17 Jan

« Dry January »: Alain Ducasse contre-attaque avec le vin « à la bouteille »

Le chef français multi-étoilé Alain Ducasse a présenté mardi une initiative pour inciter les clients à commander du vin à la bouteille et non au verre dans ses bistrots parisiens, pied de nez au Mois sans alcool qui gagne du terrain en France.

Photo de profil Facebook d’ © Alain Ducasse

“J’aime bien les contre-courants”, a déclaré à l’AFP M. Alain Ducasse qui vient de lancer avec son sommelier Gérard Margeon  un projet qui consiste à proposer à des prix “attractifs” des grands vins de Bourgogne, de la vallée du Rhône et de Bordeaux – de 100 euros pour un Corton 2015 à quelque 400 et au-delà pour des grands crus classés – dans les bistrots chics Benoît, Rech, Allard et Aux Lyonnais.

Historiquement, l’appétence pour la notion « qu’est-ce qu’on mange et qu’est-ce qu’on boit avec » fait partie de l’ADN du client français”, assure-t-il en soulignant que son projet vise à “décomplexer le consommateur” et “réinitier l’idée de la générosité et du partage” en l’invitant à commander du vin “à la bouteille et non pas au verre et de prendre le temps de le savourer”.

“J’ai l’obsession de vendre du vin”, déclare le chef star qui a des restaurants aux quatre coins du monde et s’avoue horrifié de voir des clients à New York à commander “du thé glacé” au déjeuner.

La France est d’ailleurs à son tour gagnée par cette tendance et de moins en moins de patrons commandent du vin lors de déjeuners d’affaires, poussant certaines grandes tables à élaborer des accords mets-thés. “Je remarque cette tendance, mais je ne veux ni voir, ni entendre, ni écouter cette tendance, je vais m’y opposer”, conclut M. Ducasse.

Inspiré de “Dry january” (littéralement “Janvier sec”) lancé en 2013 en Angleterre, le “Défi de janvier”, porté par des associations, consiste à cesser ou au moins diminuer sa consommation d’alcool pendant le premier mois de l’année. L’initiative, dénoncée par les producteurs du vin, séduit de plus en plus de Français.

Selon les associations organisatrices, le projet, inédit en France, aurait initialement dû être porté par l’État. Mais elles l’accusent d’avoir renoncé mi-novembre après une rencontre entre Emmanuel Macron et les producteurs de champagne.

AFP

Sur son site Facebook : « 2020 sera l’année du vin…
A partir de cette semaine, Gérard Margeon, chef sommelier exécutif et sa brigade lancent l’opération « 20 vins divins pour 2020 » dans nos bistrots Restaurant chez Allard, Benoit Restaurant, Paris, Restaurant Aux Lyonnais, L’esprit Bistrot Par Alain Ducasse et Restaurant Rech.
L’idée ? Proposer les crus des plus grands vignobles français aux prix justes ».

16 Jan

Confluent d’Arts: « c’est comme ça, la, la, la la…. » Catherine Ringer en Guest Star du 4e festival au château de la Rivière

C’était aujourd’hui la présentation du prochain festival Confluent d’Art qui se tiendra le 1er week-end de juillet au château de la Rivière, du 2 au 4 juillet. Un festival de très haut niveau avec les Rita Mitsouko, enfin Catherine Ringer qui chantera les standards des Rita…et Xavier Buffo aussi.

Xavier Buffo le directeur du château est fier de présenter Catherine Ringer à l’affiche de son prochain et 4e Confluent d’Art © JPS

Confluent d’Art, c’est de l’art dans tous ses états au château de la Rivière. Durant 3 jours, ce site magique devient le Confluent des Arts, arts de la scène et arts de la rue. Un savant mélange de concerts et spectacles donnés sur la vaste pelouse du parc au pied du château, arboré de cyprès, aux senteurs de lavandes. Il y a bien sûr du cinéma en plein air, mais aussi  du théâtre de rue, des performances, des artifices, des installations, des sculptures, des dégustations de mots, de mets et de vins…bref un vrai Confluent des Arts.

Après Thomas Dutronc l’an dernier, Goran Bregovic en 2018, et  Yuri Buenaventura en 2017, Confluent d’Arts mise toujours sur des valeurs sûres et entraînantes, des vedettes ou groupes qui ont su à chaque fois déplacer les foules et faire l’unanimité auprès d’un public transgénérationnel. Cette année, c’est Catherine Ringer qui va chanter les tubes des Rita Mitsuko…Elle fera son grand retour après le Rocher de Palmer le 8 novembre 2019

Pour cette 4ème édition nous resterons fidèles à nos principes : pluralité artistique, convivialité, humanité, créativité, modernité et originalité » Dominique Bevly et Xavier Buffo, organisateurs.

CONFLUENT D’ARTS 2020: DEMANDEZ LE PROGRAMME :

JEUDI 2 JUILLET: CHANSON ROCK

Ouverture des portes à 18 h

  • De 18 h 30 à 20 h : Muséum Nomade d’histoires pas naturelles : une exposition ludique d’objets surnaturels.
  • 20 h 30 : concert avec le groupe Les Barbeaux (Folk, rock, festif) En français et en espagnol, Les Barbeaux chantent la vie et vous emmènent dans une guinguette populaire et dansante.

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  • 22 h : CATHERINE RINGER chante LES RITA MITSOUKO

Voilà la promesse d’une soirée inoubliable, avec ce concert de Catherine Ringer au Château de La Rivière. Sans aucun doute un clin d’œil embué à Fred Chichin, le complice disparu de la grande Catherine qui va, une fois de plus, nous bouleverser. C’est l’une de nos héroïnes depuis qu’elle a chanté « Marcia Baïla » avec son look à tomber. Catherine Ringer sera sur la grande scène du festival avec les chansons des Rita Mitsouko en bandoulière pour nous faire encore rire, réfléchir, danser. Certes les histoires d’amour finissent mal en général, mais celle qui nous lie à la fougueuse Catherine n’est de toute façon pas près de s’acherver.

Ce concert est réalisé en partenariat avec le Rocher de Palmer et l’association Musiques de Nuit.
Pré-ventes : 35 euros. Sur place 40 euros. Moins de 18 ans 17,50 euros, moins de 12 ans gratuit. Points de vente : Le Rocher de Palmer, le Château de La Rivière, le Baz’art. et points de ventes habituels : Fnac, francebillet…

VENDREDI 3 JUILLET : SOIREE CONTES ET CINEMA 

Ouvertures des portes à 18 h

  • De 18 h 30 à 21 h : Muséum Nomade d’histoires pas naturelles, une exposition ludique d’objets surnaturels
  • 20 h : Des contes et des vins : avec Yannick Jaulin
    Un moment privilégié dans la cour du Château de La Rivière pour une dégustation exceptionnelle d’histoires et de vins avec YANNICK JAULIN un conteur, un acteur, un dramaturge français, humoriste… Il est à l’art du conte ce que l’auteur de nouvelles est à la littérature.
    (Entrée payante sur réservation uniquement : 15 euros)
  • 21 h : Concert gratuit avec le groupe les ROMANO DANDIES Musique Tsigane. Les Romanos Dandies proposent une musique entraînante, communicative, faite d’humour et de vitalité, empruntée aux traditions slaves
  • 22h30 : CINEMA en Plein air (Gratuit) Projection d’un film sur un écran géant « GREEN BOOK : sur les routes du Sud » Film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershaia Ali, Linda Cardellini 2 h 10 VOSF Oscar 2019 du meilleur film, Oscar 2019 du meilleur acteur dans un second rôle, Oscar 2019 du meilleur scénario original, Oscar 2019 du meilleur acteur, Oscar 2019 du meilleur montage.

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx est engagé pour conduire et protéger Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts….
« Une ode à la tolérance » , « un road trip alternant avec brio entre humour et émotion » « sicefilmfonctionnesibienc’estsansaucundoutedûàl’alchimierégnantentrelesdeux comédiens. » « Une comédie irrésistible » « Un récit d’amitié si simple et si touchant »

SAMEDI 4 JUILLET : LES ARTS DE LA RUE (Gratuit)

Ouverture des portes à 15 h

  • De 15 h 3O à 20 h 30 : Muséum Nomade d’histoires pas naturelles, une exposition ludique d’objets surnaturels. Un entre-sort d’arts vivants, une bulle poétique inspirée de Jules Vernes, Une invitation à un voyage surréaliste avec des machines extraordinaires, des chimères, et autres marionnettes. Un moment de lâcher prise où l’adulte redevient enfant….
  • 16h : Cie Scopitone « Cendrillon » Théâtre d’objets une parfaite ménagère cherche prince vraiment charmant ! 25mn
    Savon noir, eau de javel, bicarbonate ou vinaigre blanc, Cendrillon compte autant de produits ménagers que de tâches à effectuer dans son nouveau foyer……
  • 19 h15 : Cie Scopitone « Cendrillon » Théâtre d’objets 25 mn
  • 16h30:CieLaFemmeChaussette:« Elégance»unspectacleéquestreavecson compagnon : Vizir un beau cheval Mérens ! 8mn.
    Le choix de cette artiste est de mettre en avant le cheval par le biais de la danse et du jeu théâtral au-delà des figures de cirque.
  • 19 h 45 : Cie La femme Chaussette : « Ay amma » un spectacle équestre ave Vago un élégant cheval OC/Lusitanien. 8 mn.
  • 16h 45 : Compagnie A pas Contés « Ivre Déséquilibre, la Terrasse » spectacle acrobatique et musical 25mn
    Un serveur déambule un plateau à la main. Alors, qu’un client intrépide s’élance dans une danse sur un tonneau, faisant fit de la gravité……
  • 20 h : Compagnie A pas Contés « Ivre Déséquilibre, la Terrasse » 25 mn

Xavier Buffo est fier de présenter Catherine Ringer à l’affiche de son prochain. Confluent d’Art © JPS

  • 17h 15 : La Cie TOUT par TERRE : « Welcome ! (or not) » Jonglerie de comptoir 50 mn : « La journée particulière d’un barman revêche et son unique client confrontés à des situations improbables.». Tour à tour jongleurs fous, musiciens classiques ou rock stars on ne sait jamais qui de l’un ou de l’autre mène le jeu….
  • 18 h O5 : Collectif du Prélude « Avare » d’après Molière A votre bon cœur ! Théâtre. Un classique comme vous ne l’avez jamais vu ! Un exercice plein de grâce et de drôlerie ! 60 mn.
    Mais qui va jouer Harpagon, Cléante, Elise, Marianne… ? Ici, il n’y a plus d’âge ni de genre, les comédiens connaissent tous les rôles… C’est au public de décider.
  • 21 h : Concert du groupe Chelabôm funk/pop.
    Groupe participant à la finale des tremplins organisée par le LAMA et sélectionné par le festival Confluent d’Arts.
  • L’événement de la soirée et du festival avec : un spectacle exceptionnel

    22 h : Compagnie DEABRU BELTZAK avec le spectacle SYMFEUNY.Création 2019 (Bilbao Espagne), dans la cour du château.
    Le mouvement, le rythme et le feu sont la base du travail de la compagnie basque espagnole Deabru Beltzak, avec cette nouvelle création la recherche de la fusion des percussions et des artifices est parfaite. Les effets pyrotechniques viennent sublimer les pulsations des tambours, la cadence du feu et de la musique fait une alchimie spectaculaire.

    Exposition : Sculptures Catherine Lacroix exposera ses œuvres dans la cour du Château. Elle a appris le métier de sculpteur dans la tradition des praticiens du XIX siècle. Sa recherche et sa pratique sont liées à l’identité, au corps, à l’intime, au féminin en quête d’unité.

    Installations et décoration avec la plasticienne Constance Malaquin et les élèves du regroupement pédagogique des écoles St Michel de Fronsac, La Rivière et St Germain de la Rivière, et des écoles de Fronsac et de Lugon dans le cadre du projet culturel « Sur les chemins des arts » porté par la Communauté de Communes du Fronsadais

    Et pour que ce festival soit comme chaque année un succès , il y aura de nombreux Food-Trucks chantant les cuisines du monde, un bar à vins qu’on ne présente plus avec des vins exclusivement de La Rivière, vignerons de la commune associés, aux côtés des vins du Château de La Rivière. ( Rosé, blanc, rouge, Fronsac et Bordeaux.) Pour ceux qui seront sages, il y aura aussi visite des caves souterraines.

    Avec Château de La Rivière : renseignements O5 57 55 56 56 ou sur www.chateau-de-la-riviere.com Informations générales avec l’Office de Tourisme du Fronsadais  

15 Jan

Chantal Larnaudie, nouvelle présidente de la Maison des Vins de Cadillac

La Maison des Vins de Cadillac est désormais une affaire de femmes, avec l’élection de sa nouvelle présidente Chantal Larnaudie, du château SaInt-Nicolas à Cardan, épaulée d’une vice-présidente Emilie Douence, du château Peneau à Haux.

Chantal Larnaudie nouvelle président de la Maison du Vin de Cadillac © JB Nadeau

UNE VIGNERONNE DE CONVICTIONS

Chantal Larnaudie est une vigneronne indépendante, qui gère depuis 10 ans la propriété familiale le château Saint-Nicolas à Cardan, un vignoble certifié HVE et AREA. Ses convictions sont empreintes de biodiversité et d’oenotourisme. Une femme qui a souhaité s’investir pour la Maison des Vins de Cadillac. Maison des Vins où l’on peut aussi rencontrer Emma Baudry, directrice de l’appellation Cadillac Côtes de Bordeaux.

PARMI SES PROJETS, LE CLASSEMENT UNESCO

Clairement, elle s’est positionné en faveur du classement des paysages viticoles à l’UNESCO, elle souhaite lancer la première phase à savoir l’étude avec les collectivités.

En 2020, elle souhaite lancer de nouveaux rendez-vous comme des apéros-vignerons et mettre en place des circuits thématiques, afin de valoriser au mieux des rencontres avec des vignerons et vigneronnes fiers de leurs produits à travers des visites sur la base des 3 routes du vin qui existent.

« Je suis persuadée que l’ensemble des activités permettront d’assurer le développement économique de la région, et de la faire rayonner ainsi que ses vins dans le monde entier » selon Chantal Larnaudie. La Maison des Vins de Cadillac reçoit 17 000 visiteurs à l’année.

Bravo et bon courage à Chantal.

13 Jan

La question du foncier viticole: encore des affaires à Bordeaux mais aussi des prix à l’hectare prohibitifs pour certaines appellations

Côté Châteaux vous propose un dossier sur le foncier viticole. Si certaines appellations restent accessibles (Bordeaux, Entre-Deux-Mers, Bourg, Blaye et les Côtes), d’autres s’envolent (Saint-Estèphe, Margaux, Pauillac et Saint-Emilion-Pomerol). C’est aussi le prochain rendez-vous vigne et vin sur France 3 Aquitaine. Gros plan sur Fronsac, les chiffres de la Safer et la question de la transmission.

Damien Landouar, président du syndicat de Fronsac et Canon Fronsac © JPS

Sur ces 5 dernières années, Fronsac a repris ses lettres de noblesse… L’hectare en 2019 se vendait de 30 000 à 60 000 € et de 80 000 € à 130 000 €pour Canon-Fronsac. Un terroir argilo-calcaire où 3 propriétés se sont envolées récemment depuis 2013 : Gaby s’est vendu 13 millions d’euros, la Rivière 35 millions et la Dauphine plusieurs millions aussi, le prix n’a pas été révélé…

« Nous, pour ce qui est de Gaby par exemple au niveau du prix à l’hectare, on était à 500 000-550 000 euros l’hectare, chargé, comprenant le bâti le château, les chais, l’équipement, enfin tout ce qui fait que cela fonctionne« , commente Damien Landouar directeur de château Gaby mais aussi président de l’appellation.Le château Gaby a été racheté en 2016 par l’entrepreneur américain Tom Sullivan.

Fronsac reprend ses lettres de noblesse, on a un paysage exceptionnel et la qualité des vins est reconnue » Damien Landouar président du Conseil des Vins de Fronsac.

Le château La Dauphine s’est vendu en 2015, le prix n’a pas été communiqué © JPS

A ce niveau de prix, ce sont des étrangers ou de grandes familles françaises qui sont sur les rangs. Après la famille Halley de Carrefour Promodès, c’est la famille Labrune qui a racheté la Dauphine en 2015.

Stéphanie Barousse, directrice du château La Dauphine © JPS

« Si je prends l’exemple de la famille Labrune, ils ont aujourd’hui une holding qui est à Paris, leur coeur de métier ce sont des logiciels médicaux, pharmaceutiques mais également des logiciels de paie et ils ont également investi dans des tas de domaines » confie Stéphanie Barousse directrice du château La Dauphine.

Le château de la Rivière fait partie des plus de 150 châteaux du bordelais acheté par des Chinois. La propriétaire aujourd’hui est Madame Lau, la veuve de Lam Kok, disparu tragiquement dans l’accident d’hélicoptère avec l’ancien propriétaire James Grégoire. C’est une famille chinoise qui a fait fortune dans le thé de Pu’Er et les hôtels.

Xavier Buffo, directeur général du château de la Rivière © JPS

« Il y a un pouvoir d’achat oui, mais d’autres investisseurs étrangers en ont aussi, Fronsac est attractif par la beauté de ses paysages, on y produit des vins dont la réputation est en train de monter fortement, on a de très beaux terroirs argilo-calcaires », commente Xavier Buffo le directeur du château de la Rivière.

A la Safer, Michel Lachat suit les transactions et l’évolution des prix. Il veille avec cet organisme, notamment par des préemptions, à ce que de jeunes vignerons puissent s’installer. C’est bien sûr davantage possible sur l’Entre-Deux-Mers, le Sauternais, Blaye, Bourg ou en Bordeaux-Bordeaux Supérieur…

Michel Lachat de la Safer © JPS

« Aujourd’hui on trouve des hectares de Bordeaux à 15 000 euros l’hectare, avec un terroir correct et un matériel végétal en bon état, cela peut être une opportunité pour des jeunes qui maîtrisent la commercialisation, après si on a beaucoup plus de moyens, on peut accéder à des appellations plus chères à l’achat, qui en terme de facilité de vente et de prix à la bouteille permettent d’accéder à un niveau un peu plus important », commente Michel Lachat de la Safer.

Pomerol, Saint-Emilion, c’est le 1er groupe et deuxième groupe d’appellations qui se monnayent très bien, ce sont aussi les communales du Médoc avec Pauillac et désormais Margaux qui progresse au niveau des prix… ensuite dans les Graves, il y a Pessac-Léognan en plein développement dont les prix avoisinent les 500 000 et 650000 € l’hectare » Michel Lachat de la Safer.

Car les prix les plus chers aujourd’hui sont à Saint-Emilion-Pomerol où certains hectares peuvent grimper à 3,5 millions d’euros (avec une fourchette à St Emilion qui démarre à 240 000 et jusqu’à 3,7 millions d’euros), Pauillac (entre 1,7 et 2,6 millions d’€) et Margaux (entre 1 et 2,5 millions d’€). A Saint-Estèphe sur un très beau terroir de graves, c’est monté récemment à 900000€ l’hectare

Saint-Emilion, de 240 000 à 3,7 millions d’€ l’hectare © JPS

Se pose alors le problème de la transmission… A Saint-Emilion où la fourchette varie entre 240000 € l’hectare et 3,7 millions, c’est un casse-tête pour certains. On a vu ainsi le château familial Soutard ou encore Yquem (à Sauternes) ne plus rester dans les familles Ligneries ou Lur Saluces et être racheté par des compagnies d’assurance ou le patron d’LVMH.

Ainsi les Vignobles Bardet, 4 propriétés, 55 hectares en Saint-Emilion Grand Cru (Val d’Or, Pontet-Fumet, Franc Le Maine et Du Paradis) sont en pleine transmission avec les 4 enfants.

Thibault Bardet, la transmission en question des 4 châteaux familiaux © JPS

« Il y a une partie des vignes que mon père arrive à nous transmettre, c’est sûr qu’avec les prix de la vigne ça met un peu plus de temps, mais c’est comme la vigne c’est un travail à long terme, » commenteThibault Bardet. « Il existe des solutions maintenant notamment où on se met en société, je ne suis plus vraiment propriétaire des vignes mais je les loue aux sociétés ».

En tout cas, certains prix aujourd’hui sur les meilleurs terroirs de Pauillac, Margaux, Pomerol ou Saint-Emilion ne s’adressent qu’à une élite, à raison de 2,5 à 3,5 millions d’euros l’hectare de vigne…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Nicolas Pressigout, Xavier Granger et Thierry Culnaert, suivi de l’éclairage de Frédéric Lot et Vincent Dubroca en plateau du 12/13 de France 3 Aquitaine: 

VOICI LES PRIX EN 2018 AVEC TENDANCES 2019 (source SAFER 33):

  • Bordeaux 16 500 € en moyenne
  • Entre-Deux-Mers 16 500 €
  • les Côtes de Blaye de 17-18 000 à 25 000 ; Bourg de 15-20 000 à 30 000 €
  • Graves de Vayres 17 000 €
  • Fronsac de 30 000 à 60 000 € Canon Fronsac de 90 000 à 120 000€
  • Lussac-Puisseguin 80-90 000 €
  • Satellites Saint-Emilion 120 000-140 000 €
  • Saint-Emilion 240-250 000 à 3,6-3,7 millions d’€ (voire plus)
  • Pomerol de 900 000 à 3,6 millions d’€
  • Côtes de Castillon de 25-30 000 à 50 000€
  • Graves moyenne 32 000€ pouvant monter à 50 000€
  • Pessac-Léognan 650 000€ pouvant atteindre 2,5 millions pour les plus connus
  • Sauternes 30 000€
  • Médoc 55 000€ Haut-Médoc 80 000 €
  • Listrac Moulis 80 000 €
  • Margaux de 1,2-1,3 millions à 2,5 millions €
  • Pauillac de 1,7 à 2,5-2,6 millions €
  • Saint-Estèphe de 200-250 000 à 900 000€, moyenne à 500-550 000€

AILLEURS EN NOUVELLE-AQUITAINE

  • Jurançon 42 000€
  • Madiran 16 000€
  • Bergerac 11 000 € blancs et 8 000 € rouges
  • Monbazillac 17-20 000€
  • Pécharmant 30 000€
  • Tursan 12 000€
  • Buzet 15 000€
  • Duras 11 000€
  • Côtes du Marmandais 10 000€
  • Charente Bons bois 35 000, Borderie 52 000 Grande Champagne 53 000  à 100 000€
  • Sans IG zone Armagnac 10 000€
  • Sans IG Lot-et-Garonne 5000€

11 Jan

Vinexpo et Comexposium : un mariage pour être le 1er organisateur mondial d’événements dédiés aux vins et spiritueux

L’annonce a été faite cette semaine. Vinexpo Holding et Comexposium se rapprochent pour devenir le 1er organisateur mondial d’évènements dédiés aux vins et spiritueux. Une nouvelle entité devrait voir le jour.

© Vinexpo incarné par Patrick Seguin à droite président de la CCI Bordeaux Gironde et Comexposium

Il est vrai que le secteur est très concurrentiel. Qu’entre les différents salons européens et internationaux, on ne se fait point de cadeau. Que ProWein a pris l’ascendant sur Vinexpo Bordeaux, le premier ayant doublé le second au niveau visiteurs professionnels.

Aussi il faut peut-être un électrochoc. Celui-ci a déjà été amorcé avec le rapprochement de Wine Paris et Vinexpo Paris qui vont se tenir en même temps (c’est du Macron dans le texte) du 10 au 12 Février à la Porte de Versailles à Paris, et puis il y a cette nouvelle entité qui va voir le jour, née d’un rapprochement entre la Vinexpo Holding (créée et détenue par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux-Gironde) et Comexposium (organisateur mondial d’événement). Ce sera alors le premier organisateur mondial d’évènements dédiés aux vins et spiritueux.

Dans un environnement économique mondialisé, cette volonté de rapprochement est une avancée majeure pour servir le développement des entreprises de la filière du vin et des spiritueux.  Par cette alliance, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux-Gironde veut donner naissance à un fleuron performant qui portera haut et loin les couleurs de la France à l’international, »  Patrick Seguin, Président de la CCIBG.

Pour Pierre Clément, Président de l’AVS et du Conseil d’Administration de VinoVision Paris : « ce rapprochement est inédit ! Nous avions initié cette dynamique avec Wine Paris dès 2019 et nous voulons transformer l’essai en 2020 avec une volonté forte et partagée par tous d’unir nos forces en mettant nos spécificités et nos expertises en commun au service d’un grand projet collectif.»

UNE NOUVELLE STRUCTURE

Porté par treize interprofessions françaises, par le Conseil Stratégique de Vinexpo et par les Conseils d’Administration de Vinisud et de Vinovision Paris, ce projet devrait être finalisé avant fin juin 2020.

  • La nouvelle structure devrait être le 1er organisateur mondial d’évènements dédiés aux vins et spiritueux en accueillant annuellement plus de 78 000 visiteurs issus de 140 pays et 5 900 exposants.
  • Détenue à part égale par les deux acteurs, elle réunira l’expertise et l’ancrage international de Vinexpo, marque à la notoriété mondiale, spécialisée dans l’organisation, sur plusieurs continents, de rendez-vous professionnels dédiés à la filière du vin et des spiritueux et de Comexposium, 3e organisateur au monde d’évènements.
  •  L’objectif : renforcer un portefeuille de 10 évènements emblématiques et reconnus qui réunit les actifs actuels des deux organisateurs : Vinexpo (Bordeaux, Paris, Hong Kong, Shanghai et New-York) ainsi que les évènements Vinexpo Explorer pour Vinexpo Holding, Wine Paris (Vinisud/Vinovision Paris), World Wine Meetings et World Bulk Wine Exhibition (Amsterdam et Asia) pour Comexposium.
  • Sa  finalité: mettre en œuvre de nouveaux rendez-vous pour accompagner les entreprises du secteur sur des marchés internationaux à fort potentiel de croissance.
  •  Un soutien affirmé de toutes les interprofessions, du Conseil Stratégique de Vinexpo, ainsi que des Conseils d’Administration de Vinisud et de Vinovision Paris.

« L’alliance que nous sommes en train de construire est un formidable tournant pour le monde du vin et des spiritueux. Elle va nous permettre de rayonner plus largement, de développer un portefeuille d’évènements incontournables et de répondre aux attentes des différents marchés dans le monde. » conclut Christophe Navarre, Président du Conseil d’Administration de Vinexpo.

EN ADEQUATION AVEC LES BESOINS DE LA FILIERE

DÉJÀ, UN SALON COMMUN:  Vinexpo Holding et Comexposium ont ainsi annoncé en mai 2019 la tenue à Paris en un même lieu et aux mêmes dates de leurs deux événements: Vinexpo Paris et Wine Paris, du 10 au 12 février 2010: un message clair pour faire venir de nombreux acheteurs nationaux et internationaux.

EN PRIME LA STRUCTURE SERA EN FRANCE: elle va proposer une offre d’évènements élargie, adaptée aux 3 principaux segments de marché : vins en vrac, vins et spiritueux entrée de gamme à premium, vins et spiritueux super premium à luxe.

Par ce rapprochement de compétences et de savoir-faire, les professionnels de la filière du vin et des spiritueux vont avoir, pour leur développement commercial, un partenaire majeur pouvant les accompagner toute l’année et à travers le monde. » Rodolphe Lameyse, Directeur Général de Vinexpo Holding.

SAISIR LES OPPORTUNITES DE DEVELOPPEMENT A L’INTERNATIONAL

Ces deux géants de salons Vinexpo et Comexposium, déjà présents dans de nombreux pays, souhaitent ainsi  s’implanter de manière plus importante encore sur les marchés asiatiques et américains.

« Cette alliance renforce la stratégie internationale de Comexposium dans les vins et spiritueux et va créer de la valeur pour tous les acteurs avec des évènements référents et une présence croissante dans le monde entier, » selon Laurent Noël, Directeur Général de Division de Comexposium.

A voir sur pièce, en espérant que la dynamique puisse être ainsi relancée, bonne chance en tout cas à ce rapprochement de Vinexpo et Comexposium.

10 Jan

Incendie au château Paloumey: « c’est un drame, mais ce n’est que du matériel, franchement »

Hier soir, un incendie est survenu au château Paloumey à Ludon-Médoc. Plus de peur que de mal, car aucune victime n’est à déplorer. Si la bâtisse du XIXe siècle a souffert, les chais n’ont pas été touchés et le stock du château Paloumey ont pu être préservés des flammes et des fumées. La famille Cazeneuve a été relogée.

Les 60 sapeurs pompiers de la Gironde et 15 véhicules ont permis d’éviter le pire © Jean-Pierre Stahl

C’est un crève-coeur, vraiment pour le Médoc, et particulièrement pour Martine Cazeneuve qui est l’incarnation de ce fabuleux château Paloumey et connue aussi pour être l’une des premières femmes viticultrices avec l’association des « Médocaines ». Elle a acheté avec son époux le château en 1989, un château viticole bien connu des amateurs de vin. Un cru Bourgeois que la famille Cazeneuve a réussi à porter à un haut niveau et a réussi à en faire une pépite du Médoc. De 14 hectares de vignes à l’origine, toute la propriété a été replantée, et fait aujourd’hui 40 hectares. Ses vins sont d’une grande précision.

Ce matin, encore sous le coup de l’émotion, Martine Cazeneuve me confie « c’est effectivement l’histoire d’une vie, j’y habitais jusqu’à l’an dernier, jusqu’en avril. Entre temps les enfants l’ont refait, nettoyé et voilà… Cela fait 30 ans que je suis là, j’y ai beaucoup travaillé, c’est un peu mon 4e enfant… ».

Pierre Cazeneuve faisant le pont ce matin avec le responsable des opérations de secours © JPS

Pour son fils Pierre Cazeneuve, qui habite désormais le château avec sa famille: « oui c’est un drame personnel, c’est une propriété familiale…Moi, je revenais de chez le médecin, c’est mon épouse qui, en train de manger avec les filles dans la cuisine, a entendu du bruit, elle est montée et a vu le matelas en feu. Elles’est mise en sécurité avec mes filles et a appelé les pompiers. On a un voisin qui est à 20 mètres chez qui on a dormi et c’est super. On a plein de gens qui ont été là avec nous… Oui, c’est un drame mais en même temps ce n’est que du matériel, franchement. »

60 sapeurs pompiers de Macau et de toute la Gironde, 15 véhicules ont combattu le feu une bonne partie de la soirée et réussi à limiter les dégâts.Certes la bâtisse a souffert, mais les chais attenants sont préservés.

« C’était un peu les images que j’ai vécues quand j’étais sur Paris pour Notre-Dameavec un feu très difficile à contenir avec beaucoup de vent, je tiens à saluer le courage et le travail des pompiers venus de tout le département », confie le député du secteur Benoît Simian, qui s’est aussitôt porté sur les lieux en tant que député du Médoc, mais aussi ancien maire de Ludon, accompagné du maire actuel:  « le pire a été évité, aucune victime,  l’outil de production n’est heureusement pas touché, sinon cela aurait été la double peine, en effet les chais ne sont pas touchés, 100 000 bouteilles ont été épargnés, » poursuit Benoît Simian.

Un beau château du XIXe siècle, récemment restauré© JPS

Assurances et experts vont intervenir dans les prochaines heures ou prochains jours. Les causes du sinistre restent à déterminer. En attendant, la famille est relogée.  Alors que le cuvier et les chais s’activent déjà, « les livraisons vont pouvoir repartir dès lundi » me confie Pierre Cazeneuve qui bien sûr va goûter les vins avec ses équipes, pour rassurer ses clients. Il n’y aura en tout cas pas de chômage technique. La famille a déjà pris des mesures de sécurité déjà pour sécuriser très fortement le site.

A toute la famille Cazeneuve, Côté Châteaux lui exprime ses plus sincères voeux de courage et de rétablissement face à cette épreuve.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Guillaume Decaix, Sarah Colpaert etb Thierry Culnaert : 

09 Jan

Saint-Emilion Jazz Festival : pas d’édition en 2020

Franck Binard a envoyé ce lundi un courrier annonçant qu’il n’y aurait pas cette année de Saint-Emilion Jazz Festival. Un rendez-vous très prisé des amateurs de Jazz, de Vin et de Vieilles Pierres dans la Cité Millénaire porté par Dominique Renard et Franck Binard depuis de nombreuses années. Côté Châteaux lui cède la parole: 

Franck Binard du Conseil des Vins de Saint-Emilion et Dominique Renard président du Festival en juillet 2017 © JPS

« Nous ne prévoyons pas d’édition en 2020 et ce pour plusieurs raisons.

Ben l’Oncle Soul présent en 2015 © JPS

  • La douve du Palais Cardinal, lieu emblématique du Festival, ne sera pas disponible en 2020 en raison d’importants travaux effectués par l’hôtel du même nom.
  • Nous avons sérieusement à reconsidérer la formule d’ensemble du Festival afin de tendre vers un équilibre pérenne.

  • Pour cela un nouveau bureau devra être constitué, plus étoffé, plus impliqué dans la gestion quotidienne avec des postes bien définis et des responsabilités accrues. Les candidatures et les idées sont bien entendu les bienvenues. La prochaine Assemblée Générale dont nous vous communiquerons la date, devra clarifier tous ces points. Nous vous rappelons que notre structure est associative et qu’à ce titre toute action est considérée comme purement bénévole.

Marcus Miller et Dominique Renard, le président du Saint-Emilion Jazz Festival © Jean-Pierre Stahl

  • En 2021 nous célèbrerons les 10 ans du Festival, et nous souhaitons nous laisser un peu de marge de réflexion pour fêter dignement cet anniversaire, mais la réussite d’un tel évènement ne peut passer que par un engagement sincère et déterminé de chacun.

« Grâce à vous tous, partenaires, bénévoles, collectivités publiques et territoriales, nous avons créé une manifestation reconnue pour sa qualité et l’exceptionnel environnement territorial que nous avons contribué à mettre en valeur ».

L’équipe des vignerons de Saint-Emilion sur le pont pour faire face au millier de festivaliers en juillet 2016 © Jean-Pierre Stahl

« En cela le Festival a porté sa pierre à l’édifice culturel et patrimonial de notre région. Si le nom de Saint-Emilion est déjà mondialement connu pour la qualité de ses vins et son patrimoine architectural unique, il l’est aussi désormais pour son Festival musical. Faisons-en sorte que cela perdure, » selon Franck Binard, co-organisateur avec Dominique Renard.

Regardez le reportage en 2017 sur le 6e SEFJ par Jean-Pierre Stahl, Anthony Capra, Eric Delwarde, Françoise Dupuis et Isabelle Rougeot :

Ce festival a prouvé au cours des 7 dernières éditions et de l’édition spéciale 20 ans de la Juridiction de Saint-Emilion inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité la grande qualité de ses têtes d’affiches, musiciens et chanteurs de jazz, pop, soul…Bravo à Dominique Renard et Franck Binard, ainsi que toute l’équipe. Bravo pour nous avoir fait rêvé et passé de bons moments, le report est justifié, bravo pour votre investissement et votre passion et j’ai envie de dire: vite à l’année prochaine.

Regardez le Côté Châteaux Spécial 20 ans de la Juridiction inscrite à l’Unesco, la Fête du Vin et le dernier Saint-Emilion Jazz Festival incorporé aux festivités: par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot:

08 Jan

Charte départementale des riverains: on entre dans le vif du sujet…

C’est aujourd’hui une première réunion à la chambre d’Agriculture de concertation avec des associations de riverains et d’autres associations de lutte anti-pesticides et les acteurs de la chambre d’Agriculture. La discussion risque d’être intéressante et animée.

La manifestation devant la chambre d’agriculture en décembre dernier © France 3 Aquitaine

Depuis septembre, de nombreuses associations dont Générations Futures demandaient à la Chambre d’Agriculture de participer aux réunions de concertation. Il y eu dans un premier temps un silence radio, puis les associations ont manifesté n’étant pas invités. La Chambre d’Agriculture a finalement convié ces associations pour une réunion le 16 décembre, invitation déclinée car le délai était trop court.

Aujourd’hui, la chambre d’agriculture doit présenter à ses associations ses propositions à l’occasion de cette réunion en présence d’organisations agricoles professionnelles et des représentants des riverains. Ciryl Giraud de Génération Futures s’interroge dans un communiqué : « aura-t-on droit à un copier-coller de la charte vide proposée par la FNSEA au niveau national ? ». Il souhaite en tout cas échanger sur les thèmes suivants

  • nature des produits,
  • information des riverains et du public,
  • visualisation de la vitesse du vent,
  • zones de traitements différenciés…

Obligation est faite avec la Loi Egalim de mettre en place ces chartes départementales à l’initiative des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques pour prendre des mesures de protection des riverains.

Dans un communiqué commun, les organisations environnementales soulignent « les arrêtés municipaux anti-pesticides reflètent l’inquiétude grandissante d’une société
civile informée et d’une réelle volonté politique de certains édiles de protéger la santé de leurs concitoyens, dont les plus vulnérables, les enfants. Volontés politiques confortées à deux reprises par des tribunaux administratifs ». Elles rappellent que « L’air, l’eau et la terre sont des biens communs » et considèrent que jusqu’à présent il y a eu « un mépris des riverains et transfert des responsabilités des firmes et des pouvoirs publics sur les professionnels » à qui l’ont demande aujourd’hui de « bonnes pratiques des professionnels ».

07 Jan

Gérard Descrambre le fournisseur de vin de Charlie Hebdo : il revient sur 40 ans de souvenirs partagés avec les auteurs d’Hara Kiri et de Charlie

C’est aujourd’hui un bien triste anniversaire. Celui de l’attentat de Charlie Hebdo il y a 5 ans. Côté Châteaux est allé à la rencontre de Gérard Descrambre, un vigneron du Bordelais, qui a bien connu l’équipe, depuis les grandes heures de Hara Kiri puis Charlie. Il est devevu leur fournisseur de vin, des liens d’amitié se sont noués, en retour les auteurs lui réalisaient des dessins pour ses étiquettes et des affiches pour ses salons. Instant d’émotion, de liberté de ton, avec Gérard Descrambre.

« Je suis Charlie », Gérard Descrambe l’est depuis la première heure… Ce vigneron bio en St Emilion est devenu il y a 45 ans le fournisseur officiel du Professeur Choron et de Cavana à la grande époque d’Hara Kiri puis de Charlie Hebdo.

Gérard Descrambe, dans son vignoble, avec une bouteille de son chateau avec un dessin dessiné par Reiser © JPS

Au printemps 1974, « j’avais écrit une longue lettre au professeur Choron, je lui avais dit voilà on est de jeunes cons, on va reprendre un vignoble en bio, et je conclue ma lettre si tu me fais une commande de pinard, je la mets dans mes chiottes… » Elle y « trône » toujours !

 60 bouteilles, du plus cher et du meilleur ! Amicalement. Professeur Choron ».

Et pendant des années « Choron m’a toujours payé mon vin et l’a toujours bu avec enthousiasme… » (rires) Gérard Descambre part chercher sa pochette à dessins  précieusement remisée et nous dévoile les originaux de ces dessins et « crobarts » réalisés par les dessinateurs, les fines plumes, ses amis

 « ça, c’est du Tignous, je vois des éléphants roses » avec deux alsaciennes à forte poitrine en face de Gérard au gros pif, avec juste après un dessin de Carali « je veux le même », et là « ça c’est Charb avec un message marketing un peu spécial entre l’Alsacienne (Descambre en Alsacienne à moustache), ma bouteille de St Emilion et Y a bon ».

Une affiche signée Cavanna …papa, maman et petit Descrambe © JPS

Ce qui est marrant, c’est qu’ils l’égratignaient lui comme d’autres, même si il faisait du bio ils annotaient « c’est du dégueuli écolo… », des affiches pas facile à placer sur des salons, mais Gérard Descrambre n’hésitait pas il affichait tout…

Le 1er qui m’aurait dit que Tignous serait décédé avant moi, je lui aurais dit que c’était un gros con, des gens comme Wolinski,… je les connaissais depuis 1974, c’était assez dur, »Gérard Descrambre, vigneron.

Chaque fois, qu’il montait à la capitale pour livrer son vin à Hara Kiri puis Charlie, c’était des retrouvailles arrosées avec la bande, dans leur cantine un resto rue de Bièvre à Paris...une restaurant où ils s’étaient liés d’amitié avec des chauffeurs du président Mitterrand ou encore des gens des RG qui les surveillaient quelque peu…« Un resto ou on est capable d’arriver avec 24 bouteilles, les ressortir au fur et à mesure c’est quasiment impossible et là ça a toujours été possible ».

C’était une sacrée époque pour Gérard Descrambe, où ses amis comme ses étiquettes étaient portés sur la bouteille, et où l’inspiration venait parfois avec, jusqu’à ce qu’il y ait un changement de direction…Il se souvient alors de ce que lui a raconté Willem: « il a dit, moi depuis la période Val je ne vais plus aux conférences de rédaction, donc c’est mon alcoolisme qui m’a sauvé la vie ».

Un dessin de Vuillemin © JPS

Son histoire commune avec ses amis d’Hara Kiri et de Charlie, il l’a raconte dans un livre « Grand Cru Déclassé » co-écrit avec Dominique Hutin, de Radio France, ce dernier l’avait invité à raconter ses souvenirs à la radio peu de temps après l’attentat.

Une pensée émue pour toutes les victimes à Charlie et victimes des jours qui ont suivi. Le monde a changé depuis 5 ans.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer : 

05 Jan

Taxera, taxera pas ? Les produits français dans l’expectative aux Etats-Unis…

La menace de l’administration Trump de taxer les produits français provoque une levée de bouclier aux Etats-Unis, chez les particuliers comme chez les professionnels du secteur. L’administration Trump a récemment menacé de surtaxer « jusqu’à 100% » l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français.

« Ne me prenez pas l’un des derniers plaisirs que je peux encore m’offrir », supplie Gerald Ansel. Cet amateur américain de vin veut convaincre l’administration Trump de renoncer à imposer des tarifs douaniers sur des produits emblématiques pour punir la France de sa taxe GAFA.

L’administration Trump a récemment menacé de surtaxer « jusqu’à 100% » l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français. Champagne, roquefort, sacs à main en cuir, cosmétiques, porcelaine de Limoges, cocottes en fonte Le Creuset et Staub, pourraient ainsi faire les frais du mécontentement des Etats-Unis après l’instauration en France d’une taxe sur les géants du numérique qui frappe en premier lieu les « Gafa » américains (Google, Apple, Facebook et Amazon).

Le représentant américain au commerce (USTR) reçoit jusqu’à lundi soir les commentaires écrits de particuliers et professionnels du secteur, et tiendra mardi une réunion publique, pour examiner les demandes d’exemptions.

« Des petites et moyennes entreprises seront pénalisées tout au long de la chaîne d’approvisionnement en représailles à des taxes sur les géants des services numériques », déplore ainsi, dans son commentaire à l’USTR, la Specialty Food Association (SFA), organisation professionnelle alimentaire qui compte plus de 3.900 membres aux Etats-Unis.

L’organisation estime qu’environ 14.000 détaillants de produits alimentaires spécialisés seront pénalisés par ces droits de douane, ainsi que plus de 20.000 autres détaillants alimentaires.

Dix associations d’importateurs de vins français, qui ont envoyé un courrier commun à l’USTR, ont chiffré de 11.200 à 78.600 les pertes d’emplois aux Etats-Unis si ces menaces sont mises à exécution.

HAUSSE ASTRONOMIQUE DES PRIX

La mesure n’entrera pas en vigueur avant mi-janvier, à l’issue de la période de consultations. Ces droits de douanes supplémentaires, « premièrement, feront perdre leur emploi à des gens, et les consommateurs n’auront plus accès à des produits qu’ils aiment ou devront supporter une hausse astronomique des prix », selon Kermit Lynch Wine Merchant, un importateur de vins français et italiens, dans un courrier transmis à l’USTR. « Malgré l’importance du marché américain pour le vin européen, les producteurs européens ne seront pas autant pénalisés que les consommateurs américains. (…) A la fin, les perdants seront les consommateurs et les entreprises américains », ajoute l’importateur.

De leur côté, les géants du numérique se gardent de condamner ces taxes supplémentaires. La Computer & Communications Industry Association, qui regroupe entre autres Facebook, Amazon et la maison mère de Google, Alphabet, estime ainsi que « l’action de la France mérite une réponse conséquente et proportionnée de la part des Etats-Unis ». « Si des changements sont nécessaires dans la taxation internationale de l’économie numérique, cela doit être mené dans le cadre d’un processus multilatéral à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) », plaide cette organisation.

Pour mettre fin à des pratiques fiscales controversées des multinationales du numérique accusées de minorer leurs revenus en France, le gouvernement français a voté fin 2018 une taxe dite « Gafa » qui impose ces entreprises à hauteur de 3% du chiffre d’affaires réalisé en France.

Le Canada compte également taxer les géants du numérique mais attendra, avant d’agir, la décision de l’OCDE, qui doit rendre à l’été un rapport sur le sujet. « Les menaces de sanctions américaines sont inacceptables. Notre priorité est de trouver une solution internationale à l’OCDE sur la taxation du numérique. Si nécessaire, nous sommes prêts à riposter au niveau européen », avait rétorqué mi-décembre le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

Si les Etats-Unis concrétisent leurs menaces, il s’agirait d’un deuxième train de sanctions douanières touchant la France: dans la longue bataille juridique autour des subventions accordées à Airbus, l’administration Trump a commencé mi-octobre à appliquer des taxes punitives s’élevant à 10% sur les avions européens, et à 25% sur divers produits alimentaires de l’Union européenne dont une partie des vins français.

AFP

VOICI DES EXTRAITS DE COMMENTAIRES ADRESSES AU REPRESENTANT US AU COMMERCE (UTSR):

  • John LeRoy, travaille pour M.S. Walker, entreprise familiale qui importe des
    vins et spiritueux: « Les droits de douane envisagés pourront avoir des effets dévastateurs sur l’industrie qui me fait vivre avec ma famille. Mon gagne-pain dépend de la croissance continue et du succès de l’entreprise pour laquelle je travaille, et il est évident que ces droits de douane pénaliseront fortement notre capacité à conduire nos activités et servir nos clients. »
  • Elizabeth DiPaolo, acheteuse de vins pour un groupe de magasins d’alcool dans le Massachusetts: « Nous ne devrions pas avoir à payer le prix d’un conflit entièrement hors de notre contrôle. (…) Si les vins importés deviennent trop onéreux pour les consommateurs américains, alors les droits de douane ne servent pas les intérêts qu’ils devraient. A la place, résultera une grande dépression dans l’industrie de l’alcool, au détriment de nombreuses personnes qui travaillent dur. »
  • Kenneth Cusson, restaurateur: « La production américaine de produits de substitution aux produits américains n’est simplement pas suffisante. (…) Ces taxes vont punir les entreprises et consommateurs américains, pas les gouvernements et industries impliqués dans ce conflit. »
  • William Woodruff, de Chloe Wines, importateur à Seattle (Etat de Washington): « Marie Copinet Champagne représente 20% de notre activité, et nous serions contraints de retirer cette offre de notre catalogue, et licencierions immédiatement un de nos deux employés. »
    Whitney Schubert, responsable de l’offre France de Polaner Selections, importateur de vins dans le New Jersey: « Cela va détruire l’activité vinicole américaine. (…) De petites, moyennes, et même grosses entreprises ne seront pas capables de résister à des frais si élevés, ce qui provoquera des fermetures et des pertes d’emploi. »
  • Gerald Ansel, particulier, Anaheim (Californie): « S’il vous plaît n’imposez pas plus les vins européens. Ils sont l’un des derniers luxes que je peux m’offrir. La qualité des vins américains n’a rien à voir avec ceux de France ou d’Italie. NE ME RETIREZ L’UN DES QUELQUES PLAISIRS SIMPLES QUE JE PEUX ENCORE M’OFFRIR. »
  • Shawn Mead, responsable de deux commerces de vin à Seattle (Etat de Washington): « Des droits de douane de 100% sur les vins européens dévasteraient probablement mes deux activités. (…) Je demande urgemment à l’USTR de ne pas appliquer de nouveaux droits de douane, mais plutôt de trouver d’autres solutions (…) de préférence avec les parties concernées, plutôt que de punir une industrie qui n’a rien à voir, et les milliers d’Américains qui gagnent leur vie grâce à cela. »