17 Sep

HVE : le label mis en cause par Alerte aux Toxiques, Interprofession et vignerons dénoncent une interprétation fausse…

Et voici une polémique de plus, un nouveau focus sur Bordeaux… Alerte aux Toxiques a envoyé cette semaine aux rédactions une étude qui porte sur des analyses sur 22 châteaux labélisés HVE (Haute Valeur Environnementale). Des traces de résidus de pesticides ont été retrouvées, mais en quantité très faible précise le laboratoire Dubernet. CIVB et vignerons dénoncent cette nouvelle campagne qui fait suite au Bordeaux bashing de 2014 alors que des efforts ont été faits. Ils se réservent le droit de porter plainte.

Valérie Murat, la présidente d’Alerte aux Toxiques © JPS

Alerte aux Toxiques a fait analyser 22 bouteilles de domaines estampillés du label HVE pour Haute Valeur Environnementale. Des bouteilles dans lesquelles des traces de résidus de pesticides ont été retrouvées, mais en quantité très faible selon le laboratoire Dubernet joint ce matin par téléphone.

Valérie Murat, la présidente de l’association, qui a fait réaliser ces analyses grâce à un crowfounding qui avait rapporté 5000 euros commente : « ce que j’ai voulu montrer la réalité des pratiques et surtout alerter les consommateurs  sur ce  label  qui se voudrait équivalent à la viticulture biologique ou en biodynamie et qui en est très très loin…parce que dans toutes les bouteilles, nous avons retrouvé 4 à 16 substances actives en résidus de pesticides et des pesticides de synthèses parmi les plus dangereux, des CMR et perturbateurs endocriniens ».

Selon le laboratoire, « les teneurs retrouvés sont tout-à-fait classiques pour la zone de production et plutôt faibles, rien d’alarmant » commentait ce matin par téléphone Vincent Bouazza responsable en chimie fine. Le laboratoire Dubernet a envoyé cet après-midi un communiqué de presse où il est écrit « les teneurs en résidus dans les vins, quand nous en trouvons, sont très faibles, toujours très en dessous des LMR  (limites maximales de résidus) (en moyenne de l’ordre de 0 à 3 % selon les molécules). La situation des vins en France est donc très loin de poser des problèmes vis-à-vis des limites légales. Nous savons aussi que, en raison des progrès permanents des outils d’analyse, des teneurs autrefois non détectées le sont devenues, alors même qu’elles se situent à des seuils infinitésimaux ». 

Jean-Samuel Eynard du château Genibeau Blanchereau © JPS

Aujourd’hui les vignerons contestent l’interprétation qui est faite par Alerte aux Toxiques de cette étude, parmi les 22 vignerons en question bon nombre sont responsables de syndicats viticoles, comme Jean-Samuel Heynard, ancien président des Côtes de Bourg et depuis 2 ans président de la FNSEA Gironde: « c’est une atteinte intolérable à la réputation d’une entreprise, ces analyses, quoiqu’ils en disent prouvent une seule chose c’est que je travaille bien, ils n’ont trouvé que des produits autorisés et à des doses extrêmement faibles, puisque nous sommes entre 120 et 5000 fois en dessous du seuil autorisé », précise Jean-Samuel Eynard du château Genibeau Blanchereau.

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux encourage avec le Ministre de l’Agriculture venu en Côtes de Bourg en septembre cette certification HVE. 65 à 70% sont estampillés HVE, bio ou byodynamie en Gironde. Certes le label HVE ne signifie nullement bio, il vise à aller vers moins de traitements, la plantation de haies ou de bois en bordure de vignoble et le traitement des eaux usées. L’association Alerte aux Toxiques souligne de son côté une augmentation de l’utilisation de pesticides, notamment en 2018 de plus de 20% (année où le mildiou avait été intense, comme en 2020).

Christophe Chateau et Marie-Catherine Dufour du CIVB © JPS

« C’est l’utilisation de chiffres avec des interprétations qui sont fausses, jouer sur l’émotion des consommateurs, et puis quelque part attaquer plus de 1000 exploitations qui partent dans cette démarche sur la Nouvelle Aquitaine et plus de 5000 exploitations à l’échelle française », précise Marie-Catherine DUFOUR directrice technique du CIVB.

Le CIVB et les vignerons réfléchissent à porter plainte contre l’association à l’origine de ces analyses qui abondent dans un retour du Bordeaux bashing.

11 Sep

La question du réchauffement climatique pour le vignoble de Bordeaux : « sous le soleil exactement… »

C’est une question récurrente, qui se fait de plus en plus pressante ces dernières années. Les températures et la sécheresse sont davantage pris en compte par les vignerons et les chercheurs de l’ISVV, Bordeaux Sciences Agro et de l’INRAE. Cette année figure parmi les 3 plus précoces pour les vendanges de ces 20 dernières années.

Un printemps très doux, un été très chaud, et la vigne s’est annoncée plus tôt que de l’accoutumée, « sous le soleil exactement ». Pour les rouges, les vendanges ont démarré en Pessac-Léognan le 7 septembre et ici au château Smith Haut-Lafitte mercredi 9 septembre. Seuls 2011 et 2003 avaient enregistré des dates un peu plus précoces.

L’hiver et le printemps très chaud, avec des températures qui ont battu des records de chaleur en février par exemple 12°de moyenne au dessus de la normale ! Cet été a été aussi très chaud frôlant quelques jours les 40° à Bordeaux sans toutefois battre le record de 2019 avec 42,6°.

Ces températures et ce soleil ont eu comme effet de faire souffrir les jeunes vignes du fait de leur faible système racinaire, sans parler du phénomène de grillure sur les baies qui a pu être observé ici ou là.

Fabien Teitgen, directeur du château Smith Haut Lafitte © JPS

« Ce sont les jeunes vignes, des vignes qui ont 3, 4, 5 ans, qui marquent le plus par rapport à la sécheresse parce que les racines ne sont pas encore descendues profondément dans le sol.. » précise Fabien Teitgen directeur de Smith Haut-Lafitte.« En été on a souvent des feuilles qui jaunissent, qui ont tendance à tomber, et ensuite on a des baies qui sont toutes petites, qui manquent d’eau en fait…Sur les jeunes vignes il y a ce problème car les racines ne sont pas bien enracinées, par contre sur les vieilles vignes l’ensemble du vignoble est tout vert, les baies sont plutôt grosses cette année, on a pris 60 millimètres au mois d’août ce qui a vraiment aidé la vigne…et on voit que les vieilles vignes fonctionnent très bien ».

A Villenave d’Ornon en Gironde, à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin en collaboration à avec l’INRAE, on étudie depuis 2009 le comportement de 50 cépages par rapport à la chaleur…« Effectivement, le climat est en train de se réchauffer et la vigne est très sensible au climat, pour des questions de qualité et de rendement il faut que les viticulteurs s’adaptent à cette nouvelle situation et une des possibilités pour s’adapter à des températures plus élevées c’est de regarder quels sont les cépages qui réagissent le mieux à ces fortes températures« , explique Cornelis Van Leeuwen professeur de viticulture à l’ISVV et à Bordeaux Sciences Agro.

Dans cette optique Agnès Destrac, ingénieure d’études à L’Institut Nationale de la Recherche Agronomique, Laura Tabuteau en 2e année de master ingénieur agronome ESA et Léa Friot en Master 2 international vigne et vin, effectuent chaque semaine quelques 200 prélèvements sur les différents cépages (4 sur les 50 cépages différents) pour étudier la maturité et les jus de ces raisins en laboratoire à l’ISVV.

Avec le réchauffement climatique la maturité est de plus en plus précoce et cela n’est pas bon pour la qualité, le vin est beaucoup mieux quand les raisins mûrissent fin septembre que quand ils murissent au mois d’août, quand cela mûrit en août les vins sont déséquilibrés et vins trop alcoolisés et donc il faut malgré le réchauffement climatique maintenir la maturité fin septembre.

« Alors à l’intérieur des cépages qui existent à Bordeaux, on a un cépage relativement tardif, c’est le cabernet sauvignon, et donc une solution, c’est d’augmenter la proportion de cabernet sauvignon dans l’encépagement bordelais.Mais au delà de 2040 ou 2050 cela ne va peut-être pas suffire, et donc il faut aussi réfléchir à l’introduction des cépages encore plus tardifs qui pourraient convenir à des températures encore plus élevées au cours de la 2e moitié du siècle: on teste notamment des cépages du bassin méditérranéen qui poussent aujourd’hui dans des conditions chaudes et sèches comme un cépage portugais le tourigua nacional, c’est un cépage qui est utilisé dans la région du Douro… »

Entre le laboratoire où les maturités des différents cépages sont étudiées attentivement et la serre, la recherche avance… Ici on observe la problématique de la sécheresse sur ces jeunes plants en pots avec un système de goutte à goutte et une pesée…

« Là aussi le choix du pied de vigne et du porte greffe a son importance, car au niveau des porte greffe il y a une grande différence de résistance à la sécheresse », précise encore Cornelis Van Leewen.

Sur le terrain, les grands techniciens de la vigne s’adaptent en permanence sur le mode cultural de la vigne comme en témoigne Fabien Teitgen : « on se sent un petit peu démuni face à cela car c’est quand même une dimension qui nous dépasse, mais on a fait un certain nombre de choses« , explique Fabien Teitgen de Smith Haut-Lafitte : « par exemple ici il y a une dizaine d’années, on rognait 30  centimètres au dessus des fils du haut et des piquets pour avoir beaucoup de feuilles pour faire des bonnes photosynthèses pour avoir beaucoup de maturité de raisin… Aujourd’hui pour éviter que la vigne ne transpire, car la vigne transpire avec ses feuilles, on a réduit la hauteur et on est à une dizaine de centimètres au dessus du fil de manière à avoir moins de surface foliaire pour perdre moins d’eau. Et ensuite on utilise des tisanes de plantes comme de la camomille pour calmer des plantes qui ont des stress hydriques ».

Une chose est sûr en 2050, le vignoble de Bordeaux n’aura plus forcément la même physionomie. Tout le monde s’accorde à penser que le merlot plutôt majoritaire à Bordeaux sera supplanté par les cabernets voire d’autres cépages méditerranéens.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Ludovic Cagnato : 

10 Août

Château Guiraud : entre visite des chais et biodiversité, une expérience suave à vivre à Sauternes

Les châteaux aujourd’hui rivalisent d’ingéniosité pour charmer l’oenophile. A Guiraud, 1er cru classé de Sauternes, depuis plus de trente ans le château mise sur la nature et la qualité de ses vins. Certifié bio depuis 2011, Guiraud a une approche assez remarquable au niveau de la biodiversité sur le domaine et de l’accueil à la propriété.

De nombreuses visites oenotouristiques au château Guiraud © JPS

L’arrivée au château par cette grande allée bordée de 181 platanes invite déjà à l’évasion. Vous êtes dans un domaine qui depuis l’arrivée de la famille Planty, Xavier puis Luc aujourd’hui comme gérant (le château étant détenu par les familles Planty, Peugeot, Bernard et Neipperg), mise sur des pratiques culturales qui englobent à la fois la production viticole dans un système plus complexe de biodiversité et d’agroforesterie: le domaine de 128 hectares est bordé de bois et compte près de 600 espèces vivantes recensées.

UN VOYAGE AROMATIQUE

Ce château offre aujourd’hui une palette de visites et palette aromatique à venir découvrir: vous pouvez ainsi visiter le domaine, les chais et vous glisser dans la peau d’un « sommelier d’un instant » en dégustant la verticale de son choix : en effet, château Guiraud propose aux amateurs de choisir 3 millésimes pour une invitation au voyage et aux anecdotes.

ASSOCIATION DE METS ET VINS

Pour couronner la visite, et enrichir l’expérience, Guiraud propose des associations mets et vins du château, avec des produits de saison, fromages, charcuterie, bouchées sucrées-salées, etc…

Luc et Xavier Planty, l’histoire d’une transmission en terre de Sauternes © JPS

LA CHAPELLE POUR UNE PRIERE GOURMANDE

La découverte de ce 1er cru classé est aussi couronnée par une pause dépaysante à La Chapelle (protestante) de 1789 érigée depuis peu en restaurant, tenu par la Maison Lascombes, histoire de découvrir une cuisine bio, locale et de saison aux accents du sud-ouest, les produits provenant en partie du potager du château qui compte 340 variétés de tomates. Un moment unique à vivre depuis La Chapelle ou en terrasse avec vue sur Guiraud.

Pour tout renseignent et les offres oenotouristiques du château Guiraud : 0556766101 ou accueil@chateauguiraud.com

Retrouvez la famille Planty et château Guiraud (à 4’15) au moment des vendanges à l’automne 2019 avec ce numéro de Côté Châteaux spécial Sauternes diffusé sur NOA réalisé par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot: 

01 Août

Clos de l’Echauguette : un instant magique en bord d’estuaire en plein coeur de la Citadelle de Blaye

Magique coucher de soleil mercredi soir sur la 5e édition du Dîner du Clos de l’Echauguette à Blaye. Un moment de retrouvailles pour une centaine de convives en plein coeur de la citadelle inscrite à l’UNESCO, construite par Vauban de 1686 à 1689.  Un moment que nous relate et fait partager Michaël Rouyer, le directeur des Côtes de Blaye.

Le magique coucher de soleil sur l’estuaire et au clos e l’échauguette © Blaye Côtes de Bordeaux

« L’incontournable Dîner du Clos de l’Echauguette, micro-vignoble biologique de la Citadelle de Blaye, a eu lieu mercredi 29 juillet pour la 5e édition.

« C’est au sein du « bastion des Pères » que se niche le petit vignoble du Clos de L’Echauguette. Élément défensif placé en avant de la Citadelle de Blaye, le bastion des Pères est stratégiquement placé à l’angle du fleuve, du port et de la ville de Blaye. Accessible uniquement en franchissant un tunnel creusé sous le rempart de terre, le Clos de L’Echauguette est un lieu magique, chargé d’histoire. Planté à 100% en Merlot, ce vignoble de 15 ares seulement, bénéficie d’une situation exceptionnelle surplombant l’estuaire de la Gironde face au Médoc. Labouré à Cheval et vendangé à la main, cette cuvée est élaborée en agriculture biologique avec passion et minutie par les vignerons de l’appellation.

Mercredi, lors d’une soirée spéciale, le public a pu déguster en avant-première le millésime 2018 du Clos de l’Echauguette, pour lequel 560 bouteilles numérotées ont été produites. Elles sont désormais disponibles à la vente uniquement à la Maison du Vin de Blaye et sur la boutique en ligne de l’appellation (www.boutique.vin-blaye.com). Elevé en fût de chêne pendant 16 mois, le Clos de l’Echauguette est un vin rond, complexe et élégant qui incarne l’excellence des vins de l’appellation.

Le Clos de l’Echauguette, d’habitude comptait près de 200 convives, mais effectif réduit cette année dans le contexte que l’on connaît © Blaye Côtes de Bordeaux

« Trois vignerons de Blaye Côtes de Bordeaux (Château Haut La Valette, Château Monconseil-Gazin et Château La Levrette) étaient également présents pour faire déguster leurs vins aux 100 participants (nombre limité en raison du contexte sanitaire). »

« La soirée affichant complet n’en fût pas moins animée : pique-nique champêtre, visite commentée de la parcelle, démonstration de labour à cheval, animation musicale et jeux de lumière sur la Citadelle à la tombée de la nuit… »

Avec Michaël Rouyer, directeur de Blaye Côtes de Bordeaux

04 Juil

« Pensons local, vivons Bordeaux » : un nouveau label #Bordeauxlocal et un nouvel élan pour  » le consommer local »

Jeudi soir, les acteurs et ambassadeurs de #Bordeauxlocal présentaient au Hangar 14 cette nouvelle démarche: elle fait écho à cette prise de conscience collective durant le confinement qu’il faut retrouver des circuits courts et de vraies valeurs en promouvant les produits et richesses de nos terroirs. Un élan porté par le CIVB, l’UMIH et l’Office du Tourisme de Bordeaux Métropole.

Le #BordeauxLocal lancé jeudi soir au H14avec Bernard Farges, Julie Rambaud-Texier, Oliver Occelli de l’Office de Tourisme de Bordeaux, Camille Cabiro de Bordeaux Open Air, Nicolas Lascombes de la Brasserie Bordelaise et Carole Lecourt vigneronne du château Lecourt-Caillet © Jean-Pierre Stahl

Etait-ce prémonitoire ? Le communiqué de #Bordeauxlocal sur fond vert… et une présentation la veille de l’installation du nouveau maire vert, Pierre Hurmic… Non, m’a-t-on assuré, ce n’est qu’une ironie du sort.

Bien sûr, le consommer local, on y pense depuis des lustres à Bordeaux, avec déjà le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux qui en septembre dernier a lancé l’opération « Bordeaux Fête ses Vendanges » pour promouvoir les vins de Bordeaux dans les brasseries et restaurants de la capitale girondine, et puis il y a eu cette page créée sur Facebook avec son hashtag #Bordeauxlocal. Cela fait écho à ce sentiment partagé durant le confinement et cette crise du coronavirus de consommer localement, de retrouver des circuits courts plus vert…ueux : 

C’est un réseau d’entente entre Bordelais, on est fier d’arborer ce label, tout le monde a conscience des vertus du consommer local et envie de le développer », Astrid Deysine du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux.

« On crée ainsi un réseau consommer local et on va l’afficher, entre cavistes, restaurateurs et vignerons qui vont être fiers de l’arborer, des kits vont être distribuer au niveau des restaurants et commerces et une vidéo diffusée à partir de septembre… »

Pour Julie Rambaud-Texier, directrice du marketing du CIVB : « c’est déjà une réponse au consommer moins mais mieux, c‘était déjà une tendance avant Covid… C’est aussi donner un coup demain aux petits artisans et commerçants. A Bordeaux, on ne sait pas forcément où aller, on a des pépites, des produits alimentaires, vins et produits culturels. Ce n’est pas fléché comme tel, mais avec ce label c’est un élan commun et transverse avec influences et institutionnels. »

L’idée, c’est un élan commun pour aider les consommateurs à se repérer avec des visuels, la règle d’or est de privilégier les produits et  les gens locaux, c’est une démarche éco-solidaire » Julie Rambaud-Texier, directrice du marketing du CIVB

« On ne renonce pas à exporter du vin, mais c’est bien d’être plus fort ici aussi. Il faut qu’on envisage de partir en meute, en bande, pour mieux partir ailleurs », commente à son tour Bernard Farges.

Même si on ne vendra pas tout à Bordeaux, on doit penser ici avec des produits locaux. C’est tout sauf un replis sur soi. On travaille ici et on le dit. On croit beaucoup à ce que ce label #bordeauxlocal s’installe », Bernard Farges président du CIVB

C’est donc une plate-forme bordeauxlocal.fr avec des règles bien précises qui est lancée en ce début juillet, avec derrière une communauté solidaire et engagée et permanente avec ses ambassadeurs, et ses institutionnels avec le CIVB, l’Office du Tourisme de Bordeaux, l’Union des Métiers et de l’Industrie Hôtelière, les Commerçants Bordelais et l’Union des Cavistes de Gironde.

 Parmi les premiers ambassadeurs de ce #BordeauxLocal, on y croise Nicolas Lascombes, un poids poids lourd de la restauration à la tête de 8 restos en Gironde dont la Brasserie Bordelaise, le 7 à la Cité du Vin ou encore l’Hôtel de la Plage au village de l’Herbe…Il y a aussi Philippe Lherme maraîcher, Jérémie Ballarin du Wanted Café, Chloé Allano de la Laiterie Burdigala, Carole Lecourt vigneronne, Philippe Maurice humoriste, Camille Abiro de Bordeaux Open, Anaïs Lassalle Saint-Jean maison Meneau sirops et jus…

Je suis très fière de participer à cet événement et à ce label, je fais partie des gens qui consomment « local. J’aime bien mettre un visage sur un produit et raconter une histoire » Carole Lecourt vigneronne

Et de montrer que ce consommer local est une lutte de tous les instants : « j’ai fait virer un rosé de Provence à la carte d’un restaurant pour le remplacer par mon Bordeaux Rosé, on arrive à avoir ici aussi des rosés clairs et de qualité » explique Carole Lecourt. « Buvons Bordeaux, c’est une évidence, c’est bien que cela se sache, c’est pertinent », commente Nicolas Lascombes. « Moi, j’habite en Gironde, cela me fait plaisir d’acheter un produit de Gironde. On a laissé trop longtemps le consommateur en dehors des soirées, des châteaux ou encore de Vinexpo. On a pris le truc à l’envers, durant toutes ces années et là on est peut-être sauvé avec le truc à nouveau à l’endroit… »

D’autres bordelais ont fait preuve d’imagination et on voulu essayer de faire du local comme Isabelle et Fabrice Voyer, de FrenchDisorder, implantés à 200m de la base sous-marine et qui se sont spécialisés dans le sweet et t-shirt imprimé et sérigraphié, qui ont fait ces T-Shirts #Bordeauxlocal. Ils distribuent dans 300 pots de vente en France et à l’étranger. Même si la matière première vient du Portugal, toute la transformation se fait ici à Bordeaux.

22 Avr

Fleur Cardinale s’engage avec Reforest’action à replanter 10 000 arbres

C’est aujourd’hui 22 avril la Journée de la Planète. L’occasion pour certains de se réinventer et de réfléchir C’est le cas du château Fleur Cardinale à Saint-Emilion qui s’engage à partir du millésime 2019 à faire un geste qui participe à la reforestation: pour une caisse achetée, un arbre planté. Soit un programme de 10 000 arbres par an.

Fleur Cardinale ne cesse de faire marcher sa matière grise. Déjà au moment de la Fête de la Musique ou un clin d’oeil sur le packaging rock de son millésime 2018, eh bien à partir du millésime 2019 les Decoster ont décidé de s’engager un peu plus envers la planète en réduisant son bilan carbone global. « Parce ce que  nous devons prendre en compte le bilan carbone global de notre activité et proposer des actions concrètes pour le réduire », selon Caroline et Ludovic Decoster.

Aussi, le château s’est rapproché de Reforest’Action, une entreprise qui sensibilise et agit pour les forêts dans le monde…Et le message est assez original puisque chaque caisse vendue se traduira par le geste de replanter un arbre, soit 10 000 arbres plantés par an en moyenne. Des arbres qui seront plantés en Tanzanie où il existe un programme de restauration de la biodiversité des monts Usambara, l’un des hotspots de la biodiversté mondiale.

© Ludovic Decoster avec le projet de replanter 10 000 arbres avec Reforest’Action

Par ailleurs, le château va choisir des étiquettes éco-responsables faites à partir de papier conçu à partir de 95% de fibres de canne à sucre et 5% de fibre de chanvre et de lin, d’encre végétale et abandonnant la dorure (fini le temps de Versailles…vive le koala).

Retrouvez ici le projet du château Fleur Cardinale

29 Jan

27e Mondial du Vin Bio: une fréquentation en hausse de plus de 10%

Le 27e Mondial du Vin Biologique a refermé ses portes, sur un bilan plutôt positif. Du 27 au 29 janvier, ce sont 6850 professionnels qui sont sont venus rencontrer les 1300 exposants réunis à Montpellier. Une augmentation de 10,5 % par rapport à l’an dernier qui témoigne de l’essor de la filière.

Lundi 27 janvier, à l’ouverture du salon Millésime Bio © C.Monteil / FTV

DE PLUS EN PLUS DE VISITEURS

Le bio a le vent en poupe ! Ce n’est pas moi qui le dit mais les chiffres qui en témoignent. Ce sont en effet 6850 visiteurs qui ont fréquenté ce salon, 10,5% de mieux que l’an dernier et parmi eux de nombreux professionnels de la GD (grande distribution), des cavistes. et représentants de CHR…

« Cette fréquentation en hausse de 10,5 % au global et de 8 % au niveau des visiteurs internationaux est une preuve concrète de la tendance de fond du marché, avec une hausse constante du nombre de consommateurs de vin bio, alors que le marché global du vin est en baisse », a commenté Nicolas Richarme, le président de Sudvinbio.

UN INTERET DES ACHETEURS ETRANGERS

Parmi les pays bien représentés au niveau visitorat : l’Australie, la Chine, le Canada, les USA , le Royaume-Uni et l’Europe. Anticipant ce succès, un 5e hall avait été ouvert, permettant la venue de 100 exposants supplémentaires. Tout le monde avait le sourire paraît-il à la fin du salon. Prochain salon Millésime Bio : les 25, 26 et 27 janvier 2021.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Montpellier : 

 

04 Jan

Bordeaux solidaire de l’Australie en proie aux flammes : « du jamais vu de mémoire d’homme »

L’Australie vit actuellement de sombres heures, encerclée par de nombreux feux qu’elle n’arrive pas à maîtriser. Catherine Leparmetier de la CCI de Bordeaux Gironde est en contact avec ses amis australiens du réseau Great Wine Capitals. Une solidarité s’organise avec d’autres vignobles du réseau touchés par des incendies comme en Californie et au Portugal. Tandis que Jacques Lurton croise les doigts pour que son vignoble sur Kangaroo Island soit épargné…

LE RESEAU GREAT WINE CAPITALS SOLIDAIRE

Jointe ce matin par Côté Châteaux, Catherine Leparmentier-Dayot de la CCI de Bordeaux ne cachait pas son inquiétude vis-à-vis des ses amis australiens d’Adélaïde qui font partie des 10 villes et grandes régions viticoles. Jo Collins vice-présidente, que nous avions rencontré à Bordeaux en novembre dernier à l’occasion des 20 ans du réseau, a contacté par mail Catherine Lepamentier : « elle a demandé à ce que je fasse passer un message et un retour d’expérience avec les autres vignobles de Californie de Napa Valley et Sonoma qui avaient été touchés par les incendies, ainsi qu’au Portugal… »

Jo Collins from Adelaide in Australia au château Marquis de Terme en novembre dernier © JPS

« Déjà avant Noël, on a eu un appel au secours de mes amis d’Adélaïde, même si les feux impactent davantage la Nouvelle-Galles du Sud…Il y a des régions très touchées, avec des propriétés dévastées par le feu. Ils sont désespérés, ils ne savent pas par quel bout le prendre, c’est une catastrophe.En tous les cas, on est très attentif à tout cela et on va voir de quelle manière on va pouvoir les aider… »

Jacques Lurton devant la propriété familiale la Louvière à Léognan © JPS

JACQUES LURTON : « POUR L’AUSTRALIE, C’EST UNE ANNEE ATROCE…SUR KANGAROO ISLAND 1/3 DE L’ILE A BRULE » 

Quand on pense à l’Australie, on pense bien évidemment à toutes ces personnes cernées par les flammes. 23 personnes sont décédées, d’autres disparues, certaines ont été contraintes de trouver refuge sur la plage pour se sortir vivantes de ce terrible brasier et être embarquées sur des bateaux de sauvetage, 100 000 personnes sont évacuées actuellement, et puis on pense aussi à tous ces animaux, on parle sans doute de près de 500 millions de bêtes décimées…

Aerial photos of the fire at Ravine on Kangaroo Iasland. Picture CFS from Daily Examiner

Quand on pense Australie, on pense aussi au Bordelais globe-trotter Jacques Lurton qui a une propriété là-bas: « the Islander Estate Vineyards à Kangaroo Island ». Il me confie ce matin au téléphone: « cela brûle sérieux là-bas ! Pour  l’instant, j’ai de la chance, c’est passé juste à côté mais cela ne nous a pas touché. Fort heureusement le vent souffle dans un autre sens…Néanmoins la sécheresse et la chaleur touche cette zone, les plus grosses infra-structures hôtelières ont brûlé sur Kangaroo Island, c’est la 3e destination touristique en Australie, c’est comme si un 1/3 de la Corse avait brûlé.

Pour l’Australie, c’est une année atroce, du jamais vu de mémoire d’homme », Jacques Lurton propriétaire de Islander Estate Vineyards

 

Et de poursuivre : « Il y a deux semaines, cela a flambé dans les colline d’Adélaïde, il y a plus d’1/3 du vignoble qui a brûlé, avec des noms de domaines très importants comme Henschke, il y a eu de gros feux sur Sydney et depuis une semaine à l’est de Melbourne, des feux qui ont d’ailleurs poussé les gens sur les plages… »

Louis Bouteloup et Juliette, lors d’une soirée dégustation à Bordeaux © JPS

LE REGARD DE LOUIS BOUTELOUP, GIRONDIN ANCIEN HABITANT EN AUSTRALIE

Ami de Côté Châteaux, titulaire d’un BTS commerce vin et spiritueux à la MFR de Vayres, Louis Bouteloup Bèglais a passé avec sa compagne près de 2 ans en Australie, d’octobre 2014 à mars 2016…Il connaît bien le pays qu’il a sillonné « on a fait 35000 kilomètres »; « on a fait les vendanges là-bas, à Mac Laren Vale à côté d’Adélaïde, des vendanges en février-mars où il faisait très chaud très tôt le matin, où l’on apercevait de petits kangourous… »

« On n’est qu’à moitié surpris malheureusement, ce sont des feux courants en Australie, mais avec le réchauffement climatique cela s’aggrave et ce n’est pas un pays écologique car c’est le 1er pays exportateur de charbon au monde. Ils ont creusé un passage au niveau de la grande barrière de corail pour que les cargos puissent passer, et ils sont émis un véto pour que cette grande barrière ne puisse pas être classée Unesco...

« Chaque année, cela crame là-bas, mais surtout au milieu de l’Australie, là où il y a une communauté aborigène, mais cela fait beaucoup moins parler…là c’est beaucoup plus important. Ils auraient pu réagir plus tôt, mais ils sont tellement habitués à des « bushfire », mais là cela a pris beaucoup plus d’importance. C’est terrible pour la faune et notamment les koalas, une espèce déjà en voie de disparition, c’est en train de l’anéantir… »

« On est de tout coeur avec nos « mate » amis australiens… » conclue Louis Bouteloup.

Observation de l’Australie avec le satellite geostationnaire Himawari 8 le 3 janvier 2020.

A cette heure, la situation risque de prendre encore plusieurs semaines, une question de solidarité internationale se pose pour de nombreux Etats qui devraient envoyer des canadairs et autre dash pour essayer de contenir ce désastre planétaire, car ce drame est visible depuis l’espace : sur le site Ciel et Espace, on prend conscience de l’importance de cette catastrophe, des rejets de fumées et retombées : « c’est peut-être à 36 000 km d’altitude, par le biais d’Himawari 8, que le constat est le plus impressionnant » commente Ciel et Espace. « Les images du satellite de l’Agence météorologique du Japon révèle un vaste panache ocre, fait de cendres et de poussières, qui s’échappe vers l’est… jusqu’en Nouvelle-Zélande. Sur place, le 1er janvier 2020, les habitants de l’île du Sud ont constaté que le Soleil adoptait une couleur rouge-orangée. En cause, la diffusion de la lumière par une atmosphère chargée de ces particules rejetées par les incendies australiens. Plus en altitude, la neige de certains glaciers néo-zélandais a même tourné au brun, comme le rapportait hier The Guardian ».

Côté Châteaux a une pensée émue pour toutes les victimes, personnes évacuées, blessées et tous ces animaux, sans parler du vignoble. Bon courage aux Australiens et espérons pour eux une aide internationale.

20 Déc

Pesticides : voici les distances minimales à respecter à partir du 1er janvier 2020

Le gouvernement a tranché. Les distances minimales pour les épandages de traitements phytosanitaires vont varier de 3 à 20 mètres de distance par rapport aux habitations. Cela reste des distances relativement réduites, mais qui pourraient déjà poser quelques soucis à certains. 

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © JPS

Dès le 1er janvier, agriculteurs ou viticulteurs ne pourront plus utiliser de pesticides à un minimum de 3, 5, 10 mètres ou de manière exceptionnelle 20 mètres pour les pesticides les plus dangereux. Il y aura des zones de non traitement.

Pour les cultures dites basses, ce sera 5 mètres, hautes style vignes ou arbres fruitiers 10 mètres, zones qui pourraient être ramenées à 3 mètres avec un matériel performant (notamment des buses directionnelles), sauf pour les établissements accueillants des personnes vulnérables (écoles, hôpitaux, maisons de retraite…).

Le gouvernement avait jusqu’au 31 décembre pour prendre un nouveau décret, car le Conseil d’Etat lui avait intimé l’ordre de prendre ce nouvel arrêté, suite à l’annulation du précédent texte pas suffisamment protecteur à ses yeux.

Pour « les produits les plus dangereux », ceux dont la toxicité est avérée pour l’homme, notamment les CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques), il y aura « une zone incompressible » de 20 mètres. Le glyphosate n’a pas été retenu parmi ces produits…

Des positions qui vont dans le sens de ce que le gouvernement avait envisagé préalablement…Pas évident que ces distances et mesures soient bien acceptées par les associations de riverains et de lutte anti-pesticides qui réclamaient des distances plus importantes. Pas évident non plus pour certains exploitants de se conformer rapidement à ce décret. Affaire à suivre.

26 Nov

20 ans des Sources de Caudalie : un modèle de réussite dans l’oenotourisme

C’est une réussite en laquelle peu de monde croyait il y a 20 ans. Aujourd’hui, le monde entier en parle. Un modèle qui mêle hôtellerie de luxe, gastronomie et spa-relaxation avec des soins à base de vinothérapie. Un modèle qui va être dupliqué avec les Sources de Cheverny, ouverture en juin 2020. Immersion aux Sources de Caudalie avec Alice Tourbier, la propriétaire à qui Côté Châteaux consacre sa rubrique « vigneron du mois ».

Alice Tourbier fête les 20 ans des Sources de Caudalie © Jean-Pierre Stahl

Les Sources de Caudalie sont une réussite familiale, une idée d’Alice Tourbier (la fille cadette de Florence et Daniel Cathiard) et de son mari Jérôme Tourbier, « L’idée au départ était de mettre en valeur les vins du château Smith Haut Lafitte, d’accueillir les visiteurs au moment des repas et d’offrir aussi  la possibilité pour les touristes de dormir… »

« On s’est rendu compte que c’était un vrai métier qui nous plaisait, et les gens ne venaient pas que pour Smitth, ils avaient envie de séjourner dans les vignes et de passer un bon moment ».

Les Sources un concept créé juste en face du château Smith Haut Lafitte © JPS

Voilà en quelques mots la genèse de ce projet qui a vu le jour en 1999, juste avant le salon mondial du vin Vinexpo à Bordeaux. De fil en aiguille, ce sont ainsi 2 restaurants qui ont ouvert -la Grand’Vigne et la Table du Lavoir- et 29 chambres, puis au final 61 chambres et un troisième établissement un bar à vin (Rouge) pour vivre un moment épicurien gourmand. Les Sources emploient 180 personnes en haute saison…

Alice Tourbier, avec John A. Skelton d’Andavo Travel au bar des Sources des Caudalie © JPS

« Il y a 20 ans quand on a ouvert, les gens nous prenaient un peu pour des fous car faire séjourner dans le vignoble des clients ce n’était pas évident, mais nous on pensait au contraire qu’il y avait des atouts formidables aux sources de Caudalie car on est proche de la gare de Bordeaux et de l’aéroport, et les gens venaient pour le vin mais avant tout pour une expérience hôtelière, et depuis ces 20 dernières années on fait tout pour qu’elle soit plus peaufinée, aboutie, pour que nos clients repartent avec le sourire » Alice Tourbier des Sources de Caudalie.

Et de préciser que cette expérience hôtelière est plutôt importante avec un taux de remplissage des chambres de 70% à l’année, ce qui est pas mal : « on a un séjour moyen qui est assez long, qui est de 4 jours, car les gens vont profiter du SPA, de la Forêt des 5 sens, faire des câlins aux arbres, on propose aussi des dégustations de vin et des cours de cuisine… »

En ce début de semaine, nous rencontrons d’ailleurs un Californien, venu explorer et expérimenter cette adresse, John Skelton, d’Andavo Travel, qui représente plusieurs agences chargées de dénicher de belles adresses pour leur clientèle : « j’ai beaucoup entendu parlé des Sources de Caudalie à travers les réseaux sociaux, c’est un site parfait à la fois proche de Bordeaux et très intime, qui s’adresse par exemple à la clientèle des croisières touristiques sur le fleuve, mais aussi à des gens qui cherchent à se relaxer, qui recherchent une ambiance zen… Je suis arrivé de Nice hier et aussitôt j’ai ressenti ici paix et sérénité. Le dîner et l’hôtel sont parfaits, vous êtes vite relaxés, vous vous sentez ici comme à la maison. »

Dégustation des vins de Smith Haut Lafitte blanc 2016 et rouge 2012 avec Florence Cathiard et Alice Tourbier © JPS

Et John de continuer sa visite oenotouristique au château Smith Haut Lafitte, découvrant la tonnellerie du château, profitant d’une vue magnifique sur le vignoble avant d’avoir le privilège de rencontrer Florence Cathiard la propriétaire et winemaker qui confie que les Sources de Caudalie sont vraiment une offre complémentaire au château.

Dans la cave aux vieux millésimes, dont la plus vieille bouteille remonte à 1878 © JPS

« Cela nous aide beaucoup, on a été pionnier certes, mais on pense que l’excellence en bouteille ne suffit plus, il faut aussi ce qui va avec, les gens veulent aussi une expérience interactive,  je crois qu’on est le mieux à même de leur offrir »,commente Florence Cathiard qui a acheté avec son mari Daniel il y a 29 ans le château Smith Haut Lafitte, cru classé de Graves, en l’embellissant et en en faisant une référence, aujourd’hui un cru en bio. « On ne ménage pas notre peine, ce sont des passions partagées mais complémentaires. ».

Cette expérience qui se décline selon le budget de chacun : pour ceux qui souhaite juste y passer un petit moment, il y a par exemple le brunch-piscine ou pour d’autres des soins et formules plus élaborées avec notamment les bienfaits des peaux et pépins de raisins.

Voici par exemple le gommage « crush-cabernet: » « c’est un mélange de sucre brun, de pépins de raisin, de miel, d’huile de pépin de raisin, et de concentré minceur drainant. Cela permet d’exfolier le corps pour avoir une peu toute douce, éliminer les peaux mortes et booster la circulation sanguine, pour un meilleur échange cellulaire et une hydratation ».

Un gommage crush-cabernet ou quand la magie du raisin opère © JPS

Chaque instant se laisse savourer et notamment au moment du déjeuner ou du dîner à la Table du Lavoir avec cette vieille grange démontée et remontée ici avec ces fabuleuses charpentes dont le charme du passé vous transporte dans un autre temps. En cuisine, c’est l’équipe du chef Nicolas Masse qui officie, un chef en poste depuis 2009, qui a réussi à décrocher une première étoile l’année suivante en 2010 au Michelin, puis une deuxième étoile en 2015 pour le restaurant gastronomique la Grand’Vigne.

Aurélien Fannouil, le chef sommelier avec Alice Tourbier à la Table du Lavoir © JPS

Le chef sommelier des Sources de Caudalie, Aurélien Farrouil, présent depuis 15 ans, traduit l’attrait des Sources de Caudalie et l’expérience recherchée : « c’est surtout l’art de la table, le bien être, le côté oenotouristique que viennent rechercher nos clients ». Et de détailler le type de clientèle qui fréquente cet havre de paix en pays de Martillac : « on est très fier d’avoir nos clients locaux qui sont habitués et qui nous sont fidèles, on a également nos chers parisiens, on va retrouver nos amis suisses, belges, beaucoup de clientèle européenne, et après l’Asie est bien représentée, des Russes,  Brésiliens, Londoniens qui viennent régulièrement les week-end et une belle clientèle américaine, bien présente, de retour depuis 2 ans. »

Cette belle histoire va aussi s’écrire prochainement dans une autre région de châteaux, ceux des Rois de France qui aimaient la douceur de la Sologne, de la Loire et du Cher. C’est à Cheverny que va se poursuivre prochainement l’aventure pour Alice Tourbier et son époux puisqu’ils ont choisi de reproduire ce concept avec les Sources de Cheverny, des Sources qui devraient ouvrir en juin 2020.

« Nous on parle d’art de vivre au coeur des vignes, d’art de vigne, et dans la Loire on a retrouver toutes ces caractéristiques pour dupliquer le modèle des Sources de Caudalie. Il y a un côté culturel avec les châteaux historiques, donc vraiment du tourisme d’histoire, et puis il y a de très belles vignes, des vins de Loire formidables, beaucoup de vignes ne sont pas traitées, sont en bio, et ce côté écologique était important pour nous, » m’explique Alice Tourbier.

Et si tout fonctionne bien, il se peut que chaque grande région viticole en France voit l’ouverture des Sources, preuve que le succès tient sa source non seulement dans l’oenotourisme mais aussi dans un goût prononcé pour un dépaysement en pleine nature.

Les Sources de Caudalie une expérience à découvrir à Martillac en Gironde.