10 Fév

Nouveau record pour les exportations françaises de vins et spiritueux en 2016, avec un montant de 11,9 milliards d’euros (+1,2%)

Nouveau record à l’export mais situation contrastée pour les vins et spiritueux français: alors que le cognac est en forme, les vins ont accusé un léger recul des ventes en volume (-0,8%), l’an passé.  Les USA représentent près du quart des ventes. A Bordeaux, ce sont les exportations vers la Chine et Hong-Kong qui représentent 25%.

© archives JPS

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Les exportations françaises de vins et spiritueux ont enregistré en 2016 un nouveau record, améliorant légèrement le niveau « historique » de l’année précédente, avec un montant de 11,9 milliards d’euros (+1,2%), a annoncé jeudi la Fédération des exportateurs (FEVS).

« On a vendu un peu moins d’Airbus, mais il y avait plus de gros porteurs »: d’un trait d’humour, Christophe Navarre, président de la fédération des exportateurs des vins et spiritueux français a bien résumé la tendance: comme l’an dernier, la France a tiré son épingle du jeu davantage en termes de valeur que de volumes.

Cette performance, en hausse de 1,2%, repose principalement sur les spiritueux (+5,2% en valeur) et notamment sur le cognac, dont les exportations ont atteint un niveau record, tant en volume (+5,5%) qu’en valeur (+6,5%).

Avec un montant qui avoisine les 4 milliards d’euros, les spiritueux représentent un tiers du montant total des exportations.

En revanche, les vins, s’ils restent prépondérants, continuent de voir leurs ventes reculer en volumes (-1,8%) et même en valeur (-0,8%). Principal marché en berne, le Royaume-Uni, deuxième marché à l’export: la livre sterling a « dévissé et pénalisé nos exportations en Angleterre » (-8% pour l’ensemble en valeur, -10% pour les vins), a déclaré M. Navarre.

En revanche, la France peut s’appuyer sur son premier marché, les Etats-Unis, qui sont plus que jamais, avec 2,8 miliards d’euros et près du quart des ventes, le premier débouché pour les vins et alcools tricolores, notamment grâce à « une parité euro-dollar assez favorable à nos exportations », se félicite M. Navarre.

FOCUS SUR BORDEAUX :

A Bordeaux, ce sont 300 millions de bouteilles qui ont été commercialisées en 2016. La hausse la plus signification est sur la Chine avec +16%.

Georges Haushalter, de la Compagnie Médocaine des Grands Crus commente :« Bordeaux a exporté 1,8 milliard d’euros de vins en 2016, c’est une bonne reprise particulièrement notable sur le marché chinois où Bordeaux a une position prédominante sur ce marché, avec Hong-Kong et la Chine on arrive à un bon quart des exportations bordelaises. »

Aux Etats-Unis, l’autre grand marché de Bordeaux, l’augmentation est de +6%, en revanche l’Europe enregistre une baisse de 10 % en volume, avec notamment le Royaume-Uni et l’Allemagne. Des marchés sur lesquels qu’il va falloir retravailler.

En Chine, tout n’est pas rose, car les vins de Bordeaux, français et européens, sont taxés par rapport à la concurrence :

« La plupart des vins européens ont un problème, c’est que il y a eu des accords bilatéraux qui ont été signés entre la Chine et le Chili, ou encore la Chine et l’Australie, ce qui fait que ces produits rentrent sur le marché avec zéro taxe, et donc dans l’entrée de gamme nous avons pas mal de concurrence » a commenté Philippe Casteja, négociant La Grande Cave et Borie-Manoux à Bordeaux.

Le contexte est aujourd’hui d’autant plus favorable à Bordeaux que ce vignoble, par rapport aux autres en France,  a été épargné par les intempéries en 2016. La production devrait s’établir à 5,8 millions d’hectolitres. Quant aux millésimes à venir : les 2014, 2015 et 2016 s’annoncent de belle facture et devraient tirer le marché des exportations vers le haut.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Karim Jbali, et Boris Chargue:

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