25 Jan

Millésime 2018 : quantité et qualité en Alsace

Le millésime 2018 d’Alsace s’annonce très bon en quantité et en qualité, ce malgré un printemps quelque peu pluvieux, mais avec un été sec. Les volumes sont parmi les plus élevés de ces 30 dernières années avec plus de 28200 hectolitres.

© Vins d’Alsace

Un printemps pluvieux, un été sec, des dates de vendange précoces, l’année 2018 n’aura pas été de tout repos pour les plus de 15.000 hectares de vignes alsaciennes. Mais le résultat est là: au terme de deux mois de vendanges, « les volumes constatés sont parmi les plus élevés de ces trente dernières années avec plus de 28200 hl », selon le Conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace (CIVA).

Pour les professionnels, « les premiers résultats en cave sont très prometteurs », avec des crémants « magnifiques, frais et racés », des muscats, pinots blancs et sylvaners « nets, fruités et gourmands » et des pinots gris et noirs qui sont « les grandes réussites de ce millésime ».

Avec AFP.

Saint-Emilion prépare une grosse fête du vin pour les 20 ans du classement du vignoble à l’Unesco

C’était il y a 20 ans. Saint-Emilion, les 8 communes alentours et le vignoble étaient classés au patrimoine mondial de l’humanité, au titre de paysage culturel. 20 ans plus tard, l’ensemble des acteurs de Saint-Emilion s’apprêtent à célébrer cet anniversaire marquant par une grande fête du 28 au 30 juin.

C’est à l’aube de l’an 2000 que Saint-Emilion, dont le nom résonne depuis 787, date de l’édification de la fameuse église monolithe, est à nouveau entré dans l’histoire. Celle de la préservation d’un joyau de l’humanité. En décembre 1999, ce fut LA consécration : Saint-Emilion intégrait la liste des biens du patrimoine mondial de l’humanité, au titre de paysage culturel.

A l’époque, Saint-Emilion était pionnière : pour la première fois au monde, un paysage viticole était admis sur la prestigieuse liste de l’Unesco avec ses huit communes formant l’ancienne Juridiction de Saint-Emilion et 5 000 hectares de vignes en Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru. Depuis Côteaux, Maisons et Caves de Champagne (le 4 juillet 2015) ainsi que les 1247 Climats de Bourgogne ont été également inscrits à l’Unesco. Depuis plus d’un millénaire, l’homme a ainsi façonné les paysages et su transmettre le savoir-faire qui a fait le renom international du vin qui porte le nom de la cité. Ce sont ainsises paysages culturels qui sont depuis le 5 décembre 1999 consacrés, témoins vivants de cette Histoire préservée.  

A VOS TABLETTES : LES 28, 29 ET 30 JUIN

Trois jours de célébration sont donc prévus les 28, 29 et 30 juin 2019, pour rendre grâce à ce 1er vignoble inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité en 1999 au titre de ses paysages culturels. Pour l’occasion, une cuvée anniversaire des 20 ans, issue des différents terroirs, est élaborée par l’Union des Producteurs de Saint-Emilion et sera proposée à la dégustation lors des trois jours de célébration.

TROIS PROJETS DURANT CETTE ANNEE 2019

En attendant ces cérémonies, trois projets importants seront menés tout au long de l’année : 

  •  « 20 ans, 20 000 arbres », qui a pour vocation d’impulser la plantation de 20 000 arbres et réservoirs de biodiversité dans la Juridiction de Saint-Emilion ; 
  • « 20 ans, 20 sites », un parcours initiatique au travers de 20 tables de lecture du paysage dans l’ensemble de la Juridiction ; 
  • « 20 ans et les enfants », un programme pédagogique complet mis en place avec 10 écoles pour sensibiliser les plus jeunes à l’environnement. 

Saint-Emilion et ses paysages classés depuis décembre 1999 au patrimoine mondial par l’Unesco © Jean-Pierre Stahl

UNE FLOPEE DE FESTIVITES

Sur le modèle de Bordeaux Fête le Vin, sera organisé un Saint-Emilion Fête le Vin, il y aura également de nombreux concerts gratuits comme le Saint-Emilion Jazz sait les organiser, mais aussi il sera possible de visiter toute la juridiction avec de nombreuses portes ouvertes des châteaux, sans compter un marché des producteurs, des conférences, des espaces dédiés aux enfants, des ateliers sur la biodiversité, des balades philosophiques et déambulations nocturnes, des illuminations de monuments emblématiques, des scènes de théâtre de rue, points de vue exceptionnels, un banquet au bord de l’eau, reconstitution de la marque à feu du vinetier de la Jurade de Saint-Emilion, et feu d’artifice,…

Depuis plus d’un millénaire, l’homme a façonné les paysages et a su transmettre le savoir-faire qui a fait le renom international du vin qui porte le nom de la cité. Lorsque le 5 décembre 1999, la Juridiction de Saint-Emilion intègre la prestigieuse liste de l’Unesco, ce sont ses paysages culturels qui sont ainsi consacrés, témoins vivants de cette Histoire préservée.  

23 Jan

Après la grêle du 26 mai dernier, la vigne meurtrie nécessite une taille particulière dans le blayais.

On reparle en ce moment dans la vigne des dégâts de la grêle de mai 2018. Le blayais, comme le bourgeais, avait payé un lourd tribu. Aujourd’hui, en cette période de taille, les vignerons passent plus de temps à choisir les bois qui porteront le raisin lors de la prochaine récolte. Une récolte qui sera sans doute moindre également.

   

Le château Beaumont-les-Pierrières fait partie des domaines les plus touchés par la grêle du 26 mai dernier. Aujourd’hui en cette période de la taille, les stigmates de la grêle sont encore bien présents sur les bois de vigne. Robert Filliatreau, a ainsi vu ses 18 hectares grêlés à 100%.

On perd du temps, une année normale on fait 800 pieds par jour, là j’aurai du mal à atteindre 600 pieds de façon quotidienne, » Robert Filliatreau du château Beaumont-les-Pierrières.

« Vous pouvez constater que les bois qui restent sont meurtris, il ne reste presque rien, on est même inquiet pour la récolte à venir », complète Dominique Raimond président de Vignerons Solidaires.

Les bois à ailler sont plus difficiles à choisir, une perte de temps sur chaque pied:  25 à 30% de temps supplémentaire à observer et faire le bon choix, pour réaliser si possible une taille traditionnelle en guyot double ou alors en cordon de royat. « Soit je fais une taille longue en laissant une longue latte, soit je laisse sur la latte de l’an dernier des petits bouts qu’on appelle des cots por avoir un peu de récolte tout-de-même », confie Robert Filliatreau.

2000 hectares sur les 6000 de l’appellation Blaye-Côtes de Bordeaux ont été impactés, comme ici au château Jussas à Saint-Cristoly-de-Blaye.

On a vu arriver un nuage, très vite, assez gris et d’une violence inouïe, pendant un quart d’heure, 20 minutes, très violemment et après il ne restait plus rien, » François Bourdillas château Jussas.

Ce château avait déjà été touché par la grêle de 2009. Mais cette fois-ci en 2018, le phénomène a été plus intense. Cette parcelle de jeunes plants devait donner du raisin cette année. En vain. La récolte de septembre prochain est même compromise.

« C’est une plante qui devait rentrer en production et qui vraiment été très touchée par la grêle de mai, qui a perdu au moins un an, certains pieds on été tellement touchés qu’ils vont pas s’en remettre. On peut laisser deux cots, certains une cot et on ne sait pas trop, certains ont été tellement touchés, la vigne a été hachée, on ne sait pas trop si cela va tenir, le pied est très fragile », selon Marie Bourdillas du château Jussas.

« Certes, ils sont assurés, donc ils ont les charges d’exploitation qui vont être remboursées, mais le problème c’est que les clients eux demandent du vin », explique Michaël Rouyer, directeur du Sundicat Blaye-Côtes de Bordeaux.

« Il faut quand même essayer de faire avec ce que l’on a, c’est-à-dire le peu de stock, et avec le VCI (le volume complémentaire individuel), qui permet en cas de coup dur de débloquer des volumes qui sont en stock pour pouvoir approvisionner les marchés. »

Lors des dernières vendanges, le rendement n’a été que de 39 hectolitres à l’hectare au lieu des 50 habituels. Blaye a du s’adapter vis-à-vis de ses marchés.

 

L’appellation Blaye espère que 2019 sera plus clément comme d’ailleurs les millésime en 9 à Bordeaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Philippe Turpaud et Charles Rabréaud :

Le Gabriel, restaurant emblèmatique de la place de la Bourse, acquis par la famille de Boüard, propriétaire d’Angélus

Attention, ça bouge à Bordeaux. Le Gabriel vient de passer aux mains de la famille de Boüard, propriétaire d’Angélus à Saint-Emilion. C’est le chef étoilé Alexandre Baumard qui en aura la charge. Il avait obtenu l’an dernier et cette année encore une étoile pour le Logis de La Cadène, autre restaurant acquis par la famille de Boüard.

Alexandre Baumard au centre avec sa team au © Logis de la Cadène venait de voir confirmer son étoile au Guide Michelin

La famille de Boüard de Laforest vient d’acquérir le Gabriel, l’établissement idéalement situé place de la Bourse à Bordeaux. Une emplacement idéal avec son restaurant gastronomique (35 couverts), son bistrot (125 couverts) et son bar à cocktails. Une belle adresse qui va voir son blason redorer et sans doute viser l’an prochain une étoile au Guide Michelin. Elle avait obtenu une étoile de 2009 à 2014, avec le chef François Adamski.

C’est un nouvel élan donné à cet établissement dans la mesure où il sera dirigé par Alexandre Baumard, le chef du Logis de la Cadène, adresse historique de Saint-Emilion qui a très rapidement été distinguée par une première étoile après sa reprise en 2013 par la famille de Boüard.

 Alexandre Baumard, travaillera bien sûr avec les équipes du Gabriel, mais pourra également s’appuyer sur celles du Logis de la Cadène . Il coiffera ainsi les deux adresses tant à Saint-Emilion qu’à Bordeaux, avec Damien Amilien, le chef pâtissier à ses côtés depuis le début à La Cadène. Le chef va préparer une cuisine de terroir avec des produits de saison, dans un souci de tradition, respect et créativité.

Par cette acquisition auprès de la famille Ducher, Stéphanie de Boüard-Rivoal, directrice générale de Château Angélus, souhaite poursuivre la diversification de la société familiale de manière cohérente et raisonnée : « L’implantation à Bordeaux et le fort potentiel du Gabriel offrent de nombreuses perspectives dans un domaine, la gastronomie, qui prolonge très naturellement les activités viticoles de ma famille depuis huit générations. La famille Ducher a su faire de cet établissement un point de repère dans la ville. Nous sommes très heureux d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire du Gabriel avec comme maîtres mots la convivialité, l’élégance et l’excellence qui nous guident au quotidien dans l’élaboration de nos vins »

22 Jan

Le château les Carmes Haut-Brion remet au goût du jour la Marie-Jeanne

La Marie-Jeanne, un très beau contenant historique, disparu depuis les années 50, refait son apparition à Bordeaux. Il est relancé par les Carmes Haut-Brion, déjà célèbre pour son chai, en forme de lame ou de coque de navire inversée, dessiné par Philippe Starck.

La Marie-Jeanne dans son coffret plexi @des Carmes Haut-Brion, Phil-Labeguerie

Alors là je dis bravo. Ce type de bouteille me fait penser à de vieux contenants, dignes des bouteilles retrouvées par le Capitaine Haddock dans le Trésor de Rackham le Rouge.

La Marie-Jeanne, c’est ce flacon de 2,25 litres. Il avait été conçu initialement pour permettre au vin d’avoir une plus longue conservation. Et puis malheureusement, la Marie-Jeanne a été supplantée par la bordelaise, des bouteilles plus petites pour faciliter le transport.

Le château les Carmes Haut-Brion vient donc de relancer la Marie-Jeanne avec un bouchon cacheté de cire. Un joli flacon qui flotte comme l’air, en suspension dans un coffret en verre. Un flacon édité seulement à 800 exemplaires (dont seulement 500 seront commercialisés).

C’est le millésime 2016 qui inaugure ce nouveau contenant, qui équivaut à 3 bouteilles, un millésime de choix (« la plus belle expression du terroir ») , 27 mois de vieillissement (au lieu de 18 habituellement), avec un assemblage 41% cabernet franc, 39% merlot et 20% cabernet sauvignon. Un flacon qui n’est pas à la portée de tout le monde, loin de là, à 2900€ (prix moyen départ château).

21 Jan

La première étoile à Sauternes pour Jérôme Schilling, le chef du restaurant Lalique à Lafaurie-Peyraguey

Parmi les nouveaux promus du Guide Michelin : Jérôme Schilling, 36 ans, le chef alsacien du restaurant dont il a fait l’ouverture avec Silvio Denz au château Lafaurie-Peyraguey, au bout de seulement 6 mois d’exercice. Un prodige repéré par Côté Châteaux qui met en avant une « cuisine de terroir autour du vin et du Sauternes ».

La team de Jerôme Schilling, au centre, dans les cuisines du restaurant Lalique © Jean-Pierre Stahl

Un bel après-midi pour un jeune chef en devenir. Jérôme Schilling, déjà consacré par Gault-et-Millau comme « grand chef de demain », n’aura pas attendu trop longtemps pour être consacré par le célèbre guide rouge. A 36 ans, l’Alsacien Jérôme Schilling décroche sa première étoile au Guide Michelin au bout de seulement 6 mois d’ouverture !

Alors qu’on lui décernait son étoile à Paris, David Bolzan, le directeur général des Vignobles Silvio Denz était le premier à réagir pour Côté Châteaux :

On est très très content.C’est la 1ère étoile à Sauternes, et au bout de seulement 6 mois d’exercice pour Jérôme Schilling, » David Bolzan, directeur des Vignobles Silvio Denz.

Bar de ligne arlequin et bergamote, avec un verre d’insolite de Lafaurie » © JPS

Joint par téléphone un peu plus tard, Jérôme Schilling, le nouveau chef auréloé de son étoile,  ne cachait pas sa grande joie :

Je l’ai appris samedi par téléphone… Ma réaction ? J’ai eu des frissons ! Ce n’est pas commun de recevoir une étoile aussi rapidement. La confiance, ils me l’ont aussi donnée, et c’est très bien pour la suite », Jérôme Schilling chef étoilé.

Le chef présentant son équipe, le soir de l’inauguration le 19 juin 2018 © JPS

C’est un pari un peu fou, mais tellement visionnaire, qu’a eu Silvio Denz le Président de Lalique en créant, à Bommes en Gironde, un somptueux hôtel-restaurant au sein d’un 1er cru classé de Sauternes, le château Lafaurie-Peyraguey, inauguré en juin dernier. « Notre objectif était très clairement affiché de décrocher cette première étoile, c’est fait au bout de 6 mois d’exercice. On est très très satisfait, d’autant qu’on est passé rapidement Relais et Châteaux, que l’Hôtel a obtenu 5 éloiles et maintenant l’étoile Michelin pour le restaurant. Jérôme Schilling a fait partie de l’équipe de Jean-Gorges Klein qui avait obtenu 2 étoiles pour la Villa Lalique en Alsace. »

Le chef Jérôme Schilling (à droite), l’un des plus doués de sa génération © JPS

Je suis ce soir très fier car le guide Michelin reste LA référence absolue de la reconnaissance de notre travail accompli depuis 6 mois avec toute l’équipe », Jérôme Schilling.

Ce brillant chef a su jouer du terroir de la Gironde et des vins de Sauternes (comme vous pouvez le voir dans ce reportage réalisé en juin dernier), une inspiration qui lui vaut aujourd’hui son étoile. « Dès jeudi, à la réouverture du restaurant, on ne changera rien, lui sera là avec son équipe, ce sera avec cette même équipe qu’on va aller chercher la 2e étoile. » Il faut dire que la moitié de sa brigade a exercé aussi à la Villa Lalique en Alsace déjà dans le 2 étoiles du chef Klein. Un pari réussi, une excellence souhaitée par le propriétaire Suisse Silvio Denz, qui réussit décidément tous ses nombreux projets. Lalique qu’il avait repris également en 2008 brille partout sur la planète, ces distinctions en matière de gastronomie contribuent également au rayonnement français de par le monde. Et cela ne va pas s’arrêter là :

« Cette PREMIERE étape incontournable est très importante pour nous… A la réouverture dès jeudi nous continuerons à travailler avec la même équipe pour aller chercher cette deuxième étoile qui est notre nouvel objectif !!! », confie le chef cuisinier.

Chapeau chef Shilling !!!

Voir ou revoir le magazine réalisé par Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Eric Delwarde, Christophe Varone et Sarah Paulin, diffusé sur France 3 Aquitaine: 

20 Jan

Concours de la carte de voeux la plus originale pour 2019…

Cette année encore Côté Châteaux s’est amusé à décerner les « awards » de la carte de voeux la plus originale. Le comité de sélection a été bien inspiré et a choisi une carte bio-dégradable, suivi d’une carte qui se mange et enfin une carte liée à l’actualité.C’est un peu comme le Michelin, qui va décerner ses étoiles demain. Le concours de la carte de voeux juge l’originalité de la carte, pour l’heure encore en papier, bien que la tendance commence aussi à s’inverser avec la carte électronique.

En 2019, on va encore privilégier la tradition et ne juger que les cartes « physiques », celles qu’on eut toucher, manger, humer, bref ouvrir, regarder, contempler, en se disant « la tradition, ça a du bon ».…tiens ça me rappelle une pub !

Merci tout d’abord à tous les vignerons, propriétaires de châteaux, coopérateurs, responsables de syndicats viticoles et autres personnalités du monde du vin pour vos bons voeux.

A mon tour, j’en profite pour leur souhaiter une bonne récolte digne des millésimes en 9… Que les intempéries vous épargnent, pas comme le gel de 2017 ou la grêle de 2018. Que la pluie cesse au bon moment, pour éviter un 2013…un peu comme pour ce 2018, sauvé des eaux.

Que la commercialisation soit au rendez-vous, à l’heure où c’est plutôt la morosité ambiante, avec la Chine dont les commandes sont en berne (-37% à l’automne dernier), avec un marché anglais pour lequel de grandes interrogations demeurent, sans parler du marché américain pas facile. Bref, il va falloir compter sur vos talents de commerçants pour relancer la machine et aussi compter sur les salons à venir.

Aussi en n°3, nous avons retenu la carte d’actualité de Vinexpo avec ses lettres or sur papier blanc: 2019 en relief et « Two Thousand and Nineteen » en surimpression. Vinexpo, ce sont 6 salons en 2019 et 2020, à commencer par celui de New-York début mars, puis celui de Bordeaux du 13 au 16 mai, Shangai, Vinexpo Explorer puis Paris en janvier 2020 et Hong-Kong en mai 2020. Bonne chance à Vinexpo qui va essayer de se relancer.

En n°2, la carte des vignerons de la cave coopérative de Buzet dont la devise est « s’engager autrement ». Une carte très originale « croquez 2019 » avec à l’intérieur des chocolats du Pérou ou d’Haïti, et une bonne action avec « ReforestAction » un engagement à replanter des arbres, un programme « Plantons un Arbre pour la Planète » initié par les Nations-Unies. (Merci pour les chocos, ça m’aide à écrire mes posts). Et surtout on n’oublie pas le geste pour la planète.

En n°1, la carte qui pousse ! Celle de Mangot, Saint-Emilion Grand Cru de Saint-Etienne-de-Lisse. La famille Todeschini, très impliquée dans les questions de nature et d’environnement, avec un vignoble en bio, a envoyé cette année la carte avec des graines, carte biodégradable, à placer dans un bac et à recouvrir de terre, le tout devant germer et donner de belles fleurs. Chapeau les gars, y a de l’idée. Bon l’année prochaine, vous serez hors course car je crois que vous aviez déjà gagné l’an dernier. Après on va penser que vous êtes dopés…

Enfin, une mention spéciale avec une autre carte rouge, celle de la famille Perse, qui a mis en valeur un Saint-Emilion en relief. C’est un double clin d’oeil du comité de sélection, car Saint-Emilion s’apprête à fêter les 20 ans du classement du vignoble, 1er de France, au patrimoine mondial de l’Unesco, mais aussi peut-être de nombreuses étoiles, et pourquoi pas 3 pour le talentueux Ronan Kervarrec et sa brigade de l’Hostellerie de Plaisance qui les méritent cette année.

Allez Carpe Diem et bonne année encore à tous en 2019.

19 Jan

Vin : difficile d’accorder les violons entre le ministre de l’Agriculture et la ministre de la Santé

On a vu cette semaine une nouvelle passe d’armes entre Didier Guillaume et Agnès Buzyn. Le premier déclarant que le vin n’est « pas un alcool comme les autres », la seconde rétorquant « on ne peut pas banaliser la consommation d’alcool ». Qui a tort, qui a raison ? C’est un débat vieux comme le monde, avec ses détracteurs et ceux qui disent qu’il faut nuancer. 

Dans un orchestre, il y a plusieurs instruments, un peu comme dans un gouvernement, mais il faut savoir accorder les violons, surtout quand le chef d’orchestre donne le la…Emmanuel Macron, en marge du Salon de l’agriculture avait annoncé l’an dernier qu’il n’y aurait pas de durcissement de la loi Evin,

Didier Guillaume, le Ministre de l’Agriculture © France 3

Allez pour revivre la passe d’armes de cette semaine voici les instants choisis entre Didier Guillaume, qui a enflammé la toile chez certains médecins et autres opposants au vin, et Agnès Buzyn, toujours prête à durcir le ton.

LES DECLARATIONS DE DIDIER GUILLAUME 

« Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres », a déclaré Didier Guillaume mercredi sur le plateau de BFMTV. « L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le « binge drinking », etc. C’est dramatique, mais je n’ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit, et qui est saoul, parce qu’il a bu du côtes-du-rhône », a ajouté le ministre, estimant que les jeunes buvaient plutôt « des mélanges » ou « de l’alcool fort ».

LES REACTIONS DE MEDECINS SUR LA TOILE

Ces déclarations ont d’autant plus mis le feu aux poudres qu’elles interviennent une semaine après la présentation d’un plan gouvernemental contre les addictions déjà très critiqué par les spécialistes à propos de son volet alcool.

« Quel aveuglement ! M. Guillaume, tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin », a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds actions addictions.

Ce discours du ministre « place surtout la France dans une position intenable et lamentable quand à l’influence du lobby sur nos politiques », a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, également sur Twitter.

« Contrairement à ce que prétend le ministre de l’Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18%) ou du champagne (25%) selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le vin est aussi un alcool comme les autres pour se saouler », a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), lui aussi sur Twitter.

Agnès Buzyn, répondant à des questions au Gouvernement, à © l’Assemblée Nationale

AGNES BUZYN APPELLE A NE PAS BANALISER L’ALCOOL

« On ne peut pas banaliser la consommation d’alcool », a réagi vendredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, après les déclarations de son homologue de l’Agriculture pour qui le vin n’est pas « un alcool comme les autres ».

« Si le vin fait partie de notre patrimoine, et qu’en cela on peut considérer qu’il n’est pas un alcool comme un autre et qu’il fait partie de la culture nationale, la molécule d’alcool contenue dans le vin est exactement la même que celle contenue dans n’importe quelle boisson alcoolisée »,
a dit Mme Buzyn sur Franceinfo, indiquant en avoir discuté avec son collègue.

Pour Agnès Buzyn, « on ne peut pas banaliser la consommation d’alcool, qui tue en France près de 50.000 personnes, et ce n’est pas que (du fait) des boissons alcoolisées fortes ».

Interrogée sur le poids du lobby viticole, elle a estimé qu' »il y a du lobbying
partout, et des intérêts partout, dans le monde du tabac, de l’alcool… Le devoir d’un politique est de décider ce qui est bon pour les Français, le seul intérêt est l’intérêt général ».

A propos de la position même du président Emmanuel Macron, qui en marge du Salon de l’agriculture avait annoncé l’an dernier qu’il n’y aurait pas de durcissement de la loi Evin, « j’imagine qu’il fait un choix entre les intérêts de l’agriculture française et les intérêts de santé publique », a-t-elle répondu. « Ça ne m’empêchera pas d’informer les Français qu’il est nécessaire de réduire sa consommation d’alcool. L’alcool est, quel qu’il soit, la deuxième cause de mortalité en France ». Mme Buzyn a expliqué vendredi avoir pris des mesures en mars 2018, à destination des jeunes et des femmes enceintes.

Avec AFP.

18 Jan

Brexit : après le rejet par la chambre des Communes du projet d’accord, les vins de Bordeaux restent sereins…

Les vins de Bordeaux ont presque ce flegme britannique et restent sereins après le rejet du projet d’accord entérinant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Sur les 12 derniers mois, les exportations vers le Royaume-Uni ont augmenté de 1% en volume et 14% en valeur. 

Nicola Allison, propriétaire du château du Seuil à Cérons dans les Graves © JPS

Originaire du Pays-de-Galles, près de Cardiff, Nicola Allison est touchée à double titre par le Brexit. En tant que ressortissante britannique et comme propriétaire du château du Seuil à Cérons dans les Graves, elle se dit inquiète. Elle commercialise 80000 bouteilles dont 90% à l’export. 30% de ses vins partent pour le marché britannique.

S’il y a « no deal », c’est à dire pas d’accord, il y aura un problème de dédouanement sur le vin à ce moment-là, il y aura un souci à la frontière… » Nicola Allison du château du Seuil.

Le château du Seuil dans les Graves : 30% de ses exportations partent au Royaume-Uni © JPS

Elle commercialise 80000 bouteilles dont 90% à l’export. 30% de ses vins partent pour le marché britannique, d’où ses craintes, avec le rejet avant-hier du projet d’accord entérinant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne

Chez LD Vins grande maison de négoce à Bordeaux © JPS

Le Royaume-Uni est aujourd’hui le 4e marché à l’export pour les vins de Bordeaux. Une vaste marché de près de 180 000 hectolitres, juste derrière la Belgique et proche des USA, le 1er restant de loin la Chine avec 464 594 hectolitres.

Un marché où 179 696 hectolitres, soit près de 24 millions de bouteilles, ont été exportés sur les 12 derniers mois (chiffres à fin novembre 2018 selon le CIVB). Cela traduit une hausse de 1% en volume et 14% en valeur.

Thierry Decré, le PDG de LD Vins © JPS

Chez les distributeurs de petits vins, on a ressenti ces derniers mois des ventes plus importantes vu le contexte et l’incertitude qui plane. Mais chez LD VINS négociant de crus classés et de pépites, on reste serein, même si le Royaume-Uni ces derniers temps achète moins de crus classés, ayant pas mal de stock à revendre.

Moi, personnellement je ne suis pas inquiet, pour la société, je n’imagine pas que la Grande-Bretagne se coupe et s’isole du monde. L’Angleterre est un marché très actif, même si Londres est moins la plate-forme tournante de tous les vins du monde, ce qui a été le cas il y a une vingtaine d’années, c’est plutôt Bordeaux qui a pris cette position et tant mieux pour nous  » , Thierry Decré PDG de LD VINS.

Thierry Decré confie qu’il y a 15 ans les vins de Bordeaux ont déjà connu une situation difficile avec les USA et malgré tout le commerce a continué à se faire : « on a eu souvenez-vous une position très forte des Etats-Unis (à l’époque de la guerre en Irak) contre les vins de Bordeaux, on a continué à vendre des vins aux Etats-Unis, on vend des vins en Chine, on s’adaptera et on continuera à vendre des vins dans le monde entier, on se battra pour cela ».

La Maison Sichel connaît très bien le marché britannique également © JPS

Malgré le contexte des plus défavorables sur ces 10 dernières années avec une hausse des taxes (qui représentent 2,5 euros par bouteille) et une livre sterling qui est passée de 1,6 euros à 1,16, le marché britannique a continué à consommer des vins de Bordeaux et à en importer.

Le château Angludet 1990 au menu de la Cour d’Angleterre, lors d’un repas au château de Windsor © JPS

Bien évidemment, un ralentissement s’est fait ressentir, et notamment sur les 3 derniers mois avec une légère baisse de 1% en volume.

Les perspectives du Brexit génèrent beaucoup d’incertitudes, on est dans le flou le plus complet et c’est ce qui est le plus déstabilisant; fondamentalement je ne suis pas sûr qu’il y ait matière à être très inquiet

Allan Sichel, le président du CIVB © jps

Le plus inquiétant reste encore les exportations vers la Chine (qui représentent près du quart des exportations des vins de Bordeaux) avec une baisse de 26% sur 12 mois et même de 37% sur l’automne 2018. Là aussi Bordeaux est habitué au yoyo chinois, un coup ça baisse, un coup ça remonte. Alors, on reste en ce pays de Bordeaux et de Montaigne, pragmatique et philosophe…

Regardez ce reportage réalisé par Jean-Pierre Stahl, Dominique Mazères, Sylvain Hervé et D.Laurent : 

17 Jan

Glyphosate: le Roundup Pro 360 interdit en France par la justice

A la suite d’un jugement du tribunal administratif de Lyon, il est désormais interdit de vendre comme d’utiliser du Roundup Pro 360, un produit désherbant contenant du glyphosate de Monsanto/Bayer utilisé surtout en viticulture.

La justice a en effet annulé mardi l’autorisation de mise sur le marché de ce produit, estimant qu’il devait « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé ». Une décision « à effet immédiat », indique l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) à l’AFP, précisant qu’en conséquence sa vente, sa distribution et son utilisation « sont interdites à compter de ce jour ».

Les juges mettent clairement en cause l’Anses, organisme chargé de distribuer les autorisations des mises sur le marché en France des pesticides, estimant qu’elle a « commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution » en autorisant ce produit le 6 mars 2017. Sur le fond, l’Anses se borne à dire qu’elle « examinera avec attention » le jugement et ne précise pas si elle fera appel de la décision.

Le géant allemand de la chimie Bayer, qui a racheté en 2018 son concurrent américain Monsanto, se dit lui « surpris ». Il « souhaite rappeler que l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA), en 2015, a conclu que la classification comme « cancérogène probable » du glyphosate n’était pas justifiée ». Il étudie désormais « la suite juridique à donner à ce dossier », précise-t-il dans un communiqué. Cette décision intervient alors que le débat fait rage en France et en Europe sur la potentielle dangerosité du glyphosate, principe actif du Roundup.

En novembre 2017, l’Union européenne avait renouvelé son homologation du glyphosate pour cinq ans, mais le président Emmanuel Macron s’est engagé à le bannir en France d’ici à 2021.

Pour autant, le Roundup Pro 360 ne représente que 2% des ventes de glyphosate sous la marque RoundUp en France. Il est utilisé surtout dans les vignes et « dans une moindre mesure en grandes cultures », précise Bayer.

« C’est une décision absolument majeure car elle devrait concerner tous les Roundup, le tribunal considérant que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes », s’est félicitée l’avocate du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), Me Corinne Lepage, qui avait saisi la justice en mai 2017 pour réclamer le retrait de ce désherbant.

L’Anses avait fait valoir devant les juges administratifs que le Roundup Pro 360 avait une composition « strictement identique » au Typhon, herbicide commercialisé par le groupe israélien Adama et autorisé en France depuis 1996. Un argument balayé par le tribunal, jugeant que le caractère cancérogène du Typhon n’avait « pas été étudié » dans l’avis de l’autorité sanitaire.

En revanche, l’Anses avait admis que le Typhon, du fait de sa composition associant glyphosate et ammonium quaternaire, présentait « une toxicité
plus importante que le glyphosate lui-même » et l’avait classé « toxique pour les organismes aquatiques ». Les juges en ont déduit que le Roundup Pro 360 avait les mêmes effets.

Europe-Écologie-Les Verts a également introduit un recours devant le tribunal administratif en 2018 contre les autorisations de mises sur le marché de tous les produits contenant du glyphosate, en réclamant le réexamen en urgence par l’Anses de la dangerosité de cette substance. « Cette décision (du tribunal administratif de Lyon) laisse entrevoir une sortie réelle du glyphosate alors que le gouvernement tergiverse depuis trop longtemps et parle d’une sortie dans 3 ans depuis… bientôt 2 ans », a réagi auprès de l’AFP le porte-parole d’EELV Julien Bayou.

De son côté, l’ONG Générations Futures demande à l’Anses de prendre en compte « le potentiel probablement cancérogène de toutes les formulations à base de glyphosate qu’elle est en train de réévaluer ».

Fin novembre, l’Anses précisait que 69 produits contenant du glyphosate faisaient l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché français, dont 58 dossiers de renouvellement.

AFP