07 Sep

35e marathon du Médoc : une grande fête populaire due à la mobilisation et la passion des châteaux

Revivez en images et en vidéo le 35e marathon des châteaux du Médoc. Nous vous avons fait vivre, durant plus de 6 heures d’antenne sur Noa, ce grand rassemblement populaire, qui sans l’envie des châteaux et la mobilisation des 3000 bénévoles, employés et propriétaires des châteaux ne serait pas ce succès que l’on connaît.

Au château Grand Puy Lacoste, au 2e kilomètre du parcours, l’équipe de Noa et France 3, Philippe, Charlotte, Thierry, Eric et JPS avec la famille Borie :  Emeline (à ma droite) et son frère Pierre-Antoine (à gauche) © JPS

Retrouvez ici la première émission sur NOA avec Pascal Zuddas, Fabrice Bidault, Jean-Pierre Stahl et Charlotte Sariq, réalisation Bruno Villa: 

Ambiance village gaulois avec le groupe Assurantourix &Band au château Pédesclaux au kilomètre 22 à Pauillac © JPS

Vincent Fabre, le président du Marathon du Médoc, Manon Lorenzetti à la tête de Pédesclaux et Emmanuel Cruse le Grand Maître de la Commanderie du Bontemps au kilomètre 22 © JPS

Les Supers Héros, tel était le thème cette année, à consommer avec modération Mr Superman ! © JPS

Bruno Duboscq, le propriétaire du château Haut-Marbuzet à Saint-Estèphe © JPS

Retrouvez ici la seconde partie d’émission de l’après-midi sur Noa:

AND THE WINNER IS…

  • Le super héros 2019: Freddy Guimard, 2e victoire au Marathon des Châteaux du Médoc en 2h 26min 42s 
  • The Wonder Woman:  Nathalie Vasseur, 15è victoire chez les femmes au Marathon: 2h 58min 40s 

Chaude ambiance avec le groupe médocain « Rodéo sur Juliette » avec Jésus coureur qui s’est arrêté quand il a entendu la reprise de « Jésus revient parmi les siens… » de la Vie est Un Long Fleuve Tranquille film d’Etienne Chatillez © JPS

Au château Montrose avec Hélène Brochet, au kilomètre 37 à Saint-Estèphe, dernier direct avant la dernière ligne droite…pour Pauillac et pour nous monter le sujet du soir du 19/20 © JPS

Un joli couple en rose au château Montrose 2nd cru classé 1855, on est raccord au rose alors… © JPS

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Gardet, Eric Delwarde et Stéphanie Plessis : 

06 Sep

C’est parti pour une nouvelle saison de masterclass à la Vinothèque de Bordeaux avec les châteaux de Camensac et Chasse Spleen

C’était hier soir le retour des Masterclass en plein coeur de Bordeaux. La Vinothèque accueillait Céline Villars-Foubet propriétaire des châteaux de Camensac et de Chasse Spleen pour une rencontre-dégustation d’1h30 avec une trentaine de passionnés.

Céline Villars-Foubet à la Vinothèque de Bordeaux @ Jean-Pierre Stahl

C’est un moment privilégié et assez exceptionnel pour tous ces amateurs de grands vins… Participer à une masterclass avec la propriétaire de Camensac et de Chasse Spleen, deux noms de grands châteaux du Médoc, un 5e cru classé en Haut-Médoc et une pépite de l’AOC Moulis, que Julien Doré a mis en avant en 2014 dans « Paris-Seychelles »

Tiens 2014, c’était justement le millésime que Céline Villars-Foubet avait décidé de faire déguster, moins recherché que les 2015 ou 2016, mais un millésime tout-à-fait honorable. « Depuis 2000 avec mon mari Jean-Pierre, nous avons eu l’idée de mettre une citation d’écrivain sur la bouteille: de 2000 à 2005, des citations de contemporains de Beaudelaire et depuis 2006, des écrivains vivants. Sur cette bouteille de 2014, Frédéric Beigbeder y a inscrit: « le chasseur de Spleen finit par collectionner des trophées de un mélancolie. »

Pour cette Masterclass, ce sont une trentaine d’amateurs, de connaisseurs et de passionnés de grands crus qui se sont retrouvés au 1er étage de l’immeuble de la Vinothèque de Bordeaux, juste au-dessus de la fameuse cave, située à deux pas du Grand Théâtre. « Je suis ravie de commencer la saison avec vous qui êtes venus si nombreux », commençait Céline Villars qui se présente notamment comme la soeur de Claire Villars à la tête de Ferrière et belle-soeur de Gonzague Lurton du château Durfort-Vivens. Avec sa famille, ils sont présents et propriétaire dans les 10 appellations du Médoc, pas mal…La réussite de sa famille remonte après guerre: « mon grand-père était pinardier, il était négociant chez Ginestet, il a commencé à acheter Haut Bages Libéral, Ferrière, Gruaud Larose, Citran…J’ai hérité de Chasse Spleen et j’ai pu acheter la moitié de Camensac. A partir de 2005, on a commencé à réveiller la belle endormie, Camensac était très visible dans les supermarchés, on a amélioré la qualité avec ce fabuleux terroir où l’on a deux types de graves; on allie différents types de caractères, si on a 68 hectares en production (sur un domaine de 75) on dénombre pas moins de 150 parcelles en HVE3. »

Madeleine Gaschignard qui a eu un faible pour le 2009 bien équilibré © JPS

« Camensac en gascon signifie le chemin qui mène à l’eau » (car il y avait à cet endroit beaucoup de jalles qui menaient à la Gironde) , commentait Céline Villars-Foubet, mais ce soir-là nos aficionados préféraient trouver le chemin qui mène à la dégustation de ses 5 vins : la closerie de Camensac 2014 (second vin du château) pour débuter « c’est the rapport qualité-prix » dit-elle avec un assemblage 70% cabernet-sauvignon et 30% merlot issus de jeunes vignes, puis château Camensac 2015 « extrêmement solaire, un grand millésime de garde, encore trop jeune pour être apprécié », mais qui dévoile déjà « une trame tannique assez fine, une texture soyeuse, velours… »

Une trentaine de connaisseurs et passionnés dans l’assistance dont Céline et Yannick Terrasse, ici avec Stéphane Venance © JPS

Une soirée riche en échanges et notamment sur l’essor des propriétés viticoles bordelaises qui finalement est assez récent comme aimait le rappeler Céline Villars-Foubet hier : « la prospérité à Bordeaux est relativement récente, depuis les années 90, avec aussi des phénomènes cycliques de crises… Le millésime 90 était l’un des meilleurs et pas très cher, à partir du 95 et avec aussi le 96, on a eu 2 grands millésimes successifs, puis le 2000 avec ses 3 zéros qui a attiré les convoitises et le commerce. Depuis cette époque, on a investi, refait les châteaux et les jardins. »

Le lien est tout trouvé avec 2009 de Camensac, un millésime opulent, très rond, fruité avec ses tanins soyeux et fondus, un millésime qui a fait plutôt l’unanimité dans l’assistance: « 2009, c’est le meilleur, j’aime bien les vins vieux, même si le 2015 n’est pas mauvais (pour ne pas dire bon, mais à attendre), c’est un millésime plus rond, velouté, à boire aujourd’hui et à acheter ça s’est sûr », me confiait Yannick Terrasse, un client fidèle venu de Saint-Morillon, avec son épouse Céline. Pour Madeleine Gaschignard de Bordeaux, « j’ai aimé le 2009, bien équilibré, des tanins souples, rond, très bon, avec un nez de vin vieilli, de cuir et fruits mûrs, une texture ultra souple, comme le 2015 beaucoup de fruits rouges… »

Stéphane Venance de la Vinothèque de Bordeaux et Céline Villars-Foubet de Camensac et Chasse Spleen © JPS

Autre moment exquis, avec la dégustation en avant-première de ce Chasse Spleen 2018 en blanc, tout juste mis en bouteille et que l’on va retrouver lors de la foire aux vins de la Vinothèque, un blanc sec très fruité avec ses notes d’agrumes, assemblage de 55% de sémillon, 45% de sauvignon et 5% de muscadelle.

Il y a un réel engouement autour de ces Masterclass, dont le succès ne se dément pas notamment à chaque Bordeaux Tasting en décembre avec Terre de Vins. La Vinothèque de Bordeauxsouhaite pérenniser ce modèle et en faire un réel rendez-vous: « on souhaite en faire une par mois, cela crée des liens avec les châteaux, cela démystifie et en plus en fait cela sur un format court d’une heure… », mais qui peut déborder avec la passion mutuelle des uns et des autres. « On a fait déguster Cos d’Estournel, mais aussi Léoville Barton avec Liliane Barton qui nous avait fait l’honneur d’être là, la dernière fois c’était très sympa avec Jean-Jacques Dubourdieu (le fils de Denis Dubourdieu) qui a fait déguster Reynon, Floridène et Daisy Daëne, là c’était un côté un peu plus technique, plus vigneron, capable de dire il faisait tel temps tel mois de septembre… »

Bref que de belles rencontres et des moments de partage et de plénitude que Côté Châteaux aime vous faire découvrir.

Les Masterclass de la Vinothèque de Bordeaux, une fois par mois, renseignements:  05 56 52 32 05

05 Sep

Emission spéciale 35e Marathon du Médoc sur NoA en direct du parcours et des châteaux du Médoc

Samedi 7 septembre, 8500 coureurs vont s’élancer depuis Pauillac pour sillonner les route et châteaux prestigieux du Médoc. Une course à suivre Sur NoA avec de nombreux points de directs dont ceux des châteaux partenaires qui attendent les coureurs et l’événement avec impatience. Côté Châteaux sera sur le pont avec eux, avant goût de ce qui vous attend.

« Les Supers Héros » vont faire leur show. Avec un tel thème pour ce 35e Marathon du Médoc, on s’imagine déjà que certains vont se sentir pousser des ailes et vont vouloir survoler ces 42,195 kms. Votre serviteur alias Batman ne va pas voler plus haut que d’habitude mais va rester ancré sur ce terroir de graves et en compagnie des châteaux qui serviront les ravitaillement et dégustations car 21 points de dégustations sont prévus.

En revanche, Emeline Borie fait figure de SuperWoman, car elle se souvient avoir participé au 1er marathon en 1984 : « j’étais déjà là mais pas bien vieille, j’avais 2 ans car je suis née en 1982. On a participé à tous, depuis toujours, mon grand-père Jean-Jacques Borie membre de la Commanderie du Bontemps avec Henri Martin ont été parmi les 1ers à accueillir le marathon. Le marathon passait par le parc en bas du château, à l’époque on donnait des éponges et on faisait quelques dégustations, puis on a arrêté et on les a reprises pour le 30e anniversaire, mais vu qu’on est au 2e kilomètre, pas cette année car ça sera l’heure du petit déjeuner. »

Le Marathon, c’est un événement festif, ça fait partie de notre ADN, le Médoc sans son marathon, il manquerait quelque chose », Emeline Borie du château Grand Puy Lacoste.

Pour ce 5e grand cru classé 1855, le marathon véhicule une image fort sympathique du Médoc dans le monde entier car la moitié des participants sont étrangers. « Quand on voyage dans le monde, Pauillac les gens connaissent et le marathon aussi, quand ils parlent du marathon ils ont des étoiles dans leurs yeux !« , continue Emeline Borie. Les coureurs vont donc passer à travers cette propriété de 90 hectares d’un seul tenant, dont 60 en production. Grand Puy Lacoste sort chaque année entre 250000 et 280000 bouteilles dont 150000 de 1er vin, pour une propriété qui est en agriculture raisonnée, HV3 depuis 1 mois, et qui a quelques parcelles qui s’essaient au bio.

Le marathon, c’est en fait une passion, un sacerdoce, une émotion, une mission. Ainsi Vincent Fabre, son Président, mais aussi vigneron en Haut Médoc à Cissac, mais aussi à Tayac et à Margaux, me confie : « je suis passé par là il y a && ans, on m’a dit tu serais bien Président. C’est une belle équipe qui organise sérieusement cette belle épreuve ».

On l’a limité à 8500 participants car c’est une jauge qui fonctionne bien, même si au début ça bouchonne un peu, ça déroule bien par la suite », Vincent Fabre président de l’Association du Marathon AMCM. 

« Pour la 30e édition, on est passé à 10000, on a vu que ça se compliquait, donc on est revenu à 8500 coureurs car on veut une épreuve qualitative avant tout. Cette année, on a 45 % d’étrangers, moyenne d’âge 43 ans, des CSP ++, on doit répondre à la prouesse ».

Ce marathon va donc être l’occasion d’une grande émission sur NoA, la chaîne 100% Nouvelle Aquitaine de France 3 : elle sera animée par Pascal Zuddas journaliste sportif de la rédaction de France 3 Aquitaine, mais aussi Fabrice Bidault, autre journaliste de France 3 qui va avoir 2 casquettes non seulement en tant que commentateur, mais aussi en tant que coureur, et puis je serai en compagnie de Charlotte Sariq depuis 4 châteaux du Médoc pour vous faire vivre l’ambiance et la mobilisation des châteaux sans qui ce marathon ne serait pas ce qu’il est.

A Pédesclaux, au 22e kilomètre, je serai en compagnie de la propriétaire Manon Lorenzetti et d’Emmanuel Cruse, le grand Maître de la Commanderie. Un château magistral terminé en 2014, mariage de pierre et de verre, un travail de deux ans, que l’on doit à l’architecte Jean-Michel Wilmotte avec son chai 100% gravitaire, construit à fleur de colline sur une croupe de Médoc, avec un dénivelé de 7 mètres. Cette étape va être l’occasion de faire connaissance avec cette jeune génération de Lorenzetti, Manon, 26 ans, qui reprend le flambeau de cette propriété achetée par son père en 2009, après avoir acquis Lilian Ladouys. Elle est entouré de Vincent Bache-Gabriel pour la conduite du vignoble et du chai et de l’oenologue Eric Boissonneau.

« On est assidu depuis le début au Marathon, on a une équipe de 40 coureurs, on fait partie des propriétés qui tous les ans montent une équipe, beaucoup de nos clients nous demandent à courir le marathon, donc on leur offre, on les sponsorise », commente Cindy Ceres du château Pédesclaux.

Aux environs de 13h, nous serons depuis une autre pépite de Saint-Estèphe Haut-Marbuzet, avec le propriétaire Bruno Dubosq, un château prisé des connaisseurs, l’un des vins pour ne par dire le vin préféré du Président Mitterrand : « absolument, c’était son vin préféré, il y a eu pas mal de papiers là-dessus, De Gaulle avait un champagne comme vin préféré, pour Pompidou, c’était Chasse Spleen et Mitterrand Haut-Marbuzet. »  « Mon grand-père a acheté en 52, une époque où la vigne ne valait rien, il l’a acheté en rente viagère. » Aujourd’hui Haut-Marbuzet représente 75 hectares, plantés en 50% merlot, 40% cabernet Sauvignon, 5% cabernet franc et 5% petit Verdot. »

Enfin de retour l’après-midi, et alors que les 1er coureurs seront arrivés depuis près de deux heures, dans la seconde partie d’émission, nous nous retrouverons à château Montrose avec Hélène Brochet directrice de la communication qui en est à son 7e Marathon à Montrose et auparavant à Mouton-Rothschild. Elle nous parlera de ce château qui a été entièrement réhabilité par la famille Bouygues avec un chai cathédrale, 7 ans de travaux

Le Marathon du Médoc sur .3 NoA de 9h à 13h15 et de 14h20 à 16h30.

30 Août

Les Caves de Rauzan mènent une expérimentation de culture « zéro chimie »

Vont-ils faire encore bouger les lignes ou ce voeu va-t-il rester pieux, en tout cas les Caves de Rauzan annoncent mener une expérimentation zéro produit chimique. Après avoir annoncé l’abandon de produits CMR, ils vantent ce nouveau modèle qui pourrait être reproduit par les 330 viticulteurs adhérents de la cave de Rauzan.

Philippe Hébrard marchant dans cette partie de vignoble expérimentale au château Canet © Quentin Monaton

L’IDEE, C’EST… FINIS LES PRODUITS DE SYNTHESE, LE CUIVRE ET LE SOUFFRE

La vigne, bien que liane, rustique, est aussi une plante fragile, en particulier sous un climat océanique. Depuis des décennies, les viticulteurs ont usé et abusé de produits chimiques pour la traiter, juste après guerre il fallait produire énormément de vin et donc les firmes ont ainsi planché sur des traitements pour éviter toutes sortes de maladies et champignons, et sur des désherbants pour éviter que les mauvaises herbes ne fassent trop de concurrence à la vigne. Des produits plus ou moins dangereux pour la santé, notamment avec les traitements les plus nocifs appelés CMR (cancérogène, mutagènes et reprotoxiques).

Entrés dans les moeurs, difficile d’en sortir, et pourtant de nombreux efforts sont faits avec déjà l’abandon des produits CMR par les caves coopératives de Rauzan, Tutiac ou Buzet, des traitements raisonnés de plus en plus dans le bordelais et de nombreuses conversions en bio et biodynamie. Toutefois, la question est posée sérieusement par les caves de Rauzan qui ont décidé de mener une expérimentation au château Canet (depuis de nombreuses années en bio) sur 1,5 hectare (0.765ha de Sémillon et 0.765ha de Merlot), en s’interdisant les produits de synthèse, mais aussi le cuivre et le soufre. Il utilise uniquement des extraits de plantes et des sels minéraux.

« Cette année cela se passe plutôt bien, l’année dernière c’était beaucoup plus compliquée à cause des pressions maladies de champignons, le mildiou en l’occurrence », explique Philippe Hébrard directeur des caves de Rauzan.

Cette année, il y a eu moins de pression, grâce à notre mode de conduite en biodynamie, la vigne a su réagir et finalement a contenu ces attaques de champignons, » Philippe Hébrard directeur des caves de Rauzan.

« Il va y avoir des apports au niveau du sol pour favoriser la vie du sol, la flore, la matière organique va se dégradée naturellement et du coup le sol va être très vivant. Il va y avoir des apports au niveau du feuillage de la vigne,  qui va avoir pour rôle de faire réagir la vigne sainement par rapport  à des attaques, tout cela à base d’extraits de plantes, de sels minéraux, dynamisé pour favoriser leur action et appliqué à des moments propices en travaillant sur le calendrier lunaire. »

« Oui c’est un long combat, aux caves de Rauzan on prend le taureau par les cornes et on se dit il faut y aller car effectivement, car on a besoin de démontrer au consommateur que Bordeaux et les caves de Rauzan en particuliers, se comporte(nt) de manière responsable vis-à-vis de enjeux environnementaux. Il faut qu’on progresse la-dessus et moi en tant que directeur des caves de Rauzan, je souhaite qu’elles soient en avance sur ces thèmes là., » précise Philippe Hérard.

LES PRINCIPES

L’expérimentation « zéro chimie » engagée par les Caves de Rauzan est une démarche globale qui privilégie deux axes :
– En premier lieu, l’amélioration de la qualité du sol par une augmentation et une diversification de l’activité biologique souterraine. Un support plus riche engendra-t-il un meilleur équilibre pour la plante et induira-t-il une plus grande résistance ?

– Le second principe de cette expérimentation consiste à rechercher les causes des désordres au lieu de lutter contre les symptômes. On modifie le milieu pour obtenir de la vigne la réaction espérée sans détruire l’équilibre de l’environnement.

Pour ce millésime 2019, cela va être la première récolte de la parcelle zéro chimie, une année à marquer d’une pierre blanche qui si elle est concluante, pourrait être dupliquée dans d’autres vignobles.

25 Août

François Mitjavile et son château du Tertre Rotebeuf : 3 étoiles qui brillent au sommet de Saint-Laurent-des-Combes

François Mitjavile, c’est « le bon élève » en haut du Tertre, en haut de sa colline. C’est un personnage, un vigneron truculent, atypique, « gentleman farmer » qui a appris de ses pairs et d’Emile Pénaud, et qui restitue le meilleur du cru, de son terroir du Tertre Roteboeuf. Un couronnement aujourd’hui par la Revue du Vin de France qui lui a décerné 3 étoiles dans son guide de 2020, après 40 ans de travail et une reconnaissance déjà acquise des grands amateurs de vin.

François Mitjavile devant son château Tertre Roteboeuf © Jean-Pierre Stahl

« C’est très agréable, c’est très bon pour l’égo, mais c’est vous qui me l’avez appris… », c’est par ces mots que François Mitjavile (qui avait 20 ans en 1968) commente les 3 étoiles que lui décerne la 25e édition du Guide Vert de la RVF.

Quand il a acquis ce domaine à la fin des années 70, le château Tertre Roteboeuf était dans son jus, de ces 3 hectares 70, il a transformé son vignoble refait des terrasses pour sublimer ses merlots et ses cabernets francs. Aujourd’hui il est à la tête d’un des plus grands domaines de Saint-Emilion: une pépite de 6 hectares en Saint-Emilion Grand Cru qui se vend le prix d’un 1er grand cru classé B de Saint-Emilion.

Ce qui est fondamental, c’est que tant que faire se peut que le vin soit délicieux, et que tant que faire se peut qu’il soit vendu de manière raffinée pour tous les amateurs qui sont sensibles. Et là on a un solide cru qui peut traverser les tempêtes. »

François Mitjavile dégustant ses merlots, 80% du domaine est planté en merlots © JPS

Ce fils de transporteur de vin est un autodidacte, il a appris en observant à la vigne, aussi avec le savoir de l’oenologue Emile Pénaud. Il a su mettre en valeur ses coteaux et ses cultures en terrasses pour produire les meilleurs raisins sur un terroir argilo-calcaire.

« Ils sont un peu plus grillés là haut, c’est délicieux mais avec quelques petits défauts; ils sont un peu plus frais ici, c’est généreux mais peut-être un peu plus grossier »,

Je ne sais pas exactement ce que veut dire « les plus beaux raisins », mais c’est la variété des saveurs qui fait le truc, qui fait la musique (rires) », François Mitjavile

« D’ailleurs, au coeur de l’appellation d’origine, il y a l’idée presque laïque que la variété contradictoire des saveurs protège l’immanence et contre la transcendance de « Where is the best », continue de plaisanter François Mitjavile.

Dégustation du millésime 2018, 18 à 20 mois d’élevage en barriques © JPS

Le Tertre Roteboeuf n’est pas un cru classé, François Mitjavile n’a pas vraiment cherché à l’être… Dans sa cave de trésors, de vieux millésimes, il me dévoile sa philosophie  avec laquelle il a surtout voulu s’adresser directement à l’amateur de vin:

Dans sa cave aux vieux millésime © JPS

« Quand j’étais jeune il n’étais pas question de classer un nouveau cru en dehors des limites de la commune de Saint-Emilion, mais tout cela a bien changé, actuellement l’appellation est infiniment plus ouverte. Mais je ne pouvais que faire sur ce morceau de rocher un grand vin car il était apte à faire des fruits petits et savoureux, mais si j’avais voulu faire un vin de compétition, les prix de revient auraient été trop élevés. Donc j’étais coincé, il fallait que je valorise le prix de vente par les possibilité du cru et je ne pouvais pas être classé, donc j’ai dit je m’en fous on va faire une grande bouteille. »

Cela a marché, j’ai trouvé une clientèle d’amateurs qui n’étaient pas conventionnels, parce que ce qu’on fait ici n’est pas conventionnel, on fait du pur millésime, jamais de second vin !

Et de déguster dans le chai à barrique son millésime 2018, élevé dans des barriques de chêne Radoux Blend Edition à grain fin et avec une forte chauffe, un millésime de soleil, de chaleur:

C’est ce peps au coeur d’une maturité extrême, cette légèreté, cette grâce aromatique qu’il atteint », à propos du 2018

Un savoureux millésime 1989, un millésime difficile à réaliser à l’époque © JPS

François Mitjavile incarne le bon sens vigneron plus que la créativité artistique comme il aime le dire, et quelque part, c’est aussi tout un art.

23 Août

Une bonne bouteille de Bordeaux offerte à Donald Trump pour éviter les taxes sur les vins français

Les maires de Bordeaux et Libourne, deux grandes villes viticoles, en déplacement à Québec Fête le Vin ont décidé d’offrir une belle bouteille à Donald Trump pour espérer l’influencer et solliciter sa bienveillance et sa modération face à ses envies de taxer les vins français. Donald va-t-il apprécier ? La réponse au prochain tweet…

© Mairie de Bordeaux

C’est par un tweet que Nicolas Florian espère toucher le Président Américain qui s’apprête à atterrir ce samedi matin en Gironde pour se rendre au G7 de Biarritz. « Geste à l’attention de  @realDonaldTrump attendu en #NouvelleAquitaine pour le #G7 : nous lui offrons cette bouteille représentant l’excellence de notre terroir comptant sur sa bienveillance et sa modération devant ses velléités d’augmentation des taxes douanières sur les vins »

Donald Trump en juillet avait créé un certain émoi en France et dans le monde viticole en tweetant : « La France vient d’instaurer une taxe sur nos grandes entreprises américaines du numérique,écrit le pensionnaire de la Maison blanche dans un tweet. Si quelqu’un devait les taxer, ce serait leur pays d’origine, les États-Unis. Nous annoncerons rapidement des représailles substantielles aux idioties de Macron. J’ai toujours dit que le vin américain est meilleur que le vin français ! »

22 Août

Tout Bordeaux à Quebec : c’est parti pour la 5e fête du vin et du caribou

C’est parti pour une nouvelle fête du vin chez nos cousins de Québec. 60 vignerons ont fait le déplacement et une belle délégation de la mairie de Bordeaux emmenée par le nouveau maire Nicolas Florian pour ce 5e Québec Fête le Vin du 22 au 25 août.

Sur les traces d’Alain Juppé… Nicolas Florian n’est ni parti en exil momentané, il n’a pas non plus enfilé le costume du grand Charles de Gaulle pour crier vive le Québec libre, il est tout simplement parti en ambassadeur et maire de Bordeaux pour fêter la fête du vin exportée de l’autre côté de l’Atlantique. Une nouvelle Fête du Vin, à l’identique de la 1ère édition créée selon la volonté de Régis Labeaume, le maire de Québec toujours présent, et d‘Alain Juppé, aujourd’hui sage au Conseil Constitutionnel.

Pour faire le job et que cette fête soit un succès, une soixantaine de vignerons de Bordeaux ont pris l’avion pour être présents et faire déguster durant 4 jours leur production, ainsi que Stephan Delaux, le président de Bordeaux Grands Événements, maire adjoint de Bordeaux et Président de l’Office de Tourisme, mais aussi Fabien Robert et Alexandra Siarri deux autres adjoints de Bordeaux, sans oublier Philippe Buisson, le maire de Libourne.

Cette 5 eme édition de la Fête du Vin à Québec se déroule sur le nouveau site de l’Agora, sur le port de Québec. 7 pavillons des appellations Bordeaux sont représentés, et bien sûr un pavillon de l’Ecole du Vin, pour former néophytes et jeunes connaisseurs quebecois à l’art de la dégustation et pour mieux apprécier les vins de Bordeaux.

Merci à Laurent Moujon pour ses photos envoyées à Côté Châteaux.

17 Août

Adrien David Beaulieu : la Cuvée Emeri, « comparable à une oeuvre d’art »

C’est peut-être « l’avenir de la distribution à Bordeaux », Adrien David Beaulieu commercialise via une plateforme une cuvée d’exception bouchée à l’émeri, à l’identique d’une très vieille bouteille de la propriété de 1750. 300 exemplaires produits dont les prix pourraient s’envoler…

Adrien David-Beaulieu avec sa très vieille bouteille © Jean-Pierre Stahl

La famille David Beaulieu est une très vieille famille de vignerons à Saint-Emilion, 400 ans d’histoire à la tête de château Coutet. Adrien David Beaulieu et Mathieu son cousin en sont la 14e génération. Chaque jour, ils présentent aux visiteurs leur château Coutet, un domaine de 11 hectares de vignes conduits en bio depuis l’origine, sans désherbant, sans insecticide et sans pesticide de synthèse.

Une famille qui un beau jour a retrouvé sur son domaine une vieille bouteille de 1750 : « il s’agit de l’une des plus vieilles bouteilles de Bordeaux retrouvée pleine, dans de la terre battue, une bouteille bouchée à l’émeri… » Cela leur a donné l’idée tout naturellement de vouloir refaire ce même type de bouchage en verre. Ils ont ainsi fait appel à un maître verrier Meilleur Ouvrier de France pour refaire ce type de bouchage parfait, sans fuite, qui a d’ailleurs donné l’expression « être bouché à l’émeri » pour être hermétique, obtus voire idiot. Mais là, l’idée est loin d’être idiote, c’est plutôt une idée de génie de vouloir communier avec ce passé, et de faire appel aux meilleurs artisans, MOF verrier mais aussi ébéniste pour le coffret bois en acacia adapté à chaque bouteille, avec aussi une guillotine sur mesure…ce qui fait dire à Adrien David Beaulieu « c’est comparable à une oeuvre d’art ».

Alain, Matthieu, Adrien et Xavier David Beaulieu devant leur château Coutet dans la famille depuis 1620 © JPS

Et ce vigneron qui a la passion de son métier chevillée au corps de décrire le vin qu’il y met à l’intérieur : « c’est la production de la cuvée presque parfaite telle qu’on peut la trouver à Coutet. La même cuvée que pour les Demoiselles : on ne produit que 2600 bouteilles entre les Demoiselles et 300 de la Cuvée Emeri. C’est très qualitatif, issu de vieilles vignes au sommet de la propriété sur le plateau calcaire, jamais traité… Un plateau planté avec des merlots à coeur rouge de 95 ans et des bouchets ou cabernets francs de 67 ans, les cépages locaux. » Un travail presque d’orfèvre de la vigne au chai où les raisins sont triés grain par grain par 70 personnes durant 2 jours. « C’est une vigne à très faible rendement : 20 hectolitres à l’hectare… On y fait le vin le plus qualitatif possible, avec 3 parcelles dédiées à ces bouteilles-là. »

Photo Chateau Coutet © J.Losson

Depuis le millésime 2014, après 4 ans à concevoir cette bouteille bouchée à l’émeri, à l’identique de ce qui se faisait jadis, la famille David-Beaulieu a lancé cette cuvée: chaque bouteille soufflée est unique, ainsi que son bouchon en verre, sans compter le coffret qui va lui servir d’écrin. « Cette bouteille de 1750 est une des plus vieilles à ce jour, on est très très peu dans le monde a en posséder, le vin peut rester dans la bouteille à travers les siècles, car il n’y a pas d’échange avec l’extérieur. (comme avec le bouchon). Pouvoir sceller un vin à travers le temps, c’est un concept d’oeuvre d’art, du très haut de gamme. »

Du fait main de A à Z, la Cuvée Emeri (ici une bouteille de 2015) qui sur le 2016 ne comptera que 300 exemplaires

Aussi, la cuvée Emeri de 2016 va être commercialisée via Alti Wine Exchange, une « plateforme assimilable à une place boursière, qui est en cours de validation. » « Cela a débuté vendredi de la semaine dernière et la commercialisation de ces bouteilles va durer 2 mois ». Le prix fixé à la base a été de 600€, un prix qui risque de monter, en fonction de l’offre et de la demande. Les bouteilles sont conservées sous douane à Bordeaux City Bond, un immense chai à Bordeaux géré par la CCI de Bordeaux qui sert de stockage du vin (dans les conditions optimum de température et d’hygromètrIe), en attendant d’être livrées, voire revendues. Car l’acheteur pourra revendre aussi son vin, via cette plateforme. C’est un peu comme à la Bourse. Une première pour ce vigneron, mais qui risque de faire des émules, car de nombreux vignerons font à Bordeaux, comme ailleurs des cuvées remarquables, ce qui fait dire à Adrien David-Beaulieu, « à mon avis c’est l’avenir de la distribution à Bordeaux. La bouteille ne bouge pas tant qu’elle n’est pas retirée de Bordeaux City Bond », un bon placement en somme car le vin à l’intérieur n’évolue pas, ou en tout cas pas comme avec un bouchage traditionnel avec un bouchon en liège.

Adrien David-Beaulieu lors des journées portes ouvertes en 2018 présentait déjà sa cuvée © JPS

Adrien David Beaulieu reste avant tout un vigneron qui aime faire partager son savoir-faire et sa production, aussi les amateurs intéressés peuvent venir à la propriété déguster le vin : « on fait goûter à la propriété, c’est le même vin que la cuvée Demoiselle, vendue en bouteille traditionnelle à 75€ ». Une production qui s’est déjà arrachée sur les millésimes 2014 et 2015, « vendue dans 6 pays en plus de la France, Ontario, USA, Japon, Allemagne, Suisse, Autriche… On espère doubler notre production mais on n’ira pas au-delà de 4800 bouteilles. »

En revanche sur la Cuvée Emeri, la production ne devrait pas être guère plus importante car « on ne pourra pas monter plus haut en terme de coûts de production, » ajoute Adrien David-Beaulieu. Sur le millésime 2014, 184 ont été vendues, 250 sur le millésime 2015 et 300 proposées sur le millésime 2016.

07 Août

Pyrénées-Orientales : c’est parti pour les vendanges dans les vignes de Cabestany

Ce sont des vendanges précoces, avec une semaine d’avance par rapport à 2018, dans cette région des Pyrénées-Orientales. Les vendanges ont débuté ce mardi matin sur du muscat petits grains à Cabestany.

Démarrage des vendanges à Cabestany © France 3 Languedoc-Roussillon

C’est bien connu dans le Languedoc-Roussillon, les vendanges débutent en général avant le Bordelais. L’an dernier, je m’étais fait l’écho de vendanges très précoces débutées fin juillet, là je vais vous parler des vendanges débutées hier matin à Cabestany, couvertes par mes confrères de France 3 Perpignan.

Ces vendanges ont démarrées à la fraîche, comme c’est d’usage, à 7h30 dans ces vignes de muscat petits grains à Cabestany en Roussillon. La chaleur de cet été engendrant sécheresse et par ailleurs la canicule ont favorisé une maturité plus rapide et un ramassage plus tôt. La fournaise a aussi asséché une partie des grappes sur les pieds de vigne, mais fort heureusement sans faire ici de dégâts majeurs. Toutefois, le manque d’eau va se traduire irrémédiablement par une récolte de 20 à 30% plus faible que d’habitude.

Ces vendanges vont durer quasiment deux mois, avec ramassages à la main et une équipe de 40 vendangeurs et à la machine pour la moitié des parcelles durant la nuit. En tout cas, le muscat ramassé s’annonce de qualité. Bon courage pour les semaines à venir.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Languedoc Roussillon O.Faissolle, G.Duval et R.Grillot.

02 Août

La 8e Nuit du Terroir, c’est ce samedi en Côtes de Bourg

C’est devenu un rendez-vous très prisé au Parc de l’Esconge à Bourg en Gironde. Initiée par les vignerons de the Spicy Side of Bordeaux, la Nuit du Terroir va rassembler plus d’une vingtaine de producteurs de produits du terroir et de nombreux jeunes vignerons.

Ce sont plus de 3000 personnes qui sont attendues cette année encore au Parc de l’Esconge à Bourg, car en 2016, le cap des 3000 avait été franchi.

Les jeunes vignerons des Côtes de Bourg attendent pour ce premier samedi d’août tous les amateurs de vin et de produits du terroir.  Vous serez séduits par cette ambiance festive et épicurienne  avec les produits de vingt producteurs locaux (huîtres et crevettes du bassin, burger du terroir, charcuterie, escargots , fromage …) et les vins des jeunes producteurs des Côtes de Bourg.

Derrière les comptoirs, c’est la jeune génération des vignerons des Côtes de Bourg qui sera sur le pont pour vous faire découvrir leurs vins puissants et qui ont une sacré personnalité sur ce terroir fameux de Bordeaux, celui des Côtes de Bourg.

La soirée sera animée par 3 groupes différents, avec le partenariat de RTL2.  L’entrée, avec un verre de dégustation, est fixée à 2,50 euros. Soirée prévue de 17h à 1h du matin.

Informations : 05 57 94 80 20