19 Déc

Treize, impair et double : XIII Mystery « Judith Warner » et XIII « L’enquête – Deuxième partie »

 

Treize, impair et double

La double parution de « Judith Warner » et de « L’enquête – Deuxième partie » voit le retour au scénario de Jean van Hamme, qui lève le voile sur les dernières questions laissées en suspens à la fin du premier cycle des tribulations de l’amnésique le plus célèbre de la bande dessinée.

Chronologiquement, ces deux albums se situent à cheval entre « Le dernier round », dernier volet du premier cycle, et « Le jour du Mayflower », premier album du deuxième cycle scénarisé par Yves Sente. Mais l’ordre de lecture est inverse à celui de la parution.

Ainsi, dans « L’enquête – Deuxième partie » (sorti le 30 novembre), le jeune journaliste Danny Finkelstein boucle les investigations amorcées par son frère Ron et Warren Glass. Comme dans le premier volet de l’enquête, textes, BD, photos et dessins s’entremêlent, certaines infos sur certains personnages sont complétées, d’autres font leur apparition… Avec une touche d’humour subtile, qui donne envie d’en savoir plus sur la secrétaire Mildred Brightlight, lointaine « cousine » de Miss Pennywinkle, l’assistante aussi distinguée que volcanique de Largo Winch. Les dessins de William Vance, décédé le 14 mai dernier, et de Jean Giraud, dessinateur de « La version irlandaise » disparu en 2012, s’entremêlent habilement à ceux du nouveau venu Philippe Xavier, qui se glisse dans cet univers foisonnant avec humilité et efficacité, d’autant plus que le lettrage des séquences dessinées est identique à celui de Vance dans le premier cycle.

Pour le treizième et ultime volet de la série XIII Mystery (basée sur le principe d’un album dessiné par une équipe différente travaillant ensemble pour la première fois), Jean van Hamme revient aux affaires, se réservant deux des dames les plus marquantes du premier cycle. « Judith Warner » (sorti le 19 octobre) éclaire certains dossiers de « L’enquête – Deuxième partie ». Il aurait d’ailleurs fort bien pu être baptisé « Jessica Martin », car nous en apprenons autant sur l’une que sur l’autre (le titre « Jidht et Jessica » avait même été annoncé dans un hors-série de l’Express consacré à XIII). Autour de ces deux personnages forts, Jean van Hamme construit un véritable thriller au féminin, que n’auraient pas renié, jusqu’au dénouement final, un Paul Verhoeven ou un Clint Eastwood. Côté dessin, le trait d’Olivier Grenson anime idéalement Judith et Jessica, femmes de tête, mais aussi femmes blessées à la recherche de leur propre vie.

Au fil de ces deux albums, Jean van Hamme tire ainsi de nouveaux fils d’un univers qu’il connaît par coeur, tout en instillant la dose de distanciation ironique qui a fait sa marque, aussi bien sur XIII que Largo Winch. En somme, Jean van Hamme passe, impair… et gagne !

©Jean-Philippe Doret

 

XIII Mystery T13 « Judith Warner »

Scénario : Jean van Hamme

Dessins : Olivier Grenson

56 pages

 

XIII T13 « L’enquête – Deuxième partie »

Scénario : Jean van Hamme

Dessins : Philippe Xavier & William Vance

32 pages

 

Dargaud

29 Oct

Atom Agency T1 « Les bijoux de la Begum » & Marc Jaguar T2 « Les camions du diable »

   

Maurice, Atom, Marc et les autres…

En cet automne 2018, les éditions Dupuis présentent deux albums au parfum policier des années 1950, sous l’égide d’une figure tutélaire : celle de Maurice Tillieux, scénariste majeur de l’histoire du journal de Spirou, disparu il y a quarante ans.

Dans « Les bijoux de la Begum », le jeune Atom Vercorian, détective privé en herbe fils de policier, flaire le bon coup qui pourra lancer sa carrière dans le Paris de l’immédiat après-guerre (nous sommes en 1949).

Le duo Yann/Schwartz est déjà rôdé de longue date (« Gringos Locos », et aussi trois albums dans la collection « Le Spirou de ») et reste fidèle à lui-même. Le premier signe un scénario nerveux à l’ironie et aux dialogues toujours mordants, tandis que le dessin du second est toujours aussi foisonnant et truffé de clins d’oeil. Avec notamment quelques visages que les cinéphiles ne manqueront pas de reconnaître… sans oublier le titre de cet album, qui n’est pas sans rappeler une certaine aventure de Tintin !

Pour cette première enquête aussi référencée que roborative, Atom Vercorian forme avec Mimi, fille de catcheur, et Jojo la toupie, lui-même ancien as du ring, un trio jubilatoire qui évoque l’un des sports les plus populaires de l’époque. Et également écho à Maurice Tillieux et à la création de Gil Jourdan, flanqué de Queue de cerise et Libellule, deux adjoints eux aussi hauts en couleurs.

L’oeuvre de Maurice Tillieux est au coeur des « Camions du diable », deuxième aventure de Marc Jaguar après « Le lac de l’homme mort ». Tillieux avait créé ce personnage pour Risque-Tout, éphémère journal créé par les éditions Dupuis. Lorsque Risque-Tout s’arrête en 1956, seules les huit premières planches des « Camions du diable » y ont été prépubliées. L’arrêt du journal provoque également celui du personnage, et aboutit à la naissance de Gil Jourdan dans Spirou.

C’est à François Walthéry, proche de Tillieux (qui lui écrivit deux des meilleurs albums de son hôtesse de l’air Natacha, « Un trône pour Natacha » en 1974 et surtout « Le treizième apôtre » en 1977), que l’on doit la reprise des « Camions du diable », soixante ans après l’arrêt de Risque-Tout.

Reprenant ce scénario inachevé, Etienne Borgers reste fidèle à l’esprit de Tillieux : art du dialogue (Tillieux était-il un Michel Audiard d’outre-Quiévrain ?), intrigue oscillant entre polar nerveux et thriller d’espionnage, dont les fils se croisent et se nouent en fin d’album (on pense notamment au « Gant à 3 doigts » de Gil Jourdan et au « Scaphandrier mort » de Tif et Tondu). Le trait de Jean-Luc Delvaux, lui aussi grand connaisseur de l’oeuvre et du dessin de Tillieux, est à l’unisson, le tout sous le haut patronage de Walthéry.

En somme, deux histoires revisitant chacune à sa manière de belles pages de l’histoire du journal de Spirou pour une réjouissante lecture croisée… En attendant « Petit hanneton », la deuxième enquête d’Atom Agency, sur laquelle Olivier Schwartz est déjà à l’oeuvre.

©Jean-Philippe Doret

Atom Agency T1 « Les bijoux de la Begum »

Scénario : Yann

Dessins : Olivier Schwartz

56 pages

Marc Jaguar T2 « Les camions du diable »

Scénario : Maurice Tillieux (planches 1 à 8) & Etienne Borgers (planches 9 à 65)

Dessins : Jean-Luc Delvaux & François Walthéry

80 pages

 

Dupuis

08 Oct

25ème Festival BD de Buc : la magnifique fresque réalisée par Frank Pé

 

Extrait du site de Frank Pé : « Lors des ses apparitions en public, Frank était déjà fort apprécié pour la qualité de ses dédicaces (voir la rubrique qui leur est consacrée). Depuis peu, il offre à son public un nouveau type de performance graphique, sous la forme de fresques qu’il réalise en direct. Celles-ci sont généralement découpées et les morceaux mis en vente à la fin du festival. Cette rubrique vous permet de découvrir ces chef-d’oeuvre d’un nouveau genre… »

BD Buc 2018 : le dessinateur Regric dédicace « La stratégie du chaos »

Guy Lefranc, un reporter toujours d’actualité

En à peine un an, la sortie du « Principe d’Heisenberg » et de « La stratégie du chaos », ainsi que le lancement par Hachette d’une collection en kiosque offre l’occasion de faire le point sur l’évolution du personnage créé en 1952 par Jacques Martin depuis la disparition du père d’Alix.

A l’origine, Jacques Martin (1921-2010) n’a dessiné que les trois premières aventures de son personnage, avant de n’en conserver que le poste de scénariste. Homme prévoyant, il avait assuré sa succession sur deux voies parallèles, avec des auteurs chargés de poursuivre après son décès les aventures de son reporter à la fois dans les années 1950 et à l’époque contemporaine.

« Le principe d’Heisenberg » et « La stratégie du chaos », les deux dernières histoires en date, parues à six mois d’intervalle à l’automne 2017 et au printemps 2018, font toutefois exception à cette règle d’alternance, avec deux intrigues ancrées dans les fifties. Dans le premier, un crime sanglant cache un complot d’Etat. Dans le second, un milliardaire cloîtré dans un gigantesque navire hig-tech, lointain cousin de l’arche de Noé et du Nautilus du Capitaine Nemo, veut provoquer un holocauste nucléaire pour assurer à la terre un avenir meilleur.

Ses successeurs poursuivent bien sûr une certaine tradition établie par Jacques Martin : l’importance du décor régional (« Le principe d’Heisenberg »), qui peut faire écho aux Vosges de « La grande menace », le premier album, la passion de Jacques Martin pour les voitures de sport, ou encore l’art de la catastrophe et du chantage à grande échelle. Mais les albums récents apportent une dimension supplémentaire, avec l’apparition de personnages ayant réellement existé.

Ainsi « La stratégie du chaos » s’achève-t-il sur une rencontre, dans le cadre des JO de Melbourne (1956), entre Guy Lefranc et le marathonien français Alain Mimoun, médaille d’or olympique cette année-là. Auparavant, le reporter avait croisé la route de Johnny Stompanato, le mari mafieux de la comédienne Lana Turner (« Le châtiment ») et même le cosmonaute Youri Gagarine (« L’homme oiseau »).

Un ancrage bienvenu qui donne un nouveau cachet à l’univers de Lefranc, qui tient autant au globe-trotter intrépide hérité de Tintin, qu’à l’héritage de Jules Verne et de James Bond. En attendant un anniversaire : celui du trentième album.

Lefranc T28 « Le principe d’Heisenberg »

Scénario : François Corteggiani

Dessin : Christophe Alvès

48 pages

 

Lefranc T29 « La stratégie du chaos »

Scénario : Roger Seiter

Dessin : Régric

48 pages

Editions Casterman

07 Oct

25ème Festival BD de Buc : Emilio Van Der Zuiden dédicace « Les Beresford »

Mr Brown: Les Beresford Album, de Emilio Van der Zuiden (Illustrations)

Mr Brown met en scène deux « vieux » amis, Prudence Cowley (dite Tuppence) et Thomas Beresford (dit Tommy), tous deux démobilisés après la Première Guerre mondiale, la première ayant participé à l’effort de guerre par son travail d’infirmière, le second après avoir combattu (et été blessé) dans les rangs britanniques. Ils sont tous deux mêlés à une affaire d’espionnage, au cours de laquelle ils seront aux prises avec un mystérieux adversaire, surnommé Mr Brown, lequel tient absolument à récupérer des documents compromettants confiés à une jeune fille, une certaine Jane Fish, rescapée du torpillage du paquebot Lusitania, et qui, consciente du risque couru, n’a cessé de se cacher depuis lors en dissimulant son identité. L’adversaire des deux héros projette en effet de renverser par une révolution l’ordre social établi au Royaume-Uni, projet qui pourrait être anéanti par la découverte de ces documents…

06 Oct

BD Buc 2018 : « Le Petit théâtre de Spirou » à l’honneur

 

Le petit théâtre de Spirou, de Doisy Jean (Auteur), Moons André (Auteur), Al Severin (Illustrations)

Présentation de l’éditeur

Par un froid mois de décembre 1942, un théâtre de marionnettes fondé par André Moons et Jean Doisy, alors rédacteur en chef du Journal Spirou, sillonne la Belgique occupée pour compenser l’interruption de la publication du journal et servir de couverture à un réseau de résistants. Les spectacles pour marionnettes à fils, espiègles et touchantes, mettaient en scène Spirou et son fidèle ami Spip dans des historiettes écrites par Jean Doisy et jouées par André Moons, entre les mains duquel les marionnettes prenaient vie de façon magique. Puis la guerre s’acheva et les saynètes s’endormirent 70 ans durant dans un grenier. Jusqu’à ce que… Des décennies plus tard, les auteurs de « La véritable histoire de Spirou » découvrent ces écrits uniques et, avec la complicité de Al, décident de les ramener à la lumière. Un pari osé, réussi avec grâce, qui nous ouvre les portes d’un voyage unique et émouvant dans le Spirou de ces années-là. Spirou, Spip, Fantasio pour sa première apparition visuelle (un an avant que Jijé ne lui confère sa célèbre silhouette), mais aussi d’autres grands oubliés du journal : les AdS, Georges Cel, le Fureteur ou les Tif et Tondu de Fernand Dineur.

28 Sep

25ème festival BD de Buc : « Mr Brown: Les Beresford Album », de Emilio Van der Zuiden (Illustrations)

Mr Brown: Les Beresford Album, de Emilio Van der Zuiden (Illustrations)

Mr Brown met en scène deux « vieux » amis, Prudence Cowley (dite Tuppence) et Thomas Beresford (dit Tommy), tous deux démobilisés après la Première Guerre mondiale, la première ayant participé à l’effort de guerre par son travail d’infirmière, le second après avoir combattu (et été blessé) dans les rangs britanniques. Ils sont tous deux mêlés à une affaire d’espionnage, au cours de laquelle ils seront aux prises avec un mystérieux adversaire, surnommé Mr Brown, lequel tient absolument à récupérer des documents compromettants confiés à une jeune fille, une certaine Jane Fish, rescapée du torpillage du paquebot Lusitania, et qui, consciente du risque couru, n’a cessé de se cacher depuis lors en dissimulant son identité. L’adversaire des deux héros projette en effet de renverser par une révolution l’ordre social établi au Royaume-Uni, projet qui pourrait être anéanti par la découverte de ces documents…

25ème festival BD de Buc : L’Art du Crime : « La Mélodie D’Ostelinda », d’Olivier Berlion, Marc Omeyer, Marc Bourgne

L’Art du Crime : La Mélodie D’Ostelinda, de Olivier Berlion, Marc Omeyer, Marc Bourgne

Présentation de l’éditeur :

Philadelphie, de nos jours. Mariska, une jeune femme d’origine tzigane se rend à une audition de violon dans l’académie du célèbre Professeur Russel. Elle ignore encore que la mélodie qu’elle a choisi de jouer va changer son destin. Celle-ci fait écho à une rencontre entre un jeune comte et une bohémienne, au temps de Louis XIV. Une histoire d’amour belle et maudite comme toutes les romances impossibles, bercée par les notes d’un Stradivarius…

Nouveau volume de ce thriller brillamment orchestré par Olivier Berlion et Marc Omeyer. Au dessin, c’est l’élégant réalisme de Marc Bourgne qui rejoint ce prestigieux casting !

25ème Festival BD de Buc…

Une 25ème édition exceptionnelle !

L’édition 2018 accueille un programme plein de surprises :

Des dédicaces et des rencontres avec une cinquantaine d’auteurs, adultes et jeunesse, français et internationaux, venus de Belgique, des Pays-Bas, d’Espagne, d’Italie, de Croatie, de Serbie… et même d’Australie !

Ils seront rassemblés autour du dessinateur de l’affiche 2018, Al Severin, qui a représenté Spirou, Fantasio et Spip cherchant leur chemin devant les traditionnelles Arcades de Buc.

Mais aussi des stands de vente spécialisés, des expositions de planches originales et des animations pour tous les âges.

Ouverture : 10h-18h

Entrée libre

Pour consulter le programme détaillé : « Cliquez ici »

ANIMATION ET PROGRAMMATION CULTURELLES