23 Fév

Salon de l’agriculture : retour sur expérience avec Amélie Osmond

L’an dernier, je vous proposais de faire connaissance avec Amélie Osmond, une jeune vigneronne installée depuis 3 ans en Côtes de Bourg avec son mari Victor. Après 3 beaux millésimes, ils ont malheureusement connu ces intempéries qui compromettent les récoltes : la grêle du 26 mai 2018. Retour sur une année intense en émotions. Elle sera l’invité de l’émission spéciale samedi prochain sur France 3 Nouvelle-Aquitaine en direct du salon de l’agriculture.

« On est très peu chose face à Dame Nature… » 26 mai 2018, le ciel leur est tombé sur la tête. En une après-midi ce samedi de la fin du mois de mai à 13h20, en quinze-vingt minutes, Amélie Osmond et son compagnon Victor Mischler ont vu leurs espoirs de belle récolte anéantis dans les Côtes de Bourg. Ils ont perdu la moitié de leur production, à cause de la grêle.

Amélie et Victor regardant les dégâts occasionnés par la grêle du 26 mai 2018 © JPS

Le millésime 2018 était quand même un joli millésime, on a perdu 50% de la récolte, on a fait 27 hectolitres à l’hectare au lieu des 54 autorisés. On espère que 2019 sera de meilleure augure, on croise les doigts pour que cela n’arrive pas chaque année, » Amélie Osmond du Clos du Notaire.

La taille de la vigne prend cette année plus de temps à cause des bois meurtris par la grêle © JPS

Et de constater l’impact de la grêle encore bien visible sur les bois qu’ils sont aujourd’hui en train de tailler… « Il faut s’adapter à chaque pied et on met un peu plus de temps que d’habitude, on va mettre 20 à 30% de plus », commente Victor. « Là on a l’exemple typique : on a un bois qui a été fortement touché par un impact de grêle, vraiment très abîmé, ça c’est un bois qui a été fortement touché, qui ne qui ne donnera rien cette année, » renchérit Amélie.

Les rendements n’ont été que de 27 hectolitres à l’hectares contre plus de 50 habituellement. « On trouve cette année une concentration plus marquée que les autres années, du coup la vigne au lieu de fournir pour dix grappes n’a fourni que pour 5 grappes d’où une maturité plus poussée », précise Victor au moment des assemblages.

« On a d’habitude 3 cuvées de vin rouge et une de rosé, cette année on va s’affranchir de la cuvée d’entrée de gamme en rouge et de la cuvée de rosé… C ‘est vrai qu’il y certains marchés qu’on ne va plus plus fournir comme l’année précédente. On peut expliquer à nos partenaires professionnels chacun aura au prorata le volume qui lui sera alloué. »

Loin de baisser les bras, Amélie et Victor ont récolté en septembre, octobre, cette demi-récolte fort qualitative, ce qui est somme toute une belle consolation. Cette année où il y a eu une forte pression de mildiou, ils ont réussi à passer cette épreuve, étant constamment dans leurs vignes. Une épreuve d’autant plus qu’ils venaient de passer en bio, et ils ont réussi leur première année de conversion. Ils continuent également leur travail de fond sur la commercialisation de leurs vins.

« La vente en général, c’est une présence de fond et de forme, il faut aller voir les professionnels, leur faire déguster et comprendre notre méthode de travail. Le caviste est le meilleur prescripteur qu’il soit, il faut qu’il comprenne notre philosophie pour ensuite la retranscrire auprès du partciculier. Ca ne se crée pas du jour au lendemain ».

Et voici Amélie qui part à la rencontre d’un nouveau caviste qui vient d’ouvrir au Pian-Médoc. « Voilà la nouvelle identité du Notaris, la nouvelle étiquette, il n’y a pas que le visuel qui a changé, il y a aussi l’assemblage… »

Chez Cash Vin, le Clos du Notaire a trouvé une place de choix © JPS

« Ce que nous aimons dans le référencement des vins, c’est d’avoir des produits à histoire », commente Julien de Toffoli directeur de Cash Vin du Pian-Médoc. « On est sur une reprise d’un domaine, c’est un jeune couple dynamique, avec des idées bien précises : en corrélation avec le marché actuel par rapport à l’environnement et la qualité de travail. »

« L’export est encore un marché prédominant au sien de notre exploitation, mais je développe le caviste de proximité et le caviste en France », poursuit Amélie Osmond. Au début lorsqu’ils ont repris la propriété, ils commercialisaient 50% auprès du négoce, 30% à l’export, 15% auprès des Cafés Hôtels Restaurants et 15% auprès des particuliers, aujourd’hui l’orientation prise est de 25% vers le négoce, 40% vers l’étranger et 20% chez les cavistes et 15% pour les particuliers.

Encore un grand bravo de Côté Châteaux à Amélie et Victor, à l’ensemble des vignerons, des éleveurs et paysans qui prouvent que leur métier au quotidien est artisanal. Cela nécessite une implication de tous les instants, de gros efforts et investissements pour le plus grand plaisir du consommateur en bout de chaîne. Haut les coeurs !

22 Fév

Le château de Pitray : un joyau néo-gothique en Castillon Côtes de Bordeaux

C’est un château qui surplombe les Côtes de Castillon, l’un des fleurons de l’appellation. L’étendard de la famille de Jean de Boigne y flotte. Une famille d’hommes illustres qui a écrit quelques pages d’histoire et de ce château en terre de Castillon.

Jean de Boigne espère transmettre à son tour les clés de Pitray plus tard à ses enfants © JPS

C’est le Comte Jean de Boigne qui m’invite à découvrir ce magnifique château à Gardegan-et-Tourtirac en Gironde : le château de Pitray, 600 ans d’histoire. Les origines de cette propriété viticole remontent à Jean de Las Symas dit Simard qui acheta une parcelle de vigne à son voisin de Saint-Emilion en 1466.

La construction du château féodal devait débuter au XVe siècle, un château qui a été détruit en 1860 puis reconstruit fin du XIXe au même emplacement pour lui donner la forme actuelle.

« Le château de Pitray est une propriété familiale depuis plus de 600 ans, je suis la 26e génération », commente Jean de Boigne. Vous pouvez voir dans cette pièce au mur des têtes de lions et les armoiries de la famille dont le nom complet est Simard de Pitray. »

Poussant la porte, dans le prolongement « là nous sommes dans la grande salle-à-manger…et vous pouvez voir ce bibelot au mur qui est la poupe d’un navire de guerre français qui s’appelait le Suffren (avec cette inscription « Dieu y Pourvoira »). « Suffren était un de mes ancêtres ». Le bailli Pierre-André de Suffren est l’un des plus fameux amiraux de l’histoire de France, reconnu pour sa bravoure, son instinct et son talent. Napoléon a d’ailleurs regretté de ne pas avoir eu un tel amiral dans sa marine pour contrer Nelson…« Le bailli de Suffren était un des amiraux de Lafayette qui est parti à la fin du XVIIIe siècle pour aider les Américains pour leur indépendance… »

Dans le vestibule, entrée principale du château trône fièrement le portrait du général Benoît de Boigne, commandant en chef de l’Armée des Mahrattes : « 6 générations au dessus de moi, un mercenaire qui est parti en Inde au XVIIIe siècle et qui pour un Prince Indien, le Maharadja Scindia a conquis tout le nord de l’Inde… », poursuit Jean de Boigne.

Dans le grand salon « voici un portrait du général de Boigne qui a fait construire le château actuel de Pitray, il a détruit le manoir en 1860 pour faire reconstruire dans le style Viollet-le-Duc le château actuel par l’architecte bordelais Blaquière, c’était pour lui une espère de stature pour montrer qu’il avait bien réussi. »

Dans les étages, le passage obligé par la tour pour admirer le magnifique travail des compagnons qui ont refait toute la toiture du château en 2016… « bienvenue sur un des points culminants de la Gironde… Je me souviens encore de mon grand-père qui disait oh la la il faut refaire le toit, et puis j’ai entendu mes parents dire oh la la il faut refaire le toit, j’ai donc refait ce toit, un peu grâce à la grêle de 2013, parce qu’une partie de l’assurance a payé la toiture, mais la plus grosse partie a été auto-fiancée par la vente de vin. Prêt pour recevoir la 27, 28 et éventuellement 29e génération de Pitray. »

Et Jean de Boigne est tout aussi fier de me dévoiler son chai à barrique et notamment sa fameuses cuvée : « voici les barriques dans lesquelles nous vinifions la Cuvée Madame , mon haut-de-gamme, en fait c’est une cuvée qui est composée exclusivement de raisins provenant de très vieilles vignes, la plus pure expression de mon terroir..Ce sont des vins assez concentrés, veloutés en même temps, et j’essaie de garder beaucoup de fruits pour exprimer la qualité du terroir ici qui est argilo-calcaire ».

Le château de Pitray produit selon les années entre 350000 et 400000 bouteilles, il possède 60 hectares, avec aussi les vignes qu’il a repris en fermage de son oncle, celles du château Castegens.

Le Comte Jean de Boigne, une rencontre passionnante au château de Pitray © NoA

« Tout est mis en bouteille à la propriété, cela part vers le négoce bordelais qui le distribue un peu partout et puis je vends un peu en direct par exemple en Angleterre, aux Etats-Unis, en Chine pas mal et je vends aussi en France en restauration et chez les cavistes. »

Voilà un grand vin de Castillon à découvrir et pour les amoureux d’histoire et de vieilles pierres, la possibilité de séjourner au château de Pitray qui fait aussi chambres d’hôtes, comme la comtesse de Ségur qui s’est inspirée du château de Pitray pour plusieurs de ses romans, venez vous ressourcer et chercher l’inspiration.

Regardez le reportage sur Pitray signé Jean-Pierre Stahl (à 11’40) dans l’émission Côté Châteaux N°4 sur Castillon réalisée avec Sébastien Delalot : 

20 Fév

228 LITRES : le nouveau bar à vin parisien lancé par le site d’enchères iDealwine

C’est une nouvelle page  qui s’écrit avec ce bar à vin d’un nouveau genre. 228 LITRES est un bar à vin connecté. Le premier du genre à Pigalle dans le 9e arrondissement de Paris. Il a été lancé par un jeune passionné de vin, Pierre Renauld, en partenariat avec iDealwine, le site de vente aux enchères et de vente en direct de vins matures.

La cave du 228 litres @ iDealwine

 GENESE DU CONCEPT

On le doit à Pierre Renauld, un jeune passionné de vin, âgé de seulement 26 ans. Issu d’EM Lyon, il s’est investi corps et âme dans l’association d’œnologie de son école avec laquelle il a remporté avec son équipe tous les concours de dégustation étudiants auxquels il a participé. Il s’est ensuite perfectionné au sein de l’équipe de sommeliers de Marco Pelletier au restaurant Vantre, qui possède une carte de vins riche aux 2000 références.

Là est intervenu le précieux concours d’iDealwine, chez qui Pierre Renauld avait fait partie durant un an de la team marketing. iDealwine a été l’incubateur de ce projet, avec un apport financier non négligeable et un réseau de 500 domaines partenaires. Une occasion en or aussi pour iDealwine de se rapprocher de ses clients et d’offrir une nouvelle corde à son arc.

L’ANTRE DES PASSIONNES DE VIN

C’est un lieu chaleureux, décontract’ digne d’un after-work pour amateurs de vins et d’assiettes de charcuteries et fromages.  Pierre Renauld s’est entouré d’une équipe de sommeliers, de passionnés et prêts à échanger autour du vin. Les gens pourront passer un bon moment sur place avec une carte assez fournie aux 300 références, mais il est aussi possible d’acheter des vins à emporter .

Quid des prix ? De 9€ à emporter (19€ sur carte) pour un côtes-du-rhône 2016 du domaine Santa Duc, jusqu’à 450€ à emporter (460€ sur table) pour un chambolle-musigny 1er Cru Les Amoureuses signé Groffier.

Les fondateurs du bar à vin 228 litres @ iDealwine

UNE EXPERIENCE CONNECTEE

228 LITRES, c’est le bar à vin digne de son époque, le lieu branchouille, connecté : une carte des vins est totalement digitalisée (aucun papier), en ligne sur le site de 228 LITRES (consultable par téléphone portable ou via les tablettes mises à disposition dans le bar).

On peut ainsi préparer sa virée en consultant en amont l’intégralité de la carte (constamment mise à jour), avant de venir. L’amateur accède ainsi à la carte et au site iDealwine.com, où il va trouver tous les détails sur la cuvée et le domaine, les arômes, le degré, les notes et commentaires obtenus dans la presse, l’apogée, l’occasion pour déguster et les accords mets et vins possibles. Bref de quoi s’amuser en cliquant au bar pour consommer sur place, chez soi ou encore au bar pour commander des vins à recevoir chez soi.

Comme quoi avec Pierre Renauld et iDealwine, le bonheur est simple comme un clic…

19 Fév

Sur NoA et Côté Châteaux, on parle terroirs de manière décontractée

Ca manquait dans le paysage, une émission 100% terroirs. Côté Châteaux commence à trouver son créneau. Ce magazine mensuel part à la rencontre des petits vignerons et grands magiciens du vin. Ca se boit comme du petit lait…l’émission bien sûr.

Le doué Stéphane Derenoncourt dans l’émission n°4 sur Castillon © NoA

A peine Côté Châteaux a-t-elle été lancée début décembre avec les Côtes de Bourg, que déjà l’émission suivante sur Monbazillac était programmée pour les fêtes de fin d’année, celle sur Cognac continuait pour la publication des très bons chiffres de vente du Cognac début janvier et Castillon en Côtes de Bordeaux enchaînait le 11 février juste après l’opération découverte « j’irai déguster chez vous ! » des Castillon à Rennes.

Si vous n’avez pas encore trouvé la chaîne, c’est pourtant facile, il suffit de mémoriser : cela passe sur NoA, la nouvelle chaîne 100% terroirs de Nouvelle-Aquitaine, diffusée sur les box Orange 337, SFR 455, Free 326 et Bouygues 339. Sinon en direct sur internet quand vous connaissez l’heure de diffusion, en vous renseignant sur le blog éponyme Côté Châteaux.

Le Comte Jean de Boigne, une rencontre passionnante au château de Pitray © NoA

Monbazillac et Castillon semblent avoir conquis les surfeurs du net, avec des centaines et centaines de likes, Cognac également mais en dessous et Bourg était un joli galop d’essai. Vous pouvez retrouver les émissions sur YouTube et aussi désormais sur les pages Facebook de France 3 Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. Castillon vient de dépasser les 10000 vues en deux jours, c’est un bon début, et l’article sur le blog a été lu par déjà 1700 personnes.

La prochaine que je vais vous présenter, avec mon compère Sébastien Delalot,  dès le 4 mars à 20h15 est une Spéciale Femmes du Vin. Un grand moment.

La fin de chaque émission est conçue comme le bouquet final d’un feu d’artifice…ou d’un vin © NoA

Les femmes qui prennent de plus en plus le pouvoir et des fonctions jusque là dévolues aux hommes, c’est la nouvelle tendance de ces 20 dernières années.

Sébastien Delalot, Yann Todeschini, Karl Todeschini du château La Brande et Jean-Pierre Stahl alias © Côté Châteaux

Côté Châteaux vous réserve un très beau numéro avec de charmantes et passionnantes vigneronnes, qui seront à l’honneur car au mois de mars on pense bien sûr à la journée internationale de la femme du 8 mars. Mais vous allez découvrir qu’elles sont à l’honneur finalement toute l’année, car leur activité ne se cantonne pas aujourd’hui à des taches subalternes et encore moins à un seul jour dans l’année. Vive les femmes du vin, l’émission n°5 sur Côté Châteaux !

Regardez Côté Châteaux n°4 réalisé par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot :

Le legs d’Alain Juppé dans le monde du vin à Bordeaux : « très important, durable et structurant »

Alain Juppé a décidé de mettre un terme mercredi à son mandat de maire. Aujourd’hui, les acteurs du monde du vin et de l’oenotourisme rendent hommage au visionnaire qu’il fut en créant en 1998 la Fête du Vin à Bordeaux, désormais démultipliée dans 4 grandes villes du monde, mais aussi en lançant la Cité du Vin. « Il a remis dans la même dynamique Bordeaux la ville, Bordeaux le vin, ce qui a multiplié par 5 le tourisme à Bordeaux », selon Stephan Delaux.

Alain Juppé a souvent fait référence au Guggenheim de Bilbao pour lancer la Cité des Civilisations du Vin à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Côté Châteaux a couvert depuis 18 ans non seulement Juppé et sa carrière politique à Bordeaux, mais davantage Juppé l’ambassadeur du vin. Aussi, c’est tout naturellement que je me suis dit, c’est vrai « avec Juppé, c’est la transformation » : un slogan qui aurait sans doute été bon après AJ pour la France pour transformer l’essai à l’Elysée, mais ça c’est du passé. Il n’empêche, la transformation de sa ville impose le respect, mais au-delà il y a un autre legs, la transformation de l’image de Bordeaux au niveau du vin, qui est tout aussi énorme, et qui s’est imposée à mon esprit. Côté Châteaux a donc décidé de donner la parole à ces acteurs du monde du vin qui l’ont côtoyé et ont vu la métamorphose de cette image désormais indissociable « Bordeaux la ville et Bordeaux le vin. »

POUR ALLAN SICHEL : « C’EST LUI QUI A EU L’IDEE DE LA FETE DU VIN »

Quel legs et quelle portée laisse Alain Juppé à Bordeaux au niveau du vin ? D’emblée le Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux qualifie ce legs de « très important, durable et structurant. Il a poussé à l’ouverture… »

« C’est lui qui a eu l’idée de la Fête du Vin, dont on a célébré les 20 ans en juin dernier. Il est à l’initiative des Fêtes du Vin à l’étranger aussi à travers les contacts qu’il avait à Québec ou à Bruxelles. Pour Hong-Kong, c’était un peu différent…Il a poussé à ces projets, on s’est aperçu du bienfait indéniable de ces manifestations. C’est tellement visible que les villes viennent directement nous demander pour organiser chez eux des fêtes du vin » (comme Hong-Kong ou Liverpool).

Conférence de presse à mi-chemin du chantier de la Cité du Vin en novembre 2014 © JPS

En 2e position, la Cité du Vin, c’est lui qui a eu l’idée aussi (on fête cette année les 10 ans du lancement du projet depuis Saint-Emilion). Il y a eu beaucoup de réticences au début, à Bordeaux on avait une attitude peu enthousiaste, notamment pour investir des sommes qui allaient promouvoir le vin au niveau mondial et pas seulement parler de nous. Aujourd’hui tout le monde est ravi du résultat, on parle des vins de Bordeaux et du monde, et c’est comme cela que Bordeaux peut mériter le titre de « capitale mondiale du vin ».

En 3e, le tourisme avec aussi Stéphan Delaux : l’inclusion de l’oenotourisme permet d’attirer beaucoup de monde à Bordeaux et de faire rayonner la marque. Tous ces grands succès ont certainement existé grâce à Alain Juppé. Il a toujours eu une écoute pour la filière viticole. La marque Bordeaux on peut y rattacher le plus de choses possibles, c’est un concept. A Bordeaux, on peut s’assoir sur un grand nombre de sujets pour faire rayonner la marque. »

Los Angeles invité d’honneur en 2014 à Bordeaux Fête le Vin © JPS

POUR OLIVIER BERNARD : « LA MARQUE BORDEAUX S’EST VRAIMENT VALORISEE CES DERNIERES ANNEES »

L’ancien Président et actuel vice-président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux, Olivier Bernard commente : « la 1e chose qui m’a marqué quand il est arrivé à Bordeaux, c’est qu’il avait cette communication avec le monde du vin, il s’est rapproché du négoce, des propriétés, des manifestations, avec aussi la Fête de la Fleur. Il n’a pas hésité à prendre parfois des positions et en s’exprimant, même si ce n’était pas un passionné, c’était un amateur de vin. »

« 2e, c’est la résonance de la marque Bordeaux à travers le monde depuis 20 ans, largement amélioré et de manière qualitative grâce à son nom: le fait que Bordeaux a été largement réveillé en ville, cela a profité au vin. On le voit sur les bouteilles à 30, 40,…et jusqu’à 70 euros, des gens n’hésitent pas à mettre la marque Bordeaux sur leurs bouteilles. La marque Bordeaux s’est vraiment valorisée ces dernières années. La notion de marque Bordeaux est majeure ».

3e si je devais retenir un des éléments marquants, c’est la rénovation des quais, intimement liés au monde du vin, notamment le quai des chartrons. On a retrouvé une façade historique que je n’imaginais pas voir depuis le jour de ma naissance…

4e point bien sûr la Cité du Vin et 5e la fête du vin ». 

POUR STEPHAN DELAUX : IL Y A UNE CONJONCTION ENTRE LE PATRIMOINE ET LE VIN

« Lorsqu’Alain Juppé est devenu maire de Bordeaux, Bordeaux était plus connu à l’international pour ses vins que pour sa ville », rappelle Stéphan Delaux adjoint au maire d’Alain Juppé, mais aussi Président de Tourisme Bordeaux Métropole et de Bordeaux Grands Evénements (organisateur de la Fête du Vin). « Les vins de Bordeaux avaient 2 millénaires de renommée et la ville alors était mal connue. Il a lancé ce projet urbain, aussi sur les quais des chartrons (où il y avait de nombreux chais), et cela a été tout d’un coup révélateur d’une ville sublime, il y a alors eu une conjonction entre ce patrimoine et le vin. »

« La 2e chose, c’est qu’il a été Ministre des Affaires étrangères, ce qui lui a donné une sensibilité très forte à l’international.Il a poussé beaucoup la ville à l’international pendant tout ce temps. Caban le faisait aussi avec la famille Ford et une partie de l’Intelligentsia américaine, mais Juppé a vraiment positionné la ville au niveau international à travers sa présence. Il avait une aura très forte au niveau diplomatique.

Quant à la création de Bordeaux Fête le Vin, dans sa tête c’était d’abord offrir un événement festif un peu sudiste à la ville en créant sur les quais, quelque chose autour du vin, et aussi quelque chose autour du fleuve. Cela faisait un certain temps qu’on disait qu’il manquait quelque chose. Il a réussi à convaincre les réticents, et le succès a été là, les Bordelais l’ont accepté et certains Bordelais (du public) se sont rendu compte qu’ils ne s’y connaissaient pas tant que cela au niveau vin, comme ils le pensaient.

Dans le fond, c’est ce sur quoi je lui disais qu’il fallait travailler sur une convergence dans les stratégies de Bordeaux la ville et de Bordeaux le Vin. On a ainsi réuni dans la même dynamique Bordeaux la Ville et Bordeaux le Vin. »

Visite en avril 2015 avec Laurent Fabius ou quand deux ministres des Affaires Etrangères plaident la cause de la Cité du Vin © JPS

Quant à l’oenotourisme, on est dans la même dynamique: tout s’appuie sur cette transformation de la ville à travers la révélation de sa beauté et sa modernité, le tram a repoussé la voiture, il y a eu une mise en valeur du fleuve et aussi une réunion des deux rives.

« Quand on m’a confié cette responsabilité en 2001, Alain Juppé m’a demandé au niveau touristique ce que l’on pouvait faire, je lui ai dit qu’on pouvait multiplier par deux le nombre de touristes et en fait on les a multiplié par 5 (avec notamment le classement de Bordeaux au patrimoine mondial de l’humanité). Sur l’oenotourisme, les châteaux étaient alors fermés, hormis quelques-uns qui avaient été pionniers comme Jean-Michel Cazes, Philippine de Rothschild, les Raoux ou Cathiard avaient déjà une vision de l’oenotourisme, mais on avait du retard, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Le rayonnement de la ville, des châteaux et du vin est porté par le tourisme, un tourisme choisi ».

L’inauguration de la dernière Fête du Vin, celle des 20 ans, avec Jean-Baptiste Lemoyne © JPS

« Aujourd’hui la fête du vin est un élément stratégique fort du CIVB, De nombreuses institutions y sont désormais associées comme les Crus Classés 1855, l’Union des Grands Crus, l’Académie du Vin, le Grand Conseil, tout le monde est aujourd’hui présent, ça fait parte de leur patrimoine ».

Bordeaux Fête le Vin 2014 avec Stépan Delaux, Alain Juppé et Tom Labonge © JPS

« Au final ces fêtes du vin, on les a monté avec des amis et avec des partenariats. Parmi eux, il y a eu Tom Labonge, le maire de Hollywood, un personnage incroyable, une personnalité très joviale et très francophile, amoureux du vin. Avec lui on était dans des camions de pompiers à L.A., on a eu avec lui notamment lors de Bordeaux Fête le Vin une relation tellement amicale et joyeuse…Le vin s’y prête aussi largement. » Un moment apprécié également par Côté Châteaux qui a eu la joie d’immortaliser cet instant où Alain Juppé avait fendu l’armure, avec Stéphan Delaux et Tom Labonge, et mis ce chapeau si sympathique de la Fête du Vin.

Alain Juppé, Sylvie Cazes, la présidente de la Fondation pour la Culture et les civilisations du vin et Bernard Farges, président du CIVB en février 2016 © JPS

POUR SYLVIE CAZES : « LA CITE DU VIN, CELA A ETE SA VOLONTE TRES FORTE »

Sylvie Cazes la présidente de la Fondation pour la Culture et les Civilisations du Vin a été au coeur de la genèse du projet et l’a préparé durant de nombreuses années avec le maire de Bordeaux : « La Cité du Vin, cela a été sa volonté très forte, très assumée. Il avait déjà eu l’idée depuis quelques années, mais cela avait été contré par la profession qui ne voyait pas trop d’intérêt dans l’oenotourisme. Après, je lui ai dit que la profession était prête, il a alors mis tout en oeuvre pour que cela se fasse… Il était très à l’écoute du monde du vin, des professionnels, de Philippe Massol et des agences, et était très respectueux des choix opérés par les viticulteurs ».

« Il a été très heureux que cela puisse voir le jour et rattacher ainsi la ville à son vignoble. Il a eu un rôle de rassembleur avec les mécènes de la Cité du Vin. Il s’est beaucoup impliqué dans le projet, il est allé chercher l’Europe… Quand on a créé la fondation « American Friends of la Cité du Vin », il était aussi présent aux Nations-Unies lors d’un dîner à New-York avec de nombreux ambassadeurs et mécènes américains. Il a porté haut les couleurs de Bordeaux lors de cette soirée, c’est là où je me suis rendue compte de sa dimension internationale ».

Ce retrait de la vie politique annoncé la semaine passée et appris mercredi après-midi a été « soudain, inattendu, ni moi, ni Gaétan n’étions dans la confidence. On a même pensé à une « fake-news ». Il avait d’ailleurs participé le 31 janvier au 4e dîner de gala de la Cité du Vin, je l’ai trouvé très détendu, profitant du moment, un vrai bonheur d’être là. Evidemment pour nous, cela a été un choc, il va beaucoup manquer à la Cité du Vin… »

Si la page Alain Juppé se tourne, les événements et projets ont été mis en place et ont prouvé leur succès et efficacité. Un bilan plutôt positif pour la filière vin, qui va continuer à profiter et faire fructifier cet héritage culturel autour du vin.

18 Fév

Ronan Laborde sur l’Union des Grands Crus de Bordeaux : « C’est une des associations dans le monde qui fait le plus parler d’elle »

Installé depuis mercredi après-midi dans le fauteuil de Président de l’UGCB, Ronan Laborde revient pour Côté Châteaux sur son parcours au sein de cette grande association et sur la notoriété de l’UGCB qui fait rayonner le nom et les vins de Bordeaux à travers la planète vin. Il est l’invité de Parole d’Expert ce mois-ci.

Ronan Laborde présentant en mars 2017 ses nouvelles installations qui peuvent contenir 900000 bouteilles © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Ronan Laborde bonjour, revenons sur votre parcours au sein de l’Union des Grands Crus, cela fait combien de temps que vous en faîtes partie ? »

Ronan Laborde : « Château Clinet est membre depuis longtemps… Alors que l’Union des Grands Crus de Bordeaux a été créée en 1973, Clinet y est entré en 1986 et moi-même en 2003; j’ai fait quasiment tous les voyages de l’Union…

« Patrick Marotaux et Sylvie Cazes m’ont intégré dans l’Union à un poste qui s’appelait administrateur stagiaire car j’avais moins de 30 ans à l’époque et on n’avait pas le droit de vote, mais on participait aux débats. Ensuite, on nous a présenté pour entrer au conseil d’administration et être membre de plein droit. Après je suis monté au bureau, l’instance qui organise et prépare les travaux avec le Conseil d’Administration. J’étais auprès du Président, j’accompagnais ces deux dernières années Olivier Bernard, comme vice-président de la rive droite et l’ai soutenu autant que je le pouvais et notamment au sien de quelques commissions de travail. »

Le nouveau chai Clinet et Ronan by Clinet à Pomerol © JPS

JPS : « Quelle est aujourd’hui l’aura ou la notoriété qui entoure l’Union des Grands Crus de Bordeaux ? »

Ronan Laborde : « C’est une des associations dans le monde qui fait le plus parler d’elle… On organise 60 événements à l’année, quelques-uns en France mais aussi à l’étranger, on visite une quinzaine de pays chaque année ; on s’appuie sur les zones où il y a une consommation effective ou potentielle.

« On fait un tour d’Amérique du Nord, qui fait une dizaine de jours, on voyage également en Asie entre une à deux fois par an, mais aussi en Europe de manière plus « spot » : au Royaume-Uni, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne… »

« Nous avons 134 membres au sein de l’association, on rassemble 80% des grands crus de Bordeaux. On a entre 100 et 122 qui participent à nos événements, les membres sont extrêmement mobilisés. »

Olivier Bernard et un fan du week-end de l’Union des Grands Crus en mai 2017 au Hangar 14 © JPS

JPS : « Quelle est la différence finalement entre l’UGCB et l’association des crus classés 1855, y a-t-il une rivalité, concurrence ou pas entre ces deux associations ? »

Ronan Laborde : « Non, il n’y a pas de problème ni de rivalité, il y a surtout une entente très cordiale entre toutes les associations bordelaise. Nous essayons de promouvoir tout ce qui correspond à un grand terroir de Bordeaux, nous parlons qualité et nos crus sont d’un très haut niveau. Nous avons dans notre associations une cinquantaine de crus classés 1855 (c’est un beau taux), il y a des crus classé mais aussi des « assimilés ». Pomerol en est l’exemple type, car il n’y a pas de classement. On laisse la porte ouverte à des crus qui n’ont pas été classés. L’association des crus classés 1855 protège la notion de classement historique. »

Simon Devavry, caviste, avec Eric Perrin du château Carbonnieux au week-end des Grands Crus en mai 2017 © JPS

JPS : « Quelles sont vos prochaines actions, j’imagine cela va être surtout ce grand rendez-vous des primeurs ? »

Ronan Laborde : « A court terme, il n’y aura que des changements marginaux, car l’Union travaille sur un calendrier prévu un an à l’avance, tout est calé : on part sur une prochain rendez-vous au Bénélux entre Bruxelles et Anvers notamment, puis il va y avoir ProWein et ensuite et surtout les primeurs.

« Concernant les primeurs, nous avons fait un travail pour mieux connaître les journalistes que nous accueillons… Nous avions un fichier de 200 journalistes et maintenant nous sommes à 350, en essayant de cerner la particularité de certains : il y a ceux qui analysent le vin, dont c’est le métier, il y en a d’autres qui parlent de l’actualité des primeurs et de l’aspect du vin, il y a aussi l’aspect économique de ce rendez-vous. Cela on ne va le changer.

Ronan Laborde présente ses nouvelles installations qui peuvent contenir 900000 bouteilles © JPS

L’accueil est très important car les journalistes portent le message partout dans le monde durant cette semaine des primeurs, aussi nous leur proposons et des dégustations et de se rendre dans les propriétés : cela nous tient à coeur de leur donner plusieurs opportunités pour déguster et découvrir les grands crus.

Lundi il y aura la dégustation des professionnels et des étrangers au Hangar 14 à Bordeaux, mardi mercredi et jeudi, ce seront des dégustations au sein des châteaux… »

Un programme qui s’annonce chargé et très passionnant pour Ronan Laborde, que suivra avec attention Côté Châteaux. Ronan Laborde qui précise par ailleurs qu’ « Olivier Bernard demeure vice-président de l’UGCB pour Pessac-Léognan, Graves, Sauternes et Barsac ». Bravo pour leur dévouement à tous les deux et autres autres membres de l’Union.

17 Fév

La Chine a réduit de 6% ses importations de vins en 2018

Les importations de vins par la Chine ont baissé globalement de 6% en valeur en 2018, illustrant le ralentissement de la croissance dans le pays, selon une estimation de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).

Globalement « en valeur, les importations chinoises de vin ont baissé de 6% » l’an passé, a indiqué Antoine Leccia, président de la Fédération, lors d’une conférence de presse à Paris. « Nous avons mis en place un observatoire de tous les vins étrangers dédouanés en Chine », pour pouvoir calculer une estimation précise des importations chinoises de vins, quelles que soient les routes commerciales empruntées par les marchandises (vente directe ou réexportation), a expliqué M. Leccia en substance.

« Le seul pays producteur qui a vu ses exportations progresser l’an passé vers la Chine est le Chili, car il n’y a plus de taxe sur les vins chiliens depuis 2016 grâce à un accord de libre échange entre les deux pays », a-t-il relevé.

Selon cet observatoire, l’Italie, la France et l’Espagne, les trois premiers pays producteurs du monde, et exportateurs, subissent des baisses, mais dans des ampleurs très différentes: le recul des importations chinoises s’élève ainsi à 3,5% pour les vins italiens, à -8,7% pour les vins français, et à -20% pour les crus espagnols, a dit M. Leccia.

En ce qui concerne la France, le recul est sensiblement moins important que la baisse de 14,4% sur les exportations directes de vins et spiritueux vers la Chine annoncée par la FEVS mercredi.

« Ceci s’explique car l’observatoire nous permet de prendre en compte tous les vins d’un même pays qui arrivent en Chine, et nous prenons donc en compte aussi bien les exportations directes de la France vers la Chine que les vins français qui transitent par Singapour, Hong Kong ou le Royaume-Uni et sont ensuite réexportés vers la Chine » a expliqué un responsable de la FEVS.

AFP.

16 Fév

Ronan Laborde succède à Olivier Bernard comme nouveau président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux

Ronan Laborde, le patron de Château Clinet à Pomerol, a été élu mercredi soir nouveau président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux. Un jeune président qui succède à un autre jeune dans sa tête Olivier Bernard, au terme de 2 mandats. Chapeau messieurs.

Ronan Laborde à Pomerol en mars 2017 © JPS

C’est la nouvelle génération de Bordeaux. Ronan Laborde est ce jeune propriétaire dynamique qui est à la tête de Clinet et de la marque Ronan by Clinet à Pomerol. Nous l’avions rencontré il y a deux ans pour la réalisation de notre magazine sur les nouveaux chais à Bordeaux.

Ronan Laborde s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs: Patrick Maroteaux et Sylvie Cazes l’ ont invité à faire partie de l’Union des Grands Crus de Bordeaux en 2003. L’UGCB, c’est cet organisme qui défend les grands crus de Bordeaux à travers des dégustations en France et dans le monde et qui a lancé le fameux week-end des Grands Crus au mois de mai, et qui l’an dernier avait été jumelé avec la gigantesque fête du vin.

C’est donc un président un petit peu plus jeune que le précédent, le très dynamique Olivier Bernard qui a rempli 2 grands mandats et mouillé le maillot comme on dit, qui prend les rênes de l’UGCB :  « nous souhaitons continuer les belles actions entreprises depuis des années. Les leviers d’amélioration sont marginaux, les comptes sont bons, les taux de participation aux événements également. Sur 134 membres, 111 étaient présents lors de notre dégustation parisienne cette semaine, 122 nous ont suivis à Londres et 100 aux États-Unis » a-t-il confié à Terre de Vins.

Ronan Laborde va faire ses premiers pas de président à l’occasion du grand rendez-vous international de la Semaine des Primeurs début avril : « nous proposons cette année une nouvelle formule pour les primeurs. Plus personnalisée, elle permettra aux journalistes de déguster les primeurs 2018 plusieurs fois et à leur rythme ». Bonne chance au nouveau président de l’UGCB.

A lire sur Terre de Vins, revoir également  le magazine sur les nouveaux chais du bordelais avec Ronan Laborde réalisé sur France 3 Aquitaine :

« Bordeaux, la métamorphose » : le magazine sur les nouveaux chais

15 Fév

Vins et alcools: en 2018, la France a exporté moins mais mieux

La France a atteint un nouveau record d’exportation pour ses vins et alcools l’an passé, avec 13,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’étranger, malgré une baisse globale des volumes  et des reculs sur certains marchés sensibles comme la Chine.

Le Cognac a une fois de plus tiré les exportations vers le haut, ici chez Hennessy © JPS

Entre les inquiétudes liées au Brexit, le « risque » de voir l’imposition de taxes sur le vin aux Etats-Unis, ou des « difficultés de négociation » sur des certificats sanitaires en Chine, l’année 2018 a été une année « pleine d’incertitudes politiques » pour les exportateurs, a déclaré Antoine Leccia, président de la Fédération des Exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), au cours d’une conférence de presse à Paris.

En volume, les exportations françaises de vins et spiritueux ont reculé de 2,7% l’an passé, les vins d’appellations non pétillants chutant de 9,8%, en grande partie en raison de la récolte « historiquement faible » de raisin en 2017 due à des problèmes climatiques.

En valeur néanmoins, le montant des exportations françaises a continué de bondir (+2,4%) par rapport à 2017, grâce notamment au cognac. La Fédération s’est ainsi félicitée de la « quatrième année consécutive » de hausse du chiffre d’affaires global, qui passe « pour la première fois » de son histoire au-dessus de 13 milliards d’euros.

Les vins et spiritueux constituent le deuxième poste d’excédent de la balance commerciale française, derrière l’aéronautique.

ANNEE COMPLIQUEE VOIRE DIFFICILE POUR BORDEAUX

Les cinq premiers marchés restent les Etats-Unis (3,2 milliards d’euros, +4,6%), le Royaume-Uni (1,3 milliard d’euros, -0,6%), la Chine (1 milliard d’euros, -14,4%), Singapour (901 millions d’euros, +8,3%) et l’Allemagne (878 millions d’euros, +4%).

Bordeaux, touché de plein fouet par la chute de moitié de la récolte en 2017 et la baisse des exportations de vins AOC, a vécu une année « compliquée » , voire « difficile », mais s’en est « plutôt bien sorti », a estimé Philippe Casteja, PDG du groupe familial Borie-Manoux qui possède dix châteaux (Saint-Emilion, Pomerol, Saint-Estèphe).

Selon lui, les baisses ont surtout touché les « entrées de gamme », alors que sur les grands vins, la moyenne des prix a « plutôt monté ».

A noter, la hausse de 1,3% en volume et de 5,3% en valeur des exportations de vins à cépages sans indication géographique.

Ces vins, réunis sous le label « Vins de France » lancé il y a dix ans, sont destinés à capter le marché d’entrée de gamme et à satisfaire les consommateurs anglo-saxons, dont le choix est déterminé plus par le cépage que par le terroir. « Ces vins sont excellents pour capter une clientèle d’entrée de gamme, mais malheureusement la France a procédé à beaucoup d’arrachages de vigne dans le Languedoc et risque maintenant de manquer de volumes » pour satisfaire ces marchés, notait un expert en marge de la conférence.

Au chapitre des succès, le cognac a réalisé une « très bonne année 2018 en volume
et en valeur », selon le PDG de Courvoisier Patrice Pinet, également président du syndicat des maisons de cognac. Le chiffre d’affaires export de la filière s’est élevé à 3,12 milliards d’euros (+1,7%).

« Aux Etats-Unis, le premier marché, cognac a envoyé 90 millions de bouteilles » (+5%), profitant « de la croissance américaine et de la mode des alcools bruns ».

Les ventes ont progressé de 5,9% vers l’Asie « avec des marges de progression importantes », a-t-il ajouté. Le cognac a aussi une « bonne dynamique » dans certains pays africains, comme l’Afrique du sud et le Nigeria.

Toute la filière du vin française reste néanmoins très inquiète sur l’évolution du Brexit « à 43 jours de la date fatidique », a souligné M. Casteja. « Les importateurs britanniques nous suivent depuis des centaines d’années, nous restons confiants dans nos relations d’intimité », a-t-il ajouté pour se rassurer.

AFP.

12 Fév

Philippe Faure-Brac, on boit ses paroles sur la vocation de sommelier : « c’est un métier de passion, réellement de passion, c’est juste un métier fantastique. »

Les sommeliers français étaient réunis dimanche et lundi à Bordeaux, l’Union Nationale de la Sommellerie tenait d’ailleurs son conseil d’administration au Mercure Mériadeck. L’occasion d’interroger son président et aussi meilleur sommelier du monde 1992. Philippe Faure-Brac est l’invité de Parole d’Expert pour Côté Châteaux.

Jean-Pierre Stahl : « Bonjour Philippe Faure-Brac. Comment se porte aujourd’hui la sommellerie française ? »

Philippe Faure-Brac : « La sommellerie française se porte bien, elle fête d’ailleurs cette année son cinquantième anniversaire. Cinq décennies d’histoire des fédérations de toutes les associations régionales. C’est une association qui reste extrêmement active, il y a plus de 1500 membres au niveau national ce qui est déjà une bonne chose ».

« Et puis surtout on intervient de plus en plus dans les écoles où les élèves sont en formation, pour présenter le métier, en travaillant avec le Ministère de l’Education nationale pour le référentiel de formation et c’est toujours une sommellerie qui est le repère au niveau international parce que beaucoup d’étrangers viennent en France pour se former auprès des sommeliers. »

 JPS :  » C’est dit-on un métier qui manque de bras ? »

Philippe Faure-Brac : « C’est un métier dans lequel il n’y a pas de chômage et où les bonnes volontés sont les bienvenues. C’est un métier passionnant et on s’aperçoit que cela donne une sorte de statut particulier : on arrive dans un restaurant et même dans une réception, on voit qu’il y a quelqu’un qui a la grappe… Spontanément, on a envie d’aller le voir, de discuter avec lui, de lui demander des conseils, on sait que c’est quelqu’un qui a de la culture…et qui a de la profondeur dans son explication, qui a du vécu souvent, donc c’est un vrai repère et il y a beaucoup de travail dans cet univers là. »

JPS : « Est-ce que c’est difficile d’acquérir toute cette connaissance ? »

Philippe Faure-Brac : « Cela peut des fois montrer que c’est une montagne inaccessible, mais c’est ce qui fait aussi la beauté de notre métier, c’est qu‘il n’y a pas de limite effectivement dans la connaissance. C’est difficile, peut-être, mais comme on dit : tout ce qui est difficile peut être aussi attractif. Et c’est vrai que la difficulté d’apprendre est une source de motivation voire d’épanouissement super intéressante. »

JPS : « Après il faut vraiment avoir la vocation parce qu’il y a des horaires, ce sont ceux de la restauration, de l’hôtellerie et forcément il faut avoir un peu cette mission de  » « moine-soldat » ?

Philippe Faure-Brac : « C’est un métier de passion, réellement de passion, donc on ne compte pas ses horaires, quand on finit le service on peut aller faire des dégustations, on peut se plonger dans un bouquin, on peut aller rencontrer des confrères, il n’y a pas trop de limite, il faut en avoir conscience et être très serein avec cette dimension là des choses, parce que c’est juste un métier fantastique ! C’est un métier où on se lève le matin et on a envie d’apprendre pour mieux partager, c’est ça vraiment la vocation de notre métier. »

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