22 Déc

« La Cité du Vin », l’ouvrage sur ce lieu de cultures à se procurer pour Noël

« La Cité du Vin, un monde de cultures », c’est le livre co-signé par Jean-Paul Vigneaud, Guillaume Bonnaud et Philippe Caumes, qui retrace l’épopée des travaux mais aussi la réussite de ce lieu devenu emblème de Bordeaux. Un joli livre, sélectionné par Côté Châteaux, à offrir pour les fêtes, avec de sublimes photos.

La couverture de "la Cité du Vin, un monde de cultures" aux éditions Sud-Ouest © JPS

La couverture de « la Cité du Vin, un monde de cultures » aux éditions Sud-Ouest © JPS

Depuis l’inauguration du 31 mai dernier par le Président de la République, depuis son ouverture le lendemain au public, la Cité du Vin vit une existence paisible en bord de Garonne, au rythme des oenotouristes du monde entier, de France, de Nouvelle-Aquitaine et de Bordeaux qui viennent la contempler… Et alors que la Cité fêtait son 200000e visiteur le 2 novembre dernier, paraissait ce bel ouvrage qui aujourd’hui va ravir ceux qui l’auront mis au pied du sapin.

Pour tous ceux qui l’ont déjà visité et pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Côté Châteaux vous met l’eau à la bouche (en attendant celle des huîtres) et vous dévoile quelques extraits ainsi que l’interview exclusive de ses deux amis photographes…l

Cité du ViN 1759Dans la préface, Alain Juppé revient sur l’idée forte qui a présidé à la genèse de ce projet : « un tel équipement emblématique fit longtemps défaut dans une ville qui doit au vin une grande part de son renom et de sa richesse depuis des siècles. »

« La Cité du Vin, cette Cité Phare, attire par sa forme légère, douce et imposante. Cet édifice, on le doit à l’agence X-TU et ses architectes visionnaires. Pour connaître les secrets de la forme originale Jean-Paul Vigneaud dresse le portrait d’Anouk Legendre et de Nicolas Desmazières et les interviewe pour mieux cerner leur vision tout en « rondeurs et sans couture »

Les auteurs et notamment la beauté des photos retracent toutes les étapes de la construction avec ces 304 pieux nécessaires pour la stabilité de l’édifice et les normes antisismiques, les 9000 m3 de béton coulés, sans oublier cette magistrale charpente digne d’une cathédrale, des images fortes prises de 2013 à l’été 2016, en amont de la pose de la première pierre et bien après l’ouverture de la Cité du Vin.

Cité du ViN 1763Philippe Caumes, photographe d’architecture, l’a abordé véritablement comme « un objet architectural pur et propre », il l’a suivi durant ces trois années sous tous les angles et notamment depuis les airs en hélicoptère à de multiples reprises.

La pose du bois de la charpente a été un moment privilégié  « ce sont des moments, très intéressants que les visiteurs aujourd’hui ne peuvent plus voir » , aujourd’hui « on est dans l’antre d’une baleine », Philippe Caumes.

Pour Guillaume Bonnaud, photographe à Sud-Ouest : « tout d’abord je trouve le livre magnifique surtout par sa maquette rythmée , après pour ma part habitant juste à côté, j’ai pu l’avoir sous toutes les couleurs car depuis ma fenêtre.

Dès que j’apercevais de belles lumières, tant en hiver et qu’en été, du petit matin au coucher du soleil , j’y courais. Tous les jours, elle a une couleur différente, j’ai réussi à capter des couleurs rouges en courant car je savais que ça n’allait pas durer », Guillaume Bonnaud

« Apres j’ai commencé a la shooter du terrain vague a l’inauguration , ce qui fut sympa c’est de suivre les différentes étapes et de voir l’excitation des différents intervenant et notamment des dirigeants … »

Cité du ViN 1761Et Guillaume Bonnaud de compléter: « ce fut un intéressant chantier, d’autant plus avec l’évolution des matières, des couleurs, du rendu, et ce noir quand on rentre à l’intérieur. L’utilisation des différents matériaux, le bois, le métal, tous ces arrondis en font quelque chose de superbe. »

Ces deux regards ont été bénéfiques pour cet ouvrage, « on s’est bien complété » reconnaît Guillaume Bonnaud. Philippe Caumes a lui aussi réalisé plusieurs milliers de clichés et avoue « j’ai pioché un peu dans mon stock d’images » pour la réalisation de ce livre. Ce qui l’a le plus marqué, c’est très certainement la période à l’automne 2015 : « ce qui était particulièrement remarquable, c’est toute la pose de la vêture, notamment en décembre, dans le froid et de nuit, j’ai pas mal apprécié, ça ressemblait beaucoup à mes montagnes pyrénéennes », faisant référence à ce travail mené par des alpinistes du bâtiment de Coveris et d’Adrénaline 33.

« La Cité du Vin, un monde de cultures » par Jean-Paul Vigneaud, Guillaume Bonnaud et Philippe Caumes aux éditions Sud-Ouest – 24,90 €

Côté Châteaux a suivi également ce chantier durant 3 ans et vous invite à redécouvrir ses reportages et magazines sous la rubrique « La Cité du Vin »

17 Nov

Comment conserver ses vins : armoire à vins réfrigérée ou cave à vins enterrée ?

Une idée de cadeau (de beau cadeau) pour Noël ? Une cave enterrée ou une armoire réfrigérée pour conserver ses vins. Certes, c’est un investissement, c’est utile, mais c’est aussi parfois un vrai plaisir des yeux.

Daniel Mazeiraud s'est fait construire une très belle cave © JPS

Daniel Mazeiraud s’est fait construire une très belle cave © JPS

Comme par magie, c’est une nouvelle pièce qui s’ouvre… Daniel Mazeiraud, un Girondin, en rêvait, il a fait construire dans son salon cette cave enterrée, avec une température qui ne bouge pas trop tout au long de l’année entre 15 et 17°C et 80% d’hygrométrie naturelle.

Pour Daniel Mazeiraud : « C’est un rêve d’une quinzaine d’années environ ». Ce Girondin qui a franchi le cap et a décidé de se faire plaisir en construisant sa cave à vins enterrée. « Nous connaissions le procédé, mais quand nous avions réhabilité notre maison, avec mon épouse nous n’avions pas les moyens de le faire et c’est vrai que cette année, on a sauté le pas. C’est désormais un grand plaisir d’avoir une cave et d’avoir nos bouteilles à portée de la main. »

Caves 146Il a décidé de se faire construire au beau milieu de son salon une cave ronde de 2 mètres de diamètre, 2 m 25 de profondeur : « on n’a pas forcément de beaux millésimes mais on sait qu’on peut les conserver dans des conditions optimales, avec une température qui reste constante entre 15 et 17° (tout au long de l’année), avec une hygrométrie naturelle de 80 % ».

Elodie Boulan, le gérante de Cavélite, qui propose ces caves enterrées © Jean-Pierre Stahl

Elodie Boulan, le gérante de Cavélite, qui propose ces caves enterrées © Jean-Pierre Stahl

Mais sa cave élaborée par Hélicave est aussi de toute beauté avec un plafond vitré et un verre sécurit de 28 millimètres d’épaisseur, un cadre tout en ixox et un moteur électrique encastré qui permet à la vitre de s’ouvrir en demie-lune. C’est véritablement un élément décoratif, Daniel Mazeiraud a d’ailleurs fait la surprise à ses amis, en leur dévoilant un soir son petit bijou, en l’allumant. Effet « whaou » assuré !

Une armoire made in France par Eurocave à placer dans un cellier, une cave pour la conservation optimale © JPS

Une armoire made in France par Eurocave à placer dans un cellier, une cave pour la conservation optimale © JPS

L’option la plus courante ou classique est l’armoire à vins réfrigérée. Il en existe à tous les prix et de toutes les qualités possibles. Comptez entre 200 et  5000 euros de budget. 150 euros pour les plus petites caves de service en supermarché, dans les 500-600 euros en caves de conservation plus importantes…  et puis il y a le créneau du made in France avec Eurocave et de la qualité.

Un système de rangement unique avec pour chaque modèle de bouteille une "main du sommelier" spécifique © JPS

Un système de rangement unique avec pour chaque modèle de bouteille une « main du sommelier » spécifique © JPS

Présent à Bordeaux depuis 40 ans, ce fabriquant propose toute une gamme depuis la cave 40-50 bouteilles à encastrer dans une cuisine, jusqu’aux caves plus importantes de 100-150 bouteilles et 200-250 bouteilles. Des caves qui peuvent être totalement opaques pour être installées dans un garage, dans une cave, un cellier, ou vitrées pour garnir un salon ou une cuisine.

C’est la seule armoire au monde qui vous permet de mélanger tous les formats de bouteilles avec un vrai confort d’utilisation » Stéphane Lenain d’Eurocave.

Un aperçu de l'intérieur d'une armoire avec présentation inclinée des bouteilles © JPS

Un aperçu de l’intérieur d’une armoire avec présentation inclinée des bouteilles © JPS

Une température entre 12 et 15°, une hygrométrie qui va être stabilisée et uniforme dans toute l’armoire aux alentours de 70%, un sytème d’aération par filtre à charbon, un système anti-vibration, … » bref du high-tech de l’armoire avec des finitions à la demande avec des clayettes en bois de hêtre, des portes vitrées qui en font des objets de décoration.

Christine Dupart dans sa cave enterrée © JPS

Christine Dupart dans sa cave enterrée © JPS

Ces caves s’adressent à des particuliers mais aussi à de plus en plus de professionnels. Christine Dupart, gérante de la Cave des Délices à Villenave d’Ornon, cherchait depuis 3 ans à gagner de la place dans son magasin :

« Je n’avais pas de capacité de stockage, donc quand j’ai cherché une solution qui était sécurisée, car je suis sous alarme video, climatisée et pas loin de ma cave, il n’y avait qu’une seule solution, c’était la cave enterrée. »

Quant au budget de ces caves enterrées, il faut compter entre 10000 et 40000 euros.

« Pour la cave ici on a fait le trou, installé la poche étanche, les éléments qui vont servir de casiers et de murs, puis la trappe et on a refait tout le sol et l’électricité en 15 jours », explique Elodie Boulan gérante de Cavélite.

Stéphane Lenain, gérant d'Eurocave, devant ses magnifiques armoirées réfrigérées © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Lenain, gérant d’Eurocave, devant ses magnifiques armoires réfrigérées © Jean-Pierre Stahl

La tendance pour certains particuliers ou certains châteaux du Bordelais est aussi de réaliser des armoires à vins réfrigérées qui vont se fondre dans une pièce et occuper tout un pan de mur.

« Il faut compter un budget de 15000 à 17000 € pour deux cents bouteilles, là on est sur un concept de présentation, d’achat plaisir, mais la plupart du temps, ce sont des bouteilles qui méritent d’avoir un bel écrin, » selon Stéphane Lenain d’Eurocave Bordeaux.

Et pour être dans le coup, ces nouvelles générations d’armoires peuvent être connectées aux smartphones, histoire de bien gérer sa cave et d’avoir les informations nécessaires sur les bouteilles conservées.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Christophe Varone et Christian Arligué :

09 Juil

« Marche à pied de vigne » : un voyage au coeur des vignobles jusqu’en Crête, la terre des ancêtres de Jean-Pierre Xiradakis

Jean-Pierre Xiradakis est ce grand chef bordelais chez qui de nombreux politiques et peoples aimaient se restaurer. A la veille de sa retraite, il a entamé en septembre dernier un voyage insolite d’un mois qui l’a mené à pied de l’Entre-Deux-Mers en Gironde jusqu’en Crête, la terre de ses aïeuls. Il partage dans ce livre ses goûts pour les cépages, parfois insolites, et ses rencontres avec des producteurs passionnés.

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C’était l’année dernière au mois de septembre. Jean-Pierre Xaradakis longtemps sous les feux de ses fourneaux mais aussi des projecteurs (on ne compte plus les Juppé, Chirac, Sarkozy, et autres stars comme Vincent Lindon et Johnny Halliday qui ont déjeuné ou dîné à la Tupina) s’est lancé dans un défi, à la veille de sa retraite : rejoindre la terre de ses ancêtres, la Crête, en passant par de nombreux vignobles et en donnant son point de vue sur « les cépages, les vins « nature » et les cépages originels. »

Il faut dire que JPX, restaurateur et propriétaire de la Tupina depuis 1968, est un vrai marcheur, arpentant de nombreux sentiers de randonnée, traversant les vignobles (qui sont en dehors de la cuisine son autre grande passion) mais jamais plus de 3 ou 4 jours d’affilée.

Il est ainsi parti de Saint-Ferme dans l’Entre-Deux-Mers, est passé par la Dordogne, le Lot-et-Garonne, le Lot, le Tarn, puis les Bouches du Rhône, le Gard, le Var et les Alpes-Maritimes pour arriver bien sûr en Italie.

« Ce n’est pas que de la balade, c’est aussi le retour aux sources en Crête où tous les Xiradakis sont issus » confie à Côté Châteaux Jean-Pierre Xiradakis. On le suit pas à pas dans ces régions viticoles, où il livre à coeur ouvert ses réflexions, souvenirs et autres expériences dans « Marche à pied… de vigne », publié chez Féret.

Il nous fait découvrir de nombreuses personnages comme Alain Dutournier, autre grande figure de la gastronomie française, un fier gascon monté il y a plus 40 ans à Paris pour y faire une cuisine de caractère mais il s’est engagé aussi dans la production de vin « formidables » :avec le projet Terre de Vénus, l’objectif est de « faire du vin de lambruche ou lambrusque (vignes sauvages) sur un site préhistorique » celui de Brassempouy, entre Bordelais et Pyrénées, connu pour la découverte d’une petite statuette en ivoire d’environ 23000 ans.

Alain, le boucher, Jean-Pierre Xiradakis, et Gilles l'éleveur

Jean-Pierre Xiradakis, lors de la Tue-Cochon un événement qu’il a créé à Bordeaux rue Porte-de-la-Monnaie, ici en mars 2015 avec ses amis bouchers © JPS

Les cépages pour ces hommes, ces terriens, qu’il rencontre ont une réelle importance: ces vieux « tannat », ces « carignan », « grenache » et autre « syrah » vendangés à la main traduisent le travail de l’homme :

Le vin est enfant du sol et de la sueur des hommes » Jean-Pierre Xiradakis

Il y a aussi cette rencontre avec Hervé, meilleur sommelier de France, viticulteur paysan dans les Corbières avec le « Clos des Fées » qui ne veut plus être dans le degré, mais créer des vins moins alcoolisés, « le vin du seigneur, le vin originel » : « quand les gens goûtent ils tombent à la renverse » c’est la cuvée baptisée « modeste » un « vin simple, gourmand, carmin rouge à violacé, lilas, un jus de fruit à 12°. »

Un peu plus loin en Italie, c’est la Ligurie avec ses cépages abondants le « vermentino » (en blanc), le « sangiovese » (en rouge) dont l’étymologie du nom sangis lovis signifierait « sang de Jupiter » très présent dans toute l’Italie. On y découvre le vignoble de Cinque Terre qui produit des vins originaux sur des pentes abruptes avec des « vignes en espalier chouchoutées comme des jardins ».

Ce voyage en 12 chapitre est très agréable à parcourir au bord de la plage ou d’une piscine, pourquoi pas avec un petit verre à la main (mais avec modération, l’ami bien français) ; un voyage qui nous mène enfin au « berceau » en Crête . Ici Jean-Pierre Xiradakis vous fait découvrir encore des « cépages indigènes » comme l’Athiri et le Roditis pour les blancs, le Limnio et le Xinomavro pour les rouges, des cépages préservés qui cohabitent avec les plus répandus Chardonnay, Syrah et Cabernet…

L’auteur vous invite à déguster cet itinéraire comme si vous savoureriez un bon plat ou un bon vin, « notre marcheur se met à nu et se dévoile pour renouer avec son passé, ses racines et cette île qui a porté ses ancêtres. »

« Marche à pied… de vigne » par Jean-Pierre Xiradakis aux éditions Féret, 17,50 € dans toutes les bonnes librairies et notamment dans la toute nouvelle la librairie Féret et de la Comédie à Bordeaux.

24 Juin

La grande interview de Bordeaux Fête le Vin : « une belle histoire » racontée par Laurent Maupilé et Jean-Paul Vigneaud

Pour la 10e édition, Laurent Maupilé qui a été le grand chef d’orchestre durant les 9 éditions précédentes et Jean-Paul Vigneaud, journaliste, qui les a suivies, ont choisi de raconter cette formidable aventure débutée en 1998 à travers un livre agrémenté de superbes photos et même de vidéos ! « Bordeaux Fête le Vin, une belle histoire » ou le livre d’une ville réveillée et maintenant festive !

Jean-Paul Vigneaud et Laurent Maupilé les auteurs de l'ouvrage à s'arracher... sur le stand de l'Office de Tourisme et à la nouvelle librairie Féret © Jean-Pierre Stahl

Jean-Paul Vigneaud et Laurent Maupilé les auteurs de l’ouvrage à s’arracher… sur le stand de l’Office de Tourisme et à la nouvelle librairie Féret © Jean-Pierre Stahl

Jean-Paul Vigneaud, journaliste de Sud Ouest, a couvert pendant des années la Fête du Vin, une fête qu’il a vu naître en 1998 et grossir passant de 100 000 visiteurs (à sa création) à 500 000 – 700 000 en 2016 : « C’est une belle histoire, elle est née en 1998, il fallait que tout le monde se mette d’accord pour l’organiser et ce n’était pas gagné d’avance. Quand on a écrit l’ouvrage et interrogé les Bordelais, ils pensaient que la Fête du Vin avait toujours existé. Or la première grande fête avait eu lieu en 1909, c’était la fête des vendanges. »

A la fin des années 90, la belle endormie s’est donc réveillée sous l’impulsion de son nouveau maire Alain Juppé : « si on avait pas fait une édition de qualité dès la 1ère année, il n’y aurait pas eu toutes les autres. C’est le témoignage d’une ville réveillée et moderne, une ville métamorphosée et dynamique, » selon Laurent Maupilé ancien directeur de Bordeaux Grands Evenements.

Et les deux auteurs de remercier la douzaine de photographes de Sud Ouest et photographes indépendants qui ont suivi toutes ces éditions et ont confié leurs innombrables cliché d’archives :« j’ai du visionner 10000 photos. Merci aux photographes ils nous ont donné beaucoup de clichés. Merci aussi à France 3 Aquitaine car nous avons aussi des vidéos associées grâce à des QR codes. »

La grande interview de Côté Châteaux réalisée par Jean-Pierre Stahl et Sébastien Delalot à regardez ici:

Interview Laurent Maupilé et Jean-Paul Vigneaud

02 Mar

Angélus : le livre de Jane Anson et Guillaume de Laubier qui conte l’histoire de 8 générations de la famille de Boüard de Laforest

Angélus, un nouveau livre à paraître le 17 mars, déjà présenté à Londres au Connaught, chez Guy Savoy à Paris et au Logis de la Cadène à Saint-Emilion. Un livre qui raconte l’oeuvre d’une passion écrite depuis huit générations.

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« À Angélus, la vigne et le vin sont comme une religion, une passion partagée par la famille de Boüard de Laforest depuis 1782. Situé à moins d’un kilomètre du célèbre clocher de Saint-Emilion, sur le fameux « pied de côte », Angélus est l’œuvre d’une passion écrite depuis huit générations.

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C’est en racontant cette histoire que l’auteure, Jane Anson, choisit de commencer cet ouvrage. Elle invite à découvrir les hommes, la terre et les vignes ».

« Depuis 2012, à la suite d’une rénovation de grande ampleur, c’est une propriété embellie qui émerge, agrandie et dotée d’un campanile qui en devient l’âme et le symbole. Les travaux de compagnonnage comme ceux de la vigne, aussi grands soient-ils, ne sont-ils pas simplement le résultat du savoir-faire et de l’exigence des hommes ?

Angélus par Jane Anson

Angélus par Jane Anson

Au gré de photographies inédites de Guillaume de Laubier, vous pourrez aussi feuilleter l’histoire d’Angélus,  ses audaces et son art de vivre ».

À paraître en librairie le 17 mars – écrit par Jane Anson et illustré par les photographies de Guillaume de Laubier.

26 Nov

Stéphane Derenoncourt : on the road again !

Il est sur toutes les routes de France et tous les chemins viticoles du monde. Son parcours atypique dans la sphère viti-vinicole se résume dans un livre « Wine On Tour ». Un ouvrage rythmé rock où l’on découvre ce personnage qui s’est lui-même façonné tel un cep, avec sa propre sève mais aussi de la puissance, des courbes et de la générosité, bref de l’authentique. 

Stéphane Derenoncourt dans ses vignes du Domaine de l'A avec Chrsitophe Goulard photogrphe © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Derenoncourt dans ses vignes du Domaine de l’A avec Christophe Goussard © Jean-Pierre Stahl

Séquence shooting photo dans les côtes de Castillon. Ce n’est pas une rock star mais le vigneron-consultant Stéphane Deroncourt qui se fait photographier par Christophe Goussard. Ce dernier, photographe indépendant, le suit depuis 1999. Il a connu le propriétaire du Domaine de l’A à Sainte-Colombe depuis ses premières vinifications sur la propriété et aujourd’hui il vient de sortir sur cet autodidacte de la vigne  un bel ouvrage agrémenté de superbes photos, co-signé avec Claire Brosse, journaliste, pour les textes : « Wine On Tour ».

Tous deux s’arrêtent devant une petite masure en pierre avec une porte verte qui rappelle des souvenirs à Stéphane Derenoncourt, lorsqu’il a sorti son premier millésime :

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« Ce chai, c’est le chai des débuts, on n’avait que 2 hectares et demi à l’époque…(aujourd’hui le Domaine de l’A compte 11 ha) Il y avait dans cette partie 4 cuves, 2 cuves béton et 2 petites cuves bois, et dans l’autre partie on avait imaginé un chai à barriques, donc chaque centimètre carré était exploité, ça a été une horreur pendant 5 millésimes quand même ! » La vrai cave sera construite à partir de 2003 attenante à sa salle de dégustations.

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« Notre première rencontre date de 1999, année où il a acheté le domaine, je faisais pour lui un portrait pour l’Amateur de Bordeaux, une revue spécialisée dans le vin. Cette rencontre a été déterminante car il m’a tout de suite proposé de suivre les quatre saisons sur le domaine », explique Christophe Goussard, le photographe co-auteur du livre. « Ca a été un bon terrain de jeu et puisque mon travail lui a plu, on a récidivé année après année, avec ses portraits pour la presse et tout le travail de la vigne, et puis la construction du chai en 2004-2005 que l’on retrouve dans le livre. Au-delà d’une amitié et d’une complicité, c’était de photographier tout ce qu’il mettait en place et venir régulièrement sur le domaine. Il est difficile à suivre parce qu’il a un emploi du temps millimétré, donc il n’ y avait pas que lui tout le temps mais aussi la vie d’équipe car j’ai vu arriver un à un tous les gens qui travaillent avec lui, qu’il a recrutés au fur et à mesure. »

Véritable self-made-man Stéphane Derenoncourt aime à dire qu’il doit beaucoup à l’observation des choses sur le terrain: « L’observation, oui, je ne sais pas si c’est une force, c’est pûtôt un ADN, une philosophie de production et un credo. »

DERENONCOURT 051J’aime bien l’idée que le vin doit ressembler au lieu où il est produit, et pour cela ça demande une certaine connaissance des sols », Stéphane Derenoncourt

Et d’ajouter: « Pour l’identité du vin, il y a deux choix possibles: soit l’identité du vinificateur qui va marquer par une vinification, par un choix de barriques, par un élevage ou il y a un choix vigneron, je dirais, où l’identité du vin doit se faire par la connaissance des sols. Quand on observe un sol, on sait déjà quel type de vin on peut produire. Ici par exemple, on est sur un substrat argilo calcaire, on est vraiment sur une couche d’argile assez fine, de belle qualité, posée sur une table de calcaire. L’argile, ça va donner la force, ca va donner la douceur, la puisssance…et quand on parle de tout cela et de maturité on parle d’un monde un peu sucré…et le calcaire lui va apporter une notion de fraîcheur, de salinité qui sera souvent confondu avec une notion d’acidité d’ailleurs.

Dans son chai à barriques du domaine de l'A, avec Christophe Goulard, Frédéric e(t Stéphane DErenoncourt © Jean-Pierre Stahl

Dans son chai à barriques, avec Christophe Goussard et Frédéric Massie © Jean-Pierre Stahl

C’est cette magie entre ce monde sucré et ce monde salé, entre ce monde de rondeur et un peu plus élancé, quand on les marie tous les deux, c’est vraiment l’identité argilo-calcaire. »

Dans son chai à barriques, Stéphane accompagné de Frédéric Massie, l’un de ses 3 associés chez Derenoncourt Consultants (avec Julien Lavenu et Simon Blanchard), explique sa conception du consulting et comment il permet aux vins de donner leur meilleure expression :

Stéphane Derenoncourt et Frédéric Massie son associé de Derenoncourt consultants © JPS

Stéphane Derenoncourt et Frédéric Massie son associé de Derenoncourt consultants © JPS

On recherche l’identité du lieu et la singularité. Il ne faut pas tomber dans le piège, quand on est consultant et quand on fait beaucoup de domaines, de trouver la recette et de la reproduire un peu partout, ça serait une catastrophe et en plus ça serait très ennuyeux. »

DERENONCOURT 054Et Dieu sait que Stéphane Derenoncourt parcourt la planète, puisqu’aujourd’hui il est consultant dans 17 pays pour 120 domaines, dont les plus étonnants se situent en Inde ou en Syrie… Il passe aujourd’hui presque un quart de son temps en dehors de chez lui, entre ces domaines à l’étranger, dans les autres régions viticoles de France (Chablis, Languedoc-Roussillon), ou ces derniers temps pour la présentation de Wine On Tour. C’est cette sensation d’être constamment en tournée qui lui a donné l’idée (avec Christophe Goussard et Claire Brosse aussi) de « Wine On Tour », une biographie, comme lui atypique, de toute beauté et en sensibilité, où il se livre entre deux ou trois morceaux de rock qui ont jalonné sa route : ces airs de Tom Waits, les Stones, les Clash, les Doors, ou encore Iggy Pop (qui lui a gentiment préfacé le livre), il les avaient constamment dans la tete ou le soir quand il retrouvaient des copains, parfois pour un boeuf…

Stéphane Derenoncourt chez Paul Barre à Fronsac © JPS

Stéphane Derenoncourt chez Paul Barre à Fronsac © JPS

L’eau a coulé sous les ponts et le vin aussi d’ailleurs, depuis son premier job en 1985 chez Paul Barre, ce viticulteur, lui aussi atypique, qui exploite le château la Grave en Fronsac et Canon-Fronsac en bio-dynamie (depuis 1990) : « il y a eu la rencontre, on est dans le domaine de la sensibilité, j’ai ressenti que, la manière avec laquelle je percevais le vin, on allait pouvoir s’entendre. »

PAULBARRE30 ans d’amitiés, de complicité et de respect mutuel. Paul Barre a su faire confiance à ce talent caché et surtout « le laisser partir ». Un talent, qui au long court, s’est révélé comme le vin : mieux qu’une étiquette, un nom, Stéphane Derenoncourt !

« Wine On Tour Derenoncourt un homme, un groupe » par Claire Brosse, Stéphane Derenoncourt et Christophe Goussard aux éditions la Fabrique de l’Epure

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, Erid Delwarde, Karine Durandet et Véronique Lamartinière:

21 Sep

Le boom des petits cavistes de quartier à Bordeaux

Phénomène de mode ou nouveau mode de consommation, pas mal de petites caves se sont ouvertes ces 3 dernières années dans la capitale mondiale du vin… Des nouveaux venus qui ne vendent pas que du Bordeaux, mais essaient de se démarquer par une offre originale avec d’autres régions viticoles, des vins bio et des vins étrangers. Petit tour d’horizon.

Stéphane Thierry a créé "les Millésimes" à Bordeaux Caudéran en 2012 © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Thierry a créé « les Millésimes » à Bordeaux Caudéran en 2012 © Jean-Pierre Stahl

C’est une génération de nouveaux cavistes. Depuis 3 ans leur nombre a explosé sur Bordeaux : ainsi la cave « les Millésimes » installée dans le quartier de Bordeaux Caudéran en face de l’Eglise (un emplacement de choix) va fêter sa troisième année en octobre au moment d’Halloween.

La cave "les Millésimes" 85% de vins bio, en biodynamie ou sans soufra ajouté © JPS

La cave « les Millésimes » 85% de vins bio, en biodynamie ou vins naturels sans soufre ajouté © JPS

Stéphane Thierry organisait d’ailleurs ce vendredi sa soirée de rentrée : « avec des Bourgognes, des vins du Languedoc-Roussillon et quelques surprises ». Ce nouveau venu sur la place de Bordeaux, comme Jérôme Guihéneuf au Chartrons, a bien conscience qu’il faut se démarquer par rapport aux autres qui ont déjà pignon sur rue depuis quelques temps, comme Cash Vin et autres enseignes de la grande distribution:

Aux Chartrons à Bordeaux s'est ouvert "Autres châteaux" © JPS

Aux Chartrons à Bordeaux s’est ouvert « Autres châteaux » © JPS

« Si c’étais pour ouvrir une cave et encore proposer des crus classés, je ne voyais pas trop l’intérêt. Donc, il fallait se différencier en ayant des vins hors Bordeaux avec notamment un sélection importante en Bourgogne, » explique Jérôme Guihéneuf à la tête d' »Autres Châteaux ».

Tous ont donc leur patte, leur propre touche…Ainsi Stéphane Thierry propose des vins bio, en biodynamie ou issus de la viticulture naturelle sans soufre ajouté. Cela représente 85 % de ses vins. Ce sont essentiellement « des vins du Sud-Ouest, du Languedoc-Roussillon, de la Vallée du Rhône, de la Loire et de Champagne. On a aussi des vins étrangers qui se développent pas mal. »

Chez "les Millésimes",

Chez « les Millésimes », des vins du Sud-Ouest, du Languedoc et des vins étrangers

Comme leurs prédécesseurs, ils sont avant tout là pour conseiller les clients, pour certains un peu perdus, et d’autres plus connaisseurs. Ce sont souvent des achats pour une occasion, souvent une soirée ou encore pour faire un cadeau, notamment d’anniversaire… Aussi ont-ils intérêt à ne pas se tromper dans l’orientation du client ou de la cliente. C’est pourquoi, il leur demande généralement « c’est pour manger avec quoi ? » De savants accords mets et vins qui sont aujourd’hui de plus en plus tendance.

Stéphane Thierry de Millésime explique comment il conçoit son job: « Le métier de caviste, c’est avant tout un métier de contact, de découverte, de proposer aussi de la dégusation. On a une licence de restauration ou une licence de débit de boissons qui nous permet de faire déguster le produit, de l’accompagner d’assiettes de charcuteries, de fromages et de recevoir et garder le client un peu plus longtemps chez nous, pour déguster. »

La Cave Utile en Ville avec à Nansouty © JPS

La Cave Utile en Ville avec Vincent Joyeux à Nansouty © JPS

A Nansouty, il y a aussi la CUV: la Cave Utile en Ville. Un nom original qui compte déjà 3 CUV du même type sur l’agglomération. Vincent Joyeux, employé à celle de Nansouty explique qu’une fois par mois ils organisent des dégustations appelées « les mensuelles ». Ils ont aussi eu cette idée originale d’emmener leurs clients au marché traditionnel des Capucins à deux pas pour choisir des produits du marché à déguster avec des vins appropriés en revenant aprèsn à la CUV !

Guihéneuf d'Autres Châteaux propose une offre avec 50 % de Bourgogne © Jean-Pierre Stahl

Jérôme Guihéneuf d’Autres Châteaux propose une offre avec 50 % de Bourgogne © Jean-Pierre Stahl

Aux Chartrons, Jérôme Guihéneuf, originaire du Morbihan et marié à une Bordelaise, a fait le choix de s’installer non loin d’un autre caviste réputé : Nicolas, une enseigne nationale, cours Portal. Un pari osé mais qui ne l’effrayait pas car il y a beaucoup de passage dans ce quartier très vivant et prisé aussi des Parisiens (lorsqu’ils cherchent à s’installer à Bordeaux). Autres Châteaux propose des vins de toutes le régions viticoles, avec près de 50 % de vins de Bourgogne, mais aussi de la Vallée du Rhône, du Languedoc Roussillon, et tout de même quelques autres « petites pépites » de Bordeaux.

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Un grand choix de Bourgogne, des vins du Languedoc-Roussillon, mais aussi de Bordeaux chez « Autres Châteaux » © JPS

Peu importe la concurrence, Jérôme Guihéneuf passe énormément de temps à sélectionner… dans le vignoble:  « On recherche le jeune vigneron qui sera la star de demain. Je fais entre 6 et 8 domaines par jour. Je vais d’abord chez les vignerons avec lesquels je travaille et durant 2 jours j’essaie de déceler de nouveaux talents. La Bourgogne, c’est un petit vignoble avec un cépage de pinot noir qui excelle dans le monde. Il y a une demande mondiale très forte. Quand vous ne connaissez pas les vignerons (bourguignons), ils vous observent et choisissent un peu s’ils vont vous donner du vin ou pas du tout. »

Une relation de confiance en somme qui s’installe après dégustation, c’est un peu ce que recherche aussi le client chez le caviste…

(l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération)

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Jean-Michel Litvine :