26 Avr

Grêle dans le vignoble charentais : quelques gros dégâts recensés…

Un important orage de grêle s’est abattu jeudi dernier dans le vignoble charentais, situé surtout au sud de la région. Quelques dégâts ont été relevés dans les vignobles. Ils ont été relevés sur une bande de 6 kilomètres de large entre le nord de la Gironde et le sud de la Charente. Au total, 2000 hectares auraient été impactés.

Quelques dégâts dans les vignes de Charente après la grêle © Jérôme Deboeuf – France 3 Poitou-Charentes

C’est vrai que ces derniers temps, le ciel a de quoi inquiéter les « gau-gau », les Gaulois que nous sommes. Mais cela ne date pas que de l’époque d’Astérix… Sauf que si le ciel a une fâcheuse tendance à nous tomber plus souvent sur la tête, le réchauffement et le dérèglement climatique de ces dernières années y sont peût-être pour quelque chose, en tout cas on a l’impression que tout s’accélère !

Images sur l’autoroute A10 de Julien Privat

Alors que le ciel pouvait depuis mercredi tomber sur la tête des vignerons girondins, il leur a fait cette fois une petite infidélité et s’est abattu plus au nord de Gironde, en Charente, Charente-Maritime et Dordogne.

© France 3 Poitou-Charentes Julien Privat.

Alors que Météo France n’avait pas lancé d’alerte sur le Poitou-Charentes, des orages, de la grêle et de fortes rafales de vent se sont abattus dès le début de l’après-midi de jeudi principalement sur la Charente et la Charente-Maritime.

Une grosse partie des jeunes rameaux est complètement sectionnée, une autre partie préservée, des boutons qui étaient juste sortis et qui ont rencontré les grêlons sont tombés, on espère que le contre-bouton va ressortir… » Daniel Sauvaître viticulteur en Charente.

Malgré tout, les dégâts ne devraient pas avoir trop de conséquences, puisque la grêle est tombé précocement dans la saison, par rapport au cycle végétatif de la vigne, d’autres pousses ou des contre-bourgeons devraient logiquement sortir…La grêle aurait causé quelques dommages sur les vignes  de Montendre, Sousmoulin, Chantillac, Baignes, Touvérac, Le Tâtre, Reignac et Salles-de-Barbezieux, et dans le secteur d’Angoulême, à Jurignac, Roullet, Nersac, La Couronne et Champniers. Entre le Sud Charente et la Haute-Saintonge, ces orages de grêle auraient touché 2000 hectares de vignes.

Avec France 3 Poitou-Charentes.

Regardez l’interview de Daniel Sauvaître viticulteur en Charente réalisée par Jérôme Deboeuf et Cécile Landais : 

17 Avr

Gel sur Bordeaux, l’heure est au constat : « le boulet nous a frôlé… »

Deux jours après ce long week-end de températures basses, Bordeaux panse ses plaies. Fort heureusement, le pire a été évité, mais « on est passé très très très près », me confie Bernard Farges, le président des « Bordeaux et Bordeaux Supérieur ». 5 à 10% du vignoble aurait été touché.

Après le gel, l’espoir… le grapillon semble vouloir continuer à vivre… © Nicolas Lesaint

« Sur nos appellations, on compte quelques parcelles et notamment dans l’Entre-Deux-Mers, dans des zones un peu basses, mais globalement il n’y a rien d’énorme », commente pour Côté Châteaux Bernard Farges, vice-président du CIVB et président des « Bordeaux et Bordeaux Sup ». « Dans la Vallée de la Dordogne, il y a quelques endroits qui ont souffert, dans le Targonnais sur Ladaux et Cantois et dans le nord-blayais. » « Mais c’est passé très très très près » de cette catastrophe tant redoutée de tous : un gel plus intense, comme en 2017. La partie des Graves et le Sauternais ont eux été protégés par les brouillards. »

Au château de Reignac à Saint-Loubès, Nicolas Lesaint directeur technique recense 20 hectares touchés sur 77 hectares : « on a un peu plus d’espoirs q’il y a quelques jours, on positive… C’est différent de 2017 » (où 100% de la propriété avait été touchée, avec seulement 12 hectos à l’hectare). Ce qui laisse Nicolas Lesaint positiver, c’est le constat depuis lundi après ce week-end de gel :

« On est resté sur des couleurs dynamiques de pousse du bourgeon, pas comme en 2017 où tout était kaki, perdu, là la base est intacte, ce n’est peut-être que les feuilles qui ont grillé. A mon avis, ça devrait aller, c’est dans 15 jours qu’on devrait savoir », me confie Nicolas Lesaint.

Sur Saint-Emilion, là aussi de grosses frayeurs : « samedi matin, je me suis fais très très peur, j’ai une parcelle qui a été touchée à 20-30% », me confie Jean-François Galhaud. Dans la plaine, il y a eu quelques dégâts, mais « tous les systèmes mis en place les éoliennes, chaufferettes et hélicoptères, cela a fonctionné, heureusement ». 

Cela a frisoté, le boulet nous a frôlé, c’était très juste », Jean-François Galhaud président du Conseil des Vins de Saint-Emilion.

La Chambre d’Agriculture de la Gironde confirme de son côté que « toutes les zones du département ont été plus ou moins touchées, dans les parties basses le plus souvent ou proches des forêts : Graves, Médoc, Entredeux-Mers, Libournais, Nord Gironde. Un recensement des dégâts est en cours afin d’appréhender leur ampleur, mais le sinistre est sans commune mesure avec le gel que la Gironde a connu en 2017″.

Pour Christophe Château, directeur communication du CIVB : « l’inventaire a été fait, mais il est très difficile de connaître un chiffre exact. La Chambre estime que le gel a touché les vignes entre 5 et 10%. La bonne nouvelle, c’est que c’était tôt (dans la saison), et on n’a pas eu les températures de -4 à -5 de 2017 mais de -1 à -2°C.

Les cas les plus graves sont les propriétés qui ont été exposées avec un couloir de vent d’est. Globalement pour la production, il n’y aura pas d’incidence », Christophe Château CIVB.

Et de poursuivre : « Quant aux 15 jours à venir, c’est sans souci, mais les Saints de Glaces ne sont pas passés, après le week-end des 11-13 mai, à ce moment là on pourra dire qu’on est sorti d’affaire… »

La Chambre d’Agriculture invite les agriculteurs et viticulteurs à déclarer les dégâts en ligne sur www.gironde.chambagri.fr et un numéro d’appel a été ouvert pour répondre à leurs questions : 0800 002 220.

13 Avr

Vignoble de Bordeaux : la mobilisation cette nuit pour combattre le gel

De nombreux viticulteurs étaient mobilisés cette nuit pour tenter de sauver le millésime 2019, avec une vigne qui avait pris 15 jours d’avance. Si le thermomètre était en moyenne à 0° , dans de nombreux endroits la température était de -1 à -2°C. Réactions.

© Sophie Aribaud

Cette nuit, c’était un peu le branle-bas de combat dans la vigne. De nombreux dispositifs avaient été installés pour essayer de réchauffer l’atmosphère avec des systèmes de chaufferettes notamment et pour ceux qui en avaient les moyens le recours à des hélicoptères…notamment à Pomerol.

« Ca a gelé », me confie ce matin Michael Rouyer en plein préparatifs du Printemps des Vins de Blaye. « Mais la plupart des vignerons attendent de voir en fin de matinée l’étendue des dégâts. C’était limite. Ce matin au thermomètre de la voiture il faisait encore -1°C… Certains vignerons m’ont dit qu’ils avaient gelé à Cartelègue, d’autres à Campugnan. »

Pour Franck Binard, directeur du Conseil des Vins de St Emilion : « François Despagne m’a confié que sur son secteur, il a fait brûlé des ballots de paille, cela s’est bien passé sur le secteur Corbin… En revanche du côté Paradis, des 0 à -2°C, quelques petits tracas, il faut attendre un ou deux jours pout voir les dégâts, on est passé pas loin de 2017. Cette nuit cela devrait aller, mais dans la nuit de dimanche à lundi, ce sera plus froid. »

Yann Todeschini, vice-président des Vins de Castillon, et co-propriétaire de château Mangot : « on a relevé entre -0,4 et -1° à Castillon », quant à Mangot à St Etienne de Lisse « on est resté à 0°, on a allumé un dispositif léger de balles de foin, en sécurité…et on verra d’ici ce soir et demain les dégâts s’il y en a car dur à estimer ! Mais on a économisé un stock de paille pour demain matin qui est potentiellement aussi mauvais ou pire, donc en alerte jusqu’à lundi matin. »

© Sophie Aribaud

« Tout le monde est inquiet », commente Christophe Château du CIVB.« On est dans l’attente, on ne peut pas savoir juste après le gel, il faut attendre pour connaître les dégâts. Il y a eu -1° à Cartelègue, -1° à Saint-Emilion et dans les Graves. Cela sera moins grave que 2017, il y aura un certain impact mais on n’a pas besoin de cela. On saura demain matin. »

Tous nos amis vignerons ont en tête ce terrible gel du 27 avril 2017, où les températures étaient tombées de -3 à -6°C, ravageant de nombreuses parcelles, 100% du vignoble de Bordeaux avait été impacté entre 20 et 100% par endroit. Près de 40% de la récolte 2017 avait été perdue. On croise les doigts pour que les dégâts soient moindres cette année.

19 Sep

Début des vendanges en rouge à Pomerol : « un millésime sauvé des eaux »

C’était ce matin le coup d’envoi de la récolte des merlots au château la Conseillante à Pomerol. 32 vendangeurs sur le pont pour cueillir de très beaux raisins « sauvés des eaux » comme l’exprime Marielle Cazaux, la directrice, après un printemps très pluvieux, grâce à 3 mois de beau temps cet été, avec de la chaleur et des matinés plutôt fraîches.

Marielle Cazaux donne le top départ des vendanges en rouge au château la Conseillante © JPS

Ce matin c’est pour Marielle Cazaux enfin ce moment tant attendu, pour ses 4e vendanges au château la Conseillante : « c’est sûr, c’est un millésime qui s’annonce superbe, avec une réelle libération et une excitation et un enthousiasme incroyable »

Pour ce ban des vendanges en rouge ici à Pomerol, c’est en effet l’excitation des grands jours au château la Conseillante su ce terroir d’argile, de graves et de sable,  terroir typique et mythique du plateau de Pomerol.

« Aujourd’hui ça va être une grosse journée, on va couper deux hectares, donc je vais vous demander de faire attention, c’est la qualité en premier puisque nous sommes à Pomerol, » Marielle Cazaux directrice de la Conseillante.

Sur ce dommaine de 12 hectares, voisin de Pétrus, Vieux-Château-Certan, et l’Evangile, la récolte s’annonce prometteuse alors que 52 centimètres de pluie sont tombés de janvier à juin. La Conseillante qui était en conversion bio a du revenir à des traitements conventionnels pour éviter la casse. Le mildiou aurait ainsi été minimisé, 2 à 3 % des vignes touchées selon Marielle Cazaux.

Le millésime est sauvé des eaux avec des superbes mois de juillet, d’août et encore en septembre des températures incroyables au dessus de la normale qui nous ont permis d’attendre le maximum et la maturité parfaite pour nos raisins », Marielle Cazaux directrice de la Conseillante.

« On revient de très loin parce que cette année 2018 est un peu l’année de tous les extrêmes », complète Jean-Marie Garde le président du Syndicat Viticole de Pomerol (800 hectares). On a eu une pluviométrie très importante dès le mois de novembre et jusqu’à la fin juin, avec des inquiétudes pour les viticulteurs, des attaques de mildiou et puis tout à coup le beau temps est arrivé avec des températures qui nous paraissaient excessives… »

Jean-Marie Garde, le président du syndicat viticole de Pomerol © JPS

Nous n’avons pas connu de canicule. Nous avons eu une amplitude de températures entre le jour et la nuit et ça c’est le signe de grands millésimes », selon Jean-Marie Garde.

Fort heureusement il n’y a pas vraiment eu de canicule comme en 2003, les matinées fraîches et les quelques précipitations de septembre, devraient augurer d’une belle récolte de merlots, parmi les 800 hectares de vignes à Pomerol.

« A priori, sur les potentiels d’extraction, des anthocyanes, des pigments colorés, des tanins, on a des valeurs qui sont vraiment très très intéressantes, et tout-à-fait dans la lignée des millésimes 2015 et 2016 », Bertrand Nicolas co-propriétaire de la Conseillante.

Tant que les cabernets ne sont pas rentrés, il est encore difficile de crier totalement victoire, mais les planètes sembles alignées pour réaliser un très bon millésime ici, qui pourrait rappeler le 2015 ou le 2016.

28 Août

Alerte orange dans le Sud-Ouest : attention aux orages violents

Météo France annonce un épisode d’orages violents avec possibilité de grêle à partir de cet fin d’après-midi. Espérons que la grêle épargne les vignes.

Tous aux abris ! Depuis 17 heures, 11 départements du Sud-Ouest de la France ont été placés par Météo France en alerte orange. Il s’agit d’un « épisode pluvio-orageux estival, nécessitant une vigilance particulière, dans la mesure où il existe un risque fort de phénomènes violents », avec possibilité de grêle, ce qui ne ferait pas l’affaire des viticulteurs.

« Cette salve orageuse donnera de la grêle, une forte activité électrique, et des quantités de précipitations entre 20 et 40 mm voire un peu plus en moins d’une heure.
On attend en outre des rafales très fortes, entre 100 km/h et 120 km/h localement, peut-être plus en pointe » selon Météo France.

Croisons les doigts pour que ce phénomène soit atténué…

31 Juil

Millésime 2018 : boudiou, tout ce mildiou !

De mémoire de vigneron, cette attaque de mildiou en 2018 est l’une des plus importantes jamais connue dans le bordelais. Comme si la grêle, le gel et autres intempéries ne suffisaient pas, les vignerons se tirent les cheveux avec cette attaque, en attendant d’autres…et un stress hydrique annoncé qui va s’ajouter à cela. Analyse de la situation avec deux grands techniciens Nicolas Lesaint et Yann Todeschini, réactions de nombreux châteaux touchés.

Les résultats de l’attaque de mildiou se font ressentir sur les grappes © DR

« Pour moi, c’est du jamais vu ! Une telle pression de mildiou avec un démarrage aussi rapide », commente Nicolas Lesaint directeur technique au château de Reignac à Saint-Loubès. « Il y a eu en effet une pression continue du début à la fin du cycle », confirme Yann Todeschini propriétaire du château Mangot en Saint-Emilion Grand Cru et de la Brande à Castillon. « Tout le mois de mai, sur la fleur, on a enregistré des pluies de 30 à 50 mm toutes les semaines, surtout sur l’est du Libournais. Depuis janvier, 1000 millimètres sont tombés ! »

SUR LE FRONT DU MILDIOU

Toutefois ces deux propriétés ont réussi à contenir cette attaque : « actuellement, on a une attaque de mildiou mozaïque maintenant sur la feuille », poursuit Nicolas Lesaint. « Mais on s’en sort bien parce qu’on cherche à faire du 35 à 37 hectolitres à l’hectare, et en régulant, en faisant des vendanges vertes, on veut garder la main. On n’a pas fait d’ébourgeonnage en hiver, je préfère voir une plus grosse sortie de raisin comme ça si j’ai une grosse attaque de mildiou, je peux travailler en vendanges vertes pour garder des grappes de 1er rang.Je vais garder 8 à 10 grappes par pied. J’ai 1 à 2% de mildiou, il n’y paraîtra rien, mais j’ai beaucoup de collègues en conventionnel ou en bio qui ont pas mal de dégâts ».

Yann Todeschini et son frère Karl ont aussi surveillé leur vigne comme le lait sur le feu. « en bio avec des fréquences de traitement quasiment hebdomadaire, on a tenu la pression, avec des doses très faibles de cuivre, on reste à moins de 4 kilos par hectare. On a bien tenu la pression jusqu’à début juillet avec cette cadence, mais j’ai des voisins qui ont quasiment 80 % à 90% de pertes… » 

Mais la situation parfois a dérapé comme le confirme Yann Todeschini : « depuis 15 jours, 3 semaines, la situation dérape un peu, avec le mildiou, le rot brun…Après la grêle sur Castillon, en 10 jours on a perdu 30% sur Castillon. La grêle nous a bien mis la m… comme il faut ! A l’échelle de la région cela sera compliqué… »

Nicolas Lesaint complète : « j’ai le sentiment que ce sont les conventionnels qui ont eu d’abord des décrochages, et les bio ont démarré après, mais c’est aujourd’hui équilibré. Il y en a même qui ont du arrêté leur conversion en bio…Ca fait peur pour les années à venir, car on a eu 3 millésimes tendus. Bon maintenant ça a l’air de se stabiliser, là ça y est avec la véraison, on tient le bon bout. Mais La crainte que j’ai face à la période caniculaire qui arrive c’est que des grappes « sauvées » en apparence mais un peu touchées avec le mildiou installé dans les rafles claquent parce que ce mildiou dans les rafles va parasiter forcément les échanges de sèves et donc faire chuter cette résistance au stress hydrique… Il va y avoir de nouveau beaucoup de casse d’ici à mercredi prochain… »

Regardez le reportage de Sandrine Valéro, Jp Stahl et Jean-Pierre Magnaudet, montage Charles Rabréaud au château Franc-Baudron avec Charles Foray :

DES PROPRIETES PAS MAL TOUCHEES, D’AUTRES UN PEU MOINS

« C’est terrible, on préfèrerait qu’il grêle, au moins l’assurance marcherait… » Sophie Gimberteau-Foray du château Franc-Baudron en bio à Montagne est quelque peu désabusée et on la comprend… « L’an dernier, on a gelé à 90%, cette année on est touché par le mildiou à 70%. On est installé depuis 2 ans, c’est déprimant. » continue Sophie Guimbreteau-Foray. Et pourtant son mari a surveillé et traité comme il le fallait : « on en est à 14 traitements, c’est quand même énorme. »

Autre propriété bio, au château des Annereaux, Benjamin Hessel me confie : « on est bien attaqué, mais on s’en sort pas si mal avec 10 à 15 % touchés. On a encore traité ce week-end, alors qu’on appréhendait la pluie, mais finalement il n’a pas plu. On fait très attention. »

Chez les conventionnels, personne n’est épargné non plus. « Du jamais vu, pour nous qui sommes une propriété familiale depuis 4 générations », témoigne Pierre Caminade du château Caminade Haut-Guérin à Génissac. « On a connu entre 7 et 10 pics de mildiou et une forte pression de mildiou qui a continué malgré l’épisode de sécheresse, je pense qu’on est impacté à 50%.C’est en passe de se calmer depuis 2 jours. »

C’est aujourd’hui le sujet des viticulteurs qui n’ont pas été touchés par la grêle, avec une virulence pathogène comme on n’a jamais vu depuis 40 ans », Bernard Farges président des Bordeaux et Bordeaux Supérieur

« Les premiers dégâts ont été visibles vers le 15-20 juin et plus récemment vers le 15 juillet, et la semaine dernière avec une déclaration de foyers sur grappes, » poursuit Bernard farges. « La protection du vignoble n’est pas qu’une vue de l’esprit, ce n’est pas que superficiel, il faut le protéger », complète le président des Bordeaux et Bordeaux Sup. qui précise aussi que d’autres vignobles en France ont été impactés par le mildiou notamment en Languedoc-Roussillon.

Regardez l’interview de Christophe Chateau directeur de communication du CIVB par Jean-Pierre Stahl et Pascal Lécuyer :

UN IMPACT SUR LA RECOLTE

Christophe Chateau du CIVB me confie : « on a jamais connu une attaque de mildiou pareille et qui touche d’autres vignobles en France ». « Il y aura un impact sur la récolte, alors qu’on avait une belle sortie au-delà des rendements. Le mildiou touche l’ensemble du département et très variable d’une propriété à l’autre. La grêle a touché 8 % du vignoble de Bordeaux, le mildiou 10 à 15% mais c’est variable sur chaque propriété. »

Je suis persuadé que l’impact du mildiou sera plus important que l’impact de la grêle », Hervé Grandeau Président de la Fédération des Grand Vins.

Le Président de la Fédération des Grands Vins, Hervé Grandeau, me confie ce matin : « Il y a des gens qui ont tout perdu, des gens qui ont perdu 80% et des gens touchés à 50%. En tout cas, il y a peu de monde qui n’a pas été touché par le mildiou. On avait certes une belle sortie, moi-même de l’ordre de 70 hectolitres mais je pense avoir une perte qui va se situer entre 15 et 20 hectolitres à l’hectare. Aujourd’hui, je suis sûr d’avoir perdu des centaines d’hectolitres de production. On ne sera pas sur une année abondante, je pense.Le temps et la véraison font que cela va stopper…Mais à voir. Le mildiou s’attaque et dessèche parfois à 3-4 grains sur la grappe, après il ne faudrait pas que toute la grappe soit atteinte… »

Quelle année encore ce 2018 ! Nos amis vignerons n’ont pas ménagé leur peine mais le millésime, comme on dit souvent, n’est pas encore rentré dans les chais !

19 Juil

Grêle du 15 juillet : l’heure du bilan, par la chambre d’agriculture de la Gironde

Aujourd’hui,  la Chambre d’Agriculture de la Gironde publie  une carte des pertes viticoles par commune suite à l’orage de grêle survenu dimanche dernier.

La grêle a sévéremment impacté les baies déjà bien formées ici dans les © Côtes de Bourg

Confirmation des dégâts dévoilés en exclusivité par Côté Châteaux lundi dernier dès 11h30 et repris par France 3 Aquitaine dès 12h : 2000 hectares de vignes ont été touchés confirme cet après-midi la Chambre d’Agriculture de la Gironde, sans parler des dizaines d’hectares de maraîchage détruits et des centaines en grande culture.

Voici en substance la Carte des Pertes Viticoles établie par la Chambre d’Agriculture.

2 000 hectares de vignes ont donc été touchées dont 1 000 dans le Langonnais et le Sauternais, le reste dans le Sud Médoc (du Taillan-Médoc à Ludon-Médoc) et dans les Côtes de Bourg. Dans ces deux secteurs, certaines parcelles de vignes avaient été préalablement touchées par la grêle du 26 mai dernier. Les secteurs de Galgon, Périssac et Vérac ont également été impactés.

UNE MISSION D’ENQUETE

Menée par la Chambre d’Agriculture de la gironde, la mission d’enquête de reconnaissance de calamité agricole avec la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) se tiendra demain,vendredi 20 juillet, pour la partie viticole. 

LES MESURES MOBILISABLES

Dans ce contexte, différents dispositifs sont bien sûr mobilisables, à savoir :
– L’assurance calamités agricole
– Les mesures fiscales : fiscalité des indemnités d’assurance, dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti, mobilisation de la Déduction Pour Aléas (DPA),
– Les cotisations sociales : prise en charge partielle des cotisations et échelonnement
– Les Fonds d’Aménagement des Charges (FAC) : prise en charge d’intérêts des prêts,
– L’achat de vendanges (sans nécessité du statut de négociant)
 Conventions de Mise à Dispositions (CMD) de parcelles de vigne à disposition de la SAFER,
 Main d’œuvre : heures perdues, chômage partiel
 Mobilisation du Volume Complémentaire Individuel (VCI) pour compenser une partie de la perte de récolte,
 Autres mesures : la possibilité de remise sur le montant du fermage pour situation exceptionnelle, le recours au Revenu de Solidarité Active (RSA), l’accompagnement de la MSA, les demandes d’aide pour les Jeunes Agriculteurs.
Avec Chambre d’Agriculture de la Gironde.

17 Juil

Les Côtes de Bourg une nouvelle fois touchées par la grêle

Durement touchées le 26 mai dernier, les Côtes de Bourg ont une nouvelle fois été impactées dimanche, mais de manière moins importante. 5 villages des Côtes de Bourg sont concernés cette fois-ci dont Mombrier « très touché » selon Didier Gontier.

ImpactS de grêle sur les vignes du Bourgeais juillet 2018 © Côtes de Bourg

« On a un secteur très touché, c’est Mombrier : l’épicentre du phénomène » commente Didier Gontier directeur des Côtes de Bourg. « En faisant un tour plus précis, on se rend compte que le phénomène s’est intensifié, on le voit sur les impacts. Quasiment toutes les parcelles ont été touchées sur Mombrier et certaines grappes touchées à 100%, un impact sur chaque baie…Plus on s’éloigne, plus les dégâts diminuent. Mais cela concerne Bourg, Lansac, Teuillac, Pugnac et Mombrier ».

« Ceux qui étaient en bordure d’épisode du 26 mai et avaient échappé à la grêle, sont dedans cette fois. On en a marre, là 2018 c’est bon ! C’est un truc de folie entre le suivi phytosanitaire et la grêle. »

L’appellation voisine de Blaye-Côtes de Bordeaux n’a pas été épargnée non plus mais « moins violent qu’en Côtes de Bourg, on s’en tire pas mal », me confie Michaël Rouyer directeur.

« On a Pugnac, limitrophe avec Bourg, Marcillac et Saint-Vivien un peu touchés. Ce sont une dizaine de viticulteurs contre 130 la dernière fois. Cela représente une centaine d’hectares grêlés ».

impact de grêle vignes Bourgeais juillet 2018

Enfin, pour revenir sur les Graves, « on a été bien touché sur le secteur du Langonnais : à Langon, Roaillan, Saint-Pierre de Mons, Mazères, à vue de nez cela représente 500 hectares », témoigne Dominique Guignard. Il y a eu des zones touchées partiellement mais au centre du couloir, c’est du 100% de pertes. On a des vignerons qui avaient fait une mauvaise récolte en 2016, gelé en 2017 et grêlé cette année, pour qui c’est très très compliqué. »

A tous ces vignerons sinistrés, difficile de leur souhaiter du courage, mais je le fais quand même. Envers et contre tout, on a une pensée pour eux.

Je laisserai enfin ce mot de bon sens d’un vigneron victime de cette grêle : « je fais partie de ces victimes, j’accepte les lois de la nature, mais jamais l’inconscience humaine et la lâcheté dans l existence du dérèglement climatique ».

16 Juil

Viticulture : la grêle a fait de nouveaux dégâts sur plusieurs secteurs du Bordelais

C’est un nouvel épisode d’orage et de grêle assez violents qui a été vécu hier après-midi et cette nuit. Après le drame survenu le 26 mai dernier où plus de 7000 hectares ont été impactés en Gironde et 10000 à Cognac, les dégâts sont très sérieux : 2000 hectares de vignes touchées dans le Bordelais dont 1000 sur Langon-Sauternes. Le sud Médoc est bien touché aussi, les Graves mais aussi les Côtes de Bourg.

La taille des grêlons tombés au Taillan en Gironde hier après-midi © Michel Versepuy sur Twitter

« C’est un couloir assez large entre Léogeats, Sauternes et Fargues qui a été très touché, c’est la totalité de la récolte qui est à terre ou bien impactée sur ce secteur », me confie Marion Enard conseillère viticole de la Chambre d’Agriculture de la Gironde.

Les grêlons étaient par endroit de la taille d’une balle de golf, cela s’est passé pendant le match des bleus, durant une vingtaine de minutes », Marion Enard Chambre d’Agriculture de la Gironde.

Les dégâts à Sauternes au château Lamothe-Guignard © Daniel Detrieux

Ce matin, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux et les différents syndicats viticoles tentent d’évaluer les dégâts. Les secteurs les plus touchés seraient du côté de Langon, Sauternes et le Médoc. Confirmation est donnée à 11h30 par Christophe Chateau directeur communication du CIVB : « 2000 hectares touchés dont 1000 sur Langon-Sauternes, le reste sur le sud Médoc.

Photo des vignes de La Lagune, postée sur Facebook par Caroline Frey

Les propriétés les plus impactées Guiraud et La Lagune. » Caroline Frey, la propriétaire de La Lagune, publie d’ailleurs en cette fin d’après-midi sur son compte Facebook une photo avec ce commentaire : « hier soir à La Lagune , le coup de grâce … »

La Chambre d’Agriculture de la Gironde est aussi ce matin sur le terrain, au chevet des viticulteurs et des maraîchers très touchés également. De leur côté, la première estimation donnée à 11h30 et qui reste provisoire : « 2000 hectares de vignes touchés en Gironde dont 1000 sur Langon-Sauternes, le reste dans le sud Médoc du Taillan à Ludon ». 

Un numéro vert a été activé par la Chambre d’Agriculture de la Gironde pour répondre aux questions des sinistrés : 0800 002 220 (coût d’un appel local).

Les nouvelles arrivent au compte-goutte, une fois de plus, la nature s’est rappelée à ces paysans de la terre, qui n’avaient pas besoin de cela et auraient aimer fêter comme tout le monde le fait d’être champions du monde, mais là cela relativise tout.

SAUTERNES BIEN TOUCHE

Xavier Planty, le président de l’ODG de Barsac et Sauternes est ce matin bien morose : « c’est désespérant, Guiraud est touché à 100%, la production de grand vin est très compromise ». Et d’ajouter : « cela a touché Guiraud mais pas Yquem, tout Fargues, mais pas le coeur de Rieussec, ça part depuis Pujols-sur-Ciron, Guiraud, Filhot, Lamothe et ça remonte sur le Langonnais ».

On a pris 45 millimètres de pluie et de grêle, lors de la 1ère mi-temps, avec des grêlons gros comme une phalange », Xavier Planty château Guiraud.

« Il n’y a pas une année où on se prend un coup de ce genre… » On comprend le désarroi de tous ces grands châteaux et des plus petits qui mouillent le maillot tout au long de l’année sur le terrain de la viticulture pour essayer de faire de grands vins et qui sont rattrapés par ces satanées intempéries qui sonnent comme une injustice.

Dans ce genre de désastre, le phénomène est souvent circonscrit à des endroits bien restreints. On parle de couloirs de grêle, c’est ainsi que les voisins prestigieux et autres 1ers crus classés de Sauternes, situés à 1km à Bommes n’ont pas eu de dégât, comme le château Rayne-Vigneau : « on n’a rien sur le secteur de Bommes, nous n’avons pas été touchés mais restons solidaires de nos voisins !  » me confie Vincent Labergère son directeur. C’est aussi cela qui est rageant, c’est que ça se passe sur de petites zones, de manière intense et violente, de quoi mettre à terre les efforts d’une année de labeur.

REBELOTTE A BOURG !

« Cela a duré 10 minutes, mais pas de la violence du 26 mai dernier, cela a touché les communes de Bourg, Lansac, Mombrier, Teuillac et Pugnac », me confie Didier Gontier, directeur des Côtes de Bourg.

On est champion du monde…de la grêle, Didier Gontier des Côtes de Bourg.

« On a fait un flash pour demander 1 retour sur les dégâts : des parcelles qui n’étaient pas touchées le 26 mai, on été touchées là. On va avoir un gros souci de protection des baies impactées, il va falloir traiter les vignes contre le botrytis. C’est de l’acharnement, ce millésime 2018 ! »

Assemblée générale du © CIVB où Allan Sichel a commenté ce nouvel aléa climatique

LA REACTION D’ALLAN SICHEL LORS DE L’AG DU CIVB

Cet après-midi, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux a commenté lors de l’assemblée générale du CIVB : « les conséquences de ces épisodes sont dramatiques pour les propriétés touchées, certaines d’entre elles ayant déjà subi de très importantes pertes lors du gel de 2017. Au niveau de la globalité de la filière bordelaise cependant l’impact restera léger ; la récolte globale 2018 s’annonce belle, même si nous devons rester prudents face à la très forte pression des maladies favorisée par les conditions météorologiques printanières particulièrement humides ».

La multiplication des aléas climatiques majeurs nous engage à mettre en place des outils pour garantir la pérennité des exploitations et de nos activités commerciales, je parle ici de l’assurance récolte mais aussi du VCI », Allan Sichel président du CIVB.

« Nous sommes heureux et très satisfaits des évolutions récentes validée par l’INAO et l’état pour augmenter la possibilité de constitution de VCI lors de chaque vendange et en autorisant un volume de VCI cumulé pouvant atteindre une ½ récolte ». Et d’analyser que l’impact du gel 2017 commence à se faire sentir : « la faible récolte 2017 vient directement impacter les volumes enregistrés en contrat d’achat qui sont en baisse de 18 % à fin juin », bien qu’à l’export « +3% en volume (2,123 millions d’Hl) et + 8% en valeur (2,061 milliards d’euros) » ont été enregistrés sur 12 mois glissants (fin mars).

Sacré millésime, après un premier épisode de grêle fin mai, une attaque fulgurante de mildiou en juin et juillet, revoilà la grêle… Courage à nos amis vignerons.

Regardez le reportage à Sauternes de Hélène Chauwin et Jean-Pierre Magnaudet :

07 Juin

Grêle dans le vignoble :retour sur les mesures d’accompagnement de la préfecture de région de Nouvelle-Aquitaine

Après s’être rendu s’est rendu le 29 mai sur le terrain à la rencontre des viticulteurs girondins touchés puis le 1er juin à Cognac, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement a mobilisé l’ensemble des services de l’État pour faire face à cette situation d’une gravité exceptionnelle et présidé une réunion hier d’accompagnement des viticulteurs concernés

Les dégâts de la grêle sur le vignoble le 26 mai dernier © JPS

Hier, le préfet de région Didier Lallement avait réuni une cellule départementale d’urgence pour essayer de répondre à la catastrophe de grêle survenue le samedi 26 mai. Cette cellule, composée des services de l’État, des représentants des professionnels agricoles, des collectivités territoriales et des représentants du secteur bancaire, a permis de dresser un état des lieux, mais aussi de s’assurer de la mise en œuvre des mesures d’accompagnement des professionnels touchés et d’identifier les évolutions qui seraient nécessaires, pour prévenir les conséquences d’aléas climatiques de plus en plus fréquents.

L’impact sur le vignoble et sur les autres filières agricoles

L’épisode de grêle le plus important est intervenu le samedi 26 mai à la mi-journée, en provenance du Sud. Il a touché les vignobles de Pessac-Léognan, du Haut-Médoc, puis celui des Côtes de Bourg et de Blaye Côtes de Bordeaux avant de poursuivre sa trajectoire vers le vignoble de Cognac. Une autre cellule orageuse a causé des dégâts dans l’Entre-deux-mers, le même jour.

En intégrant les dommages causés par l’épisode de grêle intervenu le 21 mai en Médoc, ce sont plus de 7 000 ha de vignes qui ont été touchés en Gironde, dont la moitié à plus de 80 %.

D’autres dégâts ont également été recensés sur d’autres cultures (maraîchage, arboriculture, asperges, grands cultures, prairies).

Les mesures d’accompagnement pour les professionnels

Le recours à l’activité partielle est d’ores et déjà possible pour les opérateurs touchés. Des mesures fiscales et sociales seront mises en œuvre, ainsi que la possibilité d’achats de vendanges, pour les viticulteurs les plus impactés. Par ailleurs, le secteur bancaire sera amené à mettre en œuvre des procédures d’accompagnement individuel des exploitants. La cellule départementale de suivi pourra être mobilisée dans ce cadre.

Devant la fréquence des aléas climatiques, les représentants professionnels ont exprimé les demandes suivantes :

– une évolution de la fiscalité agricole pour permettre la constitution d’une réserve de précaution ;

– un relèvement des plafonds applicables au volume complémentaire individuel (VCI), permettant de constituer une réserve inter-annuelle dans des conditions compatibles avec la production sous AOC ;

– une adaptation des critères du contrat socle de l’assurance multi-risques (subventionnée par la PAC à 65 %), qui constitue le meilleur filet de sécurité en cas de sinistre climatique majeur.

Ces demandes seront transmises aux ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de l’Économie et des Finances. Le préfet a assuré l’ensemble de la profession de l’accompagnement des services de l’État dans la durée. Un bilan des mesures mises en œuvre sera présenté lors d’une prochaine réunion de la cellule départementale. D’autres réunions ont eu lieu ce jour également en Charente et en Charentes-Maritimes.

avec Préfecture de Nouvelle-Aquitaine.