12 Juin

24 Heures du Mans chrono, Elodie Font (texte) et Jean-Jacques Dzialowski

Présentation de l’éditeur

Depuis 1923, des bolides surpuissants fendent l’air du Mans pendant 24h d affilé. A quoi pense un pilote au milieu de la nuit ? Que font-ils quand ils ont passé le relais à leurs coéquipiers ? Comment les mécaniciens restent concentrés ? Qui sont ceux qui font battre le cœur des 24h, côté public et côté organisateurs ? Au cœur de la course, au plus près des pilotes, une BD-enquête de la journaliste Elodie Font, sous le crayon de Jean-Jacques Dzialowski.

 

Biographie des auteurs

Elodie Font, 31 ans, journaliste passée par l ESJ Lille. Un micro en main, de feu Le Mouv à la radio Nova, de BoxSons à Arte Radio : portraits bienveillants, documentaires, longues interview au goût de cafés et matinales aux yeux cernés. Prix Scam découverte en 2016 pour « Lettres à Elodie ». Vous avez entre les mains sa première bande dessinée. JEAN-JACQUES DZIALOWSKI est un illustrateur français et un dessinateur de bandes dessinées et de comics. Il a travaillé en France pour Semic et Bamboo ; aux États-Unis pour Marvel, DC Comics et Boom ! Studios.

 

Notre avis

Jungle présente cet album comme étant « La BD officielle des 24 Heures du Mans qui auront lieu le 15 juin ! »

Difficile de coller plus près à l’actualité.

Dès les premières pages, la journaliste Elodie Fontelle invite le lecteur : « … venez avec moi, je vous invite dans les coulisses des 24 Heures du Mans. »

Elle pose des questions apparemment simples… aux réponses bien plus complexes qu’il n’y paraît !

Les chiffres et les informations nous éclairent sur l’énorme machinerie qui permet à l’épreuve mythique de se dérouler dans les meilleures conditions possibles. On découvre ainsi le rôle crucial des 1600 commissaires de piste, la signification des différents drapeaux agités en couse, la fonction précise des différents dirigeants, etc.

Heure par heure, on découvre les activités des protagonistes, pilotes, mécaniciens, mais aussi public (entre nuit blanche et concerts de rock) et médias accrédités… des chiffres vertigineux à la démesure de l’événement.

A l’arrivée, un ouvrage de vulgarisation passionnant et très complet qui mérite bien son statut de « BD officielle des 24 Heures du Mans » !

Le dessinateur Jean-Jacques Dzialowski en dédicace aux 24 Heures du Mans 2019 !

© Bob  Garcia

 

 

05 Juin

Le Mans, les voitures françaises dans la course

Présentation de l’éditeur

Panhard, Delage, Delahaye… Ces noms font rêver les amateurs de courses automobiles quand, en 1949, renaissent les 24 heures du Mans. 

Venus de France, d’Angleterre, d’Italie, les bolides retrouvent leur place sur la ligne de départ. Les Français n’entendent pas rester en dehors de la fête. Année après année, ils défient les autres nations, malgré la rigueur de ces temps de rationnement et de reconstruction.

Pilotes, ingénieurs, mécaniciens, patrons d’écuries font preuve d’une imagination sans limite pour lancer des voitures de plus en plus rapides, agiles, aérodynamiques.

Aux Bugatti, Talbot, Gordini, succèdent les DB, Renault, Rondeau, Matra, Alpine, Peugeot, et encore Renault…

C’est cette saga tricolore, faite d’inspiration, de talents, de volonté et souvent de débrouille, que conte le hors-série édité par Ouest France et Le Maine Libre.

Au total, plus de cent photos rares, dont beaucoup sont issues de l’exceptionnelle « collection Béroul » constituée par une dynastie de photographes manceaux partageant les gènes d’une même passion pour la mythique course.

« Le Mans – Les voitures françaises dans la course ». Photos rares de 1949 à 2009. Cent pages. En vente 6,90 € chez les marchands de journaux.

© Maine Libre  

Les 24 Heures du Mans – 1923-1930 : Les Bentley Boys, de Denis Bernard (auteur) et Christian Papazoglakis (dessins)

Présentation de l’éditeur (Glénat) :

La naissance d’une légende

L’histoire des 24 heures du Mans début le 26 mai 1923 à 16 heures. Cette toute nouvelle épreuve est créée par l’Automobile Club de l’Ouest quatre ans après la fin de la Grande Guerre. Si celle-ci reste encore confidentielle, elle attire des compétiteurs étrangers, comme l’Anglais Bentley. Pour cette première édition, il ne finira que quatrième, mais totalement séduit par l’exercice. Les années suivantes, les « Bentley Boys » – groupe de gentlemen drivers fortunés – reviendront pour écrire le mythe de la compétition en même temps que l’histoire du sport automobile.

Ce nouvel épisode des 24 Heures du Mans en BD vous replonge aux sources de la célèbre course d’endurance !

Notre avis :

Denis Bernard et Christian Papazoglakis signent une BD en forme d’hommage au moment même où la prestigieuse marque d’automobile célèbre ses 100 ans d’existence.

L’occasion de (re)découvrir à travers l’histoire de l’écurie Bentley les premières éditions de la mythique course des 24 Heures du Mans. La BD fourmille d’anecdotes passionnantes et originales qui devraient passionner autant les amateurs de belles histoires que de belles voitures. 

Encore une réussite pour les éditions Génat et les deux auteurs aussi passionnants que passionnés !

Christian Papazoglakis en dédicace aux 24 Heures du Mans 2019…

 

© Bob Garcia

Le Journal de Mickey aux 24 Heures du Mans !

Les 24 Heures du Mans passionnent les parents comme les enfants.

Le journal de Mickey n’oublie pas ces derniers et leur a concocté un numéro spécial plein d’informations vulgarisées (où les plus grands pourront aussi apprendre bon nombre de choses).

L’occasion en particulier de (re)découvrir LA course mythique et de regarder dans le rétroviseur avec sept bolides de légende, de la Bentley Speed Six de 1929 (histoire de rendre hommage aux 100 ans de la mythique marque) à la Peugeot 905 de 1993, en passant par quelques incontournables Ferrari, Ford, Aston Martin, Porsche et autre Alpine-Renault…

Mais Mickey est aussi fasciné par l’avenir… « C’est fou ! » La voiture à hydrogène sera bientôt dans la course, dès 2024. C’est l’objectif de MissionH24. Mickey se pose les bonnes questions : « Une voiture à hydrogène, c’est quoi ? », « Comment ça marche ? », et même… « Mes parents peuvent-ils en acheter une ? »

Plus ludique, on peut jouer au jeu des 7 différences avec les vainqueurs des 24 Heures du Mans 2018, Sébastien Buemi, Fernando Alonso et Kazuki Nakajima…

Le magazine contient encore plein d’informations et anecdotes, et il est téléchargeable ici !

Bonne lecture, les petits et les grands…

Mais les 24 Heures du Mans prévoient toujours des activités pour les enfants.

En 2019, les enfants ont ainsi pu se familiariser avec les règles de bonne conduite automobile SUR le circuit des 24 Heures, à bord de voiturettes électriques. Les participants (classes de 5ème et 6ème) ont même reçu un « permis de conduire » à l’issue de cette expérience qui restera assurément gravée dans leur mémoire !

  

Plus tard, lors de la mythique parade des pilotes, dans la ville du Mans, les plus petits n’étaient pas oubliés non plus. Encore un moment inoubliable, et peut-être l’occasion de faire naître quelques vocations…

© Bob Garcia

 

 

 

 

Le Livre des 100 ans de Bentley… à 230.000 € l’exemplaire !

La prestigieuse marque automobile fête ses 100 ans et tient à marquer le coup (ainsi que le portefeuille des acquéreurs de cet « opus » de luxe).

Ce livre réalisé par l’éditeur Opus, spécialisé dans les éditions de luxe, est à la démesure de la marque. Il pèse 30 kilos et mesure près d’un mètre une fois ouvert. Dans sa version la plus luxueuse, il est incrusté de diamants ! Il coûte 200.000 livres l’unité, soit près de 230.000 euros !!

Il est proposé en trois versions en édition ultra limitée : la « Mulliner » (100 ex à 16.000 $), la « Centenary »(500 ex à 3.200 $) et la « 100 Carats ».

Dans son coffret intérieur, La « Mulliner », contient un petit bout de gomme Michelin prélevé sur le pneu avant gauche de la Speed 8 victorieuse des 24 Heures du Mans en 2013 !

Quant à la « 100 Carats », seuls 7 seront édités (un pour chaque continent), la plus exclusive sertie de 100 carats de diamants incrustés et son logo en or blanc ou en platine.

Ecrit par le patron actuel de la marque, Adrian Hallmark, le livre retrace en 800 pages les hauts faits de la marque depuis les années 20. Il s’ouvre sur une préface du créateur de mode américain, et collectionneur d’automobiles, Ralph Lauren. et se termine par un chapitre chapitre dédié à l’avenir de la marque.

Crédits photos ©Bentley

L’ACO célébrait aussi l’événement de fort belle manière en exposant une collection historique de Bentley SUR le circuit des 24 Heures du Mans (entre la sortie des stands et le Dunlop) accessible au public toute la journée du vendredi précédant la course.

Retour en images…

Crédits photos ©Bob Garcia

01 Juin

« BMW Art Cars » : le livre d’Antonia Niederlander et l’exposition « BMW L’Art et la victoire »

BMW sort en octobre 2018 en collaboration avec l’éditeur allemand Hatje Cantz un beau livre intitulé « BMW Art Cars » signé Antonia Niederlander et consacré à l’histoire des Art Cars, voitures dont les livrées ont été réalisées par des peintres célèbres.

En 200 pages et 148 illustrations, le lecteur découvre l’histoire de cette collection automobile de prestige, créée par les plus grand artistes d’art contemporain : Franck Stella (1976), Roy Lichtenstein (1977), Andy Warhol (1979), David Hockney (1995) ou plus récemment Jeff Koons (2010).

Dix-sept artistes se sont prêtés au jeu des « Art Cars » sur des modèles allant de la BMW 3.0 l CSL à la BMW M3 GT2, en passant par la BMW 850 CSI et la V12 LMR.

Alors même que se déroule la journée test de la 87ème édition des 24 Heures du Mans, le musée des 24 Heures du Mans propose une exposition intitulée « BMW L’Art et la Victoire » dédiée à ses victoires et à ses Art Cars.

« Lire délivre » a visité l’exposition pour vous. Retour en images sur quelques « sculptures roulantes »…

Allez au Musée des 24 Heures du Mans pour découvrir cette formidable exposition temporaire, jusqu’au 6 octobre 2019 ! Vous n’êtes pas au bout de vos surprises !!

Mais les 24 Heures du Mans 2019 nous prouvent que la tradition des Art Cars est bien vivante. Rebellion Racing a créé l’événement en créant la première Art Car LMP1. Les R13 n°1 et n°3 ont revêtu deux livrées différentes réalisées par RocketByz avec l’artiste Tomyboy !

Avec le génial Tomyboy à l’hospitalité Rebellion lors des 24 Heures du Mans 2019…

 

© Bob Garcia

 

 

31 Mai

Histoires incroyables des 24 Heures du Mans, par Olivier Petit

Présentation de l’éditeur

Revivez l’histoire de cette course mythique, la plus célèbre du monde, en vous laissant emporter par 24 histoires incroyables racontées en bandes dessinées et complétées de documentaires fourmillant d’anecdotes !

Bien plus qu’une simple course, cette compétition n’a de cesse d’être un véritable laboratoire d’essais pour le monde automobile.

Du revêtement des surfaces aux progrès mécaniques en passant par les records, les inventions, les coups d’éclat, les joies et les peines, vous allez découvrir au fil des pages les histoires incroyables qui ont inscrit les 24 Heures du Mans dans la légende du sport.

Un Docu-BD exceptionnel qui plaira autant aux incollables de l’épreuve qu’aux novices !

Notre avis :

Tout semble avoir été dit sur les 24 Heures du Mans, et pourtant…

Olivier Petit a eu l’idée de prendre le sujet par le petit bout de la lorgnette, mariant intelligemment documents d’époque, témoignages et bande dessinée.

A l’instar des écuries de course d’endurance, Olivier Petit a réuni une incroyable équipe : un scénariste (Emmanuel Marie), 22 dessinateurs !, 3 coloristes, 9 photographes, et encore de précieux talents pour la conception de la couverture, la maquette, la fabrication… Le tout sur des textes documentaires d’Olivier Petit, Pauline Veschambes, Karine Parquet et Daniel Pecqueur.

A l’arrivé, un livre de plus de 150 pages bourré d’informations et d’anecdote, dont le sommaire se présente sous la forme d’une liste de 24 questions variées, mêlant histoire et technique, telles que : « Qui créa les 24 heures du Mans ? », « D’où vient la ligne droite des Hunaudières ? », « Que se passa-t-il pendant la guerre ? », « Qu’est-ce que les Art Cars ? », « A quoi sert le pesage ? » ou encore, de façon plus pragmatique « Où dormir pendant les 24 Heures ? ». Sans oublier le futur : « Qui va inventer le moteur de demain ? »

Ces sujets abondamment documentés sont complétés par « Le palmarès des 24 Heures du Mans », de 1923 à 2018.

Un ouvrage ambitieux qui tient toutes ses promesses, passionnant de la première à la dernière page, mêlant fiction et réalité. Une vraie réussite !

En prime… l’excellent dessinateur Thierry Jollet (auteur de la bande dessinée sur Mazda (p. 117-119) en dédicace au Village des 24 Heures du Mans, au son des bolides !

Pour aller plus loin, découvrez l’excellente interview d’Olivier Petit réalisée par  le vendredi 31 mai 2019 et publiée sur le site franceracing.fr

© Bob Garcia

 

 

21 Mai

Buck Danny T56 « Vostok ne répond plus » Scénario : Frédéric Zumbiehl Dessins : Gil Formosa

Buck Danny ne répond plus ?

La dernière planche de « Vostok ne répond plus », dernier tome en date de la série régulière, nous montre un Buck Danny en plein doute. Une véritable rupture dans la saga d’un personnage qu’on avait toujours connu en héros pur et dur, ballotté ici entre thriller bactériologique… et intrigue sentimentale.

Dans « Les Fantômes du Soleil Levant » et « L’Ile du Diable », la série parallèle Buck Danny Classic a certes remis à l’honneur les deux premières figures féminines de la saga dessinée du pilote américain rencontrées pendant la Guerre du Pacifique, à savoir Susan Holmes, la première alliée, et Miss Lee, la première ennemie.

Mais l’adversaire récurrente de Buck Danny reste bel et bien Jane Hamilton, alias Lady X. Une longue relation « d’amour et de haine, mais qui ne regarde que moi », disait-elle dans l’album « Mission Apocalypse » en 1983.

Mais si Buck Danny ignore encore que sa meilleure ennemie est à l’œuvre, son coeur chavire à la rencontre de la virologue Natalya Shemyova, notamment au fil d’une conversation intime sur fond d’aurore boréale. Mais à la fin de cette première partie, le pronostic vital de la belle Russe est engagé.

Ainsi, imaginons pour « Vostok ne répond plus » les questions traditionnelles de fin de chapitre chères à Jean-Michel Charlier, feu le scénariste historique de la série : Natalya survivra-t-elle ? Le monde échappera-t-il à l’effroyable menace bactériologique ?… Et surtout, pense-t-on en refermant cet album, comment réagira Buck Danny en fonction de l’évolution de l’état de santé de Natalya Shemyova ? Nous le saurons donc dans le prochain album, intitulé « Opération Vektor ».

En attendant, le troisième diptyque de Buck Danny Classic, entamé au printemps 2018 avec « Opération Rideau de Fer », connaîtra sa conclusion le 7 juin prochain, avec la sortie de « Alerte Rouge ».

©Jean-Philippe Doret

 

Buck Danny T56 « Vostok ne répond plus »

Scénario : Frédéric Zumbiehl

Dessins : Gil Formosa

48 pages

Editions Dupuis 

23 Avr

Dans la brume écarlate, Nicolas Lebel

Présentation de l’éditeur

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

 

Notre avis

Pour ce nouvel opus des enquêtes du désormais mythique Mehrlicht, Nicolas Lebel place son intrigue dans un Paris englouti sous le brouillard. Le titre, qui évoque « Dans la brume électrique » de James Lee Burke, ou le roman de Margaret Atwwood « La Servante écarlate » annonce la « couleur ».

L’ambiance fantomatique et crépusculaire évoque les romans gothiques de Mary Shelley ou de Bram Stoker, à qui l’auteur rend d’ailleurs hommage en fin de livre et qu’il cite dans le fil du récit (p. 166).

Le lecteur ne sera donc pas surpris de croiser un vampire, de visiter un château ou encore quelques caveaux de cimetières. L’écriture est sophistiquée, parfois même un brin surannée, lugubre et poétique. Ambiance oblige (p. 194) : «  Le soleil blanc disparaissait déjà derrière les hauteurs dentelées, imprimant des ombres granitiques de stèles et de croix contre le ciel d’argent. Les arbres décharnés lançaient contre la nue leurs branches noires, aiguës comme des griffes, dans le vain espoir d’agripper les derniers feux du jour. Le brouillard s’était légèrement désépaissi et de nouvelles formes et contours lui échappaient par instants. Des traînées de brumes flottaient alentour, dans le silence de la nécropole, comme des fantômes assoupis. »

Le récit ne connaît aucun temps mort. Le tempo s’accélère dans les cent dernières pages et on se laisse prendre au jeu de cette traque impliquant de nombreux personnages qui se courent les uns après les autres avec des motivations bien différentes.

Rien de drôle donc dans cette traque au serial killer qui pourrait se passer dans le smog londonien, si ce n’est l’humour corrosif et le sens de la répartie de Nicolas Lebel.

Morceaux choisis :

« Mais je souffre de phobie administrative ©1 ! J’ai besoin d’aide ! »

Une note de bas de page précise « 1. L’ancien secrétaire d’Etat François Thévenoud, condamné pour fraude fiscale, a depuis déposé cette marque »

Ou encore, cette tirade du spécialiste des autopsies (p. 348) : « Si tous les flics de France tombaient sur autant de cadavres que vous, le pays serait désert en moins de deux ans ! Remarquez, je me plains, mais à ce rythme-là, je pourrais aussi bien ouvrir ma boîte, ma start-up ! Ma startopsie ! Startopsie, le numéro de l’autopsie ! Vue à la télé ! Offre de lancement : deux autopsies achetées, une autopsie offerte ! Parce que vos proches ont droit à une autopsie de qualité ! »

Mais les romans de Nicolas Lebel sont aussi une occasion pour l’auteur de dénoncer les inégalités et les dysfonctionnements de la société. On y croise des femmes battues qui veulent encore croire à la sincérité et au repentir de leurs bourreaux de maris, et qui refusent de porter plainte malgré les coups. On y voit aussi des CRS-SS qui tapent sur tout ce qui bouge et de malheureux migrants chassés de campements de fortune en campements de fortune, ingénieurs dans leur pays et clochards en France. L’auteur fustige ceux qui estiment que « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », une phrase qui a rendu célèbre Michel Rocard, champion autoproclamé du socialisme (sans doute aurait-il fallu mentionner le copyright). Mais ceci est une autre histoire…

A l’arrivée, un page-turner réussi, captivant, extrêmement bien renseigné sur le plan procédural, truffé de références littéraires judicieuses, et qui met en scène des personnages de flics attachants malgré leurs travers.

© Bob Garcia