26 Oct

Quand les liquoreux font de la résistance

Alors que la zone des vins liquoreux a été impactée par le gel d’avril, que les volumes seront faibles, que la consommation n’est toujours pas au beau fixe, Côté Châteaux vous annonce que le millésime 2017 en liquoreux sera malgré tout de grande qualité.

Les tries au château © Lafaurie-Peyraguey

Les tries au château © Lafaurie-Peyraguey

UNE MATURITE PRECOCE

La deuxième quinzaine d’août fut chaude et ensoleillée, elle a permis d’obtenir une maturité précoce sur les raisins de sauvignon et sémillon tout en conservant un bon niveau d’acidité et d’arômes. Les années précoces annoncent  généralement de grands millésimes dans la région des vins liquoreux.

ON A SU GERER LES VIGNES GELEES

Pour les vignes gelées, le retard de maturité n’a pas été pénalisant grâce aux belles journées de la première quinzaine d’octobre. Les raisins étaient mûrs très tôt fin août, permettant au botrytis de s’implanter sur des raisins sains.

Quand le botritys cinerea est là, la java s'en...la java s'en va © Lafaurie-Peyraguey

Quand le botritys cinerea est là, la java s’en…la java s’en va © Lafaurie-Peyraguey

LA PLUIE BENEFIQUE DE SEPTEMBRE

Tout début septembre, la période humide d’une dizaine de jours a facilité le déploiement du botrytis sur tout le vignoble. Les vendanges ont débuté précocement à partir du 15 septembre et la climatologie a été particulièrement bénéfique dans les 10 jours suivants, permettant des premières tries déjà très intéressantes.

Sur les terroirs plus drainants, le botrytis a était plus lent à s’implanter mais les tries se sont révélées très concentrées et très pures.

Château Doisy-Daene, propriét de la famille Dubourdieu © D

Château Doisy-Daene, propriété de la famille Dubourdieu © Daniel Dutrieux

RECOLTE HOMOGENE A LOUPIAC, CADILLAC ET SAINTE-CROIX-DU-MONT

Sur la rive droite (Loupiac, Cadillac, Sainte Croix du Mont), la récolte est très homogène et de grande qualité avec des jus très purs et concentrés. Les après-midi chaudes et ventées ont facilité le travail de concentration. Les vendanges se sont terminées début octobre.

Les jus disposent d’une très belle fraicheur aux arômes très purs et de belle concentration de Botrytis.

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Coucher de soleil sur le château Rieussec à Fargues © Daniel Detrieux

A SAUTERNES ET BARSAC, RICHESSE ET COMPLEXITE

Sur Sauternes et Barsac, les tries successives se sont poursuivies jusqu’à la mi-octobre avec des tries plus nombreuses. La richesse a progressé en intensité et en complexité.

Les jus montrent une belle pureté du botrytis, très frais et aromatiques avec des notes de fruits frais, notes exotiques, agrumes également et une belle fraîcheur qui vient soutenir ces équilibres prometteurs.

Le millésime 2017 s’annonce dès lors très prometteur, on est impatient de le découvrir lors des primeurs.

20 Oct

Côté châteaux : les vendanges, au coeur …

Le blog Côté Châteaux a connu une belle fréquentation en août, septembre et octobre, en mettant en avant les vendangeurs de tout le bordelais. Mais d’où vient ce goût pour la vigne ? De ses racines dans les vignes d’Alsace.

Vendanges en Alsace en 1920 © JPS

Vendanges en Alsace en 1920 © JPS

Merci à René, mon père qui m’a fait connaître l’Alsace tout jeune. Lui a été bercé dans les rangs de vigne, avec quelques ancêtres vignerons, tonneliers ou des cousins dans le monde du vin. Les vendanges étaient dans les années 20 des moments conviviaux dans le Bas-Rhin.

Ce clin d’oeil pour rendre aussi hommage à toutes les petites mains et vignerons d’aujourd’hui que Côté Châteaux a suivi durant ces deux mois de vendanges.

Vous avez été nombreux à suivre l’actualité des vendanges à travers les premiers coups de sécateurs donnés, voici d’ailleurs le best of des articles qui vous ont plu :

Merci à tous pour vos messages d’encouragements et votre fidélité, Côté Châteaux va continuer à vous informer et vous étonner et comme disait Freddy « show must go on » !

12 Oct

Après les vendanges, Bordeaux estime sa perte de récolte entre 40 et 50%. L’un des épisodes de gel les plus douloureux de l’après-guerre

C’était redouté dès ce fameux gel intense du 27 avril et annoncé par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux et Côté Châteaux. Cet épisode de gel est très certainement l’un des plus marquants depuis 70 ans, après ceux de 1991 et de 1956 à Bordeaux. Le point aux châteaux de France et au château Larrivet-Haut-Brion, tous deux ont perdu 70% de la récole, en Pessac-Léognan. Les pertes pour la filière pourraient aller jusqu’à 2 milliards d’euros.

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

27, 28 et 29 avril, 3 nuits de gel intense, et c’est sans parler du premier épisode du 21 avril…

Au château de France, à Léognan, on a eu beau lutter sérieusement avec de nombreuses chauffrettes et un système d’éolienne, rien n’y a fait, le gel était trop important et très tôt dans la nuit, dès minuit…Arnaud Thomassin, le propriétaire, se souvient de cet épisode douloureux : « je pense qu’on est descendu à -6 ou -7 dans les points les plus bas de la propriété. Les appareils sont efficaces mais plus il fait froid, plus le périmètre d’action est faible et cette année, c’était particulièrement intense;

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  1. En terme de volume, je pense que c’est certainement la récolte la plus faible qu’on a faite, moi ça fait plus de 20 ans que je suis là et  je n’ai jamais ramassé aussi peu de vin, Arnaud Thomassin propriétaire du château
Au château de France ce matin ©JPS

Au château de France ce matin ©JPS

Depuis le 29 septembre, l’ensemble de la récolte (précoce à cause de juin très chaud et d’un mois de septembre en partie pluvieux) est aujourd’hui rentrée ici. La perte est estimée à 70% : « on peut estimer qu’on va récupérer, entre les rouges et les blancs, de l’ordre de 500 hectolitres. L’an dernier on avait fait le double. » 1200 hectos, alors même que c’était déjà une petite récolte, déjà à cause du gel, car le château de France avait perdu 30% de sa récole en 2016. Le sort s’acharne et Arnaud Thomassin espère que 2018 sera bien plus clément. Pour lui une année normale, c’est en 2014 où la production était de l’ordre de 1700 à 1800 hectolitres.

IMG_0577Au château Larrivet-Haut Brion, même constat, 70 % de pertes au global, un peu plus sur les blancs que sur les rouges:

Sur les blancs, on est à 6 hectos à l’hectare, des rendements extrêmement faibles, avec de la qualité, j’ai 54 hectolitres de vins blancs pour 9 hectares, même en 91 on avait fait un peu plus ! « Bruno Lemoine directeur général de Larrivet Haut-Brion

Ce sont surtout les parcelles les moins qualitatives qui ont été impactées, des parcelles de seconds vins, ou tout ce qui se trouvait en contre-bas de propriétés, dans des combes ou en plaine.

Il y a des grands vins, il y a des vins un petit peu plus légers, il y a des propriétés qui ont fait de belles récoltes et d’autres qui ont tout perdu, et cela depuis 6 mois » Frédéric Massy Derenoncourt Consultants.

IMG_0583La production sera plus faible qu’en 2013 mais plus importante qu’en 1991 l’autre grande année du gel à Bordeaux, comme devrait nous le confirmer cet après-midi le CIVB au cours d’un point presse à 15h. La récolte est estimée avec 40 à 50% de perte pour ce millésime 2017 dont les effets vont se faire ressentir pendant quelques années.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Robin Nouvelle :

30 Sep

Premières tries à Sauternes : la fête du botrytis cinerea commence

C’est parti pour la pourriture noble ! Celle  qui permet de réaliser de grands Sauternes et grands vins liquoreux, grâce à la magie du Ciron. Les amis de Côté Châteaux sont en éveil pour vous alerter : château Lamothe Despujols a démarré ce jeudi matin et cela augure de belles choses.

Le botrytis cinera s'est installé sur les grappes © Daniel Detrieux

Le botrytis cinera s’est installé sur les grappes © Daniel Detrieux

Château Lamothe Despujols a donné le coup d’envoi jeudi à 8h30. Ce sont 9 vendangeurs qui ont participé à la première trie, cette opération qui consiste à récolter successivement des raisins atteints de pourriture noble ou de son nom latin, le botrytis cinerea.

Guy Despujols, à la tête du château Lamothe depuis 1989 me confie : « cette année, dans les parcelles non gelées, cela s’est beaucoup accéléré, en une semaine, on devrait faire 3 tries et dans les parcelles gelées 2… »

Même si cela se goûte très bien et donne déjà des notes de fruits confits, il n’ y aura pas de gros rendement. D’habitude on fait 15 hectos à l’hectare, mais là « avec le gel on va être proche des 60% de pertes. C’est sur le versant ouest qu’il y a eu le plus de gel ».

Le propriétaire Guy Despujols posant pour l'une de ses salariée © Daniel Detrieux

Le propriétaire Guy Despujols posant pour l’une de ses salariée © Daniel Detrieux

Fort heureusement, Guy Despujols va lisser cette perte, d’autant qu’il a l’habitude de mettre en bouteille 30 mois après la récolte, et a du stock qui va faire tampon. « On vendra davantage ce millésime aux particuliers avec notre cave qu’on a en plein centre de Sauternes. »

Guy Despujols qui s’était lancé en 1989 avait connu deux très bonnes années 89 et 90 excellent, et juste après 91 l’année du gel. Un cap qu’il avait réussi à passer. Cette nouvelle épreuve qui s’annonce va être difficile mais quand on vit au pays du Sauternes et de la douceur de ces vins, on vient à oublier les soucis.

Une grande année en perspective ? Excepté le volume... © Daniel Detrieux

Une grande année en perspective ? Excepté le volume… © Daniel Detrieux

Courage à nos amis vignerons du Sauternais et des autres terroirs à liquoreux qui ont été victimes aussi du gel et parfois même de grêle comme à Cérons. Merci à Daniel Detrieux pour ses superbes photos qu’il nous fait partager du château Lamothe Despujols pour Côté Châteaux et ses lecteurs.

27 Sep

Comment faire un grand vin au moment des vendanges…

La question est primordiale. De nombreux vignerons se la posent depuis des années. Par empirisme, théories et technologies, la qualité s’est améliorée ces dernières années. Et ce n’est pas le fait du hasard. Eclairage avec Jean-Philippe Janoueix à Pomerol et Virginie Aubrion en Bordeaux – Bordeaux Supérieur. Explications dans la rubrique « Vigne et Vin ».

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Jean-Philippe Janoueix (4e génération dans le vin, son arrière-grand-père Joseph avait acquis Haut-Sarpe en 1929) © Jean-Pierre Stahl

Autrefois il y avait le ban des vendanges… Il avait tout simplement pour but de faciliter et de contrôler le partage de la récolte. Une date étant rigoureusement fixée pour le début des vendanges, ce qui n’a plus cours aujourd’hui. Et fort heureusement d’ailleurs, car les vignerons ont pris conscience qu’il fallait être au chevet de la vigne et de fixer parcelle par parcelle le coup d’envoi des sécateurs en vue d’une meilleure maturité (phénollique) comme nous l’explique Jean-Philippe Janoueix (4e génération dans le vin, une famille issue de Corrèze) à la tête des  châteaux Haut-Sarpe (depuis 1929), La Croix et la Croix Saint-Georges à Pomerol.

Il y a plusieurs critères pour démarrer une vendange, bien sûr c’est la maturité phénolique, ce qu’on appelle la maturité aromatique, c’est le moment où les raisins sont à leur paroxysme d’expression, » Jean-Philippe Janoueix du château la Croix Saint-Georges.

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Et d’ajouter : « il y a plusieurs petits éléments (comme signe de cette maturité) : la couleur de la peau des raisins et sa capacité à libérer de la couleur, il y a le pépin lui-même s’il est bien mûr ou pas. On peut aussi regarder le pinceau, la petite partie qui tient la baie quand je l’enlève est-ce que le pinceau est déjà coloré ou pas. Et puis il y a la couleur de la rafle, ce que l’on appelle l’aoûtement, lorsque la rafle commence à devenir brune, on voit que l’on approche de la maturité parfaite. » C’est ce même principe que l’on retrouve sur les fruits noirs et fruits rouges, quand le fruit est à son apogée mais quand il devient très fragile aussi.

IMG_9254Dès lors il faut avoir cette capacité à être prêt à ramasser la parcelle en un labs de temps très court. « Ici, à Pomerol, c’est un terroir chaud avec beaucoup de cailloux, très graveleux sur ce plateau, et en plus c’est combiné avec le cépage le plus précoce de Bordeaux qu’ est le merlot. C’est pour cela qu’en merlot, en raisin rouge, c’est souvent à Pomerol qu’on vendange en premier ».

Un raisin doit être respecté lors de la réception de vendange et jusqu’au cuvier de tel manière qu’il ne s’oxyde pas, « c’est pour cela qu’on aime bien vendanger le matin quand les températures sont très fraîches. Si les raisins arrivent entiers jusqu’à la table de tri ils n’ont pas le temps de s’oxyder et donc on préserve le fruit au maximum » précise encore Jean-Philippe Janoueix.

Et à chaque benne qui rentre dans la cour du château, les mêmes dégustations de baies : « c’est bien sûr pour goûter et vérifier que tout est bien homogène, (…) cela permet de faire des vins typiques du plateau de Pomerol : à la Croix St Georges, ce sont des vins charnus, très amples et un milieu de bouche toujours très onctueux. »

IMG_9252Ensuite après éraflage, les baies tombent sur une table de tri vibrante pour ôter les imperfections… Puis les baies entières vont tomber dans le fouloir où ces 2 rouleaux ne se touchent pas : « l’objectif est d’éclater légèrement la baie, ne surtout pas l’écraser pour ne pas toucher l’intégrité du pépin. C’est juste d’ouvrir légèrement la baie de façon à ce que les jus se libèrent facilement et que les levures puissent manger facilement les sucres ».

Une fois la vendange amenée à la cuve par un système de pompe, vont se dérouler les fermentations alcooliques, entre 6 et 9 jours. « La fermentation alcoolique va démarrer autour de 18-19 °, deux phénomènes lors de la fermentation alcoolique, un dégagement de gaz carbonique qui va faire remonter en haut de la cuve toutes les matières solides peaux et pépins, le jus sera dessous, et chaque fois qu’on transforme un degré d’alcool on gagne 1 degré de température. Donc si on démarre la fermentation autour de 18°C, on a un potentiel de degré d’alcool de 13°, 18+13=31, si on ne ralentit pas le pic de fermentation pourra monter autour de 30-31°C et la température joue un rôle sur l’extraction. Donc les remontages que l’on fait au début ne sont pas les mêmes que ceux à la fin, assez intense au début pour avoir une action d’extraction mécanique des tanins et de la couleur et plus doux après car le milieu est de plus en plus extractible ».

Le résultat, on le retrouve ensuite dans le chai à barriques où les vins sont élevés durant plus de 12 mois :

Là on goûte un 2016, de la Croix St Georges, qui est un grand millésime : grande qualité et immense générosité, une magnifique récolte.

IMG_9314« Avec des conditions idylliques, un printemps pluvieux, et à partir de la floraison, un temps très sec, jusqu’à la fin de vendanges, ça a permis d’avoir suffisamment de réserve en eau dans les sols pour faire face à un été très sec, très ensoleillé ce qui a donné des peaux très épaisses et des baies toutes petites et donc de faire des vins très riches, très denses, très concentrés avec vraiment ce qu’on aime à Pomerol, cette richesse en milieu de bouche qui donne des vins très amples avec un velouté si spécifique, cette touche de tanins qu’on a uniquement sur le plateau de Pomerol ».

Au château Piotte, tenu par Virginie Aubrion en bio et biodynamie depuis 2009 © JPS

Au château Piote, tenu par Virginie Aubrion en bio et biodynamie depuis 2009 © JPS

Autre approche dans une appellation plus modeste que celle de Pomerol, en Bordeaux-Bordeaux Supérieur.

Virginie Aubrion avec Théodore, son fils en train de remplir une jarre © JPS

Virginie Aubrion avec Théodore, son fils en train de remplir une jarre © JPS

Virginie Aubrion a cette chance de porter un grand nom, sans le h. Pour autant, elle s’est faite toute seule depuis 1998 du côté d’Aubié-et-Espessas, non loin de Saint-André-de-Cubzac. En 2009, elle a fait passé ses 11 hectares en bio et biodynamie avec une leitmotiv :

Faire du bon, du sain, à prix abordable », Virginie Aubrion du château Piotte

Elle produit des vins dans toutes les gammes en blanc, rosé, clairet, rouge, en crémant rosé et blanc, avec 20% de cépages blancs et 80% de rouges. Sa production, ce sont 500 hectolitres à l’année, avec une originalité des vins vinifiés en jarres d’Italie.

Olivier Dauga, conseillant Virginie Aubrion © JPS

Olivier Dauga, conseillant Virginie Aubrion © JPS

A ses côtés, Olivier Dauga l’empêcheur de tourner en rond, et célèbre « Faiseur de Vin » et de vignerons…

Virginie, comme on l’a vu la semaine dernière, on est prêt à mettre en bouteilles », avance Olivier Dauga le Faiseur de Vin. « 

On a une couleur assez intense, un cabernet franc, on a un joli fruit qui est un petit peu sur des baies rouges et en bouche on a une très très belle fraîcheur avec beaucoup d’onctuosité » Olivier Dauga.

« Des tanins qui restent, » ajoute Virginie. « Oui mais les tanins sont soyeux », répond Olivier. « Cette jarre là il faut qu’on puisse la mettre en bouteilles Théodore, on va faire une analyse, il y aura très très peu de sulfites ou de SO2 dedans, juste pour éviter les évolutions et on va rester le plus proche du fruit et essayer de retrouver le goût qu’on avait dans la vigne. »

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« Ce qui me plaît dans cette méthode, c’est de retrouver le vrai goût du fruit. En fait, il faut s’imaginer qu’on se balade dans les rangs de vigne, on se balade, on prend une grappe de raisin et on la croque et on a vraiment ce goût de fruit à l’intérieur de la bouche », commente Virginie Aubrion.

L’intérêt, c’est qu’on a une micro-oxygénation naturelle car les pores de la jarre sont assez écartés, ce qui fait que l’air passe et le vin se vinifie en gardant tout son fruit, mais il y a cette micro-oxygènation, exhausteur de goût, » Virginie Aubrion château Piote.

« Après on trouve différents types de jarres celles cuites à 1000° avec des pores plus larges et celles à 1500° pour les vins blancs où les pores sont un peu plus resserrés, et il y a moins d’oxygènation ».  Virginie Aubrion a obtenu d’ailleurs une superbe note pour son sauvignon blanc de 2016, noté 91 par le Wine Advocate, une consécration pour ce travail bien fait.

Regardez le dossier réalisé par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Boris Chague et Emmanuel Cremese suivi de la Chronique de Frédéric Lot:

26 Sep

Radioscopie des vendangeurs à Bordeaux : d’Albane, l’étudiante de 21 ans à Gilbert, le retraité avec 88 ans au compteur !

Ce sont des anonymes, mais ils ne manquent pas de personnalité. Ce sont les petites mains du vignoble qui remplissent les grandes hottes ou les cagettes du bordelais. Sans eux, les châteaux ne seraient pas ce qu’ils sont. Radioscopie de ces vendangeurs au grand coeur. Qui sont-ils, Côté Châteaux vous les dévoile en primeur.

Gilbert, toujours partant pour une petite vendange © JPS

Gilbert, toujours partant pour une petite vendange © JPS

D’emblée, tous montrent qu’ils ont la patate à l’instar de Gilbert 88 ans et toujours bon pied bon oeil dans les rangs de vigne : « comme dit mon ami Macron, on n’est pas tous des fainéants… »

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« Je fais les vendanges parce que j’en ai besoin, j’ai une petite retraite agricole, avec à tout cassé 800 € ça fait un peu juste, donc il faut faire un petit peu avec des à côtés. Et puis il y a les petits enfants à aider aussi. Tant qu’on est en bonne santé, on continue ». Des vendanges que Gilbert réalise depuis 18 ans durant tout le mois de septembre « et même plus s’il y en a. Et on recommencera cet hiver pour tirer les bois. Encore un petit peu, encore deux ans. »  Gilbert affiche 88 ans au compteur ! « Et j’espère aller jusqu’à 90 dans les vignes… » 

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Angélique, Jennifer et Morgane à la pause de 10h © JPS

Au château Mangot, ici à Saint-Emilion, la troupe de coupeurs et porteurs est employée par la plus grosse société de services, en fonction de la demande du château. On y trouve aussi Sandrine, 44 ans, de Sainte-Foy-la-Grande, inscrite au pôle emploi : « moi, cela va faire 10 ans que je les fait les vendanges. C’est agréable et il y a une bonne ambiance, et puis par besoin aussi. Pour l’instant c’est une activité principale. On peut arriver à travailler 15 jours ou 3-4 mois, cela dépend ». (avec les travaux en vert et la période de taille de la vigne).

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Sandrine effectue les vendanges depuis 10 ans © JPS

Parmi les plus jeunes, trois amies Angélique, Jennifer et Morgane, 26, 27 et 21 ans se disent satisfaites de cette période qui marque aussi le début de l’automne : « ça se passe bien il y a une bonne équipe. C’est génial les vendanges » confie Angélique pépiniériste également, alors que ses deux collègues travaillent toute l’année dans la vigne : « dès qu’il y a du travail, ils nous rappellent et puis après cela continue tout le temps », précise Jennifer.

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Un groupe d’étudiants venus vendanger au château de Piotte © JPS

En Bordeaux et Bordeaux Supérieur, au château Piotte ce sont aujourd’hui des vendanges un peu spéciales car la propriétaire Virginie Aubrion ne comptait pas forcément vendanger car ses vignes ont gelé à presque 100% en avril dernier : « exactement, on n’avait pas prévu de faire de vendange cette année, mais on a quand même nos jarres à développer et on aimerait quand même faire une cuvée rescapée… », explique Théodore Aubrion.

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La famille Aubrion constate une assez faible récolte, à cause du gel © JPS

Dans la mesure où certains pieds ont moins souffert que d’autres ou qu’il y a eu une petite repousse, la famille Aubrion s’est dit qu’il fallait remplir ses jarres pour ses macérations intégrales. Son fils Théodore a alors fait jouer ses contacts et de nombreux étudiants ont répondu à l’appel comme Albane 21 ans, appelée la veille : « je viens juste pour la journée, aider avec des amis, au milieu des mes études j’avais un peu de temps. J’avais déjà fait d’autres travaux saisonniers, mais là c’est la première fois que je fais des vendanges. »

Sébastien, 24 ans, est assez décontenancé par le spectacle de désolation : « c’est assez catastrophique, ça fait 5 ans que je viens ici et c’est la première année que je vois aussi peu de raisins, mais quand même il y a ce petit air de vendanges, de copains et la famille Aubrion qui est là. Et ça fait toujours plaisir de récolter avec la bonne humeur et de boire le vin récolté  précédemment ».

Et puis il y a le poète, Joseph 25 ans, en études de commerce vin et spiritueux : « c’est la 1ère fois de ma vie que je fais les vendanges,  et ça se passe très bien. Pour moi c’est important de les faire, d’être au coeur du métier, vu que cela fait partie de mes études. Cela fait partie d’un cycle, de faire cette poésie qui jaillira comme une rare fleur, en le vendangeant on fait partie de ce cycle et en le buvant ça jaillira vers Dieu. C’est le don de la nature, le don de Dieu et le travail des hommes. »

Victor et Liliana en train de couper les grappes © JPS

Victor et Liliana en train de couper les grappes © JPS

Au château Haut-Bacalan, en Pessac-Léognan, ce sont 35 vendangeurs qui sont venus pour ces vendanges parcellaires.  Depuis 6 ans ce château fonctionne avec une société de prestations des services de Libourne Vinum Vinea services dirigée par Laurent Placier. La troupe compte moitié de gens de la région et moitié de Bulgares installés depuis plusieurs années à Bordeaux, ce ne sont pas des travailleurs détachés, ils sont payés normalement au smic, comme Victor : « c’est bien, impeccable, rapide et efficace ».

Le château Haut-Bacalan à Pessac, propriété de la famille Gonet © JPS

Le château Haut-Bacalan à Pessac, propriété de la famille Gonet © JPS

Pour Charles-Henri Gonet propriétaire du château Haut-Bacalan, ces vendanges ont un goût particulier : « cette année on n’est trop contrarié, si on a 20% d’une vendange normale on sera content. Les merlots ont été gelé, les cabernets un peu pareil, ce qui fait que ce n’est pas trop compliqué sur cette vendange-là, autant l’année précédente on avait cherché à recruter davantage de monde, là c’est vrai qu’une petite équipe suffit et j’ai un prestataire qui gère l’ensemble des dossiers d’emplois, c’est beaucoup plus simple, sinon il me faudrait du personnel supplémentaire dans les bureaux, donc je préfère passer par un prestataire qui gère cela en direct et a cela dans sa structure. »

Un ramassage en cagettes pour ne pas abîmer le raisin © JPS

Un ramassage en cagettes pour ne pas abîmer le raisin © JPS

Cette année, le vignoble de Bordeaux aura donné un peu plus de travail dans la vigne fin mai et en juin pour les travaux en vert et suite au gel. En revanche, les récoltes auront été moins longues à l’instar de Haut-Bacalan qui traditionnellement vendange ses merlots en 2 semaines, là une petite semaine aura suffit.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Rémi Grillot et Christian Arliguié :

14 Sep

Vendanges espagnoles à Montrose : près de 50 ans d’une amitié avec le village de Pruna en Andalousie

Ils sont arrivés le 4 septembre, mais déjà on entend leur doux chant andalous dans les rangs de vigne du château Montrose. Ces Espagnols sont cette année encore plus nombreux, 1/3 de plus qu’il y a 3 ans, pour faire encore plus de parcellaire et de qualitatif.

La famille de

La famille d »Antonio Vera Sanchez © JPS

Depuis 50 ans, les Espagnols du village de Pruna au sud de l’Espagne sont toujours heureux de retrouver en septembre le château Montrose à Saint-Estèphe.

Annabelle rêvait de venir faire les vendanges à Saint-Estèphe. Son château en Espagne, c'est Montrose...© JPS

Annabelle rêvait de venir faire les vendanges à Saint-Estèphe. Son château en Espagne, c’est Montrose…© JPS

Pour Annabelle, c’est la première fois : « ma mère est venue l’année dernière, moi j’étais étudiante, mais une fois terminées mes études, je me suis dit c’est à mon tour »

Antonio, porteur depuis 9 ans, et Hélène Brochet. Des liens d'amitié se sont noués © JPS

Antonio, porteur depuis 9 ans, et Hélène Brochet. Des liens d’amitié se sont noués © JPS

Pour eux, c’est un mois de travail, au smic, avec tous les frais payés. On vient même les chercher en autocar d’Andalousie…à environ 1300 kms.

« On vient ici tous les ans pour faire les vendanges, et ramener un petit peu d’argent à la maison » Antonio, porteur depuis 9 ans.

96 cette année, 60 en 2014 © jps

96 cette année, 60 en 2014, pour un travail ciselé © JPS

Cette année, ils sont 96 engagés dans les rangs de vigne pour récolter avec rapidité et précision les grappes de merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc et petit verdot. A leur tête, il y a le chef, Antonio Vera Sanchez. Lui vient depuis l’âge de 15 ans, depuis 45 ans, il fait partie des tous premiers et depuis a fait des émules :

Voici ma famille, mon neveu, ma fille, ma nièce, mon autre fille, mon frère et mon neveu encore. En tout, on est 13, 14 si on compte ma femme »,  Antonio Vera Sanchez chef de troupe.

Un salut et un respect mutuels entre Antonio Vera Sanchez le chef de la troupe et Hervé Berland le gérant du château Montrose © JPS

Un salut et un respect mutuels entre Antonio Vera Sanchez le chef de la troupe et Hervé Berland le gérant du château Montrose © JPS

Pour Hervé Berland, gérant du château Montrose : « ils font un travail de précision, très qualitatif qui répond à la volonté de faire du parcellaire », quasiment du cousu main, d’ailleurs le château s’est doté de cuves plus petites. « Il y a plus de 70 lots sur les premiers assemblages; cela devient de la haute précision », selon Hélène Brochet responsable de la communication mais aussi de l’intendance pour l’accueil des Espagnols.

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« On essaie d’être dans la plus parfaite adéquation entre les sols, sous-sols et les cépages. On a aussi des climats à Bordeaux (comme en Bourgogne) », poursuit Hervé Berland.

Hervé Berland

Hervé Berland devant la façade du château Montrose © JPS

Sur un paysage comme le nôtre, on a déjà déterminé plus de 40 climats sur une propriété de 90 hectares », Hervé Berland gérant de château Montrose.

Après un tri à la vigne, une autre table de tri et cette table de tri optique © JPS

Après un tri à la vigne, une autre table de tri et cette table de tri optique © JPS

50 ans que cela dure, ou presque, à Saint-Estèphe. Une histoire intimement liée entre le château et ce petit village espagnol andalous.

L'équipe de porteurs espagnols © JPS

L’équipe de porteurs espagnols © JPS

3 générations sont passées à Montrose ; la château n’a d’ailleurs pas cessé d’améliorer les conditions d’accueil, avec de vraies chambres aménagées dans la même bâtisse (devenue d’ailleurs trop petite, un permis de construire a été demandé pour son extension), avec également une immense salle de restaurant où ils mangent midi et soir avec les équipes permanentes du château.

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Hébergée sur place et bien accueillie, la troupe se révèle d’autant plus efficace et disponible pour ramasser en fonction de la météo, très changeante, en ce mois de septembre.

Emission spéciale Vendanges, le 20 septembre, en direct à 12h35, sur Facebook France 3 Aquitaine puis 21h, sur France 3 Limousin et Poutou-Charentes, qui sera rediffusée sur l’ensemble du réseau France 3 Nouvelle-Aquitaine, le jeudi 21 à 8H50.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Olivier Pallas, Emmanuel Cremese, et Isabelle Rougeot :

13 Sep

Quand la solidarité vigneronne sonne à Saint-Emilion…

Saint-Emilion a été lourdement touché le 27 avril dernier avec un vignoble qui a gelé à 80 %. Voici quelques paroles de vignerons qui ont été sévèrement impactés par ce gel. A l’heure des vendanges, le constat est sévère : la récolte sera maigre. 

80% du vignoble de Saint-Emilion a été impacté par le gel fin avril © Jean-Pierre Stahl

80% du vignoble de Saint-Emilion a été impacté par le gel fin avril © Jean-Pierre Stahl

Le 27 avril, le gel a été quasiment imparable à Saint-Emilion. Le recours aux hélicoptères ou aux braséros n’a eu que très peu d’ effet.

Le château La Grave Figeac a gelé à 80 %. Un coup dur pour Caroline et Laurent Clauzel qui gèrent ensemble depuis 2010 la propriété familiale de 6,5 hectares en Saint-Emilion Grand Cru.

Laurent Cluzel dans ses vignes pour la récolte de merlots © JPS

Laurent Cluzel dans ses vignes pour la récolte de merlots © JPS

Le constat fait par Laurent Clauzel dans ses vignes parle de lui-même : « Ici on a l’exemple d’un pied qui n’a pas été gelé, on va compter une dizaine de grappes bien formées avec de belles graines bien sucrées, et on va passer sur un pied qui a gelé, on voit que les grappes ne sont pas du tout les mêmes, elles sont beaucoup plus petites, beaucoup plus rondes, et elles ont en moyenne 15 jours à 3 semaines de retard sur le reste.« 

On va faire une cuve sur les vignes non gelées et une toute petite cuve sur les vignes gelées, par rapport aux 7-8 cuves que l’on fait généralement, c’est rien ! » Laurent Clauzel château La Grave Figeac

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Le gel s’est traduit par des températures comprises entre -3 et -5°C par endroits ; en ce 27 avril Saint-Emilion et ses satellites ont énormément souffert. Aujourd’hui, ce sont de 60 à 80 % de récolte en moins pour les plus marqués. Il a fallu se réorganiser aussi, veiller à ne pas trop dépenser, même si certains me disent que le coût reste le même voir supérieur en théorie avec le travail à la vigne, alors que les rentrées ne se font pas ou guère.

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Caroline Clauzel du château la Grave Figeac et Stéphanie Leydet, château de Valois ©

Stéphanie Leydet, château de Valois à Pomerol est venue donner un coup de mains, en voisine, aux Clauzel, à la table de tri du château la Grave Figeac. Les parcelles de son château ont été impactées entre 80 et 95 % par le gel. Quatre châteaux ont ainsi décidé de se serrer les coudes et de s’entraider.

Là l’idée, c’était de venir aider les amis et de faire un peu tous ensemble des vendanges solidaires » Stéphanie Leydet.

Parmi les intervenants, il y a aussi les prestataires de services, ces nombreuses entreprises qui n’ont plus trop travailler durant 3 semaines après le gel et qui par la suite étaient fortement sollicitées avec la repousse. Toutefois, ce gel risque d’avoir aussi pour elles de vilaines répercussions sur 2 ou 3 ans.

« C’est un manque à gagner dans les cuves, ça c’est sûr. C’est un manque à gagner pour les propriétés mais aussi dans les années à venir pour les prestataires, » Christophe Comberton prestataire.

Les vignobles en contre-bas de Saint-Emilion, ceux que l’on dit en plaine, ont été les plus durement touchés…gelés à 100%.

Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Saint-Emilion © JPS

Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Saint-Emilion © JPS

Pour les parties gelées, le résultat est vraiment désastreux, ce sont des rendements qui vont être très très faibles (de 1 à 2 hectos à l’hectare) et très compromis du fait du mauvais temps également car il va falloir amener certaines vignes gelées jusqu’à maturité à la mi-octobre », Jean-François Galhaud

Pour ces vendanges qui, cette semaine, se pratiquent entre deux trombes d’eau, une fois de plus la nature se rappelle à l’homme, qui doit jongler avec les éléments. Il faut ainsi être paysan dans l’âme pour accepter tout cela.

Rentrée de la vendange de merlots de Bellevue ©JPS

Rentrée de la vendange de merlots de Bellevue ©JPS

Au château Bellevue, sur les hauteurs, tout a été préservé ; par chance le gel a été dérisoire, comme au château Coutet non loin, les merlots s’annoncent de bonne qualité, ce qui laisse penser à Hubert de Boüard, son propriétaire, que ce 2017 pourrait avoir des airs de 2014  :

De jolis merlots pour lesquels un petit tri est nécessaire © JPS

De jolis merlots pour lesquels un petit tri est nécessaire © JPS

« On a acquis un potentiel qui permet de penser aujourd’hui que pour ceux qui ont des raisins (en tout cas pour le merlot qui est ramassé aujourd’hui dans la région bordelaise) la qualité des raisins est au rendez-vous. »

Hubert de Boüard, propriétaire de château Bellevue et consultant © JPS

Hubert de Boüard, propriétaire de château Bellevue et consultant © JPS

Mais il ne peut oublier ce dramatique épisode de gel, ce d’autant qu’il est consultant dans de nombreuses propriétés bordelaises et saint-emilionnaises : « Notre premier message est un message de solidarité et puis ensuite, on pense à demain, qu’est-ce qu’on va pouvoir faire, préserver les bois de taille pour l’année d’après ou avoir une reconstruction du pied par rapport aux repousses car la vigne est là pour plusieurs décennies, le vigneron aussi, même si on est tout-à-fait conscient qu’économiquement certaines propriétés sont extrêmement affectées, » explique Hubert de Boüard Oenologue Consultant.

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Les stocks pourraient permettre de lisser les pertes, comme ici au château La Grave Figeac en Saint-Emilion Grand Cru © JPS

2017 restera l’année la plus terrible après le gel de 2011. Pour passer ce cap, ceux qui ont des stocks vont essayer de lisser ce trou béant dans leur trésorerie sur quelques années, avec notamment les derniers millésimes 2014-2015 et 2016 de belle facture.

Emission spéciale Vendanges, le 20 septembre, en direct à 12h35, sur Facebook France 3 Aquitaine, Limousin et Poutou-Charentes, qui sera rediffusée sur l’ensemble du réseau France 3 Nouvelle-Aquitaine, le jeudi 21 à 8H50.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine, Olivier Pallas et Emmanuel Cremese :

 
Quand la solidarité vigneronne sonne à Saint-Emilion…

05 Sep

Vignoble de Bordeaux : c’est parti pour les vendanges précoces des rouges au château Haut-Brion

Des vendanges en rouges précoces, cette année, puisqu’elles démarrent le 5 septembre dans le prestigieux château Haut-Brion, 1er Cru Classé de Graves. Dans la continuité d’ailleurs des blancs, eux mêmes précoces. Comment expliquer un tel phénomène et quid de la qualité dans ce vignoble préservé du gel. Toutes les réponses avec Côté Châteaux.

Tom, porteur, en est à ses 2e vendanges à Haut-Brion © JPS

Tom, porteur, en est à ses 2e vendanges à Haut-Brion © JPS

8 heures… Ce matin, les conditions sont optimales au château Haut-Brion, avec un soleil rasant et des températures pas trop élevées, pour démarrer les premiers coups de sécateurs en rouges. C’est une troupe de 40 vendangeurs qui s’avance au bout du domaine pour commencer à ramasser les premiers merlots arrivés à maturité… « La première équipe sur ce rang, vous deux ici, vous deux là… » explique Jean-Luc Soulé, chef d’équipe.

Coup d'envoi des vendanges en rouge, ce matin, en coeur de ville à Pessac, au château Haut-Brion

Coup d’envoi des vendanges en rouge, ce matin, en coeur de ville à Pessac, au château Haut-Brion © JPS

Ce terroir  de graves très dense tend vers une maturité plus rapide, un phénomène déjà observé par le passé comme le souligne Alain Puginier, l’historien du château, responsable du Patrimoine et des Archives des Châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion ou Quintus.

Des baies de merlot déjà mûres © JPS

Des baies de merlot déjà mûres © JPS

Ces sols sont historiquement précoces : à l’époque pré-industrielle, Haut-Brion vendangeait déjà avant le ban des vendanges, » Alain Puginier historien au château Haut-Brion

Le temps cette année y est aussi pour beaucoup. On se souvient d’un printemps très chaud, avec même une période caniculaire en juin. Cela a participé à une floraison plus tôt avec 15 jours d’avance et un développement rapide de la vigne, avec de fortes pluies fin juin.

Jean-Luc Soulié, chef d'équipe au château Haut-Brion © JPS

Jean-Luc Soulié, chef d’équipe au château Haut-Brion © JPS

Si c’est précoce, c’est à cause de la chaleur que l’on a eu cet été; très peu de pluie, beaucoup de chaleur et tout est en avance cette année », Jean-Luc Soulé chef d’équipe

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Le chef de culture Pascal Baratier est arrivé au château en 1988 et depuis cette date, il se remémore certains millésimes encore plus précoces :

Pascal Baratier, chef de culture au château Haut-Brion © JPS

Pascal Baratier, chef de culture au château Haut-Brion © JPS

En 1989, on avait déjà commencé le 31 août à ramasser du rouge, et en 2003, l’année de la canicule, cette année -là nous avons commencé autour du 25 août, donc une année très très très précoce, plus que celle-ci », Pascal Baratier chef de culture.

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A la réception de vendange, dans la cour du château, les tables de tri manuelles et optiques entrent à leur tour en action.

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Avec le tri optique, les baies immatures sont ainsi écartées, et tout ce qui n’est pas rond également (comme des feuilles, des bouts de rafles…), tout est ainsi réglé fonction de la couleur et du calibrage.

On a de très bonnes impressions, car les équilibres qu’on recherche sont des équilibres presque parfaits », Jean-Philippe Delmas 

Jean-Philippe Delmas, directeur général adjoint Domaine Clarence Dillon © JPS

Jean-Philippe Delmas, directeur général adjoint Domaine Clarence Dillon © JPS

Et de compléter  : « Même si le mois d’août a été un peu gris, finalement durant l’été, il n’est quasiment pas tombé d’eau. Et quand on a des étés très secs, c’est plutôt un facteur pour obtenir des vins de grande qualité, » ajoute Jean-Philippe Delmas directeur général adjoint Domaine Clarence Dillon (château Haut-Brion et la Mission Haut-Brion)

Le château Haut-Brion, 1er grand cru classé 1855 © Jean-Pierre Stahl

Le château Haut-Brion, 1er grand cru classé 1855 © Jean-Pierre Stahl

Sur ces 52 hectares de rouges, le château Haut-Brion est l’un des rares à Bordeaux à avoir autant été préservé, car seul 1 hectare de vigne a gelé. Jean-Philippe Delmas se montre malgré tout solidaire de ses confrères: « on fait partie des châteaux qui fort heureusement n’ont pas été impacté par le gel, ce qui n’est pas le cas de bon nombre de nos confrères, et on pense à eux, puisque dans un millésime qui pourrait se révéler grand, manquer ce genre de millésime c’est dur. C’est déjà dur de ne pas avoir de récolte, mais en plus rater un grand millésime c’est la double peine. »

A Pessac-Léognan, près de 50% des vignes ont été sérieusement impactées par le gel du printemps.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et de Jean-Michel Litvine, montage Sarah Colpaert :

29 Août

Etonnant : Sauternes fait aussi de grands blancs secs, mais en Bordeaux blanc

Certains pourraient trouver la nouvelle insolite et pourtant il y a une vrai logique. Le terroir de Sauternes est un grand terroir pour les cépages blancs qui permettent de faire de grands vins liquoreux. Avant la formation de botrytis, on peut aussi récolter pour faire de grands blancs secs. Une production assez importante aujourd’hui qui représente 11 000 hectolitres en appellation Bordeaux.

Hugo Bernard et la sc Domaine de Chevalier ont lancé en 2011 Clos des Lunes © JPS

Hugo Bernard et la sc Domaine de Chevalier ont lancé en 2011 Clos des Lunes © JPS

C’est aujourd’hui le lancement des vendanges pour Clos des Lunes à Sauternes. Une marque (propriété de la société civile Domaine de Chevalier – Famille Bernard) qui connait aujourd’hui un véritable succès de commercialisation.

Récolte ce matin des sauvignon gris pour réaliser avec du sémillon, le blanc sec de Clos des Lunes © JPS

Récolte ce matin des sauvignon gris pour réaliser avec du sémillon, le blanc sec de Clos des Lunes © JPS

Le pari était pourtant osé lorsqu’en août 2011 la famille Bernard fit l’acquisition du château Haut Cap Lane, 11 hectares et demi à Sauternes. Dès la vendange 2011, le but avoué était de faire surtout du blanc sec, cette année-là 17000 bouteilles de Lune d’Argent ont été produites, autant que de liquoreux. Mais l’année qui a suivi a marqué le fort développement de la marque Clos des Lunes avec les 3 sélections : Lune Blanche, Lune d’Argent et Lune d’Or.

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On est venu ici parce que le terroir de blancs de Sauternes est l’un des plus grands terroirs de blancs au monde », Hugo Bernard du Clos des Lunes

Et de compléter : « ici, pour vendanger un grand blanc sec, il suffit de vendanger trois jours avant que le botryris ne s’installe, et là il est doré à souhait. »

C’est ainsi qu’est née cette nouvelle succès-story au doux pays du Sauternes : une production qui parle avec aujourd’hui 400000 bouteilles » lunaires » produites et commercialisées partout dans le monde; un blanc sec vendu pour 40% en France et 60% à l’export avec comme marchés porteurs l’Europe, les USA et la Chine.

Thomas Meilhan, maître de chai, et Jonathan Fléchard, chef de culture, à Clos des Lunes © JPS

Thomas Meilhan, maître de chai, et Jonathan Fléchard, chef de culture, à Clos des Lunes © JPS

Sauternes est connu mondialement pour ses vins blancs liquoreux, c’est un terroir totalement dédié à ces vins blancs de par son terroir de graves, de sols calcaires et d’argile » Thomas Meilhan Maître de Chai du Clos des Lunes.

Et d’ajouter : « le sémillon, quand il est à une belle maturité sur ces terroirs de Sauternes, on peut retrouver des notes de pêche, de fruits exotiques, après des notes de fleurs blanches… »

Château Guiraud, 1er grand cru classé de Sauternes, fait aussi du blanc sec depuis de nombreuses années © JPS

Château Guiraud, 1er grand cru classé de Sauternes, fait aussi du blanc sec depuis de nombreuses années © JPS

De nombreux 1ers grands crus classés comme château Guiraud, Yquem (avec « Y »), Lafaurie-Peyraguey, Rieussec, Doisy-Daene, Sigalas-Rabaud ou encore Rayne-Vigneau produisent aussi une partie de blancs secs à Sauternes. Aujourd’hui, Luc Planty explique commercialiser 200 000 bouteilles du G de château Guiraud partout dans le monde.

En fait château Guiraud, il y a 100 hectares de vignes et sur ces 100 hectares, il y a 10 hectares qui sont en appellation Bordeaux où on ne peut pas faire de Sauternes, donc on fait du Bordeaux blanc sec », Luc Planty

Luc Planty commercialise 200000 bouteilles du G de Guiraud © JPS

Luc Planty commercialise 200000 bouteilles du G de Guiraud © JPS

Xavier Planty, président de l’ODG Barsac-Sauternes confirme à Côté Châtaux qu’une dizaine de producteurs sur 173 produisent du blanc sec. En 2016, 11000 hectolitres de blancs secs ont été produits en appellation Bordeaux et 40000 hectolitres de liquoreux en Sauternes.

IMG_8357Cela n’entame en rien l’engouement des connaisseurs et de nouveaux consommateurs qui apprécient ou découvrent les Sauternes. Il n’y a qu’à voir le nombre de projets de développement qui se font jour sur l’appellation.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Eric Delawarde, Françoise Dupuis et Christian Arliguié :