14 Juin

Les Livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Steve McQueen in Le Mans », de Sandro Garbo

  

La phrase mythique de Steeve McQueen sert d’exergue à cette BD flamboyante : « La course c’est la vie ! Tout ce qui se passe avant ou après, ce n’est que de l’attente… »

« En 1970, Steve McQueen était une des stars les plus connues du monde. Son obsession était de réaliser le film de course automobile le plus réaliste et le plus excitant de tous les temps. Il réussit mais, durant le tournage, perdit presque tout ce qui lui était le plus cher. »

Nous avons rencontré Guillaume Lopez, un des dessinateurs, en dédicace à la boutique officielle de l’ACO au village des 24 Heures du Mans.

BG : Combien de dessinateurs êtes vous ?

GL : Nous sommes trois dessinateurs. Afflerbach, Florian a fait les décors, Lebeltel, Thomas les personnages, et moi les voitures, les engins mécaniques, les avions, etc. Et un dernier qui n’est pas négligeable, Ménard, Pierre, a travaillé sur les couleurs.

BG : Comment travaillez-vous ? Il y a un ordre ?

GL : Non il n’y a pas d’ordre particulier. Nous travaillons à partir du story-board. On travaille tous en même temps sur le même calque. J’ai travaillé pendant des années sur les albums de Michel Vaillant. On était plusieurs dessinateurs et chacun envoyait son travail aux autres par la poste. A présent internet a facilité les transmissions. Chaque dessine sa partie. L’ordinateur intègre le tout, et les autres sont au courant de l’avancement, presque en temps réel.

BG : Certaines images ressemblent vraiment à des photos. Vous avez travaillé à partir des images du film ? De photos de tournage ?

GL : Oui, certaines scènes sont directement extraites du film. C’était une volonté pour que les lecteurs reconnaissent le film. Et d’autres sont des montages de plusieurs images sous différents angles, différents points de vue.

BG : Vous avez mis combien de temps pour réaliser ce livre ?

BL : Le dessin uniquement a pris un an et demi. Mais le montage du projet complet, incluant la négociation des droits, a demandé trois ans.

BG : C’est un one shot ?

BL : Pas tout a fait, puisqu’il y a deux tomes.

BG : Bien sûr, mais je veux dire après ? Y aura-t-il d’autres projets du même type ? Vous travaillez sur une nouvelle BD ?

BL : Je pense que oui, Sandro doit avoir d’autres projets. Mais c’est très compliqué à monter et cela prend beaucoup de temps. En tout cas, je voudrais dire que c’est une chance pour moi et un vrai bonheur pour moi que Sandro soit venu me chercher pour ce projet. Une bande dessinée, c’est un tunnel de travail et je n’avais pas très envie de m’y replonger. Je fais de l’illustration, des affiches, etc. Mais ce projet était tellement enthousiasmant et exceptionnel qu’il m’était impossible de le refuser et je n’ai aucun regret.

BG : Exceptionnel, c’est le mot qui convient. Merci à vous et bonnes dédicaces !

 

Notre avis

Critiquée par certains puristes, adulée par les amateurs éclairés, cette bande dessinée réalisée par Sandro Garbo et son équipe met au moins tout le monde d’accord sur un point : elle est techniquement proche de la perfection. Chaque dessin est une oeuvre d’art qui évoque plus un tableau d’artiste qu’un dessin de BD. Le format, plus grand qu’une BD classique, autorise des vues panoramiques exceptionnelles. Plusieurs dessins (si proches de photographies que l’on pourrait s’y méprendre) s’étendent sur des doubles pages, telle cette vue aérienne époustouflante du circuit de nuit ou encore la scène de crash de la n°20, dans les dernières pages, qui est proprement hallucinante de réalisme. On a pu reprocher à l’ouvrage sa froideur et son manque d’émotion, reste un hommage étonnant et une prouesse technique sans équivalent.

De mon point de vue, c’est une réussite absolue !

© Bob Garcia

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « La Légende des 24 Heures du Mans – Edition 2018 », de Gérard de Cortanze

Présentation de l’éditeur

Les voitures mythiques, les pilotes inoubliables, les prouesses technologiques, l’ambiance, les émotions… tout ce qui fait la légende de la plus grande course automobile du monde raconté par Gérard de Cortanze, écrivain… et petit neveu de Charles de Cortanze, vainqueur au Mans en 1938.

« Gérard de Cortanze, pour qui cette course est une histoire de famille, a raison : les 24 Heures du Mans, c’est un roman d’aventures ! » Jean Todt

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « L’histoire des 24 Heures du Mans pour les nuls », de Gérard de Cortanze

Présentation de l’éditeur :

La folle histoire des 24 Heures du Mans…

Les 24 Heures du Mans pour les Nuls, a pour ambition de tout dire sur une course mythique qui aura 100 ans dans quelques années. De sa naissance en 1923, au sortir de la Grande Guerre, à sa renaissance en 1949, après un silence de dix ans, en passant par la France des Trente Glorieuses, la crise pétrolière de 1974, les années Mitterrand et l’entrée dans le XXIe siècle, Le Mans se raconte et raconte le monde.

Précis, argumenté, clair, pédagogique, ce livre met en scène des histoires de voitures, de pilotes, d’événements, d’innovations, et répond à toutes les questions : lieux, dates, performances, records, statistiques, chiffres, marques, puissances… Les 24 Heures du Mans pour les Nuls : une somme phénoménale de connaissances, certes ici rassemblées, mais aussi le grand roman d’une course racontée par un écrivain qui la connaît de l’intérieur.

Un livre publié en partenariat avec l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), propriétaire et organisateur de l’épreuve reine d’endurance auto.

Présentation de Gérard de Cortanze (sur le site des éditions Albin Michel)

Ecrivain, éditeur aux éditions Albin Michel, membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, Gérard de Cortanze a publié plus de 80 livres, traduits en vingt-cinq langues. Parmi eux, des romans (Les Vice-Rois, prix du roman historique ; Cyclone, prix Baie des Anges Ville de Nice ; Assam, Prix Renaudot ; Banditi ; Laura ; Indigo, prix Paul Féval ; L’An prochain à Grenade, prix Méditerranée ; Les amants de Coyoacan…, Zazous, des essais (Jorge Semprun, l’écriture de la vie ; Hemingway à Cuba ; J.M.G. Le Clézio, le nomade immobile ; Pierre Benoit, le romancier paradoxal, prix de l’Académie française), et des récits autobiographiques (Une chambre à Turin, prix Cazes-Lipp ; Spaghetti ! ; Miss Monde ; De Gaulle en maillot de bain ; Gitane sans filtre…). On lui doit également des livres sur les peintres Zao Wou-ki, Antonio Saura, Richard Texier, et notamment Frida Kahlo, la beauté terrible.
Si l’ensemble de son œuvre, divisée en cycles, a pour thèmes de prédilection ses origines italiennes mêlées – vieille famille aristocratique piémontaise du côté du père, classe ouvrière napolitaine du côté de la mère, une descendante directe de Frère Diable, dit Fra Diavolo – on lui doit aussi plusieurs ouvrages sur l’automobile. Né au sein d’une famille de pilotes de courses il a publié La Légende des 24 heures du Mans, livre pour lequel il a reçu le Prix des écrivains sportifs, ainsi que Les 24 Heures pour les nuls.
Il est chroniqueur à Historia et président du Prix Jean Monnet de Littérature européenne.

13 Juin

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Le Mans Pit-lane », de Lucie Hodiesne et Jean-Claude Baudier

Passionné de course automobile et en particulier des mythiques 24 Heures du Mans, Jean-Claude Baudier réalise depuis qu’il a quitté sa profession d’architecte d’intérieur, d’incroyables dioramas mettant en scène des moments historiques, comme de véritables instantanés photographiques ou le détail compte autant que le sujet principal. « J’aime ajouter des clins d’oeil et de l’humour. C’est une véritable mise en scène à chaque fois, comme ce gamin qui shoote dans un ballon… et un peu plus loin une vitre brisée à la fenêtre d’un bâtiment. »

Avec ces dioramas, Jean-Claude Baudier s’est constitué une clientèle de passionnés et de fidèles « Chaque diorama est accompagné d’un livre complet qui explique en détail tous les éléments du puzzle photographiés sous tous les angles. Les habitués sont impatients de découvrir mon prochain diorama et s’arrachent ses petits livres tirés à 100 ex. Vu le tirage, on se doute bien que je ne fais pas ça pour l’argent mais plutôt pour partager ma passion. »

Car finalement tout n’est qu’une affaire de passion. Jean-Claude est intarissable dès qu’il s’agit d’évoquer ses souvenirs des 24 Heures du Mans et ses rencontres avec des pilotes ou personnalités de légende.

Mais Jean-Claude rêvait de faire un autre livre, consacré à tout ce qui se passe dans la pit-lane (située sur la ligne droite des stands, c’est l’endroit stratégique où les teams et les mécaniciens ont leurs stands permettant aux pilotes l’accès direct à la piste).

L’idée se transformera en réalité quand une jeune photographe surdouée à la vingtaine pétillante, Lucie Hodiesne, vient frapper à sa porte pour effectuer un simple stage d’étudiante. Direction Le Mans, avec une mise en garde « Je te préviens, une fois que tu auras mis un doigt dans cet engrenage, tu ne pourras plus t’en passer ! » Jean-Claude parle en connaissance de cause, lui qui compte une trentaine de participations à la course et qui ne raterait pour rien au monde la moindre édition !

Lucie est aussitôt fascinée par cet univers qu’elle ne connaissait pas. Jean-Claude est immédiatement bluffé par les premières photos en noir et blanc que réalise Lucie. Personne n’a jamais photographié la « vie » de la pitlane de cette façon, en restituant tour à tour l’émotion, la tension, la passion et le suspense de la course.

A l’arrivée, un livre atypique et sauvage « Le Mans Pit-lane » tiré à 775 exemplaires et un coffret en série limitée à 200 exemplaires contenant le livre et deux photos originales dédicacées !

Lucie confie « Ce n’est que ma troisième édition des 24 Heures du Mans. Jean-Claude avait raison, c’est désormais un rendez-vous incontournable pour moi ». Et déjà, sur le ton de la confidence, un autre livre en préparation, sur un autre sujet toujours en relation avec l’univers de l’automobile. Vivement !

En attendant, rien d’étonnant à ce que l’on retrouve Jean-Claude et Lucie, deux amis et complices à travers leur passion commune pour la photographie et la course automobile, en dédicace à l’espace officiel de l’ACO au village des 24 Heures du Mans !!

 

 

Jean-Claude Baudier répondait déjà aux questions de « Lire délivre » lors d’un vernissage consacré à l’ouvrage.

 

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « 24 Heures du Mans. 1951-1957 : Le triomphe de Jaguar », de Christian Papazoglakis (dessins) et Denis Bernard (scénario).

Présentation de l’éditeur

24 Heures du Mans, 1957. Suite à un incroyable concours de circonstances, Jaguar obtient sa 5ème victoire au Mans avec quatre de ses fameuses Type D en tête de la course.
Suite à cet exploit, un journaliste s’entretient avec « Lofty » England, directeur technique et sportif de Jaguar, pour revenir sur l’histoire de la marque : de l’abandon du nom SS (peu judicieux au sortir de la Seconde Guerre mondiale) pour Jaguar aux débuts dans la compétition automobile jusqu’aux premières gloires…

 

Christian a répondu à quelques questions, un peu submergé par la foule d’amateurs de BD qui l’assiégeait !

BG : Comment est née cette BD ?

CP : Elle fait partie d’une série qui revisite la légende des 24 Heures du Mans.

BG : De façon chronologique ?

CP : Pas forcément. Les sujets sont tellement variés. On joue sur la nostalgie et le souvenir. Cela peut être un pilote, une marque, une époque donnée. En s’attaquant à Jaguar, on aurait pu penser que le jeune public n’allait pas s’y intéresser. C’est un peu loin, oublié. En fait, on constate que ce n’est pas le cas. Le mythe de Jaguar dépasse les générations.

BG : D’autres projets ?

CP : Oui, le sujet est pratiquement inépuisable et on fait en sorte que les lecteurs ne se lassent pas. Chaque dessinateur a sa propre patte et sa personnalité. Il n’y a pas de consigne d’uniformité, au contraire. On pense même remonter plus loin dans le temps, dans les années avant-guerre. On réfléchit à un triptyque. Le plus compliqué pour l’éditeur, c’est de trouver des dessinateurs disponibles.

BG : Merci, bonne dédicaces !

 

 

Les Livres de 24 Heures du Mans 2018 : « Les pilotes belges aux 24 Heures du Mans », de Lucien Beckers

C’est peu dire que les pilotes Belges ont marqué les 24 Heures du Mans. Lucien Beckers leur rend hommage à travers un beau livre préfacé par Pierre Fillon, le Président de l’Automobile Club de l’Ouest !

 

Les pilotes belges aux 24 Heures du Mans – Edition luxe, Lucien Beckers

Double couverture indépendante, incrustée de deux médailles émaillée de 5cm de diamètre. L’une représente le logo « 101 Belgians » et l’autre le premier logo (1955) de l’Equipe Nationale Belge

Jacky Ickx, Monsieur Le Mans, et l’élégant Olivier Gendebien, cumulent 10 victoires aux « 24 Heures du Mans ». Ils sont tous les deux membres du prestigieux « Hall of Fame de la course ». Ils font partie des 8 pilotes à avoir gagné au moins 4 fois la plus célèbre course d’endurance au monde. C’est une très belle illustration de la passion, de l’abnégation, du talent et de la réussite des pilotes belges au Mans. Au volant des voitures jaunes, couleurs nationales obligent, mais aussi recrutés par les plus grands constructeurs, les « Belges » ont contribué à écrire parmi les plus belles pages du grand roman « 24 Heures du Mans ».

C’est justement à travers ce bel ouvrage, écrit par un passionné Lucien Beckers, inspiré par le parcours de sa sœur Christine, quatre participations aux 24 Heures et lauréate de la Coupe des Dames, que vous pourrez découvrir ou redécouvrir les portraits de tous ces talentueux pilotes. Souhaitons maintenant que la jeune génération, élevée à l’ombre du légendaire circuit de Spa- Francorchamps, par ses prouesses, incite à l’écriture d’un deuxième tome de l’aventure des « Belges au Mans ».

Pierre FILLON Président de l’Automobile Club de l’Ouest

Préfaces de/Voorwoord van Thierry Boutsen & Pierre Fillon (président ACO)
101 pilotes belges
6 artistes : Clovis-Pierre Englebert – Benoît Deliège – Nicolas Cancelier – Yahn Janou – François Bruère.
Anecdotes pilotes.
Les « Autres Belges »
« Et eux, sont-ils Belges? »
Anecdotes des fans
Tableaux complets de tous les résultats des 101 pilotes belges de 1923 à 2017

 

 

11 Juin

Les livres des 24 Heures du Mans 2018… Mickey, ambassadeur des 24 heures du Mans auprès des petits…

Le journal de Mickey aux 24 Heures du Mans pour la cinquième année consécutive !

L’ACO a trouvé un excellent porte parole des 24 Heures du Mans auprès du jeune public de 7 à 14 ans :  Mickey !

Le journal du même nom a réalisé un hors-série tiré à 45.000 ex comportant des jeux, des infos pratiques, comme cette double page intitulée « Au coeur de la course », un portait du jeune pilote Rebellion justement intitulé « Thomas Laurent, le surdoué », ou encore des gags pour apprendre et s’amuser. Le numéro sera distribué sur le circuit pendant l’événement mais aussi dans les écoles du Mans.

Autre façon de faire participer le jeune public : 12 enfants et leurs familles ont été sélectionnés pour participer à l’événement les 16 et 17 juin.
Un Mickey géant (3 m de haut) au volant d’un bolide sur mesure participe à la Parade en ville organisée en ville vendredi 15 juin, au même titre que les pilotes des 24 Heures du Mans 2018 !

L’ACO a multiplié les animations à destination de ses jeunes spectateurs sur le site même, dans l’enceinte du circuit.
Une Kid zone destinée aux 3-12 ans leur est réservée dans la Fan Zone, sous la surveillance des parents.
Au programme : Espace VIP Baby, Espace Kappla, Château gonflable, Remorque Multi-activité, le critérium du jeune conducteur, un stand de maquillage. Cette zone est sous la surveillance des parents. A noter une animation spéciale kids sur la ligne droite des stands, le vendredi 15 juin de 10h à 19h.
Dans la Zone expérience, un espace « loisirs » permettra aux plus de 12 ans de découvrir le monde de l’automobile comme si on y était avec des simulateurs de course, un Pit Stop en réalité virtuelle, des casques oculus ou encore un batak challenge.

Les enfants ont bien d’autres occasions d’approcher leurs idoles, comme à lors des dédicaces dans la pit-lane, le mardi. Ou lors de la fameuse parade des pilotes ! Ces petites filles se précipitent pour se faire dédicacer leur T-Shirt !!

Et plus loin, elles/ils pourront découvrir des voitures… à leur taille !

 

 

 

 

 

Les livres des 24 Heures du Mans 2018 : « Les 24 Heures du Mans, 150 aquarelles de Yahn Janou »

« Les 24 heures du Mans – 150 aquarelles de Yahn Janou« , Glénat, le 30 mai 2018

Textes de Frédéric Bourrigaud et de Bruno David.

Présentation de l’éditeur

Depuis 1923, chaque année durant 24 heures, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, pilotes et équipes s’affrontent. Qu’il s’agisse de professionnels ou d’amateurs, au volant de voitures de différentes catégories, tous ont pour défi de parcourir le maximum de kilomètres en 24 heures. L’artiste Yahn Janou nous fait découvrir l’histoire de la course à travers ses aquarelles.
Plus que la ligne des voitures de course, c’est avant tout la compétition que l’artiste exprime : dépassements, ravitaillements, courbes, dans toutes ces scènes, son travail respire la tension de la course. Ses toiles colorées traduisent puissance et énergie, dans un style libre et précis et plongent le spectateur dans un monde coloré, en action. Ses aquarelles représentent les 85 voitures victorieuses et les pilotes vainqueurs, dont Tom Kristensen, Jacky Ickx, Derek Bell, Yannick Dalmas, Henri Pescarolo, Olivier Gendebien, Woolf Barnato, Luigi Chinetti, Phil Hill ou encore Graham Hill.
On retrouve également dans ses peintures les spécificités du circuit, avec son départ en épi ou la passerelle Dunlop, mais aussi des portraits de personnalités qui ont marqué l’histoire des 24 Heures, comme Charles Ernest Faroux, créateur de la course avec Georges Durand, John Wyer, directeur de l’écurie Gulf, ou Jean Rondeau, Manceau et vainqueur de l’épreuve sur sa création. L’artiste nous fait également redécouvrir les huit grandes marques qui ont inscrit leur domination au fil des décennies : Bentley, Alfa Romeo, Jaguar, Ferrari, Ford, Porsche et Audi.
Ce superbe carnet d’aquarelles rend hommage à cette course incontournable.

 

 

 

04 Juin

L’esprit de Lewis – Tome 1 de Santini et Richerand

Présentation de l’éditeur :

Lewis Pharamond est un jeune écrivain en plein deuil. Bouleversé par la mort récente de sa mère, il traverse l’Angleterre pour s’installer à Childwickbury, le manoir de son enfance où il espère pouvoir écrire son premier roman d’inspiration gothique. Mais hanté par le chagrin, il n’arrive pas à écrire une ligne… Bientôt, des phénomènes étranges se produisent… et une nuit, la responsable de ces événements apparaît. Elle se nomme Sarah, fantôme dune Française à la beauté remarquable. Au fil des jours, Lewis et Sarah apprennent à se connaître, et en échange d’une promesse d’amour éternel, le fantôme offre au jeune homme le don de l’écriture. Un acte qui ne sera pas sans conséquences pour Lewis…

Notre avis :

Cette BD est le premier tome d’une histoire en deux parties avec pour personnage principal Lewis Pharamond, jeune écrivain en plein deuil.

Avant de parler du contenu, parlons de cette couverture ! Elle est absolument sublime. Le dessin est superbement mit en valeur avec ces reflets dorés.

Cette BD aborde le thème du deuil et du syndrome de la page blanche d’une manière plutôt étrange à travers un trait de crayon qui ne laisse pas indifférent. Cette histoire est à la fois terrifiante et fascinante. Elle n’a rien de joyeuse et le dessin est bien là pour nous le rappeler.

Le personnage principal, Lewis, est des plus torturés qui soit. Il vit très mal son deuil et le faite de ne pas trouver l’inspiration. Sa rencontre avec Sarah va complètement le transformer pour le meilleur et peut être pour le pire.

L’histoire peut paraître assez folle par moment. Les hallucinations de Lewis sont très spectaculaires. Il y a une double page en particulier qui m’a fasciné de par la richesse du dessin. On plonge totalement dans l’univers de cette histoire.

Dès qu’il rencontre Sarah, l’histoire devient plus intéressante et change complément de rythme. Le personnage de Lewis se transforme complètement d’un extrême à l’autre y compris dans sa relation avec Sarah.

J’ai beaucoup aimé le respect à travers le dessin de cette époque victorienne avec un décor très riche et sophistiqué en même temps. La force de cette BD réside dans le dessin. J’ai eu l’impression de plonger un peu dans l’univers de Tim Burton par moment. Cette BD m’a fait aussi pensé au film « La dame en noir » de James Watkins à cause de cette ambiance très sombre et gothique.

Le second tome permettra sûrement d’approfondir un peu plus la relation entre Sarah et Lewis qui nous réserve encore de sombres surprises. De nombreuses questions restent en suspens à la fin de ce premier acte.

Editions : Soleil, Collection Métamorphose – Date de parution : 18 Octobre 2017 – 72 pages

© Amandine Gazeau

03 Juin

Un Jardin de sable de Earl Thompson

Présentation de l’éditeur :

Un Jardin de sable est le cri de rage des laissés-pour-compte et des âmes médiocres à qui on ne tend jamais la main, mais qu’Earl Thompson [1931-1978] embrasse dans la brume du sordide et de l’impur. Jacky, né au Kansas à l’aube de la grande dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d’un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fonds de l’humanité pour se libérer de son destin et remonter à la surface. Un Jardin de sable est une oeuvre puissante et sombre, traversée de violences et de transgressions. Une histoire peuplée d’êtres acariâtres, de gamins aux mentons croûtés, de truands, de vagabonds, de prostituées, de macs et de brutes les ongles y sont sales, la peau, couverte de bleus, et les draps comme les âmes sont souillés au-delà de toute rédemption. Pourtant c’en est beau de douleur et de foi en l’avenir. C’est Steinbeck et Zola. C’est Bukowski et Fante. C’est de la dynamite et de la poésie. C’est la vie. Brutale, nauséabonde, fragile et magnifique.

Notre avis :

« Jacky, né au Kansas à l’aube de la Grande Dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d’un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fonds de l’humanité pour se libérer de son destin et remonter à la surface ».

Les romans et les auteurs américains publiés pendant la Grande Dépression des années 3O et un peu au-delà, exercent une étrange fascination chez moi. Comment pourrait-il en être autrement quand cette « génération perdue » a donné naissance à des Steinbeck, Fitzgerald, Hemingway, Dos Passos ou Nabokov. C’est aussi le terreau fertile du roman noir américain que j’affectionne particulièrement

Mais revenons à notre auteur. Earl Thompson a publié 4 romans (dont le dernier à titre posthume). « Un jardin de sable », sa première œuvre parue en 1970, a réussi la prouesse d’être nominée pour le National Book Award.

J’ai découvert ce livre vraiment par hasard. La superbe couverture des Editions Toussaint Louverture a d’abord accroché mon regard puis, juste en-dessous, comme pour faire office de bandeau rouge « Préface de Donald Ray Pollock ».

Ni une, ni deux, je me suis dit « celui-là, il me le faut ! ».

Je porte toujours une attention particulière aux préfaces et comme Donald Ray Pollock est ma plus belle découverte littéraire depuis quelques années, un bouquin qui se paye le luxe d’avoir son préambule se doit obligatoirement d’atterrir entre mes mains. Je ramène donc le bel objet chez moi et commence ma lecture.

831 pages et quelques nuits blanches plus loin, je referme le roman. Sonnée.

Par où commencer ?

D’abord, âme sensible s’abstenir (mais ce serait fort dommage). Ce n’est pas une bluette et si vous pensez lire un de ces romans dont on ne se souvient plus du titre à peine terminé, vous allez être déçu.

Cette prose prend aux tripes et ne vous lâche pas.

Non, pas d’hémoglobine, rien de gore, juste une vérité brute et nue qu’on prend en pleine gueule et c’est très déstabilisant.

Bien que le thème du bouquin soit la construction, les errances psychologiques d’un jeune gars et la structuration de ses obsessions sexuelles autour d’un complexe d’Œdipe des plus délirant, ce roman charrie bien d’autres turpitudes et allégories, toutes plus fortes les unes que les autres.

C’est une sorte de récit initiatique, qui plaque des images impitoyables sur vos rétines, un feu inextinguible dans votre cœur et vous laisse un peu désemparé.

L’histoire est semi-autobiographique, ce qui est suffisant pour donner une force incroyable au récit, qui de toute façon n’en n’avait pas besoin tant l’écriture est puissante et les descriptions violentes. Les personnages sont abîmés, brisés, malmenés par la vie et l’époque dans laquelle ils évoluent.

La ténacité du héros, ce mélange de candeur et de roublardise, force à la fois le dégoût et l’admiration. La faiblesse et l’inconséquence de la mère révolte et fait pitié. L’inceste est sans doute un des sujets les plus difficiles à aborder et le mélange des rôles, entre la victime et le séducteur, rend les choses très inconfortables pour le lecteur. On oscille entre la révolte et une certaine compassion et ce qu’il reste au final, c’est la nausée.

Le plus difficile c’est qu’il n’y a rien à quoi se raccrocher. Tout est sale et misérable. Les mentalités, sans vouloir jouer les prudes, font dresser les cheveux sur la tête. La mère et le fils sont victimes de cette époque brutale pleine de bruit et de fureur et les autres personnages sont à l’avenant.

Il y a pourtant une énergie et quelque chose d’inéluctable dans ce roman, une volonté de vie qui balaye tout sur son passage et, tour de force incontestable, on s’attache à tout ce monde.

Tout est à retenir dans ce livre. L’histoire, le style, c’est un extraordinaire moment de littérature. Je ne sais pas pourquoi cet écrivain n’est pas plus connu de ce côté-ci de l’Atlantique parce que véritablement, c’est énorme ! Tout à la fois poétique, brutal, désespéré et désespérant.

Faites-vous un cadeau, laissez-vous embarquer dans le sillage de cette famille à la dérive pendant la période glauque de la Grande dépression. Vous passerez par toutes les sensations, pas forcément les plus agréables, et, sans doute comme moi, vous refermerez ce roman en ayant la sensation d’avoir été malmené mais d’en sortir plus riche d’humanité.

Une véritable pépite.

Editions : Monsieur Toussaint Louverture. Paru en janvier 2018.

© Mireille Eyermann