07 Mai

Parade au confinement, le « premier » salon des vins virtuel est né

Prowein, Les Grands jours de Bourgogne, London Wine fair… : l’annulation en série des salons des vins a durement touché les producteurs. Pour que les échanges commerciaux continuent, malgré le confinement, « Hopwine », le « premier » salon des vins virtuel, aura lieu du 18 au 25 mai.

« On peut créer une rencontre virtuelle mais une dégustation réelle », explique à l’AFP le cofondateur de Hopwine, Mathieu Lojkiewiez. Le salon, « premier » du genre selon le responsable, est une sorte de « boutique en ligne » réservée aux professionnels où ils visitent virtuellement les stands des producteurs exposants.

Si les visiteurs sont intéressés, ils peuvent commander un coffret dégustation du producteur concerné qu’ils reçoivent sous forme de « vinottes », des échantillons certifiés de 2 cl mis au point par la start-up lyonnaise Vinovae.

La visite est gratuite pour les acheteurs, les frais étant à la charge des exposants.

Ils sont actuellement au nombre de 75, provenant de l’ensemble de la France et de quelques pays étrangers. Une belle réussite, selon M. Lojkiewiez, qui compte dépasser les 100 exposants d’ici à l’ouverture de Hopwine (« Hop » comme un petit saut de puce, à l’image des échantillons de vin).

L’objectif est de pérenniser l’idée au-delà du confinement, confie le fondateur, même s’il ne s’agit pas de « remplacer les salons physiques mais de les compléter », explique M. Lojkiewiez, qui est également le fondateur de Tyméo, agence spécialisée dans la communication des vins et spiritueux à Saint-Rémy (Saône-et-Loire).

AFP

06 Mai

Michel Rolland : 48 années au service de la vigne avec « beaucoup d’énergie, d’enthousiasme et de passion »

Michel et Dany Rolland viennent de céder une partie des leurs parts du célèbre laboratoire Rolland qui devient « Rolland & Associés ». Les fidèles collaborateurs Julien Viaud, Mickaël Laizet et Jean-Philippe Fort ont ainsi acquis 60% au sein de la structure. Un passage de témoin en douceur, même si Michel Rolland n’a pas raccroché les gants, pas question de retraite, à 72 ans il a toujours de l’énergie et de la verve. Côté Châteaux lui consacre une interview Parole d’Expert.

Au centre Michel et Dany Rolland, et leurs associés Jean-Philippe Fort, Julien Viaud et Mickaël Laizet © Ozco-Rolland&Associés

Jean-Pierre Stahl : « Bonjour, Michel Rolland, on a appris en début de semaine ces changements opérés au laboratoire Rolland, est-ce cela veut dire que Michel Rolland a raccroché les gants ? »

Michel Rolland : « Malheureusement, au grand dam de certains, NON… (rires). Cela ne veut rien dire, j’avais depuis 20 ans au sein de la structure des collaborateurs qui ont toujours été fidèles, les 3 qui aujourd’hui sont devenus mes associés (Jean-Philippe Fort, Mickaël Laizet et  Julien Viaud), un est là depuis 30 ans, l’autre depuis 22 ans et le troisième depuis 14 ans, eux ils vont être moins tranquilles…En fait, on a fait une société.

« Michel Rolland a quand même 72 balais, à ce moment-là ou on pense à l’avenir ou on continue et on ne s’occupe de rien… Mes ex-collaborateurs deviennent donc mes associés et vont continuer à porter le flambeau Rolland pour qu’il continue à flotter sur les vignobles… »

JPS : « Ce sont bien 60% des parts du laboratoire qui ont été cédés ? »

Michel Rolland : « Oui, on a cédé 60% de la société avec Dany, absolument. Tout cela est du juridique et de l’évaluation. Cela a pris à peu près un an de discussions et de mise au point, enfin plus de mise au point. On ne s’est pas battu, ni frité sur les détails, on l’a fait de manière très nette et propre. »

JPS: « Qu’est ce que cela représente le laboratoire Rolland ? »

Michel Rolland: « C’est une vingtaine de pays, 230 consulting, un chiffre assez important d’analyses, c’est une affaire qui marche plutôt bien. Elle méritait de continuer à marcher et à évoluer dans ce sens. »

Michel Rolland pour les primeurs en avril 2017 sur le millésime 2016 © JPS

JPS : « Vous en êtes à vos 48e vendanges et vinifications, qu’est ce qu’on peut dire au bout de toutes ces années du leg de Michel Rolland ? »

Michel Rolland: « Je ne sais pas si j’ai apporté quelque chose, mais je l’ai fait avec beaucoup d’énergie, d’enthousiasme et de passion. On ne fait pas ce métier sans passion…sur le plan viticulture et oenologique… »

« Quand vous êtes général et que vous connaissez deux guerres, vous avez la chance de ramasser des étoiles, et en temps de paix, c’est différent.  Vous voyez, dans les années 70, c’était plutôt médiocre à Bordeaux, e puis dans les années 80-90-2000, cela a évolué. J’ai surfe sur une vague et profité d’une situation où les gens avaient besoin d’améliorer leur vin et j’étais là. C’est pour cela qu’on existe. J’ai un peu pris le leadership avec de bonnes réflexions et cela a été aussi l’avantage d’être en tête. »

Jean-Claude Fayat et Michel Rolland dans le portrait réalisé par Jean-Pierre Stahl sur Côté Châteaux et NOA © Léa Lejeune

JPS: « Durant toutes ces années, est-ce qu’on peut parler d’évolution du goût avec la présence de Robert Parker et avec votre expertise, on a souvent parlé de vins body-buildés et aujourd’hui cela a évolué à nouveau, c’est plus sur le fruit…? »

Michel Rolland : « C’est la plus énorme des conneries qu’on ait pu dire durant ces 45 années de travail. Le goût Parker, on l’a inventé. Beaucoup de personnes n’arrivaient pas à la cheville de Robert Parker. Cela les rendaient nerveux… C’est en fait de la connerie franco-française ou bordelo-bordelaise qui n’existe pas ailleurs dans le monde. Du moment où Parker notait bien, cela faisait vendre et rendait le(s) voisin(s) jaloux et idiot(s).

Tous les grands millésimes étaient bodybuildés…1947, 1929,1928 ou même 1871...souvent des années chaudes aussi. C’est la plus impressionnante connerie qu’on ait pu dire, c’est typiquement franco-français, et avec cela ces imbéciles ils ont « tué » de façon mesquine et absurde l’image de Bordeaux. Non franchement, il faut arrêter d’être bête, ce que l’on vient de passer là montre les limites du journalisme et on peut tout perdre. Oui je l’ai suivi au jour le jour. On critique Parker, moi je critique le journalisme. »

Michel Rolland, Julien Viaud et Paolo Basso meilleur sommelier du monde 2013 en avril 2018 © JPS

JPS : « Quel est l’avenir maintenant de Michel Rolland ? »

Michel Rolland: « L’avenir, il est derrière moi maintenant. Je continue à faire ce que j’aime, c’est pour cela que j’ai mis mes collaborateurs dans le coup. C’est du boulot à s’occuper de tout cela, dans les affaires j’aimais moins la gestion.

J’adore déguster, je déguste bien et même avec les années. Je dois déguster encore dans une quinzaine de pays, dont la France. Tant que mes jambes me le permettront, eh bien je le ferai. Je ne pense pas qu’ils aient l’intention de me virer tout de suite…Je pense que j’ai un peu d’expérience à faire profiter ».

Les Clés de Châteaux en avril 2017 avec Cyril Lignac © JPS

JPS : « C’est vrai Michel que vous êtes reconnu pour être non seulement un grand dégustateurs des baies de raisin mais aussi un expert au niveau des vinification, bref un champion! « 

Michel Rolland : « Oui, c’est la recherche de maturité. Pourquoi les grands 1947 ou plus anciens 28 et 29 étaient si réussis, si grands, alors qu’à l’époque il n’y avait pas d’oenologie, pas de technique. Si on reprend leur histoire, c’était mûr, avec des années chaudes et de petits rendements, excepté sur le 82 où il y a eu de bons rendements.

« Mais c’est quoi la maturité, alors que personne ne savait ce que c’était ni la mesurer… J’ai été un des premiers à le faire, à goûter les raisins et à voir à quoi cela ressemblait… C’est sûr que quand c’est mûr, c’est mûr. Quand on a un raisin pas mûr, il n’a pas d’appel. On recherche la maturité et pas la surmaturité. Globalement cela fait progresser les affaires. »

JPS : « J’imagine vous êtes confiné, à Bordeaux ?

Michel Rolland : « Oui confiné à Bordeaux, mais il y a toujours un peu d’énergie et je commence à m’emmerder car j’aime bien quand même voyager un peu. Depuis deux semaines, je vais quasiment tous les jours au laboratoire et dans les vignes… Ça va bien, la pousse cela va pas mal et en avance… Cela risque d’être une année précoce. »

La team Rolland, avec Dany Rolland, Michel Rolland et leurs oenologues associés (à gauche Julien Viaud, Mickaël Laizet et Jean-Philippe Fort), avec Michel Trama chef ** , Gwendoline Lucas et Jean-Claude Fayat propriétaire de La Dominique © JPS

JPS : « Enfin, Michel quel est votre regard sur le millésime 2019, qu’on n’a pas encore pu dégusté du fait d’une semaine des primeurs reportée…? »

Michel Rolland : « Le 2019, le pauvre, on va lui attribuer le covid, l’inconvénient il risque d’être associé pendant un moment à cette période…

« C’est un très bon millésime, on a de très jolis vins; j’ai goûté et redouté plus de 200 vins avec mes collaborateurs, juste pour nous, car effectivement on n’a pas fait cela avec les grands dégustateurs habituels… Il y a des vins superbes à tout niveau, même en Bordeaux Bordeaux Supérieur et pour les satellites de Saint-Emilion. 

« J’espère que le millésime n’aura pas trop à en pâtir, quant au commerce je pense qu’on ne va pas partir sur un marché débridé et acheteur. Moi, j’ai déjà vu cela sur de grands millésimes comme le 90, c’est déjà arrivé avec le contexte de la guerre du Golfe, également sur le millésime 2001 qui est arrivé juste après le 2000, alors que le 2001 était souvent meilleur, oui on a déjà vécu cela, cela risque de polluer un petit peu au départ, mais ce 2019, c’est un bon millésime. »

Merci à Michel Rolland pour cette interview pour Côté Châteaux.Toujours un grand moment avec un grand Monsieur du Vin.

Retrouvez ici le numéro spécial primeurs de Côté Châteaux réalisé l’an dernier par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot et diffusé sur France 3 NOA avec le portrait de Michel Rolland: (à 11’50 »)

 

05 Mai

Bouchons et tonneaux: hausse de près de 8% des ventes d’Oeneo en 2019-20

Le fabricant français de bouchons et tonneaux Oeneo a annoncé lundi une progression de 7,8% de son chiffre d’affaires, à 290,3 millions d’euros, sur son exercice annuel décalé 2019-20 clos le 31 mars.

© Oeneo

Le groupe, qui indique avoir subi un « impact très limité » de la crise du coronavirus pour l’exercice passé, a prévenu qu’il sera davantage touché pour l’année en cours, notamment « par les effets négatifs sur la consommation mondiale de vin »via « la fermeture des cafés-hôtels-restaurants ».

« Les incertitudes, liées notamment à la durée de la crise, ne permettent pas de faire de projections sur le chiffre d’affaires et la rentabilité du groupe », a indiqué Oeneo dans un communiqué, précisant qu’il proposera « de ne pas verser de
dividendes cette année » lors de l’assemblée générale prévue en septembre à Bordeaux.

L’an passé, la division « bouchage » a connu une croissance de 10,3% de son chiffre d’affaires à 195,3 millions d’euros, en raison de la « croissance durable » de ses bouchons technologiques « Diam » sur « l’ensemble des marchés mondiaux », notamment en Italie et en Espagne, les deux pays avec la France qui produisent le plus de vin au monde, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Chili.

Au total, le groupe a commercialisé près de 2,4 milliards de bouchons en liège sur l’ensemble de l’exercice, battant un nouveau record.

La division « élevage », qui comporte les marques de tonnellerie Seguin, Moreau, Boisé, Millet, Fine Northern Oak et Galileo, a vu son chiffre d’affaires progresser de 3% à 95 millions d’euros, notamment en raison de « hausses  significatives » sur les fûts et grands contenants dans la zone Amérique et en France, selon le communiqué.

La fermeture de la filiale Etablissements Cenci (exploitation forestière et transformation du bois de hêtre et de chêne) sur une grande partie du mois de mars en vue de protéger les collaborateurs dans le contexte de crise sanitaire « a logiquement ralenti son redressement qui continuera de peser sur la marge opérationnelle courante de la division », laquelle sera en « recul d’environ 2 points » par rapport à l’exercice précédent, a précisé le groupe. Oeneo doit publier le 11 juin les résultats de son exercice annuel.

AFP

04 Mai

Bernard Farges s’exprime sur le plan de soutien à la viticulture : « le gouvernement va devoir faire comme il fait auprès d’autres filières… »

Invité ce midi du 12/13 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux a confirmé que la filière vivait des heures difficiles avec des baisses de commercialisation de 30% en mars et bien davantage pour certaines propriétés jusqu’à 90 % en avril. Il attend des allègements de charges et un plan d’aide à la distillation de crise, qui devrait être annoncé par le Ministre de l’Agriculture.

Bernard Farges, le président du CIVB invité ce midi dans le 12/13 de © France 3 Nouvelle-Aquitaine

Jérôme Piperaud : « On vient de le voir avec notre reportage, les vignerons souffrent, avez-vous déjà chiffré le manque à gagner pour la filière depuis le début de l’épidémie ? »

Bernard Farges : « Difficile de chiffrer en valeur, mais nous savons déjà les baisses sur les vente du mois de mars: pour Bordeaux, c’est -30% et toutes les régions viticoles françaises sont dans ces conditions là…Nos amis champenois constatent des baisses de 80% en grande distribution, donc c’est un choc terrible dès mi-mars que nous avons vécu… Le mois d’avril, ma collègue l’a rappelé (dans le reportage), certaines exploitations sont à -90% de commercialisation, c’est vraiment très très dur et cela enchaîne avec des difficultés sur des marchés internationaux, notamment avec les Etats-Unis liées aux taxes Trump. »

Jérôme Piperaud : « Vous demandez à Didier Guillaume, le Ministre de l’Agriculture, un plan de soutien, concrètement quels sont vos souhaits, qu’est-ce-qu’il faut que le gouvernement fasse ?

Bernard Farges  : « Le gouvernement doit faire comme il fait auprès d’autres filières, il doit faire en sorte que les entreprises, et un maximum d’entreprises puissent être encore présentes dans quelques mois, parce que nous aurons besoin de commercialiser. Cette filière du vin est une filière qui rapporte beaucoup d’argent à la France, elle emploie beaucoup de monde plus de 500 000 emplois en France et plus de 50 000 sur le département de la Gironde, donc c’est une filière qui était source de profit pour la Maison France, jusqu’à il y a quelques semaines. »

Nous avons besoin que l’Etat vienne alléger les charges patronales, sur les salaires puisque la vigne continue de pousser, nous avons toutes nos équipes qui travaillent dans les vignes, une vigne en avance en plus en ce moment et donc nous avons besoin de beaucoup de main d’oeuvre et nous continuons à financer nos salariés. »

Jérôme Piperaud : « Justement pour la main d’oeuvre pour la prochaine vendange, il va y avoir des protocoles sanitaires à respecter, comment cela va se passer ?

Bernard Farges : « Les vendanges, c’est dans quelques mois, nous ne savons pas encore comment cela va se passer pour les vendanges, la situation d’aujourd’hui c’est le travail dans les vignes, c’est quand même plus faciles de travailler dans les vignes en respectant des distances que dans certains métiers ou dans certaines usines sans doute. Toujours est-il que nos équipes travaillent, nos salariés travaillent, nos exploitants viticoles et viticulteurs travaillent avec le respect de ce qui nous est demandé pour éviter la propagation du virus. »

« Nous avons aussi un certain nombre d’autres demandes, cela a été dit dans le reportage et notamment la distillation de crise, et nous attendons dans la semaine une intervention du Ministre de l’Agriculture, telle qu’il l’a annoncée il ya quelques jours, probablement avec le ministre le l’Economie, pour annoncer un plan de soutien à la viticulture. »

Diffusé ce midi dans le 12/13 de France 3 Nouvelle-Aquitaine

Coronavirus: du prosecco au chianti, le vin italien boit la tasse

Restaurants et bars fermés, fêtes et mariages interdits, morosité n’incitant pas à trinquer: du prosecco au chianti, les producteurs de vin italien subissent de plein fouet l’épidémie de coronavirus avec une nette chute des ventes.

© Chianti agriturismo Toscane

La péninsule s’enorgueillit d’être le premier producteur mondial de vin (avec 47,5 millions d’hectolitres l’an passé), juste devant la France (42,1 millions) à qui elle a ravi ce titre en 2015. Une grande partie est vendue à l’étranger, ce qui a permis au pays d’engranger l’an passé 6,4 milliards d’euros (contre 9,8 milliards pour la France qui reste le premier exportateur en valeur).

Mais, « depuis un mois et demi, tout un canal de distribution, celui des hôtels, restaurants, traiteurs et cafés est fermé en Italie. Puis progressivement, il s’est fermé dans le reste de l’Europe et outre-Atlantique » à cause des mesures de confinement, « et les ventes de prosecco via ce canal sont désormais proches de zéro », se désole Lodovico Giustiniani, président de l’organisation agricole Confagricoltura en Vénétie (nord-est).

« L’autre canal, celui de la grande distribution (supermarchés), fonctionne encore, mais il ne peut compenser les ventes d’un canal complètement à l’arrêt », note-t-il.

Sa propre cave, Borgoluce, qui ne vend pas en grande distribution et est très présente à l’étranger (Etats-Unis, Canada, Sud-Est asiatique…), a subi une chute de… 90% de ses ventes en mars.

Et « la consommation que nous n’avons pas eue pendant ces deux mois, nous ne la récupérerons pas: les gens ne boiront pas en plus ce qu’ils n’ont pas bu à un moment donné », rappelle, comme une évidence, le vigneron.

 FORCE DEVENUE FAIBLESSE

Dans le Piémont (nord-ouest), l’inquiétude est également vive.

Pour le barolo, la situation « est très critique, car il est vendu à 90% dans la restauration mondiale, aujourd’hui fermée », explique à l’AFP Paolo Boffa, président de la coopérative Terre del Barolo.

Le barolo a misé depuis plusieurs décennies sur « la qualité maximale », et a été promu sur les cartes des meilleurs restaurants du monde, note-t-il. Mais ce qui était une force se révèle une faiblesse aujourd’hui.

Les lignes de mise en bouteille de la coopérative, qui compte 300 producteurs, continuent à fonctionner, grâce à d’autres vins comme le barbera ou le dolcetto, aux prix plus grand public, et qui connaissent « une bonne consommation dans la grande distribution en Italie et en Europe », souligne M. Boffa.

Mais là aussi, « ces ventes ne peuvent sauver le bilan de l’entreprise ».

Les producteurs, où qu’ils soient, réfléchissent aux mesures pouvant être prises alors que la prochaine vendange aura lieu dans quelques mois. Où la mettre alors que les caves sont encore pleines?

Les producteurs de barolo demandent à pouvoir stocker en dehors de la zone de production traditionnelle, ce qui leur est normalement interdit.

Ils réfléchissent aussi, comme les producteurs de prosecco, à réduire la production de leurs vignes.

Une décision « drastique » que le Consortium du vin chianti a lui déjà prise, en abaissant sa production de 20% au risque d’entraîner de « graves dommages économiques pour les entreprises », selon son président, Giovanni Busi.

Alors que selon lui de nombreux producteurs « sont au bord de la faillite », il déplore « la distance abyssale entre les annonces innombrables faites par le gouvernement (…) et la réalité » vécue par les entrepreneurs « qui se voient claquer la porte au nez par les banques ».

« SACRIFICES »

Certains producteurs envisagent par ailleurs de distiller une partie de la production, afin de la transformer en alcool (éthanol), qui pourrait par exemple être utilisé pour la fabrication de gel hydroalcoolique.

Les coopératives viticoles françaises, italiennes et espagnoles ont ainsi demandé à l’Union européenne « l’ouverture sans délai d’une distillation de crise européenne de 10 millions de hectolitres dotée d’un budget exceptionnel européen de 350 millions d’euros ».

La solution pourrait tenter des producteurs dont le vin se conserve peu, à l’image du prosecco, un « vin très jeune » que « l’on ne peut pas faire vieillir comme on le fait avec les vins rouges », souligne M. Giustiniani.

Une éventualité exclue en revanche pour les vins haut de gamme comme le barolo, qui peuvent se garder.

Alors que le gouvernement italien a fixé au 1er juin l’éventuelle réouverture des bars et restaurants, la filière, souligne M. Boffa, y voit « une grande et belle nouvelle », même si elle craint une faible affluence du fait de l’inquiétude d’être contaminé.

« Nous avons tous compris la gravité de cette épidémie et de la crise qu’elle engendrera pour nos familles. Mais nous, agriculteurs, sommes habitués aux sacrifices et une fois encore nous n’abandonnerons pas », souligne-t-il.

AFP

02 Mai

Au chevet des vignerons du blayais, en attendant un éventuel plan de soutien à la viticulture

Didier Guillaume a annoncé le dévoilement d’un prochain plan de soutien de la viticulture française. Celle-ci doit faire face à une double crise économique due aux exportations en berne et à l’épidémie de coronavirus qui a impacté tous les marchés et notamment celui de la restauration. Etat des lieux dans le Blayais et réactions face à ce plan de soutien.

Nathalie Feydieu du château Le Taillou © Jean-Pierre Stahl

Dans le Blayais, comme partout à Bordeaux, les vignerons ressentent désormais durement le confinement. Ainsi Nathalie Feydieu du château le Taillou a vu sa clientèle particulière bouder sa salle de dégustation, celle-là  même où son grand-père Yvan faisait déguster et qui est restée dans son jus. Bouder ? C’est un bien grand mot, c’est plutôt une clientèle fidèle qui vient chez elle, mais là cette clientèle est contrainte depuis le 17 mars de rester à la maison…

« On ressent un certaine désaffection de nos clients parce que par nature ils sont confinés et je pense que les gens ont peur d’être contaminé » commente Nathalie Feydieu ; « donc du coup plus de passage à la propriété et au delà de cela toutes les manifestations qui étaient programmées, en commençant par le Printemps des Vins de Blaye et toutes les autres opérations de promotion, et tous les salons, ont du être stoppé pour le moment ».

Sur le mois de mars on retrouve une perte d’à peu près 30%, mais sur le mois d’avril on frôle les 90%, le mois d’avril est quelque chose de terrible pour nous, donc il faut réagir et s’adapter à une situation qui risque de durer encore un peu » Nathalie Feydieu château Le Taillou.

Et de détailler cette adaptation dont elle a su faire preuve : « c’est faire des livraisons, on en fait beaucoup plus au niveau local ce qu’on ne faisait pas habituellement, dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres, parfois on est à l’initiative d’une petite tournée, parfois on déclenche un petit tour parce que des clients se sont manifestés et ont besoin de se réapprovisionner. »

Ils sont ainsi 450 vignerons à cultiver fièrement quelques 6000 hectares et à produire en Blaye Côtes de Bordeaux quelques 280 000 hectolitres de vin (37 millions de bouteilles), la moitié en cave particulière, la moitié en coopérative. Parmi eux, Nicolas Carreau des châteaux l’Escadre et Crusquet-Sabourin, 82 hectares, à Cars. Même s’il ne fait pas du vrac, il est touché lui-même par les difficultés actuelles liées au coronavirus et aux échanges qui ne se font plus:

L’extérieur du chai du château Crusquet-Sabourin © JPS

Concrêtement, c’est une commande qu’on avait reçue des Etats-Unis, on était content, on avait réussi à préserver certains marchés sur les Etats-Unis…Une commande qu’on avait reçue avant la crise du coronavirus et qui est en attente, donc là on entrepose cela comme on peut, au milieu des cuves, pour le moment cela ne gêne pas mais on ne pourra pas vendanger dans ces conditions là »

« C’est un peu un symbole de la situation actuelle, c’est à dire que on est à l’arrêt on a mis l’activité sur pause…Pareil, là on a un marché sur Taiwan qui n’est pas parti non plus, qui est toujours dans le chai ».

Marché américain en berne du fait des taxes de 25%, marché asiatique en baisse également, cela fait 2 ans que Bordeaux subit une crise commerciale. En prime, il faut y ajouter l’arrêt des commandes à destination des cafés et des restaurants (les HCR comme on les appelle), mais aussi une baisse au niveau de la grande distribution avec des foires aux vins pas folichonne en septembre-octobre et quasi absente en mars-avril…

La commande de 60 000 bouteilles attend d’être expédiée aux Etats-Unis © JPS

« Là, on a les vins qu’on livre tous les mois aux particuliers par l’intermédiaire de nos agents, il est évident qu’avec le confinement les agents n’ont pas pu faire leurs livraisons habituelles, donc cela s’est effectivement entassé…On espère pouvoir reprendre prochainement à partir du 11 avec le déconfinement… »

Face à cette situation compliquée voire difficile pour certains, très certainement terrible pour d’autres, des mesures d’aide seront les bienvenues. « Sur la viticulture, il y a un vrai problème » a reconnu jeudi soir sur CNews Didier Guillaume, le Ministre de l’Agriculture. “Je vais annoncer dans les jours qui viennent un plan national de la viticulture avec Bruno Le Maire parce que l’Europe n’a pas été au rendez-vous de ce secteur” a-t-il dit.  Les coopératives viticoles françaises, italiennes et espagnoles, qui représentent la moitié de la production européenne, avaient demandé à la Commission européenne “l’ouverture sans délai d’une distillation de crise européenne de 10 millions d’hectolitres dotée d’un budget exceptionnel européen de 350 millions d’euros”. La Commission avait reconnu le problème, permis ces distillation, mais sans débloquer de fonds supplémentaire…Tout est sur la table pour être discuté en France et en Europe.

Nicolas Carreau dans ses chais © Jean-Pierre Stahl

« Ce sont des marchés à l’arrêt pour beaucoup, donc des trésoreries qui commencent à devenir difficiles, on est là dans une période où il y a beaucoup de travail dans les vignes donc des salaires à payer tous les mois, des charges qui restent toujours les mêmes et par contre des rentrées d’argent qui s’arrêtent, donc des situations très compliquées, c’est en plus la période où le vin sort pour le marché du vrac pour tous les contrats avec les négociants et là aussi on constate une très très forte baisse de l’activité… » commente Nicolas Carreau.

« Le vin reste dans les chais pour le moment, il faut qu’il sorte, cette  solution de distillation n’est pas forcément satisfaisante, on travaille toute l’année dans nos vignes pour produire de beaux vins ce n’est pas pour les voir partir distiller…Cela nous fend le coeur mais c’est certainement la meilleur solution pour au moins continuer à vivre, rentrer la prochaine vendange et repartir quand cela repartira… »

Bernard Farges, président du CIVB, exposera les attentes de la filière bordelaise, il sera lundi dans le 12/13 invité du JT de France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Philippe Turpaud, Xavier Granger : 

01 Mai

Le salon des vignerons indépendants de Bordeaux prévu en juillet est finalement annulé

Côté Châteaux vient d’apprendre cette bien triste nouvelle: le salon des vignerons indépendants de Bordeaux qui a été 2 fois reporté à cause de la crise du Coronavirus est finalement annulé en juillet. Il se tiendra en mars 2021.

Salon des vignerons indépendants de Bordeaux en mars 2019 © JPS

C’est bien dommage, mais à un moment donné, plus personne ne peut lutter. Le salon des vignerons indépendants qui initialement devait se tenir du 13 au 15 mars a été reporté une première fois en juin, avant d’être reporté après la dernière allocution du Président de la République du 24 au 26 juillet.

Mais ce soir Cédric Coubris, président des Vignerons Indépendants de Gironde me confirme l’annulation du salon de Bordeaux en juillet « suite à l’intervention du Premier Ministre qui interdit les grandes manifestations et rassemblements jusqu’au 31 août. Il n’y avait pas d’autres dates disponibles par les différents parcs d’expositions et donc l’annulation des 3 salons de Mandelieu, Paris et Bordeaux » a été actée. Le prochain salon de Bordeaux aura lieu du coup en mars 2021.

La déception des vignerons est immense car ils subissent de plein fouet une double crise de commercialisation et celle liée au civid-19. Cédric Coubris affirme qu’il est  « important du coup d’obtenir l’année blanche demandée par les vignerons indépendants : à savoir exonération des charges sociales et patronales, suppression des intérêts sur les crédits et emprunts, baisse de la TVA sur les vins dans les CHR afin de faciliter l’achat de bouteilles de vins ».

Pour ne pas laisser les clients fidèles des vignerons indépendants dans une trop longue attente, le site des vignerons indépendants sera mis en avant durant les prochaines semaines pour permettre aux vignerons de poursuivre leurs ventes et satisfaire leurs clients : www.vente-directe-vigneron-independant.com

1 er mai : c’est aujourd’hui le #WordlSauternesDay !

C’est un événement mondial ! En direct de Sauternes, 5 châteaux vont animer une dégustation de vins de Sauternes et des associations de mets et de vins. Cette idée c’est Olivier Borneuf, co-fondateur de l’Académie des Vins et Spiritueux, Critique de vin à la Tulipe Rouge et chez Bettane&Desseauve qui l’a eue. Ces châteaux ont répondu présent. Rendez-vous sur YouTube en live à 12h. 

En ce 1er mai, pas de défilé, et pourtant le temps s’y prêtait… Non, là c’est pour le trait d’humour.

En ce 1er mai, Fête du Travail et du Muguet, Sauternes se retrousse ses manches et va vous offrir quelques savoureux parfums ! 5 châteaux ont répondu présent à l’appel d’Olivier Borneuf de faire le 1er World Sauternes Day (#WorldSauternesDay) pour parler de ces vins liquoreux merveilleux, dont Côté Châteaux vous abreuve régulièrement, sans vous saouler je l’espère.

« C’est une bonne idée, cela fait du bien de montrer que Sauternes a quand même de l’attrait… », selon Luc Planty du château Guiraud.

Cela met un focus sur Sauternes et montre aux gens tous les atouts et tout ce que l’on peut faire avec du Sauternes », Luc Planty château Guiraud

« Moi je participe sur la session de 12h, celle de l’apéritif et du repas, on va montrer que l’on peut déguster du Sauternes à l’apéritif, que c’est un vin qui ne manque pas de fraîcheur et de tension aussi au début d’un repas, le Sauternes n’est pas forcément un vin de fin de repas », poursuit Luc Planty. « On fera déguster château Guiraud sur le millésime 2015, un grand millésime, accessible charmant et charmeur, qui ne fait pas peur, facile d’accès pour tout le monde. »

« Pendant le confinement, cela tombe bien, les gens sont attentifs, on va tous se prêter au jeu », commente également David Bolzan du château Lafaurie Peyraguey, « on va présenter Sauternes sous toutes ses formes à l’apéritif, au moment du repas et en cocktail, cela démarre de 12 h à 13h30, avec 5 châteaux qui vont présenter leur millésime 2015 et Gilette un millésime plus ancien…Notre chef du restaurant Lalique-Lafaurie Peyraguey va donner une recette sur l’apéritif, plats et dessert, pas trop compliqué. On ramène toujours le vin autour de la table, et on a une table d’exception à Sauternes, on va parler de choses créatives.

Regardez Sauternes A table ! »

Nous on sert à Lafaurie-Peyraguey tous les grands vins des 5 crus classés, avec une variété de millésimes extraordinaires, et ce quotidiennement. L’idée est de montrer que ce millésime 2015 peut être apprécié et dégusté dès maintenant, même si on peut le garder aussi, avec une application concrète et des accords mets-vins »  poursuit David Bolzan du château Lafaurie Peyraguey

C’est une initiative pour mettre en avant Sauternes sous son meilleur jour, avec de nouveaux styles, c’est un Sauternes pluriel en fait, une palette variée, l’idée c’est « jamais opposé mais toujours ajouté », David Bolzan du château Lafaurie Peyraguey

Olivier Borneuf m’explique juste avant d’animer ce matin cette journée exceptionnelle : « c’est venu au départ d’un article sur le blog les 5 du vin, un confrère parlait de la situation économique et se demandait si Sauternes ne s’était pas fourvoyé, cela m’a fait sortir de mes gonds ! Le problème n’est pas là même si il y a une désaffection, car depuis 15 années on voit que Sauternes s’améliore et travaille d’arrache-pied. Le problème économique ne touche pas que Sauternes…Le sucre est un faux problème qui n’explique pas la désaffection de Sauternes, car on voit bien que la pâtisserie est de plus en plus en vogue… »

Il y a eu une rupture tout simplement de la transmission entre nos parents, nous qui buvions encore du Sauternes, et la nouvelle génération. La première des choses à faire est de récupérer le consommateur en se rapprochant de lui et en lui montrant Sauternes sous un nouveau jour » Olivier Borneuf.

« Donc j’ai dis que j’allais faire des vidéos et organiser la Journée Mondiale du Sauternes et cela a pris…J’ai fait circuler cette info sur les réseaux sociaux et en une semaine on l’a organisé. Il y aura 3 conférences de 12h à 13h30, de 15 à 16h30 et de 17h à 18h30.

« Le but ce n’est pas de montrer du Sauternes sur du foie gras ou du homard, c’est de montrer que cela fonctionne de l’apéritif, au plat de résistance et jusqu’au dessert. »

« On va aussi expliquer comment est conçu un vin de Sauternes, avec du sacrifice humain, un miracle de la nature et le génie humain. »

« Enfin on va parler cocktail, à Sauternes, c’est aussi cela qui m’a fait sortir de mes gonds qu’on refuse cette idée, c’est un peu condescendant, alors qu’on peut faire découvrir le champs des possibles, et l’univers de la mixologie, comme avec le champagne où on fait des cocktails depuis plus de 100 ans; on aura 4 mixologues dans cette 3e partie à 17h dont Laurent Giraud, de chez Harrys  à Paris, vie-champion du monde de mixologie… »

Voilà encore une belle initiative pour faire découvrir ces fabuleux vins liquoreux de Sauternes, à na pas louper avec les châteaux Coutet, Gilette, Guiraud, Lafaurie-Peyraguey, Rayne-Vigneau et le chef Jérôme Schilling, chef 1 étoile au Guide Michelin au restaurant Lalique-Lafaurie Peyraguey….et bien d’autres.

Regardez Sauternes Sacrée Pourriture :

Regardez également Mon Sauternes en Cocktail : 

#worldsauternesday

29 Avr

Une vente de 1000 vins exceptionnels sur iDealWine au profit du collectif #ProtegeTonSoignant

Depuis le 27 avril et jusqu’au 7 mai se déroule une vente aux enchères de grands crus sur la plateforme ideal wine.com. L’ensemble du produit de cette vente sera reversée au collectif #ProtegeTonSoignant.

C’est une vente caritative que lance iDealWine sur sa plateforme afin d’apporter sa contribution à la lutte contre les ravages de la pandémie de coronavirus. Idealwine a isolé dans ses stocks un certain nombre de flacons qui sont offerts aux enchères dans le cadre de cette vente, plusieurs de leurs partenaires comme la Maison du Whisky et l’Association des Sommeliers de Paris, ainsi qu’une centaine de domaines viticoles partout en France ont aussi offert des lots d’exception.

A Bordeaux, Quentin Maydieu, de la maison de négoce LMGV Bordeaux, a su convaincre de nombreux contacts de se joindre au projet. L’entreprise Dartess a coordonné la récupération des vins et leur acheminement jusqu’aux entrepôts d’iDealwine, à Colombes. Jean-Michel Laporte du château Talbot ou encore Marielle Cazaux, du Château La Conseillante sont venus déposer leurs vins mais aussi des dons de Petrus et de Château Figeac.

Ce sont ainsi près de 1000 flacons qui sont mis en vente aux enchères de la bouteille de 75 centilitres au salmanazar (9 litres ou l’équivalent de 12 bouteilles), le produit final est estimé entre 60 000 et 100000 euros mais pourrait être dépassé. Cette vente  a débuté le 27 avril se terminera le 7 mai sur le site ideal wine.com (pour participer à la vente, il est nécessaire de s’inscrire gratuitement au préalable sur le site ). Le fruit de la vente ainsi que les frais acheteurs (19% en sus des enchères) seront intégralement reversés au collectif.

Le Collectif #ProtègeTonSoignant a vu le jour le 24 mars dernier, il est composé d’une équipe multidisciplinaire de 110 bénévoles mobilisés 7 jours sur 7. Sa mission: aider les soignants à surmonter cette terrible crise sanitaire en identifiant les besoins urgents auprès des hôpitaux pour acheter et acheminer le matériel médical dont ils ont besoin (depuis des entreprises de confiance en Europe et en Chine), en parallèle de l’action du gouvernement, car les demandes des hôpitaux restent colossales. Plus de 4, 5 millions d’euros ont déjà été collectés auprès de plus de 5000 donneurs, plus de 40 hôpitaux sont livrés quotidiennement, 4300 repas livrés aux soignants tous les jours, plus 1,6 millions de matériels achetés et livrés à plus de 50 hôpitaux. 100 demandes sont encore en attente.

Pour accéder à la vente aux enchères d’idealwine c’est par ici

Hong-Kong reporté, Vinexpo mise sur un Vinexpo Tour pour relancer le business

Ce n’est pas une surprise en soi, le salon Vinexpo de Hong-Kong déjà reporté de mai à juillet ne pourra finalement pas se tenir cet été, il est reprogrammé du 23 au 25 février 2021. Vinexpo annonce par ailleurs un nouveau dispositif pour relancer le business avec le Vinexpo Tour 2020-2021. Rodolphe Lameyse, directeur général nous explique tout dans Côté Châteaux.

Rodolphe Lameyse, le directeur de Vinexpo en février dernier à Wine Paris-Vinexpo Paris © JPS

Jean-Pierre Stahl: Rodolphe Lameyse, bonjour, on apprend ce matin que le salon Vinexpo de Hong-Kong qui devait se tenir en mai, puis reporté au mois de juillet ne pourra pas se tenir cet été, on imagine que les conditions n’étaient pas réunies ?

Rodolphe Lameyse : « La première raison est que l’espace Shengen est toujours fermé, par ailleurs en Asie on est dans une situation « stop and go », un coup on confine et on déconfine…On est obligé de faire une période de « quarantaine » quand on arrive dans le pays (15 jours dans un hôtel avant de pouvoir circuler), et de même il n’y a pas beaucoup d’avions pour sortir… Cela fait beaucoup de barrières pour préparer un salon. Par ailleurs, il n’y a pas encore une grande ouverture en Chine entre les provinces ».

« Les conditions de voyage n’étaient donc pas réunies et d’acheminement des produits non plus. Nous n’avions pas d’autre choix que de reporter. En 2020, il n’y avait plus de créneau donc on a choisi du 23 au 25 février 2021″.

JPS : « Les nouvelles dates sont proches du salon de Paris, est-ce que cela ne va pas poser de problème ? »

Rodolphe Lameyse : « Il y a toujours un moment dans une situation de crise où il faut repenser les choses: j’ai proposé une approche différente. Avec Vinexpo associé à Comexposium, on est la société la plus à l’écoute de ses clients ».

On va faire une tournée Europe, Asie, Amérique sur un mois de temps, on s’occupera de toute la logistique et du montage des stands. Quand vous êtes une marque et que vous avez envie d’être présent sur les 3 continents, vous savez que Vinexpo est là et que vous avez un savoir-faire, » Rodolphe Lameyse directeur général Vinexpo.

« C’est une opportunité, en 2021 l’activité va reprendre là où on l’a laissée en 2019, mais avec certains qui auront pris un shoot…C’est pour cela que l’on va enchaîner sur un mois, on va les prendre en charge avec le savoir-faire de Vinexpo. Il faut être les premiers et on sera les premiers. Certes c’est un moment concentré, en 2021 on sera pied au plancher pour regonfler les carnets de commande. Les acheteurs d’Asie ou des Etats-Unis ne viendront pas en Europe, c’est à nous de faire l’effort et il va falloir permettre à nos clients d’aller sur ces territoires. C’est ce que j’ai défendu devant le conseil d’administration de Vinexpo et Comexposium. C’est un plan agressif… »

« Il faut se rappeler aussi que ProWein a annulé Dusseldorf, beaucoup de clients se sont retrouvés le bec dans l’eau car pas forcément remboursés entre l’avion, la chambre d’hôtel et les frais de participation sur le salon (qui a été reporté en mars 2021). Nous, au niveau du conseil d’administration, on a dit qu’on voulait être le plus l’écoute de nos clients.L’idée n’a pas fait longtemps débat sur cette pertinence ». 

Paris et Hong-Kong côte à côte c’est un moment exceptionnel, nécessité fait force de loi, à ce jour nous avons des retours positifs de nos clients, mais on ne fera pas cela tous les ans évidemment. »

JPS : « Le salon de Shangai se tient toujours en octobre prochain ? »

Rodolphe Lameyse: « Shangai se tient toujours, du 21 au 23 octobre 2020. Les Chinois « ont l’air de gérer le Covid-19 »: tous les autres salons sont toujours proposés en Chine sur le 4e trimestre 2020.

Pas mal de clients qui voulaient aller à Hong-Kong se sont positionnés sur Shangai. Shangai gonfle : on double la taille, passant de 3500m2 l’an dernier à 6500-7000 cette année. »

JPS : « Qu’en est-il du salon de Paris en 2021 ?

Rodolphe Lameyse : « Wine Paris-Vinexpo Paris se tiendra du 15 au 17 février 2021, un salon qui s’annonce super. On a eu de bon retour et des acheteurs et des clients sur le salon de cette année en février, on devrait avoir une augmentation de l’ordre de 8% au global, les interprofessions françaises seront plus présentes, certains clients étrangers ont montré leur volonté d’y participer, on a l’espoir d’accueillir une partie des pays de l’hémisphère sud. Alors que la morosité ambiante pèse sur toute l’industrie, on essaie d’être les plus souples, plus flexibles et à l’écoute de la clientèle. On aura plus de choses sur les Off, les Tastings et l’Académie Vinexpo, avec beaucoup plus d’exposants, on va bénéficier de toutes les synergies.

JPS : « Enfin, parlons de Vinexpo Bordeaux… »

Rodolphe Lameyse : « La situation économique actuelle, le momentum des vins de Bordeaux, l’annulation de Bordeaux Fête le Vin, cela laisse des opportunités ».

On a envie de fédérer toutes les forces pour créer un grand événement à Bordeaux, avec l’aspect festif de Bordeaux Fête le Vin. En 2021, on va se recentrer sur les vins de Bordeaux.

« On fera venir les acheteurs du monde entier, mais clairement à destination des vins de Bordeaux. On travaille avec le CIVB pour faire en sorte que la filière et les vins de Bordeaux soient associés. On bosse super bien ensemble, si on m’avait dit il y a un an quand je suis arrivé qu’on travaillerait ainsi, on a fait du chemin avant d’en arriver là. Dans un moment d’adversité, on se sert les coudes, on va en sortir quelque chose de chouette ».

« C’est toute la filière qu’on veut valoriser, surtout les petits. Nous travaillons sur plusieurs axes avec bien sûr les petits producteurs et une nouvelle image des vins de Bordeaux. C’est quelque chose qu’on est en train de co-construire avec les partenaires, la filière viti-vinicole, le négoce a sa place aussi, pour ensemble remonter la pente.

« Il va falloir être unis, courageux, solidaires sur une année. On est des entreprises privés, mais il y a des moments où il faut être moins avide, travailler pour la filière et la supporter. »

LES PROCHAINS SALONS VINEXPO:

  • SHANGAI DU 21 AU 23 OCTOBRE 2020
  • PARIS DU 15 AU 17 FEVRIER 2021
  • HONG-KONG DU 23 AU 25 FEVRIER 2021
  • NEW-YORK DEBUT MARS 2021
  • BORDEAUX EN JUIN 2021
  • SHANGAI EN OCTOBRE 2021

RSS