22 Juil

Chat de Geluck : la souris s’est fait la malle !

La souris est partie ! Ironie de l’histoire belge, non plutôt un acte de vandalisme. En tout cas les chats de Philippe Geluck inaugurés lors de Bordeaux Fête le Vin n’arrêtent pas de faire parler d’eux. Pas étonnant que la souris aussi essaie de faire parler d’elle. Face à ce nouvel acte de vandalisme, l’Office de Tourisme porte plainte.

« Sur le fil », titre de la sculpture du chat et de la souris qui avait fortement amusé le cortège inaugural de Bordeaux Fête le Vin le 16 juin © Jean-Pierre Stahl

C’est bientôt la ménagerie. On avait déjà 20 gros matous sur les quais, quelques oiseaux aussi associés au chat martyre ou au chat fakir, eh bien là c’est la souris qui tire la couverture à elle puisqu’elle a disparu. Un avis de recherche est lancé.

Non plus sérieusement, tout cela pourrait prêter à rire ou sourire, s’il n’y avait pas derrière quelques actes de vandalisme, ce n’est pas la première fois que les chats se font dégrader, il y avait déjà eu un premier épisode le 21 juin lors de la fête de la musique, où un chat avait été tagué.

L’Office de Tourisme de Bordeaux Métropole présidé par Brigitte Bloch a décidé de porter plainte :  « nous avons porté plainte pour dégradation », selon la Présidente de l’Office de Tourisme et des Congrès à Actu.fr. « Parfois, les sculptures peuvent être légèrement abîmées par les enfants qui grimpent dessus, les personnes qui s’appuient contre, le temps d’une photo. Mais là, ce n’est pas de la maladresse ou de la dégradation d’usage, ce sont des actes délictueux. »

Voici donc une photo désormais collector que j’avais prise lors de l’inauguration de Bordeaux Fête le Vin, le 16 juin dernière avec Philippe Geluck et le maire Pierre Hurmic. A priori il ne s’agit pas d’une histoire belge , la thèse du vandalisme est plutôt privilégiée…Et le ou les auteurs risquent de ronger leur fromage s’ils viennent à se faire piéger, la surveillance va être renforcée sur les quais…Cela inspirera peut-être à nouveau cet auteur à succès, dont l’exposition fait un carton sur les quais de Bordeaux.

Laissez donc ces pauvres gros matous tranquilles, un vraie vie de chien à force.

13 Juil

Eh mildiou…Tu arrêtes quand, les vignerons n’en peuvent plus !

C’est un sale type, un sale type de maladie qui se répand actuellement dans le vignoble bordelais comme dans d’autres vignobles français. En cause, les orages et les précipitations cumulées entre juin et juillet. D’où ces sorties de mildiou. « Il faut qu’on produise du vin et pas du mildiou ! » 

L’attaque de mildiou sur grappe ou rot brun © Philippe Carille

Il pourrait s’appeler Emile Diou, ou comme auraient dit les anciens eh mildiou ! D’une génération à l’autre, tous pourraient vous dire : il n’est pas fréquentable, le gars ! Et c’est même de mal en pis…« Ca fait maintenant des années qu’on prend, de la grêle, du gel et du mildiou », comme me le confie Philippe Carille, vigneron du château Poupille en Castillon, Côtes de Bordeaux, en bio certifié depuis 2008.

« Pour le moment c’est mitigé, ce n’est pas encore la catastrophe, mais c’est sorti vendredi sur grappe… Malgré qu’on n’ait pas eu de trou dans la raquette, on a réussi à passer après chaque pluie mais quand tu commences à avoir 60 mm puis 40 sur les 2 orages il y a deux semaines, et que ça continue toutes les semaines, cela devient compliqué. Cela a commencé à sortir sur grappe, et a continué ce week-end.

Ce n’est pas la catastrophe, mais ça devient compliqué. Il y en a qui diront que c’est une année de vigneron, c’est plutôt une année de chanceux… », Philippe Carille château Poupille.

« Chez certains viticulteurs, c’est pareil qu’en 2018, pour nous c’est moyen à part une parcelle qui est à 30% sur des porte-greffes »

Pour Jean-Jacques Dubourdieu, vigneron des châteaux Clos Floridène, Reynon ou encore Doisy Daëne : « c’est une grande, grande inquiétude, qui me fait penser à 2018, en pire, avec une fréquence de pluies importante. Cela touche surtout les cépages rouges comme le merlot qui est plus sensible. Et ce quelque soit le mode de culture, vertueux ou avec produits phytosanitaires avec un usage raisonné, on fait face à une grande pression. Il y a de la casse, on perd de la récolte tous les jours, 5 à 10%.

Traditionnellement au mois de juillet, on levait le pied au niveau des traitements mais là on est encore sous le feu » Jean-Jacques Dubourdieu de Clos Floridène et château Reynon.

« Le mildiou ? Pour tout le monde, il est là ! « , commente Nicolas Lesaint du château de Reignac à Saint-Loubès. « Mais chez nous ça va encore, c’est largement acceptable; il s’est surtout installé sur des vignes qui avaient gelé, avec une repousse plus tardive, on a plus une pression sur des feuilles, mais honnêtement je n’ai pas à me plaindre. On est en train de faire les effeuillages à la main, et le meilleur traitement c’est aussi le rognage sur les jeunes feuilles. »

Et Nicolas Lesaint de revenir sur l’amas d’eau qui est tombé depuis la fin de l’année dernière jusqu’à aujourd’hui:

DU 1er novembre à aujourd’hui, on a eu 1050 millimètres de pluies contre 560 à la même période un an plus tôt, «  Nicolas Lesaint du château de Reignac.

« En Alsace, c’est la catastrophe car le phénomène est plus tardif, si on avait eu la même chose il y a 15 jours, ça n’aurait pas été la même mayonnaise. Mais globalement on va s’en sortir. »

Pour Philippe Carille, « l’heure devrait être au pragmatisme, je n’ai jamais vu un tel bilan carbone, par rapport aux produits qu’on utilise. Nous on en est à 12 passages, mais j’en connais qui en sont à 16 ou 17 déjà. Est-ce qu’on est bon ou pas cela reste assez compliqué. Il faut qu’on produise du vin et pas du mildiou. »

A partir de jeudi, le retour d’un temps sec et beau devrait assécher tout cela et redonner du baume au coeur à nos vignerons pas mal malmenés cette année entre le gel, le mildiou… et qui a parlé de grêle. N’en jetez plus. Ils en ont assez.

06 Juil

« Champanskoïe » et champagne… la guerre des bulles en Russie aura-t-elle lieu ?

 Poutine a décidé de s’attaquer à l’appellation champagne et a suscité l’émoi dans le champagne! Maintes fois usurpée, par d’obscurs producteurs de vins mousseux, l’appellation du vin prestigieux trouve sur la longue route de sa préservation un obstacle de taille, une loi signée du président russe Vladimir Poutine lui-même, un litige qui pourrait se régler devant l’OMC, a prévenu Paris.

 Le champagne français devrait s’appeler vin mousseux en cyrilique en Russie, sur la contre-étiquette, un comble © JPS

Cette nouvelle loi, signée vendredi, oblige les distributeurs de marques de champagne à inscrire sur la contre-étiquette, placée au dos de la bouteille, la mention « vin pétillant », réservant la traduction de champagne en russe – « Champanskoïe » selon la translittération française – aux producteurs russes de vins pétillants.

Une décision qui a « scandalisé » les producteurs de champagne, lesquels ont interpellé lundi les diplomaties française et européenne pour intervenir dans ce dossier. « Si d’aventure il y a des violations avérées des règles de l’Organisation mondiale du commerce, et bien nous poursuivrons, comme nous avions envisagé de le faire antérieurement à l’égard de la Russie. J’espère que le dialogue permettra de régler cette difficulté », selon Jean-Yves Le Drian, Ministre français des Affaires étrangères, à l’Assemblée Nationale.

Priver les Champenois du droit d’utiliser le nom « champagne » (en cyrillique) est scandaleux; c’est notre patrimoine commun et la prunelle de nos yeux », Maxime Toubart et Jean-Marie Barillère, coprésidents du Comité champagne.

Ils ont demandé aux entreprises champenoises de cesser toute expédition vers la Russie, jusqu’à nouvel ordre.

Selon le Comité champagne, si les vins de Champagne conservent le droit exclusif d’utiliser le nom champagne en caractères latins sur l’étiquette principale, cette nouvelle loi les oblige à renoncer au terme « Champanskoïe » et à se présenter sous le terme vin mousseux en caractères cyrilliques sur la contre-étiquette.

« Les Russes, ce qu’ils lisent, ce n’est pas le latin, c’est les caractères cyrilliques! », a déclaré à l’AFP Charles Goemaere, directeur général du Comité champagne.

La Russie n’est que le 15e marché d’exportation du champagne, avec environ deux millions de bouteilles sur les 150 millions vendues en moyenne chaque année hors de France, mais il est « relativement bien valorisé », parce que les Russes achètent de jolies cuvées, selon M. Goemaere.

Le Comité champagne regrette que cette loi « remette en cause plus de vingt ans de discussions bilatérales entre l’Union européenne et la Russie sur la protection des appellations d’origine ».

Déplorant n’avoir pas été informé de la mise en place de cette nouvelle législation, le comité se dit « déterminé à poursuivre les discussions avec les autorités russes pour obtenir le droit exclusif à l’usage du nom champagne.

Lancée en 1937, sous Staline, la marque « Sovetskoïe champanskoïe » devait désacraliser une boisson bourgeoise en la rendant accessible à tous les prolétaires de l’Union
soviétique. Parallèlement, plusieurs républiques avaient aussi lancé leur cognac, ou « koniak ». Ces boissons furent produites massivement et vendues à un prix accessible. Mais elles sont devenues par la même occasion synonymes de pâles copies de leurs versions françaises.

Après la dislocation de l’URSS, l’appellation « champanskoïe » a perduré, ce qui a commencé à poser problème, en particulier après l’adhésion de Moscou à l’Organisation mondiale du commerce en 2012. Elle reste aujourd’hui associée à une boisson festive et bon marché. Selon l’association russe des producteurs de vins pétillants, les usines du pays peuvent produire jusqu’à 220 millions de bouteilles par an, la grande majorité (216 millions) sur la base d’une méthode de production très différente de celle utilisée en France.

Appellation d’origine contrôlée, le terme « champagne » est jalousement défendu par la France, qui rappelle que le vin doit provenir d’un périmètre précis dans la région du même nom pour avoir droit de s’en prévaloir.

La défense de l’appellation Champagne est un combat ancestral des producteurs, qui se sont associés dès 1843 « contre les utilisations trompeuses de producteurs de vins mousseux », rappelle le Comité Champagne sur son site internet.

Depuis le milieu des années 80, il a cherché à étendre le champ de protection de l’appellation champagne contre les utilisations parasitaires qui en détournent et affaiblissent la notoriété. Un combat qui a débuté contre une cigarette et qui a notamment mis aux prises les viticulteurs de ce vignoble prestigieux avec un parfum de la maison Yves Saint Laurent.

Avec AFP

15 Avr

Gel d’avril, la note sera salée : au moins 2 milliards d’euros de pertes pour la viticulture

Un tiers au moins de la production viticole française “sera perdu” à cause de l’épisode de gel, ce qui représente “à peu près deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en moins” pour la filière, a déclaré mercredi à l’AFP la FNSEA.

Dégâts sur les jeunes pousses de la vigne © Sophie Aribaud

“Avec mes collègues, nous avons fait le tour de tous les bassins de production, avec les interprofessions, les chambres d’agriculture, les coopérateurs, les vignerons indépendants”, a indiqué Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault et secrétaire général de la FNSEA. « Cette estimation est une consolidation de remontées professionnelles », a-t-il expliqué.

La semaine dernière, la France a connu un épisode de gel très sévère qui a touché les vignobles, mais aussi les vergers et certaines cultures. C’est “probablement la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle”, selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

“C’est une période très difficile pour le monde agricole”, a souligné Jean-Marie Barillère, président du Cniv, qui réunit les interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique.

Avec AFP

08 Avr

Gel à Bordeaux : « on est dans le dur, la tristesse et la désolation »

Par ces mots, Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Saint-Emilion résume le sentiment de bon nombre de vignerons du Bordelais et d’autres vignobles de France qui « ont pris cher » avec ces 2 soirées de gel consécutives, avec encore des températures de -2 à -6°C ce matin. Certains vignobles ont été très touchés et ont perdu plus de 80% de leurs bourgeons, notamment dans le sud-Gironde. Le phénomène de gel a été ressenti sur tout le département.

Encore une soirée de lutte et des températures très froides au petit matin © Sophie Aribaud

« On verra plus clair dans les prochains jours, mais cela a regelé ce matin, on a eu des -2 -3° », témoigne ce matin Jean-François Galhaud Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion. « A Vignonet, ce qui n’avait été touché qu’à 20% hier a été touché à 70 à 80% aujourd’hui. ! »

L’ensemble de Saint-Emilion a été sérieusement touché, hormis le plateau. J’ai eu des vignerons sincèrement qui pleuraient et étaient dans un état moral terrible , Jean-François Galhaud Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion.

Pierre Courdurié du château Croix de Labrie en Saint-Emilion Grand Cru confirme: « Il a fait froid cette nuit, plus froid qu’hier. » Il a en effet relevé -3,1° à Saint-Sulpice de Faleyrens encore à 7 heures, contre -1,2 sur le plateau de Saint-Christophe-des-Barbes.
En revanche, dans les bas-fonds du Saint-Emilionnais, les températures étaient de -4 à -5°. « Bordeaux n’avait pas besoin de cela… En 2017, on avait perdu 60% de la récolte, là c’est plus violent »,mais heureusement plus tôt par rapport au 27 avril 2017. C’est donc une lutte acharnée qui, la nuit dernière encore, a été livrée sur Saint-Emilion et partout en Gironde. « Dès 22 heures hier on a allumé nos 3 agrofrosts pour réchauffer le sol, puis les bougies, je pense que cela va aller mais pour pour tout ce qui était à côté, cela n’aura pas suffi. »

Laurent Clauzel, à la tête de La Grave Figeac, petit château sympathique en face de Cheval-Blanc témoigne de ce combat cette nuit comme la nuit dernière de tous les instants  « notre vignoble est équipé à 75% de bougies, ces 75% sont à peu près sauvés hormis quelques endroits, mais les 25% où on n’avait pas disposé de bougies, on a là perdu 80%… »

La lutte contre le gel au château d’Arche © Daniel Detrieux

Dans les Graves, comme nous en parlions déjà hier, Dominique Guignard président commentait « Il a beaucoup gelé, c’est catastrophique, je ne me souviens pas avoir déjà vu cela ». Le constat dressé par Xavier Planty joint ce matin est aussi dramatique : « à Guiraud (1er cru classé de Sauternes), je pense qu’on est à 80%, 90% de pertes, d‘après ce que m’a dit Luc, et ce malgré l’hélico…A -5°, même avec un hélico ou du chauffage au sol, tu ne peux rien faire ! Tout le bas de Bommes, à Barsac aussi, pas mal de secteurs ravagés. Tout est noir, je ne sais pas si c’est comme 91 car c’était un peu plus tard en 91 le 22 ou 23 avril, la vigne était plus poussée, ce sont les apex qui avaient cramé. Là ça va repartir, avec les contre-bourgeons, il y aura une petite récolte. En tout cas on voit aussi les merlots sont condamnés, les cabernets francs et sauvignons vont revenir en force, plus tardifs, plus rustiques… »

De l’aspersion à la Tour Carnet pour protéger la vigne © ODG Médoc Haut Medoc Listrac

Joint ce midi, le président du syndicat viticole de l »Entre-Deux-Mers considère qu’il est encore prématuré pour se prononcer sur l’étendue exact des dégâts, en attendant les remontées du terrain, mais pour en avoir discuter avec un assureur :

On est sur une gelée de même ampleur que 2017, la 2e nuit a été plus compliquée que la première. On est descendu à -3, -4°. Il y a même des dégâts sur certains plateaux. Rien de réjouissant », Bruno Baylet président de l’Entre-Deux-Mers.

© Sophie Aribaud

Dans le Blayais, à Fours ce matin, Sandrine Haur du château l’Haur du Chay a lutté aussi contre le gel pour sauver ses 13 hectares de vigne en utilisant des ballots de paille brûlés: « pour nous, cela nous paraît être une des méthodes les moins onéreuses pour protéger notre vignoble au mieux, donc on esssaie de faire de la fumée pour essayer de réchauffer l’atmosphère de 1 ou 2 degrés. »

Au château le Moulin de la Marzelle, Elie Corpandy dresse le constat pour les Côtes de Bourg : « Prignac-et-Marcamps et Bourg sont très peu touchés, par contre tout le plateau de Tauriac a gelé, ainsi qu’une grosse partie de la commune de Pugnac, soit 300 hectares de vignes. »

Que ce soit à l’est, au sud, au nord Gironde, tous les secteurs semblent impactés. A Fronsac, on limite la casse, « quelques-uns ont pris sur les bas de Saint-Michel » selon Damien Landouar ou en bas du château de la Rivière la parcelle de merlots est cramée mais les chaufferettes ont fait leur effet sur la parcelle de blancs selon Xavier Buffo qui s’estime chanceux et solidaire de ses confrères. « En bas sur mes blancs, je suis descendu à -2°. En 2017, j’avais gelé et je me suis équipé de chaufferettes pour les sauver. En revanche, les merlots du bas ont gelé. Mais passé le portail, on repassait au dessus de 0° sur les coteaux tout a été épargné, donc ça va pas trop mal.C’est vrai que c’est la Dordogne et le bois qui nous ont protégés… »

Dégâts sur les jeunes pousses de la vigne © Sophie Aribaud

En Médoc et Haut-Médoc, Hélène Larrieu directrice de l’ODG: « ce matin, j’ai fait un point sur les secteurs très frais, c’est très hétérogène, sur un même pied, il peut y avoir des feuilles gelées d’autres qui se portent très bien. On a eu du -3 ce matin, -4 hier et c’est tombé jusqu’à -6 sur le secteur de Listrac où il y a des vignes rasées à 100%. Mais nos terroirs sont un peu plus tardifs, avec des zones proches de l’estuaire épargnées par le gel, pour cela on va pas mal s’en sortir…Ce n’est pas catastrophique mais il y en a un peu partout, localement. »

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux a publié cet après-midi ce communiqué : « La France viticole a été, ces dernières nuits, violemment frappée par le gel. .A Bordeaux, le gel a durement frappé de vastes zones du vignoble, les températures sont parfois descendues en dessous de – 5°C touchant l’ensemble des appellations (65 appellations / 111 000 hectares) ».

Le vignoble bordelais très sévèrement touché par le gel L’ensemble de la filière souhaite exprimer sa solidarité à toutes ces femmes et ces hommes qui se sont retrouvés impuissants face à ce gel exceptionnel. » Bernard Farges, président du CIVB

« Les dégâts sont en cours d’évaluation.  A ce stade, il est cependant déjà certain que ce gel du printemps impactera sévèrement le volume de la récolte 2021.   Cet épisode de gel vient d’anéantir une partie significative du travail des vignerons et de la récolte dans une période déjà très éprouvante à la fois moralement et économiquement. Face à l’ampleur du sinistre, qui va toucher tous les opérateurs, la profession se mobilise. La meilleure réponse à donner pour soutenir la viticulture, c’est d’acheter du vin… »

Et Jean-François Galhaud du Conseil des Vins de Saint-Emilion de rappeler que « ces épreuves ont toujours existé »A cause du réchauffement, elles reviennent chaque année. Comme l’écrivait Louis Orizet à la manière de Kipling dans son poème qui trône fièrement dans quelques chais de Saint-Emilion et dans d’autres caveaux de vignerons en France: « si tu peux résister à la griffe du froid, si tu peux, sans un pleur, constater le matin que le gelée perfide a dépouillé ta vigne …Tu seras Vigneron, Mon Fils ! »

 

07 Avr

Dégâts sur le Bordelais: un gel pour certains comparable à 2017

Les Graves ont été pas mal touchées par le gel, de même Sauternes, et également dans le Blayais, et une partie des Côtes de Bourg. Plusieurs appellations du Bordelais commencent à répertorier les dégâts dus au gel de cette nuit. Un gel qui n’a pas été le même pour tous. Ils redoutent aussi la nuit prochaine…

Les dégâts dus au gel de cette nuit © Nicolas Lesaint

Progressivement les remontées d’information se font, frileusement pour ne pas dire au compte goutte. Et comme la pluie où il faut savoir passer entre les gouttes, là il faut savoir lire entre les lignes. Bref difficile d’y retrouver son latin, mais cela n’empêche pas Côté Châteaux de continuer à décrypter toutes ces remontées du terrain.

Pour Thibaut Layrisse, le tout nouveau directeur du syndicat de Blaye, c’est ce qu’on pourrait qualifier de baptême du feu ou de bougies…« Sur Blaye, on est quand même assez touché, on a des zones à 30% et d’autres à 50%. On va envoyer un questionnaire à tous nos adhérents pour faire un petit bilan, mais cela semble proche de 2017 et donc conséquent ! Malheureusement, ce n’est pas fini, cela risque d’être une année assez compliquée, avec peu de volume. »

A Saint-Emilion, Franck Binard directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion explique que « pour le moment, c’est prématuré de se prononcer  globalement, mais oui il y a un vrai impact »; on ne sait pas encore dans quelle proportion, on a eu jusqu’à -4 -5° et sur ces zones là, ça va être compliqué. On attend encore un peu pour voir l’étendu des dégâts. Mais 3 fois en 4 ans, cela commence à faire beaucoup. »

Dans les Graves, Dominique Guignard le président me confie : « il a beaucoup gelé, c’est catastrophique, je ne me souviens pas avoir déjà vu cela, j’essaie de me remémorer 1991, cela y ressemble vraiment. Sur les Graves, Portets, Saint-Pierre-du-Mons, Illats, Langon, La Brède, je n’ai pas vu de gens épargné…Quand on passe dans certaines vignes, il n’y a plus rien de vert, les feuilles sont mortes, c’est d’une violence terrible. »

Sauternes a aussi été touché comme le confiait Jean-Jacques Dubourdieu à Dominique Guignard, pas facile pour tous ces vignerons…Pour Dominique Guignard, « c’est pire que 2017 à vu d’oeil sur notre secteur ».

Dans les Côtes de Bourg, Didier Gontier le directeur me confie : « j’ai un secteur très touché: Tauriac et Pugnac. On était en dégustation ce matin et les gens sont arrivés, ils m’ont montré des photos cela m’a calmé. Ils ont pris du -5°, malgré leurs efforts pour réchauffer, le résultat il est là, c’est cramé. »

Du côté de Saint-Loubès, Nicolas Lesaint du château de Reignac: «  pour nous c’est comme 2017, on est pas mal touché, à 50%. Ce n’est toutefois pas un gel aussi homogène que 2017. Il ya des secteurs où on va repartir de zéro et d’autres où on va suivre. Tous ces vins là on va les travailler à fond, j’ai encore de l’espoir et on va essayer de faire plus et mieux qu’en 2017. »

Regardez le témoignage de Fabrice Reynaud, vigneron dans les Graves en direct sur France 3 ce midi avec Jean-Michel Litvine 

Bordeaux de -2 à -6°: les vignerons engagés sur le front du gel avec bougies, éoliennes et hélicoptères

« Cela a tapé plus fort que prévu », « à -6 par grand chose peut résister, c’est un peu la cata ! », par ces premières réactions le CIVB et le syndicat des Graves font l’amer constat qu’il va y avoir quelques gros dégâts du au gel de cette nuit de mardi à mercredi. Côté Châteaux, JPS et Pascal Lécuyer pour France 3 Aquitaine ont suivi les vignerons qui ont lutté toute cette nuit pour sauver leur récolte à Saint-Emilion. Témoignages et ambiances aux châteaux Grand Corbin Despagne, Figeac et Badette.

Marine Bossuet, allumant à 6 heures de nouvelles bougies avec des températures qui baissaient au petit matin © JPS

Au château Grand Corbin Despagne, toute la nuit François Despagne était mobilisé avec son fils Louis et son père Gérard, 3 générations de vignerons (ici ils sont tout de même vigneron depuis le XIIIe siècle, et propriétaire du château depuis 1812, ce qui ne les rajeunit pas…) dans le même combat contre le gel. Bien sûr, avec leur équipe de 10 personnes, ils ont tenté de réchauffer l’atmosphère, gagnant 1 ou 2 degrés, alors que les températures sont descendues à -2° voire un peu moins dans des endroits plus gélifs.

« On est à -1,1° on est limite, donc on se donne encore un bon petit quart d’heure, on resonde là-haut et s’il le faut on rallume un tiers des bougies supplémentaires… », selon les consignes données par François Despagne à son équipe, avec sa torche frontale sur la tête.

Louis, François et Gérard Despagne 3 générations de vignerons sur le front du gel © JPS

C’est une soirée angoissante, on est sur le pont depuis 10 heures, là il est 5h30 du matin, cela fait déjà 7 heures qu’on tourne, qu’on sonde dans les vignes à droite, à gauche, qu’on allume des feux, des foins, qu’on allume des bougies, avec aussi l’éolienne qui fonctionne déjà depuis 5 heures » François Despagne château Grand Corbin Despagne.

« L’éolienne, ajoute François, permet de protéger jusqu’à 3 hectares à -1 ou -2° mais plus la température baisse, plus le diamètre va se resserrer. A -5 ou -6°, elle ne protège plus qu’un hectare…

Ils ont ainsi disposé quelques 400 bougies par hectares pour protéger la moitié des 28 hectares de la propriété. « On ne veut pas perdre notre récolte à venir, donc du coup on fait tout notre possible pour essayer de garder la récolte », commente Marine Bossuet, ouvrière viticole engagée sur le domaine de François Despagne.

9000 bougies au château Figeac © JPS

Au château Figeac, 1er cru classé de Saint-Emilion, ce sont 9000 bougies qui brulent depuis 1 heure du matin, pour lutter contre cette gelée noire. 

Frédéric Faye, a mobilisé 35 personnes cette nuit à Figeac © JPS

On considère qu’il faut une heure à -2° pour griller les bourgeons qui commencent à éclore. C’est vraiment une masse d’air qui arrive du pôle et qui se déplace sur une grande partie de la France et beaucoup de nos confrères vignerons ont aussi été touchés, » Frédéric Faye directeur château Figeac.

Dans les Graves, Loïc Pasquet le vigneron emblématique de Liber Pater, qui produit les vins les plus chers à Bordeaux, en France également, avec ses vieux cépages bordelais francs de pieds, confie avoir eu jusqu’à -6°C, au petit matin il faisait -4 encore, ça a cramé… Quand on sait qu’il faisait déjà 0° à 21h hier soir, on savait que ça allait être long ! Pourtant j’ai des systèmes agrofrost mais cela n’a pas été suffisant. Je pense que le seul système qui marche, c’est l’aspersion… J’avais planté 3500 francs de pieds, je pense avoir perdu aussi la moitié, ça fait c..ier »

Mayeul L’Huillier, directeur du syndicat des Graves confirme: « c’est descendu entre -2, -2,5° à -4, -6°C sur certains endroits…

Tu as beau lutter, à -6° pas grand chose peut résister, je suis pessimiste, cela me fait penser à des années terribles. Ce n’est pas fini, il y a encore demain matin, mercredi et jeudi. Le mois va être long. C’est un peu la cata… » Mayeul L’Huillier directeur du syndicat des Graves.

En Pessac-Léognan, Arnaud Thomassin propriétaire du château de France: « au plus bas, on a eu jusqu’à -4°, on va voir cet après-midi, voir les dégâts. On avait disposé des bougies, on avait des tours à vent et des appareils qui soufflent de l’air chaud. Une fois de plus cela commence à faire, la dernière fois c’était en 2019 et puis en 2017. Les gelées sont plus fréqiuentes et plus puissantes qu’avant. »

Pour Christophe Chateau, directeur communication du CIVB : « cela a tapé plus fort que prévu; on avait -1 à -2° annoncés et on a eu -3 à -6° par endroits. C’est un froid sec, bizarre car il n’y avait pas d’humidité. Les zones touchées sont les zones gélives habituelles dans l’Entre-deux-Mers, les Graves, le nord Gironde… »

https://www.facebook.com/chateaudelhospital/posts/3967740513310007

Tous les viticulteurs ont encore en tête la tragédie d’il y a 4 ans, le gel du 27 avril 2017 avec la perte de quasiment 40% de la récolte à Bordeaux qui n’avait finalement pu produire que 3,8 millions d’hectolitres contre une moyenne de plus de 5 millions.

Au château Badette à 8 heures, ce matin, un hélicoptère a pu réchauffer l’atmosphère © JPS

Certains ont aussi eu recours aux hélicoptères, avec une difficulté car les pilotes ne pouvaient décoller qu’au lever du jour, sous peine de perdre leur licence. Le château Badette a fait le choix d’en louer un avec son pilote pour un coup selon le directeur technique de 600 euros par hectares, moins cher qu’avec des bougies… »Cela fait une heure qu’on vole et qu’on arrive à stabiliser la température au sol à 0 ou +0, 5° réussissant ainsi à brasser l’air plus chaud en l’air estimé à 3° pour le mêlé avec l’ai froid au sol.

La nuit prochaine, tous seront à nouveau mobilisés pour un nouvel épisode de gel annoncé. Tous croisent les doigts pour qu’il soit moins fort… Pas dit. Et ils espèrent avoir suffisament de bougies pour faire face à cette nuit très froide.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Christophe Varone et Thierry Culnaert : 

26 Mar

Les exportations de vins français ont bu la tasse en 2020

Les exportations françaises de vins ont lourdement chuté en 2020, accusant un recul de 11% en valeur, à 8,74 milliards d’euros, sous l’effet cumulé des « taxes Trump », du Brexit et de la pandémie de Covid-19, a relevé jeudi l’organisme public FranceAgriMer. En volume, les ventes de vins français à l’étranger ont également baissé, de près de 5%, à 13,6 millions d’hectolitres.

Image d’illustration © JPS

Avant même le Covid-19, l’année 2020 avait débuté dans un « contexte difficile » en raison d’un effet Brexit ayant conduit à la constitution de stocks en 2019 au Royaume-Uni dans la perspective de la sortie de ce pays de l’Union européenne au 31 janvier 2020, a expliqué Audrey Laurent, chargée d’études économiques à FranceAgriMer, lors d’une visioconférence.

S’y sont ajoutés, les fortes taxes douanières américaines sur les vins européens imposées à partir d’octobre 2019 par l’administration Trump en raison d’un différend commercial ancien et toujours non résolu autour des aides publiques à Airbus et Boeing. L’administration Biden a décidé début mars de suspendre ces taxes pour quatre mois, au grand soulagement de la filière viti-vinicole française.

En 2020, la crise du Covid-19, qui a conduit de nombreux pays à imposer des restrictions sanitaires, dont la fermeture des bars et restaurants à divers moments de l’année,
a eu un impact important sur les exportations de vins français, qui sont bien positionnés sur ce circuit de distribution.

Épargné par les taxes Trump, le champagne, vin festif, a été particulièrement touché par le contexte sanitaire. Ses exportations se sont effondrées de 20% en valeur et de 17% en volume.

Les exportations de vins AOP (Appellation d’origine protégée) ont aussi souffert, affichant un recul de 8% en valeur mais de 1% seulement en volume.

De leur côté, les importations de vins étrangers en France ont elles aussi baissé de 11% en valeur, à 710 millions d’euros. Elle reculent de 13% en volume à 6,31 millions d’hectolitres en 2020. Au total, l’excédent commercial français sur le vin s’est monté à 8 milliards d’euros en 2020.

AFP

25 Mar

Et voici le palmarès des vins blancs avec le Top Vin 2021 de l’Entre Deux Mers

Annulée l’an dernier à cause du confinement, l’édition 2021 du Top Vin de l’Entre-Deux-Mers s’est tenue lundi 22 mars à la Maison des Vins de l’Entre-Deux-Mers à la Sauve en Gironde. Une formule allégée sans la présence des vignerons mais avec malgré tout un palmarès avec ses incontournables et des petits nouveaux…

Les vins finalistes du Top Vin 2021 à la Sauve © syndicat d’Entre-deux-Mers

Cette année, le jury réuni à la Maison des Vins de la Sauve était constitué d’étudiants en master Wine and Spirit Management de l’école d’hôtellerie Vatel de Bordeaux, ainsi que des sommeliers du campus de Bordeaux-Lac.

Ils ont départagé les 56 vins participants en désignant les 20 finalistes pour 4 lauréats dans le sprint final. Des vins blancs avec de nombreuses pépites dont le prix oscille entre 4,60 à 11 €.

L’Entre Deux Mers qui couvre 1700 hectares est une des appellations les plus grandes productrices de vins blancs de Bordeaux et se fait connaître chaque année avec l’opération Cabanes en Fête à Andernos.

 Voici les lauréats du TOP VIN :

Cuvée classique sur le millésime 2020:

  1. Château Landereau – Bruno Baylet à SADIRAC  
  2. Château Haut Rian par Pauline Lapierre à RIONS  
  3. Château Sainte Marie – Cuvée Vieilles Vignes par Stéphane Dupuch à TARGON

Catégorie « vin élevé en barriques » millésime 2019 : Château de L’Hoste Blanc – Vieilles Vignes par  Bruno BAYLET à SADIRAC 

Les autres finalistes du Top Vin sont :

  • AJISAÏ Château Landereau – Première Préssée – Bruno Baylet SADIRAC
  • Château Les Arromans – Joël DUFFAU  MOULON  
  • Château de l’Aubrade – Jean Christophe Lobre  RIMONS  
  • Château Darzac – Alain Barthe  NAUJAN ET POSTIAC  
  •  Château Ferran – Saint Pierre Tradition – A et B FERRAN   ST PIERRE DE BAT  
  •  Château La Freynelle – Scea vignobles Véronique BARTHE DAIGNAC  
  • Château Haut Domingue – Vignobles ACKER  ARBIS  
  •  Château Haut Garriga – EARL Vignobles BARREAU GREZILLAC
  • Château Grand Jean – Sophie DULON  SOULIGNAC  
  • Château Lagrange SCEA Vignobles LACOSTE CAPIAN  
  • Château La Lande de Taleyran – EARL Vignobles BURLIGA  BEYCHAC et CAILLAU  
  •  Château Marjosse – Pierre LURTON   TIZAC DE CURTON  
  • Château La Mothe du Barry – Cuvée French Kiss – Joël DUFFAU  MOULON 
  • Château Moulin de Launay – C&B GREFFIER   SOUSSAC
  •  Château Vermont Prestige – Elisabeth et David LABAT   TARGON
  • Château Vignol – Dominique DOUBLET  ST QUENTIN DE BARON

22 Mar

Nouveau coup de filet par les gendarmes : 6 receleurs de grands crus interpellés, 1000 bouteilles saisies en région parisienne

On vient de l’apprendre, en cet fin d’après-midi, les gendarmes ont continué à démanteler une filière qui écoulait de grands vins, filière déjà en partie démantelée de concert avec la PJ en décembre dernier. 1000 flacons de grands crus ont été récupérés d’une valeur marchande de 200 000 €.

De très grandes bouteilles saisies le 16 mars © gendarmerie nationale

Mardi 16 mars, ce sont 6 personnes qui ont été interpellées et placées en garde à vue en région parisienne, suite à une vaste opération menée par le groupement de gendarmerie de la Gironde, la section de recherche de Bordeaux et l’office central de lutte contre la délinquance itinérante.

Les vols avaient été opérés dans la métropole bordelaise auprès de négociants à l’automne 2019. Dès le mois de septembre, le parquet de Bordeaux avait ouvert une information judiciaire, police judiciaire et gendarmerie étaient alors co-saisies de cette affaire.

En décembre 2020, 14 premières interpellations avaient été opérées, très exactement le 8 décembre, 7 personnes avaient été écrouées et 7 autres aussi mis en examen et placées sous contrôle judiciaire.

Le 16 mars, une centaine d’enquêteurs ont été déployés et ont interpellés 6 receleurs de cette affaire en région parisienne, 15 lieux ont été perquisitionnés, 118 000 euros en liquide ont été récupérés, ainsi que plus de 1000 bouteilles, des grands crus comme Pétrus, Angélus, Yquem, Romanée-Conti Lafite-Rothschild ou encore Cheval Blanc pour une valeur marchande de 200 000 euros.

Sur les 6, un est ressorti libre, les 5 autres ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, avec une caution à régler. Interdiction de sortie du territoire leur a été notifiée.

(Photos de la gendarmerie nationale)