en catastrophe naturelle.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Poitou-Charentes de B. Pillet, C. Guinot et C. Pougeas (intervenants : Simon Bourdet, technicien d’expérimentation au BNIC ; Philippe Martineau, viticulteur ; Claire Caillaud, directrice de la communication BNIC)

28 Mai

Grêle à Bordeaux : c’est encore pire que ce qu’on pensait, 7000 hectares touchés…

Bordeaux recense au fur et à mesure les dégâts. Ce matin, 7000 hectares ont bien été impactés, davantage que les 3000 à 5000 estimés hier matin. Une réunion de crise va avoir lieu cet après-midi à Beychac-et-Caillau avec la Fédération des Grands Vins, le CIVB et les appellations touchées.

Samedi, j’ai pu croisé des vignerons groggy, mais aujourd’hui c’est pire que ce qu’on pensait : 7000 hectares pour l’heure touchés par la grêle… mais cela pourrait être encore plus.

COTES DE BOURG ET BLAYE, LES PLUS IMPACTES

En Côtes de Bourg 40% de l’appellation, 2500 hectares ont été sévèrement impactés.

Dans le Blayais, même topo avec 1000 totalement rasés « C’est considérable », commente Michael Rouyer directeur de Blaye. « Berson, St Christoly, c’est ravagé. Reignac, Marcillac St Vivien également bien touchés. »

LE SUD MEDOC EGALEMENT

Mais il y a aussi le Médoc avec Macau,  Parempuyre et Ludon avec le château d’Agassac. Jean-LucZell, le directeur général me confie ce matin :« on est touché sur la partie la plus à l’ouest. 20 hectares fauchés, pas de récolte sur ces 20 ha cette année. Sur le reste, c’est plus où moins touché. On avait déjà tout ébourgeonné, épampré, on avait une belle récolte… » Malheureusement, c’était avant samedi 14h.

Samedi, c’était à pleurer, c’était la piscine dans les vignes », Jean-Luc Zell château d’Agassac.

A PESSAC-LEOGNAN DE GRANDS NOMS TOUCHES

Egalement Pessac-Léognan, château Brown est touché de 50 à 70% également le célèbre cru classé Smih Haut Laffite en partie touché.

Pour Jean-Christophe MAU directeur de Brown : « on va dire qu’aujourd’hui, ça va un peu mieux, mais hier et avant-hier on était un peu groggy ! Bon, c’est la nature. Tout le vignoble, 35 ha d’un seul tenant, a été touché. Maintenant il faut attendre un mois pour voir. On a du prendre de 50 à 70%; maintenant, il faut attendre. »

Pour Smith Haut-Lafitte, « pour l’instant c’est difficile à dire, mais samedi on a l’impression que c’était la nuit à ce moment là. » m’explique Fabien Teitgen, directeur technique. « On n’est pas comme à Bourg totalement haché, mais on on a des bois impactés, on ne sait pas trop ce que cela va donner. Nos 80 ha ont été touchés à des degrés divers. »  « Smith n’avait jamais été touché, en 25 ans c’est la première fois que je vois la grêle ici. »

LES EVENEMENTS CLIMATIQUES SE SUCCEDENT A BORDEAUX

La plaie du gel du 27 avril 2017 n’est pas encore refermée qu’arrive ce nouveau drame. Souvenez vous 39% de la récolte a été perdue l’an dernier avec l’une des plus faibles productions, enregistrées à Bordeaux, 3,6 millions d’hectolitres.

Les autres événements climatiques sont encore dans les mémoires comme la grêle de 2013 avec 15000 hectares touchés et celle de 2009 également.

REUNION DE CRISE AVEC LA FEDERATION DES GRANDS VINS ET LE CIVB

A 15h30, la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, le Civb et l’ensemble des appellations touchées vont faire un état des lieux et évoquer les pistes habituelles de reports d’échéances bancaires de cotisations MSA ; voire d’autres aides peut-être du département ou de la région. Car de nombreux vignerons aujourd’hui à Bordeaux sont fragilisés.  Si la superficie du vignoble reste à 112000 hectares, le nombre de vignerons exploitants a été divisé presque 2 en 20 ans il n’en reste que 5800 à ce jour. 

27 Mai

Grêle : entre 3000 et 5000 hectares de vignes très touchées en Gironde

24 heures après les violentes chutes de grêle, les vignerons pansent leurs plaies et les syndicats viticoles ont commencé à estimer les dégâts fort importants. Deux secteurs ont énormément payé : les Côtes de Bourg et le Blayais. Le Sud Médoc, Pessac-Léognan et quelques secteurs de l’Entre-Deux-Mers ont été en partie touchés.

Les dégâts hier en début d’après-midi en © Côtes de Bourg, dus à la grêl tout juste tombée…

En cette fin de matinée, Bernard Farges, le vice-président du CIVB, me confiait « on a une vision plus large mais pas encore très précise. « On peut dire qu’entre 3000 et 5000 hectares ont été très touchés. Il faut attendre pour avoir plus de précisions ».

« La zone la plus vaste, c’est le Blayais et le Bourgeais…Il y a également eu le Haut-Médoc (Ludon, Parempuyre, Macau), une partie de l’Entre-Deux-Mers (Pellegrue). Le vignoble charentais et celui de Cognac ont aussi été très touchés ».

La vraie différence avec ce qu’il se passait il y a 10 ans, on n’avait pas des orages de grêle aussi massifs », Bernard Farges Vice-Président du CIVB.

Et d’ajouter : « ce qui est terrible, c’est la succession d’événements, l’an dernier, l’année suivante, c’est dur ! Economiquement, cela va être compliqué et moralement aussi. »

26 Mai

Des vignes totalement hachées par la grêle en Côtes de Bourg

Les premiers constats effectués cet après-midi sont dramatiques. De nombreux domaines ont perdu la récolte à venir. Des bois sont meurtris pour deux millésimes. Les Côtes de Bourg estiment les dégâts à 1500 hectares touchés.

Une couche de grêlons intacts 2 heures après le drame dans la vigne des Côtes de Bourg © Jean-Pierre Stahl

Lansac ou Samonac, le haut de l’appellation des Côtes de Bourg est jonché de feuilles et branches cassées..

En suivant Didier Gontier et Stéphane Donze, le directeur et président de l’appellation, c’est un spectacle de désolation qui s’offre à nous: une route fume encore, 2 heures après cet amas de grêle qui n’a rien laissé sur les bois de vigne !

On est abasourdi par l’impact, par la gravité sur la récolte mais aussi sur celle qui va arriver derrière car on ne sait pas quels sont les bois qu’on pourra récupérer de la vigne », Stéphane Donze président de l’appellation

Lionel Lorente du château du Luc à Bayon commente avec eux cet épisode des plus violents : « c’est pire qu’en 2009, le même couloir de grêle qu’on a eu en 2009 mais avec des intensités plus fortes ».

En 10 minutes à 14 heures, de gros grêlons de 2 à 3 centimètres, très tranchants ont totalement haché la vigne à de nombreux endroits.

Stéphane Donze, Cyril Giresse et Didier Gontier, observant les dégâts © JPS

Cyril Giresse, du château Gravette Samonac, vient évaluer cette catastrophe en se tenant le visage… Ses 9 hectares de vigne, d’un seul tenant, sont totalement hachés.

Cela a duré 10 minutes à un quart d’heure, avec des grêlons très gros… Il y avait un vent assez violent, qui les projetait sur la végétation. Cela a été bref mais très, très fort », Cyril Ginesse

« On a d’autres vignobles à Bordeaux qui sont touchés aussi mais on a une Fédération des Grands Vins, on a une interprofession, un syndicat viticole et des collectivités qui seront là surtout dans ces moments difficiles ».

« On mettra tout en oeuvre pour les soutenir dans cet épisode violent », m’explique Didier Gontier directeur des Côtes de Bourg.

La solidarité devra jouer à plein, alors que bon nombre de vignerons à Bordeaux ont été fragilisés par le gel en avril 2017 où 40% de la récolte a été perdue.

Et pour résumer, Gérard Ginesse, le père de Cyril a lancé « belle apparence, petite abondance » disaient les anciens…la voix de la sagesse en cette fin de journée où la nature avait repris ses droits et où un soleil brillait, comme un pied de nez à tout ce qui venait de se passer.

Il y a toujours une lueur d’espoir, celle de se dire qu’au moins la France entière aura parler de cette fabuleuse appellation qui gagne à être plus connue et qui a des stocks à s’arracher en guise de solidarité avec les vignerons des Côtes de Bourg.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Delphine Roussel-Sax et Rémi Grillot :

La grêle est à nouveau tombée dans le bordelais avec de gros grêlons cette fois !

Encore des intempéries dont Bordeaux se serait bien passées. En cette fin de semaine, quelques vignes avaient déjà été impactées par un premier orage de grêle. Rebelote en ce début d’après-midi avec des grêlons de 2 à 3 cm…

Pour évaluer la taille des grêlons tombés durant 5 minutes © JPS

Ca suffit, n’en jetez plus ! Bordeaux a payé un lourd tribu en 2013 avec la grêle qui avait ravagé plusieurs milliers d’hectares, avec 1600 domaines touchés. A cette époque de nombreux châteaux avaient été fragilisés, certains ont même abandonné. Puis il y a eu le terrible épisode du gel d’avril 2017, avec 3 jours de gel intense les 21, 27 et 28 avril,  40% de récolte en moins et plus d’1 milliard et demi de pertes.

En ce début d’après-midi, un orage de grêle a sévi durant plus de 10 minutes avec des grêlons qui au fil du temps grossissaient pour s’amasser en couche compacte, les grêlons retrouvés étaient de 2 à 3 centimètres .

On croise les doigts pour souhaiter que les vignerons du bordelais ne soient pas trop touchés car cela risquerait d’être un drame absolu pour certains déjà mal en point.

« CATASTROPHIQUE » EN COTES DE BOURG, « BLAYAIS RAVAGE »

D’après les premiers retours, l’orage se serait abattu « de Bordeaux à Pauillac en passant par le blayais », selon Bernard Farges président des Bordeaux et Bordeaux Supérieur et vice -président du CIVB, qui me confirme un peu plus tard que « le Blayais est aussi ravagé ».

Michaël Rouyer , directeur des Vins de Blaye-Côtes de Bordeaux témoigne en cet fin d’après -midi : « dur, dur, c’est la catastrophe. Franck Jullion (le président) fait le tour des propriétés. Tout le sud de Berson, Saint-Christoly de Blaye, Marcillac, ça a pris aussi. En 2017, on avait eu 30% de volumes perdus, ça va être très compliqué pour certains. »

Didier Gontier, directeur des Côtes de Bourg, me donne l’état des lieux : « c’est catastrophique, complet…à Bourg, c’est haché… »; confirmation par une autre amie et connaissance de Côté Châteaux, Amélie Osmond du Clos du Notaire qui me confie « on a pris cher » avec une émotion non dissimulable.

D’autres comme Camille-Gaucheraud bien touchés par le gel en 2017 dans le Blayais n’a  « absolument rien » selon Freddy Latouche et c’est tant mieux. Pas tous les ans tout de même.

Et pourtant comme le rappelle Michaël Rouyer « il y avait une sortie de belles grappes, assez fournies. Un an après le gel, ces paysages de désolation, ça fait beaucoup ! »

27 Avr

Un an après le gel : « une phrase » pour résumer le drame survenu dans le vignoble de Bordeaux le 27 avril 2017

Côté Châteaux a demandé aux vignerons et acteurs de la filière vin de Bordeaux LA PHRASE qui leur venait à l’esprit pour décrire et résumer l’horreur qu’ils ont vécue, il y a tout juste un an. Le gel, de -3 à -7°C par endroits, a sévi dans quasiment l’ensemble des appellations de Bordeaux. 39% de la récolte a été perdue, la production de vin en 2017 n’est que de 3,5 millions d’hectolitres.

Saint-Emilion en lutte contre le gel du côté du château la Gaffelière fin avril © Jean-Bernard Nadeau

  • « L’inattendu ou l’improbable pour notre génération, les anciens nous avaient raconté le gel de 91, on l’a vécu ; jusqu’ici, on n’avait jamais cru qu’il était possible de tout perdre ! » Yann Todeschini 90% de pertes sur La Brande en Castillon Côtes de  Bordeaux

Jeudi 27 avril 2017 au petit matin, une vague de gel intense a considérablement meurtri le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

  • « 2500 bouteilles au lieu de 70000 (en blancs), on perd le travail qu’on a fait, c’est sans doute ça le plus dur », Loïc de Roquefeuil gelé à 100% au château de Castelneau dans l’Entre-Deux-Mers.
  • « L’inquiétude et la détresse : l’inquiétude car je ne connaissais pas la dimension des dégâts, la détresse ensuite dans les yeux de mes vignerons dont certains ont tout perdu ! » Didier Gontier directeur des Côtes de Bourg avec 25% de production en moins.

« Quand tu gèles tu baisses la tête, tu baisses les yeux, tu as pris un coup de massue sur la tête… », Olivier Bernard du Domaine de Chevalier

« …après cet accident climatique qui nous a tous marqué, cette année tout pousse bien, on sait qu’on ne va pas geler vue la météo, c’est un gros ouf de soulagement, »conclue Olivier Bernard, également Président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux.

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

Deux longues nuits à lutter contre le gel ; plus jamais ça ! », Arnaud Thomassin 70% du vignoble gelé au château de France en Pessac-Léognan.

  • « 2 nuits pour perdre 40% de la récolte, heureusement que les millésimes 2015 et 2016 étaient bons et abondants, nous gardons beaucoup d’espoir pour 2018 », Christophe Chateau directeur communication du CIVB.
  • « Gel 2017 : cataclysme dans le vignoble, impliquant pour certains vignerons une catastrophe économique et sociale. », Bruno Baylet président du syndicat de l‘Entre-Deux-Mers gelé à 35%.

« Cela a accéléré la scission entre le Bordeaux qui rit et le Bordeaux qui pleure… » Dominique Techer de la Confédération Paysane.

« plus on était dans la « mouise », plus cela été le coup de grâce, c’est pire que la grêle de 2013, pire que 1991″, Dominique Techer de la Confédération Paysane et gelé à 40% à Gombaude Guillot à Pomerol.

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel © JPS

  • « Dur, dur… Et finalement un millésime 2017 qui tient la route ! », Benoît Manuel Trocard, château Couraze gelé à 90% à Saillans en AOC Fronsac.

« En 2017, la nature est venue se rappeler à nous avec une extrême dureté ; moment d’une violence rare pour tous nos vignerons qui ont aussitôt fait preuve de solidarité » Franck Binard.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

« Cet épisode nous rappelle aussi la nécessité de prendre chaque jour soin de notre environnement ! », Franck Binard directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion touchés entre 60 et 70%.

  • « J’ai ressenti de la tristesse : on était à peine au début de l’année, on n’avait quasiment rien fait que beaucoup de choses s’envolaient déjà ! », Xavier Buffo 90% des blancs touchés au château de la Rivière contre seulement 15% sur les rouges. Et 2000 bouteilles produites contre 8000 habituellement pour son propre vignoble.

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

  • « Prise de conscience, solidarité et optimisme dans le blayais ! Entre la prise de conscience de la nécessité d’une assurance récolte (avec le VCI-volume complémentaire individuel), la solidarité entre vignerons avec la redistribution pour notre appellation d’une cotisation de solidarité et la magnifique feuillaison de ces derniers jours, nos vignerons restent optimistes et conquérants ! » Michaël Rouyer directeur de Blaye – Côtes de Bordeaux, appellation gelée à 30%.

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

  • « Le gel de 2017 à Bordeaux nous rappelle l’urgence à créer et améliorer des outils pour amortir de tels chocs économiques, volumes en réserve, épargne de précaution… »,«  Bernard Farges président du Syndicat « Bordeaux et Bordeaux Supérieur » appellation touchée à 35% par le gel.
  • « La roue tourne, on veut y croire, tout n’est pas perdu, la nature peut être avec nous des fois, cette année, ça va le faire, je le sens », Benoît Latouche, du château Camille Gaucheraud gelé à 90% en AOC Blaye.