18 Jan

Guide Michelin 2021 : Alexandre Mazzia 3 étoiles, Hélène Darroze et Cédric Deckert 2 étoiles parmi les promus

Malgré la crise et la pandémie de coronavirus, le Guide Michelin a tenu a récompenser comme chaque année des chefs méritants de l’hexagone. 57 tables nouvellement étoilées figurent dans la promotion 2021, dont 4 en Nouvelle-Aquitaine. 

Capture de l’article mis en ligne par le © Guide Michelin

C’est une promotion un peu particulière, dans la mesure où tous les restaurants demeurent fermés et auraient du réouvrir le 20 janvier…

C’est depuis le Jules Verne au 2e étage de la Tour Eiffel qu’a été dévoilé ce midi le palmarès du Guide Michelin 2021, l’équipe du Michelin a été accueillie par Dominique Anton, le chef du Jules Verne. Gwendal Poulennec, le directeur international des guides Michelin a tenu à préciser: « alors même que nous faisons face à une crise sans précédent, il me tenait particulièrement à coeur d’honorer ce rendez-vous que nous donnons chaque année aux chefs, à leurs équipes et à tous les  amoureux  de bonnes tables. Depuis des mois, les restaurateurs se battent au rythme des fermetures et des réouvertures de restaurants. »

Après une année noire, pour les équipes du guide Michelin, il n’était pas question de publier un millésime blanc sans mouvement et promotion. Car les cuisiniers de France sont debout, et ils n’ont qu’une hâte, c’est de vous recevoir dans leur restaurant et de vous régaler, » Gwendal Poulennec, le directeur international des guides Michelin

C’est vrai que le contexte de crise et d’épidémie a été des plus défavorables à la démonstration des talents, mais quand bien même cette première fermeture du 15 mars au 2 juin, puis cette seconde depuis le 28 octobre qui perdure encore aujourd’hui, la résilience a été le maître mot et de nombreux chefs ont su faire preuve d’abnégation et d’un grand professionnalisme pour sortir toujours le meilleur d’eux-mêmes avec leurs équipes. Pour le Michelin également : « nos équipes au Guide Michelin ont fait comme les chefs, elles ont du s’adapter à la situation, elles ont fait preuve d’un investissement considérable en adaptant leurs congés sur les périodes de confinement des restaurants, pour être sur le terrain chaque jour d’ouverture des restaurants. Avec le renfort de leurs collègues internationaux, nos inspectrices et inspecteurs ont pu effectuer cette année autant de repas que les années précédentes, toujours fidèles à la même méthode, aux mêmes critères, la sélection que nous dévoilons cette année a la même qualité que d’habitude. »

Parmi les heureux promus, Alexandre Mazzia décroche les fameuses 3 étoiles si difficiles à avoir, avec son restaurant marseillais AM, il remporte la distinction gastronomique la plus dure à décrocher: LIRE ICI l’article du Michelin

Parmi les deux étoiles montantes, la cheffe landaise Hélène Darroze est distinguée de 2 étoiles pour son restaurant à Paris le Marsan, de même pour Cédric Deckert, pour la Merise à Lambach, qui effectue un parcours sans faute et une ascension rapide.

Damien Amilien, chef pâtissier, Stéphanie de Boüard, la propriétaire, le chef Alexandre Baumard et Estelle Even chef adjointe au Gabriel © JPS

Dans ce nouveau palmarès, 4 chefs de la région Nouvelle-Aquitaine décrochent de nouvelles étoiles: 

Alexandre Baumard, chef de l’Observatoire au Gabriel remporte une étoile, son restaurant venait juste d’être ouvert à l’automne le 21 septembre, avant le 2e confinement, mais le chef avait déjà pu montrer aussi son savoir faire au Logis de la Cadène, où il a décroché par il y a quelques temps une étoile également, un savoir-faire aussi maîtrisé pour la partie brasserie aussi au Gabriel avec le Bistrot.

Cela fait beaucoup de bien. C’est à la fois inattendu et tant espéré »,Alexandre Baumard chef de l’Observatoire au Gabriel Bordeaux

« L’objectif, quand on a ouvert le 21 septembre, était d’aller chercher cette étoile », me confie ce soir le chef Alexandre Baumard, seul étoile montante cette année à Bordeaux. « Et avec le confinement, on avait mis cette espérance de côté; en un mois et demi d’ouverture, avant le 2e confineront, on a réussi à marqué cette ouverture. En 2017, pour le Logis de la Cadene, on nous avait appelé pour monter sur Paris, là je ne le savais pas du tout. J’avais eu Stéphanie de Bouard-Rivoal ce matin au téléphone, on s’était encore dit si on avait pu ouvrir un peu plus tôt…Et quand je l’ai appris à midi, je me suis effondré, c’était fabuleux. J’étais très ému, je le dois à mes équipes de Saint-Emilion et de Bordeaux. C’est un travail général. On a deux fois une étoile. C’est une belle récompense et on va essayer de mettre les bouchées doubles et d’aller encore plus haut. »

En Gironde, Claire Vallée décroche sa première étoile à Arès avec l’Ona, en Charente ce sont deux chefs qui décroche aussi une étoile au Michelin : Guillaume Veyssière à Angoulême avec les Sources de Fontbelle et Marc-Antoine Lepage à Cognac, pour les Foudres au Chais Monnet.

Parmi les restaurants qui gardent leurs étoiles, à noter l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion qui réussi à garder 2 étoiles avec l’arrivée de Yannick Alléno en septembre dernier, à noter aussi Nicolas Masse 2 étoiles à la Grand Vigne aux Sources de Caudalie, une étoile pour Jérôme Schilling au restaurant Lalique Lafaurie-Peyraguey à Bommes, ou encore une étoile pour David Martin au Saint-James à Bouliac. Et tant d’autres dont le très populaire Philippe Etchebest avec sa table d’hôte au 4e Mur.

Interview de Claire Vallée, nouvelle étoilée du Michelin pour son restaurant vegan l’Ona à Arès sur le Bassin d’Arcachon, dans le 19/20 sur France 3 Aquitaine:

Voici les nouveaux restaurants 1 étoile du Guide MICHELIN France en 2021:

A Paris

Shabour, Paris 2e
Pantagruel, Paris 2e
Trente-Trois, Paris 7e
Gaya par Pierre Gagnaire, Paris 7e
Oxte, Paris 17e
MoSuke, Paris 14e

Dans le reste de la France :

Mickaël Féval, Aix en Provence (13)
Les Sources de Fontbelle, Angoulême (16)
Vincent Favre Félix, Annecy (74)
La Rotonde des Trésoms, Annecy (74)
Louroc, Antibes (06)
ONA, Bassin d’Arcachon / Arès
Pollen, Avignon (84)
Auberge Pom’Poire, Azay le Rideau
Castel Marie-Louise, La Baule (44)
L’Observatoire du Gabriel, Bordeaux (33)
L’Ardoise du Marché, Boulleret
La Vieille Tour, Cellettes
La Mère Germaine, Châteauneuf du Pâpe
Les Foudres, Cognac
Cibo, Dijon (21)
Au Gourmet, Drusenheim
Le Donjon – Domaine Saint-Clair, Etretat
Auberge du Cep, Fleurie
L’Opidom, Fondettes
La Table de la Mainaz, Gex
Le Fantin Latour – Stéphane Froidevaux, Grenoble (38)
Le Cerisier, Lille (59)
Miraflores, Lyon (69)
Rustique, Lyon (69)
Domaine du Colombier, Malataverne
Le Bistronomique, Manosque
Signature, Marseille (13)
La Salle à Manger du Château de Mazan, Mazan
La Table d’Antonio Salvatore au Rampoldi (Principauté de Monaco)
Reflet d’Obione, Montpellier (34)
Pastis, Montpellier (34)
Leclere, Montpellier (34)
Le Manoir de la Régate, Nantes (44)
Roza, Nantes
Les Agitateurs, Nice (06)
Duende, Nîmes (30)
Ochre, Rueil Malmaison
Le Verbois, St-Maximin
Colette, St-Tropez (83)
Villa Salone, Salon de Provence (13)
Les Plaisirs Gourmands, Schiltigheim
Au Crocodile, Strasbourg (67)
L’Or Bleu, Théoule sur Mer
Le Panoramic, Tignes
Château de Massillan, Uchaux
Le Jardin Secret, La Wantzenau
Moulin de Rosmadec, Pont-Aven
Auberge du Pont, Pont-du-Château

13 Jan

Michel Ohayon lance le 1er centre oenotouristique d’Europe depuis les anciennes casernes de Libourne

C’est un projet d’envergure, quasi-pharaonique, qui se dessine à l’emplacement de l’ESOG, l’ancienne école de sous-officiers de la gendarmerie qui a fermé ses portes en 2009. Depuis la mairie de Libourne avait espéré relancer une activité jusqu’à l’arrivée en 2019 de Michel Ohayon. Celui-ci souhaite faire de ces 6 hectares et 14 bâtiments un complexe totalement repensé, tout en gardant les anciennes casernes, pour en faire le 1er centre oenotouristique d’Europe où l’on va trouver « la plus grande cave mondiale, le grenier du vin mondial », sans compter une offre de prêt-à-porter de luxe et un hôtel 5 étoiles, comme l’Intercontinental de Bordeaux.

Le projet de centre oenotouristique avec une reconversion des casernes de Libourne par © Michel Ohayon et Michel Pétuaud-Létang

C’est un projet qui décoiffe, en ces temps de paralysie et de pandémie covidaire… « Osons ! », aurait dit en son temps, Jean-Pierre Elkabbach. Eh bien Michel Ohayon, y croit et se lance avec de très nombreux partenaires dans un projet grandiose qui risque de faire passer Bordeaux désormais pour le « petit poucet », face à Libourne qui pourrait devenir l’ogre oenotouristique !

Michel Pétuaud-Létang, Michel Ohayon, Philippe Buisson et Jean-Philippe Le Gal © JPS

C’était cet après-midi un show que nous offraient Michel Ohayon, et Philippe Buisson depuis la salle des mariages de la Mairie de Libourne, avec la présence également de l’architecte bordelais Michel Pétuaud-Létang et Jean-Philippe Le Gal adjoint au maire en charge des casernes. La découverte de ce que Michel Ohayon dépeint comme « le 1er centre oenotouristique d’Europe »:

Michel Ohayon © JPS

Ce sera la plus grande cave mondiale, le grenier du vin mondial, et à côté de cela vous aurez toute une offre de mode très forte, des équipements de la personne, dans le luxe à prix très accessible, on va aussi dupliquer le grand hôtel intercontinental de Bordeaux ici au milieu des vignes, d’ailleurs le bâtiment a des similitudes assez fraternelles avec ce bâtiment », Michel Ohayon

La conférence de presse « historique » à 14h depuis l’Hôtel de Ville de Libourne © JPS

Le projet est assez dantesque, d’ailleurs Michel Ohayon décrit dans son exposé « 2 bâtiments de plus de 120 mètres de long » que sont l’aile des soldats et le manège, perpendiculaires au Pavillon des Officiers. Ces casernes, que nous avons revisitées ce matin, font intimement partie de l’Histoire de Libourne, construites à partir de 1766 sous Louis XV et jusqu’en 1877, sous la IIIe République.

Jean-Philippe Le Gal,  adjoint au projet urbain de la ville de Libourne et aux casernes © JPS

Nous sommes sur un site patrimonial fermé depuis 2009 de 6 ha avec 31000 m2 de bâtiments en plein centre ville,  c’est un lieu vivant patrimonial auquel les libournais sont attachés et donc nous souhaitons le faire revivre et en faire un centre d’attractivité de Libourne », Jean-Philippe Le Gal

 Même si le projet n’est « pas encore abouti » comme le précise Philippe Buisson, il est déjà pas mal avancé, une vidéo immersive a d’ailleurs été projetée cet après-midi à la presse. Fini donc le « dossier fantôme de l’ESOG », bonjour au temple de l’oenotourisme souhaité par Michel Ohayon qui va donner sa propre vision de ce qu’est l’oenotourisme, un terme qu’il n’aime pas forcément, mais qui sera redéfini par ce complexe touristique, commercial et multi-culturel… Car qu’on ne s’y trompe pas Michel Ohayon  mise avant tout sur une rencontre d’hommes, avec « Philippe Buisson et son dynamisme qui m’encouragent et me donnent envie de faire », épaulé aussi par son ami architecte Michel Pétuaud-Létang.

« Ecrire un rêve nécessite beaucoup de contraintes », fort de ce constat et du respect des casernes existantes, il y aura aussi de nouveaux bâtiments et également un décaissement pour permettre d’envisager des déambulations sur plusieurs niveaux avec plusieurs chemins d’accès à tous ces commerces de vin, de bouche et d’habillement…

L’ancien manège à chevaux deviendra-t-il une gigantesque cave ? © JPS

« Le site vient en numéro 2, même si tout le monde dit toujours l’emplacement, l’emplacement »...continue Michel Ohayon qui reconnaît que « si cela n’avait été qu’un projet hôtelier, je reconnais que je ne l’aurais pas fait…La nous avons près de 7 ha en coeur de ville, avec une architecture remarquable, une alliance, une alchimie entre le minéral et le végétal… »

Il y a peu d’individus en France qui peuvent porter un tel projet avec une telle crédibilité et incontestablement Michel Ohayon en est un, en plus c’est un acteur girondin, un grand hôtelier bordelais et un viticulteur libournais…C’est l’histoire d’une rencontre comme il l’a dit d’hommes mais aussi d’un lieu, il a flashé », Philippe Buisson Maire de Libourne

D’autant comme le précise Michel Ohayon que Libourne est doté d’infrastructures qui emportent la mise aussi avec « une gare, un port, des infrastructures autoroutières » non loin. Et puis comme il dit « Libourne est au coeur de la bourgeoisie bordelaise qui fait notre blason, au coeur du vignoble connu mondialement Saint-Emilion, Pomerol, Bordeaux, près des plages océanes, avec un patrimoine exceptionnel ». Bref un cocktail ou un nectar qui devrait attirer l’abeille ou plutôt le touriste. Allez soyons fou, on a parlé peut-être de plusieurs millions qui pourraient venir jusque là. Il faut dire que Michel Ohayon dispose aussi de très nombreux partenaires 150 avancés dont les groupe LVMH ou Kéring qui seront de la partie.

Le Pavillon des Officiers ○ JPS

« L’idée, c’est de faire un endroit où près de 150 marchands vont présenter dans un décor de pierre, de bois, moyenageux ou futuriste, quelque chose d’exceptionnel, l’écrin sera sublime ! » En prime, Michel Ohayon compte également créer ici un musée automobile pour des vieux bolides des années 30 à 60, , un centre d’art contemporain et un lieu dédié à la brocante, des activités qui se complètent bien et plaisent aux amateurs de vin.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Jean-Michel Litvine, montage Robin Nouvelle: 

30 Déc

Les Petites Mains de l’Ombre, un joli ouvrage qui met en valeur ces anonymes, travailleurs de la vigne par Marie-Lys Bibeyran

Voilà une idée de cadeau à faire en cette fin d’année : « les Petites Mains de l’Ombre, Gestes & Savoir-Faire des Vins du Médoc », un livre de 114 pages de photos et de textes réalisé par Marie-Lys Bibeyran, elle même travailleuse à la vigne, qui a souhaité mettre en lumière tous ces anonymes sans qui aucun grand vin ne pourrait être produit. Un hommage aux travailleurs de la vigne. Côté château lui décerne la rubrique « Vigneron du Mois »

Jean-Pierre Stahl : « Bonjour Marie-Lys, à quand remonte cette idée d’écrire ce livre et de photographier les « Petites Mains de l’Ombre » ?

Marie-Lys Bibeyeran : « en fait, j’ai commencé à faire des photos en janvier 2019, sans aucune idée précise, sans ce que je pouvais en faire… J’avais envie d’immortaliser des gestes, un savoir-faire, je trouvais cela beau et surtout je ne comprenais pas qu’il n’y ait rien de fait là-dessus, alors que le vin est pourtant un produit sacré… Cela a donc duré quelques mois, j’ai compilé des photos et mon entourage, notamment d’Info Médoc Pesticides m’en a dit beaucoup de bien, donc j’ai fait d’abord un calendrier, puis un livre et bientôt une expo photos. »

JPS : « Ce livre est donc un recueil de photos de ces Petites Mains de l’Ombre ? »

Marie-Lys Bibeyeran : « Oui, on y trouve une bonne cinquantaine de photos, chacune accompagnée d’un texte. On part d’une saison de taille et on suit les travailleurs des vignes sur 4 saisons, avec les travaux de sécaillage, pliage et taille… Chaque tâche est décortiquée, décrite et expliquée avec des termes techniques. Je fais référence aussi à un vocabulaire local, certaines choses se disent d’une certaine manière dans le Médoc et autrement sur d’autres etrritoires de la Gironde ».

« J’ai souhaité également prendre ces photos de ces travailleurs de manière anonyme, avec simplement leur prénom, il est nécessaire de respecter ainsi l’anonymat pour éviter qu’ils ne subissent une quelconque pression. »

« C’est avant tout une volonté de mettre en lumière tout le travail de réalisation d’un vin, qui est totalement obscurci ».

JPS : « Pour vous, il n’y a pas suffisamment de mise en valeur de ces travailleurs ? »

Marie-Lys Bibeyran : « Il n’y en a pas du tout, c’est aberrant. Le vin est un produit sacré, on a l’impression que le raisin pousse tout seul, c’est incompréhensible de ne pas mettre en avant ce savoir-faire. Ce n’est pas un travail simpliste, c’est très technique, sans parler de la pénibilité… »

« C’est très important que Dominique Feydieu (maire de Cussac-Fort-Médoc et vigneron) signe la préface, que ce soit un employeur. Je précise qu’on n’est pas là sur la question des pesticides, ni contre les employeurs, cela prouve qu’on peutr être employeur et faire vivre une entreprise dans le respect des travailleurs ».

Ce sont des beaux châteaux et des grands crus, mais tout cela n’existerait pas si on n’avait pas les Petites mains de l’Ombre et leur savoir-faire » Marie-Lys Bibeyran

Le sécaillage par Miguel © Marie-Lys Bibeyran

JPS : « Qui sont ces Petites Mains de l’Ombre dans votre ouvrage ? »

Marie-Lys Bibeyran : « Ce ne sont que des travailleurs du Médoc, des permanents et des saisonniers, de toutes les appellations du Médoc. Ce sont des gens passionnés qui ont un lien viscéral avec la vigne. Moi-même je suis saisonnière dans les vignes, je peux vous dire que c’est rude, mais quand bien même ils ont une grosse conscience professionnelle, ils parlent avec beaucoup d’affection de leur vigne. Il y a aussi des gens qui sont arrivés de l’étranger, ou d’autres pas natifs du Médoc, et qui maintenant sont en CDI, il y a vraiment tous les profils… »

JPS : « Ces travailleurs, ces petites mains sont-ils ou sont-elles bien rémunéré(e)s ? »

Marie-Lys Bibeyran : « Absolument pas, il y a des gens qui sont là depuis une dizaine d’années et qui sont toujours au SMIC, ils ne gagent pas plus de 1200 euros. Les gens qui gagnent plus sont souvent au prix fait ou au rendement, il peut leur arriver de faire deux journées en une, ce pour améliorer leur niveau de vie. Au niveau reconnaissance sociale, cela traîne les pieds, tant au niveau du salaire que de la Mutualité Sociale Agricole, et avec après des problèmes de santé. Ces dernières années, on parle de plus en plus de robotisation, mais on n’obtient jamais la même qualité, ni le même savoir-faire qu’avec la main de l’homme. »

Brice et le tressage de la vigne © Marie-Lys Bibeyran

JPS : « Et là, en ce moment on est justement en plein dans l’actualité avec la taille de la vigne… »

Marie-Lys Bibeyran : « oui, en ce moment, on est en plein dedans. C’est la tâche qui dure le plus longtemps, de fin novembre à fin mars. De la taille dépend la récolte. Chaque tache a son importance. Avec le réchauffement climatique, le débourrement se fait de plus en plus tôt et il faut aller vite pour avoir au final et la qualité et la vitesse du travail ainsi fait.

Une belle idée serait pour les châteaux d’associer les travailleurs de la vigne en donnant le prénom de l’un d’eux à l’une de leur cuvée.

« D’autant que certains châteaux produisent 2, 3 ou 4 vins par propriété, donc ce serait une belle reconnaissance en donnant un prénom à une cuvée pour montrer leur implication. Mon père était maître de chai, j’ai grandi au milieu de ces gens qui ont vécu dans une misère sociale, vous n’avez effectivement pas beaucoup de considération quand vous travaillez dans la vigne ».

« Mais ce que je veux souligner c’est que je ne suis pas anti-viticulteur, j’aime une viticulture paysane, humaniste et c’est possible de concilier tout cela.Mon livre est un hommage aux travailleurs de s vigne et à cette viticulture-là. »

« Les travailleurs des vignes ont été emballés par le projet, enthousiastes à y participer : « enfin, on parle de nous ! », m’ont-ils dit, dans le respect et l’anonymat. »

Les Petites Mains de l’Ombre, par Marie-Lys Bibeyran, 114 pages, à consommer sans modération, 14 €, disponible sur le site thebookedition , à la Cave les Maîtres du Vin à Saint-Médard-en-Jalles, Maisons de la Presse de Pauillac et Castelnau, librairie de Corinne à Soulac, salon de thé KTea à Saint-Estèphe et à la Fnac et sur Amazon.

24 Déc

Joyeux Noël 2020, année du vin…

Cette année-là, on s’en souviendra. Rien n’a tourné rond à part le corona. Economie flapie, bars, restos fermés, salons et événements arrêtés. Même Terre de Vins qui organisait son Bordeaux Tasting, place de la Bourse puis reformaté au Hangar 14 à Bordeaux a du annuler l’événement pour offrir à la place un numéro spécial en kiosque: les 100 trésors de Bordeaux Tatsting. Peu importe, la vie continue, avec son lot de changements, des jours meilleurs vont forcément arriver. Joyeux Noël à tous.

« Résister Ensemble », c’est le titre de l’édito que signe Rodolphe Wartel, le directeur de Terre de Vins, qui comme tous les organisateurs de salons et d’événementiels cette année a du s’adapter à cause du Covid-19. Il cite d’ailleurs à bon escient Charles Darwin : « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le plus au changement ». Et quel changement ! Bouleversant ou mieux bouleversifiant, bref les boules. Déjà que le monde du vin se prenait dans la tronche les baisses de commandes aux USA à cause de la taxe Trump, une chute des ventes vers Hong-Kong à cause des événements là-bas, des chutes aussi en Chine par ailleurs, celui-ci s’est pris de face la fermeture à 2 reprises des bars et restaurants, grands consommateurs de belles bouteilles et des ventes à l’export qui ont pas mal fléchi… Heureusement que la grande distribution a pu sauver la mise, et encore…

Il n’empêche, malgré ce contexte des plus difficiles, les vignerons, cavistes, restaurateurs ont cherché à s’adapter et les organisateurs de salons aussi en virtuel et proposant d’autres offres comme le fait depuis la mi-novembre Terre de Vins avec ce numéro spécial « les 100 Trésors de Bordeaux Tasting », que l’on aurait du trouver sur le salon de 2020 mais que l’on peut découvrir en kiosque dans ce beau magazine. De quoi faire un peu rêver et donner des idées de bouteilles pour nos réveillons et repas de Noël et Jour de l’an.

Bordeaux Tasting c’est ce rendez-vous annuel des amateurs de vin de la mi-décembre place de la Bourse, qui cette année du fait des règles sanitaires devait se tenir au Hangar 14. Chaque année 200 vignerons stars et 8000 passionnés de grands vins aimaient se retrouver pour échanger et déguster. Cette année le Covid-19 aura eu raison de cet événement. Quand bien même, dans cette résistance Côté Châteaux s’associe et ne résiste pas à l’idée de vous faire redécouvrir son numéro spécial de l’an dernier réalisé avec Sébastien Delalot en bas de cet article.

Vous allez pouvoir apprécier aussi ce magazine collector de Terre de Vins en kiosque, qui « maintient coûte que coûte » le lien et la vie entre passionnés du vin et de se réunir et retrouver même en petit comité pour partager quelques moments autour de plats de fêtes et de bonnes bouteilles. Terre de Vins vous propose d’ailleurs de retrouver ces vins sur bordeauxtasting.com jusqu’au 31 décembre, si ce n’est pas déjà fait.

Comme le dit Rodolphe Wartel et Côté Châteaux dans ses magazines aussi, « prenez-soin de vous », « faites vous plaisir » et « Carpe Diem ». Joyeux Noël les amis.

Regardez le numéro spécial Bordeaux Tasting réalisé en décembre 2019 par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot: 

18 Déc

Fondation Bergonié : 74 015 € collectés lors de la vente aux enchères de grands crus au bénéfice de la recherche contre le cancer

Jeudi 17 décembre avait lieu la vente aux enchères de vins offerts par de grands châteaux de Bordeaux et quelques sorties oenotouristiques sous le marteau d’Eric Lacombe de l’Hôtel des Ventes des Chartrons à Bordeaux. En direct live sur Interenchères et DrouotDigital, cette vente a dépassé les espérances de la Fondation Bergonié.

A la veille de Noël, on peut dire que c’est un bel élan du coeur, au profit d’une cause tout-à-fait remarquable, la recherche contre le cancer. Sollicités par la Fondation Bergonié, de nombreux châteaux, négociants et syndicats viticoles du Bordelais s’étaient mobilisés pour offrir quelques bouteilles, destinées à cette vente caritative, ainsi que quelques idées de séjours et visites oenotouristiques dans des châteaux, au total 117 lots vendus aux enchères à l’Hôtel des Ventes des Chartrons à Bordeaux, et surtout sur internet via Interencheres et DouotDigital.

Pour vous donner une idée, 6 bouteilles de Branaire-Ducru, cru classé de Saint-Julien, se sont adjugées au double de l’estimation de départ, ou encore parmi les vins qui font rêver, un double-magnum d’Yquem 2010 (1er cru supérieur) avec visite privative pour 2 et dégustation de 3 millésimes est parti pour 2100 €…Une impériale de Guiraud 2008 (1er cru classé de Sauternes), avec visite et dégustation au château, adjugé 450€. Enfin, un double-magnum de Ferrière 2006 (cru classé de Margaux), couplé avec visite et dégustation verticale de 4 millésimes et déjeuner au Wine Bar adjugé 430€….

Par ces temps de pandémie de Covid-19, le mécénat a ressenti cruellement les difficultés économiques traversées par bon nombre d’entreprises, dont certaines ont choisi aussi de réduire certains budgets par anticipation ou précaution, du coup il était nécessaire de trouver de nouvelles idées pour continuer à financer les programmes de recherche contre le cancer.

La solidarité est essentielle pour soutenir les maladies et faire face à ces nouveaux défis. Nous remercions infiniment les acteurs viticoles pour leur engagement et toutes les personnes qui ont participé cette vente solidaire pour leur soutien précieux », Marina Mas directrice Fondation Bergonié

Ces 74 015€ sont intégralement reversés aux chercheurs et soignants et vont ainsi permettre de contribuer au financement de 6 programmes de recherche au bénéfice des patients. Bravo à tous.

16 Déc

Vente des Hospices de Beaune: un nouveau record pour la pièce phare malgré la crise

Malgré les crises sanitaire et économique, la 160e vente des Hospices de Beaune (Côte d’Or) a établi dimanche un nouveau record avec une « pièce de charité » vendue à un Chinois 780.000 euros, un montant inégalé dont le produit ira entièrement aux hospitaliers victimes du Covid-19.

Une vente record ce dimanche, le précédent record remontait à 2015 © Sébastien Kerroux / France 3 Bourgogne

« Dans le monde entier, les hospitaliers ont laissé leur santé et parfois leur vie pour nous. Aux Hospices civils de Beaune, près de 100 professionnels ont été contaminés et l’un d’entre eux, Marie-Cécile, n’est plus là », a lancé François Poher, directeur des Hospices, dans un discours-préambule aux plus anciennes enchères caritatives de vin au monde, entamées vers 14H00.  « Aujourd’hui, vous êtes là pour eux », a-t-il ajouté, avant que le chanteur Marc Lavoine, parrain des enchères intervenant en visioconférence, ne déclare les enchères « officiellement ouvertes », déclenchant une succession de chiffres et de coups de marteau.

Après quelques heures d’adjudications, la « pièce de charité », (un fût de 228 litres soit 288 bouteilles), dont la vente était destinée aux hospitaliers affectés par le Covid, était adjugée 780.000 euros, pulvérisant le précédent record de 2015 (480.000 euros), franchi après les attentats à Paris.  « On aimerait rendre hommage à tous les soignants, en France et dans le monde, qui luttent jour et nuit contre cette épidémie », a déclaré l’acheteur, un Chinois qui a voulu conserver l’anonymat et avait donné mandat à la maison Bichot, traditionnellement le premier acheteur de la vente. « On va surmonter cette épreuve humaine », a ajouté l’acheteur chinois sous un concert d’applaudissements.

Pour pousser les enchères, Marc Lavoine avait accepté de donner une guitare au vainqueur de l’enchère et de déjeuner avec lui. « Les soignants que nous avons applaudis
au printemps, je ne les oublie pas », avait-il déclaré. « C’est avec beaucoup d’émotion que je souhaite remercier chaleureusement les généreux acheteurs et donateurs de la célèbre pièce de charité » qui a atteint un montant « historique », a réagi Frédéric valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF).

« 55.000 agents hospitaliers ont été touchés par le virus mais ce chiffre est largement sous-évalué. 18 sont morts, mais c’est également sous-évalué », avait indiqué peu avant la vente Denis Valzer, administrateur du Comité de gestion des oeuvres sociales (CGOS) des établissements hospitaliers publics, chargé de distribuer le produit de la vente de la pièce de charité.

Six cent trente fûts étaient mis aux enchères et le résultat total de la vente ne devait pas être connu avant tard dans la soirée. Mais le surprenant record a balayé les craintes des Hospices de voir la vente ternie par la crise et les atermoiements concernant sa tenue.

Face à la commissaire priseur Cécile Verdier, les rangs étaient en effet clairsemés dans les Halles de Beaune. Initialement prévue le 15 novembre, puis suspendue, à nouveau autorisée et enfin reportée à ce dimanche, la vente est certes une miraculée du Covid-19 mais les règles de distanciation ont limité à 171 le nombre des acheteurs présents sur place, contre 600 habituellement.

Environ 140 acheteurs étaient cependant connectés par téléphone ou internet et une trentaine d’autres ont signé des enchères écrites, précise Aline Sylla-Wallbaum, directrice générale du pôle Luxe chez Christie’s, qui organisait la vente. « L’un dans l’autre, la participation est bonne », a-t-elle affirmé.

L’an dernier, les enchères avaient totalisé 12 millions d’euros (sans les frais). L’ensemble des fonds, outre le produit de la « pièce de charité » qui va traditionnellement à une oeuvre caritative séparée, sert à financer les investissements et travaux en cours de l’hôpital d’un millier de lits géré par les Hospices, une institution fondée en 1443 pour venir en aide aux « pauvres malades ».

Une raison d’être philanthropique largement confirmée par l’actuelle pandémie; « Le contexte sanitaire donne à cette vente une portée symbolique sans précédent », souligne ainsi François Poher, directeur des Hospices civils de Beaune.

AFP

13 Déc

Côté Châteaux n°19 : un magazine spécial crise du coronavirus et monde du vin

Avec Noël et Nouvel An, décembre est traditionnellement synonyme de fêtes. Mais cette année, décembre se ressent comme l’achèvement d’une année 2020 particulièrement difficile avec cette pandémie de coronavirus qui elle n’est pas encore arrêtée. Fort de ce ressentiment, Côté Châteaux a décidé de vous proposer un tour d’horizon des professionnels du monde du vin qui ont été touchés par cette crise de méventes tant en France qu’à l’étranger. Un magazine de 22 minutes réalisé par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot à voir lundi 14 décembre à 20h15 sur France 3 NOA

Guillaume Gresta ou le symbole des bars à vins fermés durant ces confinements © JPS

Ils sont ainsi vignerons, cavistes, restaurateurs, négociants, ou encore gérants de bars à vins, tous ont été impacté à des degrés divers par la covid-19, directement ou indirectement, avec des commandes parfois à l’arrêt et la fermeture de leur établissement. Certains souffrent terriblement, d’autres vont sans doute réussir à surmonter cette crise, mais au prix d’adaptations, d’ajustements, de licenciements parfois. 62 000 faillites d’entreprises pourraient intervenir en France en 2021, tous secteurs confondus.

Benoît-Manuel Trocard est allé chercher les clients chez eux… en livrant à domicile dès le 1er confinement © JPS

Ainsi pour le 1er reportage de ce magazine, j’ai suivi Benoît Manuel Trocard, vigneron à Fronsac, qui a décidé dès le 1er confinement de miser sur la livraison à domicile sur la région bordelaise, pour s’en sortir, « une question de survie » comme il dit, pour continuer à vivre de son travail, car il a cette passion chevillée au corps étant issu d’une très vieille famille bordelaise les Trocard, vignerons depuis 1628. Un joli challenge, où chaque semaine, lui ou sa collègue sillonne l’agglomération pour apporter sur le pas de la porte les cartons de 6 bouteilles aux clients, avec les règles sanitaires de distanciation et muni de son gel hydro alcoolique. Un bel instant de partage et une démonstration que le mental est plus fort que tout en ces périodes où les commandes ont chuté pour bon nombre de producteurs de la région de Bordeaux et d’ailleurs aussi.

Jacques Lurton au château Bonnet, c’est d’ici que partent les livraisons pour les particuliers © JPS

Pour le 1er entretien, nous sommes allés à la rencontre de Jacques Lurton, président des vignobles André Lurton, qui avec 300 hectares de vignes en Entre-deux-Mers et 600 au total, s’est lui-même adapté à cette crise de marché. Premier constat, la grande distribution a été plutôt un marché porteur car les super et hypermarchés sont toujours restés ouverts, les vins de la famille ont aussi réussi à l’export à limiter la casse, mais il y a eu comme pour tous les viticulteurs une baisse conséquente des commandes par toute la filière HCR, les hôtels, cafés et restaurants qui ont été fermés pendant 5 mois de l’année 2020 et ce n’est pas fini.

Le nouveau site-boutique en ligne lancé fin juin par les vignobles André Luton © JPS

Les vignobles André Lurton ont décidé au terme du 1er confinement de lancer une boutique en ligne, alors que précédemment ils vendaient mais par le biais de sites de vente en ligne traditionnels. C’est ainsi que cette boutique en ligne a vu le jour au début de l’été dernier, permettant ainsi aux clients en France de se fournir en direct via ce site, une mini-révolution en somme…profitant d’offres aussi pour être compétitifs.

Un grand vide avec cette clientèle désespérément absente au bar à vins du CIVB

Parmi les secteurs qui ont payé un lourd tribu, celui des bars et de la restauration. A Bordeaux, on en compte plusieurs centaines qui sont bien impactés par ces fermetures à répétition. Parmi eux, un emblème en plein coeur du triangle d’or, le bar à vins du CIVB, géré par Guillaume Gresta. Un moment poignant partagé avec lui dans ce lieu qui respirait jusqu’ici la joie de vivre et la découverte par les amateurs de vin et les touristes qui fréquentaient assidument l’endroit à l’heure de l’apéro…

Guillaume Gresta directeur du bar à vins et Christophe Chateau, directeur communication CIVB © JPS

Aujourd’hui, ce lieu mythique est totalement vide avec des employés mis au chômage partiel. Sur l’année ce sera entre 60 et 70% de moins de fréquentation, 50 à 60000 clients en moins. Une fermeture qui va encore durer, on parlerait d’une réouverture des bars qu’au 1er février.  Un coup dur alors que l’établissement avait redonné un coup de neuf et avait totalement changé le mobilier. A travers ce focus, Christophe Chateau pour le CIVB reviendra sur l’impact de ces fermetures et de la conjonction de différents facteurs qui ont touché la filière durant cette année avec la taxe Trump aux USA, les difficultés en Chine, le Brexit en prime de la crise du coronavirus.

Le chef du Bistro du Sommelier préparant les plats à emporter fin novembre © JPS

Petit arrêt au Bistro du Sommelier, un endroit traditionnellement couru des amateurs de vin et de gastronomie tenu depuis près de 35 ans par Hervé Valverde, sommelier qui avait commencé sa carrière chez Dubern ou encore à l’Elysée du temps du président Giscard Destaing.

Hervé Valverde, patron du Bistro du Sommelier © JPS

Il nous reçoit juste après avoir lancé la vente à emporter, un nouveau challenge pour lui et son chef Christophe Richard, mais néanmoins beaucoup d’investissements humains pour finalement une formule pas si rentable. Il va se livrer sans détour sur cette crise qui touche de plein fouet tous les restaurateurs. Ce lundi est prévue une manifestation à Paris de ces professionnels qui réclament la réouverture de tous ces établissements qui se meurent à petit feu, d’autant que le ministre de l’économie Bruno Lemaire ne voit pas de réouverture avant le 20 janvier…

Il nous reçoit au lendemain de la déclaration du Président Macron qui a annoncé des mesures de compensations financières : « Tous les bâtiments qui resteront fermés administrativement se verront verser 20% de leur chiffre d’affaires si cette aide est plus avantageuse que les 10 000 euros versés dans le cadre du fonds de solidarité. Cette aide exceptionnelle sera maintenue jusqu’au 20 janvier ». Des aides qui sont certes bienvenues mais souvent en deçà des charges très importantes qui pèsent sur toutes ces entreprises, comme nous l’explique encore Hervé Valerde.

Thomas Noël, caviste du Wine Shop à Fronsac, en octobre dernier © JPS

Le dernier portrait de ce magazine vous amène à faire connaissance avec Thomas Noël, un caviste qui tient depuis un an et demi le Wine Shop à Fronsac avec son épouse Alexandra. Lui aussi a été impacté car traditionnellement il avait une belle clientèle de touristes. Autant dire durant le 1er confinement, cela a été plutôt difficile, après durant l’été il a pu voir revenir les touristes et a pu compter fort heureusement sur une sacrée clientèle d’habitués et notamment du monde du vin qui sait apprécier chez lui des flacons de vignerons, souvent sur allocations.

Un instant privilégié où vous allez toucher de près la passion qui l’anime, son franc parler, sa bonhommie et son envie de partage. Il va aussi raconter son histoire de son autre boutique la Maison des Millésimes à Paris qui se situe boulevard Saint Germain et qui a été radicalement touchée par l’absence de touristes étrangers dans la capitale, une cave qu’il compte relancer en la revoyant de fond en comble selon le même modèle qu’il a créé à Fronsac et l’appeler le Wine Shop Paris.

La Vinothèque s’est adapté aux nouvelles formes de consommation © JPS

Enfin, nous terminerons ce numéro spécial par une rencontre tout aussi intéressante avec Robert Cottin, PDG de la Maison Dubos et de la Vinothèque de Bordeaux. Il nous raconte ce coup d’arrêt durant le 1er confinement où la Vinothèque est restée fermée, pour jouer le jeu de combattre la propagation du virus. Vinothèque qui s’est adaptée pour le second en restant ouverte avec des horaires moins étendus que d’ordinaire, avec aussi un système de livraison à vélo Delivino, mais aussi un drive en passant commande par téléphone ou en click and collect en passant commande sur le site. Noémie Lavigne à ses côtés, la directrice de la Vinothèque, nous explique fort heureusement que le site a été pour eux un lien toujours très vivant avec la clientèle qui a eu tendance à commander via internet. Une Vinothèque qui a vu durant cette période de morosité sa fréquentation certes baisser mais qui elle n’a pas baissé les bras et a décidé de s’adapter à ces nouvelles formes de consommation et avec une Vinothèque renouvelée dès janvier.

Noémie Lavigne et Robert Cottin souhaitant de bonnes fêtes de fin d’année © JPS

Un Côté Châteaux qui n’oubliera pas de souhaiter avec Robert Cottin et Noémie Lavigne à ses téléspectateurs et fidèles followers du web de passer de bonnes fêtes de fin d’année, en dégustant une bouteille d’un 1er cru classé de Sauternes, Rabaud Promis qui a su aussi innover, avec les larmes de Rabaud, pour conquérir une nouvelle clientèle, notamment de jeunes ou féminine, avec un vin plus facile à déguster à l’apéritif que parfois un Sauternes traditionnel.

Carpe Diem et passez de joyeuses fêtes de fin d’année.

Côté Châteaux n°19 spécial coronavirus et monde du vin, ce lundi 14 décembre à 20H15 sur France 3 NOA (sur les box Free 326, SFR 455, Bouygues 337, Orange 339, ou sur internet France 3 NOA en direct): réalisé par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot: 

05 Déc

Portes Ouvertes durant 3 week-ends de décembre en Pessac-Léognan

Les 5/6, 12/13 et 19/20 décembre, 34 châteaux de Pessac-Léognan vous accueillent pour préparer avec vous vos fêtes de fin d’année. Une idée originale de découvrir les domaines et d’acheter quelques pépites à déguster en famille ou entre amis.

Le château Haut-Bailly ouvert – ici en septembre dernier © JPS

Habituellement les châteaux de Pessac-Léognan ouvrent leurs portes le 1er week-end de décembre, mais là vue la conjoncture liée au covid-19 et aux méventes que ces châteaux ont subies durant ces périodes de confinement où les bars et restaurants étaient fermés et donc n’étaient pas à l’achat, le syndicat viticole de Pessac-Léognan a décidé d’organiser non pas un mais 3 week-ends de portes ouvertes : ce week-end des 5/6, amis aussi les 2 suivants les 12/13 et 19/20 décembre. C’est aussi et surtout pour étaler les flux car ce type de week-end est d’habitude très fréquenté selon Philbert Perrin président du Syndicat Viticole de Pessac-Léognan qui se souvient que l’an dernier Carbonnieux par exemple avait reçu 5000 personnes, cette année ce sera nettement moins:

Ce sont des Portes Ouvertes révisées, sur 3 week-ends, pour étaler les flux. 34 châteaux sont ouverts et non des moindres comme Smith Haut Lafitte, Haut-Bailly, Latour-Martillac, La Louvière ou encore Carbonnieux » Philbert Perrin président du Syndicat Viticole de Pessac-Léognan.

 

Ce sont donc 34 châteaux qui sont sur le pont durant ces 6 jours pour permettre aux amateurs de vins de préparer leurs cadeaux et repas de Noël et de Nouvel An. « Nous ne proposons pas de visite de chais, mais les boutiques sont ouvertes, et on peut échanger et parler de nos métiers ». Il n’y aura que quelques rares dégustations, certains châteaux n’en font pas, d’autres quelques-unes selon un protocole très strict.

Au moins ces portes ouvertes ont le mérite d’existe, ce alors même que le confinement n’est pas encore levé (le 15 décembre), toutefois ces châteaux répondent à la réglementation comme tout commerce qui a pu réouvrir depuis une semaine. Tout se fera bien sûr dans le respect des règles d’hygiène liées à l’épidémie actuelle de coronavirus.Tout

La liste des châteaux ouvert est ici

28 Nov

Fondation Bergonié : une vente aux enchères caritative de 117 lots de vins et séjours oenotouristiques, prévue le 17 décembre

Juste avant les fêtes de Noël, voici une idée originale que vous soumet en exclu Côté Châteaux: offrez donc un lot de vin au profit d’une oeuvre caritative, la Fondation Bergonié; vous pourrez acquérir ainsi un grand flacon, une caisse de vin, ou un séjour dans le vignoble, ou tout simplement faites vous plaisir en participant à cette vente aux enchères qui ira au profit de la Fondation Bergonié, adossée au centre de lutte contre le cancer de Nouvelle-Aquitaine.

La Fondation Bergonié, vous connaissez ? C’est cette fondation créée il y a une dizaine d’année par Josy Reiffers, directeur de l’Institut Bergonié, aujourd’hui disparu. Elle est adossée au centre de lutte contre le cancer de Nouvelle-Aquitaine, il en existe 18 en France de ce type dont le plus connu est l’Institut Curie à Paris. Bergonié est un centre qui soigne bien sûr le cancer et prend en charge des cas compliqués pour essayer de donner davantage de chances de survie.

Régulièrement une quarantaine d’entreprises soutenaient la Fondation Bergonié mais ces derniers temps ont été plus difficile comme me l’explique Marina Mas, directrice de la Fondation Bergonié : « l’idée, c’est d’essayer de mettre en place une nouvelle mécanique pour lever des fonds dans un contexte où certaines entreprises sont très touchées, notamment dans l’événementiel ». L’an dernier, la Fondation avait pu organiser  son traditionnel dîner de gala avec le chef Michel Guérard et organiser une petite vente aux enchères durant le dîner d’une vingtaine de lots de vin, là ce n’a pas été possible. Aussi pour pallier cette absence, la Fondation a contacté une centaine de châteaux qui a répondu présent et offert une ou des bouteilles ou séjours oenotouristiques en vue de cette vente caritative.

Ainsi seront proposés à la vente un magnum de Pétrus 2009, 6 bouteilles de Pavie pour chacun des millésimes 2010,2012 et 2016, un magnum de Cheval Blanc en 2011, un magnum d’Angélus 2012, 6 bouteilles de château Latour, un magnum de Lafite-Rothschild 2009, un double magnum d’Yquem 2010 ou encore 6 magnums de Lafon-Rochet 2009…

Cette vente devrait permettre à la Fondation de réaliser ses objectifs dans l’accompagnement des patients en amont et en aval de la maladie, l’acquisition de nouvelles technologies et de matériels de pointe, et de rechercher des nouvelles pistes thérapeutiques.

La vente aux enchères de ces 117 lots  en ligne sera réalisé avec Drouot Online et Interencheres, avec Eric Lacombe commissaire priseur de l’Hôtel des Ventes des Chartrons à Bordeaux, le 17 décembre à 18 heures.

Et voici les liens utiles si vous voulez y participer: direct-live Interenchères et Drouot Digital  

26 Nov

Ethic Drinks, la Start-Up Bordelaise soutient les personnels soignants, en reversant à la Fondation des Hôpitaux de France

Ethic Drinks, une nouvelle boîte de « négoce vert » bordelais a décidé de reverser 100% des ventes de son site ethicdrinks.fr durant ce 2e confinement à la Fondation des Hôpitaux de France.

Ethic Drinks est une start-up bordelaise lancée en 2019 par Michaël Alborghetti, avec comme philosophie d’être « le premier négoce vert de France », en choisissant des matières 100% recyclées et recyclables. Cette boîte s’est engagée auprès de l’association WWF et de son club Entreprendre pour la planète.

« Ethic Drinks, on est à Bordeaux aux Quinconces et on existe depuis 1 an et demi », commente Michaël Alborghetti pour Côté Châteaux; « on vend des vins bio ou en agriculture raisonnée, avec une logistique et un packaging respectueux de l’environnement; on n’utilise pas de plastique, on analyse toutes les matières sèches, en minimisant le carbone au niveau de toutes les bouteilles, et notamment pour la commercialisation à l’export : on va d’ailleurs  envoyer nos vins en bateau à voile pour les USA, avec les chocolats Cemoi. L’idée c’est de pérenniser tout ce que fait le vigneron à la vigne, dans notre métier de négociant, avec toute la logistique et une partie sur internet ».

« Ce mois-ci on a décider de reverser 100% du chiffre d’affaire hors taxe à la Fondation des Hôpitaux de France, on a signer une convention de mécénat avec eux, au début on avait pensé leur donner des bouteilles, et puis on s’est dit que c’était mieux de reverser 100% des ventes ». Tous les confinés peuvent ainsi se régaler tout en faisant un beau geste. Disons que cette start-up a du nez car à l’heure où l’on parle beaucoup d’environnement, où on voit bien une sensibilisation des gens pour sauvegarder la plan!ète (qui se traduit dans les urnes comme à Bordeaux notamment): proposer des vins bios ou en agriculture raisonnée, tendre vers le zéro carbon, supprimer les pratiques, ou promouvoir pourquoi pas le vegan…ça parle à pas mal de nouveaux consommateurs ou des consommateurs qui ont le souci de préserver l’environnement.

Quant à savoir si cela marche  ? « Oui, ça marche bien, les commandes vont bien, comme on n’est pas vieux, on a créé la société en octobre 2019, on a commercialisé déjà 120 000 bouteilles », commente Michaël Alborghetti son directeur qui aujourd’hui emploi 5 personnes. Bon courage et bon vent comme on dit. Une belle initiative en tout cas.