23 Mai

Affaire d’épandage près d’une école à Villeneuve-de-Blaye en Gironde: la Sepanso dépose plainte contre X…

La Sépanso en a la preuve. Les traitements de vigne réalisés le 5 mai à proximité de l’école primaire de Villeneuve seraient illégaux. Les conditions météo et la force du vent interdisaient tout traitement. 23 élèves et une institutrice ont été victimes de vertiges, nausées, certains nécessitant d’être pris en charge par les secours.

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Daniel Delestre, Président de la Sepanso Gironde, a déposé plainte ce matin avec son avocat François Ruffié © Jean-Pierre Stahl

L’affaire avait fait grand bruit la semaine dernière et continue d’avoir des répercussions avec Ségolène Royal qui a annoncé des mesures…Et ce n’est qu’un début. Une enquête administrative a été diligentée par la préfecture de la Gironde. Une enquête judiciaire, préliminaire, pourrait être ouverte très prochainement par le parquet de Libourne suite au dépôt de plainte contre X de la Sepanso.

Ainsi les faits rappelés dans la plainte sont les suivants: « Le 5 mai 2014, suite à un épandage de produit phytosanitaire (fongicide) sur les parcelles jouxtant l’école de Villeneuve-de-Baye en Gironde, vingt-trois écoliers des deux classes de la petite école primaire du village ainsi que l’institutrice ont été pris de malaises en fin de matinée.
Le directeur de l’école a rapporté au centre antipoison que la seule chose qu’il ait pu constater était le traitement depuis le matin, des vignes qui entourent l’école. D’ailleurs pour la responsable de la cellule veille, alerte et gestion sanitaire de l’Agence régionale de santé, l’épandage et les symptômes « semblent être liés, cela ne fait aucun doute ».

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L’école de Villeneuve-de-Blaye où les élèves et l’institutrice ont été intoxiqués © France Aquitaine

Par ailleurs, François Ruffié, avocat de la Sepanso (Association agréée au titre de la protection de l’environnement par arrêté de Mr le Préfet de la Gironde en date du 23 novembre 2012) rappelle que:

 » l’administration par un Arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits visés à l’article L253-1 du code rural a entendu encadrer les conditions d’utilisation de ces produits phytosanitaires. L’article 2 de cet arrêté dispose ainsi que :

« Quelle que soit l’évolution des conditions météorologiques durant l’utilisation des produits, des moyens appropriés doivent être mis en oeuvre pour éviter leur entraînement hors de la parcelle ou de la zone traitée.
Les produits ne peuvent être utilisés en pulvérisation ou poudrage que si le vent a un degré d’intensité inférieur ou égal à 3 sur l’échelle de Beaufort. »
Les vents de force 3 sur l’échelle de Beaufort correspondent à des vents de 12 à 19 km/h.
Or la station météo de Bordeaux-Mérignac a relevé dès dix heures du matin, le 5 mai 2014 des rafales de vent à plus de 20km/h. »

Pour Daniel Delestre, Président de la Sepanso Gironde: « ce jour-là, l’épandage a eu lieu dans des conditions de vent largement supérieures aux conditions autorisées. Il n’est pas normal que des gens risquent leur santé en vivant à côté de viticulteurs ou d’autres activités agricoles. Il est important d’alerter par un signal. »

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Relevés météo du 5 mai avec force du vent et rafales, déposés comme preuve auprès du parquet de Libourne

relevé météoEt Maître Ruffié de préciser que la station météorologique de Météo France à Mérignac a relevé à 10h une force du vent de 24,1 km/h, de 27,8 à 11h et 31,5 km/h à 12h, par rafales, et qui dépassent de facto la force 3 sur l’échelle de Beaufort

Quand les gens épandent à côté d’une école comme cela, là je dis stop ! », selon François Ruffié avocat de la Sépanso de la Gironde.

Et de rappeler qu’il s’agit là d’un délit puni jusqu’à 150 000 euros d’amende et jusqu’à 6 mois de prison.

 Interview de Daniel Delestre, le Président de la Sepanso Gironde sur le dépot de plainte contre X par Jean-Pierre Stahl et Guillaume Decaix

 

14 Mai

Traitements phyto-sanitaires dans la vigne: Préservez au moins les enfants !

Une polémique de plus et une de trop ! L’affaire a été révélée ce matin par Sud-Ouest: 23 élèves de primaire à Villeneuve, près de Bourg en Gironde auraient été intoxiqués par des traitements de la vigne. Un nouveau scandale, après des procédures lancées en justice et la « faute inexcusable » de l’employeur reconnue récemment pour une salariée viticole. Il est grand temps que des règles plus strictes soient prises.

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L’école et les vignes © France 3 Aquitaine

Révélée ce matin par nos confrères de Sud-Ouest, cette affaire de traitement pose une fois de plus la plume dans la plaie, comme dirait Albert Londres.

Les élèves, 23 au total, de 2 classes de primaire scolarisés à Villeneuve, près de Bourg-sur-Gironde, ont été pris de toux, de nausées et maux de tête. Ces enfants et une institutrice ont ressenti également des douleurs dans la gorge et la langue, des irritations des yeux ce lundi 5 mai en fin de matinée.

Le directeur de l’école a averti le médecin scolaire après le déjeuner car les symptômes s’accentuaient. Ce-dernier s’est mis en relation avec le centre anti-poison de Bordeaux à qui il aurait confirmé que les vignes toutes proches de l’école étaient traitées depuis le matin

Ma fille sentait le sulfate à plein nez, je connais l’odeur », raconte un père de famille qui travaille à la vigne depuis une vingtaine d’années. « Elle a été malade pendant deux jours, pourtant elle a l’habitude d’être dans la vigne. » selon l’interview réalisée par Sud-Ouest

Selon Sud-Ouest, le directeur de l’école avait pourtant appelé Madame le Maire de Villeneuve, qui est aussi propriétaire des vigne,s pour demander à stopper le traitement en journée. En Vain ! 

Les enfants ont été pris en charge par les pompiers l’après-midi, l’institutrice conduite aux urgences de Blaye. Des enfants se sont plaints jusqu’au lendemain de symptômes. Des analyses sont en cours, l’inspection d’Académie été saisie, ainsi que le sous-préfet de Blaye qui a suivi l’affaire dès le début.

Ce dernier rappelle qu’il existe des règles au sujet des épandages selon des conditions précises de météo. S’il y a eu contravention, il y aura sanction. Des parents pourraient également déposer plainte. 

13 Mai

La carte des champions du monde du lever de coude…(pas bien !)

La consommation d’alcool varie considérablement à travers le monde, il y en a qui ne boivent pas du tout, d’autres raisonnablement, et enfin bon nombre de personnes qui ne connaissent pas Mr Evin…mais les champions incontestés de la « picole » sont les Russes (pas bien vodka !)

Les Russes et leurs voisins boivent plus que presque tout le monde comme le montre cette carte  de l’Organisation mondiale de la Santé.

Le Portugal, la Grenade, et l’Andorre sont également classés dans la catégorie la plus élevée à plus de 12,5 litres par personne de plus de 15 ans en 2010.

L’OMS note dans son rapport que 48% de ceux inclus dans ces données de s’abstenir de boire complètement. Donc, si ces personnes ont été exclus, la consommation par habitant parmi ceux qui ne boivent serait encore plus élevée que ce qui est montré sur cette carte.

Les Canadiens boivent plus que les Américains, au rythme de la plupart des pays européens. La consommation d’alcool est faible en Afrique du Nord, mais la moitié sud du continent voit les taux de consommation plus élevés, en particulier l’Afrique du Sud et la Namibie.

 

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En France, depuis les années 60, la consommation qui reste en rouge a tendance à baisser : 56% consomment du vin, 23 %  des spiritueux, 19 % de la bière, alors qu’en Allemagne la majorité de la population à 54 % consomme plutôt de la bière.

La consommation d’alcool en Russie est une préoccupation majeure. Une étude récente  a révélé que le nombre élevé de décès prématurés en Russie pourrait être attribuée à des gens qui boivent trop. Comme causes de décès précoces seraient les maladies du foie, de l’intoxication alcoolique, et des accidents ou des bagarres en état ​​d’ébriété.

D’autres pays proches de la Russie, dont l’Ukraine et la Biélorussie, ont des niveaux de consommation d’alcool importants.

Le rapport de l’OMS relève que la région européenne ne contient que 14,7% de la population mondiale âgée de plus de 15, mais représente 25,7% de l’alcool total consommé dans le monde entier.

Cette carte tombe à pic, alors que des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont évalué à 37 millions le nombre de vies épargnées dans le monde d’ici 2025 si de véritables politiques de prévention ciblaient les facteurs de risques: ils préconisent ainsi de diminuer de 30 % la consommation de tabac et de sel, et de 10 % celle d’alcool au niveau mondial.

Source Business Insider
http://www.businessinsider.com/the-countries-that-drink-the-most-2014-5#ixzz31X8GbCAV

A lire Figaro Santé du 12 mai: 37 millions de décès évitables grâce à la prévention et celui de la RTBF

Pour être assez complet, Le Point précise que l’alcool fait 3,3 millions de morts par an selon l’ONU qui a lancé ce lundi un message d’alerte: l’alcool tue chaque année dans le monde 3,3 millions de personnes (1 décès sur 20), soit plus que le sida, la tuberculose et la violence réunis, a averti lundi l’ONU qui craint une aggravation de la situation. A méditer…

05 Mai

L’enquête qui dérange: des pesticides ont été retrouvés dans les cheveux d’enfants scolarisés à proximité d’exploitations agricoles et viticoles.

30 enfants ont participé à cette enquête inédite et ciblée. 53 pesticides suspectés d’être des Perturbateurs Endocriniens (PE) ont été recherchés, le résultat est éloquent: 21,52 résidus de pesticides PE ont été retrouvés en moyenne et par enfant.

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Une mère de famille s’inquiète pour la santé de ses enfants scolarisés a proximité d’une exploitation viticole © Olivier Prax

L’enquête vaut ce qu’elle vaut, mais prévient l’association « Générations Futures » qui l’a menée, elle n’a pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés. Elle porte sur l’analyse de cheveux d’une population restreinte et volontaire. Au moins, elle a le mérite de porter le débat sur la place publique.

Générations Futures est une association loi 1901, sans but lucratif et agréée par le Ministère de l’Ecologie. Cette association est spécialisée dans le question des pesticides, et en particulier sur les risques sanitaires et environnementaux associés à ces toxiques et sur les alternatives à leur utilisation. L’avant-propos étant ainsi posé, entrons dans le vif du sujet….

Générations Futures, dans son rapport EXPPERT 3, s’est intéressé à l’exposition des jeunes enfants vivant ou allant à l’école dans les zones agricoles. Un laboratoire indépendant a été mandaté pour effectuer des recherches sur une mèche de leurs cheveux. Les prélèvements, faits par leurs parents, ont été réalisés d’octobre à décembre 2013, et les analyses début 2014. 53 pesticides suspectés d’être des Perturbateurs Endocriniens (PE) ont été recherchés sur les cheveux de ces 30 enfants.

pesticidesLes résultats sont les suivants: 21,52 résidus de pesticides Perturbateurs Endocriniens ont été retrouvés en moyenne par enfant ; 639 picogramme/mg de cheveux par enfant ; 35 pesticides PE ou métabolites de pesticides sur 53 retrouvés au moins une fois soit 66,03% ; enfin 13 substances sur 53 retrouvées dans tous les échantillons dont de nombreux produits interdits en usage agricole. Certains étant en revanche autorisés pour des usages domestiques ou vétérinaires.

Cette « présence de plus de 21 substances pesticides PE en moyenne dans les cheveux analysés montre bien que dans la réalité nos enfants sont exposés à des cocktails importants de ces substances… », selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

Générations Futures rappelle qu’il est urgent d’agir dès aujourd’hui pour réduire l’exposition du public, et a fortiori des enfants, à ces substances PE, confortée dans sa démarche par l’adoption le 14 mars par le Parlement Européen du rapport Westlund sur la protection de la santé publique contre les perturbateurs endocriniens. La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a présenté par ailleurs une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) visant à « protéger davantage la santé des Français et mieux anticiper les risques ».

Concernant le monde viticole pour être tout-à-fait juste, sur les 30 enfants et leurs parents volontaires, l’enquête porte au final sur 13 enfants résidant à proximité ou étant scolarisé à proximité d’une exploitation.

30 % des enfants étaient scolarisés dans une école à moins de 50 m d’une zone agricole pulvérisée par les pesticides. Pour les 70% restant, l’école est située à moins d’1 km de tels lieux. 63 % des enfants ont leur résidence principale à moins de 50 m d’une zone pulvérisée. Les 36 % restant se situent à moins de 200 m de telles zones.

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Bernard Farges, le Président du CIVB © Bernard Hostein-Aris

 Tous les producteurs en France utilisent des produits qui sont homologués par les pouvoirs publics et ne peuvent utiliser que ceux-là car il n’y a que ceux-là sur le marché. Si les pouvoirs publics doivent modifier les règles d’utilisation, nous appliquerons les règles qui nous seront imposées », selon Bernard Farges, Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB)

Toutefois, il précise que « l’analyse n’est pas scientifique », comme le soulignaient les auteurs de l’étude. Il précise que « la vigne est une plante très fragile » (on l’a vu avec les ravages du phylloxéra). « Elle est sujette au maladies. Même les viticulteurs bio utilisent des produits pour la protéger. Par ailleurs, les conditions sont ensuite décrites sur chaque produit et les producteurs sont de mieux en mieux formés ».

Rappelons pour terminer qu’une salarié viticole a obtenu gain de cause pour avoir inhalé des pesticides. La faute inexcusable de son employeur a été reconnue par la Cour d’Appel de Bordeaux.

Reportage de Jean-François Gea, Olivier Prax, Jean-Pierre Stahl et Bernard Hostein-Aris

12 Avr

Peste soit des pesticides

La faute inexcusable d’un employeur viticole vient d’être reconnue en Gironde selon le Monde. Une affaire qui risque de faire jurisprudence. Une salariée d’un château bordelais, victime d’intoxication aux pesticides en juin 2007, sort victorieuse d’une longue lutte judiciaire de 7 années.

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Utilisation de pesticides dans les rangs de vignes en Gironde @ France 3 Aquitaine

C’est une victoire pour les opposants aux pesticides.  Sylvie, salariée dans un domaine viticole en Gironde a été intoxiquée par une pulvérisation de pesticides. Au terme d’une longue procédure judiciaire, elle a obtenu la reconnaissance de la « faute inexcusable de son employeur ».

Les faits se sont passés en Dordogne en août 2007; Sylvie vient à travailler sur des vignes traitées la veille avec deux produits phytosanitaires reconnus comme irritants, le Cabrio Top et le Clameur.

Souffrant de maux de tête, de vertiges et de grosses fatigues, la salariée, alors en contrat à durée déterminée, fait reconnaître qu’elle est victime d’un accident du travail, en août 2007, et bénéficie d’un arrêt de travail qui va durer jusqu’au 25 mai 2010.

Alors qu’un premier jugement du TASS de Bordeaux, Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale, l’avait déboutée en février 2012 expliquant que « la cause exacte à l’origine des troubles n’est pas démontrée », la Cour d’Appel de Bordeaux vient infirmer ce jugement attendu que « l’utilisation de produits précités, à  savoir le Clameur et le Cabrio Top, classifiés irritants, permet d’établir que l’employeur avait nécessairement conscience du danger auquel ses salariés pouvaient être exposés »

Le 10 avril, Stéphane Cottineau avocat de la victime a appris qu’il y avait un « désistement total de l’entreprise, qui ne va plus en cassation ». La responsabilité de l’employeur  est donc reconnue. « Il est probable qu’ils n’aient pas souhaité prendre le risque d’une décision de la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, estime l’avocat. Cela aurait fait du bruit et cela risquait de fixer la jurisprudence, de faire un précédent. »

L’année dernière, 60 000 tonnes de pesticides auraient été utilisées. Les fabricants assurent de l’innocuité des produits…pas si sûr.

Le frère de Marie-Lys Bibeyran est décédé en 2009 d’une forme rare de cancer. Sa vie durant, il a pulvérisé des produits chimiques dans les vignes. Sa soeur est persuadée du lien de causalité.  Elle se bat aujourd’hui pour faire reconnaître le statut de maladie professionnelle.

La Mutuelle Sociale Agricole estime pour sa part que seuls 5 % des cancers seraient liés aux pesticides.

Reportage de Jean-François Gea et Didier Bonnet

07 Avr

Seul contre tous, Emmanuel Giboulot, le vigneron bourguignon récalcitrant est reconnu coupable

Le jugement est tombé en ce début d’après-midi en Côte d’Or. Le tribunal correctionnel de Dijon condamne Emmanuel Giboulot à 1000 euros d’amende dont 500 assortis du sursis. Il est reconnu coupable de ne pas s’être conformé à un arrêté qui l’obligeait à traiter ses vignes. Présent à l’audience, et malgré le soutien encore de 120 personnes à l’extérieur du palais, Emmanuel Giboulot ne baisse pas les bras et compte bien faire appel.

Emmanuel Giboulot © Jeff Pachoud Agence France Presse

Emmanuel Giboulot vient de recevoir le jugement à 13h30 comme un coup sur la tête…Il était poursuivi pour n’avoir pas traité ses vignes contre la flavescence dorée.

« Je ne me sens pas du tout coupable, c’est intolérable aujourd’hui d’être obligé de se masquer, d’être dans la peur quand on assume une position », a déclaré à la
presse Emmanuel Giboulot à l’issue du délibéré. Le viticulteur a annoncé son intention de faire appel. Il encourait six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

Le jugement est conforme aux réquisitions du ministère public puisqu’ à l’audience du 24 février dernier, le procureur avait requis une amende de 1 000 euros, pour moitié avec sursis contre Emmanuel Giboulot, qui exploite dix hectares en Côte-de-Beaune et Haute-Côte-de-Nuits en biodynamie.

Le parquet avait dénoncé le non-respect, « par choix idéologique », de l’arrêté préfectoral imposant de traiter, en 2013, les vignes de Côte-d’Or contre une maladie qui peut décimer le vignoble.

Alors que l’avocat d’Emmaneul Giboulot, Maître Benoist Busson, avait plaidé lui au contraire la relaxe, dénonçant le principe de précaution « complètement dévoyé ».

La flavescence dorée serait apparue en 1949 en Armagnac et touche désormais une bonne partie du vignoble en France. Elle s’est énormément développée depuis une dizaine d’années. Un important foyer avait été découvert en Saône-et-Loire en 2011, entraînant en Bourgogne l’arrachage de 11 hectares de vignes en 2012 puis 0,2 ha en 2013.

Emmanuel Giboulot avait été soutenu le 24 février dernier par 500 personnes à l’extérieur du tribunal de grande instance de Dijon ©

Mais le vigneron avait subi les foudres de l’interprofession et même d’une partie de la filière bio – pour qui l’affaire donnait une mauvaise image de la Bourgogne.

Les mesures de traitement avaient été prises « en accord total avec la profession, y compris la filière bio » avait précisé le directeur régional de l’Alimentation et de l’agriculture, Jean-Roch Gaillet.

« Dans les communes voisines, à Pommard, à Volnay, à Saint-Aubin, à Meursault, on a trouvé de la flavescence dorée » et « il n’y a que Giboulot qui n’ait pas traité. Ce qui compte, c’est qu’il y ait une condamnation », avait estimé Jean-Roch Gaillet au moment du procès.

Les explications de Michel Gillot avec :

  • Emmanuel Giboulot, viticulteur à Beaune
  • Jean-Michel Aubinel, président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne / 21 février 2014
  • Jean-Marie Chaland, viticulteur à Viré (Saône-et-Loire) / 3 mai 2013
  • Conférence de presse du BIVB  / 21 février 2014

Pourquoi Emmanuel Giboulot refuse-t-il de traiter ses vignes ?

Emmanuel Giboulot exploite dix hectares en biodynamie en Côte-de-Beaune et Haute-Côte-de-Nuits, deux appellations prestigieuses de vins de Bourgogne.

Il est opposé au « traitement systématique » des vignes. Il a aussi exclu d’utiliser des insecticides naturels comme la pyréthrine, qui selon lui « ne sont pas inoffensifs » et « détruisent la faune auxiliaire ». Pour le vigneron, tous ces traitements vont à l’encontre des « équilibres biologiques », principe fondamental de la biodynamie qu’il applique depuis les années 1970.

 

 

14 Mar

Exportations des vins de Bordeaux: la Chine chute…

Une baisse substantielle de – 16 % en volume vers la Chine et – 23 % vers Hong Kong plombe le bilan dressé, hier à Paris par le CIVB, de l’export des vins de Bordeaux: – 2 % en volume et – 6 % en valeur.

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La baisse du marché chinois vue par DIVA et Jean-Pierre Rousseau, directeur associé @ Thierry Julien – France 3 Aquitaine

« Le marché chinois a besoin de souffler », selon Bernard Farges le Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, qui confirme que « le marché avait une progression exponentielle depuis 2005″

L’exemple le plus flagrant, c’est celui de D.I.V.A.la maison de négoce bordelaise, désormais sous pavillon chinois (détenue à 70 % par un Chinois). Jean-Pierre Rousseau, directeur associé, avoue avoir enregistré une baisse de 50 % du chiffre d’affaire vers la Chine l’an dernier. (Fort heureusement, la part du marché export en Chine a été ramenée chez DIVA de 70 à 30 %).

Les explications sont simples et données par Jean-Pierre Rousseau avec son oeil d’expert: «  Il y a eu un engouement en Chine énorme, ça a été un raz-de-marée. Comme on dit les arbres ne montent pas au ciel, mail là ils sont allés très très haut, ils ont dépassés les gratte-ciels les plus hauts de  Poudong, le quartier d’affaire de Shangaï. La vague retombe c’est relativement logique. »

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Les dirigeants chinois ne peuvent plus offrir en cadeaux des coffrets de luxe de grands crus classés, leur gouvernement leur interdit © France 3 Aquitaine, lors de Vinexpo 2013

Il faut dire que le gouvernement chinois a freiné tout net la politique et la culture de cadeaux de grand luxe et notamment de crus classés, en particulier chez les fonctionnaires et ceux qui dépendent de l’Etat.

Grâce au marché Chinois, qui a enregistré des progressions jusqu’à 3 chiffres, le marché des vins de Bordeaux a pu rester à flots et se revigorer après la crise financière de 2008.

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Allan Sichel vice-président du CIVB et Président de la Fédération des Négociants en Vins de Bordeaux © Thrierry Julien- France 3 Aquitaine

Bordeaux exporte 25 % de ses volumes sur la Chine, ça représente un volume conséquent et c’est important qu’on ait plutôt une diffusion mondiale. Justement, il serait dangereux d’être beaucoup plus dépendant que cela de la Chine ! » selon Allan Sichel Vice-Président du CIVB.

Christophe Reboul Salze, Président the « Wine Merchant », enfonce le clou: « ça correspond à des exportations de vins qu’on a vendu, il y a une an, deux ans, avec le système de primeurs. Ce qu’il y a de certain, c’est que la baisse de commandes sur le marché actuel est supérieure à 50%

Pour ce dirigeant d’une grande maison de négoce à Artigues-près-Bordeaux qui a exporté jusqu’à 50% en Chine de 2009 à 2011:  » ils se retrouvent avec beaucoup de stocks et il y a beaucoup moins d’intérêt en ce moment. Il va leur falloir du temps pour digérer ces stocks. Ensuite, ça va redémarrer sur des bases plus saines, avec des gens mieux formés et des sociétés mieux capitalisées, plus spécialisées, je pense. »

« Seul point positif, les volumes expédiés vers l’Union Européenne sont en hausse de 5 % (1,03 Mhl) (mais baisse de 6 % en valeur). Vers l’Asie et l’Amérique du Nord, le repli est de 7 % en volume et 6 % en valeur.

En France, la baisse des ventes dans la grande distribution où 1 bouteille sur 2 est achetée, continue avec 190 millions de bouteilles (-3 %) pour un chiffre d’affaire de 906 millions d’euros (-1%).

L’année 2013 a vu l’inversion du ratio de stocks, amplifiée par une faible récolte 2013 estimée à 3.87 millions d’hectolitres (-27 % par rapport à 2012).

C’est surtout un choc brutal pour ceux qui n’ont pas de stock, d’autant qu’il y a en ce moment une remontée des cours de l’ordre de 25 % avec un tonneau vendu 1250 euros.

(Source bilan chiffré par le CIVB)

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien.

Interviews de Jean-Pierre Rousseau co-associé de DIVA et Allan Sichel, Vice-Président du CIVB.

Regardez l’interview de Christophe Reboul Salze, Président de « the Wine Merchant »

 

21 Fév

Même une soft Neknomination ne vaut pas Smartnomination

 Le bar de Bordeaux qui avait été nominé et averti par la préfecture de ne pas faire dans le « déjanté » a maintenu sa « Neknomination party » ce jeudi soir, mais épurée et c’est tant mieux. Rien ne vaut somme toute, une dégustation de grands crus de Bordeaux, de Bourgogne et même d’autres petites perles de vins tranquilles…comme les jeunes !

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Le lever de coude, un sport national mais pas seulement. Attention en Irlande et en Grande-Bretagne, 5 jeunes sont décédés en une semaine. © Michel Vouzelaud France 3 Aquitaine

 Pour aller plus loin, lire les articles sur la Smartnomination:

Smartnomination contre Neknomination

Un bar de Bordeaux nominé par la préfecture…à ne pas inciter à l’alcoolisation folle des jeunes

 Regardez le reportage de Jean-Claude Lacoste et Michel Vouzelaud 

 

Un vigneron bientôt en prison pour avoir refusé d’utiliser des pesticides ?

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Emmanuel Giboulot, vigneron en Côte d’Or

 

Un vigneron bio bourguignon a été inquiété pour avoir refusé d’utiliser sur ordre de la préfecture des pesticides. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel ce lundi 24 février.

 Il s’appelle Emmanuel Giboulot. Il est viticulteur en Côte d’Or en Bourgogne où il exploite 10 hectares en agriculture biologique et biodynamique depuis plus de 30 ans.

Regardez le reportage de France 3 Bourgogne

 

Son erreur ? Avoir refuser de traiter sa vigne avec un dangereux pesticide par épandage qui détruit les abeilles alors que la préfecture de Côte d’Or avait pris un arrêté pour combattre un insecte qui proliférait. Il risque jusqu’à 6 mois de prison et 30 000 euros d’amende.

Après avoir été placé en garde à vue, lundi 24, il va devoir répondre de son refus devant le tribunal correctionnel de Dijon.

Ecoutez son témoignage…

 

 

20 Fév

« Bien mal acquis ne profite jamais ! »

Un négociant varois peu scrupuleux a vu en une vieille dame de 84 ans « la poule aux oeufs d’or » ! Il a voulu « la plumer » en l’incitant à lui commander des bouteilles de vin pour un montant total de près de 10.000 euros en six mois. Bref un escroc qui faisait une culbute terrible en la poussant à la consommation, il a été mis hors d’état de nuire par la gendarmerie.

Voyant dans cette octogénaire demeurant à Sisteron dans les Alpes-de-Haute-Provence une cible de choix ou encore une proie facile, le marchand de vin, qui l’avait démarchée par téléphone, faisait signer une nouvelle commande à chacune de ses visites, « toutes les deux ou trois semaines », a précisé la même source.

Non content de fournir à sa cliente bien plus que sa consommation, le commerçant de la région de Brignoles faisait payer les bouteilles au prix fort. Pour ces achats en gros, la cliente payait par exemple 36 euros pour un Bordeaux normalement vendu 5,50 euros, selon la gendarmerie. Ben, voyons !

C’est l’auxiliaire de vie de la vieille dame qui a découvert un stock de 180 bouteilles. Aussitôt, elle a dénoncé les faits à la mairie. Interpellé le 14 février par les gendarmes lors d’une de ses tournées, l’escroc présumé sera jugé le 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains, pour abus de faiblesse ou de l’ignorance d’une personne démarchée. Pour l’heure, les bouteilles  sont encore dans la cave de la pauvre dame.

Source AFP

PS: « shame on you ! »