25 Oct

Affaire de prise illégale d’intérêts à Saint-Emilion : une condamnation et une relaxe

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné cet après-midi Hubert de Boüard à 60000 € d’amende, dont 20000 € avec sursis, dans le volet correctionnel du classement de Saint-Emilion, après que 3 châteaux déclassés aient porté plainte en 2013. Philippe Casteja est quant à lui relaxé.

Eric Morain, l’avocat des parties civiles, représentant les 3 châteaux déclassés © JPS

C’est peu avant 14h30 que le jugement, lu par le Président Denis Roucou, est tombé, en salle H du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Hubert de Boüard est condamné à 60 000 € d’amende, dont 20 000 € avec sursis.

Le tribunal relève « les multiples participations d’Hubert de Boüard de la Forest à tous les stades de la procédure qui vont conduire à l’élaboration de la procédure de classement et à son règlement, que cela soit en participant à l’ODG (qu’il présidait) comme à diverses instances de l’INAO dont il est membre d’autant plus que le projet de nouveau règlement a fait de nombreuses navettes entre l’ODG et l’INAO et que nombreuses modifications sont intervenues dans les critères; cette participation active est en partie reconnue par le prévenu, mais elle est surtout confortée par les déclarations de Mr Faugas et les échanges de courriers et de courriels. Le rôle de l’ODG a été prépondérant dans l’élaboration du règlement et il n’apparait aucunement que Mr de Boüard, son président ne se soit mis, à un moment quelconque, en retrait ou se soit déporté. » Le tribunal complète en disposant que « Hubert de Boüard a accompli sciemment les actes matériel de l’infraction en choisissant d’exercer ce cumul de fonctions et en ayant conscience de ses intérêts personnels. »

Hubert de Boüard et son avocat Me Antoine Vey, le 20/09/21 lors de l’audience © JPS

Et de reconnaître comme il l’avait expliqué au tribunal:  » Hubert de Boüard s’est abstenu de voter notamment lors de la séance du 6 septembre 2012″, mais de lui reprocher aussitôt : »il a bien choisi de participer aux différentes séances alors qu’il aurait dû s’abstenir de siéger aux différentes séances, évitant ainsi que son impartialité soit mise en cause. » L’avocate d’Hubert de Boüard, également représentante de Me Vey (Cabinet Dupont-Moretti), avait prévenu ne pas vouloir faire de commentaire ni au début de l’audience, ni après.

Pour Eric Morain, avocat des parties civiles et des 3 familles des châteaux déclassés tous présents (Corbin Michotte, Croque Michotte et la Tour du Pin Figeac) : 

On nous disait qu’il n’était pas possible de faire juger ce type d’affaire à Bordeaux, et il y a eu un procès, on nous disait qu’il n’était pas possible de gagner et il y a eu une condamnation, donc vous pensez bien au bout de 8 années, c’est une satisfaction et un soulagement, » Eric Morain avocat des parties civiles.

Philippe Casteja avec ses avocats Me Le Borgne et Bienvenu © JPS

Du côté de l’autre prévenu, Philippe Castéja, propriétaire du château Trottevieille et membre de l’INAO représentant le négoce, le tribunal l’a relaxé, alors poursuivi aussi pour « pour prise illégale d’intérêt par charge de mission de service public dans une affaire dont il assure l’administration ou la surveillance » avec « une présence limitée aux réunions » (de l’INAO) détaillant des « témoignages (d’abord) contradictoires sur sa présence lors de l’examen du dossier par le comité national » puis commentant celui de M. Biau et de Yann Schyler qui ont déclaré que lors de la séance de septembre 2012 « Philippe Casteja et Hubert de Bouard avaient quitté la séance et qu’ils n’ont participé ni au débat ni au vote. »

La position extrêmement prudente que mon client avait observé dans les débats de l’INAO, le retrait qu’il s’était imposé dans les décisions qui concernaient le classement de Saint-Emilion, justifiaient qu’il soit mis hors de cause », Me Jean-Yves Le Borgne avocat de Philippe Casteja.

Pour les familles des 3 châteaux déclassés venus en nombre, comme à chaque audience tant devant les juridictions administratives que celle-ci correctionnelle, ce jugement est différemment apprécié, en demi-teinte, car le tribunal n’a pas établi de lien direct avec le déclassement, ne leur reconnaissant pas de préjudice moral et ni financier, tout en déclarant Hubert de Bouard responsable d’une faute civile à l’encontre des parties civiles. Une somme de 1000 € au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale.

« La justice est trop timide, les victimes ne sont même pas indemnisées, les votes à l’INAO vont continuer à l’être à main levée, je suis dépité », commentait à chaud Hubert Boidron de Corbin Michotte pour qui la condamnation à cette peine d’amende semblait bien dérisoire. Pour Pierre Carle du château Croque Michotte :

Qu’on n’ait pas reconnu tous les préjudices financiers et moraux, on sait qu’ils existent c’est une évidence, mais que la prise illégale d’intérêt ait été reconnue, démontrée et condamnée, ça c’est une victoire », Pierre Carle château Croque Michotte

Ce jugement risque fort d’avoir un écho devant la Cour Administrative d’Appel début 2022. Le Conseil d’Etat avait entendu en février dernierles avocats des châteaux déclassés en cassant l’arrêt qui confirmait le classement de Saint-Emilion

La Cour Administrative d’Appel devrait revoir ou non la copie de ce classement de 2012 de Saint-Emilion. Une affaire qui dure ainsi depuis 10 ans et alors même qu’un nouveau classement sera établi avec de nouvelles règles en 2022…

Lire ou relire :Classement des vins de Saint-Emilion : Hubert de Boüard et Philippe Casteja s’expliquent sur leur rôle au sein de l’INAO

21 Oct

Bonjour aux « Cités des Vins et Climats de Bourgogne ».

En Bourgogne : les 3 cités des vins de Beaune, Chablis et Mâcon, en cours de construction, viennent d’être rebaptisées  « Cités des vins et des Climats de Bourgogne »…

La Cité des Vins et des Climats à Beaune © SIZ-IX Architectes

Les trois « Cités des vins et des Climats de Bourgogne », en cours de construction à Beaune, Chablis et Mâcon, deviennent les « Cités des Climats et vins de Bourgogne ».

Le changement de nom peut sembler anodin mais il a pour but de souligner la singularité de la Bourgogne en insistant sur ce qu’elle appelle ses « climats » : ses 1.247 parcelles de vignes, classées au Patrimoine mondial de l’Unesco, sur les pentes de la côte de Nuits et de Beaune, au sud de Dijon.

Ces parcelles, délimitées au fil des siècles, disposent chacune de leurs caractéristiques géologiques, hydrométriques et d’exposition qui singularisent les vins. « Nulle part ailleurs dans le monde, l’homme n’a cherché à lier d’une manière aussi précise et intime, une production viticole à son lieu de production », insiste l’Association
des cités.

Le changement de nom vise également à éviter l’abréviation « cités des vins » pour lui préférer celle de « cités des climats », distinguant ainsi clairement la Bourgogne de la cité du vin à Bordeaux en insistant sur un « modèle de viticulture, archétype des vignobles de terroirs », selon l’association.

Les cités de Beaune, Chablis et Mâcon, qui doivent être inaugurées à partir de2022, visent à faire découvrir le vignoble bourguignon à travers des expériences
conviviales, ludiques et pédagogiques.

AFP

20 Oct

Sauternes : le millésime 2021, une édition limitée, quasi « collector »

Sauternes devrait enregistrer l’une des plus faibles récoltes depuis le fameux gel de 1991, à l’heure où se poursuivent ses deuxièmes tries.En cause le gel d’avril qui a été très sévère, jusqu’à -8°C par endroits. Il n’empêche, le botrytis qui permet de faire de grands vins liquoreux est bien présent et devrait augurer d’un grand millésime, mais en faible quantité. 

Alexiane Siscard vendangeuse dans les rangs de sémillons botrytisés © JPS

A Sauternes, ce millésime 2021 se présente comme une édition limitée, voire « collector ». Une récolte infime, en plus du travail de tries successives (où les vendangeurs passent 3 à 5 fois), de haute couture, pour ne garder que ces raisins botrytisés…

« Il faut séparer la pourriture noble, de la pourriture aigre, parce que sinon cela donne un mauvais goût au vin, le aigre », explique Alexiane Siscard vendangeuse.

Au château d’Arche, le gel d’avril a amputé sérieusement la récolte. Au lieu de 100 000 bouteilles habituellement produites, on n’en prévoit que 10 000 année…

Didier Galhaud, directeur général délégué du château d’Arche © JPS

« Ici on est sur le haut-plateau du château d’Arche et il a fait -4°C pendant plus de 3 nuits, c’était les températures les plus hautes qu’on ait eu, on est descendu jusqu’à -8°, sur certaines parcelles du château plus bas, donc c’était assez dramatique, et on a perdu jusqu’à 80% début avril, cela me fait mal au coeur…

 

Un joli travail sur les sols avec ces chevaux de labour menés par Rod Trait © JPS

Sauternes et Fargues s’en tirent un peu mieux que les autres villages de l’appellation comme Bommes, Preignac et Barsac.

Jean-Jacques Dubourdieu, président de l’ODG Barsac Sauternes © JPS

« On sait qu’on sera en dessous du quart d’une récolte normale, on n’a pas encore la copie générale de l’appellation, on sait que ce sera assez faible, plus faible que des années qu’on a connues par le passé comme 1991, année de grand gel, ou même 2017 plus récemment. »

A Bommes, au château la Tour Blanche, 7 hectares on entièrement gelé et n’ont rien produit, ici on s’attend à un très faible rendement de 4 hectolitres à l’hectare, la plus petite récolte jamais enregistrée. La dernière grosse année de production remontant à 2016 avec 16 à 17 hectolitres à l’hectare…On réfléchit sérieusement à l’avenir et on se tourne déjà vers 2022…

Miguel Aguirre, directeur d’exploitation du château La Tour Blanche © JPS

« On va investir sur des moyens de lutte, anticiper ce changement climatique qui nous impacte,  .Nous, c’est la 5e année en 10 ans, qu’on a un aléa climatique, donc là il y a une vraie réflexion de fond, sur la partie technique et sur la partie investissement forcément pour lutter contre ces aléas », explique Miguel Aguirre directeur d’exploitation du château la Tour Blanche..

Dans les chais, les vignerons de Sauternes comptent sur leur stocks pour faire face. En 10 ans, les stocks ont toutefois été divisés par 2,preuve d’un nouvel engouement pour les Sauternes, en plus des aléas.. Au château la Tour Blanche, la dernière grosse récolte remonte au millésime 2016, celui-ci était 4 fois plus abondant que le 2021.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine et Rémi Grillot :

19 Oct

Une étude sur l’exposition des riverains aux pesticides lancée mais contestée dans le Bordelais

Une étude d’ampleur inédite visant à établir une « photographie objective » des risques d’exposition aux pesticides des riverains de domaines viticoles, a été lancée mardi mais l’interprofession des vins de Bordeaux refuse de s’y associer, craignant des « conclusions hâtives ».

Avec « PestiRiv », l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et Santé publique France (SpF) vont suivre jusqu’en août quelque 3.350 participants volontaires de 3 à 79 ans, répartis dans 250 zones d’études étalées sur six régions.

Ils résident soit dans les zones viticoles (moins de 500 mètres de vignes et plus de 1.000 mètres d’autres cultures) soit à plus de 1.000 mètres de toute culture, afin de faciliter les comparaisons, et feront notamment l’objet d’un suivi biologique (prélèvements d’urine ou de cheveux…) et environnemental (capteurs d’air ambiant, échantillons d’eau ou de légumes du potager…).

Pour Jean-Luc Volatier, de la direction de l’évaluation des risques de l’Anses, la viticulture est particulièrement concernée car constituée de « cultures pérennes avec des fréquences de traitement relativement élevées et une forte imbrication entre habitat et vignes ».

« Une cinquantaine de substances seront mesurées« , a précisé Atmo France, qui participe aux relevés. « C’est la première étude qui permettra de mettre en regard le niveau d’exposition réelle de la population (…) à l’ensemble des sources possibles d’exposition : air, alimentation, eau, activité professionnelle dont usages agricoles, et usagesdomestiques ».

Les résultats des analyses de plusieurs millions d’échantillons sont attendus en 2024 et doivent permettre « d’objectiver s’il y a une surexposition » des riverains
et de « comprendre pourquoi et comment, afin de donner tous les leviers pour agir », a souligné Ohri Yamada, responsable de la phytopharmacovigilance à l’Anses.

L’association environnementale Générations futures, qui a publié en mars un classement des départements les plus gourmands en pesticides, avec deux départements vitivinicoles en tête (Gironde et Marne), a « salué » mardi le lancement de PestiRiv mais regretté le « temps perdu ».

En mettant en avant leur « rigueur scientifique », les organisateurs de l’étude souhaitent se prémunir contre les critiques sur un sujet très sensible qui a déjà débouché sur des procès, voire des tensions physiques, dans certaines régions.

PestiRiv fait notamment grincer des dents dans le Bordelais. L’interprofession a fait savoir, dans une lettre de son président à la préfète, datée du 1er octobre, révélée par Le Monde et dont l’AFP a eu connaissance, qu’elle « n’accompagnera pas cette démarche, ni auprès des entreprises viticoles girondines, ni auprès des maires des communes concernées« , à moins que Santé publique France et l’Anses ne la rassurent sur plusieurs points.

Le Conseil interprofessionel des vins de Bordeaux (CIVB) regrette, entre autres, un « manque de transparence » sur les retours d’une phase d’expérimentation menée en 2019 en Nouvelle-Aquitaine ainsi que « la disparité de localisation des échantillons, avec plus de la moitié de l’étude qui se déroulerait en Gironde ». Il voit « ce focus sur le vignoble bordelais » comme « un biais majeur dans le protocole » et « ne souhaite pas que Bordeaux soit de nouveau le bouclier derrière lequel les autres vignobles français peuvent s’abriter ».

Le CIVB n’est en outre pas « convaincu » que SpF et l’Anses, « une fois le travail d’analyse et de diffusion réalisé, feront l’effort de pédagogie et de contradiction nécessaire pour éviter les conclusions hâtives et faisant fi de toute rigueur scientifique ».

Une position que ne comprend pas Béatrice de François, la maire PS de Parempuyre (Gironde), aux portes du Médoc. « C’est dommage qu’ils (le CIVB) se braquent d’entrée comme ça, ils auraient tout intérêt à accompagner cette étude et le changement des pratiques », explique à l’AFP cette maire, qui avaient pris en 2019 un arrêté
interdisant les produits phytopharmaceutiques « à moins de 100 m de toute habitation ou espace public », annulé par la justice administrative. Selon Mme de François, qui rappelle que les pesticides ne concernent pas que la viticulture mais bien l’agriculture en général, « une vraie étude scientifique neutre » comme PestiRiv, « sur une durée un peu longue, sur des enfants et des adultes », sera « intéressante ».

AFP

16 Oct

Bernard Magrez et le Château Pape-Clément, un plongeon dans l’histoire viticole de Pessac

C’est l’un des plus beaux châteaux de l’agglomération de Bordeaux. L’un des plus vieux vignoble aussi. Son plus illustre propriétaire a été pape en France Clément V, aujourd’hui il est la propriété de Bernard Magrez l’homme aux 4 crus classés, 42 châteaux, mécène de l’institut Bergonié et des arts.

Le château Pape-Clément, vu depuis le parc avec sa Rolls Royce oeuvre d’art © JPS

A Pessac, le château Pape-Clément est sans doute le plus ancien vignoble aux portes de Bordeaux, sa première récolte remonte en effet au milieu du XIIIe siècle…« Les premières parcelles de vigne que l’on peut apercevoir là-bas remonte à 1252, on a encore 3 parcelles de vigne pour lesquelles on a retrouvé des archives et qui témoignent qu’il y avait ici la production de vin rouge déjà à cette époque… », commente Jeanne Lacombe, directrice technique du château Pape-Clément.

« Le château doit son nom à son plus illustre propriétaire le Pape Clément V qui est né sous le nom de Bertrand de Goth en 1264, et il fut pape de 1305 à 1314, et avant les pieds de vigne étaient plantés sur la propriété de manière aléatoire, et c’est grâce à lui qu’on s’est mis à planter les vignes sous forme de rang, on parlait de rège à l’époque, ce qui a permis de moderniser les pratiques et d’avoir recours à la traction animale, » Jeanne Lacombe directrice technique

A la tête de cette propriété de 60 hectares, de ce château avec son pavillon Eiffel, Bernard Magrez, l’homme aux 42 domaines dont 4 grands crus classés, féru d’histoire religieuse, avec une superbe collection de calices… « Par exemple celui-ci a des pierres précieuses tout autour, il date des années 1500…Par la suite, il y a d’autres très belles pièces qui se sont imposées, mais elles ne sont pas toujours libres, donc ce n’est pas très facile d’en faire l’acquisition… », précise Bernard Magrez.

Une collection exceptionnelle pour un homme aussi incroyable : « non, je ne suis surement pas le pape de la viticulture à Bordeaux, vous êtes bien gentil mais enfin il y en a d’autres, ce que l’on cherche c’est à s’inscrire dans cette histoire qui sort de l’ordinaire…et en particulier cette association qui est refusée par la chrétienté entre le roi Philippe le Bel et le pape Clément V, qui ont fait la chasse au templiers et ont capturé Jacques de Mollet le grand patron des templiers, et l’ont immolé sur la place du temple à Paris, et sur le bûcher il a dit le pape mourra dans l’année et le roi mourra dans l’année… »

Le château, lui bouillonne d’ingéniosité, avec constamment des innovations, 2 cette année à l’entrée du cuvier: « la première, c’est ce contenant des tonnelleries Baron, qui combine le bois et la céramique au sein d’un même contenant pour produire des vins très équilibrés et puis la deuxième, c’est ce réacteur qui permet de multiplier les levures indigènes afin qu’elles fermentent de manière le plus qualitative possible » 

A la réception de vendange, cette exigence se traduit par un double tri manuel et tri optique, en cette année de gel et de mildiou: « la machine est équipée d’une multitude de caméras et va nous permettre d’écarter tout ce qui est baies roses, baies en légère sous-maturité, pour ne rentrer que le meilleur… », précise Jeanne Lacombe, la directrice technique.

Virtuose par ses vins, Bernard Magrez l’est aussi dans le mécénat :

Vous savez que ma mission personnelle, c’est aider l’autre, aider les autres…très investi dans le mécénat à Bergonié, mais aussi en Thaïlande avec un orphelinat où j’ai 70 ou 75 enfants, et dans ce projet là je lutte contre l’injustice, dans la mesure où on ne demande pas d’avoir un cancer et où on ne demande pas d’être orphelin, non plus » Bernard Magrez

Et dans le prolongement de cela, il y a aussi le mécénat avec les musiciens : « les problèmes rencontrés par un artistes sont difficiles pour être connus ou reconnus, même pour les gens de grand talent, il y a 8 ans de cela j’ai offert un stradivarius à un garçon qui s’appelle Dautricourt, un alto de 1616 à une autre concertiste, j’en ai 4 autres au total et ce sont des gens dont le projet était de faire le mieux possible, en France, en Belgique et  en Suisse et grâce à ces instruments la ils sont dans le monde entier...Le talent doit être mis en valeur, et la ténacité, dans l’art, la peinture, de tout ce que l’on couvre au niveau de cette fondation, on veut absolument être exemplaire ».

Une précision qui s’apprécie notamment avec ces grands vins blancs : « Nous avons récolté les blancs du 8 au 23 septembre, la fermentation est en cours, vous le voyez par le gaz carbonique qui si dégage dans certaines bondes, c’est le pic des vinification, les premiers jus sont très prometteurs même si le millésime a été très éprouvant…En blanc, pour l’instant c’est une grande satisfaction… », commente Jeanne Lacombe.

Le chai de blancs avec de nombreuses barriques de 225 à 500 l et foudre différents © JPS

« A Pape Clément, on fait des blancs atypiques par rapport pour l’appellation, on pousse un peu plus les maturités que les autres crus voisins, on est plutôt sur des profils de fruits exotiques que d’agrumes, et puis on multiplie les contenants avec des capacités différentes, on a des barriques de 225 l, des futs de 320, 360, 400, 500 et tout un tas de foudres de 8 à 25 hectolitres…. »

 Et Bernard Magrez de déguster un Pape-Clément 2018 en blanc et un 2016 en rouge avec son équipe : « on boit un vin qui provient d’un terroir qui  a été choisi par des vignerons en 1252. Il y a une histoire bien entendu qui émeut un peu… »

 La vigne c’est notre reine, mais l’amateur de vin c’est notre roi, car on a le devoir de lui proposer des vins qui sont amenés à lui plaire », Bernard Magrez

Bernard Magrez, dégustant le millésime 2016 de Pape-Clément © JPS

240 000 bouteilles ont été produites en rouge sur ce millésime 2016, un millésime qui au final en volume a été plus généreux que le 2021 qui vient de rentrer dans les chais de Pape-Clément.

13 Oct

Manifestation de soutien à Valérie Murat devant le palais de justice de Bordeaux

Depuis ce matin la cour d’appel de Bordeaux examine une demande de radiation de l’appel interjeté par Valérie Murat et Alerte aux toxiques dans l’affaire de dénigrement des vins de Bordeaux où ils ont été condamnés à payer 125 000 euros d’amende. Demande faite par les 26 plaignants. La Cour rendra son arrêt le 10 novembre.

Valérie Murat au centre devant le Palais de Justrice de Bordeaux © France 3 Aquitaine Cristel Arfel

Interrogée ce matin devant le palais de justice par ma consoeur Elise Galand, Valérie Murat entourée par plusieurs dizaines de personnes et militants anti-pesticides, comme Génération Futures ou Alerte Pesticides Haute-Gironde,  venus la soutenir explique vouloir simplement faire appel du jugement et de sa condamnation du 25 février dernier. Elle explique « nous on paie à hauteur de nos moyens, on ne peut pas faire autrement, on n’a pas l’argent dont dispose le CIVB, on n’a pas l’argent dont disposent tous les châtelains, qui nous ont trainé dans cette plainte, et eux ils n’ont pas besoin de nos sous. »

Pour rappel,Valérie Murat et Alerte aux Toxiques ont été condamnés à verser 100 000 € in solidum au titre du préjudice moral d’atteinte à l’image des vins du bordelais et par ailleurs 25 000 € à 5 châteaux et 1 € symbolique à 2 autres domaines.

L’article visé en septembre 2020 était intitulé « Analyse de résidus de pesticides dans les vins, résultats : la HVE (Haute Valeur Environnementale) encore gourmande en pesticides », cet article a été jugé par le tribunal de Libourne « dénigrant et constitue une faute de la part de Madame Valérie Murat et de l’Association Alerte aux Toxiques », avait disposé le tribunal.

Valérie Murat et Alerte aux toxiques avaient aussitôt décidé de faire appel, par l’intermédiaire de leur avocat Eric Morain, présent ce jour. Seulement, le CIVB et les autres plaignants ont demandé la radiation de son appel aux motifs que l’amende de 125 000 € n’a pas été intégralement payée,  arguant que certains propos dénigrants n’ont pas été supprimés également des réseaux sociaux, des conditions indispensables selon eux pour interjeter appel, ils n’ont pas souhaité être interviewés à la sortie par ma consoeur.

De son côté Eric Morain avocat de Valérie Murat et d’Alerte aux Toxiques a commenté : « On a démontré à la Cour que Valérie Murat et l’association Alerte aux Toxiques ont exécuté la décision de justice dont les interdictions de publication. On a manifestement des adversaires qui veulent qu’elle se taise à jamais, pour tout en tout temps et en tout lieu, ce n’est pas ce qu’a décidé le tribunal de Libourne dans sa décision, le tribunal avait juste interdit de publier ce communiqué de presse et le dossier qui était attaché à ce communiqué de presse , point final. »

« Moi, je n’ai pas été condamnée à me taire à tout jamais, moi j’ai été condamnée à retirer une publication par la justice c’est fait. J’ai été condamnée à payer, je paye.Je n’ai pas payé la totalité, je ne peux pas. Je montre ma bonne volonté en payant à hauteur de nos moyens l’association et moi. », commente Valérie Murat.

La cour de Bordeaux rendra son arrêt le 10 novembre prochain.

Luchey-Halde, un vignoble agroécologique expérimental à Mérignac

Luchey-Halde, en plein coeur de Mérignac, à deux pas de Bordeaux, et du CHU que l’on peut apercevoir depuis ce vignoble… C’est un vignoble agroécologique expérimental…Un vignoble où peuvent se former des élèves ingénieurs agronomes…

Lucie Viard, 2e année de Bordeaux Sciences Agro © JPS

Dans ses rangs de vigne, on y trouve 17 élèves ingénieurs en 2e année de Bordeaux Sciences Agro : « je viens de la Champagne, j’ai mes parents qui sont Champenois, et je suis arrivé l’année dernière à Bordeaux Sciences Agro pour faire un cursus d’ingénieur agronome et j’ai intégré cette année pour faire un double diplôme, à la fois être ingénieur agronome et oenologue… » commente 

 

Marc de Resseguier 1ère année de BTS ACSE © JPS

Il y a aussi Marc en BTS agricole à Villenave d’Ornon : « moi, j’ai un bon poste, je suis porteur, on porte les caisses mais on a le temps de se reposer entre deux. On est une douzaine de ma classe à participer aux vendanges pour payer notre voyage de fin d’études… »

Isabelle Masneuf-Pomarede, professeure d’oenologie à Bordeaux Sciences Agro © JPS

Tout a été arraché ici en 1920 pour devenir ici un terrain militaire. Replanté en 1999, ce vignoble sert désormais de site de formation. A terme, ces jeunes sont appelés à devenir chef de culture, maître de chai, directeur technique, consultant ou directeur général de domaine… « Ils ont l’opportunité, pendant cette période très active que constitue les vendanges et la vinification des vins, de pouvoir participer aux opérations et dons pendant 15 jours ils vont se former sur le terrain.

Bien qu’urbain, ce vignoble de 23 hectares est entouré de pas mal d’arbres et de nombreuses haies : « on est entouré d’un espace boisé de 4 hecatres, on a également un autre espace boisé de ce côté là, et c’est vrai que cela nous procure une certaine biodiversité… »

Mélanie Lou, responsable environnement au château Luchey-Halde © JPS

« Vous allez vous répartir dans différents ateliers, poursuit, certains iront au niveau du tri à la réception de vendanges et les autres vont descendre dans le chai pour les opérations de remontage. »

Des opérations de tri manuel menées par les étudiants et des ouvriers de chai : « là on enlève tous les restants de grappe, les feuilles, comme vous le voyez, il y a du boulot… »

Et du boulot, on n’en manque pas. Depuis 2015, 3 projets de recherche sont conduits ici par Bordeaux Sciences Agro… « Le fait d’être en contact avec des enseignants chercheurs en viticulture-oenologie  régulièrement cela nous permet de suivre tout ce qui se passe en terme d’oenologie et viticulture ».

Pierre Darriet, directeur technique du château Luchey-Halde © JPS

« Ce qui permet surtout pour nous de faire de bons vins, c’est qu’on a un très bon terroir ici, qui par chance a été préservé de l’urbanisation parce que c’était un terrain militaire, mais avant d’être un terrain militaire, c’était une exploitation viticole, assez côté de Mérignac, voire la plus cotée de Mérignac, le terroir ca joue beaucoup. »

Un terroir assez exceptionnel constitué de graves, de galets et de terres fines déposés par la Garonne.

A voir ce soir sur France 3 Aquitaine à 18H53 dans l’édition Bordeaux Métropole, réalisé par JPS, Guillaume Decaix et Charles Rabréaud:

12 Oct

71 châteaux vous ouvrent leurs portes ce week-end dans les Graves

C’est sans doute l’une des plus importantes manifestations oenotouristiques en bordelais. Pas moins de 71 châteaux seront sur le pont samedi 16 et dimanche 17 octobre pour un super week-end portes ouvertes.

C’est sans nul doute l’un des plus vieux terroirs de Bordeaux, vieux e 2000 ans; un terroir de graves déposé lors de la fonte glacière de l’ère quaternaire avec la formation du fleuve  Garonne, fait de galets, de graviers plus ou moins gros, de sables mêlés à des limons et argiles.

Les Graves aujourd’hui s’étendent sur 3500 hectares, une appellation que se proposent de vous faire découvrir les 71 vignerons avec leurs équipes ce week-end, à travers des visites de vignobles et de chais.

Vous aurez la possibilité de déguster leurs vins blancs, rouges et liquoreux durant ce week-end dans les différentes propriétés qui y participent -71 un record-, des ateliers seront aussi mis en place et les enfants ne seront pas oubliés car il pourront goûter ud jus de raisin sans alcool et des animations pourront aussi leur être proposées.

Les châteaux participants : c’est ici  Un jeu concours vous attend également… Enfin 7 séquences d’initiation à la dégustation sont prévues pour débutants ou connaisseurs à la Maison des Graves (3€ la session – durée 45 mn)

 

11 Oct

De la famille de Pontac au Prince Robert de Luxembourg, la légende continue de s’écrire au château Haut-Brion

En face de la Mission Haut-Brion, situé en plein coeur de Pessac et de Talence, en face de la Mission Haut-Brion, le mythique château Haut-Brion, 1er grand cru classé 1855…Ses vendanges ont commencé le 20 septembre sur les merlots et se poursuivent en cette fin septembre sur les cabernet-sauvignons. De la famille de Pontac au Prince Robert de Luxembourg, la légende continue de s’écrire au château Haut-Brion.

Le mythique château Haut-Brion © JPS

« C’est la 1ère année, c’est sympathique…J’habite, même pas à 20 mn en bus vers Pessac centre, centre donc c’est super…Tout le monde ici est sympa… », commente Mike Galopin de Pessac.

« C’est agréable, moi j’habite dans le Médoc, et ça change des châteaux et des vignes qu’on peut voir comme en campagne. En pleine ville, un château comme cela, c’est assez atypique », complète Cécile Legrand d’Arsac pour qui ce sont ses 4e vendanges ici.

Si Haut-Brion n’a pas trop gelé au printemps, un peu comme toutes les autres années, c’est que non seulement le château est en plein coeur de l’agglomération, mais surtout il possède ici un terroir envié de tous le bordelais, assez chaud, fait de graves avec un sous-sol argilo-calcaire qui lui confère aussi de la fraîcheur…

Pascal Baratié, chef de culture au château © JPS

C’est le site qui est précoce, il y a un micro-terroir, et un terroir », Pascal Baratié le chef de culture du château Haut-Brion.

Et d’ajouter: « il y a trente ans, il y avait un portail ici, il y avait une maison bourgeoise et là nous sommes dans le jardin de la maison, c’est-à-dire que la valeur du terroir ici est telle qu’on rachète les maisons, pour replanter de la vigne. On fait faire marche arrière à l’urbanisme ici. »

Haut-Brion, ce sont 54 hectares de vigne et 30 pour la Mission… Haut-Brion, un nom qui résonne dans le monde entier, et dès le XVIe siècle avec la famille de Pontac qui a contruit le château, et Arnaud III de Pontac, qui a fait connaître Haut-Brion en Angleterre.

« Arnaud III de Pontac va mettre en place des techniques nouvelles de vinification et de vieillissement, cela va permettre de faire des vins qui vont être plus denses, plus riches, plus colorés, que les vins qui existaient jusque-là et qu’on va nommer les « new french claret », donc ce sont des vins plus soutenus… » explique Jean-Philippe Delmas directeur général délégué vin et propriétés Domaine Clarence Dillon.

 

« Et puis le fils d’Arnaud III de Pontac va avoir l’idée plus commerciale d’aller exporter le vin d’Haut-Brion en Angleterre en ouvrant une taverne… »ce qui va booster la reconnaissance et la vente des vins d’Haut-Brion et même la notoriété de tout Bordeaux.

Et comme un écho à ce passé glorieux, Haut-Brion ouvre aujourd’hui son pavillon catelan, un ancien chai restauré durant 4 ans dédié à l’oenotourisme avec une fabuleuse cave, où se pressent des amateurs étrangers et français… « C’est toujours un plaisir de venir à la source et de regarder ces belles bouteilles… », commente John un acheteur présent ce jour-là, résidant à Londres. « Il y a beaucoup d’amateurs qui viennent du monde entier, qui connaissent très bien l’histoire, les millésimes, qui dégustent très bien et qui sont très curieux de suivre les millésimes actuels, » Stanislas Evain, responsable de la cave du château.

Un pavillon dédié aussi aux réceptions et dégustations avec sa magnifique grande cave voutée où Jean-Philippe Delmas et Stanislas Evain le responsable de la cave dégustent un millésime 2017 du château.

« Pour un vin déjà si jeune, on a déjà beaucoup de douceur, le vin est déjà agréable, et c’est vrai que pour un vin est est encore un « bébé » c’est juste magique », commente Jean-Philippe Delmas.

Jean-Philippe Delmas, directeur général délégué © JPS

L’idée, c’est de mieux recevoir nos visiteurs, et de les recevoir avec une vraie expérience, et ça c’est important que les gens aient une vraie émotion quand ils viennent visiter ici Haut-Brion », Jean-Philippe Delmas directeur général délégué.

Le Pavillon Catelan, à l’entrée du château Haut-Brion © JPS

A l’étage, le salon des dames et celui des gentilhommes avec leur galerie de portraits sont également prévus pour des séminaires, car Haut-Brion s’ouvre de plus en plus au grand public, amateurs ou grands connaisseurs, mais aussi aux professionnels.

(Cet épisode réalisé par JPS  avec Guillaume Decaix et Charles Rabréaud est à voir dans Bordeaux Métropole à 18h53 sur France 3 Aquitaine ce mardi 12 octobre.)