03 Avr

Yquem 2013 : « c’est le grand vin du millésime. La grande réussite est à Sauternes » selon Pierre Lurton

Le millésime 2013 est incontestablement réussi…en liquoreux (et en blancs). Yquem et Pierre Lurton étaient fiers de présenter leur 2013, ce mercredi soir au Grand Théâtre de Bordeaux. Un millésime sur la fraîcheur et la complexité que le maître du domaine compare aux 2001 et 2007.

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Pierre Lurton, le PDG d’Yquem, mercredi soir au Grand Théâtre de Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

« Le malheur des uns fait le bonheur des autres », ainsi va la vie du 2013 où le roi botrytis a enchanté Sauternes mais a fait pleurer les rouges. Cette petite phrase, c’est Pierre Lurton qui me la confie, sur un ton plutôt humoristique qu’ironique, en avant propos de sa grande soirée Yquem au Grand Théâtre de Bordeaux.

Une soirée où toute la place de Bordeaux est présente, mais aussi des amateurs et acheteurs étrangers, sur invitations bien sûr. Avec comme grand chef Jean-Pierre Vigato, chef de l’Apicius à Paris

Le PDG d’Yquem poursuit « l’hétérogénéité de floraison a toujours craint pour les rouges », alors que pour les liquoreux, on peut dire que ça a profité à Yquem « dans un système complexe où le botrytis s’est développé à droite et à gauche. C’est une année à botrytis assez prolixe. On a fait 4 à 5 tris, en vendangeant du 28 septembre au 28 octobre. »

C’est un millésime de botrytis, avec ses arômes de rôti, d’abricot sec. Un millésime de fraîcheur: il faisait frais le matin et frais la nuit. Le 2013 a été arrosé aussi. La fraîcheur a maintenu l’acidité, il est très aérien avec un botrytis très précis. D’un grand équilibre. Les Sauternes, comme je les aime. Pierre Lurton, PDG d’Yquem.

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L’or d’Yquem dans les ors du Grand Théâtre @ Didier Bonnet

On est allé dans la complexité…140 grammes de sucre résiduel, 4 grammes d’acidité et 13, 2 ° d’alcool.

Après les dégustations dans les dizaines et dizaines de spots de primeurs, les amateurs sont arrivés ce soir prêts à se laisser aller au rêve. Comme se plaît à le dire Pierre Lurton: « arrivé sur Yquem, c’est l’oasis où tu te complaît où que tu te trouves… »

Quant à savoir si on peut rapprocher ce 2013 d’autres millésimes d’Yquem ?

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Fabrice et Hortense Bernard de Millésima, Pierre Lurton et Nicolas Ballerin, courtier  © JPS

« On est très enthousiasmé par le millésime 2013 d’Yquem. C’est le grand vin du millésime. Cette année, la grande réussite est à Sauternes. » (à décripter dans tous les sens par rapport aux rouges et par rapport à 2012 puisque Yquem n’avait pas sorti de grand vin.)

80 000  bouteilles de 2013 sortiront des chais d’Yquem, une année plutôt moyenne en volume où la selection a été rude. Quant à son prix ? Trop tôt. En primeurs ? Sans doute. « Ca ne va pas être en tout cas l’envolée lyrique des prix » assure Pierre Lurton.

Regardez l’interview de Pierre Lurton, Pdg d’ Yquem, réalisée par Jean-Pierre Stahl et Didier Bonnet

 

13 Mar

Vino Business fait des vagues…

Le livre d’Isabelle Saporta « Vino Business » est à peine sorti, jeudi 6 mars, qu’une plainte en diffamation a été déposée contre Albin Michel et son auteure par Hubert de Boüard et ses avocats. Ce dernier affirme dans son communiqué: « Isabelle Saporta accuse dans son ouvrage, de manière totalement infondée, le propriétaire du Château Angélus ».

Côté Châteaux a comme politique de laisser les choses se décanter…comme un bon vin mais aussi de traiter en urgence quand l’actu le commande. En l’occurence, ce livre n’a pas d’urgence en soit car il se présente comme une enquête sur des états de faits soit-disant constatés sur plusieurs années (comme les prix à l’hectare qui ont explosé à Pomerol, mais ce qui est rare est cher) avec des fois des portes ouvertes enfoncées (les financiers ont fait grimper les prix) car des sujets ont déjà été traités maintes fois par les JT. Mais tout de même, c’est un condensé de thèmes qui portent à polémique. Là où ça devient urgent, c’est que depuis hier, un dépôt de plainte pour diffamation s’est invité dans cette histoire, il faut bien dire, pas bien claire à la base entre les deux protagonistes. L’objet du tournage (car c’était un tournage initialement) n’était pas celui annoncé au personnage principal du livre, ni d’ailleurs le livre lui-même. Voilà pour l’à propos. Qui a tort qui a raison, la justice le dira prochainement.

Isabelle Saporta a lancé jeudi dernier son livre « Vino Business », un titre accrocheur, qui déjà a été tiré à 30 000 exemplaires (255 pages chez Albin Michel, 19 euros), et qui  envisage déjà un retirage. Depuis « ça remue » nous a confié Chantal Mamou Mani, son attachée de presse chez l’éditeur.

Isabelle Saporta a commencé à lancer son livre par une interview accordée à Thomas Sotto, dans la matinale d’Europe 1, normal, puisqu’elle est journaliste chroniqueuse à Europe 1 depuis peu, avant d’avoir exercé à RMC, Francer Inter, auprès de Jean-Pierre Coffe, et à Mariane. Elle réalise par ailleurs des documentaires, et tiens justement un qui s’appelle « Vino Business » qui sera diffusé en prime-time sur France 3, « entre mai et septembre » (elle ne savait pas).

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Isabelle Saporta © Albin Michel

Jointe ce matin, par téléphone, Isabelle Saporta nous déclare:  » j’ai enquêté pendant deux ans, et plus précisément, puisque vous allez me poser la question, auprès d’Hubert de Boüard, je l’ai suivi un an, très régulièrement, pour les besoins d’un documentaire diffusé en prime sur France 3. » (de mars à décembre 2013)

Un quart du livre concerne le classement de Saint-Emilion: « je savais que ça allait enflammer les esprits, les enjeux financiers sont colossaux ! »

« J’avoue que la virulence des attaques…j’ai été attaqué en tant que femme, sur ma personne, ça a été d’une virulence énorme. Tous les porte-flingues sont montés au créneau…Quand une femme fait une enquête, on a le droit de la traiter de salope ! »

« D’ailleurs, poursuit-elle, il y a une excellent papier dans le point »: « Vino business, le bruit et la fureur » par Jacques Dupont.

mais aussi un autre papier de notre autre confrère César Compadre de Sud-Ouest: « un livre bouchonné au parfum d’approximation »

« Il (Hubert de Boüard) m’a fait savoir qu’il voulait attaquer par différents canaux. Il voulait faire un référé pour l’interdire, finalement, il ne l’a pas fait. La plainte ? Je ne suis pas étonnée qu’elle arrive, mais étonnée qu’elle arrive aussi tard. Je lui ai transmis le livre très tôt. J’ai fait un travail de journaliste, j’ai fait jouer le contradictoire. »

Tout le monde savait pourtant qu’il y avait ce classement de Saint-Emilion qui était attaqué !  

« Je suis presque soulagée qu’elle soit arrivée. Maintenant elle est là. Les faits que j’avance sont solides. »

Depuis la parution, Isabelle Saporta a été invitée de nombreux plateaux pour la promo et le brûlot qu’elle livre:  » c’est un sujet magnifique, qui intéresse le grand public, et effectivement il y a une système de classement mis à mal. C’est normal que cela intéresse les gens. Moi, je porte les dysfonctionnements du système. Ils savaient à qui ils avaient affaire, puisque j’ai écrit « le livre noir de l’agriculture chez Fayard ». Qu’est-ce qu’ils croient que toute la presse est courtisane ?!? Non, je fais mon boulot. »

Hubert de Boüard, co-propriétaire d’Angélus à Saint-Emilion.

Hubert de Boüard, que nous avons contacté également ce jour, nous a confirmé qu’il déposait plainte en diffamation avec ses avocats conseils habituels Jean-François Dacharry de Bordeaux et Jean-Yves Dupeux du barreau de Paris.

Une plainte en diffamation à l’encontre de la publication « Albin Michel » mais aussi de son auteure Isabelle Saporta.

Hubert de Boüard nous relate les circonstances de sa rencontre et de l’acceptation du tournage avec Isabelle Saporta: « D’abord, elle m’a suivi en disant que c’était une émission « une année dans les vignes d’un vigneron », à aucun moment elle ne lui a annoncé l’autre titre, le but qu’elle suivait, ni qu’elle allait en faire des choux gras: « je ne savais pas qu’elle allait écrire un livre… » J’ai accepté avec tout mon coeur le tournage. » Trahi ? Sans doute, la couleur n’a pas été annoncée de cette manière. Pour l’heure, Hubert de Boüard veut essayer de « laisser retomber la pression médiatique » et s’exprimera un peu plus tard nous confirme Stéphanie Prunier, partner associée chez Havas worldwide Paris.

« Hubert de Boüard est complétement clair sur cette histoire et elle (Isabelle Saporta) raconte n’importe quoi, mais on en apportera la preuve », précise Stéphanie Prunier.

 Dans son communiqué, Hubert de Boüard précise: « au regard des informations erronées contenues dans le livre Vino Business, le propriétaire du Château Angélus a déposé plainte du chef de diffamation publique contre son auteure Isabelle Saporta et son éditeur. » 

« Dans le cadre du renouvellement du classement 2012 des crus de l’AOC Saint-Emilion grand cru, toutes les garanties ont été apportées pour assurer son impartialité :  
le classement a été mené par des organismes certificateurs indépendants. La Commission du classement Saint-Emilion était constituée de personnalités expertes étrangères à ce terroir dont l’impartialité était garantie par une déclaration d’indépendance. »

« Les critères d’évaluation et le système de notation figuraient dans le règlement. Ils étaient donc connus de tous, y compris des candidats. Le règlement de classement a été homologué par les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, puis publié au Journal officiel. »

« Autant d’éléments qui démontrent qu’Isabelle Saporta accuse dans son ouvrage, de manière totalement infondée, le propriétaire du Château Angélus. »

06 Mar

Philippe Starck a dévoilé le nouveau chai des Carmes Haut-Brion: « c’est une lame » sortie des eaux !

Lancement en grandes pompes du chantier de nouveau chai du château les Carmes Haut-Brion à Bordeaux. « Un navire amiral »signé Philippe Starck, designer, et Luc Arsène-Henry, architecte. Les Carmes avaient été achetées en 2010 par Patrice Pichet, Pdg du Groupe Pichet.

20140306_133504Pour Patrice Pichet, propriétaire du château les Carmes Haut-Brion : « c’est un navire amiral, transportant nos vins aux quatre coins du monde ». Le Pdg du groupe de constructions immobilières Pichet aurait pu travailler avec ses équipes habituelles, mais il a voulu un projet marquant !

Cet ouvrage architectural unique ancrera dans le XXIème siècle l’histoire des Carmes Haut-Brion, seul château au coeur de la ville de Bordeaux. » selon Patrice Pichet, propriétaire.

Et d’ajouter: « je fonde beaucoup d’espoirs dans l’avenir du domaine. En 2010, c’était un achat coût de coeur (à 18 millions d’euros), aujourd’hui je peux dire que c’est un achat de raison. »

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La « lame » dessinée par Philippe Starck © Philippe Starck – Les Carmes Haut-Brion

Ce nouveau chai est un trait de crayon osé, au coeur d’un domaine marqué par l’histoire…En 1584, le seigneur de Haut-Brion a donné cette parcelle à l’ordre des Carmélites. Elles sont restées sur la propriété durant près de 200 ans.

C’est dire si Philippe Starck ne voulait pas trop en ajouter… » mon objectif était de ne rien faire avec un grand R. »

Il serait extrêmement facile de faire un bâtiment flamboyant pour montrer à quel point on serait des génies, Luc Arsène-Henry et moi-même, mais où serait la puissance du vin, la magie du vin ? Donc on a fait une lame en acier ! (Philippe Starck).

Après les discours des officiels, des maires de Pessac, de Mérignac et de Bordeaux, qui tous revendiquent, à juste titre, un bout de terroir des Carmes Haut-Brion, déchirées entre ces 3 communes, les pelletées officielles ont été lancées…avec Amélie Mauresmo, la championne de tennis, en vedette !

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Philippe Starck, Patrice Pichet et Luc Arsène-Henry © Jean-Pierre Stahl

Ce chai sera une cave passive thermo-régulée par l’eau, et en terme d’hygrométrie, et en température (pas besoin de climatisation…).

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Stéphane Derenoncourt, oenologue consultant pour la propriété, et Guillaume Pouthier, directeur de l’exploitation. © Jean-Pierre Stahl

Guillaume Pouthier, directeur de l’exploitation, précise : »Nos vignobles sont travaillés comme en bio et biodynamie, c’est une philosophie de travail ».

Quant à la conception du premier vin des Carmes Haut-Brion: ça doit être un vin équilibré, complexe, apte à vieillir, racé…et qui donne de l’émotion », pour Guillaume Pouthier

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C’est qui qui a la meilleure pelletée ? © JPS

 Depuis plus d’un an et demi, les Carmes et ses concepteurs travaillaient sur ce projet de 9 millions d’euros. « Une coque renversée fascinante » pour Alain Juppé, qui plaisantait de savoir si l’an prochain il pourrait l’inaugurer « si je suis toujours là » et « vous aussi s’adressant à ses « amis » politiques.

Michel Sainte-Marie s’enorgueillit d’avoir signé le permis de construire car « le chai est sur Mérignac ! » Et Alain Juppé de conclure que de toute manière, les Carmes Haut-Brion auront toujours pour adresse…Bordeaux.

Livraison en mai 2015, juste avant Vinexpo Bordeaux !

Et pour aller plus loin écoutez et regardez ces interviews de Philippe Stark, designer, Luc Arsène-Henry, architecte et Patrice Pichet propriétaire du château Les Carmes Haut-Brion réalisées par Jean-Pierre Stahl et Cristèle Arfel

31 Jan

Château de la Rivière : le corps de James Grégoire retrouvé

« C’est un soulagement. » La réaction est unanime. Tant de la famille que des salariés du Château qui aimaient et appréciaient James Grégoire l’ancien propriétaire. Ils ont appris la découverte hier du corps à Saint-Loubès qui selon les premières constatations semble être celui de James Grégoire.

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Xavier Buffo, le directeur général du château de la Rivière © Jean-Pierre Stahl

Xavier Buffo, le directeur général du château de la Rivière, nous a confié avoir eu la famille de James Grégoire hier au téléphone. Il a notamment eu sa belle-fille. « C’est un soulagement ! On va enfin pouvoir faire le deuil. Ca n’enlève pas la douleur, mais vraiment c’est un soulagement. »

A Chinese billionaire and a French wine maker are feared dead following a helicopter crash they took together to celebrate the sale of a Bordeaux chateau.

James Grégoire et Lam Kok © AFP

Hier après-midi, comme pour Peng Wang (directeur France du groupe Brilliant) le 11 janvier dernier, c’est un promeneur qui a retrouvé le corps en bord de Dordogne à Saint-Loubès, non loin de l’endroit où avait été retrouvé Mr Wang. Les gendarmes de la brigade nautique d’Arcachon ont retiré le corps de l’eau. D’après les premières constatations, les habits et bijoux qu’il portait semblaient correspondre aux descriptifs qu’avaient recueillis les gendarmes chargés de l’enquête. Toutefois, il faut encore attendre l’autopsie et surtout les résultats ADN réalisés à l’IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale) de Rosny-sous-Bois, dont on ne connaîtra les résultats que la semaine prochaine. Juridiquement, la confirmation ne pourra intervenir qu’à l’issu, nous a précisé le Colonel Ghislain Réty, commandant le Groupement de Gendarmerie de la Gironde.

Et Xavier Buffo, de continuer: « C’était très difficile pour nous de rester les bras croisés, l’attente était insupportable pour la famille Grégoire comme pour Madame Kok que j’ai eu hier au téléphone également. Mais, ça redonne espoir » de retrouver Lam Kok, le propriétaire du château de la Rivière et le dernier des 4 victimes du crash d’hélicoptère à n’avoir pas encore été retrouvé.

Depuis le 20 décembre dernier, c’est Xavier Buffo qui gère tout. Tant le drame – avec les familles, les autorités, et la masse de journalistes qui étaient présents les premiers jours – que la gestion du domaine viticole et des visites oenotouristiques. Il était alors directeur technique, Madame Kok l’a nommé directeur général avec toutes les responsabilités et la charge qui pèsent sur ses épaules. Elle a toute confiance en lui, et d’ailleurs c’est mérité. Celà fait quinze ans qu’il gère le domaine viticole.

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Le château de la Rivière © JPS

Prochainement, Madame Kok en liaison avec Xavier Buffo a programmé un voyage à Pu’Er en Chine pour la dernière semaine de février. Il s’agit pour le responsable du domaine, mais aussi pour les maires de Libourne  et de la Rivière de se rendre compte de ce qu’est le groupe Brilliant: un groupe spécialisé dans le thé extraordinaire de la province du Yunnan et aussi spécialisé dans le tourisme haut de gamme. Il possède 4 hôtels en Chine, bientôt 10. Il a pour projet de développer également le tourisme sur la Rivière, Libourne, Saint-Emilion et Bordeaux. (lire précédemment « Château de la Rivière: les projets continuent… »

 

10 Jan

Vin boisé ou vin fruité: de l’influence de la barrique et du chêne sur le vin…

Un savoir-faire bien français envié par le monde entier…Les tonnelleries de Gironde fournissent les barriques des propriétés du Bordelais et s’exportent de plus en plus. L’influence subtile du chêne français et l’art de chauffe sont recherchés pour obtenir des arômes bien précis sur le vin.

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Le travail de chauffe des barriques (photo JPS)

 Des barriques 100% « made in France » ! Du chêne sur pied à la barrique cerclée, chez Boutes depuis 1880 à Beychac-et-Caillau en Gironde, on réalise des barriques dites « bordelaises » de 225 litres (300 bouteilles) avec une minutie digne des maison de couture…

Les bois sont choisis et achetés sur pied dans le centre de la France et dans l’Allier plus précisément. L’entreprise cumule les activités de merrandier et de tonnelier.

Après une longue maturation de 24 à 36 mois dans l’Allier puis en Gironde, les planches de merrain sont transformées en douelles, ces lames vont êtres assemblées par les tonneliers girondins puis cerclées à coups de masse. « Il y a une véritable sélection , car sur 5m3 de chêne merrain, on ne va obtenir qu’1 m3 de douelles, soit entre 10 et 12 barriques », selon Julien Ségura le directeur commercial de Boutes.

L’opération de chauffe est ensuite la plus visuelle et des plus importantes. Dans une atmosphère digne de l’enfer, les tonneliers montent la température intérieure des barriques à 150°, 50° à l’extérieur, tout en aspergeant le tour pour éviter que le bois ne se fende ou casse.

Les défauts du bois sont repris manuellement, les fonds des barriques assemblés façon parquet sans aucune colle, à la rigueur une pâte à base de farine pour l’étanchéité. Les barriques sont d’ailleurs testées avec sous la pression de l’eau, avant d’être poncées et cerclée avec des aciers inoxydables, puis gravées au laser et emballées d’un film à bulles.

Depuis 2000 ans, le savoir faire de tonnelier s’est transmis de génération en génération. Aujourd’hui, on compte une centaine de tonnelleries en France, plus de 525 000 fûts ont été produits en 2012 pour un chiffre d’affaire d’environ 330 millions d’euros, selon la Fédération des Tonneliers de France.

Reportage de Jean-Pierre Stahl et Jean-Michel Litvine suivi de l’analyse de Frédéric Lot.

La tonnellerie Boutes et la tonnellerie Garonnaise, rachetée en 2008 (qui réalise de plus gros contenants, cuves et foudres au delà de 600 litres), exportent 80 à 85 % vers 42 pays du monde: les Etats-Unis, l’Australie, l’Argentine, l’Afrique du Sud;, la Chine mais aussi le Liban ou Israël.

Seuls les grands châteaux peuvent se permettre de renouveler assez souvent, tous les 2 ou 3 ans, leur parc de barriques. Au château Latour Martillac en AOC Pessac Léognan, Valérie Vialard oenologue et responsable des chais confirme: « sur nos 950 barriques, on en achète 300 chaque année en rouge et en blanc, c’est un renouvellement par tiers. »

« Une barrique neuve va donner de la douceur, des arômes d’épices, on peut noter des notes d’amendes grillées, des notes de fumé fines, mais tout celà à condition que le vin soit à la base très fruité, très stucturé… »

Quant à la standardisation et à la parkerisation, on semble revenir à l’expression du terroir et l’influence de la barrique et du chêne se veut plus subtile:

Loïc Kressmann, propriétaire de château Latour-Martillac confirme: « Il y a eu effectivement un effet standardisation sur ces 20 dernières années mais aujourd’hui, on revient à la typicité du terroir ».

Frédéric Lot @lotfred) (twitter)

 

Retrouvez les dossiers thématiques réalisés par Jean-Pierre Stahl un fois par mois sur France 3 Aquitaine le jeudi dans le 12-13 présenté par Sandrine Papin ou Marie-Pierre d’Abrigeon, suivi de l’analyse de Frédéric Lot, expert en vins.