06 Mar

Philippe Starck a dévoilé le nouveau chai des Carmes Haut-Brion: « c’est une lame » sortie des eaux !

Lancement en grandes pompes du chantier de nouveau chai du château les Carmes Haut-Brion à Bordeaux. « Un navire amiral »signé Philippe Starck, designer, et Luc Arsène-Henry, architecte. Les Carmes avaient été achetées en 2010 par Patrice Pichet, Pdg du Groupe Pichet.

20140306_133504Pour Patrice Pichet, propriétaire du château les Carmes Haut-Brion : « c’est un navire amiral, transportant nos vins aux quatre coins du monde ». Le Pdg du groupe de constructions immobilières Pichet aurait pu travailler avec ses équipes habituelles, mais il a voulu un projet marquant !

Cet ouvrage architectural unique ancrera dans le XXIème siècle l’histoire des Carmes Haut-Brion, seul château au coeur de la ville de Bordeaux. » selon Patrice Pichet, propriétaire.

Et d’ajouter: « je fonde beaucoup d’espoirs dans l’avenir du domaine. En 2010, c’était un achat coût de coeur (à 18 millions d’euros), aujourd’hui je peux dire que c’est un achat de raison. »

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La « lame » dessinée par Philippe Starck © Philippe Starck – Les Carmes Haut-Brion

Ce nouveau chai est un trait de crayon osé, au coeur d’un domaine marqué par l’histoire…En 1584, le seigneur de Haut-Brion a donné cette parcelle à l’ordre des Carmélites. Elles sont restées sur la propriété durant près de 200 ans.

C’est dire si Philippe Starck ne voulait pas trop en ajouter… » mon objectif était de ne rien faire avec un grand R. »

Il serait extrêmement facile de faire un bâtiment flamboyant pour montrer à quel point on serait des génies, Luc Arsène-Henry et moi-même, mais où serait la puissance du vin, la magie du vin ? Donc on a fait une lame en acier ! (Philippe Starck).

Après les discours des officiels, des maires de Pessac, de Mérignac et de Bordeaux, qui tous revendiquent, à juste titre, un bout de terroir des Carmes Haut-Brion, déchirées entre ces 3 communes, les pelletées officielles ont été lancées…avec Amélie Mauresmo, la championne de tennis, en vedette !

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Philippe Starck, Patrice Pichet et Luc Arsène-Henry © Jean-Pierre Stahl

Ce chai sera une cave passive thermo-régulée par l’eau, et en terme d’hygrométrie, et en température (pas besoin de climatisation…).

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Stéphane Derenoncourt, oenologue consultant pour la propriété, et Guillaume Pouthier, directeur de l’exploitation. © Jean-Pierre Stahl

Guillaume Pouthier, directeur de l’exploitation, précise : »Nos vignobles sont travaillés comme en bio et biodynamie, c’est une philosophie de travail ».

Quant à la conception du premier vin des Carmes Haut-Brion: ça doit être un vin équilibré, complexe, apte à vieillir, racé…et qui donne de l’émotion », pour Guillaume Pouthier

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C’est qui qui a la meilleure pelletée ? © JPS

 Depuis plus d’un an et demi, les Carmes et ses concepteurs travaillaient sur ce projet de 9 millions d’euros. « Une coque renversée fascinante » pour Alain Juppé, qui plaisantait de savoir si l’an prochain il pourrait l’inaugurer « si je suis toujours là » et « vous aussi s’adressant à ses « amis » politiques.

Michel Sainte-Marie s’enorgueillit d’avoir signé le permis de construire car « le chai est sur Mérignac ! » Et Alain Juppé de conclure que de toute manière, les Carmes Haut-Brion auront toujours pour adresse…Bordeaux.

Livraison en mai 2015, juste avant Vinexpo Bordeaux !

Et pour aller plus loin écoutez et regardez ces interviews de Philippe Stark, designer, Luc Arsène-Henry, architecte et Patrice Pichet propriétaire du château Les Carmes Haut-Brion réalisées par Jean-Pierre Stahl et Cristèle Arfel

Accords mets et vins à Vinipro: so sweet…Bordeaux

Durant les 3 jours du salon Bordeaux Vinipro, les stands rivalisaient d’originalité. Aux environs de midi, des accords mets et vins étaient proposés avec les vins moelleux et liquoreux des « Sweet Bordeaux ».

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Frédéric Lafon, le chef de l’Oiseau Bleu à Bordeaux en plein show de son savoir-faire de mets relevés pour accompagner ces vins liqoreux © Jean-Pierre Stahl

 Imaginez-vous faire une repas uniquement avec des vins moelleux ou liquoreux ? Pour certains, cela paraît mission impossible. Et pourtant…

Côté Châteaux a goûté pour vous ces petites verrines de » tartare de blonde d’Aquitaine à la mayonnaise de wasabi », relevé d’abricots secs, de gingembre confits, de coriandre et quignons de pain…un délice !

En suivant, une noix de joue de porc confite au lait de coco et au curry rouge…

Et pour terminer ? Un quasi de veau cuit à basse température, à 53 ° C, grillé à la plancha et servi avec un gastrique de tomates.

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Frédéric Lafon à gauche, Arnaud Chedhomme de la « Charcuterie Bordelaise » et Sophie Lafon, sommelière à l’Oiseau Bleu.

Voilà ce que proposait Frédéric Lafon, chef d’un restaurant gastronomique à Bordeaux, l’Oiseau Bleu. Un show auquel se sont succèdés, Frédéric Montemont chef de l’Estacade à Bordeaux et Pascal Nibodeau, le chef étoilé au guide Michelin pour le Grand Hôtel de Bordeaux, qui représentait le Pinasse Café, adresse prisée du Cap Ferret.

Et pour accompagner ces mets une jolie variété de « Sweet Bordeaux », avec un Château d’Arche 2007, dans la fraîcheur et dans des arômes subtils et pas trop sucré. La « charcuterie bordelaise » était partenaire de cette opération qui a créé une animation certaine durant ces trois jours.

 

05 Mar

Les plâtres ont été essuyés, Bordeaux Vini sera encore plus pro dans deux ans !

 La première édition de Bordeaux Vinipro s’est refermée ce soir. Plus de 6 000 professionnels ont arpenté les allées du salon. C’est peu mais il fallait bien débuter, les présents n’ont pas été déçus, les absents ont eu tort.

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A 18h30, mercredi soir, les organisateurs ont annoncé 6053 visiteurs pendant les trois jours de salon, dont 8,1% de visiteurs étrangers en provenance d’une vingtaine de pays. Le président du salon, Eric Dulong tablait sur 4000 à 5000 au démarrage lundi.

Il faut dire que ce salon a été très rapidement lancé, en moins de 5 mois. Et c’est un petit exploit. Seulement 230 châteaux étaient présents, c’est assez faible alors que 400 étaient pressentis, puis 250 à 300 annoncés lors de la conférence de presse de présentation au bar à vin du CIVB. Il faut qu’ils jouent le jeu davantage.

Le look du salon et les couleurs n’étaient pas si mal, pour un salon qui est très nettement moins cher que Vinexpo, et où le prix moyen du stand est de 2000 euros.

Pas besoin forcément d’investir énormément dans des stands très chers (sinon on retombe dans du « Vinexpo »). Les exemples donnés par les « Bordeaux et Bordeaux Sup » ou encore les « Crus Bourgeois » sont sobres et pas chers, avec de longues tables drappées de blanc pour la dégusation et juste deux beaux chandeliers achetés chez un antiquaire par Frédérique de Lamothe pour réhausser le tout et « ça le fait ! »

La date du salon, en revanche n’était sans doute pas la bonne. Eric Dulong réfléchit à une autre. Il l’a confiée hier à  « monviti.com »…

Dans deux ans, nous aurons plus de temps pour préparer l’événement et il faudra réfléchir à une date plus propice à la venue des acheteurs. Nous songeons déjà à coller Bordeaux Vinipro à Vinisud, voire à commencer notre salon sur la dernière journée de Vinisud, mais c’est une réflexion que nous allons mener avec les organisateurs de Vinisud » selon Eric Dulong

Mais pour Côté Châteaux, il faut sans doute éviter les périodes étalées de vacances scolaires où la France tourne au ralenti comme fin février  et jusqu’à mi-mars.

Vinipro était déjà programmé une semaine juste derrière Vinisud, et on a vu ce premier résultat.

Pourquoi ne pas tenter une organisation à la veille de la campagne des primeurs fin mars, à partir du mercredi et enchaîner le dimanche et lundi les primeurs, cela permettrait à des entreprises qui viennent de l’étranger ou de partout en France d’amoindrir les coûts de transports (billets d’avion, etc) et de concentrer sur une période de 5-7 jours un énorme évènement à Bordeaux, ce d’autant que le millésime 2013 des « vins frais » (blancs, rosés et liquoreux) y était présenté en primeur…

Regardez l’interview bilan d’Eric Dulong par Bordeaux Vinipro TV

 

 

Les petits ont tout à gagner avec Bordeaux Vinipro

Les Bergerac, mais aussi les Duras ou encore les Bio d’Aquitaine peuvent tirer les marrons du feu avec ce nouveau salon des Bordeaux et Vins du Sud-Ouest. Dans des gammes de prix de 4 à 15 euros, ils intéressent les cavistes, restaurants et brasseries.

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Les Bergerac et les Duras à Bordeaux Vinipro © Jean-Pierre Stahl

C’est son premier salon à Gaëlle Reynou-Gravier. Avec ses parents, elle exploite deux domaines en AOC Bergerac et Montravel: le château Marot et le Domaine de Perreau, au total 22 ha (4 ha en blancs et 18 ha de rouges). Ses marchés, ce sont 50 % commercialisés en France entre les cavistes et restaurants et 50 % à l’export, essentiellement en Belgique et Grande-Bretagne. C’est totalement le profil des acheteurs du salon qui recherche des vins pas trop chers, entre 4 et 10 euros c’est encore mieux…

Après avoir occupé plus de 1200 m2 à Vinisud la semaine dernière où Bergerac (24), Duras (47), Buzet (47) et Marmande (47)étaient réunis, les Bergerac font à nouveau cause commune avec les Duras. Duras, ce sont 200 vignerons (120 qui travaillent en coopératives et 80 indépendants) qui cultivent sur 1600 ha.

On propose nos vins en tarifs grossistes entre 3 et 6 euros, donc effectivement on a de bons rapports qualité-prix, mais il y a aussi de nombreux Duras qui sont à plus de 10 euros et qui marchent très bien aussi », selon Delphine Vazeux du Domaine La Belle à Loubès-Bernac.

Les Vins Bio d’Aquitaine, 717 producteurs dont 100 en Bergerac, ont aussi leur carte à jouer. Il y a une clientèle en recherche de produits estampillés bio, sans pesticides, qui espèrent boire « plus sain ». Ainsi Daniel Bellugue, qui fait partie du groupement des producteurs bio d’Aquitaine et aussi adhérent des vignobles de Bérac, exploite 11 ha avec son château les Tertres du Plantou; il a eu un bon contact avec les visiteurs professionnels.

Parmi ces petits, le château Kalian en Aoc Montbazillac a eu la surprise de voir son vin selectionné parmi les 3 derniers retenus sur 36 liquoreux du millésime 2013 par le meilleur sommelier du monde Andreas Larsson.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Guillaume Decaix

Intervenants: Gaëlle Reynou-Gravier, château Marot (Bergerac), Delphine Vazeux, Domaine de la Belle (Duras) , Vincent Bergeon, Directeur CIRVB, et Daniel Bellugue, château Tertres du Plantou (Bergerac Bio)

Chrono viti: acheté à la propriété, dégusté à des milliers de kilomètres !

Les viticulteurs avaient de grandes difficultés à expédier dans le monde quelques bouteilles de vin…Avec Chrono viti, ils ont un nouveau service qui répond à leur besoin. Ils accueillent en effet 4,3 millions d’oenotouristes en Gironde qui demandent à envoyer des bouteilles partout en France et sur la planète.

ChronoViti lors du lancement en 2014 à Bordeaux Vinipro © Jean-Pierre Stahl

ChronoViti lors du lancement avec Guillaume Guersing, responsable offre et marchés pour Chronopost © Jean-Pierre Stahl

C’était depuis Bordeaux Vinipro le lancement officiel de « Chrono Viti Bordeaux Gironde ». Un partenariat fructueux entre chronopost international et Bordeaux City Bond, organisme de la chambre de commerce de Bordeaux spécialiste du stockage de vin.

L’expédition de vin dans le monde en petite quantité n’est plus un problème. Les viticulteurs peuvent vendre leur vin à la propriété et l’envoyer sans se faire du tracas sur l’arrivée effective du colis.

Pour Mélusine Ampé, directrice générale de Bordeaux City Bond, cela part d’un constat fait auprès des propriétés et des négociants. Il y avait une incertitude à l’arrivée des vins. Désormais, l’expédition est sécurisée  et se fait dans les meilleurs délais.

« C’est une niche sur laquelle on a travaillé en convergence, avec une cellule d’aide à l’export », renchérit Agnès Grangé Déléguée Régionale du Groupe La Poste Aquitaine. « On a mis 18 mois à proposer cette offre, désormais les vignerons peuvent à partir d’un simulateur donner le coût global à l’oenoteouriste d’un envoi, soit avec un départ depuis chez lui, soit depuis Bordeaux City Bond »

Bordeaux City Bond prend en charge le stockage et la conservation des vins dans un espace de 3 000 m2 à blanquefort en Gironde, totalement sécurisé, où l’on peut entreposer jusqu’à 150 000 caisses de 12 bouteilles.BCB se charge par la suite de la préparation, des envois et aussi des formalités douanières pour l’étranger.

Pour bénéficier de cette offre, les producteurs et/ou négociants devront confier 300 bouteilles à Bordeaux City Bond. Et grâce à chrono viti, l’expéditeur n’aura plus qu’a rentrer les coordonnées de son client et l’informer du coût de livraison.BCB se chargera de la préparation et Chonopost de la livraison dans les délais…

Chronopost a prévu trois types d’emballages pour transporter les bouteilles de 75 cl: 1,3, ou 6 bouteilles, selon le porte-feuille.

04 Mar

Andreas Larsson: le 2013 est à comparer au 2007, « des vins liquoreux très expressifs , très purs au niveau des arômes ! »

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Andreas Larsson, le meilleur sommelier du monde, apprécie particulièrement le 2013 en liquoreux © Jean-Pierre Stahl

Invité par le syndicat régional des courtiers, et notamment son président Xavier Coumau, le meilleur sommelier du monde 2007, le suèdois installé à Bordeaux, Andreas Larsson juge les blancs, liquoreux et les rosés.

Ces vins  sont marqués par une pureté très forte et une fraîcheur très importante » selon Andreas Larsson, du fait de ce printemps frais et pluvieux de 2013,  « ce sont des vins fins, très expressifs arômatiquement et très purs« 

20140303_123658« Dans le Sud-Ouest, on a eu de bonnes conditions, propices au développement du « botritis cinerea » (la pourriture noble), ce qui a donné un bon équilibre résiduel et une vivacité remarquable », confirme Franck Lacoste courtier en vins.

Ecoutez Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde 2007, suivi de Franck Lacoste, courtier en vins, interviewés par Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien.

Eric Dulong sur Bordeaux Vinipro: « il était très important que la plus grande région productrice de vins de qualité ait son salon ! »

Parole d’expert a rencontré Eric Dulong, le président de Bordeaux Vinipro et vice-président de Congrès-Expositions-Bordeaux, lors du lancement de Bordeaux Vinipro. Il revient sur les objectifs de ce premier salon destiné à conquérir de nouvelles  parts de marchés pour les vins de Bordeaux et du Sud Ouest.

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Eric Dulong et Xavier Planty, les fondateurs de Bordeaux Vinipro © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl: « Vinipro, un nouveau salon, un de plus, est-ce que cela ne fait pas beaucoup au sortir de Vinisud ? »

Eric Dulong : « ça peut paraître beaucoup, mais ce salon existe à la demande des professionnels. C’est une volonté commune de caves coopératives, négociants, viticulteurs…Il était logique pour nous Congrès Expositions de Bordeaux et pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux d’y souscrire et de créer ce salon ! »

JPS : « Y avait-il un manque ? »

ED : « Oui, un manque réel et même important ! Bordeaux Sud-Ouest n’avait absolument pas de grand salon local. Vous avez Vinisud pour les vins du sud-est, le salon des vins de Loire pour la Loire, Vinexpo un salon extraordinaire mais international où les vins de Bordeaux sont représentés de manière relativement limitée par rapport à la masse des vins présents, donc il était très important que la plus grande région productrice de vins de qualité ait son salon ! »

JPS : « Il y a véritablement là des marchés à conquérir ? »

ED :  » Oui, d’autant que les acheteurs qui vont se rendre à Bordeaux Vinipro, cette année, et dans deux ans, vont se sentir dans un univers confortable, accueillant, correspondant vraiment à ce qu’ils recherchent aujourd’hui: des produits de coeur de marché, accessibles entre 5 et 20-25 euros au maximum, on va pouvopir se concentrer sur ces origines Bordeaux et grand sud-ouest »

JPS: « ça s’adresse à qui en particulier ? »

ED: « En clientèle, aux cavistes, restaurateurs, également oenologue-conseils, mais aussi la grande distribution et les acheteurs étrangers. cette année, le visitorat étranger sera relativement limité car c’est un salon qu’on a créé en peu de temps, au maximum 15 à 20 % des 4000 visiteurs attendus, un salon exclusivement réservé aux professionnels. »

 Interview de Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien

03 Mar

Bordeaux Vinipro: un premier salon pour se roder

Lancement ce matin du 1er Bordeaux Vinipro. Un salon de qualité destiné aux acheteurs de la grande distribution, du e-commerce et aux hôtels, cafés et restaurants, qui devrait prendre son envol…

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Rencontre fructueuse entre Dominique Sautet de « interroirsveritas.com » et Frédérique de Lamothe des Crus Bourgeois © Jean-Pierre Stahl

Le temps n’était pas de la partie, avis de tempête, quais de Bordeaux inondés à cause des grandes marées, des bouchons (de Bordeaux) à n’en plus finir sur le rocade, et aux entrées de l’A62, l’A63 et l’A10… Bref, tout pour savonner la planche de ce premier salon Bordeaux Vinipro au parc des expositions qui a eu du mal à démarrer, mais tout s’est fort heureusement ajusté et rétabli en fin de matinée !

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Un salon, qui comme Vinexpo, a sa propre chaîne et un steadycam avec Maxime Gatzoff de l’Agence « les sauvages » © JPS

Pour ce Vinipro « number one », on essuie un peu les plâtres. 230 vignerons présents (lors du lancement du projet, les organisateurs tablaient sur plus de 300) et 25 négociants. 4 000 à 5 000 visiteurs professionnels sont attendus (3 000 pré-inscriptions) (là aussi, au démarrage les organisateurs espéraient 8 000 visiteurs). Bien évidemment la proximité avec Vinisud et cette période de congés scolaires pour certaines académies sont aussi des facteurs de handicap (à revoir pour la prochaine édition).

20140303_131903Pour ceux qui auront fait le déplacement, les rencontres sont de qualité: Dominique Sautet,un bourguignon, « a sauté » sur l’occasion car il vient de créer « InTerroirsVeritas.com » sur internet et cherche des partenaires vignerons pour faire une présélection de vins de qualité pour les grandes centrales d’achats (Carrefour, Monoprix ou encore ventesprivées.com) en perspective des foires aux vins d’automne.

Parmi les acheteurs, Lukasz Wojciechowski, directeur des ventes et sommelier en Pologne de « MineWine.pl« , lui recherche des bonnes affaires « good wines at the good prices » pour ses supermarchés polonais, nous l’avons surpris en pleines transactions avec « Benoît et Valérie Calvet », négociants à Parempuyre (Gironde).

20140303_102951Ce salon est justement ancré dans ce coeur de gamme avec des vins compris entre 5 et 20-25 euros maximum, un salon des vins de Bordeaux  (Bordeaux-Bordeaux Sup, Côtes de Bordeaux, Sweet Bordeaux et Crus Borgeois du Médoc) et du Sud-Ouest (avec une représentation des vins de Duras et de Bergerac).

Des prix abordables encore avec d’autres contenants plus petits que l’on retrouve avec ces WIT (wine in tube) de 10 centilitres qui s’offrent après une visite de château ou qui s’achètent par les oenotouristes pour faire des cadeaux à la famille ou aux amis.

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On peut se détendre avec une partie de baby-foot © JPS

Dans ce salon branché où l’on surfe sur internet dans des box en bois, où l’on se détend entre un mini-golf et deux baby-foots, on peut aussi pousser jusqu’au bout la nouvelle tendance en personnalisant sa bouteille: mabouteille.fr, entreprise de Fronsac, est sur ce créneau avec plus de 100 bouteilles à personnaliser soit-même, des flacons de vin mais aussi de cidre et de bière.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien

 

01 Mar

Sophie Burguet, un maître de chai au féminin: « j’ai eu le virus, c’est cela que je veux faire ! »

Dans un milieu d’hommes, au début du XXème siècle, ça aurait été inconcevable, presque un sacrilège…Aujourd’hui, Sophie Burguet, s’est imposée comme femme maître de chai. En poste depuis près de 10 ans au château de Rouillac, elle est reconnue pour son expertise, ses idées et sa touche féminine.

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Sophie Burguet, maître de chai du Château de Rouillac © Jean-Pierre Stahl

Sophie Burguet, 34 ans, mère de 2 enfants (de 4 et 2 ans), partage sa vie de famille avec un métier passionnant et prenant: elle est maître de chai. Le genre de métier qui ne se conjugue qu’au masculin, tant il y a de manipulations de barriques et autres cuves, tant il faut faire face à des dizaines voire centaines d’hectolitres.

Et pourtant elle a commencé dans un tout autre domaine: « j’ai commencé mes études dans la décoration intérieure à Talence (BEP décoration d’intérieur), mais je me suis vite rendue compte que je ne voulais pas faire cela. J’ai de la famille en Bourgogne, des vignerons, et lors des repas de famille, tous les ans, j’ai découvert leur métier. J’ai eu le virus, et je me suis dit, oui c’est cela que je veux faire ! » 

Originaire de Gevrey-Chambertin même, Sophie regrette « je n’ai pas hérité (de domaine), c’est dommage ! Alors que j’ai deux oncles qui sont propriétaires aujourd’hui. Mais mon grand-père n’a pas voulu de la propriété de son père, il l’a laissé à son frère. il ne pouvait pas savoir, que sa petite fille aurait le goût pour cela. »

Du coup, elle se lance dans un lycée viticole à Montagne Saint-Emilion, où il y a beaucoup de fils de propriétaires.

Sa première opportunité, c’est au château de l’Hospital à Portets qu’elle va l’avoir, dans les Graves. Elle y fait tout d’abord sa formation en alternance durant 2 ans pour son BTS Viti-Oeno qu’elle suit à La Tour Blanche.

 Puis « Florence Lafragette m’a proposé de me garder comme maître de chai dans un premier temps avant de me nommer responsable d’exploitation, tout en cumulant les 2 fonctions. »

« Quand ça a commencé à ne pas aller très bien sur les vignobles Lafragette, ils m’ont demandé de m’occuper de Rouillac. Et en fait des 2 propriétés, vignes et chais. Il faut être organisée, mais c’est super passionnant ! » « En 2010, quand Mr Cisnéros rachète Rouillac, il me propose de me garder. On est parti sur de nouvelles aventures et la restructuration des vignes et des chais.

J’ai convaincu Mr Cisnéros de l’utilité d’acheter un « pigeur » automatique: c’est ce qui enfonce le marc dans le jus pour extraire la couleur et les arômes, et ça c’est une technique bourguignonne ! »

« Avant, je le faisais à la force des bras dans les cuves en bois, il fallait une demi-heure,  maintenant c’est une révolution il faut 5 minutes et pas d’effort. C’est toute la différence entre le travail des hommes et des femmes, nous on ne fait pas le poids, donc on réfléchit à des astuces qui nous facilitent le travail avec le souci de la qualité ! » (au château, on a 10 cuves de 100 hectolitres et 5 de 70 hectos)

Dans les vignes, elle a eu fort à faire avec la remise en état des parcelles et le remplacement des pieds de vigne manquants. « ça a été un gros travail ! » Par ailleurs, il y a eu une reprise du travail du sol: « on n’utilise plus de desherbant. On va passer 4 à 5 fois avec Titan, notre cheval de trait (1,3t). C’est agréable de pouvoir dire il y a zéro herbicide, zéro insecticide. On n’est pas en bio, mais à la limite, en lutte raisonnée. On traite même nos effluents viticoles par un système de phytobac (niveau 3 du Grenelle de l’Environnement). »

« A la vigne, il ne faut pas se louper. Je ne pourrai pas faire un bon vin, si je n’ai pas le meilleur raisin. Le 2O13 ? Ca a été éprouvant. Il fallait qu’on ait la gnacque pour s’en sortir ! On attend encore que l’élevage fasse son oeuvre. Il n’est pas fini, on est vraiment au début de l’élevage, quant aux blancs, c’est une année pour les blancs ! »

 Le 2012 sera mis en bouteille en mai, il a « une puissance arômatique, une superbe couleur et une très grande longueur en bouche ». « C’est toujours un petit pincement quand il part, vous l’avez élevé durant deux ans et pouf il est parti… »

Comment une femme a-t-elle fait sa place comme maître de chai ?

Elle a retroussé ses manches et haussé le ton (rires). Je n’ai pas connu de machisme. Non, c’est à force de volonté et de passion. Finalement, les hommes, ça leur convient car on cherche des techniques pour améliorer le travail. On arrondit les angles, parfois avec des rustres, pour leur faire comprendre que les femmes ont leur place dans ce monde-là.

Elle gère Sophie. En collaboration aussi avec Jean-Christophe Baron, son directeur technique. « On travaille en cohésion, c’est de l’échange et de la complémentarité. Mais il a plus de vinifications que moi. »

Quant à savoir ce que pense le patron, Laurent Cisnéros, de Sophie Burguet ? « Sophie, elle est le lien entre ce qui s’est passé à Rouillac depuis 10 ans et aujourd’hui, elle a vécu le beau projet défini par l’ancien propriétaire, elle a connu une période de stand-by, de crise, et maintenant, elle vit le renouveau, elle est une partie de l’histoire de Rouillac ! »

« Le mérite que je lui accorde, c’est qu’elle a maintenu le vignoble dans des conditions difficiles, elle ne l’a pas fait chuter. J’aime bien sa sensibilité féminine. C’est une jeune femme qui a de l’engagement et qui est assez polyvalente. Il faut exceller dans la polyvalence. Elle aura un avenir intéressant ici…Je suis ravi qu’elle soit avec nous ! » 

28 Fév

Pas de boogie woogie avant vos prières du soir… C’est au Vatican qu’il y a des miracles pour la consommation de vin !

Si tous les Etats du monde consommaient autant qu’au Vatican, il y aurait peut-être la guerre, car pas assez de vin pour toute la planète ! Déjà qu’en France, avec ce 2013, il va y avoir pénurie…Les chiffres sont pourtant sérieux: 74 litres par an et par personne, ce qui fait du Vatican le champion du monde de la consommation de vin !

Le Pape François ne semble pas en abuser, même s’il est très en forme © lacroix.fr

C’est en effet au Vatican que la consommation de vin par habitant est la plus importante de la planète vin. C’est une des conclusions de statistiques publiées par le Wine Institute (organisation qui regroupe des producteurs de vin de Californie) concernant l’année 2012.

Dans ce minuscule État, 44 ha (comme au Cap Ferret !), on consomme en moyenne 74 litres de vin par an et par personne (soit environ 99 bouteilles de 75cl par an). C’est presque le double de la France: 53 litres aujourd’hui alors que dans les années 60, la France était championne avec 120 litres par an et par habitant.

Les habitants du Vatican sont-ils de gros alcooliques, des « bois-sans-soif » ? Se saoulent-ils au « vin de messe » ? Que nenni par « urbi et orbi » !

Don Camillo savait demander pardon...

En France, du temps de Don Camillo, la consommation dépassait allègrement celle du Vatican © Dyovino.fr

Michael Winterbottom, éditorialiste pour The Universe Catholic Weekly, explique en outre au Guardian que « le vin de messe n’est généralement pas acheté dans le commerce, car il doit être fabriqué à partir de raisin pur« , sans faire de mélange. L’Eglise fait confiance à ses ministres pour l’approvisionnement. Mais la réponse semble venir du commerce local…un supermarché dans l’enceinte du Vatican !

 Explications données au Guardian « il y a un supermarché au Vatican, connu sous l’appellation familière “spaccio dell’Annona”, une expression qui fait allusion à la contrebande. Les taxes y sont basses. Ceux qui sont en possession d’un pass Vatican bénéficient de droits similaires à ceux qui ont passé la sécurité dans un aéroport. Est-ce que le Saint-Siège est un duty-free géant?

Tout le monde n’a pas droit aux taxes avantageuses dont parle The Guardian, mais les bénéficiaires sont nombreux, comme Le Monde des religions l’expliquait , en 2012 : « le supermarché du Vatican, l’Annona, est plus populaire. Les quelque 5.000 employés et retraités (le personnel du Saint-Siège et celui de la cité du Vatican) y ont accès – et parfois même les amis de leurs amis. Les produits y sont exempts de TVA et autres impôts. »

La loi Evin n’est pas arrivée jusqu’au Vatican…à consommer avec modération…