15 Fév

Taxes américaines: les exportateurs de vins et spiritueux veulent un fonds de compensation

 La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a demandé samedi la création d’un fonds de compensation, face à la décision américaine de maintenir à 25% les droits de douanes additionnels sur leurs produits dans le cadre du contentieux aéronautique américano-européen.

L’administration américaine avait décidé d’appliquer des tarifs douaniers punitifs sur 7,5 milliards de dollars de produits européens en représailles contre des subventions reçues par Airbus, et jugées indues par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Parmi les produits touchés, les vins et certains types de spiritueux français se sont vu imposer une surtaxe de 25%, décision pénalisante pour ce secteur d’activité, dont les Etats-Unis sont précisément le premier marché à l’exportation.

Le maintien de ces droits de douanes supplémentaires, annoncé vendredi par l’administration américaine, “représente un danger majeur pour la pérennité de nos entreprises et plus largement de la filière vin”, s’inquiète la FEVS dans un communiqué pour qui “si Airbus est au coeur du conflit, c’est bien le vin qui est au coeur des sanctions”.

A la veille du Salon de l’Agriculture (qui doit ouvrir ses portes le 22 février), nous demandons solennellement au Président de la République de débloquer sans attendre 300 millions d’euros sous la forme d’un fonds de compensation d’urgence”, Antoine Leccia, président de la FEVS.

Depuis l’application de cette décision américaine, la FEVS chiffre à 17,5% le recul des exportations des vins français pour le seul dernier trimestre 2019, ce qui représenterait une perte de chiffre d’affaires supérieure à 20%.

Le maintien de ces taxes additionnelles pourrait entraîner une perte de plus de 50% de chiffre d’affaires pour près d’un tiers des entreprises du secteur, avait assuré la Fédération lors d’une conférence de presse mercredi lors du salon Wine Paris-Vinexpo.

Une surtaxe qui inquiète d’autant plus que ni les vins italiens ni ceux du Portugal ne sont touchés par une décision similaire, renforçant ainsi leur compétitivité face aux vins français, malgré les gros investissements réalisés sur la décennie écoulée par les grandes maisons de l’Hexagone.

Si l’année 2019 a été très bonne pour les exportateurs de vins et spiritueux, avec une hausse de 0,7% des volumes et 5,9% de la valeur, la profession s’inquiète d’une année 2020 qui pourrait être difficile, entre sanctions américaines, coronavirus en Chine et Brexit, perturbant les trois premiers marchés d’exportation.

AFP

Exportations de vins et spiritueux français en 2019: +5,9% malgré les taxes Trump

La France a exporté pour 14 milliards d’euros de vins et alcools en 2019, en hausse de 5,9%, a annoncé mercredi la Fédération des exportateurs (FEVS), un résultat néanmoins en « trompe-l’oeil » vu les surtaxes américaines de 25% imposées en fin d’année.

Image d’illustration © JPS

La Fédération a ainsi mis en garde contre un « environnement commercial particulièrement incertain » sur les trois premiers marchés (Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine) qui représentent à eux seuls plus de 50% du chiffre d’affaires global des exportateurs.

Le gouvernement avait signalé début février que les exportations de vin vers les Etats-Unis ont chuté de 44% en novembre après l’entrée en vigueur mi-octobre des taxes de 25%.

Au total, 194,6 millions de caisses de 12 bouteilles (+0,7%) ont quitté le territoire. Le solde des échanges a progressé de 8,5% à 12,7 milliards d’euros, a précisé la FEVS dans un communiqué, les vins et spiritueux confirmant ainsi « leur place de second excédent commercial derrière le secteur aéronautique ».

Dans le détail, en volume, les viticulteurs français ont exporté 139 millions de caisses de 12 bouteilles de vins. La hausse la plus importante revient aux vins de Bourgogne (+8,1%), aux mousseux (+7,9%) et aux vins de Loire (+6,1%), ainsi qu’aux vins sans indication géographique (+5,3%).

En valeur, ce sont aussi les vins de Bourgogne qui ont enregistré la plus forte hausse (+10%) l’an dernier, suivis par ceux du Val de Loire (+8,6%) et ceux de Provence (+8%). Les champagnes, dont le volume des ventes a à peine décollé à l’étranger l’an dernier (+0,9%), ont bien amélioré leur valorisation (+7,5%).

D’une manière générale, la valeur de tous les vins s’est appréciée, sauf les pétillants (-10,2%) et les vins tranquilles sans indication géographique et sans cépage (-1,5%).

En valeur, les vins de Bordeaux se sont maintenus à leur niveau de l’an passé à 2,084 milliards d’euros (-0,1%) alors que les volumes d’exportation ont reculé de 4,4% sur l’année.

Dans le domaine des alcools, le volume de bouteilles vendues à l’étranger est resté quasiment stable à 53 millions (-0,1%), mais leur valeur s’est appréciée à 4,66 milliards d’euros (+8,8%), essentiellement grâce au cognac.

Les bons résultats de 2019 « ne doivent pas tromper: les tensions commerciales et politiques internationales ont fortement pesé sur les exportations des entreprises françaises de vins et spiritueux et annoncent une année 2020 difficile » a souligné Antoine Leccia, président de la FEVS.

Sur le seul dernier trimestre 2019, l’entrée en vigueur des taxes de 25% sur les vins tranquilles de moins de 14 degrés d’alcool imposées en octobre « a entraîné un recul de 17,5% des exportations françaises », selon la fédération.

AFP

13 Fév

Pari(s) tenu pour le 1er Vinexpo-Wine Paris avec 29280 visiteurs

Côté châteaux vous l’a laissé entendre dès le 1er jour: la formule Vinexpo-Wine Paris est bonne, elle a su trouver un consensus auprès du visitorat. Près de 30 000 visiteurs de 126 pays sont venus à la rencontre des 2800 exposants. Pas mal. A confirmer voire dépasser l’an prochain pour un mariage avec encore plus d’amour, qui sait, pour Vinexpo-Wine Paris. Retour en images sur cette 1ère édition.

François Lurton sur son stand présentant son combi Volkswagen vintage Fumées Blanches © JPS

Ce sont un tiers d’étrangers qui ont sillonné les allées des halls 4 et 6 de Wine Paris et 7-1 et 7-2 de Vinexpo Paris.

Valérie Eymas du château La Rose Bellevue sur le stand des Côtes de Bordeaux (Hall 4) – JPS

Parmi les nationalités les plus représentées: le Royaume-Uni, la Belgique et les Etats-Unis. Pas mal d’Européens, car Paris n’est qu’à 2 heures d’avion des grandes capitales en Europe…

22 vignerons des Côtes de Bordeaux sur le salon pour aller chercher les marchés avec les dents s’il le faut- JPS

Il faut reconnaître beaucoup qu’il y avait beaucoup de français et de parisiens: des restaurateurs, hôteliers, sommeliers, cavistes, bistrotiers, mais aussi des centrales d’achat et représentants de la grande distribution…

Et un petit toast aux 25 ans des Aliénor du Vin de Bordeaux, y en a qui perdent pas le nord…JPS

L’offre aura été complémentaire entre Wine Paris, placé sous le signe des contacts sans chichi et des dégusts en veux-tu en voilà, et Vinexpo avec ses grandes marques, mais aussi ses World Organic Wines.

L’Infinite Bar le bar à cocktail long de 50 mètres chez Vinexpo © JPS

La 1ère édition pour l’espace Be Spirits a su donner un coup de jeune avec de nombreux champions de la mixologie, avec 100 marques de 14 pays et son Infinite Bar, le bar à cocktail le plus long du monde 50 mètres !

Sans oublier aussi de nombreuses conférences qui ont su trouver un public de professionnels et de passionnés.

Laurent Cassy, du château Chillac, pour le off Bordeaux Pirates © JPS

En marge du salon, ce sont pas moins de 65 « Off » qui se sont déroulés dans la capitale ou tout proche pour faire déguster dans des restaurants la productions de tous ces viticulteurs, souvent talentueux, comme les Côtes de Bordeaux à Quai Ouest Saint-Cloud ou les Bordeaux Pirates à 750gr La Table à Paris.

Dégustation lundi soir des Côtes de Bordeaux à Quai Ouest avec ici les producteurs de vins sans soufre et en amphore – JPS

Prochaine édition du 15 au 17 février 2021, à Paris Porte de Versailles pour un nouveau Vinexpo Wine Paris.

12 Fév

« Off » de Vinexpo-Wine Paris : quand les Bordeaux Pirates montent à « Paname » pour faire goûter leurs vins

Ils ont créé un groupe facebook  « Bordeaux Pirate » voilà quelques semaines. Ces vignerons de Bordeaux qui en ont marre de la sinistrose et proposent « des vins en dehors des sentiers battus » faisaient déguster leurs vins hier soir au resto le 750 g. Voici les 7 pirates en plein cœur de Panam, à l’abordage du consommateur…

David Favard du château Meylet à Saint-Emilion -JPS

En marge du salon, à quelques centaines de mètres de la Porte de Versailles, les Bordeaux Pirates ont voulu organiser un « off » avec 7 vignerons atypiques. De 17h à 22h, ils faisaient déguster leurs pépites à Panam comme ils disent….

« Là, ce n’est pas autorisé en appellation bordelaise, car c’est un vin de macération…On a travaillé un vin blanc comme un vin rouge… Vous avez laissé les peaux, oui… » L’échange est fructueux et sympathique avec Jean-Baptiste Duquesne, du château Cazebonne, qui est aussi le fondateur du groupe facebook  « Bordeaux Pirate, des vins en dehors des sentiers battus ».

« On a envie de montrer que Bordeaux, ce n’est pas que la sinistrose, avec des vracs qui ne se vendent pas cher, et de l’autre côté des crus classés qui ont du mal à s’exporter en Chine ou aux Etats-Unis », commente d’emblée JB (non ce n’est pas du whisky) Duquesne.

Jean-Baptiste Duquesne du château Cazebonne, à l’origine du Bordeaux Pirate -JPS

On a envie de monter qu’il y ,a des vignerons qui font du vin, du vin honnête et que le Bordeaux c’est bon », Jean-Baptiste Duquesne du château Cazebonne

Olivier Techer, Pom’N’Roll, fallait y penser…

Tous en ont marre du Bordeaux bashing et veulent montrer qu’ils savent faire du vin, du vin de vigneron, qui exprime leur terroir et au passage certains se défoulent sur l’étiquette comme Olivier Techer du château Gombaud-Guillot qui présente Pom’N’Roll : « une forte proportion de malbec, avec outre le côté décallé de l’étiquette, un vin plus souple, totalement élevé en amphore sur le 2017 et vinifié en cuve béton », « nous on est en bio depuis 25 ans et même en biodynamie, j’essaie juste de faire ce qui me plaît. »

Laurent Cassy, du château Chillac à Aquitaine

Ce sont de vrais Bordeaux, des vins de cépage, des vins de terroir, eà on fait du sans sulfite ajouté sur le 2017 et le 2019″, Laurent Cassy, du château Chillac.

Certains proposent encore à la dégustation du liquoreux réalisé à partir d’un cépage 100% muscadelle, comme Fabien Lapeyre avec son « Insoumise de la Peyre » (la pierre en patois) : « on est sur des vignes qui ont 70 balais, ancrées sur du calcaire, on arrive à avoir des concentration assez intéressantes (140 gr de sucre résiduel), mais le calcaire ramène beaucoup de minéralité et de la fraîcheur.

« Je trouve que c’est une démarche intéressante, car on s’aperçoit à Bordeaux qu’il y a un renouveau, des gens avec énormément de talent, une vraie expression du terroir ou du lieu », commente Loïc Pasquet venu déguster et pirate lui-même avec son Liber Pater vin produit à partir de vignes « franc de pied ».

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet, Eric Delwarde et Xavier Granger : 

Taxes de Trump sur le vin: « c’est comme si la foudre nous était tombée dessus »

Les taxes américaines, « c’est comme si la foudre nous était tombée dessus »: les viticulteurs français sont sous le choc des taxes douanières imposées par l’administration Trump sur leurs vins. Les importateurs américains aussi. L’administration Trump surtaxe depuis le 18 octobre de 25% les vins tranquilles français, espagnols et allemands, en représailles au traitement préférentiel que l’UE accorderait selon elle au constructeur aéronautique Airbus.

Le salon Wine Paris-Vienxpo qui s’est tenu du 10 au 12 février à la porte de Versailles © JPS

A part la Champagne, toutes les régions viticoles françaises sont touchées. Cela a stoppé net l’envolée des vins français sur leur premier marché à l’exportation, en particulier celle des rosés. « Certains importateurs qui attendaient des vins pour les fêtes de fin d’année ont dû payer un transport par avion à la dernière minute pour tenter d’échapper à la taxe, qui s’est appliquée à partir du 17 octobre à minuit », raconte Gabrielle de Magliane, importatrice et distributrice, qui a des entrepôts au Texas et à Los Angeles. Elle-même a « arrêté immédiatement toutes les commandes », explique-t-elle à l’AFP au salon Wine Paris-Vinexpo, qui se tient cette semaine à Paris.

Importateurs, distributeurs… vu le nombre d’intermédiaires, une surtaxe de 25% équivaut à une hausse de 60% à 70% en magasin, estime Michel Chapoutier, grand négociant et producteur de la vallée du Rhône.

RISQUE POUR L’EMPLOI AUX ETATS-UNIS

« Si demain les taxes américaines devaient passer à 100% », comme la rumeur a couru en janvier-février en rétorsion à la taxe numérique française, « c’est bien simple, je mets la clé sous le paillasson », prévient le Québecois Serge Doré, importateur et distributeur (Serge Doré sélections) installé à New York.

Une taxe à 100% ferait perdre beaucoup d’argent et d’emplois aux États-Unis; on parle de 800.000 emplois en moins aux États-Unis, ce qui devrait faire réfléchir le gouvernement avant d’appliquer de nouvelles taxes en pleine année électorale »

Le ministre français de l’agriculture Didier Guillaume a affirmé pour sa part lundi, lors de l’inauguration du salon parisien, qu’il n’y aurait pas de taxe à 100%, se déclarant solidaire des viticulteurs français « 100% victimes ».

Néanmoins, quand la profession viticole réclame un fonds de compensation de 300 millions d’euros, il renvoie à Bruxelles: « Nous demandons une aide compensatoire à l’Europe et une aide pour financer les promotions de vins français à l’étranger ».

La taxe de 25% est d’autant plus difficile à digérer pour les viticulteurs que le marché américain est complexe à pénétrer. Il demande beaucoup d’investissements marketing pour s’adapter aux régulations différentes d’un État américain à l’autre: certains dépendent d’un monopole pour l’achat de l’alcool, d’autres sont plus libéraux.

DEVELOPPER L’OENOTOURSIME

Serge Doré essaie de passer entre les gouttes. Aux uns, il propose du côtes-du-rhône à plus de 14 degrés d’alcool, qui n’est donc pas touché par la taxe. « J’ai 12.000 bouteilles en « stand-by », les acheteurs attendent la mi-février pour être sûr qu’il n’y aura pas de taxe supplémentaire. »

Avec les autres, il négocie un partage du surcoût entre producteur, importateur et distributeur, pour éviter l’explosion du prix final pour le consommateur. Selon lui, l’État de Pennsylvanie a ainsi compensé une partie de la hausse de taxe sur un millier de caisses.

Gérard Bertrand, viticulteur du Languedoc et gros exportateur de rosé aux États-Unis, a adopté la même stratégie. Sa filiale d’importation américaine a pour l’instant absorbé le prix de la taxe, pour « ne pas perdre de part de marché », dit-il à l’AFP.

Pour Pascaline Lepeltier, meilleure sommelière du monde l’an dernier, qui travaille à New York, il est impossible d’augmenter les prix de 10 à 20 euros la bouteille, d’autant qu’il y a maintenant d’excellents vins partout.

Thorsten Hartmann, analyste spécialisé dans les taxes douanières de l’institut britannique IWSR, a aussi prévenu les viticulteurs français lors d’une table ronde durant le salon: « Vous n’êtes pas irremplaçables aux yeux du consommateur américain. »

Une solution évoquée: développer l’oenotourisme. Si les Américains ne peuvent plus boire de vins français chez eux, ils pourraient venir en vacances pour en déguster. « Mais alors il faudrait développer les infrastructures, car lorsque j’emmène un groupe d’Américains à Saumur, j’ai du mal à trouver des transports en commun », nuance Pascaline Lepeltier.

AFP

11 Fév

Entretien avec Patrick Seguin sur le salon commun Wine Paris et Vinexpo

En cette fin de 2e journée, le bilan est très positif dans les allées de Vinexpo et Wine Paris. Patrick Seguin le président de la CCI de Bordeaux Gironde fonde de grands espoirs sur ce mariage. Le prochain salon Vinexpo Wine Paris est déjà prévu en 2021 et promet d’être tout aussi bien, voire mieux. 30 000 visiteurs professionnels sont venus et vont repartir enthousiastes de cette édition 2020. 

Patrick Seguin, le président de la CCI de Bordeaux Gironde – Jean-Pierre Stahl 

« D’abord c’est un pari réussi, car on a fait le tour de tous les exposants aussi bien de Wine Paris que Vinexpo et tout le monde a le sourire, aussi bien les visiteurs en nombre que nos clients, donc c’est un très beau salon », se réjouit Patrick Seguin le président de la CCI de Bordeaux Gironde actionnaire majoritaire de Vinexpo, CCI à l’origine de la création de Vinexpo en 1981 à Bordeaux.

C’est en fin de matinée mercredi que se tiendra la conférence de presse bilan de Vinexpo Paris et Wine Paris, mais déjà Rodolphe  Lameyse, le directeur général de Vinexpo confirme le succès de cette édition commune avec « 2800 exposants de 20 pays et près de 30000 visiteurs dont un sur 3 est étranger »

A peine le salon terminé, les deux partenaires se sont réunis et ont acté le prochain salon en 2021 à Paris Porte de Versailles, un salon qui verra le rapprochement encore plus concret. Le nom de celui-ci devrait être « Vinexpo Wine Paris » en 2021, tous ayant conscience que plus le nom sera plus court plus visible sera l’offre, mais ils sont encore en pleine réflexion pour les éditions ultérieures, avec l’approbation du conseil d’administration et des interprofessions.

Et les projets ne s’arrêtent pas là car Vinexpo c’est désormais une offre globale, mondiale :

« Nous sommes en train de préparer nos partenariats sur Vinexpo Hong-Kong qui est maintenu pour le mois de mai, bien sûr nous allons avancer au jour le jour en fonction de l’épidémie asiatique. Mais Vinexpo HK est maintenu, Vinexpo New-York est maintenu, Vinexpo Shangai est maintenu et puis bien sûr le Vinexpo Bordeaux new look en 2021 » Patrick Seguin président CCI Bordeaux.

Ce salon de Vinexpo Bordeaux est déjà dans toutes les têtes, il est prévu du 1er au 4 juin 2021 et « est gravé dans le marbre pour au moins 3 manifestations », précise encore Patrick Seguin.

« Vinexpo Bordeaux va complétement se transformer et nous sommes en train de travailler avec tous les partenaires de la région pour faire un  Vinexpo Bordeaux in, donc Vinexpo sera partout dans la ville… Une partie au parc des expositions pour le symposium, mais nous allons être présents au Grand Hôtel Intercontinental, au Grand Théâtre, à la Mairie de Bordeaux, à la CCI de Bordeaux bien entendu, au H14, à la Cité du Vin et nous allons faire un Vinexpo dans la ville avec des navettes électriques entre chaque », bref un Vinexpo dans la ville, cela aura du sens, des réflexions se poursuivent pour mener à bien ce projet qui sera du coup très visible.

Quant à Vinexpo Paris et Wine Paris, ce salon aura été l’occasion pour les exposants de se recentrer sur les acheteurs français – restaurants et cavistes, dont 26 000 établissements sont recensés rien qu’à Paris, mais aussi sur des acheteurs européens, les Chinois ayant été globalement absents à cause du coronavirus, même s’ils se réservent bien sûr pour les deux salons en Chine Hong-Kong et Shangai.

Vinexpo – Wine Paris: les Côtes de Bordeaux à la reconquête des marchés

Comment les petits et moyens producteurs de Blaye, Castillon, Cadillac, Franc et Sainte-Foy vont la rencontre des acheteurs et importateurs à Wine Paris, associé à Vinexpo. Durant ces 3 jours, ils tentent de séduire le marché des cavistes, et hôtels restaurants, en plus des importateurs européens et étrangers.

Valérie Eymas du château La Rose Bellevue – JPS

A la tête du château La Rose Bellevue, 60 hectares en Blaye Côtes de Bordeaux, Valérie Eymas ne cesse de faire déguster ses vins. Depuis 15 ans elle a s’est développé énormément en Asie du Sud-Est et en France, un marché qu’elle ne lacherait pour rien au monde.

Valérie Eymas et Nicolas Rebut, chef sommelier -JPS

Ce matin, elle a rendez-vous avec Nicolas Rebut, ancien chef sommelier du Meurice auprès de Yannick Alléno (de 2005 à 2010), aujourd’hui chef sommelier consultant. Ensemble, ils prospectent les cavistes et restaurateurs pour proposer les nouveautés de sa propriété.

Moi, ma méthode, j’utilise mon réseau, mes copains, mes collègues qui ne sont pas de notre appellation bien entendu, et on s’échange des contacts, c’est comme cela que j’ai augmenté ma clientèle… » Valérie Eymas du château La Rose Bellevue

Pour Nicolas Rebut, qui a une forte expérience des restaurants français et des palaces, il a un regard attentif à ces vins des Côtes de Bordeaux : « ce sont des vins qui ont une identité, une image qui reflète un terroir, le travail d’un vigneron donc on a des vins quand même qualitatifs ».

C’est vrai que la région de Bordeaux est connue pour ses grands crus classés, après il y a pas mal de petites pépites à aller chercher, et c’est ça le travail du sommelier… »Nicolas Rebut

« C’est à nous de les référencer sur une carte des vins, de proposer des services au verre pour faire connaître à la clientèle ces vins de vignerons très qualitatifs. »

22 vignerons des Côtes de Bordeaux sur le salon pour aller chercher les marchés avec les dents s’il le faut- JPS

En Cadillac Côtes de Bordeaux, Damien Chombart est lui le propriétaire du château Lamothe de Haux. Il produit en moyenne sur 60 hectares quelques 350 000 bouteilles. Jusqu’aujourd’hui il réalisait 85% de ses ventes à l’export avec 40% aux USA, 30% en Chine et le reste 30% en Europe…

« Pour faire simple on exporte principalement sur les 2 marchés qui sont les Etats-Unis et la Chine, et aujourd’hui on sait ce qui se passe le coronavirus d’un côté et la taxe Trump de l’autre, donc forcément ça limite les marchés et ça limite la vente de vin… »

Après il faut prospecter ailleurs, j’ai des rendez-vous avec d’autres marchés que je ne faisait pas jusqu’à maintenant comme le marché polonais, le marché français : des cavistes, des restaurateurs, des agents, il faut redévelopper, être dynamique en somme, » Damien Chombart.

Hier soir, les Côtes de Bordeaux organisaient à Quai Ouest à Saint-Cloud un off dégustation pour faire découvrir leurs nouveautés avec des vins sans soufre, des vins élevés en amphore, des vins issus de parcellaire, des vins de cépage…

Dégustation hier soir des Côtes de Bordeaux à Quai Ouest avec ici les producteurs de vins sans soufre et en amphore – JPS

Ils sont ainsi 22 vignerons de Blaye, Cadillac, Castillon, Franc et Sainte-Foy sur le salon. La production annuelle des Côtes de Bordeaux représente 56 millions de bouteilles à vendre.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet, Eric Delwarde et Françoise Dupuis : 

10 Fév

Vinexpo – Wine Paris, en route pour concurrencer ProWein

C’est un mariage de raison, qui pourrait devenir un mariage d’amour… Les retombées et la visibilité sont énormes. Il y a un monde pour ce salon qui n’en fait plus qu’un aux yeux des acheteurs. Réactions plutôt positives des acteurs de Vinexpo et Wine Paris.

Et un petit toast aux 25 ans des Aliénor du Vin de Bordeaux, y en a qui perdent pas le nord…JPS

2 salons en un. Une force de frappe qui a séduit de nombreux exposants parmi les 2800 présents dont les Aliénor du Vin de Bordeaux qui fêtent ici leur 25 ans d’existence et dont c’est aussi la 1ère participation.

Par tradition, on allait tout le temps à ProWein et là on a décidé d’aller à Vinexpo- Wine Paris parce qu’on pense que c’est un salon qui va monter », Malika Faytout-Boueix des Aliénor du Vin de Bordeaux.

Et de poursuivre : « on le voit dans les allées, vraiment il y a beaucoup plus de monde que l’année dernière à ProWein… »

 Du côté Wine Paris (hall 4 et 6), on y trouve de petits vignerons de toutes les régions viticoles de France mais aussi de grands opérateurs, comme ces Bourgognes venus à 54 l’an dernier et aujourd’hui à 138…

On a un public de cavistes, restaurateurs et sommeliers qui ne se déplacent pas sur des salons internationaux, car ils n’ont pas le temps…Ils disent notre sélection est faite ici et on n’ira pas à ProWein. », précise Pierre-Olivier Ghintran, directeur de la CCI de Bourgogne-Franche-Comté.

Il faut dire que ce salon qui devait se tenir initialement en janvier pour Vinexpo et en février pour Wine Paris y a gagné en visibilité par rapport à l’ogre ProWein.

On est en février, c’est l’occasion pour les acheteurs de déguster le dernier millésime et de débuter les négociations et les commandes en primeur », Pascale Ferranti directrice de Wine Paris

« C’est également être à Paris, c’est vraiment l’une des clés du succès de Wine Paris et de Vinexpo Paris, d’être à moins de deux heures des grandes capitales européennes et aussi de profiter de tout le maillage des restaurateurs et des cavises parisiens, ce sont plus de 26000 établissements. »

Dans le Hall 7 dédié à Vinexpo, de nombreux exposants français et étrangers, mais aussi l’avenue des marques, une offre complémentaire…

« Il est plus facile de faire venir des acheteurs à Paris, que de faire venir des acheteurs sur Bordeaux, on évite de faire perdre une demi-journée, pour aller de Paris à Bordeaux, donc les gens sont plus captifs ici pour découvrir l’offre française » commente Jean-Pierre Durand d’Advini.

Vinexpo, c’est aussi Be Spirits, un espace dédié, aux spiritueux, avec le plus long bar d’Europe ou presque, l’Infinite Bar, 50 mètres de long…Et des Bordelais aussi présents avec leur gin ou vermouth… « On a vu des acheteurs de la grande distribution, c’est pas toujours évident de les contacter, on attend des acheteurs étrangers et de nouveaux », confie Sabine Lurton .

Et pour être en phase avec les nouvelles tendances, il y a aussi le marché des vins bio, avec WOW pour World Organic Wines, qui attend les acheteurs, plus de 30000 attendus durant ces 3 jours.

Ouverture ce matin de Vinexpo et Wine Paris

Ambiance à l’ouverture de ce grand salon du vin et des spiritueux de la Porte de Versailles sans vraiment la présence de Chinois. Un marché chinois pourtant et toujours très important pour les vins de Bordeaux et français qui restent optimistes.

Marie et Sylvie Courselle à l’entrée de ce grand salon « une aubaine » pour leur château Thieuley

A l’ouverture du salon Vinexpo Paris et Wine Paris, c’est l’effervescence à la porte de Versailles. Pas ou peu de Chinois sur les 30000 visiteurs attendus, mais des exposants confiants à l’image des sœurs Courselle, Marie et Sylvie, avec leur baguette très « Paris » sous le bras…

« Fort heureusement, il n’y a pas que les Chinois qui achètent nos vins, je pense que justement cette union entre Vinexpo et Wine Paris cela va faire un vrai salon, un salon fort en France, c’est plutôt une bonne aubaine », me confie Sylvie Courselle du château Thieuley. On a pas mal de rendez-vous pour le marché français, on sait que ProWein est plus axé sur les acheteurs internationaux. On attend beaucoup de monde donc on est plutôt optimiste. »

Parmi les premiers visiteurs, un importateur japonais qui a mis son masque, et paraît bien seul d’ailleurs, il vient rechercher de nouveaux champagnes à proposer à ses marchés : « est-ce que vous êtes effrayé par le coronavirus ? »Au Japon et en Asie, oui bien sûr, mais en France personne ne peut dire s’il y a un problème et donc je me protège un peu avec un masque… »

Rodolphe Lameyse, le directeur de Vinexpo ce midi devant Be Spirits -JPS

On a 300 grands acheteurs chinois qui étaient inscrits sur nos plateformes, à date on en a 50-60 confirmés, le reste on verra, cela sera fonction de leur capacité à venir depuis la Chine », Rodolphe Lameyse directeur général de Vinexpo.

Entre Vinexpo Paris et Wine Paris, les verres sont donnés à titre inndividuel, tout est fait pour rassurer, comme sur chaque salon d’ailleurs.

Sur l’espace Wow des World Organic Wines, on rencontre Bordeaux Vineam, l’un des plus gros producteurs de vins bio à Bordeaux sur 275 hectares avec une production d’1,5 million de bouteilles. Bordeaux Vineam est détenu par un propriétaire hong-kongais qui a enregistré certes une baisse à l’importation des vins de Bordeaux mais bien antérieure à cause de la guerre commerciale avec les USA et des droits de douanes supprimés pour les vins australiens et chiliens. La en fin d’année, le marché chinois qui reste le 1er marché à l’export pour les vins de Bordeaux avec 373 000 hectolitres semblait reprendre…

On est  confiant, car il y a un pouvoir de résilience chez les Chinois. Bien qu’ils aient été mis en quarantaine, ils ont continué à envoyer des ordres et retiré leur conteners, donc pour eux c’est un mauvais passage à passer »,  Olivier Guaus, responsable de l’export à Bordeaux Vineam.

Un peu plus loin, Alexandra de Vazeilles, productrice en Beaujolais : « j’ai une pensée pour eux, dernièrement mes vins ont pu partir, mais on espère que cela ne durera pas plus de 6 mois. »

Wine Paris et Vinexpo ont de nombreux atouts sur leurs 2800 stands à proposer durant ces 3 jours à leurs visiteurs qui seront plutôt français et européens.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sylvie Tuscq-Mounet et Eric Delwarde et Sarah Colpaert: 

08 Fév

J-2 pour Vinexpo Paris: la 1ère édition du genre, jumelée avec Wine Paris

Vinexpo Paris a mis les cartes de son côté en se mariant avec Wine Paris pour devenir le plus gros salon du vin et des spiritueux à l’avenir. Ce salon va rassembler 2800 exposants et plus de 30000 visiteurs attendus, dans un contexte international pas facile. Mais les organisateurs y croient…

Le salon © Vinexpo Paris-Wine Paris se précise

VINEXPO ET WINE PARIS: OBJECTIF CAPITALE EUROPEENNE DU VIN ET DES SPIRITUEUX

Le challenge est remarquable, concurrencer ProWein le salon allemand qui rassemble 60000 professionnels en mars pour reprendre l’ascendant. Cela ne va pas se faire du jour au lendemain, mais pourquoi pas…Paris sera toujours Paris. Une capitale qui fait rêver, capitale touristique et capitale de la gastronomie aussi. Aussi pour l’ouverture de Vinexpo Paris et Wine Paris ce lundi à 9h, ce sont 30000 visiteurs qui sont attendus pour sillonner et déguster sur les 2800 stands, essentiellement français et avec 35% d’étrangers.

L’objectif va au delà avec le mariage avec Comexposium sur différents salons selon Rodolphe Lameyse: « Notre objectif est de devenir le 1er organisateur mondial d’événements dédiés aux vins et spiritueux en accueillant annuellement plus de 78000 visiteurs issus de 140 pays et 5900 exposants. En nous alliant à Comexposium, nous allons réunir nos expertises, nos ancrages et nos savoir-faires respectifs. 

Même si le contexte est difficile, la France reste le 1er exportateur en valeur avec 12,2 milliard d’euros, avec 2 milliards de bouteilles exportées dans 200 pays. 

WOW: UN ESPACE IMMANQUABLE, DEDIE AUX BIO ET BIODYNAMIQUES

Vinexpo s’est peut-être endormi sur ses lauriers, mais depuis 2017 a lancé à Bordeaux l’espace WOW pour World Organic Wines. Un espace qui rencontre un succès croissant tant à Bordeaux, qu’en Chine et ce lundi à Paris. 110 producteurs seront sur l’événement sur le Hall 7.2, des producteurs des différents pays du monde: à commencer par la France avec de nombreuses régions viticoles représentées mais aussi le Liban, l’Afrique du Sud, le Chili, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne…

INEDIT : BE SPIRIT BY VINEXPO

Les spi… et la mixologie à l’honneur ! C’est la nouveauté, un espace dédié aux spiritueux, histoire de draguer les importateurs du monde entier et les CHR européens et français. Et pour le fun, il y aura l’Infinite Bar, qui fera la part belle aux cocktails avec une 20 aine de mixologistes well known des bars parisiens.

Une centaine de marques seront représentées issues du Royaume-Uni, Canada, USA, Belgique, Italie, Pologne, Guatemala, Mexique, République Dominicaine, et même du Tibet, sans oublier la France. Je pense que ça va sentir quelques vapeurs de gin, vodka, whisky, rhum, et autres liqueurs, cognac et eaux de vie.

2 temps forts pour Be Spirit avec des conférences, masterclasses et dégustation: Be Mixology et Be Brand.

LA VINEXPO ACADEMY

Il n’y aura pas que du jus de fruit, il y aura aussi du jus de crâne...avec la Vinexpo Academy et ses conférences très intéressantes. Ainsi pour l’ouverture lundi :

  • 10H-11H30: conférence IWSR sur les tendances du marché mondial
  • 12H-13H30: les enjeux du E-Commerce
  • 14H30-16H : conférence sur le Brexit

Mais on parlera aussi des vins autrichiens, des crus bourgeois, du brandy, d’Oltrepo Pavese, d’oser acheter un vignoble, de la grande distribution, du corallin, des cavistes, d’un bilan des exportations et du Vinexpo Challenge.

Allez go Vinexpo, win Wine, Paris sera toujours Paris !