18 Sep

Circuit des Remparts Angoulême 2021 : exposition François Cevert de Olivier Marin & Michel Janvier

Michel Janvier et Olivier Marin sont deux talentueux dessinateurs et scénaristes de bandes dessinées « automobiles ». Ils préparent la biographie en bédé d’une légende du sport automobile, disparue prématurément : le pilote François Cevert…

Leur exposition « François Cevert », dans le cadre du Circuit des Remparts 2021 présente en avant-première plusieurs planches de leur travail en cours ainsi que des documents utilisés pour l’élaboration de la bédé.

Circuit des Remparts Angoulême 2021 : rencontre avec B. Benéteau et A. Lapasset, « Renault, les mains noires »

Présentation de l’éditeur :

Revenir sur la vie passionnante de Louis Renault, c’est s’intéresser à la première moitié du XXe siècle. C’est être témoin d’une course au progrès qui ne veut croire en aucune limite. C’est également traverser deux guerres mondiales. Et si la première va mener Renault au sommet, la seconde précipitera sa chute. Inventeur, visionnaire, pilote, businessman… On connait sa signature, reste à découvrir l’homme.

05 Avr

Champignac s’en va-t’en guerre !

    

Champignac s’en va-t’en guerre

Alors que la prépublication du troisième tome des tribulations de Spirou pendant la Seconde Guerre mondiale par Emile Bravo est en cours, deux albums mettent en scène d’autres « guerres » : celles du Comte de Champignac, entre second conflit mondial et guerre froide.

Sorti en février dernier, Le Patient A est le deuxième album de la série parallèle dédiée au grand ami de Spirou et Fantasio. Cette fois, Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, sa compagne Blair McKenzie et le mathématicien Black partent en Allemagne à la rescousse de leurs autres amis savants Schwartz et Bruynseeleke (connu dans les histoires de Spirou et Fantasio sous le simple diminutif du « biologiste »).

Après Enigma, la fameuse machine allemande à crypter les messages réputée invoilable, le canevas de ce deuxième album évoque en filigrane une autre réalité historique du régime hitlérien : la toxicomanie de ses dirigeants. Alors que l’album Enigma prenait le temps de poser personnages, intrigue et canevas historique sur 62 planches, Le Patient A resserre considérablement l’action (46 planches), dans un rythme qui n’est pas sans rappeler celui d’un épisode de la série télévisée Mission Impossible. Avec, comme dans Enigma, l’apparition de personnages réels, comme l’astrophysicien Wernher von Braun, futur père de l’aérospatiale… et séducteur, à la grande jalousie du Comte de Champignac !

Dans Spirou chez les Soviets, sorti à l’automne 2020, l’aristocrate mycologue est cette fois enlevé et conduit en URSS auprès d’un savant fou, inspiré d’un authentique scientifique de l’ère soviétique, qui a isolé en laboratoire le gène du communisme pour le propager dans le monde entier… en une sorte de « communovirus ». Neidhardt et Tarrin engagent alors Spirou et Fantasio dans une course-poursuite au rythme tout aussi effréné que Le Patient A, jonglant avec des références subtiles mais jamais absconses pour le profane – et ce bien au-delà d’un titre rappelant furieusement la « maison d’en face » de Tintin.

Mais si Spirou chez les Soviets reste dans un registre léger hérité des années André Franquin, le ton se fait plus grave dans l’introduction et la conclusion du Patient A. Car ces deux histoires éclairent également la déontologie personnelle du Comte de Champignac. Responsabilité du savant dans l’emploi des découvertes scientifiques dans la première, mais aussi éthique de simple être humain, qui se refuse dans le second à commettre un assassinat pur et simple sur la personne du « Patient A » (dont nous vous laissons découvrir l’identité) pour ne pas sacrifier son propre humanisme. Une certaine idée du savant tel que défini par la grande histoire de la bande dessinée franco-belge, parfois farfelu mais toujours brillant tout en veillant à la bienfaisance de ses principes et découvertes. Comme le Comte de Champignac et son « confrère » de Tintin Tryphon Tournesol.

©Jean-Philippe Doret

Spirou chez les Soviets

Scénario : Fred Neidhardt

Dessins : Fabrice Tarrin

56 pages

Champignac T2 « Le Patient A »

Scénario : Beka

Dessins : David Etien

48 pages

Dupuis

01 Avr

Duke T5 « Un pistolero, tu seras » – Scénario : Yves H – Dessins : Hermann

Il était une fois Duke en Amérique…

Le tome 5 du western d’Hermann et Yves H entre dans une nouvelle dimension, en offrant – entre autres intrigues – un flashback capital sur l’enfance de son personnage principal.

Parmi les niveaux de lecture multiples de la série figure une ellipse entre les titres des albums et les histoires qu’ils racontent. Qu’on en juge : La boue et le sang, Celui qui tue, Je suis une ombre, La dernière fois que j’ai prié… Ainsi se dessine, en plus de l’histoire mise en images, une autre perception, laissée à la libre interprétation du lecteur et révélatrice de la personnalité de Duke.

« Duke a une belle tenue, un maintien très civilisé, signe d’une certaine moralité qu’il ne peut paradoxalement pas respecter », nous a dit Hermann du personnage. Et le titre quasi biblique de ce tome 5, Un pistolero tu seras, donne l’une des clés de l’impossibilité de Duke d’échapper à la violence, par la révélation d’un traumatisme d’enfance qui a déterminé toute son existence d’adulte. « On ne peut pas vivre comme les autres quand on a tué », disait William Munny, l’ancien chasseur de primes incarné par Clint Eastwood dans son film Impitoyable. Une pensée qui pourrait aussi être celle de Duke, qui semble s’efforcer d’effacer cette marque indélébile, mais se voit contraint de vivre avec – et souvent contre sa volonté.

Ainsi, la structure scénaristique de Un pistolero, tu seras est rythmée d’allers-retours qui enrichissent d’un nouveau regard le subtil entrelacs d’intrigues dont Yves H tire brillamment toutes les ficelles… Avec un probable climax à venir dans le tome 6. Déjà annoncé en quatrième de couverture de Un pistolero, tu seras, il s’intitulera Au-delà de la piste. Un titre qui suggère peut-être un rendez-vous, au bout de sa route, qui permettra à Duke de solder à la fois les comptes de son enfance et les tourments de sa vie d’adulte.

©Jean-Philippe Doret

Duke T5 « Un pistolero, tu seras »

Scénario : Yves H

Dessins : Hermann

56 pages

Le Lombard

12 Jan

« Il était deux fois Arthur » Scénario : Nine Antico ; Dessins : Grégoire Carlé & « Mohamed Ali, Kinshasa 1974 » Scénario : Jean-David Morvan, avec Séverine Tréfouhel ; Photographie : Abbas Dessins : Rafael Ortiz

       

Aire Libre met les gants

En deux albums sortis à quelques mois d’intervalle, entre l’automne 2019 et l’été 2020, le label de prestige des éditions Dupuis évoque deux moments hors norme de l’histoire de mla boxe. Nous les réunissons ici sous la forme d’un « combat » imaginaire… qui finalement n’en est pas un, compte tenu de la richesse de ces deux romans graphiques.

Après lecture, libre à chacun de désigner son « vainqueur », ou tout simplement de déclarer un match nul, pour un plaisir de lecture partagé au fil de la singularité de ces deux albums. Ami lecteur, voici donc quelques données qui vous permettront d’arbitrer vous-même ce match bédéphile dédié à deux moments intemporels du noble art !

Premier round : deux icônes de la boxe – Avec Jack Johnson dans Il était deux fois Arthur et Mohamed Ali, ces deux albums mettent en scène deux fortes personnalités alliant talent sportif (ils ont tous les deux été champions du monde), sens du spectacle, et engagement. Entre Belle Epoque et années 1970, Jack Johnson et Mohamed Ali ont défié les conventions de leurs temps.

Deuxième round : deux combats pas comme les autres – Dans Il était deux fois Arthur, John Arthur (dit Jack) Johnson, premier boxeur noir champion du monde, affronte le 23 avril 1919 à Barcelone Arthur Cravan, dandy et neveu de l’écrivain Oscar Wilde, dans un combat qui pourrait être le précurseur, en termes de sport-spectacle, de celui de Mohamed Ali face à George Foreman à Kinshasa le 30 octobre 1971.

Troisième round : deux narrations singulières – Dans Il était deux fois Arthur, Nine Antico fait du combat Johnson/Cravan le point scénaristique central de l’album, construisant avant et après des chapitres pouvant se lire soit de manière indépendante, soit comme un tout… soit comme un palindrome. Pour Mohamed Ali Kinshasa 1974, Jean-David Morvan offre une nouvelle variation sur la collection spéciale de Aire Libre en partenariat avec l’agence Magnum, dont il est le scénariste attitré, mélangeant les images du photographe Abbas et les dessins de Rafael Ortiz. Images, dessins, narration et flashbacks constituent ainsi plusieurs niveaux de lecture, d’une richesse égale à celle de Il était deux fois Arthur.

Quatrième round : deux approches graphiques atypiques – Dans Il était deux fois Arthur, Grégoire Carlé fait le choix du noir et blanc intégral, dans une atmosphère rappelant le cinéma expressionniste allemand d’un Murnau ou d’un Fritz Lang. Dans Mohamed Ali Kinshasa 1974, les dessins de Rafael Ortiz multiplient les partis-pris visuels (sépia, noir et blanc, couleur) selon le niveau de narration. Sa mise en scène des combats est ultradynamique, avec des effets de vitesses sur les coups et une puissance visuelle qui n’est pas sans rappeler les gros plans de Martin Scorsese dans le film Raging Bull.

Cinquième round : des postfaces éclairantes – Celle de Il était deux fois Arthur revient sur l’histoire de Jack Johnson, tandis que Mohamed Ali Kinshasa 1974 propose une chronologie de Mohamed Ali, raconte par le détail le travail de préparation avec Abbas, et offre un magnifique bonus : les premières planches dessinées par Horacio Altuna, avant que celui-ci… ne jette l’éponge.

©Jean-Philippe Doret

Il était deux fois Arthur

Scénario : Nine Antico

Dessins : Grégoire Carlé

180 pages

Mohamed Ali, Kinshasa 1974

Scénario : Jean-David Morvan, avec Séverine Tréfouhel

Photographie : Abbas

Dessins : Rafael Ortiz

136 pages

Magnum Photos/Aire Libre

 

08 Jan

Atom Agency T2 « Petit Hanneton » (Scénario : Yann – Dessins : Olivier Schwartz)

Les mystères de la chasse au hanneton

Au-delà de la référence au scénariste Maurice Tillieux et à sa série Gil Jourdan, qui a contribué à sa naissance, Atom Agency a affiché dans son premier album Les Bijoux de la Begum une forte personnalité, ancrée dans la culture du début des années 1950, et ici brillamment approfondie avec ce Petit Hanneton.

La Seconde Guerre mondiale est de longue date une toile de fond récurrente des intrigues de Yann, des Innommables au Grand Duc, en passant par Mezek, Pin-Up, l’uchronie de Dent d’Ours et bien d’autres encore. Pour ce deuxième album d’Atom Agency, il en choisit comme point de départ une nouvelle variante en forme d’histoire méconnue : celle des « Rochambelles », les auxiliaires féminines de la 2eme DB. Ainsi, à la demande de deux (très !) célèbres anciens du général Leclerc dont nous vous laissons la surprise, le trio de détectives d’Atom Agency part-il à la recherche de l’une d’entre elles, Annette Scarabéo, dont le sobriquet donne son titre à cette histoire.

Toujours servi de main de maître par la ligne claire foisonnante d’Olivier Schwartz, Mais l’enquête pour retrouver ce Petit Hanneton se démultiplie en plusieurs histoires parallèles, entre fiction et faits réels, que Yann enchevêtre avec sa jubilation distanciée coutumière : la traque (authentique) du truand René Girier, dit René la Canne, bouchers vindicatifs au verbe « louchébem » (jargon de la profession) virulent, les petites sœurs très en voix d’Atom, les réunions de famille du clan Vercorian au cœur d’une certaine tradition arménienne…

Désormais solidement campés, les principaux personnages (Atom, ses deux acolytes, son père policier, et aussi le truand Paulo Leca, vu dans Les Bijoux de la Begum) croisent moult figures truculentes jusqu’à un surprenant dénouement à deux vitesses. Car si le « Petit Hanneton » retrouve ses anciens amis de la 2eme DB, plus stars du cinéma français que jamais, un autre mystérieux arc narratif laissé ici inachevé rythme cet album. On devrait en savoir plus dans le tome 3, intitulé Du mouron pour deux petits moineaux. A suivre, donc, comme on dit en bas de page du journal de Spirou…

©Jean-Philippe Doret

Atom Agency T2 « Petit Hanneton »

Scénario : Yann

Dessins : Olivier Schwartz

56 pages

27 Déc

Inhumain, Scénario : Denis Bajram & Valérie Mangin, Dessins : Thibaud de Rochebrune

Voyage au centre de l’(in)humain

Pour son retour à la science-fiction, le couple Valérie Mangin/Denis Bajram signe un conte philosophique à la résonance extrêmement singulière dans le monde ultraconnecté d’aujourd’hui.

Le Fléau des Dieux d’un côté, Universal War One de l’autre. Soit deux références qui donnent la mesure de la place de Valérie Mangin et Denis Bajram dans la BD de science-fiction française, entre peplum spatial et dystopie politico-guerrière. Pour Inhumain, ils conjuguent leurs talents pour un récit à quatre mains, confié au trait de Thibaud de Rochebrune.

Après s’être écrasés sur une planète inconnue, les survivants d’un vaisseau d’exploration retrouvent sur une île d’autres humains bienveillants… en apparence seulement, puisqu’on découvre très vite leur cannibalisme et leur soumission inconditionnelle aux préceptes du « Grand Tout ».

L’exploration périlleuse, qui les emmène au plus profond d’un immense vaisseau spatial échoué sur l’île, amène les survivants de ce crash face une conscience collective générée par… les créatures aquatiques qui les ont sauvées. Ainsi, dans cette quête où le cœur d’une planète et les tréfonds de l’âme humaine ne font plus qu’un, les créatures posent une question fondamentale, clé de voûte de ces 104 pages : « soumission heureuse » ou « liberté sauvage » ?

Et bien plus encore, cette question métaphoriserait-elle le monde d’aujourd’hui ? Et si la « soumission heureuse » était celle de tous les diktats du politiquement correct, du principe de précaution et de bien d’autres codes de pensée unique ? Et si la « liberté sauvage » était celle la pensée libre, des libertariens, de la prise de distance face à une information digérée et hypertrophiée avant même d’être analysée ? Et si le « Grand Tout » n’était autre que l’annihilation pure et simple de la pensée individuelle, considérée comme le pire des dangers ? Il appartiendra au lecteur de trouver ses propres réponses au fil d’un album qui renouvelle l’un des fondamentaux de la science-fiction : un miroir déformant, voire parfois inquiétant, du monde réel.

©Jean-Philippe Doret

Inhumain

Scénario : Denis Bajram & Valérie Mangin

Dessins : Thibaud de Rochebrune

104 pages

Aire Libre / Dupuis

24 Oct

« La Rochelle, des origines à nos jours », de Didier Quella-Guyot et David Unger, en dédicace à « L’encre et les livres » de La Rochelle 2020

Présentation éditeur

Découvrez toutes les petites et grandes histoires de La Rochelle, la célèbre cité maritime dans ce Docu-BD passionnant !
Des premières salines à la ville écologique de nos jours, en passant par le Grand Siège de Richelieu ou la Résistance, découvrez l’histoire épique de La Rochelle en Docu-BD : une ville rebelle et insaisissable !

19 Oct

1er. Festival BD Erquy en Bulles : Régis Grébent présente « Le Menhir d’or »

 

Le Menhir d’Or: Hors collection – Album illustré

de René Goscinny (Auteur), Albert Uderzo (Auteur)

Présentation éditeur :

Vendue pour la première fois sous la forme d’un livre-disque en 1967, cette aventure unique est devenue quasiment introuvable et n’a jamais été publiée en album. Cette histoire écrite avec la truculence de René Goscinny pour un enregistrement audio et illustrée pour le livret accompagnant le disque avec le génie graphique d’Albert Uderzo est un petit bijou à redécouvrir. Elle méritait d’être mise en valeur en rejoignant aujourd’hui la collection des albums illustrés d’Astérix, aux côtés de Comment Obélix est tombé dans la Marmite de Potion Magique…, Les 12 Travaux d’Astérix et Le Secret de la Potion Magique. Au village, l’agitation règne : Assurancetourix a décidé de participer au célèbre concours de chant des bardes gaulois pour remporter le menhir d’or. Pour le protéger dans cette compétition suivie de près par les romains, Astérix et Obélix sont chargés de l’accompagner : ils ne doivent pas quitter Assurancetourix des yeux ; quitte à y perdre une oreille !