29 Juil

Mildiou à Bordeaux : pour certains, une année plus sévère qu’en 2018

Le mildiou n’en finit pas de faire parler de lui. Avec plus de 300 millimètres de pluies tombées ces 2 derniers mois, certains domaines, en bio, comme en conventionnel, ont longtemps combattu cette maladie, qui a fini par s’installer, plus ou moins. Certaines parcelles de merlot sont sérieusement touchées, d’autres moins, néanmoins cette pression de pluies et de mildiou a été des plus intenses sur ces 2 derniers mois.

Attaque de mildiou sur des cépages de merlot en Côtes de Bourg © JPS

2021, une année à mildiou,aussi violente voire pire que 2018, pour David Arnaud du château Tour des Graves à Teuillac. Il a vu ses parcelles de merlot (cépage plutôt sensible au mildiou) sévèrement attaquées…

On a le mildiou sur feuilles,  donc on voit bien les taches d’huile, qui sporulent, c’est un champignon, avec la pluie cela va tomber sur les grappes et infecter les grappes. On voit bien sur un pied comme cela, il y a 70 à 80% de pertes », David Arnaud du château Tour des Graves à Teuillac en Gironde.

A ce jour, ce vigneron compte 15 traitements à base de cuivre, des traitements qui ont souvent été lessivés par la pluie, avec plus de 300 millimètres d’eau tombés sur 2 mois. « On s’est battu tant qu’on a pu, on n’a pas de regret, on a fait ce qu’on a pu, mais la maladie a gagné. »

Côtes de Bourg, Blayais, tout le Bordelais dans son ensemble a été touché de l’ordre de 5 à 100 % (selon le CIVB), selon les parcelles et propriétés (les chiffres seront officialisés avec les compte-rendus de récolte à la fin de l’année). Au château Peyreyre à Saint-Martin-Lacaussade en Blaye Côtes de Bordeaux, l’oenologue Jean-Luc Buetas n’en revient toujours pas:

Moi, dans ma carrière, c’est la 1ère fois que je vois une année aussi pluvieuse sur la période végétative ! C’est une très grande inquiétude, on peut estimer 20 à 30 % de perte, on a la pression de la pluie et du mauvais temps qui est constante, ce qui nous amène à une inquiétude forte… », Jean-Luc Buetas du château Peyreyre

2021, une année de gel, de coulure et de mildiou, qui laisse présager aussi une perte de 30% de récolte pour le château Tour des Graves… « Si on n’a pas de vin, on ne rentre pas d’argent, derrière cela demande de la trésorerie qu’on va chercher à la banque, de l’endettement…et il y a aussi la problématique des marchés… », commente David Arnaud.

Un contexte économique très difficile pour ces vignerons en proie également depuis un an et demi à la crise du coronavirus.

« Tout notre commerce est basé sur les restaurants, clientèle particulière et restaurants qui étaient fermés, donc ca devient extrêmement difficile; si le mildiou en rajoute une couche cela devient très très dur »,commente encore Jean-Luc Buetas.

La bonne nouvelle, c’est que le raisin commence sa véraison, ce passage de la baie de vert à rouge, va bloquer le mildiou. On devrait malgré tout avoir une récolte suffisante à Bordeaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Margot Michele et Corinne Berge:

27 Juil

Le Conseil d’Etat renforce les règles d’épandage de pesticides

Le Conseil d’Etat, dans une décision rendue lundi, demande au gouvernement de renforcer sous six mois la réglementation encadrant l’épandage des pesticides « pour mieux protéger la population ». Les réactions des collectifs et associations anti-pesticides, de vignerons et présidents de syndicats viticoles et agricoles.

Pulvérisation de produits phyto-sanitaires dans des vignes du Médoc – image d’illustration  © Jean-Pierre Stahl

Après plusieurs mois de polémiques, le gouvernement avait fixé en décembre 2019, les distances minimales à respecter entre les zones d’épandage de produits phytosanitaires et les habitations: cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales, et dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes.

Le décret prévoyait également des dérogations ramenant ces distances à trois mètres pour les cultures hautes et cinq pour les basses, dans le cadre de « chartes d’engagement départementales » proposées par les utilisateurs de produits phytosanitaires et validées par les préfets après avoir été soumises à concertation publique.

« Ces distances minimales et les conditions d’élaboration des chartes ont été contestées devant le Conseil d’État par des associations, communes et agriculteurs bio qui les jugeaient insuffisamment protectrices, et par des agriculteurs et une chambre d’agriculture qui les considéraient excessives », rappelle le Conseil d’Etat dans un communiqué.

Le Conseil d’Etat indique que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) « recommande une distance minimale de 10 mètres entre les habitations et les zones d’épandage de tout produit classé cancérogène, mutagène ou toxique, sans distinguer si leurs effets sont avérés, présumés ou seulement suspectés ».

Par conséquent, la plus haute juridiction administrative française juge que « les distances minimales d’épandage des produits dont la toxicité n’est que suspectée, qui ont été fixées à cinq mètres pour les cultures basses comme les légumes ou les céréales, sont insuffisantes ».

Il demande aussi au gouvernement de « prévoir des mesures de protection pour les personnes travaillant à proximité d’une zone d’utilisation de pesticides, ce que la règlementation en vigueur ne fait pas ». Il estime que « les chartes d’engagements d’utilisation doivent prévoir l’information des résidents et des personnes présentes à proximité des zones d’épandage en amont de l’utilisation des pesticides ».

Le Conseil d’Etat donne six mois au gouvernement pour revoir sa copie. Il annule par ailleurs les conditions d’élaboration des chartes et leur approbation par le préfet « car celles-ci ne pouvaient être définies par un décret, mais uniquement par la loi » conformément à une décision du Conseil constitutionnel rendue en mars

AFP

LES COMMENTAIRES COLLECTES CE JOUR PAR COTE CHATEAUX ET FRANCE 3 AQUITAINE (Marie-Neuville- Karim Jbali)

  • Marylis Bibeyran du Collectif Info Médoc Pesticides : « Pour ma part, c’est surtout le volet des travailleurs des vignes qui m’intéresse: c’est une sacrée avancée car jusqu’ici il n’y a rien a part le bon sens qui interdisait les pulvérisations de pesticides à côté de salariés qui travaillaient à côté…

Ils devront aussi au niveau des habitations être informés des traitements: c’est quelque chose qu’on demandait depuis longtemps… On nous disait que c’était impossible à mettre en place, les responsables de propriétés ont souvent du mal à communiquer entre eux, là désormais avec cette obligation d’informer, on va pouvoir espérer que ce soit mis en place…

C’est une bonne chose que les 2 textes de 2019 soient invalidés…Puetêtre qu’on va enfin remettre tout à plat et revoir ces pulvérisations à proximité. En soi, c’ets une très bon décision, qui maintenant doit être appliquée.. »

  • Samuel Eynard, président de la FDSEA Gironde et vigneron en Côtes de Bourg : « Il va surtout falloir que le gouvernement s’y penche, c’est une claque de plus pour tous ceux qui sont dans les ministères… Si des produits sont reconnus comme extrêmement dangereux, eh bien que l’Anses les interdise… Car pour l’heure, ils sont autorisés, alors s’ils sont dangereux à ce point-là ils devraient être interdits. »

« On va compliquer de plus en plus la vie des viticulteurs français et faire disparaître des lieux de production. C’est de la perte alimentaire, qui va au-delà du vin. Il faut que les ministères fassent une fois pour toutes les choses comme il faut et qu’on ne revienne pas 25 fois sur un texte, produit à la va-vite entre Noël et Nouvel An. Vu ce que pèse les familles de viticulteurs et d’agriculteurs 400 000 familles, c’est quantité négligeable …?! Après, bon on s’adaptera… » 

  • Sophie Nony : le Conseil d’Etat répond à 10 requérant et il répond que oui l’arrêté de 2019 n’est pas assez protecteur, notamment il prévoyait une distance entre les habitations et les épandages de 20 mètres pour les produits les plus dangereux et 10 mètres pour les autres qui pouvaient encore être réduits par les chartes départementales…Et le Conseil d’Etat dit non, les produits qui sont suspectés d’être les plus dangereux cancérigènes soient concernés par une distance incompressible…et il ajoute qu’il faut qu’il y ait une information des riverains avant les épandages. Dans les chartes, il est prévu l’envoi de sms, mais on a vu que l’envoi de sms par les agriculteurs la veille de l’épandage était facultatif et étaient de plus en plus rare, nous dans la région on en a plus du tout… »
  • Valérie Murat d’Alerte aux Toxiques : « le Conseil d’Etat dit que nos organisations ont raison et il dit que désormais les pesticides pulvérisés sur les parcelles ne doivent plus sortir de ces parcelles. La grande nouveauté, c’est pour les ouvriers agricoles et de la viticulture, qui ne seront plus obligés de travailler à côté de parcelles qui sont pulvérisées... Dorénavant les agriculteurs qui persisteront à utiliser des pesticides et qui les pulvériseront devront non seulement prévenir les riverains, c’est la première victoire, et la seconde grande victoire pour les ouvriers agricoles et les invisibles, c’est qu’ils devront aussi être prévenus et ne plus subir ces pulvérisations qui ont lieu à côté des parcelles sur lesquelles ils travaillent; la troisième victoire, c’est que tous les produits classés en catégorie 2 c’est à dire les cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques suspectés seront sous le coup d’une obligation de respecter 20 mètres incompressibles lors de chaque pulvérisations, et ça ce ne sont pas nos organisations qui le disent mais le Conseil d’Etat, qui a donné raison à nos organisations, et qui le dit et exige que le gouvernement prenne sous 6 mois des mesures pour appliquer ces nouvelles données. »
  • Nicolas Carreau, président de Blaye Côtes de Bordeaux : « c’est une obligation de plus très certainement, c’est sûr que dans un moment où la viticulture vit une période très difficile c’est quelques chose de pas très agréable, les viticulteurs y feront face comme ils ont toujours fait, quand la décisions de mettre des distance entre les zones de traitement et les habitations, cela s’est fait il y a un an et demi, les viticulteurs s’y sont pliés, ont investi dans du matériel également pour pouvoir respecter les chartes départementales, ce que j’espère c’est que ces investissements ne vont pas être inutiles, ça c’est certain, parce que les finances des exploitations sont actuellement très compliquées…La problématique des viticulteurs à l’heure actuelle c’est plutôt de payer leurs salariés voire de se payer eux-mêmes, mais bon on s’y pliera. La campagne de traitement 2021 s’est bien passée, je n’ai pas eu de retour entre les riverains et les vitis de l’appellation Blaye Côtes de Bordeaux. Je n’ai rien contre le Conseil d’Etat, mais laissons faire les gens, instaurons le dialogue et ça peut bien se passer aussi… »

11 Juin

Le château Cheval Blanc plante des centaines d’arbres dans ses vignes légendaires

Pommiers, tilleuls, érables au milieu des vignes: durant la pandémie, le château Cheval Blanc, grand cru bordelais à la renommée mondiale, a accéléré sa démarche agroécologique et planté plusieurs milliers de végétaux pour assurer l’avenir face au réchauffement climatique, une petite révolution.

Le Château Cheval Blanc à Saint-Emilion © JPS

« Vous avez vu le héron? C’est la première fois qu’on en voit un sur cette pièce d’eau qui n’a que huit mois », s’émerveille Pierre Lurton, son directeur général. Comme les arbres et les herbes folles (trèfles, moutarde, lin…) dans les vignes, les poules, moutons et ruches au sein de la propriété s’inscrivent dans une démarche entamée il y a une dizaine d’années par le domaine, propriété de la famille Frère et de LVMH.

Durant le confinement, ce 1er grand cru de Saint-Emilion a donné un coup d’accélérateur et planté 3.000 végétaux dont 1.500 arbres dans ses vignes (qui en comptaient déjà 200), sous le regard de ses voisins de Pomerol, les non moins célèbres châteaux L’Evangile et Pétrus.

« On ne se réveille pas un matin en disant « tiens on va planter des arbres ». Cela fait plus de dix ans qu’on tâtonne », explique Pierre-Olivier Clouet, directeur technique de 41 ans. Les premiers tests ont ainsi été réalisés sur les parcelles du second vin, le Petit Cheval Blanc, moins exposé médiatiquement.

Puis est venu le tour de « l’intimidant domaine » Cheval Blanc. « On a des sols qui font des vins brillantissimes, feront-ils des vins aussi brillantissimes avec deux ou trois degrés de plus, j’ai des doutes », explique-il. D’où les arbres. « L’objectif principal c’est de ramener de la fraîcheur sur les parcelles » grâce à leur ombre, explique Juliette Combe, assistante viticole de 29 ans.

La plantation est composée à 50% de fruitiers (dont la production garnira la table du château) et 50% de forestiers (tilleul, érable, charme…) pour nourrir le sol et abriter oiseaux, insectes et chauve-souris.

L’arbre intéresse aussi pour son « travail sous-terrain ». « Il prélève ses nutriments et son eau dans le sol grâce à un champignon mycorhizien, des filaments qui vont coloniser les racines des arbres et les plants de vigne voisins », explique avec enthousiasme Pierre-Olivier Clouet.

« On organise un véritable réseau de partage des nutriments, le végétal qui a du mal à s’alimenter va être alimenté par son voisin. Ces champignons ont une importance majeure dans le cadre d’un réchauffement du climat » en jouant « le rôle de pompe à eau », selon lui.

Avant de planter, il a fallu arracher une centaine de pieds de vigne par hectare (un hectare compte entre 6.000 et 8.000 pieds). « Avant de se donner la permission d’arracher un pied de vigne de Cheval Blanc, il faut bien réfléchir à ce qu’on fait », reconnaît le directeur technique.

Avec une moyenne d’âge de 42 ans, la vigne compte des pieds datant de 1920 et certains millésimes atteignent plusieurs centaines voire milliers d’euros. Cheval Blanc, qui compte 45 salariés, n’est pas le premier à se lancer dans l’agroforesterie. Delphine et Benoît Vinet, qui se sont lancés en 2008 dans leur petit vignoble dans le Libournais, font figure de « pionniers »: « C’était un peu compliqué d’être considérés comme des beaux rêveurs », s’amuse aujourd’hui Delphine Vinet auprès de l’AFP.

« Ces châteaux connus qui se mettent à pratiquer l’agroforesterie et la biodiversité, ça nous réjouit parce qu’ils ont une visibilité. On sait comment ça se passe dans le monde viticole, si eux avancent, les autres ne se laisseront pas distancer », un bénéfice pour la biodiversité et pour les vignes, selon elle.

« On n’a rien inventé« , reconnaît Pierre-Olivier Clouet mais la nouveauté chez Cheval Blanc réside dans l’ampleur du projet, les 16 hectares (sur 39) passés en agroforesterie. En charge du suivi scientifique de l’aventure, Juliette Combe estime qu‘ »il va falloir laisser du temps aux arbres pour montrer que ce n’est pas un effet d’annonce ». « On a mis en place des indicateurs qu’on veut assez faciles, précis et comparables: les taux de matière organique, la stabilité structurale du sol…d’ici quatre, cinq ans on aura une première tendance« , explique la jeune ingénieure agronome.

AFP

04 Juin

Côté Châteaux n°24 spécial vignerons bio, c’est ce lundi 7 juin sur France 3 NOA

C’est le dernier numéro de cette saison 2020-2021, un numéro 24 riche en rencontres… Entre les portraits de Jean-Baptiste Duquesne, de Malika et Pascal Boueix ou encore les jeunes Anaïs et Bastien Pastourie et les entretiens avec les Lavau au château Bernateau, Alain Moueix à Fonroque et Béatrice Larribière et Gwenaelle le Guillou au château Trapaud, vous allez faire un joli tour d’horizon des vignerons bio de la région de Bordeaux. Un magazine de 26′ réalisé par Jean-Pierre Stahl avec Alexandre Berne à voir ce lundi 7 juin à partir de 20h05 sur France 3 NOA.

Pierrick et Karine Lavau, premiers intervenants du Côté Châteaux n°24 © JPS

On se retrouve à Saint-Etienne de Lisse, au château Bernateau, où Karine et Pierrick Lavau nous expliquent pourquoi ils se sont lancés dans le bio il y a presque 14 ans : « on a commencé à faire du bio au château Bernateau en 2007, pour des raisons environnementales, on voulait cultiver nos vignes d’une façon qui impacte moins l’environnement… On est rentré officiellement en conversion en 2009, et on a été certifié à partir de 2012 pour l’ensemble de nos vins… », explique Karine Lavau.

Pierrick Lavau nous éclaire sur ce que l’on entend par « faire du bio » : « c’est une autre façon de gérer les traitements, tout simplement, on est toujours dans du préventif, avec effectivement comme difficultés les prévisions météos qui ne sont pas toujours complétement fiables (avec pas mal d’intempéries) et il faut savoir s’adapter… Donc le bio, c’est une meilleure compréhension, effectivement utiliser le soufre et le cuivre quand on en a besoin, mais surtout faire en sorte que la plante puisse s’installer au mieux pour se défendre face à ces intempéries…

Etre en bio, cela a du sens ? Y-at-til une réelle demande de la part du consommateur ? « On observe effectivement aujourd’hui une réelle demande, au début il y avait une demande d’une clientèle particulière et pro très spécialisée, mais il y avait un petit peu une méfiance du reste des consommateurs… Maintenant, cela fait 3 à 4 ans que l’on observe un réel intérêt de la part des consommateurs… Nous on reçoit beaucoup de visiteurs à la propriété, et le bio fait partie des critères de choix quand les gens viennent chez nous pour une visite, car effectivement les gens se posent beaucoup de question sur ce qu’ils mangent et ce qu’ils boivent…et du coup on se rend compte que même dans le vin, il y a une vraie demande sur le bio… », commente Karine.

Au niveau des marchés, certains étaient plus matures que d’autres, aujourd’hui on sent que l’élan est beaucoup plus important : « quand on a commencé, les marchés qui étaient les plus matures étaient essentiellement au nord de l’Europe, mais aussi l’Allemagne qui s’était déjà plus intéressée à la contenance des produits,  ou aux résidus, aujourd’hui la France s’est aussi tournée là-dessus… Au grand export, on trouve désormais des pays peut-être moins traditionnels comme la Chine, le Japon qui était déjà un petit peu présent et les Etats-Unis…et même sur le centre de l’Afrique on peut avoir quelques demandes sur le bio. On voit que ce label, en tout cas, amène une certaine sécurité à l’export et même au grand export », ajoute Pierrick Lavau.

 

Parmi les pionniers du bio, on ne pouvait pas passer à Saint-Emilion, sans aller voir Alain Moueix, le propriétaire du château Fonroque, grand cru classé : « cela n’a pas été facile, car il y a toujours un peu d’inquiétude quand on se lance dans ce nouveau système, surtout qu’à l’époque c’était quand même moins répandu, donc on avait beaucoup moins de personnes avec lesquelles on pouvait discuter ou se rassurer en fait… Voilà, il y avait un peu de tout, certains étaient septiques, d’autres disaient bravo, y en a qui ne disaient rien et c’était mieux… »

Alain Moueix, dans son nouveau chai à château Fonroque © JPS

Pour moi, c’était une nécessité, c’est pour cela que je suis passé en bio, je ne l’ai pas fait par rapport aux autres, je l’ai fait par rapport à mes convictions, par rapport à la propriété, » Alain Moueix de château Fonroque

« Pour la partie agriculture biologique, il y a quand même beaucoup d’efforts, beaucoup de gens qui vont vers une remise en cause, même si parfois ce n’est que sur une partie, mais il y a quand même un mouvement… Pour ce qui est de la biodynamie, parce que nous sommes aussi certifiés en biodynamie, on est quand même un peu plus rare mais cela viendra ».

Et Alain Moueix de nous faire découvrir son nouveau chai tout juste livré : « nous avons d’abord refait la maison avec une structure d’accueil, pour organiser des réception, avec une salle de dégustation et des chambres qui sont mises à disposition des professionnels… On avait besoin de place et d’améliorer notre outil de production, donc on a choisi de conserver les bâtiments du XVIII pour l’élevage des vins, et de construire un nouvel outil pour les vinifications, donc un nouveau cuvier... »

L’idée était d’avoir un cuvier avec beaucoup de petites cuves, on passe de 13 à 27 cuves de vinification, de manière à pouvoir identifier chaque terroir, chaque partie de parcelle qui a sa propre identité, pour la vinifier en fonction. Et puis ensuite d’avoir des petites cuves qui permettent d’avoir des marcs moins compacts et des extractions plus douces…

Bio – béton, ce n’est pas antagoniste ? « Non , au contraire les cuves en béton ont l’avantage d’être moins sensibles à des perturbations  électromagnétiques, d’avoir plus d’inertie thermique et moi je préfère travailler sur le béton. Après quand on fait un cuvier en biodynamie, on a positionné les cuves là où c’était favorable, et on a aussi voulu avoir un éclairage naturel, on a voulu utiliser des matériaux nobles avec des ressources qui ne sont pas trop éloignées… Ces cuves en béton ont été construites spécialement pour nous, uniquement dans des jours qu’on qulifie de « fruit » ou « fleur » en biodynamie…

La biodynamie, c’est une manière de vivre, de penser, qu’on on la pratique depuis quelques temps, on a une sensibilité, un regard différent, cela dépasse le fait de faire du vin…

La biodynamie permet d’obtenir des vins qui sont sur la fraîcheur, donc même dans les millésimes chauds, on n’a pas de lourdeur, d’écrasement du au soleil, on a toujours des vins avec un fruit frais et une dimension florale qui est très développée », Alain Moueix du château Fonroque

Ce Côté Châteaux nous emmène également à la rencontre de Béatrice Larribière au château Trapaud à Saint-Etienne de Lisse qui outre le fait d’être en bio, continue de nouvelles expériences : « cette année nous devons planter de la syrah, du touriga nacional, du marselan, et ontva encore étendre nos sauvignons gris, pour étendre notre gamme en vins de France… » Preuve que ces vigneronnes continuent à innover…

Béatrice Larribière du château Trapaud et Gwenaëlle Le Guillou, directrice des Vignerons Bio de Nouvelle-Aquitaine  © JPS

Gwenaëlle Le Guillou, directrice des Vignerons Bio de Nouvelle-Aquitaine  confirme cet essor important avec près de 1700 exploitations en Nouvelle-Aquitaine : « aujourd’hui, on a presque 20 000 hectaress en bio et en conversion sur la région Nouvelle-Aquitaine… On en compte tous les ans de plus en plus, si on compte juste le territoire de la Gironde, on a 775 viticulteurs qui font le cahier des charges de la viticulture biologique et 245 se sont engagés sur la seule année 2020, donc on est sur un phénomène d’expansion important… On a un marché national qui représente aujourd’hui plus d’1,2 milliard d’euros, un consommation de vins bio qui augmente à tel point  qu’aujourd’hui le marché français représente une part importante de la consommation. On a même du mal à trouver des volumes pour pouvoir partir à l’export. »

Et n’oubliez pas Côté Châteaux Spécial Vignerons Bio, ce lundi 7 juin à partir de 20h05 sur France 3 NOA et ici sur You Tube:

28 Mai

Jean-Baptiste Duquesne, la patte du vigneron en biodynamie au château Cazebonne

Voilà un vigneron qui a un joli savoir-faire, une patte. Même s’il n’est pas tout jeune, ce nouveau venu, grand amateur de vin depuis des années incarne la nouvelle génération de vignerons de Bordeaux avec une sacrée personnalité. A la tête du château Cazebonne, à Saint-Pierre-de-Mons, Jea-Baptiste Duquesne s’est lancé non seulement dans le bio, mais aussi la biodynamie. Il sort actuellement une dizaine de cuvées et en promet bientôt le double. Empêcheur de tourner en rond il a créé Bordeaux Pirate sur Facebook  « des vins en dehors des sentiers battus. » Il veut aussi remettre à la page les cépages d’autrefois. A découvrir aussi dans le prochain magazine Côté Châteaux le 7 juin sur France 3 NOA.

Jean-Baptiste Duquesne, vigneron au château Cazebonne © JPS

Jean-Baptiste Duquesne, un personnage, un vigneron un vrai. Embeded dans sa voiture , Jean-Baptiste Duquesne  m’emmène sur la partie surélevée de son terroir de Cazebonne… « Là, on va sur la parcelle de Couet, une parcelle où on a replanté 8 cépages oubliés, d’autrefois, qui étaient plantés au XIXe siècle,et c’est une parcelle où on devrait faire la 1ère récolte cette année…

« Là on est sur notre terroir de Cazebonne, sur ce qu’on appelle la croupe, c’est notre plus beau terroir de graves sur cette parcelle; c’est là qu’on a décidé de surgreffer 2 cépages d’autrefois…le mancin et le castets. On voit qu’on a nos premières grappes avec des repousses car ce sont des pieds qui ont gelé… Le mancin des palus était un très beau cépage d’autrefois en Médoc, tardif et qui aujourd’hui donne des choses très fines ».

Jean-Baptiste Duquesne sort un livre en juin « Bordeaux, une histoire de cépages aux éditions BBD sur les cépages historiques de Bordeaux :

J’ai identifié 52 cépages qui existaient dans les vignes à Bordeaux au XIXe siècle, en fait le vigneron il avait une palette, une palette de peintre énorme pour faire ses vins… », Jean-Baptiste Duquesne vigneron.

« Un cépage qui a plus d’acidité, qui est plus tardif, à 5% dans l’assemblage, il va me redonner de la fraîcheur, des équilibres, alors qu’avec le réchauffement climatique on a des vins qui montent en alcool avec des acidités qui baissent. Donc je veux retester ces cépages, les vinifier pour retrouver des possibles…. »

Les 40 hectares du château Cazebonne sont certifiés bio et biodynamie depuis le millésime 2020 : « dans le bio, il n’y a pas de produit de synthèse, on a droit au soufre et au cuivre, et après on travaille avec un certain nombre de plantes qu’on dynamise, qui vont permettre d’amplifier l’effet du cuivre pour limiter les doses…Nous notre combat, c’est de tenir à moins de 3 kilos de cuivre par hectare, et par an. »

« Le débat de dire, j’ai supprimé des produits de synthèse, j’ai supprimé le glyphosate ce n’est pas un débat suffisant. »

En fait pour moi, le vrai outil de mesure qui devrait être l’outil de mesure dans le bio, c’est pour cela qu’on est en biodynamie, ce serait un outil de mesure de la vie des sols…

Et de montrer: « là dedans, il y a de la vie, il y a de la vie là dedans, c’est cela notre métier et notre mission…Le sol, c’est quelque chose de vivant, il y a énormément d’oligo-éléments, cela ne se résume pas à de la potasse et de l’azote, pour nourrir une plante. Il y a beaucoup d’interaction dans ce sol, de symbiose, avec les champignons, avec les micories, qui permettent d’apporter à la plante ce dont elle a besoin… »

C’est alors la découverte de son chai, oh non pas un chai grandiose, mais un grand chai d’élevage et d vinification que me laisse à penser à ces endroits où l’on faisait des vins de garage… »Voilà notre modeste chai d’élevage… Globalement, on utilise la barrique sur notre grand vin, on ne veut pas des vins trop marqués par le bois, on veut des vins qui sont éclatants de fruits, qui ont de la fraîcheur, et des vins qui doivent être gourmands dès leur première année de consommation…Aujourd’hui, on vend notre 2019 et cela se goûte super bien ».

« L’amphore, elle a les mêmes vertus, elle est poreuse, on choisit nos amphores en fonction de leur porosité, donc on peut choisir des amphores qui sont cuites autour de 800° versus des amphores qui sont cuites autour de 1200° de cuisson. Et plus elles vont être chauffées à une température élevée, moins elles vont être poreuses et plus elles vont ressembler à une porcelaine. C’est ce qu’on cherche sur les amphores et sur nos parcellaires, c’est de revenir à la pureté du fruit, sans aucune aromatisation par le bois… »

« Là c’est notre cuvée entre amis 2020 qu’on vient de mettre en bouteilles…J’ai tendance de traaviller les blancs sur la richesse, sur la maturité avec des dates de vendanges poussées, assumées, en ayant des acidités qui baissent mais avec beaucoup plus de gourmandise au niveau des vins…

Avant tout, je crois que c’est cela qui est important, c’est refaire les vins qu’on aime…Quand on a une passion à communiquer, qu’on aime ce qu’on fait, qu’on aime ses vins, eh bien ça marche quoi !

Jean-Baptiste Duquesne, un savoir-faire à Saint-Pierre de Mons © JPS

« De plus en plus, on ne vend pas du vin, on vend une histoire…Pourquoi ce terroir, pourquoi ce raisin, pourquoi j’ai fait des choix oenologiques, des choix de vendanges, on a fait une fermentation en amphores, on a fait 2-3 mois d’amphores, et après on a fini le vin en barriques… Tout de suite la couleur est beaucoup plus jaune foncé et or… »

Je veux que mes clients me disent 15 jours ou un mois après, ta caisse je l’ai ouverte et les 6 bouteilles, je les ai bues, parce que c’était bon quoi ! »

Retrouvez le portrait réalisé par votre serviteur de Jean-Baptiste Duquesne dans le magazine de 26 minutes Côté Châteaux n°24 spécial Bio le 7 juin à partir de 20h05 sur France 3 Noa :

24 Mai

La Bastane: un coup de jeune au château entre bio et oenotourisme

Anaïs Bernard et Bastien Pestourie ont acheté le château La Bastane à Rions. Un château qu’ils conduisent depuis leur achat en agriculture bio depuis 2017 et qui est certifié bio depuis le millésime 2020. Rencontre avec ce jeune couple déterminé. Un portrait à retrouver dans le prochain Côté Châteaux diffusé le 7 juin sur France 3 NOA.

Anaïs et Bastien Pestourie du château La Bastane © JPS

Au château La Bastane à Rions en Gironde, Anaïs et Bastien un jeune couple de vignerons m’accueillent sur le perron du château : « bienvenue Jean-Pierre, bienvenue à la Bastane, on accueille actuellement des hôtes en chambre d’hôtes, ils sont actuellement au petit déjeuner…  » « On voulait venir vers Bordeaux et se retrouver entourés de vignes…et pourquoi pas déguster du vin bio…tout en ayant la possibilité d’avoir une chambre d’hôtes, donc nous sommes ici depuis hier et profitons des bienfaits de la région », commente Saveria Talbot arrivée avec son compagnon de région parisienne.

« Hier soir bien sûr, ils ont fait une petite dégustation de nos vins qui sont en bio depuis 2017…On fait différents vins rouges, un blanc sec très minéral, du rosé, du crémant rosé… », ajoute Anaïs Bernard.Des vins que ces hôtes ont pu apprécier et commander avant de repartir…

Bastien Pestourie me montre alors la fabuleux panorama  : « on peut s’arrêter ici parce qu‘on comprend bien pourquoi on appelle les Côtes de Bordeaux… Nous on a voulu s’installer sur ce 1er côteau qui part de la Garonne, et qui remonte jusqu’au sommet ici...Il y a 35 millions d’années, on retrouve des traces de bord de mer ici, avec des fossiles d’huîtres, des calcaires à astéries, des graves qui ont été déposées au dessus… » Et Anaïs de montrer ce terroir très riche et complexe avec encore ces cailloux de fer, « un minerai aurait été exploité sur la propriété ces cailloux en plus de drainer ont l’avantage de maintenir la chaleur donc on a une meilleure maturité et moins de variation de température…

Conduire son vignoble en bio nécessite beaucoup de travail à la vigne et de la main d’oeuvre : « en ce moment, c’est l’épamprage, c’est la période qui est importante en bio, où on enlève à la main les pousses de vigne qui sont en trop. C’est important d’éclaircir pour que les raisins mûrissent bien, qu’ils ne  pourrissent pas et qu’ils atteignent une bonne maturité… »

S’en suit une séquence dégustation avec Anaîs et Bastien au château La Bastane: « ça, c’est un vin sans sulfite, bio, qu’on a commencé l’année dernière : naturiste, un vin parce qu’il n’a rien pour le protéger et qui est à nu, c’était aussi un clin d’oeil au Médoc, d’où je viens et où les premiers camps naturistes ont été lancés à Montalivet… »

Anaïs Bernard et Bastien Pestourie produisent à l’année 30 000 bouteilles en bio et du vin bio en vrac également. Bastien Précise, « ce vin est sans sulfite, mais on a fait aussi un gros travail sur nos autres cuvées, sur lesquelles on utilise des sulfites, mais on a baissé nos doses par 3 quasiment, en dessous des quantités limites, qui sont imposées, même en bio… »

« Bien que sans sulfite, c’est quand même un vin qui mérite un peu d’aération, c’est bien d’ouvrir la bouteille 30 minutes avant de la boire pour qu’elle s’oxygène un peu et que le vin libère encore plus d’ârômes… »

Un reportage tout en saveur à retrouver dans le Côté Châteaucx n°24 le  le 7 juin sur France 3 NOA à 20h05

 

23 Mai

Lescaneaut : Malika et Pascal Boueix, un couple de vignerons de Castillon en bio depuis plus de 10 ans

Ce couple de vignerons de Saint-Magne-de-Castillon conduit son vignoble en mode bio depuis 2009 et désormais fait le choix de la biodynamie. Je vous propose de faire connaissance avec Malika Faytout-Boueix et Pascal Boueix du château Lescaneaut qui seront dans le Côté Châteaux n°24, diffusé sur France 3 Noa le 7 juin prochain.

Pascal Boueix et Malika Faytout Boueix du château Lescanaut © JPS

« Bonjour Jean-Pierre, bienvenue au château Lescaneaut, je suis Malika Faytout-Boueix et voilà Pascal mon mari, nous sommes vignerons ici au château et en bio depuis 2009 »... Par une belle journée à réjouir les grenouilles du châteaux, ce couple de vignerons me présente leur vignoble sous quelques giboulées de mai… « Ca c’est un pied qui a été gelé cette année, là ce sont des bourgeons gelés, bizarrement les bourgeons qui sont juste à côté sont repartis, enfin cela nous arrange, donc on pensait être un petit peu plus gelé que cela mais c’est en train de repartir… » m’explique Pascal Boueix devant un pied de vigne.

Leur vignoble de 8,8 hectares est planté à 75 % merlot, 15% de cabernet sauvignon, 10% de cabernet franc. Un vignoble qui est certifié bio depuis le millésime 2009.

« Le fait d’être en bio, cela signifie zéro produit chimique, pour faire très simple. On a droit à des produits, des produits organiques, mais pas d’insecticide, pas de désherbant, en revanche beaucoup de travail du sol pour enlever les herbes… » Et de montrer ce sol vivant : « la base du vin, c’est cela, un sol grumeleux, pour avoir un sol vivant, en forme, avoir une vigne en forme, et avoir des bons raisins et quand on a des bons raisins après c’est presque facile de faire du vin… » « Depuis 20 ans qu »on fait du vin, je trouve que tout le monde s’y met de plus en plus; maintenant à Castillon, on est 25% de bios, tous les jeunes qui s’installent ont plutôt cet état d’esprit, c’est plutôt pas mal pour le futur… » Et de faire remarquer à Pascal « t’es encore jeune toi  ! » « Si je suis encore jeune, oui il me reste encore 30 à 40 ans à travailler dans les vignes, jusqu’à 90 ! Tu seras là aussi pour nous filmer peut-être  ! » Bien évidemment…

Pascal, souvent en bermuda, me fait visiter son chai qui n’a rien à voir avec ces chais clinquants que j’ai pu vous faire découvrir récemment, mais bien sûr ce n’est pas aussi les mêmes budgets : « nous on a réalisé ce chai en 2002, 2003, quand on s’est installé, on a voulu un chai très pratique…Ce sont des cuves toutes simples en ciment, mais avec une très grande ouverture d’un mètre, on mouille le chapeau d’en haut à la main, cela permet d’arroser très facilement et de faire les vinifications très facilement dans ce genre de cuves. »

Et de déguster à la barrique le millésime 2019 toujours en élevage : « nous à Castillon, on a majoritairement du merlot et donc Castillon, c’est pareil 75% de merlot, le reste en cabernet sauvignon et cabernet franc… » « C’est le 2019 là, on fait un élevage 18 mois, il y a vraiment de bons arômes de fruits noirs, un panier de fruits noirs et rouges, avec un léger toasté… C’est un vin avec des tannins déjà soyeux, avec de la gourmandise… », commente Malika.

« Lescaneaut, c’est un domaine familial, de mon côté, il y a des vignes tout autour de Lescaneaut, c’est planté sur une veine de graves, ma grand-mère, la fille de la rivière, puisqu’il y a la Dordogne juste là, elle a épousé le fils des côteaux », explique Malika dans cette vieille demeure familiale. « C’est vraiment une belle histoire de famille entre la fille de la rivière et le fils des côteaux… »

Malika et Pascal, incarnent à leur tour une belle histoire de famille, elle psychologue et lui architecte, ils se consacrent beaucoup à leur passion et mènent quasiment à eux seuls le domaine qu’ils ont orienté en bio dans les années 2000, avec une certification en 2009;  « là, on va même un peu plus loin en faisant de la biodynamie. Il se trouve qu’on fait du vin, mais les vignes ce n’est pas la priorité, la priorité c’est la maison, c’est les champs, c’est les arbres, c’est l’éco-système en fait, les vignes en font partie et donc il faut préserver cet éco-système. »

Une belle rencontre à découvrir dans le n°24 de Côté Châteaux sur France 3 Noa, le 7 juin prochain à 20h05.

20 Mai

Imaginer « la viticulture du futur », une impérieuse nécessité pour la recherche

Changement climatique, nouvelles maladies, transition écologique: la viticulture française va devoir répondre à des « défis majeurs » dans les prochaines années, ont souligné mercredi l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et l’Institut français de la Vigne et du Vin qui travaillent main dans la main à trouver des solutions. Le PDG de l’Inrae Philippe Mauguin et Bernard Angelras, président de l’IFV, ont signé un nouvel accord de partenariat pour la période 2021-2030, pour « bâtir la viticulture du futur ».

Image d’illustration © JPS

Partenaires depuis plus de vingt ans, les deux instituts comptent ainsi renforcer leur coopération en mettant « plus largement en commun leurs synergies, en mutualisant leurs connaissances, compétences et dispositifs », a souligné Bernard Angelras, président de l’IFV, lors d’une visioconférence.

Si les vignerons sont habitués à se battre contre diverses maladies affectant la vigne et à affronter les aléas climatiques, ils sont confrontés depuis quelques années à des menaces grandissantes qui devraient s’intensifier dans les prochaines décennies.

« Vigneron dans les Costières de Nîmes, je peux témoigner que les effets du changement climatique sont bien là et se font sentir depuis plusieurs années dans le vignoble », a déclaré Bernard Angelras.

ADAPTER LES PRATIQUES CULTURALES

Gel en avril sur presque toute la France, été caniculaire en 2020, épisodes de grêle répétés chaque année, inondations récurrentes: « tous ces événements montrent à quel point il est devenu impératif d’adapter nos pratiques culturales« , a-t-il dit.

Les deux instituts travaillent depuis plusieurs années à créer des cépages et des porte-greffes plus adaptés au changement climatique. En sélectionnant par exemple des variétés qui bourgeonnent plus tardivement dans l’année pour éviter les dégâts liés au gel, ou bien des variétés résistantes à la chaleur.

L’ennemi, ce sont aussi les maladies. Après des années de travail de sélection, les deux instituts sont parvenus à créer des variétés résistantes à l’oïdium et au mildiou, deux champignons bien connus, néfastes pour la vigne. Mais de nouvelles maladies se répandent, comme le virus du court-noué, et les chercheurs ont du pain sur la planche pour trouver une riposte variétale.

Parallèlement, la viticulture doit prendre le tournant de la transition écologique en réduisant notamment l’usage des produits chimiques et il lui faut s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs.

Grâce aux projections sur l’évolution des bassins viticoles français à horizon 2050, « on a des pistes pour dire aux vignerons comment ils peuvent combiner une réponse avec de l’innovation variétale, des itinéraires techniques, des pratiques de taille, des pratiques oenologiques pour avoir des vins de la plus haute qualité possible et des vignobles qui utiliseront beaucoup moins de produits phytosanitaires », a estimé Philippe Mauguin.

Avec AFP

26 Nov

Ethic Drinks, la Start-Up Bordelaise soutient les personnels soignants, en reversant à la Fondation des Hôpitaux de France

Ethic Drinks, une nouvelle boîte de « négoce vert » bordelais a décidé de reverser 100% des ventes de son site ethicdrinks.fr durant ce 2e confinement à la Fondation des Hôpitaux de France.

Ethic Drinks est une start-up bordelaise lancée en 2019 par Michaël Alborghetti, avec comme philosophie d’être « le premier négoce vert de France », en choisissant des matières 100% recyclées et recyclables. Cette boîte s’est engagée auprès de l’association WWF et de son club Entreprendre pour la planète.

« Ethic Drinks, on est à Bordeaux aux Quinconces et on existe depuis 1 an et demi », commente Michaël Alborghetti pour Côté Châteaux; « on vend des vins bio ou en agriculture raisonnée, avec une logistique et un packaging respectueux de l’environnement; on n’utilise pas de plastique, on analyse toutes les matières sèches, en minimisant le carbone au niveau de toutes les bouteilles, et notamment pour la commercialisation à l’export : on va d’ailleurs  envoyer nos vins en bateau à voile pour les USA, avec les chocolats Cemoi. L’idée c’est de pérenniser tout ce que fait le vigneron à la vigne, dans notre métier de négociant, avec toute la logistique et une partie sur internet ».

« Ce mois-ci on a décider de reverser 100% du chiffre d’affaire hors taxe à la Fondation des Hôpitaux de France, on a signer une convention de mécénat avec eux, au début on avait pensé leur donner des bouteilles, et puis on s’est dit que c’était mieux de reverser 100% des ventes ». Tous les confinés peuvent ainsi se régaler tout en faisant un beau geste. Disons que cette start-up a du nez car à l’heure où l’on parle beaucoup d’environnement, où on voit bien une sensibilisation des gens pour sauvegarder la plan!ète (qui se traduit dans les urnes comme à Bordeaux notamment): proposer des vins bios ou en agriculture raisonnée, tendre vers le zéro carbon, supprimer les pratiques, ou promouvoir pourquoi pas le vegan…ça parle à pas mal de nouveaux consommateurs ou des consommateurs qui ont le souci de préserver l’environnement.

Quant à savoir si cela marche  ? « Oui, ça marche bien, les commandes vont bien, comme on n’est pas vieux, on a créé la société en octobre 2019, on a commercialisé déjà 120 000 bouteilles », commente Michaël Alborghetti son directeur qui aujourd’hui emploi 5 personnes. Bon courage et bon vent comme on dit. Une belle initiative en tout cas.

17 Sep

HVE : le label mis en cause par Alerte aux Toxiques, Interprofession et vignerons dénoncent une interprétation fausse…

Et voici une polémique de plus, un nouveau focus sur Bordeaux… Alerte aux Toxiques a envoyé cette semaine aux rédactions une étude qui porte sur des analyses sur 22 châteaux labélisés HVE (Haute Valeur Environnementale). Des traces de résidus de pesticides ont été retrouvées, mais en quantité très faible précise le laboratoire Dubernet. CIVB et vignerons dénoncent cette nouvelle campagne qui fait suite au Bordeaux bashing de 2014 alors que des efforts ont été faits. Ils se réservent le droit de porter plainte.

Valérie Murat, d’Alerte aux Toxiques © JPS

Alerte aux Toxiques a fait analyser 22 bouteilles de domaines estampillés du label HVE pour Haute Valeur Environnementale. Des bouteilles dans lesquelles des traces de résidus de pesticides ont été retrouvées, mais en quantité très faible selon le laboratoire Dubernet joint ce matin par téléphone.

Valérie Murat, lanceuse d’alertes, qui a fait réaliser ces analyses grâce à un crowfunding qui avait rapporté 5000 euros commente : « ce que j’ai voulu montrer la réalité des pratiques et surtout alerter les consommateurs  sur ce  label  qui se voudrait équivalent à la viticulture biologique ou en biodynamie et qui en est très très loin…parce que dans toutes les bouteilles, nous avons retrouvé 4 à 16 substances actives en résidus de pesticides et des pesticides de synthèses parmi les plus dangereux, des CMR et perturbateurs endocriniens ».

Selon le laboratoire, « les teneurs retrouvés sont tout-à-fait classiques pour la zone de production et plutôt faibles, rien d’alarmant » commentait ce matin par téléphone Vincent Bouazza responsable en chimie fine. Le laboratoire Dubernet a envoyé cet après-midi un communiqué de presse où il est écrit « les teneurs en résidus dans les vins, quand nous en trouvons, sont très faibles, toujours très en dessous des LMR  (limites maximales de résidus) (en moyenne de l’ordre de 0 à 3 % selon les molécules). La situation des vins en France est donc très loin de poser des problèmes vis-à-vis des limites légales. Nous savons aussi que, en raison des progrès permanents des outils d’analyse, des teneurs autrefois non détectées le sont devenues, alors même qu’elles se situent à des seuils infinitésimaux ». 

Jean-Samuel Eynard du château Genibeau Blanchereau © JPS

Aujourd’hui les vignerons contestent l’interprétation qui est faite par Alerte aux Toxiques de cette étude, parmi les 22 vignerons en question bon nombre sont responsables de syndicats viticoles, comme Jean-Samuel Heynard, ancien président des Côtes de Bourg et depuis 2 ans président de la FNSEA Gironde: « c’est une atteinte intolérable à la réputation d’une entreprise, ces analyses, quoiqu’ils en disent prouvent une seule chose c’est que je travaille bien, ils n’ont trouvé que des produits autorisés et à des doses extrêmement faibles, puisque nous sommes entre 120 et 5000 fois en dessous du seuil autorisé », précise Jean-Samuel Eynard du château Genibeau Blanchereau.

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux encourage avec le Ministre de l’Agriculture venu en Côtes de Bourg en septembre cette certification HVE. 65 à 70% sont estampillés HVE, bio ou byodynamie en Gironde. Certes le label HVE ne signifie nullement bio, il vise à aller vers moins de traitements, la plantation de haies ou de bois en bordure de vignoble et le traitement des eaux usées. L’association Alerte aux Toxiques souligne de son côté une augmentation de l’utilisation de pesticides, notamment en 2018 de plus de 20% (année où le mildiou avait été intense, comme en 2020).

Christophe Chateau et Marie-Catherine Dufour du CIVB © JPS

« C’est l’utilisation de chiffres avec des interprétations qui sont fausses, jouer sur l’émotion des consommateurs, et puis quelque part attaquer plus de 1000 exploitations qui partent dans cette démarche sur la Nouvelle Aquitaine et plus de 5000 exploitations à l’échelle française », précise Marie-Catherine DUFOUR directrice technique du CIVB.

Le CIVB et les vignerons réfléchissent à porter plainte contre l’association à l’origine de ces analyses qui abondent dans un retour du Bordeaux bashing.