19 Oct

Cérons: la petite appellation de liquoreux qui ne manque pas de fraîcheur

C’est la plus petite appellation de Gironde. Une appellation de liquoreux moins connue que Sauternes, mais appréciée aussi des amateurs de vins. Focus sur cette petite appellation de 30 hectares et ses 15 vignerons qui la font vivre. Rencontre avec la jeune génération, des figures et la présidente de ces Grands Vins de Cérons.

Au Clos Bourgelat, à Cérons, Antoine Lafosse donne ses dernières consignes pour ces vendanges par tries successives: « là on fait les liquoreux, essentiellement le Cérons, pour ceux qui connaissent, il y a du pourri sec et il y a du pourri plein donc prenez essentiellement du pourri sec. Quand il y a des graines de pourri plein, vous pouvez prendre aussi, mais pas de pourriture pas jolie, de pourriture aigre qu’il faut enlever », précise Antoine Lafosse.

Un travail d’orfèvre, un ramassage à la main parfois grain par grain, de cet hectare et demi, en faisant attention d’ôter la pourriture aigre très présente cette année, pour ne garder que la pourriture noble, les baies botrytisées.

Antoine Lafosse du Clos Bourgelat © Jean-Pierre Stahl

Le terroir de Cérons est un bon terroir pour faire des liquoreux, on est sur un terroir de graves, vous pouvez le constater au sol, on n’a que des gros galets, c’est  un terroir silico-gravaleux avec un sous sol calcaire qui va donner au vin sa fraîcheur », Antoine Lafosse du Clos Bourgelat.

« Là on a un joli botrytis, où les graines sont bien dégagées et riche en sucre, c’est le but de l’opération », explique Xavier Perromat, propriétaire de l’emblème d l’appellation le château de Cérons…

Cérons est la plus petite appellation de Gironde, avec seulement 15 vignerons sur 30 hectares en production. Des vignerons qui produisent à la fois des vins de Graves en blancs et en rouge généralement mais aussi du liquoreux en Cérons, comme Xavier Perromat.

Xavier et Caroline Perromat propriétaires du château de Cérons © Jean-Pierre Stahl

C’est une appellation effectivement confidentielle mais connue des grands amateurs car c’est un terroir particulier, c’est le micro-climat on est en limite de la petite rivière du Ciron donc le brouillard vient lécher Cérons mais avec des concentrations un petit peu moins fortes », Xavier Perromat château de Cérons.

La magie du Ciron opère à l’automne avec la formation de brouillard dans le Sauternais et favorisant la formation du botrytis cinera © JPS

Vigneronne installée depuis 2015, Aurélia Souchal, la présidente des Grands Vins de Cérons, a connu sur sa propriété le gel et la grêle en 2017. Cela ne l’a pas empêché de continuer à mener son vignoble dans une certaine philosophie et démarche environnementale:

Aurélia Souchal présidente des Grands Vins de Cérons et propriétaire des châteaux Salut et Huradin © JPS

On une conscience environnementale, on a une certification Terra Vitis, on n’utilise plus d’herbicide, on n’utilise plus de produit chimique, on fait attention à ce que l’on fait, histoire de respecter la nature, l’environnement et nos voisins, Aurélia Souchal président des Grands Vins de Cérons ».

Cérons se démarque généralement de Sauternes par rapport à un taux de sucre résiduel légèrement moins élevé: « là on est sur un vin qui est aux alentours de 100, 110 grammes par litre de sucre, ce qui déjà bien bien sucré mais avec cette fraicheur, cette acidité, on a l’impression que c’est plus facile à boire, que c’est plus digeste », commente Antoine Lafosse du Clos Bourgelat.

De la fraîcheur pour relancer quelque peu ces liquoreux parfois délaissés à tort par le consommateur, c’est le secret de cette appellation et des vignerosn qui l’a font vivre.

18 Sep

Dossier vendanges à Bordeaux : quand doit-on débuter la récolte ? « C’est principalement la dégustation des baies qui fait qu’on déclenche une vendange »

C’est reparti pour les dossiers « vigne & vin » une fois par mois le jeudi dans le 12/13 sur France 3 Aquitaine. Ce jeudi, nous vous proposons de vous éclairer sur cette question presque existentielle pour le vigneron: savoir quand faut-il donner le feu vert pour vendanger. Eléments de réponse au château Gazin qui a débuté jeudi ses vendanges de merlots, puis au Clos Saint-Julien qui a attendu ce jour pour vendanger et enfin au laboratoire Oenoteam à Libourne qui sur la base d’analyses donne des renseignements et des conseils aux propriétés. A voir dès midi avec l’analyse en plateau de Frédéric Lot.

Christophe de Bailliencourt et Michaël Obert du château Gazin à Pomerol © JPS

8 heures au château Gazin, un terroir magnifique sur le plateau de Pomerol… Nicolas et Christophe de Bailliencourt les co-propriétaires se rendent dans leurs parcelles de vignes prêtes à être vendangées. C’est Michaël Obert, le directeur du château, ingénieur agronome et oenologue, qui a donné le coup d’envoi des équipes de vendangeurs dès jeudi dernier, dès le 12 septembre:

C’est un moment où il ne faut pas se louper, Michaël fait le tour du vignoble tous les matins, et petit à petit, il sent les choses venir. Ce n’est pas un déclenchement pour toute la vendange, on ajuste en fonction du temps et de la maturité. Là, c’est parti pour 2 ou 3 jours et on prendra le temps de réfléchir ensuite… », Christophe de Bailliencourt château Gazin.

Les premiers merlots ramassés a château Gazin © JPS

Ce château de Pomerol est parmi les plus précoces, mais en ce 17 septembre, son illustre voisin Pétrus a aussi fait sortir ses vendangeurs, tout comme la Conseillante, non loin. « Ici à Pomerol on vendange toujours 8 jours avant Saint-Emilion, et Saint-Emilion 8 jours avant les Côtes de Castillon… », me confie-t-il.

La date de vendanges a tout de même ici été avancée : « on a vendangé une semaine avant par rapport à nos prévisions du fait des températures qui ont remonté. Ca se ramasse bien, après nous avons de petites baies très concentrées, par manque d’eau. On devrait obtenir un rendement dans la moyenne décennale de 40 hectolitres à l’hectare », explique Michaël Obert.

Si ce château appartient à la famille depuis plus d’un siècle, depuis 1918 avec Louis Soualle, le lancement des vendanges à la bonne date est toujours une question cruciale à laquelle on n’y répond que chaque année, qu’à chaque millésime et selon les conditions climatiques différentes.

Pour lancer une vendange, il y a plusieurs paramètres, il y a bien évidemment les équilibres entre les taux de sucre et l’acidité, mais actuellement on est plus dans une philosophie du goût du raisin, du goût du vin et surtout de la qualité des tanins, mais c’est principalement la dégustation des baies qui fait qu’on déclenche une vendange, » Michaël Obert directeur de château Gazin.

Michaël Obert et Christophe de Bailliencourt goûtant les premiers jus de 2019 © JPS

Arrivé au chai, Christophe de Bailliencourt est fier de montrer ce bel outil technique pour la réception de vendanges avec sa table de tri et sa dizaine de personnes qui sont chargées d’éliminer tout élément végétal de ce tapis de caviar noir… « On ne recherche pas la surconcentration, la surmaturité, on cherche à préserver le fruit et la fraîcheur, on est dans le grand Pomerol classique », me confie-t-il.

Sophie Aribaud et Catherine Papon, goûtant les baies du Clos Saint-Julien © JPS

Au Clos Saint-Julien, vignoble en bio, juste à côté des Grandes Murailles des Saint-Emilion, chez Catherine Papon, on est encore en train de goûter les baies. Elle est accompagnée de sa conseillère viticole, Sophie Aribaud, qui lui apporte son aide précieuse pour déterminer la bonne maturité de ses merlots: cet été, ils ont un peu souffert du manque d’eau, comme partout à Bordeaux:

On observe en ouvrant la baie les pépins (2 à 3), la chair qui se détache et les anthocyanes, la couleur qui vient de la pellicule © JPS

« Il faut bien goûter car c’est une année assez hétérogène qui a démarré dans la difficulté, » explique Sophie Aribaud.« On a une année plein de contrastes le gel, et puis cette fin de saison qui est chaude et sèche, ce qui fait qu’on peut avoir un raisin qui se flétrit vite, chargé en sucre et avec des acidités pour lesquelles il faut aussi faire attention, » continue Sophie Aribaud conseillère viticole.

Tout est une question de choix et de philosophie dans la manière de conduire son vignoble, de l’amener de la floraison à la maturité souhaité et jusque dans la cuve : 

Il faut savoir si on veut faire des vins très riches, très tanniques, avec beaucoup d’alcool et peu d’acidité ou si au contraire on veut faire des vins un peu plus sur le fruit, nous on est en bio depuis 10 ans et on considère que le fruit c’est important…Que les équilibres tanins, anthocyanes et acidités sont très importants » Catherine Papon du Clos Saint-Julien

La décision a donc été prise de démarrer le ramassage des merlots dès ce mercredi 18 septembre au Clos Saint-Julien, 1 hectare et demi en Saint-Emilion.

A quelques kilomètres de là, au laboratoire Oenoteam, cela bouillonne, cette effervescence est due aux analyses qui se succèdent sur les baies prélevées dans les parcelles de châteaux et dans les préparations, ces baies broyées et laissées macérées,des jus mixés aux odeurs de fruits prononcés, certains sentant même la fraise…

« Toutes les analyses que l’on fait sont indispensables à la prise de décision mais elles ne se suffisent pas à elle-mêmes car cela ne remplace absolument pas le travail de terrain…qui consiste à aller déguster des baies mais aussi observer l’état général du vignoble », commente Marie-Laure Badet-Murat, oenologue associée à Stéphane Toutounji, Thomas Duclos et Julien Belle chez Oenoteam.

Stéphane Toutoundji et Marie-Laure, du laboratoire Oenoteam à Libourne et bientôt à Pauillac… © JPS

« On va contrôler d’abord la maturité technique: l’équilibre entre le sucre et l’acidité, éventuellement s’il y a des carences pour certains nutriments au niveau de la fermentation alcoolique, c’est vraiment la base, ensuite on a des analyses plus spécifiques pour caractériser la maturité phénollique, des composés qui vont donner la couleur et la structure donc la capacité de vieillissement du vin. »

Comme quoi ce déclenchement de vendanges correspond en partie à une science mais pas tout-à-fait exacte, l’humain joue beaucoup, à travers l’observation à la vigne et dans cette capacité gustative à déceler, en goûtant la baie, l’instant T, celui de la jusTe MATURITE.

Un dossier réalisé par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Boris Chague, à voir ce jeudi dans le 12/13 de France 3 Aquitaine avec l’éclairage de Frédéric Lot, expert en vins : 

 

21 Mai

Nouveaux modes de consommation : les rosés, les blancs, vont-ils damer le pion aux rouges ?

La consommation de vin en France évolue… Vu que les gens mangent moins de viande (en baisse de 12%) et que les apéros s’éternisent, les rosés et les blancs gagnent en parts de marchés. Les rosés représentent environ 30% de la consommation en France, de quoi laisser espérer les rosés de Bordeaux…qui pour l’heure ne représentent  que 4% de la production face au 84% de rouges produits et 9% de blancs secs.

Carole Lecourt du château Lecourt Caillet © JPS

Les vignerons de Bordeaux à l’assaut des nouveaux consommateurs. Avec 30% de rosés consommés en France, les Bordeaux Rosés ont d’énormes parts de marchés à prendre. « C’est un 2018, on a cherché à faire quelque chose qui a quand même du goût et une longueur en bouche, et qui est quand même sympathique », commente Patrick Carteyron vigneron à Génissac en Gironde venu faire déguster son château Pénin rosé à la Brasserie Bordelaise.

« Félicitations, c’est très réussi, c’est fin au nez, en bouche il y a un jloi gras, une belle acidité, cela sera un compagnon parfait pour cet été », commente Guillaume Gresta directeur du Bar à Vins du CIVB qui connaît bien cette nouvelle génération de consommateurs et de touristes qui fréquentent le bar à vin du CIVB: « la famille des rosés et des clairets représente 8% de la consommation au bar à vins du CIVB »

Le niveau de qualité des Bordeaux Rosés a franchi plusieurs paliers ces dernières années et au niveau de la couleur, on est vraiment sur les codes de couleur que le marché recherche », Guillaume Gresta Bar à Vins du CIVB.

Guillaume Gresta, du bar à vins du CIVB, et Guillaume Leygues, caviste à l’Intendant © JPS

Manager à L’Intendant (Groupe Duclot), caviste allées de Tourny à Bordeaux, Guillaume Leygues donne la température et les habitudes de sa clientèle : « on achète facilement une bouteille ou 2 suivant le nombre de personnes que l’on est à l’apéro, et puis ça vous tapisse le palais pour la suite, et puis vous pouvez faire tout un repas aussi ».

Si les Côtes de Provence sont leaders avec leurs rosés pâles, les Bordeaux ont de la marge avec seulement 26 millions de bouteilles produites.

Effectivement, il y a un engouement sur les rosés aujourd’hui, les Provences sont leader sur ce vin mais les Bordeaux Rosés ils existent, ils ont leur charme, une belle couleur. On a quand même une production de 200000 hectolitres de Bordeaux Rosés, » Patrick Carteyron du château Penin.

« Il y a encore beaucoup  de restaurants bordelais qui n’ont même pas un rosé de Bordeaux à leur carte, c’est un scandale, il y a quelque chose à corriger et on s’y emploie », complète Patrick Carteyron.

Andrea Lobre du château l’Aubrade

Vu que les gens consomment moins de viande (12% de mois depuis 10 ans), et que les apéritifs s’éternisent, rosés et blancs tirent leur épingle du jeu auprès des jeunes et des femmes notamment. « Bordeaux est surtout connu pour ses rouges, mais c’est vrai que le blanc c’est le compagnon idéal pour l’apéritif entre autre, et ça va très bien avec les fruits de mer », commente Andrea Lobre qui avec son mari Jean-Christophe produisent 15000 bouteilles de blancs par an et 30000 de rosés avec leur château l’Aubrade.

Sur le terrain, ce sont 1400 vignerons qui aujourd’hui font du rosé à Bordeaux, à l’instar de Carole Lecourt, qui a lancé 2 types de rosés avec son père: le 1er traditionnel château Lecourt-Caillet et le second créé par Carole son « Rosé Princesse »

Nous avons deux rosés sur la propriété, un rosé 100% merlot et un rosé 100% cabernet franc que l’on travaille de manière identique : vendanges très tôt le matin, sur des jeunes vignes avec des raisins à faible maturité pour avoir un rosé frais et vif, »  Carole Lecourt du château Lecourt-Caillet.

« Chaque année on augmente notre production, nous avons beaucoup de demandes, on fait de plus en plus de rosés et on est rendu à 20000 bouteilles de rosés sur un total de 150000 à 200000 entre les 3 couleurs (blanc, rouge et rosé) », m’explique Carole Lecourt.

44% des ventes de rosés s’effectuent l’été pour les Bordeaux Rosés, qui par ailleurs ont aussi d’autres parts de marchés à gagner avec l’export car la proportion de rosés exportés n’est que de 17%. Certains marchés comme les Etats-Unis sont aujourd’hui matures pour le rosé et vu que c’est le 1er pays consommateur de vin au monde… De quoi laisser rêveur.

Ces vignerons bordelais savent en tout cas que pour concurrencer les rosés de Provence, ils doivent produire des rosés les plus clairs possibles…

11 Mar

Vin en jarre : plus qu’une mode, une recherche de fruité, de pureté et de complexité

Depuis 10 ans, on voit fleurir de plus en plus de jarres ou amphores en terre cuite dans les chais du bordelais. Effet de mode ? Pas vraiment. Une recherche de plus de fruit et de complexité. Des vins encore plus fins qui donnent une autre touche à l’assemblage final ou des vins réalisés en quasi-totalité en amphore.

Guilaume Pouthier, une fine lame dans le monde du vin © JPS

Avec son chai futuriste dessiné par Philippe Starck, le château des Carmes Haut-Brion, en Pessac-Léognan, renoue aussi avec le passé.

Le chai dessiné par Philippe Starck et réalisé par Luc-Arsène Henry © JPS

Son directeur, Guillaume Pouthier, ingénieur agronome, aime essayer tous les outils, mis à sa disposition. Des cuves inox, en passant par des foudres bois tronconiques inversés, en passant par des cuves en béton. Il a toujours ce souci de recherche, mais avec bien sûr un élevage traditionnel en barriques de chêne et 75% de bois neuf.

Et depuis presque 7 ans, il a aussi introduit ces petits oeufs au fond du chai, des jarres en terre cuite, au deuxième niveau du chai thermo-régulé des Carmes Haut-Brion, en dessous du niveau du Peugue.

« On ne change pas nos traditions, car on élève toujours notre vin en barrique à hauteur de 90%, par contre depuis le millésime 2012, on a fait une expérimentation en amphores ou en jarres… Des jarres qui varient entre 2 et 4 hectolitres, avec des cuissons différentes pour amener quelque chose de différent dans l’élevage : un peu plus de complexité à notre grand vin. »

Cette vingtaine de jarres en terre cuite renferme 9 à 11% de vin qui ira dans l’assemblage final.

« Nous , on a opté pour deux types de jarres. Une type de jarre cuite à 800°C qui permet elle un échange gazeux avec l’extérieur, c’est à peu près l’équivalent d’un échange gazeux d’une barrique ».

La différence, c’est que dans une barrique vous apportez du toasté ou de l’aromatique secondaire, alors que dans une jarre, vous ne gardez que le principe aromatique du raisin. On a aussi opté pour des jarres cuites à 1200°, et là carrément on fige le vin et il n’y a plus d’échange avec l’extérieur. Là on va travailler la réduction et l’aromatique de réduction, » Guillaume Pouthier directeur des Carmes Haut-Brion.

Le château Mangot en Saint-Emilion Grand Cru © JPS

Au château Mangot à Saint-Etienne-de-Lisse, les frères Todeschini, Karl et Yann, autres grands techniciens et vinificateurs en Saint-Emilion Grand Cru, ont commencé à expérimenter depuis 2 ans les jarres et les amphores.

4 types de 160 litres à 10 hectolitres, en argile de Castelnaudary et de Toscane en Italie, de 2 à 3 centimètres d’épaisseur, cuites entre 1045 pour les plus petites à 1200° (par palier durant 72 heures).

On a toujours cherché à ce que la barrique soit discrète, que la barrique s’efface et que ce soit le vin qui soit en avant. Malgré tout une barrique, ça apporte toujours de la structure, même si on travaille avec des barriques avec des chauffes très légères respectueuses du fruit.

Nous on a des vins qui ont déjà une structure naturelle assez puissante, de par les terroirs calcaires et des petits rendements, donc on ne cherche pas à ce que le contenant qui soit bois ou terre apporte une structure. Et l’amphore se dessine là pour préserver l’aromatique, le côté juteux, croquant et aussi la texture, » Yann Todeschini de Mangot.

Ces vins en jarre sont élevés entre 3 mois et jusqu’à 10 à 12 mois dans les plus gros contenants. Une cuvée spéciale a été réalisée, l’Autre Mangot, 100% en amphore.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer : 

18 Déc

Focus sur le Pacherenc du Vic-Bilh, un moelleux de fête

C’est une petite appellation de 300 hectares, mais avec une sacré savoir-faire. Le Pacherenc vaut le détour au pied des Pyrénées, une idée de moelleux (et de blanc sec) à servir sur les tables de fêtes.

Clément Bousquet en pleine récolte du petit manseng © Jean-Pierre Stahl

A Arroses, petit village aux 145 âmes du Béarn, près de Madiran, la famille Bousquet cultive depuis 1745 au pied des Pyrénées ces raisins dorés : petit manseng, gros manseng, arruffiac et petit courbu, qui vont donner un vin moelleux sur un terroir d’argile graveleuse.

Ce n’est pas le botrytis qui est recherché ici mais le passerillage, des grains séchés par le vent, le soleil et le gel © JPS

Le but, c’est d’avoir des raisins qui soient mûris à la fois par le vent, le gel et le soleil…ce que l’on recherche, c’est non pas un goût de botrytis dans le raisin et le vin, mais un goût de fruits, les grains clairs ont un goût d’agrume et ceux qui ont une couleur plus foncée un goût de fruits confits », Clément Bousquet

Si les vendanges sont aussi tardives ici, c’est depuis un événement climatique : le gel de 1991 qui a repoussé les différentes tries. Depuis l’appellation, comme celle de Plaimont, a trouvé là son secret. Des vendanges quasiment en hiver pour les dernières tries.

Nathalie Bousquet, Roland Podenas, Denis Degache, Clément et Pierre Bousquet © JPS

« Il y a un contre-bourgeon qui s’est développé avec du retard, avec un cycle un peu plus long qui allait jusqu’à le fin novembre, et donc ils ont tenté le coup d’aller jusqu’au 31 décembre quand ils ont vu qu’au 1er décembre, le raisin était encore beau et joli », me raconte Roland Podenas président de la Cave de Crouseilles.

Le maître de chai Loïc Dubourdieu à la Cave de Crouseilles © JPS

Pacherenc, comme Madiran, est à cheval sur 37 villages et 3 départements et 2 régions. On produit ici sur ces 300 hectares 200 000 bouteilles de blanc sec et  650 000 de blanc doux ou moelleux. « On a ce côté mangue, de côté fruit mûrs ce côté abricot qui ressort », commente Loïc Dubourdieu maître de chai de la Cave de Crouseilles.

Chaque année, l’appellation le concours des Barriques d’Or où chaque vigneron sélectionne sa meilleure cuvée de Pacherenc blanc ou moelleux.

Au mois de juin, après élevage on organise une dégustation à l’aveugle et on va sélectionner parmi ces 30 à 40 barriques les meilleures, les mieux notées ; cela se traduit ensuite par la vente aux enchères de nos barriques d’or du Pacherenc sec et moelleux le 1er lundi du mois de novembre », Denis Degache directeur de la Cave coopérative de Crouseilles.

Le chef Daniel Martineau du restaurant Le Terroir au Prieuré de Madiran © JPS

Et en décembre, le Pacherenc n’est pas oublié sur les tables de fêtes comme ici au restaurant le Terroir au sein du Prieuré à Madiran :

« J’ai préparé un petit carpaccio de courgettes et saint-jacques, c’est vraiment un accord qui va bien ensemble, cela fait partie du terroir… »selon le chef Daniel Martineau. 

« En bouche, on retrouve cette fraîcheur que l’on a au nez, beaucoup de vivacité, » complète Loïc Dubourdieu.

 

Un accord foie gras, figue, radis noir, pain d’épice avec un Pacherenc 2015 © JPS

« C’est très concentré au nez, très concentré en bouche, on a des arômes de mangue, de fruits très mûrs… », commente Rolland Podenas sur sa cuvée spéciale « Barriques d’Or » réalisée au lieu dit le Paradis sur le village d’Aydie.

Roland Podenas et sa cuvée des Barriques d’Or réalisée au lieu-dit « le Paradis »…on y est © JPS

« Le vin de Pacherenc continue de bien s’associer avec du foie gras et avec un plat qui est un petit peu épicé, donc cela va donner encore plus de saveur à l’assortiment met-vin. »

Bonnes Fêtes à tous.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Christophe Brousseau et Olivier Pallas :

22 Oct

Focus sur Fronsac, l’un des grands terroirs de Bordeaux

Fronsac fait partie de ces 65 appellations de Bordeaux qui a un terroir assez remarquable. Fronsac et sa soeur-jumelle Canon-Fronsac organisent leurs portes-ouvertes ce week-end des 27 et 28 octobre. 28 châteaux seront sur le pont.

Le château de la Rivière domine la vallée qui plonge vers la Dordogne © JPS

Au château de la Rivière, l’un des emblèmes de l’appellation avec ses 65 hectares de vignes. Les derniers coups de sécateurs y sont donnés en cette mi-octobre dans ces parcelles de malbecs et vieux merlots sur le coteau au pied du château. La troupe de 50 vendangeurs (dont 20 élèves en BTS commerce vins et spiritueux du lycée de Montagne) ramassent les dernières grappes sur un terroir assez magique, qui a plutôt bien résisté  au stress-hydrique de cet été.

Xavier Buffo, avec de très vieux pieds de merlots de 90 ans au château de la Rivière © JPS

Je pense que ça fait partie des grands terroirs de Bordeaux, ça c’est sur, on est vraiment sur des argilo-calcaires, » Xavier Buffo directeur du château La Rivière

Et de compléter, « ici on est dans la côte avec beaucoup plus d’argile et on a une partie du vignoble qui est sur le plateau calcaire avec une capacité à retenir l’eau et à obtenir une qualité de tanins exceptionnelles ».

A Saillans, le château Barbey détenu par la famille Trocard © JPS

Un peu plus loin à Saillans, Benoît-Manuel Trocard, issu d’une des plus vieilles famille de vignerons de Bordeaux, vient de terminer les vendanges de ses 3 hectares au château Barbey. Il effectue depuis plusieurs jours ses remontages, goûte à la cuve et donne ses premières impressions sur ce millésime :

 

Benoît-Manuel Trocard © JPS

« Sur ce millésime 2018, on est sur un caractère très élégant, on est déjà sur une fermentation qui a une dizaine de jours et sur des vins qui sont presque prêts à boire », explique Benoît-Manuel Trocard du château Barbey.

 On est sur une concentration qui est hors norme, des indices très intéressants et sur un vin très aromatique », Benoît-Manuel Trocard du château Barbey.

Le chai à barriques du château la Daupine, 80 % est aujourd’hui vendu à l’export © JPS

Ces vins de Fronsac étaient déjà servis à Versailles. Jean de Richon, avocat à la cour du roi Louis XV, fit construire le château la Dauphine en 1747 et déguster ses vins à la Cour.

La Dauphine, qui donna naissance au futur Louis XVI, et séjourna au château donna son nom à cette propriété de Fronsac.A l’époque son vin était devenu l’un des plus chers de France, bien plus que ceux de Saint-Emilion, l’appellation voisine. Depuis le château a pas mal évolué, gagné et notoriété et aussi en qualité.

Passé de 30 à 53 hectares, il s’est converti en agriculture bio, certifié depuis 2015 et est même passé en biodynamie en totalité depuis 2017.

Stéphanie Barousse, directrice générale du château la Dauphine © JPS

On a notamment progressé au niveau de l’élevage, on fait des tests sur des amphores, on essaie tous les ans de se remettre en question et d’avancer, que ce soit sur la viticulture, en biodynamie, sur l’élevage aussi... », Stéphanie Barousse, directrice générale du château la Dauphine

Dans les caves souterraines du château de la Rivière, la dégustation religieuse du millésime 2014 © JPS

Et dans ces caves, creusées dans le calcaire, reposent des milliers de bouteilles, l’âme de Fronsac et du château de la Rivière . « C’est un millésime qui est très représentatif de ce qu’on peut faire à Fronsac et à la Rivière » ajoute Xavier Buffo commentant une dégustation de son 2014, « c’est-à-dire des vins qui sont puissants, élégants où vraiment le terroir parle : on a beaucoup de minéralité, beaucoup de puissance et d’élégance. »

26 Sep

Foire aux vins : portrait de Xavier Leclerc en charge du sourcing retail pour Auchan

Quand vous franchissez la porte d’un hyper ou supermarché pour les FAV, vous n’y pensez pas mais il y a bien des hommes qui en amont ont fait un long travail d’approvisionnement et de recherche de propriétés. Xavier Leclerc m’a livré quelques clés pour mieux comprendre le « sourcing » de la GD. Nous l’avons accompagné dans le vignoble de Bordeaux en Côtes de Bourg, à Saint-Emilion et Montagne où il a déniché des pépites.

Pascal Méli et Xavier Leclerc au château Bujan en Côtes de Bourg … JPS

Toute l’année, il sillonne les vignobles… Xavier Leclerc a été durant 20 ans le caviste d’Auchan Roncq dans le Nord à la frontière belge. Aujord’hui il est responsable du sourcing retail pour cette enseigne.

Ce matin-là, il nous a fixé rendez-vous dans les Côtes de Bourg, chez Pascal Méli. C’est en fait le premier vigneron avec qui il a travaillé, un viticulteur à la tête du château Bujan, 17 hectares en Côtes de Bourg.

Je suis ici avant les vendanges pour suivre la propriété, car pour nous c’est hyper important, et rassurer aussi le propriétaire, le producteur, le vigneron, sur le fait qu’on travaille toujours ensemble et bien ensemble », Xavier Leclerc.

Au début, cela n’a pas été simple pour ce vigneron d’être référencé car à l’époque les supermarchés voulaient surtout des vins de negoce, de marque ou des grands châteaux. Pascal Méli a fait du forcing et à force de rappeler il y a plus de 20 ans, il a pu faire rentrer son vin dans les rayons et être référencé Auchan, aujourd’hui il vend 30% de sa production à cette enseigne.

C’est vrai qu’on présente toujours la grande distribution comme une espèce de monstre froid qui écrase les petits producteurs, franchement moi je n’ai jamais eu à me plaindre de la grande distribution » explique Pascal Méli propriétaire du château Bujan. « Pour vous donner un exemple concret, moi mon prix que je pratique avec la grande distribution, c’est le prix que je pratique avec mes  importateurs en Chine, au Québec, aux USA…on est sur une vraie relation constructive pour satisfaire le client de la grande distribution. Au moment des FAV, cette enseigne a coutume de faire une gratuité, d’offrir une bouteille par carton… en pratique, c’est l’enseigne qui la donne, c’est pas moi. Il n’est arrivé qu’une fois, l’an dernier pour les 50 ans du magasin de Roncq que j’ai dit moi je vais faire quelque chose aussi. »

Dans les chais du château Bujan © JPS

Pour découvrir de petites pépites, Xavier Leclerc s’entoure de partenaires présents sur Bordeaux, comme Jeffrey Davis cet américain négociant en vin.

Au château Badette en Saint-Emilion © JPS

Tous les deux, on recherche des vins qui reflètent bien le terroir, donc forcément ce ne sont pas des vins qui sont partout pareils, sinon le terroir s’estomperait et il n’y aurait aucun intérêt.« , Jeffrey Davis négociant en vin.

« Quand une propriété change de mains, quand il y a des investissements qui sont faits, ou encore qu’il y a de nouvelles façons culturales qui sont mises en place, on nous appelle et on nous dit que cela serait sympa de voir cette propriété et d’y déguster les vins », continue Xavier Leclerc

Ainsi à Saint-Emilion, il est venu goûter les vins du château Badette à Saint-Emilion qui depuis 2015 a été revendu à un investisseur belge, un château mis en avant par Xavier Leclerc sur le millésime 2015, à l’occasion des foires aux vins.

A Montagne à Clos de Boüard © JPS

Autre trouvaille les vins de Coralie de Boüard qui manage un vignoble de 30 hectares en appellation Montagne Saint-Emilion et réalise des vins gourmands avec Clos de Boüard et la Dame de Boüard. « J’essaie de faire un vin qui me ressemble, accessible, qui donne du plaisir, parce que pour moi le vin c’est synonyme de partage. »

« Ce que je fais est hyper passionnant, c’est de la transmission, et ce que je veux c’est quand le consommateur final de cette bouteille va déguster le vin, c’est qu’il dise, bon sang c’est bon et qu’il puisse raconter l’histoire de la propriété, de la personne avec laquelle moi j’ai eu la chance de pouvoir discuter. »

Coralie de Bouärd et Xavier Leclerc, le sourcing avant même la récolte © JPS

Au retour de ses voyages dans les vignobles, ce sont alors des échanges avec ses équipes d’acheteurs, la foire aux vins d’automne représente 55 millions d’euros dans cette grande marque de la distribution.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Marc Lasbarrères et Sarah Colpaert, suivi de la chronique de Fédéric Lot :

24 Juil

6e saison pour le rendez-vous mensuel « vigne et vin » sur France 3 Aquitaine

Pour la 6e année consécutive, vous retrouverez à la rentrée de septembre votre tandem de choc sur France 3 Aquitaine pour un nouveau rendez-vous « vigne et vin » une fois par mois le jeudi midi dans le 12/13 sur France 3 Aquitaine. Une rubrique toujours aussi intéressante sur les tendances dans le monde du vin, les focus sur les différentes appellations et bien sûr sur les techniques de production. Des rendez-vous à retrouver sous la rubrique « vigne et vin » de votre blog Côté Châteaux.

Frédéric Lot et Jean-Pierre Stahl pour une 6e saison de « Vigne et Vin » sur France 3 Aquitaine

UN DOSSIER EN REPORTAGE, UN ECLAIRAGE EN  PLATEAU

On ne les présente plus, tout le monde du vin à Bordeaux les connaît. Ce ne sont pas les « men in black » (même si votre serviteur se fait souvent adouber par ce sobriquet), pas plus les Heckle et Jeckle, mais tout simplement les experts en vin et en tendances tout azimut. Quand j’ai soumis ce rendez-vous voilà 5 ans, aussitôt le public d’amateurs et de professionnels y a adhéré, ce d’autant que le dossier mis en avant vient à avoir un éclairage, toujours juste dans l’analyse en plateau.

Jean-Pierre Stahl et Fredéric Lot repartent pour une saison supplémentaire, qu’ils ont préparée samedi dernier. Ce sont 10 nouveaux rendez-vous thématiques et mensuels, exposés dans le 12/13 de France 3 Aquitaine, chaque jeudi en fin de mois, de septembre 2018 à juin 2019. Parmi les pistes explorées des focus d’appellations comme Fronsac ou Jurançon, des tendances comme les vins vegan et les clubs oenologiques, des techniques comme la taille de la vigne après la grêle, doit-on carafer les blancs secs ou effervescents, brefs de nombreuses pistes qui restent à valide bien sûr.

UNE JOLIE MOISSON DE SUJETS EN 2017-2018

Cette année, les rendez-vous ont connu un grand succès comme : les vins naturels ont le vent en poupe (juin), un focus sur le métier de courtier en vin (mai), la tendance du  cheval de trait dans la vigne (avril), un focus sur l’appellation Blaye (février), les vins de cépages (janvier), quel vin pour quel met (décembre), les vins des rois (novembre), les vinifications en barriques contre les vinifications en cuves (octobre), et comment faire un grand vin au moment des vendanges (septembre).

Loin de nous l’idée de vous saouler, « Vigne et Vin » va continuer à vous abreuver de nos idées et connaissances, la matière reste vaste et intense, tant que l’on reste dans la danse, nous on ne manque pas de jus pour vous faire passer un moment ludique, informatif et agréable.

04 Juin

Tendance : les vins naturels ont le vent en poupe

Il y a de plus en plus de consommateurs adeptes de vins naturels, des vins dépouillés de la chimie habituelle. Certains vignerons en agriculture biologiques ou en biodynamie proposent depuis plusieurs années ces vins, d’autres en conventionnel s’y mettent progressivement pour répondre à la demande.

Jacques Broustet, l’une des figures des vins naturels en Gironde, qui conduit son château Lamery en biodynamie depuis 2006 © Jean-Pierre Stahl

Au château Lamery, à Saint-Pierre d’Aurillac, Jacques Broustet est un fervent défenseur des vins naturels. En 1998, il a repris le domaine familial, 4 hectares achetés par son grand-père en 1935; un domaine qu’il a passé  en biodynamie en 2006, avec des traitements uniquement à base de plantes. « La presle, la camomille, l’ortie, sont les bases de mes traitements » 

Ces tisanes, il les infuse dans un appareil assez extraordinaire : « là, c’est une vasque vive, c’est un appareil qui permet de dynamiser et de vivifier et l’eau et les produits que l’on y met dedans, au départ cela a été lancé par Alex Poloninski en Australie ».

« En 2006, j’ai lu le livre de Nicolas Joly, le vin du ciel à la terre, dont je n’avais jamais entendu parler, et cela m’a semblé complètement barjo pour correspondre à mon tempérament » m’explique Jacques Broustet.

Désormais, il fabrique lui-même ses tisanes, de la potion magique dépouillée de toute chimie. Finis les désherbants, les pesticides, engrais et produits de synthèse, bonjour à la bouse de corne, de la bouse de vache (dans des cornes de vache) enfouie durant 6 mois en période automnale-hivernale, puis utilisée en mixture.

« Au bout d’un an la terre change de couleur, devient beaucoup plus grumeleuse, et les racines descendent beaucoup plus au bout d’un certain temps », commente Jacques Broustet.

Cela active en effet la vie microbienne et régule notamment le PH du sol. Quant à ses traitements, aujourd’hui il ne les réalise qu’à partir de ses tisanes et de cuivre mais à doses homéopathiques.

 Offrir un produit qui est totalement naturel, dans lequel il n’y a absolument que du jus de raisin fermenté, j’en suis assez fier, car ce n’est pas toujours évident à faire, il y a des risques, parfois quelqes pertes, mais ce qui est offert je sais que c’est parfait »Jacques Broustet château Lamery

Patrick Carteyron, propriétaire du château Penin, a lancé « Natur » il y a 10 ans © JPS

Parmi les viticulteurs conventionnels, certains comme Patrick Carteyron, propriétaire du château Penin à Génissac, ont tenté l’aventure aussi et lancé « Natur » un vin 100% naturel :

Effectivement, ce sont des vins à la mode, moi je fais ça depuis 10 ans, je pense que les gens commencent à faire attention à ce qu’ils mangent et à ce qu’ils boivent évidemment, » Patrick Carteyron château Penin

Patrick Carteyron reconnaît cependant que ce ne sont pas des vins très simples à réaliser : « Le vin naturel n’est pas évident à faire, mais c’est intéressant de relever ce challenge...On va lutter contre l’oxydation en utilisant les lies du vin,  avec un bâtonnage, une remise en suspension des lies toutes les semaines et ces lies ont un rôle anti-oxydant, elles vont protéger mon vin contre l’oxydation. Avec l’absence de soufre, dans tout vin on a un développement microbien ou de levures qui ne sont pas intéressantes, donc pour lutter contre ce développemnt microbien, tant qu’il n’est pas en bouteille on conserve le vin à basse température. »

« Natur » lancé par Patrick Carteyron au château Penin à Génissac © JPS

Ces vins naturels se veulent au plus prêt du goût des raisins, comme le disent ces vignerons, mais aussi de la typicité des terroirs respectifs.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine et Boris Chague :

26 Avr

Timothée Bouffard : 30 ans de métier et le « spirit » de courtier en vins

Son rôle est souvent méconnu, mais c’est l’un des plus vieux métiers de la place de Bordeaux. La profession de courtier en vins est un métier d’intermédiaire entre le vigneron et le négoce, un rôle de conseil et de vente primordial pour les viticulteurs. Rencontre avec Timothée Bouffard et ses collaborateurs.

Thimothée Bouffard, du bureau Ripert, courtier en vins depuis 30 ans © JPS

Figure incontournable de Bordeaux, Timothée Bouffard est courtier en vins depuis déjà 30 ans.

C’est un métier plus que centenaire (édit de Saint-Louis en 1243), que l’on trouve dans bon nombre de régions viticoles, un métier que Timothée Bouffard exerce au sein du bureau Ripert à Bordeaux, un bureau de courtage familial depuis 3 générations.

Ce métier de courtier en vins est un métier d’intermédiaire entre le vigneron qui a du vin à vendre, comme ici au château Monbrison, propriété de Laurent Vonderheyden (15 hectares en AOC Margaux), et le négoce, qui cherche à acheter pour ses clients.

Un rôle primordial à chaque campagne de primeurs (spécificité bordelaise où les vins sont en vente avant d’être livrés), après avoir été dégustés lors de la fameuse semaine des primeurs début avril.

« On essaie d’être diplomate, autant que faire se peut, et puis on leur donne nos avis et c’est à eux à prendre la décision, parce que ce sont leurs vins, leurs productions, ils connaissent aussi leurs importateurs, leurs distributeurs », précise Timotée Bouffard.

« Avec l’ensemble des informations qu’ils peuvent avoir de par le monde maintenant, avec une information qui circule beaucoup plus vite, ils savent ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire, ou quelle est la fourchette de prix dans laquelle ils peuvent se trouver. »

Le courtier en vins a vraiment un rôle de conseiller tout au long de l’année, il est rémunéré à hauteur de 2% sur le montant des transactions. Le prix de chaque millésime dépend de la qualité, mais aussi des millésimes antérieurs.

Timothée Bouffard, le courtier en vins, avec le propriétaire de château Monbrison Laurent Vonderheyden

« On est obligé de trouver un espèce d’équilibre quelque part, non pas sur la quantité de vin que nous mettons en marché, mais sur le positionnement is-à-vis de notre consommateur, » commente Laurent Vonderheyden du château Monbrizon.

Stéphanie Robert est courtier de campagne, ici au château Tour des Graves © JPS

Stéphanie Robert, est également courtier en vins depuis 20 ans au bureau Ripert, qui compte 8 salariés et associés. Elle est plutôt courtier de campagne, elle s’occupe plus précisément des petites propriétés comme ici la Tour des Graves, en Côtes de Bourg.

Stéphanie Robert, courtier en vins, avec David Arnaud, du château Tour des Graves © JPS

« On propose des lots en vrac, du vin en vrac à la citerne, on a aussi des demandes sur de la bouteille et du vrac rendu mise, c’est à dire que le négociant mandate un metteur en bouteilles sur la propriété pour conditionner lui même le vin » selon Stéphanie Robert.

David Arnaud, le propriétaire de ce château, vend entre 20 et 30% de ses 1500 hectolitres produits annuellement au négoce bordelais.

« On travaille ensemble depuis près de 10 ans, on se connaît, on s’est comment on réagit, elle elle connaît mes vins, c’est cela aussi qui est important », commente David Arnaud. « Pour faire le sourcing, il faut savoir où aller chercher quel type de vin on a besoin, c’est primordial pour son métier et même pour moi d’avoir cette relation-là. »

Sur le millésime 2017 où bon nombre de propriétés ont gelé, il pourrait y avoir une certaine tension sur les prix. le rôle du courtier est aussi de faire prendre conscience que les prix ne doivent pas s’envoler et être sans doute un peu en dessous des millésimes 2015 et 2016.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Robin Nouvelle et Véronique Lamartinière :