27 Déc

Constat d’échec pour Ecophyto, un nouveau plan nécessaire pour réduire les pesticides

C’est l’échec: le plan Ecophyto de réduction de l’usage des pesticides lancé par le Grenelle de l’environnement en 2008 s’est avéré incapable d’inverser la dépendance de l’agriculture française à la chimie, malgré une vraie demande de la société.

Traitement de la vigne par des pesticides © France 3

Traitement de la vigne par des pesticides © France 3

Face au constat d’un rapport parlementaire présenté mardi au Premier ministre, qui préconise une refonte des politiques publiques et de la recherche autour de cet objectif, Manuel Valls a aussitôt demandé « un nouveau plan de réduction de l’utilisation des pesticides en France » à ses ministres de l’Ecologie Ségolène Royal et de l’Agriculture Stéphane Le Foll.

« Six ans après son démarrage fin 2008, le plan n’a pas eu les résultats espérés puisque les indicateurs de suivi (…) ne montrent pas de tendance à la baisse », conclut la mission pilotée par le député PS de Meurthe-et-Moselle, Dominique Potier, à la demande du chef de gouvernement.

Le Plan Ecophyto visait à diviser de moitié, « si possible », l’usage des produits phytosanitaires aussi bien en zone agricole qu’en ville et dans les jardins.

Or le bilan 2013 publié lundi par le ministère de l’Agriculture a montré un usage en hausse de plus de 9% pour l’année, en raison de conditions climatiques difficiles il est vrai, et de 5% en moyenne entre 2009 et 2013.

« Pendant ses six premières années, le Plan a créé les conditions nécessaires mais non suffisantes pour atteindre ses objectifs », note la mission. « La dynamique collective n’a pas encore diffusé au-delà des réseaux de praticiens pionniers alors même que des succès probants commencent à être enregistrés ». « Et pourtant, la révolution culturelle est en marche » affirme l’auteur principal du rapport, Dominique Potier, lui-même agriculteur certifié bio depuis 1998. « On la sent chez les consommateurs autant que chez les producteurs, qui ne supportent plus d’être perçus comme des pollueurs. Et aussi pour des raisons de marché » explique-t-il à l’AFP.

« Les cahiers de charges sont de plus en plus exigeants. Mais il est difficile de trouver la bonne voie: il faut donc maintenir les outils et en inventer de nouveaux ».

Son rapport préconise de « restructurer » le plan Ecophyto autour de six axes (et 68 propositions), dont un effort « considérable » de recherche et d’innovation car, malgré « une incontestable mobilisation » de la communauté scientifique, celle-ci est « trop récente pour combler le retard scientifique qu’a induit le recours prédominant à une protection chimique ».

« Je vois quatre domaines prioritaires » énumère Dominique Potier au téléphone: opter pour des variétés plus résistantes; développer le biocontrôle (insectes, plantes, algues) qui doit pouvoir atteindre au moins 15% (des surfaces traitées) contre quelques % aujourd’hui dit-il; soutenir la modernisation de l’agroéquipement et des équipements de pointe: « ils permettent d’économiser jusqu’à 30% des pulvérisations ». « Mais surtout, la première mesure c’est l’agronomie, la diversité des cultures et la rotation ».

Dégâts vignes médoc 056

Chez les responsables de la FDSEA Gironde, Patrick Vasseur viticulteur lui-même, réagit: les viticulteurs estiment qu’ils font des efforts depuis le début des années 2000 pour réduire les traitements de la vigne mais ils expliquent que les pesticides restent indispensables. La météo pluvieuse des derniers printemps expliquerait selon eux la hausse des pesticides.

Avant les années 2000 on traitait systématiquement tous les 15 jours. Aujourd’hui on possède des outils informatiques qui nous permettent de réduire ces traitements en fonction des besoins de la vigne mais on ne peut pas faire un bon vin sans pesticides. C’est impossible. » Patrick Vasseur, président de la FDSEA 33 et viticulteur

La mission suggère de réorienter les politiques publiques. En l’état, « le plan n’a pas d’emprise sur les leviers majeurs de l’usage des pesticides que constituent le choix des cultures, des systèmes de culture et de gestion de l’espace« , estime le rapport.

Même la nouvelle Politique agricole commune de l’Europe, la PAC qui entre en vigueur en 2015, est « trop timide« . La France est le premier consommateur des 28 pays européens enpesticides – elle fait aussi valoir qu’elle a première surface agricole. Mais trois cultures sont spécialement consommatrices: dans l’ordre, la vigne, le blé et le colza. « La vigne et l’arboriculture représentent 5% des surfaces agricoles… mais 20% des phytosanitaires employés » remarque M. Potier.

Le député parie pourtant sur « le réinvestissement dans une agriculture de qualité. On sent une appétence pour cette mutation: on a échoué, mais on peut réussir ».

Optimisme partagé par Stéphane Le Foll: « Certains ont déjà réduit leur recoursaux pesticides. Toutes les exploitations peuvent le faire, à condition qu’on diffuse les bonnes pratiques » a-t-il dit sur France Inter. « Mais ça ne sera fera pas d’un claquement de doigts ».

Les écologistes d’Aquitaine dénoncent le recours trop fréquent des pesticides en viticulture: il faudrait taxer davantage pour diminuer l’utilisation selon Stéphane Saubusse, secrétaire régional d’Europe Ecologie Les Verts:

« Il y a une urgence. On voit apparaître des cancers et des maladies causées par la surconsommation de pesticides. Pourquoi ne pas taxer ces produits comme on taxe le tabac ou l’alcool ? » Stéphane Saubusse, Europe Ecologie Les Verts d’Aquitaine

Ségolène Royal a pour sa part annoncé le lancement d’« une campagne de surveillance des pesticides dans l’air« , et son intention de « multiplier par 10 le nombre d’agriculteurs formés » aux méthodes alternatives à ces substances.

Avec AFP et France Bleu Gironde

09 Déc

Cette année, les voleurs ont fait leurs emplettes de Noël en Côte-Rôtie

Ca sent le roussi en Côte-Rôtie. Dans cette formidable appellation de la région Rhône-Alpes, d’infames malfaiteurs ont subtilisé 1800 bouteilles du Domaine Garon dans la nuit de dimanche à lundi à Ampuis dans l’un des crus les plus prestigieux de la vallée du Rhône.

Le domaine Garon en AOC Côte-Rôtie

Les 1800 bouteilles de vin étaient prêtes à être expédiées aux clients dès lundi.

Le vol s’est produit dans un entrepôt du domaine dont la porte a été forcée. Le ou les voleurs ont enlevé les films qui protégeaient les cartons de bouteilles, disposés sur des palettes, et sont repartis avec, selon la gendarmerie. Les propriétaires ont découvert le vol au petit matin. Le préjudice est en cours de chiffrage et pourrait être important.

Le petit domaine de près de cinq hectares est situé sur la commune d’Ampuis. La famille Garon est ancrée au cœur du vignoble depuis le 15e siècle. Le domaine Garon est implanté uniquement en côte-rôtie. L’exploitation associe depuis 2003 Kevin et Fabien Garon à leurs parents, Jean-François et Carmen. Leur cuvée « Les Triotes » est la  cuvée emblématique du domaine. 

Les bouteilles dérobées sont, en majorité, des bouteilles de Côte-Rôtie millésime 2012. Certaines de ces bouteilles de vin peuvent être vendues jusqu’à 62 euros l’unité dans le commerce. Une enquête est en cours. 

Avec France 3 Rhône Alpes.

05 Déc

Les producteurs de Sauternes et Barsac « vent debout » contre le tracé de la LGV

Ce matin à 11h à la salle des fêtes de Sauternes, les vignerons vont tenir un siège et une conférence de presse pour dénoncer le projet de LGV qui risque d’impacter très fortement le Ciron, ce cour d’eau qui favorise le développement du botrytis nécessaire pour faire les vins liquoreux. L’AOC est selon eux en péril !

La formation du botrytis menacée par la LGV © Jean-PierreStahl

La formation du botrytis menacée par la LGV © Jean-Pierre Stahl

Le Sauternes menacé par le TGV ? Les producteurs des grands vins liquoreux de Bordeaux et des élus locaux redoutent que la future ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Dax ne perturbe le fragile micro-climat permettant la fabrication de ces vins uniques au monde, une charge farouchement contrée par RFF.

Nous appelons tous les défenseurs des vins liquoreux à faire part de leur mécontentement », Philippe Dejean, président de l’Union des vins liquoreux de Bordeaux.

Ce groupement réunit onze AOC, dont la plus prestigieuse, celle des Sauternes et Barsac qui compte une trentaine de grands crus classés 1855, parmi eux Yquem.

Certes, la ligne ferroviaire prévue pour 2027 ne passerait pas directement sur les terres de ces AOC mondialement connues. Mais elle traverserait la zone humide de la vallée de la rivière Ciron, classée Natura 2000, au risque de dérégler son micro-climat si particulier, avertit M. Dejean, qui se dit « très inquiet ».

Jean-Guy Méric, propriétaire du château Bel Air en Sainte-Croix du Mont avec son oenologue Estelle Dessup © Jean-Pierre Stahl

Jean-Guy Méric, propriétaire du château Bel Air en AOC Sainte-Croix du Mont avec son oenologue Estelle Dessup © Jean-Pierre Stahl

Les liquoreux de Bordeaux, expliquent les viticulteurs, ne doivent en effet leur existence qu’à une brume matinale générée par les eaux froides du Ciron – « à température de la terre » – qui se réchauffent en arrivant sur la plaine de Sauternes. Et c’est ce brouillard qui permet l’apparition sur les grappes d’un champignon, le botrytis, qui va « confire » les grappes, donnant au jus de raisin son arôme spécifique.

« C’est ça, le moteur de nos AOC! », insiste Xavier Planty, président de l’organisme de défense et de gestion de Sauternes. « Si les eaux du Ciron se réchauffent, la formation du brouillard sera plus compliquée. On ne peut pas prendre le risque de tout foutre en l’air ».

Outre les risques potentiels pour les vignobles, d’autres voix s’élèvent pour dénoncer l’impact qu’aurait la LGV sur l’environnement et ce paysage du Sud-Gironde.Pour le syndicat d’aménagement mixte du bassin versant du Ciron, « l’un des secteurs les plus préservés abritant de nombreuses espèces protégées » va se retrouver « enclavé par les voies », et « défiguré » par des franchissements « dont trois viaducs ».

L’étude de faisabilité du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), comprenant les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, a été confirmée par l’Etat à l’automne 2013.

Regardez le reportage de Candice Olivari et de Thierry Julien tourné ce vendredi matin dans le Sauternais

Réseau Ferré de France (RFF), opérateur du projet, rappelle que le projet « résulte d’une longue démarche d’études et de concertation » à partir des débats publics de 2005-2006, et que les enjeux avaient été identifiés avec les acteurs « dont ceux des secteurs viticoles ».

A la fois pour des raisons d’éloignement du tracé (à 10 km du vignoble de Sauternes) et de dimensionnement des ouvrages, le projet de ligne « n’est pas susceptible d’entraîner un impact » sur la basse vallée du Ciron, notamment sur le vignoble de Sauternes et Barsac. Et il « n’aura pas d’effet sur sa climatologie« , affirme RFF.

© Gilles Savary le député du secteur ne veut pas voir cette LGV menacer les vins liquoreux

Ces assurances peinent à convaincre les détracteurs, « tous les petits élus, les associations de défense de l’environnement, les sylviculteurs, les chasseurs, les viticulteurs », détaille le député PS de la Gironde, Gilles Savary, qui y voit « une opposition autrement plus représentative que celle du barrage de Sivens », dans le Tarn. Pour M. Savary, opposant de longue date à la LGV, le tracé « tape dans l’îlot de diversité le plus précieux de la forêt d’Aquitaine, à la biodiversité remarquable », « une provocation » selon lui. Pour le député, membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, il serait bien plus judicieux de réhabiliter les voies ferroviaires existantes pour « sortir Toulouse de son enclavement » et « aller le plus tôt possible jusqu’en Espagne », mais « avec des trains circulant à 250 km/h, et non à 340 km/h » sur des lignes nouvelles.

Au terme de l’enquête publique, un rapport de synthèse sera remis au Conseil d’État qui émettra un avis que le gouvernement pourra suivre ou non. Mais les viticulteurs envisagent déjà de « saisir la Cour de justice européenne ».

Le Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux a demandé lui aussi « des éclaircissements » à RFF et « une véritable enquête menée sans a priori ».

Car « aujourd’hui rien n’existe » quant à l’impact des travaux sur les Sauternes, souligne son président, Bernard Farges.

Avec Agence France Presse.

03 Déc

Exclu : les vignerons de Sauternes et Barsac menacés se mobilisent vendredi contre la LGV

C’est un cri d’horreur des vignerons de Sauternes et Barsac: leur appellation pourrait disparaître à cause du tracé de LGV qui impacterait le Ciron, cour d’eau qui favorise le botrytis. Le développement de cette pourriture noble, si caractéristique des liquoreux, serait menacé !

Le célèbre château d'Yquem, 1er cru classé de Sauternes, menacé par la LGV ? © Jean-Pierre Stahl

Le célèbre château d’Yquem, 1er cru classé de Sauternes, menacé par la LGV ? © Jean-Pierre Stahl

Branle-bas de combat ! Dans le Sauternais rien ne va plus…Le tracé de LGV décidé par RFF (Réseau Ferré de France) impacterait de prime abord le Ciron, menaçant le développement de botrytis et à terme la production de vins de Sauternes, selon une étude dont le syndicat des Sauternes et Barsac a eu connaissance.

Les vignerons de Sauternes et Barsac sont désormais vent debout contre la LGV et feront une conférence de presse vendredi 5 décembre à 11h à la salle des fêtes de Sauternes (place de la Mairie).

Ils vont expliquer que ce projet non seulement est une menace pour la zone Natura 2000, mais surtout que le tracé coupe en 3 endroits le Ciron, ce cour d’eau si bénéfique qui apporte brume et humidité pour le développement du botrytis dans le Sauternais.

Cela mettrait en péril les 170 propriétés que comptent Sauternes et Barsac annonce le syndicat.

Reportage Jean-Pierre Stahl et Didier Bonnet sur les vendanges 2013 à Sauternes  (intervenants: Vincent Labergere, directeur technique adjoint CA Grands Crus, Francis Mayeur directeur technique château d’Yquem, Xavier Perromat, propriétaire du château de Cérons).

06 Nov

Une coupe pour les petits vendangeurs: vers la fin des exonérations de charges sociales pour les 315000 contrats vendanges

Ce fut un véritable bras-de-fer à l’Assemblée sur la modification du « contrat vendange ». La suppression de l’exonération des charges sociales risque d’avoir des conséquences facheuses.

102 vendangeurs  au au château Guiraud, 1er cru classé de Sauternes certifié Bio en 2011.

102 vendangeurs au château Guiraud, 1er cru classé de Sauternes fin septembre

Un long bras-de-fer autour de la suppression d’exonérations sociales pour les salariés en « contrat vendange » a opposé jeudi le gouvernement et nombre de députés, surtout de droite et quelques-uns de gauche, mais la mesure a été finalement maintenue.

En baisse de 4,1%, l’ensemble des quelque 4,7 milliards d’euros de crédits de la mission Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales ont été adoptés. Les socialistes, radicaux de gauche et écologistes les ont soutenus, la droite et le Front de Gauche les ont rejetés.

Principale pomme de discorde du débat, l’article 47 prévoyant d’exclure les entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers du champ d’application du dispositif d’exonération en faveur de l’emploi saisonnier agricole. L’article met aussi fin à l’exonération de cotisations sociales dont bénéficient les salariés embauchés en « contrat vendange ».

La mesure, par laquelle le gouvernement entend notamment lutter contre un effet d’aubaine, représente une économie de près de 17 millions d’euros pour l’Etat.

Chaque année, environ 315.000 « contrats vendange » sont conclus.

Relayant les protestations du secteur viticole, une série de députés UMP, UDI, FN mais aussi radicaux de gauche, souvent de circonscriptions avec des vignobles (Marne, Bas-Rhin, Yonne, Aube, Aisne, Vaucluse…), se sont succédé pour défendre des amendements de suppression de tout ou partie de l’article contesté.

Votés par les commissions des Finances et des Affaires économiques, ces amendements ont été rejetés dans l’hémicycle par 22 voix contre 18.

Premier angle d’attaque, exprimé notamment par le rapporteur spécial Charles de Courson (UDI): le pouvoir d’achat de « citoyens modestes », étudiants, chômeurs ou retraités complétant leurs revenus grâce aux vendanges sera amputé de plus de 52 euros en moyenne par personne, sur une rémunération mensuelle de 650 euros.

Deuxième critique majeure: la suppression de ces exonérations va rendre moins attractive l’activité de vendange pour les Français et accentuer le recours à de la main d’oeuvre étrangère. Un « message socialement dévastateur », a jugé le député PS de Gironde Gilles Savary, préférant s’abstenir et « ne pas mettre en difficulté le gouvernement ».

Autre argument des détracteurs: la mécanisation des vendanges va être accrue. « Vous serez le fossoyeur de la qualité des raisins », a lancé Philippe Armand-Martin (UMP).

Cette mesure « va coller aux doigts comme la suppression des heures supplémentaires défiscalisées », a affirmé le radical de gauche Jacques Krabal.

Autant d’arguments contestés par le ministre de l’Agriculture: « le « contrat vendange » n’est pas remis en cause, seulement l’exonération de cotisation sociale des salariés » et les entreprises viticoles vont bénéficier de 60 millions d’euros d’exonérations supplémentaires en 2015 et voir le coût du travail baisser? notamment grâce au Pacte de responsabilité », a assuré Stéphane Le Foll.

« Ne faites pas croire qu’on remettrait en cause la qualité du vin ni notre capacité à exporter », s’est-il écrié. Selon lui, les Français modestes pourront bénéficier de la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu.

A l’UMP, le ministre a reproché son incohérence, vu sa saisine du Conseil constitutionnel l’été dernier sur une exonération de cotisations sociales devant bénéficier à « tous les salariés ».

L’écologiste Brigitte Allain, agricultrice, et dont la circonscription en Dordogne comprend le Monbazillac, s’est dite convaincue que les appellations interdisant la mécanisation n’allaient pas y venir malgré cette mesure.

Agence France Presse

10 Oct

Parkinson liée aux pesticides: les agriculteurs minimisent encore le danger

A quand une véritable prise de conscience des agriculteurs, viticulteurs, pouvoirs publics concernant les ravages des pesticides. Côté Châteaux vous propose cet article publié aujourd’hui par un de ses confrères de l’Agence France Presse pour réfléchir sur les conséquences pour la santé et le déclenchement de la maladie de Parkinson.

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © Jean-Pierre Stahl

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © Jean-Pierre Stahl

La France, premier utilisateur de pesticides en Europe, reconnaît depuis deux ans qu’une exposition prolongée aux produits phytosanitaires peut provoquer la maladie de Parkinson: un risque que ses agriculteurs minimisent tant qu’ils ne sont pas touchés.

Il y a neuf ans, le jour de son 54e anniversaire, Alain Moles apprenait qu’il était atteint de la maladie neurodégénérative de Parkinson, une « belle saloperie » que son père avait eue avant lui.  Dans la campagne idyllique du Quercy, tous deux étaient agriculteurs et traitaient les arbres fruitiers comme les vignes.
Aujourd’hui, Alain Moles a 63 ans et ne se déplace plus qu’au volant de sa camionnette entre les ceps de chasselas de Moissac de sa commune de Cazes-Mondenard (Tarn-et-Garonne). Reconnu « invalide à 100% », il ne reste pas longtemps debout, marche avec peine, a « mal aux cervicales, mal partout ».

Dans le même village de 1.200 habitants, un autre agriculteur parkinsonien est décédé en 2008, à 78 ans. « Quand mon père est tombé malade, je me suis souvenu qu’il préparait ses produits de traitement sans aucune protection, mettait la main dans l’appareil de mélange. En fin de journée, il avait encore du produit sur la peau », raconte son fils de 55 ans, Bernard Guignes, aujourd’hui technicien conseil « dans le négoce des produits phytosanitaires classiques et des traitements biologiques ».

Certes Parkinson touche environ 150.000 personnes en France et n’est pas une maladie spécifique aux agriculteurs. Ses causes sont « toujours inconnues » même si « l’hypothèse la plus plausible aujourd’hui est une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques prédisposants », explique l’association France Parkinson sur son site internet.

Mais une expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a confirmé en 2013 « une augmentation du risque de développer une maladie de Parkinson chez les personnes exposées professionnellement aux pesticides ». S’appuyant sur une synthèse d’analyses, l’Inserm évoque « un excès de risque significatif de 62% ».

A Toulouse, la biologiste Laurence Payrastre a participé à cette étude. Chercheuse au sein d’un laboratoire de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), elle étudie l’impact des mélanges de pesticides à faible dose sur la santé.
« Dans la maladie de Parkinson, on constate une mort des neurones dans la partie du cerveau qui a trait à la mobilité, explique-t-elle. Or certains pesticides sont susceptibles d’accélérer ce processus de mort cellulaire, même si la relation de cause à effet reste à démontrer ».

Au nombre des suspects, la biologiste cite deux herbicides désormais interdits en Europe, le paraquat et le roténone; certains insecticides organophosphorés dont le chlorpyrifos, ou encore des fongicides toujours autorisés, tel le Maneb dans la famille des dithiocarbamates. – 75 cas reconnus en deux ans –

En 2012, l’Etat a finalement inscrit « la maladie de Parkinson provoquée par les pesticides » aux tableaux des maladies professionnelles en agriculture.
Et au cours des deux dernières années, la France a reconnu officiellement 75 cas (dont 66 au titre du nouveau tableau), selon un bilan communiqué à l’AFP par la Mutualité sociale agricole (MSA).
En 2010 et 2011, seuls neuf cas avaient été reconnus individuellement par les experts des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles. « On ne sait pas dire actuellement si ce nombre (de 75 cas en 2012-2013, ndlr) est en décalage avec la réalité », dit le dr Michel Gagey, médecin chef de l’échelon national de santé-sécurité au travail, et directeur de l’Institut national de médecine agricole (INMA) à Tours. C’est normalement à la victime de faire une déclaration de maladie professionnelle, incitée par le corps soignant, rappelle-t-il. « Mais la France est un pays où il existe une sous-déclaration collective globale de toutes les pathologies en milieu professionnel, et pas seulement dans le milieu agricole ».

Dégâts vignes médoc 059

Plus ou moins bien informés, souvent dans le déni, les agriculteurs restent nombreux à minimiser les dangers des substances qu’ils emploient contre les insectes ravageurs, les champignons et autres mauvaises herbes…
Dans le seul département du Tarn-et-Garonne, l’association France Parkinson compte une quinzaine d’agriculteurs malades parmi ses 120 adhérents. « Il s’en déclare de plus en plus parce qu’ils ne se sont pas protégés suffisamment », constate la présidente départementale de l’association, Marie-Nuria Falguieres, médecin du travail retraitée.« Mettre un masque, une combinaison, ça les gêne pour travailler et les agriculteurs se disent « pour un jour, allez, ce n’est pas la peine ». Mais un jour plus un jour plus un jour… Ils ne veulent pas comprendre que ça finira mal pour eux, qu’ils auront des neurones détruits pour toujours », insiste Mme Falguieres.

A Cazes-Mondenard, Bernard Guignes assure voir encore « beaucoup d’agriculteurs qui traitent à temps perdu, vite fait, sans masque, sans gants, sans cabine, parfois la cigarette au bec ».  Cet ancien agriculteur évoque un « milieu agricole très conservateur qui ne change pas volontiers ses pratiques » mais aussi « le bourrage de crâne fait par certains syndicats et médias » alors que la nouvelle loi d’avenir de l’agriculture (adoptée en septembre) interdit désormais aux industriels de l’agrochimie de faire la publicité des pesticides auprès des professionnels ou dans la presse agricole.

Reste que dans les fermes, on se demande bien pourquoi tel agriculteur tombe malade et pas tel autre. « On n’est pas égaux devant la maladie », répond Alain Moles, convaincu
qu’il peut y avoir « un terrain (génétique) favorable avec l’hérédité, peut-être un facteur psychosomatique, et surtout une sensibilité aux produits ».  « J’avais un voisin qui traitait sans aucune protection, il disait que ça ne lui faisait rien et c’est vrai qu’il était solide, il est mort d’un accident de tracteur », relève-t-il. « Moi je portais un masque, je traitais à l’abri d’un cabine. Mais la protection n’est jamais complète. Et puis, tant qu’on n’est pas malade, on n’est pas concerné, voila… »

En 2005, quand le diagnostic est tombé pour lui, il s’est dit: « ou j’arrête l’agriculture ou je me flingue ou je change de pratiques ». A la fin de l’année, son frère et lui étaient passés à l’agriculture biologique.  – cancers de la prostate, leucémies –
Désormais invalide, il milite aux côtés de ceux qui dénoncent « les effets hautement toxiques des pesticides sur la santé humaine ».

A Limoges, le dr Pierre-Michel Perinaud a lancé l’an dernier un appel intitulé « Pesticides: l’alerte des médecins de France métropolitaine et des Antilles », signé par 1.400 confrères. « Devant l’accumulation des preuves scientifiques », ces médecins demandent à l’Etat de créer de nouveaux tableaux de maladies professionnelles agricoles pour d’autres pathologies en lien avec l’exposition aux pesticides: les cancers de la prostate (constatés notamment dans les bananeraies aux Antilles)
ou certains cancers hématopoïétiques.
Ils insistent aussi pour « que toute personne travaillant en milieu agricole dispose d’un livret individuel personnel où seront consignés les noms des divers produits employés, leurs quantités et leurs dates d’utilisation ». Un historique qui ferait progresser la recherche sur les produits comme la santé publique.

Agence France Presse – LBX

Attention à la drosophile japonaise, le tout dernier fléau de la vigne en Alsace

Les vendanges sont presque terminées, c’est l’heure des premiers bilans et notamment du constat des ravages de la drosophile japonaise. Cette petite mouche a fait son apparition en masse cette année, s’attaquant aux raisins rouges.

Le nouveau fléau de la vigne alsacienne © France 3 Alsace

Le nouveau fléau de la vigne alsacienne © France 3 Alsace

Ravagées par la drosophile japonaise, les grappes de pinot noir n’ont pas pu être ramassées par les vendangeurs notamment chez Didier Pettermann à Dambach-la-Ville dans le Bas-Rhin: entre 30 et 40 % de pertes.

On s’est fait un peu surprendre. On avait eu vent que nos collègues suisses et allemands avaient eu un peu cette problèmatique dans leurs vignobles. On était exempt de cette drosophile mais fin août elle a commencé à s’installer sur nos parcelles » Didier Pettermann, viticulteur.

Les fameux cépages pinot noir et le gewurtztraminer ont été particulièrement touchés. Une invasion qui va porter un coup sévère à ce millésime 2014 en quantité. Jusqu’à 40% de perte sur certaines parcelles. Les viticulteurs alsaciens espéraient produire 1,7 millions d’hectolitres, ils ne seraient pas sûrs d’atteindre le million.

Un coup dur pour la viticulture alsacienne dont les stocks sont déjà au plus bas.Le problème n’est pas réglé, aucune solution efficace n’a encore été trouvée. Les vignobles de Bourgogne, Champagne et de Bordeaux pourraient aussi être infestés prochainement.

Selon l’INRA, « elle mesure de 2 à 4 millimètres, de couleur jaune brunâtre à jaune orangé avec des yeux rouge vif, la mouche Drosophila suzukii est originaire d’Asie. Appelée aussi drosophile à ailes tachetées, l’insecte ravageur est désormais présent sur notre territoire et menace nos vergers et productions de baies. Les recherches en cours pour lutter contre ce ravageur s’orientent vers une combinaison de méthodes respectueuses de l’environnement incluant la lutte biologique ». La drosophile « suzukii » devient un réel fléau pour les rouges et pour les viticulteurs !

Avec France 3 Alsace.

Reportage de France 3 Alsace de G. Fraize – Y. Ledig – E. Horrenberger. (Intervenants:  Didier Pettermann, viticulteur – Raymond Lehmann, arboriculteur amateur – Christophe Brua, entomologiste)

02 Oct

Drame en Espagne: une oenologue est décédée après une chute dans une cuve de vin en pleine fermentation

C’est un drame qui s’est noué dans la province de León , dans le nord-ouest de l’Espagne. Une jeune espagnole oenologue est morte dans son chai, tombée dans la cuve de vin en fermentation.

Un exemple de travail au dessus d'une cuve dans l'Aude © FrancetvInfo

Un exemple de travail au dessus d’une cuve dans l’Aude © FrancetvInfo

Sa passion lui aura été fatale. Une œnologue espagnole de 25 ans est morte, lundi 29 septembre, après être tombée dans une cuve de vin en pleine fermentation, à Ponferrada, dans la province de León (Espagne), au nord-ouest du pays. Elle s’était penchée pour observer la transformation du vin dans le tonneau, dont les fortes effluves ont provoqué sa chute, rapporte le site régional Info Bierzo (en espagnol).

Le corps de la jeune femme a été découvert par son oncle, l’œnologue réputé Raúl Pérez, qui a alerté les secours, en milieu de journée. Après avoir sorti le corps de la victime, les pompiers n’ont pas réussi à la ranimer. Nerea Pérez était également secrétaire des Jeunesses socialistes du Bierzo.

Le processus de fermentation du vin, causé par l’entrée en contact du sucre du raisin avec des levures, s’accompagne du dégagement de différents composés, comme le gaz carbonique, l’éthanol ou divers acides.

Avec FrancetvInfo.

23 Sep

Encore une sombre histoire de maltraitance de vendangeurs polonais…au XXIe siècle !

240 Polonais ont été découverts logeant dans des conditions insalubres en Champagne. Une enquête est en cours.

Les gendarmes, accompagnés par les agents de la Mutualité sociale agricole, des services de l’hygiène et des douanes ont été surpris vendredi dernier par une situation qui ne devrait plus avoir cours au XXIe siècle, lorsqu’ils se sont rendus dans une maison de Fleury-la-Rivière.

Extrait de l'Union du 23 septembre

Extrait de l’Union-L’Ardennais du 23 septembre

Ils ont ainsi découvert que 240 Polonais vendangeurs logeaient dans des conditions insalubres: jusqu’à 12 personnes dans une pièce prévue pour seulement 4. Par ailleurs, ils auraient été nourris avec des aliments périmés.

Alertée, la Croix-Rouge a aussitôt pris en charge une centaine d’entre eux et les ont relogés à la salle des fêtes de Damery. Les autres auraient été hébergés chez des vignerons du secteur.

Salle des fêtes de Damery (Marne) où ont été hébergés d’urgence les vendangeurs polonais © photo Charles Henry Boudet de France 3 Champagne-Ardenne

L’enquête de flagrance a été diligentée par les gendarmes d’Épernay. La situation des uns et des autres va être vérifiée et chaque administration va établir ses conclusions. En attendant, le parquet pourrait décider très prochainement de poursuites si la maltraitance est avérée

Avec l’Union-L’Ardennais.

19 Sep

Orages de grêle: le village de Grézillac en Gironde à nouveau touché !

Grézillac, petite commune de Gironde, à côté de Rauzan, a à nouveau été touchée par la grêle. Un drame pour les vignerons et notamment ceux qui l’an passé avaient déjà été victimes. Les vendanges en rouge ont du être lancées en urgence car les baies ont éclaté.

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Ce jeudi dans l’Entre-deux-Mers, en Gironde, les vignerons ont été surpris par un intense orage de grêle. C’est à Grézillac que l’orage est passé, comme l’an dernier où un couloir de gros grêlons avait ravagé les villages de Grézillac et Guillac, et notamment l’an dernier les vignobles d’André Lurton, propriétaire du château Bonnet. (Lire l’article de Sud Ouest de 2013)

Si cette fois, les grelons étaient moins gros, ils ont causé des dégâts importants avec des baies éclatées d’où l’urgence de la situation: les viticulteurs ont été obligés de sortir plus tôt que prévu leur machine à vendanger. Ces grêlons ont fouetté la vigne à cause des fortes rafales de vent et de la pluie. 

Un gros orage arrivé vers 6h, avec beaucoup de vent, 20mm en 20 minutes, et des grêlons, pas très gros mais la force du vent a fait un sablage dont on voit les conséquences », un vigneron de Grézillac.


Et ce vigneron d’ajouter « la maturité n’est pas atteinte, il manque encore de sucre et les polyphénols ne sont pas à leur optimum. Il y a un déficit de maturité ! »

Regardez le reportage de Marie-Pierre d’Abrigeon et de Guillaume Decaix