01 Mar

Sophie Burguet, un maître de chai au féminin: « j’ai eu le virus, c’est cela que je veux faire ! »

Dans un milieu d’hommes, au début du XXème siècle, ça aurait été inconcevable, presque un sacrilège…Aujourd’hui, Sophie Burguet, s’est imposée comme femme maître de chai. En poste depuis près de 10 ans au château de Rouillac, elle est reconnue pour son expertise, ses idées et sa touche féminine.

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Sophie Burguet, maître de chai du Château de Rouillac © Jean-Pierre Stahl

Sophie Burguet, 34 ans, mère de 2 enfants (de 4 et 2 ans), partage sa vie de famille avec un métier passionnant et prenant: elle est maître de chai. Le genre de métier qui ne se conjugue qu’au masculin, tant il y a de manipulations de barriques et autres cuves, tant il faut faire face à des dizaines voire centaines d’hectolitres.

Et pourtant elle a commencé dans un tout autre domaine: « j’ai commencé mes études dans la décoration intérieure à Talence (BEP décoration d’intérieur), mais je me suis vite rendue compte que je ne voulais pas faire cela. J’ai de la famille en Bourgogne, des vignerons, et lors des repas de famille, tous les ans, j’ai découvert leur métier. J’ai eu le virus, et je me suis dit, oui c’est cela que je veux faire ! » 

Originaire de Gevrey-Chambertin même, Sophie regrette « je n’ai pas hérité (de domaine), c’est dommage ! Alors que j’ai deux oncles qui sont propriétaires aujourd’hui. Mais mon grand-père n’a pas voulu de la propriété de son père, il l’a laissé à son frère. il ne pouvait pas savoir, que sa petite fille aurait le goût pour cela. »

Du coup, elle se lance dans un lycée viticole à Montagne Saint-Emilion, où il y a beaucoup de fils de propriétaires.

Sa première opportunité, c’est au château de l’Hospital à Portets qu’elle va l’avoir, dans les Graves. Elle y fait tout d’abord sa formation en alternance durant 2 ans pour son BTS Viti-Oeno qu’elle suit à La Tour Blanche.

 Puis « Florence Lafragette m’a proposé de me garder comme maître de chai dans un premier temps avant de me nommer responsable d’exploitation, tout en cumulant les 2 fonctions. »

« Quand ça a commencé à ne pas aller très bien sur les vignobles Lafragette, ils m’ont demandé de m’occuper de Rouillac. Et en fait des 2 propriétés, vignes et chais. Il faut être organisée, mais c’est super passionnant ! » « En 2010, quand Mr Cisnéros rachète Rouillac, il me propose de me garder. On est parti sur de nouvelles aventures et la restructuration des vignes et des chais.

J’ai convaincu Mr Cisnéros de l’utilité d’acheter un « pigeur » automatique: c’est ce qui enfonce le marc dans le jus pour extraire la couleur et les arômes, et ça c’est une technique bourguignonne ! »

« Avant, je le faisais à la force des bras dans les cuves en bois, il fallait une demi-heure,  maintenant c’est une révolution il faut 5 minutes et pas d’effort. C’est toute la différence entre le travail des hommes et des femmes, nous on ne fait pas le poids, donc on réfléchit à des astuces qui nous facilitent le travail avec le souci de la qualité ! » (au château, on a 10 cuves de 100 hectolitres et 5 de 70 hectos)

Dans les vignes, elle a eu fort à faire avec la remise en état des parcelles et le remplacement des pieds de vigne manquants. « ça a été un gros travail ! » Par ailleurs, il y a eu une reprise du travail du sol: « on n’utilise plus de desherbant. On va passer 4 à 5 fois avec Titan, notre cheval de trait (1,3t). C’est agréable de pouvoir dire il y a zéro herbicide, zéro insecticide. On n’est pas en bio, mais à la limite, en lutte raisonnée. On traite même nos effluents viticoles par un système de phytobac (niveau 3 du Grenelle de l’Environnement). »

« A la vigne, il ne faut pas se louper. Je ne pourrai pas faire un bon vin, si je n’ai pas le meilleur raisin. Le 2O13 ? Ca a été éprouvant. Il fallait qu’on ait la gnacque pour s’en sortir ! On attend encore que l’élevage fasse son oeuvre. Il n’est pas fini, on est vraiment au début de l’élevage, quant aux blancs, c’est une année pour les blancs ! »

 Le 2012 sera mis en bouteille en mai, il a « une puissance arômatique, une superbe couleur et une très grande longueur en bouche ». « C’est toujours un petit pincement quand il part, vous l’avez élevé durant deux ans et pouf il est parti… »

Comment une femme a-t-elle fait sa place comme maître de chai ?

Elle a retroussé ses manches et haussé le ton (rires). Je n’ai pas connu de machisme. Non, c’est à force de volonté et de passion. Finalement, les hommes, ça leur convient car on cherche des techniques pour améliorer le travail. On arrondit les angles, parfois avec des rustres, pour leur faire comprendre que les femmes ont leur place dans ce monde-là.

Elle gère Sophie. En collaboration aussi avec Jean-Christophe Baron, son directeur technique. « On travaille en cohésion, c’est de l’échange et de la complémentarité. Mais il a plus de vinifications que moi. »

Quant à savoir ce que pense le patron, Laurent Cisnéros, de Sophie Burguet ? « Sophie, elle est le lien entre ce qui s’est passé à Rouillac depuis 10 ans et aujourd’hui, elle a vécu le beau projet défini par l’ancien propriétaire, elle a connu une période de stand-by, de crise, et maintenant, elle vit le renouveau, elle est une partie de l’histoire de Rouillac ! »

« Le mérite que je lui accorde, c’est qu’elle a maintenu le vignoble dans des conditions difficiles, elle ne l’a pas fait chuter. J’aime bien sa sensibilité féminine. C’est une jeune femme qui a de l’engagement et qui est assez polyvalente. Il faut exceller dans la polyvalence. Elle aura un avenir intéressant ici…Je suis ravi qu’elle soit avec nous ! » 

28 Fév

Pas de boogie woogie avant vos prières du soir… C’est au Vatican qu’il y a des miracles pour la consommation de vin !

Si tous les Etats du monde consommaient autant qu’au Vatican, il y aurait peut-être la guerre, car pas assez de vin pour toute la planète ! Déjà qu’en France, avec ce 2013, il va y avoir pénurie…Les chiffres sont pourtant sérieux: 74 litres par an et par personne, ce qui fait du Vatican le champion du monde de la consommation de vin !

Le Pape François ne semble pas en abuser, même s’il est très en forme © lacroix.fr

C’est en effet au Vatican que la consommation de vin par habitant est la plus importante de la planète vin. C’est une des conclusions de statistiques publiées par le Wine Institute (organisation qui regroupe des producteurs de vin de Californie) concernant l’année 2012.

Dans ce minuscule État, 44 ha (comme au Cap Ferret !), on consomme en moyenne 74 litres de vin par an et par personne (soit environ 99 bouteilles de 75cl par an). C’est presque le double de la France: 53 litres aujourd’hui alors que dans les années 60, la France était championne avec 120 litres par an et par habitant.

Les habitants du Vatican sont-ils de gros alcooliques, des « bois-sans-soif » ? Se saoulent-ils au « vin de messe » ? Que nenni par « urbi et orbi » !

Don Camillo savait demander pardon...

En France, du temps de Don Camillo, la consommation dépassait allègrement celle du Vatican © Dyovino.fr

Michael Winterbottom, éditorialiste pour The Universe Catholic Weekly, explique en outre au Guardian que « le vin de messe n’est généralement pas acheté dans le commerce, car il doit être fabriqué à partir de raisin pur« , sans faire de mélange. L’Eglise fait confiance à ses ministres pour l’approvisionnement. Mais la réponse semble venir du commerce local…un supermarché dans l’enceinte du Vatican !

 Explications données au Guardian « il y a un supermarché au Vatican, connu sous l’appellation familière “spaccio dell’Annona”, une expression qui fait allusion à la contrebande. Les taxes y sont basses. Ceux qui sont en possession d’un pass Vatican bénéficient de droits similaires à ceux qui ont passé la sécurité dans un aéroport. Est-ce que le Saint-Siège est un duty-free géant?

Tout le monde n’a pas droit aux taxes avantageuses dont parle The Guardian, mais les bénéficiaires sont nombreux, comme Le Monde des religions l’expliquait , en 2012 : « le supermarché du Vatican, l’Annona, est plus populaire. Les quelque 5.000 employés et retraités (le personnel du Saint-Siège et celui de la cité du Vatican) y ont accès – et parfois même les amis de leurs amis. Les produits y sont exempts de TVA et autres impôts. »

La loi Evin n’est pas arrivée jusqu’au Vatican…à consommer avec modération…

27 Fév

Le graphisme et le vin

Un joli dossier thématique que nous livre Martin Lavielle sur le graphisme sur les étiquettes et les bouteilles de vin : « elle est petite, collée à sa mère, observée et scrutée avant sa prise en main, tachée par les gouttes, fine et fragile : l’étiquette de vin. »

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François des Ligneris a toujours eu un sens aigu du graphisme et de l’originalité tant dans son restaurant l’Envers du Décor à Saint-Emilion que dans ses propriétés. Autre exemple de pureté et de référence à la vigne avec Mas Amiel dans le Roussillon..

Il n’est jamais évident de bien choisir son vin parmi des milliers de références ; le visuel de l’étiquette, malgré une bonne connaissance, reste notre premier repère : elle doit nous attirer tout en nous rassurant. Pour moi elle est aussi le lien entre le monde du vin et celui des imprimeurs et graphistes. Le travail des vignerons rejoint l’attention portée à cet infime encart de papier qui recevra les soins du graphiste et de l’imprimeur. Le graphiste se devra de retranscrire la saveur du vin et son histoire, trouver les bons systèmes d’impression ou de gravure pour mieux suggérer la singularité du vin. Malgré sa petite taille, l’étiquette de vin n’a pas souffert de créativité mais plus de traditionalisme. Les grandes régions viticoles telles que la Bourgogne ou le Bordelais conservent cet état d’esprit et préservent l’image prestigieuse de leur terroir. Pas de chauvinisme ici, la créativité est plus à chercher dans les autres régions de france (particulièrement en Languedoc-Rousillon) mais surtout dans les pays du nouveau monde (l’Australie, l’Argentine, les États-Unis en Californie, l’Afrique du Sud) qui tendent à montrer une autre facette du vin. L’étiquette comporte beaucoup de contraintes, de réglementations et il n’est pas facile de s’aventurer hors des sentiers traditionnels. Elle véhicule une image qui est apprécié partout dans le monde (Hong-Kong et la Chine sont devenus les premiers importateurs des Bordeaux en 2011 [via], et possèdent déjà une trentaine de châteaux dans le Bordelais [via]), il faut donc rassurer le client afin qu’il achète une bouteille avec une étiquette bien française ! C’est peut-être dans cette nouvelle conjoncture d’un marché mondialisé et très concurrentiel que les propriétés réfléchiront à donner une autre dynamique face aux productions étrangères. L’Australie, l’Espagne et les Etats-Unis se détachent réellement des autres pays par une très grande créativité et de très grands studios.

en France

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Etiquette du château Mouton-Rothschild en 1924 © Jean Carlu

Dans une démarche avant-gardiste pour l’époque, le Château Mouton Rothschild (Pauillac), dès 1924, fait appel à différents artistes, illustrateurs ou affichistes pour habiller leurs étiquettes (Braque, Dali, Kandinsky, Warhol, Haring,…. ici pour la suite). Les artistes étaient payés en bouteilles ! Personnellement je trouve ça frustrant car ce n’est qu’un simple encart sur l’étiquette contrairement à un habillage de la bouteille comme celle de Jean Carlu (affichiste), par exemple. François des Ligneris (œnologue-vigneron, aubergiste et graphiste !) a su donner de la fraîcheur au milieu trop traditionnel du Bordelais avec ses étiquettes (avec l’aide de Pistolet Bleu) et ses différents visuels comme pour son restaurant « l’envers du décor » à St-Émilion. Dernièrement, il a collaboré avec l’illustrateur Michael Halbert (USA), en créant le visuel de l’ours et le toréador (déjà utilisé pour le vin Oso Loco, Marquès de Caceres- Rioja !). Beaucoup de choses à dire le concernant mais des « fans » s’en sont occupés bien avant moi ici ou . Puis, avec beaucoup d’humour et d’audace, Benoît Cannaferina pour le vin La Levrette [ou ] (femelle du lévrier, n’en doutons pas !). Le Château a même fait une vidéo à voir ici. La réponse est efficace et drôle, surtout qu’on ne voit pas la subtilité du logo aux premiers abords. Bravo. ; On peut aussi observer la fraîcheur graphique de l’illustrateur Perceval Barrier pour les vins sur le fruit par exemple.

Par Martin Lavielle, mai 2013.

Et pour en savoir plus : http://sensgraphiques.wordpress.com/2013/05/04/le-graphisme-et-le-vin/

24 Fév

Procès du viticulteur bio à Dijon: 1000 euros d’amende requis, pour moitié avec sursis. Emmanuel Giboulot dénonce « un système absurde » !

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Emmanuel Giboulot cet après-midi devant le Palais de Justice de Dijon © Théo Souman -France 3 Bourgogne

Emmanuel Giboulot était poursuivi cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Dijon. Il avait refusé de traiter sa vigne avec un pesticide alors qu’un arrêté avait été pris par la préfecture.

Une amende de 1000 euros, assortie pour moitié de sursis, a été demandé par le procureur cet après-midi au tribunal correctionnel de Dijon à l’encontre d’Emmanuel Giboulot.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 7 avril à 13H30.

Le viticulteur en biodynamie depuis les années 70 avait refusé de traiter les 10 ha qu’il exploite en Côte d-Or, même avec de la pyréthrine, un pesticide naturel. Le viticulteur avait reçu des milliers de soutiens à travers une pétition: 400 000 signatures recueillies sur internet !

Quand j’ai pris la décision de ne pas faire ce traitement, je ne m’imaginais pas que ça m’entraînerait jusqu’ici ! Maintenant, cela fait partie de la prologation de ce système qui est quand même absurde ! Au moins, cela a le mérite de mettre le débat au sein de la société…(Emmanuel Giboulot)

Regardez le reportage de nos confrères de France 3 Bourgogne Théo Souman et Romain Liboz

Pour la Préfecture de Bourgogne, la menace de flavescence était réelle… toutefois, une seule parcelle de 0,20 hectare a été fortement touchée par la flavescence dorée en 2013 et devait être arrachée, contre 11,3 ha en 2012.

Pour l’avocat du vigneron, Me Benoist Busson, le préfet n’était en outre pas compétent à agir, « seul le ministre » l’était  : un arrêté ministériel de 2003, revu récemment, prévoit que lorsqu’un cep est contaminé sur une parcelle, le périmètre de lutte contre la flavescence dorée inclut la commune où elle se trouve et éventuellement ses voisines, « mais pas tout le département« , d’après l’avocat.

Selon Denis Thiéry cependant, directeur de recherches à l’Institut national de recherche agronomique de Bordeaux, l’épidémie, apparue en France en 1949 en Armagnac (sud-ouest), « explose depuis une dizaine d’années« , touchant tous les vignobles européens. Un important foyer avait été découvert fin 2011 dans le nord Mâconnais, en Saône-et-Loire. « Presque tout le vignoble français est touché, hormis le Jura, la Champagne et l’Alsace« , précise le spécialiste, pour qui « les plans de lutte doivent être respectés« , sinon, « c’est comme refuser de se vacciner quand c’est obligatoire« .

photo_500_personnesCe n’est toutefois pas la position des écologistes et de 500 manifestants de ce jour.

Pour Sandrine Bélier, députée EELV au Parlement Européen : « La liberté de choix, en l’absence de menace sanitaire avérée, devrait être de mise !«  Le parti écologiste fait partie du comité de soutien avec Greenpeace, Attac et le NPA, sans compte des milliers d’anonymes. Tous réclament l’arrêt des poursuites judiciaires envers tous les viticulteurs « engagés dans une procédure alternative« . 

conference_bivbConférence de presse vendredi dernier du BIVB

Face au tolé sur internet et la pétition qui gonflait, gonflait, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) a dénoncé vendredi des « contre-vérités » autour du cas, isolé selon lui, de M. Giboulot.

 « Dire qu’il suffit de mettre des pièges orange et un peu d’argile, ce n’est pas vrai (…) Si l’on constate, par une analyse fine comme nous l’avons fait, qu’il n’y pas d’autre choix, il faut traiter« , selon Pascal Lambert, du Service d’écodéveloppement agrobiologique et rural de Bourgogne.

« Non, la Bourgogne ne pollue pas » en traitant ses vignes, a déclaré Claude Chevalier, président du BIVB, pour qui ce procès ne fait pas une bonne pub à la Bourgogne et à ses vins !

Dis papy, c’était comment Meursault en 1900 ?

Côté Châteaux vous propose de découvrir une exposition en ligne: 100 ans d’histoire en Bourgogne à travers la carte postale ancienne. Surtout de la vieille pierre, mais aussi cette scène dégustation conviviale exceptionnelle à Savigny-lès-Beaune.

savigny les beaune 1900Beaune, Pommard, Volnay, Meursault…des noms mythiques du vignoble bourguignon. Un vignoble et d’autres scènes de la vie quotidienne ont été collectés par Patrick Vieillard. Celui-ci partage sur son site, Bourgogne 1900-2000, sa belle collection de cartes postales anciennes sur la Bourgogne.

On y découvre de nombreux villages de la côte de Beaune mais aussi Autun ou Vézelay. On parcourt le temps de 1900 aux années 70 avec quelques perles comme cette image de la place de Meursault avec le « tabac-épicerie fine-chaussure » et son patron à côté de la 404 toute neuve. Ou encore les vaches qui broutent l’herbe devant le Château de Meursault ! Et enfin ces images de la construction du fameux camping de Meursault et sa piscine au milieu des grands crus !

Site à découvrir ici : Bourgogne 1900-2000

Source: Bougogne Live

Avallon - Route de Pontaubert, Cousin-le-Pont, le pont du Gour-Vallon - Avallon.

 C’était pas mieux sans le web, facebook, twitter, instagram et compagnie ?

22 Fév

Dis-moi, comment tu assembles ? Je te dirai à qui tu ressembles !

Depuis la mi-janvier, les châteaux réalisent leurs assemblages. Une particularité en bordelais contrairement aux vins de cépages du nouveau monde. Pour l’occasion, Philippe Raoux a permis justement à une winemaker du nouveau monde de s’exprimer au château d’Arsac.

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Philippe Raoux et Ntsiki Biyela dans le chai à barriques du château d’Arsac © Jean-Pierre Stahl

De bonnes vibrations au Château d’Arsac…Celles de chants zoulous, mais aussi celles dégagées par Ntsiki Biyela, première femme vigneronne d’Afrique du Sud !

Sacrée meilleure « winemaker » 2009 dans son pays, elle va désormais être en photo sur une cuvée spéciale des faiseurs de vins produite au Château d’Arsac. En photo ? Oui, car elle réalise cette année les assemblages pour cette cuvée comme ses illustres prédécesseurs connus dans le monde entier: Michel Rolland « le magicien » (dixit Philippe Raoux »)(qui conseille 250 propriétés dans le monde), Denis Dubourdieu « le professeur » de l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin, ou encore Stéphane Derenoncourt « l’autodidacte ».

Assemblage Philippe Raoux et N. Byela

L’heure du choix entre les différents échantillons de merlot et de cabernet sauvignon © JPS

Une idée qu’a eu Philippe Raoux, le propriétaire du château et de la Winery, de donner chaque année carte blanche à un winemaker pour suivre une parcelle de 10 hectares depuis la pousse de la vigne jusqu’aux vendanges, en passant par l’élevage en barriques et aux assemblages…30 000 bouteilles porteront son nom avec un millésime pas facile, le 2013 et un rendement très bas 22,5 hectos à l’hectare !

Ainsi après 3 mois d’élevage en fûts de chêne, les échantillons de merlot et de cabernet sauvignon des différentes parcelles et de différentes barriques sont goûtés par l’oenologue. Celui-ci opére des choix, quitte à mettre certains échantillons de côté, il réalise ensuite ses assemblages; cette fois, ce sera 50% merlot, 50% cabernet sauvignon…

On commence par goûter les échantillons un à un pour avoir une idée du pourcentage, pour savoir quel échantillon doit dominer davantage et lequel doit être un peu moins présent. (Ntsiki Biyela)

Ces assemblages sont une véritable alchimie. Toute l’année à Libourne, Oenoteam, à Libourne, est au chevet de la vigne et du vin. Trois oenologues apportent leurs conseils à 150 propriétés notamment lors de assemblages.

Assemblage Stéphane Toutounji

Stéphane Toutoundji, oenologue, et Grégory Lovato, château Lajarre, au moment de l’assemblage de la cuvée Eléonore © Jean-Pierre Stahl

Grégory Lovato, propriétaire du château Lajarre, en Bordeaux Supérieur, vient faire déguster à Stéphane Toutoundji, oenologue, ses échantillons de 2012 qui ont déjà 12 mois d’élevage. Pour sa cuvée Eléonore, haut de gamme, il recherche un certain boisé, subtile qui permette encoer au fruit de s’exprimer.

Un travail ciselé, tout en finesse, où il faut savamment équilibrer les dosages car au final 1 500 hectolitres, 200 000 bouteilles sont en jeu.

Dis-moi comment tu assembles, je te dirai à qui tu ressembles ! Ou si tu es unique !

 

C’est parti pour le 51ème salon de l’agriculture et pour le concours général agricole

On connaît le salon de l’agriculture comme étant le rendez-vous des plus belles bêtes à concours, avec 4000 animaux présentés. Mais il y a aussi les vins à l’honneur, avec le concours général agricole qui consacre les meilleurs. Du 22 février au 2 mars à la Porte de Versailles à Paris.

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François Hollande va passer 7 heures au salon…Il déguste un verre de Savoie accompagné d’un petit morceau de Beaufort…© Jonathan Pasqué 

Tous les vins de France, dans toutes les gammes de prix, sont représentés lors du Concours Général Agricole. Les échantillons sont soumis à l’appréciation d’un jury de spécialistes (sommeliers, œnologues, négociants, producteurs, courtiers…) dont les verdicts sont reconnus pour leur justesse et leur fiabilité.

Les médailles attribuées aux vins lors du CGA constituent en outre un passeport recherché pour l’export.

16 000 échantillons entrent en compétition chaque année lors de présélections organisées localement par les directions départementales des territoires, les Chambres d’agriculture et les syndicats, avant d’accéder à la finale qui se déroule dans le cadre du Salon International de l’Agriculture.

2014cga_produits-vins_medium_245[1]Seulement 50 % des vins sont admis à la finale dont les épreuves sont encadrées par les agents du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt.

En 2013, plus de 3 000 jurés ont participé aux dégustations pour attribuer les médailles du CGA.

VIDEO. François Hollande inaugure le Salon de l'agriculture

Le Président de la République François Hollande, comme Jacques Chirac, appécie ce rendez-vous incontournable du monde agricole © Francetv Info

Le président est arrivé ce samedi matin à 7 heures au Salon de l’agriculture pour une « visite de travail ». L’accueil par des éleveurs de Dordogne a été chaleureux, toutefois le climat est très compliqué pour le monde agricole, en mal de reconnaissance, et qui subit toujours la pression de la grande distribution (avec une période de déflation et une hausse de la TVA à 20%, les producteurs pourraient une fois de plus être étranglés).

Crise de la filière bovine, prix du lait et question de l’éco-taxe pourraient ressurgir comme thèmes durant sa visite…

Le public est arrivé à partir de 9 heures, 700.000 visiteurs sont attendus d’ici à dimanche prochain pour visiter la plus grande ferme de France, sans oublier sa grande cave.

Salon International de l’Agriculture du 22 février au 2 mars 2014 Paris Expo Porte de Versailles

21 Fév

Même une soft Neknomination ne vaut pas Smartnomination

 Le bar de Bordeaux qui avait été nominé et averti par la préfecture de ne pas faire dans le « déjanté » a maintenu sa « Neknomination party » ce jeudi soir, mais épurée et c’est tant mieux. Rien ne vaut somme toute, une dégustation de grands crus de Bordeaux, de Bourgogne et même d’autres petites perles de vins tranquilles…comme les jeunes !

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Le lever de coude, un sport national mais pas seulement. Attention en Irlande et en Grande-Bretagne, 5 jeunes sont décédés en une semaine. © Michel Vouzelaud France 3 Aquitaine

 Pour aller plus loin, lire les articles sur la Smartnomination:

Smartnomination contre Neknomination

Un bar de Bordeaux nominé par la préfecture…à ne pas inciter à l’alcoolisation folle des jeunes

 Regardez le reportage de Jean-Claude Lacoste et Michel Vouzelaud 

 

« Two Bee or not to be ? »

Y a-t-il du William Shakespeare en elles ? Peut-être ou pas. Emmanuelle Ponsan et Géraldine Bertrand viennent de lancer BEE Bordeaux une nouvelle agence spécialisée dans le « service cousu main » dans le domaine du vin ! « The place to bee… »

ImageProxy[2]BEE Bordeaux « Bordeaux Exclusive Events », nouvelle agence conseil en communication spécialisée Vin et organisation de Wine experiences sur-mesure, créée à l’initiative d’Emmanuelle Ponsan (ex-directrice de la Commanderie du Bontemps de Médoc et des Graves Sauternes et Barsac) et Géraldine Bertrand (ex-directrice de clientèle à l’agence STJOHN’S), deux passionnées de vin et de communication, fait son entrée dans le monde de la communication des grands vins de Bordeaux.

Deux regards, deux missions : Bee Bordeaux propose des stratégies de communication adaptées et organise des séjours d’exception dans le vignoble bordelais. Son expertise lui permet de partager cette connaissance exceptionnelle du monde du vin de Bordeaux, d’ouvrir les propriétés pour mieux transmettre leur incroyable et unique savoir-faire à travers le monde, et d’associer le vin à tous les plaisirs d’un art de vivre exceptionnel : « WINESTYLE ».

* Conseil en communication globale Vin et communication évènementielle Pour les professionnels du vin, conseiller, accompagner les propriétés, la filière du vin dans l’élaboration de leur communication pour renforcer leur visibilité et leur accessibilité.

* Conception et organisation de Wine expériences sur-mesure Pour les amateurs passionnés, proposer des séjours sur-mesure et haute couture, avec un accueil et un accompagnement personnel…Bee Bordeaux ouvre les portes des grandes propriétés et propose des rencontres personnelles et privilégiées avec leurs propriétaires ou leur collaborateurs.

Leur site: bee-bordeaux.com

Leur slogan: « Bee Bordeaux, Bee Happy », et nous, on ne résiste pas à l’envie de leur offrir le clip sur Bordeaux « Happy » !

Happy – We are from Bordeaux – musique de Pharrell Williams.

Un vigneron bientôt en prison pour avoir refusé d’utiliser des pesticides ?

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Emmanuel Giboulot, vigneron en Côte d’Or

 

Un vigneron bio bourguignon a été inquiété pour avoir refusé d’utiliser sur ordre de la préfecture des pesticides. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel ce lundi 24 février.

 Il s’appelle Emmanuel Giboulot. Il est viticulteur en Côte d’Or en Bourgogne où il exploite 10 hectares en agriculture biologique et biodynamique depuis plus de 30 ans.

Regardez le reportage de France 3 Bourgogne

 

Son erreur ? Avoir refuser de traiter sa vigne avec un dangereux pesticide par épandage qui détruit les abeilles alors que la préfecture de Côte d’Or avait pris un arrêté pour combattre un insecte qui proliférait. Il risque jusqu’à 6 mois de prison et 30 000 euros d’amende.

Après avoir été placé en garde à vue, lundi 24, il va devoir répondre de son refus devant le tribunal correctionnel de Dijon.

Ecoutez son témoignage…