03 Mai

Gel à Bordeaux : le constat un mois jour pour jour après le gel d’avril

3 avril dernier, les vignerons constataient un épisode douloureux à Bordeaux. Un gel dépassant parfois les -5° plusieurs nuits d’affilées. En ce 3 mai, Côté Châteaux revient dans les rangs de vigne évaluer les dégâts avec les vignerons. Reportage au château Thieuley dans l’Entre-Deux-Mers et à Galgon chez le président des Bordeaux et Bordeaux Supérieur…

Un mois jour pour jour après le gel et ces -5°C enregistrés ici dans l’Entre-Deux-Mers, Sylvie Courselle vigneronne au château Thieuley constate les stigmates encore très importants sur ces pieds de merlot… « Là c’est un bourgeon qui était juste sorti, et qui a cramé, voilà… »

Ce sont surtout les extrémités des astes qui ont été sérieusement touchés… « A un mois du drame, comme vous pouvez le voir sur ce pied de merlot, vous voyez que certains bourgeons sont partis et d’autres sont comme ceux-ci noircis et ne repartiront pas. On pense déjà qu’on part avec un bon -30% au global…« , commente Sylvie Courselle.

Chez les Bordeaux et Bordeaux Supérieur, 10, 20, 30 et même 40% de pertes par endroits selon le président du syndicat Stéphane Gabard. Aujourd’hui la pousse de la vigne présage d’une assez bonne récolte, en tout cas plus importante que lotrs des épisodes de gel de 2021 et 2017. Néanmoins le contexte économique reste difficile.

« Nous avons les complications de l’économie qui se mêle un petit peu à nos problèmes climatologiques… » selon  Stéphane Gabard président des Bx et BX Sup.

« Nous avons une hausse des matières premières comme chaque Français la connait au quotidien. Donc notre métier devient très compliqué avec peut-être un moral un peu atone, avec une commercialisation qui est un peu compliquée surtout sur le marché français. »

Au château Thieuley, si les cépages blancs précoces ont bien été impactés, les soeurs Courselle Marie et Sylvie ont réussi à sauver l’essentiel avec une taille de la vigne plus tardive. « On a taillé après le gel, au mois d’avril et cela a permis de sauver cette récolte au moins sur les 5 hectares de merlot que nous avons taillés si tardivement », commente Marie Courselle. « Donc là elle commence à peine à sortir, elle se réveille et là on a toutes les inflorescences qui sont là … Une potentielle récolte très jolie… »

Pour tous, l’horizon semble s’éclaircir car il ne devrait pas y avoir de nouvelle gelée d’ici les saints de glace…

02 Mai

Un Côté Châteaux Spécial Primeurs le 18 mai sur France 3 NOA

A vos tablettes… Ce numéro spécial dégustations primeurs du millésime 2021 arrive le 18 mai à 20h10 sur France 3 NOA. Vous aurez la primeur des analyses pertinentes de Jacques Dupont, Yves Beck et Jean-Marc Quarin, mais aussi celle de nombreux dégustateurs, importateurs, vignerons et de Ronan Laborde, président de l’UGCB. Un très joli numéro de haute tenue réalisé par JPS avec Alex Berne. Yep.

José Rodrigues-Lalande et sa fille Léa du château Pont Saint Martin en Pessac-Léognan © JPS

Durant cette semaine, les dégustateurs ont l’embarras du choix… Par où commencer, Bordeaux est tellement vaste. En ce lundi 25 avril, il faut bien se décider. Côté châteaux vous emmène tout d’abord en Pessac-Léognan au château Latour-Martillac…

Dans ce chai de dégustation, on y croise déjà 2 Champenois Olivier Gayet et son frère Jérôme, heureux d’être de retour pour ce bel événement : « nous cela fait plusieurs années qu’on n’a pas pu en profiter, et en plus on découvre un château méconnu, et en plus on a le beau temps qui est avec nous dans un endroit chaleureux, il n’y a pas trop de monde c’est bien distancé, tout est au rendez-vous pour passer un bon moment… »

Les champenois sont venus déguster ce millésime 2021 © JPS

Les champenois sont venus déguster ce millésime 2021 © JPSJérôme Gayet : « c’est un très bon millésime, nous on vient de commencer la dégustation mais c’est très prometteur… », « oui on a une belle fraîcheur, un bel arôme sur les fruits, je pense qu’un grand millésime se prépare… » renchérit son frère.

Pour Thimothée Bouffard, célèbre courtier en vins de la place de Bordeaux : « C’est un millésime remarquable sur tout point de vue, nous avons des vins de bonne qualité grâce essentiellement au cabernet quand même, pour ceux qui ont pu attendre la maturité optimale nous avons de très très bons vins…et je me régale, je suis en très de goûter tous les blancs c’est remarquable… »

Richard Bampfield, une analyse so British © JPS

Pour Richard Bampfield, dégustateur indépendant : « je viens d’Angleterre, on savoure vraiment le rouge, il se boit facilement, il est frais, il est aussi très fruité… Je le trouve beaucoup plus léger que les millésimes précédents, mais je crois que c’était attendu…C’est vraiment un millésime très agréable qu’on nous propose durant les primeurs, d’abord parce qu’il est facile à boire, il y a une grande variété en fonction des domaines notamment pour les rouges… C’est une vraie chance de les découvrir, et maintenant je vaius m’attaquer aux blancs… » Prêt pour les acheter ? « Bien sûr je suis Anglais et toujours fidèle aux Bordeaux… »

« Très beau nez, fin, du floral, un miel très léger… » commente d’emblée Alain Segelle sommelier-conseil et EcriVin pour qui : « c’est ma 37e année, j’ai toujours été un fervent des primeurs, j’ai une belle clientèle qui me suit… Plusieurs de mes références seront manquantes cette année notamment à cause du gel et du mildiou. Ce qu’on goûte là est très très joli, les blancs sont magnifiques. Ceux qui vont jouer sur l’assemblage, sur le travail au chai devraient faire de très jolis vins… »

Pour José Rodrigues-Lalande, ingénieur onologue propriétaire des châteaux Pont-Saint-Martin et Roche-Lalande en Pessac-Léognan : « c’est un très beau millésime, difficile en 2021, mais je pense qu’ici la plupart des viticulteurs ont réussi à extraire le fruit, le peu de fruit qu’il y avait mais joli et comme on a eu des rendement un peu faibles, on a quand même une belle extraction; ce sont des vins qui vont être assez puissants, limités en volume mais de très grande qualité… »

Les vignerons de Pessac Léognan au H14, alors que leurs frères, pères, cousins tenaient aussi le crachoir à Latour-Martillac © JPS

Confirmation auprès de Jacques Lurton, le tout nouveau Président du Syndicat Viticole des Vins de Pessac-Léognan : « absolument un millésime de vigneron mais avant tout un millésime de terroir, puisque ce sont les meilleures parcelles qui se sont révélées cette année dans un millésime un peu frais, un peu compliqué, et effectivement un millésime de vigneron à cause de la gelée on n’a pas bénéficié de l’ensemble du potentiel de nos raisins et on a été obligé de travailler avec tout ce que nous avons pu récolter… »

Jacques Lurton et la famille Peyrout propriétaire du château Laffargue © JPS

Effectivement, cela devient dur à Bordeaux avec ces aléas climatiques et aussi ce réchauffement avec la pousse de la vigne qui l’an dernier a eu 15 joursà 3 semaines d’avance, et puis encore cette année sur le millésime 2022 : « oui, mais heureusement cette année la vigne n’avait pas d’avance car on a eu un très bel hiver, il y a eu une belle dormance, la vigne a commencé à se développer tout début avril…Et quand est arrivée la gelée début avril il y avait très peu de bourgeons sortis, d’une façon générale ici les gens ont perdu entre 5 et 10% et ce n’est pas le drame que nous avons subi l’an dernier. »

Ces primeurs sont un grand show, est-ce que cela se joue sur quelques marques ou d’autres vignerons peuvent en profiter ? « Cela crée un phénomène d’entraînement, il y a d’autres gens qui en bénéficient un petit peu, mais moi qui ai un pied dans l’Entre-deux-Mers, je peux vous dire qu’il y a certaines régions de Bordeaux qui n’ont rien à voir avec les primeurs…Il n’en bénéficient pas (directement) mais ils bénéficient de la notoriété que cela attire à Bordeaux car grâce aux primeurs nous attirons le regard des acheteurs du monde entier, qui viennent à Bordeaux et portent un intérêt sur notre région…. »

Jacques Dupont dégustant le 2021 à Château Montrose © JPS

Focus sur la tournée de Jacques Dupont, journaliste du Point dans le Médoc, accompagné d’ERic Beaumard directeur du Cinq du Georges V  à Paris. POur Jacques Dupont :  C’est un millésime très différent des millésimes solaires qu’on a connu en 2018, 19 et 20… », commente Jacques Dupont.  « C’est un millésime plus frais, et en plus avec une météo compliquée à gérer, on est sur des vins beaucoup plus légers, plus tendres que les 3 précédents… »

Au Château Montrose avec les équipes du château et de Tronquoy Lalande © JPS

La climatologie de 2021 a été très particulière avec un fort épisode de gel du 6 au 8 avril sur le bordelais, un peu moins sur ces terroirs du Médoc visités ce matin, et plus de 200 millimètres de pluie tombés en juin (entraînant du mildiou), un millésime qu’il ne fallait d’abord pas louper à la vigne.

Dégustation à Cos avec le propriétaire Michel Reybier © JPS

« On a eu la chance de ne pas avoir de gel, de traiter en temps et en heure les vignes…. », commente Michel Reybier propriétaire du château Cos d’Estournel. « Et à la sortie, on a un millésime qui est rempli d’équilibre, qui a des tanins et une qualité qu’on n’avait pas vue depuis quelques années et qui va être pour moi un millésime extrêmement bordelais et qui va se garder dans le temps… »

« Le timbre est extrêmement dynamique avec des vins moins fort en alcool, qui nous permettent d’associer des vins et des mets beaucoup plus facilement et avec un éclat de fruit exceptionnel. L’intérêt c’est surtout la diversité des climats et des millésimes, ce qui fait que c’est unique pour cela… », selon Eric Beaumard directeur du Cinq.

« C’est la fashion week du vin, tout le monde est là, tous les grands dégustateurs, tous les grands critiques, et il faut que nos vins plaisent, il faut montrer le style de l’année et c’est bien entendu un enjeu économique il faut que le vin se vende et dans 4 0 5 mois on a un nouveau millésime qui arrive », selon Philippe Castéja Président du Conseil des Crus Classés en 1855.

Jean-Marc Quarin, critique en vins de Bordeaux, au Hangar 14 © JPS

Le deuxième énorme spot de la dégustation de ces primeurs est bien sûr le Hangar 14 sur les quais de Bordeaux avec le grand rendez-vous de l’Union des Grands Crus qui organise la Semaine des Primeurs. Nous y retrouvons Jean-Marc Quarin, dégustateur indépendant des vins de Bordeaux : « j’en ai déjà goûté entre 250 et 300, je viens ce matin pour vérifier certaines choses puisque je goûte à peu près 2 ou 3 fois et j’aime bien vérifier… Et avec quelques belles surprises : « ce qui est étonnant, c’est de voir des notes de dégustations aussi hautes alors que les conditions climatiques ne laissaient pas espérer cela. C’est la bonne surprise, après c’est un millésime hétérogène, mais le plus important c’est de dire que la dégustation nous donne une photo de cette année qui n’est pas tout-à-fait en correspondance avec ce qu’on pouvait craindre… Et il y a des résultats qu’on ne pouvait pas prévoir de mon point de vue aussi hauts… »

Et de déambuler dans les allées, entre les différents villages et AOC viticoles Margaux, Saint-Estèphe, Pauillac…. Et de s’arrêter par exemple en Saint-Julien au château Gruaud-Larose… « Toutes les couleurs cette année sont belles, le plus important ce sera la fraîcheur du nez et la pureté du nez… Là c’est très délicat, assez intense, très subtil, c’est un millésime très aromatique et après en bouche, j’essaie de voir ce qui se passe à l’entrée, au milieu, très important cette année car les conditions climatiques n’ont pas généré tout le temps un milieu de bouche, là c’est la qualité des assembleurs c’est leur boulot et après c’est la finale… On constate cette année une volonté dans le Médoc de mettre un peu plus de cabernet sauvignon que d’habitude… Bordeaux redécouvre cette année des millésimes avec des petits degrés d’alcool, mais avec un savoir faire acquis sur plus de 10 ans… « 

Jean-Marc Quarin, critique indépendant, et Edouard Miailhe du Château Siran © JPS

Petit arrêt chez château Siran que Jean-Marc Quarin qualifie d' »outsider » : « beaucoup de fruit, un moelleux délicat, pas de tannins, du parfum qui reste c’est ça aussi la caractéristique du millésime… » « Un millésime classique, comme on faisait dans le passé,  très cabernet, très petit verdot, en recherchant la délicatesse et le fruit… », commente Edouard Miaihle du château Siran.

Puis dégustation de Jean-Marc Quarin à château Angludet : « un vin dont le goût est supérieur à ce que l’étiquette laisse paraître, ici pas de classement, mais en appellation Margaux, il ont décidé de ne pas gonfler le vin, tout dans la finesse… » Daisy Sichel, directrice communication et marketing du château Angludet : « on a réussi à faire un vin dont on est très très fier, on a tenu bon, jusqu’au bout, après le gel à répétition et la pression mildiou assez intense…et des vendanges très compliquées et très tardives.. »

Vous pourrez voir aussi dans ce magazine qu’à Bordeaux il y a aussi des vignerons qui se défendent en dehors des crus classés et même des appellations avec des vins sans Indication Géographique, des vins de France : lire ou relire ici « Bordeaux : ces vignerons qui ont une patte et s’éclatent en vins de France »

Ronan Laborde président de l’UGCB avec Miguel Aguirre du château La Tour Blanche © JPS

Et d’avoir l’expertise de Ronan Laborde, le président de l’Union des Grands Crus depuis le Hangar 14 derrière ces fabuleuses lettres illuminées de primeurs : « c’est l’édition des retrouvailles ! Les 2 dernières éditions des primeurs ont eu lieu de façon déployée, dans le monde entier, dans chaque grande métropole on avait organisé des sessions de dégustation, parfois on envoyait des services de dégustation, et après 3 ans d’absence c’est le retour à Bordeaux… »

On est agréablement surpris par la fréquentation : plus de 5000 personnes enregistrées de plus de 70 nationalités, plus d’étrangers que d’habitude, sensiblement plus d’américains, plus d’anglais et d’européens, un peu moins de français, et moins d’asiatiques, 500 manquent à l’appel, on espère les retrouver très prochainement », Ronan Laborde président de l’UGCB.

« Il y a un engouement, beaucoup d’intérêt, on verra l’état d’esprit de nos clients à l’issue de cette semaine mais déjà les retrouvailles et les sourires sont très agréables. « 

Daisy Sichel du château Angludet avec JM Quarin © JPS

Quand au sytème des primeurs va-t-il perdurer ? « La réponse, on l’a eue il y a deux ans, la période covid nous a amené à faire une introspection, à réfléchir, sur beaucoup de sujets, commerciaux, primeurs, environnementaux, et les réponses on les a… On a eu une campagne 2019 qui a été stratosphérique, avec de belles valorisations, confirmées par la campagne primeurs 2020, et aujourd’hui on voit avec ce millésime 2021 il y a énormément d’intérêt…donc oui la majorité des grands crus sont engagés fidèlement dans ce système des primeurs…. »

Malgré l’absence de Robert Parker qui a marqué ces primeurs durant des années, il y a désormais une multitudes de dégusateurs : « je crois qu’il faut que toutes les sensibilités puissent s’exprimer, un vin c’est comme une oeuvre d’art, on aime on peut moins aimer il y a des choses objectives, d’autres subjectives, aujourd’hui on a la chance d’avoir une grande richesse au sein de la critique, avec une influence internationale ou un peu plus locale…mais nous on aime s’enrichir de tout cela… »

A voir aussi le reportage sur une autre institution à Bordeaux qui fête actuellement ses 150 ans : la Maison LILLET / 150 ans de Lillet à Podensac : « c’est une recette fabuleuse qui perdure… » made in Gironde

Du monde aussi à château Pavie dont pas mal d’étrangers ©JPS

La dernière partie de Côté Châteaux vous transporte rive droite à Saint-Emilion avec des importateurs venus du monde entier en avion et en bus jusqu’aux propriétés comme ici à château Pavie, 1er cru classé A de Saint-Emilion…

« Oui c’est important, c’est la première fois pour moi en 4 ans, qu’on peut revenir déguster le nouveau millésime et en plus avec le beau temps au rendez-vous… », témoigne Lee Crymble, importateur britannique… Quant à savoir comment il joue ce 2021 ? « C’est plutôt une bonne surprise jusqu’à présent… Là, c’est encore un peu tôt pour se faire une opinion, il reste encore toute la semaine… »

Parmi les invités de marque, Yves Beck, the Bechustator, accueilli par Angélique Perse-Da Costa… » C’est Taritol, le directeur commercial de YvesBeck.Wine… Il me suit partout, quand je déguste mal il grogne…mais ça va là pour l’instant il est content… »

Et comment trouve-t-il Yves Beck ces 6 vins des propriétés présentés par la famille Perse : « c’est totalement différent des 3 millésimes précédents , c’est peut-être un retour aux sources, il tombe bien ce millésime finalement…On est sur des profils plus élancés, plus tendus, plus frais,  sur des alcools plus bas, en fait il a tout fait ce que les marchés demandent…On peut se dire que c’est sympa, il y a des structures acides qui vont mener ce millésime très loin…Avec une colonne vertébrale de ce type, on n’a vraiment pas de souci à se faire quant aux capacités de vieillissement. Les gens décident eux-mêmes quand ils veulent boire le vin…Et ils ont bien raison. Ils auront beaucoup de plaisir dans 10 ans et leurs petits-enfants dans 30ans…

On a des tannins qui arrivent rapidement, ils sont serrés, mais ils sont veloutés, les résultats sont franchement convaincants…. »

Yves Beck, le dégustateur suisse qui a su s’imposer comme grand critique ces dernières années © JPS

Quant aux prix ? Il va falloir que ce soit en dessous des 2018 ? « Je vois mal une baisse de prix dans le contexte actuel… Il y a eu de dégâts de gel… Allez demander à des vignerons qui ont eu 40, 50 à 60% de pertes d’aller baisser les prix, je ne suis pas convaincu qu’ils vont se réjouir à cette idée… Les vins très chers à Bordeaux, il y en a une vingtaine très chers et quelques milliers qui sont compétitifs, très intéressants au niveau prix, c’est peut-être de ceux -là dont il faut parler… tout le monde rêve peut-être de rouler en Ferrari mais finalement il n’y en a pas beaucoup qui en achètent ! »

Un bon mot pour rappeler que rien ne sert de courir…il faut partir à point et que dans les vins, les pépites ne manquent pas du moment où l’on sait les chercher.

Bon choix de vins en primeurs ou en livrables. Carpe Diem. Et n’oubliez pas chers amis épicuriens ce beau numéro réalisé avec mon compère Alexandre Berne à voir le 18 mai à 20h10 sur France 3 NOA.

29 Avr

Vignerons indépendants de Gironde : Régis Falxa, nouveau président, succède à Cédric Coubris

6 mandats, c’est pas mal. Cédric Coubris n’a pas souhaité rempiler…Il cède son siège de président des vignerons indépendants de Gironde à Régis Falxa co-gérant du château Lalande-Labatut.

Régis Falxa, le nouveau président, et Cédric Coubris © vignerons indépendants de Gironde

Une page se tourne, mais dans la continuité. Après 6 mandats très bien remplis, Cédric Coubris gérant du château La Mouline  cède son fauteuil de président  à son vice-président Régis Falxa, 45 ans, un vigneron engagé. L’élection a eu lieu le 15 avril dernier. Régis Falxa est co-gérant du château Lalande-Labatut avec sa soeur Isabelle, à Salleboeuf en Gironde.

« Vice-Président jusqu’à aujourd’hui, je souhaite m’inscrire dans la continuité du travail accompli par mon prédécesseur, avec le soutien de mon nouveau Bureau et du Conseil d’Administration. Face aux difficultés rencontrées par notre profession, il nous faudra être attentifs et bienveillants à l’égard de nos adhérents, et renforcer notre relation avec les parlementaires, interlocuteurs de proximité, vecteurs de soutien et de solutions. A ce titre nous comptons sur le total soutien à venir de mon prédécesseur, Cédric COUBRIS, dans son nouvel engagement pour les législatives 2022. »

Car Cédric Coubris a décidé de se lancer dans une nouvelle épreuve, en dehors des aléas climatiques de la vigne, celle de la bataille pour les législatives, candidat à la candidature du mouvement de la majorité présidentielle.

« C’est avec un mélange de peine et de joie que je ne me représente pas car un président doit conserver sa neutralité sur ses opinions politiques. Je souhaite devenir un parlementaire qui puisse défendre la filière viticole, l’humain, le territoire médocain et le département. »

Aujourd’hui les vignerons indépendants de la Gironde compte 531 vignerons, qui exploitent 16 463 hectares de vignes et produisent 705 686 hectolitres (en 2021)

25 Avr

Primeurs de Bordeaux : ça sent le prochain Côté Châteaux…

C’est parti pour la semaine des primeurs à Bordeaux. Près de 5000 dégustateurs professionnels du vin, critiques, cavistes, importateurs de 70 pays du monde sont venus déguster le millésime 2021; un millésime bordelais, sur la fraîcheur, avec moins de degrés d’alcool, qui pourrait bien plaire, moins solaire que le 2018. Bien réussi par endroits, avec du fruit, avec surtout de beaux cabernets sauvignons arrivés à maturité… A voir dans le prochain magazine Côté Châteaux réalisé par JPS et Alexandre Berne. Voici un avant goût en 10 photos.

Jean-Marc Quarin, critique en vins de Bordeaux, ce matin au Hangar 14 © JPS

Jean-Marc Quarin avec Edouard Miailhe du Château Siran © JPS

Ronan Laborde, le président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux qui organise la semaine des primeurs, et Miguel Aguirre du château La Tour Blanche © JPS

Les vignerons de Pessac Léognan au H14, alors que leurs frères, pères, cousins faisaient aussi déguster à Latour-Martillac © JPS

Le château Latour-Martillac accueillait la dégustation des Pessac-Léognan avant celle de l’UGCB demain © JPS

José Rodrigues-Lalande et sa fille Léa du château Pont Saint Martin en Pessac-Léognan au château Latour-Martillac © JPS

Du monde aussi à château Pavie dont pas mal d’étrangers ©JPS

 

Yves Beck, le dégustateur suisse qui a su s’imposer comme grand critique ces dernières années © JPS

23 Avr

150 ans de Lillet à Podensac : « c’est une recette fabuleuse qui perdure… » made in Gironde

Au fronton de la maison Lillet, 1872…Cette institution de Podensac fête aujourd’hui ses 150 ans. Son succès lui vient de cet apéritif particulier le kina lillet lancé en 1887.

« Lillet, c’est une recette qui est toujours tenue secrête depuis presque 150 ans aujourd’hui, une recette où on choisit des vins régionaux qu’on va assembler avec des macérations de fruits qu’on fabrique sur place, c’est le plus important pour la maison Lillet, c’est l’authenticité et le respect du produit… », commente Cécile Bernhard responsable de la Maison Lillet à Podensac. « C’est un apéritif à base de vin, très versatile qu’on peut boire à l’apéritif mais parfois aussi tout au long du repas, quand il est accompagné de viandes blanches, de fromages, on peut aussi l’utiliser pour les desserts… »

Fondée par Paul et Raymond Lillet, cette maison est restée familiale durant 113 ans. Pierre Lillet, petit-fils de l’un des fondateurs, était le gardien du temple et était en charge de la fabrication (il est décédé en 2016).

« Deux frères qui ont inventé l’apéritif Lillet, avec le vin blanc de Sauternes, que mon grand-père vendait en tant que négociant en vin, toujours de très bonne qualité le vin blanc…du kinkina, et des fruits, des écorces d’orange… », m’expliquait Pierre Lillet en janvier 2016.

De 800 000 litres produits dans les années 30, cet apéritif s’est développé avec le marché américain dans les années 50-60…Aujourd’hui un nouveau chai de 1500 m2 est en cours de construction, car la production a encore explosé avec 12 millions de bouteilles…

« On a beaucoup plus que doublé, aujourd’hui on atteint 12 millions de bouteilles dans 50 pays dans le monde, on a une croissance à 2 chiffres donc c’est un succès planétaire, parce que le produit plaît, il y a cet héritage, 150 ans de la marque, il y a une identité de marque qui est exceptionnelle, tout commence ici à Podensac et nous on le fait rayonner… », selon Simon de Beauregard directeur international Lillet.

« Il y a l’Angleterre, les USA deux marchés historiques pour la marque, on a deux gros marchés aujourd’hui l’Allemagne et l’Autriche, on a des marchés qui s’intéressent de plus en plus à la marque comme le Brésil, la Belgique aussi…Donc on est vraiment sur une croissance mondiale ».

Si au XXe siècle, cet apéritif s’apprécie plutôt nature, au XXIe les bars branchés dans le monde et la mixologie attirent une nouvelle clientèle de jeunes. Le Lillet se déguste désormais en cocktail…

« On le buvait plutôt sec à l’époque, le Lillet en cocktail c’est beaucoup plus récent, aujourd’hui on essaie de changer les recettes, et de faire quelque chose de beaucoup plus frais, là c’est un Lillet blanc, tonic, beaucoup de glaçons et en garniture, fraise, concombre et une touche de menthe », selon Sasha Basmadjian bartender.

Vu son fort développement, la Maison Lillet veut encore doubler ses ventes d’ici 5 ans et envisage de commercialiser 24 millions de litres … En apéritif ou en cocktail, à consommer avec modération.

Regardez ce reportage réalisé par Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Christophe Varone et Jean-Marc Ceccaldi :

 

22 Avr

Bordeaux : la filière vin touchée par la hausse des prix des matières sèches

Après la crise sanitaire, la guerre en Ukraine a des répercussions sur le prix des matières sèches, qui servent à conditionner le vin. Entre les bouteilles, les capsules, les cartons ou encore les palettes, tout flambe et parfois certains produits viennent à manquer. Un casse-tête pour les vignerons et maisons de négoce très attentifs à leurs coûts de production, qui pourraient en partie être répercutés sur le consommateur.

Pour Jérémy Ducourt, vigneron à Ladaux en Gironde, la guerre en Ukraine se traduit par des tensions d’approvisionnement et hausse de prix, notamment sur les bouteilles en verre blanc, produites à partir de four à gaz, et sur des capsules en aluminium venant de l’est. Une tension déjà amorcée avec la crise sanitaire en 2021 qui l’avait amené à prendre quelques précautions et faire quelques stocks, notamment de cartons…

Car le prix des matières sèches, qui servent à conditionner le vin, augmente partout, sur tous les postes, de 20 à 30 % en moyenne comme le confirment de nombreux viticulteurs…

Jérémy Ducourt, co-propriétaires de vignobles Ducourt © JPS

« La tension sur les approvisionnements de matières sèches en ce moment nous conduit parfois à faire des arbitrages, cela se traduit par des décalages de conditionnement, qu’on ne peut pas réaliser car il va nous manquer des capsules au moment où on veut faire le conditionnement, où les bouteilles sont retardées on doit attendre la fabrication du verrier pour les bouteilles, notamment en ce moment pas mal de soucis sur les bouteilles blanches… , précise Jérémy Ducourt co-propriétaire des vignobles Ducourt.

« On a des collègues qui ont été obligés de conditionner du rosé en bouteilles vertes ce qui n’est pas habituel et très joli en terme d’esthétique… Nous pour l’instant, on arrive à faire attendre nos clients, et on décale nos conditionnement, cela arrive qu’on soit obligé de décaler d’un mois ou de deux mois les mises en bouteilles habituellement qui se font en ce moment des blancs et des rosés… »

Dans cette maison de négoce, la Maison Bouey à Ambarès-et-Lagrave, il s’agit de continuer à sortir 250 000 bouteilles par semaine avec les mêmes difficultés et une hausse de prix de 10 à 50 % sur le verre, les capsules, le carton et les palettes en bois….

« Certains fournisseurs, je parle notamment sur les capsules, auparavant nous demandaient 4 semaines pour produire une capsule, ils vont jusqu’à nous demander 4 mois pour produire ces capsules, donc on est sur des délais de livraison qui pourraient nous mettre vraiment éventuellement en rupture à certains moments… », commente Stéphane Lefebvre directeur de la Maison Bouey.

Si la hausse des prix peut être supportée par des acheteurs de grands crus classés, quelques dizaines de centimes d’euros en plus pourraient réfreiner l’achat sur de plus petits Bordeaux, notamment en grande distribution.

Il faut dire que les consommateurs sont déjà confrontés à l’inflation de l’énergie et des produits de première nécessité…

Stéphane Lefebvre, directeur de la Maison de Négoce Bouey © JPS

« Le vin n’est peut-être pas le produit prioritaire du moment, en tout cas pour une certaine catégorie de gens, qui achètent des Bordeaux entre 3 et 5 €… Une augmentation de l’inflation, une augmentation des coûts fait que on voit les ventes qui baissent… »

Cette crise d’approvisionnement et la hausse des prix n’ont jamais été aussi durement vécus par la filière. Elles risquent de durer encore plusieurs mois.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Olivier Prax, Christophe Varone :

 

20 Avr

Et voici le 30e numéro de Côté Châteaux : un spécial femmes du vin…

C’est un nombre tout rond, un numéro 30, déjà. Côté châteaux souhaitait marquer le coup et pour l’occasion vous propose de faire connaissance avec une nouvelle génération de vigneronnes…  Alex Berne et moi-même, nous allons vous présenter les soeurs Rozier du château des Arras, Estelle Roumage du château Lestrille avec son équipe féminine et Mélanie Cisnéros du château de Rouillac…

Marie-Caroline et Anne-Cécile Rozier du château des Arras © JPS

Bienvenue au château des Arras à Saint-Gervais en Gironde. Ce sont Marie-Caroline Rozier, 36 ans, et Anne-Cécile, 34 ans qui nous accueillent en descendant l’escalier à double révolution de ce château du XVe siècle…

Pour elles le fait de bousculer un peu l’ordre établi et cette profession à la base surtout masculine, en fait « on n’y pense pas trop » confie Anne-Cécile... »On ne se pose pas trop de question , en tout cas on avance, ce sont des challenges au quotidien, être viticultrice c’est ça le challenge, plus que le fait d’être une femme peut-être… », renchérit Marie-Caroline. « On est en bio, certifié sur le millésime 2021, et en fait le plus compliqué ce sont les années en amont car on ne valorise pas le produit, qui nous demande beaucoup plus de temps et de moyens donc oui cela a été un gros challenge… »

 

Anne-Cécile est elle directrice technique du domaine ce qui lui confère une double casquette cheffe de culture et maître de chai... »Oui, triple et même quadruple, j’ai arrêté de les compter, mais oui je m’occupe surtout des vignes et du chai.. » Un boulot pas de tout repos car confrontée aux aléas climatiques et notamment au gel : « ben, ça n’arrête pas en fait en 2016, 17, 18, 19 et 20…On a toujours un petit bout qui a gelé et le pire ça a été en 2017 où on a perdu 80% »

Ce château c’est un peu la maison du bonheur avec pas mal de mascottes entre les chiens, les chats, les chevaux et les brebis maintenant... »Oui on est bien entouré… Gaïa c’est elle qui nous a inspiré pour les étiquettes…J’ai nommé le vin blanc de son nom car je voulais faire un petit clin d’oeil avec Anne-Cécile qui a créé cette cuvée ce vin blanc qui du coup s’appelle la cuvée Gaïa, car Gaïa c’est la déesse grecque de la terre mais aussi la chienne bien bruyante qui nous accompagne tous les jours… » Il y a aussi Valencia : « on avait fait une cagnotte pour les 60 ans de maman, on pensait qu’elle allait s’offrir un voyage et au final on lui a acheté un poney… »

Depuis l’époque de la maman Claudine où il n’y avait que 3 cuvées, la gamme a augmenté : « on en a une dizaine, du blanc au rouge, et on a aussi le rosé depuis toujours… C’est vrai qu’il faut étoffer la demande avec notre merlot, notre cabernet sauvignon et notre clos d’Elles et cette année on lance aussi le moelleux avec la muscadelle, parce qu’on voit qu’il y a aussi une demande sur le sucré en fait pour attirer les jeunes consommateurs qui découvrent l’univers du vin… »

Preuve que ces jeunes en veulent et se font déjà remarquer, Anne-Cécile a fait la couverture du livre Gueules de Bordeaux réalisé par Guillaume Bonnaud et Xavier Sota aux éditions Sud-Ouest…

Au cours de ce Côté Châteaux vous allez aussi rencontrer Lucie Mançais du château de la Gravette à Moulis et Lucie Mercier de la Grande Clotte à Lussac, un portrait croisé dressé à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes… (à retouver ici)

Estelle Roumage et son équipe féminine au château Lestrille © JPS

Petit détour dans l’Entre-deux-Mers à Saint-Germain-du-Puch, nous voici au château Lestrille en compagnie d’Estelle Roumage : « je suis revenue à la propriété en 2001, c’est mon père qui était viticulteur à l’époque et le passage de témoin s’est très bien passé en douceur… »

Cette propriété a la particularité d’être très féminisée : « effectivement à Lestrille il y a en proportion 2/3 de femmes et 1/3 d’hommes, on est 5 aujourd’hui, voilà Laetitia qui s’occupe de toute la commercialisation en France et de l’administratif également, Fanny s’occupe de la boutique, des événements et de la location de la salle de réception et des réseaux sociaux, Valérie et Sylvia travaillent ensemble Sylvia est maître de chai et Valérie est polyvalente aussi bien au chai qu’à la vigne…  C’est vrai il y a 20 ans quand je suis revenue les femmes étaient plus cantonnées aux métiers de commercialisation et de marketing, et puis petit à petit les métiers se sont développés sur la partie vinicole, gestion du chai et sur les direction techniques. » Dans les chais on a un petit peu plus de femmes, c’est aussi lié à la sensibilité un peu particulière des femmes, qui sont aussi un peu plus soigneuses du travail à faire sur les barriques… Cela évolue avec de plus en plus de promotions d’oenologues de plus en plus féminines, je pense que maintenant on a dépassé les 50-50, on doit être plus 60-40 au niveau des femmes… »

Avec son domaine de 44 hectares, Estelle Roumage a pas mal privilégié les vins blancs secs: « c’est vrai lorsque je suis revenue sur la propriété, je revenais de Nouvelle-Zélande où j’avais fait des vinifications dans la région de Malboro spécialisée dans les vins blancs…et cela m’a vraiment donné envie de produire plus de blancs sur la propriété, donc on est passé de 2 hectares il y a 20 ans à 15 hectares maintenant… Estelle a eu le nez creux car aujourd’hui les blancs secs ont le vent en poupe comme vins d’apéros : « oui tout-à-fait c’est vraiment une porte d’entrée pour nous, à l’export on rentre souvent chez de nouveaux clients grâce à notre Entre-deux-Mers, et ensuite cela nous permet de vendre nos rouges également… »

Un domaine qu’elle amène de plus en plus vers une démarche environnementale : « j’ai eu la chance de revenir sur un domaine qui était déjà en agriculture raisonnée depuis le début des années 80, on est HVE depuis une dizaine d’années et en 3e année de conversion bio, donc l’année prochaine si tout va bien on sera certifié…On est certifié bee briendly aussi pour la protection des abeilles… Donc on est vraiment dans cette démarche là, oui… »

Notre dernière partie nous emmène au château de Rouillac, propriété de la famille Cisnéros, à Canéjan où Mélanie nous accueille dans cette fameuse propriété qu’avait acquise le Baron Haussmann en 1864 et où il avait fait construire de fabuleuses écurie que font revivre la famille Cisnéros : « exactement, nous on a remis en couleur ces écuries, car moi je suis passionnée par le monde du cheval depuis l’âge de 4 ans et devenue passionnée par le monde du vin quand on a racheté le domaine en 2010 et on travaille les vignes avec des chevaux de trait. Sur 26 hectares, on travaille avec eux 18 à 20 hectares du vignoble… »

« Je vous présente Titan de Rouillac qui est là depuis qu’il a 3 ans (c’est la mascotte du château), maintenant il en a 11 et il travaille pleinement sur le domaine… » Un beau bébé qui pèse tout de même 900 kilos… « Et on a une femme, Lise comme meneuse pour nos chevaux de trait… »« Il y a plusieurs travaux dans la vigne, qui permettent de gérer l’enherbement, aérer les sols et éviter les tassements…Avec les chevaux on évite ce phénomène et on conserve comme cela des sols vivants, meilleurs pour la vigne et le vin… », commente Lise Benard

Ce château c’est bien évidemment l’histoire aussi du papa Laurent Cisnéros : « mon père a changé de vie, il a une une première tranche de vie dans le foot puis l’énergie chauffage pour arriver en 2009-2010 dans ce magnifique domaine viticole ». « C’est avant tout une fierté et une belle émotion, quand chaque jour je vois ma fille qui ardemment s’occupe de la propriété, et fait vivre ce terroir, évidemment il y a une fierté de papa qui est immense… », commente Laurent Cisnéros.

Quid de l’âge quand on va sur des salons comme Bordeaux Tasting, est-ce facile de se faire reconnaître ? « Oui, il y a de plus en plus de jeunes, de plus en plus de femmes, dans ce milieu et nous on a notre identité bien à nous aussi, avec notre histoire un peu particulière. Làj’ai choisi le blanc de Rouillac (à déguster), car on a la chance de travailler avec Sophie Burguet qui est là depuis le début, depuis le commencement et à Rouillac sur nos 26 hectares on a 3 hectares de blanc….Avec, le Dada de Rouillac, on est là sur la cuvée spécial avec des vins sur la vivacité, plus sur le minéral, facile à boire, sur sa jeunesse, à l’apéritif… »

Et question dada, Mélanie conjugue son autre dada : « exactement nous on est passionné par le monde du cheval, on a dans nos écuries nos chevaux de sport car on fait de la compétition, du jumping, père et fille, on a nos 3 chevaux, donc on a nos 3 dada… On a notamment gagné le jumping de Bordeaux sur la dernièer édition en 2020, avec mon père et une amie de la famille… »

Côté Châteaux, à voir ce soir mercredi 20 avril à 20h15 sur France 3 NOA, réalisé par Jean-Pierre Stahl et Alexandre Berne : 

13 Avr

Au revoir Jean-François Janoueix, « un Monsieur avec un grand M… d’une simplicité et d’une discrétion de Corrézien »

Il était truculent, bonhomme, gentil et simple, et pourtant il avait sacrément réussi. Jean-François Janoueix vient de disparaître à l’âge de 86 ans. Le propriétaire du château du Haut-Sarpe et du Castelot faisait l’unanimité, Côté Châteaux avait dressé son portrait il y a 2 ans dans son numéro spécial Corrèze.

Jean-François Janoueix propriétaire du château Haut-Sarpe en janvier 2020 © JPS

POUR JEAN-FRANCOIS GALHAUD : « IL ETAIT D’UNE SIMPLICITE ET D’UNE DISCRETION… »

A l’annonce de la nouvelle, un autre Jean-François…Galhaud le président du Conseil des Vins de Saint-Emilion commentait pour Côté Châteaux : « je suis très attristé, c’est quelqu’un que j’appréciais beaucoup, c’était un ami…

Pour moi, c’est un Monsieur avec un grand M ! Il était d’une simplicité et d’une discrétion, digne des Corréziens… » Jean-François Galhaud

« Il va me manquer, on se rencontrait souvent à Saint-Emilion, chez le coiffeur, chez le boucher… J’ai bien sûr une pensée pour son épouse Françoise… Cet après-midi, j’étais avec Jean-Philippe Faure pour mes assemblages et on avait ensemble une pensée pour Jean-François Janoueix, il nous a tous marqué par sa gentillesse, c’était quelqu’un de pondéré, un grand Monsieur. Il m’a toujours soutenu dans mes actions syndicales et me disait merci pour ce que tu fais pour nous…

« Les Janoueix, c’est une famille exceptionnelle. Jean-François c’était le digne fils de son père Joseph, une figure de Saint-Emilion comme sa mère aussi. Jean-François était très affable, très gentil, et il disait ce qu’il avait à dire avec gentillesse… Vraiment cela me peine beaucoup… », complète Jean-François Galhaud.

Jean-François Quenin, du château de Pressac, et ancien président du Conseil des Vins de Saint-Emilion souligne « il avait toujours des approches de bon sens, positives, au sein du syndicat, il a toujours gardé à l’esprit sa curiosité ».

Jean-François Janoueix avec son épouse Françoise, vendangeuse rencontrée en 1962 © JPS

LAURENT MOUJON : « C’EST LA GENTILLESSE QUI RESSORT DE CET HOMME, L’HOMME AUX MILLE CLES 

Pour Laurent Moujon, écrivain de livres de recettes et d’oenotourisme qui l’a connu depuis 2008 : « c’est un homme remarquable, comme un ami, comme un père, un grand-père pour mon fils… Chaque fois que je m’arrêtais à Haut-Sarpe, il me disais « Laurent reste manger avec nous, il y avait toujours une assiette et un verre de vin pour nous, il était hors du commun comme sa mère… Il ne faisaitr pas de différence que tu sois riche ou pauvre. »

Jean-François Janoueix était très serviable, toujours la pêche et un mot de réconfort. C’était un homme passionné, qui aimait recevoir et partager » Laurent Moujon

Les fameuses camionnettes avec lesquelles la famille livrait…JPS

« C’était un Corrézien, moi il m’a aidé et soutenu en 2009 quand j’ai lancé mon projet dans l’oenotourisme. Je pensais qu’il allait être centenaire ce Monsieur. Il va nous manquer. C’est la gentillesse qui ressort de cet homme, l’homme aux mille clés (il avait un énorme trousseau avec lui) et il avait sans doute la clé du paradis. »

JEAN-PHILIPPE JANOUEIX : « DANS LA FAMILLE JANOUEIX, ON NE CULTIVE PAS QUE LA VIGNE, ON CULTIVE L’HOSPITALITE »

Connaissant son fils Jean-Philippe que j’ai pu faire aussi en reportage, je lui ai demandé simplement s’il souhaitait dire un mot, et comme tout fils affecté par la disparition de son père, il a préféré m’envoyer des témoignages touchants, néanmoins il m’a gentiment dit : « je m’entendais super bien avec mon père…

« Dans la famille Janoueix on ne cultive pas que la vigne, la famille cherche à cultiver l’hospitalité… « Et de souligner cette culture chrétienne de son père, « il cherchait à rester humble, il recevait tout le monde sans faire de différence et voulait faire apprécier son vin. C’était l’ami de tous, il était très bienveillant, avec des mots gentils quand il apparaissait dans les syndicats de Saint-Emilion et de Pomerol…Il apparaissait, y mettant de la paix, c’était un artisan de paix… »

« Il aimait le vin, pour ce qu’il était … «  Et de souligner aussi la spiritualité quand il servait les vins, et tous les vins qu’il appréciait, même s’ils n’avaient  pas la même spiritualité. Comme il disait, « ce qui est important c’est qu’on parle du vin », car ce qui le chagrinait c’était la campagne qui visait à moins consommer de vin notamment en France … « C’était un bon vivant, un joyeux, il avait du savoir et aimait les gens de savoir. Par ailleurs, il aimait les animaux et avait une très belle collection de poules, de faisans, à Haut-Sarpe… Il n’avait pas besoin d’aller à l’autre bout de la planète pour être heureux, entre la Corrèze et ici il l’était… »

Regardez le portrait de Jean-François Janoueix à 10’11 dans ce numéro spécial Corrèze de Côté Châteaux tourné   en janvier 2020 :

12 Avr

Millésime 2021 : c’est parti pour les dégustations des primeurs dans les châteaux de Bordeaux

C’est le moment où Bordeaux retient son souffle… Celui de la dégustation du nouveau millésime, le 2021, fraîchement assemblé, présenté aux critiques et importateurs. Avant la semaine officielle des primeurs de l’Union des Grands Crus de Bordeaux où 5000 personnes vont venir déguster, déjà de célèbrent journalistes ou sommeliers poussent les portes des châteaux…

Jacques Dupont dégustant le 2021 à Château Montrose © JPS

A Saint-Estèphe, le château Montrose accueillait ce matin Jacques Dupont, journaliste critique du Point, accompagné d’Eric Beaumard, vice-meilleur sommelier du monde 1998 et directeur du Cinq  (de l’Hôtel Four Seasons George V à Paris), venu avec son fils Baptiste lui même chef sommelier au Clarette à Londres, pour déguster le millésime 2021.

9H30 à Château Montrose avec les équipes du château et de Tronquoy Lalande © JPS

Une année particulière plus difficile sur les merlots selon les professionnels où il n’a pas fallu se tromper pour les ramasser en temps et en heure et ne pas avoir cherché la sur-extraction, mais plus réussie sur les cabernets sauvignons arrivés à une bonne maturité…

« C’est un millésime très différent des millésimes solaires qu’on a connu en 2018, 19 et 20… », commente Jacques Dupont« C’est un millésime plus frais, et en plus avec une météo compliquée à gérer, on est sur des vins beaucoup plus légers, plus tendres que les 3 précédents… »

Le château Cos d’Estournel 2e lieu de dégustation ce matin © JPS

La climatologie de 2021 a été très particulière avec un fort épisode de gel du 6 au 8 avril sur le bordelais, un peu moins sur ces terroirs du Médoc visités ce matin, et plus de 200 millimètres de pluie tombés en juin (entraînant du mildiou), un millésime qu’il ne fallait d’abord pas louper à la vigne.

Dégustation à Cos avec le propriétaire Michel Reybier © JPS

« On a eu la chance de ne pas avoir de gel, de traiter en temps et en heure les vignes…. », commente Michel Reybier propriétaire du château Cos d’Estournel. « Et à la sortie, on a un millésime qui est rempli d’équilibre, qui a des tanins et une qualité qu’on n’avait pas vue depuis quelques années et qui va être pour moi un millésime extrêmement bordelais et qui va se garder dans le temps… »

« Le timbre est extrêmement dynamique avec des vins moins fort en alcool, qui nous permettent d’associer des vins et des mets beaucoup plus facilement et avec un éclat de fruit exceptionnel. L’intérêt c’est surtout la diversité des climats et des millésimes, ce qui fait que c’est unique pour cela… », selon Eric Beaumard directeur du Cinq.

Durant la semaine des primeurs, Bordeaux va recevoir 5000 critiques, commentateurs et importateurs du monde entier de 62 nationalités différentes.

« C’est la fashion week du vin, tout le monde est là, tous les grands dégustateurs, tous les grands critiques, et il faut que nos vins plaisent, il faut montrer le style de l’année et c’est bien entendu un enjeu économique il faut que le vin se vende et dans 4 0 5 mois on a un nouveau millésime qui arrive », selon Philippe Castéja Président du Conseil des Crus Classés en 1855.

Après la crise sanitaire, les primeurs reprennent des couleurs… Les vins du millésime 2021 devraient se vendre de mai à juin… (2 ans avant d’être livrés)

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer:

11 Avr

Le Prix Montaigne 2022 a été décerné à Raphaël Doan

C’est un moment attendu à Bordeaux, le prix littéraire Montaigne a été remis jeudi 7 avril par Pierre Hurmic à Raphaël Doan pour son livre « Le rêve de l’assimilation – De la Grèce antique à nos jours »  

Raphaël Doan, recevant le prix Montaigne 2022 décerné jeudi dernier par © l’Académie du Vin et la Ville de Bordeaux, avec Jean-Pierre Rousseau, Xavier Darcos et Pierre Hurmic

Créé par l’Académie du Vin de Bordeaux, ce prix littéraire qui fait référence  au célèbre écrivain et ancien maire de Bordeaux de 1581 à 1585 récompense la « qualité d’un essai exprimant pour notre temps, des valeurs d’humanisme, de tolérance et de liberté », chères à Montaigne

Ce jeudi 7 avril, c’est Raphaël Doan, (ancien élève de l’ENS et de l’ENA, agrégé de lettres classiques), magistrat au tribunal administratif de Paris qui a été honoré. A seulement 26 ans, il a publié en octobre 2019 un ouvrage salué par la critique « Quand Rome inventait le populisme », et en 2021, il a remporté le Prix de la Revue des Deux Mondes pour son ouvrage « Le rêve de l’assimilation – De la Grèce antique à nos jours » pour lequel il vient de recevoir aujourd’hui le Prix Montaigne. Il a reçu une dotation exceptionnelle de 20 grands crus de Bordeaux.

« A l’heure de la mondialisation et des mouvements migratoires qui questionnent les sociétés occidentales, comment considérer l’étranger ? Dans cet ouvrage solidement documenté, Raphaël Doan dresse un panorama des pratiques de l’assimilation de l’Antiquité à nos jours. Il montre ainsi que l’assimilation qu’il distingue de l’intégration et de l’acculturation et qui peut faire l’objet de controverses aujourd’hui, a toujours été un enjeu dans les sociétés ouvertes. Pour lui, il serait erroné de considérer l’assimilation comme une tentation d’un repli sur soi, ou l’expression d’un nationalisme, mais plutôt comme la manifestation d’un universalisme plus modeste. A travers l’analyse des pratiques historiques, Raphaël Doan nous invite à réfléchir au rapport que nous souhaitons entretenir à nous-mêmes et à l’étranger », selon Pierre Mazet secrétaaire perpétuel de lAcadémie du Vin.

 

 

RSS