13 Jan

Michel Ohayon lance le 1er centre oenotouristique d’Europe depuis les anciennes casernes de Libourne

C’est un projet d’envergure, quasi-pharaonique, qui se dessine à l’emplacement de l’ESOG, l’ancienne école de sous-officiers de la gendarmerie qui a fermé ses portes en 2009. Depuis la mairie de Libourne avait espéré relancer une activité jusqu’à l’arrivée en 2019 de Michel Ohayon. Celui-ci souhaite faire de ces 6 hectares et 14 bâtiments un complexe totalement repensé, tout en gardant les anciennes casernes, pour en faire le 1er centre oenotouristique d’Europe où l’on va trouver « la plus grande cave mondiale, le grenier du vin mondial », sans compter une offre de prêt-à-porter de luxe et un hôtel 5 étoiles, comme l’Intercontinental de Bordeaux.

Le projet de centre oenotouristique avec une reconversion des casernes de Libourne par © Michel Ohayon et Michel Pétuaud-Létang

C’est un projet qui décoiffe, en ces temps de paralysie et de pandémie covidaire… « Osons ! », aurait dit en son temps, Jean-Pierre Elkabbach. Eh bien Michel Ohayon, y croit et se lance avec de très nombreux partenaires dans un projet grandiose qui risque de faire passer Bordeaux désormais pour le « petit poucet », face à Libourne qui pourrait devenir l’ogre oenotouristique !

Michel Pétuaud-Létang, Michel Ohayon, Philippe Buisson et Jean-Philippe Le Gal © JPS

C’était cet après-midi un show que nous offraient Michel Ohayon, et Philippe Buisson depuis la salle des mariages de la Mairie de Libourne, avec la présence également de l’architecte bordelais Michel Pétuaud-Létang et Jean-Philippe Le Gal adjoint au maire en charge des casernes. La découverte de ce que Michel Ohayon dépeint comme « le 1er centre oenotouristique d’Europe »:

Michel Ohayon © JPS

Ce sera la plus grande cave mondiale, le grenier du vin mondial, et à côté de cela vous aurez toute une offre de mode très forte, des équipements de la personne, dans le luxe à prix très accessible, on va aussi dupliquer le grand hôtel intercontinental de Bordeaux ici au milieu des vignes, d’ailleurs le bâtiment a des similitudes assez fraternelles avec ce bâtiment », Michel Ohayon

La conférence de presse « historique » à 14h depuis l’Hôtel de Ville de Libourne © JPS

Le projet est assez dantesque, d’ailleurs Michel Ohayon décrit dans son exposé « 2 bâtiments de plus de 120 mètres de long » que sont l’aile des soldats et le manège, perpendiculaires au Pavillon des Officiers. Ces casernes, que nous avons revisitées ce matin, font intimement partie de l’Histoire de Libourne, construites à partir de 1766 sous Louis XV et jusqu’en 1877, sous la IIIe République.

Jean-Philippe Le Gal,  adjoint au projet urbain de la ville de Libourne et aux casernes © JPS

Nous sommes sur un site patrimonial fermé depuis 2009 de 6 ha avec 31000 m2 de bâtiments en plein centre ville,  c’est un lieu vivant patrimonial auquel les libournais sont attachés et donc nous souhaitons le faire revivre et en faire un centre d’attractivité de Libourne », Jean-Philippe Le Gal

 Même si le projet n’est « pas encore abouti » comme le précise Philippe Buisson, il est déjà pas mal avancé, une vidéo immersive a d’ailleurs été projetée cet après-midi à la presse. Fini donc le « dossier fantôme de l’ESOG », bonjour au temple de l’oenotourisme souhaité par Michel Ohayon qui va donner sa propre vision de ce qu’est l’oenotourisme, un terme qu’il n’aime pas forcément, mais qui sera redéfini par ce complexe touristique, commercial et multi-culturel… Car qu’on ne s’y trompe pas Michel Ohayon  mise avant tout sur une rencontre d’hommes, avec « Philippe Buisson et son dynamisme qui m’encouragent et me donnent envie de faire », épaulé aussi par son ami architecte Michel Pétuaud-Létang.

« Ecrire un rêve nécessite beaucoup de contraintes », fort de ce constat et du respect des casernes existantes, il y aura aussi de nouveaux bâtiments et également un décaissement pour permettre d’envisager des déambulations sur plusieurs niveaux avec plusieurs chemins d’accès à tous ces commerces de vin, de bouche et d’habillement…

L’ancien manège à chevaux deviendra-t-il une gigantesque cave ? © JPS

« Le site vient en numéro 2, même si tout le monde dit toujours l’emplacement, l’emplacement »...continue Michel Ohayon qui reconnaît que « si cela n’avait été qu’un projet hôtelier, je reconnais que je ne l’aurais pas fait…La nous avons près de 7 ha en coeur de ville, avec une architecture remarquable, une alliance, une alchimie entre le minéral et le végétal… »

Il y a peu d’individus en France qui peuvent porter un tel projet avec une telle crédibilité et incontestablement Michel Ohayon en est un, en plus c’est un acteur girondin, un grand hôtelier bordelais et un viticulteur libournais…C’est l’histoire d’une rencontre comme il l’a dit d’hommes mais aussi d’un lieu, il a flashé », Philippe Buisson Maire de Libourne

D’autant comme le précise Michel Ohayon que Libourne est doté d’infrastructures qui emportent la mise aussi avec « une gare, un port, des infrastructures autoroutières » non loin. Et puis comme il dit « Libourne est au coeur de la bourgeoisie bordelaise qui fait notre blason, au coeur du vignoble connu mondialement Saint-Emilion, Pomerol, Bordeaux, près des plages océanes, avec un patrimoine exceptionnel ». Bref un cocktail ou un nectar qui devrait attirer l’abeille ou plutôt le touriste. Allez soyons fou, on a parlé peut-être de plusieurs millions qui pourraient venir jusque là. Il faut dire que Michel Ohayon dispose aussi de très nombreux partenaires 150 avancés dont les groupe LVMH ou Kéring qui seront de la partie.

Le Pavillon des Officiers ○ JPS

« L’idée, c’est de faire un endroit où près de 150 marchands vont présenter dans un décor de pierre, de bois, moyenageux ou futuriste, quelque chose d’exceptionnel, l’écrin sera sublime ! » En prime, Michel Ohayon compte également créer ici un musée automobile pour des vieux bolides des années 30 à 60, , un centre d’art contemporain et un lieu dédié à la brocante, des activités qui se complètent bien et plaisent aux amateurs de vin.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Jean-Michel Litvine, montage Robin Nouvelle: 

23 Oct

Thomas Noël : « en fait caviste, c’est un métier…tu crées ta sélection, c’est le plus beau métier du monde »

Quand le ciel s’assombrit par moment, c’est que les éclaircies reviennent juste derrière. C’est un peu la formidable histoire de ce caviste passionné qui a fermé boutique à Paris, victime de la baisse de fréquentation liée au confinement puis à la désaffection de touristes dans la capitale, heureusement il avait ouvert il y a plus d’un an le Wine Shop à Fronsac en parallèle, qui est en passe de devenir l’une des plus belles caves de France…Côté Châteaux lui tire le portrait et lui décerne la rubrique « vigneron du mois »

Thomas Noël, caviste du Wine Shop à Fronsac © JPS

« Vous voulez bien un petit verre, ou pas ? » Au bout de 5 minutes, Thomas Noël a les yeux du caviste qui pétillent, « déjà que le sourire (derrière le masque), on ne peut pas le voir… », il faut bien que la convivialité et la sympathie transpirent dans ce monde assombri par tant de morosité ambiante. Et cela passe par le verre de dégustation…

On est bien là Tintin, dans l’antre du caviste qui a la passion chevillée au corps, qui a constitué tout seul sa caverne d’Ali Baba, sans les 40 voleurs, bien sûr… « L’histoire, elle est cool », me confie-t-il; « au début tu as juste des murs, et puis tu montes ta cave de A à Z, tu remplis avec ce que tu as déjà vendu. Tu pars de zéro et tu te crée une sélection, c’est le plus beau métier du monde. »

Aujourd’hui, « mine de rien on a quelques références, 798 » pour être exact, « ça m’a pris du temps de les compter…On attend 2000 bouteilles pour dans 15 jours, et c’est pour cela qu’on a surélevé des meubles ».

Thomas Noël avait ouvert une cave boulevard Saint-Germain à Paris, la Maison des Millésimes, il y a quelques années, le 28 août 2008, mais du fait de la crise liée au coronavirus, et au confinement, « Paris aujourd’hui, c’est en vente, je suis resté à – 72% du chiffre d’affaire (depuis le 13 mars)  et même -97% en avril; » Thomas avait deux employés et un loyer à sortir de 2700 € par mois…Il n’a pas pu résister malheureusement à la dure loi comptable, face aux pertes enregistrées et n’a pas pu bénéficier d’aides, mais a du se résoudre à la vente de sa boutique. « Du coup ici à Fronsac cela devient vraiment sérieux, je vais être à temps complet… »

Thomas Noël a ouvert The Wine Shop, cette cave forcément repérable sur le Port de Fronsac par ses volets rouges, le 4 juillet 2019, jour d’indépendance pour nos amis Américains. « Là je commence à réaliser ce qui s’est passé pour Paris, j’ai acheté à 500 mètres et je viens travailler à pied, l’été je suis en short, je ne sais pas si je n’y ai pas gagné en fait… »

Sa cave regorge de pépites : « Pierre-Yves Colin Morey à Chassagne Montrachet, j’ai Dujac et Gangloff qui vont rentrer, Paul Pillot, je suis tombé de ma chaise quand il m’a envoyé un texto, c’est ce qu’il y a de top de Chassagne aujourd’hui. Ici 60% de mes ventes c’est avec la Bourgogne, bien sûr on vend du Fronsac avec les touristes notamment, cela a marché dès le début. Il y a des vins de Fronsac et de Bordeaux superbes; au début on avait des frémissements, mais l’eau continue à bouillir, le tout avec humilité. »

A tel point que les gens qui viennent de loin et sont dans la région font désormais un détour par sa cave tant la notoriété et la sympathie qu’il inspire ont été largement partagés sur les réseaux sociaux. Jaoued Boussahaba, grand amateur de vin corrézien, me confie : « en tant que connaisseur, c’est une cave personnelle où le caviste connaît avec certitude les vignerons qu’il présente. Une cave d’épicuriens avec quelques vins de niche intéressants. Il y a une grande variété et l’accueil est top. J’ai entendu parler de cette cave sur un magazine spécialisé et bien m’en a pris de m’arrêter ici. »

« Je ne pensais pas que cela marcherait aussi vite », continue Thomas Noël tout en me faisant déguster un petit Chassagne Montrachet 1er cru 2017 La Romanée, « une tuerie… » ; « Thibaut Morey du Domaine Morey Coffinet, le mec est d’une grande humilité », il a vu son histoire et ses déboires à Paris sur Facebook et lui a demandé s’il pouvait l’aider en lui achetant du vin, ce qu’il a fait, mais Thomas lui a répondu surtout en lui permettant d’avoir une allocation…Et voilà comment s’est opérée une rencontre de plus dans ce beau monde du vin.

La grosse nouveauté qui arrive pour le 1er décembre : « je fais un site internet; toutes mes grandes allocations vont rester ici, mais il va quand même y avoir de belles allocations aussi sur internet, le confinement nous a montré qu’il fallait avoir un plan B pour travailler. »

Et s’il fallait résumer son leitmotiv, Thomas Noël explique:  « on a du partage de passion qui se transforme certes en achat mais ce n’est pas vraiment de la vente, c’est plus de la transmission de passion. C’est un vrai métier ». Bravo au Maestro du Flacon

26 Sep

Jacques Lurton: « c’est demain le grand jour, la vente de la collection de papa », André Lurton

Cela risque d’être un moment historique et poignant demain à château Bonnet. La vente de la collection de véhicules anciens et de véhicules militaires qui appartenait à André Lurton, disparu l’an dernier à l’âge de 94 ans. André Lurton avait rassemblé des véhicules qui avaient appartenu à la famille et des engins de la seconde guerre mondiale à laquelle il a participé sur la fin de la guerre. Une vente réalisée par la Maison Artcurial. Interview pour Côté Châteaux de son fils Jacques Lurton.

Jacques Lurton devant un camion GMC © Sylvie Tuscq-Mounet

Jean-Pierre Stahl : « Bonjour Jacques, alors c’est demain le grand jour ? »

Jacques Lurton : « Oui, demain c’est le grand jour, le jour de la vente de 15 heures à 18 heures, sous le marteau de l’équipe d’Artcurial. Depuis 3 jours, ils sont là pour faire une présentation des véhicules dans 3 hangars différents, il y en a beaucoup et c’est la collection de papa…

Tout a été remis au goût du jour, nettoyé, installé. C’est une collection dont on ne savait pas trop quoi faire, on a alors décidé de s’en séparer, on l’a mise en vente et on se rend compte  qu’il y a beaucoup d’engouement.C’est une belle collection, mais pas forcément trop chère, il y a certes quelques gros lots comme les tanks. C’est assez populaire, abordable, vraiment assez sympa… »

Une collection de véhicules militaire et chars impressionnante © Sylvie-Tuscq Mounet

JPS: « Et il avait rassemblé par mal d’engins militaires de la seconde guerre mondiale ? »

Jacques Lurton : « Oui, c’est une collection en 3 parties: il y a d’bord les véhicules anciens qui ont appartenu à la famille, notamment à Léonce Récapet (le grand-père d’André Lurton dont il était très proche et qui avait acheté notamment château Bonnet à Grézillac (cf lire histoire)), à sa femme aussi, à notre grand-père et grand-mère mais aussi à papa. Et puis il y a eu aussi d’autres coups de cour de papa… »

© Artcurial 1898 Fisson 8 HP 3 Litres « Tonneau » estimé entre 120 000 et 200 000 euros

« Il y a aussi la collection militaire. Il s’est fait plaisir en achetant des trucs auxquels il a été confronté à la fin de la guerre, car il s’est engagé comme bon nombre de français dans l’armée pour combattre, il a fait notamment les Ardennes. Il avait quelques Jeep car il était conducteur d’un commandant, mais aussi des chars d’assaut dans lesquels il avait pris place à un moment, un véhicule amphibie et même un véhicule Volkswagen de transport d’officiers allemands. »

Une collection importante de véhicules anciens © Sylvie Tuscq-Mounet

Et puis il y a aussi une autre collection agricole: il avait racheté tous les tracteurs qu’il a eu dans sa vie et parfois des véhicules d’origine, une machine à vapeur, la 1ère moissonneuse-batteuse et puis il y a toute la partie machines à vendanger qu’il a eues dont la première de la région du Sud-Ouest en 1972 une « Chisholm Ryder », qu’il avait faite venir des USA.  Je la garde pour exposer à château Bonnet, c’est une pièce de musée, que l’on va repeindre mais qui n’est pas dans la vente, elle restera à Bonnet.

JPS : « J’imagine que c’est une belle vente ? Combien est estimé l’ensemble ? »

Jacques Lurton : « Oui c’est une belle vente qui devrait être au-dessus de 1,5 millions d’euros… »

JPS : Et ce n’est pas un crève-coeur de s’en séparer ? »

De véritables pièces de collection, très bien conservées © Syvie Tuscq-Mounet

Jacques Lurton : « Papa ne nous a jamais préparé ou intéressé à cette collection, de temps en temps il sortait de veilles et belles voitures pour des occasions, notamment pour des mariages, mais il ne nous a jamais impliqué.

« C’était parfois dans un état assez vieux, poussiéreux, dans des hangars… Pour nous, c’était une évidence de la vendre. Et depuis que le catalogue a été constitué, on s’est attaché à ces véhicules, on a fini par s’imprégner de cette histoire, par la force des choses. Il y a 2 ou 3 petites choses qu’on va essayer de racheter. Artcurial est très confiant, il y a un très très gros intérêt. Cela promet d’être une belle vente, bien sûr il restera des choses non vendues que l’on gardera et fera revivre…La voiture de notre arrière-grand-père Léonce Récapet, on a décidé de la perdre. »

« Il a passé 2 à 3 décennies à rechercher ces véhicules, avec une historienne Hélène Brun-Puginier. »C’est impressionnant l’engouement des acheteurs potentiels, c’est dommage que notre papa ne nous ait pas intéressé à cela. »

CONSULTER ICI LE CATALOGUE DE LA VENTE PAR ARTCURIAL

Lire ou relire l’histoire d’André Lurton, créateur de l’appellation Pessac-Léognan en 1987.

Voir ou revoir le reportage Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, Eric Dewarde, Xavier Granger.

28 Juil

Une originale Route des Vins de Bordeaux : « Sauternes au fil de l’eau »…

Dépaysement assuré ! Vous êtes bien sur la Route des Vins de Bordeaux en Graves et Sauternes, mais ici une route au fil de l’eau…Ce n’est pas un hasard si cette balade se nomme « Sauternes au fil de l’eau », une découverte insolite en canoë du Ciron qui favorise les brouillards de septembre-octobre et la formation du botrytis, avant d’accoster au Domaine de Carbonnieu. Magie assurée.

Rendez-vous à la Halte Nautique de Bommes, à côté de Sauternes en Gironde. Là des touristes parisiens, Véronique et Benoît, venus dans la région pour un mariage, se sont dit on va profiter de ce séjour pour participer à cette balade de Sauternes au fil de l’eau.

 

« On s’est dit on va y aller à la fraîche pour visiter cette belle région de vignes », commente Benoît qui pensait avoir affaire à une chaleur étouffante mais ce mardi c’était plutôt couvert et ma foi presque plus agréable.

On ne vient pas à Bordeaux sans visiter, on reste quelques jours pour bien s’imprégner de ce terroir magique de Sauternes, c’est vraiment génial quoi » Benoît Rabourdin

Ce sont un peu plus de 3 kilomètres de descente en canoë qui attendent ces touristes et girondins amateurs de nature, dans ce havre de paix préservé et classé Natura 2000. « C’est très beau, cela fait une espèce de voûte, on se sent au coeur de la nature », commente Véronique.

Un cour d’eau qui favorise la pourriture noble nécessaire à la fabrication du botrytis qui va permettre le Sauternes.« Il faut savoir que c’est la confluence de la Garonne et du Ciron qui crée une brume en septembre et permet le botrytis dans la vigne », explique Florian Queyrel, le moniteur du club de Canoë-Kayak de Bommes-Nautique.

Après 3/4 heure de navigation, avec parfois quelques courants, c’est l’arrivée au Domaine de Carbonnieu, un vignoble de 23 hectares tenu par Alexis Charrier qui leur fait visiter son  chai à barriques:  « là, on a 37 fûts de chêne, cela fait a près 11 000 bouteilles »

On a des gens qui viennent de la France entière, donc du coup cela permet de faire découvrir plein d’arômes que ce soit des Sauternes en cocktail, des Sauternes sur le repas et là on peut balayer tous les accords possibles… »

C’est alors la dégustation de 3 millésimes du château, un dialogue riche avec le vigneron pour balayer les préjugés de vin trop sucré ou difficile à marier.

« Au niveau des accords, c’est vrai qu’on est sur une palette aromatique assez diversifiée, sur des viandes sur des poulets rôtis, sur des poissons sans sauce et après terminer sur des desserts, commente Laurent Moujon auteur de livres de recettes et d’association de mets et vins de Bordeaux. « Mais aussi sur des fromages persillés, des fromages afinés, au lait cru », ajoutait Stéphanie sa compagne. « C’est  vrai que le Sauternes se marie très bien avec tout type de cuisine et notamment épicée »

« On rentre dans le mystère de la complexité du vin, on voyage à la fois géographiquement, géologiquement aussi et dans les goûts quoi », conclue Benoît Rabourdin.

Sauternes, un vignoble de 2200 hectares avec ses 140 vignerons et ses vins liquoreux que ces touristes redécouvrent avec modération.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Camille Beccheti, Stéphanie Plessis : 

27 Juil

Découvrez Bordeaux en mode vintage !

C’est du Bordeaux insolite, du Bordeaux rétro, en moto version side-car rétro tour ou en dedeuch. Des découvertes des vieilles pierres en passant par les balades dans les vignes et les châteaux du Bordelais, vous serez dépaysés encore à bord d’une vieille DS ou même en taxi anglais avec des guides passionnés. 

© Retro Tour Bordeaux

Casque et lunettes vissés sur la tête, le passager s’installe dans le side-car de Retro side tour, pour un voyage non pas dans le passé, mais dans la ville ou les vignes. Au choix : tour des quartiers incontournables, balade romantique en ville à la tombée du jour, escapade dans le vignoble. Tous les jours, plusieurs créneaux par jour (de 69 € à 289 € par moto side-car.). Infos

La mythique 2cv de 4 roues sous un parapluie arpente les rues de la ville, dont l’histoire est éclairée par les anecdotes du guide. Raisin sur le gâteau : une dégustation au château Les Carmes Haut-Brion en fin de visite. Un tour de ville de nuit et dans le Médoc sont également disponibles.
Du lundi au samedi à 9h30 à 14h et toute la soirée (120 € à 462€ la voiture pour 1 à 3 pers./ 462 € pour le Médoc). Infos

C’est un modèle unique au monde : une magnifique Citroën DS Limousine découvrable de 1973 accueille ses passagers dans le plus grand confort, pour un tour des sites emblématiques de Bordeaux mais aussi de monuments moins connus. Un tour dans l’appellation Pessac-Léognan est aussi proposé.Tous les jours, plusieurs créneaux par jour (de 180 € à 220 € / 360 € pour le tour dans le vignoble). Infos

Pour une balade so British, c’est à bord du taxi anglais « Wine cab » qu’il faut embarquer : dégustations de vins et commentaires font partie intégrante de la balade en fin de journée. Une excursion est également disponible dans le Médoc. Tous les jours à 9h et 21h (à partir de 150 € pour 2 pers. / 250 € pour le Médoc). Infos

Avec Bordeaux Tourisme.

09 Juin

L’image du jour : quand Reignac se met à faire de la bière, « qui l’eût cru » ?

C’est une affaire qui mousse du côté de Saint-Loubès… Le château de Reignac qui ne manque pas d’imagination a lancé des bières artisanales à partir de mout de merlot et de sauvignon. Etonnant au pays du vin, bravo pour cette idée très vin…solite.

L’équipe du château de Reignac avec Nicolas Lesaint à gauche et Marion Béchu au fond à droite © château de Reignac

Quand on me met la pression, je réponds « mousse, mousse, mousse… » Ce n’est pas à un Lorrain où l’Amos ou la Champigneulles coulait à flot qu’on l’a fait…Des bières, il en a vues (et bues…avec modération) du temps de son service militaire à Landau, le berceau de l’Allemagne, servant au « Second de Personne », le 2e Régiment d’Artillerie.

Alors quand on balance la grosse artillerie, digne de la grosse Berta, et qu’on me dit : « bien sûr, oui à Reignac on fait de la bière, cela fait même deux ans, tu savais pas ? » Là, la pression monte, la moutarde me monte au nez, et je dis que je suis comme Saint-Thomas, je demande à voir…

Et voilà-t-y pas que Reignyx et sa bande de vignerons me donne la preuve sur Facebook par l’image, « le poids des mots », non « le choc des photos »: oui ce midi à l’heure de l’apéro, ils ont fait péter leur fameuse « Qui l’Eût Cru », et là oui, j’y crois.

 « Cela ferait 4-5 ans que ma collègue Marion me disait : on fait de la bière, on fait de la bière… » me raconte Nicolas Lesaint, responsable du château de Reignac. « Je me suis rendu compte que c’était pas évident de faire de la bière moi-même, on a convaincu Monsieur Vatelot (le propriétaire du château de Reignac) et on a trouvé une brasserie pour faire de la bière au moût de raisin. On nous a aiguillé vers Nathanaël Rogier de Gasconha à Pessac. On s’est bien accordé avec lui, on a goûté des bières qu’on aimait au niveau de l’amertume proche du cépage. On a choisi une blonde désaltérante « pale ale » et on est parti sur le sauvignon gris. Cette cette base-là qu’on allait aromatiser, on a rajouté le moût à hauteur de 10% maxi pour garder la nomenclature bière ».

« Après le souci était de s’organiser et de trouver la bonne semaine, pas facile entre notre activité et celle de brasseur, on a congelé le moût et on l’a amené à brasser pour la première fois en novembre 2018. On en a sorti 3000 bouteilles avec le moût de sauvignon gris, cela a bien marché. Et donc la deuxième année, on est parti sur une bière ambrée, un peu plus torréfiée, avec plus d’amertume, de corps, avec laquelle tu peux manger… Rebelotte, on a congelé le moût de merlot, et en novembre 2019, la 2e Qui l’Eût Cru est arrivée ».

« Au départ on avait pensé à l’appeler P’tite Mousse pour rappeler le Père Noël, « c’est klug ! »mais finalement qui aurait cru qu’ont ferait une bière à Reignac, donc c’est devenu la « Qui l’Eût Cru. » En un an et demi, ça marche bien, on la trouve essentiellement à la propriété, c’est une bonne expérience. »

Bravo à l’équipe de Reignac, c’est une affaire qui mousse.

Pour info, le château de Reignac organise des portes ouvertes le 28 juin prochain.

 

29 Mai

Le « Grand Frère » Cognac Gautier de 1762 adjugé plus de 131 000 euros chez Sotheby’s

C’était une vente exceptionnelle pour un flacon rarissime : une bouteille de cognac de la Maison Gautier, remontant à Louis XV, 27 ans avant la Révolution Française,  a été adjugée jeudi plus de 118.000 livres (131.000 euros), un record dans ce domaine, selon Sotheby’s.

On discerne bien le millésime 1762 sur cette étiquette de cognac Gautier © Sotheby’s

C’est un collectionneur privé asiatique qui a remporté la précieuse mise pour 118.580 livres exactement, a précisé Sotheby’s dans un communiqué.

Appelée “Grand frère”, il s’agit de l’une des 3 dernières bouteilles de Cognac Gautier de 1762 existant à ce jour. Et c’est même la plus grande

Elles sont restées dans la même famille durant des générations depuis la fin du XIXe siècle, selon Sotheby’s. Elles avaient été laissées chez les arrières-grands-parents du vendeur par un orphelin, Alphonse, qu’ils avaient accueilli chez eux. Alphonse avait quitté sa famille adoptive dans les années 1870 pour travailler dans la région de Cognac. Il était revenu chez elle une décennie plus tard avec un chargement de bouteilles de cette eau-de-vie, qui lui auraient été données en guise de salaire après la destruction d’une grande partie du vignoble par l’insecte phylloxéra. Parmi elles, les trois bouteilles Gautier, avec des étiquettes en parfaite condition. Parti à la guerre en 1914, Alphonse n’en est jamais revenu, a poursuivi la maison de vente.

Un cognac © Gautier de 1762, estimé entre 80 000 et 160 000 livres sterling

Comme le “Grand frère”, le “Petit frère” avait été vendu aux enchères, à New York en 2014, tandis que la “Petite soeur” est conservée au Musée Gautier, dans le sud-ouest de la France. “Elle devrait encore pouvoir se boire”, avait commenté, avant la vente de la bouteille jeudi, Jonny Fowle, spécialiste des spiritueux chez Sotheby’s, dans le journal The Times.

Les boissons à forte teneur en alcool “se conservent très bien”, a-t-il ajouté, sans exclure toutefois un “effet vieille bouteille”, qui développe “parfois des notes tropicales très agréables, et parfois des notes moins attirantes assimilées au porridge”.

Avec AFP

23 Mai

Avis aux amateurs, la plus vieille bouteille de Cognac Gautier de 1762 est à vendre chez Sotheby’s

Sotheby’s met en vente du 14 au 28 mai, le « Grand Frère » ou « Big Brother », la plus grande de 3 vieilles bouteilles de la Maison Gautier datant de 1762, ce qui en ferait l’un des plus vieux cognacs au monde. Une bouteille de 258 ans estimée entre 80 000 et 160 000 £, soit l’équivalent de 90 000 à 180 000 €

Un cognac Gautier de 1762, estimé entre 80 000 et 160 000 livres sterling à vendre chez © Sotheby’s

Comme le rappelle la maison Sotheby’s, il s’en est passé des choses en 1762 : Catherine II est devenue impératrice de Russie, la première parade de la Fête de Saint-Patrick a eu lieu à New-York ou encore c’était la fin de la Guerre de 7 ans qualifiée de premier conflit majeur ou de guerre mondiale à l’époque car de nombreux pays du monde et coalitions s’opposaient. C’est cette année-là où la Grande-Bretagne est entrée en guerre contre l’Espagne Naples. Et puis, cette fameuse bouteille et les 2 autres arrivées jusqu’à nos jours ont été produites par cette Maison Gautier qui avait obtenu en 1755 sous Louis XV un mandat royal pour produire du Cognac.

Cette bouteille est l’une des dernières et plus vieilles connues au monde . La « petite soeur » est conservée au Musée Gautier et le « petit frère » a été vendu à New-York en 2014″, (55000€) selon Sotheby’s

 

On discerne bien le millésime 1762 sur cette étiquette de cognac Gautier © Sotheby’s

Cette bouteille a une histoire assez incroyable, car elle serait restée dans la même famille pendant des générations. L’actuel propriétaire raconte que ses arrière-grands-parents avaient recueilli un orphelin prénommé Alphonse. Celui-ci  a quitté sa famille adoptive entre 1870 et 1880 pour travailler dans la région de Cognac, il serait revenu dans sa famille peut-être à cause de la crise du phylloxera. Il est revenu avec une charrette chargée de bouteilles de cognac, peut-être en lieu et place d’un salaire, dont ces 3 bouteilles de Gautier 1762  avec leurs étiquettes en bon état. Alphonse est malheureusement parti à la guerre de 1914 mais n’en est jamais revenu et n’a pas pu les apprécier.

Le Gautier 1762 est connu et encensé à travers le monde comme un cognac qui transcende le monde des spiritueux de collection », Jonny Fowle Spécialiste des Spiritueux chez Sotheby’s.

Cette bouteille représente non seulement un exemple de viticulture pré-phyloxérique, mais a une valeur historique car précédant la révolution française. « Cette bouteille contient une distillation non seulement d’un superbe brandy mais aussi un pan de l’histoire de Cognac », poursuit Jonny Fowle.

Ce Gautier 1762 sera le clou du spectacle mais Sotheby’s met en vente aussi de vieux Maccallan de 1937 à 1974, et une bouteille exceptionnelle de 1928.

Pour tout savoir sur cette vente de Sotheby’S Londres c’est ici

28 Fév

A bord de son fameux tonneau ou d’une bouteille, Jean-Jacques Savin veut s’attaquer à l’Océan Pacifique

Après l’Atlantique, le Pacifique ! Le Girondin Jean-Jacques Savin n’en finit pas de se lancer des défis. Après avoir réussi une traversée mémorable de l’Océan Atlantique à bord de son tonneau en bois, il va s’attacher à traverser le Pacifique sur une distance de 10 000 kilomètres, 2 fois plus longue, du Pérou à la Polynésie française.

Jean-Jacques Savin, prêt pour un nouveau départ, ses yeux qui brillent en disent long sur sa motivation © France 3 Aquitaine

Souvenez-vous: il était parti en décembre 2018, pour arriver au printemps 2019, au terme de 127 jours de traversée entre les Canaries et les Caraïbes… tout cela à bord d’un tonneau en bois qu’il avait conçu lui-même, sponsorisé par la tonnellerie Boutes.

Jean-Jacques Savin a pourtant l’âge de penser à sa retraite paisible, mais non le septuagénaire préfère repartir : « quatre mois, ce n’était pas suffisant, j’ai eu besoin de repartir », confie-t-il.

Non seulement Jean-Jacques Savin ne se contente pas d’admirer le bassin d’Arcachon où il vit, mais il lui a fallu l’Atlantique et maintenant le Pacifique. Une expédition qui va lui prendre deux fois plus de temps, 6 à 7 mois pour parcourir 10 000 kilomètres, du Pérou à la Polynésie française.

Toutefois, il va modifier l’habitacle de son embarcation qui devrait être plus long; cela pourrait être son tonneau rallongé ou une autre forme : « tout dépend le sponsor, si c’est un château cela pourrait être une bouteille, si c’est une marque de fromage un fromage…. »

Il reste à Jean-Jacques Savin de rassembler 100 000 euros pour financer son projet, il est en phase de recherche de sponsors, alors si vous pouvez l’aider ou un gros château le financer…En 2019, plus de 20 000 personnes avaient suivi son exploit sur Facebook.

Regardez le reportage de Gladys Cuadrat, Bertrand Joucla-Parker, Eric Delwarde et Boris Chague

24 Fév

Château Fleur Cardinale fend l’armure et lance une édition « hard-rock » pour son 2018

« The 2018 Will Rock You Hard », c’est une série limitée de 1500 magnums sur le millésime 2018 que lancent Caroline et Ludovic Decoster. Des viticulteurs de cru classé à Saint-Emilion déjà coutumiers de sons et coups déjantés, notamment à l’occasion de la Fête de la Musique. Là, ils fendent l’armure, c’est du Queen, du AC/DC ou autre hard-rockeur qui se cache sous l’armure de Fleur Cardinale.

L’étiquette de l’édition hard-rock 2018 de © Fleur Cardinale

Ils ont choisi d’aller au bout de leur idée et de leur sensibilité musicale : repenser l’étiquette du château sur une édition limitée à 1500 exemplaires, en magnums, pour le nouveau millésime 2018 en bouteille numérotée à la main, présenté dans une caisse bois sérigraphie comme l’étiquette de la bouteille.

Ils ont ainsi repensé leur chevalier avec son heaume enlacé d’un bandeau rouge (ça y est, c’est la révolution en terre de Saint-Emilion), un chevalier noir qui croise les bras à la manière d’un rockeur avec le signe des cornes ou cornes du diable. Ouah ! Et on y ajoute quelques flammes de l’Enfer et deux têtes de mort rouges, en prime. Là, ça fait peur… Maman ! Mais, non ils ne sont pas comme ça Caroline et Ludovic, ce ne sont pas de vilains mangeurs d’enfants… Non, c’est bien vu, une belle opération pour dépoussiérer le monde du vin : comme on le perçoit aujourd’hui dans les concerts de hard-rock ou de métal, ce geste est davantage associé aujourd’hui à un geste de complicité avec les fans.

Le rock et le vin se font écho en immortalisant tous deux un travail de composition, une histoire, ils capturent et libèrent des émotions », Caroline et Ludovic Decoster.

Les Decoster ne sont pas les premiers vignerons à être des fondus de Fender et autre Gibson, Yves Gangloff vigneron rhodanien de Condrieu aime autant travailler sa vigne et faire son vin que défourailler sa guitare telecaster comme le souligne un papier de Philippe Richard dans le dernier magazine Bettane et Desseauve « En Magnum », il y a aussi Nicolas Pons au Domaine de Sentout qui organise l’été un petit festival sur son exploitation Rock in Sentout à Lignan-de-Bordeaux en Gironde.

Et pour aller au bout de ce petit délire bien conçu, une Fender électrique surmonte le casque de l’armure…le tout pour caractériser ce millésime 2018 qu’ils qualifient de « puissant (vu la métaphore je m’en serais douté) et généreux, contre balancé par des tanins fins et élégants ». Allez à déguster lors des primeurs ou lors d’un concert, bravo en tout cas pour ce petit air de métal, en fusion avec Saint-Emilion.

Regardez le précédent coup de rock de Fleur Cardinale et des Decoster lors de la Fête de la Musique pour décrire leur assemblage: