05 Mar

Les pesticides devant la Cour d’Appel de Bordeaux

Ce matin, la soeur de Denis Bibeyran, emporté par un cancer, s’est présentée devant la Cour d’Appel de Bordeaux pour faire reconnaître son cancer en maladie professionnelle, suite à une exposition prolongée aux pesticides.

© France Bleu Gironde

La famille Bibeyran soutenue par l’association PhytoVictimes © France Bleu Gironde –

La Cour d’Appel de Bordeaux examinait ce matin le cas de Denis Bibeyran, cet ouvrier viticole médocain décédé en 2009 à l’âge de 46 ans d’un cholangiocarcinome. Un cancer du foie foudroyant qui serait dû à son exposition prolongée aux produits phytosanitaires. Il travaillait dans le vignoble du Médoc de 1978 à 2008. 

Sa sœur, Marie Lys Bibeyran, se bat depuis plusieurs années pour la reconnaissance de maladie professionnelle post-mortem. Pour elle, cela ne fait aucun doute, ce sont les pesticides qui seraient à l’origine du cancer développé par son frère. En mai 2011, elle a engagé une action auprès de la Mutualité Sociale Agricole de la Gironde. Le Comité Régional de Reconnaissance de Maladie Professionnelle a prononcé deux fois le rejet de sa demande, confirmé par le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale en janvier 2014. 

 La MSA se contente de contester la forme et ne se place pas sur le fond de l’exposition aux pesticides », Marie Lys Bibeyran.

La chambre sociale de la Cour d’Appel de Bordeaux rendra son arrêt le 16 avril et dira si l’on peut relier de manière directe les traitements phytosanitaires de la vigne au cancer d’un employé exposé, ce qui vaudrait pour reconnaissance de maladie professionnelle. L’avocat demande désormais l’inscription de la maladie de Denis Bibeyran dans le tableau des maladies professionnelles de la MSA . Ce changement de fondement est rejeté par la MSA, qui estime que la démarche aurait du être entreprise avant.

Une décision qui pourrait faire jurisprudence après celle de la faute inexcusable d’un employeur girondin admise en avril 2014.

Regardez le reportage de Laurence Pourtau et Ludovic Cagnato

30 Jan

Stéphane Le Foll repousse l’objectif de réduction des pesticides de 50% à 2025

Après l’échec du plan Ecophyto, le ministre de l’agriculture présente une nouvelle méthode reposant sur la recherche et l’innovation et repousse l’objectif d’une réduction de 50% des pesticides de 2018 à 2025.

Stéphane Le Foll présentant son nouveau plan de réduction...-50% d'ici 2025 © AFP

Stéphane Le Foll présentant son nouveau plan de réduction…-50% d’ici 2025 © AFP – Jacques Demarthon

Le nouveau plan Ecophyto présenté par le Ministre de l’Agriculture souhaite réduire l’usage des pesticides mais à une vitesse moins rapide que ce qui avait été prévu précédemment.

Petit rappel: en 2008 dans le cadre du Grenelle de l’environnement, un premier plan prévoyait la réduction de moitié des herbicides et pesticides d’ci à 2018 mails il s’est soldé par un échec. Au contraire, pendant cette période, le recours à ces produits a progressé de l’ordre de 5 à 10% entre 2009 et 2013 en partie à cause d’un usage très intensif de ces antiparasites (avec notamment une année 2013 très pluvieuse pour le vignoble).

La France est le troisième pays le plus consommateur au monde de pesticides. Malgré les risques sur la santé et les différentes pollutions, jamais autant de produits phytosanitaires n’ont été déversés dans les champs ou dans les rangs de vigne car la vigne est une plante très fragile…

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © Jean-Pierre Stahl

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, a malgré tout présenté, ce vendredi, les grandes lignes de son nouveau Ecophyto. L’objectif est de réduire de moitié l’usage des pesticides à l’horizon 2025 avec un palier intermédiaire de 25 % pour 2020.

Stéphane Le Foll veut que les fruits de la terre soient cultivés avec moins de pesticides pour mieux préserver la santé, l’environnement et la biodiversité ; mais pas au dépend de la compétitivité ni de la productivité. Il a donc annoncé que « 2015 sera l’an 1 de l’agroécologie. »

Le ministre souhaite inciter les distributeurs de produits phytosanitaires à baisser de 20 % le nombre de doses sur cinq ans et vendre à la place davantage de conseils pour apprendre aux agriculteurs à faire mieux, avec moins de pesticides.

Ce nouveau plan devrait être doté de 70 millions d’euros.