10 Déc

« Solidarité, partage et bienveillance »: quand les Bouffons de la Cuisine et les amis de Michel Trama mettent du baume au coeur pour Noël

Il y a du Coluche en lui. « C’est l’histoire d’un mec… », un Michel, un chef, un chef étoilé, qui veut partager les beaux moments de Noël en mettant sa passion de la cuisine et son savoir-faire, ainsi que ceux de ses amis chefs cuisiniers de France, au service des plus démunis. Histoire d’offrir un beau repas de fête en cette fin d’année, à toutes ces personnes identifiées par des associations de solidarité qui oeuvrent au quotidien pour les aider.

Caroline Miquel, jardinière, le chef Michel Trama, et Marie Borgel et le chef Nicolas Magie du © Saint-James hier soir à Bouliac (Gironde)

Son nom: Michel Trama, chef 2** au Guide Michelin à Puymirol dans le Lot-et-Garonne : « ce que je fais ce n’est pas pour qu’on parle de Michel Trama, je ne fais pas dans l’égo. Je veux juste faire parler des Bouffons de la Cuisine. »

« C’est une belle association, d’amis chefs cuisiniers, j’aimerais qu’il y ait un bel élan de solidarité incarné par les Bouffons de la Cuisine et tous ces bénévoles pour ne pas oublier ces gens-là. Il y beaucoup de gens dans la rue, dans le besoin, on le voit tous les jours ».

© Nicolas Magie et Caroline Miquel en pleine préparation hier soir ce dîner de Table de Noël au Saint-James

Ce sont donc une vingtaine de repas qui sont offerts depuis fin novembre et durant tout le mois de décembre partout en France. Pas mal dans le Sud-Ouest, hier midi à Boé, ou encore hier soir au Saint-James à Bouliac avec le chef 1* Nicolas Magie et Marie Borgel, mais aussi le 12 décembre à Marmande, en Bretagne, en Alsace, ou encore la semaine prochaine à Nîmes et Cannes : « on en fait partout et autant qu’on nous en demande… »commente encore Michel Trama.

L’année prochaine, on va faire les Bouffons de la Cuisine avec une soupe et un bout de pain, avec des food-trucks, dans les rues des villes », Michel Trama.

Quand on voit les Restos du Coeur, une superbe initiative de Coluche, qui ne devait qu’être éphémère, et qui aujourd’hui est une association incontournable qui sert chaque année des millions de repas, quand on voit aussi le travail effectué par la Banque Alimentaire, le Secours Populaire ou Secours Catholique, on se dit qu’on est loin d’avoir éradiqué la pauvreté en France et les gens qui ont besoin d’une aide momentanée ou au quotidien pour vivre décemment. Faut-il le rappeler on n’a jamais connu autant de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et aussi dans la rue… C’est triste mais c’est la dure réalité. A chacun de réfléchir à un geste de partage, en son âme et conscience, Michel lui a créé les Bouffons de la Cuisine il y a deux ans, et c’est une initiative merveilleuse.

Ils sont nombreux ces chefs et bénévoles partout en France à réponde à l’appel des Bouffons pour cuisiner en faveurs des démunis

Chaque midi, chaque soir, il essaie avec ses amis cuisiniers et de nombreux bénévoles de redonner du baume au coeur des gens, en mettant de l’ambiance, il faut voir comment il mouille le maillot le gars, il cuisine, il filme en direct sur Facebook, il fait le show, il réchauffe les coeurs, il a de l’humour, il a ses humeurs, ils un coeur, gros comme cela, et il mérite des acclamations, des vivas, car sa démarche est humaine avant tout: « on partage avec vous le pain, ce n’est pas religieux, mais c’est essentiel. »

Avec Michel Trama, Gilles Goujon, Pascal Sagot et l’Hôtel Restaurant Le Parc Franck Putelat, à Carcassonne.

« Solidarité, partage et bienveillance, c’est l’ADN de la cuisine et des Bouffons de la Cuisine,  » commente Michel Trama pour Côté Châteaux, en son nom et celui de ses amis, tous vêtus de blanc, comme des anges: ce sont juste les Bouffons de la Cuisine. UN GRAND BRAVO.

02 Déc

Gault & Millau Tour 2019 : 12 ambassadeurs de la gastronomie primés pour le Grand Sud-Ouest

C’était en cette fin de matinée la remise de 12 trophées par le Guide Gault & Millau, au château Lafaurie-Peyraguey à Bommes en Gironde. Jacques Bally le président de Gault & Millau a souligné « le carré magique », ce qui fait la réussite de ces établissements : « une expérience globale vécue aujourd’hui grâce au chefs cuisiniers, sommeliers, pâtissiers et au service en salle. »

Marc Esquerré, directeur des sélections, le chef Cédric Béchade Gault et Millau d’Or, Jacques Bally, président de Gault et Millau et les chefs étoilés Michel Trama et Michel Guérard © JPS

Ils sont venus, ils sont tous là (ou presque):  les plus grands chefs des tables du Grand Sud Ouest ont répondu présent au Guide Gault-et-Millau, à commencer par le plus illustre et étoilé d’entre eux Michel Guérard, 3*** pour les Prés d’Eugénie à Eugénie-les-Bains (40) , Michel Trama 2** à Puymirol (47) ou encore Nicolas Masse 2** à la Grand’Vigne à Martillac (33).

3 étoiles pour Michel Guérard et 2 pour Michel Trama, les 2 grands parrains de ce Gault et Millau 2019 avec Jacques Bally et Marc Esquerré © JPS

Ce Gault et Millau Tour, c’est l’occasion de récompenser en régions les talents du Grand Sud-Ouest comme Michaël Lemonnier, à la tête depuis 6 ans de l’auberge « le Lion d’Or » à Arcins en Gironde, qu’avait fait connaître le précédent propriétaire Pascal Barbe (auberge qui a une formidable bibliothèque en bois remplie de grands crus du Médoc et tenue par les châetaux eux-mêmes). Michaël Lemonnier, autrefois second du Lion d’Or, a tenu à continuer à incarner en tant que chef cette cuisine de tradition, réalisant devant le public venu en nombre une recette traditionnelle de cervelle de veau.

Même un simple lièvre à la royale, c’est pas compliqué à faire mais c’est énormément de temps, et   c’est des recettes comme celles-là font que les gens viennent nous chercher à Arcins dans le Médoc et c’est beau pour une petite auberge de village », Michaël Lemonnier chef « le Lion d’Or » (Arcins).

Bordelais de coeur, le jeune chef japonais, Akashi Kaneho a reçu un trophée dans la catégorie « cuisine de la mer », pour une cuisine sachant habillement marier des saveurs terre et mer…

Je suis Japonais donc forcément j’aime bien le poisson et tout ce qui est fruits de mer. Là j’ai fait des langoustines saisies, avec escalopes de foie gras, sabayon de framboises et caviar »  Akashi Kaneko chef restaurant « Akashi » (Bordeaux).

Parmi les jeunes talents très prometteurs, Jonathan Vallenari et Gautier Alvarez pour « Maynats », un établissement ouvert il y a seulement un an à Pau. « Maynats, cela signifie gamins en béarnais », des gamins qui se défendent pas mal car depuis 1 an leur restaurant ne désemplit pas ! Il y a aussi les valeurs sûres de la sommellerie comme Aurélien Farrouil, le chef sommelier de la Grand’Vigne à Martillac en Gironde…

C’est l’image de marque de la France, c’est l’image de marque des régions, c’est l’art de vivre, il faut que les gens sachent que cela existe, les meilleurs sont ici venez goûtez, venez vivre l’expérience » Jacques Bally président de Gault et Millau.

Et de décerner le Gault et Millau d’Or pour le Sud-Ouest 2019 à Cédric Béchade, le chef de la Table de l’Auberge Basque à Saint-Pée-sur-Nivelle. « C’est une mise en lumière, on est ouvert depuis 12 ans, le Gault et Millau nous a suivi dès le départ, on a été révélation de l’année 2008 », commente Cédric Béchade. « Là on a un nouveau cap dans notre maison, dans notre entreprise : on est passé établissement « Relais et Châteaux », notre hôtel est passé de 3 à 4 étoiles, et puis on s’est dit on va aller au bout de notre démarche, c’est à dire le restaurant est 100% producteur, même pour les produits secondaires, on ne travaille qu’avec des producteurs. »

Pour moi, c’est un encouragement fort à continuer dans cette démarche, on a déterminé notre cuisine comme une cuisine de sens et de l’essentiel, et c’est un grand encouragement à cela », Cédric Béchade, chef de la Table de l’Auberge Basque Gault&Millau d’Or.

Le Gault et Millau Tour est ainsi un formidable coup de projecteur sur la transmission, la tradition et l’excellence de la gastronomie régionale française, et aujourd’hui spécialement du Sud-Ouest. Jacques Bally a annoncé créer l’an prochain pour les 6 tours de France un nouveau « trophée de l’éloquence pour consacrer ceux qui ont en prime des plats un talent pour s’exprimer dessus et transmettre une émotion. »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Bertrand Joucla-Parker, Christophe Varone

11 Nov

29e Accabailles: quand les Crus Classés de Graves rendent hommage à la gastronomie française

C’était hier la traditionnelle soirée des Accabailles, organisée cette année par la famille Perrin au château Carbonnieux avec les Crus Classés de Graves. Un dîner qu’ils avaient confié à Hélène Darroze, avec comme mission de s’inspirer de la cuisine du Sud-Ouest. Une soirée dont l’objectif est de remercier les chefs et sommeliers des grandes tables, qui au quotidien mettent en avant ces crus classés de Graves à leur carte.

Les Italiennes de l’Hôtel Villa Abbazia avec Rémi Edange et Olivier Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

29 ans que cela dure et c’est un rendez-vous toujours très prisé des chefs cuisiniers et chefs sommeliers pour son ambiance, pour se retrouver et se raconter des nouvelles.

Philibert et Christine Perrin du château Carbonnieux, avec Hervé Valverde du Bistro du Sommelier © JPS

La formule est bien rodée et débute toujours par la dégustation des vins des propriétés en blanc (millésime 2017) et en rouge (millésime 2016). Ainsi pouvait-on croiser un Oliver Bernard du Domaine de Chevalier (« un domaine qui existe depuis 5 siècles », Olivier un peu moins) toujours fidèle au poste, prêt à faire découvrir tant son 1er vin que son second, l’Esprit de Chevalier en blanc : « ça ce sont des vins à boire relativement jeune, à partir de 3-4 ans c’est super bon, alors que le 1er vin le Domaine de Chevalier blanc il faut l’attendre un peu plus longtemps. Ce millésime 2017 (qui avait connu le gel dans bon nombre de propriétés de Bordeaux) est un millésime bon en rouge mais en blanc c’est super bon. » L’occasion de rencontrer avec lui également Christina Putz qui met les vins de Graves et Pessac-Léognan à l’honneur dans son établissement l’Hôtel Villa Abbazia, un Relais&Châteaux à 50 kilomètres au nord de Venise en Italie « pas mal fréquenté par des touristes du monde entier et notamment américains qui viennent passer quelques jours à Venise et profite ici de leur séjour. »

Bénédicte Pinero et Véronique Sanders du château Haut-Bailly © JPS

L’occasion de croiser aussi Véronique Sanders du château Haut-Bailly, propriété de la famille Wilmers; un château qui s’apprête à dévoiler l’an prochain un fabuleux chai circulaire, confié à un jeune architecte assez brillant Daniel Romeo, qui faisait partie de l’équipe de Christian de Porzamparc : « une prouesse technique et environnementale, qui va se marier parfaitement dans le paysage, un chai en partie enterré, de 8 mètres 50 de hauteur, qui favorise le gravitaire et l’économie d’énergie, on va gagner en fraîcheur…Il sera opérationnel aux vendanges 2020″. Quant aux dernières vendanges, « 2019 est superbe, on en est très content, tant en qualité qu’au niveau des rendements plus importants par rapport aux deux dernières années, où on avait gelé en 2017 et subi le mildiou en 2018. Cela fait partie de ces grandes années avec pas mal d’homogénéité avec un merlot flamboyant et un cabernet très racé. Je pense que l’assemblage sera magnifique. »

Les vins étaient servis par les élèves sommeliers du Lycée Hôtelier de Talence et du CAFA

Ces Accabailles ont pour origine le terme en ancien occitan « acabar qui signifie achever terminer », précise Eric Perrin co-propriétaire du château Carbonnieux. « Quand on termine nos vendanges, on aime parcourir nos campagnes et aller chercher nos ressources dans nos bois, comme des cèpes et des palombes… »

Ronan Kervarrec et Jérôme Schilling, les chefs très doués de l’Hostellerie de Plaisance et de Lafaurie Peyraguey © JPS

Ce sont ainsi 184 dignes représentants de la gastronomie française qui sont présents ce soir-là, des chefs et sommeliers de « 63 établissements: 61 étoilés dont 9 deux étoiles et 2 triple étoilés », précise Jean-Jacques Bonnie, président des Crus Classés de Graves. Parmi ces grands chefs, Philippe Etchebest du 4e Mur à Bordeaux, Ronan Kerverrec 2** de l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion, qui tous deux seront présents sur le salon Exp’Hôtel du 24 au 26 novembre au Parc des Expositions de Bordeaux Lac, mais aussi Jérôme Schilling de l’Hôtel Restaurant Lalique au Château Lafaurie-Peyraguey en AOC Sauternes qui s’apprête à organiser « le dîner des grands » avec Yquem et Pierre Lurton lundi 25 novembre à Lafaurie-Peyraguey, sans oublier Pascal Pressac de la Grange aux Oies au château de Nieuil qui prépare les Gastronomades à Angoulême les 29, 30 novembre et 1er décembre. Hervé Valverde du Bistro du Sommelier a été de toutes ces Accabailles, « je suis venu à toutes, même l’an dernier à Paris avec le chef Gomez, le chef de l’Elysée, c’est un événement fabuleux. »

Hélène Darroze et Eric Perrin à l’ouverture de ces 29e Accabailles

Ces Accabailles avaient une saveur particulière au château Carbonnieux, ce lieu chargé d’histoire comme le rappelle Jean-Jacques Bonnie, dont les origines remontent à 1234 (cela ne nous rajeunit pas), un domaine tenu encore en 1740 par les moines de l’Abbaye Sainte-Croix d’où le nom du second vin et la coquille Saint-Jacques sur l’étiquette de Carbonnieux. Un château renommé déjà au XVIIIe siècle qui eu la visite de Thomas Jefferson en 1787 avant que celui-ci ne devienne président des Etats-Unis d’Amérique. Un château dont l’histoire s’est écrite avec la famille Perrin dès 1956 avec Marc et son fils Anthony, une famille de Bourguignons qui était partie en Algérie et sentant le tournant de l’histoire, s’est installée en terre de Léognan. Une famille aujourd’hui incarnée par Eric, Christine et Philibert, de grandes personnalités du monde du vin.

L’association remercie les chefs et sommeliers qui mettent les vins sur le carte en avant: ici le chef cuisinier Jérôme Schilling (1*) et le chef sommelier Adrien Cascio du Château Lafaurie-Peyraguey © JPS

Le choix du chef a été opéré par la famille Perrin, de concert avec l’association des Crus Classés de Graves: « je voulais quelqu’un du Sud-Ouest, j’ai tout de suite pensé à Hélène Darroze », chef 2** au Guide Michelin, chef de deux restaurants à Paris et du Connaught Hotel à Londres, qui a remporté en 2015 le prix « Veuve Cliquot » du meilleur chef féminin au monde. « C’est quelqu’un d’emblématique, une générosité de cuisine du Sud-Ouest, c’est le cèpe, la palombe et le foie gras, l’identité de notre gastronomie du Sud-Ouest, avec aussi un fabuleux baba à l’Armagnac. »

« la palombe, le foie ras des Landes et les cèpes… »Wellington » par Hélène Darroze

Un moment intense en émotions avec aussi l’évocation de la disparition de deux grands chefs l’an dernier Paul Bocuse et Joël Robuchon, suivie par celle de deux grands viticulteurs : « après avoir déploré la perte de deux grands chefs, je voulais rendre hommage à deux personnages emblématiques et fondateurs de notre appellation: une pensée émue pour André Lurton, créateur de l’appellation Pesac-Léognan en 1987 qui a révélé nos vins à un large public d’amateurs et à Jean-Bernard Delmas, l’un des fondateurs de notre classement de Graves en 1953 par l’INAO, l’un est disparu au moment de la fleur et le second à la fin des vendanges. »

Hélène Darroze, sa team, le traiteur Monblanc et les élèves sommeliers de l’école de Talence et du CAFA remerciés par Jean-Jacques Bonnie, pdt des crus classés de Graves © JPS

Bravo à tous nos chefs cuisiniers, pâtissiers, sommeliers, ambassadeurs de la gastronomie et de l’art de recevoir à la française, passeurs de mémoire, de traditions et de créativité. Carpe Diem.

26 Oct

L’institution bordelaise, le Chapon Fin, dévoile son nouveau chef Cédric Bobinet

Jeudi soir, le plus vieux restaurant de Bordeaux, datant de 1825, a présenté son nouveau chef cuisinier Cédric Bobinet, l’ancien second, qui remplace Nicolas N’Guyen Van Hai. La propriétaire du Chapon Fin et également de château Chauvin, Sylvie Cazes, avait invité le monde du vin, les amis et habitués pour leur dévoiler la cuisine du chef, accompagnée de ses vins.

Sylvie Cazes, propriétaire du Chapon Fin et de château Chauvin, et Cédric Bobinet le chef cuisinier © JPS

Ce n’est pas que ça sent Noël, mais à très exactement deux mois du réveillon, on pense déjà chapon…et même au Chapon Fin. L’institution bordelaise remonte à 1825, ça ne nous rajeunit pas tout cela… Elle possède un décor original fait de rocaille, « décor qui date de 1901 et qui a vu défiler tous les talents, têtes couronnées (Alphonse XIII d’Espagne ou encore Edouard VII d’Angleterre) et hommes politiques » (Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, et bien sûr Alain Juppé) comme le soulignait Sylvie Cazes, sous la baguette en 1901 du chef Joseph Sicard (chef qui obtint 3 étoiles en 1933).

« Le Chapon Fin voulait revenir à ses racines », aussi inutile de chercher bien loin, l’image qui sera désormais déclinée de ce restaurant sera celle d’un fier chapon coiffé d’un haut de forme...bien vu. Et puis, l’un des plats mis en avant par le nouveau chef est totalement inspiré de l’ancien chef avec ce « filet de boeuf « diplomate, avec ses quenelles de volaille et mousse de pomme de terre »

Et Sylvie Cazes de présenter à tous le chef et son équipe : « Cédric Bobinet, 32 ans, est originaire de Vendée, il a effectué sa formation à Saint-Michel du Mont Mercure et il a décroché le titre de « Meilleur Apprenti de France ». Il a été Parisien « au Taillevent » et Sylvie Cazes de rappeler cette petite phrase que lui a confiée Alain Ducasse : « ah, il a été chez Taillevent durant 10 ans, donc il sait cuisiner… »

Cédric Bobinet me décline ainsi son parcours : « j’ai repris le Chapon Fin au 1er septembre, j’y suis rentré en 2017, en tant que second de cuisine auprès de Nicolas N’Guyen. J’ai fait deux apprentissages puis je suis monté à Paris au Taillevent durant 10 ans, de 2007 à 2017, dans l’équipe d’Alain Soliveres, 2** au Guide Michelin »

Le nouveau chef va chercher « une identité forte dans la restauration, une identité marquée » avec son équipe constituée de 5 cuisiniers et un chef pâtissier Mehdi Al Khadir.

Laure de Lambert Compeyrot (château Sigalas Rabaud), Sylvie Cazes (Chapon Fin et château Chauvin), Suzan Mustacich (Wine Spectator), Petrus Desbois (château Saint-Georges) © JPS

« Ici, on va mettre en avant une cuisine bourgeoise, axée sur le goût, vraiment sur les plats authentiques, même parfois oubliés comme des tourtes de gibier, actuellement je réalise une tourte aux risde veau et écrevisse, je vais proposer du lièvre à la royale, de la lamproie à la bordelaise, que des bonnes choses du bordelais, un peu délaissées, c’est aussi ce que Sylvie Cazes a envie d’avoir, » m’explique Cédric Bobinet.

La mise en avant du terroir et des recettes d’antan, sans doute un peu revisitées, c’est l’empreinte que le Chapon Fin veut aujourd’hui donner, avec aussi les vins de Bordeaux, non seulement les vins de Sylvie Cazes, qu’elle a fait déguster l’autre soir (Folie de Chauvin 2016, 2015 et 2009 de Chauvin) mais aussi plutôt que du champagne pourquoi pas un crémant de Bordeaux de la maison Louis Vallon pour ce cocktail dînatoire. Un Chapon Fin qui se refait un nouveau plumage dans la tradition du lieu, avec sans oublier la fabuleuse cave de l’établissement qui regorge de beaux et vieux flacons comme Château Yquem 1928, Pétrus 1986 ou Lascombes 1955.

Bonne chance au chef et à son équipe pour ce nouveau challenge.

26 Juin

Le Mirazur de Mauro Calogreco élu meilleur restaurant au monde

Coup de chapeau au chef argentin Mauro Calogreco qui vient d’être à nouveau encensé par le magazine britannique spécialisé Restaurant. Ce dernier a élu son restaurant français le Mirazur à Menton meilleur restaurant au monde 2019 lors d’une cérémonie à Singapour. Sa réaction ce matin sur France Bleu.

Mauro Calogreco le chef du © Mirazur à Menton

Cocorico a-t-on envie de crier ! Car ce chef c’est quelqu’un. Certes il est Argentin, mais comme il le dit lui-même « la France est ce pays qui m’a permis de m’exprimer. Il y a plusieurs chefs au monde qui viennent s’installer comme moi. Il y a une ouverture de la France, et la France s’ouvre à de nouvelles cuisines », explique Mauro Calogreco sur France Bleu.

Mauro Calogreco est le chef du Mirazur, un fameux restaurant de la Côte d’Azur. Il a réussi à décrocher en janvier dernier 3 étoiles au Guide Michelin pour son restaurant : « je suis venu en France pour sa cuisine et sa gastronomie, je suis tellement touché d’être arrivé au summum », et hier il a été élu meilleur restaurant au monde, rien que cela…. C’est la première fois depuis la création de ce prix qu’un restaurant français gagne. « « Je voudrais vous remercier tous. Nous célébrons la France et ses valeurs, que nous partageons tous : ‘liberté, égalité, fraternité’« , a déclaré Maura Colagreco, après avoir décroché cette première place sur les 50 primé au monde.

2019 est une année extraordinaire pour nous, avec la 3e étoile et cette distinction. Loiseau, Passard, Ducasse sont mes mentors, ils m’ont beaucoup transmis et donné les bases qui se retrouvent quelque part dans ma cuisine, qui est méditerranéenne, avec des produits de la région, » Mauro Calogreco, chef du Mirazur

 

Interviewé ce matin sur l’antenne de France Bleu, le chef qui a été formé au lycée hôtelier de La Rochelle a confié également « ce titre surtout ouvre des portes, on peut véhiculer un message, on est demandé dans le monde entier… »

Retrouvez ici les 50 meilleurs restaurants au monde : The Worlds 50 Best Restaurants

Regardez le reportage réalisé lors de la remise de ses 3 étoiles au Guide Michelin à Paris en janvier dernier réalisé par France 3 Alpes Côte d’Azur:

22 Juin

Ronan Kervarrec – Christian Le Squer : une salve de saveurs bretonnes dans les cuisines de Plaisance

Deux grands chefs étoilés pour une seule cuisine. C’est l’exploit à quatre mains qu’ont offert hier soir aux convives de l’Hostellerie de Plaisance, Christian le Squer, le chef 3*** du Geoges V à Paris et Ronan Kervarrec le chef 2** de Plaisance. Une imagination au service du goût, avec des embruns bretons.

Christian Le Squer, le chef du Georges V, et Ronan Kervarrec, le chef de l’Hostellerie de Plaisance © JPS

Entre Kervarrec et Le Squer, le premier point commun, c’est la mer. « Christian est originaire du même village que moi, Etel (dans le Morbihan), et quand il était jeune, il a travaillé pour se faire des sous chez mon père (qui tenait une auberge). Pour la petite histoire, Christian le Squer, au départ, voulait devenir marin…

Il avait embarqué sur un chalutier avec son oncle durant 15 jours, et c’est sur ce bateau que son destin a basculé, car un marin l’a initié à la cuisine, et c’est ainsi qu’il va y prendre goût, passer par le lycée hôtelier de Vannes, et devenir l’un des plus grands chefs cuisiniers de France. « Oui, j’ai été marin, mais finalement, ce que j’ai beaucoup aimé durant toutes ces années, c’est le côté social, j’aime faire plaisir et au delà de tout cela, c’est la gourmandise, je suis un homme hyper gourmand… », précise le chef du Cinq.

La créativité au service du goût Le Squer-Kervarrec © JPS

Entre Ronan et Christian, le second point de rencontre, c’est l’imagination au service des produits des terroirs… « on ne lâche rien, je fais constamment évoluer, améliorer mon menu souvenir (de mon enfance), ce qui m’importe c’est faire plaisir à mes convives et raconter mon histoire », commente Ronan Kervarrec, qui par deux fois a décroché 2** au Guide Michelin pour la Table de Plaisance. « J’aime créer, donner du mouvement, jouer sur les bases pour les porter dans la modernité… » renchérit Christian Le Squer, qui a décroché en 2002 3*** au Guide Michelin au Pavillon Ledoyen (en bas des Champs-Elysées), il a réitéré en 2016 l’exploit au Cinq, restaurant du Four Seasons Georges V.

Avec 3 et 2 étoiles sur leur veste blanche, ces généraux de la cuisine française à la tête de leur brigade ne pouvaient débarquer qu’avec de savants plans, alternant terre et mer : comme cette « galette de pomme de terre au blé noir à l’andouille de Guéméné » hérité de sa grand-mère Maria pour Kervarrec, à l »‘Huître du Ban d’Arguant granitée à l’échalotte » pour Le Squer qui rebondissait sur ce « foie gras en galets poché dans un bouillon iodé » (ci-dessus), tandis que suivait le « turbot à la plancha avec sa macération de cresson/nashi »…

Ronan Kervarrec 2** et Christian Le Squer 3*** © JPS

« Le palais d’aujourd’hui a beaucoup changé, pour tenir un palace, on doit séduire le palais, voilà ma manière de travailler. A Paris, vous vivez avec les saisons, je dois être capable de travailler en toute saison, avec bien sûr mon ADN de Breton, j’ai ce côté iodé très fort, pour donner de l’émotion dans les assiettes, » explique Christian Le Squer.

Les deux chefs avec Chantal Perse la propriétaire avec sa famille depuis 2000 de l’Hostellerie de Plaisance

On retrouve cette philosophie dans les cuisines de Ronan Kervarrec. La famille Perse, propriétaire de Plaisance et de château Pavie, 1er cru classé A de Saint-Emilion, ne s’est pas trompée en allant dénicher le chef qui avait déjà décroché 2** à la Chèvre d’Or à Eze-Village dans le Sud de la France. Celui-ci a aussitôt gagné 2** en arrivant en 2016 à Saint-Emilion. « Ronan, je pense, fait partie de ces cuisiniers qui travaillent beaucoup, son professionnalisme me séduit, il fait partie de ces cuisiniers taiseux qui donne de l’excellence tous les jours dans les saveurs. Il arrive à imposer son style, il a une cuisine gourmande, savoureuse et il redessine un artisanat gastronomique à Saint-Emilion, » complète Christian Le Squer qui pense qu’une étoile supplémentaire aurait peut-être été oubliée à sa veste.

Les deux grands chefs entourées de jeunes cuisiniers et aussi de futurs talents de la gastronomie © JPS

En tout cas, ces deux grands chefs auront réussi emmener très très loin leurs convives dans cette embarcation gastronomique bretonne et cette ode aux saveurs, le tout accordé avec les vins de Monbousquet en blanc, Clos Lunelles et Pavie en rouge. Et le chef Kervarrec de dépeindre  son ami Christian Le Squer, venu spécialement de Paris avec son second Sébastien Martinez, avec lequel ce menu a été travaillé durant 2 mois : « Christian est un chef fantastique, il a fait des selfies avec tous mes équipiers qui voulaient avoir un souvenir. Cela va les marquer dans leur carrière ». Un moment inoubliable, un festival du goût joué par des Bretons en terre de Saint-Emilion.

16 Juin

La Belle Epoque renoue avec la tradition des belles brasseries bordelaises d’antan

C’est une nouvelle page d’histoire qui s’écrit pour la Belle Epoque, l’une des plus vieilles brasseries de Bordeaux, qui remonte à 1865. Un trio gagnant du monde du vin a décidé de lui redonner tout son cachet et de mettre en avant des pépites et vins de Bordeaux. Sophie Wolff, Laurie Mouyen et Marcello Roudil vont faire revivre ce bel endroit situé sur les quais et décoré de faïences Vieillard.

Sophie Wolff, Marcello Roudil et Laurie Mouyen, à la tête de la Belle Epoque © JPS

1855…1865 ! La Belle Epoque a ouvert 10 ans après le fameux classement des vins de Bordeaux, réclamé par Napoléon III. Lorsqu’elle ouvre, l’Empereur est encore au pouvoir, mais dans la seconde partie de son règne, un peu plus éclairé, moins absolutiste. Avant d’être ce restaurant que tout le monde connaît, il s’agissait d’un hôtel, l’Hôtel de Nantes, qui aujourd’hui a disparu, mais dont demeure cette salle de restaurant et le fumoir. C’est en 1870, que la décoration actuelle a été exécutée, le propriétaire souhaitant un décor inspiré de ce qui se faisait de mieux à Bordeaux à l’époque, les faïences de la faïencerie Vieillard : Amédée Caranza s’inspira ainsi des motifs abstraits et végétaux que l’on retrouve dans la céramique orientale et qui ornent les murs et plafonds.

Partout sur les murs, des faïences Vieillard, un décor imaginé par Amédée Caranza © JPS

« J’ai toujours adoré cet endroit, j’y venais déjà avec mon grand-père », me confie Sophie Wolff, « fille et ex-femme de négociant » (comme elle aime se définir), qui dirige la Belle Epoque avec ses deux associés. Restauratrice, elle a commencé il y a 25 ans, a travaillé « chez Jean-Marie (Amat) au Saint-James », au Café des Quinconces, au Bistrot Bordelais et avait repris avec un associé le Café de Lugon à la gare… « Je me disais qu’il y avait quelque chose à faire ici, en petit dépoussiérage, en gardant bien sûr ces faïences qui sont classées. C’est très gai cet endroit. » 

« L’idée était déjà de remettre la Belle Epoque dans le jus, on a repeint les murs en blanc, pour réhausser les faïences; avant c’était une couleur plutôt jaune et sombre sur les murs », commente à son tour Marcello Roudil. Marcello est le directeur du Bachelor Commercialisation des Vins et Spiritueux et du MBA 1 Wine & Spirit à l’INSEEC, l’école de commerce de Bordeaux dont il a accompagné son développement (« en 2006, on avait 50 étudiants, aujourd’hui 450… »). « Moi, je passe devant la Belle Epoque tous les jours, j’ai des bureaux près du conservatoire et habite près de l’Intendant. Je venais y déjeuner, passais aussi en tramway et voyais la terrasse souvent vide, je cherchais une activité connexe dans l’esprit de ce que je faisais déjà, et je me suis intéressé à l’affaire. Une amie, Nathalie, m’a présenté Sophie, qui est devenue mon associée. »

Cette nouvelle casquette pour Marcello Roudil est venue aussi tout naturellement: « je suis au resto tous les jours, je n’ai qu’une petite cuisine chez moi, et je passe mon temps dans les restaurants…En plus, j’ai le sens du détail et du service, je fais le service ici une fois par semaine, j’aime, cela permet de comprendre ce qui se passe, de parler avec les gens et d’être au service au sens propre… » Marcello Roudil a les yeux qui brillent, il aime le contact, les gens, parler et les recevoir, il se souvient d’ailleurs de ses débuts dans le commerce, lorsqu’il menait de front ses études de droit, il voulait à tout prix rentrer chez Weston, cela était pour lui un rêve, il l’a réalisé. Un peu comme la Belle Epoque aujourd’hui. De plus, il est aussi associé à Laurie Mouyen, ancienne avocate et camarade de fac de droit, également directrice du Bachelor Real Estate à l’Inseec. « Moi, je suis passionnée d’art depuis toujours, je vais beaucoup au resto et j’ai envie que les gens viennent ici et s’approprient le lieu ».

Laurie Mouyen ne manque pas d’idées, comme avoir réalisé une carte des petits princes et princesses à colorier, avec à la base une photographie détourée par Arnaud Brukhnoff de la place des Quinconces…à garder en souvenir. Une idée qui a même plu à des touristes étrangers adultes venus se restaurer, et qui ont gardé leur propre oeuvre. Laurie a travaillé aussi avec Christine Valette (cf ancienne propriétaire de Troplong Mondot à Saint-Emilion, malheureusement disparue) pour l’ouverture des Belles Perdrix, et depuis « j’ai toujours eu envie d’avoir un restaurant… » De plus elle a eu cette idée originale : « on souhaiterait renouer avec un menu Belle Epoque, avec des plats traditionnels de 1900-1920, pour avoir cette continuité historique car le lieu est très très beau… » 

Marcello Roudil, Laurie Mouyen, Sophie Wolff, Vincent Vigneau, le chef SteeveJudith et les reste de l’équipe © JPS

Quant à la carte des vins,  » on souhaite avoir 25 à 30 références, je bosse avec Alexandre Morin, sommelier consultant, sur certaines et Nicolas Touchez, qui lui est un dénicheur de vins à Paris », explique Marcello Roudil. « Je travaille un tiers avec l’un, 1 autre tiers avec l’autre et pour le dernier tiers ce sont les vins des amis…comme le blanc, le Thieuley  des soeurs Courselle, le rouge de Haut-Marbuzet, on travaille aussi avec Nicolas Despagne (Maison Blanche) et François Despagne (Grand Corbin Despagne), Olivier Fleury du château Pavillon à Sainte-Croix-du-Mont. Je fais goûter le vin à tout le monde et je vois à qui ça plaît et pourquoi ça ne plaît pas. En tout cas, on ne fait pas de gros coefficient sur le vin, moins que l’ancien propriétaire, proposé au verre ou à la bouteille…L’idée est de faire aussi une autre carte en parallèle, avec des crus classés ou assimilés, comme des crus bourgeois ». Alors que bon nombre de commentateurs critiquent les restaurants qui n’ont pas ou peu de Bordeaux à leur carte, ici ce n’est pas le cas bien au contraire :  » Les gens prennent beaucoup de Bordeaux parce qu’on a pas mal de clientèle étrangère qui passe ici, on a beaucoup de gens qui apprécient les vins blancs. J’ai aussi l’idée de trouver un formule où le vin sera au prix des négociants, pour redonner au vin la place qu’il mérite… » Et en face des quais d’où partaient les barriques en bateau autrefois, cela a du sens bien évidemment…

Enfin, « la mixologie, c’est une chose qui se développe à Bordeaux, j’ai fait venir Vincent Vigneau qui m’a été recommandé par le chef sommelier du Mama Shelter, on va explorer et développer  l’offre cocktail », poursuit Marcello Roudil. Avec ce fabuleux bar remis en l’état, cela va avoir de la gueule dans cet endroit central de Bordeaux juste en face des Quinconces et des fameuses colonnes Rostral…

15 Mai

« Les petits plats dans les grands » pour les exposants de #Vinexpo au Dîner du Palais

C’était une innovation cette année : le dîner du Palais qui s’est tenu mardi soir au Palais de la Bourse à Bordeaux. L’originalité de cette soirée était de permettre aux exposants français et étrangers d’accueillir des invités de leur choix et de mettre en avant leurs vins, accompagnés des mets préparés par les chefs François Adamski et Michel Roth.

Les chefs MOF reconnaissables à leur col bleu, blanc, rouge, Michel Roth et François Adamski © JPS

Cette soirée, c’était une soirée pour remercier et mettre à l’honneur les exposants et acteurs de ce Vinexpo 2019.

Un Vinexpo qui n’est pas prêt de s’arrêter et pour lequel son Président Patrick Seguin, également Président de la CCI de Bordeaux Gironde, confiait à l’assemblée « nous avons beaucoup de bons retours. » Et le directeur général Rodolphe Lameyse de renchérir en anglais : « c’est le premier nouveau Vinexpo, mais ce n’est pas le dernier », se faisant largement applaudir.

Jacques Lurton, Jacques Faurens président de Great Wines Capitals, Lise Latrille de Prieuré-Lichine, à droite Patrick Seguin, président de Vinexpo et de la CCI, et Catherine Leparmentier de la CCI © JPS

Patrick Seguin annonçait d’ailleurs de nouvelles annonces ce même mardi midi auprès de chefs d’entreprises sur le salon: celles-ci sont déjà tombées mercredi après-midi avec l’annonce d’un salon parisien de Vinexpo jumelé avec Wine Paris, même lieu et même dates du 10 au 12 février 2020. L’autre grande nouveauté pourrait être un salon de Bordeaux remodelé et peut-être jumelé à la semaine des primeurs.

Jacques Faurens, Mathieu Vanhalst directeur commercial de Vinexpo et Peter Gago, chief winemaker chez Penfolds © JPS

Parmi les grands oenologues de la planète croisés lors de cette soirée, il y avait Peter Gago « une sommité en Australie, avec une aura incommensurable que j’ai toujours comparée à celle de Paul Pontallier (cf château Margaux), d’une compétence et d’une technicité, il est à l’aise partout et sait charmer son auditoire. C’est l’un des meilleurs de ce pays », me confiait Jacques Lurton autre grand vigneron de Bordeaux qui a acquis aussi ses lettres de noblesse à l’étranger, associé à son frère François Lurton depuis le début des années 90, et qui aujourd’hui continue de faire du vin en Australie…

Fernando Urdaniz manager de ProMendoza (Argentine), Florence Forzy Raffard et Rafael Vivanco Saenz (Espagne) © JPS

« J’ai une grosse ferme avec 10 hectares de vignes, un domaine qui s’appelle « the Islander » sur Kangaroo Island, à 14 kilomètres du continent australien et 200 kms d’Adélaïde », me racontait Jacques Lurton. « C’est mon 2e pays, j’ai aussi mon coeur là-bas. C’est un petit cru comme à Saint-Emilion, tout est fait à la main, avec des vins fermentés en barriques, vieillis 2 ans avant la mise sur le marché, je me suis spécialisé dans les vins haut de gamme. »

Parmi ces exposants, un amoureux de Bordeaux Rafael Vivanco Saenz, qui fréquente le salon Vinexpo depuis 1997 et qui est partenaire de la Cité du Vin. Il a passé son diplôme national d’oenologie à Talence et aujourd’hui est à la tête de Vivanco, une Bodega – Fondation et Musée de la Culture du Vin dans la Rioja en Espagne. « C’est le premier projet professionnel d’oenotourisme qu’on a créé dans la région, un an avant la Bodega de Marques de Riscal

Avec son recul et son expérience sur les différents salons Vinexpo, Rafael Vivanco Saenz me confiait : « il y a beaucoup moins d’exposants, mais bon on va voir ce que donne le négoce. Je me souviens avant on n’avait pas toujours le temps de tout visiter, j’ai de très bons souvenirs et en prime il y avait sur les Allées de Tourny une foire (les Epicuriales), cela donnait une atmosphère aussi… » 

Aujourd’hui Rafael Vivanco Saenzproduit 1 million de bouteilles, essentiellement en rouge à 85%, 10% de blanc et 5% de rosé. Je fais aussi un peu de vin  doux avec des raisins rouges, dans le style de Sauternes: « quand j’étais jeune j’avais fais un stage à Sainte-Croix-du-Mont. »

Pour ce Diner du Palais, les exposants de Vinexpo Bordeaux 2019 ont ainsi eu l’occasion d’accueillir les invités de leur choix à une table où étaient servis leurs vins, magnifiés par un menu élaboré à 4 mains par deux chefs aux parcours remarquables: meilleurs Ouvriers de France, étoilés au Michelin:  Michel Roth ancien chef du Ritz, est le chef du Bayview le restaurant étoilé du Président Wilsson à Genève, et François Adamski, MOF en 2007, ancien chef du Plaza Athénée, du Ritz, et de Matignon, il avait décroché une étoile au Gabriel à Bordeaux et est aujourd’hui chef consultant.

03 Mai

Laurent Moujon lance le 1er livre sur les accords mets/vins entre la cuisine indienne & les vins de Bordeaux

Mais où va-t-il s’arrêter ? Laurent Moujon rédacteur et éditeur de « Bordeaux Patrimoine Mondial & Ses Routes des Vins », réalisé en 11 éditions, vient de lancer un livre de recettes entre la cuisine indienne avec les vins de Bordeaux dont il se dit très fier et il y a de quoi.

Laurent Moujon, lors de la présentation de l’ouvrage à la CCI de Bordeaux, avec Rameshwar Kulkarni.

« Je peux vous assurer que ce plaisir et cette fierté sont pour moi multipliés… car vous êtes en possession du 1er livre sur les accords mets/vins entre la cuisine indienne & les vins de Bordeaux », témoigne Laurent Moujon, auteur de guides touristique et de 3 livre d’accords mets-vin chinois, japonais et indiens avec les vins de Bordeaux.

J’ai constaté que les vins de Bordeaux voyageaient à travers l’Asie tout entier pour les amateurs de vin, mais qu’il manquait des accords entre la cuisine indienne et les vins de Bordeaux ! »

C’est ainsi qu’il s’est rapproché d’un team anglo-indienne – Brinda Bourhis, Ujwala Samant et Rameshwar Kulkarni- pour choisir soigneusement des chefs et mets indiens en Angleterre, Inde et Etats-Unis. La difficulté était de répondre aux notes complexes des 34 vins de Bordeaux que Laurent Moujon avait sélectionnés, dégustés et notés avec l’équipe de sommeliers indiens & français.

A noter qu’entre 2010 et 2017, l’industrie vinicole indienne a enregistré un taux de croissance annuel de 14%, ce qui en fait la boisson alcoolisée avec la plus forte croissance, par ailleurs en Inde, 485 millions de personnes ont l’âge légal pour consommer de l’alcool (avec modération) (source Wine Intelligence).

Un livre qui fait partager les secrets d’une cuisine indienne raffinée, qui donne aussi des idées de mariage avec les vins de Bordeaux, un ouvrage qui a été le fruit notamment de la générosité des chefs indie.

« Ce voyage culinaire à travers l’Inde & les vins de Bordeaux vous servira d’inspiration pour accorder vins et mets sur votre table ou au restaurant et ainsi partager nos plus belles découvertes viticoles, en recherchant l’harmonie entre le plat et le vin parce que les vins subliment la saveur d’un mets. Vous découvrirez qu’il existe de nombreux accords avec un même vin ou plat car il est plus facile d’accorder un plat avec un vin ».

Ce livre dévoile également dans sa seconde partie les propriétés bordelaises qui se cachent derrière chaque bouteille. Ces châteaux offrent un attrait architectural, patrimonial et familial incommensurable. A découvrir.

Bordeaux, Alliance de ses vins avec la Cuisine Indienne : 382 pages, 22€;  67 recettes indiennes réalisées par des chefs de 3 pays: Angleterre, Inde, & USA, avec 33 Châteaux et 16 Master & Celebrity Chefs indiens.

06 Avr

Une émission spéciale Primeurs de Bordeaux sur Côté Châteaux et sur NoA

Le N°6 de Côté Châteaux va vous plonger dans l’univers des Primeurs, une spécificité typiquement bordelaise. Côté Châteaux vous emmène à la rencontre de tous ces acteurs des primeurs, importateurs étrangers, journalistes critiques, négociants et propriétaires et oenologues-consultants en vin qui tous vont vous parler du millésime 2018. A voir à partir du 15 avril, à 20H30 sur NoA.

Les cavistes Suisses. Pierre Krenger et Michel Siegenthaler avec Sébastien Delalot et Jean-Pierre Stahl, au Clos des Jacobins

Tout démarre à Saint-Emilion. Un cadre magique, enchanteur comme ce 2018, dont on nous vante à nouveau le millésime du siècle, presque comme chaque année à Bordeaux. Joke.

Avec Sébastien Delalot, votre serviteur Jean-Pierre Stahl vous proposent de rencontrer les plus grands personnages du monde du vin qui font la pluie et le beau temps pour vous forger votre opinion sur cette semaine des primeurs. Un magazine succulent dans l’ambiance et avec l’envers du décor.

Au château de Rouillac l’importateur londonien avec José Rodrigues-Lalande © JPS

Ces primeurs sont un système unique à Bordeaux. Le vin tout juste assemblé et pas définitivement élevé est proposé à la dégustation des professionnels : négociants, courtiers, distributeurs, importateurs, cavistes, restaurateurs, critiques, journalistes… Ces derniers vont le goûter et lui attribuer des notes, alors même que pour certains vins rouges, l’élevage va durer de 14 à 18 mois…Presque une aberration, mais c’est le jeu ma pauvre Lucette, et cela fait des années que cela dure. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Le coup d’envoi de cette semaine a été donné en différents spots de dégustation et notamment au château de Rouillac où 500 dégustateurs se sont donnés rendez-vous lundi 1er avril pour déguster ce fameux millésime 2018. Là, vous allez avoir les premières réactions d’acheteurs venus de Londres et de Chine, avec un importateur asiatique tombé sous le charme d’une étiquette symbolisant un carrosse XVIIIe… Néanmoins, il valide aussi ce qu’il y a dans la bouteille, tout comme Georges Haushalter de la Compagnie Médecine des Grands Crus qui nous confie qu’il pense de ce millésime 2018 en rouge.

Nous poursuivons ce road-trip spécial primeurs en suivant deux cavistes Suisses Michel Siegenthaler de Millésime (à Vevey) et Pierre Krenger (Vins Conseils à Fribourg) en pleine dégustation de crus classés de Saint-Emilion au Clos des Jacobins. Ces deux Suisses qui n’ont pas leur langue dans leur poche vont nous dire ce qu’ils pensent de ces dégustations de ces jeunes vins et du millésime 2018. Avec ce recul nécessaire et ce détachement suisse très drôle et pertinent ou impertinent, selon comment on les écoute…

Pour la suite des réjouissances, je vous propose de découvrir le portrait de Jacques Dupont, journaliste du Point, qui sillonne Bordeaux depuis 30 ans et cette année durant 7 semaines avec son compère de toujours Olivier Bompas et Mathieu un jeune dégustateur.

Jacques Dupont, le célèbre journaliste critique du Point avec Mathieu © JPS

Ils vont déguster, à l’aveugle et en toute indépendance, entre 2000 et 3000 Bordeaux et attribuer des notes et commentaires assez redoutés, qui figureront dans le numéro spécial du Point du mai. Déjà, il me confie que ce millésime 2018 est plutôt « hétérogène », avec de « belles réussites dans le Médoc ».

Durant cette semaine des primeurs (du 1er au 4 avril) qui, en définitive, démarre souvent un peu avant et se poursuit aussi un peu après, il existe différents rendez-vous collectifs, parrainés ou non par l’Union des Grands Crus de Bordeaux, des Offs, et des dégustations directement à la propriété pour les grands châteaux.

Stéphanie de Boüard-Rivoal dans les chais d’Angélus © JPS

Nous nous sommes arrêtés à Angelus où des centaines de professionnels se sont pressés chaque jour pour déguster le Carillon, le second vin, et le château Angelus. De très nombreux étrangers présents, beaucoup d’Américains et d’Asiatiques. Nous vous offriront un bel entretien avec Stéphanie de Boüard-Rivoal, la directrice du château Angélus.

Presque à chaque carrefour, des écriteaux, panneaux indicateurs, invitant les professionnels à venir à telle dégustation ou telle autre. Nous nous retrouverons à la salle des Dominicains avec le Président du Conseil des Vins de Saint-Emilion, Jean-François Galhaud qui nous donnera la température de ces primeurs à Saint-Emilion, vignoble durement impacté par le gel en 2017, 70% du vignoble avait été gelé, l’an dernier il y avait nettement moins de vin présenté.

Jean-Claude Fayat, Dany Rolland, Michel Trama et Michel Rolland © Michel Rolland

Dans ce show, chaud devant avec la Dégustation des Clés de Châteaux:  au château la Dominique, près de 220 vins suivis par la team Rolland et une quarantaine de vins étrangers également à déguster (hors primeurs).

C’est l’occasion de dresser le portrait de Michel Rolland, qui en est à ses 47e vendanges. Michel Rolland a révolutionné la manière de suivre les propriétés dans le bordelais, en attendant la maturité optimale des raisins avec un palais aiguisé pour goûter les baies et donné sa bénédiction pour le coup d’envoi des vendanges.

Un oenologue consultant qui a  fait la réussite de nombreux châteaux avec son ami Robert Parker et qui continue aujourd’hui en mettant en avant l’identité du lieu où le vin est produit. Un portait velouté tout en rondeur et bonne humeur avec Michel Trama, chef 2 étoiles à Puymirol, l’un des chefs invité d’honneur de ces 4 journées.

Jean-Claude Fayat et Michel Rolland dans le portrait réalisé par Jean-Pierre Stahl sur Côté Châteaux et NOA © Léa Lejeune

Le final se terminera dans les cuisines de la Terrasse Rouge avec la rencontre de Jean Cousseau, le chef doublement étoilé du Relais de la Poste à Magesq, autre chef invité pour ces Clés de Châteaux. Ces grands amateurs de vin avec aussi Nicolas Magie du Saint-James et Xabi Ibarboure, auront permis aux professionnels du monde entier de vivre un moment unique au cours de ces primeurs, en alliant ces dégustations et la gastronomie française et du Sud-Ouest.

A voir Sur NoA : 

  • Le 15 avril à 20h15 et 22h30
  • le 17 avril à 11H15 et 23H30
  • le 18 avril à 17h50
  • le 19 avril à 8h50, 20h15 et 23h25
  • le 20 avril à 9h50 et 0h30 et 4h40
  • le 21 avril à 17h50
  • le 26 avril à 8h50 et 18h40

Regardez Côté Châteaux n°6 Spéciale Primeurs réalisée par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot :