04 Avr

Ronan Kervarrec : « aller chercher les étoiles, ce n’est pas facile… C’est un vrai combat avec une équipe qui a envie d’y aller »

Le chef de l’Hostellerie de Plaisance « essaie de mettre la barre haute » et vise désormais les 3 étoiles au Guide Michelin, à travers une cuisine de terroir toujours plus inventive et respectueuse des produits. Fort d’une équipe motivée, il affiche une constance et une régularité qui forcent le respect.

Les deux plaques qui font sa fierté à l’entrée de son établissement et qu’il a décrochées : membre des grandes tables du monde, les 2 étoiles du Guide Michelin © JPS

Ronan Kervarrec est arrivé à Saint-Emilion à l’été 2016, issu de la Chèvre d’Or à Eze où il avait 2** au Guide Michelin. D’emblée, il voulait répondre au challenge de reprendre les 2** qu’avait l’Hostellerie de Plaisance du temps de Philippe Etchebest. Ce fut non seulement un objectif mais aussi un défi réussi puisque le fameux Guide Michelin lui décernait en février 2017 ces 2**.

Asperges blanches de l’airial de Cécile et Laurent © JPS

Depuis, il n’a jamais cessé de travailler et sublimer les bons produits de la région girondine et de la côte atlantique. Il présentait ce mercredi à la presse spécialisée et blogueurs son « panel de nouveautés et de créations ». « Il y a un peu moins de mer, c’est fait exprès, pour ne pas qu’on me catalogue comme le Breton qui ne fait que des produits de la mer et des crustacés. »

Je suis attaché à la production locale, elle permet aux familles de s’enraciner dans un terroir », Ronan Kervarrec chef de l’Hostellerie de Plaisance.

« Des asperges blanches de l’airial de Cécile et Laurent » aux « escargots petits-gris de la Réole » en passant par « les champignons blonds de Michel Delmas à Rauzan », le chef joue sur ce dernier plat d’un dôme feuilleté d’imagination et d’un fameux sabayon au vin jaune qui subliment ces champipi, ces champignons…

« les champignons blonds de Michel Delmas à Rauzan »

Des mets partagés et testés aussi avec l’ensemble du personnel : « on est un des rares restaurants à associer le personnel en situation de client », commente Chantal Perse la propriétaire. « On n’a exclus personne, ni les bagagistes, ni les femmes de ménages, tous savent de quoi ils parlent et en parlent autour d’eux », c’est sans aucun doute la meilleure manière de motiver et une philosophie de la vie basée sur le partage et l’épicurisme.

Benoît Gelin, le chef sommelier avec qui Ronan Kervarrec © JPS

« Cela fait 18 ans que l’on a repris l’Hostellerie de Plaisance, si on n’avait pas réussi à en faire ce grand hôtel et ce restaurant, on aurait au moins réussi à à avoir une grande maison en plein coeur du village », plaisante Chantal Perse. Mais le pari est plus  que réussi, en ce début de saison de nombreux Espagnols en vacances s’y pressent en attendant les Américains mais pas seulement il y a aussi beaucoup de locaux avec des formules relativement accessibles, le premier menu est à 68€ avec 2 verres de vins compris toute la semaine à midi et même le samedi « ce qui est assez abordable pour un 2** » , précise le chef.

« Le pigeon à l’étouffée de Dordogne »

Un chef qui donne toute la mesure de son savoir faire avec ses deux plats classiques à sa carte « le homard de casier breton » juste cuit à la cheminée au beurre d’algues ou son « pigeon à l’étouffée de Dordogne ».

Moi, j’ai la chance qu’on me laisse travailler et qu’on me laisse faire la cuisine comme j’aime la faire, en bon père de famille »

Pour Ronan Kervarrec, une chose est sûre « il y aura en Aquitaine un autre 3***, autre que Michel Guérard (les Prés d’Eugénie à Eugénie-les-Bains) car l’Aquitaine est une vraie destination touristique. On préférerait l’avoir nous que nos copains, que ce soit nous rive droite, que eux rive gauche. Pour cela, on essaie de mettre la barre haute ». Et en bon joueur, Ronan Kerverrac cite « les autres prétendants sont Nicolas Masse à Martillac (La Grand’Vigne aux Sources de Caudalie), Pierre Gagnaire à la Grande Maison et Gordon Ramsay (le Pressoir d’Argent) à Bordeaux, sans oublier Christopher Coutanceau » en Charentes. Tous ont déjà leurs deux étoiles au Guide Michelin.

Cacao Forastero du Brésil 62% présenté sous écrin fumé

Etre classé 3*** au Guide Michelin, Ronan Kervarrec en rêve « oui, c’est une très belle référence » (le Guide Michelin). Non seulement, il s’est donné cet objectif « je suis hyper motivé mais pas seul, avec une équipe qui a envie d’y aller. Aller chercher des étoiles, ce n’est pas facile, c’est un vrai combat. Deux fois par jour, on ne sait pas s’il y a un critique dans la salle », tant il est vrai qu’ils ne se présentent pas ou très rarement.

Qu’on se rassure le chef est « venu pour poser ses valises » à Saint-Emilion où il se plaît avec sa famille et où il dirige aussi l’Envers du Décor, le 1er bar à vins-resturant de Saint-Emilion, tenu pendant 30 ans par François des Ligneris et dont les travaux de réfection débuteront à l’hiver prochain.

Le chef Ronan Kervarrec et son équipe dans les cuisines de Plaisance © JPS

Le leitmotiv du chef Ronan Kervarrec est de « faire vivre une expérience du début à la fin », « jusqu’à ce qu’on sen aille et avec le sourire », plaisante-t-il. Il aime aussi à rappeler que « l’Amour, ça se cuisine tous les jours. »

25 Fév

Concours Général Agricole – Palmarès des finales de ce samedi 24 février

Depuis 148 ans, le Concours Général Agricole distingue le savoir-faire et l’excellence des produits et des vins des terroirs français. Pendant 4 jours, du 24 au 27 février 2018, les produits finalistes sont jugés.

Visiuel-3-MedaillesOn retient son souffle et voilà le temps fort du Concours Général Agricole tant attendu enfin arrivé avec la révélation des produits médaillés de l’année.

Finales du samedi 24 février 2018

Produits

• Volailles abattues • Découpes de Volailles • Mistelles (Floc, Macvin, Pineau, Pommeau, …) • Produits issus de Palmipèdes Gras • Vanille

Vins

• Bourgogne • Champagne • Lorraine • Provence • Corse • Languedoc-Roussillon • Sud-Ouest

CaptureAU TOTAL:

172 produits médaillés (42 or, 79 argent, 51 bronze) sur 834 produits en compétition 2 048 vins médaillés (797 or, 837 argent, 414 bronze) sur 8 093 vins en compétition

Les chiffres clés 2018 sur l’ensemble du Concours Général Agricole

  • 35 catégories jugées
  • 1 247 sections de produits et vins en compétition
  • 21 911 produits et vins inscrits
  • 14 850 produits et vins en finale à Paris
  • 4 jours de concours
  • 6 800 jurés professionnels et consommateurs en finales
  • 1 030 jurés consommateurs formés par le Concours Général Agricole en 2017/2018 dont 130 futurs jeunes professionnels de l’agroalimentaire.

Visiuel-3-MedaillesRecherchez le palmarès ici

14 Fév

Saint-Valentin : Pascal Pressac remet la soupe VGE au goût du jour en mémoire à Monsieur Paul

Bravo au chef Pascal Pressac, de la Grange aux Oies, en Nouvelle Aquitaine, qui a su ce soir marier intelligemment le rendez-vous des amoureux avec l’hommage au grand chef Paul Bocuse, inventeur de la soupe VGE.

L'hommage ce soir de © Pascal Pressac en cuisine à Monsieur Paul, à la gastronomie française et à l'histoire pour la Saint-Valentin . La culture et le patrimoine au menu !

L’hommage ce soir de © Pascal Pressac en cuisine à Monsieur Paul, à la gastronomie française et à l’histoire pour la Saint-Valentin . La culture et le patrimoine au menu !

« C’est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître »,  comme chantait le grand Charles Aznavour. « Et pourtant, pourtant, je n’aiiime que toi » ajoutait-il. En cette Saint-Valentin, on nous a bassiné dans les médias sur les traditionnels bouquets de roses (très bien, mais venues d’Afrique, en passant par la Hollande et dont on ne sait si elles vont durer 3 à 10 jours), en revanche là où la culture, l’histoire, la gastronomie rejoignent l’hommage et la poésie,  je dis chapeau chef !

Pascal Pressac, le chef ingénieux de la Grange aux Oies, à Nieuil, non loin d’Angoulême, en Charente, a eu la bonne idée de servir à ses ouailles pour le menu de Saint-Valentin la soupe VGE du célèbre Paul Bocuse, décédé au mois de janvier.

Cette soupe VGE tient son nom du nom du Président Valérie Giscard d’Estaing. Il lui avait donné ce nom en l’honneur et en remerciement de la légion d’honneur qu’il avait reçu de ses mains le 25 février 1975 à l’Elysée. Il s’agissait d’une soupe de truffes surmontée d »une pâte feuilletée totalement inventée par Paul Bocuse qui expliquait son nouveau met en toute simplicité : « c’est un nouveau plat que nous avons fait pour le président Giscard-d’Estaing. On a remplacé les pommes de terre par de la truffe. » Il avait continué ce repas mémorable avec un canard nappé de vins de Margaux avec son foie au poivre vert.

Une soupe aussi immortalisée à la fin du film de Claude Zidi « l’Aile ou la Cuisse » un film satirique sur le Michelin avec Louis de Funès et Coluche qui a aussi bercé ma jeunesse.

Bravo chef, merci pour le clin d’oeil, pour les nouvelles générations et pour le patrimoine culinaire français.

09 Fév

Michel Vico, le chef du Jasmin au château Le Stelsia, honoré par 1 étoile au guide Michelin

Après avoir remporté 3 toques et une note de 15,5 sur 20 au Gault & Millau 2018, Michel Vico a été récompensé le 5 février dernier à Paris, par le célèbre guide pour sa cuisine gastronomique devant 200 chefs étoilés du monde entier.

© Le Jasmin, restaurant gastronomique de Michel Vico au sein du Stelsia

© Le Jasmin, restaurant gastronomique de Michel Vico au sein du Stelsia

Michel Vico, c’est d’abord un beau cv, il compte à son actif de nombreux noms de cuisines prestigieuses comme le Martinez, le Bristrol ou le Crillon. Avant d’arriver au Stelsia en janvier 2015, il dirigeait une brigade d’une cinquantaine de collaborateurs au restaurant gastronomique de l’Hôtel Casino Barrière de Lille.

Depuis son retour en terres lot-et-garonnaises, il a su montrer son goût pour les beaux produits du terroir qu’il affectionne tout particulièrement et qu’il magnifie au quotidien au Jasmin, tels que le célèbre pruneau d’Agen, la truffe, le foie gras…

Michel Vico, le chef du © Jasmin à Saint-Sylvestre sur Lot

Michel Vico, le chef du © Jasmin à Saint-Sylvestre sur Lot

 « Je suis honoré de recevoir une étoile par une telle Institution mondialement reconnue. J’ai aussi un grand respect pour tous les chefs sélectionnés.

A travers mon savoir-faire, j’espère transmettre ma passion pour ma région, le Lot-et-Garonne, tout en étant toujours à la recherche de produits d’exception. Je souhaite donner du plaisir avec une cuisine émotionnelle et passionnée », Michel Vico.

Le Jasmin*, une bonne table française à découvrir pour les fin gourmets, au sein du Stelsia****, un château hôtel  de 31 chambres « hors du commun », ancienne bâtisse du Moyen-Âge aux façades arborant les couleurs de l’arc-en-ciel, rappelant aux petits comme aux grands enfants les châteaux de contes de fée…

05 Fév

Philippe Etchebest, nouvel étoilé au Michelin avec La Table d’Hôtes du 4e Mur à Bordeaux

La nouvelle vient de tomber, Philippe Etchebest vient d’obtenir une étoile au guide Michelin lors de la remise de récompense du célèbre Guide à Paris. Bravo au chef qui avait ouvert le 4e Mur dans l’enceinte du Grand Théâtre en septembre 2015 à Bordeaux et marque l’essai avec La Table d’Hôtes du 4e Mur, un concept original et gastronomique.

etchebest

C’est une récompense méritée pour Philippe Etchebest, le célèbre chef de la place de la Comédie à Bordeaux. Il a ouvert son restaurant, le 4e Mur, en septembre 2015 et ne cherchait  pas forcément à avoir d’étoiles pour cette brasserie.

L’ironie avait voulu qu’une première étoile fut décernée avant lui à son rival et ami d’en face Gordon Ramsay pour le Pressoir d’Argent. L’injustice est réparée et la guéguerre ou le cauchemar en cuisine va pouvoir continuer, entre ces deux stars et des fourneaux et du petit écran.

CapturePhilippe Etchebest vient de décrocher cette étoile pour La Table d’Hôtes du 4e Mur, ouverte en juillet dernier, en sous-sol de sa brasserie du 4e Mur. Une table gastronomique celle-ci qui laisse au chef exprimer tout son talent, comme une mélodie en sous-sol. Il avait déjà connu la gloire des étoiles avec 2 étoiles décrochées lorsqu’il était chef à l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion.

Cette année, 621 étoiles ont été décernées, soit 5 de plus que la dernière édition.

CaptureMichel Vico, du restaurant le Jasmin au Stelsia à Saint-Sylvestre sur Lot (47) a décroché une étoile également, autre table gastronomique récompensée cette année celle de Julien Lefebvre du Château de Cordeillan-Bages, propriété de la famille de Jean-Michel Cazes à Pauillac (Gironde) et aussi 1 étoile pour Tanguy Laviale pour Garopapilles à Bordeaux. Bravo aux chefs.

Capture

A Bordeaux, on compte toujours 3 deux étoiles avec la Grande Maison (Pierre Gagnaire), le Pressoir d’Argent (Gordon Ramsay) et la Grand’Vigne au sein des Sources de Caudalie-château Smith Haut Lafitte (Nicolas Masse). A Saint-Emilion l’Hostellerie de Plaisance conserve aussi ses 2 ** (Ronan Kervarrec). Parmi les 1*, il y a bien sûr le Logis de la Cadene à Saint-Emilion (Alexandre Baumard), le Saint-James à Bouliac (Nicolas Magie), le Pavillon des Boulevards (Bordeaux), le Prince Noir (Lormont-Bordeaux). Le seul 3 *** de la région reste les Prés d’Eugénie de Michel Guérard à Eugénie-les-Bains. Revoir les reportages sur Bordeaux Terre de Gastronomie 

GUIDE MICHELIN 2018 : 28 TROIS ETOILES EN FRANCE :
La Maison des Bois, de Marc Veyrat, et le restaurant éponyme de Christophe Bacquié
ont rejoint lundi le cercle prestigieux des tables auréolées de trois étoiles en
France, qui compte au total 28 établissements dans l’édition 2018 du guide Michelin.
C’est un de plus qu’en 2017, après le retrait par le guide du restaurant Le Suquet
à Laguiole (Aveyron), conformément au souhait de son chef Sébastien Bras. Le fils
de Michel Bras, fondateur du restaurant, avait fait la demande inédite de ne plus
figurer dans le guide qui lui accordait trois étoiles depuis 1999.
CaptureDix « trois étoiles » sont situés à Paris (entre parenthèses l’année d’attribution):
– Alain Ducasse au Plaza Athénée (2016)
– Le Cinq, à l’hôtel Four Seasons George V (Christian le Squer, 2016)
– Alléno Paris – Pavillon Ledoyen (Yannick Alléno, 2015)
– Epicure à l’hôtel Bristol (Eric Frechon, 2009)
– L’Astrance (Pascal Barbot, 2007)
– Le Pré Catelan (Frédéric Anton, 2007)
– Guy Savoy (2002)
– Pierre Gagnaire (1998)
– L’Arpège (Alain Passard, 1996)
– L’Ambroisie (Bernard Pacaud, 1988)
En régions :
– La Maison des Bois à Manigod, en Haute-Savoie (Marc Veyrat, 2018)
– Le Restaurant Christophe Bacquié, à l’Hôtel du Castellet, dans le Var (Christophe
Bacquié, 2018)
– Le 1947 au Cheval Blanc à Courchevel (Yannick Alléno, 2017)
– La Bouitte, à Saint-Martin de Belleville en Savoie (René et Maxime Meilleur,
2015)
– L’Assiette champenoise, à Tinqueux dans la Marne (Arnaud Lallement, 2014)
– La Vague d’or, à Saint-Tropez (Arnaud Donckele, 2013)
– Flocons de sel, à Megève (Emmanuel Renaut, 2012)
– Auberge du Vieux Puits, à Fontjoncouse dans l’Aude (Gilles Goujon, 2010)
– Le Petit Nice, à Marseille (Gérald Passédat, 2008)
– Anne-Sophie Pic, à Valence (2007)
– Lameloise, à Chagny en Saône-et-Loire (Eric Pras, 2007)
– Régis et Jacques Marcon, à Saint-Bonnet-le-Froid en Haute-Loire (2005)
– Georges Blanc, à Vonnas dans l’Ain (1981)
– Les Prés d’Eugénie, à Eugénie-les-Bains dans les Landes (Michel Guérard, 1977)

– Troisgros, à Ouches dans la Loire (Michel Troisgros, 1968)
– L’Auberge de l’Ill, à Illhaeusern dans le Haut-Rhin (Marc Haeberlin, 1967)
– Paul Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or dans le Rhône (1965)
A Monaco :
– Le Louis XV Alain Ducasse (1990, retirée 1997, retrouvée 1998, retirée en 2001,
retrouvée 2003)

Avec Guide Michelin et AFP

20 Jan

Un grand merci Mr Paul Bocuse : le Monument de la Gastronomie Française nous a quitté

A 91 ans, le plus grand cuisinier de France, un père pour bon nombre de jeunes générations s’en est allé. Paul Bocuse, surnommé à juste titre « le Pape de la Gastronomie Française » ou « Mr Paul » vient de disparaître. Avec sa gouaille, il avait réussi à être l’ambassadeur de la cuisine française à travers le monde. Hommage de ses pairs recueilli par Côté Châteaux.

12694913_1281781278504917_8805669339623030213_o« Pape de la gastronomie française », « primat des gueules » ou simplement « M. Paul », Paul Bocuse, décédé à 91 ans, a incarné avec une gouaille unique la gastronomie française durant des décennies, en étant le premier chef à parcourir le monde pour défendre ses couleurs.

Star parmi les stars des fourneaux, bâtisseur d’un empire estimé à plus de 50 millions d’euros, Paul Bocuse, toujours prêt à poser avec sa veste et sa toque de cuisinier, était aussi le plus ancien des trois étoiles au monde, depuis 1965 sans discontinuer. Ce qui n’empêche pas certains critiques de dire que son restaurant des bords de Saône n’était plus à la hauteur et certains guides de le classer dans la catégorie institution, à défaut de le noter.

Né le 11 février 1926 dans une famille de cuisiniers de père en fils à Collonges-au-Mont d’Or, près de Lyon, cet épicurien à l’énergie débordante, infatigable globe-trotteur, a consacré sa vie à la gastronomie.

Entré en apprentissage à 16 ans à Lyon — enfant, il préférait la chasse et la braconne aux études –, il poursuit après la guerre sa formation chez Eugénie Brazier, première femme triplement étoilée en 1933, qui lui inculquera la rigueur. Puis chez Fernand Point, à Vienne (Isère), au début des années 1950, devenu son « maître à penser ».

Il obtient sa première étoile au Michelin en 1958, puis une deuxième deux ans plus tard en transformant l’auberge familiale qui deviendra le temple de la gastronomie française. Meilleur Ouvrier de France en 1961, Bocuse décroche sa troisième étoile en 1965, consacrant sa fulgurante ascension.

On afflue du monde entier pour déguster sa « poularde demi-deuil », son « gratin de queues d’écrevisses », ou sa « soupe VGE », un consommé à la truffe surmonté d’un dôme de pâte feuilletée, créé en 1975 pour la remise de sa Légion d’honneur à l’Elysée. Autant de classiques devenus des incontournables de la carte de son célèbre restaurant de Collonges-au-Mont-d’Or, à la façade verte et rose, où trône son portrait en trompe-l’oeil.

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Pour les 90 ans de Mr Paul © Gérard Collomb

Dans « Paul Bocuse, le Feu sacré » (Ed. Glénat – 2005), « Monsieur Paul » se définissait comme « un adepte de la cuisine traditionnelle », qui « aime le beurre, la crème, le vin », et pas « les petits pois coupés en quatre ». « Oui, sûrement, ma cuisine est ringarde », admettait ce bon vivant qui se régalait de « plats simples » comme le pot-au-feu ou le boeuf bourguignon.

Elu « cuisinier du siècle » en 1989 par le guide Gault et Millau, puis sacré « chef du siècle » en 2011 par le prestigieux Culinary Institute of America (CIA), Bocuse aura ouvert de nouveaux horizons à la gastronomie française, érigeant son nom en marque.

Dès 1960, il laisse ses fourneaux pour voyager en Europe, au Japon, aux Etats-Unis. « J’étais un précurseur, ma curiosité m’a emmené un peu partout », disait-il. Il en rapportait des recettes, déclinées dès 1994 dans ses brasseries lyonnaises:

Le Nord, le Sud, l’Est, l’Ouest, l’Argenson ou l’Auberge de Fond Rose. En janvier 2007, il ouvre sa première brasserie au Japon. Sept autres suivront. En février 2013, tout juste remis d’une hospitalisation, il inaugurait encore en super-star un restaurant à son nom, au nord de New-York.

Paul Bocuse entouré de son équpe et du maire de lyon © Gérard Collomb

Paul Bocuse entouré de son équpe et du maire de Lyon en février 2016, aujourd’hui Ministre de l’Intérieur © Gérard Collomb

Président de l’Institut Paul Bocuse d’Ecully (Rhône), qui forme aux métiers de l’Hôtellerie, de la Restauration et des Arts Culinaires, Bocuse aimait transmettre le « goût du travail bien fait ». Le concours international du « Bocuse d’Or », lancé en 1987, constitue un véritable tremplin pour de jeunes chefs. Souffrant de la maladie de Parkinson et préparant sa succession, il avait ouvert en 2010 le capital de ses brasseries lyonnaises et placé des proches à des postes stratégiques en France et aux Etats-Unis.

« Je travaille comme si j’allais vivre 100 ans et je savoure la vie comme si chaque jour était le dernier », se plaisait à dire ce séducteur invétéré, qui arborait fièrement un coq tatoué sur son épaule par les Américains pendant la guerre. Son incroyable appétit de vivre s’exprimait aussi dans la vie privée de ce polygame assumé: marié depuis 1946 à Raymonde, qui lui a donné une fille, Bocuse a également partagé sa vie pendant plus de 60 ans avec Raymone, la mère de son fils Jérôme, et pendant plus de 40 ans avec Patricia, qui gère sa communication. « J’adore les femmes et nous vivons trop longtemps de nos jours pour passer une vie entière avec une seule », confiait-il en 2005 au Daily Telegraph.

Avec AFP

LES REACTIONS DES GRANDS CHEFS DE NOUVELLE-AQUITAINE RECUEILLIES PAR COTE CHATEAUX :

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POUR ALEXANDRE BAUMARD * (LOGIS DE LA CADENE A SAINT-EMILION EN GIRONDE) : « C’EST VRAIMENT LA PERTE D’UN PERE »

On sent le jeune cuisinier du Logis de la Cadène, propriété de la famille de Boüard, très ému en ce début d’après-midi. « Sur quasiment 3 ans que j’ai passé chez lui, je n’ai que des bons souvenirs, humainement et professionnellement.

C’est vraiment la perte d’un père. C’est lui qui m’a tout apporté et l’étoile que j’ai obtenue en 2017, je la lui dois. »

Il avait une vision de la cuisine, un respect du produit, sans lui je n’en serais pas là. C’est une grosse perte. Je me souviens en 2006 de cet homme incroyable, il n’était pas malade alors,en pleine forme, il était à la table des chefs en train de discuter et à un moment il a sauté de sa chaise pour montrer à un cuisinier comment brûler un poulet ! »

Ce sont 3 années qui ont marqué ma carrière, c’est une grande maison.pour tous ceux qui l’on cotoyé. Dans la transmission, c’était un homme hors pair.

Je me souiens aussi du 6 juin 2006 où j’ai commencé là-bas, Mr Paul me voit à l’extérieur et me demande si j’avais fait mon service militaire… Je lui ait dit que non. Il m’a dit ce n’est pas grave, ici tu vas l’apprendre…Et après il me disait, je suis fier de toi et maintenant tu as travailler. »

« Mr Paul restera toujours présent, ce n’est pas pour rien qu’il a été élu cuisinier du siècle. Personne ne prendra sa place à tous les niveaux ! »

POUR PASCAL PRESSAC * (LA GRANGE AUX OIES A NIEUIL EN CHARENTE) : « Mr PAUL ETAIT NOTRE MAITRE A TOUS »

« Evidemment, Mr Paul était notre maître à tous, le pape de la gastronomie, mais je crois qu’au-dela de son talent de cuisinier, c’est lui qui nous a fait sortir de nos cuisines. Il a su médiatiser notre profession, donner les lettres de noblesse aux cuisiniers. »

« Je l’ai rencontré une fois au Bocuse d’Or, un bref échange, une poignée de mains et un regard qui m’a donné enie de continuer dans cette profession. Je lui ai dit : Mr Paul, ce soir, je dîne chez vous. Il m’a répondu, je ne serai pas là pour t’accueillir mais je serai dans ton assiette. Son sourire et son regard lors de ce bref échange sont mon plus beau cadeau »

POUR NICOLAS MAGIE * (LE SAINT-JAMES A BOULIAC) : « GRACE A LUI, LE CUISINIER EST SORTI DE DERRIERE LES FOURNEAUX »

« C’est un très très grand Monsieur qui est parti. Grâce à lui le cuisinier est ce qu il est aujourd’hui , sorti de derrière les fourneaux, mis en avant d’être starisé pour certains. Ce métier à vraiment été mis en valeur. Merci Monsieur Paul »

CapturePOUR RONAN KERVARREC ** (HOSTELLERIE DE PLAISANCE A SAINT-EMILION EN GIRONDE) : « IL A PORTE HAUT ET FORT LE DRAPEAU TRICOLORE A TRAVERS LE MONDE »

« Un homme passionné nous à quitté et toutes mes pensées vont naturellement à son épouse et ses enfants, ainsi qu’à ses équipes qui sont aujourd’hui orphelins ».

« Cet homme a apporté une ouverture Mondiale de notre métier de cuisiner, il nous a apporté la respectabilité à travers toutes les couches sociales.

Il a porté haut et fort le drapeau tricolore à travers le monde. Il a  porté la gastronomie au Zénith du savoir faire.

À nous aujourd’hui de perpétuer cet héritage, à continuer de porter haut et fort la symbolique du haut niveau en toute humilité et de continuer à partager fraternellement son image ».

CapturePOUR MICHEL TRAMA ** (PUYMIROL DANS LE LOT-et-GARONNE) : « UN JOUR JE MONTERAI LE REJOINDRE ET SERAI SON MARMITON »

Michel Trama est ce soir bien triste, ce grand chef de Puymirol qui a lancé les Bouffons de la Cuisine en décembre pour offrir un repas de Noël aux démunis partageait avec Mr Paul ces traits de Grande Humanité.

« C’est Mr Paul qui nous a fait sortir de la cuisine, Mr Paul avec tout le respect que les cuisiniers lui doivent, Mr Paul un grand Monsieur. Il m’a remis le mérite national à Collonges. Il est venu 3 fois à Puymirol. Il aimait bien notre maison, il avait pris le même architecte »

« Tous les cuisiniers, on est ses enfants spirituels, c’est lui qui a inculqué la noblesse de notre métier. »

« Mais la mort, c’est la vie, elle est inéluctable. Moi, je me réjouis de monter au ciel et d’être son marmiton. »

C’est une grande perte, mais il nous a mis sur le chemin mondial, international de la cuisine française et elle est en haut de l’échelle. Il nous a ouvert la voie. C’est un Grand Monsieur. »

05 Jan

Château Guiraud ouvre les portes de la Chapelle le 2 février prochain : le 1er restaurant au sein d’un 1er cru classé en 1855

Qu’on se le dise. Guiraud ouvre le bal, Lafaurie Peyraguey va suivre. Le château, propriété des familles Peugeot, Bernard, Planty et Neipperg, est le 1er à ouvrir un restaurant dans un 1er grand cru classé en 1855. 225 places aménagées dans une ancienne chapelle protestante d’où son nom de baptême : la Chapelle.

Château Guiraud, 1er grand cru classé de Sauternes, fait aussi du blanc sec depuis de nombreuses années © JPS

Le Château Guiraud, 1er grand cru classé de Sauternes, avec sa Chapelle sur la droite © Jean-Pierre Stahl

« Ite missa est » ou comme tout le monde se sera souvenu « allez, la messe est dite ». Château Guiraud a remporté la course devant Lafaurie-Peyraguey, course à celui qui ouvrira le 1er restaurant au sein d’un 1er cru classé en 1855 et à Sauternes de surcroît. Bravo à Guiraud, the winner. Toutefois, Lafaurie-Peyraguey n’est pas en reste et ouvrira en prime un hôtel de luxe au sein du château au printemps prochain, avec un chef qui visera une bonne place dans le guide Michelin.

La Chapelle est donc le nom trouvé et qui s’est naturellement imposé à cet endroit qui d’une chapelle protestante édifiée en 1784 a été transformée en restaurant réhabilité et décoré par l’architecte Charlotte Allard en 2017. Le restaurant a été aménagé de telle manière qu’il se divise en 4 espaces : la Chapelle, la Salle à manger, le Salon et accueille également une boutique. Sa capacité d’accueil  est de 225 places.

La direction du restaurant a été confiée à Nicolas Lascombes, qui manage déjà le 7 à la Cité du Vin à Bordeaux, ainsi que le Brasserie Bordelaise, mais aussi la Terrasse Rouge au sein du château la Dominique à Saint-Emilion. Quant à la cuisine, le mot d’ordre c’est « la nature dans les assiettes. Pas d’effet de mode, du local et du bio, en totale adéquation avec l’ADN de Château Guiraud et la forte identité “ terroir ” »

Nicolas Lascombes va ouvrir le 7, le restaurant de la Cité du Vin © Jean-Pierre Stahl

Nicolas Lascombes à la Terrasse Rouge à la Dominique en août 2015 © Jean-Pierre Stahl

J’ai un véritable coup de cœur pour “l’esprit Guiraud” et pour cette Chapelle. Je souhaite y apporter mes recettes de “bien-vivre” et de “bien-manger” tout en intégrant tout ce qui fait l’essence de Château Guiraud,” Nicolas Lascombes restaurant La Chapelle

Château Guiraud a toujours eu une âme singulière, depuis plus de 250 ans , mais aussi un esprit pionnier avec Xavier Planty à sa tête et Luc, l’un des ses enfants, engagé à ses côtés.

Les propriétaires de château Guiraud : le Comte Stephan von Neipperg, Olivier Bernard et Xavier Planty. Il manquait hier soir Robert Peugeot. © JPS

Les propriétaires de château Guiraud : le Comte Stephan von Neipperg, Olivier Bernard et Xavier Planty. Il manquait ne manquait ce soir-là de février 2017 que Robert Peugeot. © JPS

La Chapelle de Guiraud, c’est encore une histoire de rencontre… Nous connaissions bien le travail de Nicolas Lascombes, d’où l’idée de lui proposer la Chapelle pour en faire un restaurant atypique qui défend nos valeurs communes.” Xavier Planty / Château Guiraud

« L’ambition de la propriété et du restaurant est commune et limpide : suspendre le temps et célébrer la nature autour d’une cuisine de terroir inspirée ». Cette Chapelle va donner un nouveau tempo, une nouveau choeur à Sauternes. On va désormais y célébrer de plus en plus de messes, celles de la gastronomie, du bien vivre et de l’oenotourisme. Alléliua, mes biens chers frères !

26 Déc

Les Bouffons de la cuisine : « pas besoin d’avoir des toques et des étoiles pour avoir du coeur »

A l’initiative de Michel Trama, le grand chef de Puymirol, 80 cuisiniers partout en France réalisent en cette fin d’année un repas de fêtes pour les plus démunis. 2300 personnes sont ainsi reçues et servies comme dans un grand restaurant, histoire de leur donner un peu de bonheur.

L'équipe des Bouffons de la Cuisine aujourd'hui à Boé :

L’équipe des Bouffons de la Cuisine aujourd’hui à Boé :Anthony Chapelle (le second de Michel Trama), Adrien Pedrazzi, Philippe Collot, Michel Trama au centre Tong Ung et Pascal Sagot © Jean-Pierre Stahl

« A midi, on va allumer le feu comme disait Johnny », d’emblée Michel Trama en briefing avec ses chefs et commis donne le tempo : « et moi je dis que tous les bouffons sont étonnants et merveilleux comme le disait aussi Jean d’Ormesson »

IMG_3113Après 40 années passées derrière ses fourneaux, le grand chef de Puymirol, Michel Trama (2* au guide Michelin) a eu cette vision de lancer « les Bouffons de la Cuisine ».

Le chef Tong Ung de l'Imperial Buffet a prêté son restaurant pour l'occasion à Boé © JPS

Le chef Tong Ung de l’Imperial Buffet a prêté son restaurant pour l’occasion à Boé © JPS

Cette association rassemble à ce jour 80 chefs qui ne se prennent pas au sérieux (même s’ils méritent le respect eu égard à leur parcours) mais veulent rendre un peu de bonheur à ceux qui en manquent : « pas besoin d’avoir des toques et des étoiles pour avoir du coeur, » m’explique Michel Trama. « A l’origine c’est une bande de copains dont je suis le boute-en-train. L’idée initiale est de faire un bon repas de Noël avec des personnes qui donnent mais n’attendent rien en retour. Hier j’ai apporté à manger à une personne seule. Chacun peut apporter un peu de bonheur, c’est à la portée de tout le monde. »

IMG_3009Finalement tous les chefs, tous les copains sont venus, et on a la chance de faire le repas de Noël pour des gens qui n’ont pas accès à ce repas en fin d’année. On va faire 2300 repas offerts pour ces gens en cette fin d’année et leur donner un petit peu de bonheur, » Michel Trama créateur des Bouffons de la Cuisine.

En France, ce sont 80 chefs qui cette année ont répondu à son appel depuis l’Alsace jusqu’au département du Var, en passant par Paris et Boé près d’Agen dans le Lot-et-Garonne.

IMG_3144Pour vous donner une petite idée de ce menu de fêtes réalisé par 3 chefs à Boé (Tong Ung chef de l’Imperial Buffet, Adrien Pedrazzi du restaurant « Pronto al gusto », de Pascal Sagot la Grangette traiteur, sans oublier Michel Trama) : feuilleté garni d’une tombée d’épinards et crevettes, chou au poulet confis accompagné de son gratin de pommes de terre, et tarte tatin chaude en dessert avec sa chantilly, de quoi rehausser l’ordinaire.

IMG_3130Cette première opération du genre à cette échelle va être réitérée l’an prochain et le chef Michel Trama espère à une autre échelle bien plus importante, car cette initiative replace l’humain au coeur de notre société, qui a trop tendance à oublier ces personnes aux faibles ressources, le reste de l’année. Michel Trama, qui cogite constamment sur ses « Bouffons » a même lancé hier des repas à domicile (et sous cloche », pour personne seule ou retraités isolés.

IMG_3167C’est un moment de joie et de convivialité, je crois que c’est apporter un peu de bonheur à des personnes qui en manquent » Gilbert Vidal secrétaire général du Secours Populaire 47

IMG_3046En Lot-et-Garonne, les Bouffons de la Cuisine vont ainsi illuminer la vie de 250 personnes en cette fin d’année, c’était le cas aujourd’hui à Boé, demain à Villeneuve-sur-Lot et le 28 à Foulayronnes.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Marc Lasbarrères et Emilie Jeannot:

20 Déc

Quels accords mets et vins pour Noël ? Nicolas Magie et Adrien Champigny du Saint-James vous guident

Nicolas Magie, le chef étoilé du Saint-James à Bouliac, vous montre comment réaliser votre merveilleux repas de Noël, en 4 plats, dans un budget fort limité de 15€ par personne. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Adrien Champigny, le chef sommelier, propose pour chaque plat l’association idéale de vins de Bordeaux et du Grand Sud-Ouest.

Mathier Martin, 1er sous-chef et le chef du Saint-James, Nicolas Magie avec leur entrée © JPS

Mathieu Martin, 1er sous-chef et le chef du Saint-James, Nicolas Magie, avec leur « Foie gras rôti Céleri et Mandarine » © JPS

Vous en avez rêvé, le chef Nicolas Magie l’a fait pour vous et vous montre, comment avec quelques bonnes idées, on peut réaliser un repas de Noël dans un budget maîtrisé de 15 € par personne. Même sentence pour le chef sommelier Adrien Champigny ou comment se faire plaisir en associant pour chaque met un ou des vins, dans une gamme de prix de 15 à 20 € par bouteille au maximum…

IMG_2609Voici quelques astuces pour un repas de fête que vous dévoile le chef du Saint-James Nicolas Magie, avec la plus grande simplicité et pour une menu assez traditionnel.

IMG_2612Pour commercer, il vous propose un foie gras poëlé accompagnée d’une purée de céleri savamment étalée sur du papier à bulles pour lui donner des formes alvéolées après un passage au congélateur… « on va faire des petits bâtonnets de céleri branche » commente le chef Nicolas Magie, aidé de son second Martin ; « entre temps moi je vais couper l’escalope de foie gras, un joli morceau quelque chose de gourmand. On va le poeler, avec une jolie coloration, un peu caramélisé tout en faisant attention à la cuisson. Zests de clémentines et de citron ». Au dressage de l’assiette, on y ajoute les mandarines pelées et taillées en 4 et la purée de céléri avec quelques pointes de chutney…

IMG_2622Pour accompagner cette entrée, Adrien Champigny le chef sommelier vous propose un petit blanc sec du grand Sud-Ouest : « on va aller au Pays-Basque aujourd’hui sur la petite appellation Irouléguy, avec le Domaine Arretxea en 2012, un terroir de schiste et de grès, on est sur un vin avec du caractère. Le plat a beaucoup de gras, de l’opulence, un petit peu d’amertume avec le céleri, la gourmandise avec le jus de canard et la mandarine, c’est important de privilégier ce type d’accord. »

IMG_2630Comme fruit de mer, rien de tel qu’une belle Saint-Jacques fraîche : « on appuie, on tourne et on récupère notre noix…

IMG_2639« On va les snacker 30 secondes de chaque côté, les glacer avec notre petit jus de volaille, «  explique Nicolas Magie. Des noix que l’on va marier avec des châtaignes et champignons de saison : « quelques petits copeaux de truffe, la petite purée de marron, les marrons glacés et la truffe tout simplement. »

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Et avec cela, qu’est-ce que l’on boit ? « Chef, avec ce plat, un vin blanc (château Larrivet-Haut-Brion 2007) et un vin rouge (Elian Da Ros 2011). On est sur un plat avec un goût de terroir assez prononcé.

IMG_2667Un vin rouge sur les côtes du Marmandais, assez élégant pas trop tannique, pas trop puissant. On reste sur la gourmandise, cela fonctionne très bien…

Le blanc, évidemment avec quelques années de bouteille, beaucoup de complexité, beaucoup de richesse, on est sur les grands terroirs de Pessac-Léognan, qui fera merveille avec les Saint-Jacques. »

IMG_2671En plat principal, un chevreuil de chasse des Landes, un filet juste rôti… « C’est une viande, il n’y a que du maigre, il n’y a pas de gras. C’est une cuisson très très courte, on le garde bien bien bleu et dessus on est venu travailler un peu un beurre maître d’hôtel, un beurre avec du persil frais, du jus de citron avec beaucoup d’acidité, à côté deux ou trois salsifis glacés au jus, une petite purée de salsifis, poudre de persil et jus.

IMG_2622Pour accompagner, un château de Malleret 2014, un Haut-Médoc, pas trop puissant, pas trop tannique fera l’affaire. « Le chevreuil reste une viande qui est très fine, élégante, il faut vraiment aller chercher ce style de vin, on va éviter les vins trop massifs, trop puissants, trop structurés », explique le chef sommelier Adrien Champigny.

IMG_2687Et pour conclure, un dessert léger, la noisette acidulée, mi-fruité, mi-glacé et surtout chocolatée. « A l’intérieur un crémeux guanduja, des noisettes caramélisées, des petits morceaux de citron vert et un sorbet au kalamansi et le tout fini par un siphon au chocolat chaud comme une texture d’une mousse au chocolat », commente Sébastien Bertin le chef pâtissier du Saint-James, lauréat du trophée au Gault & Millau Tour 2017.

IMG_2725Adrien Champigny recommande un petit Sauternes, Castelnau le second vin de Suduiraut : « on a un joli sucre mais il y a une belle fraîcheur et une belle acidité, sur 2010 c’est un millésime qui est très équilibré, l’accord fonctionne bien. Pour terminer un joli repas de fête, on n’a pas trouvé mieux. »

Et tous les 4 de vous souhaiter, ainsi que Côté Châteaux de passer de joyeuses fêtes.

Nicolas Magie, le chef du Saint-James vous dit tout :

IMG_2617Foie gras rôti Céleri et mandarine 1. Purée de céleri Faire suer votre oignon ciselé dans un peu d’huile d’olive en prenant soin de ne pas le colorer. Puis incorporer votre céleri boule en brunoise. Mouiller avec le lait et la crème. Une fois cuit, mixer puis rectifier l’assaisonnement. Déposer la purée sur les alvéoles comme sur la vidéo. 2. Chutney Peler à vif les mandarines et les tailler en 4. Emincer la peau de citron confit. Mélanger tous les ingrédients puis laisser mariner 4 heures. Cuire l’ensemble de tous les éléments jusqu’à réduction de 50% puis mixer fortement. 3. Eplucher le céleri branche puis réaliser une julienne régulière. 4. Déposer dans votre assiette les alvéoles de purée de céleri et quelques points de chutney de mandarine, puis la julienne de céleri branche préalablement assaisonnée de fleur de sel et d’huile d’olive. Déposer les tranches de foie gras poêlé et les arroser de jus de volaille

Ingrédients et quantités pour 8 personnes : Foie gras frais 800 g, 8 tranches de 100 g Sel, piment d’Espelette PM Céleri rave 500 g Crème 300 g Lait 100 g Oignon 1 p Ail 1 gousse Huile d’olive PM Chutney : Mandarine 250 g Sucre roux 125 g Citron confit ½ Jus de citron ½ Gingembre râpé 50 g Jus de mandarine PM Céleri branche 100 g Jus de volaille 100 g

IMG_2627Pour le poisson: 1. Mixer les marrons avec l’eau bouillante afin de réaliser une purée lisse puis rectifier l’assaisonnement. Débarrasser dans une poche à douille vermicelle. 2. Faire glacer les marrons dans le jus de volaille en prenant soin de ne pas les colorer tout en gardant leur moelleux. 3. Faire saisir les Saint-Jacques dans une poêle avec un peu d’huile d’olive 30 secondes de chaque côté. Débarrasser et réserver au chaud. 4. Dresser les marrons harmonieusement puis la purée à l’aide de la poche et ajouter de jolis copeaux de truffe, puis les Saint-Jacques. Arroser généreusement de jus de volaille.

Ingrédients pour 8 personnes : Saint-Jacques 16 pièces Marrons cuits sous vide 100 g Eau bouillante 77 g Marron 300 g Jus de volaille 100 g Truffe noire du Périgord 40 g

Nicolas Magie et Adrien Champigny ont cherché les meilleurs accords © JPS

Nicolas Magie et Adrien Champigny ont cherché les meilleurs accords © JPS

Chevreuil rôti, salsifis et topinambour et jus compoté : 1. Lever les filets de chevreuil, réserver. 2. Colorer les carcasses dans une casserole à l’huile de tournesol, puis ajouter le beurre. Laisser mousser, mettre la garniture aromatique puis laisser colorer tout en remuant de temps en temps. Mouiller avec le fond de veau, puis laisser cuire 1 heure. Egoutter, faire réduire le jus de moitié puis monter au beurre 3. Eplucher les salsifis, les faire revenir à l’huile de tournesol puis les cuire dans le fond de veau. Débarrasser puis fumer à l’aiguille de pin. 4. Réaliser le beurre maître d’hôtel, le façonner en boudin, réserver. 5. Eplucher les topinambours puis les conserver dans de l’eau froide et du jus de citron. Tailler en 2 ou 3, suer les oignons, ajouter les morceaux de topinambours puis verser la crème. Laisser compoter tranquillement, égoutter et mixer avec le beurre. Réserver. 6. Cuire les filets de chevreuil à l’huile et au beurre, tailler en tronçons puis ajouter le beurre. 7. Réchauffer les salsifis dans leur jus de cuisson, la purée dans une casserole.

Ingrédients : Chevreuil Dos de chevreuil 2.200 kg Salsifis Salsifis 0.900 kg Fond de veau 0.220 L Beurre maitre d’hôtel Beurre demi-sel 0.100 kg Persil plat 0.015 kg Jus et zeste de citron vert 1 pièce Sel/poivre PM Purée topinambour Topinambour 0.500 kg Crème 0.250 kg Oignon 0.020 kg Beurre 0.020 kg Sauce Fond de veau 0.250 L Carcasse chevreuil 1 kg Beurre doux 0.010 kg Oignon 0.060 kg Ail 2 gousses Thym 2 branches

Mathieu Martin, 1er sous-chef, Sébastien Bertin chef pâtissier, Nicolas Magie chef cuisinier et Adrien Champigny, chef sommelier, du Saint-James vous souhaitent de joyeuses fêtes gourmandes © JPS

Mathieu Martin, 1er sous-chef, Sébastien Bertin chef pâtissier, Nicolas Magie chef cuisinier et Adrien Champigny, chef sommelier, du Saint-James vous souhaitent de joyeuses fêtes gourmandes © JPS

La noisette acidulée : 1. Tuiles : mélanger le beurre pommade et le sucre. Ajouter le blanc d’œuf, mélanger. Ajouter la farine, mélanger. Ajouter le cacao en poudre, mélanger. Etaler la pâte en bandes rectangles de 5/25 cm, mettre au four environ 4 min à 180°C. A la sortie du four, enrouler autour d’un tube. 2. Crémeux : faire bouillir le lait. Ajouter la gélatine ramollie dans de l’eau glacée. Verser sur le chocolat. Ajouter la crème, mixer. Réserver au frais. Le lendemain, monter au batteur. 3. Caramel : faire fondre le sucre, laisser refroidir. Tremper les noisettes dans le caramel à l’aide d’un cure-dent. Suspendre les noisettes en plantant le cure dent dans du polystyrène, laisser couler le caramel. 4. Noisettes caramélisées : réaliser le caramel, cuire à 121°C. Ajouter les noisettes torréfiées, caraméliser. Ajouter du beurre pour décuire. Verser sur une plaque, laisser refroidir. Concasser à l’aide d’un rouleau. 5. Espuma Kalapaïa : faire bouillir la crème. Mélanger le sucre et le jaune d’œuf. Ajouter à la crème pour réaliser une crème anglaise. Verser sur le chocolat, laisser fondre, mixer. Verser 60 g dans un siphon, gazer à 2 cartouches. Réserver au bain marie. 6. Sorbet Kalamansi : faire bouillir l’eau, le sucre et le stabilisateur. Ajouter le lait et le jus de citron. Si vous n’avez pas de sorbetière, vous pouvez acheter le sorbet tout prêt.

Ingredients : Tuiles Beurre 17.5 g Sucre glace 5 g Blanc d’œuf 3 g Farine 8 g Cacao en poudre 2 g Crémeux guanduja Lait 11 g Crème 22 g Guanduja 16.5 g Feuille de gélatine ½ feuille Noisette filée Sucre Pm Eau Pm Noisettes caramélisées Noisettes torréfiées 10 g Sucre semoule 5 g Eau 1.5 g Beurre 0.5 g Espuma Kalapaïa Crème 0.1 L Sucre 20 g Jaune d’œuf 20 g Sorbet Kalamansi Lait 12.5 g Eau 12.5 g Sucre 10 g Jus de citron vert 12.5 g Stabilisateur 0.15 g

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Christelle Arfel, Christophe Varone, Isabelle Rougeot :

16 Déc

C’est un week-end gourmand à Planète Bordeaux

A J-9 du réveillon de Noël, vous avez rendez-vous au traditionnel marché de Noël de Planète Bordeaux, au cœur du vignoble de Bordeaux.

Visuel-principal-WEGVous êtes attendus nombreuses et nombreux les samedi 16 et dimanche 17 décembre, à Planète Bordeaux. Plus d’une trentaine d’artisans (bijoux, produit de bien être, chocolat, foie gras…) et vignerons de Bordeaux seront présents. Le tout dans une ambiance conviviale et festive !
1/ Des ateliers œnologiques et culinaires sont proposés toutes les heures, en accès libre et gratuit (dans la limite des places disponibles).
2/ Des animations pour les enfants, des interludes musicaux et de nombreux cadeaux à gagner sont aussi prévus
3/ Restauration possible sur place, sans réservation.
4/ Et un millier de vins au prix propriété référencés dans notre Cave des 1001 Châteaux… de quoi gâter vos proches pour noël et réaliser les meilleurs accords possibles avec vos plats de fête.