14 Oct

Côté Châteaux n°10 : Pécharmant, une appellation du Bergeracois qui ne manque pas de charme

A voir absolument sur NOA ! La 10e émission de Côté Châteaux est consacrée ce soir à 20h15 à Pécharmant, l’une des 13 appellations de Bergerac. Ce numéro spécial vendanges en rouges a été tourné en Dordogne par Jean-Pierre Stahl et Charles Rabréaud. L’occasion de faire connaissance avec la nouvelle génération de vignerons avec Pierre Morand-Monteil au château Terre Vieille, de rencontrer une figure de l’appellation le Comte François-Xavier de Saint-Exupéry, de parler d’environnement et d’accords mets-vins. Un numéro tout en saveurs avec en apothéose le tout nouveau Quai Cyrano qui vient d’ouvrir.

Pierre Morand-Monteil et son père Gérôme, juste avant les vendanges au château Terre Vieille © JPS

Eh oui, déjà 10 ! Ce nouveau numéro de Côté Châteaux vous plonge dans une appellation qui gagne chaque année un peu plus de galon… Pécharmant. Et pourtant ils ne sont pas nombreux, seulement 40 vignerons sur 400 hectares en production. C’est l’une des 13 appellations de Bergerac, l’une des 17 si l’on compte en prime Duras car il faut dire désormais Bergerac-Duras pour être précis.

Ce numéro 10 a été tourné avec des smartphones par JPS et Charles Rabréaud © MPT

Côté Châteaux aime vous faire connaître les jeunes, à la manoeuvre, comme Pierre Morand-Monteil, 26 ans, diplômé en commerce vins et spiritueux à l’ESC Dijon, qui après 3 ans passé dans une maison de champagne, est venu rejoindre son père Gérôme sur le vignoble familial à Saint-Sauveur en Pécharmant:

« Bienvenue au château Terre Vieille, un domaine familial créé en 1989 par mes parents, Dolores et Gérôme… », commente au début de l’émission Pierre Morand-Monteil, très fier de me montrer ses vitrines à l’accueil du château, pleines de silex.

« Sous vos yeux, vous avez l’ensemble des silex que nous avons trouvé sur la propriété, quand nous avons planté les vignes en 1989, car le château de Terre Vieille est situé sur un atelier de taille préhistorique qui date de plus de 30000 ans, voire 300000 ans…Et c’est aussi extraordinaire pour nos vignes, car le silex apporte beaucoup de minéralité, c’est un peu une signature pour notre vignoble. »

Nous arrivons à Terre Vieille fin septembre à un moment délicat du coup d’envoi des vendanges en rouges, car il a fallu attendre ces quelques précipitations de fin septembre qui ont regonflé les baies pas mal concentrées et éprouvées par un été très chaud. Les vendanges ont démarré le 28 septembre et se poursuivent début octobre sur ces 14 hectares de vignes, des vendanges à la machine, retardée par la pluie…« Cela se passe bien », me confie Pierre Morand-Monteil, les sols se sont bien asséchés, apès une vague de pluie qu’on a eu, cela a bien détendu les baies, assoupli les raisins. cela est très qualitatif, on est vraiment content. »

Ce portrait est avant-tout une belle transmission familiale du savoir-faire : « je deviens petit à petit vigneron, ma première vendange à plein temps, au côté de mon père qui me donne un peu les clés…J’ai vu beaucoup de choses différentes dans les vignobles au Chili ou aux Etats-Unis, avec des techniques différentes, toute cette expérience j’essaie de la mettre au profit de Terre Vieille, pour faire les meilleurs vins. »

C’est un métier absolument passionnant, très complexe, car on part de l’agriculture, le sol, le terroir, le travail de la vigne, et puis on fait les vinifications, ensuite il y a la commercialisation, on va vendre son vin à la propriété, chez les cavistes et dans la restauration, il faut vraiment que ce soit une passion, » Gérôme Morand-Monteil.

Le Comte François-Xavier de Saint-Exupéry dans son chai © JPS

Péchamant, c’est aussi le château de Tiregand. Une magnifique bâtisse qui remonte au XVIIIe siècle, propriété du Comte François-Xavier de Saint-Exupéry, qui m’ouvre les portes de ce fabuleux château qui n’est pas ouvert au public (contrairement aux jardins) : « vous allez découvrir ce magnifique escalier qui date de 1865, une oeuvre d’art majestueuse… », commente  François-Xavier de Saint-Exupéry « Ce château construit début 1720 a beaucoup été modifié au XIXe siècle »  François-Xavier de Saint-Exupéry.  » Ce château a une histoire remarquable car il a été jadis une seigneurie féodale au XIIIe siècle, fondée par le fils naturel d’Henri III d’Angleterre, Edward Tyrgan (qui lui a donné son nom) et il est depuis inscrit à l’ISMH l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

Un château pour lequel le Comte de Saint-Exupéry ne tarie pas d’éloges et donne non seulement tout son temps mais aussi son argent : « cette bâtisse a beaucoup été renouvelée au XIXe siècle, les Lapanouse qui ont acheté le château étaient des Parisiens, ils ont mis beaucoup de zinc sur les fenêtre et la toiture, pour montrer leur double appartenance à Paris et au Périgord. Mais après 180 ans, il faut changer le zinc et faire appel aux compagnons, on a fait les 2/3 des toitures, il nous en reste 1/3 ».

Le Comte Fançois-Xavier de Saint-Exupéry nous parle de la typicité du Péchamant © JPS

Le château de Tiregand est une énorme propriété, la plus imposante de l’appellation avec 400 hectares, dont 40 en production. Au chai, François de Saint-Exupéry rejoint son nouveau maître de chai Amaury : « ça  vieillit plutôt bien ». Et le Comte de commenter : « c’est encore un peu fermé mais le fruit est bien là sur un cassis intense et beaucoup de finesse. »

Les vins de Pécharmant ont cette particularité d’avoir de l’élégance et de la finesse en bouche, avec un merlot souvent dominant qui apporte beaucoup de fruit, un cabernet sauvignon qui donne un joli corps au vin, un cabernet franc de la finesse et le malbec cette couleur sud-ouest », François Xavier de Saint-Exupéry.

L’émission se poursuit avec Cécile Lelabousse, chargée de mission environnement à l’IVBD, qui nous parle de Vitirev : « absolument, vitiREV c’est le grand projet régional de la région Nouvelle-Aquitaine, Bergerac est très impliqué dans ce projet pour mener la viticulture vers moins de traitements, plus d’efficience, et une viticulture respectyueuse de l’environnement… » François-Xavier de Saint-Exupéry complète : « on prévient les voisins avant de partir traiter, et on s’est équipé de matériel ultra-performant,…, j’ai beaucoup de ruches au printemps et je respecte vraiment ce milieu, on met d’ailleurs dans la vigne des cultures de printemps qui permettent d’offrir du nectar… » Pierre Henri Cougnaud, directeur de la Fédération des Vins de Bergerac : « le vignoble de Bergerac est très impliqué dans la certification, qu’elle soit bio ou HVE (haute valeur environnementale) depuis plusieurs années. On a besoin de faire encore plus d’efforts, sans pour autant mettre à mal notre économie, mais plus du tout de traitement, ce n’est pas supportable d’un point de vue économique, par contre c’est un objectif environnemental et sociétal. »

Et qui dit vin dit forcément gastronomie, ces vignerons de Pécharmant sont partis rencontrer le chef Bas Holten du restaurant les Merles à Mouleydier pour voir avec quels mets assortir au mieux leurs vins. « Je vous propose un compressé de tomates, des coeurs de boeuf du jardin, avec une poitrine de porc caramélisée (la tomate a déjà une acidité, avec le rouge cela donne un goût métal, mais avec le blanc c’est super); ensuite un magret de canard laqué avec pruneau et vert jus…(là un vin rouge de Pécharmant fruité et sur la fraîcheur va accompagner parfaitement ce plat délicat avec ses petites notes relevées et ces légumes avec cette légère sucrosité… » commente Pierre Morand-Monteil).

Enfin, on ne pouvait pas quitter Pécharmant et Bergerac sans parler avec Paul-André Barriat de Quai Cyrano, le nouveau vaisseau amiral des vins de Bergerac et Durac en bord de Dordogne.

« C’est un projet qui va faire découvrir le grand bergeracois, avec à la fois l’Office de Tourisme, un Espace Cyrano et bien entendu la grande boutique des vins de Bergerac qui permet à tous les viticulteurs adhérents à la Route des Vins d’être présents », commente Paul-André Barriat président de Quai Cyrano.

Paul-André Barriat est fier de ce Quai Cyrano lancé en juillet dernier © JPS

Quai Cyrano c’est un point de départ oenotouristique vers les propriétés et les grands sites historiques majeurs de ce territoire… », Paul-André Barriat président de Quai Cyrano.

L’objectif affiché est d’y faire venir 100 000 visiteurs à l’année et d’organiser des circuits y incorporant la Cité du Vin à Bordeaux et Lascaux IV en Dordogne.

Pierre et Gérôme Morand-Monteil avec Jean-Pierre Stahl dans les chais de Terre Vieille © MPT

 A voir Côté Châteaux n°10 sur Pécharmant à 20h15 sur NOA (sur les box: Orange 339, Free 326, SFR 455 Bouygues 337 ou en direct sur internet en tapant NOA direct). Une émission réalisée par Jean-Pierre Stahl avec Charles Rabréaud.

A voir dès maintenant sur You Tube : 

13 Oct

L’Instant Pessac-Léognan : un chèque de 43000€ remis à l’association Abbé Jean Vincent

C’était jeudi soir un dîner caritatif au Domaine de Chevalier avec les châteaux de Pessac-Léognan. Cette année l’Instant Pessac-Léognan avait choisi de reverser les dons de cette soirée à l’Association l’Abbé Jean Vincent, présidée par Olivier Bernard.

L’Instant Pessac Léognan 2019 organisé au Domaine de Chevalier © JPS

L’Instant Pessac-Léognan, c’est un instant de générosité, au cours de l’année, organisé par le Syndicat des Pessac-Léognan, où une oeuvre caritative est mise à l’honneur. Depuis la création de ce rendez-vous qui se tient en septembre ou octobre, de nombreuses associations méritantes ont reçu des aides des gens du monde du vin et d’autres, comme l’association « les liens du coeur »en 2015 – qui lutte contre l’isolement des enfants hospitalisés pour subir des interventions de chirurgie cardiaque -, comme la Fondation pour la Recherche Médicale en 2016 ou encore en faveur de l’association Vaincre La Mucoviscidose en 2018.

Mélanie Cisnéros du château de Rouillac, l’époux de Catherine Barbier directrice du syndicat de Pessac Léognan, Stéphane Savigneux propriétaire du château d’Eyran et Laurent Cisnéros, propriétaire du château de Rouillac © JPS

« Je vais vous parler de la famille Pessac-Léognan, ce soir nous sommes reçus par la famille Bernard, avec le sourire d’Anne et d’Olivier, qui accueillent toujours parfaitement…et une mention particulière pour les vins de Bordeaux et de Pessac-Léognan qui soutiennent plusieurs associations, dont l’Abbé Jean Vincent qui est la cause qui nous réunit ce soir, une cause qui a laquelle répond votre générosité, celle de nombreux entrepreneurs, de négociants et courtiers », commence Philibert Perrin, président du syndicat de Pessac-Léognan.

Jacques et François Lurton, deux grandes figures de Pessac Léognan et des vins du nouveau monde © JPS

Cette année, c’est l’association Abbé Jean Vincent qui a été retenue. Depuis 1972, cette association soutient le fonctionnement du CHRS le Petit Ermitage à Léognan et la Maison Renlais de Béthanie à Saint-Morillon.

Edouard, Loïc et Tristan Kressmann de château Latour-Martillac avec Olivier Bernard du Domaine de Chevalier © JPS

Cette association, c’est un peu le jardin secret d’Olivier Bernard, propriétaire du Domaine de Chevalier, qui dans l’ombre depuis des années, y consacre du temps (il préside cette association depuis 2010, prenant comme d’autres, le relai de l’Abbé Jean Vincent décédé en 2005), mais cette fois il a décidé de communiquer autour d’elle et de faire connaître cette louable association qui poursuit l’oeuvre de l’abbé Jean Vincent :

« l’Abbé Jean Vincent a créé un centre d’accueil qui accueille 40 personnes dans la très grande précarité, des personnes qui ont passé des années à la rue, qui ont bien souvent des addictions ou des problèmes physiques… », commente Olivier Bernard.

« Il ne faut pas toujours attendre les autres ou l’aide de l’Etat, c’est ce que nous faisons, ce que nous donnons…100% des dons ont été reversé à cette association, le financement de ce dîner nous l’avons trouvé ailleurs ».

Il y a beaucoup de gens qui baissent les bras, car c’est difficile d’accueillir ce genre de personnes et on le fait avec plaisir », Olivier Bernard, président association Abbé Jean Vincent.

Et Philibert Perrin de résumer encore l’esprit de corps commun à tous ici: « en Pessac-Léognan, il y a vraiment un esprit de famille qui règne ici, ce sont des familles, avec de l’attention, avec dans une poignée de mains chaleureuse et le regard, cette envie de vous faire participer à une soirée qui nous tient à coeur. Au-delà de nos métiers, nous soutenons ceux qui en ont besoin, comme l’an dernier la mucoviscidose, la recherche médicale ou les liens du coeur ».

Invité de marque, Alain Rousset, le président de Région Nouvelle-Aquitaine, a su se faire attendre…mais a tout de même tenu à être là, en tant qu’ardent défenseur de la viticulture aussi. « On avait une réunion sur le glyphosate. et les pesticides, je suis sûr que chez certains d’entre vous, ça vous parle…Je suis très heureux d’être là, et de partager avec vous cette bienveillance. A un moment donné, il faut penser à un certain ruissellement  et retrouver du vivre ensemble », un joli mot pour clôturer cette soirée placée sous le signe de la générosité.

Philibert Perrin a remis le chèque de 43000€ au président de l’association Abbé Jean Vincent, Olivier Bernard © JPS

Un grand bravo à Olivier Bernard, qui a tenu à remercier lors de la remise du chèque de 43000 € par Philibert Perrin au profit de l’association Abbé Jean Vincent, l’ensemble des généreux donateurs de Pessac-Léognan et le club ETI des Entreprises de Taille Intermédiaire de Nouvelle-Aquitaine.

05 Oct

3e Vinexpo Explorer: le Beaujolais à l’honneur

Du 29 septembre au 1er octobre s’est tenu la 3e édition de Vinexpo Explorer. L’occasion de mettre le focus sur cette belle région viticole à travers des dégustations, du business et une découverte du vignoble.

© Vinexpo Explorer dans le Beaujolais

C’est un concept très axé business, qui a permis à 70 acheteurs internationaux, de 32 nationalités, de développer des relations d’affaire avec les vignerons du Beaujolais. Pendant deux jours, l’occasion leur était donnée de découvrir la richesse viticole d’une région.  

Bienvenue au royaume du Gamay, au sud de la Bourgogne, le Beaujolais jouit de conditions idéales pour la viticulture, avec son ensoleillement et la variété de ses sols favorisent la production de vins qui surprennent par leur diversité. « Beaucoup d’acheteurs connaissent le Beaujolais, mais ils ne connaissent pas la vigne, les gens, les vins », commente Dominique Piron, président d’Inter Beaujolais. Vinexpo Explorer a permis   de mettre en lumière toute la richesse viticole de notre région.

Au delà des affaires signées aujourd’hui, je suis convaincu que les ÈÀ acheteurs internationaux sont désormais et pour toujours, de véritables ambassadeurs du Beaujolais », Dominique Piron, président d’Inter Beaujolais

Le Beaujolais, ce sont 14 000 hectares de vignes, avec 2 000 hommes et femmes, 9 caves coopératives et 197 négociants. Ses vins proviennent de 12 appellations – les crus 100 % rouges : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin à Vent, Régnié, Saint-Amour ; et les Beaujolais et Beaujolais-Villages qui se déclinent dans les trois couleurs et en vin nouveau.

« Les vins du Beaujolais viennent parfaire les portefeuilles de marques des acheteurs internationaux », selon Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexpo. « La présence de 21 acheteurs d’Asie-Pacifique, 10 d’Amérique du Nord, 11 d’Amérique latine, et 28 d’Europe, Moyen Orient d’Afrique, était déjà un succès.Les entendre exprimer leur enthousiasme après deux jours de dégustations et de négociations d’affaires nous démontre que les vins du Beaujolais ont un bel avenir devant eux. »

Si les exportations ont augmenté de 10,6 % au premier semestre 2019 par rapport à   2018, selon les douanes, l’annonce cette semaine de l’augmentation de 25% des taxes sur les vins français a déjà eu des répercussions selon Louis Fabrice Latour qui a confié que les premières annulations de commandes avaient touché le Beaujolais, avec en ligne de mire la célébration du Beaujolais Nouveau le 3e jeudi de novembre prochain… « 

Mon distributeur new yorkais m’a appelé en me disant ‘mauvaise nouvelle, j’ai déjà un de vos principaux clients de Beaujolais nouveau qui nous a annulé… On a perdu 2.000 caisses, ce n’est pas rien !”

Affaire à suivre.

01 Oct

Vendanges de l’UBB : plaquages de raisins en Côtes de Bourg

En fin de matinée, les joueurs de l’UBB ont déferlé pour faire la razzia dans les rangs de vigne du château Gros Moulin en Côtes de Bourg. 40 gros bébés de l’UBB ont défié les grappes de malbecs. Score final: UBB 53-Malbecs…14°

L’UBB une équipe soudée et sur la pelouse et dans les vignes © JPS

« Bonne vendange à tous, il y a de très jolis raisins cette année », ils sont arrivés à 10h45 au château Gros Moulin, tout juste pour le café encore chaud et pour la perception du paquetage de vendangeur. Ils ont ainsi troqué short et maillot, contre tablier et chapeau…

Pour certains joueurs de l’UBB, c’est un nouveau terrain de jeu, alors que d’autres ont déjà une grande expérience de ces baies rondes, à l’instar de Marco Tauleigne 3e ligne, présent depuis 2013 pour ces sympathiques vendanges. « Quand je suis arrivé en 2013, c’est la 1ère fois qu’ils faisaient ça,  donc j’ai le coup de mains maintenant », Marco Tauleigne 3e ligne

C’est toujours une émotion de recevoir l’UBB en Côtes de Bourg, puisqu’on a démarré cette relation dès la Pro D2, Stéphane Donze président des Côtes de Bourg.

Et d’ajouter : « c’est un intérêt pour l’UBB de pouvoir rassembler et son staff et les joueurs, on a inscrit cela dans leurs programmes », précise Stéphane Donze président du syndicat viticole des Côtes de Bourg.

Alors que certains s’appliquent à couper ces malbecs, d’autres papillonnent et goûtent les baies de raisins, parlent de la pluie et du beau temps ou plutôt du mascacet…

Je ne sais pas si c’est un bon décrassage, en tous les cas on fait en sorte de perpétuer une tradition, même si c’est une semaine particulière pour nous  parce qu’ayant joué dimanche un match à Montpellier et en partant rejouer samedi à Lyon, c’est pas facile à gérer mais il me semblait important de le faire », Christophe Urios manager de l’UBB

Dans le groupe, il y a des petits malins qui ont jugé plus opportun d’être porteur plutôt que coupeur: « je pense on a mal calculé, on pensait que c’était plus facile de faire porteur mais c’est équivalent… » commente Zakaria El Fakir 3e ligne. Pour Didier Gontier, directeur des Côtes de Bourg : « il y a un petit peu d’expérience parmi les dirigeants et le staff, mais après il y a besoin un peu de pratique notamment au niveau des porteurs… »

Et en un peu moins d’une heure, la récolte des malbecs était pliée…ou presque : « c’est pas encore gagné, même la 12e génération fait mieux que certains », précise avec humour Rémi Eymas propriétaire du château Gros Moulin, 11e génération de vignerons (depuis 1757), tenant sa petite fille dans ses bras.

Car vu le programme ou la feuille de match concocté(e) par Christophe Urios, on leur a promis d’autres maillots, des robes en fait pour être intronisés dans la Connétablie de Guyenne en Côtes de Bourg, c’est bien aussi pour la cohésion du groupe….

On est sur une bonne lancée, on se sent bien, ça se sent sur le terrain, donc oui ça roule plutôt bien », Mahamadou Diaby capitaine de l’UBB

4 joueurs de l’UBB intronisés dont Alexandre Flanquart, Thierry Païva, Rémi Lamera, Christophe Urios © JPS

Invaincu depuis le début du championnat, après son match nul à Montpellier dimanche, l’Union Bordeaux Bègles est aujourd’hui 2e du classement de Top 14. De quoi ravir les spectateurs de Bourg qui pour la 1ère fois ont pu assister à un entraînement à domicile de leur équipe fétiche, comme Julian « c’est bien on a de la chance de les avoir chez nous, on est content, c’est des stars » et  ce qui fait dire à Mathias Oçafrain le mot de la fin: « Christophe Urios fait un super beau boulot, ils sont 2e au classement, donc c’est vraiment exceptionnel pour eux, on était toujours 6e ou 7e, et là il fait un super boulot avec ses joueurs… Vive Christophe Urios et Vive ‘UBB ! »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine, Françoise Dupuis, Vincent Issenhuth 

27 Sep

« En voiture Simone », le Cadillac Tour redémarre le 17 octobre à Bordeaux !

Cela sera le 4e Cadillac Tour et 2e à Bordeaux. 20 vignerons de Cadillac Côtes de Bordeaux seront dans une vingtaine de bars à vins de la gare à la Cité du Vin en passant par Saint-Michel et les Chartrons pour faire découvrir les vins de Cadillac blancs liquoreux ou rouges. Avec une belle Cadillac qui fera le show tout au long du trajet de 18 h à 21h30.

Lucille Auger des Côtes de Bordeaux, Hugues Hardy du Château Faugas et Emma Baudry © JPS

C’était jeudi dernier une rencontre avec les Cadillac Côtes de Bordeaux chez Jean, place du Parlement. L’occasion pour cette appellation qui se bouge, et pas seulement en Cadillac (mais qui en joue énormément), de faire parler de cette appellation qui produit de bons moelleux, liquoreux aussi mais aussi de grands vins rouges à des prix attractifs.

« LA TOURNEE DES GRANDS DUCS » EN CADILLAC

Sur le pont Emma Baudry, responsable de l’Union des vins doux de Bordeaux, et Hugues Hardy, vigneron du château Faugas, et Lucille Auger des Côtes de Bordeaux, nous dévoilent le prochain Cadillac Tour qui aura lieu à Bordeaux le 17 octobre prochain.

L’an dernier, le 1er Cadillac Tour Bordeaux avait connu un joli démarrage avec 15 vignerons présents sur 14 lieux, qui ont permis de faire 1000 dégustations et de toucher 30000 personnes sur les réseaux sociaux. « L’an dernier, il a fallu convaincre les cavistes et les bars pour nous recevoir, cette année il y a beaucoup de demandes spontanées, ils se sont tous portés volontaires.

C’est une appellation fière de ses traditions, mais qui s’inscrit dans le modernisme », Hugues Hardy du château Faugas.

Notre cible ce sont des hommes et des femmes, dans les grandes villes, de 25 ans et plus. Avant le public ne savait pas où nous situer, maintenant on commence à avoir des rayonnages dédiés à notre appellation… Nos vins sont uniquement mis en bouteilles au château et vendus à la propriété, on n’a pas de marché en vrac, ou pour le négoce », explique ce jeune vigneron du château Faugas, exploitant 13 hectares de vignes en rouge et blanc moelleux à Gabarnac. Un château où a été tourné en 1977 une scène du film « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » de Coluche avec Gérard Lanvin…mémorable.

Un château Reynon, en souvenir de Denis Dubourdieu © JPS

Pour cette 2e édition le 17 octobre, 18 vignerons seront mobilisés en 18 lieux de Bordeaux, avec une Cadillac rutilante qui fera escale de bar en cave et de cave en bar, de la gare Saint-Jean à la Cité du Vin en passant par Saint-Michel et les Chartrons. « La voiture, c'(est bien sûr l’élément de curiosité, qui va attirer le regard » et permettre aux amateurs de se faire prendre en selfies devant, voire dedans.

Ce concept plait beaucoup, notamment dans ces quartiers vivants, auprès des jeunes actifs » Hugues Hardy du château Faugas.

Ainsi après Bordeaux, Paris, Nantes, et de nouveau Bordeaux, « un prochain Cadillac Tour aura lieu à Lille l’année prochaine le 9 avril ».

Une Cadillac se rendra de cave en bar à vins et vice versa sur une vingtaine de lieux avec Benjamin Bardel © Cadillac Tour

DES VINS QUI MERITENT DE SE FAIRE CONNAITRE

Le vignoble de Cadillac Côtes de Bordeaux est réparti sur 22 communes et compte 250 vignerons qui produisent des rouges et des blancs  moelleux et liquoreux.Plus de 60% du vignoble est en agriculture biologique ou certifié HVE (haute valeur environnementale), « l’objectif est de passer à 90% en 2020, à ce jour 155 vignerons sont certifiés. » Hugues Hardy ajoute aussi la démarche engagée sur « le classement Unesco de l’ensemble des Côtes de Bordeaux, il faut le souhaiter pour bloquer ces PLU qui construisent n’importe où, au mépris de la vie agricole, la pression urbaine est claire et nette. Nous en sommes à une étude de faisabilité, l’objectif est de mobiliser les élus autour d’un projet structurant et des territoires. »

L’augmentation de vente auprès des étrangers est de 4%, 11% auprès des Girondins, de l’Ile de France, du Royaume Uni et de la Belgique. La Maison des Vins de Cadillac a connu une affluence de 18250 personnes l’an dernier, avec une moyenne de 2,3 à 2,5 bouteilles achetées, des bouteilles dont les prix varient entre 8 et 16€.

24 Sep

Le N°5 Wine Bar sacré pour la 3e fois meilleur bar à vins au Monde

Cocorico, le N°5 Wine Bar de Toulouse vient  de gagner le plus titre de meilleur bar à vin du monde… pour la 3e fois. Après ses titres de 2018 et 2017, il a reçu ce nouveau prix à Londres le 11 septembre dernier.

© Le N°5 Wine Bar à Toulouse: deux étoiles bientôt rejointes par la 3e

Les propriétaires du N°5 Wine Bar ont de quoi être fiers, Anne et Thomas Cabrol ont remporté de nouveau ce titre en 2019, qui traduit de nombreux efforts.

Cette adresse hors du commun avait déjà été élu Meilleur Bar à vins du Monde en 2017 et 2018, et d’Europe, en 2016,2017et 2018.

© Thomas Cabrol qui a décroché sa 3e étoile le 11 septembre

Ce sont pas moins de 4000 références de vins qui y sont proposées, avec 500 vins au verre, ce qui lui a d’ailleurs valu aussi la récompense de « meilleur établissement pour le vin au verre. » Cette adresse est bien connue pour ses fabuleux accords mets et vins.

Le Wine Bar est ouvert du mardi au samedi de de 18h à minuit.

Regardez le reportage de mes confrères d’Occitanie : 

23 Sep

Saint-Julien : les 100e vendanges de la famille Cordier au château Talbot

 Alors que c’est aujourd’hui un coup d’envoi des vendanges en rouges un peu partout dans le bordelais, Nancy Bignon-Cordier et son époux Jean-Paul Bignon célèbrent les 100 ans des vendanges à château Talbot. C’est l’arrière grand-père, Désiré Cordier, viticulteur originaire de Toul en Lorraine, qui avait acheté le domaine en 1918, après avoir acquis 3 autres châteaux du bordelais. 

Une troupe de 55 vendangeurs fidèles depuis des années qui viennent du Portugal © JPS

C’est un moment historique et d’émotion pour Nancy Bignon-Cordier car c’est aujourd’hui le coup d’envoi des 100e vendanges de sa famille au château Talbot, 4e cru classé 1855, à Saint-Julien-Beychevelle.

Son arrière-grand-père Désiré-Nicolas Cordier, que la famille appelait « papa Dé », était venu de Lorraine, de Toul très exactement où il était viticulteur et producteur de gris de Toul, juste avant la 1ère guerre mondiale. Il avait installé sa famille en Gironde, sans doute par crainte d’une nouvelle guerre, après la triste guerre de 1870-71 qui avait marqué de nombreux Lorrains.

Nabcy Bignon Cordier, arrière-petite-fille de Désiré Cordier et son époux Jean-Paul Bignon, ancien avocat qui travaille à ses côtés © JPS

Un centenaire qui procure « beaucoup de fierté, et une grand joie et on espère continuer encore et encore », me précise Nancy Bignon-Cordier, la propriétaire de château Talbot, château qui doit son nom au célèbre Anglais John Talbot, qui malheureusement pour lui a été vaincu lors de la bataille de Castillon en 1453.

« En arrivant, je pense qu’il connaissait cette région, car en tant que viticulteur en Lorraine, il avait du se promener un peu partout en France, il est devenu amoureux de la région et c’est comme cela qu’il acquis plusieurs propriétés », continue Nancy Bignon-Cordier.

Château Talbot, un 4e cru classé à Sain-Julien © JPS

Avant château Talbot, Désiré Cordier avait acheté 3 châteaux dont Lafaurie-Peyraguey (1er cru classé de Sauternes), Fanning Lafontaine dans les Graves et Gruaud-Larose (2e cru classé). Il avait un savoir faire qu’il a su transmettre.

« On recherche un certain équilibre, avec certes des tanins, mais beaucoup d’acidité », m’explique Jean-Michel Laporte directeur à la table de tri. « On recherche l’équilibre et la longueur en bouche, plutôt que la puissance. C’est un vin un peu d’esthète, un peu d’amateur éclairé, et Talbot traverse les siècles, c’est vraiment cela, cette idée de la famille, d’un terroir que je veux aujourd’hui préserver avec Mr et Mme Bignon »

Désiré Cordier s’était aussi aperçu d’une longévité exceptionnelle des habitants du Médoc qui dépassaient allègrement les 80 ans, à tel point qu’il avait fait venir ici Albert Lebrun en 1934…

Jean-Paul Bignon et son épouse Nancy Bignon-Cordier dans le grand chai de château Talbot  © JPS

« C’est pour cela qu’il avait fait venir le président de la République de l’époque, pour justement fêter la longévité des gens du Médoc », commente Nancy. Et Jean Paul Bignon de compléter : « il avait, avant tout le monde, inventé le « french paradox », c’est à dire : boire du vin avec modération avait plutôt tendance à faire que les gens vieillissaient mieux et plus longtemps et il l’avait constaté dans le Médoc. »

Cordier, un grand nom qu’il a laissé aussi à une célèbre maison de négoce bordelaise. Une histoire qui se perpétue aujourd’hui.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Charles Rabréaud

19 Sep

10 000 vignerons et négociants de Bordeaux attendus au match Bordeaux-Monaco

Cette année encore, l’opération grappe et ballon rond est une affaire qui roule. A l’occasion de la 14e journée de ligue 1, 10 000 vignerons et négociants seront invités au grand stade le 23 novembre prochain au match Bordeaux-Monaco. Cette opération est née en 2017 après le terrible gel qui avait fait perdre 40% de récolte à Bordeaux, histoire de montrer la solidarité des Girondins avec leurs partenaires et le vignoble de Bordeaux.

10 000 places vont être mises à disposition exclusive des vignerons, négociants, de leur famille et des équipes des châteaux, via une plateforme dédiée.

Cette 2e opération, reconduite le 16 septembre, a été décidée à l’origine à redonner du baume au coeur de l’équipe gagnante de la viticulture bordelaise, qui avait un genou à terre, taclée par un gel quasi meurtrier. En effet fin avril 2017, pratiquement tout le vignoble avait été plus ou moins touché par le gel, un gel qui a fait perdre exactement 39% de la récolte à Bordeaux. Bordeaux en paie toujours les stigmates car de nombreux marchés ont été perdus, la concurrence notamment étrangère a réussi à les récupérer et le tableau (de match) n’est toujours pas rose.

La couleur Bordeaux sera en tout cas sur les maillots ou dans les coeurs de tous pour ce match du 23 novembre. Comme à l’automne 2018 où 7000 vignerons et négociants, et toute leur famille, étaient venu applaudir les Girondins à l’occasion du match Bordeaux-Saint-Etienne, les tribunes seront envahies de la même manière par une horde de vignerons aux mains violacées, à peine remis de la vendange 2019, qui pour l’heure s’annonce pas mal.

Comme le veulent le Civb et les Girondins, cette démarche se résume ainsi : « les vignerons et négociants de Bordeaux sont les premiers supporters des Girondins ; et les Girondins les premiers supporters des vignerons et négociants de Bordeaux ».

 

12 Sep

Bordeaux Fête ses Vendanges : les vins de Bordeaux à l’assaut des restos…

C’est parti cet été d’une initiative conjointe du Conseil Interprofessionnel du Vin, des Vins de Bordeaux et de la Ville de Bordeaux de remettre en avant les vins de Bordeaux dans les restaurants de Bordeaux. L’occasion de cette période des vendanges était trop belle pour que Bordeaux Fête ses vendanges partout dans la ville.

« On n’est pas forcément à la base ambassadeur des vins bordelais mais on est quand même chauvin », Joao Lopes a lancé un concept de bars à vins resto à tapas à Saint-Michel, avec Donestia. Un restaurant qui n’avait quasiment plus de Bordeaux à sa carte. Le CIVB lui a proposé de participer à l’opération. Banco a-t-il répondu.

« C’était l’idée du projet de se démarquer de beaucoup d’établissements qui proposent du vin local, il y a des bars à vins partout en ville et l’idée c’était de se démarquer de cela et de faire voyager un peu les gens, et nous on est ambassadeurs de vins hispaniques », me confie Joao Lopes.

Christophe Chateau du CIVB avec la bouteille symbole de l’opération Bordeaux Fête ses vendanges © JPS

Pour contrer cette concurrence étrangère et ces vins hispaniques, argentins et chiliens qui ont envahi les cartes et ardoises, le CIVB a décidé de mener cette opération de mise en avant des Bordeaux avec une centaine de restaurants.

« Il y a eu un peu une mode de dire, il n’y a pas que Bordeaux dans le monde et dans le vin et on est d’accord, mais on est à Bordeaux les touristes viennent du monde entier pour voir la ville et la Cité du Vin, donc c’était un peu dommage qu’ils ne goûtent pas le produit local », commente Christophe Chateau directeur communication du CIVB, accompagné de Céline en charge du marketing des vins de Bordeaux.

Dans cette célèbre brasserie La Belle Epoque qui a changé récemment de propriétaire, les nouveaux gérants ont décidé de mettre davantage de Bordeaux à leur carte pour répondre à la demande des clients.

« Ici on reçoit beaucoup d’étrangers de mai à fin octobre, alors même si on essaie d’avoir quelques vins du reste de la France, principalement on nous demande du Bordeaux et on vend du Bordeaux », commente Sophie Wolf gérante de la Belle Epoque.

Hervé Valverde, une carte de vins de Bordeaux remarquable au Bistro du Sommelier … JPS

Depuis plus de 30 ans, au Bistrot du Sommelier dan le quartier Mériadeck, on ne fait ici que des grands vins de Bordeaux et des petites pépites, maintenant que certains grands vins ont augmenté. Ce qui ravi aussi le consommateur : « Ici, c’est la découverte de châteaux, de vins que j’ai pas l’habitude d’avoir chez moi », commente Olivier Thomas..

Pour le patron du Bisto du Sommelier Hervé Valverde : « en sortant des grandes appellations, les vins de Côtes, les Côtes de Bourg ou de Blaye on trouve de très très belles chosespour se faire plaisir, le principe de ma maison c’est de vendre des Bordeaux, on va dire, à des prix attractifs…

Céline du marketing CIVB, Sophie Wolff de la Belle Epoque et Christophe Chateau © JPS

Au-delà de ces 4 jours de festivités, de Bordeaux Fête ses vendanges, le but affiché est de regagner du terrain toute l’année dans les restaurants, chez les cavistes et bars à vins de Bordeaux.

Pour tout savoir sur Bordeaux Fête ses Vendanges et de la Fête du Triangle d’Or

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, et Charles Rabréaud :

10 Sep

Vendanges 2019: saga Bernard, un savoir faire de grands blancs

Côté châteaux vous réserve un focus sur la famille Bernard dans sa prochaine émission Côté Châteaux diffusée à partir du 16 septembre sur NoA sur les vendanges en blancs, en Pessac-Léognan et en Sauternes. Car au Clos des Lunes, 64 hectares en Sauternes, la famille Bernard, du Domaine de Chevalier, fait essentiellement des blancs secs depuis 2011. Si elle a conservé 15 hectares pour faire du liquoreux, elle fait des secs sur 49 hectares avec ses Clos des Lunes d’Or, d’argent et blanches.

Hugo, Adrien et leur père Olivier Bernard au Domaine de Chevalier dans un chai de blancs où est élevé le millésime 2018 © Jean-Pierre Stahl

En ce mardi 3 septembre, c’est le 1er jour de vendange des blancs secs. « Bonjour à tous, l’objectif est toujours le même: bien doré, pas de vert, on essaie de faire un tri un peu serré », explique Hugo Bernard à sa troupe de vendangeurs.

Tous se montrent très appliqués pour ces vendanges par tries successives, pour ne prendre que les grappes mûres et repasser plus tard pour les autres.

C’est quelque chose qu’on nous a appris très tôt, un grand raisin c’est un raisin mûr, c’est le coeur du métier pour faire des grands blancs », Hugo Bernard.

« C’est quelque chose qu’on m’a appris petit, tout cela c’est une question d’équilibre dans le choix. C’est notre 1er jour de sec donc les choix vont s’affiner de mieux en mieux ».

Au nouveau chai du Clos des Lunes, domaine acheté en 2011 par la famille Bernard, rentrent les canettes de cette première récolte. Sur le pont à la réception Jean-Charles et Thomas Meilhan le maître de chai.

1er jour de vendanges à Clos des Lunes à Sauternes © JPS

« Là nous avons un pressurage automatique de deux heures et demi de temps, pour libérer ces jus…

C‘est un pressurage très lent on est sur une grappe entière, il faut éclater ces raisins tranquillementsans créer une pression trop forte…et extraire toute la quintessence à l’intérieur de ces raisins », Thomas Meilhan maître de chai du Clos des Lunes.

A l’analyse, le degré est de 13, avec une acidité totale de 4,4 et un PH de 3,12: « cela veut dire un très bel équilibre, une belle fraîcheur qui laisse présager un beau lot pour le grand vin », explique le maître de chai Thomas Meilhan.

Dans le chai à barriques, Hugo Bernard me confie:  « l’avantage des barriques c’est de faire des petits lots. On essaie de faire un maximum de petits lots, car on va faire des assemblages à la fin avec chacun des petits lots qu’on aura travaillé chacun de leur côté et ils vont apporter différentes choses dans notre vin. Ici on essaie d’avoir 20% de barriques neuves, ce n’est pas énorme, on n’essaie pas d’avoir une prise de bois énorme, l’idée de ce bois c’est vraiment d’affiner ces lots sur des lies très fines pendant 12 ou 18 mois pour la Lune d’argent ou la Lune d’or. Ici il va y avoir 150 barriques et dessus il va y avoir un choix de 25 pour faire la Lune d’Or ».

Quand on fait un selfie avec le trio, on dit merci Bernard…© JPS

Au Domaine de Chevalier à Léognan, je retrouve les 3 Bernard le père Olivier et ses deux fils Adrien et Hugo qui en file indienne, presque en communion oserais-je, me mènent dans leurs grands chais. Après avoir traversé le chai qui s’apprête à accueillir le 2019, ils me font entrer dans un second chai à barriques de blancs où repose le millésime 2018 depuis un an déjà…« le vin est assez gras, il fait presque penser à un Bourgogne… » dixit Olivier Bernard en goûtant son « bébé.  Il m’explique ensuite religieusement: « on ne fait pas des grands vins par chance, mais avec beaucoup de détails, beaucoup d’engagement, beaucoup de passion…avec beaucoup d’hommes et de femmes mais en même temps beaucoup de respect de la nature et de la terre. et c’est l’ensemble de ces éléments qui doivent être bien équilibrés. Ni trop d’homme, ni trop de terre, ni trop d’acidité, ni trop de sucre…

J’aime bien parler d’équilibre, de cette ligne magique sur laquelle les vins blancs se promènent, mais la base c’est d’être né sur un grand terroir… Et c’est tous ces éléments qui en parfaite harmonie donnent ces grands vins blancs. Où finalement il y a tout mais rien de trop », Olivier Bernard du Domaine de Chevalier.

Dans la bibliothèque, c’est alors la dégustation d’une bouteille de Lune d’Argent 2015, où les Bernard goûtent avec passion et technicité leur bébé. « Chaque millésime est différent et chaque année, on va apprendre. Moi, cela fait 35 ans que je fais du vin, et j’apprends tous les ans.  C’est un métier complexe, fait de diversité et de complexité que j’aime transmettre à mes enfants, » selon Olivier Bernard.

Quant à la transmission : « cette transmission de savoir, c’est cela que l’on suit aujourd’hui, qu’on est en train d’essayer de construire, d’une génération à l’autre. Pour moi, l’objectif est toujours d’aller un peu plus loin et de faire les plus grands vins d’un millésime à l’autre », m’explique Adrien Bernard.

Et le mot de la fin revient à Olivier Bernard avec toutes ses années de vigneron derrière lui : « le bon vin, c’est celui qui vous donne du plaisir, mais le grand vin, c’est celui qui vous donne l’émotion ».