30 Mar

Le bal des primeurs est ouvert : 2014 sera un millésime de garde

Après 3 années difficiles, le millésime 2014 va sauver la mise à Bordeaux. Un millésime de garde, excellent pour plusieurs propriétés, qui va relancer les affaires. Petit tour d’horizon aujourd’hui à la dégustation des Vins de Pessac-Léognan et parmi le Grand Cercle des Vins de Bordeaux.

Le premier gros spot de dégustation le château Smith Haut Lafitte accueillait ce lundi les Pessac-Léognan © Jean-Pierre Stahl

Le premier gros spot de dégustation le château Smith Haut Lafitte accueillait ce lundi les Pessac-Léognan © Jean-Pierre Stahl

Le carnet de bal indiquait: ouverture du bal le 30 mars, 9h30, au château Smith Haut Laffite à Martillac. Alors que Florence et Daniel Cathiard avaient convié plus de 70 propriétaires de Pessac-Léognan, les danseuses se laissaient désirer . Mais comme toute fête, l’ambiance a parfois du mal à s’installer. Pourtant le sol de tomettes bien glissant permettait quelques pas de valse autrichienne ou de tango argentin, bal des primeurs oblige. Mais comme chacun sait, avant d’être invité à danser, souvent on se regarde en chien de faïence…bref après 3 millésimes délicats dont un 2013 très en dessous des attentes, il fallait réchauffer l’ambiance à Bordeaux. Les choses sérieuses allaient ainsi commencer passé 10 heures…le quart d’heure bordelais étant sérieusement dépassé, les professionnels français et étrangers, très en retard pour ce grand rendez-vous, allaient pouvoir se laisser envoûter par ce nouveau nez !

Magnus Ericsson et Adrien Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Magnus Ericsson et Adrien Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Après quelques gorgées (recrachées) de blanc, les commentaires allaient bon train, à l’instar de cet importateur Suèdois Magnus Ericsson « C’est très frais, on a beaucoup d’acidité, il est très bon ! » Arrêté dans son élan sur le stand du Domaine de Chevalier, Adrien Bernard lui expliquait: « c’est un été très frais que l’on a eu. Ce mois d’août était plutôt nuageux, on aime ça sur les blancs car cela va donner de l’acidité. On a mis deux semaines à vendanger 7 ha, du 10 au 26 septembre…On a fait des tris successifs, on est passé 2 à 3 fois dans les rangs de vigne ». Une autre danse, celle des vendangeurs de septembre…

Bruno Lemoine fier de son blanc en 2014 à comparer au 2007 © jps

Bruno Lemoine fier de son blanc en 2014 à comparer au 2007 © jps

Les blancs ont su tirer profit de ce temps en dent de scie, un été frais avec septembre chaud pour consacrer le tout: « c’est de l’éclat des 2007, on a de l’acidité et de la concentration, vraiment c’est un très grand millésime », pour Bruno Lemoine du château Larrivet Haut Brion.

Florence Cathiard, propriétaire du château Smith Haut-Lafitte est heureuse du 2014 et de retrouver les Américains © JPS

Florence Cathiard, propriétaire du château Smith Haut-Lafitte est heureuse du 2014 et de retrouver les Américains © JPS

Devant une salle quasi-comble, passé 11 heures, Florence Cathiard, propriétaire du château Smith Haut Lafitte, avait retrouvé le sourire après avoir vu, comme elle nous le soulignait, les prix de ses 2011, 2012 et 2013 chuter de moitié par rapport aux fabuleux 2010 et 2009, la voici rassurée: « on a eu la descente aux enfers, mais la on a un très beau vin. On a eu des cabernets de folie. Les Américains sont de retour avec un dollar fort et les chinois également, vous allez les apercevoir cette semaine, on est heureux. »

Arnaud de Butler et ses amis devant le château d'Agassac © JPS

Arnaud de Butler du château Crabitey, et ses amis Pascal Guignard de Roquetaillade la Grange, et Arnaud Lesgourgues du château Haut Selve devant Agassac © JPS

Au château d’Agassac, il y avait de quoi s’agasser (pour jouer sur leur ancien slogan Agassac, le château Agassant) car la foule de visiteurs se faisait aussi attendre, sans doute occupés sur d’autres spots de dégustation (à Smith Haut Laffite notamment), car durant cette folle semaine? qui démarre le jeudi pour la presse spécialisée et s’étale jusqu’au jeudi suivant, on compte environ une cinquantaine de rendez-vous de dégustation. Sans nul doute, ils seront là mardi et mercredi.

Francis Boutemy et Alain Raynaud © JPS

Francis Boutemy du château Haut-Lagrange et Alain Raynaud, président du Grand Cercle des Vins de Bordeaux © JPS

Et pourtant de grands noms de châteaux étaient présentés par le Grand Cercle des Vins de Bordeaux présidé par Alain Raynaud: parmi ces 193 châteaux, on pouvait retrouver avec plaisir Francis Boutemy du château Haut-Lagrange, Marie-Laure Lurton du château Villegeorge et de la Tour de Bessan, mais aussi Arnaud de Butler du château Crabitey dans les Graves…et déguster ici un Balthus, là des Cerisiers du château de Francs en Côtes de Bordeaux, tous deux de bonne facture.

1656

Petit instant de dégustation sur le comptoir de Jean-Luc Zell, le directeur général d’Agassac avec cet importateur Allemand de Koblenz Max Schwarz de la Société Vin et Vie, qui est aussi importateur des vins de la Passion des Terroirs: « certains 2014 sont extraordinaires, vraiment c’est très très bon. »

Max Scharz et Jean-Luc Zell © JPS

Max Scharz et Jean-Luc Zell © JPS

Jean-Luc Zell, qui ne souhaitait pas s’aventurer à comparer 2014 à certains millésimes des 10 dernières années, confirme que « c’est un millésime de garde ». Ce 2014 a pleinement profité de l’été indien avec septembre et octobre ensoleillés et chauds. Il y a la quantité mais aussi la qualité et ça se sait car de nombreux étrangers ont fait le déplacement pour les goûter.

Laurent Cisnéros du château de Rouillac et Laurent Moujon auteur de guides sur Bordeaux © JPS

Laurent Cisnéros du château de Rouillac et Laurent Moujon auteur de guides sur Bordeaux © JPS

Et comme me le confiait Patrick Bernard, PDG  de la maison de négoce Millésima: « C’est un millésime riche, dense, opulent, qui est rafraîchissant, désaltérant. C’est un petit peu en dessous des 2009 et 2010, mais vous avez un degré par trop élevé avec 1,5° d’alcool en moins par rapport aux 2009 et 2010.Bref on a tout ce qu’il faut pour revenir en grâce auprès du consommateur. »

Patrick Bernard de la Maison de Négoce Millésima © JPS

Patrick Bernard PDG de la Maison de Négoce Millésima © JPS

Encore faut-il que les propriétés restent raisonnables au niveau des prix…à moins de retomber dans les travers de la flambée des 2009 et 2010. Une spéculation que les Chinois et autres étrangers ont fait payer par la suite à Bordeaux.

27 Mar

Michel Rolland sur le 2014 à Bordeaux: « je pense que c’est le millésime qui viendra immédiatement derrière les grands 2009 et 2010. Ce sera un excellent millésime ! »

A l’aube de la grande semaine des primeurs, les grands oenologues consultants y vont de leur analyse. Côté Châteaux reprend ici la primeur du commentaire que Michel Rolland, le plus connu mondialement des consultants bordelais, a laissé sur le site « les Clés de Châteaux ». Une parole d’expert.

michelrolland

« Le Millésime 2014…

Le 2014, c’est un millésime qui était un petit peu difficile au départ, dans sa gestation on va dire, parce que le temps ne lui a pas été favorable. On est arrivé fin août avec beaucoup d’inquiétudes.

Et comme toujours quand Dame Nature décide que cela se passerait bien, on a eu un très beau mois de septembre, un été indien quasi parfait et moralité on fait un très bon millésime !

2014, c’était le millésime parfait pour les oenologues, parce que c’est un millésime de difficulté », Michel Rolland.

Rien n’est écrit d’avance, il faut savoir quel raisin on a entre les mains, ce que l’on peut en faire, comment on va les vinifier pour les optimiser.

michel

Ce sera un millésime un petit peu hétérogène. Mais c’est un millésime de qualité. Ca ressemble à 2008, parce que c’est un millésime qui s’est fait tardivement », Michel Rolland

La maturité s’est plutôt faite sur octobre que sur septembre comme se font les millésimes précoces.

En fait le temps, c’est notre allié ou notre ennemi. C’est vrai que l’été a été plutôt froid, on a eu des périodes pluvieuses.

Malgré tout, c’est un millésime de fruit, un millésime de fraîcheur et un millésime d’acidité. Il y a une tension, il y a de vrais tanins. Par rapport à 2008, il y a un petit peu plus de précision, parce que les propriétés travaillent de mieux en mieux.

Donc on a de jolis arômes, des jolis tanins, on a une jolie définition de vin avec beaucoup de fraîcheur et beaucoup de plaisir, ça sera ça 2014. Il faudra goûter parce que tout n’est pas comme cela. Mais c’est un millésime que l’on peut placer avec 2008, voire supérieur.

Et- je pense que c’est le millésime qui viendra immédiatement derrière les grands 2009 et 2010. Ce sera un excellent millésime ! »

Retrouvez l’interview de Michel Rolland sur le site des Clés de Châteaux

26 Mar

C’est à Buzet ! Ils s’engagent autrement…Les Vignerons de Buzet concilient depuis 10 ans viticulture et environnement

Les Vignerons de Buzet ont fait leur révolution. Depuis 10 ans, leur coopérative s’est engagée dans une viticulture « plus propre », alliant technologie de pointe, respect des hommes et de l’environnement. 198 irréductibles vignerons se font entendre en prônant le développement durable et la réduction des pesticides.

Vincent Leyre, Serge Lhérisson et David Bidegaray des Vignerons de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Vincent Leyre, Serge Lhérisson et David Bidegaray des Vignerons de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Quand on les rencontre, on est sous le charme de leur accent chantant du Lot-et-Garonne…Mais au fait Buzet, c’est où ? « Entre Bordeaux et Toulouse », répond systématiquement Pierre Philippe le directeur de la Cave coopérative à ses interlocuteurs qui lui posent cette sempiternelle question.

D'irréductibles vignerons à Buzet: ils sont devenus bee friendly ! © JPS

D’irréductibles vignerons à Buzet: ils sont devenus bee friendly et accueillent aussi les faucons ! © JPS

Ils ont en eux la fibre Uderzo: leur Buzet ressemble à un vignoble d’irréductibles Gaulois… En effet, avec leur petit nom face à l’ogre Bordeaux, ils continuent de jouer des coudes dans le marché mondial du vin, présents encore la semaine dernière à ProWein à Düsseldorf. Ils se réclament du Sud-Ouest tout en refusant toute alliance, notamment avec Bergerac et Duras. La liberté n’a pas de prix.

Avec 198 adhérents, exploitants 1870 ha en AOP Buzet, ces vignerons ont changé de braquet en 2005. Bien qu’ayant des domaines vallonés, pas question de s’endormir sur leur lauriers. Avec Pierre Philippe à leur tête, ils ont fait le choix de s' »engager autrement » dans la biodiversité et dans l’agriculture raisonnée.

On pourrait les prendre pour des farfelus, devieux écolos ou d’anciens soixante-huitards, mais pas du tout ! C’est une démarche honorable qui vise à respecter davantage la nature et les hommes. Depuis 10 ans, ils réduisent ainsi les intrants: ils se sont ainsi engagés à n’utiliser aucun engrais chimique sur leur vignoble : 0 engrais chimique mais de l’engrais organique. 0 acaricide également et 0 anti-botrytis.

El Gringo, il est bon mon engrais © JPS

El Gringo, il est bon mon engrais © JPS

On a interdit les herbicides résiduaires, on a interdit les engrais chimiques, tout ce qui était anti-botrytis que l’on retrouvait dans les vins, connus pour être l’assurance tous risques, ça a été un choc des cultures chez nos adhérents », Vincent Leyre des Vignerons de Buzet

Les Vignerons de Buzet sont fiers de nous emmener sur Gueyze, une partie en pointe dans les choix qu’ils expérimentent constamment: « sur ce vignoble, nous pratiquons la bio-diversité. Par exemple, on protège la tulipe agenaise…Avec la Sepanlog, on a transféré des tulipes qu’on a trouvé au bord d’un fossé pour les planter dans nos vignes, ça démontre que nos terrains sont assez riches et pas asphyxiés par certains désherbants. » « On a aussi replanté des haies, ça protège les auxiliaires, ça sert aussi de corridor, c’est important que les animaux puissent communiquer », explique Serge Lhérisson.

« On a mis des nichoirs en place aussi pour la chouette chevêche d’Athéna, un nichoir à faucon sur la partie la plus haute devenu l’emblème du vignoble. Tous les vignerons mettent ces nichoirs fabriqués à partir d’une caisse en bois de 6 bouteilles et ils en sont fiers. On protège aussi la chauve-souris qui mange beaucoup d’insectes(on a beaucoup de parasite comme la flavescence dorée, et elle en consomme beaucoup). »

Les vignerons de Buzet ont malgré tout quelques racines bordelaises, avec aussi les mêmes cépages qu'à Bordeaux © JPS

Les vignerons de Buzet ont malgré tout quelques racines bordelaises, avec aussi les mêmes cépages qu’à Bordeaux © JPS

Buzet, c’est aussi cette appellation qui a été relancée depuis 1953, sous l’impulsion d’un bordelais, Jean Mermillod, l’ancien maître de chai du château Lafite-Rothschild, appelé à devenir le directeur de cette cave coopérative… Pas étonnant dès lors de retrouver ces cépages du bordelais qu’il a souhaité replanter: 50% merlot, 25% cabernet sauvignon et 25 % cabernet franc. Et pour les blancs: sauvignon et sémillon.

Aujourd’hui leur directeur actuel, Pierre Philippe, originaire des Pyrénées-Atlantiques, a aussi marqué de son empreinte le vignoble avec ce virage sur la viticulture raisonnée et la bio-diversité. Aujourd’hui, ce vignoble de Gueyze (AOP Buzet) est le 1er vignoble à être labellisé « bee friendly », validé en janvier 2015; preuve supplémentaire de la limitation des traitements et du respect des abeilles.

Depuis 2005, on a axé sur le développement durable. C’est ancré dans les gênes de l’entreprise. C’est des gens qui ont envie de travailler au contact de la nature, ils ont une vraie sensibilité au côté environnemental », Pierre Philippe, directeur des Vignerons de Buzet.

Mais ils ne sont pas que de doux rêveurs, amis de la nature et des petits oiseaux…ce sont de grands producteurs qui ont derrière eux plus de 60 ans d’expérience et de mise en commun de leur production et de leurs moyens de vinification. Chaque année ce sont 12 millions de bouteilles qui sont produites.

Avec une cinquantaine de commerciaux dans l’hexagone, Buzet s’est implanté dans toutes les enseignes de la grande distribution; 80% de la production est commercialisée en France avec également les HCR et chez les cavistes, 20% à l’export (Europe, Etats-Unis et Asie). Mais ils ne dorment pas et misent sur de nouveaux outils comme ce filtre tangentiel et cette électrodialyse (digne des hôpitaux), ils comptent aussi augmenter leur production en BIB: ils commercialisent 720 000 bags in box à l’année, un marché en constante augmentation…

Fort de ces arguments, ils sont partis à ProWein pour essayer de trouver de nouveaux horizons pour leurs vins, avec des Allemands toujours très soucieux d’environnement. Leur principale force, c’est aussi le bon rapport qualité prix de leurs vins et une fidélité de leurs clients qui s’arrêtent parfois avec des bus entiers se ressourcer à Buzet…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl,Didier Bonnet, Eric Delwarde et Boris Chague 

Ecoutez également la chronique « Vigne & Vin » avec Frédéric Lot : 

20 Mar

La Cité des Civilisations du Vin sera « un phare pour l’oenotourisme » à Bordeaux !

Alain Juppé a trouvé une nouvelle métaphore pour la Cité des Civilisations du Vin. En plus de la carafe, ce sera le phare, le point de départ des visites dans les vignobles autour de Bordeaux. Une mer de touristes va déferler à Bordeaux dès 2016. Visite de la Cité avec ses mécènes à tout juste un an de sa livraison.

Bernard Farges, président du CIVB, Philippe Massol, directeur de la Fondation,  Sylvie Cazes, présidente de la Fondation et Alain Juppé, maire de Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Bernard Farges, président du CIVB, Philippe Massol, directeur de la Fondation, Sylvie Cazes, présidente de la Fondation et Alain Juppé, maire de Bordeaux devant la Cité bien avancée © Jean-Pierre Stahl

C’était cet après-midi, à 16h30, l’événement pour les mécènes de la Cité des Civilisations du Vin. Ils étaient 70, représentant 40 entreprises sur les 65 mécènes, à faire, pour la deuxième fois en moins d’un an, la visite du gigantesque chantier de la Cité des Civilisations du Vin.

Un geste architectural qui va s'ajouter au patrimoine de Bordeaux © JPS

Un geste architectural qui va s’ajouter au patrimoine de Bordeaux © JPS

Parmi les maîtres de cérémonie, Philippe Massol, le directeur de la fondation qui va gérer au quotidien la Cité des Civilisations du Vin: après avoir montré rapidement le rez-de-chaussée dont le patio impressionne par sa hauteur, le voici au 1er étage pour expliquer à ses invités qu’ils se trouvent dans l’espace d’exposition temporaire, avec des ateliers de dégustation, et le futur salon de lecture , également un salon de réception qui pourra être privatif, il y aura aussi la future école des arômes qui y trouvera sa place, sans parler de l‘auditorium Thomas Jefferson (auditorium dont Sylvie Cazes a souligné la générosité des donateurs américains qui lors sd’une soirée aux Nations-Unies en ce début d’année ont largement participé au financement).

BBB

Philippe Massol expliquant le parcours permanent aux mécènes © JPS

Au deuxième étage, ce sera le parcours permanent: « ce sera une séquence consacré à l’art de vivre: on y évoquera la gastronomie française, l’évolution du service du vin et la convivialité et le partage du vin », précise Philippe Massol à Alain Juppé et aux mécènes de son groupe. Et d’ajouter que: Pierre Arditi ambassadeur de la Cité sera de la partie, ainsi que Joël Robuchon…ça mijote déjà…

Notre Cité sera un magnfique objet architectural qui va enrichir le patrimoine de Bordeaux », Alain Juppé maire de Bordeaux

La Cité - phare de l'oenotourisme à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

La Cité – phare de l’oenotourisme à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Et d’ajouter: « ce sera un phare pour l’oenotourisme, ce sera un point de départ pour aller sur la route des vins. J’ai inauguré le nouveau ponton Thomas Jefferson la semaine dernière: les bateaux vont aller jusqu’à Pauillac, ils remonteront aussi la Garonne jusqu’à Cadillac ou navigueront sur la Dordogne jusqu’à Libourne. »

Alain Juppé en chef des travaux © JPS

Alain Juppé en chef des travaux, avec en amorce Bernard Farges président du CIVB et Philippe Massol, directeur de la Fondation © JPS

A ce stade des travaux, le gros oeuvre est terminé depuis la fin de l’années 2014, les baies vitrées sont posées sur les parties inférieures, les plaques d’aluminium et de verre vont bientôt recouvrir la charpente

Fin de la pose de la charpente sur la tour en juin 2015, et à la fin de l’année la couverture sera terminée. » Philippe Massol, directeur de la Fondation de la Cité des Civilisations du Vin

Au 7e étage on y trouvera le restaurant (le « septième ciel » ? me-confie-t-on sous forme de boutade), juste au dessus au 8e ce sera le Belvédère: « on dégustera tous les crus du monde et on pourra faire le tour à 360° » explique Sylvie Cazes la présidente qui n’a pas ménagé son talent et son temps pour trouver ces mécènes. Elle a notamment trouvé ceux du nouveau monde the « Friends of Cité » qui se retrouveront le 30 avril au cours d’un nouveau repas à New-York avec Alain Juppé pour continuer de participer au financement de la Cité, un concept unique au monde où l’on retrouvera 66 pays qui mettront la main au porte-feuille pour boucler le financement.

BB

Guillaume Halley et Olivier Cornuaille de la Cave de Caudéran-Sodobor des mécènes fiers de l’édifice © JPS

Les mécènes ont une certaine fierté de de participer au financement de ce bel ouvrage: ainsi Guillaume Halley, accompagné d’Olivier Cornouaille, pour la Cave de Caudéran-Sodibor précise « c’est vraiment un projet pour lequel on ne regrette pas de participer, la levée de fonds à l’étranger pour une construction en France, c’est assez unique… »

Le bout du tunnel n'est peut-être pas si loin © JPS

Le bout du tunnel n’est peut-être pas si loin © JPS

Une Cité qui sera livrée fin mars 2016 à l’aube de Bordeaux Fête le Vin. Une Cité que vont s’approprier progressivement les Bordelais, Girondins, et Français. Un nouveau spot du tourisme en Aquitaine. Un emblème, un phare qui va attirer les visiteurs du monde entier.

Et comme le disait encore tout-à-l’heure Alain Juppé: « Vive la Cité ! » 

18 Mar

Art Di’Vin à Bordeaux: le salon mêlant l’art et le vin, fierté des étudiants de l’Inseec

C’est parti pour la 9e édition d’Art Di’Vin organisé par l’association V’Inseec Oenologie de l’école de commerce Inseec Bordeaux. 16 artistes jumelés avec 16 grands châteaux de Bordeaux accueillent ce soir les amateurs de vin et d’art. Le salon vient d’ouvrir à 18h.

BBB

Les étudiants de V’Inseec Oenologie, organisateurs de l’événement © JPS

Laurence Perrin est artiste peintre à Bordeaux. Elle passionnée de vin et de peinture et ne cesse de peindre des toiles sur le thème du vin: « j’ai participé à la première édition et à 3 ou 4 au total; ce salon, c’est le meilleur moyen de ne pas se faire oublier. »

VVV

Laurence Perrin, artiste peintre bordelaise, devant ses oeuvres © JPS

Comme elle, ils sont 16 artistes, des peintres scupteurs ou autres artistes de la région à venir exposer leurs oeuvres dans cet endroit magique de cette ancienne faïencerie.

L'oeuvre de Philippe Meyer, sculpteur, avec Pierre Michaut responsable du salon Art Di'Vin © JPS

L’oeuvre de Philippe Meyer, sculpteur, avec Pierre Michaut responsable du salon Art Di’Vin © JPS

16 artistes associés à 16 châteaux: des grands crus classés de Bordeaux ou de Saint-Emilion, comme le château de Pressac (avec son propriétaire et président des Vins de Saint-Emilion Jean-François Quenin), et d’autres petites pépites comme la Cuvée Signatus élaborée par 3 vignerons Vincent Rey, Henri Faivre et François Landais. « En 1988, on était en BTS viti-oeno à Blanquefort et on s’était dit tous les trois qu’on ferait le meilleur des Bordeaux » déclare Vincent Rey.

VVV

Vincent Rey du château la Caderie qui signe sa cuvée Signatus, avec Clément Cateau et Gary Barret de l’Inseec Bordeaux © JPS

Cette cuvée sortie uniquement en 10 barriques a obtenue la médaille d’or pour son millésime 2011 au Concours International des Vins Bio à Paris l’an dernier. Vincent Rey est à la tête du château La Caderie à Saint-Martin-du-Bois en AOC Bordeaux et Bx Sup.

inseec 088

Cette 9e édition du Salon Art Di’Vin est un concept très prisé qui mêle ainsi art et vin. Près de 700 personnes se pressent à ce rendez-vous qui a déménagé et se tient désormais à la Faïencerie aux Chartrons à Bordeaux. Un moment de découverte, de partage et de plaisir organisé chaque année avec succès par V’Inseec Oenologie.

13 Mar

Les femmes ont pris le pouvoir…aux Oscars des Bordeaux de l’été !

Messieurs, vous n’avez qu’à bien vous tenir. Car ces femmes viticultrices, oenologues, blogueuses et amatrices de vin vous jugent…80 d’entre elles étaient réunies hier soir à la Brasserie Bordelaise pour déguster à l’aveugle et consacrer les meilleurs blancs secs, moelleux, rosés et clairets de l’été.

80 femmes et quelques hommes tolérés après 20h dont Hervé Grandeau le président des Bordeaux et Bordeaux Sup. © Jean-Pierre Stahl

80 femmes et quelques hommes tolérés après 20h, dont Hervé Grandeau, le président des Bordeaux et Bordeaux Sup. © Jean-Pierre Stahl

« Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie », la maxime de François Ier gravée une nuit de contrariété sur le mur ou la fenêtre de sa chambre à Chambord, a quelque peu vécu. 500 ans plus tard, ces femmes nous jugent…non seulement elle représentent chaque année plus des 3/4 des effectifs de l’Ecole Nationale de la Magistrature, mais en plus elles jugent les meilleurs vins de Bordeaux qui se retrouveront sur les tables cet été. Qui a dit le monde à l’envers ? Certainement pas Côté Châteaux. Toutefois, que de chemins parcourus, imaginez si on avait dit cela à nos vignerons au début du XXe siècle, et je ne vous parle même pas de cette époque d’un autre âge, où pour un oui ou pour un non, elles avaient droit à un procès en sorcellerie et aux pires horreurs qui sont rassemblées à la Maison Forte de Reignac en Dordogne (musée de la torture).

Un petit coin cosy pour cette tablée qui jugeait les blancs secs avec Anne Cusson, directrice communication de Vinexpo © JPS

Un petit coin cosy pour cette tablée qui jugeait les blancs secs avec Anne Cusson, directrice communication de Vinexpo © JPS

Et bien ce soir-là, nos femmes portaient la culotte et c’est tant mieux. Un peu de féminité, de subtilité et d’élégance dans ce monde de brut (je parle de crémant bien sûr). 80 étaient venues de nombreux horizons, rassemblées par tables de quatre.

Catherine Alby (à droite) précise qu'il y a eu une présélection sur plus de 300 échantillons © JPS

Catherine Alby (à droite) précise qu’il y a eu une présélection sur plus de 300 échantillons © JPS

A la tête de chaque groupe, un chef de table, souvent une viticultrice, une oenologue, ou encore une femme avec une grande expérience dans le monde du vin. Ainsi pouvait-on croiser parmi les tablées, comme jeune viticultrice qui a repris le domaine de son père, Marion Reculet du château le Camplat en Blaye Côtes de Bordeaux. « On a donc mis des chefs de tables et recruté trois autres personnes. Elles ne se connaissent pas et elles ont comme objectif de classer les vins qu’elles dégustent à l’aveugle de 1 à 8 en blancs secs, rosés, clairets »

Pour la 1ère année, on juge aussi les moelleux, une production de 50000 hectolitres à Bordeaux », Catherine Alby, responsable Communication et Promotion du Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs.

Magali, Anne lectrices de Elle et Jana Kravitz © JPS

Magali, Anne lectrices de Elle et Jana Kravitz © JPS

Des rencontres fort intéressantes avec Jana Kravitz, cette belle et grande américaine établie à Bordeaux depuis plus de 10 ans, qui manage Vin’Animus avec son mari Luc Plissonneau. Elle partage ce moment avec deux lectrices du magazine Elle: Magali, pour qui « c’est la première fois » et Anne qui a déjà participé il y 3 ans car ces lectrices ne peuvent pas participer deux années de suite.

Ce sont des femmes qui aiment le vin, c’est mélangé, c’est mieux », Jana Kravitz de Vin’Animus

Nathalie Coiquaud relève les copies pour un résultat annoncé par Hervé Grandeau © JPS

Nathalie Coiquaud relève les copies pour un résultat annoncé par Hervé Grandeau © JPS

Pour cette 6e édition des Oscars de l’été, ces femmes prennent une fois de plus leur rôle au sérieux: « elles sont concentrées pendant une bonne heure où elles goûtent les vins. Ensuite, on relève les copies. Ces vins-là seront promotionnés sur tous les marchés comme les vins de l’été » ajoute Nathalie Coiquaud, de l’Agence Banc Public organisatrice avec le Syndicat des »Bordeaux et Bordeaux Supérieur »

Hongchao Li, Nathalie K et Charlotte des Itinéraires © JPS

Hongchao Li, Nathalie K et Charlotte des Itinéraires © JPS

Et au détour des tables et des jurys: « le premier nez est sympa », « une couleur très claire », « un vin bien équilibré », à la table de Charlotte des Itinéraires qui a créé son « guide du routard du vin » (Les Itinéraires de Charlotte) voilà 6 ans et qui précise:

Le vin, c’est une notion de plaisir, c’est fait pour être consommé et pas pour être collectionné », Charlotte des Itinéraires de Charlotte

Elle partage ses analyses avec Hongchao Li une Chinoise qui écrit des articles sur le vin sur différents sites internet en Chine et Nathalie K. qui tient un blog « Nath’ventures » « les aventures extraordinaires, ou pas d’une presque bordelaise ».

  • Bordeaux Blanc
Château Pierrail, Château de l’Aubrade, Delor Réserve, Château Rauzan Despagne Réserve, Château Minvielle, Château Belle-Garde
  • Bordeaux Rosé
Sauveterre-Blasimon, Lardiley Prestige, Château La Rame, Château Lauduc, Chai de Bordes, Tutiac Sélection
  • Bordeaux Clairet
Château Laville, Château La Rivière, Cuvée French Kiss du Château La Mothe du Barry, Château Lestrille-Capmartin, Château Penin, Ginestet
  • Bordeaux Blanc Moelleux
Moelleux Mademoiselle By Château Le Camplat, Grand Théâtre, Arsius, Château Mazetier, Château Rioublanc, Fleur
Hervé Grandeau, Pierre Blazy et Côté Châteaux © NQ

Hervé Grandeau, Pierre Blazy et Côté Châteaux © NQ

Fort heureusement, les quelques mâles présents sont ressortis vivants de ce rassemblement de filles… Elles au moins n’ont pas encore décidé de la grande inquisition vis-à-vis de ces machos qui durant des siècles les ont mal considérées. Pour s’en sortir, Côté Châteaux avait de toute manière un bon avocat en la personne de Pierre Blazy, ténor du barreau de Bordeaux et aussi petit propriétaire d’un château en AOC Bordeaux Bordeaux Supérieur.

11 Mar

Côté Châteaux dépasse les 300 000 pages vues. 300 000 mercis aux fidèles lecteurs !

Le blog vin Côté Châteaux continue à vadrouiller dans les rangs de vigne et vendange jour après jour de nouveaux lecteurs. Des rencontres qui sont l’occasion d’articles, des focus sur des vignobles méconnus, des événements relatés et analysés et de nombreux enjeux macro ou micro-économiques décortiqués.

Les vignerons et représentants de la cave coopérative de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Les vignerons et représentants de la cave coopérative de Buzet © Jean-Pierre Stahl

La vie est une somme de petits bonheurs. Il faut savoir les apprécier et profiter du temps présent: carpe diem ! Aujourd’hui, nous sommes partis à la rencontre de petits qui méritent un éclairage: leur nom est célèbre et commence par un B… C’est Bordeaux ? Non, Buzet dans le Lot-et-Garonne. Le directeur de la Cave Coopérative Pierre Philippe m’interpellait en me demandant « pourquoi nous, pourquoi Buzet » ? Tellement cela lui paraissait invraissemblable qu’une équipe de télé et le blog Côté Châteaux viennent vers ces petits producteurs.

Côté Châteaux interviewant Carole Bouquet à prpoos se son vignoble sangue Doro © M. Vouzelaud

Côté Châteaux interviewant Carole Bouquet à propos de son vignoble et de son vin Sangue d’Oro  © M. Vouzelaud

Côté Châteaux est comme cela: il faut varier les plaisirs et montrer que la palette des vins et des AOP est large dans le Sud-Ouest, en France et dans le monde (photo avec Carole Bouquet invitée de Bordeaux Magnum pour parler de son vignoble en Sardaigne et de son Sangue d’Oro). Mais Côté Châteaux aime aussi parler des petits, des sans grades, qui souvent ont des atouts pour concurrencer les plus grands. Au nom de ces 192 producteurs de Buzet, de leurs 1800 ha de vignes plantées en Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc et Merlot pour les rouges ou Sauvignon, Sémillon pour les blancs (tiens c’est bizarre, les mêmes cépages qu’à Bordeaux), Côté Châteaux leur dédie ces quelques lignes et ces 300 000 pages vues depuis 1 an et 3 mois. 300 000 dépassées ce soir. Mais ce n’est pas tout…

« Buzet, l’appellation qui mise  sur le développement durable », un reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet et Eric Delwarde à voir dans le 12/13 le jeudi 19 mars dans la rubrique Vigne&Vin avec l’éclairage de Frédéric Lot. Un article aussi prochainement sur Côté Châteaux, le blog sur l’Actu au quotidien de la Vigne et du Vin.

04 Mar

Bordeaux, destination oenotouristique par excellence

Avec la sortie du guide Best Of Wine Tourism, Bordeaux se prépare à accueillir les futurs touristes amateurs de châteaux, de vin et d’histoires de châtelains…

Chantal Miecaze, propriétaire du château de Léognan @ Jean-Pierre Stahl

Chantal Miecaze, propriétaire du château de Léognan @ Jean-Pierre Stahl

Consacré comme European Best Destination il y a trois semaines, Bordeaux continue à miser sur son attrait oenotouristique. Il était temps auraient pu se moquer les Alsaciens pionniers avec leur Route des Vins.

Ainsi au château de Léognan, Chantal Miecaze, qui a racheté avec son mari en 2007 ce château des XVIIe et XIXe siècle, s’est lancée sur ce créneau dès 2010. Ils ont restauré leur château édifié sur un domaine de 70 ha dont 6 de vignes et ont également créé 4 chambres d’hôtes.

Un travail qui vient d’être reconnu car ils ont reçu le Best Of Wine Tourism dans la catégorie hébergement. Elle figure ainsi dans le guide qui vient de paraître et qui sera largement diffusé sur le territoire bordelais (il est aussi disponible suir simple demande au 05 56 79 50 01).

Dans l’édition 2015 du guide Best Of Wine, 1/3 des labels Best Of Wine Tourisme ont été décernés à Bordeaux: pas moins de 19 sites sur 70 candidatures ont ainsi été mis à l’honneur. Et parmi les lauréats, le château La Croizille de Saint-Emilion a été sacré International Best Of Wine Tourism.

top vin 021

Ce que les touristes cherchent avant tout c’est rencontrer le propriétaire, celui qui est sur le terroir, celui qui raconte son histoire », Chantal Miecaze du château de Léognan

top vin 016

Cette année, ils étaient 350 candidats dans le monde à prétendre au label « Best Of Wine Tourism », finalement 58 ont été récompensés. Avant d’être labellisée, chaque propriété a été évaluée avec une visite mystère, par un jury d’experts. Ce qui a été pris en compte, ce sont l’originalité, la qualité et l’innovation dans l’accueil des visiteurs.

Catherine Leparmentier-Dayot de la CCI de Bordeaux © JPS

Catherine Leparmentier-Dayot de la CCI de Bordeaux © JPS

Pour Catherine Leparmentier en charge du développement international à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, ce sont chaque année 3 millions de touristes qui se pressent à Bordeaux. Un potentiel et des retombées économiques importants car Bordeaux vient justement de battre son record de nuités avec 2 127 047; un record absolu qui atteste que Bordeaux est une destination oenotoutistique qui fait rêver…

 Ce guide a le mérite de faire une sélection des meilleurs, c’est une sélection annuelle. Il permet au visiteur lambda de choisir parmi les 650 propriétés viticoles qui se visitent la propriété qui va lui convenir », Catherine Leparmentier-Dayot de la CCI de Bordeaux.

top vin 028

Un guide bilingue en français et en anglais qui permet aux touristes de découvrir un patrimoine local d’exception. Au château de Léognan, on s’apprête d’ailleurs à monter encore dans l’offre proposée car les propriétaires ont identifié un manque: un endroit où se restaurer…

02 Mar

Philippe Etchebest, le top chef va atterrir à Bordeaux en septembre !

Il l’a confirmé ce lundi lors d’un chat dans les locaux de 20 minutes à Paris. Philippe Etchebest revient en Aquitaine et à Bordeaux. Une terre de coeur qu’il n’a jamais vraiment délaissée.

Philippe Etchebest bientôt à Bordeaux © francetvinfo

Philippe Etchebest bientôt à Bordeaux © francetvinfo

La question a été postée lors d’un chat dans les locaux de 20 Minutes par « Catherine et Maurice »: « Nous sommes basques et landais. Avez-vous toujours un resto dans le Sud-ouest? Nous aimerions beaucoup nous y rendre pour déguster vos spécialités ».

Je vais ouvrir mon restaurant au mois de septembre à Bordeaux », Philippe Etchebest.

C’était dans les casseroles ou dans les tuyaux depuis quelques mois déjà. Philippe Etchebest, l’ancien chef cuisinier, deux étoiles à l’Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion, avait envie d’ouvrir un nouveau resto à Bordeaux. Ce sera chose faite en septembre à en croire 20 Minutes où se trouvait Philippe Etchebest pour répondre aux questions des internautes.

Philippe Etchebest, actuellement juré de l’émission Top Chef sur M6, n’a pas caché son désir d’ouvrir un nouvel établissement digne de ce nom ou de son nom dans la capitale des vins, à Bordeaux.

 En chat dans les locaux de 20Minutes à Paris, il a annoncé que son projet se concrétisera en septembre.

Philippe Etchebest en chat à la rédaction de «20 Minutes» ce 2 mars © A. Delaunoy / 20 Minutes

Personne ne sait exactement où, mais cela ne saurait tarder. Phlippe Etchebest devrait s’installer dans le coeur du centre-ville. Certains le donnaient arrivant à la tête du Café Opéra au Grand-Théâtre, à l’époque Philippe Etchebest avait démenti. Peut-être non loin… Philippe Etchebest compte bien faire de son gastro une adresse phare à Bordeaux et être orné d’étoiles au Michelin. De là à évoquer une concurrence avec Joël Robuchon et la Grande Maison…Côté Châteaux ne franchira pas le pas. Mais ne dit-on pas, plus on est de toques ou de toqués, plus on rit ?

19 Fév

Plus de 100 châteaux acquis par les Chinois dans le Bordelais

Avec Château Renon en AOC Cadillac, le nombre de propriétés viticoles achetées par les Chinois a dépassé le nombre symbolique de 100 châteaux. Le mouvement se poursuit avec Li Lijuan agent immobilier chinoise installée dans le Bordelais.

n

Li Lijuan, agent immobilier, devant château Renon © Jean-Pierre Stahl

Li Lijuan, c’est cette petite chinoise, qui a réussi à se faire une grande place à Bordeaux. Chanteuse, ancienne étudiante à l’Inseec, parlant 5 langues couramment, elle est aujourd’hui une pièce maîtresse chez Maxwell-Story-Baynes, en tant qu’agent immobilier, dont la carte de visite en jette estampillée aussi Christie’s. Elle fait visiter les propriétés en vente, négocie, et est joignable quasiment de jour comme de nuit par ses compatriotes de Chine avec son téléphone portable à portée de main. C’est elle qui est à la conclusion de plusieurs propriétés dont Renon, une bâtisse du XVIIe siècle à Tabanac en AOC Cadillac, vendue par la famille Belliard fin décembre 2014.

Château Lezongars acquis en 2011 dans l'Entre-Deux-Mers © JPS

Château Lezongars acquis en 2011 dans l’Entre-Deux-Mers © JPS

En cette période de Nouvel An Chinois, et avec les événements récents en France, les propriétaires ou managers chinois actuellement à Bordeaux sont peu nombreux. Li Lijuan me présente toutefois Lu Yankun, jeune cadre du groupe de distribution chinois Dashang.
C’est lui le manager du château Lezongars à Villenave-de-Rions
à 25 km de Bordeaux. Une propriété de 40 ha achetée en 2011 en Côtes de Bordeaux. C’est un château construit sous Napoléon Ier par un ancien négociant de Bordeaux, Pierre Ladurantie. Un château qui a une véritable histoire, outre le négociant très connu à Bordeaux au XIXe, il effleure aussi l’histoire napoléonienne, et ça les Chinois en sont friands…

On a investi dans ce château tout d’abord pour son histoire, mais aussi pour la qualité de son vin et enfin pour un très bon rapport qualité prix pour notre groupe, » Lu Yankun directeur du château Lezongars.

Jusqu’ici les châteaux achetés valent quelques millions ou dizaines de millions d’euros. Les plus chers, beaux et prestigieux sont sans doute Bellefont-Belcier, cru classé de Saint-Emilion, château La Rivière en AOC Fronsac ou encore le château du Grand Mouëys à Capian.

Les acquéreurs sont des patrons grands groupes ou encore cette actrice chinoise Zhao Wei, intronsiée par la Jurade de Saint-Emilion en 2012, peu de temps après l’achat de château Monlot. C’est comme une « danseuse », il s’achètent ici une histoire, un bout de patrimoine de France, qu’ils ne vont pas rapporter en Chine mais dont il vont utiliser le nom ou la marque, et commercialiser les vins bien sûr en Asie.

Il y a aussi  ce milliardaire de Hong-Kong qui s’est offert le château Mylord à Grézillac dans l’Entre-Deux-Mers que nous montre encore Li Lijuan: on aime bien la « french style’s life » et la culture française. Ce Hong-Kongais possède 10000 bouteilles de grands crus classés, là il voulait passer au stade supérieur: s’offrir le château.

Li Lijuan devant le château Mylord vendu à un milliardaire de Hong-Kong © Jean-Pierre Stahl

Li Lijuan devant le château Mylord vendu à un milliardaire de Hong-Kong © Jean-Pierre Stahl

Acheter un vignoble, c’est pas cher…Pour 4 millions d’euros, tu peux avoir un domaine, alors qu’à Hong-Kong tu peux à peine espérer un petit appartement dans le Central de Hong-Kong », Li Lijuan agent immobilier chez Maxwell, Storrie, Baynes.

Les Chinois au début ont été charmés par des châteaux aux allures de contes de fée: ainsi avec Latour-Laguens à Saint-Martin-du-Puy. Des châteaux aussi avec tourelles comme Lagarosse ou encore les tours de Branda… Il faut que cela ressemble à un vrai château et pas ces maisons ou girondines qu’on appelle château dans la région de Bordeaux car devant ces bâtissent ils ne comprennent pas.

Jean-Baptiste Soula, régisseur du château Latour-Laguens © JPS

Jean-Baptiste Soula, régisseur du château Latour-Laguens © JPS

Si le château porte un nom évocateur comme Richelieu en AOC Fronsac, ou rappelle de plus grands châteaux, c’est tant mieux: ainsi de Latour…Laguens, Lafitte…Chenu, ils ont failli acheter Laffite…Laguens mais ce sont au final les frères Bonhur qui ont fait l’affaire.

C’est en 2008 que Daisy Cheng est tombée amoureuse de Latour-Laguens. Un vrai coup de foudre pour ce petit château un peu paumé mais qui dégage quelque chose. C’est Jean-Baptiste Soula, le régisseur, qui nous fait revisiter ce domaine où nous sommes déjà venu en 2010 et 2011. Les travaux titanesques qui avaient été lancés ont été fortement ralentis, voire stoppés par endroits. En effet, il a fallu d’abord restructurer le vignoble en piteux état: « on a du arracher et replanter un tiers du domaine… » confie le régisseur.

Dans le chai à barriques ainsi que sur les bouteilles, tout avait été fait pour rappeler l’histoire de France, avec notamment des reproductions de Napoléon Ier sur les bouteilles, sur les capsules et aussi le Napoléon à cheval peint par David sur les barriques…

D’une manière générale les achats de châteaux par les Chinois se sont traduits par des investissements et un maintien des emplois ou des embauches de personnels permettant de tirer les propriétés vers le haut.

 

Pour Laurent Gapenne, Président de la Fédération des Grands vins de Bordeaux: « on est ravi que les Chinois continuent de s’intéresser au vignoble bordelais, très heureux de ces investissements, Bordeaux s’est toujours construit avec des gens venant de l’extérieur, ça ne représente toujours qu’entre 1 et 2% des ha de vignes. »

Toutefois parmi tous ces châteaux achetés, une affaire a éclaté courant 2014, certains auraient été acquis avec des fonds publics chinois, une enquête est en cours. Une fois encore, une fois l’orage passé, les ventes reprendront de plus bel. C’est d’ailleurs le cas en 2015, après une brève accalmie en 2014;

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer 

Et pour aller plus loin: Laurence Lemaire qui a écrit cet ouvrage: Le Vin, le Rouge, la Chine