18 Juin

Le mystère de la Sainte Chapelle de Saint-Dizier et Mutti

Présentation de l’éditeur :

26 avril 1248. La consécration de la Sainte-Chapelle, qui abrite les plus précieuses reliques de la chrétienté, est célébrée avec faste au cœur du Palais de la Cité à Paris. Le départ imminent du roi Louis IX pour la croisade et l’effervescence qui règne ce jour-là au sein de la cour en fait presque oublier le meurtre de l’architecte à qui l’on doit cet ouvrage. Rademir, le maître verrier qui a supervisé la réalisation des verrières, connaît la vérité mais s’est juré de se taire. Que cache son silence ? Pourquoi se sent-il menacé et surtout qui était cet architecte dont l’histoire n’a pas retenu le nom ?

Notre avis :

Le pitch de départ est assez séduisant et mystérieux. On pense connaître l’histoire de ce monument historique mais n’y aurait il pas une autre version de cette histoire ?

C’est ce qui m’a plu d’emblée dans cette BD. On part du réel mais on l’accommode un peu pour servir le récit de la construction de cette sainte chapelle voulu par le roi Louis IX.

Dès le début on sait que cette histoire aura une issue tragique. Mais cela ne gâche pas le plaisir de lecture car les auteurs nous réservent beaucoup de surprises dans ce livre. Il y a entre autres un personnage masqué qui cache un secret très lourd. Il reste en  retrait dans cette histoire et ce sert de son apprenti pour accomplir sa mission. Cet apprenti nous réserve aussi des surprises.

Beaucoup de personnages de cette bande dessinée ont existé. L’auteur a su bien les restituer dans le contexte historique de l’époque. Pour ma part cela a été un moyen d’apprendre à les connaître.

Ce qui est très fort dans cette BD c’est l’ambiance de l’époque. On est véritablement plongé dedans et les auteurs ont su très bien la respecter. Ce côté sombre quand on est dans les quartiers un peu difficile est très bien retranscrit à travers le dessin et les personnages.

Le dessin… C’est la première chose qui fait que j’adore cette BD. Il est ultra réaliste. On ressent très bien le travail de documentation colossal qui a été effectué. Rien que les dessins sur la Sainte Chapelle valent le détour. C’est d’une immense précision à vous couper le souffle ! Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter ce lieu emblématique. Mais cette BD m’a énormément donné envie de la voir en vrai !

Cette BD est un vrai coup de cœur ! On se laisse très vite prendre au jeu. On est immergé dans cette époque fascinante et dans la construction de ce monument historique. Les fans de la grande Histoire y trouveront leur compte tout ceux qui aiment les polars historiques.

Editions : Glénat – Date de parution : 3 Mai 2017 – 56 pages

© Amandine Gazeau

14 Juin

Les Livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Steve McQueen in Le Mans », de Sandro Garbo

  

La phrase mythique de Steeve McQueen sert d’exergue à cette BD flamboyante : « La course c’est la vie ! Tout ce qui se passe avant ou après, ce n’est que de l’attente… »

« En 1970, Steve McQueen était une des stars les plus connues du monde. Son obsession était de réaliser le film de course automobile le plus réaliste et le plus excitant de tous les temps. Il réussit mais, durant le tournage, perdit presque tout ce qui lui était le plus cher. »

Nous avons rencontré Guillaume Lopez, un des dessinateurs, en dédicace à la boutique officielle de l’ACO au village des 24 Heures du Mans.

BG : Combien de dessinateurs êtes vous ?

GL : Nous sommes trois dessinateurs. Afflerbach, Florian a fait les décors, Lebeltel, Thomas les personnages, et moi les voitures, les engins mécaniques, les avions, etc. Et un dernier qui n’est pas négligeable, Ménard, Pierre, a travaillé sur les couleurs.

BG : Comment travaillez-vous ? Il y a un ordre ?

GL : Non il n’y a pas d’ordre particulier. Nous travaillons à partir du story-board. On travaille tous en même temps sur le même calque. J’ai travaillé pendant des années sur les albums de Michel Vaillant. On était plusieurs dessinateurs et chacun envoyait son travail aux autres par la poste. A présent internet a facilité les transmissions. Chaque dessine sa partie. L’ordinateur intègre le tout, et les autres sont au courant de l’avancement, presque en temps réel.

BG : Certaines images ressemblent vraiment à des photos. Vous avez travaillé à partir des images du film ? De photos de tournage ?

GL : Oui, certaines scènes sont directement extraites du film. C’était une volonté pour que les lecteurs reconnaissent le film. Et d’autres sont des montages de plusieurs images sous différents angles, différents points de vue.

BG : Vous avez mis combien de temps pour réaliser ce livre ?

BL : Le dessin uniquement a pris un an et demi. Mais le montage du projet complet, incluant la négociation des droits, a demandé trois ans.

BG : C’est un one shot ?

BL : Pas tout a fait, puisqu’il y a deux tomes.

BG : Bien sûr, mais je veux dire après ? Y aura-t-il d’autres projets du même type ? Vous travaillez sur une nouvelle BD ?

BL : Je pense que oui, Sandro doit avoir d’autres projets. Mais c’est très compliqué à monter et cela prend beaucoup de temps. En tout cas, je voudrais dire que c’est une chance pour moi et un vrai bonheur pour moi que Sandro soit venu me chercher pour ce projet. Une bande dessinée, c’est un tunnel de travail et je n’avais pas très envie de m’y replonger. Je fais de l’illustration, des affiches, etc. Mais ce projet était tellement enthousiasmant et exceptionnel qu’il m’était impossible de le refuser et je n’ai aucun regret.

BG : Exceptionnel, c’est le mot qui convient. Merci à vous et bonnes dédicaces !

 

Notre avis

Critiquée par certains puristes, adulée par les amateurs éclairés, cette bande dessinée réalisée par Sandro Garbo et son équipe met au moins tout le monde d’accord sur un point : elle est techniquement proche de la perfection. Chaque dessin est une oeuvre d’art qui évoque plus un tableau d’artiste qu’un dessin de BD. Le format, plus grand qu’une BD classique, autorise des vues panoramiques exceptionnelles. Plusieurs dessins (si proches de photographies que l’on pourrait s’y méprendre) s’étendent sur des doubles pages, telle cette vue aérienne époustouflante du circuit de nuit ou encore la scène de crash de la n°20, dans les dernières pages, qui est proprement hallucinante de réalisme. On a pu reprocher à l’ouvrage sa froideur et son manque d’émotion, reste un hommage étonnant et une prouesse technique sans équivalent.

De mon point de vue, c’est une réussite absolue !

© Bob Garcia

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « La Légende des 24 Heures du Mans – Edition 2018 », de Gérard de Cortanze

Présentation de l’éditeur

Les voitures mythiques, les pilotes inoubliables, les prouesses technologiques, l’ambiance, les émotions… tout ce qui fait la légende de la plus grande course automobile du monde raconté par Gérard de Cortanze, écrivain… et petit neveu de Charles de Cortanze, vainqueur au Mans en 1938.

« Gérard de Cortanze, pour qui cette course est une histoire de famille, a raison : les 24 Heures du Mans, c’est un roman d’aventures ! » Jean Todt

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « L’histoire des 24 Heures du Mans pour les nuls », de Gérard de Cortanze

Présentation de l’éditeur :

La folle histoire des 24 Heures du Mans…

Les 24 Heures du Mans pour les Nuls, a pour ambition de tout dire sur une course mythique qui aura 100 ans dans quelques années. De sa naissance en 1923, au sortir de la Grande Guerre, à sa renaissance en 1949, après un silence de dix ans, en passant par la France des Trente Glorieuses, la crise pétrolière de 1974, les années Mitterrand et l’entrée dans le XXIe siècle, Le Mans se raconte et raconte le monde.

Précis, argumenté, clair, pédagogique, ce livre met en scène des histoires de voitures, de pilotes, d’événements, d’innovations, et répond à toutes les questions : lieux, dates, performances, records, statistiques, chiffres, marques, puissances… Les 24 Heures du Mans pour les Nuls : une somme phénoménale de connaissances, certes ici rassemblées, mais aussi le grand roman d’une course racontée par un écrivain qui la connaît de l’intérieur.

Un livre publié en partenariat avec l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), propriétaire et organisateur de l’épreuve reine d’endurance auto.

Présentation de Gérard de Cortanze (sur le site des éditions Albin Michel)

Ecrivain, éditeur aux éditions Albin Michel, membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, Gérard de Cortanze a publié plus de 80 livres, traduits en vingt-cinq langues. Parmi eux, des romans (Les Vice-Rois, prix du roman historique ; Cyclone, prix Baie des Anges Ville de Nice ; Assam, Prix Renaudot ; Banditi ; Laura ; Indigo, prix Paul Féval ; L’An prochain à Grenade, prix Méditerranée ; Les amants de Coyoacan…, Zazous, des essais (Jorge Semprun, l’écriture de la vie ; Hemingway à Cuba ; J.M.G. Le Clézio, le nomade immobile ; Pierre Benoit, le romancier paradoxal, prix de l’Académie française), et des récits autobiographiques (Une chambre à Turin, prix Cazes-Lipp ; Spaghetti ! ; Miss Monde ; De Gaulle en maillot de bain ; Gitane sans filtre…). On lui doit également des livres sur les peintres Zao Wou-ki, Antonio Saura, Richard Texier, et notamment Frida Kahlo, la beauté terrible.
Si l’ensemble de son œuvre, divisée en cycles, a pour thèmes de prédilection ses origines italiennes mêlées – vieille famille aristocratique piémontaise du côté du père, classe ouvrière napolitaine du côté de la mère, une descendante directe de Frère Diable, dit Fra Diavolo – on lui doit aussi plusieurs ouvrages sur l’automobile. Né au sein d’une famille de pilotes de courses il a publié La Légende des 24 heures du Mans, livre pour lequel il a reçu le Prix des écrivains sportifs, ainsi que Les 24 Heures pour les nuls.
Il est chroniqueur à Historia et président du Prix Jean Monnet de Littérature européenne.

13 Juin

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Le Mans Pit-lane », de Lucie Hodiesne et Jean-Claude Baudier

Passionné de course automobile et en particulier des mythiques 24 Heures du Mans, Jean-Claude Baudier réalise depuis qu’il a quitté sa profession d’architecte d’intérieur, d’incroyables dioramas mettant en scène des moments historiques, comme de véritables instantanés photographiques ou le détail compte autant que le sujet principal. « J’aime ajouter des clins d’oeil et de l’humour. C’est une véritable mise en scène à chaque fois, comme ce gamin qui shoote dans un ballon… et un peu plus loin une vitre brisée à la fenêtre d’un bâtiment. »

Avec ces dioramas, Jean-Claude Baudier s’est constitué une clientèle de passionnés et de fidèles « Chaque diorama est accompagné d’un livre complet qui explique en détail tous les éléments du puzzle photographiés sous tous les angles. Les habitués sont impatients de découvrir mon prochain diorama et s’arrachent ses petits livres tirés à 100 ex. Vu le tirage, on se doute bien que je ne fais pas ça pour l’argent mais plutôt pour partager ma passion. »

Car finalement tout n’est qu’une affaire de passion. Jean-Claude est intarissable dès qu’il s’agit d’évoquer ses souvenirs des 24 Heures du Mans et ses rencontres avec des pilotes ou personnalités de légende.

Mais Jean-Claude rêvait de faire un autre livre, consacré à tout ce qui se passe dans la pit-lane (située sur la ligne droite des stands, c’est l’endroit stratégique où les teams et les mécaniciens ont leurs stands permettant aux pilotes l’accès direct à la piste).

L’idée se transformera en réalité quand une jeune photographe surdouée à la vingtaine pétillante, Lucie Hodiesne, vient frapper à sa porte pour effectuer un simple stage d’étudiante. Direction Le Mans, avec une mise en garde « Je te préviens, une fois que tu auras mis un doigt dans cet engrenage, tu ne pourras plus t’en passer ! » Jean-Claude parle en connaissance de cause, lui qui compte une trentaine de participations à la course et qui ne raterait pour rien au monde la moindre édition !

Lucie est aussitôt fascinée par cet univers qu’elle ne connaissait pas. Jean-Claude est immédiatement bluffé par les premières photos en noir et blanc que réalise Lucie. Personne n’a jamais photographié la « vie » de la pitlane de cette façon, en restituant tour à tour l’émotion, la tension, la passion et le suspense de la course.

A l’arrivée, un livre atypique et sauvage « Le Mans Pit-lane » tiré à 775 exemplaires et un coffret en série limitée à 200 exemplaires contenant le livre et deux photos originales dédicacées !

Lucie confie « Ce n’est que ma troisième édition des 24 Heures du Mans. Jean-Claude avait raison, c’est désormais un rendez-vous incontournable pour moi ». Et déjà, sur le ton de la confidence, un autre livre en préparation, sur un autre sujet toujours en relation avec l’univers de l’automobile. Vivement !

En attendant, rien d’étonnant à ce que l’on retrouve Jean-Claude et Lucie, deux amis et complices à travers leur passion commune pour la photographie et la course automobile, en dédicace à l’espace officiel de l’ACO au village des 24 Heures du Mans !!

 

 

Jean-Claude Baudier répondait déjà aux questions de « Lire délivre » lors d’un vernissage consacré à l’ouvrage.

 

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « 24 Heures du Mans. 1951-1957 : Le triomphe de Jaguar », de Christian Papazoglakis (dessins) et Denis Bernard (scénario).

Présentation de l’éditeur

24 Heures du Mans, 1957. Suite à un incroyable concours de circonstances, Jaguar obtient sa 5ème victoire au Mans avec quatre de ses fameuses Type D en tête de la course.
Suite à cet exploit, un journaliste s’entretient avec « Lofty » England, directeur technique et sportif de Jaguar, pour revenir sur l’histoire de la marque : de l’abandon du nom SS (peu judicieux au sortir de la Seconde Guerre mondiale) pour Jaguar aux débuts dans la compétition automobile jusqu’aux premières gloires…

 

Christian a répondu à quelques questions, un peu submergé par la foule d’amateurs de BD qui l’assiégeait !

BG : Comment est née cette BD ?

CP : Elle fait partie d’une série qui revisite la légende des 24 Heures du Mans.

BG : De façon chronologique ?

CP : Pas forcément. Les sujets sont tellement variés. On joue sur la nostalgie et le souvenir. Cela peut être un pilote, une marque, une époque donnée. En s’attaquant à Jaguar, on aurait pu penser que le jeune public n’allait pas s’y intéresser. C’est un peu loin, oublié. En fait, on constate que ce n’est pas le cas. Le mythe de Jaguar dépasse les générations.

BG : D’autres projets ?

CP : Oui, le sujet est pratiquement inépuisable et on fait en sorte que les lecteurs ne se lassent pas. Chaque dessinateur a sa propre patte et sa personnalité. Il n’y a pas de consigne d’uniformité, au contraire. On pense même remonter plus loin dans le temps, dans les années avant-guerre. On réfléchit à un triptyque. Le plus compliqué pour l’éditeur, c’est de trouver des dessinateurs disponibles.

BG : Merci, bonne dédicaces !

 

 

Les Livres de 24 Heures du Mans 2018 : « Les pilotes belges aux 24 Heures du Mans », de Lucien Beckers

C’est peu dire que les pilotes Belges ont marqué les 24 Heures du Mans. Lucien Beckers leur rend hommage à travers un beau livre préfacé par Pierre Fillon, le Président de l’Automobile Club de l’Ouest !

 

Les pilotes belges aux 24 Heures du Mans – Edition luxe, Lucien Beckers

Double couverture indépendante, incrustée de deux médailles émaillée de 5cm de diamètre. L’une représente le logo « 101 Belgians » et l’autre le premier logo (1955) de l’Equipe Nationale Belge

Jacky Ickx, Monsieur Le Mans, et l’élégant Olivier Gendebien, cumulent 10 victoires aux « 24 Heures du Mans ». Ils sont tous les deux membres du prestigieux « Hall of Fame de la course ». Ils font partie des 8 pilotes à avoir gagné au moins 4 fois la plus célèbre course d’endurance au monde. C’est une très belle illustration de la passion, de l’abnégation, du talent et de la réussite des pilotes belges au Mans. Au volant des voitures jaunes, couleurs nationales obligent, mais aussi recrutés par les plus grands constructeurs, les « Belges » ont contribué à écrire parmi les plus belles pages du grand roman « 24 Heures du Mans ».

C’est justement à travers ce bel ouvrage, écrit par un passionné Lucien Beckers, inspiré par le parcours de sa sœur Christine, quatre participations aux 24 Heures et lauréate de la Coupe des Dames, que vous pourrez découvrir ou redécouvrir les portraits de tous ces talentueux pilotes. Souhaitons maintenant que la jeune génération, élevée à l’ombre du légendaire circuit de Spa- Francorchamps, par ses prouesses, incite à l’écriture d’un deuxième tome de l’aventure des « Belges au Mans ».

Pierre FILLON Président de l’Automobile Club de l’Ouest

Préfaces de/Voorwoord van Thierry Boutsen & Pierre Fillon (président ACO)
101 pilotes belges
6 artistes : Clovis-Pierre Englebert – Benoît Deliège – Nicolas Cancelier – Yahn Janou – François Bruère.
Anecdotes pilotes.
Les « Autres Belges »
« Et eux, sont-ils Belges? »
Anecdotes des fans
Tableaux complets de tous les résultats des 101 pilotes belges de 1923 à 2017

 

 

11 Juin

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Rebellion Racing aux 24 Heures du Mans », de Bob Garcia

Amandine Gazeau a posé à Bob Garcia quelques questions sur son ouvrage « Rebellion Racing aux 24 Heures du Mans ».

AG : Bob Garcia, on vous connaît plutôt comme auteur de polar que comme spécialiste de l’automobile. Quel rapport entre les deux univers ?

BG : Tout d’abord, je tiens à préciser que je n’ai aucune légitimité dans le monde de l’automobile. Je suis très loin d’être un spécialiste de l’automobile et encore moins de la course d’endurance. Ce qui me passionne et me fascine dans la course automobile, c’est plutôt sa dramaturgie qui ressemble justement beaucoup aux scénarios de thrillers. Tout y est : des personnages hauts en couleur (souvent dotées d’ego très fort, des battants dans l’âme mais profondément humains, qui ont aussi leurs failles et leurs faiblesses), un suspense de chaque instant (tout peut arriver dans une course d’endurance et rien n’est joué tant que les pilotes n’ont pas passé la ligne d’arrivée, il suffit de revoir les 24 Heures du Mans 2016 et 2017 pour s’en convaincre. Même 24 heures après la courses, il peut encore y avoir des rebondissements), l’adrénaline de la course (comment ne pas frissonner en assistant au dépassement d’anthologie de Thomas Laurent dans le Raidillon de l’Eau Rouge lors des 6 Heures de Spa 2018, ou pire encore lors de l’énorme crash de Pietro Fittipaldi au même endroit ?), la stratégie des écuries et ses conséquences sur le déroulement de la course (parfois de véritables coups de poker). A ces faits de course s’ajoutent toute la pression et l’influence de l’environnement : délais de réalisation de machines, tractations en coulisses, évolutions de la réglementation, etc. A chaque course j’ai l’impression d’assister à un film de super-héros au volant de machines extraordinaires, sauf qu’à l’arrivée aucun scénariste n’oserait écrire des histoires aussi improbables ! Ce sont aussi des aventures humaines incroyables. Chaque membre d’une écurie est un rouage essentiel au bon fonctionnement de l’ensemble. C’est comme une mécanique de précision. Une horlogerie de haut niveau. Le moindre de grain de sable dans la mécanique, la moindre erreur de jugement ou d’inattention, et le travail de dizaines de personnes est anéanti en un rien de temps. Chacun a une responsabilité énorme sur les épaules. Cela contribue aussi à la tension et à la dramaturgie de la course. On tremble à chaque arrêt au stand, à chaque dépassement (il faut se souvenir qu’il n’y a pas qu’une seule course, mais quatre courses qui se déroulent en même temps), à chaque virage…

AG : Si je comprends bien, toutes les écuries automobiles sont confrontées aux mêmes contraintes. Pourquoi vous intéresser à Rebellion Racing plutôt qu’à une autre ?

BG : Rebellion, c’est le « petit » qui s’attaque aux « grands ». Son budget de fonctionnement est environ 15 fois moindre que celui des écuries d’usine telles que Porsche, Audi, et pour 2018 Toyota. Une petite équipe d’une quinzaine de personnes parvient à se hisser au niveau des plus forts, et parfois à les dépasser à la régulière. Pour reprendre une image qui est chère à Calim Bouhadra, le vice président de Rebellion Racing, c’est vraiment l’histoire de David contre Goliath ! A force d’ingéniosité, de ténacité et de passion commune, Rebellion a remporté le trophée FIA d’endurance LMP2 en 2017 et s’est attaché les services de pilotes exceptionnels pour la super saison 2018-1019. Il y a aussi le nom « Rebellion », qui colle tellement à l’état d’esprit de l’écurie. Ils ne se laissent pas faire, ils innovent, ils inventent, ils ne font rien comme les autres et ne sont jamais où on les attend… Rebellion, c’est surtout à l’origine une marque de montres Suisses de haute technologie créée par Alexandre Peschi, le propriétaire et la tête pensante de Rebellion Racing. C’est de l’horlogerie de précision appliquée à la course d’endurance… et ça marche !

AG : Je comprend votre enthousiasme pour Rebellion, mais comment le livre est né ?

BG : Sur une simple poignée de main ! J’ai eu la chance d’être reçu par Calim Bouhadra, dont je vous ai déjà parlé, en début d’année 2018 dans les locaux de LEMO (le groupe qui pilote Rebellion Racing) à Lausanne. Le but de ma démarche était de savoir s’il existait un livre sur Rebellion, afin que je puisse interviewer l’auteur et en faire une chronique sur « lire délivre ». Mais la discussion a pris un tour inattendu quand Calim m’a appris qu’il n’existait aucun livre (à part quelques articles ou mention dans des ouvrages plus généraux) sur Rebellion Racing, et qu’il serait favorable à l’idée qu’un tel livre voit le jour. En moins d’une heure de discussion à bâtons rompus sur la monde de la course, et en particulier sur l’incroyable dénouement de la saison 2016-2017, il était implicitement convenu que je pourrais écrire un livre sur l’écurie. Un peu plus tard, après quelques échanges de mail, on a décidé de sortir le premier livre pour les 24 Heures du Mans 2018. Le livre retrace l’origine de Rebellion depuis 2007, et toutes ses participations aux 24 Heures du Mans. C’était un challenge quasi impossible en terme de délai, et pourtant…

(Bob Garcia – Calim Bouhadra)

AG : Le livre est plein de photos. Je suppose que cela implique des droits de copyrights ?…

BG : Calim Bouhadra m’a fait confiance. J’ai pu ainsi accéder à toute la base de donnée de photographies de Rebellion depuis 2012. De plus, ces photos ont été réalisées par Eric Fabre, un des meilleurs (sinon LE meilleur) photographe de course d’endurance.

AG : Et avant 2012 ? Si l’histoire commence en 2007, comment avez-vous fait pour les autres photos ?

GB : Là, c’était plus compliqué. Un vrai travail de fourmi. J’ai retrouvé des témoins de cette époque (pilotes, photographes professionnels ou amateurs). J’ai eu de nombreuses réponses. Tous ont accepté de me donner des photos, sous réserve bien sûr de mentionner leur nom et les copyrights. c’était la moindre des choses. Cela a pris du temps, mais j’ai réussi à retrouver et rassembler les photographies nécessaires pour retracer cette incroyable histoire née de la rencontre de deux  passionnés d’auto, Alexandre Pesci et Hugh Hayden.

AG : Il y a aussi beaucoup d’informations techniques dans le livre, dates, lieux, cursus des pilotes, caractéristiques des voitures… Comment être sûr de ne pas se tromper, si vous prétendez ne pas être spécialiste ?

BG : J’avais un autre joker dans ma manche, mon ami Jean-Philippe Doret, consultant automobile, rédacteur ACO FIA WEC, traducteur de nombreux ouvrages techniques anglais. Ce gars-là connaît par coeur le monde de l’endurance, et en plus il a une mémoire prodigieuse de presque toutes les courses d’endurance. Il a accepté de relire et corriger mes erreurs. Il a aussi apporté ses remarques et de précieuses informations.

(Bob Garcia – Eric Fabre – Jean-Philippe Doret)

AG : Finalement, à qui s’adresse ce livre ? Plutôt à un public de spécialistes ?

BG : Comme je le disais au début de cette interview, je n’ai pas la prétention d’être un spécialiste auto. Cela pourrait être le livre écrit par n’importe quel spectateur fasciné par ces drôles d’engins et les pilotes. J’ai plutôt essayé de raconter une belle histoire. Je crois qu’il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste pour s’y plonger et y prendre du plaisir. Dans tous les cas, il reste aussi les fabuleuses photographies d’Eric Fabre qui permettent de contempler cet univers sans forcément entrer dans les détails. Nous avons des commandes de mamans pour leurs enfants, de messieurs, et même d’une grand-mère !

AG : Le livre est bilingue, français/anglais…

BG : Oui. La partie française a été d’abord été corrigée par Valérie, une correctrice professionnelle qui travaille pour des éditeurs de polars, et a ensuite été traduit par Laurent Whale, auteur de polars franco/anglais. Tous deux m’ont confié qu’ils étaient passionnés d’automobiles. Le père de Laurent a même tenu un garage !

AG : Il y a plus d’une relation entre les univers du polar et de l’automobile… ça pourrait presque faire l’objet d’un livre !

BG : Vous ne croyez pas si bien dire… Mais ceci est une autre histoire…

AG : Vous disiez tout à l’heure « on a décidé de sortir le premier livre pour les 24 Heures du Mans 2018 ». Cela signifie qu’il y en aura d’autres ?

BG : Pour l’instant, Rebellion s’apprête à écrire la suite de ce livre en temps réel lors de cette super-saison 2018-2019. Comme dans les bons vieux feuilleton de suspense, nul ne peut imaginer ce qui peut se passer. Rendez-vous au Mans en juin 2019 !

©Amandine Gazeau

Pour se procurer le livre, écrire à : cil.diffusion@gmail.com

 

 

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018… Mickey, ambassadeur des 24 heures du Mans auprès des petits…

Le journal de Mickey aux 24 Heures du Mans pour la cinquième année consécutive !

L’ACO a trouvé un excellent porte parole des 24 Heures du Mans auprès du jeune public de 7 à 14 ans :  Mickey !

Le journal du même nom a réalisé un hors-série tiré à 45.000 ex comportant des jeux, des infos pratiques, comme cette double page intitulée « Au coeur de la course », un portait du jeune pilote Rebellion justement intitulé « Thomas Laurent, le surdoué », ou encore des gags pour apprendre et s’amuser. Le numéro sera distribué sur le circuit pendant l’événement mais aussi dans les écoles du Mans.

Autre façon de faire participer le jeune public : 12 enfants et leurs familles ont été sélectionnés pour participer à l’événement les 16 et 17 juin.
Un Mickey géant (3 m de haut) au volant d’un bolide sur mesure participe à la Parade en ville organisée en ville vendredi 15 juin, au même titre que les pilotes des 24 Heures du Mans 2018 !

L’ACO a multiplié les animations à destination de ses jeunes spectateurs sur le site même, dans l’enceinte du circuit.
Une Kid zone destinée aux 3-12 ans leur est réservée dans la Fan Zone, sous la surveillance des parents.
Au programme : Espace VIP Baby, Espace Kappla, Château gonflable, Remorque Multi-activité, le critérium du jeune conducteur, un stand de maquillage. Cette zone est sous la surveillance des parents. A noter une animation spéciale kids sur la ligne droite des stands, le vendredi 15 juin de 10h à 19h.
Dans la Zone expérience, un espace « loisirs » permettra aux plus de 12 ans de découvrir le monde de l’automobile comme si on y était avec des simulateurs de course, un Pit Stop en réalité virtuelle, des casques oculus ou encore un batak challenge.

Les enfants ont bien d’autres occasions d’approcher leurs idoles, comme à lors des dédicaces dans la pit-lane, le mardi. Ou lors de la fameuse parade des pilotes ! Ces petites filles se précipitent pour se faire dédicacer leur T-Shirt !!

Et plus loin, elles/ils pourront découvrir des voitures… à leur taille !

 

 

 

 

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Les 24 Heures du Mans, 150 aquarelles de Yahn Janou »

« Les 24 heures du Mans – 150 aquarelles de Yahn Janou« , Glénat, le 30 mai 2018

Textes de Frédéric Bourrigaud et de Bruno David.

Présentation de l’éditeur

Depuis 1923, chaque année durant 24 heures, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, pilotes et équipes s’affrontent. Qu’il s’agisse de professionnels ou d’amateurs, au volant de voitures de différentes catégories, tous ont pour défi de parcourir le maximum de kilomètres en 24 heures. L’artiste Yahn Janou nous fait découvrir l’histoire de la course à travers ses aquarelles.
Plus que la ligne des voitures de course, c’est avant tout la compétition que l’artiste exprime : dépassements, ravitaillements, courbes, dans toutes ces scènes, son travail respire la tension de la course. Ses toiles colorées traduisent puissance et énergie, dans un style libre et précis et plongent le spectateur dans un monde coloré, en action. Ses aquarelles représentent les 85 voitures victorieuses et les pilotes vainqueurs, dont Tom Kristensen, Jacky Ickx, Derek Bell, Yannick Dalmas, Henri Pescarolo, Olivier Gendebien, Woolf Barnato, Luigi Chinetti, Phil Hill ou encore Graham Hill.
On retrouve également dans ses peintures les spécificités du circuit, avec son départ en épi ou la passerelle Dunlop, mais aussi des portraits de personnalités qui ont marqué l’histoire des 24 Heures, comme Charles Ernest Faroux, créateur de la course avec Georges Durand, John Wyer, directeur de l’écurie Gulf, ou Jean Rondeau, Manceau et vainqueur de l’épreuve sur sa création. L’artiste nous fait également redécouvrir les huit grandes marques qui ont inscrit leur domination au fil des décennies : Bentley, Alfa Romeo, Jaguar, Ferrari, Ford, Porsche et Audi.
Ce superbe carnet d’aquarelles rend hommage à cette course incontournable.