24 Mai

La Bastane: un coup de jeune au château entre bio et oenotourisme

Anaïs Bernard et Bastien Pestourie ont acheté le château La Bastane à Rions. Un château qu’ils conduisent depuis leur achat en agriculture bio depuis 2017 et qui est certifié bio depuis le millésime 2020. Rencontre avec ce jeune couple déterminé. Un portrait à retrouver dans le prochain Côté Châteaux diffusé le 7 juin sur France 3 NOA.

Anaïs et Bastien Pestourie du château La Bastane © JPS

Au château La Bastane à Rions en Gironde, Anaïs et Bastien un jeune couple de vignerons m’accueillent sur le perron du château : « bienvenue Jean-Pierre, bienvenue à la Bastane, on accueille actuellement des hôtes en chambre d’hôtes, ils sont actuellement au petit déjeuner…  » « On voulait venir vers Bordeaux et se retrouver entourés de vignes…et pourquoi pas déguster du vin bio…tout en ayant la possibilité d’avoir une chambre d’hôtes, donc nous sommes ici depuis hier et profitons des bienfaits de la région », commente Saveria Talbot arrivée avec son compagnon de région parisienne.

« Hier soir bien sûr, ils ont fait une petite dégustation de nos vins qui sont en bio depuis 2017…On fait différents vins rouges, un blanc sec très minéral, du rosé, du crémant rosé… », ajoute Anaïs Bernard.Des vins que ces hôtes ont pu apprécier et commander avant de repartir…

Bastien Pestourie me montre alors la fabuleux panorama  : « on peut s’arrêter ici parce qu‘on comprend bien pourquoi on appelle les Côtes de Bordeaux… Nous on a voulu s’installer sur ce 1er côteau qui part de la Garonne, et qui remonte jusqu’au sommet ici...Il y a 35 millions d’années, on retrouve des traces de bord de mer ici, avec des fossiles d’huîtres, des calcaires à astéries, des graves qui ont été déposées au dessus… » Et Anaïs de montrer ce terroir très riche et complexe avec encore ces cailloux de fer, « un minerai aurait été exploité sur la propriété ces cailloux en plus de drainer ont l’avantage de maintenir la chaleur donc on a une meilleure maturité et moins de variation de température…

Conduire son vignoble en bio nécessite beaucoup de travail à la vigne et de la main d’oeuvre : « en ce moment, c’est l’épamprage, c’est la période qui est importante en bio, où on enlève à la main les pousses de vigne qui sont en trop. C’est important d’éclaircir pour que les raisins mûrissent bien, qu’ils ne  pourrissent pas et qu’ils atteignent une bonne maturité… »

S’en suit une séquence dégustation avec Anaîs et Bastien au château La Bastane: « ça, c’est un vin sans sulfite, bio, qu’on a commencé l’année dernière : naturiste, un vin parce qu’il n’a rien pour le protéger et qui est à nu, c’était aussi un clin d’oeil au Médoc, d’où je viens et où les premiers camps naturistes ont été lancés à Montalivet… »

Anaïs Bernard et Bastien Pestourie produisent à l’année 30 000 bouteilles en bio et du vin bio en vrac également. Bastien Précise, « ce vin est sans sulfite, mais on a fait aussi un gros travail sur nos autres cuvées, sur lesquelles on utilise des sulfites, mais on a baissé nos doses par 3 quasiment, en dessous des quantités limites, qui sont imposées, même en bio… »

« Bien que sans sulfite, c’est quand même un vin qui mérite un peu d’aération, c’est bien d’ouvrir la bouteille 30 minutes avant de la boire pour qu’elle s’oxygène un peu et que le vin libère encore plus d’ârômes… »

Un reportage tout en saveur à retrouver dans le Côté Châteaucx n°24 le  le 7 juin sur France 3 NOA à 20h05

 

23 Mai

Lescaneaut : Malika et Pascal Boueix, un couple de vignerons de Castillon en bio depuis plus de 10 ans

Ce couple de vignerons de Saint-Magne-de-Castillon conduit son vignoble en mode bio depuis 2009 et désormais fait le choix de la biodynamie. Je vous propose de faire connaissance avec Malika Faytout-Boueix et Pascal Boueix du château Lescaneaut qui seront dans le Côté Châteaux n°24, diffusé sur France 3 Noa le 7 juin prochain.

Pascal Boueix et Malika Faytout Boueix du château Lescanaut © JPS

« Bonjour Jean-Pierre, bienvenue au château Lescaneaut, je suis Malika Faytout-Boueix et voilà Pascal mon mari, nous sommes vignerons ici au château et en bio depuis 2009 »... Par une belle journée à réjouir les grenouilles du châteaux, ce couple de vignerons me présente leur vignoble sous quelques giboulées de mai… « Ca c’est un pied qui a été gelé cette année, là ce sont des bourgeons gelés, bizarrement les bourgeons qui sont juste à côté sont repartis, enfin cela nous arrange, donc on pensait être un petit peu plus gelé que cela mais c’est en train de repartir… » m’explique Pascal Boueix devant un pied de vigne.

Leur vignoble de 8,8 hectares est planté à 75 % merlot, 15% de cabernet sauvignon, 10% de cabernet franc. Un vignoble qui est certifié bio depuis le millésime 2009.

« Le fait d’être en bio, cela signifie zéro produit chimique, pour faire très simple. On a droit à des produits, des produits organiques, mais pas d’insecticide, pas de désherbant, en revanche beaucoup de travail du sol pour enlever les herbes… » Et de montrer ce sol vivant : « la base du vin, c’est cela, un sol grumeleux, pour avoir un sol vivant, en forme, avoir une vigne en forme, et avoir des bons raisins et quand on a des bons raisins après c’est presque facile de faire du vin… » « Depuis 20 ans qu »on fait du vin, je trouve que tout le monde s’y met de plus en plus; maintenant à Castillon, on est 25% de bios, tous les jeunes qui s’installent ont plutôt cet état d’esprit, c’est plutôt pas mal pour le futur… » Et de faire remarquer à Pascal « t’es encore jeune toi  ! » « Si je suis encore jeune, oui il me reste encore 30 à 40 ans à travailler dans les vignes, jusqu’à 90 ! Tu seras là aussi pour nous filmer peut-être  ! » Bien évidemment…

Pascal, souvent en bermuda, me fait visiter son chai qui n’a rien à voir avec ces chais clinquants que j’ai pu vous faire découvrir récemment, mais bien sûr ce n’est pas aussi les mêmes budgets : « nous on a réalisé ce chai en 2002, 2003, quand on s’est installé, on a voulu un chai très pratique…Ce sont des cuves toutes simples en ciment, mais avec une très grande ouverture d’un mètre, on mouille le chapeau d’en haut à la main, cela permet d’arroser très facilement et de faire les vinifications très facilement dans ce genre de cuves. »

Et de déguster à la barrique le millésime 2019 toujours en élevage : « nous à Castillon, on a majoritairement du merlot et donc Castillon, c’est pareil 75% de merlot, le reste en cabernet sauvignon et cabernet franc… » « C’est le 2019 là, on fait un élevage 18 mois, il y a vraiment de bons arômes de fruits noirs, un panier de fruits noirs et rouges, avec un léger toasté… C’est un vin avec des tannins déjà soyeux, avec de la gourmandise… », commente Malika.

« Lescaneaut, c’est un domaine familial, de mon côté, il y a des vignes tout autour de Lescaneaut, c’est planté sur une veine de graves, ma grand-mère, la fille de la rivière, puisqu’il y a la Dordogne juste là, elle a épousé le fils des côteaux », explique Malika dans cette vieille demeure familiale. « C’est vraiment une belle histoire de famille entre la fille de la rivière et le fils des côteaux… »

Malika et Pascal, incarnent à leur tour une belle histoire de famille, elle psychologue et lui architecte, ils se consacrent beaucoup à leur passion et mènent quasiment à eux seuls le domaine qu’ils ont orienté en bio dans les années 2000, avec une certification en 2009;  « là, on va même un peu plus loin en faisant de la biodynamie. Il se trouve qu’on fait du vin, mais les vignes ce n’est pas la priorité, la priorité c’est la maison, c’est les champs, c’est les arbres, c’est l’éco-système en fait, les vignes en font partie et donc il faut préserver cet éco-système. »

Une belle rencontre à découvrir dans le n°24 de Côté Châteaux sur France 3 Noa, le 7 juin prochain à 20h05.

20 Mai

Imaginer « la viticulture du futur », une impérieuse nécessité pour la recherche

Changement climatique, nouvelles maladies, transition écologique: la viticulture française va devoir répondre à des « défis majeurs » dans les prochaines années, ont souligné mercredi l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et l’Institut français de la Vigne et du Vin qui travaillent main dans la main à trouver des solutions. Le PDG de l’Inrae Philippe Mauguin et Bernard Angelras, président de l’IFV, ont signé un nouvel accord de partenariat pour la période 2021-2030, pour « bâtir la viticulture du futur ».

Image d’illustration © JPS

Partenaires depuis plus de vingt ans, les deux instituts comptent ainsi renforcer leur coopération en mettant « plus largement en commun leurs synergies, en mutualisant leurs connaissances, compétences et dispositifs », a souligné Bernard Angelras, président de l’IFV, lors d’une visioconférence.

Si les vignerons sont habitués à se battre contre diverses maladies affectant la vigne et à affronter les aléas climatiques, ils sont confrontés depuis quelques années à des menaces grandissantes qui devraient s’intensifier dans les prochaines décennies.

« Vigneron dans les Costières de Nîmes, je peux témoigner que les effets du changement climatique sont bien là et se font sentir depuis plusieurs années dans le vignoble », a déclaré Bernard Angelras.

ADAPTER LES PRATIQUES CULTURALES

Gel en avril sur presque toute la France, été caniculaire en 2020, épisodes de grêle répétés chaque année, inondations récurrentes: « tous ces événements montrent à quel point il est devenu impératif d’adapter nos pratiques culturales« , a-t-il dit.

Les deux instituts travaillent depuis plusieurs années à créer des cépages et des porte-greffes plus adaptés au changement climatique. En sélectionnant par exemple des variétés qui bourgeonnent plus tardivement dans l’année pour éviter les dégâts liés au gel, ou bien des variétés résistantes à la chaleur.

L’ennemi, ce sont aussi les maladies. Après des années de travail de sélection, les deux instituts sont parvenus à créer des variétés résistantes à l’oïdium et au mildiou, deux champignons bien connus, néfastes pour la vigne. Mais de nouvelles maladies se répandent, comme le virus du court-noué, et les chercheurs ont du pain sur la planche pour trouver une riposte variétale.

Parallèlement, la viticulture doit prendre le tournant de la transition écologique en réduisant notamment l’usage des produits chimiques et il lui faut s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs.

Grâce aux projections sur l’évolution des bassins viticoles français à horizon 2050, « on a des pistes pour dire aux vignerons comment ils peuvent combiner une réponse avec de l’innovation variétale, des itinéraires techniques, des pratiques de taille, des pratiques oenologiques pour avoir des vins de la plus haute qualité possible et des vignobles qui utiliseront beaucoup moins de produits phytosanitaires », a estimé Philippe Mauguin.

Avec AFP

26 Nov

Ethic Drinks, la Start-Up Bordelaise soutient les personnels soignants, en reversant à la Fondation des Hôpitaux de France

Ethic Drinks, une nouvelle boîte de « négoce vert » bordelais a décidé de reverser 100% des ventes de son site ethicdrinks.fr durant ce 2e confinement à la Fondation des Hôpitaux de France.

Ethic Drinks est une start-up bordelaise lancée en 2019 par Michaël Alborghetti, avec comme philosophie d’être « le premier négoce vert de France », en choisissant des matières 100% recyclées et recyclables. Cette boîte s’est engagée auprès de l’association WWF et de son club Entreprendre pour la planète.

« Ethic Drinks, on est à Bordeaux aux Quinconces et on existe depuis 1 an et demi », commente Michaël Alborghetti pour Côté Châteaux; « on vend des vins bio ou en agriculture raisonnée, avec une logistique et un packaging respectueux de l’environnement; on n’utilise pas de plastique, on analyse toutes les matières sèches, en minimisant le carbone au niveau de toutes les bouteilles, et notamment pour la commercialisation à l’export : on va d’ailleurs  envoyer nos vins en bateau à voile pour les USA, avec les chocolats Cemoi. L’idée c’est de pérenniser tout ce que fait le vigneron à la vigne, dans notre métier de négociant, avec toute la logistique et une partie sur internet ».

« Ce mois-ci on a décider de reverser 100% du chiffre d’affaire hors taxe à la Fondation des Hôpitaux de France, on a signer une convention de mécénat avec eux, au début on avait pensé leur donner des bouteilles, et puis on s’est dit que c’était mieux de reverser 100% des ventes ». Tous les confinés peuvent ainsi se régaler tout en faisant un beau geste. Disons que cette start-up a du nez car à l’heure où l’on parle beaucoup d’environnement, où on voit bien une sensibilisation des gens pour sauvegarder la plan!ète (qui se traduit dans les urnes comme à Bordeaux notamment): proposer des vins bios ou en agriculture raisonnée, tendre vers le zéro carbon, supprimer les pratiques, ou promouvoir pourquoi pas le vegan…ça parle à pas mal de nouveaux consommateurs ou des consommateurs qui ont le souci de préserver l’environnement.

Quant à savoir si cela marche  ? « Oui, ça marche bien, les commandes vont bien, comme on n’est pas vieux, on a créé la société en octobre 2019, on a commercialisé déjà 120 000 bouteilles », commente Michaël Alborghetti son directeur qui aujourd’hui emploi 5 personnes. Bon courage et bon vent comme on dit. Une belle initiative en tout cas.

17 Sep

HVE : le label mis en cause par Alerte aux Toxiques, Interprofession et vignerons dénoncent une interprétation fausse…

Et voici une polémique de plus, un nouveau focus sur Bordeaux… Alerte aux Toxiques a envoyé cette semaine aux rédactions une étude qui porte sur des analyses sur 22 châteaux labélisés HVE (Haute Valeur Environnementale). Des traces de résidus de pesticides ont été retrouvées, mais en quantité très faible précise le laboratoire Dubernet. CIVB et vignerons dénoncent cette nouvelle campagne qui fait suite au Bordeaux bashing de 2014 alors que des efforts ont été faits. Ils se réservent le droit de porter plainte.

Valérie Murat, d’Alerte aux Toxiques © JPS

Alerte aux Toxiques a fait analyser 22 bouteilles de domaines estampillés du label HVE pour Haute Valeur Environnementale. Des bouteilles dans lesquelles des traces de résidus de pesticides ont été retrouvées, mais en quantité très faible selon le laboratoire Dubernet joint ce matin par téléphone.

Valérie Murat, lanceuse d’alertes, qui a fait réaliser ces analyses grâce à un crowfunding qui avait rapporté 5000 euros commente : « ce que j’ai voulu montrer la réalité des pratiques et surtout alerter les consommateurs  sur ce  label  qui se voudrait équivalent à la viticulture biologique ou en biodynamie et qui en est très très loin…parce que dans toutes les bouteilles, nous avons retrouvé 4 à 16 substances actives en résidus de pesticides et des pesticides de synthèses parmi les plus dangereux, des CMR et perturbateurs endocriniens ».

Selon le laboratoire, « les teneurs retrouvés sont tout-à-fait classiques pour la zone de production et plutôt faibles, rien d’alarmant » commentait ce matin par téléphone Vincent Bouazza responsable en chimie fine. Le laboratoire Dubernet a envoyé cet après-midi un communiqué de presse où il est écrit « les teneurs en résidus dans les vins, quand nous en trouvons, sont très faibles, toujours très en dessous des LMR  (limites maximales de résidus) (en moyenne de l’ordre de 0 à 3 % selon les molécules). La situation des vins en France est donc très loin de poser des problèmes vis-à-vis des limites légales. Nous savons aussi que, en raison des progrès permanents des outils d’analyse, des teneurs autrefois non détectées le sont devenues, alors même qu’elles se situent à des seuils infinitésimaux ». 

Jean-Samuel Eynard du château Genibeau Blanchereau © JPS

Aujourd’hui les vignerons contestent l’interprétation qui est faite par Alerte aux Toxiques de cette étude, parmi les 22 vignerons en question bon nombre sont responsables de syndicats viticoles, comme Jean-Samuel Heynard, ancien président des Côtes de Bourg et depuis 2 ans président de la FNSEA Gironde: « c’est une atteinte intolérable à la réputation d’une entreprise, ces analyses, quoiqu’ils en disent prouvent une seule chose c’est que je travaille bien, ils n’ont trouvé que des produits autorisés et à des doses extrêmement faibles, puisque nous sommes entre 120 et 5000 fois en dessous du seuil autorisé », précise Jean-Samuel Eynard du château Genibeau Blanchereau.

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux encourage avec le Ministre de l’Agriculture venu en Côtes de Bourg en septembre cette certification HVE. 65 à 70% sont estampillés HVE, bio ou byodynamie en Gironde. Certes le label HVE ne signifie nullement bio, il vise à aller vers moins de traitements, la plantation de haies ou de bois en bordure de vignoble et le traitement des eaux usées. L’association Alerte aux Toxiques souligne de son côté une augmentation de l’utilisation de pesticides, notamment en 2018 de plus de 20% (année où le mildiou avait été intense, comme en 2020).

Christophe Chateau et Marie-Catherine Dufour du CIVB © JPS

« C’est l’utilisation de chiffres avec des interprétations qui sont fausses, jouer sur l’émotion des consommateurs, et puis quelque part attaquer plus de 1000 exploitations qui partent dans cette démarche sur la Nouvelle Aquitaine et plus de 5000 exploitations à l’échelle française », précise Marie-Catherine DUFOUR directrice technique du CIVB.

Le CIVB et les vignerons réfléchissent à porter plainte contre l’association à l’origine de ces analyses qui abondent dans un retour du Bordeaux bashing.

11 Sep

La question du réchauffement climatique pour le vignoble de Bordeaux : « sous le soleil exactement… »

C’est une question récurrente, qui se fait de plus en plus pressante ces dernières années. Les températures et la sécheresse sont davantage pris en compte par les vignerons et les chercheurs de l’ISVV, Bordeaux Sciences Agro et de l’INRAE. Cette année figure parmi les 3 plus précoces pour les vendanges de ces 20 dernières années.

Un printemps très doux, un été très chaud, et la vigne s’est annoncée plus tôt que de l’accoutumée, « sous le soleil exactement ». Pour les rouges, les vendanges ont démarré en Pessac-Léognan le 7 septembre et ici au château Smith Haut-Lafitte mercredi 9 septembre. Seuls 2011 et 2003 avaient enregistré des dates un peu plus précoces.

L’hiver et le printemps très chaud, avec des températures qui ont battu des records de chaleur en février par exemple 12°de moyenne au dessus de la normale ! Cet été a été aussi très chaud frôlant quelques jours les 40° à Bordeaux sans toutefois battre le record de 2019 avec 42,6°.

Ces températures et ce soleil ont eu comme effet de faire souffrir les jeunes vignes du fait de leur faible système racinaire, sans parler du phénomène de grillure sur les baies qui a pu être observé ici ou là.

Fabien Teitgen, directeur du château Smith Haut Lafitte © JPS

« Ce sont les jeunes vignes, des vignes qui ont 3, 4, 5 ans, qui marquent le plus par rapport à la sécheresse parce que les racines ne sont pas encore descendues profondément dans le sol.. » précise Fabien Teitgen directeur de Smith Haut-Lafitte.« En été on a souvent des feuilles qui jaunissent, qui ont tendance à tomber, et ensuite on a des baies qui sont toutes petites, qui manquent d’eau en fait…Sur les jeunes vignes il y a ce problème car les racines ne sont pas bien enracinées, par contre sur les vieilles vignes l’ensemble du vignoble est tout vert, les baies sont plutôt grosses cette année, on a pris 60 millimètres au mois d’août ce qui a vraiment aidé la vigne…et on voit que les vieilles vignes fonctionnent très bien ».

A Villenave d’Ornon en Gironde, à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin en collaboration à avec l’INRAE, on étudie depuis 2009 le comportement de 50 cépages par rapport à la chaleur…« Effectivement, le climat est en train de se réchauffer et la vigne est très sensible au climat, pour des questions de qualité et de rendement il faut que les viticulteurs s’adaptent à cette nouvelle situation et une des possibilités pour s’adapter à des températures plus élevées c’est de regarder quels sont les cépages qui réagissent le mieux à ces fortes températures« , explique Cornelis Van Leeuwen professeur de viticulture à l’ISVV et à Bordeaux Sciences Agro.

Dans cette optique Agnès Destrac, ingénieure d’études à L’Institut Nationale de la Recherche Agronomique, Laura Tabuteau en 2e année de master ingénieur agronome ESA et Léa Friot en Master 2 international vigne et vin, effectuent chaque semaine quelques 200 prélèvements sur les différents cépages (4 sur les 50 cépages différents) pour étudier la maturité et les jus de ces raisins en laboratoire à l’ISVV.

Avec le réchauffement climatique la maturité est de plus en plus précoce et cela n’est pas bon pour la qualité, le vin est beaucoup mieux quand les raisins mûrissent fin septembre que quand ils murissent au mois d’août, quand cela mûrit en août les vins sont déséquilibrés et vins trop alcoolisés et donc il faut malgré le réchauffement climatique maintenir la maturité fin septembre.

« Alors à l’intérieur des cépages qui existent à Bordeaux, on a un cépage relativement tardif, c’est le cabernet sauvignon, et donc une solution, c’est d’augmenter la proportion de cabernet sauvignon dans l’encépagement bordelais.Mais au delà de 2040 ou 2050 cela ne va peut-être pas suffire, et donc il faut aussi réfléchir à l’introduction des cépages encore plus tardifs qui pourraient convenir à des températures encore plus élevées au cours de la 2e moitié du siècle: on teste notamment des cépages du bassin méditérranéen qui poussent aujourd’hui dans des conditions chaudes et sèches comme un cépage portugais le tourigua nacional, c’est un cépage qui est utilisé dans la région du Douro… »

Entre le laboratoire où les maturités des différents cépages sont étudiées attentivement et la serre, la recherche avance… Ici on observe la problématique de la sécheresse sur ces jeunes plants en pots avec un système de goutte à goutte et une pesée…

« Là aussi le choix du pied de vigne et du porte greffe a son importance, car au niveau des porte greffe il y a une grande différence de résistance à la sécheresse », précise encore Cornelis Van Leewen.

Sur le terrain, les grands techniciens de la vigne s’adaptent en permanence sur le mode cultural de la vigne comme en témoigne Fabien Teitgen : « on se sent un petit peu démuni face à cela car c’est quand même une dimension qui nous dépasse, mais on a fait un certain nombre de choses« , explique Fabien Teitgen de Smith Haut-Lafitte : « par exemple ici il y a une dizaine d’années, on rognait 30  centimètres au dessus des fils du haut et des piquets pour avoir beaucoup de feuilles pour faire des bonnes photosynthèses pour avoir beaucoup de maturité de raisin… Aujourd’hui pour éviter que la vigne ne transpire, car la vigne transpire avec ses feuilles, on a réduit la hauteur et on est à une dizaine de centimètres au dessus du fil de manière à avoir moins de surface foliaire pour perdre moins d’eau. Et ensuite on utilise des tisanes de plantes comme de la camomille pour calmer des plantes qui ont des stress hydriques ».

Une chose est sûr en 2050, le vignoble de Bordeaux n’aura plus forcément la même physionomie. Tout le monde s’accorde à penser que le merlot plutôt majoritaire à Bordeaux sera supplanté par les cabernets voire d’autres cépages méditerranéens.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Ludovic Cagnato : 

10 Août

Château Guiraud : entre visite des chais et biodiversité, une expérience suave à vivre à Sauternes

Les châteaux aujourd’hui rivalisent d’ingéniosité pour charmer l’oenophile. A Guiraud, 1er cru classé de Sauternes, depuis plus de trente ans le château mise sur la nature et la qualité de ses vins. Certifié bio depuis 2011, Guiraud a une approche assez remarquable au niveau de la biodiversité sur le domaine et de l’accueil à la propriété.

De nombreuses visites oenotouristiques au château Guiraud © JPS

L’arrivée au château par cette grande allée bordée de 181 platanes invite déjà à l’évasion. Vous êtes dans un domaine qui depuis l’arrivée de la famille Planty, Xavier puis Luc aujourd’hui comme gérant (le château étant détenu par les familles Planty, Peugeot, Bernard et Neipperg), mise sur des pratiques culturales qui englobent à la fois la production viticole dans un système plus complexe de biodiversité et d’agroforesterie: le domaine de 128 hectares est bordé de bois et compte près de 600 espèces vivantes recensées.

UN VOYAGE AROMATIQUE

Ce château offre aujourd’hui une palette de visites et palette aromatique à venir découvrir: vous pouvez ainsi visiter le domaine, les chais et vous glisser dans la peau d’un « sommelier d’un instant » en dégustant la verticale de son choix : en effet, château Guiraud propose aux amateurs de choisir 3 millésimes pour une invitation au voyage et aux anecdotes.

ASSOCIATION DE METS ET VINS

Pour couronner la visite, et enrichir l’expérience, Guiraud propose des associations mets et vins du château, avec des produits de saison, fromages, charcuterie, bouchées sucrées-salées, etc…

Luc et Xavier Planty, l’histoire d’une transmission en terre de Sauternes © JPS

LA CHAPELLE POUR UNE PRIERE GOURMANDE

La découverte de ce 1er cru classé est aussi couronnée par une pause dépaysante à La Chapelle (protestante) de 1789 érigée depuis peu en restaurant, tenu par la Maison Lascombes, histoire de découvrir une cuisine bio, locale et de saison aux accents du sud-ouest, les produits provenant en partie du potager du château qui compte 340 variétés de tomates. Un moment unique à vivre depuis La Chapelle ou en terrasse avec vue sur Guiraud.

Pour tout renseignent et les offres oenotouristiques du château Guiraud : 0556766101 ou accueil@chateauguiraud.com

Retrouvez la famille Planty et château Guiraud (à 4’15) au moment des vendanges à l’automne 2019 avec ce numéro de Côté Châteaux spécial Sauternes diffusé sur NOA réalisé par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot: 

01 Août

Clos de l’Echauguette : un instant magique en bord d’estuaire en plein coeur de la Citadelle de Blaye

Magique coucher de soleil mercredi soir sur la 5e édition du Dîner du Clos de l’Echauguette à Blaye. Un moment de retrouvailles pour une centaine de convives en plein coeur de la citadelle inscrite à l’UNESCO, construite par Vauban de 1686 à 1689.  Un moment que nous relate et fait partager Michaël Rouyer, le directeur des Côtes de Blaye.

Le magique coucher de soleil sur l’estuaire et au clos e l’échauguette © Blaye Côtes de Bordeaux

« L’incontournable Dîner du Clos de l’Echauguette, micro-vignoble biologique de la Citadelle de Blaye, a eu lieu mercredi 29 juillet pour la 5e édition.

« C’est au sein du « bastion des Pères » que se niche le petit vignoble du Clos de L’Echauguette. Élément défensif placé en avant de la Citadelle de Blaye, le bastion des Pères est stratégiquement placé à l’angle du fleuve, du port et de la ville de Blaye. Accessible uniquement en franchissant un tunnel creusé sous le rempart de terre, le Clos de L’Echauguette est un lieu magique, chargé d’histoire. Planté à 100% en Merlot, ce vignoble de 15 ares seulement, bénéficie d’une situation exceptionnelle surplombant l’estuaire de la Gironde face au Médoc. Labouré à Cheval et vendangé à la main, cette cuvée est élaborée en agriculture biologique avec passion et minutie par les vignerons de l’appellation.

Mercredi, lors d’une soirée spéciale, le public a pu déguster en avant-première le millésime 2018 du Clos de l’Echauguette, pour lequel 560 bouteilles numérotées ont été produites. Elles sont désormais disponibles à la vente uniquement à la Maison du Vin de Blaye et sur la boutique en ligne de l’appellation (www.boutique.vin-blaye.com). Elevé en fût de chêne pendant 16 mois, le Clos de l’Echauguette est un vin rond, complexe et élégant qui incarne l’excellence des vins de l’appellation.

Le Clos de l’Echauguette, d’habitude comptait près de 200 convives, mais effectif réduit cette année dans le contexte que l’on connaît © Blaye Côtes de Bordeaux

« Trois vignerons de Blaye Côtes de Bordeaux (Château Haut La Valette, Château Monconseil-Gazin et Château La Levrette) étaient également présents pour faire déguster leurs vins aux 100 participants (nombre limité en raison du contexte sanitaire). »

« La soirée affichant complet n’en fût pas moins animée : pique-nique champêtre, visite commentée de la parcelle, démonstration de labour à cheval, animation musicale et jeux de lumière sur la Citadelle à la tombée de la nuit… »

Avec Michaël Rouyer, directeur de Blaye Côtes de Bordeaux

04 Juil

« Pensons local, vivons Bordeaux » : un nouveau label #Bordeauxlocal et un nouvel élan pour  » le consommer local »

Jeudi soir, les acteurs et ambassadeurs de #Bordeauxlocal présentaient au Hangar 14 cette nouvelle démarche: elle fait écho à cette prise de conscience collective durant le confinement qu’il faut retrouver des circuits courts et de vraies valeurs en promouvant les produits et richesses de nos terroirs. Un élan porté par le CIVB, l’UMIH et l’Office du Tourisme de Bordeaux Métropole.

Le #BordeauxLocal lancé jeudi soir au H14avec Bernard Farges, Julie Rambaud-Texier, Oliver Occelli de l’Office de Tourisme de Bordeaux, Camille Cabiro de Bordeaux Open Air, Nicolas Lascombes de la Brasserie Bordelaise et Carole Lecourt vigneronne du château Lecourt-Caillet © Jean-Pierre Stahl

Etait-ce prémonitoire ? Le communiqué de #Bordeauxlocal sur fond vert… et une présentation la veille de l’installation du nouveau maire vert, Pierre Hurmic… Non, m’a-t-on assuré, ce n’est qu’une ironie du sort.

Bien sûr, le consommer local, on y pense depuis des lustres à Bordeaux, avec déjà le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux qui en septembre dernier a lancé l’opération « Bordeaux Fête ses Vendanges » pour promouvoir les vins de Bordeaux dans les brasseries et restaurants de la capitale girondine, et puis il y a eu cette page créée sur Facebook avec son hashtag #Bordeauxlocal. Cela fait écho à ce sentiment partagé durant le confinement et cette crise du coronavirus de consommer localement, de retrouver des circuits courts plus vert…ueux : 

C’est un réseau d’entente entre Bordelais, on est fier d’arborer ce label, tout le monde a conscience des vertus du consommer local et envie de le développer », Astrid Deysine du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux.

« On crée ainsi un réseau consommer local et on va l’afficher, entre cavistes, restaurateurs et vignerons qui vont être fiers de l’arborer, des kits vont être distribuer au niveau des restaurants et commerces et une vidéo diffusée à partir de septembre… »

Pour Julie Rambaud-Texier, directrice du marketing du CIVB : « c’est déjà une réponse au consommer moins mais mieux, c‘était déjà une tendance avant Covid… C’est aussi donner un coup demain aux petits artisans et commerçants. A Bordeaux, on ne sait pas forcément où aller, on a des pépites, des produits alimentaires, vins et produits culturels. Ce n’est pas fléché comme tel, mais avec ce label c’est un élan commun et transverse avec influences et institutionnels. »

L’idée, c’est un élan commun pour aider les consommateurs à se repérer avec des visuels, la règle d’or est de privilégier les produits et  les gens locaux, c’est une démarche éco-solidaire » Julie Rambaud-Texier, directrice du marketing du CIVB

« On ne renonce pas à exporter du vin, mais c’est bien d’être plus fort ici aussi. Il faut qu’on envisage de partir en meute, en bande, pour mieux partir ailleurs », commente à son tour Bernard Farges.

Même si on ne vendra pas tout à Bordeaux, on doit penser ici avec des produits locaux. C’est tout sauf un replis sur soi. On travaille ici et on le dit. On croit beaucoup à ce que ce label #bordeauxlocal s’installe », Bernard Farges président du CIVB

C’est donc une plate-forme bordeauxlocal.fr avec des règles bien précises qui est lancée en ce début juillet, avec derrière une communauté solidaire et engagée et permanente avec ses ambassadeurs, et ses institutionnels avec le CIVB, l’Office du Tourisme de Bordeaux, l’Union des Métiers et de l’Industrie Hôtelière, les Commerçants Bordelais et l’Union des Cavistes de Gironde.

 Parmi les premiers ambassadeurs de ce #BordeauxLocal, on y croise Nicolas Lascombes, un poids poids lourd de la restauration à la tête de 8 restos en Gironde dont la Brasserie Bordelaise, le 7 à la Cité du Vin ou encore l’Hôtel de la Plage au village de l’Herbe…Il y a aussi Philippe Lherme maraîcher, Jérémie Ballarin du Wanted Café, Chloé Allano de la Laiterie Burdigala, Carole Lecourt vigneronne, Philippe Maurice humoriste, Camille Abiro de Bordeaux Open, Anaïs Lassalle Saint-Jean maison Meneau sirops et jus…

Je suis très fière de participer à cet événement et à ce label, je fais partie des gens qui consomment « local. J’aime bien mettre un visage sur un produit et raconter une histoire » Carole Lecourt vigneronne

Et de montrer que ce consommer local est une lutte de tous les instants : « j’ai fait virer un rosé de Provence à la carte d’un restaurant pour le remplacer par mon Bordeaux Rosé, on arrive à avoir ici aussi des rosés clairs et de qualité » explique Carole Lecourt. « Buvons Bordeaux, c’est une évidence, c’est bien que cela se sache, c’est pertinent », commente Nicolas Lascombes. « Moi, j’habite en Gironde, cela me fait plaisir d’acheter un produit de Gironde. On a laissé trop longtemps le consommateur en dehors des soirées, des châteaux ou encore de Vinexpo. On a pris le truc à l’envers, durant toutes ces années et là on est peut-être sauvé avec le truc à nouveau à l’endroit… »

D’autres bordelais ont fait preuve d’imagination et on voulu essayer de faire du local comme Isabelle et Fabrice Voyer, de FrenchDisorder, implantés à 200m de la base sous-marine et qui se sont spécialisés dans le sweet et t-shirt imprimé et sérigraphié, qui ont fait ces T-Shirts #Bordeauxlocal. Ils distribuent dans 300 pots de vente en France et à l’étranger. Même si la matière première vient du Portugal, toute la transformation se fait ici à Bordeaux.

22 Avr

Fleur Cardinale s’engage avec Reforest’action à replanter 10 000 arbres

C’est aujourd’hui 22 avril la Journée de la Planète. L’occasion pour certains de se réinventer et de réfléchir C’est le cas du château Fleur Cardinale à Saint-Emilion qui s’engage à partir du millésime 2019 à faire un geste qui participe à la reforestation: pour une caisse achetée, un arbre planté. Soit un programme de 10 000 arbres par an.

Fleur Cardinale ne cesse de faire marcher sa matière grise. Déjà au moment de la Fête de la Musique ou un clin d’oeil sur le packaging rock de son millésime 2018, eh bien à partir du millésime 2019 les Decoster ont décidé de s’engager un peu plus envers la planète en réduisant son bilan carbone global. « Parce ce que  nous devons prendre en compte le bilan carbone global de notre activité et proposer des actions concrètes pour le réduire », selon Caroline et Ludovic Decoster.

Aussi, le château s’est rapproché de Reforest’Action, une entreprise qui sensibilise et agit pour les forêts dans le monde…Et le message est assez original puisque chaque caisse vendue se traduira par le geste de replanter un arbre, soit 10 000 arbres plantés par an en moyenne. Des arbres qui seront plantés en Tanzanie où il existe un programme de restauration de la biodiversité des monts Usambara, l’un des hotspots de la biodiversté mondiale.

© Ludovic Decoster avec le projet de replanter 10 000 arbres avec Reforest’Action

Par ailleurs, le château va choisir des étiquettes éco-responsables faites à partir de papier conçu à partir de 95% de fibres de canne à sucre et 5% de fibre de chanvre et de lin, d’encre végétale et abandonnant la dorure (fini le temps de Versailles…vive le koala).

Retrouvez ici le projet du château Fleur Cardinale