06 Jan

« Spirou, l’espoir malgré tout » d’Emile Bravo & « Spirou à Berlin » de Flix

   

Spirou, une autre « Histoire en questions »

La parution récente et quasi simultanée il y a quelques semaines du deuxième volume de L’Espoir malgré tout et de l’album de Flix offre au personnage de Spirou un regard particulier sur l’histoire du XXe siècle.

Ce deuxième chapitre de L’Espoir malgré tout commence et se termine dans un train. Mais entre ces deux climax, la saga d’Emile Bravo évolue au fil d’une double dramaturgie. La première fait référence à l’histoire du journal de Spirou et à la création du théâtre de marionnettes par son rédacteur en chef Jean Doisy et André Moons pour pallier à l’interruption de la parution de l’hebdomadaire. Ici, ce sont Spirou et Fantasio en personne qui l’emmènent sur les routes, comme un acte de résistance.

L’autre versant de cet album est porté dans son sous-titre Un peu plus loin vers l’horreur. La prise de conscience de la duplicité de certaines « bonnes intentions ». Et surtout des persécutions toujours plus accrues envers les Juifs. Spirou embarque ainsi avec deux jeunes enfants qu’il souhaite sauver dans un train à destination de la Pologne… En route vers l’indicible ? Le prochain chapitre, intitulé Un départ vers la fin, le dira.

Dans Spirou à Berlin, le Flix emmène Spirou, Fantasio et le Comte de Champignac à Berlin-Est, à quelques temps seulement de la chute du Mur. Entre réalité historique et satire, l’approche du dessinateur allemand rappelle celle du mythique album QRN sur Bretzelburg de Franquin (les apparitions de l’inénarrable major Kleinwitz), et aussi, par la modernité de son traitement scénaristique et de son découpage, d’autres histoires de la collection Le Spirou de…, comme Fantasio se marie ou encore La grosse tête. Avec, en cerise sur le gâteau, la présence de la « branche délinquante » – pour reprendre une expression du regretté scénariste Philippe Tome dans Spirou à Moscou – de la famille de Fantasio.

Les coups de sang, coup de gueule, inconséquences et autres frasques de ce dernier rythment également ces deux albums, offrant un contrepoint humoristique au poids de l’Histoire, et à un Spirou qu’il juge parfois trop vertueux, notamment dans L’Espoir malgré tout. En 2020, l’histoire parallèle se poursuit entre L’espoir malgré tout et le regard toujours renouvelé de nouveaux auteurs sur l’univers du groom le plus célèbre de la BD belge, comme en témoigne la prépublication en cours dans le journal de Spirou de Spirou chez les Soviets, signé Fred Neidhardt (scénario) et Fabrice Tarrin (dessins). Pour d’autres belles surprises à venir.

© Jean-Philippe Doret

Spirou « L’espoir malgré tout (deuxième partie) »

Scénario & dessin : Emile Bravo

92 pages

Le Spirou de Flix « Spirou à Berlin »

Scénario & dessin : Flix

64 pages

02 Jan

Et toujours les forêts, Sandrine Collette

Présentation de l’éditeur

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

Sélection pour le Grand Prix RTL-Lire 2020

Biographie de l’auteur

Sandrine Collette vit dans le Morvan. Elle est notamment l’auteure de Des nœuds d’acier, Il reste la poussière, et Les larmes noires sur la terre, couronnés par de nombreux prix.

 

Notre avis

Les éditeurs et les libraires se cassent la tête pour savoir dans quelle catégorie classer tel ou tel auteur. On peut comprendre. Question d’organisation, d’arguments commerciaux, de publics visés, tout ça…

Mais Sandrine Collette n’entre dans aucune catégorie, sauf à créer une catégorie spéciale « Sandrine Collette ». C’est ça le vrai talent. Avoir une identité tellement personnelle, tellement unique, tellement reconnaissable dès la première ligne, qu’il serait inutile et vain de tenter de tenter de lui coller une quelconque étiquette.

Nombre d’auteurs (polar ou pas, noir ou pas, thriller ou pas, blanche, grise ou rose ou pas…) écrivent des histoires captivantes et sacrément bien ficelées. Mais peu sont des stylistes. Ils se comptent même sur les doigts de la main (d’un manchot ?)

Sandrine Collette est une styliste unique, brillante. Elle peut aborder n’importe quel sujet, toujours avec le même bonheur. Son style transcendera toujours le sujet, au risque de prendre le lecteur à contrepied.

Qui aurait parié sur un récit post apocalyptique, genre traité des milliers de fois par toutes sortes d’auteurs de SF, de thrillers et j’en passe ?

Pourtant, on est pris dans ce récit dès la première ligne. Captivé, hypnotisé.

L’histoire est encore et toujours un prétexte à pourchasser ses vieux démons : l’enfance perdue, l’espoir malgré tout.

Sandrine laisse entrevoir ce que sera notre ancien monde, celui-là même que l’on s’applique à détruire consciencieusement. Comment l’humain va-t-il se reconstruire après notre suicide collectif, quel espoir restera-t-il à l’humanite ?

C’est aussi une métaphore sur le reconstruction personnelle après un naufrage, et un message d’espoir pour ceux qui trainent leur mal de vivre et semblent avancer dans la vie avec des boulets accrochés aux pieds.

368 pages de bonheur absolu. Une ode à la Littérature.

Ce livre va rafler quelques prix littéraires bien mérités. Je serai aux première loges pour applaudir, comme si je recevais les prix moi-même. Et ce sera le cas pour tous les auteurs, car cette reconnaissance et celle de l’Ecrivain.

©Bob Garcia

12 Déc

Les nouvelles aventures de Bruno Brazil T1 « Black Program Tome 1 » Scénario : Laurent-Frédéric Bollée Dessins : Philippe Aymond

Initiales BB, comme Bruno Brazil…

… Ou comme Brazil et Bollée ? En relançant, avec la complicité du dessinateur Philippe Aymond, l’un des personnages les plus singuliers de l’histoire du journal de Tintin, créé par Greg (sous le pseudonyme de Louis Albert) et William Vance, Laurent-Frédéric Bollée retrouve un personnage qui a marqué son adolescence. Histoires d’un retour, entre making-of, passion et confidences.

Pour ce nouveau départ avec le premier tome de Black Program, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Aymond reprennent le fil de Bruno Brazil là où Greg et Vance l’avaient laissée au mitan des années 1970 dans Quitte ou double pour Alak 6, neuvième album de la série.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le personnage de Bruno Brazil, lorsque vous lisiez ses aventures dans le journal de Tintin ?

Laurent-Frédéric Bollée : Dans les années 1970, je suis effectivement abonné au journal de Tintin, j’avais entre 10 et 15 ans, et si on veut faire de la bande dessinée, c’est à cette époque que l’on absorbe tout ce qu’on lit. Il est vrai que ce personnage m’a tout de suite marqué. J’ai aimé pour plusieurs raisons. J’adorais le look que William Vance avait donné à la série : un héros au visage assez carré, un personnage proche de la quarantaine, bien posé, en costume… Je le trouvais très classe et charismatique. Il y avait bien sûr le dessin. La couverture de l’album Quitte ou double pour Alak 6, sorti en 1977, m’avait beaucoup marqué. Pour moi, c’est une vraie affiche de cinéma ! Ce n’était pas un personnage aussi célèbre que Ric Hochet dans l’histoire du journal de Tintin à cette époque, mais je voyais une dimension supérieure dans Bruno Brazil : une certaine forme de maturité, qui le rapprocherait d’un public plus adulte, avec aussi la notion de perte de la famille, qui est au cœur de Quitte ou double pour Alak 6. En somme, ce sont des sensations de lecture de jeunesse, de perception, qui font qu’on accroche à cette série-là et pas à une autre.

Justement, dans ce côté un plus « adulte », comment réagissiez-vous en tant que lecteur adolescent quand Greg faisait mourir des personnages récurrents au fil des histoires de la série ?

Ca m’avait étonné, mais pas plus que cela, finalement, en tout cas pas au point de réagir en écrivant au journal de Tintin comme ont pu le faire certains lecteurs à l’époque. Je me souviens tout de même d’avoir vécu la fin de Quitte ou double pour Alak 6 comme une scène choc, effectivement. Mais plus encore que de voir les membres du Commando Caïman de Bruno Brazil se faire mitrailler, c’est la dernière planche qui m’avait marqué, où l’on voit Bruno Brazil prostré dans un fauteuil, littéralement dépressif. Greg est en contradiction totale avec l’image du héros, même si je pense qu’il s’est en quelque sorte « débarrassé » de certains personnages moins importants pour lui en les faisant mourir. Mais pour moi, ceux qui restent sont les plus intéressants : Whip Rafale et aussi le Nomade, dont la création datait de l’album Orage aux Aléoutiennes (qui précède Quitte ou double pour Alak 6 dans la série, ndlr) et qui est vraiment intéressant, notamment par un côté un peu plus déjanté.

Quel regard portiez-vous à l’époque sur les autres séries créées (Luc Orient, Bernard Prince et Comanche) à la même époque par Greg alors qu’il était rédacteur en chef du journal de Tintin ?

Luc Orient, Bernard Prince, Comanche et Bruno Brazil, c’est le quatuor magique, j’adorais tout. Par exemple, l’album Le ciel est rouge sur Laramie de Comanche est un chef-d’œuvre, Le Port des fous de Bernard Prince est magnifique et pour Luc Orient, j’adore la science-fiction. Je dirais même que de nos jours, Greg est peut-être un peu injustement sous-estimé et mésestimé. Les références des scénaristes de l’époque sont René Goscinny et Jean-Michel Charlier, ce qui est bien entendu incontestable, mais j’aurais bien envie d’ajouter Greg pour en faire un trio magique.

Chez Greg, il y a notamment un art assez percutant du dialogue et du titre des albums. Comment l’avez-vous « intégré » lors de l’écriture de Black Program ?

C’est de fait un compromis entre ambition, respect et nouveauté. Quand on reprend un personnage, il s’agit à la fois de respecter le passé tout en proposant une création originale… sans pour autant se paralyser soi-même en se demandant si on est digne de Greg. Cela dit, Greg est effectivement un as du dialogue et du titre. Mais pour ce qui me concerne, avec Black Program, je pose mes propres jalons.

A la lecture de Black Program, on perçoit quand même que cette dimension du Greg dialoguiste se retrouve dans les rapports entre Bruno Brazil et les survivants de son Commando Caïman…

Absolument, on retrouve une certaine forme d’ironie entre eux, des petites saillies parfois acerbes qui fusent… Et j’ose croire que Greg ne l’aurait pas renié.

Qu’en a-t-il été du choix de Philippe Aymond ?

J’avais déjà travaillé sur la série Apocalypse Mania avec Philippe Aymond, qui est également le parrain de mon fils. Philippe est donc quelqu’un de très important, car c’est avec lui que j’ai fait ma première série majeure. Nous avons donc des relations non seulement professionnelles, mais aussi quasi familiales, d’autant plus que nos épouses s’entendent également très bien. Nous essayons d’organiser deux fois par an un repas familial avec nos enfants. Et lors de l’un de ces fameux repas, chez lui, pendant l’été 2015, je lui confie que j’essaie de monter un projet de reprise de Bruno Brazil. Philippe marque un temps d’arrêt et me répond que c’est un de ses héros préférés… ce que j’ignorais ! Il partage en outre une certaine vénération pour William Vance. A ce moment, j’avais déjà évoqué l’idée auprès du Lombard, qui à cette époque relançait également Ric Hochet et Bob Morane. Lors d’un déjeuner, j’en parle à Gauthier van Meerbeeck, Directeur Editorial du Lombard, qui est un peu surpris. Je lui fais alors part de mon intention de remettre au goût du jour un héros qui ne soit pas une super vedette, en reprenant les choses là où Greg les avait interrompues avec Quitte ou double pour Alak 6. A ce moment, j’étais en liaison avec deux dessinateurs espagnols. L’un des deux avait déjà effectué des planches d’essai mais avait accepté un autre travail plus alimentaire et mettait ses activités en BD entre parenthèses. J’explique la situation à Philippe, en lui précisant que j’ai déjà un synopsis, et il me dit alors « on y va ».

Le fait d’être à la fois un fan de William Vance et de Bruno Brazil aurait-il soulagé Philippe Aymond d’une certaine pression ?

Il y a bien sûr le plus grand respect pour l’inspiration des maîtres William Vance et Greg, mais en même temps la certitude d’être un professionnel de la bande dessinée, la motivation pour reprendre le flambeau, la confiance nécessaire pour se dire qu’on sera à la hauteur. Après ce repas, Philippe a fait lui-même des planches d’essai, le scénario a été validé et Philippe a travaillé sur son emploi du temps par rapport à son travail sur la série Lady S… Nous nous sommes assez rapidement retrouvés au début de l’année 2017 et à ce moment, tout a été réuni pour qu’on se lance. La famille Vance est elle-même intervenue pour faire savoir que William était très flatté de ce projet de reprise officielle avec deux professionnels du métier, et qu’il serait très honoré de savoir que Bruno Brazil reprenait du service (Ce tome 1 de Black Program est dédié à William Vance, disparu le 14 mai 2018, ndlr). Donc, c’était parti.

Vous avez aussi apporté votre « touche personnelle » aux survivants du Commando Caïman, notamment avec l’impressionnant tatouage facial maori du Nomade…

Aux côtés du duo de base Brazil/Morales, il est sûr que je tenais à conserver les personnages du Nomade et de Whip Rafale. Cette dernière conserve d’ailleurs un charme fou, et j’aurais trouvé dommage qu’on ne la voie plus, tout en sachant qu’elle se retrouverait dans un fauteuil roulant. J’avais adoré le personnage du Nomade, avec un côté un peu plus rocker avec ses cheveux longs, et une personnalité que Greg avait tout de suite posée comme forte. J’étais tombé sur un article sur les gangs de motards en Nouvelle-Zélande dans les années 1980, et sur les photos on pouvait voir que certains d’entre eux étaient tatoués, ce qui était finalement encore assez effrayant à cette époque. Le Nomade a d’ailleurs posé un sacré défi à Philippe et à notre coloriste Didier Ray (sourire), qui devait rajouter le tatouage facial en mode trame sur le dessin ! Ce personnage est donc devenu violent, désabusé, et est lui aussi estropié avec une jambe de bois, mais il revient quand même. A partir du moment où Whip Rafale et le Nomade étaient blessés, meurtris et toujours en vie, il y a une vraie dimension humaine. Au fil de cet album, les notions de deuil et de douleur par rapport aux événements survenus dans l’album Quitte ou double pour Alak 6 sont très fortes. Bruno Brazil essayant de remonter la pente – et faisant même une psychanalyse – c’est d’ailleurs un « cadeau » scénaristique offert par Greg qui densifie le personnage. Quant à Gaucho Morales, il est dans son rôle de second drôle et musclé.

La chute finale de ce premier tome de Black Program laisse poindre une nouvelle dimension vers la science-fiction. Serait-ce votre « marque scénaristique évolutive » sur Bruno Brazil, sachant que Greg tendait plutôt vers le thriller, voire le récit d’espionnage décalé ?

Effectivement. J’avais monté un dossier qui remonte la chronologie de la vie de Bruno Brazil. En étudiant tous les albums à fond, on s’aperçoit qu’il y a plusieurs thématiques dans la série. Les récits d’espionnage au début, un côté aventure, un côté thriller urbain, et un aspect récurrent : le fantastique, distillé par Greg à petites touches. Il m’a donc semblé que le côté science-fiction était absent, mais correspondait parfaitement aux années 1970, avec le programme Apollo, les prémices de l’informatique… En somme, quelques portes entrouvertes par Greg, et j’ai donc pensé à la conquête spatiale, qui ne serait donc pas celle qu’on croit. Cela m’a paru une thématique inexplorée dans le Bruno Brazil des années 1970.

©Jean-Philippe Doret

Les nouvelles aventures de Bruno Brazil T1 « Black Program Tome 1 »

Scénario : Laurent-Frédéric Bollée

Dessins : Philippe Aymond

56 pages

Le Lombard

L’album fait également l’objet d’une édition spéciale de 68 pages en noir et blanc chez Khani Editions, avec 6 pages supplémentaires de croquis et 6 autres issues de La Chaîne rouge, l’aventure de Bruno Brazil inachevée de Vance et Greg. 

09 Déc

20ème édition du festival Angers BD, retour en images !

Pour son 20ème festival BD, l’équipe d’Angers BD a frappé fort !

Revenu au Centre des Congrès, le festival a connu une affluence record.

Les animations et expositions, nombreuses et de qualité ont attiré un public de tous âges.

Le plateau d’auteurs exceptionnel, ainsi que de nombreux bouquinistes, ont répondu à toutes les attentes et toutes les bourses. Chacun a pu trouver son bonheur en bande dessinée.

Côté accueil des auteurs, Angers BD a également mis les moyens : ambiance, animation, humours sont toujours au rendez-vous de ce bel événement !

Vivement l’édition 2019 !!!

Toutes les infos sur le festival sont ici

01 Déc

Polar’Osny prend son envol !

Il n’aura fallu qu’une première édition en 2018 à la dynamique équipe du salon Polar’Osny pour trouver ses marques.

La deuxième édition, qui s’est déroulée le samedi 30 novembre 2019 a remporté un véritable succès, salué tant pas les nombreux visiteurs que par les auteurs.

Polar’Osny proposait cette année un programme inventif et riche, comprenant des rencontres scolaires, des conférences…

des expositions, ainsi qu’un concert-conférence « Jazz et polar » animé par le groupe « Harlem Nocturne » donné devant une salle comble et enthousiaste le vendredi 22 novembre au château de Grouchy.

Le salon du polar a également vu la remise du prix « Osny & Clyde » récompensant la meilleure couverture de polar, remis à Sacha Erbe, et la remise du prix « Enquêtes et faits » récompensant le meilleur polar ou la meilleure étude portant sur des faits divers réels. Ce prix, établi en partenariat avec l’association « Enquêtes et faits divers » a été remis à Bob Garcia pour son polar « Corpus delicti ».

L’équipe de Polar’Osny réfléchit déjà à l’acte III, qui devrait se dérouler en fin novembre 2020…

On fait confiance à Isabelle Bourdial (auteur et fondatrice du projet) pour fédérer autour d’elle de nouvelles forces vives et proposer une troisième édition pleine de nouveautés attirant toujours plus de public !

Plus d’infos ici !

 

 

 

26 Nov

Polar’Osny 2019

En janvier 2018, la première édition de Polar’Osny avait remporté un vif succès. Forte de cette réussite, la ville poursuit ses investigations dans le monde du roman noir avec cette seconde édition qui se décline à travers les âges. Une plongée dans le mystère au gré des époques : le Londres de Jack l’Éventreur, le Moyen Âge, le XXe siècle… et le monde d’aujourd’hui avec ses nouvelles technologies. Suivez les indices de l’affaire, théâtre, expos, conférences, jeux… la clé de l’énigme sera dévoilée le 30 novembre lors du Salon du polar.

La marraine du festival : Danielle Thiéry

Elle a été la première femme commissaire divisionnaire de France. Elle se consacre aujourd’hui à l’écriture de romans policiers inspirés de sa riche expérience. Sa passion pour l’écriture s’est d’abord exprimée pour la télévision avec la création de la série Quai n°1 tirée de son premier roman et dont elle coécrit les scenarii. Se sentant trop à l’étroit face aux contraintes liées à la réalisation, elle décide de se tourner vers le roman, son « espace de liberté » depuis qu’elle a quitté ses fonctions dans la police. À son actif, une vingtaine d’ouvrages, des polars, mais aussi des romans policiers pour la jeunesse et des documentaires. Sex Doll, la dernière enquête de son personnage, la commissaire Edwige Marion, vient de paraître chez Flammarion.

Exposition-enquête : Lux in tenebris

Exposition Blogs en stock

Dix blogueurs spécialisés dans la littérature policière seront mis à l’honneur.

> en savoir +

 

 

 

Yoko Tsuno (« Anges et Faucons ») et Jérôme K Jérôme Bloche (« Contrefaçons ») en grand large…

   

Yoko Tsuno et Jérôme K Jérôme Bloche en grand large

En cet automne 2019, les nouveaux albums de Yoko Tsuno et Jérôme K Jérôme Bloche présentent un format inhabituel, avec respectivement 62 et 70 planches. Une singularité supplémentaire pour deux personnages qui ne le sont pas moins.

Si l’on y regarde de plus près, Roger Leloup et Alain Dodier ont beaucoup en commun. Auteurs complets (scénario et dessins), ils mènent tous les deux une série au long cours, avec respectivement 29 albums pour Yoko Tsuno et 27 pour Jérôme K Jérôme Bloche. Et chacun de ces deux personnages porte en lui une part singulière d’humanité.

Pour Yoko Tsuno, électronicienne aventurière mais aussi mère adoptive, le respect de la vie passe avant tout (« la mort d’un homme est un échec », dit-elle dans en 1984 dans Le Feu de Wotan). L’humanité de Jérôme K Jérôme Bloche passe quant à elle souvent par de malicieux contrepieds à la mythologie du détective privé. Imagine-t-on un Philip Marlowe souffrant du mal des transports, ayant horreur des armes à feu, se faire tancer plus souvent qu’à son tour par sa compagne ou se faisant arrêter par la police en sautant un tourniquet dans le métro ?

Avec Anges et Faucons, Roger Leloup retrouve un format en 62 planches qu’il n’avait pas connu… depuis Tintin, Vol 714 pour Sydney et son départ du Studio Hergé fin 1969. Ce 29e album de Yoko Tsuno rassemble deux récits d’une trentaine de page chacune. Dans l’une, il s’agit de traverser le temps pour sauver deux jeunes enfants (deux « anges », en quelque sorte). Dans l’autre, de convoyer d’inquiétantes momies, avec un faucon comme ange gardien. Cette double histoire fait aussi la part belle aux engins volants, souvent récurrents dans la saga dessinée de l’électronicienne japonaise. Le tout toujours mené avec un sens du détail qui force l’admiration, car Roger Leloup, qui vient de fêter ses 86 ans, travaille sans le moindre assistant !

Une démarche en solitaire qui est aussi celle d’Alain Dodier. Dans Contrefaçons, il présente une enquête qui porte son titre à merveille, dans une histoire d’enlèvement où rien ne semble authentique… Sauf le détective, qui finit par dénouer les fils d’une intrigue menée au rythme des réflexions du personnage principal, entre initiatives et fausses pistes. Georges Simenon n’est pas loin… Notamment avec le personnage de Babette, lointaine héritière de l’épouse du commissaire Maigret, auxiliaire parfois précieuse tout en étant jeune femme de son époque. Un constat qui vaut également pour les différents personnages de l’intrigue, tous présentés à hauteur d’homme par le dessinateur-scénariste, qui sait camper une personnalité en une scène, voire une réplique.

En somme, deux albums qui permettent de retrouver deux des personnages les plus attachants du journal de Spirou : une héroïne qui « n’est pas la femme d’une nuit mais la femme d’une vie », et un détective privé, « improbable croisement de Humphrey Bogart et de M. Hulot ».

©Jean-Philippe Doret

Yoko Tsuno T29 « Anges et Faucons »

Scénario et dessins : Roger Leloup

64 pages

Jérôme K Jérôme Bloche T27 « Contrefaçons »

Scénario et dessins : Alain Dodier

72 pages

Dupuis

 

17 Nov

Salon du Livre du Touquet Paris Plage 2019 : Philippe Marion présente « Petites histoires de la police technique et scientifique »

Présentation de l’éditeur

Un homme en combinaison isolante avec un masque et des gants qui photographie une scène de crime Une femme en blouse blanche qui examine des traces de peinture sous le microscope Vous avez reconnu un expert de la police technique et scientifique Mais savez-vous que cette police technique et scientifique est née à la fin du XIXe siècle des travaux de trois pionniers, Alphonse Bertillon, Alexandre Lacassagne et Edmond Locard. C’est grâce à eux que les indices laissés sur la scène de crime, jusqu’alors muets, vont se mettre à parler et permettre d’en identifier l’auteur. Cet ouvrage raconte l’histoire de ces trois personnages et certaines des plus célèbres affaires criminelles de la Belle Epoque, résolues par cette nouvelle science, la criminalistique.

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