08 Déc

La Confédération Paysanne remontée suite à une affaire de fraude à Bordeaux, la Fédération des Grands Vins lui répond

La Coupe Davis étant terminée, le match continue entre la Confédération Paysanne d’un côté et le CIVB et la Fédération des Grands Vins de l’autre. La Confédération sommait avant-hier ces institutions de lui répondre sur l’affaire de fraude aux vins de Bordeaux dévoilée par Vitisphère où 4200 hl de vins languedociens auraient été transformés en Bordeaux, Bordeaux supérieur, Pomerol, Margaux, Pauillac et St Julien. La Fédération des Grands Vins ne se défilera pas et se portera partie civile dès que l’action en justice sera engagée a-t-elle commentée auprès de Côté Châteaux. Le CIVB répondra aux questions de la presse lundi 18 décembre lors de son AG.

Dominique Techer de la Confédération Paysane © Jean-Pierre Stahl

Dominique Techer de la Confédération Paysane © Jean-Pierre Stahl

L’histoire concerne 4200 hectolitres de vins languedociens qui auraient été transformés en vins bordelais entre 2012 et 2014, une affaire révélée par Vitisphère, suite à une opération des douanes et remise avant-hier soir sur le tapis par la Confédération Paysanne, 3e syndicat de Gironde.

Pour Dominque Techer de la Confédération Paysanne  : « Nous avons cru, un court moment, que les instances viticoles bordelaises allaient enfin retrouver leur honneur perdu. Nous avons cru que, dans un même mouvement, « notre » interprofession, le CIVB, la Fédération des grands vins de Bordeaux, les appellations Bordeaux, Bordeaux supérieur, Pomerol, Margaux, Pauillac et St Julien allaient demander haut et fort à la justice, de laver l’affront fait à ces appellations prestigieuses et de sanctionner lourdement les fraudeurs. Au lieu de cela, on assiste à un drôle de manège, une course où chacun rivalise d’ingéniosité pour faire traîner l’affaire et surtout les poursuites. On pourrait presque croire que ce qui est recherché, c’est la prescription des faits. Les Douanes, parfois si diligentes pour sanctionner le petit viticulteur sans relations, ne semblent pas se presser pour saisir le procureur de la République. Tout le milieu viticole est au courant mais personne ne semble vouloir s’exprimer. Bizarre… »

Hervé Grandeau, le Président de la Fédération des Grands vins de Bordeaux © JPS

Hervé Grandeau, le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux © JPS

Aujourd’hui Hervé Grandeau rétorque : « la Fédération des Grands Vins de Bordeaux a toujours répondu présent et s’est toujours porté partie civile dans ces affaires de fraude, mais encore faut-il qu’il y ait une action en justice et pour le moment il n’y en a pas. Aujourd’hui il y a une instruction du dossier par le service des douanes. Un journaliste a parlé de cela, de manière tout-à-fait légitime. On ne pourra pas être pris à défaut car on le fait régulièrement ».

La Confédération Paysanne invoque une nouvelle fois le fait de se défendre contre le « Bordeaux bashing », en défendant les appellations de Bordeaux au nom de la viticulture honnête.  « Au nom de la viticulture honnête, nous demandons donc solennellement au CIVB, à la FGVB et aux appellations victimes de cette fraude de déposer plainte devant le procureur de la République de Bordeaux. Le contraire pourrait passer pour de la forfaiture pure et simple » selon la Confédération Paysane.

Et Hervé Grandeau de commenter : « Un syndicat minoritaire essaie de nous faire passer pour ce que l’on n’est pas. On va s’exprimer très clairement lundi prochain lors de l’Assemblée Générale de la Fédération des Grands Vins. » Le CIVB est sur la même ligne que la FGVB et attend l’action en justice pour se porter partie civile.

Balle au centre en foot ou alors tie-break en tennis. La suite au prochain numéro.

21 Oct

Hausse des taxes sur les spiritueux : la Coordination Rurale annonce une mort programmée des eaux-de-vie françaises !

Le gouvernement aurait dans sa manche un alourdissement de la fiscalité sur les boissons alcoolisées de plus de 15 degrés. La Coordination Rurale dénonce cette mesure qui aurait des conséquences fâcheuses pour les filières du Cognac, de l’Armagnac ou du Calvados.

Comté 037Pour Xavier Desouche, président de la section Viticole de la Coordination Rurale : « cette décision serait un lourd boulet supplémentaire pour les productions sous signe de qualité, qui n’ont rien à voir avec les alcools de masse. »

« Avec cette hausse – qui serait prévue entre 10 et 15 % – les productions de spiritueux en AOP tels que le Cognac, l’Armagnac ou le Calvados par exemple, pourraient être sévèrement mises en difficulté. Je ne comprends pas que l’on envisage d’augmenter la fiscalité sur ces produits alors que la taxe sur les boissons alcoolisées est déjà indexée sur l’inflation et donc augmente naturellement ».

En effet, Cognac, Armagnac et les eaux-de-vie de fruits françaises sont des produits hauts de gamme qui n’interviennent pas ou peu dans les comportements dépendants ou abusifs : ce sont des produits chers qui sont consommés avec parcimonie. Taxer fortement ces productions impacterait très négativement les vendeurs directs et les petits négociants qui commercialisent leur production en France et représentent des entreprises fragiles. Les gros négociants, eux, ne contribueraient pas à cette taxe car ils exportent plus de 95 % de leur production. Il serait injuste qu’une mesure destinée à bénéficier à tous soit supportée uniquement par les plus faibles.

Si la Coordination Rurale est consciente que chacun doit faire des efforts pour contribuer au plan de prévention de l’alcoolisme, elle demande fermement que des mesures spécifiques visant à protéger le patrimoine gastronomique et culturel français soient prises.

Avec Coordination Rurale

19 Oct

La production européenne de vin devrait être en baisse de 14% cette année…

La production européenne de vin, affectée par des aléas climatiques, va baisser de 14% en 2017 par rapport à la récolte précédente, a-t-on appris jeudi auprès de FranceAgriMer, qui se base sur des chiffres de la Commission européenne. Les 3 grands pays producteurs sont affectés.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Ce recul, qui aboutit à une production historiquement basse, est principalement le fait des trois plus gros bassins de production: Italie (-21%), France (-19%) et Espagne (-15%), selon l’organisme public.

La Commission estime à 145 millions d’hectolitres la production globale de vin dans l’Union européenne des 28, en baisse de 14% également par rapport à la moyenne
des cinq dernières années.

Avec 40 millions d’hectolitres, l’Italie reste le premier producteur du continent, devant la France à 36,9 millions et l’Espagne à 36,8 millions. L’Allemagne, à 8 millions d’hectolitres, subit également une petite baisse, alors que des pays comme le Portugal (6,6 millions), la Roumanie (5,3), l’Autriche (2,4) et la Bulgarie (1,4) connaissent, eux, une légère progression de leur volume de production.

Alors que cette baisse fait d’ores et déjà de ce millésime européen, comme en France, le plus faible volume de l’après-guerre, « les professionnels, eux, pensent que ces estimations sont encore supérieures à ce que va être le résultat définitif », a indiqué Anne Haller, déléguée pour les filières viticole et cidricole à FranceAgriMer. Des « ajustements » qui pourraient se traduire par « encore 2 ou 3 millions d’hectolitres de moins pour la récolte européenne », a-t-elle indiqué.

AFP

Face aux conséquences du gel, les vignerons de l’Aude réclament des mesures exceptionnelles de la part du gouvernement

Entre 1.200 viticulteurs selon la police et 3.000 selon les organisateurs ont manifesté mercredi à Carcassonne pour tirer la sonnette d’alarme sur leur situation et réclamer des aides au gouvernement. La récolte dans l’Aude n devrait s’élever qu’à 3 millions d’hectolitres et 10 en Languedoc-Roussillon alors qu’on était à 13 il y a deux ans.

2000 manifestants selon nos confrères de © France 3 Occitanie - Olivier Lecreurer

2000 manifestants selon nos confrères de © France 3 Occitanie – Olivier Lecreurer

DES MESURES EXCEPTIONNELLES RECLAMEES AU GOUVERNEMENT

Les manifestants se sont réunis à l’appel du Syndicat des vignerons de l’Aude devant une porte donnant accès à la cité médiévale avant de partir vers 16h00 en cortège vers le centre-ville, qu’ils ont rejoint dans le calme. Lors d’une prise de parole avant le défilé, le président du syndicat, Frédéric Rouanet, a décrit une situation qui « n’est plus tenable ». Après « la plus petite récolte que l’Aude et l’Occitanie aient connue, l’année va être compliquée », Frédéric Rouanet président du Syndicat des vignerons de l’Aude

Si nous n’obtenons pas des mesures exceptionnelles, des vignerons vont abandonner le métier »Frédéric Rouanet président du Syndicat des vignerons de l’Aude

Le président s’est plaint par ailleurs qu' »aucune annonce de soutien n’ait été faite par le gouvernement » alors que la situation est « catastrophique » pour de nombreux vignerons après les gelées du printemps dernier.

« Le gouvernement est nouveau, on l’interpelle pour la première fois, on espère que les choses vont bouger », avait-il dit à l’AFP au début du rassemblement.

Selon M. Rouanet, la récolte devrait s’élever cette année à 3 millions d’hectolitres dans le département, et à 10,4 millions d’hectolitres dans le secteur Languedoc-Roussillon, alors qu' »on était à 13 millions d’hectolitres il y a deux ans ».

CONCURRENCE DES VINS ESPAGNOLS ET DEMANDE DE REGULATION

Le Syndicat des vignerons de l’Aude dénonce aussi la concurrence des vins espagnols et réclame des mesures de régulation du marché au niveau de l’Europe.

Enfin, le président du syndicat et celui des Jeunes agriculteurs (JA) se sont élevés contre une campagne nationale contre le cancer et la consommation d’alcool illustrée par un tire-bouchon.  « Encore une fois c’est le vin qui est stigmatisé », se sont plaints Frédéric Rouanet et Arnaud Aribaud, le président des JA de l’Aude. « C’est l’avenir du territoire qui est en jeu », a assuré ce dernier. « C’est l’agriculture qui fait vivre ce département; le laisser tomber, c’est laisser tomber l’avenir de notre territoire », a-t-il déclaré.

Avec cette « plus petite récolte depuis 1945, on se fait énormément de soucis, on ne va pas pouvoir fournir tous les marchés » Arnaud Aribaud président des Jeunes agriculteurs

« Normalement, ça devrait faire monter les prix, mais si les négociants s’entendent pour acheter à un prix bas, les prix resteront bas », s’est inquiété M. Aribaud. « Moi je ne sais pas si je pourrai tenir », a témoigné Lucie Pagot, viticultrice à Bizanet, qui a repris l’exploitation de ses parents il y a trois ans. « Il nous faudrait davantage d’aides, de soutien, sinon on va mourir », a-t-elle poursuivi.
Bastien Roux a participé à la manifestation en signe de solidarité avec les viticulteurs, après avoir lui-même quitté l’exploitation de ses parents, en appellation Corbières, « par nécessité », car il n’y avait « pas assez de revenus ». Il travaille dorénavant dans le privé.

Avec AFP et France 3 Occitanie.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Occitanie :  A.Grellier et F.Guibal

13 Oct

De violents incendies ravagent la Californie, quelques vignobles sont impactés

De nombreuses habitations en ruine, des wineries touchées, et quelques vignobles endommagés… La région est sérieusement touchée par de violents incendies, déclenchés en partie dus à une sécheresse de près de 6 mois.

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Au milieu des ruines encore fumantes, des tonneaux carbonisés gisent et une odeur mêlée de brûlé et d’alcool s’élève près d’une dizaine de cuves encore debout. Un peu plus loin, la salle de dégustation dite « Le Chateau », n’est plus qu’un amas de gravats noircis.

Paradise Ridge, perchée sur une colline de Santa Rosa, est l’une des exploitations viticoles du nord de la Californie dévorées par les violents incendies qui ravagent la région depuis dimanche.

Nombre de vignobles, parfois centenaires, ont été endommagés et une partie des vendanges est menacée.

« Je travaille dans la région depuis 25 ans mais je n’ai jamais rien vu de la sorte », affirme Christian Butzke, professeur d’oenologie à l’école agricole de Purdue. « Les gens sont sous le choc de la vitesse à laquelle le feu a progressé », ajoute-t-il, se désolant pour les « personnes qui ont perdu la vie ». Elle sont au moins quinze à ce stade mais 200 personnes sont encore portées disparues.

Ray Johnson, directeur de l’Institut du commerce viticole à l’université de Sonoma, parle d’impact majeur des feux sur l’industrie du vin de la Côte nord » de Californie, dans un email à l’AFP.

La célèbre propriété Stag’s Leap Cellars, qui avait acquis une renommée mondiale en 1976 en surclassant de grands crus français dans un concours, le fameux « Jugement de Paris », a dû être évacuée. L’ampleur des dégâts n’avait pas été précisée mardi soir mais le site compte rouvrir samedi.

En revanche, le vignoble Signorello Estate a été réduit en cendres. Ray Signorello Jr, son directeur a indiqué sur Facebook que le personnel avait tenté dans la nuit de dimanche à lundi de lutter contre le brasier mais « a dû battre en retraite quand le bâtiment a été atteint ».

L’exploitation de vins biologiques Frey a aussi été dévorée par les flammes. « On dirait le site d’un bombardement », a constaté, amer, le vigneron Joe Nielsen de l’exploitation Donelan, dans le San Francisco Chronicle à propos des environs. « Il n’y a que des cheminées et des carcasses de voitures brûlées et des arbres carbonisés ». Cushing Donelan, dont la famille gère ce vignoble, a indiqué à l’AFP que leurs « vignes sont épargnées pour le moment mais nous sommes au milieu de la zone d’évacuation, le feu n’est pas du tout maîtrisé et le vent se lève, il n’y a aucune manière de savoir si nous sommes hors de danger ».

« Des gens ont tout perdu, des vignobles avec une histoire ont été balayés par les flammes. (…) En face de chez nous, des quartiers où vivent nos amis et voisins ont été réduits en cendres », a-t-il décrit, impuissant à protéger le domaine car eau et électricité ont été coupées. Le Beltane Ranch, auberge et vignoble datant de 1900, a également été évacué à la hâte -y compris vaches et chevaux- mais les bâtiments historiques ont été préservés grâce à « des efforts incroyables », ont écrit ses dirigeants sur les réseaux sociaux.

Le cauchemar n’était pas terminé mardi soir pour les habitants ou exploitants de cette région bucolique aux collines tapissées de vignes, parmi les plus touristiques du pays. Les incendies faisaient encore rage, les évacuations se poursuivaient. Plus de 2.000 habitations et structures ont déjà été détruites.

DES ANNEES POUR REPLANTER

« Il y aura clairement des pertes » et il faudra des années pour replanter les arpents détruits, souligne M. Butzke. A cette époque de l’année, la grande majorité des vendanges sont faites mais, explique-t-il, les meilleurs cépages de Cabernet et de Merlot –ceux qui donnent les vins les plus réputés et chers– sont traditionnellement récoltés tardivement et ne le sont à ce stade qu’à 50%.
« Ils pourraient avoir été endommagés par la fumée » qui peut pénétrer le raisin et le rendre inutilisable, ce qui diminuerait la production et peut-être engendrer une hausse des prix pendant deux ou trois ans, ajoute le professeur de Purdue.

Il anticipe toutefois un impact globalement réduit sur l’ensemble des 60.000 hectares de vignobles de la Côte nord californienne. La viticulture génère 46.000 emplois locaux, plus de 13 milliards de dollars de revenus dans le seul comté de Napa –50 milliards aux Etats-Unis– et attire 3,5 millions de touristes dans la région chaque année. « La Californie est si innovante et si rapide à rebâtir » que, d’après M. Butzke, le tourisme devrait bien résister.

Avec AFP

12 Oct

Après les vendanges, Bordeaux estime sa perte de récolte entre 40 et 50%. L’un des épisodes de gel les plus douloureux de l’après-guerre

C’était redouté dès ce fameux gel intense du 27 avril et annoncé par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux et Côté Châteaux. Cet épisode de gel est très certainement l’un des plus marquants depuis 70 ans, après ceux de 1991 et de 1956 à Bordeaux. Le point aux châteaux de France et au château Larrivet-Haut-Brion, tous deux ont perdu 70% de la récole, en Pessac-Léognan. Les pertes pour la filière pourraient aller jusqu’à 2 milliards d’euros.

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

27, 28 et 29 avril, 3 nuits de gel intense, et c’est sans parler du premier épisode du 21 avril…

Au château de France, à Léognan, on a eu beau lutter sérieusement avec de nombreuses chauffrettes et un système d’éolienne, rien n’y a fait, le gel était trop important et très tôt dans la nuit, dès minuit…Arnaud Thomassin, le propriétaire, se souvient de cet épisode douloureux : « je pense qu’on est descendu à -6 ou -7 dans les points les plus bas de la propriété. Les appareils sont efficaces mais plus il fait froid, plus le périmètre d’action est faible et cette année, c’était particulièrement intense;

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  1. En terme de volume, je pense que c’est certainement la récolte la plus faible qu’on a faite, moi ça fait plus de 20 ans que je suis là et  je n’ai jamais ramassé aussi peu de vin, Arnaud Thomassin propriétaire du château
Au château de France ce matin ©JPS

Au château de France ce matin ©JPS

Depuis le 29 septembre, l’ensemble de la récolte (précoce à cause de juin très chaud et d’un mois de septembre en partie pluvieux) est aujourd’hui rentrée ici. La perte est estimée à 70% : « on peut estimer qu’on va récupérer, entre les rouges et les blancs, de l’ordre de 500 hectolitres. L’an dernier on avait fait le double. » 1200 hectos, alors même que c’était déjà une petite récolte, déjà à cause du gel, car le château de France avait perdu 30% de sa récole en 2016. Le sort s’acharne et Arnaud Thomassin espère que 2018 sera bien plus clément. Pour lui une année normale, c’est en 2014 où la production était de l’ordre de 1700 à 1800 hectolitres.

IMG_0577Au château Larrivet-Haut Brion, même constat, 70 % de pertes au global, un peu plus sur les blancs que sur les rouges:

Sur les blancs, on est à 6 hectos à l’hectare, des rendements extrêmement faibles, avec de la qualité, j’ai 54 hectolitres de vins blancs pour 9 hectares, même en 91 on avait fait un peu plus ! « Bruno Lemoine directeur général de Larrivet Haut-Brion

Ce sont surtout les parcelles les moins qualitatives qui ont été impactées, des parcelles de seconds vins, ou tout ce qui se trouvait en contre-bas de propriétés, dans des combes ou en plaine.

Il y a des grands vins, il y a des vins un petit peu plus légers, il y a des propriétés qui ont fait de belles récoltes et d’autres qui ont tout perdu, et cela depuis 6 mois » Frédéric Massy Derenoncourt Consultants.

IMG_0583La production sera plus faible qu’en 2013 mais plus importante qu’en 1991 l’autre grande année du gel à Bordeaux, comme devrait nous le confirmer cet après-midi le CIVB au cours d’un point presse à 15h. La récolte est estimée avec 40 à 50% de perte pour ce millésime 2017 dont les effets vont se faire ressentir pendant quelques années.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Robin Nouvelle :

08 Oct

A Listrac, 200 personnes ont participé à la marche blanche contre les pesticides

9 associations avaient appelé à la mobilisation contre l’utilisation de pesticides dans les vignes. Une mobilisation moins importante qu’à Bordeaux en février 2016 mais une première dans le Médoc.

La marche blanche contre les pesticides en plein coeur de Listrac-Médoc © Sébastien Delalot - France 3

La marche blanche contre les pesticides en plein coeur de Listrac-Médoc © Sébastien Delalot – France 3

« L’avenir, c’est nous, pas vos pesticides ! », pouvait-on lire sur les pancartes des marcheurs, ou encore « Je veux grandir dans un Médoc sans pesticides. » 

La manifestation s’est élancée depuis le centre de Listrac à 14h30. Une manifestation à l’appel du Collectif Info Médoc Pesticides, d’Alerte aux Toxiques ! Gironde, de La Confédération Paysane, de l’Union Locale CGT de Pauillac, d’ Eva Pour la Vie, de Générations Futures, d’Alerte des Médecins sur les Pesticides, de Vigilence OGM 33, ou encore d’Alerte Pesticides Haute-Gironde.

Cette manifestation voulait souligner le déni de la dangerosité des pesticides et la non reconnaissance de maladies professionnelles liées à leur usage, suite notamment à l’arrêt récent de la Cour d’Appel de Bordeaux du 21 septembre qui a refusé la reconnaissance post mortem de maladie professionnelle dans l’affaire Bibeyran, ou encore du non-lieu rendu dans l’affaire de Villeneuve sur Blaye où un épandage de pesticides avait provoqué des malaises parmi des élèves scolarisés dans l’école jouxtant les vignes traitées.

Une façon d’apporter ainsi un soutien à Marie-Lys Bibeyran, partie civile dans l’affaire en reconnaissance de maladie post mortem. Son frère Denis est décédé en 2009 d’un cancer des voies biliaires.

Marie-Lys Bibeyran a annoncé qu’elle allait se pourvoir en cassation contre cet arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux, qui a rejeté en septembre le lien entre l’utilisation de pesticides et le cancer de son frère. La Cour avait estimé que la famille Bibeyran n’avait pas « rapporté la preuve d’éléments établissant la réalité d’un lien de causalité entre l’exposition aux pesticides » et le cancer, un cholangiocarcinome.

Au-delà du cas de son frère, ce pourvoi « est un devoir pour tous les travailleurs des vignes, pour qui la reconnaissance de maladie professionnelle est un droit, et ne doit pas devenir une faveur », a déclaré Mme Bibeyran à l’AFP.
« Le dossier ne peut pas se refermer comme ça », a-t-elle affirmé, assurant qu’en dépit du revers judiciaire récent, la prise de conscience anti-pesticides s’accroît dans le vignoble et dans le public, qui en a « marre de ce déni, de cette omerta ».

Dominique Techer, représentant de la Confédération paysanne, associée à la marche de Listrac, a affirmé que « les mentalités dans le monde agricole ont beaucoup évolué ».
« Depuis un an et demi, deux ans, de plus en plus d’agriculteurs, même en non-bio,
veulent faire des programmes sans (substances) cancerogènes, mutagènes ou toxiques ».
« Il y a aussi une réelle inquiétude sur l’exposition, le sort des enfants, inquiétude palpable au sein des couples d’agriculteurs », selon Dominique Techer.

Avec AFP

Regardez le reportage de Gladys Cuadrat et Sébastien Delalot, montage Alain Guinchard

 

29 Sep

Peine d’amende pour une cave coopérative après la mort d’une saisonnière

Une amende de 25.000 euros a été infligée à la cave coopérative Agamy à Bully (Rhône) après la mort par asphyxie, en 2015, d’une saisonnière de 22 ans qui nettoyait une cuve à vin. La famille de la victime devrait toucher 30000 de dommages et intérêts. Dérisoire par rapport à la perte d’un être cher.

L'entrée du Palais de Justice de Lyon © France 3 Lyon

L’entrée du Palais de Justice de Lyon © France 3 Lyon

Dans son délibéré rendu mardi, le tribunal correctionnel de Lyon a également condamné la coopérative viticole à verser 30.000 euros de dommages et intérêts à la famille
de Laure Dumont.

A l’audience, le 15 septembre, le ministère public avait requis 30.000 euros d’amende.

« Le tribunal a tenu compte de l’attitude de la coopérative qui a immédiatement reconnu sa responsabilité et pris toutes les mesures possibles pour que ça ne se reproduise pas », a souligné auprès de l’AFP l’avocat de la cave, Me Jean-Félix Luciani.

Le 19 août 2015, la jeune saisonnière avait été retrouvée inanimée dans une cuve de stockage avant mise en bouteille qu’elle était chargée de nettoyer au jet. L’enquête a révélé qu’elle avait succombé à une intoxication à l’azote, un gaz utilisé pour empêcher l’oxydation du vin.

« Depuis ce dramatique accident, la coopérative a mis en place un extracteur d’azote à l’intérieur des cuves et plus personne ne peut désormais y pénétrer », a plaidé Me Luciani.

28 Sep

Vol de 7 tonnes de raisins à Bordeaux : après le gel, la douche du vol, autant dire que la coupe est pleine !

Si ça ce n’est pas lamentable. On avait déjà vu ce procédé s’opérer les années passées, mais cette année c’est d’autant plus douloureux que le moral était en berne à cause du gel. En 10 jours, environ 7 tonnes de raisins ont été dérobés sur pied. Le phénomène aurait pris une certaine ampleur, vu le contexte avec une baisse de 40% de la récolte dans le bordelais.

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Au moins sept tonnes de raisins ont été volées sur pied dans les vignobles du Bordelais en une dizaine de jours, un phénomène récurrent pendant les vendanges mais qui n’avait jamais atteint une telle ampleur, peut-être liée à la faiblesse annoncée de la récolte cette année.

Depuis la mi-septembre, en pleine période de vendanges, au moins trois vols en dix jours ont donné lieu à dépôt de plainte, a annoncé mercredi à l’AFP la gendarmerie.

L’un s’est produit à Pomerol (600 à 700 kilos), l’autre à Montagne, prés de Saint-Emilion (500 pieds de vigne) et un autre à Génissac, en appellation Bordeaux supérieur, où 6,5 tonnes de raisin, l’équivalent de 25.000 à 30.000 grappes sur une parcelle de moins d’un hectare, ont disparu.

A chaque fois, le travail de vendange frauduleuse était « proprement fait », les pieds de vignes n’étaient pas abîmés, a-t-on précisé à la gendarmerie, qui n’a pas confirmé de plainte reçue à ce jour pour un quatrième vol, rapporté par le quotidien Sud-Ouest, à Lalande-de-Pomerol dans l’appellation du même nom. La gendarmerie a dit avoir intensifié patrouilles et vigilance, dans le cadre du service normal.

Les vols de raisins sur pied ne sont en rien un phénomène nouveau et s’observent ponctuellement en période de vendanges et davantage les années de faible production attendue.
C’est le cas cette année, où le gel du printemps laissait présager d’une récolte en baisse de 40% dans le Bordelais, et où « la tentation est grande de se servir chez le voisin », selon les professionnels de différents vignobles.

En Champagne a été instauré il y a quelques années un « plan Champagne », qui prévoit une présence et visibilité renforcée de la gendarmerie dans le domaine viticole.

En Bourgogne, des viticulteurs s’étaient organisés l’an dernier pour des rondes nocturnes dans les jours précédant les vendanges. Cette année, c’est la gendarmerie
de Beaune (Côte d’Or) qui a effectué des rondes.

Regardez le reportage d’Elise Galand et Didier Bonnet :

22 Sep

Un propriétaire de château russe condamné pour utilisation de pesticides interdits

Le propriétaire russe d’un château et son épouse ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende pour avoir fait procéder à des épandages de pesticides interdits sur leur propriété à Yvrac en Gironde.

Une affaire jugée jeudi après-mi au tribunal correctionnel de Bordeaux © France 3

Une affaire jugée jeudi après-midi au tribunal correctionnel de Bordeaux © France 3

Dmitry Strokin et sont épouse étaient jugés jeudi pour « détention et utilisation de produits sans autorisation » dans le parc de la propriété qu’ils avaient acquise en 2011 à Yvrac, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, ainsi que pour « infraction aux conditions d’utilisation » de ces substances.

Le maire d’Yvrac, celui de la commune voisine de Montussan, trois riverains, ainsi que l’association de défense de l’environnement Sepanso étaient parties civiles dans ce dossier.
Les produits avaient été saisis après qu’un ancien régisseur de l’exploitation, en conflit avec ses patrons, avait donné l’alerte. Au total, 87 échantillons de produits, tous interdits, avaient été retrouvés, a indiqué à l’AFP Me François Ruffié, avocat des parties civiles.

Les deux époux, qui n’étaient pas à l’audience et n’étaient pas défendus, ont été chacun condamnés à trois mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende.
La société GT-Trans, dont l’épouse de Dmitry Strokin est la gérante, a été condamnée
à 30.000 euros d’amende. Les parties civiles ont obtenu un total de 17.000 euros de dommages et intérêts, a précisé Me Ruffié.

En 2012, le propriétaire russe avait déjà suscité de vives protestations en détruisant la chartreuse du XVIIIe siècle présente sur le domaine, avant de décider de la reconstruire.
Parallèlement, une autre enquête est en cours concernant les conditions de détachement d’ouvriers polonais sur la propriété. Le maire de Montussan a également déposé plainte pour « vol et dégradation de bien public » après la destruction d’un lampadaire de la commune, remplacé par le propriétaire russe qui ne le trouvait pas à sa convenance.

Les époux ont 10 jours pour faire appel du jugement.

Avec AFP