14 Juin

Les Livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Steve McQueen in Le Mans », de Sandro Garbo

  

La phrase mythique de Steeve McQueen sert d’exergue à cette BD flamboyante : « La course c’est la vie ! Tout ce qui se passe avant ou après, ce n’est que de l’attente… »

« En 1970, Steve McQueen était une des stars les plus connues du monde. Son obsession était de réaliser le film de course automobile le plus réaliste et le plus excitant de tous les temps. Il réussit mais, durant le tournage, perdit presque tout ce qui lui était le plus cher. »

Nous avons rencontré Guillaume Lopez, un des dessinateurs, en dédicace à la boutique officielle de l’ACO au village des 24 Heures du Mans.

BG : Combien de dessinateurs êtes vous ?

GL : Nous sommes trois dessinateurs. Afflerbach, Florian a fait les décors, Lebeltel, Thomas les personnages, et moi les voitures, les engins mécaniques, les avions, etc. Et un dernier qui n’est pas négligeable, Ménard, Pierre, a travaillé sur les couleurs.

BG : Comment travaillez-vous ? Il y a un ordre ?

GL : Non il n’y a pas d’ordre particulier. Nous travaillons à partir du story-board. On travaille tous en même temps sur le même calque. J’ai travaillé pendant des années sur les albums de Michel Vaillant. On était plusieurs dessinateurs et chacun envoyait son travail aux autres par la poste. A présent internet a facilité les transmissions. Chaque dessine sa partie. L’ordinateur intègre le tout, et les autres sont au courant de l’avancement, presque en temps réel.

BG : Certaines images ressemblent vraiment à des photos. Vous avez travaillé à partir des images du film ? De photos de tournage ?

GL : Oui, certaines scènes sont directement extraites du film. C’était une volonté pour que les lecteurs reconnaissent le film. Et d’autres sont des montages de plusieurs images sous différents angles, différents points de vue.

BG : Vous avez mis combien de temps pour réaliser ce livre ?

BL : Le dessin uniquement a pris un an et demi. Mais le montage du projet complet, incluant la négociation des droits, a demandé trois ans.

BG : C’est un one shot ?

BL : Pas tout a fait, puisqu’il y a deux tomes.

BG : Bien sûr, mais je veux dire après ? Y aura-t-il d’autres projets du même type ? Vous travaillez sur une nouvelle BD ?

BL : Je pense que oui, Sandro doit avoir d’autres projets. Mais c’est très compliqué à monter et cela prend beaucoup de temps. En tout cas, je voudrais dire que c’est une chance pour moi et un vrai bonheur pour moi que Sandro soit venu me chercher pour ce projet. Une bande dessinée, c’est un tunnel de travail et je n’avais pas très envie de m’y replonger. Je fais de l’illustration, des affiches, etc. Mais ce projet était tellement enthousiasmant et exceptionnel qu’il m’était impossible de le refuser et je n’ai aucun regret.

BG : Exceptionnel, c’est le mot qui convient. Merci à vous et bonnes dédicaces !

 

Notre avis

Critiquée par certains puristes, adulée par les amateurs éclairés, cette bande dessinée réalisée par Sandro Garbo et son équipe met au moins tout le monde d’accord sur un point : elle est techniquement proche de la perfection. Chaque dessin est une oeuvre d’art qui évoque plus un tableau d’artiste qu’un dessin de BD. Le format, plus grand qu’une BD classique, autorise des vues panoramiques exceptionnelles. Plusieurs dessins (si proches de photographies que l’on pourrait s’y méprendre) s’étendent sur des doubles pages, telle cette vue aérienne époustouflante du circuit de nuit ou encore la scène de crash de la n°20, dans les dernières pages, qui est proprement hallucinante de réalisme. On a pu reprocher à l’ouvrage sa froideur et son manque d’émotion, reste un hommage étonnant et une prouesse technique sans équivalent.

De mon point de vue, c’est une réussite absolue !

© Bob Garcia

 

02 Mai

Un célèbre vampire et le harcèlement scolaire…

Présentation de l’éditeur :

Comme chaque matin de la semaine, Dracula va à l’école. Mais c’est avec une boule au ventre car certains de ses camarades de classe, de gros balourds, n’arrêtent pas de l’embêter. Certes, quelques-unes de ses particularités font de lui un garçon différent mais est ce une raison suffisante pour qu’il subisse ce harcèlement constant ? Comment y remédier ? Un soir, il franchit le pas et en parle à son papa…

Notre Avis :

C’est un coup de cœur plein d’émotion que je partage avec vous !

Je ne suis pas une grande fan de BD. Je n’en lis quasiment jamais par manque d’intérêt. Quand j’ai vu la couverture de celui ci, elle a piquée ma curiosité à cause du dessin. Les histoires de vampires m’attirent depuis toujours. Mais ce qui a fait que j’ai eu envie de la lire c’est la quatrième de couverture…

Dracula n’a pas toujours été un grand méchant vampire, il a aussi été un petit garçon qui va à l’école. Mais sa différence va attirer l’attention de ses camarades. Il va subir les moqueries des enfants de son âge. Ce petit garçon va endurer sa souffrance seule. Il se refuse à en parler jusqu’au jour où ce sera la confrontation de trop…

Cette BD aborde le thème du harcèlement scolaire. C’est quelque chose dont on entend beaucoup parler depuis plusieurs années suite à des affaires comme celle de Marion Fraisse .

On ressent toute la souffrance de ce petit garçon qui en plus d’être différent physiquement est aussi le premier de sa classe. Les auteurs on réussit à retranscrire en dessin et en mot à la perfection la manière dont cela se passe. J’ai été beaucoup touché par ce petit garçon. On se demande comment il va faire pour s’en sortir.

Quand il trouve enfin le courage de parler, tout change pour lui.

Cette BD s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux parents. Un passage avec le père montre aux parents qu’ils peuvent se sentir coupable de n’avoir rien vu mais qu’il ne faut pas en rester là. La libération de la parole est très bien montrée.

Cette BD m’a beaucoup touchée de part le sujet et la manière dont il est abordé. Le dessin est aussi très beau, très doux et traduit les sentiments parfois mieux que les mots.

Elle est à mettre entre toutes les mains pour sensibiliser les enfants et les parents à ce phénomène qui gangrène les cours de récréation.

 

« Chaque jour Dracula » par Loic Clément et Clément Lefèvre chez Delcourt Jeunesse. Parue le 25 Avril.

© Amandine Gazeau

12 Avr

Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres par Maxime Gillio

Présentation de l’éditeur:

« Je vois Gabrielle, ma fille, m’observer de son regard indéchiffrable. Pourquoi ce livre ? Après tout, c’est notre passé, sa vie, mes sentiments. Il ne concerne qu’elle et moi, pourquoi l’exposer aux yeux de tous ? Parce que nous en avons besoin. Parce que nous devons guérir de cet amour contrarié et nous retrouver. Je n’écris pas un livre sur l’autisme, encore moins un guide ou un mode d’emploi, j’offre les souvenirs que je nous ai volés. L’histoire banale d’un père et d’une fille ». Chaque jour, les chiffres concernant l’autisme nous alertent. 650 000 cas en France… Si chacun est différent, la souffrance de l’enfermement est, pour eux comme pour leurs proches, commune. Une souffrance que Maxime Gillio tente de contourner avec la force de ses mots, sincères et émouvants.

Notre avis:

Beaucoup d’entre vous connaissent Maxime Gillio en tant qu’auteur de romans noirs, pour ma part je l’ai découvert en tant que père. Un papa aimant, qui avec « Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres », nous fait un cadeau: une déclaration d’amour à sa fille, Gabrielle, autiste.

Ce récit, cette déclaration d’amour à sa fille, mais aussi à son épouse (en filigrane au fil des pages), n’est pas un livre sur l’autisme: comment le gérer ou que sais-je dans cette veine… non ce récit est « juste » un moyen que Maxime a trouvé  pour dire à sa fille combien il l’aime et il nous en a fait cadeau.

Cet amour que chaque parent ressent, pas un amour qui se voudrait différent parce que Gabrielle est autiste, non. Cet amour simple d’un père pour sa fille. Certes, le récit est émaillé de combats, mais pas de victimisation,  simplement le constat de l’inadaptation chronique de notre société et de notre système éducatif face à des enfants qui n’entrent pas dans les cases dites de la « normalité ». 

Il y a de la tendresse, de l’amour, de la sincérité, beaucoup de sincérité dans la narration de Maxime. Il nous offre un peu de son intimité, partage avec nous ses joies et ses peines, ses douleurs aussi. Pas de pathos, pas de phrases larmoyantes, en revanche des émotions et beaucoup de pudeur.

L’amour d’un père ou d’une mère est, le plus souvent, inconditionnel pour son (ses) enfant(s), qu’il soit dit « normal » ou handicapé ou malade… C’est aussi ça le message de Maxime, il n’est pas un père extraordinaire parce que Gabrielle souffre de ce handicap. Il est un père exceptionnel comme chaque père qui donne de l’amour à ses enfants, comme chaque père qui donne de son temps pour ses enfants, comme chaque père qui aide son enfant à construire son avenir. Un papa aimant, tout simplement.

Le récit terminé, Maxime a ajouté une nouvelle écrite pour un recueil caritatif « Asperger mon amour ». Bouleversante, cette nouvelle raconte l’arrivée au Collège de Pauline, atteinte d’Asperger. Une plongée dans son quotidien, son maelström d’émotions, ses difficultés face à des ados cruels…

Maxime, merci pour ce cadeau que tu fais aux lecteurs de ton récit. J’espère qu’un jour Gabrielle et toi vous vous retrouverez comme quand elle te scrutait les narines….

Chez Pygmalion, paru le 22 mars 2017- 185 pages

© Ophélie Cohen

07 Fév

« Le Mans Pit Lane » au Salon Rétromobile 2018 !

 

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« Le Mans Pit Lane » est un magnifique livre de photos noir et blanc prises par une jeune photographe surdouée, Lucie Hodièsne, lors des « 24 heures du Mans » depuis la fameuse « allée des stands », et réalisé par le passionné d’automobiles Jean-Claude Baudier !

Une façon originale et unique de découvrir les coulisses d’une course mythique depuis un lieu de rencontre des pilotes, mécaniciens, ingénieurs, journalistes, etc. Un « beau livre » incontournable, qui s’adresse autant aux passionnés d’automobile qu’aux passionnés de photographie !

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JC et Lulu

Le livre est référencé sur le très prestigieux site de l’ACO !

Suivez aussi les actualités de Lucie Hodiesne et de Jean-Claude Baudier sur leurs pages Facebook respective ! Bien d’autres surprises à découvrir…

 

05 Fév

Michel Vaillant au Festival Livre et BD d’Ile de France de Mennecy !

« Lire délivre » vous a déjà parlé du légendaire Michel Vaillant…

Le Festival Livre et BD d’Ile de France à Mennecy va plus loin, en invitant Philippe Graton (le fils de Jean Graton, et talentueux scénariste de la série) et Jean-Philippe Doret (un des plus grands spécialistes automobiles, et rédacteur de « Vaillante Rebellion et Le Mans, de la BD à la course »).

Ce débat a eu lieu devant un public nombreux et passionné, suivi d’une séance de dédicace ininterrompue jusqu’à la fermeture du salon !

La légende de Michel Vaillant n’a jamais été aussi actuelle !!

Ecoutez !!

 

13 Juil

Super8 : les huit livres Ring indispensables de la rentrée !

La maison Ring est née dans le prolongement de la revue éponyme, créée en novembre 1999 par David Serra. Notre arrivée en librairie fut marquée par de grands succès critiques et populaires comme autant de portes vers notre salle des machines : le document et le témoignage brûlants, le thriller, le rock, le fait criminel. Telle une panthère sous le soleil, Ring portera des voix originales, vous parlera de l’excès du malheur et du mal, de l’envers d’un pouvoir, du destin d’une rock star. Ring propose cinq cellules éditoriales : Documents(documents d’actualité, enquête sociales, témoignages et essais), Ring Blanche (littérature générale), Ring Noir (thrillers/policiers), Murder Ballads (documents et récits criminels réels) etPulp (musique & bande dessinée). Ring possède sa propre marque de livres de poche, La mécanique générale, qui éditera nos parutions bestsellers et des titres d’exception parus chez d’autres éditeurs, deux ans après les éditions originales grand format. Les catalogues de ces collections sont disponibles à la gauche de cette page, ainsi que notre adresse, téléphone et emails. Ring est l’éditeur de Jimmy Page (Led Zeppelin), Norman Mailer, Zineb El Rhazoui (Charlie Hebdo), Frédéric Ploquin (Marianne), Stéphane Bourgoin, Pierre-André Taguieff, Frédérique Lantieri et Dominique Rizet (Présentateurs de Faites entrer l’accusé), Waleed Al Husseini, Laurent Obertone, Alain Bauer pour ne citer qu’eux. Notre directeur littéraire, Raphaël Sorin, fut l’éditeur historique de Houellebecq, Bukowski, Philip K. Dick, William Burroughs. Chez Ring, tous les horizons se croisent.

David Serra a été le premier éditeur au monde à inventer, réaliser et diffuser des bandes annonces de romans et documents (depuis 2004). Ce site officiel, entièrement en haute définition, vous permet de suivre l’actualité quotidienne de Ring, qui plante son drapeau dans le derme de l’alphabet national.

03 Juil

Saint-Maur en Poche 2017 : en tête à tête avec Luca di Fulvio !

Gérard Collard recevait le samedi 24 juin 2017 dans le cadre du neuvième salon Saint-Maur en Poche sur la scène de La Griffe Noire l’auteur italien Luca di Fulvio. L’occasion d’en savoir plus sur cet auteur…

Le Gang des rêves de Luca di Fulvio et Elsa Damien aux éditions Pocket

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de  » rêve américain « . C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

978-2266272438

Les enfants de Venise de Luca Di fulvio et Francoise Brun aux éditions Slatkine et Cie

La misère radieuse d’une bande d’enfants perdus, la fille secrète d’un médecin sans diplômes, la découverte de l’amour, l’or, le sang, la boue, l’honneur… Pour son nouveau roman, Luca Di Fulvio vous emporte à Venise.

9782889440313

Vous pouvez commander Le Gang des rêves et Les enfants de Venise sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com

 

10 Mai

Avec « Sharko », Franck Thilliez signe une fois encore un thriller époustouflant et passionnant !

Présentation de l’éditeur

 » Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse.

Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élancent à la poursuite du gibier.

À la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. « 

Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.

Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.

Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.

Notre avis

Les mêmes causes produisent les mêmes effets : Franck Thilliez sait capter l’attention des lecteurs dès les premières pages. Et il sait ensuite maintenir le rythme, la tension et le suspense de la première à la dernière ligne. Incroyable capacité à se renouveler et à réinventer sans cesse ses personnages ! Le tout, servi par une écriture sans faille et sans concession, et toujours aussi documenté et passionnant sur le plan scientifique et technique. Thilliez est sûrement le plus grand auteur de polars français, et il n’a pas fini de nous étonner !

 

Virtuose : Armelle Carbonel bouscule les codes du polar avec son « Majestic Murder » !

Présentation de l’éditeur :

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches. Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté. Et une audition menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné… Le Majestic. Serez-vous prêts pour la première ? Après un « Criminal Loft » encensé par la critique, « Majestic Murder » est un thriller sombre et original, asseyant définitivement son auteure parmi les plumes majeures de la littérature noire.

Notre avis :

Avec un talent éblouissant, Armelle Carbonel bouscule une fois de plus les codes du polar en écrivant une intrigue totalement hors norme. Outre l’écriture, puissante et évocatrice comme des scènes de films de David Lynch, Armelle nous transporte dans un univers où tout est possible, et explore l’âme humaine comme personne ne l’a fait avant elle. Un bijou littéraire qui devrait rafler quelques prestigieux prix du polar !! A ne surtout pas rater.

Armelle Carbonel réinvente le polar avec « Majestic Muder » !

Armelle Carbonel avait fait l’unanimité avec son premier polar « Criminal Loft« . Elle était une des invitées de marque du salon du polar « Les Mines Noires » de Noeux-Les-Mines.

Loin des clichés et des poncifs du polar, elle va beaucoup plus loin avec « Majestic Murder » en inventant une nouvelle façon d’écrire le polar. Magnétique, envoûtant et brillant. A découvrir impérativement.

On n’a pas fini d’entendre parler de cette auteur de génie !!