22 Mar

Nouveau coup de filet par les gendarmes : 6 receleurs de grands crus interpellés, 1000 bouteilles saisies en région parisienne

On vient de l’apprendre, en cet fin d’après-midi, les gendarmes ont continué à démanteler une filière qui écoulait de grands vins, filière déjà en partie démantelée de concert avec la PJ en décembre dernier. 1000 flacons de grands crus ont été récupérés d’une valeur marchande de 200 000 €.

De très grandes bouteilles saisies le 16 mars © gendarmerie nationale

Mardi 16 mars, ce sont 6 personnes qui ont été interpellées et placées en garde à vue en région parisienne, suite à une vaste opération menée par le groupement de gendarmerie de la Gironde, la section de recherche de Bordeaux et l’office central de lutte contre la délinquance itinérante.

Les vols avaient été opérés dans la métropole bordelaise auprès de négociants à l’automne 2019. Dès le mois de septembre, le parquet de Bordeaux avait ouvert une information judiciaire, police judiciaire et gendarmerie étaient alors co-saisies de cette affaire.

En décembre 2020, 14 premières interpellations avaient été opérées, très exactement le 8 décembre, 7 personnes avaient été écrouées et 7 autres aussi mis en examen et placées sous contrôle judiciaire.

Le 16 mars, une centaine d’enquêteurs ont été déployés et ont interpellés 6 receleurs de cette affaire en région parisienne, 15 lieux ont été perquisitionnés, 118 000 euros en liquide ont été récupérés, ainsi que plus de 1000 bouteilles, des grands crus comme Pétrus, Angélus, Yquem, Romanée-Conti Lafite-Rothschild ou encore Cheval Blanc pour une valeur marchande de 200 000 euros.

Sur les 6, un est ressorti libre, les 5 autres ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, avec une caution à régler. Interdiction de sortie du territoire leur a été notifiée.

(Photos de la gendarmerie nationale)

21 Mar

Du Bordeaux à 1,69€ : les vignerons disent non…

C’est une action coup de poing et de réprobation qui a eu lieu ce samedi devant un Lidl de Gironde. Une cinquantaine de viticulteurs se sont mobilisés suite à la promotion affichée à grand coup de publicité de vendre du Bordeaux à moins de 2€ la bouteille. Il n’en fallait pas plus pour que la goutte d’eau fasse déborder la vase… Et même si certains sont pris financièrement, le monde viticole réagit face à ces ventes qui sont en dessous du prix de production.

Les JA jeunes agriculteurs et la FNSEA de Gironde appelaient à manifester ce samedi matin devant un supermarché Lidl de Libourne…Tous dénonçaient les prix bas voire cassés en cette période de foire aux vins. Un coup de trop à l’heure où bon nombre de petits vignerons ont du mal à vendre leur vin, même si après il y a malgré tout une vente qui se fait… Pas à n’importe quel prix ont-ils voulu dire…

Dans son catalogue de foire aux vins de printemps, Lidl proposait qu 10 au 16 mars un Bordeaux « Terres d’Exception » à 1,69€ la bouteille, en achetant un carton de 6 pour 10, 14€ soit 2,25€ du litre avec un concept 4 bouteilles achetées, 2 gratuites.

Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudre, ce sont ainsi 50 vignerons qui se sont rassemblés ce samedi matin sur le parking d’un supermarché qui pratiquait ce type de prix :

C’est pour dénoncer les prix abusivement bas, pratiqués par certaines enseignes; aujourd’hui, le message que l’on souhaite faire passer, c’est qu’en dessous de 3€, ce n’est pas viable, c’est des vignes qui vont disparaître et derrière des emplois et des paysages », Jean-Baptiste Eynard président de la FNSEA de Gironde.

Une cinquantaine de viticulteurs étaient mobilisés ce samedi matin devant le supermarché de Libourne. Leur prochaine action visera le négociant qui a fourni l’enseigne pour cette promotion © Denis Salle – F3Aquitaine

« C’est une lassitude de voir toujours ce même paradoxe, de demander à l’agriculture de s’engager sur quelque chose de plus vertueux et et de plus cher alors que les prix de vente et de promotion établis par la grande distribution ne changent pas de stratégie, c’est toujours  avoir des prix les moins chers possibles pour remplir les magasins, quite à vider les vignes et mettre les viticulteurs dans l’impasse ».

De son côté la direction de Lidl France, même si elle entend la colère des viticulteurs, ne veut pas être seule responsable de ce marasme ambiant...une situation qu’elle estime généralisée:

Le marché est aujourd’hui à 1,69…Il y a même des Bordeaux Supérieurs qui se vendent à 1,50€  ou 1,67 dans des enseignes concurrentes, donc on n’a pas cassé un marché, on s’est aligné sur un marché existant… », Michel Biero directeur des achats de Lidl France.

« Pourquoi ? Parce qu’il ya des volumes astronomiques aujourd’hui, dus à la crise du bordelais, dus à la crise sanitaire, avec l’export qui a diminué fortement et donc ils se retrouvent vraiment avec des des volumes gigantesques qu’ils ont besoin d’écouler… », poursuit Michel Biero directeur des achats de Lidl France.

Les militants de la FNSEA ont déjà annoncé qu’ils comptaient continuer leur action en allant rendre visite au négociant qui a vendu le vin à ce niveau de prix…

Regarde le reportage de Denis Salle: 

 

19 Mar

Burdi W : quand vignoble et chanvre se marient en Gironde…

C’est une bouteille qui va faire parler. Forcément. Burdi W est une boisson aromatisée au vin à laquelle une molécule du chanvre, non stupéfiante, mais « relaxante » est associée:  le CBD cannabidiol. C’est Raphaël de Pablo, fondateur de la Ferme Médicale, et un associé qui ont lancé ces nouvelles bouteilles. 10500 ont été commercialisées. Reportage avec son concepteur et réaction d’Alain Raynaud, président du Grand Cercle des Vins de Bordeaux et médecin retraité.

Raphaël de Pablo, l’un des concepteurs et associé de cette aventure Burdi W lancé par La Ferme Médicale © JPS

C’est une première dans le Bordelais et aussi en France. On ne peut pas l’appeler vin mais boisson aromatisée à base de vin, même si c’est fait à partir de vin bien sûr avec un cépage bordelais 100% petit verdot, élevé 4 mois en jarre de 10 hectolitres. Il y a en effet l’ajout de CBD cannabidiol, molécule que l’on trouve dans le plant de chanvre; mais contrairement au THC le psychoactif du cannabis, le CBD ne donne pas d’effets psychotropes et sa commercialisation est du coup autorisé en France. En effet comme le précise la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et Conduites Addictives, suite à un arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne, « en l’état des connaissances scientifiques et sur la base des conventions internationales en vigueur, l’huile de CBD ne constitue pas un produit stupéfiant. Elle en déduit que les dispositions relatives à la libre circulation des marchandises sont applicables à ce produit et qu’une mesure nationale qui interdit la commercialisation du CBD issue de la plante entière constitue une entrave à la libre circulation. Elle précise cependant qu’une telle mesure peut être justifiée par un objectif de protection de la santé publique sous réserve qu’elle soit nécessaire et proportionnée ».

Bref, cela a permis à Raphaël de Pablo, qui a travaillé chez Exka, une boîte canadienne de cannabis thérapeutique de 2015 à 2016, de se lancer en Gironde sur une expérimentation qui depuis s’est révélée concluante pour lui dès la 1ère année: l‘exploitation d’une parcelle de 1 hectare 4 de chanvre lui a permis de produire 500 kilos de CBD, avec une transformation en huile de CBD en Allemagne car la transformation pour l’heure n’est pas autorisée en France. « L’exploitation est autorisée, tout est déclaré à la gendarmerie et au village, ce qui nous permet de cultiver c’est de prendre des variétés françaises avec un numéro de grainage et de déclarer dans toutes les administrations possibles. »

« On cultive de la Dioca 88, variété du catalogue français de chanvre industriel, on va exprimer un taux de CBD et récupérer 250 milligramme que l’on va mettre dans chaque bouteille de vin ( ou boisson aromatisée au vin), précise encore Raphaël de Pablo. « on retrouve la molécule de cannabidiol qui a un  effet sur le système endocannabinoïde, et de l’associer à du vin nous a permis de banaliser cette molécule et de la partager au plus grand nombre. Cela a toujours été toléré, c’est régularisé depuis 2018 en France, il faut savoir que c’est reconnu depuis 2003 comme médicament aux Etats-Unis, au Canada et en Israël il y a beaucoup d’études scientifiques aujourd’hui où c’est reconnu sur 26 pathologies », avance Raphaël de Pablo.

Raphaël de Pablo et Alain Raynaud dégustant Burdi W © JPS

« Dans un moment où on est un peu confronté à des tas de problèmes existentiels, je trouve qu’avoir eu le courage et l’idée de faire cette boisson aromatisée à base de vin dans laquelle le CBD macère c’est remarquable » commente Alain Raynaud, président du Grand Cercle des Vins de Bordeaux , qui est aussi médecin retraité et précise par ailleurs avec son autre casquette : « le système endocannabinoïde fait qu’on est confronté à un effet sur le système nerveux central, donc sur la fatigue, la dépression, les troubles du sommeil, et puis un effet sur le plan général, sur le plan des rhumatismes… » Et de commenter à la dégustation, « il y a le côté du petit verdot et le côté très très floral du CBD. »

Le projet a été financé par une plateforme participation, les 10500 bouteilles ont ou vont vite trouvé preneurs. A noter que la MILDCA  (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et Conduites Addictives) reste prudente sur son site internet par rapport aux effets peu connus du CBD et rappelle « que les produits contenant du CBD demeurent soumis au respect des dispositions législatives françaises, et plus particulièrement des suivantes : ils ne peuvent, sous peine de sanctions pénales, revendiquer des allégations thérapeutiques, à moins qu’ils n’aient été autorisés comme médicament par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ou la Commission européenne sur la base d’un dossier évalué selon des critères scientifiques de qualité, sécurité et efficacité ».

Bref on sent que le débat est encore en cours, de nouvelles dispositions législatives devraient voir le jour, avec des parlementaires qui défendent les produits désormais en vente avec ces molécules de CBD comme ce « vin », mais aussi du chocolat ou du thé. De nombreuses autres initiatives ont aussi fleuri en France depuis 2 ans avec 800 boutiques et sites internet. Quant à Raphaël de Pablo, il a confirmé se lancer cette année sur la culture de chanvre sur 3 parcelles et 10 hectares avec cette boisson aromatisée au vin et CBD, mais aussi pour produire de l’huile de CBD avec sa société « La Ferme Médicale ».

08 Mar

Classement des vins de Saint-Emilion: le tribunal correctionnel a renvoyé le procès pour prise illégale d’intérêts aux 20 et 21 septembre

C’est un nouvel épisode dans ce serpent de mer qu’est l’affaire du classement de Saint-Emilion. Ce matin devait se tenir le procès pour prise illégale d’intérêts avec Hubert de Boüard et Philippe Castéja. Le tribunal a renvoyé comme le parquet l’avait laissé entendre en amont de l’audience le procès les 20 et 21 septembre pour lui consacrer deux journées entières et examiner une Question Prioritaire de Constitutionnalité qui sera soulevée par la défense.

Les 3 propriétaires des châteaux non retenus par le classement de 2012 et leur avocat Eric Morain © JPS

Les propriétaires des 3 châteaux, et leur famille, qui ont attaqué le classement de Saint-Emilion faisaient corps une fois de plus devant la justice. Après avoir été déboutés devant la justice administrative en 1ère et 2e instance (TA et CAA ayant validé le classement), le Conseil d’Etat a jugé récemment qu’une erreur de droit avait été commise et donc la cour administrative d’appel devra rejuger sur le fond…

Mais ce matin, c’était le volet « prise illégale d’intérêts » qui était examiné par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Une autre procédure qui avait été engagée par les mêmes châteaux qui reprochent à Hubert de Bouärd et Philippe Castéja d’avoir été « juge et partie », dans la mesure où comme l’a souligné le président Denis Roucou  ils étaient « en charge d’assurer la surveillance ou l’administration d’une mission de service public pour l’INAO, de participer à des délibérations et de proposer à l’homologation ministérielle le futur classement », ayant « participé en tant que membres de l’INAO à l’élaboration du cahier des charges alors qu’eux-mêmes avaient des intérêts.« . Ils sont poursuivis sur la base des articles 432-12 et suivants a rappelé le magistrat. Bien évidemment, ces chefs de poursuite vont être discutés au fond et contestés par la défense qui comme l’a déjà rappelé Me Antoine Vey avocat de Mr de Boüard : « le classement des vins de Saint-Emilion est arrêté par un commission indépendante, selon des critères objectifs garantissant une impartialité totale » devant la chambre de l’instruction précédemment.

Pour Isabelle Boidron du château Corbin-Michotte : « nous avons toujours été classés, depuis le 1er classement en 1955, et sauf depuis 2012 bien évidemment. Nous avons constaté un certain nombre d’irrégularités, ce qui nous a poussé à nous inquiéter, puis à nous interroger, puis à chercher, et aujourd’hui nous sommes convaincus d’un certain nombre d’irrégularités, voire de malveillances à notre égard… »

C’est à 9h30 que l’ensemble des familles de ces 3 châteaux Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac ont pris place avec les règles de distanciation dans la salle H du Tribiunal Judiciaire de Bordeaux. Hubert de Boüard et Philippe Castéja n’étaient pas présents car en amont de l’audience un report s’était dessiné entre le parquet et les parties, report qui a été acté ce matin. Un report car une journée d’audience semblait trop courte, d’où 2 journées ont été décidées au final et par ailleurs une QPC Question Prioritaire de Constitutionnalité allait être soulevée et plaidée par les avocats de la défense et notamment Me Le Borgne, lui-même absent ce matin, mais représenté par Me Alexandre Bienvenu et Me Marie-Laure Dabadie.

Les avocats de la défense Alexis Degagny pour Hubert de Boüard et Marie-Laure Dabadie et Alexandre Bienvenu pour Philippe Casteja © JPS

Mariane Poinot, pour le parquet, a souligné la « nécessité de prendre du temps car nous avons affaire à des avocats d’une certaine ampleur habitués à plaider largement », d’où ces 2 jours d’audience. « J’ai ouvert une brèche, reconnait-elle, la défense s’y est engagée », d’où cette audience relais où un timing a été établi avec des conclusions qui devront être déposées avant le 1er juillet et une audience qui va se tenir au final les 20 et 21 septembre. « C’est tout-à-fait classique d’établir des audience-relais comme cela pour qu’ensuite cela soit jugé dans les meilleures conditions, il n’y a aucune difficulté, aucun procédé inhabituel la-dessus » commente à la sortie de l’audience Me Alexandre Bienvenu pour Philippe Castéja. Quant à la Question Prioritaire de Constitutionnalité ? « Elle sera évoquée effectivement à l’audience de renvoi… » continue Me Bienvenu. « C’était une audience de procédure, et la défense n’avait pas sollicité le renvoi, et l’audience est renvoyée, voilà c’est tout ce que nous pouvons dire », commente à son tour Me Marie-Laure Dabadie avocate de la défense.

Pour Me Eric Morain, avocat des 3 châteaux: « c’est le président qui a parlé de ficelles de la défense, on savait que ce procès allait être renvoyé, on perd encore 6 mois précieux dans un dossier ouvert en 2013,on le regrette, on n’a pas la main, mais le tribunal souhaite juger ce procès, on a des dates qui sont fixes et certaines, ce sera le 20 et 21 septembre 2021. »

« Cela fait 10 ans que cela dure et de nouveau on va rajouter encore 6 mois à cette affaire, c’est absolument insupportable« , selon Pierre Carle du Château Croque-Michotte. (…)  « En attendant le temps court et le nouveau classement, les procédures commencent aujourd’hui, les dossiers seront remis le 30 juin, et ils risquent d’en subir de graves conséquences… », poursuit ce propriétaire de ce château proche de Cheval Blanc et Pétrus qui n’a pas été retenu dans le classement de 2012.

Affaire à suivre, rendez-vous est pris pour les 20 et 21 septembre…

07 Mar

Saint-Emilion et le Tour de France : dessine-moi un vin à vélo…

La ville et le monde du vin de Saint-Emilion, où le Tour de France fera étape pour un contre-la-montre Libourne/Saint-Emilion le 17 juillet, organiseront de nombreuses animations et festivités autour de l’événement, avec des portes ouvertes dans les châteaux, des dégustations animées par des viticulteurs, des spectacles pyrotechniques…Par ailleurs, un concours artistique est lancé: « de la vigne au vélo »

Le Conseil des Vins de Saint-Emilion organise un concours artistique original, « De la Vigne au Vélo », ouvert aux artistes professionnels et amateurs, qui permettra de gagner des bouteilles de Saint-Emilion. Le défi est de réaliser une oeuvre, -un dessin, une sculpture, un tableau- à partir d’objets liés à la vigne et au vin, et en lien avec le Tour de France.

Toute personne majeure peut s’inscrire dès à présent auprès du Conseil de Vins de Saint-Emilion, et a jusqu’au 26 mai pour envoyer photo et description de son oeuvre. Vingt (10 amateurs et 10 professionnels) seront sélectionnées et mises en ligne par le Conseil des vins, qui laissera les followers voter pour les cinq premiers.

Le village de Saint-Emilion et le Conseil des Vins se préparent au Tour de France cet été © JPS

Le vainqueur dans chaque catégorie (amateurs et professionnels) sera récompensé de 60 bouteilles de Saint-Emilion, et les quatre suivants de 36 à 12 bouteilles chacun. Les oeuvres primées seront exposées à Saint-Emilion du 14 au 18 juillet.

Avec AFP

03 Mar

60e vente des Hospices de Nuits en direct le 14 mars

A vos tablettes, la vente des Hospices de Nuits se fera en direct le 14 mars depuis le Château du Clos-de-Vougeot.

La vente des Hospices de Nuits en 2013 © France 3 Bourgogne

La 60e vente des vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges (Côte d’Or), qui se déroulera avec un nombre de participants très limité le 14 mars, sera retransmise en direct et « accessible par tous à travers le monde », ont annoncé les Hospices.

La retransmission inédite aura lieu dès 14h30 depuis le Château du Clos-de-Vougeot où seront installées trois caméras et une régie. Cette « immersion virtuelle » qui sera commentée en français et en anglais, pourra peut-être « susciter l’intérêt de nouveaux acheteurs », espèrent les organisateurs de ces enchères, petites soeurs de la fameuse vente des Hospices de Beaune, non loin de là. Le lien sera disponible entre autres sur le site internet institutionnel
hospicesdenuits.com.

Nous encourageons nos acheteurs habituels à utiliser largement cet outil et à le relayer auprès de leurs propres clients pour donner à cet événement toute l’aura qu’il mérite »,  François Poher, directeur des Hospices de Nuits.

La vente, parrainée par l’académicien Erik Orsenna, offrira cette année 114 « pièces » (fûts de 228 litres) dans le but de financer l’hôpital et la maison de retraite gérés par les Hospices de Nuits. Les recettes d’un lot, la « pièce de charité », seront de plus offertes à l’Institut Pasteur pour financer la recherche sur les mutations de virus.

Avec AFP

27 Fév

Vendanges au paradis pour des vins singuliers en Afrique du Sud

Entre ciel et terre: c’est le nom en afrikaans de cette vallée nichée entre montagnes arides et fraîcheur de l’océan, où des pionniers produisent des vins différents, inspirés de cette nature généreuse. Ils ne cherchent pas à imiter les grands frères européens, référence omniprésente, un peu écrasante. Mais à présenter des vins à l’identité fermement sud-africaine, qui racontent leur lieu de naissance au bout du monde, avec ce qu’ils portent d’héritage des premières plantations des huguenots.

« Nous ne sommes ni du Nouveau monde ni de l’Ancien », résume Emul Ross, maître de chai de 35 ans, aux côtés de son patron Anthony Hamilton Russell qui a racheté 52 ha à sa propre famille au début des années 1990. Le domaine produit un rouge et un blanc, issus de cépages bourguignons (centre-Est de la France).

Les sols contiennent de forts pourcentages d’argile, comme ceux de Côte de Nuits, un vignoble de Bourgogne, « et lors de dégustations à l’aveugle, il arrive qu’on nous confonde ». En dépit d’un climat maritime bien différent.

Au bout de ses vignes, quelques fynbos, broussaille typique, puis une falaise et l’Atlantique, tout près de sa jonction avec l’Océan Indien.
« C’est un climatiseur gratuit, le vent souffle en permanence », explique Anthony Hamilton Russell. « L’air est d’une propreté rare. J’aime me dire qu’il n’y a rien entre nous et l’Antarctique », à des milliers de km.

Au milieu de vignes de raisin chardonnay, au vert doré, des dizaines d’ouvriers en bleu de travail avancent, coupant les grappes, tendant leurs caisses pleines vers le tracteur, des herbes folles entre les pieds. « Pas d’herbicides. Une terre nue est une terre morte« , opine l’élégant patron de 58 ans, coiffé d’un chapeau à grands rebords crème à la Indiana Jones, ruban en crocodile.

Les vendanges sont tardives en ce début d’automne austral. L’opportunité de reprendre son souffle à l’issue d’une terrible année marquée par le coronavirus et les interdictions d’alcool imposées pour désengorger les services d’urgences du pays.

Les vignerons de Hemel en Aarde, englobés dans l’appellation Walker Bay, ont moins souffert que d’autres. Grâce à leur réputation de qualité, désormais établie à l’étranger, et leurs volumes plus modestes que ceux des domaines traditionnels.

Le « succès fulgurant » de leurs vins « frais, fins, moins sur l’exubérance et la puissance » que leurs concurrents grand public, s’explique par leur choix de respecter l’environnement et limiter les additifs, clé pour « rendre l’éclat du terroir », explique Pascaline Lepeltier, sommelière française installée à New York.

Chris Alheit, facétieux vigneron de 39 ans, en T-shirt et bermuda sombre, rencontré au petit matin, est une autre gloire locale. Lui aussi évoque « un ADN sud-africain, une identité liée au Cap ». « Nous n’essayons pas de copier un vin français », sourit-il, glissant quelques mots dans cette langue, glanés lors de vendanges sur le Vieux Continent.

Ses chenins ciselés – cépage blanc caractéristique des vins de Loire (Ouest de la France) -, sont d’une grande pureté. Sa cuvée Cartology, demandée à l’export, se boit comme une évidence.

A 18H00, le ciel rosit. Chris apporte des caisses aux vendangeurs. Pour les charger, pleines, dans son camion réfrigéré. Les oiseaux pépient, apportant une légèreté joyeuse au bruit répétitif des sécateurs.

« Le gros sprint des vendanges est passé », dit-il. « Jusqu’ici j’ai surtout récolté de l’acidité vive. Maintenant il me faut un peu de « sex appeal », quelques courbes voluptueuses » grâce à des raisins légèrement plus mûrs.

Le chenin exprime une vaste palette, du très sec au tropical. « Je veux du fruit mais pas une bombe d’ananas », résume dans un éclat de rire le vigneron énergique à la blondeur enfantine.

Chez lui pas d’irrigation, pas de chimie, pas de triche. Son vin est « nature » même s’il rechigne à cette classification, comme toutes les autres. « Pour qu’un vin accroche ton imagination, il doit être pur. Dès que tu soupçonnes une malhonnêteté, tu décroches », dit-il, toujours à la recherche de justesse, d’équilibre – « c’est subjectif » -, de l’expression d’un lieu.

Son ambition, apparemment modeste, est ultra-exigeante. Il veut de la puissance aussi, mais en dentelle, « celle du gymnaste, pas celle du sumo ».

AFP

26 Fév

« Place aux restos… »: une initiative solidaire sur tous les marchés de Bordeaux

C’est une belle idée. Si les restos ne sont pas ouverts, ils ont décidé de s’ouvrir au monde et d’aller à la rencontre des consommateurs. A partir de dimanche, on va retrouver sur chaque marché de Bordeaux un restaurateur dans un food-truck associé à un vigneron de Bordeaux qui vont faire revivre ce lien social qui nous manque tant.

Le food-truck qui va animer les marchés bordelais: « place aux restos » © UMIH Gironde

« Place aux restos », c’est une opération nationale qui va être déclinée localement à partir de dimanche 28 février à Bordeaux. Vous avez rendez-vous à partir de 11h30 sur le marché des Chartrons avec un restaurateur du quartier, El Nacional, qui aura pris place dans un food-truck aux couleurs de l’opération. Il sera associé à un vigneron de Bordeaux.

Cette opération sera déclinée tous les jours de la semaine, sur chaque marché de Bordeaux, ainsi lundi ce sera Place Meynard à Saint-Michel avec la Tupina, mardi place Pey-Berland, mercredi le marché des Pins Francs à Caudéran, jeudi le marché bio du marché des Chartrons, vendredi place Tourny et samedi place Gavinies.

C’est un événement traité sur le plan national entre Métro et l’UMIH (Union des Métiers de l’Industrie Hotellière) pour mettre en avant les restos sur les marchés, pour montrer qu’on est encore là, qu’on est encore en vie ! «  , Laurent Tournier président de l’UMIH Gironde

« Tous les jours et ce jusqu’au 4 avril, on aura un restaurateur et un vigneron différent, on a quasiment rempli l’agenda du mois », poursuit Laurent Tournier interrogé par Côté Châteaux.

« Les restaurateurs remettent la main à la pâte et sortent de leur canapé, ne nous oubliez pas, on est toujours là et on va mettre en avant les produits du quartier. C’est totalement locavore ! », conclue Laurent Tournier.

Cette opération est menée avec Métro, l’UMIH, la Mairie de Bordeaux, le CIVB, les Vins de Bordeaux, la CCI de Bordeaux Gironde, la chambre des Métiers et Détritivore.

 

25 Fév

Affaire CIVB contre Valérie Murat et Alerte aux Toxiques : le tribunal de Libourne reconnaît le dénigrement de l’article

L’audience en décembre avait vu l’ensemble de la filière tirer à boulets rouge sur Valérie Murat et l’association Alerte aux Toxiques. Le jugement ce matin condamne in solidum la lanceuse d’alerte et l’association à verser 100 000 € au CIVB et d’autres milliers d’euros de dommages et intérêts aux châteaux, ODG et négociant. Valérie Murat commente en disant « sale temps pour les lanceurs d’alerte » et maintient son opinion face au label HVE qu’elle et l’association avaient remis en question avec des résidus de pesticides retrouvés dans des bouteilles analysées. Elle a déjà annoncé qu’elle allait faire appel du jugement.

Les avocats Me Duval-Veron et Magret, ce matin découvrant le jugement du Tribunal de Libourne © JPS

9 heures ce matin, l’ancien bâtonnier de Libourne et spécialiste des affaires lié au monde du vin vient de prendre connaissance du jugement et appelle dans un algeco devant le palais de justice de Libourne le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux pour l’avertir du délibéré…

« SALE TEMPS POUR LES LANCEURS D’ALERTE »

Le tribunal condamne Valérie Murat et Alerte aux Toxiques à verser 100 000 € in solidum au titre du préjudice moral d’atteinte à l’image des vins du bordelais et par ailleurs 25 000 € à 5 châteaux et 1 € symbolique à 2 autres domaines.

L’article visé était intitulé « Analyse de résidus de pesticides dans les vins, résultats : la HVE (Haute Valeur Environnementale) encore gourmande en pesticides », cet article est jugé « dénigrant et constitue une faute de la part de Madame Valérie Murat et de l’Association Alerte aux Toxiques ».

Jointe par téléphone, la première réaction de Valérie Murat a été « sale temps pour les lanceurs d’alerte« , un premier commentaire qu’elle a relayé sur son compte Twitter tout en annonçant qu’elle allait faire appel.

En interview en milieu de matinée, Valérie Murat, assaillie de demandes d’interviews, commentait :

C’est une très mauvaise décision dans un mauvais procès, c’est un très mauvais signal aussi pour les lanceurs d’alerte. Jamais une procédure baillon n’aura aussi bien porté son nom que celle-ci. Je trouve que la plus grande appellation de France et la justice donnent raison à ce qu’il y a de pire dans le vin », Valérie Murat

Eric Morain, avocat de Valérie Murat et de Alerte aux Toxiques, le 17 décembre 2020 © JPS

C’est du jamais vu, et ca se passe à Libourne, on est venu écraser avec une énorme masse une petite fourmi, Valérie Murat, et une association, qui se bat pour un vin plus sain »,  Eric Morain, avocat de Valérie Murat et d’Alerte aux Toxiques

125 000 € DE DOMMAGES ET INTERETS

Pour Me Magret, interviewé au palais de justice de Libourne : « C’est une grande satisfaction parce que le CIVB et mes confrères parisiens ont bien travaillé, pour sauver la viticulture girondine des attaques totalement inconsidérées de la part de Madame Murat et de son association. »

Le jugement relève que l’article qui a été publié est dénigrant et constitue une faute, et il sanctionne Madame Murat et son association très lourdement par la condamnation à des dommages et intérêts » Jean-Philippe Magret avocat du CIVB

L’avocat poursuit : le tribunal impose « l’obligation de supprimer la diffusion de tout document intitulé « Analyse de résidus de pesticides dans les vins, résultats : la HVE encore gourmande en pesticides » et ce sous astreinte de 500€ passé le délai de 15 jours. »

Pour Me Constance Duval-Véron également présente ce matin, avocate de la Maison Sichel, du Gaec l’Enclos, Scea Vignobles Jean-Marie Carille, et Earl Jullion : « Il y a la reconnaissance du dénigrement qui signifie que les analyses qui avaient été publiées de manière un petit peu violente j’allais dire par Madame Murat et Alerte aux Toxiques constitue un discrédit de toute la filière vin. Je pense que c’est une bonne nouvelle pour la filière vin et les différentes propriétés que je représentais pour ma part, et qui s’étaient très largement ému de ces analyses qui encore une fois avaient été publiées de manière très brute, sans aucune analyse… »

Valérie Murat au centre lors de l’audience le 17 décembre dernier au Tribunal Judiciaire de Libourne © JPS

Pour Valérie Murat, au contraire, le combat continue : « ce ne sont pas les doses que je dénonce, c’est la présence de résidus de pesticides de synthèse parmi les plus dangereux dans des vins qui sont labellisés, avec un label (HVE) qui se voudrait équivalent, voire mieux que le bio, c’est cela que je dénonce et qui reste pour moi trompeur pour le consommateur. »

Eric Morain précise en outre : « le tribunal fait une comparaison avec des produits étiquetés, la grande différence avec des produits alimentaires, c’est que le vin est le seul produit alimentaire sur lequel ne figure pas la composition…Qui ment à qui…? Valérie Murat, à travers cette communication, elle a mis un focus. Elle a fait un zoom, quand vous faites un zoom sur quelque chose vous ne travestissez pas la réalité, vous attirez l’attention, vous alertez… »

Le CIVB au vu du jugement a pris la parole cet après-midi et a envoyé dès la fin de matinée aux rédactions un communiqué de presse, soulignant que le « tribunal relève que l’association Alerte aux Toxiques et Madame Murat sont clairement sortis de leur rôle et de leur objectivité « en communiquant un rapport volontairement tronqué et dénigrant qui ne peut être considéré comme mesuré. » 

 

Bernard Farges, président du CIVB © JPS

Dire que des vins sont dangereux pour la santé, c’est forcément anxiogène…Ces vins ne sont pas dangereux pour la santé, ils sont forcément conformes, donc c’était normal que le dénigrement soit constaté et jugé comme tel »,  Bernard Farges, président du CIVB  

Le tribunal souligne dans ses motifs que : « il ressort de l’étude de l’article contesté que les vins analysés y sont classés en fonction du nombre de substances dangereuses ou toxiques constatées. Pour chaque vin est est associé le risque lié à la substance détectée : mortel en cas d’ingestion, mortel par contact cutané, mortel par inhalation et susceptible de nuire au foetus. A aucun moment, ils n’ont décrypté et analysé les chiffres qu’ils ont indiqué malgré les commentaires indiqué dans le rapport d’analyses qu’ils ont diligenté. » Et de souligné ce commentaire du laboratoire Dubernet : « les teneurs retrouvées sont très largement inférieures aux LMR respectives. « Ce dénigrement a porté nécessairement préjudice au vignoble bordelais qui tend à modifier ses pratiques » que « cet article a eu des répercussions générales »

Le Tribunal Judiciaire de Libourne, aujourd’hui © JPS

Dans son jugement, le tribunal ordonne par ailleurs de publier cette décision sur la page d’accueil du site alerte aux toxiques.com pendant un délai de 3 mois, passé le délai de 15 jours après signification du jugement et sous peine d’astreinte de 500€ par jour de retard…

De son côté, Valérie Murat conclue: « bien entendu, on fait appel de cette décision, et ce n’est pas fini, ce n’est pas fini… » Affaire à suivre donc prochainement devant la Cour d’Appel de Bordeaux.

20 Fév

Le Cognac de 1777 adjugé 40 500 livres soit plus de 46 000 euros sur le site whisky.auction

On vous en avait parlé, une vieille bouteille de cognac de 1777 était proposée aux enchères. Elle a finalement été adjugée 40500 livres  soit  46 800 euros.

© whiskyauction

Un cognac de 1777 a été adjugé à 40.500 livres britanniques (environ 46.000 euros) sur le site Whisky.Auction, faisant de cette bouteille l’une des plus chères du monde pour du cognac d’après ce site.

Distillé à l’époque de Louis XVI par la propriété Yvon, près de Cognac, en grande champagne (la zone de l’AOC qui produit les eaux-de-vie les plus fines), ce cognac faisait partie de la collection de Jacques Hardy, décédé en 2006 après avoir dirigé la maison Hardy, en Charente, pendant près de 50 ans.

Selon le site de vente, ce flacon d' »histoire liquide » a été conservé en fûts de chêne pendant plus de 100 ans puis transféré en dame-jeanne avant d’être embouteillé
en 1936.

Cinq autres bouteilles de cognac de l’ancienne collection de Jacques Hardy, datées de 1802, 1812, 1856, 1906 et 1914, ont été vendues à l’unité lors cette vente, pour un total de 49.600 livres (environ 56.500 euros), selon Whisky.Auction.

Avec AFP