06 Juil

Hommage unanime à Frédéric de Luze, le président des Crus Bourgeois du Médoc disparu

C’est une bien triste nouvelle qui chagrine tout Bordeaux et particulièrement le Médoc. Frédéric de Luze, le président des Crus Bourgeois est décédé le 5 juillet des suites d’une très longue maladie. Il dirigeait depuis plus de 20 ans l’une des plus grandes maisons de négoce de Bordeaux avec Thierry Decré, LD Vins et était à la tête avec sa famille du château Paveil de Luze.

CIVB

Frédéric de Luze à gauche, lors de la remise de la coupe des Crus Bourgeois avec Olivier Bompas et Jacques Dupont du Point au Bar à Vins du CIVB © JPS

Frédéric de Luze est ce genre de personnage attachant par son professionnalisme, sa réussite à valeur d’exemple et l’humilité qu’il dégageait. J’ai eu l’occasion de l’interviewer plusieurs fois en tant que président de l’Alliance ou des Crus Bourgeois du Médoc lors des dégustations primeurs, mais aussi en Chine lors de Vinexpo Hong-Kong sur l’émergence du marché chinois en 2008.

Propriétaire du château Paveil de Luze à Margaux (sa famille détient ce domaine depuis 1862), il s’était lancé récemment dans un nouveau projet en mettant son domaine viticole en location, le premier du genre, sur AirBnB; on pouvait d’ailleurs le voir dans un petit film fort sympathique réalisé par toute la famille intitulé « Bienvenue au château Paveil de Luze ».

Viticulteur à la tête d’un vignoble de 32 ha, il était aussi président des Crus Bourgeois du Médoc, cette association qui rassemble 250 châteaux et notamment bon nombre de ces grands vins du Médoc qui n’ont pas été retenus dans le classement de 1855 mais qui sont de très bonne facture d’une manière générale. Il avait d’ailleurs remis la coupe des Crus Bourgeois à Jérôme Bibey en mai 2014 au Bar à Vins du CIVB (photo ci-dessus).

Les témoignages de reconnaissance et de sympathie du monde du vin bordelais et de la presse spécialisée commencent à affluer, pour souligner ce grand personnage du monde du vin et grand humaniste également:

Pour Jérôme Bibey, viticulteur et membre du Conseil d’Administration des Crus Bourgeois : « c’est une énorme perte, on est tous émus. Ce que j’appréciais chez lui, c’est sa simplicité, sa capacité à se mettre au niveau de tous les gens, de tout type de personnalité, sa capacité à faciliter les échanges. Je fais partie du Conseil d’Administration, j’en suis un des plus jeunes, il a toujours eu les bonnes phrases pour faciliter mon intégration… »

C’était quelqu’un de foncièrement gentil, j’en suis persuadé, quelqu’un qui faisait l’unanimité », Jérôme Bibey viticulteur des Crus Bourgeois

Pour Bernard Farges, président du CIVB, « c’est une perte difficile, on le savait malade depuis longtemps. C’est un personnage important : viticulteur, négociant, président de Crus Bourgeois, il détenait plusieurs responsabilités importantes. Il était très attaché au bordelais et à la valorisation des vins de Bordeaux. Il a vécu une belle aventure avec les Crus Bourgeois du Médoc, oui c’est une perte importante pour la filière bordelaise. »

Il s’est toujours comporté avec une sorte de simplicité aristocratique, beaucoup d’aisance, un grand sens de l’humour et très fidèle en amitié » Christophe Reboul-Salze président The Wine Merchant

Très ému également, Jacques Dupont, journaliste au Point : « c’est quelqu’un que j’aimais beaucoup, de très pur, de très droit, avec un courage invraissemblable face à la maladie. Il avait ce sourire aristocratique que j’avais connu chez un de mes bons amis de Moët et Chandon qui a lutté contre cette même maladie avec ce même sourire. Il avait cette espèce de classe.  Je ne pensais pas qu’il allait disparaître, il triomphait tellement de la maladie, il ne montrait tellement pas qu’il était malade et il dominait tellement la situation, qu’à chaque rebondissement, j’avais l’impression qu’il gagnait des étapes mais ce qu’on ne se rendait pas compte, c’est qu’en fait la maladie gagnait ces étapes ».

Et de rendre hommage à tout son travail :

Son boulot à l’Alliance était formidable, il a réussi à fédérer tout le monde, à redonner envie à tous ces châteaux de se retrouver au sein des Crus Bourgeois », Jacques Dupont journaliste du Point.

« Malheureusement il n’a pas achevé le travail, et c’est bien dommage. On espère tous qu’un jour, il y aura un classement dans la durée, pérenne. Je pense que lui aurait aimé cela. »

Frédéric de Luze et Thierry Decré, les fondateurs d’une des plus grosses maisons de négoce de Bordeaux © LD Vins

Frédéric de Luze c’est aussi ce grand personnage du négoce bordelais. En 1992, il a créé LD Vins, avec son associé Thierry Decré, une société de négoce sur la rive droite de Bordeaux, une société qui a grandi au fil du temps pour compter plusieurs dizaines de  collaborateurs. Une société spécialisée dans la commercialisation dans le monde entier des grands crus de Bordeaux.

« Cela a été une grande aventure de jeunesse, car on était jeune en 1992, on avait moins de 30 ans tous les deux, on est de la même année (1961, Thierry de janvier et Frédéric de novembre), on était ami depuis l’âge de 14 ans… », me confie Thierry Decré son associé de LD VINS.

C’est le hasard de la vie qui a fait que l’on crée cette maison de négoce. Cela a été une très belle aventure, en partant de rien, on est allé assez loin en exportant dans tous les pays du monde », Thierry Decré PDG de LD Vins.

« Aujourd’hui, on travaille avec une trentaine de personnes et notre chiffre d’affaire varie selon les années entre 50 et 70 millions d’euros. »

« Pendant 20, on n’a jamais reculé au niveau chiffre d’affaire, on a toujours progressé. Notre association était peu commune, on était ami dans la vie privée et on a continué à partager ensemble dans le travail. On était très différent mais on partageait souvent les mêmes goûts. Même si les angles n’étaient pas les mêmes, nous avions au final le même avis. »

Le Baron Frédéric de Luze était marié et père de 4 enfants. Ses obsèques seront célébrées mardi matin, à 10h15, en l’église Saint-Louis des Chartrons à Bordeaux. A sa famille, à ses amis dont son associé et ami Thierry Decré, à la famille des Crus Bourgeois, Côté Châteaux présente ses plus sincères condoléances.

22 Juin

A chacun son trip, eux c’est le Saint-Emilion Wine Trip

C’est une mini-révolution au monde du vin. Les châteaux vont vers le consommateur pour apprendre l’art de la dégustation aux néophytes et aux amateurs. Les Vins de Saint-Emilion ont ainsi lancé le Saint-Emilion Wine Trip, façon food truck, avec un tub Citroën rouge, qui est en passe de devenir aussi célèbre que la Cité Millénéaire. Embarquez à bord du Saint-Emilion Wine Trip avec son sommelier Frédérick Breysse.

Le Saint-Emilion Wine Trip avec un vieux tub Citroën de 1976 © Jean-Pierre Stahl

Le Saint-Emilion Wine Trip avec un vieux tub Citroën de 1976 © Jean-Pierre Stahl

L’idée des plus originales est venue du brillant directeur des vins de Saint-Emilion, Franck Binard. Certes, il a un peu « pompé » sur les food-trucks, mais justement c’est ça l’insolite, l’originalité, c’est de l’adapter au vin et en particulier d’en faire un « Cheval de Troie » dans 17 villes traversées cette année. Le concept très simple était d’en faire un bar à vin ambulant à destination des néophytes et des amateurs, d’y associer un sommelier en la personne de Frédérick Breysse, ainsi qu’un viticulteur sur chaque opération, sans oublier les cavistes dans les régions traversées.

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« Ce HY a été transformé en mode bar à vins pour faire la promotion des vins de Saint-Emilion. Ce truck date de 1976, il a 40 ans cette année, il a été entièrement restauré aux couleurs de Saint-Emilion, aux couleurs de l’appellation. Nous allons parcourir 17 étapes sur toute la France avec des viticulteurs qui m’accompagnent. Des viticulteurs de Saint-Emilion, Lussac Saint-Emilion et Puisseguibn Saint-Emilion », précise Frédérick Breysse.

L’avantage de ce Wine Trip, c’est que l’on va au devant de nos consommateurs, qui sont nos ambassadeurs, au devant du public, pour écouter leurs attentes, répondre à leurs questions et les former aux vins de Saint-Emilion, sur les différents terroirs les différents AOC » Yohan Aubert, château la Couspaude, Saint Emilion Grand Cru Classé.

Des touristes japonaises dégustant un verre de château la Couspaude avec Yohan Aubert © JPS

Des touristes japonaises dégustant un verre de château la Couspaude avec Yohan Aubert © JPS

Ce Wine Trip a « une gueule » incroyable, un camion rouge qui attire l’oeil, avec un son de moteur d’antan, une boîte 3 vitesses et un brin de nostalgie qui plaît tant aux français qu’aux étrangers en vacances: « Je viens de Vancouver, et je peux vous dire qu’on a beaucoup de food trucks, qui servent énormément de sandwichs et de salades, mais il n’y en a aucun qui sert du vin, c’est génial », assure un touriste Canadien.

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Le Saint-Emilion Wine Trip va faire 17 escales partout en France, ayant déjà obtenu un chaleureux accueil comme à Guebwiller en Alsace:

Frédérick Breysse, le sommelier qui apprend aux néophytes à déguster © JPS

Frédérick Breysse, le sommelier qui apprend aux néophytes à déguster © JPS

L’accueil est très positif, tant sur des festivals musicaux comme ODP Talence ou à Vannes pour le Festival de jazz, également sur des marchés aux vins car nous étions également invités d’honneur au marché de Guebwiller en Alsace, les gens sont vraiment ravis que les vins de Saint-Emilion se déplacent, aille à leur rencontre », Frédérick Breysse sommelier du Saint-Emilion Wine Trip.

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Et d’ajouter : « C’est pour répondre à des questions, également les initier aussi à la dégustation en leur donnant quelques clés : c’est les aider à mettre des mots sur leurs sensations, c’est souvent le plus dur, c’est très subjectif, mais voilà d’une manière ludique, conviviale il faut désacraliser l’univers des vins. Finalement, les gens se font un monde de ces dégustations, mais c’est finalement quelque chose d’assez simple, il faut que ça reste une notion de plaisir avant tout. »

Prochaines escales du Saint-Emilion Wine Trip à la Fête de la Confluence à Libourne les 1-2-3 juillet et durant une semaine au Festival de Jazz de Vannes en Bretagne la dernière semaine de juillet. Un Saint-Emilion Wine Trip qui va aussi avoir un bel accueil à l’étranger puisqu’il se rendra à Bruxelles et à New-York prochainement.

Un reportage de Jean-Pierre Stahl

28 Mai

La Cité du Vin : le fruit de l’imagination d’Anouk Legendre et Nicolas Desmazières

Venez faire connaissance avec les Architectes d’XTU, Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, qui signent ce concept. Cette Cité du Vin, ils l’ont voulue très fluide,  « une rondeur sans couture » comme aime à le rappeler Anouk Legendre. Elle symbolise le mouvement du vin dans un verre mais aussi les courbes de la Garonne.

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, de XTU, les deux architectes de la Cité du Vin

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, de XTU, les deux architectes de la Cité du Vin

Il y a presque 6 ans ses premiers traits figuraient sur un papier. Aujourd’hui, la Cité du Vin est bien réelle. Un projet à 4 mains, signé Anouk Legendre (qui a fréquenté l’Ecole d’Architecture de Bordeaux) et Nicolas Desmazières, les deux architectes fondateurs et associés de l’agence parisienne XTU.

Archis Cité 081C’est en 2010 qu’ils ont planché sur ce projet. Ils étaient 115 sur la ligne de départ. Et finalement 5 retenus dans la dernière ligne droite. Leur projet devait comporter une partie horizontale susceptible d’accueillir ce qui devriendra le parcours permanent et une autre verticale pour permettre d’avoir un belvédère et permettre au visiteur d’avoir une vue imprenable sur Bordeaux.

Archis Cité 070

« Cette enveloppe vient réunifier une tour verticale qui est la tour du belvédère » commente Nicolas Desmazières qui nous dévoile les premières ébauches de la fin 2010 avant de montrer une autre esquisse qui déjà montre une petite évolution :« on se retrouve là dans une hypothèse un peu différente où l’enveloppe devient un petit peu la robe pour reprendre un vocabulaire du vin… »

Les architectes d’XTU devaient monter un dossier en faisant équipe avec des scénographes d’intérieur. Ils ont choisi Casson Mann, des experts dans l’aménagement de musée en Grande-Bretagne qui bénéficiaient déjà à l’époque d’une belle notoriété

Début 2011, ils font donc partie de la « short list » des architectes et designers qui sont retenus pour finalement rendre un projet qui a une histoire totalement inspirée du vin. 

https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/cote-chateaux/2016/05/28/la-cite-du-vin-le-fruit-de-limagination-danouk-legendre-et-nicolas-desmazieres.html

Le musée de la préhistoire en Corée du Sud signé par les architectes d’XTU © JPS

En effet, ils ont vécu deux moments forts qui ont eu une influence sur leur dessin final : « tout d’abord on est allé s’immerger dans le vignoble bordelais, à la rencontre des vignerons, » explique Nicolas Desmazières, ainsi que des paysages de vignes. Et puis il y a eu également ce chantier en Corée du Sud, non loin de Séoul, pour lequel il leur avait été demandé de dessiner le musée de la préhistoire (livré avant la Cité du Vin)

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières aux pieds de la Cité du Vin mercredi dernier © Jean-Pierre Stahl

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières aux pieds de la Cité du Vin mercredi dernier © Jean-Pierre Stahl

Anouk Legendre explique quel a été leur déclic : « Au moment, où l’on est parti en Corée voir le chantier, on était dans une phase du projet de Bordeaux où on était sur un mouvement tournant, une forme en spirale qui se finissait en tour…et on est arrivé en Corée, on n’avait pas encore vu le projet en vrai (…), on est arrivé sur le site et c’était tellement scotchant de voir le bâtiment dans le site avec ses formes arrondies, douces, en harmonie dans le paysage et fluides, qu’on s’est dit bien sûr c’est cela qu’il faut faire pour Bordeaux, parce que c’est ce qui va faire le lien avec le fleuve avec la fluidité, avec l’élément liquide et finalement cela donnait un sens à l’ensemble. Et quelque part le projet de Bordeaux c’est un peu le mariage, la rencontre entre la Corée, le fleuve, et l’élément liquide et la rencontre avec les vignerons. »

Au 8e étage, le belvédère avec une vue à 360° © JPS

Au 8e étage, le belvédère avec une vue à 360° © JPS

 « Quand on a aussi rencontré les vignerons, on a goûté un vin, et ce vigneron a posé le vin, l’un des 10 meilleurs qu’il avait goûté dans sa vie, et il a dit une « rondeur sans couture » et quand on a repensé à ce qu’on allait faire là à Bordeaux, la rondeur sans couture nous a habités car le vin qu’on avait goûté nous avait touché aussi. »

Un plafond avec plusieurs milliers de bouteilles © JPS

Un plafond avec plusieurs milliers de bouteilles © JPS

Le projet une fois redessiné va traduire cette fluidité avec une tour qui atteindra 55 mètres de hauteur, plus haut que l’Arc de Triomphe à Paris avec ses 50 mètres.

C’est tout de même un exploit avec une ossature en bois digne du cathédrale. Ce sont 574 arches en bois lamellé-collé qui vont constituer son squelettre et ces formes si particulières, avec des bois qui semblent tels les ceps de vigne prendre racines dans le sol  : « toutes ces charpentes font un univers à l’intérieur du parcours permanent en créant des paysages qui sont tout le temps changeants;  et on va vraiment immerger le spectateur dans un paysage qui a une évocation des vignes et de l’univers du vin. » explique Nicolas Desmazières.

Anouk Legendre, Nicolas Desmazières et Florence Maffrand à al santé de la Cité du Vin © JPS

Anouk Legendre, Nicolas Desmazières et Florence Maffrand à al santé de la Cité du Vin © JPS

« Tous les arcs en bois sont tous différents. Il y a des grandes portées, c’était quand même un challenge à relever. Tous ces arcs sont repris avec des fixations très très fines, ce qui fait que quand vous vous promenez ils sont juste posés sur le béton, on n’a pas des grosses charnières ou des grosses fixations. »

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières devant la Cité du Vin © Jean-Pierre Stahl

Anouk Legendre et Nicolas Desmazières devant la Cité du Vin © Jean-Pierre Stahl

L’autre exploit réside encore dans la vêture mixte avec ces 2500 panneaux d’aluminium et 918 de verres blancs, noirs et transparents sérigraphiés tous différemment. Une vêture constamment changeante au niveau de ses réflets:

Anouk Legendre conclue « on avait cherché à exprimer un élément liquide, quelque chose un peu dansant qui danse au bord de l’eau et qui répond au fleuve, qui reprend aussi les couleurs du fleuve : des fois c’est plus doré, des fois c’est plus gris et le fleuve est comme cela aussi un peu changeant, et le vin aussi c’est changeant, jamais toujours pareil. »

Regardez le reportage  de Jean-Pierre Stahl, Guillaume Decaix, Eric Delwaerde, Chrsitophe Varone :

11 Avr

Vinexpo Asie du 24 au 26 mai : « ce sera le plus grand Vinexpo Hong-Kong jamais réalisé » selon Guillaume Deglise

A un peu plus de 40 jours de Vinexpo Asie, Guillaume Deglise, le directeur général de Vinexpo, livre, dans un entretien exclusif à Côté Châteaux, les enjeux et perspectives de ce salon phare dans la zone Asie-Pacifique.  Côté Châteaux lui décerne sa rubrique « vigneron du mois. »

 Guillaume Deglise, le directeur général de Vinexpo © Jean-Pierre Sathl

Guillaume Deglise, le directeur général de Vinexpo © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl : « Vinexpo Asie, ce sera du 24 au 26 mai à Hong-Kong, c’est un salon très attendu ? »

Guillaume Deglise : « c’est un doublé asiatique car on a Tokyo au mois de novembre. Avec Hong-Kong, c’est la seconde fois depuis 2014 que nous organisons ces 2 salons ensemble : des salons qui ont toute leur place.

Cela reste des marchés porteurs même s’il y a eu une crise d’activité en Chine. Ce sont des marchés qui continuent à se développer avec des importateurs qui se sont professionnalisés.

On est d’autant plus content qu’on a un vrai leadership sur l’Asie, cela a été une vrai bonne idée d’aller en 1998 sur Hong-Kong et de pérenniser l’événement », Guillaume Deglise.

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JPS :  » Quelle physionomie aura cette année Vinexpo Hong-Kong ? »

Guillaume Deglise : « ce sera le plus grand Vinexpo Hong-Kong jamais réalisé. On avait augmenté de 50% la superficie d’exposition il y a deux ans, cette année on va atteindre 15000 M2 (contre 14000 en 2014) : on est « sold-out » complètement ! »

Quant au contexte, « le Hong-Kong dollar est en forte hausse par rapport à il y a 2 ans, ça a été difficile pour nous et pour nos clients. Hong-Kong est une ville qui devient chère mais…

Hong-Kong est le hub incontournable pour les vins et spiritueux, cette destination, comme Vinexpo Bordeaux, reste attirante »

« Toute la planète vin se réunit à Vinexpo, ça vient du monde entier et toute la zone Asie-Pacifique est là. Cela fait de cet événement un moment privilégié pour la profession ».

Fin prêt pour affronter le nouveau Vinexpo Asie du 24 au 26 mai à Hong-Kong © JPS

Fin prêt pour affronter le nouveau Vinexpo Asie du 24 au 26 mai à Hong-Kong © JPS

JPS : « Le marché asiatique est-il toujours aussi intéressant, après les deux années de baisse en Chine et un nouveau rebond ? »

Guillaume Deglise : « Oui, le marché repart, mais pas dans les mêmes conditions comme avant la cure d’austérité et l’avant gifting (cette période où le marché était surtout soutenu par les cadeaux de grands vins chers). Aujourd’hui, les gens qui achètent les vins, c’est pour les consommer. »

Une frange de la population va vers des vins d’entrée ou de milieu de gamme, c’est ce secteur-là qui se développe. Le consommateur a une ouverture d’esprit qui n’existait pas jusqu’à présent.

« Une ouverture sur la provenance, l’origine, le prix et le marketing du vin qui passe par l’étiquette et son histoire. On a de plus en plus d’étrangers qui viennent exposer car il y a des perspectives de développement. Ce sont 33 pays qui exposent à Hong-Kong, parmi les nouveaux des pays de l’est ou encore des producteurs de spiritueux (comme le rhum de l’Ile Maurice). »

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JPS : « Ce salon Vinexpo Asie semble de plus en plus porteur ? »

Guillaume Deglise : « La marque Vinexpo est assez forte et attire les grands noms du secteur : on a le retour de grandes marques champenoises et de grandes marques italiennes. On attend 17000 visiteurs de tous les pays de la zone Asie-Pacifique et d’ailleurs : un acheteur européen qui prend un billet d’avion, on ne va pas lui fermer la porte. Il y aura des nouveaux acteurs des Maldives, du Népal, des îles du Pacifique…On essaie aussi d’avoir davantage d’acheteurs de l’Australie ». 

JPS : « Mais Vinexpo Hong-Kong, ce n’est pas que des exposants ? »

Guillaume Deglise  : « Ce sont aussi des conférences et des dégustations. On fait une grande conférence sur le marché chinois où l’on invite les speakers à s’exprimer sur les opportunités et l’avenir du marché.

« L’Italie est le pays à l’honneur, ce qui va donner lieu à des dégustations et à des conférences. Mais il y en aura aussi bien sû ravec l’Union des Grands Crus de Bordeaux, les Crus Bourgeois du Médoc, les Côtes de Bordeaux, le Syndicat et l’association des Grands Crus de Saint-Emilion, le Grand Cercle des Vins de Bordeaux, les Bordeaux et Bordeaux Supérieur,… »

« Nous lançons aussi « Vinexpo featuring Bettane + Desseauve », Bettane et Desseauve seront là durang ces 3 jours animant une dizaine de dégustation dans une salle dédiée. »

« On aura le tout nouveau meilleur sommelier du monde, je vais à Mendoza en Argentine la semaine prochaine pour lui remettre son prix. On ne sait pas qui sait, il succédera à Paolo Basso. »

On organise le Vinexpo Challenge, une dégustation à l’aveugle de 10 vins avec le meilleur sommelier du monde

« Ce sont 10 vins d’origine différente, 5 blancs et 5 rouges, je sélectionne avec le meilleur sommelier du monde. Et celui qui gagne le plus de points gagne le challenge. »

 

JPS : « La question piège : est-ce que Pro Wein Shangaï fait de l’ombre à Vinexpo Hong-Kong ? »

Guillaume Deglise : « J’y suis allé l’an dernier pour la 1ère fois, c’était important pour moi de voir ProWein Shangaï. Leur positionnement est différent. Notre salon est très régional, il rassemble de très grandes marques, les leaders mais aussi des marques « challenger ». C’est vraiment le rendez-vous en Asie.  ProWein n’est qu’à ses débuts et cible le marché chinois exclusivement. En termes de visitorat ou d’organisation, nous ne sommes pas sur les mêmes créneaux. Bien sûr, il faut avoir un oeil, cela nous pousse à être meilleur et à y apporter du business. »

On met en place les « One to Wine Meetings » : c’est une plate forme gratuite de mise en relation avec les acheteurs.

« On organise les rendez-vous, ils vont rencontrer des prospects qu’ils n’avaient pas prévu de rencontrer. En terme de business, on est les seuls à le faire ! »

JPS : « Quant au marché des spiritueux, il est important en Asie, non ? »

Guillaume  Deglise : « L’Asie est en effet la plus grande place de consommation des spiritueux avec notamment leur beiju. On a les expositions sur le cognac, le whisky, la vodka qui reflètent la bonne santé de ce marché. Mais notre expertise reste à 85% tournée vers le marché des vins.

« C’est au final un bon investissement pour les marques. Le salon est sur 3 jours, c’est une bonne durée pour Hong-Kong, il n’y a pas de temps mort. Il y a beaucoup d’excitation, les exposants sont occupés du début à la fin… »

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JPS : « Vinexpo Bordeaux est déjà lancé, rappelez-nous les dates… »

Guillaume Deglise : « Vinexpo Bordeaux du 18 au 21 juin 2017. Il y aura pas mal de nouveautés et de transformations. Pas sur l’aspect logistique qui est plutôt pas mal grâce au tram il y a eu des améliorations notoires, mais on a la volonté d’être beaucoup plus attractif.

« On travaille déjà sur le projet avec des évolutions importantes, avec déjà un salon ramené de 5 à 4 jours ».

« On a bien compris une chose : notre axe majeur est de faire venir plus d’acheteurs. Ce sera un Vinexpo plus efficace et plus sérieux, tout en gardant notre ADN, et le networking qu’on va reprendre avec « The Blend » ces rencontres « after work ».

« A Hong-Kong, on aura également un soir de networking sur le thème de l’Italie (pays invité d’honneur) pour boire une verre de vin ou de spiritueux italien, de 18h30 à 20h30, ouvert à tout le monde, bref un apéro géant. La marque « the Blend » me plaît bien et on va la faire vivre ».

Pour aller plus loin : Vinexpo Hong-Kong 2016

28 Mar

Paul Pontallier, le directeur de château Margaux nous a quittés

Une bien triste nouvelle endeuille une fois de plus le monde du vin. La figure emblématique de Margaux, Paul Pontallier directeur général du château, est décédé des suites d’une longue maladie. 

Paul Pontallier, directeur de © château Margaux

Paul Pontallier, directeur de © château Margaux

Entré en 1983 à Margaux, Paul Pontallier, né en 1956 à Bordeaux, a d’abord été diplômé de l’Institut National Agronomique de Paris Grignon, puis il s’est spécialisé en Viticulture et Œnologie à Montpellier. En 1978, il est revenu à Bordeaux afin d’étudier à l’Institut d’œnologie de Talence. Il a soutenu une thèse sur les Conditions d’élevage des vins rouges en barriques et obtenu son doctorat en 1981.

Il est devenu directeur général en 1990 de ce prestigieux château, connu dans le monde entier et 1er grand cru classé en 1855, succédant ainsi à Philippe Barré.

C’est avec une profonde tristesse et une grande émotion que tous les membres de l’équipe de Château Margaux se joignent à moi pour vous faire part du décès de Monsieur Paul Pontallier. Il avait rejoint le domaine en 1983 pour en devenir le directeur général dès 1990, à l’âge de 34 ans » Corinne Mentzelopoulos, propriétaire de château Margaux

Pour Jacques Dupont, célèbre journaliste du Point :  « Paul incarnait la modestie et l’humilité du très grand cru qui n’a rien à prouver. Chez lui, l’objectif n’était pas la démonstration de force, mais l’harmonie : « On ne saisit jamais la vraie capacité de puissance que révèle l’équilibre », disait-il ».

Château Margaux perd son magicien, Bordeaux un sage, un intuitif et le monde du vin un humaniste », Jacques Dupont, journaliste du Point

sundaytimes

L’ensemble de la presse spécialisée en vin salue ce très grand Monsieur, du Wine Spectator à Terre de Vins « fin technicien, sans cesse en quête de qualité, il a travaillé sans relâche aux côtés de l’équipe de la propriété pour magnifier ce cru d’exception » selon Laura Bernaulte.

WINESPECTATOR

 

Un triste disparition qui survient à l’aube de la semaine des primeurs à Bordeaux où journalistes, négociants et distributeurs du monde entier viennent déguster le millésime 2015.

Le domaine du château Margaux, qui abrite un château à colonnades appelé « le Versailles du Médoc », rare exemple français du style néo-palladien construit en 1815 sur un ancien manoir, avait fêté en 2015 son 200e anniversaire par la construction d’un nouveau chai, oeuvre de l’architecte britannique Norman Foster.

Côté Châteaux présente à sa famille et à ses collègues et amis de château Margaux ses plus sincères condoléances et son profond respect.

18 Fév

Madiran, son tannat et son terroir gascon

Madiran est cette appellation atypique, à cheval sur 2 grandes régions, mais aussi sur 3 départements. Une histoire qui remonte aux moines Bénédictins qui ont relancé la vigne dans cette région de Gascogne. Aujourd’hui, ce sont 200 vignerons qui font le Madiran avec notamment le tannat, ce cépage gascon.

Jean-Luc Laplace du château d'Aydie (Jean-Pierre Stahl)

Jean-Luc Laplace du château d’Aydie (Jean-Pierre Stahl)

« Nous sommes à Aydie, quasiment au coeur de l’appellation Madiran, avec un cépage bien à nous, bien gascon, c’est le tannat », c’est ainsi que Jean-Luc Laplace nous présente fièrement son domaine aux pieds des Pyrénées. Et de continuer: « le tannat, c’est le cépage authentique, il est dans la région depuis toujours, il est vraiment acclimaté à notre région, c’est un cépage tardif. Il a besoin d’automne très doux, très long, très ensoleillé. »

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Jean-Luc Laplace et ses 3 frères et soeurs sont la 3e génération de vignerons à exploiter le château d’Aydie. Une exploitation de 55 hectares dont la quasi-totalité de la production 3000 hectolitres est vendue en bouteilles. Ce sont les premiers de l’appellation à avoir effectué cette mise en bouteille dans les annnées 60, ils ont dejà à cette époque voulu miser sur la qualité.

Une belle couleur pourpre,

Une belle couleur pourpre,

Le tannat, c’est donc ce cépage typique gascon qui fait la fierté des vins de Madiran :

Ce tannat a une belle couleur, il a un petit peu ce pourtour de vin violacé et de vin jeune, 2015 c’est une année qui s’annonce très belle, la récolte s’est bien passée, ce sera des vins plutôt ronds », Jean-Luc Laplace du château d’Aydie

Sur les terroirs relativement riches et frais, il donne des vins expressifs et gourmands, jouant sur al mûre ou la cerise, sur des sols plus pauvres, chauds et ensoleillés, des vins puissants et concentrés.

Jean-Luc Laplace et son maître de chai bourguignon © Jean-Pierre Stahl

Jean-Luc Laplace et son maître de chai bourguignon, Mathieu Cothenet © Jean-Pierre Stahl

Le décrêt de l’appellation impose un encépagement de 60 à 80% en Tannat pour obtenir la qualification en AOP Madiran. Les autres cépages qui sont autorisés font partie des Carmenets, originaire du bassin de l’Adour dans les Pyrénées : il y a le Bouchy (ou cabernet franc), le cabernet-sauvignon (2e grand cépage assemblé avec le tannat), enfin le Pinenc (ou Fer Servadou, cépage ancien répandu par les moines bénédictins.)

Le président de l'appellation

Le président de l’appellation Paul Dabadie, Marine Soulard chargée de communication, et Laurent Oustry, directeur de la Maison des Vins à Madiran © Jean-Pierre Stahl

Madiran, c’est cette appellation qui se dit avant tout plantée sur un terroir gascon : une appellation atypique car à cheval sur Aquitaine-Limousin-Poutou- Charente et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Une appellation de 1700 ha sur 3 départements également : Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Gers.

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Madiran tire ses racines dans une histoire très ancienne dont les premières traces remontent à 800 avant JC… Ces sont les moines de Marcilhac puis les Bénédictins qui ont démocratisé ce breuvage. Des Bénédictins qui vont créer le Prieuré de Madiran qui abrite aujourd’hui la Maison des Vins à Madiran (65).

C’était le vin de la cour de Gaston Phoebus, François 1er en parlait comme un vin de seigneurs qui se conservait fort bien, et c’est un vin qui au XVIe et XVIIe siècle remontait l’Adour et était expédié depuis le port de Bayonne vers l’Angeterre et la Hollande », Paul Dabadie, le président de l’appellation Madiran.

Denis Degache, directeur de la Cave Coopérative de Crouseilles © Jean-Pierre Stahl

Denis Degache, directeur de la Cave Coopérative de Crouseilles © Jean-Pierre Stahl

Au plus fort, et avant le phylloxéra, Madiran comptait 5000 ha contre 1700 aujourd’hui. Beaucoup de vignerons sont associés dans la cave coopérative de Crouseilles, créée en 1952, elle a favorisé de nouvelles plantations de vigne : elle rassemble aujourd’hui 120 vignerons sur 650 ha; ici aussi ils donnent toute l’expression de leurs différents terroirs comme l’explique Denis Degache, son directeur:

Ca va des argilo-calcaires, aux argilo-siliceux à gravettes, en passant par les galets roulés, tous ces matériaux proviennent en fait des Pyrénées et se sont déposés ici entre -20 et -2 millions d’années », Denis Degache directeur de la Cave de Crouseilles

enm et cite du vin 084Les vins de Madiran sont élevés au minimum 12 mois dans les chais, et même 3 ans au château d’Aydie, avant d’être mis en bouteille. L’un des plus connus des critiques en vins est aussi le château Montus, propriété d’Alain Brumont, qui n’a pas hésité à communiquer dès les années 80 sur ces grands vins de Madiran.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Palscal Lécuyer, Sarah Paulin et Thierry Culnaert

 

31 Jan

Saga Lillet : Pierre Lillet le gardien du temple

C’est l’histoire d’une famille qui a lancé à Podensac, dans cette petite bourgade des Graves proche de Sauternes, un apéritif à base de vin blanc, aujourd’hui mondialement connu. A 98 ans, Pierre Lillet revient sur cette success story très française avec une recette toujours tenue secrète, souvent imitée ou concurrencée mais jamais égalée. 

Pierre Lillet, 98 ans, responsable de la fabrication du Lillet pendant plus de 50 ans © Jean-Pierre Stahl

Pierre Lillet, 98 ans, responsable de la fabrication du Lillet pendant plus de 50 ans © Jean-Pierre Stahl

La Maison Lillet a beau appartenir aujourd’hui à la Société Ricard, Pierre Lillet l’un des 4 dirigeants de l’après 2e guerre mondiale continue à venir voir les quelques  8 employés de la célèbre maison Lillet. Il entretient d’ailleurs une grande complicité avec Jean-Bernard Blancheton, maître de chai depuis 1995, et aussi Cécile Bernhard responsable administrative chez Lillet depuis 2001.

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Quand je viens là, une à deux fois par semaine, ça me fait énormément de plaisir,  je rentre dans les chais où je suis rentré pendant 50 ans, l’atmosphère me trouble un peu et j’ai l’impression que mes parents nous regardent et sont heureux de voir le succès de Lillet », Pierre Lillet.

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C’est en 1872 qu’a été fondée la Maison Lillet par Raymond et Paul Lillet, négociants en vins fins, liqueurs et spiritueux.  « Deux frères qui ont inventé l’apéritif Lillet. Mon grand-père était négociant en vin et liquoriste » explique fièrement Pierre Lillet, le dernier représentant des 8 enfants d’André et petits-enfants de l’un des fondateurs Raymond Lillet.

Jean-Bernard Blancheton, maître de chai, Pierre Lillet, et Alexandre Defrance directeur © Jean-Pierre Stahl

Jean-Bernard Blancheton, maître de chai, Pierre Lillet, et Alexandre Defrance directeur © Jean-Pierre Stahl

Drôle, Pierre Lillet qui était chargé de la fabrication, aime à rappeler aussi ces réflexions qu’on lui faisait sur le ton de la plaisanterie :« J’ai goûté votre Lillet, il est sensationnel. Ca fait plaisir à entendre, absolument. C’est le bon produit. On nous reprochait même : vous savez Mr Lillet, votre Lillet il est sensationnel mais quand j’ouvre une bouteille, heureusement j’en ai une autre. » Et d’ajouter devant le nouveau directeur de la Maison Lillet Alexandre Defrance: « pendant 50 ans je fabriquais, je suis imbibé d’alcool » avec malice comme pour faire un clin d’oeil aux hygiénistes.

L'arbre généalogique de la famille Lillet récapitule 400 ans de la famille en Gironde © JPS

L’arbre généalogique de la famille Lillet récapitule 400 ans de la famille en Gironde © JPS

Pierre n’aime pas se mettre en avant, il veut avant toute chose associé l’ensemble de ses frères au succès et à l’histoire Lillet: « Il y avait mon frère Raymond qui était le PDG, mon frère René qui était le chef comptable et mon frère Paul Lillet (chef des ventes) qui voyageait et moi qui fabriquait. » Et il y avait encore un cinquième frère, qui n’était pas associé, magistrat il était aussi maire de Podensac

Pierre Lillet, et ses frères Paul et Raymond, ainsi que leur oncle et père Marcel et André

Pierre Lillet, et ses frères Paul et Raymond, ainsi que leur oncle et père Marcel et André

Nous étions très très unis les 5 frères, nous faisions beaucoup de sport, beaucoup de football. Nous avions battu les Girondins de Bordeaux en coupe du sud-Ouest à Cérons et c’était mon frère Raymond qui avait marqué les 3 buts contre les girondins de Bordeaux qui devenaient professionnels l’année d’après »  Pierre Lillet

Frédérique Lillet et son grand-oncle Pierre Lillet © JPS

Frédérique Lillet et son grand-oncle Pierre Lillet © JPS

Dans les années 20-30, Lillet est servi dans les réceptions officielles et lors d’occasions, il devient très vite « l’apéritif à la mode », un succès amplifié par la publicité à l’époque plus facile. La famille a tout de suite compris comme tous ces grands noms que la commercialisation passait par cette forme de communication : ce sont alors de magnifiques affiches, des verres, des plaques émaillées et des éventails rigolos qui vont étre édités et participer ainsi de la renommée du produit. C’est d’ailleurs Robert Wolff, artiste français connu sous le pseudonyme de Roby’s qui crée en 1937 la première grande campagne pour le marché américain et le marché français.

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Dans les années 40-50, la petite entreprise familiale décide d’exporter la marque et de se concentrer sur le marché américain. Lillet devient la coqueluche des stars branchés de New-York et de la duchesse de Windsor Wallis Simpson (épouse de l’ancien roi d’Angleterre Edouard VIII) qui va l’imposer dans les palaces parisiens au Ritz, au Georges V et chez Fauchon.

En 1962, Pierre Lillet va d’ailleurs lancer à cette époque le Lillet rouge :« les Etats-Unis, c’était le gros marché à l’époque, on en passait des milliers de caisses. C’était pour concurrencer Dubonnet. »

James Bond a énormément contribué à faire connaître au plus grand nombre le Lillet avec le  Vesper, le plus connu de tous les cocktails à base de Lillet ; dans Casino Royale et Quantum of Solace, James Bond invente et commande un « Kina Lillet Martini », qu’il nomme « Vesper » et qui reprend, à la virgule près, la recette écrite par Ian Fleming dans Casino Royale (1953), roman d’où est tiré le film. Il demande au barman : « 3 doses de Gordon, 1 de vodka, 1/2 de Kina Lillet ».

En 1972, une cuvée « Lillet vieux » millésimée 1961 est lancée ; Lillet va définitivement s’appeler ainsi comme aux USA après avoir longtemps porté le nom en France de Kina Lillet.

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Tout en se remémorant  l’histoire de la Maison, Pierre Lillet et Jean-Bernard Blancheton entrent dans ce que le maître de chai appelle « la cathédrale des senteurs »:  « nous avons 22 cuves de 200 hectolitres bois », c’est le seul apéritif qui soit comme ça et nous n’achetons que du chêne français ». « Oh que c’est beau putain… »

Et de goûter ce fameux Lillet, récemment mis en cuve bois entièrement neuve: « Oh là, il est jeune ». « Il va dormir pendant 6 mois, dans nos cuves et il va se réveiller en début d’été », commente Jean-Bernard qui ajoute : « on est sur l’orange, des notes orangées, citronnées, pamplemousse. » et Pierre Lillet : « chapeau, ça me rajeunit de 80 ans »

Pierre Lillet, c’est la mémoire de l’entreprise, s’il n’y avait pas eu Pierre on ne serait pas là. On a pu continuer notre travail parce que Pierre Lillet est là »  Jean-Bernard Blancheton maître de chai chez Lillet

Jean-Bernard Blancheton et Pierre Lillet connaissent tous deux le secret de fabrication © Jean-Pierre Stahl

Jean-Bernard Blancheton et Pierre Lillet connaissent tous deux le secret de fabrication © Jean-Pierre Stahl

Jean-Bernard Blancheton explique :« Lillet c’est 85% de vin de la région de Podensac avec 15% de fruits toutes les liqueurs sont élaborées chez Lillet. Y a un petit secret qui est bien enfermé dans un coffre fort, on n’est que trois à le connaître. »

Pierre Blancheton : »On s’est toujours bien entendu tous les deux, oui c’est une idylle en fait », et Pierre de rétorquer « ah oui ah oui absolument. »  « 5 millions de bouteilles non de Dieu, de litres ? Pff, c’est un paquet ça, c’est du boulot Jean-Bernard. ». « Oui mais c’est pas une charge, c’est un sacerdoce » (JB Blancheton), « c’est ça, c’était pas du travail mais du plaisir qu’on donne aux autres. »(Pierre Lillet)

Et pour conclure, Pierre Lillet se remémore cette phrase de l’un de ses concurrents : »Lors des réunions de notre corporation, le Conte Rossi de Martini Rossi, chaque fois qu’il nous voyait arriver, il venait vers nous et nous disait voilà le Lillet, le meilleur des apéritifs ! »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Emilie Jeannnot et Thierry Culnaert :

29 Déc

Un très grand vigneron de Saumur nous a quitté : Charly Foucault, l’un des frères vignerons du Clos Rougeard

Jean-Louis Foucault, dit « Charly », l’un des deux frères vignerons produisant le célèbre Clos Rougeard, un saumur réputé en France et outre-Atlantique comme pouvant rivaliser avec les plus grands vins, est décédé dans la nuit de lundi à mardi. Il prosuisait avec son frère un vin servi à la Tour d’Argent à Paris.

Jean-Louis Foucault, surnommé Charly (à gauche) et son frère Bernard, surnommé Nady © La RVF

Jean-Louis Foucault, surnommé Charly (à gauche) et son frère Bernard, surnommé Nady © La RVF

Charly Foucault est « décédé dans la nuit à l’hôpital d’Angers », a indiqué Nady son frère Bernard Foucault, aux commandes avec son frère depuis 1969 du domaine familial de dix hectares de vignes situées sur la commune de Chacé (Maine-et-Loire), à quelques km au sud de Saumur.

Huitième génération d’une même famille à produire des vins d’appellation Saumur et Saumur Champigny, que déjà leur grand-père, avant la Seconde Guerre mondiale, vendait au célèbre restaurant parisien La Tour d’argent, les frères Foucault ont maintenus leurs vins au plus haut niveau, tout en étant précurseurs de la vinification bio, dès leurs débuts.

Notre grand-père n’utilisait pas de produits chimiques, notre père, après-guerre, n’a pas cédé à la mode d’en utiliser, nous avions été élevés dans cette éthique là »,  Nady Foucault

« Chez nous, tout est manuel, et ce n’est pas une mode. Dans les années 70-80, nous avions les petites moqueries de nos voisins vignerons parce qu’il y avait naturellement de l’herbe entre nos vignes et maintenant, ils en sèment chez eux… ».

Leurs vins sont vendus pour moitié dans l’Hexagone et à moitié à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Allemagne. « On trouve nos vins aussi bien dans les grands restaurants que dans les bons bistrots à vin », souligne Nady Foucault. « C’est la passion du vin qui nous intéresse ».

Au milieu des années 90, lors d’une dégustation à l’aveugle de vins de Pomerol 90, organisée à New-York, leur « Bourg 90 », choisi pour être la « bouteille piège », remporte haut la main la compétition. « L’expérience a été retentée quelque temps plus tard à Paris et notre vin est de nouveau arrivé en tête », se souvient avec fierté M. Foucault.

Vinification, commercialisation, « nous avons toujours tout fait tous les deux », souligne Nady Foucault, cadet de trois ans de Charly, qui avait été hospitalisé à plusieurs reprises « depuis les dernières vendanges ». Mais dans ce domaine où le plus vieil acte notarié liant cette famille à ce domaine viticole remonte à 1664, « la relève est assurée », indique-t-il.

Le Gaec Foucault produit trois cuvées de Saumur Champigny: Le Clos, Les Poyeux et Le Bourg. Ils produisent également un Saumur blanc, le Brézé. M. Foucault a refusé de communiquer sur leurs prix mais selon plusieurs sites oenologiques, les prix moyens vont de plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’euros pour les cuvées les plus recherchées.

AFP

10 Déc

Jean Petit, le fondateur de château Mangot nous a quitté : Yann son petit fils lui rend hommage

Parti de rien, Jean Petit, relayé par sa fille Anne-Marie, son gendre et ses petits-enfants, a fait de Mangot à Saint-Etienne-de-Lisse en Gironde, une des locomotives de l’appellation Saint-Emilion Grand Cru. Un château qui mériterait d’être classé. Ce vigneron, figure de Saint-Emilion, vient de nous quitter. Touché par le message posté sur Facebook par Yann Todeschini, Côté Châteaux lui cède sa plume pour un hommage digne de ce grand homme.

Yann et Karl Todeschini, avec leur grand-père, Jean Petit © famille Todeschini

Yann et Karl Todeschini, avec leur grand-père, Jean Petit © famille Todeschini

« Ne trouvant les mots pour en parler…depuis mardi…

Jean Petit, Notre papi Jeannot nous a quitté ce mardi 8 décembre…

« Papi, tu a été un Grand père idéal, nous avons tant vécu ensemble, tu nous a accompagné: enfants, adolescents, et adultes… à l’école, au collège, au lycée, au Horse Ball, au jardin, à la Palombière, à la pêche, à la chasse…nous avons énormément partagé… comme peu de petits enfants ont la chance de le faire, je pense…. certains disaient même une relation de frère, tant tu étais jeune et complice de nos aventures ( et de nos bêtises)… Une complicité que tu as encore entretenu avec tes 4 arrières petits enfants…

CaptureTu es à l’origine de Mangot depuis 1952 avec Mamie Simone, vous êtes parti de « rien »… relayé avec succés par papa et maman depuis 1989… et depuis 2008, avec Todeschini Karl, tu nous vois oeuvrer à Mangot, dans tes vignes… avec des fois des « petites » critiques, sur des pratiques culturales ou des façons de travailler… émoticône smile de ta véranda, tu voyais tout, au quotidien… tu était fier de nous je pense, comme nous le sommes de perdurer le développement de Mangot… Nous avons fait ensemble notre dernier tour des vignes mi septembre, avec un détour par la palombière et par La Brande… je m’en rappellerai !! Depuis, tu as suivi le millésime: les vendanges en goutant le raisin ramené le jour de la vendange jusqu’au dernier cabernet du 20 octobre… les vinifications en goutant les moûts, puis les vins nouveaux… tout ça hélas depuis ton lit… Mais encore la semaine dernière, on parlait de la taille, à une ou deux baguettes… sur telle ou telle parcelle…

Outre être notre grand-père, tu nous as transmis la passion du vin, à produire mais aussi à boire, car tu était un grand épicurien et bon vivant… nous continuerons à boire en ton honneur comme tu savais et aimais le faire!

Ces photos de 2008, montre dans ton regard, ton amour de ta famille, de tes « petites drôles » comme tu disais…
Papi, on t’aimait, on t’aime et on t’aimera encore. On ne t’oubliera jamais, comme tous les gens qui t’ont connu, ou ont partagé un moment avec toi !!! « 

Ce message n’a rien de commercial!, c’est une pur expression du coeur, car ça doit sortir… »

Yann Todeschini.

Et puisque Jean Petit a transmis à ses descendants sa passion et son savoir-faire, Côté Châteaux rediffuse ce reportage sur la taille avec ses petits-enfants Karl et Yann Todeschini, leur grand-père a de quoi être fier d’eux. Il leur a transmis à coup sûr sa passion de vigneron.

26 Nov

Stéphane Derenoncourt : on the road again !

Il est sur toutes les routes de France et tous les chemins viticoles du monde. Son parcours atypique dans la sphère viti-vinicole se résume dans un livre « Wine On Tour ». Un ouvrage rythmé rock où l’on découvre ce personnage qui s’est lui-même façonné tel un cep, avec sa propre sève mais aussi de la puissance, des courbes et de la générosité, bref de l’authentique. 

Stéphane Derenoncourt dans ses vignes du Domaine de l'A avec Chrsitophe Goulard photogrphe © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Derenoncourt dans ses vignes du Domaine de l’A avec Christophe Goussard © Jean-Pierre Stahl

Séquence shooting photo dans les côtes de Castillon. Ce n’est pas une rock star mais le vigneron-consultant Stéphane Deroncourt qui se fait photographier par Christophe Goussard. Ce dernier, photographe indépendant, le suit depuis 1999. Il a connu le propriétaire du Domaine de l’A à Sainte-Colombe depuis ses premières vinifications sur la propriété et aujourd’hui il vient de sortir sur cet autodidacte de la vigne  un bel ouvrage agrémenté de superbes photos, co-signé avec Claire Brosse, journaliste, pour les textes : « Wine On Tour ».

Tous deux s’arrêtent devant une petite masure en pierre avec une porte verte qui rappelle des souvenirs à Stéphane Derenoncourt, lorsqu’il a sorti son premier millésime :

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« Ce chai, c’est le chai des débuts, on n’avait que 2 hectares et demi à l’époque…(aujourd’hui le Domaine de l’A compte 11 ha) Il y avait dans cette partie 4 cuves, 2 cuves béton et 2 petites cuves bois, et dans l’autre partie on avait imaginé un chai à barriques, donc chaque centimètre carré était exploité, ça a été une horreur pendant 5 millésimes quand même ! » La vrai cave sera construite à partir de 2003 attenante à sa salle de dégustations.

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« Notre première rencontre date de 1999, année où il a acheté le domaine, je faisais pour lui un portrait pour l’Amateur de Bordeaux, une revue spécialisée dans le vin. Cette rencontre a été déterminante car il m’a tout de suite proposé de suivre les quatre saisons sur le domaine », explique Christophe Goussard, le photographe co-auteur du livre. « Ca a été un bon terrain de jeu et puisque mon travail lui a plu, on a récidivé année après année, avec ses portraits pour la presse et tout le travail de la vigne, et puis la construction du chai en 2004-2005 que l’on retrouve dans le livre. Au-delà d’une amitié et d’une complicité, c’était de photographier tout ce qu’il mettait en place et venir régulièrement sur le domaine. Il est difficile à suivre parce qu’il a un emploi du temps millimétré, donc il n’ y avait pas que lui tout le temps mais aussi la vie d’équipe car j’ai vu arriver un à un tous les gens qui travaillent avec lui, qu’il a recrutés au fur et à mesure. »

Véritable self-made-man Stéphane Derenoncourt aime à dire qu’il doit beaucoup à l’observation des choses sur le terrain: « L’observation, oui, je ne sais pas si c’est une force, c’est pûtôt un ADN, une philosophie de production et un credo. »

DERENONCOURT 051J’aime bien l’idée que le vin doit ressembler au lieu où il est produit, et pour cela ça demande une certaine connaissance des sols », Stéphane Derenoncourt

Et d’ajouter: « Pour l’identité du vin, il y a deux choix possibles: soit l’identité du vinificateur qui va marquer par une vinification, par un choix de barriques, par un élevage ou il y a un choix vigneron, je dirais, où l’identité du vin doit se faire par la connaissance des sols. Quand on observe un sol, on sait déjà quel type de vin on peut produire. Ici par exemple, on est sur un substrat argilo calcaire, on est vraiment sur une couche d’argile assez fine, de belle qualité, posée sur une table de calcaire. L’argile, ça va donner la force, ca va donner la douceur, la puisssance…et quand on parle de tout cela et de maturité on parle d’un monde un peu sucré…et le calcaire lui va apporter une notion de fraîcheur, de salinité qui sera souvent confondu avec une notion d’acidité d’ailleurs.

Dans son chai à barriques du domaine de l'A, avec Christophe Goulard, Frédéric e(t Stéphane DErenoncourt © Jean-Pierre Stahl

Dans son chai à barriques, avec Christophe Goussard et Frédéric Massie © Jean-Pierre Stahl

C’est cette magie entre ce monde sucré et ce monde salé, entre ce monde de rondeur et un peu plus élancé, quand on les marie tous les deux, c’est vraiment l’identité argilo-calcaire. »

Dans son chai à barriques, Stéphane accompagné de Frédéric Massie, l’un de ses 3 associés chez Derenoncourt Consultants (avec Julien Lavenu et Simon Blanchard), explique sa conception du consulting et comment il permet aux vins de donner leur meilleure expression :

Stéphane Derenoncourt et Frédéric Massie son associé de Derenoncourt consultants © JPS

Stéphane Derenoncourt et Frédéric Massie son associé de Derenoncourt consultants © JPS

On recherche l’identité du lieu et la singularité. Il ne faut pas tomber dans le piège, quand on est consultant et quand on fait beaucoup de domaines, de trouver la recette et de la reproduire un peu partout, ça serait une catastrophe et en plus ça serait très ennuyeux. »

DERENONCOURT 054Et Dieu sait que Stéphane Derenoncourt parcourt la planète, puisqu’aujourd’hui il est consultant dans 17 pays pour 120 domaines, dont les plus étonnants se situent en Inde ou en Syrie… Il passe aujourd’hui presque un quart de son temps en dehors de chez lui, entre ces domaines à l’étranger, dans les autres régions viticoles de France (Chablis, Languedoc-Roussillon), ou ces derniers temps pour la présentation de Wine On Tour. C’est cette sensation d’être constamment en tournée qui lui a donné l’idée (avec Christophe Goussard et Claire Brosse aussi) de « Wine On Tour », une biographie, comme lui atypique, de toute beauté et en sensibilité, où il se livre entre deux ou trois morceaux de rock qui ont jalonné sa route : ces airs de Tom Waits, les Stones, les Clash, les Doors, ou encore Iggy Pop (qui lui a gentiment préfacé le livre), il les avaient constamment dans la tete ou le soir quand il retrouvaient des copains, parfois pour un boeuf…

Stéphane Derenoncourt chez Paul Barre à Fronsac © JPS

Stéphane Derenoncourt chez Paul Barre à Fronsac © JPS

L’eau a coulé sous les ponts et le vin aussi d’ailleurs, depuis son premier job en 1985 chez Paul Barre, ce viticulteur, lui aussi atypique, qui exploite le château la Grave en Fronsac et Canon-Fronsac en bio-dynamie (depuis 1990) : « il y a eu la rencontre, on est dans le domaine de la sensibilité, j’ai ressenti que, la manière avec laquelle je percevais le vin, on allait pouvoir s’entendre. »

PAULBARRE30 ans d’amitiés, de complicité et de respect mutuel. Paul Barre a su faire confiance à ce talent caché et surtout « le laisser partir ». Un talent, qui au long court, s’est révélé comme le vin : mieux qu’une étiquette, un nom, Stéphane Derenoncourt !

« Wine On Tour Derenoncourt un homme, un groupe » par Claire Brosse, Stéphane Derenoncourt et Christophe Goussard aux éditions la Fabrique de l’Epure

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, Erid Delwarde, Karine Durandet et Véronique Lamartinière: