11 Oct

Bordeaux : « assurément, 2018 fera partie des grands millésimes bordelais, » selon Xavier Buffo du château de la Rivière

Alors que les vendanges en rouge se terminent dans le bordelais, Côté Châteaux a donné la parole à l’un des grands techniciens du bordelais, ingénieur agronome sorti de Montpellier. Xavier Buffo, directeur général du château La Rivière en appellation Fronsac est l’invité de Parole d’expert.

Xavier Buffo, avec de très vieux pieds de merlots de 90 ans au château de la Rivière © JPS

Jean-Pierre Stahl : « Xavier, dites-nous tout sur ce millésime 2018, entre les merlots, les cabernets et les malbecs que vous venez de rentrer, qu’est-ce qu’il en ressort aujourd’hui ? »

Mardi encore un jour de vendange à la Rivière où le brouillard a mis la matinée à se lever © JPS

Xavier Buffo : « Aujourd’hui, nous sommes encore en pleine vendange, nous n’avons pas fini, nous en avons encore pour une petite semaine... Le millésime est très très prometteur, avec des raisins très mûrs, beaucoup de maturité un état sanitaire absolument parfait. 

On a eu un été magnifique avec surtout une très belle arrière saison depuis le mois de septembre, et donc on rentre des raisins riches en sucre, ça c’est une réalité, mais surtout très aromatiques et avec une qualité de tanins très élégants. Déjà on sait qu’on tient quelque chose de très beau. »

Jocelyn en 1ère année de BTS Technico-Commercial Vin et Spiritueux à Montagne © JPS

JPS : « Pour ce 2018, est-ce qu’on peut déjà faire un parallèle avec les 2015, 2016 ou 2010 ? »

Xavier Buffo : « On peut déjà le dire assez facilement : on a connu de très beaux millésimes depuis une dizaine d’années, et assurément 2018 fera partie des grands millésimes bordelais. »

JPS : « Finalement, c’est un millésime qui a été sauvé des eaux… »

Xavier Buffo : « effectivement, le printemps a été très compliqué, globalement jusqu’à mi-juin on était très inquiet car on a eu beaucoup d’eau. Cette eau a occasionné beaucoup de problèmes de maladies, de risques de maladies.

Manon Deville la directrice technique en plein pigeage des malbecs © JPS

Ici à la Rivière on a réussi à mettre les moyens humains et techniques pour endiguer notamment le mildiou et faire en sorte qu’aujourd’hui on puisse récolter une vendange en quantité convenable. Mais c’est vrai que mi-juin on était très inquiet.

Le maître de chai de la Rivière Stéphane Krochmaluk, ancien de Fonplégade et de l’Enclos © JPS

JPS : « Ce 2018, on va s’en souvenir ! »

Xavier Buffo : « Chaque année est très différente, le scénario du 2018 est inédit, et donc cela fera partie des millésimes dont on se souviendra longtemps. »‘

 

23 Sep

Vendanges entre amis au Saint-James

Les vendanges en rouge ont à peine débuté cette semaine, que le Saint-James a ressorti à son tour ses sécateurs et cagettes, à Bouliac, sur les hauteurs de Bordeaux. L’hôtel-restaurant une étoile au Guide Michelin possède un petit vignoble jardin sur les côteaux de Bouliac à 90 mètres d’altitude, avec vue sur Bordeaux.

Comme à son habitude, le chef Nicolas Magie n’a pas hésité à retrousser ses manches samedi matin, mais pas forcément pour réaliser de belles assiettes, cette fois-ci c’est pour ramasser ces petites baies qui se sont faites dorer la pilule sur les coteaux de Bouliac.

Ce petit vignoble sur 12 ares est symbolique mais il reflète tellement l’attachement du Saint-James à Bordeaux et à sa viticulture. Un petit vignoble niché à 90 mètres d’altitude, planté uniquement en pieds de merlots. Une vigne qui a cette année quelque peu souffert du mildiou mais « on a tout de même rempli une cuve et demi q’on vinifiera sur place ».

Chaque année, ce sont entre 40 et 50 passionnés, amis et clients de l’établissement et du chef qui passent la matinée à réaliser ces vendanges.

La journée démarre avec un petit café et un coup d’envoi à 8h, une petite pause casse-croute à 11 h et l’entrecôte au barbecue à partager avec gratin dauphinois préparé par le chef aux environs de 13 h le tout dans une super ambiance de bons vivants.

La production n’est pas bien importante avec 500 à 600 bouteilles,  mais ce « vin du jardin » est un réel symbole pour le restaurant et la clientèle du Saint-James. Un vin élaboré avec le concours de Stéphane Derenoncourt, donc forcément c’est sympa et c’est du bon.

Avec photos du Saint-James.

21 Sep

La star chinoise Zhao Wei fait la promotion de son grand cru bordelais

Zhao Wei, star du cinéma chinois aux multiples récompenses, a fait la promotion, mardi dans son vignoble de Saint Emilion de Château Monlot, produit sur un domaine de huit hectares, en AOC Saint-Emilion Grand Cru, dont elle a fait l’acquisition en 2011.

Zhao Wei dans les vignes de son © château Monlot

L’actrice de 42 ans, à la silhouette frêle et gracile, s’est prêtée au jeu de la pose devant des photographes de la presse vinicole et « people », dans les sillons de vigne du domaine sis au lieu-dit Au Conte, à Saint-Hyppolite (Gironde).

Une opération de communication millimitrée, organisée pour le premier jour des vendanges à Château Monlot, une élégante bâtisse de pierre blonde du XVIIè siècle,
érigée sur une terre ayant appartenu à Louis XIII.
Les traits tirés par la fatigue d’un long vol depuis Pékin, mais souriante, la star « connue de 100% des Chinois » selon son entourage, a cueilli, en training et baskets, quelques grappes de raisin rouge, sous les crépitements des objectifs.
Je me suis mise au vin rouge après l’alcool de riz et le whisky, parce que c’est bon pour le coeur, et je ne bois presque plus que ça », Zhao Wei,
qui veut « faire de Château Monlot un grand vin, emblématique du vignoble bordelais ».

Jean-Claude Berrouet ancien pape de Pétrus a mis ses services au profit de © château Monlot et de Zhao Wei

Et pour servir cette ambition, l’actrice-réalisatrice s’est alloué les services de l’un des papes de l’oenologie, Jean-Claude Berrouet, ancien oenologue de Pétrus.

Le domaine produit chaque année 35.000 bouteilles de deux grands vins, Château Monlot et Héritage de Monlot, commercialisés en France, mais aussi exportés à Singapour au Japon, en Chine et au Canada.
Peu connue en Europe mais célébrissime dans son pays, la chanteuse et actrice, égérie de marques de luxe, contribue à faire connaître le vin de Bordeaux en Chine, l’un de ses principaux marchés d’expansion.
Avec AFP.

19 Sep

Début des vendanges en rouge à Pomerol : « un millésime sauvé des eaux »

C’était ce matin le coup d’envoi de la récolte des merlots au château la Conseillante à Pomerol. 32 vendangeurs sur le pont pour cueillir de très beaux raisins « sauvés des eaux » comme l’exprime Marielle Cazaux, la directrice, après un printemps très pluvieux, grâce à 3 mois de beau temps cet été, avec de la chaleur et des matinés plutôt fraîches.

Marielle Cazaux donne le top départ des vendanges en rouge au château la Conseillante © JPS

Ce matin c’est pour Marielle Cazaux enfin ce moment tant attendu, pour ses 4e vendanges au château la Conseillante : « c’est sûr, c’est un millésime qui s’annonce superbe, avec une réelle libération et une excitation et un enthousiasme incroyable »

Pour ce ban des vendanges en rouge ici à Pomerol, c’est en effet l’excitation des grands jours au château la Conseillante su ce terroir d’argile, de graves et de sable,  terroir typique et mythique du plateau de Pomerol.

« Aujourd’hui ça va être une grosse journée, on va couper deux hectares, donc je vais vous demander de faire attention, c’est la qualité en premier puisque nous sommes à Pomerol, » Marielle Cazaux directrice de la Conseillante.

Sur ce dommaine de 12 hectares, voisin de Pétrus, Vieux-Château-Certan, et l’Evangile, la récolte s’annonce prometteuse alors que 52 centimètres de pluie sont tombés de janvier à juin. La Conseillante qui était en conversion bio a du revenir à des traitements conventionnels pour éviter la casse. Le mildiou aurait ainsi été minimisé, 2 à 3 % des vignes touchées selon Marielle Cazaux.

Le millésime est sauvé des eaux avec des superbes mois de juillet, d’août et encore en septembre des températures incroyables au dessus de la normale qui nous ont permis d’attendre le maximum et la maturité parfaite pour nos raisins », Marielle Cazaux directrice de la Conseillante.

« On revient de très loin parce que cette année 2018 est un peu l’année de tous les extrêmes », complète Jean-Marie Garde le président du Syndicat Viticole de Pomerol (800 hectares). On a eu une pluviométrie très importante dès le mois de novembre et jusqu’à la fin juin, avec des inquiétudes pour les viticulteurs, des attaques de mildiou et puis tout à coup le beau temps est arrivé avec des températures qui nous paraissaient excessives… »

Jean-Marie Garde, le président du syndicat viticole de Pomerol © JPS

Nous n’avons pas connu de canicule. Nous avons eu une amplitude de températures entre le jour et la nuit et ça c’est le signe de grands millésimes », selon Jean-Marie Garde.

Fort heureusement il n’y a pas vraiment eu de canicule comme en 2003, les matinées fraîches et les quelques précipitations de septembre, devraient augurer d’une belle récolte de merlots, parmi les 800 hectares de vignes à Pomerol.

« A priori, sur les potentiels d’extraction, des anthocyanes, des pigments colorés, des tanins, on a des valeurs qui sont vraiment très très intéressantes, et tout-à-fait dans la lignée des millésimes 2015 et 2016 », Bertrand Nicolas co-propriétaire de la Conseillante.

Tant que les cabernets ne sont pas rentrés, il est encore difficile de crier totalement victoire, mais les planètes sembles alignées pour réaliser un très bon millésime ici, qui pourrait rappeler le 2015 ou le 2016.

07 Sep

Du baume au coeur en Côtes de Bourg : les vendanges en blanc ont commencé, de quoi oublier les orages de grêle

Les vendanges ont commencé en Côtes de Bourg pour les blancs. Une appellation du Nord Gironde qui a été durement touchée par deux gros orages de grêle des 26 mai et 15 juillet dernier. Ces premières vendanges réchauffent le coeur de ces vignerons comme ici au château Mercier.

Début des vendanges à 7h à Saint-Trojan © JPS

En Côtes de Bourg, depuis 7 heures ce matin, les vendanges en blanc commencent au château Mercier entre chien et loup… La machine à vendanger s’active à ramasser ces sauvignons gris sur une parcelle de 80 ares. Un instant d’émotion pour la famille Chéty, victime de la grêle le 26 mai dernier.

Christophe et Isabelle Chéty, du chateau Mercier © JPS

« C’e n’est pas oublié, cela reste dans nos coeurs, on ne va pas tout vendanger mais là nos blancs sont magnifiques, il faut penser à ce qui est beau et là c’est notre 1er jour et là pour les sauvignons gris qu’on rentre il y a une maturité superbe. » commente Isabelle Chéty du château Mercier.

Vignerons depuis 1698, les Chéty ont bien sûr connu de nombreux orages de grêle en plus de 3 siècles, mais surtout 3 phénomènes intenses en 40 ans.

« Effectivement, on a environ 30% de la propriété qui a grêlé et dont une grosse partie à 100% », continue Christophe Mercier, son frère; « mais heureusement, on constate aujourd’hui que cet été a été tès clément pour nous et ce qui n’est pas grêlé semble pouvoir être de très bonne qualité, on a des raisins qui sont sains ».

      De quoi remonter le moral alors qu’Isabelle Chéty nous montre ces 12 hectares de merlot qu’il a fallu tailler juste après la grêle et qui ne donneront rien cette année.

« Le couloir a vraiment commencé ici, sur la commune de Teuillac, et il n’y avait plus rien. »

Entre l’orage de grêle du 26 mai et l’autre du 15 juillet, ce sont près de 2500 hectares qui ont été touchés à des degrés divers (dont 1000 très impactés pour lesquels il n’y avait plus rien). Ces pertes de volumes risquent de se traduire par des pertes momentanées de marchés.

Le président des Côtes de Bourg Stéphane Donze © JPS

« Le problème, c ‘est surtout pour les viticulteurs qui n’avaient pas de stock. Même si le manque à gagner et la trésorerie se répeccute sur plusieurs années derrière (on met au moins 4 ans à se remettre…). Mais ceux qui n’avaient plus de dernier millésime et qui ne peuvent pas mettre en marché, vont perdre desmarchés aujourd’hui », commente Stéphane Donze le président des Côtes de Bourg.

Au château Mercier, la production pourrait avoisinner 1500 à 1700 hectolitres 2500 à 2800 habituellement.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Ludovic Cagnato, Sabine Hostein, Isabelle Rougeot : 

23 Août

Début des vendanges en blanc à Bordeaux : « du cousu main » au château Tronquoy-Lalande à Saint-Estèphe

Pour une fois ce n’est pas Pessac-Léognan qui ouvre le bal, mais Saint-Estèphe dans le Médoc. Le coup d’envoi des vendanges a été donné à Tronquoy-Lalande avec un ramassage à la main et en effectuant les premières tries sur des sauvignons gris. Le retour à une production de blancs est une nouvelle tendance dans le Médoc.

La première pression des premiers sauvignons gris ramassés ce matin avec Yves Delsol directeur d’exploitation de Tronquoy-Lalande © Jean-Pierre stahl

8h30 dans les rangs de vigne à Saint-Estèphe, au loin on aperçoit au château Tronquoy-Lalande un petit camion frigorifique et des vendangeurs sur le pont.

Les premiers paniers de sauvignons gris ramassés © JPS

C’est le démarrage, le premier à Bordeaux, des vendanges en blanc. Demain vendredi Smith Haut-Lafitte et Rochemorin vont à leur tour débuter les sauvignons, Haut-Brion commencera a priori lundi.

Denise Drouillard, employée du domaine et vendangeuse ce matin © JPS

Là il faut trier, il faut trier le plus rosé, le plus mûr » précise Denise Drouillard,  employée du chateau et vendangeuse.

Yves Delsol, le directeur d’exploitation du château © JPS

Yves Delsol, le directeur d’exploitation donne ses dernières consignes à la dizaine de coupeurs et porteurs pour ne ramasser que les baies les plus expressives et aromatiques de sauvignon gris.

C’est un travail un peu à la sauternaise, c’est du cousu main, c’est vraiment de la haute précision, de la haute couture. On prend vraiment les grappes les plus mûres et on repassera 3 à 4 jours plus tard pour ramasser ce qui sera mûr après », Yves Delsol directeur d’exploitation.

Au château Tronquoy-Lalande, c’est 1,8 hectares qui est consacré désormais aux sauvignons et sémillons sur les 30 hectares de la propriété. Une nouvelle tendance en Médoc. Les châteaux Fonréaud, Cos d’Estournel et Margaux ont aussi lancé leurs grands vins blancs.

« C’est intimiste car avant tout la vocation du Médoc c’est de faire des rouges, mais on a découvert et on le savait qu’il y a des parcelles qui sont capables d’être plantées en vignes blanches », me confie Hervé Berland le gérant de Tronquoy-Lalande, propriété de Martin Bouygues.

« On a tenté cette expérience il y a 10 ans ici en prenant une des meilleures parcelles de la propriété, alors qu’on aurait pu tranquillement continuer à faire du rouge, l’objectif c’était de faire un très grand vin blanc. »

Il y a une petite tendance qui s’installe de faire un peu de blanc dans le Médoc, sur Saint-Estèphe on est les seuls à avoir planté des vignes blanches, et on est très fier de cette expérience. Effectivement une appellation Médoc Blanc pourrait être une question à reposer à l’INAO un jour pour donner à nos vins blancs un petit peu plus de reconnaissance,«  Hervé Berland gérant de Tronquoy-Lalande.

Depuis sa première récolte en 2011, Tronquoy-Lalande a doublé sa production de vins blancs, que l’on peut trouver à la propriété ou dans de grands restaurants comme Lynch Bages ou le Comptoir Cuisine à Bordeaux. Pour ce millésime 2018, 5000 bouteilles sortiront de ce petit pressoir et de ces chais.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Boris Chague, Isabelle Rougeot :

22 Août

Premiers contrôles de maturité des rouges : vers une récolte plus précoce à Bordeaux, à partir de la mi-septembre

Les premières analyses des merlots et des cabernets montrent un beau potentiel et un développement qui s’est accéléré du fait de la chaleur. Au château de la Rivière en AOC Fronsac comme chez les Vignobles Bardet en Saint-Emilion Grand Cru, on s’achemine vers des vendanges qui débuteraient vers les 15-20 septembre.

Manon Deville en train de goûter les baies au château de la Rivière © Jean-Pierre Stahl

Au château de la Rivière ce matin, Manon Deville, la directrice technique du domaine, effectue ses premiers contrôles de maturité. Celle-ci prélève de manière aléatoire quelques 200 baies qui déjà lui indiquent une avancée des vendanges en rouge : les premières parcelles pourraient commencer vers le 20 septembre, alors que traditionnellement elles débutaient en octobre…

On est sur une année plutôt précoce qui ressemble à l’année 2015 en terme de stade phénologique » Manon Deville directrice technique château de la Rivière

Et de compléter : « On a vu au cours de ce millésime que tout s’est accéléré car on avait beaucoup d’eau dans les sols, on a eu des mois de juillet et août très chauds donc tout a avancé très très vite, aujourd’hui il faut surveiller, goûter régulièrement, faire des contrôles de maturité pour définir au mieux les dates de vendanges, avoir les plus beaux arômes et les tanins les plus fins. »

Les précipitations cumulées dans le bordelais de près de 1000 millimètres depuis débutjanvier et les températures caniculaires de cet été ont fortement accéléré cette maturation et la précocité.

Le majestueux château de la Rivière parti pour faire un grand millésime ? Confirmation en septembre © JPS

« Sur cette parcelle pour l’instant on commence à avoir des jolies notes de fruits frais, on n’est pas du tout sur des fruits mûrs donc on a encore un peu de temps, on a une bonne acidité, par contre on sent qu’il y a du potentiel, de bons arômes qui promettent pour le futur. »

Si les pépins ne sont pas encore mûrs, cette année fait partie d’une des années les plus mémorables en terme de précocité et de chaleur, depuis 15 ans, depuis 2003.

A Vignonet, Philippe Bardet constate une maturité mais plutôt hétérogène © JPS

Pour autant, la floraison ne s’est pas faite de manière homogène, cette année a aussi été marquée par une forte poussée de mildiou, du fait des précipitations importantes….C’est ce que nous explique Philippe Bardet à la tête de 4 châteaux, 50 hectares, en Saint-Emilion Grand Cru:

Philippe Bardet des vignobles Bardet, 50 ha et 4 châteaux en Saint-Emilion Grand Cru © JPS

Nous avons eu une floraison un petit peu étalée, la conséquence de cela, c’est que maintenant nous allons avoir une maturité décalée, et on le voit sur les raisins, il y a encore quelques verts et d’autres qui sont mûrs », Philippe Bardet vigneron à Vignonet.

Excepté les problèmes rencontrés par bon nombre de vignerons avec la grêle et le mildiou, ce millésime pourrait donner de belles choses à partir du 15-20 septembre pour les dates des premières vendanges en rouge à Bordeaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Oliver Prax et Rémi Grillot :

21 Août

Vendange des blancs : cette année, c’est Tronquoy-Lalande qui vendangera le premier à Bordeaux

Les médias en raffolent, les premières images de vendanges s’arrachent, et traditionnellement les châteaux aiment aussi être sous les feux des projecteurs. D’habitude Haut-Brion est toujours le premier, suivi de peu par Carbonnieux, Smith Haut-Lafitte ou Latour-Martillac…cette fois-ci ce sera Saint-Estèphe qui sera à l’honneur avec des vendanges qui débuteront un peu ce mercredi, mais surtout jeudi.

le château Tronquoy-Lalande à © Saint-Estèphe

Pour une fois Pessac-Léognan va être détrôné dans cette course, si on peut l’appeler comme cela, car en fait de course il s’agit surtout de donner le coup d’envoi lorsque la maturité est optimale avec de bons arômes et une acidité qui apportera la fraîcheur recherchée.

C’est donc le château Tronquoy-Lalande, l’un des plus anciens de Saint-Estèphe, qui va sortir ses sécateurs le premier et il s’agit là d’une petite « pépite » ramassée par la famille Bouygues, pour laquelle elle a réalisé des travaux importants d’amélioration des installations techniques. Ce sont donc 1,8 hectares de sauvignon gris et de sémillon qui vont être ramassés

Il s’agit là du seul vin blanc produit à Saint-Estèphe… alors que d’autres châteaux du Médoc, qui se font rare, ont redécouvert le grand intérêt à produire des blancs sur ces terroirs de graves argileuses. Côté Châteaux suivra avec attention ces vendanges chapeautées par Hervé Berland et Yves Delsol.

20 Août

Prochaines vendanges : à Bordeaux, comment gère-t-on la pénurie de main d’oeuvre ?

A quelques jours des premiers coups de sécateurs dans le bordelais, les vendangeurs s’arrachent d’ores et déjà. 700 offres sont à pourvoir auprès de Pôle Emploi mais aussi d’autres centaines auprès de prestataires de services viticoles et groupements d’entreprises.

     

Au château Smith Haut-Lafitte, les premiers coups de sécateurs sont attendus vendredi, voire lundi prochain. 40 vendangeurs sont nécessaires pour ramasser les sauvignons en blanc, ce sont pour l’essentiel des habitués, d’autres emplois pourraient être pourvus par ailleurs. Mais une chose est sûre, cela pourrait se gâter pour récolter les rouges car le château Smith Haut Lafitte aura besoin de 110 à 160 personnes.

Les vendanges des sauvignons blancs vont débuter d’ici une poignée de jours © JPS

 « Cette année, on sent que c’est un peu tendu, cela l’a été pour les effeuillages, pour les travaux d’été, donc on est un petit peu inquiet », explique Fabien Teitgen directeur technique du château Smith Haut-Lafitte. « Mais on va voir car c’est vrai que quelques fois on se crée un petit peu des angoisses, on a le sentiment toutefois depuis quelque temps que c’est de plus en plus compliqué de faire venir travailler des gens dans les vignes et l’été et pour les vendanges… »

Pour répondre à la demande, les châteaux de Pessac-Léognan se sont regroupés sous forme d’association et ont créé à 4-5 en 1996 Gironde Emploi Agricole. Aujourd’hui, ils sont 40 châteaux à avoir recours au GEA de Léognan ; actuellement, il fait face à quelques 500 offres d’emplois, pour l’heure seulement 150 sont pourvues, mais le GEA de Léognan va faire des annonces via les réseaux sociaux, Sud-Ouest ou des messages à la radio.

« On travaille dans l’urgence, on ne sait pas quand vont commencer les vendanges, donc on ne peut pas donner de date aux personnes, mais on sent bien qu’il y a une grosse baisse de l’ordre de 15% par rapport aux années précédentes », me précise Margaux de Conti, directrice du GEA de Léognan. « Avant on avait pal mal de travailleurs espagnols or l’économie là-bas a repris, on avait pas mal de personnes qui venaient en camions mais vu qu’il n’y a pas de structure pour accueillir leur camion alors ils vont ailleurs, il y a aussi un manque de valorisation pour les travailleurs au niveau de la pénibilité, donc aujourd’hui on propose un petit plus qui est une indemnité de panier repas ». L’autre problématique est bien sûr lié au transport car bon nombre de vendangeurs se déplacent en 2 roues.

A Pôle Emploi, ce sont 600 à 700 offres de vendangeurs, porteurs, tractoristes, et ouvriers de chais qui sont à pourvoir. Aussi pour mieux répondre, les agences vont s’adapter en ouvrant un bureau vendanges à Libourne et se délocaliser à Saint-Magne de Castillon et ternir des permanences dans 6 mairies (Lussac et Pineuil ont déjà répondu OK).

« Il y aura la possibilité pour les demandeurs d’emploi de venir consulter les offres ( au bureau spécial vendanges et à Castillon), de se positionner mais aussi de rencontrer des prestataires qui viendront à Pôle Emploi », confirme Odile Patry responsable entreprises à Pôle Emploi Libourne.

Toutefois les plus grosses difficultés vont se faire sentir à partir des 15-20 septembre pour les vendanges en rouge.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Nicolas Pressigout et Corinne Berge :

Cette année les vendanges commencent plus tôt dans le Nord et l’Est, comme en Alsace à Ammerschwihr

C’était logique, il fallait s’y attendre car le printemps a été bien plus clément en Alsace qu’à Bordeaux où des pluies diluviennes se sont abattues très tardivement. Du coup, certains vignerons ont déjà dégainé leurs sécateurs, comme ici à Ammerschwihr. Cette année, les vendanges seront donc précoces pour l’Alsace, la Champagne et sans doute la Bourgogne.

Les premiers sauts ramassés à Ammerschwihr © Jérôme Gosset

Vendredi matin, les premiers coups de sécateurs se sont faits entendre dès 7 heures au domaine Sick-Dreyer, sur les hauteurs d’Ammerschwihr. Ce sont les premières parcelles de crémant qui sont récoltées. « Si ça continue, on va mettre une petite piscine au milieu des vignes et faire les vendanges en maillot de bain », plaisante un vendangeur.

En Alsace, seuls deux domaines ont obtenu une dérogation pour commencer si tôt. Pour les autres, l‘Association des Viticulteurs d’Alsace se réunit aujourd’hui à Colmar pour décider de lancer officiellement les vendanges.  

« Si ça continue, on va mettre une petite piscine au milieu des vignes et faire les vendanges en maillot de bain » © Jérôme Gosset

Si les vendanges sont aussi précoces, cela s’explique par de gros apports de pluie au printemps, mais pas le déluge comme en Gironde, le tout associé à de fortes chaleurs qui ont accéléré la maturation.  

Quant aux conditions de récolte, les 11 vendangeurs déployés sur ces parcelles de crémant à Ammerschwihr effectuent la récolte surtout le matin, démarrant à la fraîche à 7 heures et terminant ers 13 heures car il y fait très chaud et il faut pouvoir conserver la fraîcheur et l’acidité du raisin.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Alsace :