05 Mar

Les petits ont tout à gagner avec Bordeaux Vinipro

Les Bergerac, mais aussi les Duras ou encore les Bio d’Aquitaine peuvent tirer les marrons du feu avec ce nouveau salon des Bordeaux et Vins du Sud-Ouest. Dans des gammes de prix de 4 à 15 euros, ils intéressent les cavistes, restaurants et brasseries.

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Les Bergerac et les Duras à Bordeaux Vinipro © Jean-Pierre Stahl

C’est son premier salon à Gaëlle Reynou-Gravier. Avec ses parents, elle exploite deux domaines en AOC Bergerac et Montravel: le château Marot et le Domaine de Perreau, au total 22 ha (4 ha en blancs et 18 ha de rouges). Ses marchés, ce sont 50 % commercialisés en France entre les cavistes et restaurants et 50 % à l’export, essentiellement en Belgique et Grande-Bretagne. C’est totalement le profil des acheteurs du salon qui recherche des vins pas trop chers, entre 4 et 10 euros c’est encore mieux…

Après avoir occupé plus de 1200 m2 à Vinisud la semaine dernière où Bergerac (24), Duras (47), Buzet (47) et Marmande (47)étaient réunis, les Bergerac font à nouveau cause commune avec les Duras. Duras, ce sont 200 vignerons (120 qui travaillent en coopératives et 80 indépendants) qui cultivent sur 1600 ha.

On propose nos vins en tarifs grossistes entre 3 et 6 euros, donc effectivement on a de bons rapports qualité-prix, mais il y a aussi de nombreux Duras qui sont à plus de 10 euros et qui marchent très bien aussi », selon Delphine Vazeux du Domaine La Belle à Loubès-Bernac.

Les Vins Bio d’Aquitaine, 717 producteurs dont 100 en Bergerac, ont aussi leur carte à jouer. Il y a une clientèle en recherche de produits estampillés bio, sans pesticides, qui espèrent boire « plus sain ». Ainsi Daniel Bellugue, qui fait partie du groupement des producteurs bio d’Aquitaine et aussi adhérent des vignobles de Bérac, exploite 11 ha avec son château les Tertres du Plantou; il a eu un bon contact avec les visiteurs professionnels.

Parmi ces petits, le château Kalian en Aoc Montbazillac a eu la surprise de voir son vin selectionné parmi les 3 derniers retenus sur 36 liquoreux du millésime 2013 par le meilleur sommelier du monde Andreas Larsson.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Guillaume Decaix

Intervenants: Gaëlle Reynou-Gravier, château Marot (Bergerac), Delphine Vazeux, Domaine de la Belle (Duras) , Vincent Bergeon, Directeur CIRVB, et Daniel Bellugue, château Tertres du Plantou (Bergerac Bio)

Chrono viti: acheté à la propriété, dégusté à des milliers de kilomètres !

Les viticulteurs avaient de grandes difficultés à expédier dans le monde quelques bouteilles de vin…Avec Chrono viti, ils ont un nouveau service qui répond à leur besoin. Ils accueillent en effet 4,3 millions d’oenotouristes en Gironde qui demandent à envoyer des bouteilles partout en France et sur la planète.

ChronoViti lors du lancement en 2014 à Bordeaux Vinipro © Jean-Pierre Stahl

ChronoViti lors du lancement avec Guillaume Guersing, responsable offre et marchés pour Chronopost © Jean-Pierre Stahl

C’était depuis Bordeaux Vinipro le lancement officiel de « Chrono Viti Bordeaux Gironde ». Un partenariat fructueux entre chronopost international et Bordeaux City Bond, organisme de la chambre de commerce de Bordeaux spécialiste du stockage de vin.

L’expédition de vin dans le monde en petite quantité n’est plus un problème. Les viticulteurs peuvent vendre leur vin à la propriété et l’envoyer sans se faire du tracas sur l’arrivée effective du colis.

Pour Mélusine Ampé, directrice générale de Bordeaux City Bond, cela part d’un constat fait auprès des propriétés et des négociants. Il y avait une incertitude à l’arrivée des vins. Désormais, l’expédition est sécurisée  et se fait dans les meilleurs délais.

« C’est une niche sur laquelle on a travaillé en convergence, avec une cellule d’aide à l’export », renchérit Agnès Grangé Déléguée Régionale du Groupe La Poste Aquitaine. « On a mis 18 mois à proposer cette offre, désormais les vignerons peuvent à partir d’un simulateur donner le coût global à l’oenoteouriste d’un envoi, soit avec un départ depuis chez lui, soit depuis Bordeaux City Bond »

Bordeaux City Bond prend en charge le stockage et la conservation des vins dans un espace de 3 000 m2 à blanquefort en Gironde, totalement sécurisé, où l’on peut entreposer jusqu’à 150 000 caisses de 12 bouteilles.BCB se charge par la suite de la préparation, des envois et aussi des formalités douanières pour l’étranger.

Pour bénéficier de cette offre, les producteurs et/ou négociants devront confier 300 bouteilles à Bordeaux City Bond. Et grâce à chrono viti, l’expéditeur n’aura plus qu’a rentrer les coordonnées de son client et l’informer du coût de livraison.BCB se chargera de la préparation et Chonopost de la livraison dans les délais…

Chronopost a prévu trois types d’emballages pour transporter les bouteilles de 75 cl: 1,3, ou 6 bouteilles, selon le porte-feuille.

04 Mar

Andreas Larsson: le 2013 est à comparer au 2007, « des vins liquoreux très expressifs , très purs au niveau des arômes ! »

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Andreas Larsson, le meilleur sommelier du monde, apprécie particulièrement le 2013 en liquoreux © Jean-Pierre Stahl

Invité par le syndicat régional des courtiers, et notamment son président Xavier Coumau, le meilleur sommelier du monde 2007, le suèdois installé à Bordeaux, Andreas Larsson juge les blancs, liquoreux et les rosés.

Ces vins  sont marqués par une pureté très forte et une fraîcheur très importante » selon Andreas Larsson, du fait de ce printemps frais et pluvieux de 2013,  « ce sont des vins fins, très expressifs arômatiquement et très purs« 

20140303_123658« Dans le Sud-Ouest, on a eu de bonnes conditions, propices au développement du « botritis cinerea » (la pourriture noble), ce qui a donné un bon équilibre résiduel et une vivacité remarquable », confirme Franck Lacoste courtier en vins.

Ecoutez Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde 2007, suivi de Franck Lacoste, courtier en vins, interviewés par Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien.

Eric Dulong sur Bordeaux Vinipro: « il était très important que la plus grande région productrice de vins de qualité ait son salon ! »

Parole d’expert a rencontré Eric Dulong, le président de Bordeaux Vinipro et vice-président de Congrès-Expositions-Bordeaux, lors du lancement de Bordeaux Vinipro. Il revient sur les objectifs de ce premier salon destiné à conquérir de nouvelles  parts de marchés pour les vins de Bordeaux et du Sud Ouest.

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Eric Dulong et Xavier Planty, les fondateurs de Bordeaux Vinipro © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl: « Vinipro, un nouveau salon, un de plus, est-ce que cela ne fait pas beaucoup au sortir de Vinisud ? »

Eric Dulong : « ça peut paraître beaucoup, mais ce salon existe à la demande des professionnels. C’est une volonté commune de caves coopératives, négociants, viticulteurs…Il était logique pour nous Congrès Expositions de Bordeaux et pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux d’y souscrire et de créer ce salon ! »

JPS : « Y avait-il un manque ? »

ED : « Oui, un manque réel et même important ! Bordeaux Sud-Ouest n’avait absolument pas de grand salon local. Vous avez Vinisud pour les vins du sud-est, le salon des vins de Loire pour la Loire, Vinexpo un salon extraordinaire mais international où les vins de Bordeaux sont représentés de manière relativement limitée par rapport à la masse des vins présents, donc il était très important que la plus grande région productrice de vins de qualité ait son salon ! »

JPS : « Il y a véritablement là des marchés à conquérir ? »

ED :  » Oui, d’autant que les acheteurs qui vont se rendre à Bordeaux Vinipro, cette année, et dans deux ans, vont se sentir dans un univers confortable, accueillant, correspondant vraiment à ce qu’ils recherchent aujourd’hui: des produits de coeur de marché, accessibles entre 5 et 20-25 euros au maximum, on va pouvopir se concentrer sur ces origines Bordeaux et grand sud-ouest »

JPS: « ça s’adresse à qui en particulier ? »

ED: « En clientèle, aux cavistes, restaurateurs, également oenologue-conseils, mais aussi la grande distribution et les acheteurs étrangers. cette année, le visitorat étranger sera relativement limité car c’est un salon qu’on a créé en peu de temps, au maximum 15 à 20 % des 4000 visiteurs attendus, un salon exclusivement réservé aux professionnels. »

 Interview de Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien

03 Mar

Bordeaux Vinipro: un premier salon pour se roder

Lancement ce matin du 1er Bordeaux Vinipro. Un salon de qualité destiné aux acheteurs de la grande distribution, du e-commerce et aux hôtels, cafés et restaurants, qui devrait prendre son envol…

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Rencontre fructueuse entre Dominique Sautet de « interroirsveritas.com » et Frédérique de Lamothe des Crus Bourgeois © Jean-Pierre Stahl

Le temps n’était pas de la partie, avis de tempête, quais de Bordeaux inondés à cause des grandes marées, des bouchons (de Bordeaux) à n’en plus finir sur le rocade, et aux entrées de l’A62, l’A63 et l’A10… Bref, tout pour savonner la planche de ce premier salon Bordeaux Vinipro au parc des expositions qui a eu du mal à démarrer, mais tout s’est fort heureusement ajusté et rétabli en fin de matinée !

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Un salon, qui comme Vinexpo, a sa propre chaîne et un steadycam avec Maxime Gatzoff de l’Agence « les sauvages » © JPS

Pour ce Vinipro « number one », on essuie un peu les plâtres. 230 vignerons présents (lors du lancement du projet, les organisateurs tablaient sur plus de 300) et 25 négociants. 4 000 à 5 000 visiteurs professionnels sont attendus (3 000 pré-inscriptions) (là aussi, au démarrage les organisateurs espéraient 8 000 visiteurs). Bien évidemment la proximité avec Vinisud et cette période de congés scolaires pour certaines académies sont aussi des facteurs de handicap (à revoir pour la prochaine édition).

20140303_131903Pour ceux qui auront fait le déplacement, les rencontres sont de qualité: Dominique Sautet,un bourguignon, « a sauté » sur l’occasion car il vient de créer « InTerroirsVeritas.com » sur internet et cherche des partenaires vignerons pour faire une présélection de vins de qualité pour les grandes centrales d’achats (Carrefour, Monoprix ou encore ventesprivées.com) en perspective des foires aux vins d’automne.

Parmi les acheteurs, Lukasz Wojciechowski, directeur des ventes et sommelier en Pologne de « MineWine.pl« , lui recherche des bonnes affaires « good wines at the good prices » pour ses supermarchés polonais, nous l’avons surpris en pleines transactions avec « Benoît et Valérie Calvet », négociants à Parempuyre (Gironde).

20140303_102951Ce salon est justement ancré dans ce coeur de gamme avec des vins compris entre 5 et 20-25 euros maximum, un salon des vins de Bordeaux  (Bordeaux-Bordeaux Sup, Côtes de Bordeaux, Sweet Bordeaux et Crus Borgeois du Médoc) et du Sud-Ouest (avec une représentation des vins de Duras et de Bergerac).

Des prix abordables encore avec d’autres contenants plus petits que l’on retrouve avec ces WIT (wine in tube) de 10 centilitres qui s’offrent après une visite de château ou qui s’achètent par les oenotouristes pour faire des cadeaux à la famille ou aux amis.

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On peut se détendre avec une partie de baby-foot © JPS

Dans ce salon branché où l’on surfe sur internet dans des box en bois, où l’on se détend entre un mini-golf et deux baby-foots, on peut aussi pousser jusqu’au bout la nouvelle tendance en personnalisant sa bouteille: mabouteille.fr, entreprise de Fronsac, est sur ce créneau avec plus de 100 bouteilles à personnaliser soit-même, des flacons de vin mais aussi de cidre et de bière.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Thierry Julien

 

01 Mar

Sophie Burguet, un maître de chai au féminin: « j’ai eu le virus, c’est cela que je veux faire ! »

Dans un milieu d’hommes, au début du XXème siècle, ça aurait été inconcevable, presque un sacrilège…Aujourd’hui, Sophie Burguet, s’est imposée comme femme maître de chai. En poste depuis près de 10 ans au château de Rouillac, elle est reconnue pour son expertise, ses idées et sa touche féminine.

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Sophie Burguet, maître de chai du Château de Rouillac © Jean-Pierre Stahl

Sophie Burguet, 34 ans, mère de 2 enfants (de 4 et 2 ans), partage sa vie de famille avec un métier passionnant et prenant: elle est maître de chai. Le genre de métier qui ne se conjugue qu’au masculin, tant il y a de manipulations de barriques et autres cuves, tant il faut faire face à des dizaines voire centaines d’hectolitres.

Et pourtant elle a commencé dans un tout autre domaine: « j’ai commencé mes études dans la décoration intérieure à Talence (BEP décoration d’intérieur), mais je me suis vite rendue compte que je ne voulais pas faire cela. J’ai de la famille en Bourgogne, des vignerons, et lors des repas de famille, tous les ans, j’ai découvert leur métier. J’ai eu le virus, et je me suis dit, oui c’est cela que je veux faire ! » 

Originaire de Gevrey-Chambertin même, Sophie regrette « je n’ai pas hérité (de domaine), c’est dommage ! Alors que j’ai deux oncles qui sont propriétaires aujourd’hui. Mais mon grand-père n’a pas voulu de la propriété de son père, il l’a laissé à son frère. il ne pouvait pas savoir, que sa petite fille aurait le goût pour cela. »

Du coup, elle se lance dans un lycée viticole à Montagne Saint-Emilion, où il y a beaucoup de fils de propriétaires.

Sa première opportunité, c’est au château de l’Hospital à Portets qu’elle va l’avoir, dans les Graves. Elle y fait tout d’abord sa formation en alternance durant 2 ans pour son BTS Viti-Oeno qu’elle suit à La Tour Blanche.

 Puis « Florence Lafragette m’a proposé de me garder comme maître de chai dans un premier temps avant de me nommer responsable d’exploitation, tout en cumulant les 2 fonctions. »

« Quand ça a commencé à ne pas aller très bien sur les vignobles Lafragette, ils m’ont demandé de m’occuper de Rouillac. Et en fait des 2 propriétés, vignes et chais. Il faut être organisée, mais c’est super passionnant ! » « En 2010, quand Mr Cisnéros rachète Rouillac, il me propose de me garder. On est parti sur de nouvelles aventures et la restructuration des vignes et des chais.

J’ai convaincu Mr Cisnéros de l’utilité d’acheter un « pigeur » automatique: c’est ce qui enfonce le marc dans le jus pour extraire la couleur et les arômes, et ça c’est une technique bourguignonne ! »

« Avant, je le faisais à la force des bras dans les cuves en bois, il fallait une demi-heure,  maintenant c’est une révolution il faut 5 minutes et pas d’effort. C’est toute la différence entre le travail des hommes et des femmes, nous on ne fait pas le poids, donc on réfléchit à des astuces qui nous facilitent le travail avec le souci de la qualité ! » (au château, on a 10 cuves de 100 hectolitres et 5 de 70 hectos)

Dans les vignes, elle a eu fort à faire avec la remise en état des parcelles et le remplacement des pieds de vigne manquants. « ça a été un gros travail ! » Par ailleurs, il y a eu une reprise du travail du sol: « on n’utilise plus de desherbant. On va passer 4 à 5 fois avec Titan, notre cheval de trait (1,3t). C’est agréable de pouvoir dire il y a zéro herbicide, zéro insecticide. On n’est pas en bio, mais à la limite, en lutte raisonnée. On traite même nos effluents viticoles par un système de phytobac (niveau 3 du Grenelle de l’Environnement). »

« A la vigne, il ne faut pas se louper. Je ne pourrai pas faire un bon vin, si je n’ai pas le meilleur raisin. Le 2O13 ? Ca a été éprouvant. Il fallait qu’on ait la gnacque pour s’en sortir ! On attend encore que l’élevage fasse son oeuvre. Il n’est pas fini, on est vraiment au début de l’élevage, quant aux blancs, c’est une année pour les blancs ! »

 Le 2012 sera mis en bouteille en mai, il a « une puissance arômatique, une superbe couleur et une très grande longueur en bouche ». « C’est toujours un petit pincement quand il part, vous l’avez élevé durant deux ans et pouf il est parti… »

Comment une femme a-t-elle fait sa place comme maître de chai ?

Elle a retroussé ses manches et haussé le ton (rires). Je n’ai pas connu de machisme. Non, c’est à force de volonté et de passion. Finalement, les hommes, ça leur convient car on cherche des techniques pour améliorer le travail. On arrondit les angles, parfois avec des rustres, pour leur faire comprendre que les femmes ont leur place dans ce monde-là.

Elle gère Sophie. En collaboration aussi avec Jean-Christophe Baron, son directeur technique. « On travaille en cohésion, c’est de l’échange et de la complémentarité. Mais il a plus de vinifications que moi. »

Quant à savoir ce que pense le patron, Laurent Cisnéros, de Sophie Burguet ? « Sophie, elle est le lien entre ce qui s’est passé à Rouillac depuis 10 ans et aujourd’hui, elle a vécu le beau projet défini par l’ancien propriétaire, elle a connu une période de stand-by, de crise, et maintenant, elle vit le renouveau, elle est une partie de l’histoire de Rouillac ! »

« Le mérite que je lui accorde, c’est qu’elle a maintenu le vignoble dans des conditions difficiles, elle ne l’a pas fait chuter. J’aime bien sa sensibilité féminine. C’est une jeune femme qui a de l’engagement et qui est assez polyvalente. Il faut exceller dans la polyvalence. Elle aura un avenir intéressant ici…Je suis ravi qu’elle soit avec nous ! » 

28 Fév

Pas de boogie woogie avant vos prières du soir… C’est au Vatican qu’il y a des miracles pour la consommation de vin !

Si tous les Etats du monde consommaient autant qu’au Vatican, il y aurait peut-être la guerre, car pas assez de vin pour toute la planète ! Déjà qu’en France, avec ce 2013, il va y avoir pénurie…Les chiffres sont pourtant sérieux: 74 litres par an et par personne, ce qui fait du Vatican le champion du monde de la consommation de vin !

Le Pape François ne semble pas en abuser, même s’il est très en forme © lacroix.fr

C’est en effet au Vatican que la consommation de vin par habitant est la plus importante de la planète vin. C’est une des conclusions de statistiques publiées par le Wine Institute (organisation qui regroupe des producteurs de vin de Californie) concernant l’année 2012.

Dans ce minuscule État, 44 ha (comme au Cap Ferret !), on consomme en moyenne 74 litres de vin par an et par personne (soit environ 99 bouteilles de 75cl par an). C’est presque le double de la France: 53 litres aujourd’hui alors que dans les années 60, la France était championne avec 120 litres par an et par habitant.

Les habitants du Vatican sont-ils de gros alcooliques, des « bois-sans-soif » ? Se saoulent-ils au « vin de messe » ? Que nenni par « urbi et orbi » !

Don Camillo savait demander pardon...

En France, du temps de Don Camillo, la consommation dépassait allègrement celle du Vatican © Dyovino.fr

Michael Winterbottom, éditorialiste pour The Universe Catholic Weekly, explique en outre au Guardian que « le vin de messe n’est généralement pas acheté dans le commerce, car il doit être fabriqué à partir de raisin pur« , sans faire de mélange. L’Eglise fait confiance à ses ministres pour l’approvisionnement. Mais la réponse semble venir du commerce local…un supermarché dans l’enceinte du Vatican !

 Explications données au Guardian « il y a un supermarché au Vatican, connu sous l’appellation familière “spaccio dell’Annona”, une expression qui fait allusion à la contrebande. Les taxes y sont basses. Ceux qui sont en possession d’un pass Vatican bénéficient de droits similaires à ceux qui ont passé la sécurité dans un aéroport. Est-ce que le Saint-Siège est un duty-free géant?

Tout le monde n’a pas droit aux taxes avantageuses dont parle The Guardian, mais les bénéficiaires sont nombreux, comme Le Monde des religions l’expliquait , en 2012 : « le supermarché du Vatican, l’Annona, est plus populaire. Les quelque 5.000 employés et retraités (le personnel du Saint-Siège et celui de la cité du Vatican) y ont accès – et parfois même les amis de leurs amis. Les produits y sont exempts de TVA et autres impôts. »

La loi Evin n’est pas arrivée jusqu’au Vatican…à consommer avec modération…

27 Fév

Le graphisme et le vin

Un joli dossier thématique que nous livre Martin Lavielle sur le graphisme sur les étiquettes et les bouteilles de vin : « elle est petite, collée à sa mère, observée et scrutée avant sa prise en main, tachée par les gouttes, fine et fragile : l’étiquette de vin. »

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François des Ligneris a toujours eu un sens aigu du graphisme et de l’originalité tant dans son restaurant l’Envers du Décor à Saint-Emilion que dans ses propriétés. Autre exemple de pureté et de référence à la vigne avec Mas Amiel dans le Roussillon..

Il n’est jamais évident de bien choisir son vin parmi des milliers de références ; le visuel de l’étiquette, malgré une bonne connaissance, reste notre premier repère : elle doit nous attirer tout en nous rassurant. Pour moi elle est aussi le lien entre le monde du vin et celui des imprimeurs et graphistes. Le travail des vignerons rejoint l’attention portée à cet infime encart de papier qui recevra les soins du graphiste et de l’imprimeur. Le graphiste se devra de retranscrire la saveur du vin et son histoire, trouver les bons systèmes d’impression ou de gravure pour mieux suggérer la singularité du vin. Malgré sa petite taille, l’étiquette de vin n’a pas souffert de créativité mais plus de traditionalisme. Les grandes régions viticoles telles que la Bourgogne ou le Bordelais conservent cet état d’esprit et préservent l’image prestigieuse de leur terroir. Pas de chauvinisme ici, la créativité est plus à chercher dans les autres régions de france (particulièrement en Languedoc-Rousillon) mais surtout dans les pays du nouveau monde (l’Australie, l’Argentine, les États-Unis en Californie, l’Afrique du Sud) qui tendent à montrer une autre facette du vin. L’étiquette comporte beaucoup de contraintes, de réglementations et il n’est pas facile de s’aventurer hors des sentiers traditionnels. Elle véhicule une image qui est apprécié partout dans le monde (Hong-Kong et la Chine sont devenus les premiers importateurs des Bordeaux en 2011 [via], et possèdent déjà une trentaine de châteaux dans le Bordelais [via]), il faut donc rassurer le client afin qu’il achète une bouteille avec une étiquette bien française ! C’est peut-être dans cette nouvelle conjoncture d’un marché mondialisé et très concurrentiel que les propriétés réfléchiront à donner une autre dynamique face aux productions étrangères. L’Australie, l’Espagne et les Etats-Unis se détachent réellement des autres pays par une très grande créativité et de très grands studios.

en France

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Etiquette du château Mouton-Rothschild en 1924 © Jean Carlu

Dans une démarche avant-gardiste pour l’époque, le Château Mouton Rothschild (Pauillac), dès 1924, fait appel à différents artistes, illustrateurs ou affichistes pour habiller leurs étiquettes (Braque, Dali, Kandinsky, Warhol, Haring,…. ici pour la suite). Les artistes étaient payés en bouteilles ! Personnellement je trouve ça frustrant car ce n’est qu’un simple encart sur l’étiquette contrairement à un habillage de la bouteille comme celle de Jean Carlu (affichiste), par exemple. François des Ligneris (œnologue-vigneron, aubergiste et graphiste !) a su donner de la fraîcheur au milieu trop traditionnel du Bordelais avec ses étiquettes (avec l’aide de Pistolet Bleu) et ses différents visuels comme pour son restaurant « l’envers du décor » à St-Émilion. Dernièrement, il a collaboré avec l’illustrateur Michael Halbert (USA), en créant le visuel de l’ours et le toréador (déjà utilisé pour le vin Oso Loco, Marquès de Caceres- Rioja !). Beaucoup de choses à dire le concernant mais des « fans » s’en sont occupés bien avant moi ici ou . Puis, avec beaucoup d’humour et d’audace, Benoît Cannaferina pour le vin La Levrette [ou ] (femelle du lévrier, n’en doutons pas !). Le Château a même fait une vidéo à voir ici. La réponse est efficace et drôle, surtout qu’on ne voit pas la subtilité du logo aux premiers abords. Bravo. ; On peut aussi observer la fraîcheur graphique de l’illustrateur Perceval Barrier pour les vins sur le fruit par exemple.

Par Martin Lavielle, mai 2013.

Et pour en savoir plus : http://sensgraphiques.wordpress.com/2013/05/04/le-graphisme-et-le-vin/

24 Fév

Procès du viticulteur bio à Dijon: 1000 euros d’amende requis, pour moitié avec sursis. Emmanuel Giboulot dénonce « un système absurde » !

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Emmanuel Giboulot cet après-midi devant le Palais de Justice de Dijon © Théo Souman -France 3 Bourgogne

Emmanuel Giboulot était poursuivi cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Dijon. Il avait refusé de traiter sa vigne avec un pesticide alors qu’un arrêté avait été pris par la préfecture.

Une amende de 1000 euros, assortie pour moitié de sursis, a été demandé par le procureur cet après-midi au tribunal correctionnel de Dijon à l’encontre d’Emmanuel Giboulot.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 7 avril à 13H30.

Le viticulteur en biodynamie depuis les années 70 avait refusé de traiter les 10 ha qu’il exploite en Côte d-Or, même avec de la pyréthrine, un pesticide naturel. Le viticulteur avait reçu des milliers de soutiens à travers une pétition: 400 000 signatures recueillies sur internet !

Quand j’ai pris la décision de ne pas faire ce traitement, je ne m’imaginais pas que ça m’entraînerait jusqu’ici ! Maintenant, cela fait partie de la prologation de ce système qui est quand même absurde ! Au moins, cela a le mérite de mettre le débat au sein de la société…(Emmanuel Giboulot)

Regardez le reportage de nos confrères de France 3 Bourgogne Théo Souman et Romain Liboz

Pour la Préfecture de Bourgogne, la menace de flavescence était réelle… toutefois, une seule parcelle de 0,20 hectare a été fortement touchée par la flavescence dorée en 2013 et devait être arrachée, contre 11,3 ha en 2012.

Pour l’avocat du vigneron, Me Benoist Busson, le préfet n’était en outre pas compétent à agir, « seul le ministre » l’était  : un arrêté ministériel de 2003, revu récemment, prévoit que lorsqu’un cep est contaminé sur une parcelle, le périmètre de lutte contre la flavescence dorée inclut la commune où elle se trouve et éventuellement ses voisines, « mais pas tout le département« , d’après l’avocat.

Selon Denis Thiéry cependant, directeur de recherches à l’Institut national de recherche agronomique de Bordeaux, l’épidémie, apparue en France en 1949 en Armagnac (sud-ouest), « explose depuis une dizaine d’années« , touchant tous les vignobles européens. Un important foyer avait été découvert fin 2011 dans le nord Mâconnais, en Saône-et-Loire. « Presque tout le vignoble français est touché, hormis le Jura, la Champagne et l’Alsace« , précise le spécialiste, pour qui « les plans de lutte doivent être respectés« , sinon, « c’est comme refuser de se vacciner quand c’est obligatoire« .

photo_500_personnesCe n’est toutefois pas la position des écologistes et de 500 manifestants de ce jour.

Pour Sandrine Bélier, députée EELV au Parlement Européen : « La liberté de choix, en l’absence de menace sanitaire avérée, devrait être de mise !«  Le parti écologiste fait partie du comité de soutien avec Greenpeace, Attac et le NPA, sans compte des milliers d’anonymes. Tous réclament l’arrêt des poursuites judiciaires envers tous les viticulteurs « engagés dans une procédure alternative« . 

conference_bivbConférence de presse vendredi dernier du BIVB

Face au tolé sur internet et la pétition qui gonflait, gonflait, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) a dénoncé vendredi des « contre-vérités » autour du cas, isolé selon lui, de M. Giboulot.

 « Dire qu’il suffit de mettre des pièges orange et un peu d’argile, ce n’est pas vrai (…) Si l’on constate, par une analyse fine comme nous l’avons fait, qu’il n’y pas d’autre choix, il faut traiter« , selon Pascal Lambert, du Service d’écodéveloppement agrobiologique et rural de Bourgogne.

« Non, la Bourgogne ne pollue pas » en traitant ses vignes, a déclaré Claude Chevalier, président du BIVB, pour qui ce procès ne fait pas une bonne pub à la Bourgogne et à ses vins !

Dis papy, c’était comment Meursault en 1900 ?

Côté Châteaux vous propose de découvrir une exposition en ligne: 100 ans d’histoire en Bourgogne à travers la carte postale ancienne. Surtout de la vieille pierre, mais aussi cette scène dégustation conviviale exceptionnelle à Savigny-lès-Beaune.

savigny les beaune 1900Beaune, Pommard, Volnay, Meursault…des noms mythiques du vignoble bourguignon. Un vignoble et d’autres scènes de la vie quotidienne ont été collectés par Patrick Vieillard. Celui-ci partage sur son site, Bourgogne 1900-2000, sa belle collection de cartes postales anciennes sur la Bourgogne.

On y découvre de nombreux villages de la côte de Beaune mais aussi Autun ou Vézelay. On parcourt le temps de 1900 aux années 70 avec quelques perles comme cette image de la place de Meursault avec le « tabac-épicerie fine-chaussure » et son patron à côté de la 404 toute neuve. Ou encore les vaches qui broutent l’herbe devant le Château de Meursault ! Et enfin ces images de la construction du fameux camping de Meursault et sa piscine au milieu des grands crus !

Site à découvrir ici : Bourgogne 1900-2000

Source: Bougogne Live

Avallon - Route de Pontaubert, Cousin-le-Pont, le pont du Gour-Vallon - Avallon.

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