26 Avr

Timothée Bouffard : 30 ans de métier et le « spirit » de courtier en vins

Son rôle est souvent méconnu, mais c’est l’un des plus vieux métiers de la place de Bordeaux. La profession de courtier en vins est un métier d’intermédiaire entre le vigneron et le négoce, un rôle de conseil et de vente primordial pour les viticulteurs. Rencontre avec Timothée Bouffard et ses collaborateurs.

Thimothée Bouffard, du bureau Ripert, courtier en vins depuis 30 ans © JPS

Figure incontournable de Bordeaux, Timothée Bouffard est courtier en vins depuis déjà 30 ans.

C’est un métier plus que centenaire (édit de Saint-Louis en 1243), que l’on trouve dans bon nombre de régions viticoles, un métier que Timothée Bouffard exerce au sein du bureau Ripert à Bordeaux, un bureau de courtage familial depuis 3 générations.

Ce métier de courtier en vins est un métier d’intermédiaire entre le vigneron qui a du vin à vendre, comme ici au château Monbrison, propriété de Laurent Vonderheyden (15 hectares en AOC Margaux), et le négoce, qui cherche à acheter pour ses clients.

Un rôle primordial à chaque campagne de primeurs (spécificité bordelaise où les vins sont en vente avant d’être livrés), après avoir été dégustés lors de la fameuse semaine des primeurs début avril.

« On essaie d’être diplomate, autant que faire se peut, et puis on leur donne nos avis et c’est à eux à prendre la décision, parce que ce sont leurs vins, leurs productions, ils connaissent aussi leurs importateurs, leurs distributeurs », précise Timotée Bouffard.

« Avec l’ensemble des informations qu’ils peuvent avoir de par le monde maintenant, avec une information qui circule beaucoup plus vite, ils savent ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire, ou quelle est la fourchette de prix dans laquelle ils peuvent se trouver. »

Le courtier en vins a vraiment un rôle de conseiller tout au long de l’année, il est rémunéré à hauteur de 2% sur le montant des transactions. Le prix de chaque millésime dépend de la qualité, mais aussi des millésimes antérieurs.

Timothée Bouffard, le courtier en vins, avec le propriétaire de château Monbrison Laurent Vonderheyden

« On est obligé de trouver un espèce d’équilibre quelque part, non pas sur la quantité de vin que nous mettons en marché, mais sur le positionnement is-à-vis de notre consommateur, » commente Laurent Vonderheyden du château Monbrizon.

Stéphanie Robert est courtier de campagne, ici au château Tour des Graves © JPS

Stéphanie Robert, est également courtier en vins depuis 20 ans au bureau Ripert, qui compte 8 salariés et associés. Elle est plutôt courtier de campagne, elle s’occupe plus précisément des petites propriétés comme ici la Tour des Graves, en Côtes de Bourg.

Stéphanie Robert, courtier en vins, avec David Arnaud, du château Tour des Graves © JPS

« On propose des lots en vrac, du vin en vrac à la citerne, on a aussi des demandes sur de la bouteille et du vrac rendu mise, c’est à dire que le négociant mandate un metteur en bouteilles sur la propriété pour conditionner lui même le vin » selon Stéphanie Robert.

David Arnaud, le propriétaire de ce château, vend entre 20 et 30% de ses 1500 hectolitres produits annuellement au négoce bordelais.

« On travaille ensemble depuis près de 10 ans, on se connaît, on s’est comment on réagit, elle elle connaît mes vins, c’est cela aussi qui est important », commente David Arnaud. « Pour faire le sourcing, il faut savoir où aller chercher quel type de vin on a besoin, c’est primordial pour son métier et même pour moi d’avoir cette relation-là. »

Sur le millésime 2017 où bon nombre de propriétés ont gelé, il pourrait y avoir une certaine tension sur les prix. le rôle du courtier est aussi de faire prendre conscience que les prix ne doivent pas s’envoler et être sans doute un peu en dessous des millésimes 2015 et 2016.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Robin Nouvelle et Véronique Lamartinière : 

Le Prince Albert II de Monaco intronisé par la Commanderie du Bontemps à château Lafite-Rothschild

C’était ce vendredi 20 avril une cérémonie intime à Pauillac. Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco a été intronisé dans le chai à barriques de Lafite-Rothschild, en présence du Baron Eric de Rothschild. La Commanderie était sur son 31 pour accueillir en son sein SAS le Prince Albert II, qui lui était finalement très à l’aise.

Bordeaux va bientôt se transformer en  Rocher Monégasque, tellement le Prince Albert II y est présent. On se souvient de sa venue pour la Fête des Petits Pois l’an dernier à Créon, puis d’une visite de Bordeaux et de la Cité du Vin, et c’est sans compter l’intronisation par la Jurade de Saint-Emilion qui avait eu lieu en juin 2009.

Grand amateur de grand vins de Bordeaux, le Prince Albert aurait pu être intronisé bien plus tôt car il se fait depuis longtemps l’ambassadeur des vins de Bordeaux. Il était également venu inaugurer Vinexpo Bordeaux avec Charlène Wittstock sa future épouse en juin 2009.

La cérémonie s’est donc déroulée en comité restreint ce vendredi soir au château Lafite-Rothschild. Le Prince a prêté serment en présence du Grand Maître de la Commanderie Emmanuel Cruse, de Véronique Sanders du château Haut-Bailly, de Philippe Castéja Président des Crus Classés 1855 et bien sûr du Baron Eric de Rothschild, propriétaire du fameux château Lafite-Rothschild qui a proposé à son Altesse ce nouveau titre de noblesse parmi les vins de Bordeaux.

Photos Commanderie du Bontemps.

19 Avr

Silvio Denz s’apprête à ouvrir un majestueux Hôtel-Restaurant Lalique au château Lafaurie-Peyraguey, 1er cru classé de Sauternes

Les travaux vont bon train et sont dans la dernière ligne droite. Le pari était assez grandiose, Silvio Denz, le PDG de la Maison Lalique l’a relevé. Faire du château Lafaurie-Peyraguey le seul Hôtel-Restaurant dans un 1er cru classé de Sauternes. Ouverture au public le 23 juin. Côté Châteaux a interviewé pour vous Silvio Denz, qui revient sur l’origine de cette fabuleuse transformation.

David Bolzan, directeur des vignobles Silvio Denz, aux côtés de Silvio denz, le PDG de Lalique et propriétaire du château Lafaurie-Peyraguey Hôtel-Restaurant Lalique © Jean-Pierre Stahl

Silvio Denz, c’est ce Suisse qui a le goût des belles choses, un sens de l’entreprenariat hors du commun, un gros bosseur qui aime relever les défis. Pour bien comprendre comment a germé en lui  cette idée de transformer le château Lafaurie-Peyraguey, 1er cru classé de Sauternes en 1855, il faut reprendre le fil de son histoire. Pourquoi avoir acquis Lafaurie en 2014 ?

Le château compte 36 hectares de vignes en AOC Sauternes © JPS

« Pour moi, c’était une opportunité, je cherche des choses pas trop faciles dans ma vie et c’était un peu comme pour Lalique, on me disait que j’étais fou car la société était presque en faillite à l’époque. Aussi, j’ai vendu ma première affaire en 2000, une chaîne de parfumerie. Les parfums qui étaient une profession sont devenus une passion que j’ai poursuivie, et ma passion pour le vin est devenue ma profession. »

Silvio Denz revendique être « un grand amateur de vin », cela lui vient de son père et de lui à Zurich. « En 1998, j’ai acheté mon 1er vignoble en Espagne. C’était un hobby, avec des amis, on y passait des vacances dans une ancienne maison », maison qu’il a bien sûr améliorée. « Ce qui m’a toujours intéressé, c’est d’acquérir un vignoble à Bordeaux et notamment à Saint-Emilion. On trouvait encore des vignobles avec 5, 10 ou 15 hectares à des prix raisonnables. J’ai cherché durant 4 ans et j’ai trouvé Faugères. L’idée n’était pas seulement d’acheter un vignoble, mais aussi de l’amener à être classé. Il avait tous les atouts quand je l’ai acheté en 2005, grâce à Stephan Von Neipperg. On a eu la chance d’être classé en 2012; quand on améliore la plus-value, on a par la suite la chance d’augmenter la valeur de la propriété. »

En 2013, on m’a proposé Lafaurie-Peyraguey (propriété alors de Suez) à un prix très raisonnable, et c’est comme cela que j’ai décidé d’acheter un 1er cru classé 1855, à côté d’Yquem et voisin de cinq 1er crus classés (à Bommes) », Silvio Denz

Lafaurie-Peyraguey est un château très ancien, les plus vieilles traces remontent au XIIIe siècle, un style qui en impose avec son mûr d’enceinte, son porche d’entrée, ses tours et machicoulis. Dune sorte d’ancienne place forte érigée en joyau de l’architecture viticole en 1618 par le Sieur Peyraguey 1er propriétaire, Lafaurie-Peyraguey va devenir aujourd’hui  400 ans plus tard la place du bon goût et du luxe en 2018, écrin de vins fins de Sauternes et de Bordeaux à l’ère Silvio Denz.

Silvio Denz a aussi le sens de remarquer ou dénicher des talents, parmi ses équipes. C’est ainsi qu’il a demandé à David Bolzan de devenir directeur général des Vignobles Silvio Denz. David Bolzan avait fait une bonne partie de carrière chez Cordier-Mestrezat et avait réussi ce tour de force de faire bouger des lignes dans un bordelais campé sur son histoire et ses traditions, en lançant Mestrezat Grands Crus avec un packaging très imaginatif (toute une série de caisses de 4 en bois précieux, cuir et or, sans oublier une panoplie de valises pour tous les formats de bouteilles de Bordeaux).

Silvio Denz, avec les décorateurs Tina Green et Pietro Mingarelli , partenaires Lalique, venus de Monaco pour les derniers ajustements © jps

« Avec David, on a toujours l’idée de faire plus. Les vins de Sauternes sont les vins les plus sensuels, mais on s’est dit qu’on pouvait faire plus. C’est ainsi qu’on a décidé de lancer un blanc sec, comme il y en avait déjà eu à la propriété dans les années 50, en 2014 et 2015. Et on s’est demandé encore qu’est ce qu’on pouvait faire de mieux et de différent. On m’a proposé de faire ici un Wine Club, par le biais d’un ami, mais j’ai refusé, cela m’a donné l’idée de faire un hôtel-restaurant ».

Nous allons avoir un hôtel de 13 chambres, un restaurant de 50 à 60 couverts avec une salle privée, le tout sans faire de très grands investissements et ainsi augmenter la notoriété de Lafaurie-Peyraguey et de Sauternes »

Dirigé par Christophe Noulibos, ce nouvel Hôtel-Restaurant Lalique (10 chambres et 3 suites), va être la « convergence de 4 univers : le vin, le cristal, la gastronomie et l’hospitalité, parce ce qu’il existe des correspondances certaines entre les mondes de la création » selon Silvio Denz.

Jérôme Schilling, chef cuisinier à Lafaurie-Peyraguey, Romain Iltis, chef sommelier Villa René Lalique, Adrien Cascio chef sommelier Lafaurie-Peyraguey, David Bolzan, Thibaut Gaudillère assistant sommelier, Christophe Noulibos directeur Hôtel restaurant Lalique, en tenue décontractée avant l’ouverture… © JPS

Silvio Denz a souhaité confier la toque de chef des cuisines de Lafaurie-Peyraguey à Jérôme Schilling, ancien chef exécutif à la Villa René Lalique. Jérôme est non seulement un chef de confiance pour Silvio Denz, mais il n’est pas un inconnu dans la région, car il a déjà travaillé à Pauillac aux côté du chef Thierry Marx. Cet Alsacien originaire de Gries, non loin d’Haguenau, a contribué à l’obtention des 2** au Guide Michelin de la Villa René Lalique par Jean-Geoges Klein (chef triplement étoilé) moins de 4 moins après son ouverture. Il était alors chef exécutif.. Il a aussi participé à l’ouverture du 2e restaurant au château du Hochberg. Il s’est formé aussi auprès des plus grands comme Roger Vergé 3***, puis Joël Robuchon le chef le plus étoilé au monde, à Monaco où il a rencontré son épouse sommelière.

Je suis un amoureux et un passionné de la cuisine, la transmission, c’est ce qu’il y a de plus important dans le métier« , Jérôme Schilling chef du restaurant Lalique à Lafaurie-Peyraguey.

Finaliste en 2015 du concours « Un des meilleurs ouvriers de France », il aura comme chef sommelier Adrien Cascio, qui a collaboré avec Romain Iltis (meilleur sommelier de France en 2012 et MOF en 2015), le chef sommelier de la Villa René Lalique qui a obtenu le titre de meilleur carte des vins d’un restaurant gastronomique décerné par Terre de Vins. Tous deux ont déjà préparé la fameuse cave du restaurant Lafaurie-Peyraguey qui va s’appuyer sur 350000 bouteilles…

David Bolzan et Tristan Kressmann, le président de la Route des Vins de Graves et Sauternes © JPS

Venu en ami et en tant que président de la Route des Vins de Graves et Sauternes, Tristan Kressmann  a pu jauger l’endroit, encore en travaux, mais dont les chambres sont déjà presque terminées…

C’est formidable que Sauternes , cette région, se mette en valeur de cette manière » Tristan Kressmann président de la Route des Vins de Graves et Sauternes.

Et de compléter : « la Chapelle de Guiraud, ça marche déjà bien, nous venons de la visiter aussi ». Il y a quelques semaines, château Guiraud, autre fameux 1er cru classé de Sauternes, a en effet ouvert le bal en ouvrant un restaurant dans son ancienne chapelle protestante. La preuve avec d’autres offres en plein centre que Sauternes se réveille.

« On va montrer notre savoir-faire et le savoir vivre à la française avec Jérôme Schilling » complète Silvio Denz qui décidément ne dort pas et a aussi acquis « les Maisons Rouges » à quelques centaines de mètres de Lafaurie-Peyraguey pour compléter son offre hôtelière. Il s’agissait de chambres d’hôtes avec vue imprenable sur Yquem.

Et comme si on s’ennuyait encore, une boutique Lalique va ouvrir Cours de l’Intendance à Bordeaux, l’offre sera complémentaire. Lalique qui est partenaire avec Singapour Airlines va inviter ses clients dans la région pour goûter à ces nouveaux charmes du bordelais.

Mais rassurez-vous, il y en aura pour tout le monde : le grand public pourra effectuer la visite des caves et d’une partie du château. « A la fois le château s’ouvre et on va pouvoir recevoir du public. Les gens pourront se garer devant et ce sera ouvert 7/7 », précise David Bolzan, attaché comme Silvio Denz, à faire partager cette part de rêve au plus grand nombre, à travers cette partie oenotouristique avec des dégustations possibles et une boutique vins et cristaux Lalique.

David Bolzan, directeur des vignobles Silvio Denz, aux côtés de Silvio denz, le PDG de Lalique et propriétaire du château Lafaurie-Peyraguey Hôtel-Restaurant Lalique © Jean-Pierre Stahl

Silvio Denz a bien l’intention de faire de Lafaurie-Peyraguey un étendard pour Lalique. Il a réussi à faire graver sur les bouteilles du château des œuvres de René Lalique. « Il faut qu’il y ait de l’harmonie et des ondes positives » m’explique encore Silvio Denz qui aime à cultiver cet « Univers du Détail et du Luxe ».

18 Avr

Côté châteaux : 1 900 000 pages lues pour le blog du vin

Merci de continuer à suivre toujours plus nombreux votre blog Côté Châteaux, le blog sur l’actualité au quotidien de la vigne et du vin.  

Olivier Bernard, le président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux avec Côté Châteaux en fin de semaine des primeurs au Ban du Millésime © AL

Côté Châteaux vient de dépasser 1 million 900 000 pages lues depuis sa création.

En ce mois d’avril, vous avez été près de 2000 à suivre chaque jour l’actualité des primeurs sur le blog. Vous avez ainsi appris avant tout le monde que les distributeurs et journalistes ont été plus nombreux cette année avec plus de 6600 professionnels, une affluence à laquelle l’UGCB ne s’attendait pas, vous avez pu vous faire une idée à travers les avis parfois divergents de Michel Rolland, Olivier Bernard ou Jacques Dupont sur le 2017. Vous avez pu partager en exclu la venue de Sting pour l’inauguration du château Monlot Saint-Emilion Grand Cru. Vous avez aussi vécu les 20 ans de château Pavie, sans oublier les focus sur le retour du cheval de trait comme animal de traction dans les vignes…

Côté châteaux va continuer de vous étonner et vous livrer des portraits dans l’air du temps. Prochainement Silvio Denz qui s’apprête à ouvrir le 1er hôtel-restaurant dans un 1er cru classé 1855 à Sauternes à Lafaurie-Peyraguey.

Ce mois-ci ce sont plus de 3000 tweets dépassés, près de 2400 articles publiés, presque autant de followers sur Twitter, 5140 amis de Côté Châteaux sur Facebook et 1750 sur LinkedIn. Pour être averti des posts, rien de plus simple via les réseaux sociaux. Alors n’hésitez pas, Côté Châteaux le blog qu’il vous faut…pour rester connecté au monde du vin.

17 Avr

7e Saint-Emilion Jazz Festival : 3 jours de fête, de jazz, avec les vins de Saint-Emilion

Les 20, 21 et 22 juillet, le 7ème millésime du Jazz Festival va enchanter Saint-Emilion. Trois jours de rêves et d’émotions, toutes les couleurs du jazz, les 1001 vins de Saint-Emilion et le village comme écrin sont au programme.

Cecile Mc Lorin Salvant © SEJF – photo Mark Fitton

Pour ce 7ème millésime, la scène des douves du Palais Cardinal, monument historique, accueillera une nouvelle fois les têtes d’affiches du Festival. Ce lieu emblématique, magique et intimiste est le décor parfait pour recevoir des artistes d’exception.

VENDREDI  ERIC LEGNINI ET CECILE MC LORIN SALVANT

La scène sera inaugurée le vendredi soir par Eric Legnini et son projet Waxx Up. Quoi de mieux que le phrasé riche, raffiné et sensuel, l’exceptionnelle aptitude au swing, rigoureuse tout en étant sobre, et la fabuleuse mise en place rythmique du pianiste pour lancer les hostilités ? Peut-être Cécile McLorin Salvant, récemment récompensée par le Grammy Award du meilleur album Jazz vocal aux Etats-Unis. Elle avait conquis le public du Saint-Emilion Jazz Festival en 2012, en tant qu’invitée de Jacky Terrasson. Ses interprétations et son charisme font de cette artiste une chanteuse à part, chez qui chaque chanson est un mini-film dans lequel elle joue son rôle à la perfection.

SAMEDI CARTE BLANCHE A SYLVAIN LUC

Le samedi, la soirée débutera avec Sylvain Luc, pour une carte blanche totale laissée par la direction du Festival. Sylvain Luc a joué avec les plus grands. Sa capacité à improviser fait de lui un des guitaristes les plus novateurs de sa génération. Doté d’une technique hors du commun, il est reconnu mondialement comme un des guitaristes les plus accomplis de la scène internationale. Suivra un spectacle inédit, en avant-première mondiale, de Stéphane Belmondo & Friends, autour des musiques de Philippe Sarde.

Vous aurez la chance de vivre les plus belles pièces du célèbre compositeur interprétées par un ensemble cordes vents placé devant un immense écran diffusant les extraits de films joués. Un cinéma en plein air, dans le magnifique cadre des douves du Palais Cardinal, avec quelques-uns des meilleurs musiciens du moment. Le public du Saint-Emilion Jazz Festival aura la chance de voir ce spectacle avant tout le monde puisqu’il sera créé spécialement pour le Festival avant de partir en tournée mondiale !

L’équipe du bar Ephémère des Vins de Sazint-Emilion et satellites en 2017 © JPS

12 CONCERTS GRATUITS AU PARC GUADET: AMBIANCE CONVIVIALE GARANTIE

Au fil des éditions, le Parc Guadet, un écrin de verdure au cœur des pierres de la cité, est devenu un lieu de rassemblement et de partage. Venus en famille, entre amis, entre collègues ou en couple, les festivaliers,
toujours plus nombreux chaque année, participent naturellement à cette ambiance si conviviale et chaleureuse du Festival.

En son centre, on y retrouve le très populaire bar à vins éphémère où les viticulteurs proposent à la dégustation une sélection de 21 vins des appellations Saint-Émilion, Saint-Émilion Grand Cru, Lussac Saint-Émilion et Puisseguin Saint-Émilion.

Tout autour du Parc, les producteurs régionaux et food-trucks proposent le meilleur des produits locaux dans un marché gourmand d’une grande finesse.

Bien entendu, la musique sera l’élément central de ce lieu. Pas moins de 12 concerts gratuits rythmeront la vie du Parc tout au long du week-end avec le meilleur de la scène régionale et quelques pépites venues du reste de la France et même de l’Europe. On retrouvera ainsi le groupe Old School Funky Family qui lancera le festival depuis la Tour du Roy avant de déambuler jusque sur scène, ou encore Ishkero qui apparaît comme la
nouvelle garde de la scène jazz-funk, Eric Seva et ses saxophones au service du blues, ou encore Scott Tixier, jeune virtuose du violon qui collabore avec les plus grands.

Franck Binard du Conseil des Vins de Saint-Emilion et Dominique Renard président du Festival © JPS

Pour finir chaque soirée dans l’effervescence, la scène du Parc Guadet accueillera un dernier groupe à 23h avec, le dimanche, en clôture du Festival, Nojazz, qui offre sur scène une alchimie parfaite entre le son
Soul & Funky des années 80 et celui des productions électro plus actuelles.

A noter également en clôture du samedi le concert du prodige local, Tom Ibarra. Il avait époustouflé le public de la scène du Parc au côté de Marcus Miller en 2016, cette fois, il revient avec sa nouvelle formation pour terminer la journée en beauté. A tout juste 18 ans, son assurance, sa virtuosité, et son humilité font de lui l’étoile montante du jazz héxagonal. A ne pas manquer !

Avec le Saint-Emilion Jazz Festival

 

14 Avr

Bordeaux en 2050 : découvrez la cuvée du futur

A quoi ressemblera un vin de Bordeaux en 2050 si le sud-ouest de la France finit par connaître un climat espagnol?  Pascal Chatonnet s’est attelé à concocter une « cuvée du futur », « buvable » mais éloignée des crus bordelais d’aujourd’hui.

Les merlots resteront-ils produits à Bordeaux, tellement ils pourraient souffrir du réchauffement climatique © JPS

« J’ai assemblé des vins rouges issus des deux cépages typiques » de la région, merlot et cabernet sauvignon, mais produits bien plus au sud, en Tunisie et dans le Minervois, en Languedoc-Roussillon », explique à l’AFP Pascal Chatonnet, oenologue et responsable du Château Haut-Chaigneau, à Néac (Gironde).

Il dit avoir pris « la fourchette haute » des prévisions de réchauffement climatiquese basant sur l’hypothèse selon laquelle « il y aura le climat de Tolède à Bordeaux en 2050″.

« Ces vins sont représentatifs de l’expression du cépage sous ce climat », ajoute cet oenologue mandaté par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) et par une entreprise mécène, pour cette expérience selon lui inédite. « C’est un point de vue, il n’y a rien de mathématique là-dedans », ajoute-t-il.

Son breuvage, présenté cette semaine à Paris, se limite à 13,5% d’alcool. Plus, ce serait « caricatural », sachant qu’on n’ira guère au-delà « parce que le marché n’en veut pas ».

Verdict du palais de l’experte Monique Josse, du Musée du vin à Paris, et Bordelaise: « Ce n’est pas ce que je connais depuis ma tendre enfance! » « A l’aveugle, j’aurais dit un Languedoc, mais basique (…) On n’a pas le terroir, le sol et le sous-sol, qui font une grosse partie du vin. C’est buvable, mais ily a un manque de finesse, d’authenticité ».

Elle s’étonne tout de même que le degré d’alcool ne soit que de 13,5%. « Sur ces 30 dernières années on a déjà gagné 3% ! En France, on ne trouve même plus de vins de soif, ce qui est dommage. »

 Alors quel sera plutôt, selon elle, le goût du Bordeaux  millésime 2050? « Et bien… je ne sais pas. C’est trop difficile de se projeter », il y a trop d’inconnues.

CHANGEMENTS RADICAUX

Une température mondiale accrue de 2°C et plus serait la promesse d’un goût trop mûr, appauvri; les sécheresses celle d’un goût plus sec et amer, analysent les experts.

Conclusion de Pascal Chatonnet: « Si on voulait maintenir des vins de bonne facture avec le climat de 2050, on ne pourrait plus cultiver les mêmes variétés » de vigne.

Depuis plusieurs années déjà, à Bordeaux comme partout en France, la profession fourbit ses armes, avec l’aide de la science, pour que les jus puissent à l’avenir garder leur typicité.

Par exemple avec la « parcelle 52 », où depuis 2009, au coeur de l’AOC Graves, les chercheurs testent 52 cépages du monde pour voir lesquels correspondraient le mieux au caractère des cépages bordelais.

Au centre des préoccupations, la vulnérabilité du merlot, cépage le plus répandu dans le bordelais, à la maturation précoce, qui risque d’être abandonné.

En attendant, les initiateurs du cru 2050 veulent d’abord sensibiliser l’opinion.« Ce pari vise à faire comprendre que rien ne sera plus pareil, que tout va très vite », souligne Yves Leers, journaliste et auteur spécialiste de l’environnement.

La première chose à faire est de « se convaincre de la réalité du changement climatique », ajoute-t-il, insistant sur l’enjeu économique: le secteur viti-vinicole représente en France le deuxième poste à l’exportation après l’aéronautique.

L’occasion aussi de parler de pratiques culturales à adopter dès aujourd’hui. Par exemple, moins effeuiller la vigne.

D’autant que de nouvelles régions, de la Bretagne à la Suède ou la Pologne, se(re)découvrent des destins viticoles, ou pourraient bien monter en puissance, comme l’Allemagne ou l’Angleterre.

Pour le climatologue Hervé Le Treut, lui aussi Aquitain, l’expérience du vin du futur est « un exercice intéressant ». En 8.000 ans de viticulture, « nous n’avons pas connu de changements climatiques radicaux tels que ceux que nous nous apprêtons à vivre à l’échelle globale », prévient-il.

AFP

13 Avr

Jacques Dupont sur le millésime 2017 : « c’est un peu en dents de scie, c’est un vin qui a du fruit qu’on pourra boire assez jeune, avec de la vivacité. « 

Jacques Dupont livre sans détour son analyse sur le millésime 2017 frappé par le gel au printemps dernier. Il est l’invité de Parole d’Expert dasn Côté Châteaux.

Jean-Pierre Stahl : « Que pensez-vous du millésime 2017 ? »

Jacques Dupont :« C’est un peu en dents de scie, suivant les caprices du temps, on voit bien où le gel a frappé et où il n’a pas frappé. Là où ça a été épargné, c’est pas mal, il y a des jolies choses ». 

« Il y aura de très jolies choses dans les très grands crus car on a les moyens de trier, on sortira un petit peu de vin, même si on n’en sort pas beaucoup qui sera de qualité. Ailleurs, c’est très compliqué et on comprend vraiment ce que dents de scie veut dire. On a des vins qui sont bons et d’autres qui sont un peu compliqués. Il y a eu une vendange très difficile à faire, les gens se sont retrouvés avec des vignes qui avaient échappé au gel et puis des raisins qui sont arrivés de 2e génération, par les contre-bourgeons qui ont repoussé un mois plus tard et qui ont mal mûri au mois de septembre, ils n’avaient pas le cycle complet, et les deux mélangés ça fait des choses un peu curieuses ».

« Alors, bon c’est amusant à goûter cette année on ne s’ennuie pas. On passe plus de temps sur les vins compliqués, qui ne sont pas bons et qu’on ne a pas retenir finalement que sur les bons vins puisqu’on se demande finalement comment on en est arrivé là. Mais le vin c’est cela, ce n’est pas un truc industriel avec une production régulière. les vignerons ils ont des choses très modernes (la vie des marchés, internet, la nécessité de partir vendre son in ailleurs) et puis en même temps ils sont complètement dépendants de la météo, de la terre, c’est quand même une profession agricole ».

JPS : « Pour en revenir aux caractéristiques sur ce 2017, comment pourriez vous le qualifiez au final ? »

Jacques Dupont : « dans l’ensemble, ce sera un vin de moyenne garde, ce n’est pas un vin de grande garde, c’est un vin qui a du fruit qu’on pourra boire assez jeune, avec de la vivacité. Quand c’est réussi, c’est assez vif, donc ça c’est pas mal, ça fait des vins digestes, qu’on pourra boire assez jeunes en profitant du côté fruité et sympathique du vin. 

« On est nettement au dessus de 2013, qui a été un millésime médiocre ici, mais je ne sais pas à quoi le comparer. On a connu des grandes années de gel comme 1991, mais ça ne ressemble pas à 91, il n’y a jamais vraiment une année de vin qui se ressemble complètement à l’autre. Mais bon ça va faire des vins sympathiques ».

« On a quand même une petite nuance à apporter, en recréant la rivalité rive gauche rive droite. Rive gauche, on est nettement au dessus de la rive droite cette année. Les cabernet-sauvignons qui sont un peu plus tardifs ont moins souffert du gel que les merlots. J’ai fait toute la dégustation de Crus Bourgeois par exemple, c’est nettement meilleur que ce que l’on goûte sur la rive droite. »

JPS : Au niveau des journalistes et critiques en vin, on voit que le marché des professionnels et notamment vous suit énormément, est-ce que vous faites la pluie et le beau temps aujourd’hui ? »

Jacques Dupont  : « Non, non, sinon j’aurais évité le gel ! Non, non, je ne fais pas la pluie et le beau temps et ne veux surtout pas le faire. Je suis là pour mes lecteurs de leur donner des indications de faire de bons achats de vins pas trop chers, je suis toujours ravi d’aller goûter dans les grands crus, mais je suis aussi ravi, et c’est mon métier de journaliste, quand je découvre un petit nouveau et qui vend ses vins pas chers, qui a besoin d’être connu, et ses vins feront plaisir à mes lecteurs parce qu’ils en sont pas trop chers et délicieux. Donc moi, je suis un fouineur et pas un gourou.

JPS : »Il y a eu tout de même une époque où il y avait des gourous sur la place de Bordeaux ? »

Jacques Dupont : « Je ne vois pas de qui vous parlez, Jean-Pierre… Bien sûr, mais cette époque est révolue et c’est tant mieux. Parce qu’aujourd’hui on refait des vins de Bordeaux, avec de la simplicité, de la digestibilité comme disent les sommeliers. On est sorti de cette époque où on faisait des vins confiturés, en plus en 2017 c’était difficile de le faire. Des vins confiturés, boisés, trop extraits, on est parti de cela, c’est fini et tant mieux, pourvu que cela ne revienne pas. On refait des bons vins de Bordeaux qui nous parlent du terroir et du pays.

Regardez l’interview réalisée par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer :

12 Avr

Le Ban du Millésime : « 2017 va trouver sa place à l’avenir parmi les bons millésimes bordelais », selon Emmanuel Cruse

 680 personnes assistaient hier soir au « Ban du Millésime », soirée organisée par la Commanderie du Bontemps, l’occasion pour les propriétaires d’échanger sur le millésime 2017 avec leurs clients distributeurs.

La hola d’honneur par les Commandeurs pour accueillir les invités © JPS

« Le Ban du Millésime » est né en 2000. C’est un événement désormais incontournable de la place de Bordeaux, initié par les négociants membres de la Commanderie  et co-organisé avec l’Union des Grands Crus de Bordeaux.

Lors de cette soirée au CAPC, les plus gros distributeurs de vins de Bordeaux du monde entier sont conviés, invités par les négociants ou les propriétaires de châteaux, ainsi que la presse spécialisée nationale et internationale.

C’est aussi l’occasion d’échanger sur le ressenti des uns et des autres sur les primeurs 2017 : « les commentaires sur ce millésime sont tous excellents, venants des distributeurs étrangers ou des négociants de la place de Bordeaux », commente devant l’assemnlée Emmanuel Cruse, Grand Maître de la Commanderie du Bontemps. Si « les aléas climatiques ont complexifié la donne », « la sélection à la vigne et au chai » a permis de sortir un 2017 qui « tiendra sa place parmi les bons millésimes » de Bordeaux.

2017 est sans nul doute le meilleur millésime en 7 depuis le 1947″, Emmanuel Cruse Grand Maître de la Commanderie du Bontemps.

Thierry Decré de LD Vins et Johnny Goedhuis de Goedhuis & Co Fine Wine Merchants © JPS

Parmi les distributeurs de Bordeaux, on pouvait croiser le Britannique Johnny Goedhuis de Goedhuis & Co Fine Wine Merchants, qui travaille depuis 1981 à Londres avec surtout des clients privés et grands amateurs de vins, il a ouvert aussi un bureau à Hong-Kong. En sa compagnie, son ami et l’un des plus gros négociants Thierry Decré de LD Vins. Ce dernier a une analyse est assez fine :

C’est un millésime assez simple, qui n’est pas 2015 ou 2016, un bon millésime dont le prix devrait se situer entre le 2014 et le 2015, mais rien ne justifierait une hausse des prix, une envolée », Thierry Decré de LD Vins.

Archibald Johnston a sorti un flacon de légende Rieussec 1924 © JPS

Et de compléter : « Il faut être raisonnable, on a beaucoup de vin à vendre à Bordeaux et surtout on est menacé par la concurrence des vins du monde entier. »

Ce Ban du Millésime fut aussi l’occasion de retrouver Jérôme Fanouillère, un grand amateur de vins de Bordeaux, qui vient de lancer la Fédération Nationale d’Oenologie, fédération qui va regrouper l’ensemble des clubs français de dégustation et d’oenologie.

Jérôme Fanouillere a créé la Fédération Nationale d’Oenologie © JPS

« On a déposé les statuts il y a 6 semaines. On va rassembler les clubs d’HEC, de la Banque de France, d’EDF, de Polytechnique, de Normale Sup, d’EM Lyon… » Jérôme Fanouillère est lui même dipômé d’HEC et travaille à la BDF. « C’est un super projet, j’en ai déjà parlé à quelques domaines que je connaissais. J’ai eu de bons retours avec quelques châteaux réceptifs pour permettre de renouer avec ces connaisseurs ». 

680 convives pour ce Ban du Millésime au CAPC © JPS

« On a aussi un projet de dégustation annuelle à l’aveugle. Il y a déjà pas mal de concours étudiants qui marchent très très bien ». Le prochain concours, la Left Bank Bordeaux Cup se tiendra d’ailleurs à Château Lafite Rothschild le 8 juin prochain, un concours très disputé entre les meilleurs clubs oenologiques des grandes écoles du monde entier.

11 Avr

#Primeurs2017 : focus sur ces journalistes et critiques qui font la pluie et le beau temps

Ils sont quelques-uns à délivrer des notes sur 100 ou sur 20 et à faire trembler la planète vin. Après l’ère Parker, ils sont plusieurs influenceurs à être suivis ou redoutés. Côté châteaux vous propose de les découvrir.

Markus del Monego ne se définit ni comme un gourou, ni comme un pape du vin.

Pourtant ce meilleur sommelier du monde en 1998, et Master of Wine en 2003, est aujourd’hui l’un des plus grands critiques reconnus et suivis dans le monde.

Il travaille pour le Süddeutsche Zeitung en Allemagne (pour lequel il réalise 4 chroniques de 8 pages par an) et pour www.tastingbook.com où il attribue des notes jusqu’à 100 pour les vins qu’il déguste à Bordeaux en primeurs (entre 400 et 500 qu’il va retenir cette année).

« Les vins quand ils sont notés donnent une première impression, cela peut changer avec l’élevage ou après avec l’évolution du vin dans la bouteille… » explique Markus del Monego.

Les  points ne sont pas la chose la plus importante, ce qui est plus important c’est la description, c’est-à-dire quels types d’arômes il y a dans le vin; les arômes donnent déjà un repère à la qualité, si je dis mûre sauvage c’est plutôt un vin mûr, si je dis poivron c’est plutôt un vin qui n’est pas mûr du tout » Markus del Monego

Depuis que Robert Parker ne vient plus à Bordeaux, ils sont plusieurs à faire la pluie et le beau temps durant ces primeurs.

La journée consacrée aujourd’hui aux journalistes et critiques au Hangar 14 à Bordeaux © JPS

Une pluralité de critiques partagées entre Neal Martin du Wine Advocate, James Suckling ancien du Wine Spectator, Paolo Basso meilleur sommelier du monde 2013, Andreas Larrson meilleur sommelier du monde 2007, les Britanniques Jancis Robinson ou Jane Anson de Decanter, sans oublier notre journaliste national du Point Jacques Dupont ou Bernard Burtschy pour le Figaro.

L’Américain James Suckling à l’inauguration du château Monlot © JPS

Rencontré lors de l’inauguration de château Monlot vendredi dernier James Suckling, de plus en plus suivi me livre ses premières impressions. Il est le tout premier à délivrer ses notes sur Bordeaux.

J’ai dégusté 800 châteaux, et malgré le gel j’ai été bien surpris, bien sûr la plupart, c’était plus difficile car ce n’est pas une année comme 2015 ou 2016″, James Suckling

Parmi les Français, il en est un qui continue de dénicher de petites pépites au fond des chais et dans les salles de dégustation, comme ici au Domaine Grand Lafont avec les Crus Artisans, c’est Jacques Dupont journaliste au Point.

Ce n’est pas un vin de grande garde, c’est un vin qui a du fruit qu’on pourra boire assez jeune », Jacques Dupont journaliste au Point

« Rive gauche, on est nettement au dessus de la rive droite cette année, les cabernet-sauvignons qui sont un peu plus tardifs, ont moins souffert du gel que les merlots et ce que l’on goûte, comme lors de la dégustation des Crus Bourgeois, c’est nettement meilleur que ce que l’on goûte sur la rive droite, » conclue Jacques Dupont.

Son Guide Spécial Bordeaux sur le millésime 2017, avec ses notes, coups de coeur et appréciations sortira le 24 mai prochain avec le magazine Le Point en kiosque.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer :

10 Avr

Quand Saint-Emilion se remet de ses blessures du gel et fait déguster son millésime 2017

Saint-Emilion est le vignoble de Bordeaux  qui a le plus souffert du gel du 27 avril 2017. De nombreux vignerons ont fait très peu de vin, la perte de production est estimée entre 60 et 70%. Saint-Emilion fait malgré tout bonne figure et est fier de présenter un beau millésime dans ses différents spots de dégustation.

A Saint-Emilion, Paul Arthur Bardet est très certainement l’un des vignerons les plus touchés par le gel d’avril 2017. 90% de son vignoble a été perdu.

Malgré tout il est fier de présenter ce peu de récolte préservée (grâce à des éoliennes), à la Maison des Vins dans la salle réservée aux Coups de Coeur 2018

On a 4 propriétés, d’habitude on produit 300000 bouteilles, mais cette année on n’en aura que 30000 dont 15000-20000 de1er vin; on est très content, il y a un joli fruit un bel équilibre pour les vignes qui n’ont pas été gelées, on pourra avoir une très beau millésime en 2017″, Paul Arthur Bardet, château Franc Le Maine.

Dans le salle des Dominicains, ce sont 200 châteaux des 9 appellations de Saint-Emilion, auxquelles il faut ajouter Pomerol et Fronsac-Canon Fronsac, qui sont proposés cette année à la dégustation contre 400 l’an passé.

« En gros la perte est en moyenne de 60-70%, sur Saint-Emilion, Lussac et Puisseguin, Saint-Emilion l’appellation la plus touchée de Gironde, avec des exploitations impactées presque à 100% », témoigne Jean-François Galhaud Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion.

Au château La Dominique pour la 8e remise des Clés de Châteaux, Michel Rolland a fait venir 4 meilleurs sommeliers du monde pour apprécier et juger les presque 200 ins de propriétés qu’il conseille. 15 propriétés cette année ne sont pas présentes.

« Il y a quand même une partie qui n’a pas gelé quand même », interroge Paolo Basso, meilleur sommelier du monde 2013. « Oui, mais il en manque 40% », renchérit Michel Rolland et « un gel qui n’est pas égalitaire ! »

Le gel a fait beaucoup de dégâts mais pas au niveau de la qualité en fait, on a des vins avec une tension, des acidités, des vins qu’on aime bien, il y a 25 ans on aurait appelé ça un classique à Bordeaux et c’est un classique » Michel Rolland.

« Il y a des propriétés qui ont gelé et qui n’ont pas de vin ou très peu de vin, c’est triste mais y a une grande partie de vins réussis », complète Paolo Basso.

Même si on n’a pas la densité de 2016, c’est un millésime très sérieux, très complet et abouti, Paolo Basso Meilleur Sommelier diu Monde 2013.

La magie de Saint-Emilion continue d’opérer, ce malgré le gel, on parle toujours autant de ce terroir magnifique.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Françoise Dupuis :