10 Juil

Au coeur de la Citadelle de Blaye, le Clos de l’Echauguette devient bio

Connaissez-vous le Clos de l’Echauguette ? C’est un micro-vignoble unique au coeur de la Citadelle de Blaye, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le voici désormais estampillé de la mention « Vin Biologique ».

C’est un micro-vignoble de 15 ares, planté à 100% merlot, qui a la particularité d’être au coeur de la Citadelle de Blaye, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce petit vignoble, propriété du Syndicat Viticole de Blaye, se veut être un vignoble exemplaire dans l’optique de « promouvoir une viticulture responsable ».  Ainsi cette parcelle est devenue le terrain d’expérimentations biologiques : jachère fleurie, hôtel à insectes, nichoirs à abeilles, poulailler, rosiers… « Autant de moyens de prévenir naturellement les nuisibles et maladies, et de préserver la biodiversité ».

UN VIGNOBLE A VOCATION PEDAGOGIQUE

Ce vignoble à vocation expérimentale et pédagogique est également inscrit au programme de la Gironde Verte du CIVB; la Gironde verte vise à faire découvrir la vigne et à sensibiliser les jeunes à l’environnement viticole girondin.

OUVERT AU PUBLIC DURANT L’ETE

En voilà une bonne idée se sortie : durant tout l’été, le Clos de l’Echauguette ouvre ses portes au public afin de présenter la démarche expérimentale mise en place dans ce lieu d’exception. Au programme : visite et dégustation
commentées les mercredis après-midis, et dans le cadre d’une balade en petit train dans le vignoble les jeudis après-midis. Une croisière œnologique Blaye-Bourg au départ de Bordeaux le vendredi inclut également la visite du micro-vignoble.

Grâce à cette offre œnotouristique estivale, nous voulons faire connaître davantage ce lieu chargé d’histoire et le savoir faire associé » confie Mickaël Rouyer, directeur de l’appellation Blaye Côtes de Bordeaux.

UNE SOIREE UNIQUE AU CLOS DE L’ECHAUGUETTE

Le millésime 2016, premier élaboré en bio, sera dégusté en avant-première lors de la Soirée du Clos de l’Echauguette, mercredi 1er août. 737 bouteilles (une par pied de vigne) ont été élaborées dans le plus grand respect de l’environnement et seront bientôt en vente à la Maison du Vin de Blaye.

21 Mai

Labour à cheval, bouse de corne et orties: le château de Pommard passe en biodynamie

Dans les vignes du château de Pommard, un homme retourne la terre entre les pieds de pinot noir à l’aide d’une charrue et d’un cheval. Le prestigieux domaine bourguignon, racheté en 2014 par l’entrepreneur américain Michael Baum, se convertit à la biodynamie.

Le fameux © château de Pommard à Pommard en Bourgogne

Au bout du rang, Emmanuel Sainson, chef de culture du domaine, tient dans une main un bloc de terre compacte d’une parcelle encore travaillée au tracteur. Dans

l’autre, celle qui vient d’être labourée coule entre ses doigts comme de la semoule. Avec un cheval, « on ne tasse pas comme avec un tracteur, donc la vie microbienne du sol n’est pas abîmée », explique-t-il. « On est vraiment sur le respect de la plante, du terroir. On en revient à ce que nos ancêtres faisaient avant ».
De cette terre fraîchement retournée émergent des vers de terre ou des fourmis, que le labour a dérangés en plein travail. Un écosystème a repris possession des
lieux.
« La biodynamie, c’est la vigne, le sol, la plante, les raisins. C’est un tout, du bourgeon d’hiver jusqu’à la récolte », ajoute le responsable de la vigne, désormais traitée avec des préparations à base d’orties, d’osier ou de bouse de vache fermentée dans une corne.
Un traitement « très proche de l’homéopathie », fait valoir le directeur technique Emmanuel Sala, destiné à activer les défenses naturelles de la plante et à se passer de produits chimiques de synthèse. Le soufre est toujours utilisé, notamment dans la vinification, mais en très petite quantité.
Le calendrier lunaire et les forces astrales rythment aussi les traitements de la vigne, la mise en bouteille et même les périodes idéales pour déguster le vin.
De quoi basculer dans un registre trop ésotérique pour certains esprits cartésiens. « On a du mal à être pris au sérieux parce que ça paraît un peu surréaliste mais
pourtant c’est la vérité », répond Emmanuel Sala, qui affirme ne plus s’en inquiéter et préfère mettre en avant le contenu de ses flacons.
« Finalement, est-ce qu’on demande à un vin de sentir la fraise ou la framboise? », interroge le maître de la vinification, qui préfère « une fragrance de fraise qui passe puis, derrière, une framboise, puis d’un seul coup de la ronce, puis un peu de champignon… » Ses vins sont « plus complexes » et reflètent davantage le terroir, résume-t-il. « On le met en bouche et on prend une baffe parce que c’est un bol d’énergie qui arrive », décrit-il, goûtant sur fût un Simone 2016, issu de l’une des premières parcelles cultivées en biodynamie.
En 2014, Michael Baum, jusqu’ici entrepreneur à succès dans la Silicon Valley, a pris possession du clos de 20 hectares – le plus grand « monopole » (domaine privé d’un seul tenant) de la région. Et Emmanuel Sala lui a immédiatement parlé de biodynamie. « J’ai été convaincu très vite que c’est ce qu’il fallait faire », raconte le nouveau propriétaire, qui roule en voiture électrique et se dit emballé par cette « façon naturelle de faire du vin ».
En termes de main d’oeuvre, c’est « sans doute 3 à 4 fois plus cher les premières années« , reconnaît-il. Mais à long terme, « c’est en fait moins cher, cela permet de conserver un vignoble pendant 150 ans, contre 40 ou 50 avec des cultures commerciales », affirme l’homme d’affaires devenu vigneron.
Il affirme aussi, sans vouloir le chiffrer, que le produit des ventes a déjà presque doublé, en particulier grâce à de nouveaux clients « qui apprécient vraiment cette approche ». Fin 2018, toutes les parcelles du domaine seront labourées à cheval et le directeur technique espère obtenir en 2019 la certification « Demeter », qui est avec « Biodyvin » l’un des deux labels biodynamiques.
En Bourgogne, quelques dizaines de domaines se sont déjà convertis, dont des grands noms comme la Romanée-Conti, le Clos de Tart ou Bonneau du Martray. Ils sont un peu plus de 400 dans toute la France et la tendance va croissant.
AFP

14 Avr

Bordeaux en 2050 : découvrez la cuvée du futur

A quoi ressemblera un vin de Bordeaux en 2050 si le sud-ouest de la France finit par connaître un climat espagnol?  Pascal Chatonnet s’est attelé à concocter une « cuvée du futur », « buvable » mais éloignée des crus bordelais d’aujourd’hui.

Les merlots resteront-ils produits à Bordeaux, tellement ils pourraient souffrir du réchauffement climatique © JPS

« J’ai assemblé des vins rouges issus des deux cépages typiques » de la région, merlot et cabernet sauvignon, mais produits bien plus au sud, en Tunisie et dans le Minervois, en Languedoc-Roussillon », explique à l’AFP Pascal Chatonnet, oenologue et responsable du Château Haut-Chaigneau, à Néac (Gironde).

Il dit avoir pris « la fourchette haute » des prévisions de réchauffement climatiquese basant sur l’hypothèse selon laquelle « il y aura le climat de Tolède à Bordeaux en 2050″.

« Ces vins sont représentatifs de l’expression du cépage sous ce climat », ajoute cet oenologue mandaté par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) et par une entreprise mécène, pour cette expérience selon lui inédite. « C’est un point de vue, il n’y a rien de mathématique là-dedans », ajoute-t-il.

Son breuvage, présenté cette semaine à Paris, se limite à 13,5% d’alcool. Plus, ce serait « caricatural », sachant qu’on n’ira guère au-delà « parce que le marché n’en veut pas ».

Verdict du palais de l’experte Monique Josse, du Musée du vin à Paris, et Bordelaise: « Ce n’est pas ce que je connais depuis ma tendre enfance! » « A l’aveugle, j’aurais dit un Languedoc, mais basique (…) On n’a pas le terroir, le sol et le sous-sol, qui font une grosse partie du vin. C’est buvable, mais ily a un manque de finesse, d’authenticité ».

Elle s’étonne tout de même que le degré d’alcool ne soit que de 13,5%. « Sur ces 30 dernières années on a déjà gagné 3% ! En France, on ne trouve même plus de vins de soif, ce qui est dommage. »

 Alors quel sera plutôt, selon elle, le goût du Bordeaux  millésime 2050? « Et bien… je ne sais pas. C’est trop difficile de se projeter », il y a trop d’inconnues.

CHANGEMENTS RADICAUX

Une température mondiale accrue de 2°C et plus serait la promesse d’un goût trop mûr, appauvri; les sécheresses celle d’un goût plus sec et amer, analysent les experts.

Conclusion de Pascal Chatonnet: « Si on voulait maintenir des vins de bonne facture avec le climat de 2050, on ne pourrait plus cultiver les mêmes variétés » de vigne.

Depuis plusieurs années déjà, à Bordeaux comme partout en France, la profession fourbit ses armes, avec l’aide de la science, pour que les jus puissent à l’avenir garder leur typicité.

Par exemple avec la « parcelle 52 », où depuis 2009, au coeur de l’AOC Graves, les chercheurs testent 52 cépages du monde pour voir lesquels correspondraient le mieux au caractère des cépages bordelais.

Au centre des préoccupations, la vulnérabilité du merlot, cépage le plus répandu dans le bordelais, à la maturation précoce, qui risque d’être abandonné.

En attendant, les initiateurs du cru 2050 veulent d’abord sensibiliser l’opinion.« Ce pari vise à faire comprendre que rien ne sera plus pareil, que tout va très vite », souligne Yves Leers, journaliste et auteur spécialiste de l’environnement.

La première chose à faire est de « se convaincre de la réalité du changement climatique », ajoute-t-il, insistant sur l’enjeu économique: le secteur viti-vinicole représente en France le deuxième poste à l’exportation après l’aéronautique.

L’occasion aussi de parler de pratiques culturales à adopter dès aujourd’hui. Par exemple, moins effeuiller la vigne.

D’autant que de nouvelles régions, de la Bretagne à la Suède ou la Pologne, se(re)découvrent des destins viticoles, ou pourraient bien monter en puissance, comme l’Allemagne ou l’Angleterre.

Pour le climatologue Hervé Le Treut, lui aussi Aquitain, l’expérience du vin du futur est « un exercice intéressant ». En 8.000 ans de viticulture, « nous n’avons pas connu de changements climatiques radicaux tels que ceux que nous nous apprêtons à vivre à l’échelle globale », prévient-il.

AFP

30 Mar

Le Chêne Liège Siffleur vainqueur du concours « l’Arbre Européen de l’Année »

Ce n’est pas le Train Sifflera Trois Fois mais le Chêne Liège Siffleur de la région d’Alentejo au Portugal qui a été élu grand gagnant de l’édition 2018 du concours de « L’Arbre Européen de l’Année ». Celui-ci a été  dévoilé fin mars à Bruxelles, devant 200 invités.

Le Chêne Liège Siffleur au portugal © UNAC 

 « Appelle-moi mon petit bouchon » aurait dit le chêne vainqueur à celui qui a reçu le trophée… Avec plus de 26 606 voix, c’est le Chêne Liège Siffleur de la région d’Alentejo au Portugal qui a été élu grand gagnant, suivi de près par Les Anciens Ormes de Cabeza Buey (22 323 voix) et le Chêne Russe « L’Ainé de la Forêt de Belgorod » (21 884 voix).

Nous sommes extrêmement heureux de ramener la distinction de L’Arbre Européen de l’Année au Portugal. Ce Chêne Liège représente une véritable contribution au service des écosystèmes, en luttant notamment contre le réchauffement climatique et en contribuant parallèlement à l’économie portugaise »  Nuno Calado, Secrétaire Général de l’UNAC (Union de la Forêt Méditerranéenne);

Nuno Calado qui a reçu le célèbre trophée en bois. a également tenu à préciser que : « le futur des forêts de Chênes Liège repose sur leurs propriétaires terriens, sur le choix des consommateurs de préférer les vins bouchés liège et enfin sur des politiques publiques appropriées, disposant d’un budget adéquat, pour contribuer au soutien des niveaux importants de biodiversité ainsi que des activités économiques pérennes. ».

Le Siffleur doit son nom aux innombrables oiseaux qui se perchent sur ses branches. Planté en 1783 à Aguas de Moura, ce Chêne Liège a déjà été écorcé plus de vingt fois.

Agé de 234 ans, le Siffleur est classé « Arbre d’Intérêt Public » depuis 1988 et figure au Guiness Book des Records comme étant : « le plus gros Chêne Liège au monde ». Le Chêne Liège est devenu en 2011 « l’arbre national du Portugal », en raison de son
importance en matière de performance économique, sociale et environnementale.

27 Mar

Des chauves-souris dans les vignes pour tenter d’éviter les pesticides

Côté châteaux vous en avait déjà parlé avec le Domaine Emile Grelier, précurseur sur la conduite de la vigne en biodiversité dans le Nord Gironde. Confirmation avec cette semaine la LPO qui a annoncé que les chauves-souris contribuent à lutter contre le ver de la grappe et pourraient ainsi devenir une alternative à certains pesticides.

Test pour nourrir une chauve-souris © LPO Aquitaine

Sur 23 parcelles de vignes étudiées en Gironde, une étude menée par la LPO Aquitaine, Eliomys et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), montre que « les chauves-souris augmentent leur activité de chasse en présence des ravageurs ». Cette observation a été confirmée par des analyses génétiques de leur guano (excréments).

« Ces résultats attestent donc de façon formelle, et pour la première fois, la capacité des chauves-souris à se nourrir d’eudémis et de cochylis », des papillons ravageurs de la vigne qui, en cas d’infestation, « contraignent les viticulteurs à l’emploi d’insecticides », ont indiqué dans un communiqué les trois organismes et le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) qui a financé cette étude, réalisée de mai à octobre 2017.
« Ca a été un peu une surprise. Nous avons trouvé 19 des 22 espèces connues en Gironde. On ne s’attendait pas à ce qu’autant d’espèces de chauves-souris fréquentent la vigne, qui n’était pas jusque-là connue pour sa biodiversité. On n’imaginait pas la vigne comme un milieu attractif pour les chauves-souris. Par contre, l’activité dans le vignoble est inférieure à d’autres habitats plus naturels comme les haies », a expliqué  Yohann Charbonnier, chargé de mission scientifique à la LPO Aquitaine.
Maintenant qu’il a été prouvé que les chauves-souris contribuent à lutter contre le ver de la grappe, reste à savoir lors d’une prochaine étude s’il est financièrement avantageux pour les viticulteurs de favoriser l’activité de ces chiroptères. « Est-ce que les chauves-souris mangent assez de ravageurs pour limiter l’utilisation de pesticides? », s’interroge M. Charbonnier.
Le ver de la grappe provoque des blessures et des pertes de grains de raisin, les chenilles de la deuxième génération perforant ces grains.
AFP

15 Mar

Gironde: les pesticides classés dangereux ont été réduits de moitié en trois ans (CIVB)

Le département de Gironde, l’un des premiers consommateurs de pesticides en France destinés à la viticulture, a réduit de moitié son utilisation de produits classés CMR (cancérogènes, mutagènes et repro-toxiques) en trois ans, selon des données fournies mardi par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB).

Epandage de produits phytosanitaires dans les vignes © archives – JPS

Les ventes de produits phytosanitaires de synthèse CMR, destinés à lutter contre les deux principaux ennemis de la vigne, l’oïdium et le mildiou, sont tombées « aux alentours de 850 tonnes » en Gironde en 2016 alors qu’elles se situaient « à quelque 1.800 tonnes en 2014 », soit « un recul de 55% en trois ans », a indiqué le président du CIVB, Allan Sichel, à l’AFP en marge d’une conférence de presse à Paris.

Notre ambition est de les éliminer totalement, ainsi que tout ce qui peut constituer une prise de risque pour la santé » des 6.100 viticulteurs que compte Bordeaux, Allan Sichel.
Au cours de la conférence de presse, M. Sichel a aussi précisé que les ventes d’herbicides avaient reculé de 35% sur les mêmes trois années en Gironde. A deux reprises et à deux ans d’intervalle, en 2016 et 2018, le vignoble français, en particulier celui de Bordeaux, a été mis en cause pour son recours massif aux pesticides, dans deux enquêtes successives réalisées par les émissions Cash Investigation et Cash Impact sur France 2.
Selon Cash Investigation, les quatre départements où les ventes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux étaient les plus importantes (+3.000 tonnes vendues par an depuis 2008) étaient la Gironde, l’Aube, la Marne, et la Loire Atlantique, toutes des régions viticoles.
Et selon des données du ministère de l’Agriculture obtenus par l’émission Cash Impact, diffusée le 27 février, 68.000 tonnes de pesticides ont été vendus en 2016 en France au total. Et entre 2009 et 2016, les ventes ont augmenté de 6% en France, selon la même source.
Avec AFP

14 Mar

Le château Angélus passe en conversion bio…

A son tour, le château Angélus, 1er Cru Classé A de Saint-Emilion, a annoncé en ce début de semaine sa décision de passer au bio, actuellement en conversion. Une démarche que de nombreux grands châteaux entament désormais dans le Bordelais.

L’équipe d’Angélus avec au centre Stéphanie de Boüard-Rivoal, Thierry Genié et Hubert de Boüard © Angtélus

Stéphanie de Boüard-Rivoal et Thierry Grenié de Boüard ont annoncé en ce lundi soir leur décision de « faire entrer, à son tour, Château Angélus en conversion bio ».

 « Ma famille a toujours veillé à respecter l’éco-système dans lequel nous vivons » déclare Stéphanie de Boüard-Rivoal à Côté Châteaux.

Il y a 3 ans, le château Bellevue, grand cru classé de Saint-Emilion, situé juste en face d’Angélus et co-propriété de la famille de Boüard de Laforest était déjà entré en conversion bio.

13 Mar

Quand la biodiversité a droit de cité au Domaine Emile Grelier

Replacer la vigne au coeur d’un éco-système, c’est l’idée forte qu’ont eu Delphine et Benoît Vinet. Il y a 15 ans, ils ont créé de toute pièce à Lapouyade en Gironde un vignoble de 8 hectare en bio tout en imaginant un domaine totalement naturel.

Delphine et Benoît Vinet ont créé de toute pièce ce vignoble il y a 15 ans © JPS

Delphine et Benoît Vinet ont créé de toute pièce ce vignoble il y a 15 ans © JPS

Ici ils ont planté 360 arbres au beau milieu des vignes pour y inviter insectes, oiseaux et chauve-souris qui auto-régulent les ravageurs et créent ainsi un micro-climat.

IMG_5527« En plantant des arbres, on permet à la chauve-souris d’occuper tout le domaine, sur le vignoble. » Delphine Vinet.

IMG_5554Il faut savoir que les vignerons sont embêtés par des petites chenilles qui sont pondues dans les baies de raisins par des papillons nocturnes, et puis de l’autre côté on a des chauve-souris qui sont des petits mammifères noctures capables d’ingurgiter jusqu’à 3000 insectes par nuit et par individu… », complète Delphine Vinet.

IMG_5646Ce domaine aujourd’hui a valeur d’exemple et est visité par de nombreuses classes comme ce lycée agricole de l’Oisellerie à la Couronne en Charente.

IMG_5622Mené en agriculture biologique, le vignoble des époux Vinet a repensé tout le travail de la vigne. Son sol regorge de vers de terre très utiles.

IMG_5643C’est intéressant de voir un sol qui vit quand même, dans cette parcelle de vigne, donc c’est bien on voit différents types de vers de terre. C’est un sol qui a de la vie, qui est travaillé, aéré par les vers de terre.

IMG_5593Au niveau du sol, on passe juste des lames sous le rang de vigne pour contrôler la végétation, on se limite à ça, nous ne tondons plus, nous ne labourons plus et ce sont les animaux, les vers de terre, les insectes qui font le travail », Benoît Vinet.

IMG_5655Il est ainsi possible de conjuguer équilibres environnementaux et production de vin. Un vignoble qui a été couronné  Refuge LPO par la Ligue de Protection des Oiseaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Jean-Pierre Magnaudet :

28 Fév

Bordeaux : les réactions au lendemain de l’émission « Cash Impact » sur les pesticides

Au lendemain de Cash, la température est plutôt froide à Bordeaux. Alors que les anti-pesticides nous montrent les analyses réalisées dans des habitations et des écoles du Médoc, les pouvoirs publics et le CIVB reconnaissent que des efforts ont été faits mais que « Cash Impact ne tient pas sa promesse : où est le bilan objectif 2 ans après Cash Investigation ? »

Corinne Despréaux habite juste en face d'une immense parcelle de vignes régulièrement traitées au printemps et en été © JPS

Corinne Despréaux habite juste en face d’une immense parcelle de vignes régulièrement traitées au printemps et en été © JPS

A Listac-Médoc, par -2°C, Corine Despréaux nous monte sa maison qui jouxte des vignes. Dès qu’elle ouvre sa baie vitrée, elle a une vue imprenable sur une immense parcelle de vignes, et lors des traitements, c’est la même chose, à ceci près c’est qu’elle est avertie désormais des jours de traitements…ou parfois le lendemain.

Le résultat est très mauvais, ça je m’y attendais, il y a énormément de pesticides dans ma maison même certains pesticides interdites depuis 2015″ Corinne Despréaux

IMG_4998Pour être tout à fait juste, elle fait partie de l’association Info Médoc Pesticides. Quand Marie-Lys Bibeyran lui a proposé de mesurer chez elle la présence ou non de pesticides dans son habitation, cela a été sans aucun problème.

IMG_5000C’est ainsi qu’en septembre, Corinne Despréaux a accepté de mettre dans le tuyau de son aspirateur un flacon permettant de recueillir les poussières de son logement. Une maison très bien tenue car elle est assistante maternelle et s’occupe d’enfants en bas âge.

Les résultats retrouvés chez Corinne Despréaux © JPS

Les résultats retrouvés chez Corinne Despréaux © JPS

Les résultats dont elle se doutait ont été à la hauteur de ses craintes : 18 pesticides retrouvés dont certains très dangereux …16 reprotoxiques, 8 mutagènes et 6 perturbateurs endocriniens. Dont du diuron interdit depuis 2008.

Stéphane Védrenne a perdu sa fille Eva d'un cancer. Depuis avec sa femme il a créé Eva pour la Vie et lutte contre ce qui pourrait provoquer des cancers chez les enfants © JPS

Stéphane Védrenne a perdu sa fille Eva d’un cancer. Depuis avec sa femme il a créé Eva pour la Vie et lutte contre ce qui pourrait provoquer des cancers chez les enfants © JPS

C’est ‘association « Eva pour la Vie » (association crée par les époux Védrenne suite au cancer et au décès de leur petite fille Eva) qui a financé ces analyses réalisées par le laboratoire Kudzu Science qui a recherché ces pesticides (insecticides, herbicides et fongicides) couramment utilisés en viticulture. Ces analyses confirment la présence importante de pesticides dans 8 habitations à Listrac, Cussac et Macau et dans une école primaire, celle de Listrac, pourtant éloignée de plus de 50 mètres des vignes.

Marie-Lys Bibeyran et Stéphane Védrenne à Listrac © JPS

Marie-Lys Bibeyran et Stéphane Védrenne à Listrac © JPS

Pour Marie-Lys Bibeyran présidente d’Info-Médoc Pesticides : « Il est non seulement intolérable d’utiliser encore ce genre de molécules, CMR cancérigènes mutagènes reprotoxiques, et encore plus intolérable, inaccepable, anormal de les retrouver dans une salle de classe où des enfants vont passer 7 heures par jour, 4 jours par semaine et encore une fois ça c’est au mois de septembre, qu’en est-il en mai ou juin en plein coeur de la saison ? »

Les chiffres parlent d’eux mêmes, on retrouve dans ces échantillons, dans ces prélèvements entre 11 et 21 pesticides dans des quantités qui sont 60 fois supérieures à la limite de quantification » Stéphane Védrenne co-fondateur d’Eva Pour la Vie

Le maire de Listrac et son 1er adjoint tous deux viticulteurs © JPS

Le maire de Listrac et son 1er adjoint tous deux viticulteurs © JPS

Pour le maire de Listrac, Alain Capdevielle, viticulteur lui-même, on ne va pas pouvoir changer de suite toutes ces pratiques, cela risquerait de mettre en péril certaines exploitations, mais on est en bonne voie.

Pour nous je pense qu’il y a des efforts qui sont faits, au niveau communal on en fait énormément on entraîne dans une démarche de biodiversité pas mal de châteaux.Il y en a une bonne dizaine qui nous suivent pour revenir à des travaux de vignes à l’ancienne » Alain Capdeville maire de Listrac

Allan Sichel et Christophe Chateau du CIVB ont participé à Cash Impact, ils regrettent quelques nuances ou oublis dans le reportage © JPS

Allan Sichel et Christophe Chateau du CIVB ont participé à Cash Impact, ils regrettent quelques nuances ou oublis dans le reportage © JPS

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux dénonce des conclusions un peu rapides… en faisant ce matin un communiqué de presse reprenant de nombreux oublis dans l’émission « Cash ne tient pas sa promesse : où est le bilan objectif 2 ans après Cash Investigation ? »

Pour lui, Cash Impact « laisse croire, sans peuves, que les viticulteurs fraudent en achetant à l’étranger des produits interdits en France », par ailleurs « Cash impact aurait pu dire que des molécules de produits interdits peuvent encore laisser des traces dans l’environnement aujourd’hui, que le diuron interdit depuis 10 ans en agriculure est autorisé pour d’autres usages notamment le bâtiment… » Toutefois des mesures devraient être prises très prochainement pour continuer à diminuer l’usage des pesticides, une réunion est prévue le 9 mars prochain.

Les actions à court terme, c’est très rapidement sortir des produits les plus toxiques, les plus dangereux qui sont les CMR, après on veut aller vers les produits les moins toxiques les produits bio, mais aussi diminuer et sortir complètement des pesticides », Allan Sichel président du CIVB.

Allan Sichel interviewé par Elise Lucet dans Cash Impact © JPS

Allan Sichel interviewé par Elise Lucet dans Cash Impact © JPS

Pour le CIVB enfin, Cash Impact aurait pu souligner la « diminution par deux les ventes des pesticides classées CMR en Gironde entre 2014 et 2016 passant de 1800 tonnes à 850 en 2016 soit 55% de moins en trois ans ». Sans oublier « une baisse de 35% des ventes d’herbicides en Gironde entre 2014 et 2016 ».

Si vous voulez revoir Cash Impact c’est par ici

24 Jan

Concours de la carte de voeux…la plus bobo écolo

Suite du concours de la carte de voeux la plus intelligente ou vin…solite. Elle est envoyée par les vignerons de Buzet et a été oubliée du concours lancé par Côté Châteaux car en retard, mais toujours dans les clous car on peut souhaiter les voeux jusqu’au 31 janvier. Une carte très écolo qui cadre avec leur démarche depuis 2005 de « s’engager autrement ! »

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Pour être honnête, je l’ai reçue en début de semaine. Mais après mon premier billet sur le concours de la carte de voeux la plus intelligente.

Je ne peux que décerner un autre prix spécial du jury, celui de la carte la plus écolo, et puis bobo, car il y a un B…dans Buzet. Ce sont les vignerons de Buzet, « inspirés par la nature », qui n’arrêtent pas de trouver des idées géniales pour faire vivre la bio-diversité sur leur terroir avec la chouette Athéna, la tulipe d’Agen, le label « bee friendly » et aussi les vins « vegan. »

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Là ils envoient leurs voeux d’une « viticulture respectueuse de l’Homme »sur une carte qui contient des graines de fleurs. Une carte bio dégradable à arracher en petits morceaux et à planter dans un pot, c’est rigolo et en plus ça va bientôt fleurir. Pas bête la guêpe !

Lire ou relire :

C’est à Buzet ! Ils s’engagent autrement…Les Vignerons de Buzet concilient depuis 10 ans viticulture et environnement