26 Nov

Stéphane Derenoncourt : on the road again !

Il est sur toutes les routes de France et tous les chemins viticoles du monde. Son parcours atypique dans la sphère viti-vinicole se résume dans un livre « Wine On Tour ». Un ouvrage rythmé rock où l’on découvre ce personnage qui s’est lui-même façonné tel un cep, avec sa propre sève mais aussi de la puissance, des courbes et de la générosité, bref de l’authentique. 

Stéphane Derenoncourt dans ses vignes du Domaine de l'A avec Chrsitophe Goulard photogrphe © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Derenoncourt dans ses vignes du Domaine de l’A avec Christophe Goussard © Jean-Pierre Stahl

Séquence shooting photo dans les côtes de Castillon. Ce n’est pas une rock star mais le vigneron-consultant Stéphane Deroncourt qui se fait photographier par Christophe Goussard. Ce dernier, photographe indépendant, le suit depuis 1999. Il a connu le propriétaire du Domaine de l’A à Sainte-Colombe depuis ses premières vinifications sur la propriété et aujourd’hui il vient de sortir sur cet autodidacte de la vigne  un bel ouvrage agrémenté de superbes photos, co-signé avec Claire Brosse, journaliste, pour les textes : « Wine On Tour ».

Tous deux s’arrêtent devant une petite masure en pierre avec une porte verte qui rappelle des souvenirs à Stéphane Derenoncourt, lorsqu’il a sorti son premier millésime :

DERENONCOURT 021

« Ce chai, c’est le chai des débuts, on n’avait que 2 hectares et demi à l’époque…(aujourd’hui le Domaine de l’A compte 11 ha) Il y avait dans cette partie 4 cuves, 2 cuves béton et 2 petites cuves bois, et dans l’autre partie on avait imaginé un chai à barriques, donc chaque centimètre carré était exploité, ça a été une horreur pendant 5 millésimes quand même ! » La vrai cave sera construite à partir de 2003 attenante à sa salle de dégustations.

DERENONCOURT 013

« Notre première rencontre date de 1999, année où il a acheté le domaine, je faisais pour lui un portrait pour l’Amateur de Bordeaux, une revue spécialisée dans le vin. Cette rencontre a été déterminante car il m’a tout de suite proposé de suivre les quatre saisons sur le domaine », explique Christophe Goussard, le photographe co-auteur du livre. « Ca a été un bon terrain de jeu et puisque mon travail lui a plu, on a récidivé année après année, avec ses portraits pour la presse et tout le travail de la vigne, et puis la construction du chai en 2004-2005 que l’on retrouve dans le livre. Au-delà d’une amitié et d’une complicité, c’était de photographier tout ce qu’il mettait en place et venir régulièrement sur le domaine. Il est difficile à suivre parce qu’il a un emploi du temps millimétré, donc il n’ y avait pas que lui tout le temps mais aussi la vie d’équipe car j’ai vu arriver un à un tous les gens qui travaillent avec lui, qu’il a recrutés au fur et à mesure. »

Véritable self-made-man Stéphane Derenoncourt aime à dire qu’il doit beaucoup à l’observation des choses sur le terrain: « L’observation, oui, je ne sais pas si c’est une force, c’est pûtôt un ADN, une philosophie de production et un credo. »

DERENONCOURT 051J’aime bien l’idée que le vin doit ressembler au lieu où il est produit, et pour cela ça demande une certaine connaissance des sols », Stéphane Derenoncourt

Et d’ajouter: « Pour l’identité du vin, il y a deux choix possibles: soit l’identité du vinificateur qui va marquer par une vinification, par un choix de barriques, par un élevage ou il y a un choix vigneron, je dirais, où l’identité du vin doit se faire par la connaissance des sols. Quand on observe un sol, on sait déjà quel type de vin on peut produire. Ici par exemple, on est sur un substrat argilo calcaire, on est vraiment sur une couche d’argile assez fine, de belle qualité, posée sur une table de calcaire. L’argile, ça va donner la force, ca va donner la douceur, la puisssance…et quand on parle de tout cela et de maturité on parle d’un monde un peu sucré…et le calcaire lui va apporter une notion de fraîcheur, de salinité qui sera souvent confondu avec une notion d’acidité d’ailleurs.

Dans son chai à barriques du domaine de l'A, avec Christophe Goulard, Frédéric e(t Stéphane DErenoncourt © Jean-Pierre Stahl

Dans son chai à barriques, avec Christophe Goussard et Frédéric Massie © Jean-Pierre Stahl

C’est cette magie entre ce monde sucré et ce monde salé, entre ce monde de rondeur et un peu plus élancé, quand on les marie tous les deux, c’est vraiment l’identité argilo-calcaire. »

Dans son chai à barriques, Stéphane accompagné de Frédéric Massie, l’un de ses 3 associés chez Derenoncourt Consultants (avec Julien Lavenu et Simon Blanchard), explique sa conception du consulting et comment il permet aux vins de donner leur meilleure expression :

Stéphane Derenoncourt et Frédéric Massie son associé de Derenoncourt consultants © JPS

Stéphane Derenoncourt et Frédéric Massie son associé de Derenoncourt consultants © JPS

On recherche l’identité du lieu et la singularité. Il ne faut pas tomber dans le piège, quand on est consultant et quand on fait beaucoup de domaines, de trouver la recette et de la reproduire un peu partout, ça serait une catastrophe et en plus ça serait très ennuyeux. »

DERENONCOURT 054Et Dieu sait que Stéphane Derenoncourt parcourt la planète, puisqu’aujourd’hui il est consultant dans 17 pays pour 120 domaines, dont les plus étonnants se situent en Inde ou en Syrie… Il passe aujourd’hui presque un quart de son temps en dehors de chez lui, entre ces domaines à l’étranger, dans les autres régions viticoles de France (Chablis, Languedoc-Roussillon), ou ces derniers temps pour la présentation de Wine On Tour. C’est cette sensation d’être constamment en tournée qui lui a donné l’idée (avec Christophe Goussard et Claire Brosse aussi) de « Wine On Tour », une biographie, comme lui atypique, de toute beauté et en sensibilité, où il se livre entre deux ou trois morceaux de rock qui ont jalonné sa route : ces airs de Tom Waits, les Stones, les Clash, les Doors, ou encore Iggy Pop (qui lui a gentiment préfacé le livre), il les avaient constamment dans la tete ou le soir quand il retrouvaient des copains, parfois pour un boeuf…

Stéphane Derenoncourt chez Paul Barre à Fronsac © JPS

Stéphane Derenoncourt chez Paul Barre à Fronsac © JPS

L’eau a coulé sous les ponts et le vin aussi d’ailleurs, depuis son premier job en 1985 chez Paul Barre, ce viticulteur, lui aussi atypique, qui exploite le château la Grave en Fronsac et Canon-Fronsac en bio-dynamie (depuis 1990) : « il y a eu la rencontre, on est dans le domaine de la sensibilité, j’ai ressenti que, la manière avec laquelle je percevais le vin, on allait pouvoir s’entendre. »

PAULBARRE30 ans d’amitiés, de complicité et de respect mutuel. Paul Barre a su faire confiance à ce talent caché et surtout « le laisser partir ». Un talent, qui au long court, s’est révélé comme le vin : mieux qu’une étiquette, un nom, Stéphane Derenoncourt !

« Wine On Tour Derenoncourt un homme, un groupe » par Claire Brosse, Stéphane Derenoncourt et Christophe Goussard aux éditions la Fabrique de l’Epure

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, Erid Delwarde, Karine Durandet et Véronique Lamartinière:

17 Oct

Et Olivier Dauga lança le Haka des vignerons !

Les All Blacks n’ont qu’à bien se tenir, ils vont être all dégoûtés ! Les petits bras néo-zélandais ne vont pas faire le poids face à nos frenchies pour ces quarts à Cardiff…c’est Olivier Dauga, consultant en vins, qui le promet. Un grand bravo de Côté Châteaux au Faiseur de Vin, Olivier Dauga qui vient de lancer avec ses copains le Haka des Vignerons. Ca déchire !

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Le Haka des Vignerons © Isabelle Le Sueur

« Les rumeurs couraient la semaine dernière..Olivier Dauga passait-il une fois encore pour un ahuri… Et bien oui! A l’occasion de la coupe du monde 2015, cet homme rugby vocifère le Haka des vignerons, en soutien à notre si belle équipe de France, et à l’affrontement imminent de ce samedi!
Nous vous laisserons juger de notre Ka-Mate…

Tous nos remerciements vont au Château Cantinot et à la prestigieuse équipe des danseurs du Ka-Mate.

Vive le XV, vive le vin et vive la France!

Le Faiseur de Vin » 

Regardez « le Haka des Vignerons » réalisé par Clictoudev Frederic Jouffrau, avec Olivier Dauga et ses amis vignerons au château Cantinot en Blaye Côtes de Bordeaux :

27 Sep

Un vignoble dans la ville : le nouveau feuilleton sur le château Pique Caillou à suivre dès lundi…

C’est une nouvelle série que vous proposent France 3 Aquitaine et Côté Châteaux. Un focus sur le château de Pique Caillou à l’heure des vendanges. Un château en plein coeur de Mérignac et de l’agglomération bordelaise, cerné par la ville, les axes routiers et le bois du Burck. Rendez-vous dès lundi 28 septembre dans l’édition de France 3 Métropole et sur le blog du vin avec la famille Calvet, propriétaire de Pique Caillou.

Paulin Calvet, propriétaire du château Pique-Caillou vous fera vivre ces vendanges 2015 en plein coeur de Mérignac © Jean-Pierre Stahl

Paulin Calvet, propriétaire du château Pique Caillou vous fera vivre ces vendanges 2015 en plein coeur de Mérignac © Jean-Pierre Stahl

Ce lundi vous allez vivre au rythmes des vendanges bucoliques au château Pique Caillou, 22 ha de vignes, en appellation Pessac-Léognan. Un vignoble dans la ville où le bruit des sécateurs et les appels des porteurs tranchent des klaxons et des bouchons à l’heure de l’embauche pour tous ceux qui passent devant la propriété pour se rendre au travail…

Caviste et serie Pique Caillou 182Ce premier volet vous fera découvrir qui sont ces vendangeurs habitués ou non venus couper ces grappes de merlot, ainsi que leurs encadrants, vous ferez connaissance aussi avec Paulin Calvet, un nom qui parle dans le bordelais puisqu’issu d’une famille de négociants, un vigneron aujourd’hui très présent dans sa vigne.

Amandine Morillon, maître de chai, avec Paulin Calvet dans le chai à barriques de Pique-Caillou, filmés par Guillaume Decaix © Jean-Pierre Stahl

Amandine Morillon, maître de chai, avec Paulin Calvet dans le chai à barriques de Pique-Caillou, filmés par Guillaume Decaix © Jean-Pierre Stahl

Puis ce sera le retour de vendange au chai avec Amandine Morillon, l’une des rares femme maître de chai dans ces propriétés du bordelais, avec une dégustation du 2014 en plein élevage dans le chai à barriques.

Pique-Caillou est l'un des 6 derniers châteaux viticoles à avoir résisté à cette poussée urbaine à l'intérieur de la rocade de Bordeaux © JPS

Pique-Caillou est l’un des 6 derniers châteaux viticoles à avoir résisté à cette poussée urbaine à l’intérieur de la rocade de Bordeaux © JPS

Le troisième épisode vous montrera le combat de Paulin Calvet face à la poussée urbaine avec notamment la construction de la voie de desserte ouest qui traverse son domaine, le fait qu’il ne reste plus que 6 domaines viticoles à l’intérieur de la rocade de Bordeaux et finalement la vie paisible de cette chartreuse du XVIIIe qui continue avec l’élaboration de ses vins de Pessac-Léognan.

Jean-Pierre Stahl et Paulin Calvet © Guillaume Decaix

Jean-Pierre Stahl et Paulin Calvet © Guillaume Decaix

Enfin, nous verrons que Pique Caillou est très apprécié des promeneurs du Bois du Burck qui longe le domaine; de nombreux joggeurs, marcheurs ou vélos se promènent dans le bois juste à côté: un joli dépaysement et une harmonie où se rejoignent promeneurs et propriétaires qui élaborent un joli vin sur ce terroir de graves.

« Pique Caillou, un vignoble au coeur de la ville »: un feuilleton en 4 épisodes à 19h17 sur France 3 Bordeaux Métropole, de lundi 28 septembre au jeudi 1er octobre, réalisé par Jean-Pierre Stahl, Guillaume Decaix, et Charles Rabréaud

13 Août

« Sauternes, capitale des meilleurs vins blancs du monde »…la renaissance

C’est un joyau du patrimoine de Sauternes. L’office de dégustation en plein centre du village a été réhabilité dans les règles de l’art. Tous les touristes du monde entier qui se sont pris en photo Kodak devant vont pouvoir renouer avec des selfies sur smartphones. Le temps passe, le patrimoine reste !

Une maison légendaire qui vient de renaître © Jean-Pierre Stahl

Une maison légendaire qui vient de renaître © Jean-Pierre Stahl

Côté Châteaux tire son chapeau à Didier Galhaud, collaborateur de Xavier Planty à château Guiraud, et à René Damême, artiste peintre. Ces deux-là viennent de ressuciter l’ancienne bâtisse qui trônait fièrement au coeur de Sauternes, mais avec un passé derrière elle.

Didier Galhaud et René Damême, devant leur "bébé" © Jean-Pierre Stahl

Didier Galhaud et René Damême, devant leur « bébé » © Jean-Pierre Stahl

Aujourd’hui l’Office de Dégustation de Sauternes recouvre un nouvelle jeunesse. Les lettres sur la façade ont été repeinte à la main par René Damême, artiste peintre à Sainte-Croix-du-Mont à l’identique avec ces messages qui à l’époque avaient de quoi interpeller le touriste: « Sauternes, capitale des meilleurs vins blancs du monde » puis en dessous « Office de Dégustation, documentations touristiques ».

Sauternes et LGV 029J’ai essayé de repeindre à partir d’anciens documents, de refaire à l’identique cette façade de 1930″, René Damême, artiste peintre

L’Office de Dégustation a vécu de grandes heures et animé le centre du village de Sauternes

L’idée de restaurer cette vieille bicoque dont on ne savait ce qu’on pouvait en faire est à mettre au crédit de Didier Galhaud, responsable administratif et commercial de château Guiraud (très proche collaborateur de Xavier Planty), mais aussi neveu de Jean-François Galhaud à Saint-Emilion :

On va faire une maison d’hôtes avec 4 hébergements et on va refaire une maison de dégustation et d’accords mets et vins autour du Sauternes », Didier Galhaud propriétaire

Didier Galhaud, le propriétaire, René Damême, artiste peintre, et Xavier Planty, le président de l'ODG Sauternes-Barsac © Jean-Pierre Stahl

Didier Galhaud, le propriétaire, René Damême, artiste peintre, et Xavier Planty, le président de l’ODG Sauternes-Barsac © Jean-Pierre Stahl

Et d’ajouter fièrement:  « on aura nos premiers clients le 17 septembre. Ma femme Pascale a suivi des cours de cuisine et a décroché un CAP de cuisine l’an dernier. C’est un projet qu’on a nourri tous les deux. »

Sauternes et LGV 021

C’est tout naturellement qu’ils ont ainsi repeint de lettres couleur bordeaux et vieil or cette vieille bâtisse (elle-même restaurée à la chaux). Un travail d’orfèvre mené de main de maître par René Damême.

Vive le passé de Sauternes, vive son nouvel office de dégustation !

02 Août

2 ans après la grêle du 2 août 2013, Olivier Cadarbacasse se relève doucement en faisant preuve d’imagination…

Il y a 2 ans, jour pour jour, un orage de grêle déferlait sur l’Entre-Deux-Mers et sur les Côtes de Castillon. Plus de 1500 viticulteurs étaient touchés en Gironde sur près de 15000 ha, dont 7000 ha ravagés à 80% selon la chambre d’agriculture. Olivier Cardarbacasse, du château Moulin de Beauséjour à Saint-Jean-de-Blaignac a fait preuve d’imagination pour se relever :il a lancé un site de vente en ligne, en proposant des échantillons de vin à déguster avant d’acheter. C’est le vigneron du mois !

Véronique et Olivier Cadarbacasse se relèvent doucement de l'orage du 2 août 2013 © Jean-Pierre Stahl

Véronique et Olivier Cadarbacasse se relèvent doucement de l’orage du 2 août 2013 © Jean-Pierre Stahl

Olivier Cadarbacasse se rappelle ce très mauvais souvenir, où ce jour là il ne pouvait quasiment plus parler, alors qu’il a un bon bagout d’ordinaire : »en un peu plus de 10 minutes, on a perdu plus de 90% de notre récolte, c’était inattendu, un phénomène énorme auquel on n’était pas du tout préparé !  A ce moment là, les vignes étaient complètement hachés, il n’y avait plus de feuille, plus de grappe, c’était presque un paysage lunaire… Ca a été très dur moralement, on avait deux choix : sombrer totalement ou rebondir, et on n’a pas lâcher, on a créé un site de vente sur internet pour nous relancer. »

Et pourtant, Olivier Cadarbacasse, originaire de la Réunion et dont les parents étaient viticulteur en Bergerac, aime les défis. Après un début de carrière dans la finance, il s’est finalement tourné avec son épouse en 2002 vers la viticulture, par amour du vin et pour changer de vie. Il se sont lancés dans un joli projet en achetant le château Moulin de Beauséjour en Bordeaux Supérieur, puis 3 ha en Saint-Emilion en 2007 (château Beauséjour les Maurins); « on commençait à sortir la tête de l’eau depuis 2002, et dans les années 11 et 12, ça commençait à payer… » mais en 2013, ce fut la catastrophe avec cet orage de grêle.

Véronique avait les "jambes coupées" devant ce spectacle de désolation © Olivier Cadarbacasse - 3 août 2013

Véronique avait les « jambes coupées » devant ce spectacle de désolation © Olivier Cadarbacasse – 3 août 2013

Véronique Bogenez, sa compagne, Lorraine d’origine, confirme : « les jambes coupées quand on voit ses vignes dévastées, on a mis un an à les travailler par passion, et là vous voyez tout qui est par terrre et vous  n’arrivez plus à avancer, ça a été très très dur. Ce qu’on pense, c’est que la 1ère année vous n’avez plus de récolte, tout est perdu, mais la 2ème année, vous n’avez plus que 50% de la récolte et la 3ème année on voit encore des effets de la grêle : non pas au niveau de la qualité, mais au niveau du volume car les quantités sont encore faibles… »

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35 vignerons ont adhéré à son site et à son concept © JPS

Pendant 6 mois, ils se sont demandés s’ils allaient s’en sortir, et en encore heureux qu’ils étaient assurés, sinon la situation aurait été désastreuse. Si les conséquences étaient difficiles (car ils perdaient momentanément le marché américain où ils avaient percé), Olivier s’est tourné vers la Réunion (dont il est originaire) et a lancé « allé di partout » (faites le savoir autour de vous), et la solidarité a joué… Il a percé ce marché puisqu’il commercialise 60000 bouteilles là-bas sur une production habituelle de 200000.

Par ailleurs, le couple  a eu cette idée insolite de proposer sur internet un site en ligne original: un site de vente où l’on peut goûter avant d’acheter. Le concept est simple, ils proposent aux consommateurs de faire connaissance avec 35 vignerons partout en France, et s’ils le souhaitent de se faire envoyer des échantillons…

Olivier et Yannick devant le site www.unvindeproducteur.com © JPS

Olivier et Yannick devant le site www.unvindeproducteur.com © JPS

Yannick Fournier, du château de Bonhoste également à Saint-Jean-de-Blagnac, a de suite adhéré au concept :  « C’est vrai que l’orage de grêle a mis un coup au moral à tous les viticulteurs… Olivier a su rebondir en créant un site internet et pouvant déguster ces vins avant de les acheter, c’est une idée à laquelle j’ai adhéré tout de suite ! C’est une très très bonne idée. On travaille depuis 1 an, et on a déjà 1 joli recul, j’espère que ca va progresser. Quand on vit ce moment très difficile, il faut vraiment s’unir pour se ressouder, on habite à quelques kilomètres  l’un de l’autre… » Yannick Fournier, y a vu aussi un bon moyen de se faire connaître et faire découvrir son activité annexe: il fait des chambres d’hôtes dans des foudres…

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Véronique Bogenez – Cadarbacasse avec ces échantillons vin des châteaux en WIT © JPS

« Quand on a créé le site, on s’est dit qu’il fallait se différencier et on peut goûter avant d’avant d’acheter, ça se caractérise par des petits échantillons comme ceci:  des Wit (Wine In Tube) sous environnement protégé (l’azote, gaz inerte permet de ne pas oxyder le vin) . L’avantage, c’est que le client peut commander des échantillons sur internet, il les reçoit par la poste, ensuite il peut les déguster tranquillement chez lui, et si le vin lui convient, il commande les bouteilles sur notre site. »

La solidarité a joué avec l'île de la Réunion où sa cuvée a fait un tabac © JPS

La solidarité a joué avec l’île de la Réunion où sa cuvée a fait un tabac © JPS

Evidemment les échantillons ne sont pas gratuits, c’est à partir de 3€, mais si les consommateurs passent commande ils pourront déduire le prix du ou des échantillons. Pas mal, non ?

Moulin de Beauséjour Cadarbacasse 026

Après un an d’existence, le site compte déjà plusieurs centaines de clients et continue sa progression. Quant aux époux Cadarbacasse, le ciel commence à s’éclaircir pour eux: « après 2 ans de passage a vide après la grêle, l’exploitation repart très bien, on a recouvré des marchés à l’export aux USA et on a conservé le marché à l’île de la réunion qui a énormément progressé et d’un autre côté on a les débuts du site qui sont très encourageants… »

Un coup de chapeau à ces vignerons qui se démènent et une pensée particulière à tous ceux qui ont subi ces orages de grêle.

Pour en savoir plus sur leur site: www.unvindeproducteur.com

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet et Xavier Granger

28 Juil

Bernard Magrez va se séparer de ses petits châteaux du Bordelais, il se « repositionne dans le luxe » avec en perspective l’achat d’un 5e cru classé à Margaux et « joue à fond l’avenir du tourisme à Bordeaux »

« L’homme aux 40 châteaux », Bernard Magrez, le seul à détenir 4 crus classés à Bordeaux vient de confirmer à Côté Châteaux sa volonté de vendre progressivement ses petites propriétés viticoles de Bordeaux, à l’exception de ses 4 crus classés. Il compte bien acquérir un 5e, voire un 6e cru classé à Bordeaux, et pourquoi pas « un Margaux ». Il est l’invité de Parole d’Expert.

Bernard Magrez, lors de Vinexpo 2015 à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Bernard Magrez, lors de Vinexpo 2015 à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl: « Bonjour, Monsieur Magrez, le microcosme bordelais bruisse de cette nouvelle qui veut que vous vous séparez de vos châteaux du bordelais. Est-ce exact ? Combien en avez-vous déjà vendu et ces ventes vont-elles se poursuivre ?

Bernard Magrez: « Tout d’abord le pourquoi de la vente…« La Tempérance » en Médoc est vendu, « Pérenne » à Blaye, ainsi que « Guerry » en Côte de Bourg également. Notre stratégie se concentre sur les crus classés. Je suis le seul à en posséder 4. Vous allez comprendre, si vous lisez horizontalement « Bernard Magrez » sur toutes nos étiquettes, les consommateurs eux ne comprenaient pas que ces vins se vendent dans les magazins entre 15-16 € et jusqu’à 150-200 € (pour les crus classés de Bernard Magrez) et à côté de ceux-là 5-6 € (pour les petits châteaux).

JPS:  » ¨Pensez-vous acquérir un 5e cru classé ? »

Bernard Magrez: « La deuxième chose, effectivement on est sur l’achat d’un grand cru classé de Margaux. Ca tombe bien, car ce genre de château, on ne le donne pas : ça coûte un certain prix ! C’est donc un fusil à deux coups pour être plus clair.Ca va nous assurer d’avoir du cash pour se permettre d’acquérir de grands crus classés: peut-être celui-là, mais il y en aura d’autres… J’ai toujours réalisé des actifs pour avoir la capacité à faire des acquisitions, en empruntant le moins possible, quand on achète des châteaux de ce type. »

Photo -édito tirée du © Carnet de Bernard Magrez

Photo -édito tirée du © Carnet de Bernard Magrez

« PAS UNE DESAFFECTION POUR BORDEAUX MAIS UN REPOSITIONNEMENT DANS LE LUXE »

JPS: « Y a t-il un revirement, une nouvelle stratégie, ou sentez-vous, vous qui avez toujours eu le nez creux,  les affaires moins porteuses actuellement pour Bordeaux ? »

Bernard Magrez: « On va le faire en plusieurs fois, car on ne peut pas mettre tous ces petits châteaux en vente en même temps. J’avais déjà fait cela  quand j’avais vendu Malesan à Castel. A l’époque, j’avais une série de petits châteaux en appellation Bordeaux, et je les ai vendu 3 par 3.

« Quant à ma position vis-à-vis de Bordeaux: non, ce n’est pas une non-croyance dans Bordeaux, il n’y a pas de désaffection, pas du tout, quand on est propriétaire de 4 grands crus classés à Bordeaux, c’est un repositionnement dans le luxe: avec les crus classés ( Fombrauge, La Tour Carnet, Clos Haut-Peyraguey et Pape-Clément), avec aussi ce Stradivarius (qui se trouve à Fombrauge) que j’avais acquis, avec la Grande Maison à Bordeaux…« 

JPS: « On vous appelait l’homme aux 40 châteaux, désormais qu’en est-il ? »

« Bernard Magrez a toujours 41 châteaux ! (plaisante-t-il, mais en fait beaucoup plus), là je fais des acquisitions en Espagne dans la province de Murcie. Je suis toujours propriétaire actuellement des châteaux dont on a parlé et des 4 grands crus classés. Vous savez, les crus classés dans le monde, c’est le drapeau de Bordeaux, ils sont là, les galons, c’est une sécurité qualitative. Et par ailleurs, on se développe en Roussillon, en Provence, et dans les 7 pays où on est présent. Mais c’est vrai aussi que c’est difficile pour les prix bas, le combat est devenu mondial. En France, ça va mais dans tous les pays voisins, les vins étrangers sont là !« 

Bernard Magrez et sa fille Cécile dacquin, la directrice de la Grande M

Bernard Magrez et sa fille Cécile Dacquin, la directrice de la Grande Maison © Jean-Pierre Stahl

« J’AI DECIDE DE JOUER A FOND L’AVENIR DU TOURISME DANS NOTRE REGION »

JPS: « Est-ce aussi une nouvelle grande vision qui vous anime ? »

Bernard Magrez: « Au delà de l’hôtel-restaurant Robuchon, moi j’ai décidé de jouer à fond l’avenir du tourisme dans notre région. Quand on lit le dépliant de l’office du tourisme d’une vingtaine de pages et qu’on voit la typicité des réponses fluviales ou autres, c’est énorme. Quand on voit le nombre d’entreprises étrangères qui ont des bateaux sur la Gironde, ça montre bien qu’il y a un afflux de touristes… »

« Nous, on va créer des chambres d’hôtes à Bordeaux. En plus de l’hôtellerie de luxe, avec la Tour Carnet et Fombrauge, la Grande Maison, on va faire de petits hôtels ou chambres d’hôtes avec une singularité de l’offre. On a vu un ensemble proche de l’Institut Culturel Bernard Magrez et de la Grande Maison Magrez-Robuchon. Notre projet ne gagnera que si on a des singularités. Il va s’appeler « la Maison Bordelaise de la Tour Carnet ». Il faut des choses qui sortent de l’ordinaire. Un entrepreneur qui ne tente pas de jouer dans le domaine touristique, ce serait une faute de gestion. L’avenir me dira si j’ai raison ou tort. Moi, j’y crois beaucoup. Si j’avais été plus jeune, j’aurais aimé faire un bateau de croisière sur le fleuve, car on s’y connaît en éducation dans le vin… »

JPS : « On voit que vous êtes toujours dans l’excellence, Monsieur Magrez… »

Bernard Magrez: « Toujours dans l’excellence, oui. J’avais acheté un Stradivarius que j’ai confié à un artiste, Nicolas DautricourtHier soir à Paris, j’ai acquis un violoncelle « Galiano » de 1748 que je vais confier à une violoncelliste, Camille Thomas, qui a des contrats dans le monde entier. C’est dans notre mission de mécène… »

On sent Bernard Magrez toujours esthète, à l’affût des arts, du bon goût et des challenges, toujours prêt à écrire une nouvelle page de son parcours remarquable.

Pour connaître tous les domaines de l’homme aux 40 châteaux et aux 4 grands crus classés: cliquez sur le site de Bernard Magrez

13 Juil

« Le Bouissel » cuvée 2011, primé comme l’un des meilleurs vins rouges au monde.

La Revue Decanter a primé un Fronton du Tarn-et-Garonne comme meilleur vin du monde dans la catégorie rouge avec un Bourgogne…son nom « Le Bouissel » cuvée 2011. Bravo à la famille Selle pour son nectar.

Nicolas et Pierre Selle du château Bouissel © decanter.com

Nicolas et Pierre Selle du château Bouissel © decanter.com

Un petit vin sympathique du Tarn-et-Garonne qui vient à bousculer l’establishment ! Ca ne manque pas de piquant. C’est aujourd’hui l’un des meilleurs vins rouges au monde (à moins de 15 livres), d’après « Decanter »  Le Fronton cuvée 2011 « Le Bouissel » est d’ailleurs en rupture de stock. Les amateurs de vin se l’arrachent, de l’Australie à la Chine en passant par les Etats-Unis.

24 Juin

C’est la couleur et la grande tendance de l’été : le rosé… et en prime, le Bordeaux Rosé !

Petits et grands producteurs de Bordeaux, tous se sont mis à la mode « rosé ». En 10 ans, la production à Bordeaux a plus que doublé, pour répondre à une consommation de plus en plus importante. Une mode tirée par les étudiants, jeunes actifs et les femmes. Le rosé représente 30% de la consommation de vin en France.

Preuve que c’est une tendance lourde du marché, les plus grands châteaux de Bordeaux font de plus en plus de rosé, comme Giscours,  Haut-Bailly, Domaine de Chevalier et La Solitude… Adrien Bernard du Domaine de la Solitude confie en effet: « On s’est repris de passion pour ces rosés depuis le millésime 2009, on s’est dit qu’on allait chercher cette fraîcheur, ce côté plaisir qu’on peut retrouver dans ces vins. »

Hugo et Adrien Bernard au Domaine de la Solitude © Jean-Pierre stahl

Hugo et Adrien Bernard au Domaine de la Solitude © Jean-Pierre stahl

Deux techniques s’offrent à ces viticulteurs, soit faire un rosé de presse (les raisins sont prssés directement après la vendange, le coloration du jus est plûtôt délicate due au temps réduit entre le contact de la peau des raisins et du jus), soit un rosé de saignée (les peaux des raisins et le jus sont laissés macérér plusieurs heures ou jours ensemble et plus la macération est longue, plus la couleur sera foncée).

Hugo Bernard: « nous, on fait un rosé de saignée. Au moment de la fermentation des rouges, on a le marc, toute la partie de la peau qui donne la couleur aux rouges, avec le jus qui est au dessus. Ce jus, on va le saigner, c’est à dire l’enlever de la cuve. Si on le saigne un peu tôt, on a un rosé clair mais qui est un vrai vin car on a de la structure. »

A Beychac-et-Caillau, Arnaud Burliga explique « on produisait surtout du clairet« . Mais depuis 2011, c’est surtout du rosé de Bordeaux sous la marque château Paulin. De 150 hectolitres la première année, il est passé à 430 hectolitres: « je ne le considère pas comme un sous-produit du rouge, ce sont vraiment des produits techniques qui s’apprécient à l’apéritif. »

Et au détour de terrasses, comme au restaurant le « Mirefleurs » au bord de l’aérodrôme d’Yvrac, il fait déguster son rosé : « c’est fait à Beychac, juste à côté d’ici, avec du merlot et du cabernet sauvignon principalement. »

Arnaud Burliga faisant déguster sa production, notamment à Daphnée de Bordeaux © JPS

Arnaud Burliga faisant déguster sa production, notamment à Daphnée de Bordeaux © JPS

Daphnée de Bordeaux apprécie et précise ses habitudes de consommation : « Quand il y a les grosses chaleurs et que le soleil est présent, avec des amis ou de fin de journée… A l’apéro, c’est synonyme de détente ! »

En 2011, on a fait 20 000  bouteilles , cette année on a fait 70 000 bouteilles, soit plus de 300 % d’augmentation. La tendance actuelle pour les jeunes, assez fraîche et à l’apéritif est en augmentation et en essor constants partout en France. » Arnaud Burliga château Paulin

« La consommation cette année est de 260 000 hectolitres alors qu’en 2004 nous ne produisions que 120 000 hectolitres de Bordeaux Rosé, » confirme Hervé Grandeau du Syndifcat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Et d’ajouter: « C’est une progression considérable avec comme une catégorie de consommateurs jeunes comme les 20-35 ans et notamment les jeunes femmes qui ont un regard accru sur les rosés. »

Nous surfons sur une vague de consommation de rosé sans précédent en France ! », Hervé Grandeau Président des Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Luc Plissonneau, Hervé Grandeau, Laurent Marty et Allan Sichel président Union des Maisons de Négoce © JPS

Luc Plissonneau, Hervé Grandeau, Laurent Marty et Allan Sichel président Union des Maisons de Négoce membres du jury du concours Bordeaux Rosé, l’autre Rosé © JPS

Le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur est sur tous les fronts et essaie de concurrencer son grand frère: le « rosé de Provence« . C’est ainsi qu’il met en avant son slogan « Bordeaux Rosé, l’autre rosé » lors de campagne orchestrée sur les différents supports et les radios durant l’été.

700 participants pour cette 4e concours Bordeaux Rosé © JPS

700 participants pour cette 4e concours Bordeaux Rosé © JPS

Il a aussi organisé depuis l’automne et jusqu’au printemps un vaste concours avec 35 écoles de Bordeaux, Rennes, Paris et Toulouse. Au total, 700 étudiants ont participé à une réflexion autour des nouveaux moyens de communication pour mettre en avant les Bordeaux Rosé.

Un phénomène de mode qui semble s’ancrer dans le paysage vinicole français au point que des viticulteurs diminuent leurs productions de rouge ou de clairet pour se focaliser sur le rosé.

Attention, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl suivi de la chronique Vin & Vigne de Frédéric Lot

06 Mai

Hommage à Bruno Delmas, ce grand passionné du monde du vin…

Bruno Delmas nous a quitté brutalement. Trop tôt. La place de Bordeaux rend hommage à ce grand professionnel du monde du vin qui a eu diverses responsabilités à Vinexpo ou à l’Ecole du Vin de Bordeaux. Des témoignages de sympathie sur les réseaux sociaux pour sa famille à qui nous présentons nos plus sincères condoléances.

Bruno Delmas faisait découvrir les magnifiques châteaux et leurs caves comme ici au château Haut-Brion © Trip Advisor

Bruno Delmas est reconnu par l’ensemble de la profession comme un passionné de vin qui savait communiquer son amour pour ce produit fabuleux qui fait vivre de nombreuses régions de France. Après avoir travaillé dans diverses propriétés à Bordeaux et en Australie, il devint responsable de la promotion et de l’accueil des visiteurs pour Vinexpo, le Salon Mondial du Vin et des Spiritueux, avant d’en devenir le directeur du développement.
Il a su mettre sur les rails l’Ecole du Vin de Bordeaux, dont il fut l’un des premiers porteurs de ce projet et directeur de 1998 à 2006, avant Annick Martinez, l’actuelle directrice.

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Bruno Delmas © Trip Advisor

Il aimait faire partager son savoir avec tous les amateurs, novices et plus aguerris, notamment lors d’un tournage sur les visites de châteaux que nous avions effectués avec lui et l’Ecole du Vin en 2001 (ci-dessous). Il s’était spécialisé dans l’oenotourisme dans la région bordelaise. En 2007, cet oenologue avait lancé BD Tours et proposait à ses touristes de découvrir le vignoble bordelais et ses vins en réalisant des tours à pied, à cheval ou en voiture. Une affaire qui fonctionnait, il était référencé sur Trip Advisor.

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Sophie Gaillard, directrice de la communication de l’office de tourisme,  était en relations avec lui lorsqu’elle était à Saint-Emilion et lui directeur de l’Ecole du Vin, puis plus tard à Bordeaux et quand il a lancé ses activités oenotouristiques: « C’est vraiment triste. Il était très, très bon, très apprécié dans son domaine et ses clients, il savait partager sa passion du vin avec les gens. »

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Une part de son temps…la suite du billet de Nicolas Lesaint

Je me souviens de ce jour tragique du 11 septembre 2001 lors de l’attentat contre le World Trade Center: nous cherchions à faire réagir des Américains suite au drame qui se déroulait à New-York, grâce à lui nous avions pu interviewer des Américains en vacances à Bordeaux qui étaient venus se former à l’Ecole du Vin. En décembre dernier, je l’avais retrouvé sur facebook… J’avais renoué contact avec Bruno (depuis qu’il était parti de l’Ecole du Vin) pour qu’on se retrouve à l’occasion d’un nouveau reportage sur l’oenotourisme…aux beaux jours. Il likait souvent Côté Châteaux, je voudrais simplement lui dire qu’on t’aime Bruno. Je lui dédie cet extrait du magazine que nous avions tourné avec lui en 2001, intitulé « les Gardiens du Temple. »

 

07 Avr

Hommage à cette grande dame de la biodynamie: Anne-Claude Leflaive s’en est allée…

La Bourgogne est triste. La papesse de la biodynamie vient de décéder. Anne-Claude Lefaive vient de nous quitter à 59 ans. Elle était à la tête du Domaine Leflaive en AOP Puligny-Montrachet, un domaine qui remonte à 1717.

Anne-Clade Leflaive © La Presse.ca

Anne-Claude Leflaive © La Presse.ca

C’était un personnage. Comme il en est tant dans le monde du vin. Au début des années 90, Anne-Claude  Leflaive venait de reprendre le domaine familial et avait décidé de le cultiver en biodynamie. Une démarche qui vise à respecter non seulement la plante à réhabiliter, dynamiser et intensifier la vie organique dans le milieu où vit la vigne. Cette démarche consiste à intensifier les échanges entre la plante et son environnement (terre et air), de façon à obtenir de meilleurs raisins et donc de meilleurs vins. 

« La biodynamie développe toutes les espèces vivantes grâce à des préparas spécifiques, élaborés à partir d’achillée, de camomille, d’ortie,de pissenlit, de valériane, de compost et de silice, véritables catalyseurs d’énergie. C’est par l’intermédiaire de la plante que l’ensemble de l’organisme est vivifié, tant par l’enracinement profond que par les feuilles captatrices d’énergie solaire. Le vin, issu de cet accord, est le résultat de l’équilibre entre le terroir et l’environnement aérien » comme le souligne  François Bouchet, conseiller du Domaine Leflaive en agriculture biodynamique depuis 1989. 

Parmi les pépites produites par cette viticultrice hors pair: un Meursault Premier Cru les Pucelles d’Anne-Claude Leflaive, auquel bon nombre d’amateurs de blanc sec vouent un culte certain.

Cette démarche de cultiver le domaine en biodynamie avait marqué les esprits et fait des émules au point de consacrer Anne-Claude Leflaive comme la papesse de cette pratique culturale. Elle avait aussi acqui des domaines dans la Loire comme le souligne cet article de 2013 de la Presse.Ca: « une Bourguignonne dans la Loire » De nombreux grands noms du monde du vin et passionnés du monde entier lui rendent hommage aujourd’hui.

rolland