17 Oct

Millésime 2014 : « « Pour moi c’est plutôt le SMILE » selon Thomas Duclos d’Oenoteam

2014 commence à faire sourire dans le Bordelais. Les retours des châteaux et des oenologues sont positifs: »smile », « happy end » ou « potentiel fruité hyper intéressant » sont les qualificatifs des châteaux du club « In A Bottle » et des oenologues d’Oenoteam associés.

Les 3 oenologues Julien Belle, Stéphane Toutoundji, Thomas Duclos © Oenoteam

Les 3 oenologues Julien Belle, Stéphane Toutoundji, Thomas Duclos © Oenoteam

Un millésime compliqué : Un printemps très difficile suivi d’un été relativement froid… Et enfin un temps incroyable avec l’arrivée de l’été indien début septembre. Un millésime où il a fallu composer avec le vignoble, un millésime très complexe à suivre sur le terrain : on a beaucoup marché dans les vignes pour déguster des baies. Un millésime très compliqué au niveau agronomique, notamment toutes les propriétés ont chamboulé l’ordre de ramassage…

Mais l’issue est « un happy end » : Une très belle matière, des taux d’anthocyanes impressionnants – il y a longtemps qu’on n’en avait vu de semblables à Bordeaux – avec un potentiel d’extraction intéressant. Les vins sont racés avec des acidités élevées car l’été a été frais (attendons les fermentations malolactiques), les tanins sont élégants et classiques, et le fruit extraordinaire – le Merlot dévoile des arômes de fraise et de fruits mûrs écrasés – car septembre et début octobre ont permis de rattraper les conditions climatiques de l’été. Et comme on n’a pas eu d’eau récemment, les raisins ne sont pas dilués. De très beaux blancs très sympas également, dotés de magnifiques notes de poire fraîche, d’abricot… Un millésime qui se situe entre 2008 et 2011, millésimes classiques à Bordeaux…

Le millésime 2014 pour Thomas DUCLOS, laboratoire OenoTeam : « Pour moi c’est plutôt le SMILE » 2014 est une super année pour les fruits en général au niveau aromatique, c’est donc normal que, lorsqu’on goûte les raisins, on trouve un potentiel fruité hyper intéressant. Le grand beau temps, avec une amplitude de 9° à 26°C a été très bénéfique, permettant de synthétiser les composés phénoliques en préservant le fruit. Tout s’est joué avec la stratégie de ramassage, savoir attendre sans prendre de risque ».

L’avis de quelques vignerons du club IN A BOTTLE : Sylvie Giraud (Châteaux La Tour du Pin Figeac et Le Caillou) Un millésime du style du 2008, des vins très noirs, beaucoup de fruit mûr. Jean Trocard (Châteaux Mancèdre, Jeandeman et Laborde) Dans les 3 propriétés aucun incident climatique, de belles couleurs, septembre a fait le moût, quota OK. Dominique Vacher (Château Grand Français) Ce vigneron qui fait le choix de produire son vin Bio seulement quand les raisins sont à la hauteur, ne ramasse en 2014 que les Cabernet Sauvignon et Franc ! à suivre. Françoise Lannoye (Châteaux Ambe Tour Pourret, Moulin de Clotte et Lanbersac) Un millésime béni des dieux, des couleurs impressionnantes ! Caroline Clauzel (Château La Grave Figeac) Très beau en couleur. Cela fait du bien après ces années pas simples, enfin une belle année !

« Saga Lurton » : Lucien Lurton, le passionné des terroirs et de Margaux

Suite de la « Saga Lurton », avec Lucien le Médocain…Moins communicant que son frère aîné André, il a toutefois réussi à reconstruire les vignobles et à se constituer un petit empire du vin. Il est passionné par les terroirs de Bordeaux et de Margaux.

Lucien Lurton et sa fille Marie-Laure © JPS

Lucien Lurton et sa fille Marie-Laure à la réception de vendange au château la Tour de Bessan © Jean-Pierre Stahl.

Lucien Lurton, c’est le deuxième fils de François et Denise Lurton, c’est aussi le petit-fils du fameux Léonce Récapet, l’aïeul qui fit fortune dans la distillerie et les apéritifs à Branne. Lucien est né en 1925, un an après André Lurton, qui vient de fêter ses 90 ans.

Lucien Lurton, est un personnage relativement simple mais difficile à approcher pour les photographes et journalistes. Ses enfants me confient qu’il y a non seulement très peu de photos de lui, mais aussi que sur les rares clichés où il s’est laissé prendre, « il fait un peu méchant ou il grimace ».

André, Lucien, Simone et Dominique enfants de Denise et Francois Lurton et petits-enfants de Léonce Récapet et © famille Lurton

André, Lucien, Simone et Dominique enfants de Denise et Francois Lurton et petits-enfants de Léonce Récapet et © famille Lurton

C’est son caractère à Lucien: c’est un taiseux et un terrien…S’il parlait peu, il n’en était pas moins attachant pour ses enfants comme pour ses employés. Alors qu’il a refusé de participer à notre « Saga Lurton », il ne nous a pas empêché de venir au château Brane-Cantenac en cette belle matinée du 25 septembre où nous l’avons croisé dans la cour du château toujours prêt à retrousser ses manches comme pour aller au travail…Il nous a poliment salué. Nous le saluons en retour en lui consacrant un magazine de 6 minutes…avec les témoignages d’Henri, Denis, Marie-Laure 3 de ses 10 enfants et de sa belle-fille Claire Villars-Lurton.

Henri Lurton, devant le château familial Brane-Cantenac © JPS

Henri Lurton, devant le château familial Brane-Cantenac © Jean-Pierre Stahl

C’est son fils Henri Lurton, gérant de Brane-Cantenac, 2e Cru Classé de Margaux qui nous fait le tour du propriétaire. Il en est aussi le propriétaire car Lucien un beau jour de 1992 a décidé de tout arrêter et de transmettre d’un coup ses châteaux à chacun de ses enfants.

Le château Brane-Cantenac a été acheté en 1925 par l'aïeul Léonce Récapet © Lucien Lurton

Le château Brane-Cantenac a été acheté en 1925 par l’aïeul Léonce Récapet © Lucien Lurton

Henri, Lurton, c’est un peu le gardien du temple, il est à la tête de ce 2e Cru Classé de Margaux, que son père avait choisi de reprendre en 1954 quand s’est fait le premier partage du patrimoine acquis par Léonce Récapet, le grand-père. Un château, un vignoble, qui a l’époque était mal en point. Non seulement, il manquait des pieds mais en prime il y eu cette gelée de 1956 qui a fini de tout achever ou presque. C’était pour Lucien une difficile entrée en matière. Henri raconte: « C’était très difficile, il était le second. Il faut se rappeler que les marchés avaient été perdus. Dans les années 50, le vignoble de Bordeaux n’avait pas redémarré. »

Lucien Lurton a fait partie de cette génération de pionniers. Il y a eu cette gelée de 1956. Il est féru d’histoire, il a retrouvé la technique du pied couché: d’un pied, il en faisait plusieurs. Il faut savoir prendre des risques et c’est ce qu’il a su faire » Henri Lurton à propos de son père.

Denis Lurton, frère d’Henri et fils de Lucien Lurton, est aujourd’hui à la tête de Desmirail, 3e Cru Classé de Margaux. Il aurait pu avoir un autre destin…Il avait fait des études de droit et comme les Lurton du côté grand-père paternel (François Lurton), il était devenu juriste: il a été avocat durant 3 ans. Puis il y a cet appel des planches, il a joué comme comédien de théâtre à Paris. Sauf qu’un beau jour ses racines se sont rappelées à lui: « Mon père a sifflé la fin de la récréation ».

Denis Lurton, l'ancien avocat, devenu vigneron, propriétaire du château Desmirail © Jean-Pierre Stahl.

Denis Lurton, l’ancien avocat, devenu vigneron, propriétaire du château Desmirail © Jean-Pierre Stahl.

En 1992, Lucien Lurton a en effet annoncé qu’il voulait leur transmettre ses châteaux. Une volonté ferme comme toujours chez les Lurton. Et ce bien que certains enfants n’avaient qu’une vigntaine d’années: ainsi Bérénice s’est retrouvée à la tête d’un 1er Cru Classé de Sauternes, château Climens à Barsac, à l’âge de 22 ans ! Denis explique que même s’il a été surpris, il était prêt: « c’est comme pour le raisin, j’étais mûr. Moi, j’ai découvert ce pays, le Médoc, en revenant de Paris et je suis devenu amoureux du Médoc.

 » Quant au partage, comment s’est-il fait avec ces 10 enfants ? » « Mon père avait organisé un tirage au sort. Au préalable, il nous avait demandé d’émettre trois voeux, mais en fait on s’est rendu compte qu’on pouvait avoir un pré-choix et c’est lui qui a fait le choix final », raconte Denis, qui ajoute:

Mon père est quelqu’un de discret, solitaire, cette transmission, c’est un très bel acte d’amour » Denis Lurton qui a hérité du château Desmirail

Depuis Denis Lurton fait fructifier son vignoble: « j’ai essayé de faire un vin tout en rondeur et amabilité. Nous nous sommes ouverts aussi à l’oenotourisme depuis 3 ans et sommes ouverts tous les jours. C’est un très beau challenge. Quant à la famille, « il y a une cohésion familiale autour de nos parents. On a gardé cette cohésion avec cet esprit de famille nombreuse avec ses défauts et ses qualités. C’est toute une vie. »

Lucien Lurton, c’est aussi et surtout cette passion des terroirs. Il est à lui tout seul une somme de connaissances et de savoir-faire. D’abord c’est un ingénieur agronome (comme le fils de Léonce Récapet disparu en 1916 à Verdun, il a prouvé à travers cette technique du pied couché, que la nature savait reprendre ses droits et que d’un genou à terre, on pouvait se relever… C’est ce qu’il a fait « avec des hauts et avec des bas » comme me le confiait Henri, mais avec cette volonté de tracer le sillon et son propre chemin. Cette volonté des Lurton de forcer le destin.

Claire Villars-Lurton, épouse de Gonzague, dans leur chai à barriques de Durfort-Vivens © JPS

Claire Villars-Lurton, épouse de Gonzague, dans leur chai à barriques de Durfort-Vivens © JPS

Il a oeuvré pour Margaux quasiment toute sa carrière, il a ainsi été président de l’appellation durant près de 20 ans. Rappelons que Léonce Récapet avec François Lurton son gendre avaient acquis 40% des parts de château Margaux, avant de les céder contre le clos Fourtet à Saint-Emilion où François Lurton (père d’André et de Lucien) a terminé sa vie. Lucien avait cette attirance pour Margaux et le Médoc, autant qu’André qui avait jeté son dévolu sur château Bonnet.

Lucien Lurton tout sourire avec les vignerons © JPS

Lucien Lurton tout sourire avec les vignerons © JPS

Lucien Lurton s’est battu contre les marchands de graviers, il a contribué à remembrer les parcelles et vignobles de Margaux » avec les viticulteurs du cru, nous raconte Claire Villars-Lurton, l’épouse de Gonzague, l’un de ses fils (actuellement aux Etats-Unis et ce pour 2 ans pour relancer un vignoble). Un dévouement pour la communauté mais aussi un sens des affaires. Il a ainsi collectionné les crus classés de Margaux: Brane-Cantenac (2e CC), Durfort-Vivens (2e CC) et Desmirail (3e CC), mais aussi des crus bourgeois (la Tour de Bessan), ce qui fait de lui le plus gros propriétaire de Margaux avec 200 ha. Il n’a cessé d’avoir ce nez creux en achetant également Bouscaut cru classé des Graves et Climens, 1er CC de Sauternes à Barsac.

Marie-Laure Lurton en pleine dégustation au château La Tour de Bessan © Jean-Pierre Stahl

Marie-Laure Lurton en pleine dégustation au château La Tour de Bessan © Jean-Pierre Stahl

Sur les 10 enfants de Lucien Lurton, 8 ont repris le flambeau et sont plongés dans le monde du vin. Marie-Laure est aussi la digne fille de son père, car elle aussi a suivi des études très poussées en oenologie (ils sont 4 oenologues parmi l’association des Lurton du Vin). Elle n’a pas de cru classé mais possède 3 domaines: la Tour de Bessan à Soussans en AOC Margaux ou encore Villegeorge en Haut-Médoc (ancien Cru Bourgeois Supérieur) et Duplessis en AOC Moulis, rien que des crus bourgeois.

Quand on goûte nos vins, il faut qu’on retrouve ce sol de Graves de Margaux » Marie-Laure Lurton

Il lui a inculqué son amour des terroirs, le respect et la libre expression du fruit: elle n’a que très peu recours aux barriques neuves pour éviter des vins trop boisés. « Pour moi la barrique, l’intérêt, c’est l’oxygénation managée des tanins, le but c’est d’assouplir les tanins au cours de l’élevage et pas de donner un goût de bois. Donc je ne mets jamais plus de 20 % de bois neufs dans mes vins. Parce qu’autrement on tue le fruit; le bois neuf est l’ennemi du fruit. »

Les Lurton du Médoc, ce sont enfin des négociants en vin: en 1993, il ont créé « Lucien Lurton et fils », devenu en 1999 « la passion des terroirs« . C’est l’une des 10 plus importantes maisons de négoce de la place de Bordeaux avec 5 millions de bouteilles commercialisées et 45 millions d’euros de chiffre d’affaire.

Aujourd’hui, Lucien Lurton et ses enfants sont classés 180e fortune en France selon le magazine Challenges, devant André Lurton et les siens classés 290e. Une réussite commune, plutôt en parrallèle, mais une passion partagée pour les terroirs.

Une saga palpitante racontée par Jean-Pierre Stahl; images Didier Bonnet, sons Eric Delwarde, Vincent Issenhuth, montage Xavier Granger, mixages Emmanuel Crémèse et Véronique Lamartinière. 

 

16 Oct

Bordeaux : la destination oenotouristique prisée de « l’été indien »

La Chambre de Commerce et d’Industrie vient de dévoiler une augmentation de fréquentation des touristes étrangers à Bordeaux de 1,6% au mois de septembre et, ce malgré la crise. Plus d’Américains, mais aussi beaucoup de scandinaves et japonais.

Visite de touristes dans le vignoble de Saint-Emilion © Jean-Pierre Stahl

Visite de touristes dans le vignoble de Saint-Emilion © Jean-Pierre Stahl

3 689 étrangers ont découvert Bordeaux le mois dernier. Les Américains ont été les plus nombreux (1 166 personnes), suivis par les Scandinaves (1 040 pers.). Sur la 3ème marche du podium, les Japonais (361 pers.) en progression de 35,7% par rapport à l’an dernier.

"Welcome to paradise !, Messieurs-Dames" © JPS

« Welcome to paradise !, Messieurs-Dames » © JPS

Ce score permet aux touristes nippons d’intégrer pour la première fois le top 3 des touristes étrangers à Bordeaux. Autre donnée issue du « Zoom Marchés lointains – septembre 2014 », le nombre de touristes israéliens (126 personnes) en progression de 44,8% pour le mois dernier.

(La CCI de Bordeaux est l’un des plus gros actionnaires de l’aéroport de Bordeaux Mérignac)

A relire l’article:

Les touristes accueillis à bras ouverts à Saint-Emilion : « welcome to paradise » !

14 Oct

« Enquêtes de Régions » sur la « dynastie Lurton »


« Enquêtes de Régions » sur France 3 Aquitaine consacre le 24 octobre vers 23h et le 25 octobre à 15h25 son premier numéro des « sagas familiales » à la famille Lurton. Cinq générations de viticulteurs qui ont marqué et continuent de faire vivre le Bordelais avec 27 châteaux et plus de 1300 ha. C’est au château Bonnet dans l’Entre-deux-mers, château familial d’où la famille tire ses racines, que France 3 Aquitaine a installé ses caméras pour entrer dans leur l’intimité.

Marc, André, Bérénice et Jacques Lurton lors de l'enregistrement de "Enqêtes de Régions" © France 3 Aquitaine

Marc, André, Bérénice et Jacques Lurton lors de l’enregistrement de « Enqêtes de Régions » © France 3 Aquitaine

Au sein du château, Eric Perrin revient sur l’histoire de la famille Lurton en compagnie de :

Jacques Lurton (fils d’André Lurton, propriétaire d’un domaine en Australie),

Marc Lurton (fils de Dominique Lurton, Château Reynier-Entre-Deux-Mers)

Bérénice Lurton (fille de Lucien Lurton, Château Climens-1er CC de Sauternes-Barsac)

L’émission sera illustrée de quatre reportages et d’interviews de membres de la famille :

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ANDRE LURTON, LE PATRIARCHE

André Lurton est l’une des figures emblématiques de Bordeaux. Petit-fils de Léonce Recapet distillateur à Branne, il a hérité des traits de son grand-père fondateur de la dynastie.

André Lurton a créé l’appellation Pessac-Léognan en 1987, après 23 ans de travail, et s’est fait le défenseur des terroirs face à la pression immobilière… Il laisse une empreinte forte tant dans ses sept châteaux que dans le vignoble de Pessac-Léognan et de l’Entre-deux-Mers.

Lucien Lurton et sa fille Marie-Laure © JPS

Lucien Lurton et sa fille Marie-Laure au château La Tour de Bessan © JPS

LUCIEN LURTON ET LE MEDOC

Lucien Lurton, quant à lui, a constitué un petit empire de crus classés et notamment à Margaux : lui et sa famille représentent 240 ha de vignoble à Margaux, propriétaires des châteaux Brane-Cantenac (2e CC), Desmirail (3e CC), Durfort-Vivens (2e CC), la Tour de Bessan (cru Bourgeois),…mais aussi de château Climens (1er CC de Sauternes-Barsac), et Bouscaut (CC de Graves). Président pendant plus de 20 ans de l’AOC Margaux, il a défendu les terroirs face aux marchands de graviers. En 1992, il a décidé de passer le relais à ses enfants. Lui et ses enfants sont aujourd’hui 180ème fortune de France selon Challenges, devant André Lurton et les siens.

Bérénice Lurton a dirigé château Climens dès l'âge de 22 ans © JPS

Bérénice Lurton a dirigé château Climens dès l’âge de 22 ans © JPS

LA RELEVE

Femmes, jeunes adultes, certains Lurton ont vite pris de l’âge et de la sagesse, propulsé(e)s aux affaires très jeunes comme Bérénice et Sophie, deux filles de Lucien Lurton. Elles ont vite pris leurs marques, épaulée pour l’une, Sophie, par son mari Laurent Cogombles, ingénieur agronome et président des Pessac-Léognan.

L’autre fille, Bérénice, a trouvé sa propre identité dans la biodynamie et le traitement par les plantes de sa vigne. Derrière, se bouscule aussi la dernière génération de Lurton, dont certains à 20 ans, sont déjà dans le milieu du vin.

François Lurton, le globe-trotter, à la tête du mas Janeil dans le Roussillon © Jean-Pierre Stahl

François Lurton, le globe-trotter, à la tête du mas Janeil dans le Roussillon © Jean-Pierre Stahl

L’ESPRIT D’ENTREPRISE

Entreprendre, un leitmotiv et un trait de caractère très fort chez les Lurton…

Thierry, fils de Lucien, a repris le château de Camarsac, vieux de 700 ans, pour se lancer dans des travaux titanesques de restauration d’une partie qui avait brûlé il y a plus de 50 ans.

Marc, son cousin et fils de Dominique, raconte comment André et Lucien étaient impatients de pouvoir hériter, en attendant la majorité de leur plus jeune frère Dominique.

Pierre Lurton, autre fils de Dominique (4ème branche des Lurton) est aujourd’hui un manager comblé PDG d’Yquem et gérant du château Cheval Blanc, deux propriétés de la première fortune de France. Il vient aussi d’acquérir, à près de 60 ans, la totalité du château Marjosse, petite chartreuse du XVIIème qu’il convoitait depuis 15 ans.

Enfin, François, comme Jacques, les fils d’André Lurton, sont partis explorer, dès le début des années 90, le nouveau monde du vin en Argentine, Chili, Australie, Portugal et Espagne. Ils se sont lancés dans les vins mono-cépages, répondant aux marchés anglo-saxons. François a été suivi en pleine vendange dans le Roussillon au mas Janeil, où il présentait sa propriété à une dizaine de nations de distributeurs et de journalistes étrangers. François Lurton a aujourd’hui dépassé le père en volume puisqu’il produit plus de 10 millions de bouteilles, le double de son père André.

Reportages réalisée par Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, Eric Delwarde, Vincent Issenhuth, Xavier Granger, Emmanuel Cremèse et Véronique Lamartinière.

« Il y a tant à découvrir »: la nouvelle campagne mondiale des Vins de Bordeaux lancée par le CIVB

Les visuels sont épurés de personnages, loi Evin oblige…Cette nouvelle campagne graphique du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, lancée ce midi depuis Bordeaux, mise sur la curiosité du consommateur avec des images de téléscope, de racines et de bouteilles stylisées. Le but est de relancer la découverte et la consommation des vins, à l’heure où Bordeaux enregistre une baisse de 8% en volume et de 16% en valeur.

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« Chaque jour, chacun de nos 6800 vignerons oeuvre pour créer son propre style », « les nuits fraîches et les chaudes journées du bordelais permettent à nos vins d’exprimer toute leur finesse et leur élégance. » ou encore « Dans la région de Bordeaux, le sol a quelque chose de magique: il offre à nos vins une variété de styles qu’on ne trouve nul part ailleurs. »

Voici les messages forts qu’adresse à la planète toute entière le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux.

Allan Sichel en direct ce midi sur France 3 Aquitaine © Jean-Pierre Stahl

Allan Sichel en direct ce midi sur France 3 Aquitaine © Jean-Pierre Stahl

C’est une rupture avec tout ce qu’on a fait précédemment pour conquérir de nouveaux marchés » Allan Sichel vice-président du CIVB

Bernard Farges, Allan Sichel et Roland Quancard ce midi lors de la conférence de presse © Jean-Pierre Stahl

Bernard Farges, Allan Sichel et Roland Quancard ce midi lors de la conférence de presse © Jean-Pierre Stahl

Ce midi à la conférence de presse de présentation des nouveaux visuels au bar à vins du CIVB, les responsables de la campagne confient : « Bordeaux est cher, trop cher. Bordeaux est trop compliqué. » C’est ce qui revient souvent aux oreilles du CIVB, parfois à tort, aussi ils ont décidé de « montrer la richesse de Bordeaux » et « finalement Bordeaux n’est pas si complexe que cela ! » dixit Allan Sichel.

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Ces affiches et visuels vont se retrouvés placardés en 4X3 m sur des panneaux d’affichages ou des murs notamment dans le métro de New-York dès le 27 octobre. Une campagne « print » dans les journaux nationaux, régionaux, dans la presse spécialisée également mais aussi « web ». Une promotion non seulement française mais aussi mondiale, avec la particularité cette fois que ce sera la même campagne, les mêmes visuels en France et à l’étranger.

Le CIVB consacre un budget conséquent, environ de 20 millions d’euros par an, à ses actions de promotion en France et à l’étranger. Une présentation de la campagne est d’ailleurs prévue dans chacun des 7 pays.

De nombreux journalistes régionaux, de la presse spécialisée, mais aussi étrangers © JPS

De nombreux journalistes régionaux, de la presse spécialisée, mais aussi étrangers © JPS

Une campagne qui vise les 7 destinations prioritaires qui sont les premiers marchés des vins de Bordeaux: la France (58% des vins commercialisés en France contre 42% à l’export), l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique mais aussi la Chine, les Etats-Unis et le Japon.

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On se souvient que lors de la dernière campagne du CIVB, les personnages dégustant du vin de Bordeaux avaient été effacés à cause ou pour respecter la loi Evin. D’ailleurs, chacune des nouvelles affiches a au bas de celles-ci la mention obligatoire: « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. »

Cette campagne intervient alors que Bordeaux respire avec son millésime 2014 qui s’annonce bon tant en quantité (5,5 millions espérés environ), qu’en qualité. Il faut se souvenir que le millésime 2013 a été épouvantable en quantité pour les viticulteurs qui pour certains n’avaient eu qu’une demi-récolte: 3,8 millions d’hectolitres produits alors que le marché a commercialisé 5,1 millions d’hectolitres sur les 12 derniers mois (chiffres arrêtés en juillet 2014).

"Evidemment, il faut être loi Evin compatible, mais elle ne nous a pas restreint." © Roland Quancard

« Evidemment, il faut être loi Evin compatible, mais elle ne nous a pas restreint. » © Roland Quancard

Il s’agit maintenant de relancer les marchés exports notamment la Chine qui a enregistré sur ces 12 derniers mois une baisse de 25% en volume. En valeur, le Royaume-Uni a enregistré -43%, la Chine -26% et les USA -17%.

La France représente 58% du marché de Bordeaux, l’export 42%. La surface de vignoble cultivée est aujourd’hui de 112 000 ha à Bordeaux.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Didier Bonnet

(Intervenants: Bernard Farges Pdt du CIVB, Roland Quancard Pdt commission promotion du CIVB et Allan Sichel Pdt fédération des maisons de négoce de Bordeaux)

Le clip de la campagne ci-dessous:

13 Oct

En exclusivité, le palmarès Trophée des Grands Crus de Graves

Il est tout chaud et vient juste de tomber. Côté châteaux à la pointe de l’info, vous offre le palmarès trophée des Grands Crus de Graves.

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GRAVES ROUGE 2011

Château de VIMONT Castres

Château d’UZA Mazères

Château MAGNEAU La Brède

VIEUX Château GAUBERT Portets

Château LA ROSE SARRON Saint Pierre de Mons

Château BRONDELLE Langon Château FERRANDE Castres Château CRABITEY Portets

Château ROQUETAILLADE LA GRANGE Mazères

Château MEJEAN Ayguemorte Les Graves

GRAVES BLANC 2013

Château FERRANDE Castres Château PONT DE BRION Langon Château BEAU SITE Portets

Château CRABITEY Portets

VIEUX Château GAUBERT Portets

Château CALLAC Illats

Château LASSALLE La Brède

Château de CERONS Cérons

Château DOMS Portets

Château HAUT MAYNE Mayne du Cros Cérons

GRAVES SUPERIEURES

Château LA FLEUR DES PINS Pujols Sur Ciron

12 Oct

Hermione: La Fayette et Jefferson lancent l’idée d’une Cité des Civilisations du Vin

A bord de l’Hermione, c’était ce samedi soir un « Jefferson and La Fayette » show…Une soirée dédiée à la Cité des Civilisations du Vin. Il faut dire que ces libérateurs de l’Amérique auraient eu cette vision « les civilisations du vin dans une immense carafe » il y a bien des années…Un joli scénario !

Accès à l'Hermione depuis le ponton d'honneur, près de la place de la Bourse, avec Peer en amorce et en tenue de soldat du Béarn © Jean-Pierre Stahl

Accès à l’Hermione depuis le ponton d’honneur, près de la place de la Bourse, avec Peer en amorce et en tenue de soldat du Béarn © Jean-Pierre Stahl

Quand les responsables de la Cité des Civilisations du Vin ont appris que l’Hermione allait prochainement accoster à Bordeaux, ils se sont dit qu’il ne fallait pas louper le coche. Sylvie Cazes, la Présidente, et Philippe Massol, le directeur, aidé de Eric Le Collen, metteur en scène et scénographe,  ont alors imaginé un abordage de l’Hermione, le temps d’une douce soirée d’octobre.

Thomas Jefferson, le marquis de La Fayette, et Alain Juppé

Thomas Jefferson, le marquis de La Fayette, Uzra Zeya n°2 de l’ambassade amédicaine à Paris et Alain Juppé, le maire de Bordeaux © JPS

Ils sont venus, ils sont tous là, ce sont les mécènes de la Cité des Civilisations du Vin, ces généreux donateurs qui vont financer au final 20 à 25 % de ce projet pharaonique. Sylvie Cazes, la Présidente de l’association de préfiguration de la Cité des Civilisations du Vin, ouvre le bal des discours…Elle tient à rendre hommage aux mécènes, ainsi qu’aux fondations franco-américaines qui vont permettre de boucler le budget de la Cité: aux USA, la fondation a vu le jour et a été acceptée par le gouvernement américain (elle est « tax exempt »).

La nouvelle fierté de la France et de son savoir-faire:  l'Hermione 2014 © Jean-Pierre Stahl

La nouvelle fierté de la France et de son savoir-faire: l’Hermione 2014 © Jean-Pierre Stahl

La fondation américaine est animée par un célèbre avocat, George Sape, associé du cabinet Epstein Becker and Green, qui a un bon réseau, et est aussi ancien Grand Maître de la Commanderie de New York. L’objectif de l’organisme à but non lucratif américain est de lever au minimum 1,5 millions de dollars pour qu’il devienne le mécène de l’auditorium de la Cité des civilisations du vin, qui portera le nom de Thomas Jefferson. La première grande soirée de collecte de fonds est prévue le 30 avril 2015 à New-York (on connaîtra le lieu exact d’ici le 1er novembre, il se pourrait que ce soit aux Nations-Unis…).

Le Marquis de La Fayette, Uzra Zeya de l'ambassabe des USA, Thomas Jefferson et Joel Maybury, consul des USA à Bordeaux © JPS

Le Marquis de La Fayette, Uzra Zeya de l’ambassabe des USA, Thomas Jefferson et Thomas Wolf consul des USA à Bordeaux © JPS

Chargée d’affaires et n°2 de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Paris, Uzra Zeya a souligné les liens importants amicaux et commerciaux, d’échanges qui existent depuis plus de 200 ans entre la France, Bordeaux et les Etats-Unis: « Thomas Jefferson (très francophile) a passé du temps à Bordeaux et a permis l’expédition des vins de Bordeaux. » « Avec le phyloxéra, les Etats-Unis ont aussi contribué à la reconstruction du vignoble de la France ». Un juste retour des Américains, après l’aide de La Fayette et des quelques 10 000 français envoyés par Louis XVI pour contribuer à l’indépendance des USA.

Thomas Jefferson et le Marquis ont imaginé "les civilisations du vin dans une immense carafe" à Bordeaux © JPS

Thomas Jefferson et le Marquis ont imaginé « les civilisations du vin dans une immense carafe » à Bordeaux © JPS

Alain Juppé qui s’apprêtait à prendre la parole à son tour a laissé le futur président des Etats-Unis Thomas Jefferson (l’un des rédacteurs de la déclaration d’Indépendance, fondateur du Parti Républicain et 3e président dans l’histoire des USA de 1800 à 1808) s’exprimer avec son ami le Marquis de La Fayette: « il n’y a pas de civilisation sans vin ! Un jour quelqu’un viendra et on verra naître ici une Cité des Civilisations du Vin » et La Fayette d’ajouter « les Civilisations du Vins dans une carafe, une immense carafe ».

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On sait dès lors qui a insufflé cette idée à Alain Juppé. Ce dernier a rendu hommage à « l’Hermione et aux Bordelais qui sont des milliers à vouloir la visiter ». « Je tiens à féliciter les initateurs de ce projet qui l’ont lancé il y a 17 ans. » « Ce rêve s’est réalisé et notre Cité des Civilisations du Vin aussi, elle est dans les temps et sera prête pour l’inauguration dans moins de 2 ans. Je voudrais remercier Sylvie Cazes, tout ceci ne serait pas possible sans votre conviction. Comme pour l’Hermione, c’est une oeuvre collective ! »

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Par vague de 20 convives, des moussaillons faisaient visiter la réplique de la fabuleuse frégate qui emmena La Fayette où Etats-Unis en 1880, après son premier voyage à bord de la Victoire en 1777. A bord de celle-ci, 80 marins (54 volontaires et des professionnels du navire-école français le Belem et du vaisseau suèdois le Götheborg) vont effectuer cette fabuleuse traversée sur les traces du marquis: une aventure de 5 mois les attend.

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L’Hermione partira pour les USA en avril 2015; une traversée d’un mois et demi est prévue sur ce navire de 66 mètres de long, 41mètres au dessus du pont, avec ses 27 kilomètres de cordage, 2200 m2 de voilure (9 cours de tennis). Alors « Bon Vent » à l’Hermione et à la Cité des Civilisations du Vin !

11 Oct

Le renouveau du Beaujolais nouveau !

Si le Beaujolais nouveau sort le jeudi 20 novembre, déjà sa nouvelle campagne de promotion vient d’être dévoilée. Cette campagne est signée par Swak, un artiste qui a déjà oeuvré pour Facebook et Google.

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Le plus célèbre primeur du Beaujolais a décidé de frapper un grand coup pour sa campagne 2014. C’est Swak, illustrateur lillois qui a travaillé pour Google et Facebook qui s’est chargé de cette nouvelle campagne de promotion.

Depuis quelques années, le Beaujolais Nouveau essaie de se dépoussiérer et redore son image à coup de campagnes marquantes, donnant au primeur des allures de mannequin ou d’objet design. Skwak, a déjà utilisé le cône de frites de McDonald’s pour apposer sa patte à l’occasion du dernier mondial de football et aussi repeint toute une boutique Adidas à Lisbonne.

Le bouteille 2014 est parée de tonneaux, de feuilles de vigne, de tire-bouchons. Le but de cette campagne : mettre à l’honneur « l’art français » au service d’un vin traditionnel « made in France ».

Le Beaujolais Nouveau sera en vente dans les bars et restaurants chez les cavistes et grande distribution à compter du jeudi 20 novembre.

10 Oct

Parkinson liée aux pesticides: les agriculteurs minimisent encore le danger

A quand une véritable prise de conscience des agriculteurs, viticulteurs, pouvoirs publics concernant les ravages des pesticides. Côté Châteaux vous propose cet article publié aujourd’hui par un de ses confrères de l’Agence France Presse pour réfléchir sur les conséquences pour la santé et le déclenchement de la maladie de Parkinson.

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © Jean-Pierre Stahl

Utilisation de pesticides dans les vignes du Médoc © Jean-Pierre Stahl

La France, premier utilisateur de pesticides en Europe, reconnaît depuis deux ans qu’une exposition prolongée aux produits phytosanitaires peut provoquer la maladie de Parkinson: un risque que ses agriculteurs minimisent tant qu’ils ne sont pas touchés.

Il y a neuf ans, le jour de son 54e anniversaire, Alain Moles apprenait qu’il était atteint de la maladie neurodégénérative de Parkinson, une « belle saloperie » que son père avait eue avant lui.  Dans la campagne idyllique du Quercy, tous deux étaient agriculteurs et traitaient les arbres fruitiers comme les vignes.
Aujourd’hui, Alain Moles a 63 ans et ne se déplace plus qu’au volant de sa camionnette entre les ceps de chasselas de Moissac de sa commune de Cazes-Mondenard (Tarn-et-Garonne). Reconnu « invalide à 100% », il ne reste pas longtemps debout, marche avec peine, a « mal aux cervicales, mal partout ».

Dans le même village de 1.200 habitants, un autre agriculteur parkinsonien est décédé en 2008, à 78 ans. « Quand mon père est tombé malade, je me suis souvenu qu’il préparait ses produits de traitement sans aucune protection, mettait la main dans l’appareil de mélange. En fin de journée, il avait encore du produit sur la peau », raconte son fils de 55 ans, Bernard Guignes, aujourd’hui technicien conseil « dans le négoce des produits phytosanitaires classiques et des traitements biologiques ».

Certes Parkinson touche environ 150.000 personnes en France et n’est pas une maladie spécifique aux agriculteurs. Ses causes sont « toujours inconnues » même si « l’hypothèse la plus plausible aujourd’hui est une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques prédisposants », explique l’association France Parkinson sur son site internet.

Mais une expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a confirmé en 2013 « une augmentation du risque de développer une maladie de Parkinson chez les personnes exposées professionnellement aux pesticides ». S’appuyant sur une synthèse d’analyses, l’Inserm évoque « un excès de risque significatif de 62% ».

A Toulouse, la biologiste Laurence Payrastre a participé à cette étude. Chercheuse au sein d’un laboratoire de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), elle étudie l’impact des mélanges de pesticides à faible dose sur la santé.
« Dans la maladie de Parkinson, on constate une mort des neurones dans la partie du cerveau qui a trait à la mobilité, explique-t-elle. Or certains pesticides sont susceptibles d’accélérer ce processus de mort cellulaire, même si la relation de cause à effet reste à démontrer ».

Au nombre des suspects, la biologiste cite deux herbicides désormais interdits en Europe, le paraquat et le roténone; certains insecticides organophosphorés dont le chlorpyrifos, ou encore des fongicides toujours autorisés, tel le Maneb dans la famille des dithiocarbamates. – 75 cas reconnus en deux ans –

En 2012, l’Etat a finalement inscrit « la maladie de Parkinson provoquée par les pesticides » aux tableaux des maladies professionnelles en agriculture.
Et au cours des deux dernières années, la France a reconnu officiellement 75 cas (dont 66 au titre du nouveau tableau), selon un bilan communiqué à l’AFP par la Mutualité sociale agricole (MSA).
En 2010 et 2011, seuls neuf cas avaient été reconnus individuellement par les experts des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles. « On ne sait pas dire actuellement si ce nombre (de 75 cas en 2012-2013, ndlr) est en décalage avec la réalité », dit le dr Michel Gagey, médecin chef de l’échelon national de santé-sécurité au travail, et directeur de l’Institut national de médecine agricole (INMA) à Tours. C’est normalement à la victime de faire une déclaration de maladie professionnelle, incitée par le corps soignant, rappelle-t-il. « Mais la France est un pays où il existe une sous-déclaration collective globale de toutes les pathologies en milieu professionnel, et pas seulement dans le milieu agricole ».

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Plus ou moins bien informés, souvent dans le déni, les agriculteurs restent nombreux à minimiser les dangers des substances qu’ils emploient contre les insectes ravageurs, les champignons et autres mauvaises herbes…
Dans le seul département du Tarn-et-Garonne, l’association France Parkinson compte une quinzaine d’agriculteurs malades parmi ses 120 adhérents. « Il s’en déclare de plus en plus parce qu’ils ne se sont pas protégés suffisamment », constate la présidente départementale de l’association, Marie-Nuria Falguieres, médecin du travail retraitée.« Mettre un masque, une combinaison, ça les gêne pour travailler et les agriculteurs se disent « pour un jour, allez, ce n’est pas la peine ». Mais un jour plus un jour plus un jour… Ils ne veulent pas comprendre que ça finira mal pour eux, qu’ils auront des neurones détruits pour toujours », insiste Mme Falguieres.

A Cazes-Mondenard, Bernard Guignes assure voir encore « beaucoup d’agriculteurs qui traitent à temps perdu, vite fait, sans masque, sans gants, sans cabine, parfois la cigarette au bec ».  Cet ancien agriculteur évoque un « milieu agricole très conservateur qui ne change pas volontiers ses pratiques » mais aussi « le bourrage de crâne fait par certains syndicats et médias » alors que la nouvelle loi d’avenir de l’agriculture (adoptée en septembre) interdit désormais aux industriels de l’agrochimie de faire la publicité des pesticides auprès des professionnels ou dans la presse agricole.

Reste que dans les fermes, on se demande bien pourquoi tel agriculteur tombe malade et pas tel autre. « On n’est pas égaux devant la maladie », répond Alain Moles, convaincu
qu’il peut y avoir « un terrain (génétique) favorable avec l’hérédité, peut-être un facteur psychosomatique, et surtout une sensibilité aux produits ».  « J’avais un voisin qui traitait sans aucune protection, il disait que ça ne lui faisait rien et c’est vrai qu’il était solide, il est mort d’un accident de tracteur », relève-t-il. « Moi je portais un masque, je traitais à l’abri d’un cabine. Mais la protection n’est jamais complète. Et puis, tant qu’on n’est pas malade, on n’est pas concerné, voila… »

En 2005, quand le diagnostic est tombé pour lui, il s’est dit: « ou j’arrête l’agriculture ou je me flingue ou je change de pratiques ». A la fin de l’année, son frère et lui étaient passés à l’agriculture biologique.  – cancers de la prostate, leucémies –
Désormais invalide, il milite aux côtés de ceux qui dénoncent « les effets hautement toxiques des pesticides sur la santé humaine ».

A Limoges, le dr Pierre-Michel Perinaud a lancé l’an dernier un appel intitulé « Pesticides: l’alerte des médecins de France métropolitaine et des Antilles », signé par 1.400 confrères. « Devant l’accumulation des preuves scientifiques », ces médecins demandent à l’Etat de créer de nouveaux tableaux de maladies professionnelles agricoles pour d’autres pathologies en lien avec l’exposition aux pesticides: les cancers de la prostate (constatés notamment dans les bananeraies aux Antilles)
ou certains cancers hématopoïétiques.
Ils insistent aussi pour « que toute personne travaillant en milieu agricole dispose d’un livret individuel personnel où seront consignés les noms des divers produits employés, leurs quantités et leurs dates d’utilisation ». Un historique qui ferait progresser la recherche sur les produits comme la santé publique.

Agence France Presse – LBX

Attention à la drosophile japonaise, le tout dernier fléau de la vigne en Alsace

Les vendanges sont presque terminées, c’est l’heure des premiers bilans et notamment du constat des ravages de la drosophile japonaise. Cette petite mouche a fait son apparition en masse cette année, s’attaquant aux raisins rouges.

Le nouveau fléau de la vigne alsacienne © France 3 Alsace

Le nouveau fléau de la vigne alsacienne © France 3 Alsace

Ravagées par la drosophile japonaise, les grappes de pinot noir n’ont pas pu être ramassées par les vendangeurs notamment chez Didier Pettermann à Dambach-la-Ville dans le Bas-Rhin: entre 30 et 40 % de pertes.

On s’est fait un peu surprendre. On avait eu vent que nos collègues suisses et allemands avaient eu un peu cette problèmatique dans leurs vignobles. On était exempt de cette drosophile mais fin août elle a commencé à s’installer sur nos parcelles » Didier Pettermann, viticulteur.

Les fameux cépages pinot noir et le gewurtztraminer ont été particulièrement touchés. Une invasion qui va porter un coup sévère à ce millésime 2014 en quantité. Jusqu’à 40% de perte sur certaines parcelles. Les viticulteurs alsaciens espéraient produire 1,7 millions d’hectolitres, ils ne seraient pas sûrs d’atteindre le million.

Un coup dur pour la viticulture alsacienne dont les stocks sont déjà au plus bas.Le problème n’est pas réglé, aucune solution efficace n’a encore été trouvée. Les vignobles de Bourgogne, Champagne et de Bordeaux pourraient aussi être infestés prochainement.

Selon l’INRA, « elle mesure de 2 à 4 millimètres, de couleur jaune brunâtre à jaune orangé avec des yeux rouge vif, la mouche Drosophila suzukii est originaire d’Asie. Appelée aussi drosophile à ailes tachetées, l’insecte ravageur est désormais présent sur notre territoire et menace nos vergers et productions de baies. Les recherches en cours pour lutter contre ce ravageur s’orientent vers une combinaison de méthodes respectueuses de l’environnement incluant la lutte biologique ». La drosophile « suzukii » devient un réel fléau pour les rouges et pour les viticulteurs !

Avec France 3 Alsace.

Reportage de France 3 Alsace de G. Fraize – Y. Ledig – E. Horrenberger. (Intervenants:  Didier Pettermann, viticulteur – Raymond Lehmann, arboriculteur amateur – Christophe Brua, entomologiste)