20 Juin

Waouh, ces WOW ! En avant les World Organic Wines et le bio à Vinexpo

WOW est l’un des grands rendez-WOW de Vinexpo. Cette année, ce sont 150 vignerons qui présentent des vins biologiques ou biodynamiques, avec des tables de dégustation dans le Hall 3. Un secteur en plein boom avec une forte demande mondiale.

A l'entrée du hall 3, WOW vous prend dans ses filets © JPS

A l’entrée du hall 3, WOW vous prend dans ses filets © JPS

C’est une première pour Vinexpo, le salon mondial des vins et spiritueux, ouvert aux professionnels. Pour la première fois, un espace est entièrement dédié aux vins biologiques et biodynamiques, et il s’appelle tout simplement « WOW! », pour  “WORLD OF ORGANIC WINES”

Thierry Valette

Thierry Valette, de Clos Puy Arnaud à Belvès de Castillon © JPS

Thierry Valette qui était co-propriétaire de château Pavie produit l’un des meilleurs vins bio de la région  avec Clos Puy Arnaud à Belvès de Castillon :

Moi, j’ai le bio au coeur car dans les années 70 dans un cru comme château Pavie on faisait du bio sans le savoir et donc on avait des vins à Saint-Emilion qui étaient sur la fraîcheur, sur l’élégance », Thierry Valette de Clos Puy Arnaud

« Et c’est vrai qu’avec la bio et biodynamie, on peut réinventer ces vins de la rive droite avec un fruit beaucoup plus moderne, beaucoup plus percutant…On fait des vins qui sont dans une nouvelle tendance et qui sont évidemment plus sains, pour les consommateurs et les gens qui travaillent sur les propriétés ».

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Il y a là 150 producteurs de la région de Bordeaux comme la famille Lateyron, d’Aquitaine, mais aussi de toute la France comme l’Alsace avec le Domaine Marcel Deiss, mais aussi des étrangers d’Argentine et d’Italie :  » là, ça commence vraiment à monter la demande de bio, pas que du vin, mais tous les produits de l’agriculture bio,  mais aussi les produits de l’agriculture bio, c’est vraiment une grosse demande » confirme ce producteur italien Francesco Scalettaris d’Aquila Del Torre (Udine en Italie).

Les Lateyron fils et père © JPS

Les Lateyron fils et père © JPS

Cette nouvelle entité baptisée WOW ! (World of Organic Wines!) séduira les professionnels à la recherche de vins élaborés dans le respect de l’environnement. Encadrés par une réglementation européenne rigoureuse, les vins biologiques répondent à des critères de production qui garantissent la confiance et le plaisir des consommateurs : utilisation de produits naturels à la vigne ; interventions limitées au chai. Les vins biologiques sont donc élaborés au plus près de leur terroir

Gwenaëlle Le Guillou, directrice du syndicat des Vignerons Bio d'Aquitaine © JPS

Gwenaëlle Le Guillou, directrice du syndicat des Vignerons Bio d’Aquitaine © JPS

Aujourd’hui la viticulture bio en France, c’est 9 % des surfaces, presque 71000 hectares et presque 5000 vignerons qui cultivent  leurs vins en bio et vinifient leur vin en bio », Gwénaëlle Le Guillou directrice du Syndicat des Vins Bio d(‘Aquitaine

Présents à WOW, Karine et Pierrick Lavau du château Bernateau sont certifiés bio depuis 2012. Ils ont énormément investi dans cette filière et réalisé un cuvier high tech :

Karine Lavau devant le château Bernateau © JPS

Karine Lavau devant le château Bernateau © JPS

En améliorant et modernisant notre outil de production, on va toujours plus loin dans la qualité du vin »,  Karine Lavau du château Bernateau

Dans le nouveau cuvier du château Lavau avec le maître de chai © JPS

Dans le nouveau cuvier du château Lavau avec le maître de chai © JPS

Aujourd’hui les époux Lavau prduisent entre 80000 et 100000 bouteilles de vin bio et misent énormément sur l’oenotourisme qui se développe aussi très rapidement notamment sur leur proprété de Saint-Etienne-de-Lisse en Gironde. Toutefois, en Aquitaine, le bio ne représente encore que 8 % des surfaces exploitées.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine, Eric Delwarde, Charles Rabréaud et Christian Arliguié :

05 Juin

Vous allez en avoir plein la « WOW » à Vinexpo

C’est un nouveau rendez-vous à Vinexpo, « WOW! » pour  “WORLD OF ORGANIC WINES”. C’est l’un des événements de ce Vinexpo 2017, avec un espace spécifique dans le Hall 3 du Parc des Expositions de Bordeaux, un espace dédié au vins biologiques et biodynamiques. 

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« WOW! », UN ESPACE 100% BIO

C’est une première pour Vinexpo, le salon mondial des vins et spiritueux, ouvert aux professionnels, du 18 au 21 juin à Bordeaux. Pour la première fois, un espace est entièrement dédié aux vins biologiques et biodynamiques, et il s’appelle tout simplement « WOW! », pour  “WORLD OF ORGANIC WINES”

  • “WOW!”, ce sont près de 200 vignerons qui présenteront des vins biologiques ou biodynamiques, avec des tables de dégustation dans le Hall 3.
  • Parmi les figures, des viticulteurs comme Clusel Roch, Domaine Marcel Deiss, Château Roland la Garde, Fetzer Vineyard, ou les vignobles C. Nadalié
  • Les Vignerons Bio Nouvelle Aquitaine seront  aussi fortement représentés
  • tous échangeront avec un public estimé entre 45000 et 50000 professionnels venus de 150 pays, des importateurs, mais aussi des cavistes et sommeliers.
  • Une conférence animée par Nicolas Joly et une table-ronde organisée par la RVF aborderont la question de l’impact du bio sur le goût du vin.
  • Un restaurant dédié composera des plats 100% bio. La création de WOW! répond à un réel besoin : une offre clairement identifiée pour satisfaire la demande d’un marché en pleine croissance et un enjeu environnemental.

UN MARCHE EN PLEINE CROISSANCE 

Si Vinexpo a créé « WOW », c’n’est pas pour faire joli sinon ça aurait été un effet « WHAOU » ! C’est bien pour répondre à une demande de plus en plus forte de consommateurs qui se tournent de plus en plus vers des produits bios ou en biodynamie…

  • Anecdotique à la base, le vin bio  bénéficie d’un label seulement depuis 2012, l’engouement se traduit non seulement chez les particuliers mais aussi au sein des restaurants qui affichent de plus en plus ces vins à leur carte
  • En France, le taux de notoriété des vins bio atteint désormais 74,6 %  – 1 consommateur de vin sur 3 déclare boire du vin bio.
  • En 1 an, la demande des consommateurs s’est renforcée avec une croissance de 22% pour atteindre 503 millions d’euros de CA et la mise sur le marché d’un million d’hectolitres en 2013
  • La France est le 2e plus gros producteur mondial derrière l’Italie (1er producteur mondial) et devant l’Espagne (3e producteur mondial). Ces trois pays représentent 73 % des surfaces mondiales de vignobles bios
  • En 5 ans les surfaces françaises produisant du vin bio ont triplé, certaines régions sont en pointe comme le Langudoc-Roussillon ou  l’Alsace, certaines appellations font figure de bons élèves comme Margaux dans le vignoble de Bordeaux.

VERS DE NOUVEAUX CONSOMMATEURS

Selon l’étude Sudvinbio-Ipsos 2015, en France :

  • Les moins de 35 ans représentent 15 % des consommateurs de vin mais 21 % des consommateurs de vin bio.
  • Les femmes constituent 44,3 % des consommateurs réguliers de vin et 46,3 % des consommateurs réguliers de vin bio

De quoi donner des idées aux vignerons en quête de nouveaux marchés.

24 Mai

Margaux, une appellation qui tend de plus en plus vers le bio ou la biodynamie

C’est une tendance forte chez les crus classés de Bordeaux, on expérimente de plus en plus des parcelles en bio ou biodynamie. A Margaux, l’appellation depuis 5 ans a pris conscience de l’utilité de la biodiversité dans le vignoble. Ce sont aujourd’hui 180 hectares qui sont conduits en bio ou biodynamie. 

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Gonzague Lurton à la tête du syndicat viticole de Margaux et du château Durfort-Vivens a su lancer une véritable réflexion à Margaux  © JPS

Le château du Tertre, 5e cru classé de Margaux, une propriété de 54 hectares, chargée d’histoire. Tout débute en 1734 avec un dénommé Pierre Mitchell, qui fut le plus gros fabriquant de bouteilles à Bordeaux, et même inventeur du magnum. C’est lui qui a créé le château et a donné la dimension au vignoble. Dans les années 60, la propriété longtemps dans la même famille a changé de mains pour être acheté par la famille Gasqueton, suite au gel de 1956, dans un contexte économique difficile.

Le château du Tertre bati au début du XVIIIe à Arsac © JPS

Le château du Tertre bâti au début du XVIIIe à Arsac © JPS

Une famille qui a redonné vie et a replanté 6300 pieds à l’hectare, 1/3 de mrlot, 1/3 de cabernet sauvignon et 1/3 de cabernet franc. Un domaine racheté en 1997 par Eric Albada-Jelgersma, un homme d’affaire hollandais également propriétaire du château Giscours. Celui-ci a trouvé le château dans un piteux état, il s’est atelé avec ses équipes techniques à complanter, replanter plus densément à 10000 pieds par hectare.

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Aujourd’hui ce vignoble est conduit pour moitié en bio et l’autre moitié en biodynamie. Les sols sont travaillés sans herbicides, on croit ici en la confusion sexuelle en guise de protection insectide, on laisse aussi s’installer quelques mauvaises herbes, avant de les arracher, mais en tout cas on n’utilise pas de pesticides.

Frédéric Ardouin, directeur technique du château du Tertre © JPS

Frédéric Ardouin, directeur technique du château du Tertre © JPS

« On est arrivé à la biodynamie par conviction, ce n’est pas par croyance, pour moi c’est quelque chose de très très différent, »explique Frédéric Ardouin directeur technique du château du Tertre . « Conviction qu’il fallait faire quelque chose pour l’environnement, quelque chose pour les hommes qui travaillent avec nous, pour les protéger, pour protéger leur santé, et puis également pour protéger le consommateur également, c’est-à-dire obtenir un vin hautement qualitatif sans résidus de pesticides. »

De quoi faire de bonnes tisanes : presle, ortie, osier au château du Tertre pour une culture en biodynamie © JPS

De quoi faire de bonnes tisanes : prêle, ortie, osier au château du Tertre pour une culture en biodynamie © JPS

Prêle, ortie, osier, toutes ces plantes vont servir de tisane pour soigner la vigne ou prévenir des maladies. « Ce sont des plantes qui ont chacune des vertus différentes. Et en fonction du millésime, du climat, de la pression des maladies, on va utiliser ces tisanes en complément de l’apport de cuivre et de soufre, » complète Frédéric Ardouin.

Sur l’appellation Margaux, on compte 65 récoltants, dont 21 crus classés. Dans une conscience collective et pour répondre aussi à la demande de plus en plus grande du consommateur, 20% des surfaces sont conduites en bio ou biodynamie.

Au château Durfort-Vivens, on a été parmi les premiers dans le Médoc après Pontet-Canet © JPS

Au château Durfort-Vivens, on a été parmi les premiers dans le Médoc après Pontet-Canet © JPS

Pour Gonzague Lurton, le président du syndicat viticole de Margaux : « Moi j’ai été surpris, il y a quelques années, quand pour la 1ère fois, alors que je présentais mon vin, on m’a dit « est-ce qu’il y a des pesticides dans votre vin », alors que je n’avais jamais réfléchi au vin de cette manière là. Et on s’est rendu compte que c’était devenu une inquiétude sociale. Il fallait y répondre, c’est pour cela qu’à Margaux tout le monde en est conscient, c’est pour cela qu’on est parti dans cette démarche syndicale. »

Gonzague Lurton à la tête du syndicat viticole de Margaux et du château Durfort-Vivens a su donner une impulsion à tous © JPS

Parmi les grands crus classés de Margaux, on compte Durfort-Vivens (2e cc), mais aussi château Palmer (3e cc) qui a expérimenté en 2008 la biodynamie et y est passé totalement en 2013. Il y a aussi château Ferrière, (3e cc),  propriété de Claire Villars, qui a été certifié en bio en 2015, une démarche qui s’inscrit aussi dans le respect de la vigne et des hommes…

Le château Ferrière est certifié bio depuis 2015 © JPS

Le château Ferrière est certifié bio depuis 2015 © JPS

« On arrive à reconstituer ce terroir grâce à cette fraîcheur, cette tension, cette minéralité, on garde plus les qualités du sol qui vont s’exprimer après dans le vin », explique Gérard Fenouillet, directeur technique de château Ferrière.

Gérard Grenouillet et Claire Villars-Lurton © JPS

Gérard Grenouillet et Claire Villars-Lurton © JPS

Et Claire Villars-Lurton de compléter : « C’est des vins qui ont plein de vie, mais en plus on gagne en qualité « tendu », on a un vin qui reste super tendu, super concentré, mais avec une très belle définition, un très beau soyeux. »

Ces vignes tenues en bio ou biodynamie nécessitent souvent plus d’attention et de passage. Toutefois la technologie va permettre avec des drones de cibler au mieux les traitements. Tous reconnaissent malgré tout qu’il y a un risque, notamment quand il y a une grosse attaque de mildiou, comme en 2016 au château Dufort-Vivens, où la récolte a été moins importante avec 35 hectos à l’hectare, là où les autres en ont eu 50.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Marc Lasbarrères, Cécile Lagaüzère, Eric Delwarde et Emmanuel Cremèse :

27 Fév

Emmanuel Macron veut stimuler les exportations de vin, « l’âme française »

Quand la campagne présidentielle s’invite dans le monde du vin : Emmanuel Macron souhaite renforcer la capacité de la France à promouvoir à l’export le vin, qu’il qualifie d’ « âme française », selon une interview accordée à Terre de Vins.

Emmanuel Macron en 2014 alors au © Ministère de l'Economie

Emmanuel Macron en 2014 alors au © Ministère de l’Economie

Emmanuel Macron, s’il est élu président de la République, souhaite renforcer la capacité de la France à promouvoir à l’export le vin, « l’âme française », et encourager une viticulture plus respectueuse de l’environnement, affirme-t-il dans un entretien au magazine Terre de vins.

Au cours de cet entretien au magazine édité par le groupe du quotidien Sud-Ouest, réalisé le 14 décembre, dont des extraits ont été publiés lundi, Emmanuel Macron déclare vouloir stimuler l’export avec « des conditions tarifaires beaucoup plus favorables ».

Il cite en exemple ce que « les Chiliens ont obtenu avec la Chine: la fin des droits de douanes ». Un accord de libre-échange entre les deux pays permet aux vins chiliens d’être exemptés de droits de douane depuis 2015 tandis que ceux des produits de l’Union européenne demeurent importants.

Concernant l’environnement, cet amateur de vin estime que le développement du secteur du vin biologique est « indispensable » car « les pesticides soulèvent de réelles questions et les agriculteurs en sont les premières victimes ». « Mais la réponse aux pesticides ne passe pas uniquement par le bio mais aussi
par l’innovation » et par l’évolution des méthodes de production, déclare-t-il, annonçant vouloir « créer une aide à l’innovation pour accélérer la transition vers une viticulture durable ».

Conscient qu' »il faut aussi accompagner les viticulteurs dans cette transition », le candidat du mouvement En marche! cite notamment le développement de cépages résistants ou encore des changements de pratiques pour « limiter l’utilisation de produits phytosanitaires ».

Dans cet entretien au bimensuel, Emmanuel Macron revient notamment sur l’assouplissement de la loi Evin, qui encadre la publicité pour les vins et les spiritueux. Le Parlement avait voté en novembre 2015 un amendement qui permet de différencier publicité et information. L’ancien ministre de l’Economie, qui avait dans un premier temps tenté d’inscrire cette distinction dans sa loi Macron, y est favorable car cela facilite la promotion de l’oenotourisme, qu’il veut « encourager en France ».

« Ce qui a été modifié dans la loi Évin n’en modifie ni la philosophie ni l’objectif. Mais cette évolution a permis de faire reconnaître la place de l’oenotourisme et donc la capacité laissée aux professionnels de diversifier leur activité et d’en faire la publicité », souligne Emmanuel Macron, pour qui le vin, « c’est l’âme française ».

Avec AFP.

25 Fév

Ils l’ont fait, ils ont osé, les Vignerons de Buzet sont pionniers dans le vin végétalien

On connaissait la Mégane voici le Végan. Rien à voir, sauf que c’est une affaire qui roule et risque d’être bancable pour les Vignerons de Buzet, qui ont toujours un train d’avance. Ils risquent de toucher les vrais de vrais, végétariens et vegétaliens. Une histoire qui colle, non ?

Vincent Leyre, Serge Lhérisson et David Bidegaray des Vignerons de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Vincent Leyre, Serge Lhérisson et David Bidegaray des Vignerons de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Les Vignerons de Buzet s’orientent vers l’élaboration de vins végétaliens, grâce à l’utilisation de « colles » d’origine végétale.

Le Domaine de Michelet des Vignerons de Buzet, vin biologique et sans sulfites ajoutés, appose le logo végan. La certification « végan » de ce vin garantit qu’aucun ingrédient d’origine animale n’entre dans son processus d’élaboration.

depuis la récolte 2016, tous les vins des Vignerons de Buzet correspondent aux principes de consommation des végétaliens.

Depuis la récolte 2016, nous avons substitué l’ensemble des colles classiquement utilisées par des colles 100% d’origine végétale »   Stéphane Chauvet, oenologue des Vignerons de Buzet.

Et d’ajouter : « Nous les utilisons uniquement lorsqu’elles sont nécessaires. En effet nous cherchons à réduire les intrants à toutes les étapes de l’élaboration de nos vins. »

 

Domaine de Michelet rouge vegan sans sulfites bio

Les Vignerons de Buzet ont commencé à utiliser des colles d’origine végétale depuis 2012 sur une partie de la production. Ce qui leur a permis de constater que cette substitution n’altérait en rien les qualités gustatives du vin.

Pour David Bidegaray, responsable marketing. « Le végétalisme est une pratique alimentaire très présente en Amérique du Nord et Europe du Nord, et en croissance en France. Ces consommateurs nous ont amenés à nous interroger et à proposer un vin correspondant à leur style d’alimentation » .


Les Vignerons de Buzet, précurseurs sur les questions sociétales liées au vin, de la vigne au verre, poursuivent donc là dans une logique à l’écoute des amateurs de vin et des évolutions sociétales.

La démarche a été initiée sur le millésime 2014 duDomaine de Michelet : un vin rouge labellisé végan et agriculture biologique et est sans sulfites ajoutés.

Avec Vignerons de Buzet.

Relire l’article focus sur les Vignerons de Buzet : « C’est à Buzet ! Ils s’engagent autrement…Les Vignerons de Buzet concilient depuis 10 ans viticulture et environnement »l

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet et Eric Delwarde, réalisé en mars 2015 sur les vignerons de Buzet, montage Boris Chague :

14 Fév

Ségolène Royal présente des mesures : objectif « zéro pesticide »

La ministre de l’Environnement a annoncé mardi 14 février un ensemble de nouvelles mesures, visant à atteindre l’élimination totale de pesticides sur les exploitations agricoles, viticoles et horticoles. 

Ségolène Royale, la ministre de l'Environnement © gouvernement.fr

Ségolène Royale, la ministre de l’Environnement © gouvernement.fr

Nous lançons aujourd’hui une campagne nationale d’information intitulée « Zéro pesticide: c’est mille fois mieux pour ma santé et pour notre planète », Ségolène Royal 

Ségolène Royal en a profité pour dévoiler un « guide des solutions » à destination des communes. Celles-ci ne doivent plus utiliser de produits chimiques pour l’entretien de leurs espaces verts et de leur voirie, tout comme l’État et les établissements publics, depuis le 1er janvier 2017.

« Pour la première fois, la France a enregistré une baisse de 14 % des doses de pesticides utilisés par les collectivités et les jardiniers amateurs durant l’année 2015 », a annoncé Ségolène Royal. L’usage agricole de produits phytosanitaires a reculé aussi de 2,7 % sur la même période. L’objectif demeure : une réduction de 50% d’ici 2025 par rapport à 2008. 

Le ministère prépare deux autres arrêtés:

  • sur l’interdiction du bisphénol A dans les jouets
  • sur l’obligation de mentionner la présence de nanoparticules dans les produits de consommation.

Ségolène Royal s’est également engagée à agir pour que le prochain arrêté qui sera pris sur les épandages comprenne une distance minimale à respecter avec les riverains des zones agricoles, à la grande satisfaction des ONG, dont Générations futures.

Avec AFP

01 Fév

Salon Millésime Bio de Marseille : davantage de jobs avec les exploitations en bio

Selon une étude présentée au 25e millésime bio, le plus grand salon de vins bio du monde qui se tient pour la première fois à Marseille, une exploitation viticole biologique crée 1,5 fois plus d’emplois qu’une exploitation non bio.

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Ces emplois sont aussi plus stables que pour la viticulture non biologique : 34,6% des exploitations bio emploient un ou plusieurs salariés permanents contre 21,6% pour les exploitations non bio, selon l’enquête « le bio c’est bon pour l’emploi » réalisée par l’UMR Moisa (Supagro Montpellier/Inra). 71,49% des emplois sont à temps complet dans les exploitations bio contre 66,83% dans le non bio.

Les emplois sont aussi plus qualifiés.

Le bio demande 50% de main-d’oeuvre en plus, des personnes plus qualifiées et plus jeunes » que dans les exploitations traditionnelles, Patrick Guiraud, président de l’association
Sudvinbio.

« Ce sont souvent des bac + 2 », les cadres et techniciens y représentent 17,81 % contre 11,6% selon l’étude. La viticulture biologique attire aussi les femmes. « Beaucoup s’intéressent au bio et deviennent productrices », précise M. Guiraud.

« Le bio c’est être d’avantage à l’écoute de la plante », résume M. Guiraud, lui-même à la tête d’une exploitation viticole d’une centaine d’hectares dans le Gard où il cultive bio depuis 25 ans. Si la filière bio ne représente encore que 9,9% du vignoble français, elle a connu une expansion importante : de 2005 à 2015, la surface des vignobles bio a été multipliée par 3,5.

Sur 70.000 hectares cultivés en bio en France :

  1.  l’Occitanie arrive en tête avec 24.000 hectares en bio,
  2. suivie de la région Paca avec 16.000 hectares 
  3. l’Aquitaine avec 8.000 hectares.

Le salon du vin bio, organisé par Sudvinbio depuis 1993, réunit, du 30 janvier au 1er février, 902 exposants. « 40% de la production nationale y est présentée en volume », précise son organisateur. 16 pays sont représentés, avec, en tête l’Italie suivie de l’Espagne et de l’Autriche mais aussi des Chiliens et des Américains. Tous sont certifiés bio et sont contrôlés sur place par un organisme de certification. 5.000 visiteurs sont attendus. Cavistes, magasins spécialisés dans le bio, restaurateurs, les acheteurs viennent du monde entier.

L’enquête a été réalisée à partir du recensement agricole de 2010 sur 3.615 exploitations viticoles réparties dans toute la France (soit 70 % du nombre total d’exploitations en viticulture bio).

Avec AFP

Pour en savoir plus sur le salon Millésime Bio de Marseille

27 Déc

Réchauffement climatique: les cépages ancestraux au secours de la vigne

Sécheresse et chaleur: le réchauffement climatique brûle la vigne. Mais l’avenir pourrait bien se trouver dans le passé: les vignerons découvrent que les cépages ancestraux, sacrifiés sur l’autel du rendement, sont en fait plus résistants.

© Producteurs de Plaimont

© Producteurs de Plaimont

Sur une petite parcelle nichée entre châteaux et villages gersois, au milieu des champs de blé au chaume grillé par le soleil, quelques rangées de vignes hautes abritent 37 cépages. « Plant de Cauzette », « N°5 », « tardif », etc. Certains portent des noms qui tutoient le Moyen-Age. D’autres, estampillés « inconnus », n’ont pour l’instant qu’un numéro.

Ils ont été découverts lors de prospections débutées dès les années 90, puis amenés à Loussous-Débat (Gers), dans un conservatoire détenu par la coopérative Plaimont, qui produit 40 millions de bouteilles par an. C’est dans ce musée vivant de la vigne, le plus grand de France à fonds privé, que s’invente l’avenir du vin. On y teste des cépages qui sont autant de trésors oubliés, certains retrouvés dans des vignes datant d’avant la crise du phylloxera, qui a décimé la viticulture au XIXe siècle.

« Avant le phylloxera, il y avait beaucoup plus de cépages. Puis on a voulu faire du volume, alors on a favorisé quelques variétés à fort rendement, abandonnant les autres », explique André Dubosc, fondateur de Plaimont et vigneron depuis trois générations. « Mais aujourd’hui, c’est le retour du boomerang ». « Prenons l’exemple du manseng noir », explique Nadine Raymond, directrice Recherche et Développement chez Plaimont, en soupesant une grappe de raisin quasi-mûre. « Des archives de 1783 parlent de lui comme « celui qui fait le bon vin » mais, après le phylloxéra, on avait besoin de volume. Le tannat a donc remplacé le manseng noir ».

Aujourd’hui, c’est une véritable résurrection. « On en a retrouvé quelques pieds et on a découvert qu’il s’adapte au réchauffement climatique », explique la chercheuse de Plaimont, qui produit 98% de l’appellation Saint-Mont et 48% des Madiran.

2,5 degrés en plus depuis 1984

Le manseng noir fait « moins d’alcool », explique Mme Raymond. Alors que le tannat, cépage dominant des vins gersois, « peut atteindre parfois 16 degrés », soit un taux déjà maximal, précise André Dubosc. Or le réchauffement a déjà fait augmenter le taux d’alcool de 2,5 points entre 1984 et 2015, selon une étude du laboratoire Dubernet réalisée sur un échantillon de vins du Languedoc-Roussillon.

Le « stress hydrique fort », induit par la sécheresse, « bloque la maturité: le grain se concentre, il y a beaucoup de sucre et donc plus d’alcool », résume Jean-Louis Escudier, ingénieur de recherche INRA à Pech Rouge (Aude).

Il y a urgence: « depuis 2000, il s’évapore plus d’eau qu’il n’en tombe », avertit l’expert, se basant sur les relevés effectués dans son unité expérimentale de 34 hectares de vigne en bord de Méditerranée. Sur cette parcelle, l’ingénieur étudie cinq croisements entre vignes à vin et raisins de table qui avaient été plus ou moins oubliés et « qui mûrissent à environ 11 degrés ».
Au conservatoire de Plaimont, Nadine Raymond a, elle, découvert le « vitis vinifera N°5 », qui ne titre que 10 degrés. Mais elle a également mis la main sur un autre miracle, le bien-nommé « tardif », qui mûrit « une dizaine de jours plus tard » que le tannat. « Il est donc tout à fait idéal » car le réchauffement climatique, qui accélère le mûrissement, a déjà provoqué une avancée de deux à trois semaines des vendanges sur le dernier quart de siècle.

Le potentiel de découvertes ne s’arrête pas au sud-ouest. Sur les 6.000 cépages existants dans le monde (sans compter les hybrides), dont 550 en France, seuls 1.200 sont en production (237 dans l’Hexagone). Ainsi, à l’Inra Vassal (Hérault), dans la plus grande banque génétique mondiale de la vigne où sont plantés plus de 2.700 cépages de 54 pays, « il s’écoule deux mois entre le premier et le dernier qui mûrit », explique Thierry Lacombe, co-responsable scientifique de Vassal et ingénieur de recherche à l’Inra de Montpellier. « Cela laisse une formidable gamme de variabilité, une grande réserve de diversité ».

Avec AFP.

17 Déc

Vins, fromages : les appellations d’origine vont être encouragées à devenir plus vertes

Les producteurs de vins, fromages et autres aliments du terroir porteurs d’un label d’origine ou de qualité, vont être encouragés à suivre des principes de production plus agro-écologiques pour répondre à la demande des consommateurs.

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© france-fromage.com

Leurs noms fleurent bon les régions: du prestigieux Aloxe-Corton en Bourgogne au léger Vouvray de Loire, 98% de la viticulture française est organisée autour de 366 vins AOP/AOC (appellations d’origine protégées ou contrôlées), 74 IGP (Indication géographique protégée), et 54 IG d’alcools (Cognac..), qui lient les appellations
à un territoire délimité et/ou à des techniques de fabrication très précises.

Au total, la France compte plus d’un millier de ces produits, dont une cinquantaine de fromages, sous appellation. Certains sont connus dans le monde entier comme Roquefort ou Beaujolais. Une petite partie d’entre eux ont été pris en compte lors de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada, CETA, qui prend effet le 1er mars, ce qui les garantit contre les contrefaçons à l’étranger.

A la demande du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, l’établissement public qui certifie et accorde les labels de tous ces produits, l’INAO, a défini une quarantaine
de mesures agro-environnementales qui vont être proposées aux diverses appellations, afin qu’elles les intègrent à terme dans leurs cahiers des charges. A titre d’exemple, pour la viticulture et l’oléiculture (oliviers à huile), l’enherbement entre les rangées de cépages ou d’arbres, permettant de mieux capter et garder l’eau dans les sols devrait être encouragé.

Pour la production fromagère, c’est surtout le ratio d’alimentation du bétail qui devrait varier, via une augmentation des rations d’herbe ou de foin, et/ou une diminution des rations d’herbe ensilée. Ou la race de vache qui pourrait être unique pour tel ou tel fromage.

La liste des 40 mesures n’est pas publique, devant être validée au cours du premier trimestre 2017 par les différents comités de l’Inao. Certains organismes fromagers ont déjà manifesté l’envie de les intégrer dans leurs cahiers des charges, alors que la filière viticole aurait plutôt tendance à les ressentir comme une contrainte supplémentaire, selon le directeur de l’INAO Jean-Luc Dairien.

Dans un premier temps, la liste ne sera pas une obligation, ce sont des suggestions qui seront soumises aux organismes gérant les différentes appellations, souligne-t-il.
« Nous n’avons pas voulu mettre en place un dispositif contraignant, mais incitatif, qui pourra être valorisé au plan commercial« , a-t-il ajouté. Ensuite, une fois qu’une ou plusieurs mesures seront retenues dans les cahiers des charges, elles deviendront obligatoires. « Ces mesures répondent à des évolutions inéluctables » estime M. Dairien. « Dans les 20 ans à venir, l’agriculture prendra mieux en compte l’environnement, c’est le consommateur qui le réclame ».
« Les produits sous signe de qualité et d’origine ont un lien avec le terroir, et de protection de ces terroirs, ils ont une obligation d’exemplarité, c’est une condition de crédibilité », a-t-il ajouté. Outre les appellations, l’INAO pilote aussi les Labels rouges, garant d’une certaine qualité, accordés à ce jour à 434 produits.

L’un des derniers nés est un sapin de Noël coupé de type Nordmann ou Epicéa qui répond à certains critères de couleur, symétrie, homogénéité, décrits dans un arrêté d’homologation paru au journal officiel le 20 novembre.

Chaque année, l’INAO accorde appellations géographiques ou labels à une vingtaine de produits: 25 en 2014, 18 en 2015, et 25 en 2016.
Cette année, l’INA0 a octroyé 4 AOC (vin de Cairanne dans le Vaucluse, Kintoa et jambon du Kintoa issu d’une race de porc Pie-noir du Pays Basque, Cidre Cotentin), 1 AOP (abricots rouges du Roussillon), 12 IGP (parmi lesquels le sel Salies de Bearn, ou le jambon d’Auvergne) et 8 nouveaux labels rouges (dont le piment doux, pâté de foie de volailles supérieur, sapin de noël, rillettes de saumon).

AFP.

29 Nov

« Pulvérisons autrement » : les pistes d’amélioration avec des pulvérisateurs confinés à Vinitech-Sifel

Pulvérisons autrement », ce sont 750 m2 de stands consacrés à l’écophyto. L’objectif est de réduire et d’améliorer l’utilisation de produits phytosanitaires dans les parcelles de vignes. De nouveaux pulvérisateurs confinés sont exposés en ce moment au salon mondial des techniques viti-vinicoles, arboricoles et maraichères, ainsi que des protections humaines ad hoc.

Le Confin'Eco avec Laurent Tessier de chez Guyard © JPS

Le Confin’Eco avec Laurent Tessier de chez Guyard © JPS

Voici les dernières générations de pulvérisateurs. Tous comportent des tunnels de confinement. Ce sont des systèmes beaucoup plus étanches avec brosses avant et arrière pour ne cibler avec les buses que la vigne. Ils permettent de diminuer d’environ 30% la pulvérisation de produits.

« On met des tunnels sur les descentes traditionnelles, afin de limiter les embruns et la dispersion vers le haut », explique Laurent Tessier des Etablissements Guyard à Macau en Gironde. « On a équipé le sytème de brosses à l’avant et à l’arrière, pour fermer le passage de courants d’air que l’on avait sur des sytèmes traditionnels et augmenter l’étanchéité au feuillage. »

Patrick Guillory de la société Dagnaud devant le turbipano © JPS

Patrick Guillory de la société Dagnaud devant le turbipano © JPS

Autre innovation ici avec le turbi pano : ce sont des panneaux récupérateurs de produits phytosanitaires qui limitent aussi la dérive dans l’atmosphère.

Patrick Guillory, directeur commercial de la société Dagnaud à Montils (17) : »On voit que sur le bas de l’appareil, nous avons des turbines qui reprennent le produit. Les panneaux sont inclinés de façon à renvoyer le produit vers le haut de la cellule de traitement. Concrêtement le produit est réaspiré, remis en cuve et on retraite des hectares avec ce produit réaspiré. »

Au total, 750 m2 de stands sont consacrés à cette meilleur utilisation de produits phytosanitaires. Une campagne baptisée « pulvérisons autrement ».

« Cette prise de conscience maintenant est générale, on peut dire que les agriculteurs eux-mêmes, les viticulteurs, ont pris cosncience des risques. Ils souhaitent maintenant s’orienter vers de matériels qui protègent à la fois le voisinage et l’environnement », ajoute Philippe Reulet le référant Ecophyto et agro-écologie viticulture au sein de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine.

Les EPI chez Axe-Environnemnt © JPS

Les EPI chez Axe-Environnemnt © JPS

Outre le voisinage, les ouvriers viticoles sont aussi au centre de la prévention sur ce site, avec la mise en avant d’EPI homologués par le Ministère du Travail avec  ces masques, combinaisons et gants de protection individuelle.

« Aujourd’hui, 18% des utilisateurs se protègent ;  c’est quand même un chiffre qui est très très bas », annonce Jérôme Texier responsable commercial d’Axe-Environnemment. « Avec des disparités importantes en fonction des protections : 85 % se protègent les mains, et aujourd’hui peu de gens se protègent le corps, d’où l’intérêt de développer des choses confortables pour les utilisateurs. »

Quant au coût, il faut compter entre 80€ et 200€ pour ces protections individuelles et 35000€ environ pour ces pulvérisateurs confinés.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Stéphanie Plessis :