24 Juil

Pour Franck Binard, la 3e édition de Saint-Emilion Jazz Festival devait être un énorme succès

Franck Binard revient sur ce 3e Saint-Emilion Jazz Festival qui a été écourté à cause des vents violents et intempéries de ce week-end. Pour le directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion, le bilan n’est pas si morose et si négatif, au contraire: en terme de fréquentation, « le festival est parti ». Il est l’invité de Parole d’Expert ce mois-ci dans Côté Châteaux….

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Franck Binard, directeur du Conseil des Vins de Saint-Emilion © Franck Binard

Jean-Pierre Stahl: « Quelle a été finalement la fréquentation de Saint-Emilion Jazz Festival, malgré ces intempéries et l’annulation dimanche ? »

Franck Binard: « Il devait y avoir entre 1000 et 1300 personnes dans le Parc Guadet samedi soir. Sur la journée, 4000 personnes ont du défiler…Ce que montre cette 3e édition, c’est que le festival est parti, avec autant de monde dans ce petit parc ! Tout le monde avait le sourire, entre ceux du Caveau des Dominicains, ceux qui assistaient au concert de Youn Sun Nah (si elle monte, ça n’est pas pour rien) au château Pavie (1er grand cru classé A) et même dans le Parc. » (avant l’épisode de vents violents)

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Jacky Terrasson et Stéphane Belmondo au Caveau des Dominicains © Guy Frédéric

« Tous les ingrédients étaient réunis: la dégustation musicale était d’une charge émotionnelle très forte…Avec notamment Jacky Terrasson et Stéphane Belmondo, c’était de très grande qualité. »

« Le concept est très nouveau: marier 7 vins différents avec une interprétation à leur façon de ces 7 Premiers Grands Crus Classés de Saint Emilion , sans oublier les commentaires de Philippe Faure-Brac (meilleur sommelier du monde 1982), c’était vraiment top. » 

IMGP0220JPS: « Une journée de dégustation en somme ? »

FB: « La journée est montée en pression avec le bar à vins. Sur la petite journée que le temps nous a permis de faire, on a été submergé de monde, avec ce bar à vins éphémère du Parc Guadet ! »

« Dans des gammes de 3, 4 et 5 euros le verre et le même prix qu’à la propriété pour la bouteille, cela a permis aux gens de goûter des vins de la propriété tout en rencontrant les viticulteurs. Cela a permis d’échanger avec eux, c’est terrible. Des dégustations dans de beaux verres, tout en se restaurant, c’était plutôt de qualité… »

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Beaucoup de monde au Parc Guadet © Frédéric Guy

JPS: « Toutefois, la fête a été écourtée à cause de l’orage autour de 22 heures ? »

FB: « Oui, oui, il fallait partir. Il n’y a pas eu de moment de panique, mais tout le monde n’était pas rassuré. Ce n’était pas des grêlons, mais du vent. »

« La scène n’a pas bougé, c’était une scène audio de plus de 10 tonnes. Elle n’a pas bougé d’un poil ! Ce ne sont que les petites tentes légères qui se sont envolées. Les grandes tentes pagodes 5X5 n’ont pas bougé, tant au niveau du bar à vins que de la boutique-billeterie du festival. Mais effectivement, ça a été un mouvement soudain. Je me suis réjouis qu’il n’y ait pas eu le moindre blessé. »

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Youn Sun Nah au château Pavie © Frédéric Guy

JPS: « Sur quelles notes allez-vous rester, alors ? »

FB: « La dégustation musicale avec Jacky Terrasson et Stéphane Belmondo, j’ai eu des retours dithyrambiques des personnes qui assistaient à l’événement. »

« Le parc, c’était vraiment une ambiance de festival, avec cette fabuleuse image de grande muraille et la vue sur le Clos Fourtet »

Des notes viti-musicales mémorables à découvrir lors de la prochaine édition de Saint-Emilon Jazz Festival !

Photos confiées gracieusement par Conseil des Vins de Saint-Emilion – Crédit photos Frédéric Guy.

 

23 Juil

Cité des Civilisations du Vin : pose des premières arches de la charpente

Ce sont 574 arches en lamellé-collé qui arrivent progressivement depuis lundi sur le chantier de la Cité des Civilisations du Vin. De quoi se faire une petite idée de la future silhouette de cet édifice qui va culminer bientôt à 55 mètres de haut.

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Les premières arches de la Cité des Civilisations du Vin © canal-com et Cité des Civilisations du Vin

Elément déterminant de la silhouette de la Cité des civilisations du vin, et challenge technique majeur, les 574 arcs en lamellé-collé qui constituent son ossature bois sont livrés progressivement sur le chantier à partir de ce lundi 21 juillet, depuis l’entrepôt de stockage intermédiaire situé à Lormont.

Ces éléments de charpente sont réalisés en lamellé collé d’épicéa (en provenance du nord de l’Europe, utilisé pour les parties protégées) et de Douglas français (résineux en provenance du nord de la France, utilisé pour les parties extérieures). Ils ont été fabriqués dans les ateliers des entreprises Caillaud (Maine-et-Loire) et Fargeot (Saône et Loire). La pose est réalisée au moyen des deux grues de chantier. Elle va durer jusqu’au 25 juin 2015. Elle se chevauchera partiellement avec celle de la mise en place des premiers panneaux de vêture en verre et en aluminium.

GTM Bâtiment Aquitaine (filiale de Vinci Construction), et un groupement d’une quarantaine d’entreprises représentant 20 corps de métiers sont investis dans la construction de ce bâtiment très technique, imaginé par XTU. Il mobilisera 60 personnes jusqu’en 2014, puis jusqu’à 120 personnes à partir de 2015, avec l’arrivée des corps d’état secondaires et des entreprises chargées de réaliser les dispositifs scénographiques.

La livraison du chantier est prévue pour mars 2016.

Regardez la dernière visite de chantier avec les mécènes au printemps dernier

La tournée des Bordeaux Rosés sur le Bassin d’Arcachon tout l’été

C’est officiel et c’est lancé: c’est la nouvelle offensive de Bordeaux Rosé durant les 3 prochains week-ends sur le Bassin d’Arcachon. Une opération du syndicat des « Bordeaux et Bordeaux Supérieur » dans les restaurants du Bassin pour allier oenotourisme et farniente sur un air de « Bordeaux Rosé »…

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Une dégustation sur une pinasse du Bassin d’Arcachon © planete-bordeaux.fr

L’appellation Bordeaux Rosé se porte bien: ses ventes ont augmenté de 4% en 2013. Elle se place au 3ème rang des appellations Rosé les plus vendues en France.

Durant les trois prochains week-ends (25-26-27 juillet – 1-2-3 août et 8-9-10 août), elle lance une nouvelle opération découverte. L’objectif: partager de façon conviviale avec les vacanciers un  moment de complicité et de détente autour des vins fruités et gourmands de l’appellation Bordeaux Rosé.

Tout l’été : l’appellation Bordeaux Rosé s’associe à Cap Vins, présent au Cap-Ferret et au Canon, afin de faire découvrir les Oscars primés Bordeaux Rosé.

Le 9 août :partenaire de la Fête de la Pinasse, le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur proposera des dégustations de Bordeaux Rosé lors de la soirée sur la plage du Mimbeau.

Et pourquoi pas une dégustation à bord d’une typique pinasse du Bassin ?

Pour la 5ème année consécutive, le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur propose à travers son partenariat avec les Pinasses du Bassin une dégustation commentée au fil de l’eau. Les Pinasses du Bassin possède une flotte de 6 pinasses qui propose des balades sur mesure dans des bateaux allant de 12 à 17 personnes pour le plus grand bonheur des plaisanciers.

Les 10 restaurants partenaires de l’opération:

Le Bouchon du Ferret – Le Mirador – Le Passe Nord – Le White Garden – La Maison du Bassin – Le Bistrot de Peyo – Pinasse Café – L’Hôtel de la Plage – So Phare Away – Chez Hortense

(A consommer avec modération, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé)

Regardez le clip Bordeaux Rosé, l’autre Rosé Saison 3 de Luc Plissonneau sur le Bassin d’Arcachon, à Bordeaux et chez Jonathan Ducourt, vignobles Ducourt dans l’Entre-Deux-Mers en Gironde

Saison 3 – Bordeaux Rosé, l’Autre Rosé – Clip 2014 Planete Bordeaux from Luc Plissonneau on Vimeo.

21 Juil

La vallée du Rhône meurtrie par des orages d’une grande violence

Des orages extrêmement violents ont fait d’énormes dégâts dans les Cévennes et la basse vallée du Rhône. Deux victimes dans des campings dans le Gard et en Ardèche, et des vignobles  saccagés dont les baies de raisin ont été éclatées ou pulvérisées.

Dans l’après-midi de dimanche, ces orages se sont concentrés sur l’Ardèche et le Gard. De puissantes rafales de vent ont abattu des arbres dans des campings, provoquant deux morts, 4 blessés graves et de gros dégâts matériels (caravanes et voitures écrasées sous les arbres, toitures arrachées…). Une femme est décédée dans un camping de Saint-Paulet-de-Caisson dans le Gard à cause de la chute d’un arbre sur sa tente. En Ardèche, une mini-tornade (même si le terme n’est pas admis par les météorologues) a provoqué le décès d’un autre homme et fait 5 blessés en Ardèche.

Les cumuls de pluies ont été très importants notamment dans les Cévennes avec jusqu’à 138,5 mm en 24 heures en Ardèche à Sablières, mais aussi en Lozère avec 125,4 mm à Villefort.

Si les témoins parlent de mini tornades, de tourbillons par endroit, d’autres ont saisi le résultat de ces intempéries particulièrement intenses et violentes dans le couloir rhodanien et dans le Gard.

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Extrait de Twitter.

Certains vignobles sont hachés dans la Vallée du Rhône méridionale , il ne reste plus rien sur les ceps et les branches. Chez Claire Clavel, viticultrice à Saint-Gervais nous confie : « le bilan pour nous 50% de perte, tout le vignoble est touché… C est une mini tornade qui s est abattu sur le secteur ». Les bois sont particulièrement touchés sur les secteurs impactés.et stressés pour cette année et peut-être en partie pour l’année prochaine.

La famille Clavel, est une famille qui travaille la vigne depuis le XVIIème siècle. Exploitant aujourd’hui 80 hectares de Vin de Pays, Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages Saint Gervais et Chusclan, elle produit une gamme qui se décline en plus de 15 références, allant des vins fruités et faciles à boire jusqu’aux vins fins et prestigieux.

Photos Claire Clavel, viticultrice à Saint-Gervais.

20 Juil

Orage, ô désespoir : Chablis prend l’eau !

Un énorme orage dans le vignoble réputé de Chablis en Bourgogne, avec des images impressionnantes du vignoble gorgé d’eau, ne pouvant plus éponger le trop-plein...Images saisies par Daniel-Etienne Defaix, producteur de Chablis.

C’est un triste spectacle qu’a saisi et partagé sur FaceBook ce soir Daniel-Etienne Defaix, viticulteur et propriétaire d’un hôtel-restaurant à Chablis en Bourgogne. Les chemins bordant les parcelles ruissellent et n’arrivent plus à évacuer l’eau: « les trous d’eau sont pleins et commencent à déborder au bout de 10 minutes d’orage », selon Daniel-Etienne Defaix.

« Chablis sous un orage terrible avec des pluies torrentielles en une demi heure le dimanche 20 juillet 2014 à 19 heures » écrit-il sur sa page FaceBook.

« la terre des vignes descend avec l’eau dans le village. Inondation en débordement de 5 minutes de tous les bassins et trous d’eau prévus et l’eau boueuse commence à inonder les habitations! »

Cet après-midi, Daniel-Etienne Defaix revient sur cet épisode difficile, tout en relativisant par rapport à d’autres vignobles plus touchés. Côté Châteaux lui cède volontiers la parole:  « Nous n’avons pas eu de grêle fort heureusement car les dégâts de nos amis vignerons comme à Meursault ou à Pommard sont plus graves que ceux que nous venons de vivre.  Les plants ne sont pas arrachés et le feuillage n’est pas détruit, il y a bien sur un risque de pertes en terres fertiles et aussi d’évolution de maladies cryptogamiques avec ce climat difficile.Il faudra certainement resserrer les traitements au souffre voir au cuivre afin de protéger l’avenir de notre vignoble d’un point de vue sanitaire. »

« Nous avons eu hier dimanche 20 juillet sur le coup des 19 heures un mur de pluie avec des torrents d’eau et en particulier sur le village de Milly et Chablis, sur les terroirs de Beugnons, Vaillon , lys, Cote de Léchet, Champlain et Charlevaux en plein cœur de la vallée de Chablis. »

« La fine terre de Kimméridgien partait comme durant un déluge, en torrent de boues et surtout dans les vignes désherbées Après avoir fait un tour de mes vignes que je laboure suite à mes apports de fumier de vache en hiver et griffage en été, je me suis aperçu ce matin qu’il y aurait un peu moins de pertes en fines terres qu’en vignes désherbées. »

« Pourtant depuis 15 ans, c’est tout le vignoble de Chablis qui toujours avant-gardiste et dynamique a fait énormément d’efforts pour faire des clos, refaire des talus avec haies (visibles d’ailleurs sur quelques une de mes photos) et des chemins enherbés, ce qui retient l’eau des orages en lui évitant de prendre une vitesse encore plus dévastatrice qui déracinerait les pieds. De nombreux petits et grands bassins ont aussi étaient créés afin d’éviter de trop gros ravinements et la perte total des terres, quand ceux-ci seront desséchés et l’eau évaporée il sera possible de récupérer un peu de terre ainsi qu’en bas de chaque parcelle afin de la remonter en vignes . La plupart des bassins étaient hier cependant en débordement, ce qui est absolument exceptionnel, ils ne suffisaient même plus lors de cet orage ! Il reste donc beaucoup de boue et des chemins à nettoyer ! Même si nous avons beaucoup plus de travail nous n’avons pas perdu la récolte ni les bois de tailles comme nos pauvres amis vignerons de Meursault, Volnay, Beaune ou Pommard avec leur dernière tempête de grêle et devons donc nous consoler mais il est certain que derrière les plaisirs qu’un amoureux du vin prend en buvant nos vins, il y a aussi cette part bien peu joyeuse de notre métier et surtout des coûts ou surcoûts que des consommateurs non avertis ne peuvent imaginer. Heureusement des journalistes leur expliquent ! Nous ne pouvons nous plaindre mais continuer à informer les consommateurs que derrière un vin, il y a beaucoup de travail et particulièrement dans notre Bourgogne si découpée, si morcelée avec des surcouts énormes pour un travail de qualité. Mon père comme mon grand père me disait faire du bon vin coûte cher ou très cher, et heureusement que nous avons en face le plus beau des compliments avec la fidélité de nos clients. Elle est indispensable cette fidélité des clients pour un vigneron tout autant que les petits mots de remerciements, de compliment et d’encouragements. »

Ces Chablis sont des vins blancs secs et minéraux d’une très belle complexité aromatique, parmi les blancs secs les plus réputés de France. Pour aller plus loin: Chablis c’est ici.

 Et de lui laisser le mot de la fin: « A la bonne santé de mes clients ! »

Saint-Emilion Jazz Festival annulé ce dimanche à cause du temps peu jazzy…

Cela devait être l’événement, ce week-end : le Saint-Emilion Jazz Festival. L’occasion de mêler harmonieusement le jazz et les grands vins de Saint-Emilion. C’était sans compter la météo fort peu jazzie: un violent orage pour cette 3ème édition qui a dévasté le Parc Guadet…1000 personnes ont été évacuées dans l’urgence samedi soir. Des tentes, tables, chaises, arbres et branches à terre qui ont obligé les organisateurs à annuler la programmation de ce dimanche.

Capture« Déguster de grands vins tout en écoutant de la très bonne musique », c’était l’invitation alléchante pour passer un bon moment ce week-end à Saint-Emilion. On pouvait aussi « visiter un château, découvrir des premiers grands crus classés et écouter de très belles interprétations au piano et à la trompette, savourer la délicieuse voix de Youn Sun Nah au sein d’un prestigieux château » : voilà ce que proposait cette 3ème édition du Saint-Emilion Jazz qui devait se dérouler samedi et dimanche.

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Photo partagée sur FaceBook de la dégustation au Caveau des Dominicains par Bistrot du Sommelier – Philippe Faure-Brac meilleur sommelier du monde

 Côté musique : sur 2 jours, 12 groupes réunissant plus de 70 musiciens devaient se succéder pour 13 concerts, donc 11 gratuits. Côté viticole : la dégustation musicale ce samedi après-midi salle des Dominicains a permis de savourer 7 premiers grands crus classés en musique, et le concert de Youn Sun Nah au Château Pavie le samedi soir clôturé par une dégustation.

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Extrait FaceBook de la page des Vins de Saint-Emilion

Mais en soirée, en extérieur, ce fut la tempête et le déluge vers 22h. Vents et trombes d’eau se sont abattus sur le site et notamment le parc Guadet à Saint-Emilion: « des violents orages qui ont eu lieu précipitamment » ou « des orages qui ont dévasté le parc Guadet » pouvait-on lire sur FaceBook et Twitter. 1000 personnes présentes sur le site ont quitté les lieux dans l’urgence. Selon nos confrères de Sud Ouest, deux personnes qui assistaient au festival de jazz au parc Guadet ont été légèrement blessées après des chutes de branches. Les pompiers du SDIS de la Gironde n’ont pas noté d’autres dégâts plus importants. saint-emilion jazz

Extrait de Saint-Emilion Jazz Festival sur © Twitter

Au château Soutard, des arbres à terre dont un proche d’un chapiteau au se déroulait un mariage mais fort heureusement pas de blessé.

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Extrait de l’article du journal Sud-Ouest

Suite à ces dégâts importants et vue la météo des plus maussade pour ce dimanche, les Vins de Saint-Emilion et les organisateurs du Saint-Emilion Jazz Festiival ont préféré annuler le programme du dimanche. A leur plus grand regret.

19 Juil

Bières, cidres, poirés et spiritueux inscrits aux côtés du vin au patrimoine de la France

Le Sénat a inscrit ce vendredi 18 juillet, aux côtés du vin, les bières, les cidres, les poirés et les spiritueux « issus des traditions locales » au « patrimoine de la France », en deuxième lecture du projet de loi sur l’agriculture, comme l’avaient fait avant eux les députés. Malgré les réticences du Sénateur Roland Courteau à l’origine de la sacralisation du vin.

Le cidre sacralisé comme le vin au patrimoine de la France © mayenne-tourisme.com

En première lecture, les sénateurs avaient amendé le texte du gouvernement en ajoutant un article reconnaissant au vin, produit de la vigne, et aux terroirs viticoles une spécificité culturelle que n’ont pas les autres boissons alcooliques. Les députés avaient trouvé cet amendement insuffisant et avaient inscrits au texte les boissons spiritueuses et les bières, puis les cidres et les poirés.

Toutefois la commission des affaires économiques du Sénat avait rétabli mercredi dans sa rédaction initiale l’article. En séance, les sénateurs sont revenus à la version de l’Assemblée en adoptant un amendement UMP étendant à l’ensemble de ces boissons un caractère patrimonial.

Il s’agit de reconnaître certains produits comme faisant partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France, comme les cidres et poirés, les boissons spiritueuses et les bières issus des traditions locales » Jean-Claude Lenoir, sénateur de l’Orne.

« Nous avons été surpris de voir que certains de nos collègues, élus de territoires viticoles, estimaient que le texte avait été surchargé, encombré par l’Assemblée nationale. Pourtant, le fruit que partagèrent Adam et Eve, c’est la pomme! », a ajouté ce Sénateur de l’Orne, un département producteur de cidres, de poirés et de calvados.

On se croirait revenu au temps d’Audiard et des « Tontons Flingueurs », remember la réplique culte « y a pas seulement que d’la pomme… y’a autre chose… » Michel Audiard aurait-il inspiré nos chers Sénateurs ?

Vente de vins dans le monde: la France en perte de vitesse !

C’est un phénomène amorcé depuis une bonne dizaine d’années. FranceAgriMer vient de le confirmer. Les Français ont perdu quelques longueurs sur ses marchés traditionnels comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. Elle se maintiendrait en Chine mais les chiffres plus récents semblent inquiétants.

VINLa place de la France recule sur le marché mondial du vin, en particulier parmi ses clients traditionnels où sa production est concurrencée par ses voisins italiens et espagnols, mais elle se maintient en Chine.

Selon cette étude de FranceAgriMer, présentée jeudi, portant sur les chiffres 2013, la France reste le premier fournisseur des Chinois, devenus les 5e consommateurs mondiaux, alors qu’elle perd des parts de marché en Allemagne, au Royaume Uni et aux Etats-Unis – les trois principaux importateurs en volumes.

Sur le marché allemand, la France a perdu 6 points depuis 2000 et compte 17% de parts de marché en volumes (27% en valeur) contre 39% pour l’Italie (37% en valeur) et 20% pour l’Espagne, passée devant la France depuis 2011.

Sur le marché britannique, la France a perdu 10 points en 13 ans avec 16% des parts de marché contre 21% pour l’Italie, dont les volumes ont augmenté d’un tiers. En valeur, l’Hexagone représente encore 37% des importations avec un prix moyen de 7 euros le litre contre 2,50 euros pour la moyenne des nectars importés.

Mais c’est sur le marché américain que la France subit la perte la plus importante: 27% des parts de marché en volumes en 2013 contre 36% en 2000, alors que les importations de vins bondissaient de 4 millions d’hectolitres (Mhl) à près de 11 Mhl.

La France, qui était en 2e position en 2000 derrière l’Italie est désormais le 4e fournisseur des Américains » après l’Italie, l’Australie et le Chili, d’après Axelle Cloarec, chargée d’études à FranceAgriMer.

Depuis une dizaine d’années, les échanges mondiaux ont augmenté, les exportations italiennes et espagnoles aussi tandis que les exportations françaises restaient stables.

Pourtant la France devance toujours en Chine le Chili, l’Espagne et l’Australie; elle a maintenu ses ventes l’an passé (36% des volumes) alors que les importations de vins baissaient pour la première fois. Mais en valeur, les exportations françaises se réduisent de 13%, pour la première fois en plus de dix ans.

Les échanges mondiaux de vins ont marqué un léger tassement en 2013 tout en restant à des niveaux élevés, souligne FranceAgriMer – 98 Mhl. Dans ce contexte, la France est restée stable à 14,5 Mhl, quand les exportations baissaient nettement chez les voisins espagnols (-20% en un an à 18,3 Mhl) et italiens (-10% à 20,8 Mhl).

Sur les neuf premiers mois de la campagne 2013-2014, les exportations françaises sont en recul de près de 5 % sur un an (10,7 Mhl) et de 3% en valeur (5,73 milliards d’euros). A lui seul, le Champagne assure 32% de la valeur des exportations (1,82 milliard euros; +4%) pour 8% des volumes (0,8 Mhl; +2%).

Agence France Presse

18 Juil

Le « Dr Conti », Rudy Kurniawan, sera fixé le 24 juillet sur sa condamnation…

Le prononcé de la peine du marchand de vins indonésien Rudy Kurniawan, prévu le 17 juillet à New York, a été reporté à la semaine prochaine. L’audience est fixée au 24 juillet.

Les procureurs ont réclamé entre 11 et 14 ans de prison et une amende de 17.500 à 175.000 dollars. La défense a demandé que Kurniawan soit condamné aux 28 mois passés en prison depuis son arrestation le 8 mars 2012, et à une amende ne dépassant pas 12.500 dollars.

Rudy Kurniawan, 37 ans, c’est ce « brave Dr Conti », surnommé ainsi pour son petit faible pour le Romanée-Conti. Un escroc des temps modernes, un temps porté aux nues comme l’un des plus grands experts de vins au monde: il avait connu une ascension fulgurante, en quelques années, grâce à un excellent palais, une mémoire prodigieuse des vins, et une générosité sans limite pour les collectionneurs et experts qu’il régalait volontiers de ses meilleures bouteilles.

Il avait été reconnu coupable le 18 décembre dernier de contrefaçon de grands crus français, une activité qui lui avait rapporté en quelques années des dizaines de millions de dollars, selon les procureurs.

C’est le 3e report du prononcé de sa sentence, d’abord annoncée pour avril, puis mai, puis pour le 17 juillet.

Ce dernier report a été demandé par les procureurs, après que le juge Richard Berman leur eut demandé la semaine dernière des informations complémentaires sur les victimes du marchand de vins, les dates où elles ont été escroquées, sous quelle forme, et le montant de leurs pertes.

 En guise de « cave magique » qu’il revendiquait, il y avait une pincée de sorcellerie…Il avait monté chez lui à Arcadia, en Californie, un laboratoire de contrefaçons en grande séries. L’accusation avait dévoilé en décembre de nombreuses preuves à l’appui: des fausses bouteilles, des fausses étiquettes par milliers, ainsi que de la cire, des capsules, des bouchons…en pagaille. Il récupérait soigneusement des bouteilles anciennes, faisait des mélanges à partir de vins bien moins chers, étiquetait et scellait le tout. Ni vu, ni connu. Il les vendait alors avec de grands crus authentiques. « Un faussaire de vin prolifique, qui assemblait dans sa cuisine en Californie, tout ce dont il avait besoin » avait dit de lui dans son réquisitoire le procureur Joseph Facciponti.

Son avocat, Jerome Mooney, lui avait plaidé la bonne foi, affirmant que Kurniawan n’avait jamais cherché à tromper personne. Pourtant les preuves étaient accablantes, plus de  1000 faux grands crus de Bourgogne (Romanée-Conti , Ponsot et Roumier) et de Bordeaux (Petrus) achetés par 7 collectionneurs pour des millions de dollars venaient bien de sa « cave magique ».

Les 12 jurés du tribunal fédéral l’ont reconnu coupable de deux chefs d’accusation retenus contre lui, passibles d’une amende et d’une peine maximale de 40 ans de prison.

JPS avec AFP.

Vin et terroir: le Sénat défend bec et ongles ce patrimoine de la France

C’est une bataille entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. Mais Roland Courteau, le Sénateur de l’Aude, à l’origine de l’amendement visant à sacraliser le « vin » et le « terroir » comme faisant « partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France », ne lâche rien ! Et il a raison.

Le Sénateur de l’Aude Roland Courteau défend bec et ongles son amendement © roland-courteau.com

 « Il n’avait pas du tout apprécié les ajouts opérés par les députés dans son amendement… n’hésitant pas à affirmer que « tout est à refaire ». Roland Courteau a du coup tout remis à plat et fait voter de nouveau son amendement initial.

Il y a quelques mois, le sénateur de l’Aude était parvenu à faire adopter cet amendement. Le texte est important, puisqu’il reconnaît que « vin et terroir font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France ». Plus qu’un symbole, c’est la sacralisation et la reconnaissance des spécificités du vin, qu’il s’agit de distinguer des autres alcools.

Mais lorsque le texte est arrivé à l’Assemblée Nationale, les députés ont rallongé considérablement la liste des boissons intégrées dans ce patrimoine, incluant notamment cidres, bières et spiritueux. « C’était devenu un fourre-tout, « , déplore le sénateur.

Mais ce mercredi 16 juillet, le texte est revenu au Sénat par l’entremise de la commission des affaires économiques. Roland Courteau a profité de l’occasion pour faire adopter, « avec seulement deux voix de majorité », un nouvel amendement… rétablissant le texte initial.

De nouveau, seuls « vin et terroir » rejoignent le « patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France ». Mais ce n’est peut-être encore que provisoire : ce vendredi 18 juillet, le texte sera cette fois examiné en séance plénière. Un bras de fer, mais Roland Courteau résiste…

Avec l’Indépendant.