18 Mai

Une erreur d’un sommelier et le client se retrouve à déguster une bouteille Le Pin à plus de 5000€

L’histoire est assez insolite pour être soulignée par Côté Châteaux. Elle s’est passée en Angleterre. Au lieu de servir une bonne bouteille de Pichon Comtesse affichée à à moins de 300€, des clients du restaurant Hawksmoor Steakhouse à Manchester ont eu la surprise de boire une bouteille plus rare de Pomerol, un Le Pin. Le millésime était le même, un 2001, c’est déjà ça !

Le restaurant © Hawksmoor Manchester, bon joueur, a mis côte à côte les deux bouteilles…vous pouvez remarquer celle de gauche est vide, l’autre n’a pas été ouverte…

On ne peut pas dire que celui qui a commis l’erreur a faux sur toute la ligne : c’était un Bordeaux, déjà c’est juste, la forme de la bouteille ne l’a pas non plus trompé, l’étiquette était blanche et le millésime non plus un fameux 2001. En revanche, celui commandé était un Pichon Longueville Comtesse de Lalande, un très bon vin 2nd cru classé de Pauillac sur la rive gauche, et celui servi n’était autre qu’un Pomerol issu du fameux plateau, de Pomerol (rive droite). Un vin qui a eu sa réputation faite grâce à Robert Parker à partir du millésime 1982 et à de nombreux amateurs de vin de la planète : Le Pin. Entre les deux une sacrée différence de prix puisque le premier vin était affiché à 260 € à la carte et le second à 4500 Livres soit 5100€…En revanche, les deux châteaux ou domaines revendiquent de faire un très bon vin, selon les échanges de Tweets.

Le restaurant Hawksmoor qui a commis l’erreur n’a pas manqué d’humour et a balancé ce tweet : « au client à qui nous avons servi accidentellement une bouteille de château Le Pin Pomerol 2001 : nous espérons que vous avez apprécié votre soirée ! Et au membre de l’équipe qui l’a accidentellement donnée, ne t’inquiète pas ! Des erreurs « unique » arrivent et nous t’aimons quand même. » avec smiley…

Pour sûr, errare humanum est perseverare diabolicum…

Et pour mieux connaître la famille Thienpont qui réalise ce nectar Le Pin, regardez ce reportage réalisé par Jean-Pierre Stahl et Jean-Pierre Magnaudet sur le Thienpont Tour :

A lire également l’histoire rocambolesque sur The Guardian

10 Mai

Exclu: il y aura bien un appel à Bordeaux dans l’affaire des épandages de Villeneuve

C’est une nouvelle ! L’avocat François Ruffié confie à Côté Châteaux en avant première que le Parquet Général fait appel du jugement qui avait vu la relaxe des 2 châteaux des Côtes de Bourg qui avaient procédé à des épandages le 5 mai 2014, incommodant  des élèves et une institutrice.

L’avocat de la Sépanso François Ruffié le jour du jugement © JPS

« Le Parquet Général de Bordeaux a fait appel, nous aurons un vrai procès, en entier » commente à chaud et ravi François Ruffié, l‘avocat de la Sepanso. Le jugement du 30 avril dernier avait prononcé la relaxe des deux châteaux, l’un en conventionnel, l’autre en bio, qui avaient procédé à des épandages le 5 mai 2014 sur leurs parcelles respectives, mais la force du vent avait quelque peu dispersé les produits phytosanitaires, en dehors.

« Je suis super content, la santé de nos enfants vaut bien un procès », selon le refrain désormais célèbre de l’avocat Ruffié qui ne lâche rien. Il avait déjà fait appel devant la chambre de l’instruction du classement sans suite de l’affaire et avait été déjà suivi par le Parquet Général. Et celui-ci d’ajouter, cette relaxe était un très mauvais signal donné à la profession.

On s’en félicite, cette décision montre que le parquet général est en cohérence avec sa décision de relancer l’affaire l’année dernière, elle a du mal à aboutir car la viticulture pèse d’un poids très lourd, mais nous nous pensons que la vie de nos enfants vaut bien un procès », Daniel Delestre président de la Sepanso.

Le président de la Sepanso Gironde continue de commenter : « les avocats de la défense ont dit qu’on n’était pas capable de déterminer le lien de causalité, mais la question n’est pas là, la question est de savoir est-ce qu’il y a eu un écart par rapport aux normes de procédure d’épandage et nous pensons que oui. En fait ce jour là, l’épandage s’est fait dans conditions contraires, des conditions de vent et le parquet général en juge autant. »

Les deux châteaux étaient poursuivis pour « utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques ». L’affaire était  survenue le 5 mai 2014 et avait ému la France entière. 23 enfants et une institutrice de l’école primaire de Villeneuve ont été pris de maux de tête, d’irritations des yeux et de la gorge et d’envies de vomir. Il était reproché par la Sepanso aux châteaux d’avoir traiter alors que la force du vent était supérieure à 3 Beaufort, force à partir de laquelle il est interdit de traiter. 9 stations météo en Gironde donnaient des mesures de 20 à 32 kilomètres à l’heure, mais à Villeneuve il n’y avait pas d’anémomètre, donc pas de preuve irréfragable…ce derrière quoi s’étaient retranchés notamment les avocats de la défense.

Affaire donc à suivre…devant la Cour d’Appel de Bordeaux.

Relire l’article :

Affaire d’épandage de produits phytosanitaires de Villeneuve : les deux châteaux sont relaxés

Ecoutez Daniel Delestre interviewé par Jean-Pierre Stahl et Dominique Mazères :

07 Mai

Gel dans le vignoble de Bordeaux : un peu plus violent que prévu…

Après ces deux nuits de gel dimanche et lundi matin, Bordeaux recense ses dégâts et panse ses plaies. Selon le CIVB, 5 à 10% du vignoble a été gelé, mais certaines appellations ont subi un plus lourd préjudice dépassant les 15%. Certains vignerons déjà affaiblis par le gel de 2017 et la grêle de 2018 ont été impactés de nouveau…

Résultat du gel dans l’Entre-deux-Mers © Sophie Aribaud

« Le gel a touché entre 5 et 10 % du vignoble, mais on aura une idée plus précise jeudi matin avec les retours de la chambre d’agriculture de la Gironde », me confie en cette fin d’après-midi Christophe Château directeur communication du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux. « Globalement, il n’y aura pas un impact très important sur la récolte finale à Bordeaux, mais quand on regarde de plus près, c’est vrai que certaines propriétés ont perdu plus de 50%, celles que l’on dit gélives ou situées dans des bas-fonds. »

GRAVES : ENTRE -2 ET -3° DANS LES ZONES LES PLUS FROIDES

Dans les Graves, Mayeul L’Huillier le directeur commente : « on a été touché comme tout le monde…les 2 nuits, les températures étaient très froides et quasi identiques : entre -2 et -3° dans les zones les plus froides. »

Les zones impactées à plus de 50% sont sur les secteur de Landiras, Budos, Illats et Pujols » Mayeul L’Huillier directeur du syndicat des Graves.

Et de poursuivre : « sur les secteurs de La Brède et de Saint-Morillon, la vigne a été touchée par le gel à hauteur de 20%, et plus au sud de l’appellation 5%. Au total, on dénombre 350 hectares touchés, soit 10% des Graves, c’est moins que 2017 mais pire que 2016. »

A SAINT-EMILION, 15% DU VIGNOBLE TOUCHE

A Saint-Emilion, Jean-François Galhaud a revu sa première appréciation de dimanche en début d’après-midi :

Le gel a été plus important, on a 15% du vignoble touché, il y a des endroits où ça a bien tapé. Cela a détruit la repousse où il y avait eu le gel du 13 avril, là c’est fichu à 100%, il n’y aura rien », Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Siant-Emilion.

« Le plateau de Puisseguin, les bas-fonds sont bien touchés, on a des endroits où il faisait 2° et un kilomètre plus loin on avait du -1 à -2° », et de reconnaître l’avoir échappé belle globalement, en étant passé tout près du même désastre que 2017 où 70% du vignoble de Saint-Emilion avait été gelé :

Ca a été très très limite par endroit à 1 ou 2°près, en tout cas, ça a été un peu plus violent qu’on ne pouvait le penser… » Jean-François Galhaud

Le gel dans le Sauternais aussi en bas de Bommes © Daniel Detrieux

DANS LE BLAYAIS, 1000 HECTARES GELES

« Ce soir on a une réunion avec Michel Rouyer et moi-même », me précise Franck Jullion, président des Blaye Côtes de Bordeaux. Et de confirmer ce qu’il m’avait confié dès dimanche:  » on est à 1000 hectares touchés entre 50 et 100%, 1000 hectares sur les 6000″, soit 17% de de l’appellation Blaye Côtes de Bordeaux.

C’est compliqué pour certaines propriétés, ceux qui ont gelé en 2017, grêlé en 2018 et qui ont à nouveau gelé… », Franck Jullion président du syndicat de Blaye Côtes de Bordeaux.

Franck Jullion a été touché par plusieurs confrères vignerons en situation de détresse. Il me dit qu’en prime les vignerons assurés seront très mal remboursés car les assurances font une moyenne de production sur les 5dernières années, en retirant l’année la plus mauvaise et la meilleure, cependant sur les 5 dernières années, cela veut dire qu’il y a dans ce décompte 2 années mauvaises car il y aura eu 3 événements climatiques. Là dessus, il faut retirer la franchise, bref il ne reste pas grand chose…

Franck Jullion va proposer d’acquérir des éoliennes portatives qui ont fait leur effet, il faudra trouver le financement, des subventions, en tout cas il ne veut pas laisser davantage à l’avenir ses amis et collègues vignerons connaître à nouveau ce triste sort.

05 Mai

Gel à Bordeaux : « on a combattu pendant 6 heures cette nuit »

C’est un nouvel épisode de gel à Bordeaux, après celui du week-end d’il y a trois semaines. C’est surtout la plaine et les « endroits gélifs » qui ont été impactés. Ce matin, les viticulteurs vont attendre et mesurer au fur et à mesure les dégâts. De nombreux vignerons étaient sur le pont cette nuit pour combattre le gel.

Des températures de -1,7 à -2°C sur les zones gélives de Saint-Emilion © Sophie Aribaud

Vous êtes bien réveillés ? Vous êtes à l’écoute de « radio » Côté Châteaux… Le blog du vin au chevet de la vigne va tenter de vous donner la température de ce matin dans le bordelais.

« Au sol dans les bas-fonds, j’avais -3°C, et à la tête du pied -1° », commente ce matin Nicolas Lesaint responsable technique du château de Reignac à Saint-Loubès en Gironde. « Les coins gélifs, ça va shooter encore...A 8h, j’entends encore les hélicoptères sur le secteur de Saint-Emilion. »

Des vignes impactées par le gel © Nicolas Lesaint du château de Reignac

Nicolas Lesaint était comme bon nombre de vignerons cette nuit sur le front du gel : « j’ai fait brûler mes bottes de paille, j’ai fait ce que je pouvais. C’est la 1ère fois que j’en utilisais, mais on n’est pas dimensionné pour cela. Je les ai mis sur les coins les plus gélifs de la propriété, j’ai disposé 8 bottes, la gestion des bottes de paille, avec le changement des vents, ce n’est pas évident et pluis au delà d’un diamètre de 10 mètres, cela ne change plus rien. C’est dur. Cela part bien 2019 ! » Au final, cet après-midi il a recensé : « 4 à 5 ha de perdus… ça aurait pu être pire… on en devient philosophe… ou résigné. »

Sophie Aribaud, conseillère viticole sur le secteur de Saint-Emilion et Pomerol a aussi sillonné les vignes pour voir comment cela se passait cette nuit :

C’est descendu à -1,7 à -2° sur les zones les plus gélives de Saint-Emilion (secteur Barbanne) et -0,5 à -0,7 sur des terroirs d’habitude pas très gélifs ». Sophie Aribaud conseillère viticole.

Des hélicoptères pour lutter contre le gel, pour les châteaux qui en ont les moyens © Sophie Aribaud

Depuis 4 heure, c’est le branle-bas de combat, « avec bougies, éoliennes, ballots de paille, et hélicoptères. On a eu un vent de nord-ouest pas du tout annoncé alors que Météo France annonçait un vent d’est », poursuit Sophie Aribaud. « En revanche, sur le centre-bourg de Saint-Emilion, il n’y a pas eu trop de souci, c’est vraiment en plaine…. A Figeac, la Conseillante et Pétrus, ils ont mis le paquet… »

Laurent Clauzel, vigneron et propriétaire de la Grave-Figeac à Saint-Emilion, en face de Cheval Blanc, a vécu une nuit blanche, une nuit de stress : « à partir de 23h, la température a chuté très vite, nos avons décidé d’allumer les bougies à 3h30… Au court de l’allumage, la température a remonté doucement , mais sur le coup de 7h alors que nos étions sur le front, elle a chuté et provoqué une gelée blanche au sol …. Grâce aux bougies, nous pensons ne pas avoir de dégâts, mais c’est passé très près et d’autres vignobles ont dû souffrir !! » 

Jean-François Galhaud, le président du Conseil des Vins de Saint-Emilion, est en train de faire le tour afin d’estimer : « cela a touché les bas-fonds de Lussac, Puisseguin, un peu Saint-Emilion et à Saint-Christophe des Bardes. C’est très ponctuel cela représente 5% maximum de l’ensemble du vignoble de Saint-Emilion, mais cela n’est pas passé loin. C’est un peu moins fort que le 13 avril dernier. C’est en tout cas un dur métier entre le gel, la grêle, la maladie et la chute du cours… » 

Dans le Blayais, Franck Jullion le président des Blaye Côtes de Bordeaux commente : « il y a eu un impact, c’est une certitude. Il y a eu des vignes de gelées. On va en savoir plus ce soir et lundi matin. 

Cela a gelé plus de vignes qu’il y a 3 semaines où 5% avaient été gelées, au moins 15% ont été touchés soit plus de 1000 hectares, » Franck Jullion président des Blaye Côtes de Bordeaux.

« Gel, grêle, gel, les propriétés qui ont connu ces aléas, pour elles cela va devenir très compliqué. Malheureusement, il y a eu samedi un petit coup de pluie qui a amené de l’humidité au petit matin. »

Le dispositif de lutte chez © Loïc Pasquet dans les Graves

Dans les Graves, Loïc Pasquet pour Liber Pater témoigne : « on s’est battu toute la nuit, sans les machines « Agrofrost » (des bonbonnes de gaz qui tournent sur elle-même et qui couvrent près d’1hectare), c’était fichu… »

On a gelé pendant 6 heures à -1,5° et ça ne se remettait pas. Cela a été tendu. Sans les machines, on n’avait plus de vin », Loîc Pasquet vigneron à Landiras.

Et de poursuivre : « c’est raide, raide, de faire du vin. En 2017, je me suis dit, qu’il fallait que j’investisse. La problématique, c’est que la végétation est très en avance. On débourre fin mars. Les accidents climatiques n’ont pas changé, mais c’est le cycle végétatif qui avec le réchauffement climatique a 3 semaines d’avance… »

Pour cette nuit, Loïc Pasquet a réussi a sauvé sa récolte, mais il redoute la nuit prochaine où il devrait encore gelé…L’état des dégâts ne sera pas connu avant le début de semaine, avec un tour d’horizon et une remontée d’informations de la chambre d’agriculture de la Gironde.

Au château d’Arsac dans le Médoc, Philippe Raoux avait déployé les grands moyens, avec 3 hélicoptères pour tenter de sauver le millésime 2019; tout a commencé en pleine nuit, avec les plans des parcelles à survoler, histoire de ramener de l’air chaud avec des vieux tas de ceps allumés au bout de la zone délimitée. C’est une bataille contre le froid, contre le vent et contre le temps, pour glaner quelque dixièmes de degrés, un degré ou peut-être un tout petit peu plus.

Très concrètement sur les relevés de températures, ce que l’on a pu constater, c’est ce qui était à -1,3°C, juste après le passage de l’hélico, on se retrouve à -0,5°C », Olivier Bonneau directeur technique du château d’Arsac.

En 2017, le château d’Arsac avait perdu près de 90% de sa récolte, pour éviter cette nouveau cataclysme, Philippe Raoux a employé les grands moyens : « on a des caprices de températures qui n’existaient pas dans le passé, et en parallèle nous avons le réchauffement climatique qui fait que la végétation est en avance. Donc les deux se rencontrent et ça crée des catastrophes… »

Ce soir Christophe Chateau, directeur communication du CIVB, sera l’invité du 19/20 sur France 3 Aquitaine. Côté Châteaux adresse toute son estime envers tous les vignerons courageux, à nouveau éprouvés par ce satané gel.

Regardez le reportage sur la lutte menée avec des hélicoptères cette nuit au château d’Arsac dans le Médoc de Karim Jbali et Xavier Granger : 

30 Avr

Affaire d’épandage de produits phytosanitaires de Villeneuve : les deux châteaux sont relaxés

Le tribunal correctionnel de Libourne a prononcé la relaxe des deux châteaux qui avaient procédé le 5 mai 2014 à des épandages de produits phytosanitaires, l’un en conventionnel, l’autre en bio, autour de l’école de Villeneuve. 23 élèves et une enseignantes avaient été pris de picotements dans la gorge et les yeux, ainsi que de maux de tête. Le procureur avait demandé la relaxe faute de preuves.

L’école de Villeneuve-de-Blaye en question © France Aquitaine

C’est un jugement qui réjouit bien évidemment les avocats des deux châteaux ler Gaec de Barbe et le château Castel la Rose en côtes de Bourg : « c’est un jugement conforme au droit et au dossier », commente Michel Gadrat l’avocat du château Castel la Rose.

Ces deux châteaux des Côtes de Bourg, Escalette (Gaec de Barbe) et Castel la Rose, l’un en bio, l’autre en conventionnel, étaient poursuivis pour « utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques ». L’affaire est survenue le 5 mai 2014. 23 enfants et une institutrice de l’école primaire de Villeneuve ont été pris de maux de tête, d’irritations des yeux et de la gorge et d’envies de vomir. Il était reproché par la Sepanso aux châteaux d’avoir traiter alors que la force du vent était supérieure à 3 Beaufort, force à partir de laquelle il est interdit de traiter. 9 stations météo en Gironde donnaient des mesures de 20 à 32 kilomètres à l’heure, mais à Villeneuve il n’y avait pas d’anémomètre, donc pas de preuve irréfragable…

Il était pour nous assez évident que nos clients devaient être relaxés, tout simplement parce qu’il n’y avait dans le dossier pas d’élément qui permettre de fonder la poursuite et qui puisse dire qu’à un quelconque moment il y ait eu une infraction qui ait été commise sur ces épandages », Michel Gadrat avocat de Castel La Rose.

Me Michel Gadrat et Me Sophie Clavel, les avocats des 2 châteaux cet après-midi pour le délibéré au palais de justice de Libourne © JPS

Pour Sophie Clavel, avocate du château Escalette, « c’est un jugement très satisfaisant qui réjouit nos clients, rien ne pouvait leur être reproché, ils avaient pratiqué les épandages dans les strictes règles de l’art. »

Et de continuer : « Il était difficile d’évaluer la vitesse des vents, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle devant le tribunal correctionnel, ils n’ont pas été poursuivis sur ce chef d’infraction-là ».

L’avocat de la Sépanso François Ruffié compte bien faire appel du jugement © JPS

Pour l’avocat de la Sepanso, Francois Ruffié:

Il y a eu d’autres déceptions » au cours de la procédure... »ce n’est pas la première, mais on a connu d’autres victoires aussi. Le Conseil de la Sepanso s’est réuni et a envisagé cette possibilité de faire appel. On va regarder le jugement et on va relever appel, la partie n’est pas finie, il s’agit de la santé de nos enfants, » François Ruffié avocat de la Sepanso.

Et d’ajouter : « le débat juridique est passionnant, c’est la question des moyens appropriés pour éviter que les produits quittent la parcelle…Toute la discussion est sur les moyens appropriés, on va voir comment le TGI de Libourne a motivé sa décision sur ce terrain, comment a-t-il pu relaxé en considérant que des moyens appropriés avaient été utilisés alors qu’absolument aucun moyen n’a été mis en place par les viticulteurs. »

Affaire à suivre…

17 Avr

Un terrible incendie chez un négociant de Bordeaux dans un entrepôt où 2 millions de bouteilles étaient stockées

Près de 60 sapeurs pompiers de Gironde ont été mobilisés hier pour éteindre un violent incendie chez Sovex Grands Châteaux. Selon la gendarmerie le faux plafond s’est effondré sur cette partie du bâtiment qui contenait 2 millions de bouteilles.

Image d’illustration de Bordeaux, la ville qui compte 300 négociants en vin © JPS

Le feu s’est déclaré hier après-midi vers 15h, dans une partie de ces gigantesques entrepôts de la société Sovex Grands Châteaux à Carbon Blanc en Gironde. L’entrepôt où le feu s’est déclaré contenait de nombreuses caisses de grands crus de Bordeaux, des cartons de vin et de spiritueux.

L’incendie aurait couvé dans un faux plafond qui s’est par la suite écroulé. Dans ce bâtiment, deux millions de bouteilles étaient stockées, rangées dans des caisses et sur des palettes. De très nombreuses bouteilles, caisses ont été cassées, brûlées, détériorées, mais pour l’heure il serait trop facile et trop rapide de dire exactement si les 2 millions de bouteilles ont été détruites, cela serait étonnant. Attendons, la Sovex devrait communiquer prochainement sur l’étendu exact des dégâts.

LA MAISON SOVEX EST RASSURANTE

La Maison Sovex a tenu à rassurer le public et ses clients à travers ce communiqué que nous a transmis le CIVB : « la société Sovex GrandsChâteaux a subi un incendie mardi 16 avril 2019 avec des dégâts partiels sur un de ses entrepôts de 3000m2, sachant que la société exploite à ce jour 21000 m2 d’entreposage. 

Aucun blessé n’est à déplorer, fort heureusement. La reprise de l’activité a pu se faire dès aujourd’hui, mercredi après-midi et les expéditions à partir de jeudi 18 avril. 

Cet incident n’affectera pas l’activité de l’entreprise, ni le suivi de ses clients. »

UNE ENQUETE EST EN COURS

Les 80 salariés avaient été évacués, l’activité pouvait reprendre sur d’autres sites d’entreposage,  évitant ainsi le chômage technique. Une enquête de gendarmerie a été ouverte pour connaître l’origine de l’incendie, elle a été confiée à la brigade de Carbon-Blanc. Selon toute vraisemblance, le feu serait parti et couvait dans le faux plafond selon les premiers commentaires des enquêteurs.

Courage à la Sovex Grands Châteaux et à ses salariés.

25 Mar

« J’irai déguster chez vous » : c’est reparti pour Paris les 12 et 13 avril

Lancé par l’appellation Castillon Côtes de Bordeaux en 2016, « J’irai déguster chez vous », revient à Paris pour la 4e fois. Après Lille, Rennes et Bordeaux, apprêtez-vous à une nouvelle tournée des grands ducs… ou en tout cas des vignerons de Castillon qui viendront gratuitement chez vous vous parler de leur terroir, de leur château et de leurs vins. 

Céline Loste Lydoire, à la tête du château Bellevus à Belvès de Castillon et Yann Todeschini en décembre 2017 lors de « J’irai déguster chez vous » à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

La formule est originale : recevoir un couple de  vignerons chez soi pour découvrir leur production. L’expérience est enrichissante et fort sympathique : échanger entre consommateurs et vignerons sur les Castillon Côtes de Bordeaux qu’ils vous proposent de déguster.

Un concept qui fait carton plein depuis sa création en 2016 car c’est avant tout décontracté, sans chichi, et sans apriori. Que vous soyez novice, amateur ou connaisseur, vous prendrez tout autant du plaisir à faire cette expérience, en famille, mais surtout entre amis. Il suffit de réunir 8 personnes au minimum et de s’incrire en selectionnant son duo de vignerons sur www.jiraidegusterchezvous.com

Parmi les vignerons qui s’offrent à vous : les audacieux, les gourmands, les globetrotteurs, kles têtus, les sportifs, les passionnés d’histoire ou de voitures, les cuisiniers…Cela se passera le week-end des 12 et 13 avril, vendredi et samedi, car le dimanche, le vigneron se reposera…un repos bien mérité après avoir été interrogé, tiraillé par de nombreuses questions de Parisiens…et c’est pas rien ! Humour…

Depuis le lancement de l’opération, 5235 amateurs ont été rencontrés lors des dégustations, 255 dégustations chez les particuliers, plus de 26 000 visites sur le site internet et 1,2 millions de vues sur les réseaux sociaux.

Un événement qui a été remarqué et consacré le 15 novembre dernier : « J’irai déguster chez vous » a remporté le premier prix des Trophées de la Com.Sud-Ouest à Bordeaux dans la catégorie « Evénementiel / Relations publiques ».

« J’irai déguster chez vous » : à  Paris les vendredi 12 et samedi 13 avril, et à Bordeaux les vendredi 6 et dimanche 7 décembre 2019. Pour s’incrire :  www.jiraidegusterchezvous.com

20 Mar

Affaire d’épandages à Villeneuve : la défense parle de « chasse aux sorcières »

Aujourd’hui s’est tenu le procès de l’affaire d’épandages phytosanitaires , qui s’est déroulé le 5 mai 2014 à Villeneuve en Gironde. Deux châteaux viticoles étaient poursuivis suite aux plaintes de la Sepanso et de Générations Futures. 23 enfants avaient été intoxiqués, ainsi qu’une institutrice. La défense parle d’une médiatisation et d’une chasse aux sorcières, alors que les châteaux disent avoir respecté les règles.

Me Ruffié, avocat de la Sepanso Gironde © JPS

L’avocat de la Sepanso de Gironde a regretté aujourd’hui que les parents des enfants ne se soient pas portés partie civile, comme lui ou comme Générations Futures. Il l’explique par l’omerta qui règnerait dans cet environnement viticole autour de l’école, la maire de la commune elle-même est poursuivie en tant que personne morale avec son château Castel La Rose (elle était ce matin absente au procès), représentée juste par Me Gadrat. Me Ruffié explique par ailleurs que le sous-préfet de Libourne avait tenu une réunion avec les parents et la communauté éducative, ce qui a contribué à dégonfler l’affaire. Pourtant, 23 enfants ont bel et bien été pris de malaise en ce 5 mai 2014 à Villeneuve, en Côtes de Bourg.

La salle d’audience avant le procès à Libourne © JPS

La présidente du tribunal correctionnel a rappelé que les traitements réalisés par les 2 châteaux avaient démarré à 8h20 et s’étaient poursuivis toute la matinée et en début d’après-midi. Dès 11h20, certains élèves se sont plaints de maux de tête et de picotements dans la gorge. Le directeur Mr Sens avait appelé à ce moment-là appelé la mairie et laissé un message. A 13h20, alors qu’un autre tracteur traitait une parcelle, l’institutrice a alerté le directeur des malaises des enfants et d’elle-même. Un médecin scolaire était venu sur les lieux ainsi que des pompiers. Depuis cette affaire, la professeure des écoles a demandé sa mutation.  

La santé des enfants vaut bien un procès et il est heureux qu’aujourdhui on ait eu un vrai débat devant une juridiction, nous verrons bien ce qu’il en sera. On a des conclusions de l’administration, les premières des techniciens de la DRAAF (Direction régionale Agriculture et de la Fôret) qui disent qu’il ya imputabilité, le médecin scolaire dit qu’il y a une imputabilité, les enseignants il y en a une qui est partie à l’hôpital, elle est est bien placée pour vous dire qu’il y a eu une imputabilité ! » François Ruffié avocat de la Sepanso.

Me Ruffié a rappelé que 9 stations de Météo France  en Gironde ont relevé ce jour-là une force du vent supérieure à 3 Beaufort (19km/h). Une force du vent qui oscillait en rafale de 20 à 32 kilomètre à l’heure… Or sur ce fait il y a eu un non lieu partiel selon la Chambre de l’Instruction, car comme le souligne l’avocat de la défense Michel Gadrat, il n’y avait aucun relevé sur site, la première station se trouvait à 20 kilomètres à Pauillac ou à Saint-Gervais. Par ailleurs, François Clauzel directeur du château Barbe (ex-Escalette) a eu cette explication concernant les traitements qu’il décide : « l’appareil enjambe le rang et il ne peut pas y avoir de dérive car les jets sont dirigés vers la vigne ».

Un, on doit prouver que la vitesse du vent était supérieure à 3 Beaufort (19km/h), or le dossier est vide, deux on doit prouver que les produits phytosanitaires sont sortis de la parcelle, rien » Michel Gadrat avocat du château Castel La Rose

Quand bien même cet élément de vent donnerait-il une indication, pour François Ruffié « l’important, c’est la question de moyens appropriés à mettre en ouvre pour le traitement par des viticulteurs » (comme l’a rappelé la chambre de l’instruction pour renvoyer l’affaire en correctionnelle), « en l’espèce ce n’est pas le cas ». En effet, aucun ne s’était doté d’anémomètre, depuis cette affaire tout le monde semble s’être équipé, même si aucun texte n’oblige à s’équiper comme l’a souligné Me Gadrat. « Aucune preuve n’a été apportée que des produits aient gagné la cour d’école et ne soient sortis de la parcelle.« 

L’avocat de Castel la Rose a aussi eu cette envolée :

Vous pensez que quand met 800, 1000 à 2000 € dans le pulvé, c’est pour l’envoyer chez le voisin ? », Me Gadrat.

De son côté l’avocate Sophie Clavel a parlé d’une affaire surmédiatisée et de chasse aux sorcières.

Sophie Clavel avocate du château de Barbe © JPS

Oui, c’est une chasse aux sorcières, parce que les associations qui sont parties civiles la Sepanso et Génération Furtures ont un but qui est tout-à-fait notable, mais on est vraiment centré dans ce débat pour ou contre les pesticides, on ressent bien qu’ils veulent faire évoluer les pratiques mais pour autant cela ne veut pas dire qu’il faut sacrifier des viticulteurs qui jouent les règles du jeu  » Sophie Clavel avocate du château de Barbe

Alors que la Sepanso et Générations Futures ont réclamé la condamnation des 2 châteaux à 4000 € et 10000€ de dommages et intérêts, ainsi qu’une condamnation à prendre en charge les frais de justice : « je vous demande d’entrer en voie de condamnation, non pas pour en faire des bouc-émissaires, mais pour que la loi soit appliquée. » Le parquet a abondé dans son argumentaire dans le sens d’une non condamnation, s’en « remettant toutefois à la sagesse du tribunal », de même pour les deux avocats de la défense, ceux-ci ont demandé la relaxe des 2 personnes morales. Le délibéré a été fixé au 30 avril prochain. A noter enfin que cette affaire avait provoqué des réactions au plus haut niveau de l’Etat, au Parlement, et que le préfet de Gironde avait pris un arrêté en juin pour interdire l’épandage autour des écoles proches des vignes, lorsqu’il y a classe…

15 Mar

Affaire d’épandage de Villeneuve : le procès va se tenir mercredi en correctionnelle à Libourne

C’est une affaire à rebondissements qui a bien failli ne jamais être audiencée. C’est grâce à la tenacité de la Sépanso de Gironde que ce procès va se tenir, car comme le résume son avocat François Ruffié : « la santé de nos enfants vaut bien un procès. » 

L’école de Villeneuve en Gironde, bordée de vignes  © France 3 Aquitaine

Ce procès va se tenir mercredi 20 mars à partir de 9 heures, devant le tribunal correctionnel du TGI de Libourne. Deux châteaux des Côtes de Bourg, Escalette et Castel la Rose, l’un en bio, l’autre en conventionnel, sont poursuivis pour « utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques », l’affaire est survenue le 5 mai 2014. 23 enfants et une institutrice de l’école primaire de Villeneuve ont été pris de maux de tête, d’irritations des yeux et de la gorge et d’envie de vomir, en début d’après-midi. De nombreux secours étaient intervenus et l’institutrice avait été hospitalisée à l’Hôpital de Blaye. L’affaire avait suscité un grand émoi sur le plan national et avait été débattue à l’Assemblée Nationale, Ségolène Royale, alors ministre, promettait toute la lumière sur cette histoire. La Préfecture de Gironde avait d’ailleurs pris en suivant un arrêté et avait préconisé de nouvelles mesures à respecter pour l’épandage…aux abords des écoles, puis après l’émission Cash Investigation et une pétition d’autres mesures en 2016.

Mais l’affaire a bien failli être enterrée, le parquet l’avait classée et avait aussi pris des réquisitions de non lieu, ce qui fait dire à l’avocat François Ruffié : « c’est comme dans le dossier de l’ours Cannelle, le dossier ne vit que par la volonté des parties civiles… » « Ce qui a motivé la Sepanso de Gironde , »c’est qu’on touche aux enfants ! La santé de nos enfants vaut bien un procès, » selon l’avocat François Ruffié. « La Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Bordeaux a donc réformé le non-lieu et a ordonné le renvoi. »

Le débat va porter sur deux points essentiels, à savoir démontrer que les traitements ont été effectués au delà de Force 3 Beaufort, une force du vent à partir de laquelle il est interdit d’effectuer des traitements. « Quand bien même, il n’y a pas à Villeneuve une station météo, il y a 9 sites météo concordants sur toute la Gironde qui attestent ce jour-là de rafales supérieures », selon Me Ruffié.

L’autre point souligné par la Chambre de l’Instruction, « c’est que le viticulteur n’ait pas pris toute disposition pour empêcher un épandage en dehors de sa parcelle », en ayant recours à des anémomètres, ou en faisant en sorte de pulvériser de manière plus précise, etc…

Cette affaire sera intéressante pour la suite et pourrait sans doute faire jurisprudence

Vignes arrachées en Gironde : pour le propriétaire, c’est un « passage en force »

Alain Dejean a vu ses vignes arrachées sur l’une de ses parcelles de 30 ares. Un réveil brutal pour ce viticulteur en biodynamie pour qui l’affaire devait d’abord se régler devant la Cour d’Appel à Bordeaux. Mais la Préfecture de la Gironde a fait procéder à l’arrachage de ces vignes « contaminées à plus de 20% par la flavescence dorée », lui conteste et ne parle que de 15%.

Alain Dejean, viticulteur en biodynamie au château Rousset-Peyraguey © France 3 Aquitaine

Pour Alain Dejean, du château Rousset-Peyraguey, le réveil ce jeudi matin a été brutal : « quand vous êtes réveillés par 6 gendarmes, par la force sans s’occuper de la justice, c’est comme si vous étiez Daech ou un terroriste…On vient et on arrache tout entouré par la gendarmerie… » Alain Dejean est encore sous le coup de l’émotion quand il a vu débarquer sur ordre du Préfet  Didier LALLEMENT, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde, les engins venus arrachés ses pieds de vignes. 

Dans un communiqué envoyé hier aux rédactions la Préfecture précise que « en application du code rural et de la pêche maritime et conformément à l’ordre de Didier LALLEMENT, la fédération régionale des groupements de défense contre les organisations nuisibles d’Aquitaine (FREDON) a procédé ce matin, aux frais du détenteur, à l’arrachage d’une parcelle de vignes contaminées à plus de 20 % par la maladie de la flavescence dorée sur l’exploitation viticole d’Alain DEJEAN à Fargues en Gironde ».

« Cette décision fait suite au refus du propriétaire de la parcelle d’effectuer les travaux nécessaires à la destruction des vignes contaminées par la maladie de la flavescence dorée suite à plusieurs mises en demeure infructueuses. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le 21 novembre dernier, la demande de requête en annulation du propriétaire de la parcelle contaminée, » selon le communiqué.

Or le viticulteur conteste la méthode : « on est toujours en appel en justice, la moindre des choses aurait été d’attendre l’appel. Il y a des appels judiciaires et on passe au dessus de la justice, c’est un passage en force ! » 

Mais pour la Préfecture : « la lutte contre la flavescence dorée de la vigne et son vecteur, la cicadelle de la flavescence dorée (FD), est obligatoire sur l’ensemble du territoire national. Elle est encadrée par le code rural et de la pêche maritime art. L251-3 à L251-10, en particulier l’article L251-10, qui donne le pouvoir au préfet pour exécuter ou faire exécuter, par l’intermédiaire d’un organisme à vocation sanitaire, la mesure d’arrachage. L’arrêté ministériel du 19 décembre 2013 organise la lutte contre la flavescence dorée et les arrêtés régionaux annuels précisent notamment les périmètres de lutte, l’organisation de la surveillance et les procédures de traitement et d’arrachage. Conformément à la réglementation, lorsque le taux de ceps contaminés dépasse 20 % sur une parcelle viticole, celle-ci doit être arrachée en totalité ».

Une fois de plus Alain Dejean conteste le taux de contamination, selon lui ce taux sur sa parcelle n’était que de 15 à 16% sur sa parcelle qui fait 30 à 35 ares à Fargues-de-Langon : « quand vous faîtes un chiffre faux, vous arrivez à plus de 20%, quand on a fait le comptage par huissier, on n’arrivait pas au même chiffre, on était à 15-16%. On m’a refusé une contre-expertise…Car il y a aussi des maladies du bois ou des sols en Gironde plus sensibles à la sécheresse qui donnent des feuilles jaunes. »

« Il y a une décision, je peux comprendre, la décision est prise par le Préfet, qui ne se déplace pas sur le terrain pour voir, sur un rapport que lui a remis la Draaf », poursuit le viticulteur. « Ce qui est curieux, c’est qu’en Bourgogne, on garde les vieux pieds, en Italie, ou ailleurs on ne passe pas par la force sans s’occuper de la justice. »

Le communiqué de la préfecture termine : « La procédure administrative mise en œuvre dans le cas des vignes contaminées à plus de 20 % prévoit un certain nombre d’étapes d’échange avec le détenteur (lettre simple, constat contradictoire, ultime mise en demeure). Dans le cas ultime où l’arrachage ou la remise en état n’est toujours pas effectué un arrachage d’office peut être ordonné par le préfet de département en application de l’article L 251-10 du CRPM ».

Et le viticulteur de dénoncer « on parle à Bordeaux d’oenotourisme, mais venez du 15 mai à fin juillet, venez respirer les particules qui ont un effet destructeur sur la santé, des particules extrêmement dangereuses pendant 8 mois sur les insectes et sur les êtres humains. A Preignac, il y a 17 familles dont les enfants ont développé des leucémies, un taux 4 fois plus élevé qu’en France. Moi, je m’en fous de la parcelle arrachée, mais c’est pour cela que je me bats. Veut-on continuer à expérimenter d’autres phases ou pas ? C’est comme les cépages résistants, cela existe dans le Languedoc et chez nous c’est difficile. On devrait polluer le moins possible, car l’air c’est 80% de notre nourriture… » Alain Dejean refuse d’utiliser ces insectides qu’il considère comme les plus nocifs, comme d’autres cas en France et notamment en Bourgogne avec l’affaire d’Emmanuel Giboulot, qui condamné en 1er instance, avait été relaxé en appel à Dijon.

« J’ai 58 parcelles, 14 hectares, où je n’ai pas de flavescence dorée, il n’y avait juste que ces 30 ares, qui ont été arrachées et brûlées, c’est la désolation, il n’y a plus que deux petits tas de cendres ». Alain Dejean est un vigneron en biodynamie, fière de sa production: « je suis un petit producteur, on travaille sans sulfite, on vend à des restaurants étoilés et on vend à l’export ». Dans cette affaire, la Cour d’Appel devra se prononcer, à ceci près qu’il n’y a plus de vigne.