22 Août

Tout Bordeaux à Quebec : c’est parti pour la 5e fête du vin et du caribou

C’est parti pour une nouvelle fête du vin chez nos cousins de Québec. 60 vignerons ont fait le déplacement et une belle délégation de la mairie de Bordeaux emmenée par le nouveau maire Nicolas Florian pour ce 5e Québec Fête le Vin du 22 au 25 août.

Sur les traces d’Alain Juppé… Nicolas Florian n’est ni parti en exil momentané, il n’a pas non plus enfilé le costume du grand Charles de Gaulle pour crier vive le Québec libre, il est tout simplement parti en ambassadeur et maire de Bordeaux pour fêter la fête du vin exportée de l’autre côté de l’Atlantique. Une nouvelle Fête du Vin, à l’identique de la 1ère édition créée selon la volonté de Régis Labeaume, le maire de Québec toujours présent, et d‘Alain Juppé, aujourd’hui sage au Conseil Constitutionnel.

Pour faire le job et que cette fête soit un succès, une soixantaine de vignerons de Bordeaux ont pris l’avion pour être présents et faire déguster durant 4 jours leur production, ainsi que Stephan Delaux, le président de Bordeaux Grands Événements, maire adjoint de Bordeaux et Président de l’Office de Tourisme, mais aussi Fabien Robert et Alexandra Siarri deux autres adjoints de Bordeaux, sans oublier Philippe Buisson, le maire de Libourne.

Cette 5 eme édition de la Fête du Vin à Québec se déroule sur le nouveau site de l’Agora, sur le port de Québec. 7 pavillons des appellations Bordeaux sont représentés, et bien sûr un pavillon de l’Ecole du Vin, pour former néophytes et jeunes connaisseurs quebecois à l’art de la dégustation et pour mieux apprécier les vins de Bordeaux.

Merci à Laurent Moujon pour ses photos envoyées à Côté Châteaux.

21 Août

Vendanges en blancs à Bordeaux : plus tardives au final

A Bordeaux, on avait l’habitude de battre des records au niveau des dates de vendanges des blancs, notamment avec le réchauffement climatique de ces dernières années. Alors que la vigne avait pris une certaine avance au printemps, la canicule a eu pour effet de stresser la vigne et de ralentir le processus. Le gros des vendanges devrait intervenir à partir du 2 septembre.

Les vendanges des sauvignons blancs vont débuter d’ici une poignée de jours © JPS

Parmi les propriétés les plus précoces, Haut-Brion et Carbonnieux. Mais ni l’une, ni l’autre n’ont commencé les vendanges en blancs. Si château Haut-Brion prévoit un démarrage la semaine prochaine, de son côté Eric Perrin co-propriétaire de Carbonnieux à Léognan confie à Côté Châteaux qu’elles devaient intervenir en milieu de semaine prochaine, mercredi ou jeudi. « On fait partout des contrôles de maturité depuis hier, les premières vendanges devraient intervenir mercredi ou jeudi. La chaleur et la canicule ont eu cet effet de retard, on revient dans des vendanges plus classiques, car il y a eu ce phénomène de stress, de blocage et au final de ralentissement de la maturité. Avec les quelques pluies, ce phénomène s’est un peu débloqué mais pour la semaine prochaine, on sera bon. »

Bruno Lemoine au château Larrivet Haut-Brion confirme : « j’ai fait un petit tour, cela évolue très bien. On a eu une période de canicule qui a ralenti l’avance qu’on avait et donc on va commencer début septembre. Sinon, cela se passe très bien avec des nuits et matinées fraîches et des après-midi ensoleillées. On prévoit de récolter début septembre nos 10 hectares de blancs. »

Au château Latour-Martillac, Edouard Kressmann me confie : « on reprend doucement le chemin des vignes. Ce matin, on a fait le tour des vignes, cela mûrit doucement. Nous allons faire demain matin les premiers contrôles de maturité sur les sauvignons et les sémillons, mais on ne pense pas démarrer avant début septembre.Avec le grand beau temps qui revient, on est rassuré, on est dans les starting-blocks, on s’attend à un bon millésime. On a une belle sortie, on n’a pas souffert du gel et le temps annoncé pour les jours à venir nous va très bien. »

Fabien Teitgen du château Smith Haut Laffite a fait un tour de la propriété aujourd’hui : « je fais un contrôle des maturités demain pour voir notamment les acidités et déterminer les dates de vendanges, ce sera sans doute la 1ère semaine de sptembre, mais il n’est pas exclu de ramasser quelques parcelles en fin de semaine prochaine. »

Au château Bouscaut, Laurent Cogombles précise à Côté Châteaux après son tour dans les vignes ce jour : » peut-être que les raisins les plus précoces tomberonten fin de semaine prochaine, mais je pense la première semaine de septembre, sauf si les températures sont très élevées, mais la nuit dernière était parfaite… » Alors, on attend encore un chouillat.

En tout cas à partir du 2 septembre en Pessac-Léognan et du 9 septembre dans l’Entre-Deux-Mers, de nombreux paniers et machines à vendanger vont s’activer, un peu plus tard que les dernières années, mais seulement de quelques jours.

20 Août

Entretien exclusif avec Jacques Lurton: « les Vignobles André Lurton ont toujours été à la pointe de la technologie, ça va continuer… »

3 mois après la disparition d’André Lurton, le fondateur de l’appellation Pessac-Léognan, son fils Jacques a pris les rênes des Vignobles André Lurton. Côté Châteaux l’a interviewé dans un entretien de prise de fonctions.

André Lurton, au centre, entouré de 2 de ses 7 enfants Christine et Jacques, le nouveau président des Vignobles André Lurton © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl : « Jacques, vous reprenez la succession des Vignobles André Lurton, en tant que président du Conseil d’Administration, qu’est-ce que cela vous fait ? »

Jacques Lurton : « Cela fait tout drôle… C’est quelque chose sur lequel nous avions statué en 2012, quand on a refondé les Vignobles André Lurton. A l’époque, IDIA société d’investissement du Crédit agricole est rentré au capital et il avait été défini avec tout le monde qu’au décès de notre père, je deviendrais pour 4 ans le président de la SAS des Vignobles André Lurton. Une feuille de route a été approuvée, elle régle notre façon de travailler et le pack d’actionnaires, ce qui fait qu’aujourd’hui les choses sont stables et qu’on réfléchit à l’avenir. »

« La direction des Vignobles André Lurton est toujours assurée par Pascal Lefaucheur, mis en place depuis 2008. Je suis là pour les grandes lignes et l’influx familial. »

Château la Louvière acheté en 1965 © Jean-Pierre Stahl

JPS : « Aujourd’hui, que recoupent les Vignobles André Lurton ? »

Jacques Lurton : « Les vignobles André Lurton recoupent plus de 600 hectares de vignes à Bordeaux, dont la moitié en Pessac Léognan et l’autre moitié dans l’Entre-Deux-Mers, il y a aussi 35 hectares à Lussac Saint-Emilion. Donc, oui on est à 635 hectares, avec château Bonnet dans l’Entre-Deux-Mers, Barbe-Blanche (dont 50% appartiennent aussi à Mme André Magnon) en Lussac Saint-Emilion, et 4 châteaux en Pessac-Léognan: Couhins-Lurton, la Louvière, Rochemorin et Cruzeau. »

JPS : « Allez-vous continuer l’oeuvre de votre père, la changer ou l’amplifier ? »

Jacques Lurton : « C’est un peu nouveau, même si je savais qu’un jour cette responsabilité me tomberait dessus. Mon papa me semblait presque immortel… je vivais la moitié de ma vie en Australie et cette échéance là on ne la connaissait pas. J’avais un travail de consultant qu’il a fallu que j’arrête, cela fait maintenant un mois et demi que je suis au contact. Je m’imprègne de ces vignobles, j’essaie de comprendre comment ils fonctionnent…Ce qui m’intéresse c’est une prise de contact complète, on a quand même 200 employés au sein des vignobles André Lurton. »

J’ai déjà pris des positions techniques comme mon papa, il était un technicien, un homme de terroirs. J’ai beaucoup de challenges à relever, notamment climatiques et biologiques, que je veux imprégner aux vignobles », Jacques Lurton.

« Après ces défis techniques, il y a l’influx commercial. Le nerf de la guerre, c’est le commerce. Du temps de papa, il y a toujours eu une politique de vente directe, très peu de négoce. En 2014, on est revenu un peu sur la place de Bordeaux, mais tout le reste est en vente directe. Nos clients ont besoin de savoir quelle sera la nouvelle direction et l’influence de la famille. Je suis là pour rassurer les marchés. Faire du vin, c’est bien, mais le vendre c’est plus difficile. Je vais m’assurer que tous les marchés sont bien là et nous suivent, je vais insuffler là toute mon énergie. »

André Lurton avec Jacques, a toujours su innover au niveau de ses installations techniques © JPS

JPS : « Et l’Australie alors ? (Jacques Lurton est implanté en Australie depuis plus de 20 ans à « the Islander » sur Kangaroo Island)

Jacques Lurton : « En 4 ans, j’ai déjà cédé 40% à un investisseur, en fait mon partenaire chinois en Chine. J’ai formé un directeur il y a 6 ans qui s’occupe de 95% du domaine, je conserve encore une petite fonction oenologique. L’Australie, c’est quelque part mon 2e pays, j’ y suis attaché, j’ai aussi des amis là-bas et une 2e maison. Mais pour l’heure, j’ai cette mission que je vais remplir au mieux. Mais j’ai tout de même 60 ans et je ne vais pas faire comme mon papa à rester jusqu’à ses derniers jours. Un jour je reviendrai en Australie pour y passer plus de temps. »

JPS : « Par rapports aux équipes, y a-t-il des changements au sein des Vignobles André Lurton ? »

Jacques Lurton : « On a des équipes exceptionnelles. Papa avait des gens extrêmement attachés à lui, très fidèles, des gens de grande qualité. Des gens qui ont toujours un grand niveau. Notre directeur technique et oenologique Vincent Cruège est parti de son fait, il est remplacé par Anne Neuville qui était oenologue à château Fieuzal depuis 15 ans. On est dans le souhait de renforcer au niveau commercial. Les vignobles André Lurton, c’est une boîte solide qui niveau financier et par ses collaborateurs, c’est une jolie boîte. Prochainement on va faire rentrer des amphores et de nouvelles technologies. Cela a toujours été dans l’ADN des Vignobles André Lurton d’être à la pointe technologique, il faut que cela le reste. »

Classement Saint-Emilion: deux propriétaires viticoles renvoyés au tribunal pour « prise illégale d’intérêts »

Deux personnalités de la viticulture bordelaise ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel pour « prise illégale d’intérêts », soupçonnées d’avoir été à la fois juges et parties dans un classement des grands crus de Saint-Emilion en 2012, a appris lundi l’AFP de source proche du dossier.

Le classement de Saint-Emilion est contesté depuis 2012, il a été validé en appel devant la Cour Adm. d’Appel, là c’est un nouveau volet qui va être débattu © JPS

Dans cette affaire, le parquet de Bordeaux avait ouvert le 29 novembre 2013 trois informations judiciaires après les plaintes de trois candidats déchus du prestigieux classement de l’AOC « Saint-Emilion Grand Cru ». Six ans après, une juge d’instruction vient de signer son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, contre l’avis du parquet qui avait requis un non-lieu. Le procès ne devrait pas se tenir avant plusieurs mois. « C’est une première victoire acquise difficilement car dans ce dossier, on ne peut pas dire que nous avons été aidés par le parquet », a commenté auprès de l’AFP Eric Morain, l’avocat des trois châteaux déclassés, Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac.

Hubert de Boüard, copropriétaire du Château Angelus, l’un des quatre Premier grands crus classés A de Saint-Emilion promu en 2012, et Philippe Castéja, propriétaire du château Trottevieille, alors maintenu « Premier Grands crus classés », avaient été mis en examen en septembre 2018 pour des faits qu’ils ont toujours contestés.
Le premier, contacté par l’AFP, n’a pas donné suite. De son côté, Philippe Castéja s’est dit « surpris » par cette décision et n’a pas souhaité commenter. Tous deux appartenaient au comité national des vins de l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), chargé de la nomination des membres de la commission de classement et de l’approbation de ce classement des vins de Saint-Emilion.

La justice leur reproche d’avoir participé à l’opération de classement contestée, et ce, alors qu’ils avaient « tous les deux des intérêts personnels dans des exploitations
ayant candidaté au classement », conclut la juge dans son ordonnance signée le 16 août, dont a eu connaissance l’AFP.

Ce classement créé en 1955, véritable enjeu commercial et financier pour les propriétés viticoles, est révisé tous les dix ans par l’Inao, dépendant du ministère de l’Agriculture.

Contesté devant la justice administrative, il a été validé en appel en avril. Le Conseil d’Etat, saisi d’un pourvoi, devra trancher.

AFP.

19 Août

Orages de grêle : 4 épisodes de grêle plus ou moins importants pour l’appellation Beaujolais

Des orages très violents avec de la grêle se sont abattus hier soir dans l’Est de la France. Des grêlons de la taille de balles de ping-pong se sont abattus sur l’appellation Beaujolais. L’évaluation des dégâts est en cours. « Même si c’est encore tôt, on estime des taux de pertes de 25 à 50% », un tiers de l’appellation, précise l’Inter Beaujolais UIVB. Ce qui lui fait dire pour conclure « l’appellation Beaujolais en a pris un sacré coup »

Titre du © Patriote Val de Saone du 19 août

« Ce sont 4 épisodes de grêle, plus ou moins importants, qui ont été enregistrés entre 17 heures et 21 heures hier », sur un couloir de 4 km, de Dareizé à Villefranche-sur Saône, selon Laura Pillot en charge de la communication de l’Inter Beaujolais UIVB, contacté par Côté Châteaux.

Hier en fin d’après-midi, treize départements de l’est de la France, de la Loire à l’Alsace, étaient placés en vigilance orange par Météo-France en raison d’un épisode d’orages « violents » accompagnés de grêle et de rafales de vent. C’est finalement le Beaujolais dans le nord du département qui a été le plus touché.

« Cela représente quasiment 1/3 de l’appellation Beaujolais, Beaujolais-Villages et les Crus ont été épargnés, c’est vraiment l’appellation Beaujolais qui a été touchée. On estime les taux de perte entre 25 et 50 % mais c’est encore très tôt pour une estimation plus précise », m’explique Laura Pillot de l’UIVB.

« On n’a pas eu récemment d’orage de grêle aussi important. Les grêlons étaient de la taille de balles de ping-pong, quant à l’intensité, cela a duré 10 bonnes minutes. »

 

Pierre-Marie Chermette, viticulteur à Saint-Vérand, témoignait dès hier au micro d’Europe 1 : « Tout a commencé vers 15 h avec un orage de grêle et une grosse pluie. Il y a eu ensuite quatre orages de grêle, ce qui est exceptionnel. Nous avons 70% de pertes sur les 30 hectares donc nous allons perdre la moitié de la production ». Une catastrophe pour Bernard Dessaintjeant, viticulteur à Saint-Vérand (Isère), qui a fait une croix sur sa récolte précise RTL radio : « Ça a commencé à 2 heures du matin, de la grêle, et puis ça s’est arrêté. À 5 heures, cela a recommencé, c’était des balles de ping-pong, des œufs de poule. Des orages comme on en voit pas souvent ».

 « Au minimum, 50% de la récolte est perdue, avoue Yvan Aujogue, à Jarnioux. Mais les dégâts risquent d’être encore plus importants puisqu’au stade de maturité où on est, le risque c’est que derrière, ça empire. Pour le moment, la pluie lave les plais, mais si ça reste humide, ça peut virer au pourri. » selon le Patriote  beaujolais Val de Saone.

« Le Beaujolais avait déjà connu un épisode de gel au Printemps qui a déjà impacté le potentiel de production, on est sur une année hétérogène, c’est vraiment l’appellation Beaujolais qui en a pris un sacré coup », complète Laura Pillot.En espérant que pour les jours qui arrivent, l’estimation soit la plus faible possible par rapport aux craintes des vignerons et de l’interprofession.

18 Août

Le château de Cabidos contemple 6 siècles d’histoire en Béarn

Robert et Peggy Alday ont célébré en juin dernier les 600 ans du château de Cabidos, une vieille demeure béarnaise, située non loin des coteaux de Jurançon. Un vieux domaine viticole dont le cépage roi est le petit manseng.

Le château de © Cabidos dans le Nord Béarn

La grande allée de cyprès qui mène au château donne au domaine un petit air de ToscaneUn château acheté voilà 4 ans par Robert et Peggy Alday, des passionnés de terroirs, venus du Pays-Basque. Ceux-ci ont voulu marquer le coup en célébrant l’espace d’une soirée ces 6 siècles d’histoire.

Une histoire qui a débuté en 1419, à l’époque où Arnauton Guilhem du Vignau, nouveau Baron de Trubessé, en fit l’acquisition. Il a toujours aimé la vue offerte sur la chaine des Pyrénées depuis ce promontoire où il venait régulièrement pour méditer au spectacle de cette beauté éternelle et de se dire tel Alphonse de Lamartine pour Pau, quatre siècles plus tard, « C’est la plus belle vue de terre ! ». Une histoire bien trop longue à résumer en quelques lignes mais qui a vu au fil des successions et des cessions le Château de Cabidos perdre de sa superbe jusqu’au mariage en 1953 d’Isabelle Cogombles, arrière-petite-fille de Marie-Catherine de Trubessé avec Philippe, Comte du Cauzé de Nazelle.

Le petit manseng du © château de Cabidos

La tradition viticole du domaine de Château de Cabidos a été relancée avec succès au début des années 90 par Isabelle de Nazelle, après avoir été abandonnée pendant plus d’un siècle.

Aujourd’hui, ce sont neuf hectares du domaine qui sont consacrés à la vigne, avec plusieurs cépages mais tout de même un cépage roi le petit manseng (sur 7 ha), un cépage blanc d’origine pyrénéenne, qui offre des vins blancs doux et des vins blancs secs très appréciés des connaisseurs.

Hors de l’appellation Jurançon, le château de Cabidos produit des vins de pays du Comté Tolosan et des vins de pays des Pyrénées-Atlantiques.

Méo Sakorn-Series directrice technique © du château de Cabidos

Depuis 2007, Méo Sakorn-Series, oenologue thaïlandaise formée à l’école bordelaise, en est la maître de chai et la directrice technique.  C’est la seule femme thaïlandaise à diriger et vinifier un domaine viticole en France, un savoir faire reconnu qui lui a valu d’être promue chevalier de l’ordre national du mérite.

Les vins du château de Cabidos dégustés le 6 juin dernier © Bee Bordeaux

Depuis 2015, la famille Alday est à la tête de la propriété. elle souhaite mettre en valeur la qualité de ses vins et faire découvrir ce havre de paix à Cabidos, non loin de la côte Basque, où la famille possède déjà un magnifique hôtel de charme la Villa Catarie **** à Guéthary.

En ce mois de juin, ces 600 ans ont été célébrés autour d’un grand dîner orchestré par Andrée Rosier, chef étoilé au restaurant Les Rosiers à Biarritz, dans une ambiance musicale digne des Pyrénées-Atlantiques puisque jouée par le quatuor de musique classique Arnaga.

Regardez le reportage de François Busson et E. Gonzalez et O. Pallas de France 3 Pau Sud-Aquitaine

17 Août

Adrien David Beaulieu : la Cuvée Emeri, « comparable à une oeuvre d’art »

C’est peut-être « l’avenir de la distribution à Bordeaux », Adrien David Beaulieu commercialise via une plateforme une cuvée d’exception bouchée à l’émeri, à l’identique d’une très vieille bouteille de la propriété de 1750. 300 exemplaires produits dont les prix pourraient s’envoler…

Adrien David-Beaulieu avec sa très vieille bouteille © Jean-Pierre Stahl

La famille David Beaulieu est une très vieille famille de vignerons à Saint-Emilion, 400 ans d’histoire à la tête de château Coutet. Adrien David Beaulieu et Mathieu son cousin en sont la 14e génération. Chaque jour, ils présentent aux visiteurs leur château Coutet, un domaine de 11 hectares de vignes conduits en bio depuis l’origine, sans désherbant, sans insecticide et sans pesticide de synthèse.

Une famille qui un beau jour a retrouvé sur son domaine une vieille bouteille de 1750 : « il s’agit de l’une des plus vieilles bouteilles de Bordeaux retrouvée pleine, dans de la terre battue, une bouteille bouchée à l’émeri… » Cela leur a donné l’idée tout naturellement de vouloir refaire ce même type de bouchage en verre. Ils ont ainsi fait appel à un maître verrier Meilleur Ouvrier de France pour refaire ce type de bouchage parfait, sans fuite, qui a d’ailleurs donné l’expression « être bouché à l’émeri » pour être hermétique, obtus voire idiot. Mais là, l’idée est loin d’être idiote, c’est plutôt une idée de génie de vouloir communier avec ce passé, et de faire appel aux meilleurs artisans, MOF verrier mais aussi ébéniste pour le coffret bois en acacia adapté à chaque bouteille, avec aussi une guillotine sur mesure…ce qui fait dire à Adrien David Beaulieu « c’est comparable à une oeuvre d’art ».

Alain, Matthieu, Adrien et Xavier David Beaulieu devant leur château Coutet dans la famille depuis 1620 © JPS

Et ce vigneron qui a la passion de son métier chevillée au corps de décrire le vin qu’il y met à l’intérieur : « c’est la production de la cuvée presque parfaite telle qu’on peut la trouver à Coutet. La même cuvée que pour les Demoiselles : on ne produit que 2600 bouteilles entre les Demoiselles et 300 de la Cuvée Emeri. C’est très qualitatif, issu de vieilles vignes au sommet de la propriété sur le plateau calcaire, jamais traité… Un plateau planté avec des merlots à coeur rouge de 95 ans et des bouchets ou cabernets francs de 67 ans, les cépages locaux. » Un travail presque d’orfèvre de la vigne au chai où les raisins sont triés grain par grain par 70 personnes durant 2 jours. « C’est une vigne à très faible rendement : 20 hectolitres à l’hectare… On y fait le vin le plus qualitatif possible, avec 3 parcelles dédiées à ces bouteilles-là. »

Photo Chateau Coutet © J.Losson

Depuis le millésime 2014, après 4 ans à concevoir cette bouteille bouchée à l’émeri, à l’identique de ce qui se faisait jadis, la famille David-Beaulieu a lancé cette cuvée: chaque bouteille soufflée est unique, ainsi que son bouchon en verre, sans compter le coffret qui va lui servir d’écrin. « Cette bouteille de 1750 est une des plus vieilles à ce jour, on est très très peu dans le monde a en posséder, le vin peut rester dans la bouteille à travers les siècles, car il n’y a pas d’échange avec l’extérieur. (comme avec le bouchon). Pouvoir sceller un vin à travers le temps, c’est un concept d’oeuvre d’art, du très haut de gamme. »

Du fait main de A à Z, la Cuvée Emeri (ici une bouteille de 2015) qui sur le 2016 ne comptera que 300 exemplaires

Aussi, la cuvée Emeri de 2016 va être commercialisée via Alti Wine Exchange, une « plateforme assimilable à une place boursière, qui est en cours de validation. » « Cela a débuté vendredi de la semaine dernière et la commercialisation de ces bouteilles va durer 2 mois ». Le prix fixé à la base a été de 600€, un prix qui risque de monter, en fonction de l’offre et de la demande. Les bouteilles sont conservées sous douane à Bordeaux City Bond, un immense chai à Bordeaux géré par la CCI de Bordeaux qui sert de stockage du vin (dans les conditions optimum de température et d’hygromètrIe), en attendant d’être livrées, voire revendues. Car l’acheteur pourra revendre aussi son vin, via cette plateforme. C’est un peu comme à la Bourse. Une première pour ce vigneron, mais qui risque de faire des émules, car de nombreux vignerons font à Bordeaux, comme ailleurs des cuvées remarquables, ce qui fait dire à Adrien David-Beaulieu, « à mon avis c’est l’avenir de la distribution à Bordeaux. La bouteille ne bouge pas tant qu’elle n’est pas retirée de Bordeaux City Bond », un bon placement en somme car le vin à l’intérieur n’évolue pas, ou en tout cas pas comme avec un bouchage traditionnel avec un bouchon en liège.

Adrien David-Beaulieu lors des journées portes ouvertes en 2018 présentait déjà sa cuvée © JPS

Adrien David Beaulieu reste avant tout un vigneron qui aime faire partager son savoir-faire et sa production, aussi les amateurs intéressés peuvent venir à la propriété déguster le vin : « on fait goûter à la propriété, c’est le même vin que la cuvée Demoiselle, vendue en bouteille traditionnelle à 75€ ». Une production qui s’est déjà arrachée sur les millésimes 2014 et 2015, « vendue dans 6 pays en plus de la France, Ontario, USA, Japon, Allemagne, Suisse, Autriche… On espère doubler notre production mais on n’ira pas au-delà de 4800 bouteilles. »

En revanche sur la Cuvée Emeri, la production ne devrait pas être guère plus importante car « on ne pourra pas monter plus haut en terme de coûts de production, » ajoute Adrien David-Beaulieu. Sur le millésime 2014, 184 ont été vendues, 250 sur le millésime 2015 et 300 proposées sur le millésime 2016.

16 Août

Une production viticole estimée entre 42,8 et 46,4 millions d’hectolitres, en baisse en 2019

Selon les estimations établies cet été par Agreste, la production en France devrait s’établir entre 43 et un peu plus de 46 millions d’hectolitres, soit un recul de -13 à -6% par rapport à 2018. En cause, coulure et millerandage, mais aussi grêle et bien sûr la canicule.

Selon les estimations du Ministère de l’Agriculture, la production en 2019 devrait baisser de -13 à -6% par rapport à 2018. Cette production qui pourrait être la 2e plus basse des 5 dernières années après la récolte historiquement faible de 2017 à cause du gel devrait s’établir entre 42,8 et 46,4 millions d’hectolitres.

Les raisons sont à trouver du côté de la floraison déjà : celle-ci s’est déroulée dans des conditions plutôt défavorables (précipitations et froid), ce qui a entraîné de la coulure (chute des fleurs ou de jeunes baies) et du millerandage (baies de petite taille). C’est la façade ouest qui a été la plus touchée par ces phénomènes : Val de Loire, Charenets, Bordeaux, Sud-Ouest, mais aussi l’Alsace, la Bourgogne et la Provence ont connu ces problèmes.

Plus récemment, la canicule et le soleil ont brûlé de nombreux vignobles notamment dans le Gard, l’Hérault et le Var, avec des températures à plus de 46° par endroits. Des phénomènes locaux de baies brûlées ont été également enregistrés dans le Bordelais. Ces phénomènes de brûlures et de stress hydrique ont été bien visibles sur les grappes en formation. Fort heureusement, les précipitations du mois d’août ont été salutaires.

La grêle par endroits a eu des conséquences désastreuses pour certains vignobles mais sur le plan national, les conséquences ne sont se feront que peu sentir car très localisée.

Avec la canicule, fin juin et début juillet, le vignoble a moins été soumis aux pressions maladies comme le mildiou qui l’an dernier avait fait des ravages. L’oïdium a été toutefois bien présent en Alsace et en Champagne.

Ces premières estimations établies à la mi-juillet vont bien sûr évoluer, avec un mois d’août décisif et un mois de septembre que les vignerons espèrent clément. Un peu de chaleur, mais pas trop, des matinées fraîches et un peu d’eau et 2019 pourrait se présenter comme un millésime pas mal. On croise les doigts.

14 Août

Californie: dans des vignobles, la ruée vers le cannabis laisse un parfum d’amertume

Un sujet plutôt hallucinant ! Agriculteurs traditionnels et producteurs de cannabis sont à couteaux tirés dans l’un des vignobles réputés du sud de la Californie, où la ruée vers l’herbe déclenchée par la légalisation de cette drogue laisse un parfum d’amertume, notamment chez les viticulteurs.

Image d’illustration de vendanges © JPS

Depuis novembre 2016 et la loi autorisant l’usage récréatif de marijuana dans toute la Californie, les vignerons et de nombreux habitants du comté de Santa Barbara se plaignent d’être envahis par des voisins indésirables, dont le cannabis empuantirait non seulement l’atmosphère mais bouleverserait aussi leur mode de vie.

C’est la plus importante menace pour le secteur viticole que j’ai vue depuis que je suis arrivé ici voici 25 ans » Stephen Janes, gérant des vignobles Pence Vineyards (200 km nord-ouest de Los Angeles).

En cause: le développement fulgurant des exploitations cultivant du cannabis, qui ont déjà colonisé plusieurs centaines d’hectares à la faveur d’une réglementation particulièrement souple dans ce comté. Des millions de plants de marijuana, dont chaque hectare peut valoir plusieurs millions de dollars, ont ainsi littéralement fleuri sur les coteaux des vallées de Santa Ynez et Santa Maria, aux côtés des pieds de vigne.

Plus au sud, dans la petite ville côtière de Carpinteria, les serres jusqu’alors consacrées à l’horticulture abritent désormais du cannabis, au grand dam de certains riverains. « Maintenant, je dois porter un masque quand je sors dans mon jardin et mes petits-enfants ne me rendent plus visite à cause de l’odeur », soupire Joan Esposito, arrivée voici 36 ans dans la ville.

LE CANNABIS DOMINE LE MARCHE

Dans les collines de Santa Rita, réputées pour leur pinot noir, une enfilade d’arceaux recouverts de bâches blanches s’étend à perte de vue parmi les vignobles. Il s’agit là encore du précieux cannabis. « Ca ne ressemble à rien de ce qu’on a connu et c’est arrivé très vite. Personne n’avait anticipé l’impact visuel », souligne Kathy Joseph, propriétaire des caves Fiddlehead et des vignobles Fiddlestix. « Maintenant, c’est le cannabis qui domine le marché, de plus d’une façon », estime-t-elle.

Viticulteurs, producteurs d’avocats et autres agriculteurs traditionnels se plaignent d’être obligés d’adapter leurs pratiques aux exigences du cannabis, notamment incompatible avec l’utilisation de pesticides chimiques. « C’est un vrai cauchemar », déplore Mme Joseph, contre laquelle un voisin a porté plainte, l’accusant de mettre en danger son herbe par les traitements qu’elle pulvérise sur ses vignes. « Ca fait 40 ans que je me consacre à faire du vin, et en tant que viticulteurs, nous sommes soumis à des contrôles stricts », insiste-t-elle. « Mais cette année, je vais probablement perdre ma récolte de chardonnay, d’une valeur de 50.000 dollars, car j’ai dû employer un pesticide qui n’est pas aussi efficace contre le mildiou ».

Sollicitée par l’AFP, l’organisation représentant les quelque 900 cultivateurs de cannabis du comté n’a pas réagi. Des responsables du comté de Santa Barbara, qui fixe la réglementation régissant la culture de la drogue douce, ont pour leur part reconnu que les autorités locales auraient dû mieux encadrer le développement de ce marché. « Je suis très soucieuse de l’impact des exploitations de cannabis à l’air libre dans la vallée de Santa Ynez », a déclaré à l’AFP l’une d’entre elles, Joan Hartmann, qui assure travailler à des mesures correctives.

CONTROLE DES ODEURS ?

Graham Farrar, président de l’Association des producteurs de cannabis responsables, jure que ses collègues font tout ce qu’ils peuvent pour entretenir des relations de bon voisinage. Ils installent des systèmes de contrôle des odeurs et contribuent à l’économie locale, affirme-t-il à l’AFP.

« La communauté soutient le cannabis » et l’odeur n’est pas un problème, balaye-t-i d’un revers de main. « Beaucoup de ceux qui parlent de l’odeur n’aiment pas ça (…) parce qu’ils pensent que le cannabis est immoral », fait valoir M. Farrar. L’argument a du mal à passer chez Stephen Janes, qui dément toute opposition de principe au cannabis. Comme ses collègues, il veut juste pouvoir poursuivre son activité sans qu’un parfum de chanvre ne vienne polluer les salles de dégustation.

« L’industrie (viticole) est ici depuis 40 ou 45 ans et contribue pour 1,8 milliard de dollars à l’économie locale (…) Je ne pense pas que ce soit juste qu’une autre industrie débarque et nous oblige à changer nos façons de faire », plaide-t-il.

D’autres préfèrent partir sans attendre de voir si la situation va s’améliorer. C’est le cas de Maureen Foley Claffey, qui a grandi à Carpinteria et dont la maison est désormais cernée par du cannabis. « Tout ça a dressé les voisins les uns contre les autres. J’ai déjà perdu des amis, et maintenant je perds ma maison ».

AFP

13 Août

Millésime 2019 : une véraison plutôt homogène à Bordeaux

Même s’il est bien trop tôt pour se prononcer sur le millésime 2019, la véraison qui a débuté voilà 10 jours se passe correctement et de façon plutôt homogène. Cela fonde de bons espoirs si la météo d’août et de septembre est clémente… Aura-t-on à Bordeaux une nouvelle grande année en 9, réponse dans quelques semaines.

Thibault David, propriétaire du château Garbes à Gabarnac © JPS

La véraison, c’est une étape très importante, car c’est le moment où les baies de merlot et de cabernet changent de couleur et se chargent en sucre pour devenir du raisin. Elles passent du vert au rouge vif pour les raisins noirs et du vert au translucide pour les blancs.

A Semens et Gabarnac en Gironde, Thibault David inspecte ses 64, hectares en AOC Cadillac Côtes de Bordeaux. Depuis 10 jours, sa véraison se passe très bien, de façon homogène.

La véraison c’est une étape importante car c’est le moment où le raisin va se garnir en sucre, en polyphénol et en tanins, c’est ce qui va faire toute sa structure du futur vin rouge » Thibault David, château Garbes.

La qualité du futur millésime se joue actuellement, après un mois de juillet sec et caniculaire qui a conduit à un stress hydrique, les deux périodes de précipitations de ce début août ont été bénéfiques.

Marc Médeville, propriétaire du château Fayau et président du Syndicat de Bordeaux et Bordeaux Supérieur © JPS

« On a eu la chance d’avoir 50 et 20 mm de pluie, ce qui fait que cela a eu une action sur la nature et de réalimenter les raisins. Cela a permis d’avoir véraison homogène, signe de qualité avant la récolte qui elle débutera 40 jours après la moitié de véraison, stade où l’on est actuellement », précise Marc Médeville, le président du plus gros syndicat viticole de Gironde des Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Les premières vendanges en rouge (85% du vignoble de Bordeaux) interviendront à partir du 20 septembre, mais sans doute plus fin septembre et début octobre. Les vignerons croisent les doigts pour avoir un bon ensoleillement avec des températures de 27 à 30°, des matinées fraîches et légèrement de pluie. L’objectif est de faire un bon millésime à Bordeaux, comme souvent dans ces millésimes qui se terminent en 9. Quant aux vendanges des blancs, elles devraient intervenir fin août, début septembre.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, Eric Delwarde et Charles Rabréaud :