06 Nov

Disparition d’une figure emblématique de Bordeaux Jean-Henri Schÿler : le propriétaire de Kirwan avait su réunir le négoce et les viticulteurs dans les années 70

Jean-Henri Schÿler est décédé le 31 octobre, à l’âge de 85 ans. Il fut non seulement propriétaire d’un 3e cru classé de Bordeaux, mais aussi de lamaison de négoce Schröder et Schÿler, fondée en 1739. Ancien président de la Fédération des Négociants de Bordeaux, il fut aussi Président du CIVB. Son fils, Yann Schÿler lui rend hommage dans Côté Châteaux.

Jean-Henri Schyler par © Yann Schÿler - château Kirwan

Jean-Henri Schyler par © Yann Schÿler – château Kirwan

C’est une personnalité , de premier plan, un personnage important de Bordeaux, une figure emblématique des années 60 à 80, qui nous a quitté 3 jours après avoir fêté ses 85 bougies : « il venait juste d’avoir 85 ans, le 28 octobre, c’est le dernier jour où je l’ai vu », me confie son fils Yann Schÿler. « Il était président du Conseil d’Administration de Kirwan (3e cru classé de Margaux) et fut président de la Maison de Négoce, que je dirige depuis 20 ans » 

« Il est entré dans la maison de négoce dans les années 53-54 après avoir effectué son service militaire, puis a pris la suite de son père Marc en 60. Jean-Henri était la 7e génération de Schÿler, il s’est d’abord beaucoup investi à Kirwan où il a replanté entièrement la propriété en 1960. « Kirwan avait été acheté par mon arrière-grand-père, Armand Schÿler, en 1925. Mais il en assurait déjà depuis 1903 la vente : à l’époque, on achetait la récolte entière par abonnement (ou on se partageait la récolte à 5 ou 6 au maximum). Mon arrière-grand-père était abonné à Kirwan depuis 1903. Après une période de crise, il a pu acheter la propriété en 1925″.

PRESIDENT DE LA FEDERATION DES NEGOCIANTS DURANT 18 ANS

« Mon père a surtout été une personnalité du négoce en tant que Président des Négociants de 1969 à 1987. C’était une époque extrêmement importante car très difficile, les millésimes n’étaient pas bons ou très moyens, il n’y avait de grand millésime que tous les 6 ans à Bordeaux, alors qu’aujourd’hui un millésime sur deux est un bon millésime. »

UN ROLE DE FEDERATEUR

Jean-Henri Schÿler a joué un rôle de négociateur, de fédérateur entre deésident deux entités de la filière viti-vinicole… « On a d’abord appelé mon père pour rassembler le négoce. » Jean-Henri Schÿler est ainsi devenu président de la Fédération des Négociants de Bordeaux en 1969; « et puis les années 70 étaient extrêmement difficiles au niveau de l’interprofession. »

La viticulture et le négoce ne se parlaient plus, en 1974 il a été appelé à la présidence du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux pour rassembler les deux familles », Yann Schÿler.

« Mon père n’était pas du tout un homme politique, mais il a été amené à faire en sorte que ce dialogue se renoue. En 1976, il avait alors 45 ans. Il avait énormément de poigne et faisait peuve de diplomatie pour que les uns et les autres se rapprochent ».

Par la suite, Jean-Henri Schÿler a pris de la hauteur, est devenu président du Port Autonome de Bordeaux de 86 à 88, une mission qu’il a menée également « avec beaucoup de passion. » Il a  aussi été conseiller à la Banque de France et même juge au Tribunal de Commerce de Bordeaux.

 © Château Kirwan, 3e cru classé de Margaux

© Château Kirwan, 3e cru classé de Margaux

AU SERVICE DU DANEMARK PENDANT 45 ANS

Jean-Henri Schÿler fut aussi représentant du Royaume du Danemark, « en tant que Vice-Consul, puis Consul et Consul Général, pendant 45 ans. Et puis j’ai repris en 2001, » continue Yann Schÿler, qui est aujourd’hui PDG de la Maison de Négoce Schröder et Schÿler, mais aussi Consul du Danemark, de Suède et de Norvège à Bordeaux.

« Il a arrêté ses activités au sein de la Maison de Négoce en 1997, on a travaillé ensemble de 1989 à 1997, puis il m’a cédé les rênes très facilement et s’est consacré à Kirwan jusqu’à sa mort, où il était resté président du Conseil d’Administration. »

KIRWAN, SA GRANDE OEUVRE

C’est donc une personnalité qui a marqué la filière dans les années 70-80; mais il a eu aussi un rôle fondamental à la tête de Kirwan qui fut « sa grande oeuvre. » « La plupart des propriétés après la 1ère guerre mondiale n’étaient pas « jojo », et après la 2e guerre, il y avait un énorme chantier, car les vignobles n’étaient pas bien entretenus…

Mon père s’est intéressé assez vite à Kirwan et a eu ce flair-là de replanter le vignoble dans les années 60. Et 50 ans après, on voit ces vignes qui donnent du bon vin. Et c’est lui qui a fait cela. »

Aujourd’hui Kirwan, représente 38 hectares de vignes en AOC Margaux, ce château 3e cru classé 1855 produit 220000 bouteilles. 

Yann Schÿler, avec sa famille, ont continué à moderniser le château avec de nouveaux chais en 1992, dans les années 2000 et très récemment  « on a fait notre grande reconstruction, un chantier lancé voilà 18 mois et terminé depuis 2 mois. Il a pu voir la fin de ce chantier et c’est un nouvel élan pour Kirwan. », conclue Yann Schÿler.

Une cérémonie religieuse aura lieu jeudi à 10 heures au Temple du Hâ à Bordeaux. Côté Châteaux présente à la famille Schÿler ses plus sincères condoléances.

14 Oct

Premières vendanges au nouveau château Clos de Boüard

Coralie de Boüard a acheté la propriété Tour Musset à Castel Frères sur l’appellation Montagne Saint-Emilion. Elle l’a rebaptisé Château Clos de Boüard et y effectue depuis quelques jours ses premières vendanges, c’est « un nouveau challenge » sur « un terroir magnifique ». Impressions de la nouvelle et jeune propriétaire dans Côté Châteaux. C’est la vigneronne du mois.

14570279_10154590823508200_6491669206094002881_nLa fille d’Hübert de Boüard (château Angelus), Coralie de Boüard, 36 ans, très tôt engagée et passionnée par le monde du vin, écrit à son tour une page d’histoire de la famille sur un domaine acquis à Montagne Saint-Emilion.

C’est un domaine en nom propre, c’est un rêve de petite fille qui se réalise, car j’adorais accompagner mon père dans les chais… Ma passion, c’est la vinification, vendre le vin et faire le vin » Coralie de Boüard.

clos de bouard

Pendant 10 ans, elle a travaillé au Château Angélus en s’occupant notamment de la communication, du marketing et des ventes. Puis en 2012, elle a pris la direction du Château La Fleur de Boüard acquis en 1998. Cette année, en plus de cogérer avec son frère Mathieu le domaine La Fleur de Boüard en appellation Lalande-de-Pomerol, elle s’investit pleinement dans ce nouveau domaine, le sien tout simplement.

« J’ai une grande ambition pour ce nouveau challenge : avant d’acheter un propriété, j’ai acheté un terroir. On est sur des vignes plantées sur de l’argilo-calcaire. C’est un terroir plus tardif, l’avanatge c’est que les vigne sont moins souffert de la chaleur. Les premières vendanges nous ont offert de magnifiques merlots, que l’on vient de terminer avant hier, l’analyse est parfaiteau niveau de l’extraction, on travaille sur des extractions très douces. Les vendanges de cabernets sont prévues la semaine prochaine. »

Château Clos de Boüard, c’est ce domaine de 30 hectares, à Parsac, une commune historiquement réputée pour la richesse et la qualité de ses terroirs exceptionnels Argilo-Calcaire. Il est située à proximité des grands crus classés et assimilés de Saint-Emilion, Fombrauge, Rocheyron, Croix de Labrie, Château Louis, Valandraud, ou encore Troplong Mondot.

Je cherchais une propriété de 3 à 6 hectares et aujourd’hui je me retrouve à la tête de 30 hectares, je suis très enthousiaste et pas du tout stressée ».

Ces vignes étaient en fermage depuis quelques années, bien travaillées, avec un chai opérationnel et une cuverie installée depuis quelques temps seulement. La propriété bénéficie d’une biodiversité et d’un éco-système privilégiés avec une forte présence de vieilles vignes « 35 ans de moyenne d’âge ».  La propriété a été achetée 2,9 millions d’euros.

Comme à La Fleur de Boüard, je veux en faire quelque chose de grand »

Coralie de Boüard, une passion pour les vinifications depuis l'enfance © Château Clos de Boüard

Coralie de Boüard, une passion pour les vinifications depuis l’enfance © Château Clos de Boüard – Coralie de Boüard

« Le vignoble était plutôt bien tenu, on va faire cette année quelque chose de très bon, c’est très prometteur, avec des fermentations intégrales. On a dans l’idée de faire une cuvée spéciale, le grand vin avec château Clos de Boüard, et un deuxième vin dénommé « les origines. Je suis là pour m’éclater dans mon nouveau challenge« , conclue Coralie de Boüard.

26 Sep

#insolite : au château Haut-Lagrange, on récolte les rouges en étant assis

C’est un concept original : la « boutmobile » est cet engin qui allie la mécanique et la main de l’homme. Voilà 10 ans, Francis Boutemy, le propriétaire de château Haut-Lagrange à  Léognan, a inventé ce procédé insolite de récolter le raisin en étant assis avec une table de tri incorporé à l’engin en plein coeur de la vigne. Côté châteaux lui décerne le titre de « Vigneron du Mois »

Ghislain et Francis Boutemy, le fils et le père, devant la "boutmobile" conceptualisée par Francis Boutemy au château Haut-Lagrange © JPS

Ghislain et Francis Boutemy, le fils et le père, devant la « boutmobile » conceptualisée par Francis Boutemy au château Haut-Lagrange © JPS

Il n’en n’a pas l’air mais Francis Boutemy aime les challenges. Ainsi en 1989, il a créé de toute pièce son vignoble à Léognan : le château Haut-Lagrange, voisin de Haut-Bailly et de Larrivet-Haut-Brion, qui aujourd’hui compte 8,5 ha de vignes dont 7 en rouge.

Les coupeurs ont moins mal au dos, assis sur de véritables sièges © JPS

Les coupeurs ont moins mal au dos, assis sur de véritables sièges © JPS

Il y a 10 ans il réitère un nouvel exploit, celui de créer une machine révolutionnaire qu’il a baptisé « la boutmobile » en référence à son nom bien sûr : « c’est simplement une machine sur laquelle le vendangeur est assis, c’est un système très simple à partir d’une machine à ramasser le tabac, avec des éléments de machine à vendanger, avec un petit moteur de 21 chevaux, 8 litres de gazole et qui fait 0,8 ha par jour ».

La "Boutmobile", un engin révolutionnaire...© JPS

La « Boutmobile », un engin révolutionnaire…© JPS

On gagne 40 %, on n’a pas de porteur et surtout le raisin est trié dans les vignes, donc quand il arrive au chai ,pas besoin de table de tri il est impeccable », Francis Boutemy château Haut-Lagrange.

Au lieu de 15 vendangeurs précédemment et de 4 personnes sur une table de tri au chai, ce sont 6 coupeurs qui prennent place sur cet enjambeur qui continue à avancer à une vitesse maximale de 3 kilomètres à l’heure.

6 coupeurs et pas de porteur © JPS

6 coupeurs et pas de porteur © JPS

Pas de perte de temps, un gain en main d’oeuvre, avec des vendangeurs expérimentés et habitués, même si Francis Boutemy connsidère qu’ « en 2 heures on prend vite le rythme ».

Tous les terrains ne permettent pas l'utilisation de la "Boutmobile" et il faut 4 mètres en bout de rang pour manoeuvrer © JPS

Tous les terrains ne permettent pas l’utilisation de la « Boutmobile » et il faut 4 mètres en bout de rang pour manoeuvrer © JPS

Le coup d’envoi a été donné mardi et mercredi dernier car avec les précipitations, ces 50 mm tombés, il y avait quelques craintes vis-à-vis d’un développement potentiel de botritys. avec  certaines graines qui commençaient à perler, à lâcher un peu de jus.

Francis Boutemy avec son fils devant le chai du château Haut-Lagrange © JPS

Francis Boutemy avec son fils devant le chai du château Haut-Lagrange © JPS

Ce matin, la « boutmobile » reprenait la direction des rangs de vignes à deux pas d’ailleurs du château Rochemorin, pour deux jours de vendanges de merlot.

Une odeur de fruit remarquable © JPS

Une odeur de fruit remarquable © JPS

Avec comme principe de base celui de révéler le terroir,comme me l’explique Ghislain Boutemy, 30 ans, ingénieur agronome, l’un des 4 enfants de Francis Boutemy,qui a repris la propriété, avec toujours le regard attentif de son père: » avant tout on cherche à faire des vins fruités, équilibrés et tout en finesse.

VENDANGES EN ROUGE 079On aurait pu attendre éventuellement plus longtemps mais on ne cherche pas à faire de la surmaturation, on veut garder avant tout la fraîcheur des arômes et on recherche la finesse et l’élégance. »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Julien, Hugues Orduna :

09 Août

François des Ligneris, le pionnier du bar à vins de Saint-Emilion va fêter ses 30 ans d’existence

L’Envers du Décor a ouvert il y a presque 30 ans à Saint-Emilion. Il faisait figure d’Ovni, et aujourd’hui c’est « the place to be ». De Paris à Bordeaux, des States au Japon, l’endroit est très connu et son gérant en est la figure emblématique. François des Ligneris a bousculé les codes à l’époque et s’est imposé avec son ouverture d’esprit avant-gardiste. Il fut ainsi le premier vigneron à faire des assiettes et des vins au verre, avec des productions viticoles de toute la France et du monde entier.

François des Ligneris en 2014 derrière l'un des plus célèbres comptoirs de Saint-Emilion © Jean-Pierre Stahl

François des Ligneris, derrière son célèbre comptoir, l’un des plus prisés de Saint-Emilion © Jean-Pierre Stahl

François des Ligneris, c’est l’empêcheur de tourner en rond. Quand il lance l’Envers du Décor, « c’est un vendredi 13, le 13 février 1987″. Et pourtant, François des Ligneris, âgé de 32 ans, avait un avenir tout tracé comme le sillon dans la terre de Saint-Em, car sa famille détenait depuis des générations Château Soutard. « A l’époque, j’étais vigneron à Soutard, je travaillais la vigne, sur les tracteurs, je faisais tout le travail de base du vigneron. Mais je rencontrais aussi pas mal de monde en France, en Belgique et aux Pays-Bas quand ils faisaient des portes-ouvertes dans leurs châteaux, et je me disais que ça serait sympa de faire un lieu à Saint-Emilion pour tous ces gens, sans compter que le soir après ma journée de travail vers 22h, il n’y avait aucun endroit pour prendre une assiette avec un verre de vin, par rapport aux restaurants traditionnels avec un menu entrée-plat-dessert et une bouteille de vin…Aujourd’hui, cela paraît bizarre de dire cela car tout le monde le fait. J’ai ouvert ce lieu avec Pascal Fauvel, 1er salarié qui est parti par la suite chez Legrand à Paris. »

François des Ligneris avec Dewey Markham et Didier Lambert des Etablissements Thunevin © JPS

François des Ligneris avec Dewey Markham de DmjWineworks et Didier Lambert des Etablissements Thunevin © JPS

Je l’ai appelé l’Envers du Décor pour rappeler l’univers du spectacle, les coulisses du spectacle, que je fréquentais beaucoup; j’appréciais ces spectacles très rodés, à la note près, et je voyais cette vie dans les coulisses complètement autre.

L’Envers du Décor, c’est comme un théâtre avec des acteurs sur scène, qui disent des choses devant un public. Mais ce qui m’intéresse, c’est cette forme de réalité de la vie et non des choses apprises par coeur, car la réalité est toute autre. Et puis dans Envers, il y a vers… » François des Ligneris

Gérard Descrambe

Gérard Descrambe, pilier de l’Envers du Décor, avec les étiquettes de son château La Renaissance croquées par les dessinateurs de Charlie © Jean-Pierre Stahl

Gérard Descrambe, viticulteur « en bio depuis toujours » à Saint-Sulpice de Faleyrens, un des piliers de l’Envers, se souvient des débuts : « au départ, c’était un échafaudage, il faisait des tartines avec un mec qui avait vendangé chez moi, la limonade ça n’était pas sa spécialité, les gens n’y croyaient pas du tout, il était un peu comme nous : on n’était pas dans l’axe ! »  Gérard Descrambe est en effet le vigneron de château « La Renaissance » fournisseur officiel de Charlie et du Professeur Choron depuis 1974.

Les étiquettes du château La Renaissance croquées par les dessinateurs de Charlie © JPS

Les étiquettes du château La Renaissance croquées par les dessinateurs de Charlie © JPS

Gérard lui a dit un jour « si tu me fais une commande, je l’encadre et je la mets dans mes chiottes, elle y est toujours, je tiens mes promesses. » Et pour la petite histoire, les auteurs de Charlie et d’Hara Kiri ne disaient jamais sers-nous un verre de vin ou un canon mais  » attrape-moi une bouteille de Descrambe. »

C’est vrai que ce bar unique a été réalisé à partir d’étais de chantier sur lesquels on a mis des étampes de caisses de vin. u début j’avais soudé moi-même ces étais. On était toujours en chantier, et puis on s’est agrandi en 1998, on s’est même beaucoup agrandi avec 3 salles différentes dont une avec cheminée, mais :

Les étiquettes du château La Renaissance croquées par les dessinateurs de Charlie © JPS

Un bar atypique réalisé à partir d’étais de chantier et d’estampes de caisses de vin © JPS

« La tour de contrôle reste ce grand bar qui accueille 7 jours sur 7 les gens pour prendre un verre » François des Ligneris

Avec ce nom hors des sentiers battus, François des Ligneris, ce polisson de Saint-Emilion, aimait croiser dans les ruelles les gens et entendre « tiens, ce soir, on va dîner à l’envers… ». Il se souvient aussi  » des reproches de gens haut placés dans la hiérarchie : c’est un scandale de servir des vins autres que Saint-Emilion ou Bordeaux « , lui disait-on. Un pionnier, je vous dis ! « Je ne m’attendais pas à ce genre de reproches, je faisais découvrir du Bandol ou des Côtes du Rhône. Même Robert Parker n’était pas un familier des Côtes du Rhône, alors que moi j’étais déjà persuadé que c’était des grands vins. J’ai été le premier à servir des assiettes de fromages et de charcuteries et du vin au verre, avec un procédé qui s’appelait cruover, des vins sous azote c’était la grande nouveauté ! »

Une petite trouvaille : un rosé de La Romanée Conti © JPS

Une petite trouvaille derrière le bar : un rosé de La Romanée Conti © JPS

Et d’expliquer la brèche ou cette nouvelle tendance à découvrir la richesse des crus de l’ensemble des terroirs français et du monde entier : « il y avait des gens qui ne venaient plus que là pour découvrir les vins d’ailleurs. Dire cela aujourd’hui, cela paraît évident. Aujourd’hui, il y a aussi plein de sites « off » où l’on présente des vins en primeur : Espagne, Italie, Loire, Alsace…au moment des primeurs de Bordeaux. En 95, on avait aussi fait le 1er off avec Gérard Bécot. »

Dans la cave de l'Envers du Décor avec les propriétaires de la maison d'hôtes 5 Lasserre © JPS

Dans la cave de l’Envers du Décor avec les propriétaires de la maison d’hôtes 5 Lasserre © JPS

Tenanciers d’une maison d’hôtes à Moulon,  » 5 Lasserre « , qu’ils viennent juste de céder à Frédéric et Christina Simon et de fêter cette cession à l’Envers du Décor, Anna et Pascal Bihler dressent le portrait du patron :

C’est l’emblème, l’icône de Saint-Emilion, un passionné jusqu’au bout des ongles », Anna Bihler gérante de maison d’hôtes à Moulon

Plaisance Saint-Emilion 062

 » Ce lieu a été une vitrine extraordinaire, aussi pour château Soutard. Je n’avais pas besoin de billet d’avion ou d’attaché de presse, ici j’ai pu être en relation avec le monde entier des importateurs, des journalistes, des vedettes du théâtre, de la chanson, de la musique. Jean-Louis Trintignan aimait passer. La semaine dernière j’ai eu un rédacteur en chef de France Inter, une vedette du Top 14, ou l’ambassadeur du Mexique. Au début personne ne mesurait l’importance de cette vitrine pour Saint-Emilion et ses crus classés aussi. Depuis, tous les grands châteaux ont aussi fait cette alliance de la table et de leurs produits viticoles. J’ai aussi été un des premiers à faire un magasin comme les wineries américaines où l’on pouvait acheter des affiches de l’Envers du Décor, ou liées à mes vins ou produits dérivés ».

L’R de rien, François des Ligneris a instillé sa patte à Saint-Emilion, celui qui aime souvent à se présenter comme  » ancien élève de l’école maternelle de Saint-Emilion «  pour se moquer parfois des élites qui peuvent s’enorgueillir de sortir de l’ENA, s’est forgé son propre style, en dehors des codes, du merchandising, constamment il livre sa vision des choses comme son engagement  » RESPECT : Répertoire Élémentaire de Simples Pratiques Environnementales, Culturelles et Techniques avec des produits frais et rien d’autre ; chez lui on y sert la soupe du marché, du poisson de la criée, une cuisine du marché qui varie tous les jours, avec toutefois des plats indémodables comme l’andouillette, les côtelettes de canard, le foie gras et la crème brûlée ».

 

Croisé également en terrasse Stéphane Derenoncourt consultant en vin :  » j’étais un de ses premiers clients, quand je suis arrivé à Saint-Emilion en 90, ça a tout de suite été un repère ».

 » François, c’est le mec le plus original, qui casse les codes bordelais, c’est un grand défenseur des produits du terroir au sens noble « , Stéphane Derenoncourt.

 » C’est le 1er mec qui m’a accueilli à Saint-Emilion, et depuis on est toujours resté copains, » confie Stéphane Derenoncourt, le consultant en vin autodidacte.  »  » Le concept n’existait pas, il a fait cette ouverture qui fait que c’est devenu un repère dans le monde de la viticulture, des vignerons. Tout le monde rêve d’avoir son vin à la carte ici. « 

François des Ligneris et Stéphane Derenoncourt, dégustant un petit rosé...de la Romanée Conti © Jean-Pierre Stahl

François des Ligneris et Stéphane Derenoncourt, dégustant un petit rosé…de la Romanée Conti © Jean-Pierre Stahl

François des Ligneris n’oublie pas de rendre grâce à sa grand-mère qui a acheté cette maison au départ pour faciliter la restauration de la petite chapelle car  » on est vraiment au le coeur de Saint-Emilion, entre la chapelle du chapitre et l’église collégiale. Ce sont des bâtiments du XIVe siècle… » Puis à son père, « un homme très cultivé, qui n’était pas beaucoup axé mondanités. Il m’a permis de louer ce lieu et d’y faire des travaux, il m’a permis de faire ce projet ». Aujourd’hui, il reconnaît que sa fille Jeanne l’aide beaucoup depuis 6 ans, « elle s’occupe de la gestion, de la facturation, de tout ce qui est administratif » pour lui permettre de faire ce qu’il aime : son travail d’aubergiste.

L’Envers du Décor, ce sont 2 équipes de 20 personnes, l’établissement est en effet ouvert 7/7;  » il y a aussi un volet social, les gens travaillent 15 jours et ont 15 jours de repos dans le mois. 30 % des salariés qui ont décidé de partir, pour expérimenter autre chose, sont revenus travailler ici. Il y a notamment l’un des 2 chefs, Bertrand Bordenave, qui a connu sa femme en cuisine. L’autre chef c’est Christophe Baillon, ils sont là depuis 10 et 12 ans ».

François des Ligneris, enfin, a ce côté poète qui fait qu’il cultive énormément les arts (grand amateur d’art contemporain) et les lettres : c’est lui qui a créé voilà 3 ans Vino Voce (le festival de la voix parlée et chantée à Saint-Emilion – prochaine édition du 9 au 11 septembre), dont il fut président des deux premières éditions. Il compte également lancer l’année prochaine « les rencontres d’auteurs de dessins contemporains ». Car au-delà des nourritures physiques, il aime aussi ces nourritures intellectuelles qui font de lui le « prince sarment », homme de coeur, de nervure et d’esprit.

26 Juil

Denis Dubourdieu, un grand Monsieur du Vin s’en est allé : « pour le monde du vin, c’est une grande perte »

Le Monde du Vin vient d’apprendre la disparition d’un des socles de Bordeaux : le professeur Denis Dubourdieu, oenologue, directeur de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), également expert et consultant  dans la fabrication de grands blancs de Bordeaux. Il nous a quitté des suites d’une longue maladie à l’âge de 67 ans. Voici les réactions émouvantes recueillies par Côté Châteaux.

© Photo Jean-Bernard Nadeau pour Denis Dubourdieu

© Photo Jean-Bernard Nadeau pour Denis Dubourdieu

Denis Dubourdieu était surnommé « le pape du blanc »… Il n’aura jamais cessé de concilier durant sa vie conseils auprès des plus grandes propriétés viticoles, en France ou à l’étranger, et ses activités d’enseignant-chercheur. Il a d’ailleurs lancé en 2009 l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin.

Christine et Eric Perrin avec le premier millésime 1988 élaboré par Denis Dubourdieu pour Carbonnieux © Jean-Pierre Stahl

Christine et Eric Perrin avec le premier millésime 1988 élaboré par Denis Dubourdieu pour Carbonnieux © Jean-Pierre Stahl

« C’est bien triste », me confie Eric Perrin co-propriétaire de château Carbonnieux. « Pour le monde du vin, c’est une grande perte. » Et Eric Perrin de raconter sa première approche avec ce grand Monsieur, propriétaire de châteaux (Doisy-Daene, Reynon, Floridene, Cantegril , Haura) et professeur à la faculté d’oenologie : « avant de commencer à travailler avec Denis Dubourdieu et à Carbonnieux, je travaillais à Bordeaux Magnum et il y avait toute une série de bouteilles à promouvoir dont Clos Floridene de Denis Dubourdieu qui commençait à bien se vendre, c’était en 1986.

Denis Dubourdieu a contribué à faire le succès planétaire du château Carbonnieux, mais aussi de Fieuzal, Latour Martillac et bien d'autres © JPS

Denis Dubourdieu a contribué à faire le succès planétaire du château Carbonnieux, mais aussi de Fieuzal, Latour Martillac et bien d’autres © JPS

Et à l’hiver 1987-1988, on est rentré en relation avec Denis Dubourdieu pour qu’il conseille notre château Carbonnieux. Il avait mis en place les fermentations en barrique et l’élevage sur lie »

"il avait le don de transmettre et une pédagogie exemplaire" © photo Jean-Bernard Nadeau

« il avait le don de transmettre et une pédagogie exemplaire » © photo Jean-Bernard Nadeau

Pour Allan Sichel, le nouveau président du CIVB : « on est très triste de sa disparition, Denis Dubourdieu, c’était un énorme atout pour Bordeaux: « 

Allan Sichel, le président du CIVB © JPS

Allan Sichel, le président du CIVB © JPS

On peut dire qu’il laisse un leg pour toujours à Bordeaux car les vins blancs contemporains de Bordeaux sont généralement réalisés grâce aux travaux de recherches réalisés par Denis Dubourdieu », Allan Sichel Président du CIVB

Et le président du CIVB de reconnaître « tous ses travaux de recherches méthodiques, scientifiques ont permis l’élaboration de ces grands vins blancs. Denis Dubourdieu était aussi un remarquable enseignant avec un don de la pédagogie exemplaire, notamment pour expliquer des choses complexes avec des mots simples. C’était un être exceptionnel avec une capacité d’élocution remarquable. »

© Jean Bernard Nadeau

 » Un homme charmant et courtois » selon © Jean Bernard Nadeau auteur de cette magnifique photo

Eric Perrin poursuit : « c’est une collaboration de 30 ans que nous avons eu avec lui :

Il a apporté les techniques comme en Bourgogne, qu’il a mises en place dans le Bordelais pour faire des vins blancs qui plaisent au public », Eric Perrin propriétaire du château Carbonnieux.

Et d’ajouter : « les viticulteurs qui ont travaillé avec lui ont eu un grand succès, ça a été d’abord Fieuzal, puis Latour Martillac et Carbonnieux. » « On a d’abord accentué le travail avec Denis Dubourdieu au chai et depuis la fin des années 2000 un peu plus sur la vigne. »

Pour Olivier Bernard, président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux : « c’est un homme de la terre, qui aura donné sa vie à la recherche, à ses vignobles et au conseil car il a conseillé de grands crus à Bordeaux. Il a fait avancer Bordeaux avec de grandes choses sur les blancs, mais aussi sur les rouges sur la maturité des tanins. Avec l’ISVV, il l’a lancé avec Alain Rousset et a été porteur de ce projet, il était très impliqué. C’est un homme très attaché à sa régionde graves, mais aussi aux Pessac-Léognan et aux Sauternes. »

France, Aquitaine,Gironde (33),Saint-Emilion.Portrait de Denis Dubourdieu au Château Reynon-Cadillac-Premières Côtes de Bordeaux.

Denis Dubourdieu au Château Reynon-Cadillac-Premières Côtes de Bordeaux © Jean-Bernard Nadeau

Le monde de la vigne et du vin perd l’une de ses grandes figures », Alain Rousset, président de la Nouvelle Aquitaine

« C’est avec une grande émotion que j’apprends aujourd’hui la disparition de Denis Dubourdieu, » commente Alain Rousset, le président de la Nouvelle Aquitaine ; « Denis Dubourdieu était l’incarnation vivante du vin et de sa culture, dont il connaissait tout – professeur, enseignant, chercheur, œnologue et vigneron – il a indiscutablement marqué de son empreinte le monde du vin.

Denis Dubourdieu a transformé les vins de Bordeaux en profondeur. On le surnommait d’ailleurs avec beaucoup d’admiration « le pape du vin blanc » dans le monde entier. La planète vin n’est aujourd’hui plus la même sans lui.

 Je repense avec émotion à la création de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), institut dont il a rédigé le projet et dont il était le directeur ».

 

L'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin créé en 2009 par Denis Dubourdieu et Alain Rousset © Jean-Pierre Stahl

L’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin créé en 2009 par Denis Dubourdieu et Alain Rousset © Jean-Pierre Stahl

« Je salue, avec tristesse et amitié, l’homme et le praticien hors-pair de la viticulture et de l’œnologie qu’il était, et j’adresse au nom de la Nouvelle-Aquitaine toutes mes plus affectueuses condoléances à sa famille et à ses proches. »

Regardez le reportage et les témoignages sur la disparition de Denis Dubourdieu par Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Eric Delwarde, Françoise Dupuis, Véronique Lamartinière -INA et Photos Jean-Bernard Nadeau


Pour Jacques Dupont le Monsieur Vin du Point : « Denis est un ami que j’admirais beaucoup.On se connait depuis 1988. Quand j’ai débarqué chez lui avec un ami, c’était au moment des vinifications. Il m’a expliqué ce qu’était la macération pelliculaire pendant 2 heures alors qu’il était dans le jus…

On s’aimait bien. C’est quelqu’un qui disait les choses, il avait un très fort caractère, c’est quelqu’un aussi qui avait un très beau français, un très grand pédagogue », Jacques Dupont journaliste du Point.

Et le spécialiste en vins d’expliquer :« il avait un style dans les vins de Bordeaux avec de la maturité et beaucoup de fraîcheur, ce qui fait que les vins durent dans le temps, et l’histoire lui a donné raison. Moi, j’avais la même vision, mais lui faisait le vin et moi, je le buvais. »

Une triste disparition après celle de Paul Pontalier (directeur de Margaux), Frédéric de Luze et maintenant Denis Dubourdieu qui fait dire à mon grand frère du Point : « c’est un sale temps pour les types biens. »

Retrouvez Denis Duboudieu avec Jacques Dupont lors du lancement du Guide des Vins de Bordeaux (Grasset) par la Librairie Mollat

En 2016, il avait été consacré « Homme de l’année » par le magazine spécialisé britannique Decanter, une des publications de référence dans le monde du vin.

Il a laissé, avec Pascal Ribéreau-Gayon, un « Traité d’oenologie » en deux volumes (Editions Dunod) et, en 2012, « Autour d’une bouteille. L’oenologie dans tous ses états ».

Côté Châteaux présente ses plus sincères condoléances à sa famille. Un grand merci à Jean-Bernard Nadeau pour ses magnifiques photos de Denis Dubourdieu.

Retrouvez l’interview de Denis Dubourdieu en avril 2014 à propos des primeurs de Bordeaux par Jean-Pierre Stahl et Didier Bonnet

06 Juil

Hommage unanime à Frédéric de Luze, le président des Crus Bourgeois du Médoc disparu

C’est une bien triste nouvelle qui chagrine tout Bordeaux et particulièrement le Médoc. Frédéric de Luze, le président des Crus Bourgeois est décédé le 5 juillet des suites d’une très longue maladie. Il dirigeait depuis plus de 20 ans l’une des plus grandes maisons de négoce de Bordeaux avec Thierry Decré, LD Vins et était à la tête avec sa famille du château Paveil de Luze.

CIVB

Frédéric de Luze à gauche, lors de la remise de la coupe des Crus Bourgeois avec Olivier Bompas et Jacques Dupont du Point au Bar à Vins du CIVB © JPS

Frédéric de Luze est ce genre de personnage attachant par son professionnalisme, sa réussite à valeur d’exemple et l’humilité qu’il dégageait. J’ai eu l’occasion de l’interviewer plusieurs fois en tant que président de l’Alliance ou des Crus Bourgeois du Médoc lors des dégustations primeurs, mais aussi en Chine lors de Vinexpo Hong-Kong sur l’émergence du marché chinois en 2008.

Propriétaire du château Paveil de Luze à Margaux (sa famille détient ce domaine depuis 1862), il s’était lancé récemment dans un nouveau projet en mettant son domaine viticole en location, le premier du genre, sur AirBnB; on pouvait d’ailleurs le voir dans un petit film fort sympathique réalisé par toute la famille intitulé « Bienvenue au château Paveil de Luze ».

Viticulteur à la tête d’un vignoble de 32 ha, il était aussi président des Crus Bourgeois du Médoc, cette association qui rassemble 250 châteaux et notamment bon nombre de ces grands vins du Médoc qui n’ont pas été retenus dans le classement de 1855 mais qui sont de très bonne facture d’une manière générale. Il avait d’ailleurs remis la coupe des Crus Bourgeois à Jérôme Bibey en mai 2014 au Bar à Vins du CIVB (photo ci-dessus).

Les témoignages de reconnaissance et de sympathie du monde du vin bordelais et de la presse spécialisée commencent à affluer, pour souligner ce grand personnage du monde du vin et grand humaniste également:

Pour Jérôme Bibey, viticulteur et membre du Conseil d’Administration des Crus Bourgeois : « c’est une énorme perte, on est tous émus. Ce que j’appréciais chez lui, c’est sa simplicité, sa capacité à se mettre au niveau de tous les gens, de tout type de personnalité, sa capacité à faciliter les échanges. Je fais partie du Conseil d’Administration, j’en suis un des plus jeunes, il a toujours eu les bonnes phrases pour faciliter mon intégration… »

C’était quelqu’un de foncièrement gentil, j’en suis persuadé, quelqu’un qui faisait l’unanimité », Jérôme Bibey viticulteur des Crus Bourgeois

Pour Bernard Farges, président du CIVB, « c’est une perte difficile, on le savait malade depuis longtemps. C’est un personnage important : viticulteur, négociant, président de Crus Bourgeois, il détenait plusieurs responsabilités importantes. Il était très attaché au bordelais et à la valorisation des vins de Bordeaux. Il a vécu une belle aventure avec les Crus Bourgeois du Médoc, oui c’est une perte importante pour la filière bordelaise. »

Il s’est toujours comporté avec une sorte de simplicité aristocratique, beaucoup d’aisance, un grand sens de l’humour et très fidèle en amitié » Christophe Reboul-Salze président The Wine Merchant

Très ému également, Jacques Dupont, journaliste au Point : « c’est quelqu’un que j’aimais beaucoup, de très pur, de très droit, avec un courage invraissemblable face à la maladie. Il avait ce sourire aristocratique que j’avais connu chez un de mes bons amis de Moët et Chandon qui a lutté contre cette même maladie avec ce même sourire. Il avait cette espèce de classe.  Je ne pensais pas qu’il allait disparaître, il triomphait tellement de la maladie, il ne montrait tellement pas qu’il était malade et il dominait tellement la situation, qu’à chaque rebondissement, j’avais l’impression qu’il gagnait des étapes mais ce qu’on ne se rendait pas compte, c’est qu’en fait la maladie gagnait ces étapes ».

Et de rendre hommage à tout son travail :

Son boulot à l’Alliance était formidable, il a réussi à fédérer tout le monde, à redonner envie à tous ces châteaux de se retrouver au sein des Crus Bourgeois », Jacques Dupont journaliste du Point.

« Malheureusement il n’a pas achevé le travail, et c’est bien dommage. On espère tous qu’un jour, il y aura un classement dans la durée, pérenne. Je pense que lui aurait aimé cela. »

Frédéric de Luze et Thierry Decré, les fondateurs d’une des plus grosses maisons de négoce de Bordeaux © LD Vins

Frédéric de Luze c’est aussi ce grand personnage du négoce bordelais. En 1992, il a créé LD Vins, avec son associé Thierry Decré, une société de négoce sur la rive droite de Bordeaux, une société qui a grandi au fil du temps pour compter plusieurs dizaines de  collaborateurs. Une société spécialisée dans la commercialisation dans le monde entier des grands crus de Bordeaux.

« Cela a été une grande aventure de jeunesse, car on était jeune en 1992, on avait moins de 30 ans tous les deux, on est de la même année (1961, Thierry de janvier et Frédéric de novembre), on était ami depuis l’âge de 14 ans… », me confie Thierry Decré son associé de LD VINS.

C’est le hasard de la vie qui a fait que l’on crée cette maison de négoce. Cela a été une très belle aventure, en partant de rien, on est allé assez loin en exportant dans tous les pays du monde », Thierry Decré PDG de LD Vins.

« Aujourd’hui, on travaille avec une trentaine de personnes et notre chiffre d’affaire varie selon les années entre 50 et 70 millions d’euros. »

« Pendant 20, on n’a jamais reculé au niveau chiffre d’affaire, on a toujours progressé. Notre association était peu commune, on était ami dans la vie privée et on a continué à partager ensemble dans le travail. On était très différent mais on partageait souvent les mêmes goûts. Même si les angles n’étaient pas les mêmes, nous avions au final le même avis. »

Le Baron Frédéric de Luze était marié et père de 4 enfants. Ses obsèques seront célébrées mardi matin, à 10h15, en l’église Saint-Louis des Chartrons à Bordeaux. A sa famille, à ses amis dont son associé et ami Thierry Decré, à la famille des Crus Bourgeois, Côté Châteaux présente ses plus sincères condoléances.

22 Juin

A chacun son trip, eux c’est le Saint-Emilion Wine Trip

C’est une mini-révolution au monde du vin. Les châteaux vont vers le consommateur pour apprendre l’art de la dégustation aux néophytes et aux amateurs. Les Vins de Saint-Emilion ont ainsi lancé le Saint-Emilion Wine Trip, façon food truck, avec un tub Citroën rouge, qui est en passe de devenir aussi célèbre que la Cité Millénéaire. Embarquez à bord du Saint-Emilion Wine Trip avec son sommelier Frédérick Breysse.

Le Saint-Emilion Wine Trip avec un vieux tub Citroën de 1976 © Jean-Pierre Stahl

Le Saint-Emilion Wine Trip avec un vieux tub Citroën de 1976 © Jean-Pierre Stahl

L’idée des plus originales est venue du brillant directeur des vins de Saint-Emilion, Franck Binard. Certes, il a un peu « pompé » sur les food-trucks, mais justement c’est ça l’insolite, l’originalité, c’est de l’adapter au vin et en particulier d’en faire un « Cheval de Troie » dans 17 villes traversées cette année. Le concept très simple était d’en faire un bar à vin ambulant à destination des néophytes et des amateurs, d’y associer un sommelier en la personne de Frédérick Breysse, ainsi qu’un viticulteur sur chaque opération, sans oublier les cavistes dans les régions traversées.

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« Ce HY a été transformé en mode bar à vins pour faire la promotion des vins de Saint-Emilion. Ce truck date de 1976, il a 40 ans cette année, il a été entièrement restauré aux couleurs de Saint-Emilion, aux couleurs de l’appellation. Nous allons parcourir 17 étapes sur toute la France avec des viticulteurs qui m’accompagnent. Des viticulteurs de Saint-Emilion, Lussac Saint-Emilion et Puisseguibn Saint-Emilion », précise Frédérick Breysse.

L’avantage de ce Wine Trip, c’est que l’on va au devant de nos consommateurs, qui sont nos ambassadeurs, au devant du public, pour écouter leurs attentes, répondre à leurs questions et les former aux vins de Saint-Emilion, sur les différents terroirs les différents AOC » Yohan Aubert, château la Couspaude, Saint Emilion Grand Cru Classé.

Des touristes japonaises dégustant un verre de château la Couspaude avec Yohan Aubert © JPS

Des touristes japonaises dégustant un verre de château la Couspaude avec Yohan Aubert © JPS

Ce Wine Trip a « une gueule » incroyable, un camion rouge qui attire l’oeil, avec un son de moteur d’antan, une boîte 3 vitesses et un brin de nostalgie qui plaît tant aux français qu’aux étrangers en vacances: « Je viens de Vancouver, et je peux vous dire qu’on a beaucoup de food trucks, qui servent énormément de sandwichs et de salades, mais il n’y en a aucun qui sert du vin, c’est génial », assure un touriste Canadien.

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Le Saint-Emilion Wine Trip va faire 17 escales partout en France, ayant déjà obtenu un chaleureux accueil comme à Guebwiller en Alsace:

Frédérick Breysse, le sommelier qui apprend aux néophytes à déguster © JPS

Frédérick Breysse, le sommelier qui apprend aux néophytes à déguster © JPS

L’accueil est très positif, tant sur des festivals musicaux comme ODP Talence ou à Vannes pour le Festival de jazz, également sur des marchés aux vins car nous étions également invités d’honneur au marché de Guebwiller en Alsace, les gens sont vraiment ravis que les vins de Saint-Emilion se déplacent, aille à leur rencontre », Frédérick Breysse sommelier du Saint-Emilion Wine Trip.

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Et d’ajouter : « C’est pour répondre à des questions, également les initier aussi à la dégustation en leur donnant quelques clés : c’est les aider à mettre des mots sur leurs sensations, c’est souvent le plus dur, c’est très subjectif, mais voilà d’une manière ludique, conviviale il faut désacraliser l’univers des vins. Finalement, les gens se font un monde de ces dégustations, mais c’est finalement quelque chose d’assez simple, il faut que ça reste une notion de plaisir avant tout. »

Prochaines escales du Saint-Emilion Wine Trip à la Fête de la Confluence à Libourne les 1-2-3 juillet et durant une semaine au Festival de Jazz de Vannes en Bretagne la dernière semaine de juillet. Un Saint-Emilion Wine Trip qui va aussi avoir un bel accueil à l’étranger puisqu’il se rendra à Bruxelles et à New-York prochainement.

Un reportage de Jean-Pierre Stahl

28 Mai

La Cité du Vin : le fruit de l’imagination d’Anouk Legendre et Nicolas Desmazières

Venez faire connaissance avec les Architectes d’XTU, Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, qui signent ce concept. Cette Cité du Vin, ils l’ont voulue très fluide,  « une rondeur sans couture » comme aime à le rappeler Anouk Legendre. Elle symbolise le mouvement du vin dans un verre mais aussi les courbes de la Garonne.

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, de XTU, les deux architectes de la Cité du Vin

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, de XTU, les deux architectes de la Cité du Vin

Il y a presque 6 ans ses premiers traits figuraient sur un papier. Aujourd’hui, la Cité du Vin est bien réelle. Un projet à 4 mains, signé Anouk Legendre (qui a fréquenté l’Ecole d’Architecture de Bordeaux) et Nicolas Desmazières, les deux architectes fondateurs et associés de l’agence parisienne XTU.

Archis Cité 081C’est en 2010 qu’ils ont planché sur ce projet. Ils étaient 115 sur la ligne de départ. Et finalement 5 retenus dans la dernière ligne droite. Leur projet devait comporter une partie horizontale susceptible d’accueillir ce qui devriendra le parcours permanent et une autre verticale pour permettre d’avoir un belvédère et permettre au visiteur d’avoir une vue imprenable sur Bordeaux.

Archis Cité 070

« Cette enveloppe vient réunifier une tour verticale qui est la tour du belvédère » commente Nicolas Desmazières qui nous dévoile les premières ébauches de la fin 2010 avant de montrer une autre esquisse qui déjà montre une petite évolution :« on se retrouve là dans une hypothèse un peu différente où l’enveloppe devient un petit peu la robe pour reprendre un vocabulaire du vin… »

Les architectes d’XTU devaient monter un dossier en faisant équipe avec des scénographes d’intérieur. Ils ont choisi Casson Mann, des experts dans l’aménagement de musée en Grande-Bretagne qui bénéficiaient déjà à l’époque d’une belle notoriété

Début 2011, ils font donc partie de la « short list » des architectes et designers qui sont retenus pour finalement rendre un projet qui a une histoire totalement inspirée du vin. 

https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/cote-chateaux/2016/05/28/la-cite-du-vin-le-fruit-de-limagination-danouk-legendre-et-nicolas-desmazieres.html

Le musée de la préhistoire en Corée du Sud signé par les architectes d’XTU © JPS

En effet, ils ont vécu deux moments forts qui ont eu une influence sur leur dessin final : « tout d’abord on est allé s’immerger dans le vignoble bordelais, à la rencontre des vignerons, » explique Nicolas Desmazières, ainsi que des paysages de vignes. Et puis il y a eu également ce chantier en Corée du Sud, non loin de Séoul, pour lequel il leur avait été demandé de dessiner le musée de la préhistoire (livré avant la Cité du Vin)

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières aux pieds de la Cité du Vin mercredi dernier © Jean-Pierre Stahl

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières aux pieds de la Cité du Vin mercredi dernier © Jean-Pierre Stahl

Anouk Legendre explique quel a été leur déclic : « Au moment, où l’on est parti en Corée voir le chantier, on était dans une phase du projet de Bordeaux où on était sur un mouvement tournant, une forme en spirale qui se finissait en tour…et on est arrivé en Corée, on n’avait pas encore vu le projet en vrai (…), on est arrivé sur le site et c’était tellement scotchant de voir le bâtiment dans le site avec ses formes arrondies, douces, en harmonie dans le paysage et fluides, qu’on s’est dit bien sûr c’est cela qu’il faut faire pour Bordeaux, parce que c’est ce qui va faire le lien avec le fleuve avec la fluidité, avec l’élément liquide et finalement cela donnait un sens à l’ensemble. Et quelque part le projet de Bordeaux c’est un peu le mariage, la rencontre entre la Corée, le fleuve, et l’élément liquide et la rencontre avec les vignerons. »

Au 8e étage, le belvédère avec une vue à 360° © JPS

Au 8e étage, le belvédère avec une vue à 360° © JPS

 « Quand on a aussi rencontré les vignerons, on a goûté un vin, et ce vigneron a posé le vin, l’un des 10 meilleurs qu’il avait goûté dans sa vie, et il a dit une « rondeur sans couture » et quand on a repensé à ce qu’on allait faire là à Bordeaux, la rondeur sans couture nous a habités car le vin qu’on avait goûté nous avait touché aussi. »

Un plafond avec plusieurs milliers de bouteilles © JPS

Un plafond avec plusieurs milliers de bouteilles © JPS

Le projet une fois redessiné va traduire cette fluidité avec une tour qui atteindra 55 mètres de hauteur, plus haut que l’Arc de Triomphe à Paris avec ses 50 mètres.

C’est tout de même un exploit avec une ossature en bois digne du cathédrale. Ce sont 574 arches en bois lamellé-collé qui vont constituer son squelettre et ces formes si particulières, avec des bois qui semblent tels les ceps de vigne prendre racines dans le sol  : « toutes ces charpentes font un univers à l’intérieur du parcours permanent en créant des paysages qui sont tout le temps changeants;  et on va vraiment immerger le spectateur dans un paysage qui a une évocation des vignes et de l’univers du vin. » explique Nicolas Desmazières.

Anouk Legendre, Nicolas Desmazières et Florence Maffrand à al santé de la Cité du Vin © JPS

Anouk Legendre, Nicolas Desmazières et Florence Maffrand à al santé de la Cité du Vin © JPS

« Tous les arcs en bois sont tous différents. Il y a des grandes portées, c’était quand même un challenge à relever. Tous ces arcs sont repris avec des fixations très très fines, ce qui fait que quand vous vous promenez ils sont juste posés sur le béton, on n’a pas des grosses charnières ou des grosses fixations. »

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières devant la Cité du Vin © Jean-Pierre Stahl

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières devant la Cité du Vin © Jean-Pierre Stahl

L’autre exploit réside encore dans la vêture mixte avec ces 2500 panneaux d’aluminium et 918 de verres blancs, noirs et transparents sérigraphiés tous différemment. Une vêture constamment changeante au niveau de ses réflets:

Anouk Legendre conclue « on avait cherché à exprimer un élément liquide, quelque chose un peu dansant qui danse au bord de l’eau et qui répond au fleuve, qui reprend aussi les couleurs du fleuve : des fois c’est plus doré, des fois c’est plus gris et le fleuve est comme cela aussi un peu changeant, et le vin aussi c’est changeant, jamais toujours pareil. »

Regardez le reportage  de Jean-Pierre Stahl, Guillaume Decaix, Eric Delwaerde, Chrsitophe Varone :

11 Avr

Vinexpo Asie du 24 au 26 mai : « ce sera le plus grand Vinexpo Hong-Kong jamais réalisé » selon Guillaume Deglise

A un peu plus de 40 jours de Vinexpo Asie, Guillaume Deglise, le directeur général de Vinexpo, livre, dans un entretien exclusif à Côté Châteaux, les enjeux et perspectives de ce salon phare dans la zone Asie-Pacifique.  Côté Châteaux lui décerne sa rubrique « vigneron du mois. »

 Guillaume Deglise, le directeur général de Vinexpo © Jean-Pierre Sathl

Guillaume Deglise, le directeur général de Vinexpo © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl : « Vinexpo Asie, ce sera du 24 au 26 mai à Hong-Kong, c’est un salon très attendu ? »

Guillaume Deglise : « c’est un doublé asiatique car on a Tokyo au mois de novembre. Avec Hong-Kong, c’est la seconde fois depuis 2014 que nous organisons ces 2 salons ensemble : des salons qui ont toute leur place.

Cela reste des marchés porteurs même s’il y a eu une crise d’activité en Chine. Ce sont des marchés qui continuent à se développer avec des importateurs qui se sont professionnalisés.

On est d’autant plus content qu’on a un vrai leadership sur l’Asie, cela a été une vrai bonne idée d’aller en 1998 sur Hong-Kong et de pérenniser l’événement », Guillaume Deglise.

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JPS :  » Quelle physionomie aura cette année Vinexpo Hong-Kong ? »

Guillaume Deglise : « ce sera le plus grand Vinexpo Hong-Kong jamais réalisé. On avait augmenté de 50% la superficie d’exposition il y a deux ans, cette année on va atteindre 15000 M2 (contre 14000 en 2014) : on est « sold-out » complètement ! »

Quant au contexte, « le Hong-Kong dollar est en forte hausse par rapport à il y a 2 ans, ça a été difficile pour nous et pour nos clients. Hong-Kong est une ville qui devient chère mais…

Hong-Kong est le hub incontournable pour les vins et spiritueux, cette destination, comme Vinexpo Bordeaux, reste attirante »

« Toute la planète vin se réunit à Vinexpo, ça vient du monde entier et toute la zone Asie-Pacifique est là. Cela fait de cet événement un moment privilégié pour la profession ».

Fin prêt pour affronter le nouveau Vinexpo Asie du 24 au 26 mai à Hong-Kong © JPS

Fin prêt pour affronter le nouveau Vinexpo Asie du 24 au 26 mai à Hong-Kong © JPS

JPS : « Le marché asiatique est-il toujours aussi intéressant, après les deux années de baisse en Chine et un nouveau rebond ? »

Guillaume Deglise : « Oui, le marché repart, mais pas dans les mêmes conditions comme avant la cure d’austérité et l’avant gifting (cette période où le marché était surtout soutenu par les cadeaux de grands vins chers). Aujourd’hui, les gens qui achètent les vins, c’est pour les consommer. »

Une frange de la population va vers des vins d’entrée ou de milieu de gamme, c’est ce secteur-là qui se développe. Le consommateur a une ouverture d’esprit qui n’existait pas jusqu’à présent.

« Une ouverture sur la provenance, l’origine, le prix et le marketing du vin qui passe par l’étiquette et son histoire. On a de plus en plus d’étrangers qui viennent exposer car il y a des perspectives de développement. Ce sont 33 pays qui exposent à Hong-Kong, parmi les nouveaux des pays de l’est ou encore des producteurs de spiritueux (comme le rhum de l’Ile Maurice). »

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JPS : « Ce salon Vinexpo Asie semble de plus en plus porteur ? »

Guillaume Deglise : « La marque Vinexpo est assez forte et attire les grands noms du secteur : on a le retour de grandes marques champenoises et de grandes marques italiennes. On attend 17000 visiteurs de tous les pays de la zone Asie-Pacifique et d’ailleurs : un acheteur européen qui prend un billet d’avion, on ne va pas lui fermer la porte. Il y aura des nouveaux acteurs des Maldives, du Népal, des îles du Pacifique…On essaie aussi d’avoir davantage d’acheteurs de l’Australie ». 

JPS : « Mais Vinexpo Hong-Kong, ce n’est pas que des exposants ? »

Guillaume Deglise  : « Ce sont aussi des conférences et des dégustations. On fait une grande conférence sur le marché chinois où l’on invite les speakers à s’exprimer sur les opportunités et l’avenir du marché.

« L’Italie est le pays à l’honneur, ce qui va donner lieu à des dégustations et à des conférences. Mais il y en aura aussi bien sû ravec l’Union des Grands Crus de Bordeaux, les Crus Bourgeois du Médoc, les Côtes de Bordeaux, le Syndicat et l’association des Grands Crus de Saint-Emilion, le Grand Cercle des Vins de Bordeaux, les Bordeaux et Bordeaux Supérieur,… »

« Nous lançons aussi « Vinexpo featuring Bettane + Desseauve », Bettane et Desseauve seront là durang ces 3 jours animant une dizaine de dégustation dans une salle dédiée. »

« On aura le tout nouveau meilleur sommelier du monde, je vais à Mendoza en Argentine la semaine prochaine pour lui remettre son prix. On ne sait pas qui sait, il succédera à Paolo Basso. »

On organise le Vinexpo Challenge, une dégustation à l’aveugle de 10 vins avec le meilleur sommelier du monde

« Ce sont 10 vins d’origine différente, 5 blancs et 5 rouges, je sélectionne avec le meilleur sommelier du monde. Et celui qui gagne le plus de points gagne le challenge. »

 

JPS : « La question piège : est-ce que Pro Wein Shangaï fait de l’ombre à Vinexpo Hong-Kong ? »

Guillaume Deglise : « J’y suis allé l’an dernier pour la 1ère fois, c’était important pour moi de voir ProWein Shangaï. Leur positionnement est différent. Notre salon est très régional, il rassemble de très grandes marques, les leaders mais aussi des marques « challenger ». C’est vraiment le rendez-vous en Asie.  ProWein n’est qu’à ses débuts et cible le marché chinois exclusivement. En termes de visitorat ou d’organisation, nous ne sommes pas sur les mêmes créneaux. Bien sûr, il faut avoir un oeil, cela nous pousse à être meilleur et à y apporter du business. »

On met en place les « One to Wine Meetings » : c’est une plate forme gratuite de mise en relation avec les acheteurs.

« On organise les rendez-vous, ils vont rencontrer des prospects qu’ils n’avaient pas prévu de rencontrer. En terme de business, on est les seuls à le faire ! »

JPS : « Quant au marché des spiritueux, il est important en Asie, non ? »

Guillaume  Deglise : « L’Asie est en effet la plus grande place de consommation des spiritueux avec notamment leur beiju. On a les expositions sur le cognac, le whisky, la vodka qui reflètent la bonne santé de ce marché. Mais notre expertise reste à 85% tournée vers le marché des vins.

« C’est au final un bon investissement pour les marques. Le salon est sur 3 jours, c’est une bonne durée pour Hong-Kong, il n’y a pas de temps mort. Il y a beaucoup d’excitation, les exposants sont occupés du début à la fin… »

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JPS : « Vinexpo Bordeaux est déjà lancé, rappelez-nous les dates… »

Guillaume Deglise : « Vinexpo Bordeaux du 18 au 21 juin 2017. Il y aura pas mal de nouveautés et de transformations. Pas sur l’aspect logistique qui est plutôt pas mal grâce au tram il y a eu des améliorations notoires, mais on a la volonté d’être beaucoup plus attractif.

« On travaille déjà sur le projet avec des évolutions importantes, avec déjà un salon ramené de 5 à 4 jours ».

« On a bien compris une chose : notre axe majeur est de faire venir plus d’acheteurs. Ce sera un Vinexpo plus efficace et plus sérieux, tout en gardant notre ADN, et le networking qu’on va reprendre avec « The Blend » ces rencontres « after work ».

« A Hong-Kong, on aura également un soir de networking sur le thème de l’Italie (pays invité d’honneur) pour boire une verre de vin ou de spiritueux italien, de 18h30 à 20h30, ouvert à tout le monde, bref un apéro géant. La marque « the Blend » me plaît bien et on va la faire vivre ».

Pour aller plus loin : Vinexpo Hong-Kong 2016

28 Mar

Paul Pontallier, le directeur de château Margaux nous a quittés

Une bien triste nouvelle endeuille une fois de plus le monde du vin. La figure emblématique de Margaux, Paul Pontallier directeur général du château, est décédé des suites d’une longue maladie. 

Paul Pontallier, directeur de © château Margaux

Paul Pontallier, directeur de © château Margaux

Entré en 1983 à Margaux, Paul Pontallier, né en 1956 à Bordeaux, a d’abord été diplômé de l’Institut National Agronomique de Paris Grignon, puis il s’est spécialisé en Viticulture et Œnologie à Montpellier. En 1978, il est revenu à Bordeaux afin d’étudier à l’Institut d’œnologie de Talence. Il a soutenu une thèse sur les Conditions d’élevage des vins rouges en barriques et obtenu son doctorat en 1981.

Il est devenu directeur général en 1990 de ce prestigieux château, connu dans le monde entier et 1er grand cru classé en 1855, succédant ainsi à Philippe Barré.

C’est avec une profonde tristesse et une grande émotion que tous les membres de l’équipe de Château Margaux se joignent à moi pour vous faire part du décès de Monsieur Paul Pontallier. Il avait rejoint le domaine en 1983 pour en devenir le directeur général dès 1990, à l’âge de 34 ans » Corinne Mentzelopoulos, propriétaire de château Margaux

Pour Jacques Dupont, célèbre journaliste du Point :  « Paul incarnait la modestie et l’humilité du très grand cru qui n’a rien à prouver. Chez lui, l’objectif n’était pas la démonstration de force, mais l’harmonie : « On ne saisit jamais la vraie capacité de puissance que révèle l’équilibre », disait-il ».

Château Margaux perd son magicien, Bordeaux un sage, un intuitif et le monde du vin un humaniste », Jacques Dupont, journaliste du Point

sundaytimes

L’ensemble de la presse spécialisée en vin salue ce très grand Monsieur, du Wine Spectator à Terre de Vins « fin technicien, sans cesse en quête de qualité, il a travaillé sans relâche aux côtés de l’équipe de la propriété pour magnifier ce cru d’exception » selon Laura Bernaulte.

WINESPECTATOR

 

Un triste disparition qui survient à l’aube de la semaine des primeurs à Bordeaux où journalistes, négociants et distributeurs du monde entier viennent déguster le millésime 2015.

Le domaine du château Margaux, qui abrite un château à colonnades appelé « le Versailles du Médoc », rare exemple français du style néo-palladien construit en 1815 sur un ancien manoir, avait fêté en 2015 son 200e anniversaire par la construction d’un nouveau chai, oeuvre de l’architecte britannique Norman Foster.

Côté Châteaux présente à sa famille et à ses collègues et amis de château Margaux ses plus sincères condoléances et son profond respect.